Sainte Lucie vierge et martyre mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.
Collecte
Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur, afin que, comme la fête de la Bienheureuse Lucie, votre Vierge, nous donne la joie, elle nous enseigne aussi la ferveur d’une sainte dévotion.
Office
Quatrième leçon. Lucie, vierge de Syracuse, illustre dès l’enfance non seulement par la noblesse de sa race, mais encore par la foi chrétienne, vint à Catane avec sa mère Eutychia malade d’un flux de sang, pour vénérer le corps de sainte Agathe. Après avoir prié humblement près du tombeau de la sainte, elle y obtint la santé de sa mère. Aussitôt elle supplia celle-ci de souffrir qu’elle distribuât aux pauvres de Jésus-Christ la dot qu’elle comptait lui donner. C’est pourquoi Lucie revint à Syracuse, vendit tous ses biens, et en distribua le prix aux pauvres.
Cinquième leçon. Celui à qui cette vierge avait été fiancée par ses parents contre sa volonté, apprenant ce fait, la dénonça comme chrétienne au préfet Paschasius. Ce dernier ne pouvant, ni par ses prières ni par ses menaces, amener Lucie au culte des idoles, voyant au contraire que plus il s’efforçait de la faire changer de sentiments, plus elle semblait ardente à célébrer les louanges de la foi chrétienne, lui dit : « Tu ne parleras plus ainsi lorsqu’on en sera venu aux coups. — La parole, répondit la vierge, ne peut manquer aux serviteurs de Dieu, car le Seigneur, le Christ leur a dit : Lorsque vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs, ne vous mettez pas en peine de la manière dont vous parlerez ou de ce que vous direz ; ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit-Saint. »
Sixième leçon. Paschasius lui adressant cette question : « Le Saint-Esprit est-il donc en toi ? » Elle répondit : « Ceux qui vivent chastement et pieusement sont le temple de l’Esprit-Saint. — Je vais donc te faire conduire en un lieu infâme, repartit le préfet, pour que le Saint-Esprit t’abandonne. » La vierge répondit : « Si vous ordonnez qu’on me fasse violence malgré moi, ma chasteté méritera doublement la couronne. » A ces mots Paschasius, enflammé de colère, ordonna d’entraîner la vierge ; mais, par un miracle de la puissance divine, celle-ci demeura ferme et immobile au même lieu, sans qu’aucun effort l’en pût arracher. C’est pourquoi le préfet, ayant fait répandre sur Lucie de la poix, de la résine et de l’huile bouillante, ordonna d’allumer du feu autour d’elle ; mais comme la flamme ne lui faisait aucun mal, après qu’on l’eut tourmentée en plusieurs manières, on lui perça la gorge d’un coup d’épée. Mortellement blessée, Lucie prédit la tranquillité dont l’Église devait jouir après la mort de Dioclétien et de Maximien, et rendit son esprit à Dieu, le jour des ides de décembre. Son corps, enseveli à Syracuse, fut ensuite transporté à Constantinople, et enfin à Venise.
L’antique culte de sainte Lucie nous est attesté par une gracieuse épigraphe des catacombes de Syracuse. Il s’agit d’une certaine Euschia l’irrépréhensible, qui vécut bonne et pure près de cinq lustres, et mourut « en la fête de ma Dame Lucie, — pour qui aucune louange ne saurait suffire ».
Quoique les Actes de cette chaste vierge sicilienne ne méritent guère de créance, son culte, bien attesté, fut très répandu dans l’antiquité. On comptait à Rome au moins une vingtaine d’églises sous son vocable ; les plus anciennes parmi celles-ci sont l’église restaurée jadis par Léon III dans l’intérieur du monastère De Renati, et Sainte-Lucie in Septizonio, mentionnée comme diaconie jusqu’au temps de Sixte-Quint.
On ne saurait indiquer la raison de ce culte fervent professé par les pontifes romains envers la martyre de Syracuse : probablement fut-il dû, non seulement à la célébrité de son martyre, mais aussi à ce que la colonie sicilienne était très nombreuse à Rome (le pape saint Agathon était Sicilien), et à ce que les papes durent être, dès le ive siècle, en relations assidues avec les régisseurs pontificaux du très vaste patrimoine de l’Église romaine en Sicile.
Ce fut probablement grâce à cette double influence que s’élevèrent à Rome les nombreuses églises de Saint-Vite, Saint-Euple, Sainte-Lucie et Sainte-Agathe, tous martyrs siciliens......
Notre-Dame de Guadalupe
Dix ans après la prise de Mexico, la guerre prit fin et la paix régna parmi le peuple; de cette façon la foi commença à éclore, le discernement du vrai Dieu pour qui nous vivons. En ce temps là, en l’année quinze cent trente et un, dans les premiers jours du mois de décembre, vivait un pauvre Indien appelé Juan Diego, connu comme étant un natif de Cuautitlan. A certains égards, il appartenait spirituellement à Tlatilolco.
PREMIÈRE APPARITION
Un samedi, tout juste avant l’aube, il était en route pour le culte divin et pour ses propres affaires. Lorsqu’il arriva au pied de la colline connu sous le nom de Tepeyacac, le jour parut et il entendit chanter sur la colline, comme un chant de différents beaux oiseaux.
Occasionnellement la voix des chanteurs s’arrêtait et il semblait que l’écho répondit. Le chant, très doux et délicieux, était plus beau que celui du coyoltotol, du tzintizcan et d’autres beaux oiseaux.
Juan Diego s’arrêta pour voir et se dit à lui-même “Par chance, suis-je digne de ce que j’entends? Peut-être suis-je en train de rêver? Suis-je réveillé? Où suis-je? Peux-être suis-je dans ce paradis terrestre dont nous parlaient nos ancêtres? Peut-être suis-je maintenant au ciel?”
Il regardait vers l’est, vers le haut de la colline d’où venait ce précieux chant céleste; puis, subitement le chant s’arrêta et le silence régna. Il entendit alors une voix venant de la colline qui lui disait “Juanito, Juan Dieguito”
Il s’aventura alors vers l'endroit où on l’appelait. Il n’était pas le moindrement effrayé; au contraire, il jubilait. Il grimpa alors la colline pour voir d’où on l’appelait. Quand il atteignit le sommet il vit une Dame qui s’y tenait debout et qui lui dit de s’avancer.
S’approchant d’elle, il s’émerveilla de sa grandeur surhumaine; ses vêtements brillaient comme le soleil; la falaise sur laquelle reposaient ses pieds étincelait de lumière comme entourée d’un bracelet de pierres précieuses, et la terre resplendissait comme un arc en ciel.
Les mezquites, nopales et autres mauvaises herbes qui poussent à cet endroit, paraissaient comme des émeraudes, leurs feuillages comme des turquoises, leurs branches et leurs épines brillaient comme de l’or. Il s’inclina devant elle et entendit sa parole, douce et courtoise, comme quelqu’un qui vous charme et vous enchante profondément.
Elle lui dit : “Juanito, le plus humble de mes fils, où vas-tu?”
Il lui répondit “Madame et enfant, Je dois atteindre ton “église à Mexico, Tlatilolco, afin de poursuivre les choses divines qui nous sont enseignées et données par nos prêtres et nos délégués et Notre Seigneur.
Elle lui parla alors ainsi:
“Sache et comprends bien, le plus humble de mes fils,
que je suis la toujours vierge Sainte Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui nous existons, du Créateur de toutes choses, Seigneur du ciel et de la terre.
J’aimerais qu’une église soit érigée ici, rapidement,
afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi.
J’écoute leurs lamentations et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines.
Afin d’accomplir ce qu’exige ma clémence , va au palais de l’évêque de Mexico et tu lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une église soit construite en mon honneur; tu lui raconteras dans les moindres détails tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu.
Sois assuré que je te serai extrêmement reconnaissante et que je te récompenserai, parce que je te rendrai heureux et digne de récompense pour les efforts et la fatigue que tu vas endurer pour cette mission.
Voilà, tu as entendu mes instructions, mon humble fils, va et fais tous tes efforts.”
A cet instant, il s’inclina devant elle et dit “ Madame, Je vais obéir à tes instructions; maintenant je dois te quitter, moi, ton humble serviteur.
Il descendit alors afin de s’acquitter de sa tâche et prit l’allée qui mène tout droit à Mexico.
DEUXIÈME APPARITION
Ayant pénétré dans la ville,il se rendit directement et sans délais, au palais épiscopal ou venait d’être nommé un nouveau prélat, le Père Juan de Zumarraga, un Religieux Franciscain. A son arrivée, il essaya de le voir; il plaida auprès des serviteurs afin qu’ils annoncent sa visite, et après une longue attente il fut informé que l’évêque avait ordonné de le faire entrer.
En entrant, il s’inclina et s’agenouillant devant l’évêque il lui transmit le message de la Dame du ciel. Il lui raconta aussi tout ce qu’il avait admiré, vu et entendu. Après avoir écouté son bavardage et son message l’évêque trouva cela incroyable; il lui dit alors:” Tu repartiras, mon fils et je t’écouterai à mon gré.
Je reprendrai tout depuis le début et réfléchirai sur les vœux et les désirs pour lesquels tu es venu.” Il s’en alla et paraissait triste car le message n’avait pas été accompli sous toutes ses formes.
Il rentra le même jour. Il revint directement au haut de la colline et rencontra la Dame du ciel qui l’attendait à la même place où il l’avait vue la première fois.
La voyant, il se prosterna devant elle et lui dit :
“Madame, la plus petite de mes filles, mon Enfant, j’a été là où tu m’as envoyé afin de me conformer à tes instructions. Avec beaucoup de difficultés j’ai pénétré dans le bureau du prélat. Je l’ai vu et lui a fait part de ton message, comme tu me l’avais commandé. Il m’a reçu bienveillamment et m’a écouté attentivement mais sa réponse laissait entendre qu’il ne me croyait pas.
Il m’a dit “Tu reviendras et je t’entendrai à mon gré. Je reprendrai tout depuis le début et réfléchirai sur le voeu et le désir qui t’ont amené.”
J’ai parfaitement compris de par la façon dont il m’a répondu qu’il pensait que ton désir d’avoir une église qui te soit consacrée est une invention de ma part, et que ce n’est pas ton ordre, aussi je te supplie fortement, Madame, de confier l’accomplissement de ton message à quelqu’un d’important , de connu qui inspire le respect et l’estime, afin qu’on le croie; parce que je ne suis rien, je suis une petite ficelle, une minuscule échelle, une queue, une feuille et toi, mon Enfant la plus petite de mes enfants, ma Dame, tu m’as envoyé à une place que je ne fréquente jamais ni ne m’y repose. Je t’en prie , pardonne moi ce grand désagrément et ne sois pas irritée, Madame.
La Vierge Marie répondit:
” Écoute, ô le moindre de mes fils, tu dois comprendre que j’ai de nombreux serviteurs et messagers à qui je peux confier l’accomplissement de mon message et l’exécution de mon désir, mais c’est toi précisément que je sollicite et demande de m’aider afin que par ta médiation mon vœu soit accompli. Je t’implore ardemment, toi le moindre de mes fils, et avec fermeté je t’ordonne d’aller demain voir l’évêque. Tu y vas en mon nom et tu lui fais connaitre mon vœu intégral selon lequel je lui demande de commencer la construction d’une église. Et dis-lui aussi que c’est Moi, en personne, la toujours-vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu qui t’ai envoyé”
Juan Diego répondit:
“Madame, mon Enfant, je ne veux pas te faire de la peine. Joyeusement et de plein gré j’obéirai à tes instructions. Sous aucune condition je ne manquerai de le faire; j’irai accomplir ton désir car non seulement le chemin est pénible mais peut-être que je ne serai pas écouté avec plaisir, ou si on m'écoute on ne me croira peut-être pas. Demain après-midi, au coucher du soleil, je reviendrai te porter la réponse de ton message au prélat. Je prends maintenant congé de toi, le plus petite de mes enfants, mon Enfant et Madame. Repose-toi entre-temps” Il s’en alla se reposer chez lui.
TROISIÈME APPARITION
Le jour suivant, il quitta la maison avant l’aube, et prit le chemin de Tlatilolco, afin d’être instruit des choses divines et d’être présent à l’appel, après quoi il irait voir le prélat.
Vers dix heures, rapidement, après avoir assisté à la Messe et avoir inscrit sa présence, il s’en alla quand la foule se fut dispersée. Sur l’heure Juan Diego se rendit au palais de l'évêque.
A peine fut-il arrivé qu’il essaya ardemment de voir l’évêque. Après encore beaucoup de difficultés il parvint à le voir. Il s’agenouilla à ses pieds. Il s’attrista et pleura pendant qu’il exposait les instructions de la Dame du ciel demandant à Dieu de lui accorder qu’on croie à son message et au vœu de l’Immaculée pour qu’un temple soit construit là où Elle le voulait.
L’évêque, afin de se rassurer, lui posa beaucoup de questions, lui demandant où il l’avait vue et comment elle était. Il décrivit le tout à la perfection à l’évêque.
Malgré les explications précises de son apparence et de tout ce qu’il avait vu et admiré, qui en soi indiquait qu’elle était la toujours-vierge Sainte Mère du Sauveur, Notre Seigneur Jésus-Christ, il ne lui accorda néanmoins aucun crédit lui disant que pour sa requête il lui fallait faire ce qui lui était demandé mais de plus qu’un signe était nécessaire afin qu’il puisse croire qu’il était vraiment envoyé par une Dame du ciel.
Juan Diego dit alors à l’évêque “Monseigneur,écoutez! Quel doit être le signe que vous demandez? Car j’irai le demander à la Dame du ciel qui m’a envoyé vers vous.”
L’évêque voyant qu’il acceptait sans aucun doute et ne se rétractait pas, le renvoya.
Il ordonna immédiatement à quelques personnes de son entourage, en qui il pouvait avoir confiance, de le suivre et de surveiller où il allait, qui il voyait et avec qui il parlait.
Ceux qui le suivirent le perdirent de vue alors qu’ils traversaient la ravine près du pont de Tepeyac. Ils cherchèrent partout mais ne purent le retrouver. Ils revinrent donc non seulement parce qu’ils étaient fatigués mais aussi parce que leurs desseins avaient été déjoués, et cela les avait mis en colère. Et c’est ce qu’ils racontèrent à l’évêque. Pour l’influencer afin qu’il ne crut pas en Juan Diego, ils dirent à l’évêque que Juan Diego le trompait et inventait ce qu’il racontait ou qu’il avait seulement rêvé ce qu’il racontait et demandait.
Finalement ils s’arrangèrent pour que, si jamais il retournait, il fût retenu et durement puni afin qu’ il cessât de mentir et de tromper.
Entre temps, Juan Diego était avec la Bienheureuse Vierge lui rapportant la réponse de Monseigneur l’évêque.
La Dame, après l’avoir écouté, lui dit:
”Très bien, mon petit, tu repartiras la-bas demain, afin de porter à l’évêque le signe qu’il a demandé. Avec cela il te croira et dans son regard il n’y aura ni doute ni soupçon. Et sache, mon petit, que je te récompenserai pour ta sollicitude, tes efforts et ta fatigue à mon égard. Je t’attendrai ici demain.”
QUATRIÈME APPARITION
C’est le jour suivant, un lundi, que Juan Diego devait porter un signe pour qu’on le croie, mais il n’y revint pas parce que, en rentrant chez lui, son oncle, Juan Bernardo, était tombé malade et son état était grave.
Il appela d’abord un docteur qui l’aida mais c'était trop tard, son état empirait. A la tombée de la nuit son oncle lui demanda d’aller à l’aube à Tlatilolco et de ramener un prêtre pour le préparer et entendre sa confession car il était certain qu’il allait mourir et qu’il ne se lèverait plus ni ne guérirait.
Le mardi, avant l’aube, Juan Diego partit de sa maison pour Tlatilolco pour ramener un prêtre et comme il s’approchait de la route qui rejoint la pente qui mène au sommet de la colline de Tepeyac, vers l’ouest, et où il avait l’habitude de traverser la route,
il se dit :
“ Si je continue ce chemin, la Dame va sûrement me voir, et je pourrais être retenu afin que je puisse porter le signe au prélat comme convenu; mais notre premier souci est d’aller rapidement appeler un prêtre car mon oncle l’attend certainement”
il fit donc le tour de la colline afin qu’il ne puisse être vu par elle qui voit bien partout.
Il la vit descendre du haut de la colline et regarder vers là où ils s’étaient rencontrés précédemment.
Elle s’approcha de lui au bas de la colline et lui dit” :
“Qu’y a-t-il, le moindre de mes fils? Où vas-tu?”
Était-il affligé ou honteux ou effrayé? Il s’inclina devant elle.
Il la salua, disant:” Mon Enfant, la plus tendre de mes filles, Madame, que Dieu veuille que tu sois satisfaite. Comment vas-tu ce matin? Est-ce que ta santé est bonne, Madame et mon Enfant? Je vais te faire de la peine. Sache, mon enfant, qu’un des tes serviteurs , mon oncle, est très malade, Il a attrapé la peste et est sur le point de mourir. Je dois me hâter vers ta maison à Mexico afin d’appeler un de tes prêtres, aimé de Dieu, pour qu’il entende sa confession et lui donne l’absolution car, depuis notre naissance, nous sommes venus au monde pour nous préserver des œuvres de la mort. Mais si je pars, je reviendrai ici rapidement afin d’aller porter ton message. Madame, mon Enfant, pardonne moi, sois patiente avec moi pour le moment. Je ne te decevrai pas, la plus petite des mes filles. Demain je viendrai en toute hâte."
Après avoir écouté les paroles de Juan Diego, la Très Sainte Vierge répondit:
Ӄcoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils,
rien ne doit t’effrayer ou te peiner.
Que ton cœur ne soit pas troublé.
N’aies pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse.
Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère?
N’es-tu pas sous ma protection?
Ne suis-je pas ta santé?
Ne reposes-tu pas heureux en mon sein?
Que désires-tu de plus?
Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit.
Ne sois affligé pas la maladie de ton oncle, il n’en mourra pas.
Sois assuré qu’il est maintenant guéri”.
Et à ce moment son oncle fut guéri comme il devait l’apprendre par la suite.
Quand Juan Diego entendit ces mots de la Dame du ciel, il était grandement consolé. Il était heureux. Il la supplia de l’excuser afin qu’il aille voir l’évêque et lui porter le signe ou la preuve afin qu’on le croie. La Dame du ciel lui ordonna de grimper au haut de la colline où ils s’étaient précédemment rencontrés.
Elle lui dit:
"Grimpe, ô le moindre de mes fils , jusqu’au haut de la colline;
là où tu m'as vue et où je t’ai donné des instructions,
tu verras différentes fleurs.
Coupe-les, cueille-les, rassembles-les et puis viens les porter devant moi.”
Juan Diego grimpa sur la colline immédiatement, et comme il atteignait le sommet il fut stupéfait; de voir qu’une telle variété de merveilleux rosiers de Castille étaient en floraison bien avant la saison où les roses devraient bourgeonner car hors de saison elles gèleraient. Elles étaient parfumées et recouvertes des gouttes de rosée de la nuit qui ressemblaient à des perles précieuses.
Il commença immédiatement à les cueillir. Il les assembla et les plaça dans son tilma.
Le haut de la colline n’était pas une place où pourrait fleurir n’importe quelle fleur car il y avait beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites. Occasionellement de l’herbe poussait mais c’était au mois de décembre quand la végétation n’était pas gelée.
Il descendit la colline immédiatement et porta les différentes roses qu’il avait cueillies à la Dame du ciel qui, en les voyant les prit entre ses mains et les plaça à nouveau dans son tilma, lui disant :
"ô toi, le moindre de mes fils , cette variété de roses est une preuve et un signe que tu porteras à l’évêque.
Tu lui diras en mon nom qu’il y verra là mon vœu et qu’il doit s’y conformer.
Tu es mon ambassadeur, le plus digne de ma confiance.
Je te l’ordonne rigoureusement de ne déplier ton manteau qu’en présence de l’évêque et de lui montrer ce que tu portes.
Tu lui raconteras bien tout; tu lui diras que je t’ai ordonné de grimper au haut de la colline et de cueillir les fleurs;
et aussi tout ce que tu as vu et admiré afin que tu puisses persuader le prélat d’accorder son soutien à ma demande qu’une église soit construite.”
Après les conseils de la Dame du ciel, il prit le chemin qui mène directement à Mexico, heureux et sûr du succès, portant avec beaucoup de précaution le contenu de son tilma afin que rien ne s’échappe de ses mains et s’enivrant du parfum de cette variété de belles fleurs.
LE MIRACLE DE L’IMAGE NON FAITE PAR L'HOMME
Quand il arriva au palais épiscopal, le majordome vint à sa rencontre ainsi que d’autres serviteurs du prélat..Il les supplia de dire à l’évêque qu’il voulait le voir, mais personne ne voulait le faire, ils faisaient semblant de ne pas l’entendre, probablement parce qu’il était trop tôt ou parce qu’ils le connaissaient comme étant un importun et qu’il les harcelait; de plus, leurs collègues leur avaient raconté qu’ils l’avaient perdu de vue quand ils l’avaient suivi.
Il attendit longtemps. Quand ils virent qu’il avait attendu longtemps debout, abattu, ne faisant rien, attendant d’être appelé et paraissant avoir quelque chose dans son tilma, ils s’approchèrent de lui afin de savoir ce qu’il portait.
Juan Diego voyant qu’il ne pouvait cacher ce qu’il portait et sachant qu’il serait molesté, bousculé, lacéré, ouvrit un peu son tilma là où se trouvaient les fleurs. En voyant cette variété de roses de Castille hors saison, ils furent complètement stupéfaits parce qu’elles étaient si fraiches, en pleine floraison, si parfumées et si belles. Ils essayèrent de s’en emparer et de tirer quelques unes mais ne réussirent à aucune des trois fois qu'ils osèrent le faire.
Ils ne réussirent pas parce qu’à chaque fois qu’ils essayaient de les prendre, ils ne purent voir les fleurs réelles. A la place elles paraissaient peintes, imprimées ou cousues sur la toile.
Ils allèrent alors dire à l’évêque ce qu’ils avaient vu l’informant que l’Indien qui était venu à plusieurs reprises voulait le voir et qu’il avait sûrement une raison pour l’avoir attendu avec anxiété si longtemps et être si désireux de le voir.
En entendant cela l’évêque comprit qu’il avait apporté la preuve pour confirmer ses dires afin qu’il se conformât à la requête de l’Indien. Il ordonna de le faire entrer immédiatement.
Dès son entrée Juan Diego s’agenouilla devant lui comme à l’accoutumée et raconta à nouveau ce qu’il avait vu et admiré ainsi que le message.
Il lui dit :
” Monseigneur, j’ai fait ce que tu as commandé, je suis allé dire à mon Ama, ma Dame du ciel, Sainte Marie, précieuse Mère de Dieu que tu as demandé un signe et une preuve afin que tu puisses croire qu’il faut construire une église là où elle l’a demandé; je lui ai aussi dit que je t’avais donné ma parole que je rapporterais un signe et une preuve de son désir comme tu l’as demandé. Elle se montra condescendante et agréa à ta requête . Tôt ce matin elle m’a envoyé te voir à nouveau; je lui demandais une fois encore le signe afin que tu puisses me croire et elle me dit qu’elle me le donnerait et elle s’y conforma.
Elle m’envoya au haut de la colline, là où j’avais l’habitude de la voir, pour cueillir une variété de roses de Castille. Après les avoir cueillies je les lui ai portées, elle les a prises de sa main et les a placées dans mon vêtement afin que je te les porte et te les donne en personne.
Même si je savais que le haut de la colline n’était pas un endroit où pousseraient des fleurs car il y a beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites, j’avais encore des doutes. Quand je me suis approché du haut de la colline, je vis que j’étais au paradis où il y avait une variété d’exquises roses de Castille, couvertes de brillante rosée et je les ai cueillies immédiatement. Elle m’a dit que je devais te les porter et je me suis exécuté afin que tu puisses voir en elles le signe que tu m’a demandé et te conformer à son voeu; aussi et mon message soient crédibles. Voilà. Reçois les.”
Il déplia son vêtement blanc où il avait mis les fleurs et quand toutes les différentes variétés de roses de Castille tombèrent à terre apparut soudain le dessin de la précieuse Image de la toujours vierge Sainte Marie, Mère de Dieu, comme on la voit aujourd’hui dans l’église de Tepeyac, nommé Guadalupe.
Quand l’évêque vit l’image, lui et tous ceux présents tombèrent à genoux. On l’admira beaucoup. Ils se levèrent pour la voir, ils tremblèrent et, avec tristesse, ils démontrèrent qu’ils la contemplaient avec leur coeur et leur esprit. L’évêque, avec des larmes de tristesse, pria et implora son pardon pour n’avoir pas accompli son voeu et sa requête. Quand il se releva, il détacha du cou de Juan Diego le vêtement sur lequel apparaissait l’Image de la Dame du ciel. Il le prit et le plaça dans sa chapelle. Juan Diego demeura un jour supplémentaire à l’évêché à la requête de l’évêque.
Le jour suivant l’évêque lui dit:
"Montre nous où la Dame du ciel désire qu’une église soit construite”
Et il invita immédiatement tous ceux présents à s’y rendre.
APPARITION A JUAN BERNARDINO
Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution.
La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui.
Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé. Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé . Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac.
L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’Elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon Elle l’avait guéri miraculeusement et qu’Elle voulait être appelée La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe et que son image bénie soit aussi ainsi connue
Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage; son neveu et lui furent les invités de l’évêque chez lui jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue.
L’évêque transféra l’image sacrée de la belle dame du ciel de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l'admirer .
La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir , admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse.
Saint Damase Ier pape et confesseur mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception
Collecte
Pasteur éternel de l’Église, regardez avec bienveillance votre troupeau, protégez-le et gardez-le toujours. Nous vous le demandons par le bienheureux Pape Damase que vous avez placé comme berger à la tête de l’Église.
Office
Quatrième leçon. Damase, espagnol, homme excellent et versé dans les Écritures, ayant convoqué le premier concile de Constantinople, étouffa la criminelle hérésie d’Eunomius et de Macédonius. Il condamna de nouveau l’assemblée de Rimini, déjà rejetée par Libère, dans laquelle, comme l’écrit saint Jérôme, les artifices d’Ursace et surtout de Valens avaient fait proclamer une condamnation de la foi de Nicée, en sorte que le monde gémissant, s’étonnait d’être arien.
Cinquième leçon. Il édifia deux basiliques, l’une sous le nom de Saint-Laurent (près du théâtre de Pompée), qu’il enrichit par les plus grands présents, et à laquelle il attribua des revenus de maisons et de terres ; l’autre sur la voie Ardéatine, aux Catacombes. Il dédia le lieu enrichi de marbres où les corps de saint Pierre et de saint Paul ont reposé quelque temps, et l’orna de vers élégamment composés. Il écrivit aussi sur la virginité en vers et en prose, et composa beaucoup d’autres poésies. Sixième leçon. Il établit la peine du talion contre ceux qui auraient accusé quelqu’un faussement, et ordonna que, selon l’usage déjà reçu en plusieurs lieux on chanterait jour et nuit, dans toutes les églises, les Psaumes à deux chœurs, et qu’on ajouterait à la fin de chaque Psaume : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Ce fut lui qui chargea saint Jérôme de traduire le nouveau Testament selon la fidélité du texte grec. Il gouverna l’Église pendant dix-sept ans, deux mois et vingt-six jours, et fit cinq ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa trente et un Prêtres, onze Diacres, et soixante-deux Évêques pour divers lieux. Illustre par sa vertu, sa science et sa prudence, et presque octogénaire, Damase s’endormit dans le Seigneur, sous l’empire de Théodose le Grand, et fut enseveli avec sa mère et sa sœur, dans la basilique qu’il avait lui-même élevée sur la voie Ardéatine. Ses reliques ont été transportées depuis dans l’église de Saint-Laurent, appelée de son nom, in Damaso.
Les résultats des fouilles et des études faites récemment nous apprennent que ce célèbre Pontife des martyrs naquit à Rome l’an 305 et que son père, nommé Antoine — qu’on l’identifie ou non avec ce saint évêque Léon enseveli dans l’Agro Verano et dont De Rossi a expliqué le poème sépulcral — avait fait toute sa carrière ecclésiastique non loin du Théâtre de Pompée, près des archives de l’Église romaine : « Hic pater exceptor, lector, levita, sacerdos. »
La mère de Damase portait le nom de Laurentia, elle vécut environ quatre-vingt-douze ans et fut ensevelie sur la voie Ardéatine. Cette Laurentia eut aussi une fille nommée Irène, qui fut vierge consacrée. Quant à Damase, il est dit de lui dans une inscription : « Natus qui antistes sedis Apostolicae », précisément parce qu’il avait eu pour père un évêque, un des nombreux évêques ruraux disséminés à cette époque dans la campagne romaine. Dès sa jeunesse Damase fut employé aux Archives pontificales, et c’est là sans doute qu’il dut sentir naître sa vocation de poète des martyrs, commençant dès lors ses recherches historiques sur ces héroïques confesseurs de la Foi, — comme il le fit pour les martyrs Pierre et Marcellin, — recherches qui, parfois, purent profiter des dépositions orales des bourreaux eux-mêmes : « Marcelline, tuos pariter, Petre, cognosce triumphos Percussor retulit Damaso mihi, cum puer essem. »
Damase fut élu pape in Lucinis en octobre 366, mais dans les premiers temps de son pontificat il fut combattu par le parti schismatique d’Ursin auquel adhéra une bonne partie du clergé. Quand celui-ci se soumit enfin au Pontife, Damase attribua cette réconciliation à l’intercession des martyrs, et il orna de cette inscription la tombe d’un groupe anonyme de martyrs sur la voie Salaria : « Pro reditu cleri, Christo praestante, triumphans. »
Il n’y a pour ainsi dire pas de tombe illustre de martyr dans les cimetières romains que Damase n’ait honorée de ses vers, ordinairement gravés sur marbre, en caractères spéciaux et très beaux que nous devons au calligraphie Furius Dionysius Philocalus. Mais il ne se contenta pas seulement des vers ; il commença des restaurations et des embellissements en faveur d’un grand nombre de sépulcres de saints ; de certains, comme celui d’Eutychius ad Catacumbas, on avait perdu jusqu’à la trace.
Damase creusa, chercha, refit l’histoire, rétablit le culte, et, en certains cas où le martyre subi pour la foi était encore discuté, le Pontife régla la controverse et fit la canonique vindicatio Martyris. Tel semble avoir été le cas de Némésius, dont la tombe « Incultam pridem dubitatio longa reliquit, Sed tenuit virtus adseruitque fidem. ».
Saint Damase mourut le 11 décembre 384 et fut enseveli près de sa mère et de sa sœur dans une crypte érigée par lui sur la voie Ardéatine, que le Liber Pontificalis appelle sans plus basilica sua.
A la vérité, son premier désir eût été de se préparer une tombe dans la crypte papale de la nécropole de Callixte. Il le dit lui-même dans une épigraphe en l’honneur de tous les saints qui reposaient dans ce cimetière : « Hic, fateor, Damasus volui mea condere membra, Sed cineres timui sanctos vexare piorum. ». C’est donc par humilité qu’il se jugea indigne d’un si grand honneur ; et, se conformant à une tradition inaugurée par le pape Marc, qui s’était construit lui aussi une basilique sépulcrale non loin du cimetière de Callixte, il prépara la tombe de sa famille près de celle de Marc sur la voie Ardéatine, à proximité, donc, des martyrs de l’area de Callixte.
Les itinéraires romains des pèlerins du haut moyen âge attestent que le corps de Damase reposait encore dans sa tombe primitive sur la voie Ardéatine. Du temps de Paul Ier, on le transporta dans la basilique de Saint-Laurent in Damaso — siège des anciennes Archives pontificales, que Damase avait fait agrandir et que, après y avoir ajouté la basilique, il avait voulu dédier au Staurophore romain Laurent. Voici le texte de l’épigraphe que Damase composa lui-même pour son propre tombeau :
QVI • GRADIENS • PELAGI • FLVCTVS • COMPRESSAT • AMAROS
VIVERE • QVI • PRAESTAT • MORIENTIA • SEMINA • TERRAE
SOLVERE • QVI • POTVIT • LETALIA • VINCVLA • MORTIS
POST • TENEBRAS • FRATREM • POST • TERTIA • LVMINA • SOLIS
AD • SVPEROS • ITERVM • MARTHAE • DONARE • SORORI
POST • CINERES • DAMASVM • FACIET • QVIA • SVRGERE • CREDO
Saint Damase à qui saint Jérôme, dans son Apologie du traité de la Virginité à Pammachius, donne le beau titre de « vir egregius et eruditus in Scripturis, virgo virginis Ecclesiae doctor », resplendit dans l’Église par ses immenses mérites. Outre son éminente sainteté, sa dévotion envers les martyrs romains, la construction du baptistère Vatican et sa fermeté apostolique dans la condamnation des différentes hérésies qui pullulaient alors, c’est à lui que revient la gloire d’avoir introduit dans la Messe du dimanche selon la tradition de la Palestine, le chant de l’alléluia. Au dire de saint Jérôme il fut l’inspirateur et le protecteur de la nouvelle version de la sainte Écriture, que nous appelons la Vulgate. D’après le conseil de saint Ambroise, le pape Damase dut aussi s’occuper de la réforme de l’ancien cursus du psautier, pour donner à cette forme de la prière liturgique un caractère vraiment populaire. Tout de suite après sa mort, Damase reçut de ses contemporains le titre de saint.
Contra errores Graecorum, pars 1 cap. 2
Contra errores Graecorum, pars 1 cap. 2 Item invenitur in auctoritatibus praedictorum doctorum, quod Filius sit secundus a Patre, et Spiritus Sanctus tertius ab eodem. Dicit enim Athanasius in sermone ad Serapionem: Spiritus Sanctus tertius est a Patre; a Filio tamen est secundus. Et Basilius dicit: dignitate quidem, et ordine secundus est a Filio Spiritus. Hoc autem alicui potest videri esse falsum. In divinis enim personis non est nisi ordo naturae, secundum quem, ut Augustinus dicit, non est alter prior altero, sed est alter ex altero. Nullus enim modus prioritatis est, secundum quem Pater prior Filio dici possit. Neque enim prior tempore, cum Filius sit aeternus; neque prior natura, cum Patris et Filii sit una natura; neque dignitate, cum Pater et Filius sint aequales; neque etiam intellectu, cum non distinguantur nisi relationibus, relativa autem sunt simul secundum intellectum, cum unum sit de intellectu alterius. Et ita patet, quod proprie loquendo, Filius non possit dici secundus a Patre, nec Spiritus Sanctus tertius a Patre. Dicunt ergo doctores praedicti, Filium esse secundum et Spiritum Sanctum tertium, secundum ordinem in numerando, quod patet ex ipso Basilio, qui dicit: recepimus Spiritum Sanctum a Patre et Filio, tertium connumeratum, et glorificatum Spiritum ipsius Filii Dei, qui tradens ordinem salutiferi Baptismatis, dixit: euntes, baptizate omnes gentes in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Et Epiphanius dicit: Spiritus Dei ex Patre et ex Filio tertius est appellatione. Quod autem dicit Basilius, quod Spiritus est secundus a Filio dignitate, videtur maiorem habere calumniam: quia videtur in dignitate Trinitatis constituere gradum, cum sit par dignitas et eadem trium personarum. Potest autem hoc exponi non de dignitate naturali, sed de personali; sicut et secundum nos dicitur, quod persona est hypostasis proprietate distincta ad dignitatem pertinente. Secundum quem modum dicit Hilarius, quod Pater est maior Filio propter auctoritatem originis; Filius tamen non est minor Patre propter substantiae unitatem.
Caput 3
Quomodo intelligitur hoc quod spiritus sanctus sit tertium lumen
Contra errores Graecorum, pars 1 cap. 3 Adhuc autem videtur esse magis calumniosum quod ex verbis sancti Epiphanii Cypriensis episcopi inducitur dicentis:Spiritus Sanctus Spiritus est veritatis, lumen tertium a Patre et Filio. Ubi enim est unitas, non est ordo primi et tertii. Pater autem et Filius et Spiritus Sanctus sunt unum lumen, sicut et unus Deus. Sicut ergo non potest Catholice dici, quod Spiritus Sanctus sit tertius Deus a Patre et Filio, ita non potest dici quod sit tertium lumen. Dicitur autem quod est tertia persona propter personarum pluralitatem. Ex hoc ergo quod dicit lumen tertium, sequitur quod sint tria lumina; quod ipse postmodum expresse subiungit, dicens: alia vero omnia positione vel compositione sive appellatione lumina dicuntur; non tamen istis tribus luminibus similia. Potest autem dici, quod lumen originem quandam importat: nam lumen est quod ex aliqua luce diffunditur, et etiam aliud lumen diffundere potest. Et secundum hoc, nomen luminis ad personales proprietates trahi potest ratione proprietatis diffusivae, licet secundum ipsam naturam lucis ad essentiam pertineat. Et hoc attendens dictus Pater, tertium lumen et tria lumina dixit in divinis; licet hoc nullo modo sit ad consequentiam trahendum, sed simpliciter confitendum, quod Pater et Filius et Spiritus Sanctus sunt unum lumen.
De potentia, q. 10 a. 4
De potentia, q. 10 a. 4 co. Respondeo. Dicendum quod, secundum ea quae supra determinata sunt, necesse est Spiritum Sanctum a Filio procedere; oportet enim, si Filius et Spiritus Sanctus sunt duae personae, quod alia sit processio unius et alia alterius. Ostensum autem est supra, quod non possunt esse duae processiones in divinis nisi secundum ordinem processionum, ut scilicet a procedente secundum unam processionem sit alia processio. Necesse est ergo quod Spiritus Sanctus sit a Filio. Sed praeter hanc rationem etiam ex aliis rationibus de necessitate probatur quod Spiritus Sanctus sit a Filio. Oportet enim quod omnis differentia aliquorum sequatur ex prima radice distinctionis ipsorum; nisi forte sit differentia per accidens, sicut ambulans differt a sedente; et hoc ideo quia quaecumque per se insunt alicui, vel sunt de essentia eius, vel consequuntur essentialia principia, ex quibus est prima radix distinctionis rerum. In divinis autem non potest esse aliquid per accidens; quia omne quod inest alicui per accidens, cum sit extraneum a natura eius, oportet quod conveniat ei ex aliqua exteriori causa: quod non potest dici in divinis. Oportet ergo quod omnis differentia divinarum personarum ad invicem sequatur ex prima radice distinctionis earum. Prima autem radix distinctionis Patris et Filii, est ex paternitate et filiatione. Oportet ergo quod omnis differentia quae est inter Patrem et Filium, sequatur ex hoc quod ipse est Pater, et ille Filius. Esse autem principium Spiritus Sancti non convenit Patri in quantum Pater est, ratione paternitatis: sic enim non refertur nisi ad Filium; unde sequeretur quod Spiritus Sanctus esset Filius. Similiter autem nec hoc repugnat rationi filiationis, quia, secundum filiationem, non refertur ad aliud nisi ad Patrem. Non ergo potest esse differentia inter Patrem et Filium in hoc quod Pater sit principium Spiritus Sancti, non autem Filius. Item, sicut in libro de synodis dicitur, creaturae proprium est quod voluntate sua Deus eam produxerit. Quod Hilarius ex hoc probat quod creatura non est talis qualis est Deus, sed qualem Deus eam voluit esse. Quia vero Filius est talis qualis est Pater, dicitur quod Pater genuit Filium naturaliter. Eadem autem ratione Spiritus Sanctus est a Patre naturaliter, quia est similis et aequalis Patri: natura enim producit sibi simile. Oportet autem quod creatura, quae est a Patre secundum suam voluntatem, sit etiam a Filio: quia eadem est voluntas Patris et Filii. Similiter autem et eadem est natura utriusque. Oportet ergo quod sicut Spiritus Sanctus est a Patre, ita sit a Filio. Nec tamen sequitur quod Filius vel Spiritus Sanctus sint a Spiritu Sancto, licet et ipse habeat unam naturam cum Patre; sicut sequitur quod creatura est ab eo in quantum habet unam voluntatem cum Patre, propter repugnantiam quae sequeretur, si Spiritus Sanctus diceretur esse a seipso, vel si ab eo diceretur esse Filius, qui est eius principium. Hoc autem apparet alio modo: non enim potest esse in divinis personis distinctio nisi secundum relationes; ea enim quae absolute dicuntur in divinis, essentiam significant, et communia sunt, ut bonitas, sapientia et huiusmodi. Relationes autem diversae non possunt facere distinctionem nisi ratione suae oppositionis; diversae enim relationes possunt esse unius ad idem: patet enim quod idem eiusdem potest esse Filius, discipulus, aequalis, et quaecumque aliae relationes quae oppositionem non includunt. Patet autem quod Filius distinguitur a Patre per hoc quod aliqua relatione ad ipsum refertur, et similiter Spiritus Sanctus a Patre distinguitur propter aliquam relationem. Istae ergo relationes quantumcumque videantur disparatae, nullo modo poterunt distinguere Spiritum Sanctum a Filio, nisi sint oppositae. Oppositio autem alia in divinis esse non potest nisi secundum originem, prout scilicet unus est ab alio. Nullo ergo modo Filius et Spiritus Sanctus poterunt esse distincti per hoc quod uterque diversimode referatur ad Patrem, nisi unus eorum referatur ad alterum ut ab eo existens. Constat autem quod Filius non est a Spiritu Sancto: de ratione enim Filii est quod non referatur nisi ad Patrem ut ab eo existens. Relinquitur, ergo de necessitate quod Spiritus Sanctus sit a Filio. Sed quia potest aliquis dicere, quod ea quae sunt fidei non sunt solum rationibus sed auctoritatibus confirmanda, restat ostendere per auctoritates sacrae Scripturae quod Spiritus Sanctus sit a filio. Habetur enim in pluribus sacrae Scripturae locis quod Spiritus Sanctus sit Filii; sicut Rm. VIII, 9: qui Spiritum Christi non habet, hic non est eius; et Ga. IV, 6: misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra; et Ac. XVI, 7: tentabant ire Bithyniam, et non permisit eos Spiritus Iesu. Non enim potest intelligi quod Spiritus Sanctus sit Spiritus Christi solum secundum humanitatem, quasi ipsum replens, quia Spiritus Sanctus est alicuius hominis ut habentis, non autem ut dantis. Filii autem est Spiritus Sanctus ut dantis ipsum, secundum illud I Jn. IV, 13: in hoc cognoscimus quoniam in eo manemus, et ipse in nobis, quia de Spiritu suo dedit nobis; et Ac. V, 32, dicitur, quod dedit Spiritum Sanctum obedientibus sibi. Oportet ergo quod dicatur esse Spiritus Sanctus Filii, in quantum est divina persona. Aut ergo dicitur esse absolute eius, aut dicitur esse eius ut Spiritus eius. Si autem absolute, tunc oportet quod sit aliqua auctoritas Filii respectu Spiritus Sancti. Apud nos enim potest dici aliquis esse alterius secundum quid, qui non habet auctoritatem respectu ipsius, sicut cum dicitur, Petrus est socius Joannis; sed non potest dici, Petrus esse Joannis absolute, nisi sit quaedam possessio eius, sicut servus, hoc ipsum quod est, dicitur esse Domini. In divinis autem non potest esse aliquid serviens vel subiectum; sed intelligitur ibi auctoritas secundum solam originem. Oportebit ergo quod Spiritus Sanctus habeat originem a Filio. Et idem sequitur, si dicatur Spiritus Sanctus esse Filii ut Fpiritus eius; quia Spiritus, secundum quod est nomen personale, importat relationem originis ad spirantem, sicut Filius ad generantem. Similiter etiam invenitur in Scripturis quod Filius mittit Spiritum Sanctum, sicut supra dictum est. Semper autem mittens videtur habere auctoritatem supra missum. Auctoritas autem in divinis, ut dictum est, non est nisi secundum originem. Unde sequitur quod Spiritus Sanctus originem habeat a Filio. Habetur autem ex sacra Scriptura quod per Spiritum Sanctum configuramur Filio, secundum illud Rm. VIII, 15: accepistis Spiritum adoptionis filiorum; et Ga. IV, 6: quoniam estis filii, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra. Nihil autem configuratur alicui nisi per eius proprium characterem. In naturis etiam creatis ita est quod id quod conformat aliquid alicui, est ab eo; sicut semen hominis non assimilatur equo, sed homini a quo est. Spiritus autem Sanctus est a Filio tamquam proprius character eius; unde dicitur de Christo, II Cor. I, 21-22: quod signavit nos, et unxit nos et dedit pignus Spiritus in cordibus nostris. Expressius autem Filii, de Spiritu Sancto dicentis: ille me clarificabit quia de meo accipiet. Constat autem quod non accipit a Filio Spiritus Sanctus, quasi prius non habens: quia sic esset mutabilis et indigentis naturae. Constat ergo quod ab aeterno accipit a Filio; nec potuit accipere aliquid quod non sit eius essentia ab aeterno. Ergo accepit Spiritus Sanctus essentiam de Filio. Rationem autem quare de Filio acceperit Spiritus Sanctus, ipsemet Filius subiunxit, dicens, Jn. XVI, 15: omnia quaecumque habet Pater mea sunt. Propterea dixi: quia de meo accipiet; quasi diceret quia eadem est essentia Patris et mea, non potest Spiritus Sanctus esse de essentia Patris, quin sit de mea essentia. Traditur etiam in sacra Scriptura quod Filius per Spiritum operatur, sicut habetur Rm. XV, 18: per me effecit Christus, scilicet miracula, et alia bona in Spiritu Sancto, idest per Spiritum Sanctum; et He. IX, 14, dicitur quod per Spiritum Sanctum obtulit semetipsum. Quandocumque autem aliquis per aliquem dicitur operari, oportet quod vel operans det virtutem operativam ei per quem operatur, sicut rex dicitur operari per praepositum vel ballivum; vel e converso, sicut cum dicitur ballivus operari per regem. Oportet ergo, si Filius operatur per Spiritum Sanctum, quod vel Spiritus Sanctus det virtutem operativam Filio, vel Filius Spiritui Sancto; et ita quod unus alteri det essentiam, cum virtus operativa utriusque non sit aliud quam eius essentia. Constat autem quod Spiritus Sanctus non dat essentiam Filio, cum Filius non sit Filius nisi Patris. Relinquitur ergo quod Spiritus Sanctus sit a Filio. Ex hac ergo ratione per ea quae Graeci confitentur, potest idem haberi: confitentur enim ipsi quod Spiritus Sanctus est a Patre per Filium, et quod Pater spirat Spiritum Sanctum per Filium. Semper autem illud per quod aliquid producitur est principium eius quod producitur. Oportet ergo quod Filius sit principium Spiritus Sancti. Si autem refugiant confiteri quod Spiritus Sanctus sit a Filio, quia Filius est ab alio,- et sic non est prima radix originis Spiritus Sancti,- manifestum est quod vane moventur; nullus enim refugit dicere lapidem moveri a baculo, licet baculus moveatur a manu; nec Iacob esse ab Isaac, licet Isaac sit ab Abraham. Sed adhuc minus est in proposito refugiendum; est enim una vis productiva patris et filii; quod non accidit in moventibus et agentibus creatis. Unde sicut confitendum est quod creaturae sunt a Filio, licet Filius sit a Patre, ita confitendum est quod Spiritus Sanctus sit a Filio, licet Filius sit a Patre. Manifestum est ergo quod dicentes Spiritum Sanctum esse a Patre per filium, non autem a Filio, propriam vocem ignorant, sicut Aristoteles de Anaxagora dicit: volentes enim esse legis doctores, non intelligunt neque de quibus loquuntur, neque de quibus affirmant, ut dicitur I Timoth. cap. I, 7.
Immaculée Conception de la Vierge Marie
Collecte
O Dieu, qui, par l’Immaculée Conception de la Vierge, avez préparé à votre Fils une demeure digne de lui, nous vous en supplions, vous qui, en prévision de la mort de ce même Fils, l’avez préservée de toute tache, accordez-nous, par son intercession, d’être purifiés et de parvenir à vous.
Lecture Pr. 8. 22-35
Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies, avant de faire quoi que ce soit, dès le principe. J’ai été établie dès l’éternité, et dès les temps anciens, avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue ; les sources des eaux n’avaient pas encore jailli ; les montagnes ne s’étaient pas encore dressées avec leur pesante masse ; j’étais enfantée avant les collines. Il n’avait pas encore fait la terre, ni les fleuves, ni les bases du globe terrestre. Lorsqu’il préparait les cieux, j’étais là ; lorsqu’il environnait les abîmes de leurs bornes, par une loi inviolable ; lorsqu’il affermissait l’air dans les régions supérieures, et qu’il équilibrait les sources des eaux ; lorsqu’il entourait la mer de ses limites, et qu’il imposait une loi aux eaux, pour qu’elles ne franchissent point leurs bornes, lorsqu’il posait les fondements de la terre, j’étais avec lui, réglant toutes choses, et j’étais chaque jour dans les délices, me jouant sans cesse devant lui, me jouant sur le globe de la terre, et mes délices sont d’être avec les enfants des hommes. Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi : Heureux ceux qui gardent mes voies. Écoutez mes instructions et soyez sages, et ne les rejetez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à ma porte, et qui se tient à la porte de ma maison. Celui qui me trouvera, trouvera la vie, et puisera le salut dans le Seigneur.
Évangile Lc. 1, 26-28
En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. L’ange, étant entré auprès d’elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.
Office
AU PREMIER NOCTURNE.
Du livre de la Genèse.
Première leçon. Première leçon. — Le serpent était le plus rusé de tous les animaux de la terre qu’avait faits le Seigneur. Il dit à la femme : Pourquoi Dieu vous a-t-il commandé de ne pas manger de tous les arbres du paradis ? La femme lui répondit : Nous mangeons du fruit des arbres qui sont dans le paradis ; mais pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du paradis, Dieu nous a commandé de n’en point manger, et de n’y point toucher, de peur que nous ne mourions. Mais le serpent dit à la femme ; Point du tout, vous ne mourrez point de mort. Car Dieu sait qu’en quelque jour que ce soit que vous en mangiez, vos yeux s’ouvriront ; et vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal.
Deuxième leçon. La femme donc vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, beau à voir et d’un aspect qui excitait le désir ; elle en prit, en mangea et en donna à son mari, qui en mangea. En effet leurs yeux s’ouvrirent ; et lorsqu’ils eurent connu qu’ils étaient nus, ils entrelacèrent des feuilles de figuier, et s’en firent des ceintures. Et lorsqu’ils eurent entendu la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le paradis, à la brise du soir, Adam et sa femme se cachèrent de la face du Seigneur Dieu au milieu des arbres du paradis.
Troisième leçon. Mais le Seigneur Dieu appela Adam, et il lui dit : Où es-tu ? Adam répondit : J’ai entendu votre voix dans le paradis ; et j’ai eu peur, parce que j’étais nu, et je me suis caché. Dieu lui dit : Mais qui t’a appris que tu étais nu, si ce n’est que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? Et Adam répondit : La femme que vous m’avez donnée pour compagne m’a présenté du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. Alors le Seigneur Dieu dit à.la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? Elle répondit : Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. Le Seigneur Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux de la terre : tu ramperas sur ton ventre, et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : elle te brisera la tête, et toi, tu lui tendras des embûches au talon.
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Jérôme, Prêtre.
Quatrième leçon. Les qualités et les grandeurs de la bienheureuse et glorieuse Marie, toujours vierge, l’ange nous les déclare de la part de Dieu, quand il dit : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Il convenait que de tels dons fussent assurés à la Vierge. Celle-là devait être pleine de grâce, qui a donné de la gloire au ciel et le Seigneur à la terre, qui a fait luire la paix, qui a apporté la foi aux nations, une fin aux vices, une règle de vie, .une discipline pour les mœurs. Pleine de grâce, en effet, Marie en a reçu la plénitude, tandis que la grâce n’est donnée aux autres que partiellement. Vraiment pleine de grâce, parce que si la grâce s’est trouvée dans les saints Pères et dans les Prophètes, elle ne leur fut pas octroyée dans sa plénitude ; mais en Marie fut mise, quoique d’une manière différente, toute la somme des grâces qui se trouvent dans le Christ. Et c’est pourquoi l’Ange lui dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; » c’est-à-dire bénie au-dessus de toutes les femmes. Et par cela même, tout ce qu’il y avait de malédiction attirée par Ève, a été effacé par la bénédiction de Marie. C’est d’elle que Salomon chante comme à sa louange dans ses Cantiques : « Viens, ma colombe, mon immaculée ; déjà l’hiver est passé, la pluie a cessé ; » et il ajoute : « Viens du Liban, viens, tu seras couronnée. »
Cinquième leçon. C’est donc bien justement qu’on l’invite à venir du Liban, parce que Liban s’interprète : blancheur éclatante. Elle était éclatante de mérites et de vertus sans nombre, plus blanche que la neige la plus pure. Comblée des dons du Saint-Esprit, elle offre en tout la simplicité de la colombe, parce que tout ce qui s’accomplit en elle est pureté et simplicité, tout est vérité et grâce, tout est miséricorde et justice, de cette justice qui vient du ciel ; et elle est immaculée, parce qu’il n’y a en elle aucune souillure. Elle a conçu, en effet, un homme dans son sein, comme l’atteste Jérémie, sans rien perdre de sa virginité. « Le Seigneur, dit ce Prophète, a créé un nouveau prodige sur la terre : une femme environnera un homme. » Nouveauté vraiment inouïe, nouveauté des vertus, excellente entre toutes les nouveautés : Dieu, que le monde ne saurait contenir, que nul ne peut voir sans mourir, entre dans le sein d’une vierge comme dans un saint asile, sans être prisonnier dans ce corps, et cependant il s’y renferme tout entier, et il en sort, comme le dit Ézéchiel, les portes fermées. Aussi est-il chanté dans le Cantique au sujet de Marie : « Jardin fermé, fontaine scellée, source des délices du paradis. » Véritable jardin de délices, qui réunit toutes les espèces de fleurs et tous les parfums des vertus : si bien fermé que ni la violence ni la ruse ne peuvent en forcer l’entrée ; fontaine scellée du sceau de toute la Trinité.
Des Actes du Pape Pie IX.
Sixième leçon. Or, la victoire de la Vierge, Mère de Dieu, remportée sur le très cruel ennemi du genre humain, cette victoire que les divines Écritures, la tradition la plus vénérable, le sentiment perpétuel de l’Église, l’accord singulier des Évêques et des fidèles, les actes insignes des souverains Pontifes, aussi bien que leurs constitutions avaient déjà merveilleusement célébrée, Pie IX, Pontife suprême, déférant au vœu de toute l’Église, résolut de la proclamer solennellement par un oracle souverain et infaillible. C’est pourquoi le six des ides de décembre de l’année 1854, dans la basilique du Vatican, au milieu d’une immense assemblée de Pères de la sainte Église romaine, de Cardinaux et d’Évêques venus même des contrées les plus lointaines, le Pape, aux applaudissements de l’univers entier, proclama et définit solennellement que la doctrine qui tient la bienheureuse Vierge Marie pure et préservée de toute tache de la faute originelle, dès le premier instant de sa Conception, par un privilège et un don singulier de la faveur divine, a été révélée de Dieu, et doit, par conséquent, être crue fermement et invariablement par tous les fidèles.
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Homélie de saint Germain, Évêque.
Septième leçon. Je vous salue, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les Saints, plus élevée que les cieux, plus glorieuse que les Chérubins, plus digne d’honneur que les Séraphins, et vénérable au-dessus de toute créature. Salut, ô colombe, qui nous apportez le fruit de l’olivier et nous annoncez Celui par qui nous sommes préservés du déluge spirituel, et qui est le port du salut ; vous dont les ailes ont la blancheur de l’argent et dont le dos brille de l’éclat de l’or et des rayons de l’Esprit très saint et illuminateur. Salut, paradis de Dieu, jardin raisonnable et très agréable, planté aujourd’hui à l’Orient par la main toute bienveillante et toute puissante de ce même Dieu, exhalant pour lui l’odeur suave du lis, et produisant la rosé d’une inaltérable beauté pour la guérison de ceux qui avaient, du côté de l’Occident, bu jusqu’à la lie l’amertume d’une mort désastreuse et funeste à l’âme ; paradis, dans lequel l’arbre de vie fleurit pour la connaissance de la vérité, donnant l’immortalité à ceux qui goûtent de son fruit. Salut, édifice sacrosaint, immaculé, palais très pur de Dieu le souverain Roi, orné tout autour par la magnificence de ce même Roi divin. Ce palais offre à tous l’hospitalité, et les réconforte par de mystérieuses délices ; dans son enceinte se trouve la couche nuptiale de l’Époux spirituel, elle n’a pas été faite à la main et elle brillé d’ornements divers ; c’est là que le Verbe, voulant rappeler dans la voie droite l’humanité errante, s’est uni la chair, afin de réconcilier avec son Père, ceux qui s’étaient exilés par l’effet de leur propre volonté.Huitième leçon. Salut, montagne de Dieu très fertile et ombragée, sur laquelle a été nourri l’agneau plein de sagesse qui a porté nos péchés et nos infirmités ; montagne d’où a roulé, sans qu’aucune main la détachât, cette pierre qui a brisé les autels des idoles et qui « est devenue le sommet de l’angle : fait admirable à nos yeux. » Salut, trône sacré de Dieu, autel divin, maison de gloire, ornement d’une beauté incomparable, trésor choisi, propitiatoire de tout l’univers, ciel qui raconte la gloire de Dieu. Salut, vase formé d’un or pur, contenant le plus suave attrait de nos âmes : le Christ, qui est la manne véritable. O Vierge très pure et très digne de toute louange comme de tout respect, temple consacré à Dieu et surpassant en excellence toute créature, terre intacte, champ fécond sans culture, vigne entièrement fleurie, fontaine répandant des eaux abondantes, vierge féconde et mère sans union, trésor caché d’innocence et beauté toute sainte, intercédez pour nous auprès de celui qui est à la fois votre Fils (né de vous, sans avoir de père terrestre) et le Seigneur notre Dieu, Créateur de toutes choses. Daignez, par vos prières toujours agréées et douées de la puissance qui donne l’autorité maternelle, prendre en main le gouvernement de l’ordre ecclésiastique et nous conduire au port tranquille.
Neuvième leçon. O Marie, revêtez les prêtres de justice, inspirez-leur les pieux transports d’une foi éprouvée, pure et sincère. Quant aux princes orthodoxes dont vous êtes, de préférence à l’éclat de la pourpre et de l’or, aux perles et aux pierres précieuses, le diadème, le manteau royal, la gloire la plus solide, dirigez-les dans la tranquillité et la paix. Abattez et soumettez-leur les nations infidèles, qui blasphèment contre vous et contre le Dieu né de vous. Affermissez leurs peuples dans la foi, afin qu’ils persévèrent, selon le précepte de Dieu, dans l’obéissance et dans une douce dépendance. Couronnez de l’honneur de la victoire cette cité qui vous est consacrée, et pour laquelle vous êtes comme une tour et un fondement ; gardez, en l’environnant de force, l’habitation de Dieu ; conservez toujours la beauté du temple. Délivrez de tout danger et de toute angoisse ceux qui vous louent ; donnez la liberté aux captifs, un asile .aux voyageurs, et soyez la consolation des malheureux, quel que soit le secours dont ils sont dépourvus. Tendez à l’univers entier votre main secourable, afin que nous célébrions vos fêtes dans la joie et l’allégresse, et que toutes se terminent comme celle que nous venons de solenniser, en nous laissant des fruits éclatants de salut, en Jésus-Christ, Roi de tous et notre vrai Dieu, à qui soient gloire et puissance, avec Dieu le Père, le saint principe de sa vie, et l’Esprit coéternel, consubstantiel et corégnant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
.....O Marie ! Que votre douce lumière réjouit délicieusement nos yeux fatigués ! De génération en génération, les hommes se succédaient sur la terre ; ils regardaient le ciel avec inquiétude, espérant à chaque instant voir poindre à l’horizon l’astre qui devait les arracher à l’horreur des ténèbres ; mais la mort avait fermé leurs yeux, avant qu’ils eussent pu seulement entrevoir l’objet de leurs désirs. Il nous était réservé de voir votre lever radieux, ô brillante Etoile du matin ! Vous dont les rayons bénis se réfléchissent sur les ondes de la mer, et lui apportent le calme après une nuit d’orages ! Oh ! Préparez nos yeux à contempler l’éclat vainqueur du divin Soleil qui marche à votre suite. Préparez nos cœurs ; car c’est à nos cœurs qu’il veut se révéler. Mais, pour mériter de le voir, il est nécessaire que nos cœurs soient purs ; purifiez-les, ô vous, l’Immaculée, la très pure ! Entre toutes les fêtes que l’Église a consacrées à votre honneur, la divine Sagesse a voulu que celle de votre Conception sans tache se célébrât dans ces jours de l’A vent, afin que les enfants de l’Église, songeant avec quelle divine jalousie le Seigneur a pris soin d’éloigner de vous tout contact du péché, par honneur pour Celui dont vous deviez être la Mère, ils se préparassent eux-mêmes à le recevoir par le renoncement absolu à tout ce qui est péché et affection au péché. Aidez-nous, ô Marie ! à opérer ce grand changement. Détruisez en nous, par votre Conception Immaculée, les racines de la cupidité, éteignez les flammes de la volupté, abaissez les hauteurs de la superbe. Souvenez-vous que Dieu ne vous a choisie pour son habitation, qu’afin de venir ensuite faire sa demeure en chacun de nous.
O Marie ! Arche d’alliance, formée d’un bois incorruptible, revêtue de l’or le plus pur, aidez-nous à correspondre aux desseins ineffables du Dieu qui, après s’être glorifié dans votre pureté incomparable, veut maintenant se glorifier dans notre indignité, et ne nous a arrachés au démon que pour faire de nous son temple et sa demeure la plus chère Venez à notre aide, ô vous qui, par la miséricorde de votre Fils, n’avez jamais connu le péché ! et recevez en ce jour nos hommages. Car vous êtes l’Arche de Salut qui surnage seule sur les eaux du déluge universel ; la blanche Toison rafraîchie par la rosée du ciel, pendant que la terre entière demeure dans la sécheresse ; la Flamme que les grandes eaux n’ont pu éteindre ; le Lis qui fleurit entre les épines ; le Jardin fermé au serpent infernal ; la Fontaine scellée, dont la limpidité ne fut jamais troublée ; la Maison du Seigneur, sur laquelle ses yeux sont ouverts sans cesse, et dans laquelle rien de souillé ne doit jamais entrer ; la Cité mystique dont on raconte tant de merveilles (Ps. 86). Nous nous plaisons à redire vos titres d’honneur, ô Marie ! Car nous vous aimons ; et la gloire de la Mère est celle des enfants. Continuez de bénir et de protéger ceux qui honorent votre auguste privilège, vous qui êtes conçue en ce jour ; et bientôt naissez, concevez l’Emmanuel, enfantez-le et montrez-le à notre amour.
IIème dimanche de l’Avent
Introït
Peuple de Sion, voici que le Seigneur vient pour sauver les nations. Il va faire retentir sa voix majestueuse, et vous aurez le cœur en joie. Écoutez-moi, Pasteur d’Israël, vous qui menez le peuple de Joseph comme un berger son troupeau.
Collecte
Excitez, Seigneur, nos cœurs pour préparer la route à votre Fils unique, afin que sa venue nous permette de vous servir avec une âme plus pure.
Épitre Rm. 15, 4-13
Mes Frères : Tout ce qui a été écrit avant nous l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance. Que le Dieu de la patience et de la consolation vous donne d’avoir les uns envers les autres les mêmes sentiments selon Jésus-Christ, afin que, d’un même cœur et d’une même bouche, vous glorifiez Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. J’affirme, en effet, que le Christ a été ministre des circoncis, pour montrer la véracité de Dieu, en accomplissant les promesses faites à leurs pères, tandis que les Gentils glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu’il est écrit : " C’est pourquoi je te louerai parmi les nations, et je chanterai à la gloire de ton nom. " L’Écriture dit encore : " Nations, réjouissez-vous avec son peuple. " Et ailleurs : " Nations, louez toutes le Seigneur ; peuples, célébrez-le tous. " Isaïe dit aussi : " Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour régner sur les nations ; en lui les nations mettront leur espérance. " Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, afin que, par la vertu de l’Esprit-Saint, vous abondiez en espérance !
Évangile Mt, 11, 2–10
En ce temps-là : Jean, dans sa prison, ayant entendu parler des œuvres du Christ, lui envoya dire par ses disciples : « Êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Qu’êtes-vous donc aller voir ? Un homme vêtus d’(habits) somptueux ? Mais ceux qui portent des (habits) somptueux se trouvent dans les demeures des rois. Mais qu’êtes-vous allés (voir) ? Voir un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. C’est celui dont il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de vous, pour vous préparer la voie devant vous. »
Offertoire
Mon Dieu, tournez-vous vers nous pour nous donner la vie ; et votre peuple en vous trouvera la joie. Faites-nous voir votre miséricorde, Seigneur, et donnez-nous votre Sauveur.
Secrète
Soyez apaisé, Seigneur, vous vous en prions, par les prières et les sacrifices de notre humilité : et puisque nous n’avons pas de mérite à y joindre en recommandation, que votre grâce vienne à notre secours.
Communion
Jérusalem, lève-toi ! Rassemble toi sur la hauteur et contemple le bonheur qui va venir vers toi de la part de ton Dieu.
Postcommunion
Rassasiés par cette nourriture spirituelle, nous vous prions humblement, Seigneur, de nous apprendre, dans la communion à ce mystère, à mépriser les biens de la terre pour aimer ceux du ciel
Office
Au premier nocturne.
Du Prophète Isaïe. Cap. 11, 1-10.
Première leçon. Et il sortira un rejeton de la racine de Jessé, et une fleur s’élèvera de sa racine. Et l’esprit du Seigneur reposera sur lui : l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété ; et l’esprit de la crainte du Seigneur le remplira. II ne jugera pas d’après ce qu’auront vu les yeux, et il ne condamnera pas d’après ce qu’auront ouï les oreilles ; mais il jugera les pauvres dans la justice, et il se prononcera avec équité pour les doux de la terre.
Deuxième leçon. Et il frappera !a terre de la verge de sa bouche, et du souffle de ses lèvres, il tuera l’impie. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, le ceinturon de ses flancs. Le loup habitera avec l’agneau ; et le léopard se couchera près du chevreau ; le jeune taureau, et le lion, et la brebis demeureront ensemble ; et un petit enfant les conduira. Le veau et l’ours iront aux mêmes pâturages, leurs petits se reposeront ensemble ; et le lion, comme le bœuf, mangera la paille.
Troisième leçon. Et l’enfant à la mamelle se jouera sur te trou de l’aspic : et celui qui viendra d’être sevré portera sa main dans la caverne du basilic. Ils ne nuiront pas et ils ne tueront pas sur toute ma montagne sainte ; parce que la terre est remplie de la connaissance du Seigneur, comme les eaux qui couvrent la mer. En ce jour-là viendra la racine de Jessé, qui est comme l’étendard des peuples ; c’est lui à qui les nations adresseront leurs prières, et son sépulcre sera glorieux.
Au deuxième nocturne.
du Commentaire de saint Jérôme, prêtre, sur le Prophète Isaïe.
Quatrième leçon. « Et il y sortira un rejeton de la racine de Jessé. » Jusqu’au commencement de la vision ou du poids] de Babylone, que vit Isaïe, fils d’Amos, toute cette prophétie se rapporte au Christ. Nous allons l’expliquer par parties, de peur que, proposée et discutée à la fois tout entière, elle ne jette la confusion dans la mémoire du lecteur. Les Juifs prétendent que le rejeton et la fleur, sortis de la racine de Jessé, désignent le Seigneur lui-même, dont la puissance royale serait indiquée par le rejeton, et la beauté figurée par la fleur.
Cinquième leçon. Quant à nous, par la tige s’élevant de la racine de Jessé, entendons plutôt la sainte Vierge Marie, qui ne s’est jamais unie à quelque autre tige et dont il est dit plus haut déjà : « Voici qu’une vierge concevra, et enfantera un fils. » Par la fleur, nous entendons le Seigneur, notre Sauveur, qui dit, dans le Cantique des cantiques : « Je suis la fleur du champ et le lys des vallées. »
Sixième leçon. Donc, sur cette fleur qui, par la Vierge Marie, s’élève tout à coup du tronc et de la racine de Jessé, se reposera l’Esprit du Seigneur ; puisqu’il a plu à Dieu que « toute la plénitude de la divinité habite en lui corporellement » et qu’elle n’y soit pas en partie, comme dans les autres Saints, selon ces paroles que les Nazaréens lisent dans leur Évangile, écrit en langue hébraïque : Toute la source du Saint-Esprit descendra sur lui. Or, le Seigneur est esprit, et où est l’esprit du Seigneur se trouve la liberté.
Au troisième nocturne.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Septième leçon. Après tant de signes et de prodiges que le Sauveur avait fait voir, il ne pouvait être pour personne un sujet de scandale, mais il aurait dû rester pour tous un sujet d’admiration. Cependant après tant de miracles, sa mort causa un très grand scandale dans l’esprit des infidèles ; et c’est pourquoi saint Paul a dit : « Nous prêchons le Christ crucifié ; scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils ». Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’auteur de la vie mourût pour le salut des hommes ; et ainsi l’homme a tiré un sujet de scandale de ce qui devait le plus exciter sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré par les hommes d’une manière d’autant plus digne, qu’il a souffert pour les hommes de plus indignes traitements.
Huitième leçon. Quel est donc le sens de ces paroles : « Bienheureux celui qui ne sera point scandalisé de moi ? » N’est-ce pas une déclaration manifeste de l’abjection et de l’humiliation de sa mort ? Comme s’il disait ouvertement : II est vrai que je fais des choses admirables ; mais je ne dédaigne pas d’en souffrir d’abjectes. Puisque donc, en mourant, je me fais semblable à toi, que les hommes qui vénèrent mes miracles, se gardent bien de mépriser en moi la mort.
Neuvième leçon. Mais, écoutons ce que le Sauveur dit aux foules, en leur parlant de Jean, après avoir renvoyé les disciples de ce même Jean : « Qu’êtes-vous allé voir au désert ? un roseau agité par le vent ? » Question qu’il pose non pour affirmer l’exactitude de la comparaison, mais pour la nier. Un roseau s’incline vers le côté opposé dès que la brise le touche. Et que nous désigne le Sauveur par ce terme de roseau, sinon l’âme charnelle ? Celle-ci, aussitôt que la faveur ou la disgrâce viennent l’atteindre, s’incline d’un côté ou de l’autre.
ÉPÎTRE.
Ayez donc patience, Chrétiens ; croissez dans l’espérance ; et vous goûterez le Dieu de paix qui va venir en vous. Mais soyez unis de cœur les uns aux autres ; car c’est la marque des enfants de Dieu. Le Prophète nous annonce que le Messie fera habiter ensemble le loup et l’agneau ; et voici que l’Apôtre nous le montre réunissant dans une même famille le Juif et le Gentil. Gloire à ce souverain Roi, puissant rejeton de la tige de Jessé, et qui nous commande d’espérer en lui ! Voici que l’Église nous avertit encore qu’il va paraître en Jérusalem (Graduel) : « C’est de Sion que va briller l’éclat de sa beauté : il va paraître au grand jour, notre Dieu. V/. Rassemblez autour de lui ses Saints, tous ceux qui ont contracté avec lui une alliance scellée par le sacrifice. »
ÉVANGILE.
C’est bien vous, Seigneur, qui deviez venir, et nous ne devons pas en attendre un autre. Nous étions aveugles, vous nous avez éclairés ; notre marche était chancelante, vous l’avez raffermie ; la lèpre du péché nous couvrait, vous nous avez guéris ; nous étions sourds à votre voix, vous nous avez rendu l’ouïe ; nous étions morts par nos iniquités, vous nous avez tirés du tombeau ; enfin, nous étions pauvres et délaissés, vous êtes venu nous consoler. Tels ont été, tels seront les fruits de votre visite dans nos âmes, ô Jésus ! visite silencieuse, mais puissante ; dont la chair et le sang n’ont point le secret, mais qui s’accomplit dans un cœur touché. Venez ainsi en moi, ô Sauveur ! Votre abaissement, votre familiarité ne me scandaliseront pas ; car vos œuvres dans les âmes disent assez que vous êtes un Dieu. C’est parce que vous les avez créées que vous pouvez les guérir.
Saint Nicolas évêque et confesseur mémoire de la férie de l'Avent
O Dieu, qui avez rendu illustre par d’innombrables miracles, le bienheureux Pontife Nicolas, accordez-nous, s’il vous plaît, par ses mérites et ses prières d’être préservés des feux de l’enfer.
Quatrième leçon. Nicolas naquit d’une famille illustre, à Patara, ville de Lycie. Ses parents avaient obtenu de Dieu cet enfant par leurs prières. Dès le berceau il fit présager l’éminente sainteté qu’il devait faire paraître dans la suite. On le vit, en effet, les mercredis et vendredis ne prendre le lait de sa nourrice qu’une seule fois, et sur le soir, bien qu’il le fît fréquemment les autres jours. Il conserva toute sa vie l’habitude de jeûner la quatrième et la sixième férie. Orphelin dès l’adolescence, il distribua ses biens aux pauvres. On raconte de lui ce bel exemple de charité chrétienne : un indigent, ne parvenant point à marier ses trois filles, pensait a les abandonner au vice ; Nicolas l’ayant su jeta, la nuit, par une fenêtre, dans la maison de cet homme, autant d’argent qu’il en fallait pour doter une de ces jeunes filles. Ayant réitéré une seconde et une troisième fois cet acte de générosité, toutes trouvèrent d’honorables partis.
Cinquième leçon. Le Saint s’étant entièrement consacré à Dieu, partit pour la Palestine, afin de visiter et de vénérer les lieux saints. Durant son voyage, il prédit aux matelots, par un ciel serein et une mer tranquille, l’approche d’une horrible tempête. Elle s’éleva bientôt, et tous les passagers coururent un grand danger : mais il l’apaisa miraculeusement par ses prières. De retour dans sa patrie, il donna à tous les exemples d’une grande sainteté ; et, par un avertissement de Dieu, il se rendit à Myre, métropole de la Lycie. Cette ville venait de perdre son Évêque, et tous les Évêques de la province étaient rassemblés afin de pourvoir à l’élection d’un successeur. Pendant leur délibération ils furent divinement avertis de choisir celui qui, le lendemain, entrerait le premier dans l’église, et se nommerait Nicolas. Cet ordre du ciel fut exécuté, et Nicolas, trouvé à la porte de l’église, fut créé Évêque de Myre à la grande satisfaction de tous. Durant son épiscopat on vit constamment briller en lui la chasteté, qu’il avait toujours gardée, la gravité, l’assiduité à la prière et aux veilles, l’abstinence, la libéralité et l’hospitalité, la mansuétude dans les exhortations, la sévérité dans les réprimandes.
Sixième leçon. Il ne cessa d’assister les veuves et les orphelins de ses aumônes, de ses conseils et de ses services, il s’employa avec tant d’ardeur à soulager les opprimés, que trois tribuns, condamnés sur une calomnie par l’empereur Constantin, encouragés par le bruit des miracles du Saint, s’étant recommandés à lui dans leurs prières, malgré la distance, Nicolas, encore vivant, apparut à l’empereur avec un air menaçant, et les délivra. Comme il prêchait à Myre la vérité de la foi chrétienne, contrairement à l’édit de Dioclétien et de Maximien, il fut arrêté par les satellites impériaux, emmené au loin et jeté en prison. Il y resta jusqu’à l’avènement de l’empereur Constantin, par l’ordre duquel il fut délivré de captivité, revint à Myre, puis se rendit au concile de Nicée, et, avec les trois cent dix-huit Pères de cette assemblée, y condamna l’hérésie arienne. De Nicée, il retourna dans sa ville épiscopale, où, peu de temps après, il sentit sa mort approcher ; élevant les yeux au ciel il vit les Anges venir à sa rencontre, et commença le Psaume : « En vous, Seigneur, j’ai espéré. » Arrivé à ce verset : « En vos mains, je remets mon âme », il s’en alla dans la patrie céleste. Son corps fut transporté à Bari dans la Fouille, où il est honoré par une grande affluence de peuple et avec la plus profonde vénération.
Ce célèbre Thaumaturge, évêque de Myre à l’époque du concile de Nicée, fut définitivement accueilli dans le calendrier romain vers le XIe siècle. Mais son culte est beaucoup plus ancien, et dans la Rome médiévale il prit jadis de si grandes proportions qu’on compte au moins une soixantaine d’églises s’élevant sous son vocable. Parmi celles-ci, la plus insigne est celle qui se trouve près du portique d’Octavie : Saint-Nicolas in Carcere Tulliano, ou in foro clitorio, où se célèbre aussi la station le samedi de la IVe semaine de Carême.
Dans le Patriarchium du Latran existait un oratoire en l’honneur de saint Nicolas, et qui, entièrement restauré par le pape Callixte II, devint comme le monument votif de la victoire remportée au xne siècle par le Pontificat romain contre le Césarisme germanique.
Cette chapelle, qui s’élevait presque en face de l’oratoire de Saint-Laurent, fut détruite sous Clément XIII ; on n’a conservé que les dessins des peintures qui la décoraient.
En Orient, la fête de ce Thaumaturge, du ‘saint Héraut’, du ‘porte-parole du Père’, de ‘Celui qui fait jaillir l’huile’, est une fête chômée, en vertu d’une ordonnance de l’empereur Emmanuel Comnène (1143-1181) ; il en fut de même en certains diocèses d’Europe. Ce qui valut chez les Grecs une immense renommée à saint Nicolas, c’est le liquide miraculeux qui, aujourd’hui encore à Bari, découle de ses ossements.
Le titre de confesseur, attribué dans l’antiquité au Thaumaturge de Myre, se rapporte à ce qu’il eut à souffrir durant la dernière persécution. La présence de saint Nicolas au concile de Nicée est très probable, mais tout le reste de la légende du saint est sujet à de prudentes réserves.
Super Io., cap. 18 l. 6
Lectio 6
Super Io., cap. 18 l. 6 Supra posita est examinatio qua Pilatus examinavit Christum coram accusatoribus hic autem ponit Evangelista quomodo Pilatus examinavit Christum apud seipsum, et primo Evangelista agit de interrogatione Pilati examinantis; secundo de responsione Christi examinati, ibi respondit Iesus: regnum meum non est de hoc mundo. Circa primum duo facit. Primo proponit Pilati interrogationem; secundo interrogationis causam, seu examinationem, ibi respondit Iesus: a temetipso hoc dicis? Circa primum sciendum, quod Pilatus ut iustus iudex, et omnia exquisite tractans, non statim acquievit accusationi pontificis. Ex. XXIII, 2: non sequeris turbam ad faciendum malum nec in iudicio plurimorum acquiesces sententia, ut a vero devies. Sed introivit iterum in praetorium et vocavit Iesum, scilicet seorsum, eo quod magnam de eo habebat suspicionem. Ideo autem Christum ad se vocavit, ut exquisitius omnia rimaretur, et Christus quietius responderet, amoto strepitu Iudaeorum. Jb XXIX, 16: causam quam ignorabam, diligentissime investigabam. Et tunc dixit ei tu es rex Iudaeorum? Ex quo patet, ut Lucas refert XXIII, 2 quod Iudaei hoc crimen ei imposuerunt; licet Ioannes dicat tantum si non esset hic malefactor, non tibi tradidissemus eum, et multa alia crimina ei obiecerunt. Sed hoc magis tetigit cor Pilati, et ideo de hoc solo eum interrogat. Mt. XII, 34: ex abundantia cordis os loquitur. Consequenter cum dicit respondit Iesus etc. ponitur interrogationis examinatio, et primo ponitur Christi interrogatio; secundo Pilati responsio, ibi numquid ego Iudaeus sum? Dixit ergo respondit Iesus, versa vice interrogando, a temetipso hoc dicis? Ubi sciendum est, quod duplici ex causa homo interrogat. Quandoque ut sciat rem quam prius ignorabat, et sic discipulus interrogat magistrum; quandoque interrogat de re scita, ut sciat responsionem de quo interrogat, et sic magister interrogat discipulum. Sed Dominus sciebat et id de quo ipse interrogabat, et illud quod responsurus erat; et ideo non interrogabat quasi ignorans, quia omnia nuda et aperta sunt oculis eius, He. IV, 13, sed interrogat ut sciamus quam opinionem habebant Iudaei et gentiles, ac simul de illo regno instruamur. Consequenter cum dicit respondit Pilatus etc., ponitur responsio Pilati. Sed quare sic respondet? Ideo scilicet quia Dominus quaesivit ab eo an a semetipso hoc dixisset. Et ideo Pilatus ostendit quod non pertinebat ad eum quaerere an esset rex Iudaeorum, sed potius ad Iudaeos, quorum se regem dicebat; dans per hoc intelligere quod ab aliis hoc sibi dicebatur. Et ideo subdit gens tua et pontifices tui tradiderunt te mihi, hanc scilicet accusationem adversum te dicentes. Et dicit gens tua, quia ex Iudaeis, secundum hominem, natus erat. Jr. XX, 10: audivi enim contumelias multorum et terrores in circuitu: persequimini eum, ab omnibus viris qui erant pacifici mei; Mi VII, 6: inimici hominis, domestici eius. Et dicitur pontifices, quia quanto maiores erant in potestate, tanto potiores in crimine. I Esd. IX, 2: manus principum et magistratuum fuit in transgressione hac prima; Jr. V, 5: ibo ad optimates, et loquar eis: ipsi enim cognoverunt vias Domini, et iudicium Dei sui: et ecce magis hi confregerunt iugum, ruperunt vincula. Si ergo ipsi tradiderunt te mihi, quid fecisti? Quasi dicat: non est credendum quod tradidissent te mihi nisi pro magna causa. Hic ponitur responsio Christi, et primo removet suspicionis de regno suo falsitatem; secundo astruit veritatem, ibi dixit itaque ei Pilatus: ergo rex es tu? Circa primum duo facit. Primo excludit falsam suspicionem; secundo adhibet signi probationem, ibi si ex hoc mundo esset regnum meum, ministri mei utique decertarent, ut non traderer Iudaeis. Falsam suspicionem removet, dicens regnum meum non est de hoc mundo. Quod male intelligentes Manichaei, dicebant esse duos deos et duo regna; scilicet Deum bonum, qui habet regnum suum in regione lucis; et Deum malum, qui habet regnum suum in regione tenebrarum; et hanc dicebant esse hunc mundum, quia omnia corporalia dicebant esse tenebras. Et secundum hoc sensus est: regnum meum non est de hoc mundo, quasi dicat: Dominus Pater, qui bonus est, et ego non habemus regnum in regione tenebrarum. Sed contra hoc est quod dicitur in Ps. XLVI, 8: quoniam rex omnis terrae Deus. Et iterum: omnia quaecumque voluit Dominus fecit in caelo et in terra. Et ideo dicendum, quod hoc dixit Christus propter Pilatum, qui credebat Christum affectare regnum terrenum, quo corporaliter, sicut et homines terreni, regnaret; et per hoc esset morte plectendus, quod illicitum affectaverit regnum. Sciendum est autem, quod regnum quandoque dicitur ille populus qui regnat, quandoque ipsa regia potestas. Primo ergo modo accipiendo regnum exponit Augustinus, et dicit regnum meum, idest fideles mei, Ap. V, 10: fecisti nos Deo nostro regnum, non est de hoc mundo. Non dicit: non est in hoc mundo; supra XVII, 11: et hi in mundo sunt, sed non est de hoc mundo, per affectum et imitationem, ereptus quidem per gratiae electionem. Sic enim nos Deus eruit de potestate tenebrarum, et transtulit in regnum caritatis suae. Chrysostomus autem exponit accipiendo regnum secundo modo, et dicit: regnum meum, idest potestas mea et auctoritas qua rex sum, non est de hoc mundo idest, non habet originem ex causis mundanis et electione hominum, sed aliunde, scilicet ab ipso Patre. Dn. VII, 14: potestas eius, potestas aeterna quae non auferetur, et regnum eius quod non corrumpetur. Hic adhibet signa evidentia ad probandum quod regnum eius non est de hoc mundo, et primo ponit signum; secundo concludit intentum, ibi nunc autem regnum meum non est hinc. Circa primum sciendum est, quod qui habet regnum terrenum, sive iuste sive violenter, oportet quod habeat socios et ministros, per quos in potestate fulciatur. Cuius ratio est, quia non est potens per seipsum, sed per ministros suos. II R. III, 1: facta est longa concertatio inter domum Saul et inter domum David: David proficiscens et semper seipso robustior, domus autem Saul decrescens quotidie. Sed rex supernus, quia potens est per seipsum, servis suis potentiam tribuit; ideo non indiget ad regnum suum ministris. Et ideo dicit, quod regnum suum non est de hoc mundo: quia si ex hoc mundo esset regnum meum, ministri utique mei decertarent, ut non traderer Iudaeis. Unde et Petrus volens decertare pro Christo, non advertebat se de hoc mundo non esse: supra eodem. Habebat tamen dominus alios ministros, scilicet Angelos, qui potuissent eum eripere de manibus Iudaeorum; sed dominus eripi noluit. Mt XXVI, 53: an non possum rogare Patrem meum, et exhibebit mihi plusquam duodecim legiones Angelorum? Nunc autem regnum meum non est hinc. Scilicet, quia non quaerit tales ministros, concludit quod regnum suum non est hinc, idest, non habet principium de hoc mundo; est tamen hic, quia ubique est: attingit enim a fine usque ad finem fortiter, et disponit omnia suaviter: Sg. VIII, 1; Ps. II, . 8: postula a me, et dabo tibi gentes hereditatem tuam, et possessionem tuam terminos terrae; Dn. VII, 14: dedit potestatem et honorem et regnum; et omnes populi, tribus et linguae servient ei. Hic Dominus manifestat veritatem de regno suo quod sit, et primo ponitur manifestationis occasio; secundo ipsa manifestatio, ibi respondit ei Iesus etc.; tertio manifestationis effectus, ibi dixit ei Pilatus, quid est veritas? Circa primum sciendum, quod Pilatus ex supradictis verbis Domini intelligens quod regnum quasi carnale et longinquum esset de partibus illis I Cor. II, 14: animalis homo non percepit ea quae sunt spiritus Dei anhelavit ad veritatem sciendam; et ideo inquit dicens ergo rex es tu? Scilicet et Dominus. Consequenter respondens dicit tu dicis quia rex sum ego, ubi primo se esse confitetur regem; secundo sui regni ostendit rationem, ibi ego in hoc natus sum (...) ut testimonium perhibeam veritati; tertio insinuat supra quos regnat, ibi omnis qui est ex veritate, audit vocem meam. Circa primum sciendum est, quod Dominus ad quaestionem respondens de regno, ita responsionem suam temperavit ut nec manifeste confiteretur se esse regem, cum rex non esset eo modo quo Pilatus intelligebat; nec negaret, cum spiritualiter esset rex regum. Dicit ergo tu dicis quia rex sum ego, scilicet carnaliter secundum quem modum rex non sum, sed alio modo rex sum ego; Is. XXXII, 1: ecce in iustitia regnabit rex, principes in iudicio praeerunt. Modum autem et rationem regni sui ostendit dicens ego in hoc natus sum, et ad hoc veni in mundum, ut testimonium perhibeam veritati; quod dupliciter exponitur. Uno modo, secundum Augustinum, ut regnum Christi sint fideles sicut dictum est supra: et sic Christus super fideles regnat; et ad hoc venit in mundum ut congregans sibi fideles, regnum sibi acquirat. Lc. XIX, 12: homo quidam nobilis abiit in regionem longinquam accipere sibi regnum. Et sic est sensus: ego in hoc, idest ad hoc, natus sum, nativitate scilicet carnali. Et hoc exponit dicens et ad hoc veni in mundum, carnaliter nascendo; sic enim venit in mundum, Ga. IV, 4: misit Deus Filium suum in mundum, ut testimonium perhibeam veritati, scilicet mihi, qui sum veritas, supra XIV, 6. Et si testimonium perhibeo de meipso, verum est testimonium meum, supra VIII, 14. Et inquantum manifesto me veritatem, intantum regnum mihi paro. Hoc enim non potest fieri nisi per manifestationem veritatis, quam manifestationem non decebat fieri nisi per me, qui sum lux. Supra I, 18: Unigenitus, qui est in sinu Patris, ipse enarravit. He. II, 3: quae cum initium accepisset enarrandi per Dominum, ab eis qui audierunt, in nos confirmata est, contestante Deo signis et portentis et variis virtutibus et spiritus sancti distributionibus. Alio modo exponit Chrysostomus sic: tu quaeris si rex ego sum, et ego dico quod sic: sed potestate divina, quia in hoc natus sum, nativitate aeterna a Patre, sicut Deus ex Deo, ita rex ex rege; Ps. II, 6: ego autem constitutus sum rex, et subdit: ego hodie genui te. Sed quod addit et ad hoc veni in mundum, non ponitur expositive, sed intelligitur de nativitate temporali; quasi diceret: etsi sum rex aeternus, tamen ad hoc veni in mundum, ut testimonium perhibeam veritati; mihi scilicet quod sum rex a Deo Patre. Hic ostendit super quos regnet. Ubi notandum quod supra X, 1, dixit se pastorem, et subditos dixit oves, quod idem est quod hic dicit se regem et subditos regnum: quia eadem est proportio regis ad subditos et pastoris ad oves: et sicut pastor pascit oves, Ez. XXXIV, 2: nonne greges pascuntur a pastoribus, ita et rex sustentat subditos. Et specialiter inter alia dixit oves meae vocem meam audiunt: unde et hic dicit qui est ex veritate, audit vocem meam, non solum exterius, sed credendo interius et amando ac opere implendo; supra VI, 45: omnis qui audivit a Patre et didicit venit ad me. Sed unde hoc homini ut audiat vocem meam? Inde scilicet quia est ex veritate, quae est Deus. Sed cum omnes sint ex Deo, omnes sunt ex veritate et audiunt vocem eius. Respondeo. Dicendum, quod aliqui sunt ex Deo per creationem, et sic omnes sunt a Deo. Dicuntur etiam aliqui esse a Deo per affectum et imitationem; unde supra VIII, 47 dicitur: ex Deo non estis, scilicet secundum affectum, sed per creationem estis: ille ergo audit vocem credendo et amando, qui, scilicet, est ex veritate, idest, qui accepit hoc munus ut veritatem amet. Sed attende, quod non dicit: omnis qui audit vocem, est ex veritate, quia sequeretur quod ideo essemus ex veritate quia credimus: cum tamen ideo credamus quia sumus ex veritate, inquantum scilicet accepimus donum Dei per quod credimus et amamus veritatem. Ep. II, 8: gratia salvati estis per fidem, et hoc non ex vobis: Dei enim donum est; Ph. I, 29: vobis datum est non solum ut in eum credatis, sed etiam ut pro illo patiamini. Ponit responsionis effectum, in quo datur intelligi quod Pilatus propulsa suspicione regni terreni, ac intelligens Christum regem esse in doctrina veritatis, cupit veritatem scire, ac effici de regno eius; unde dicit quid est veritas? Non quaerens quae sit definitio veritatis, sed quid esset veritas cuius virtute de regno eius efficeretur: dans per hoc intelligere, quod veritas mundo incognita erat, et fere ab omnibus evanuerat, dum increduli essent. Is. LIX, 14: corruit veritas in plateis, et aequitas non potuit ingredi; Ps. XI, 2: diminutae sunt veritates a filiis hominum. Sed Pilatus responsionem non expectavit. Et ideo quantum ad hanc quaestionem sciendum est, quod duplicem veritatem invenimus in Evangelio: unam increatam et facientem; et haec est Christus, supra XIV, 6: ego sum via, veritas et vita, aliam factam, supra I, 17: gratia et veritas per Iesum Christum facta est. Veritas enim de sui ratione importat commensurationem rei ad intellectum. Intellectus autem dupliciter comparatur ad res. Quia quidam ut mensura rerum existens, ille scilicet qui est causa rerum; quidam autem mensuratus a re, ille scilicet cuius cognitio causatur a re. Non igitur est veritas in intellectu divino quia ipse adaequatur rebus, sed quia res ipsi divino intellectui adaequantur. Sed in intellectu nostro ideo est veritas, quia ita intelligit res ut res se habent. Et sic veritas increata et intellectus divinus est veritas non mensurata nec facta, sed veritas mensurans et faciens duplicem veritatem; unam scilicet in ipsis rebus, inquantum facit eas secundum quod sunt in intellectu divino; et aliam quam facit in animabus nostris, quae est veritas mensurata tantum et non mensurans. Et inde est quod veritas increata intellectus divini appropriatur Filio, qui est ipsa conceptio divini intellectus et Dei Verbum. Veritas enim conceptionem intellectus consequitur. Deinde cum dicit et cum hoc dixisset, iterum exivit ad Iudaeos, agit de sententia Pilati in Christum, et primo declarat eius innocentiam; secundo intentat impendere misericordiam, ibi est autem consuetudo ut unum dimittam vobis in Pascha. Sciendum est autem circa primum, quod Pilatus, ut dicit Augustinus, volebat libenter Christum liberare, et dum quaesivisset a Christo quid est veritas? Subito venit illi in mentem quomodo per quandam consuetudinem Christum liberare poterat qua solet eis dimitti unus in Pascha: et ideo responsionem non expectans totaliter, contulit se ad hoc procurandum, et ideo dicit et cum hoc dixisset. Audiebat Iudaeorum tumultum, et credens se illum posse compescere et postmodum quietius difficilis quaestionis responsionem audire, iterum exivit ad Iudaeos, et proponens Christi innocentiam, dixit eis: ego nullam invenio in eo causam, scilicet mortis. I P. II, 22: qui peccatum non fecit. Et tamen si esset aliqua in eo, ego apud quem residet potestas, et praecipue iudicandi de his quae contra regem fiunt, volo eum liberare et absolvere. Unde dicit est autem consuetudo ut unum dimittam vobis in Pascha. Ubi primo offert Christi absolutionem; secundo ponit Evangelista Iudaeorum responsionem. Sciendum est autem, quod hanc consuetudinem introduxit Pilatus, vel alii praesides Romanorum, ob favorem populi. Et ideo secundum hanc consuetudinem volens eum dimittere, dicit vultis ergo dimittam vobis regem Iudaeorum? Non dicit hoc quasi invenerit eum culpabilem de regno Iudaeorum, sed ut exaggeraret ipsorum malitiam; quasi dicat: etsi sit rex Iudaeorum, quod ad vos iudicare non pertinet, sed ad me, tamen, si vultis, dimittam eum vobis. Sed ipsi Iudaei clamaverunt rursum omnes dicentes: non hunc, sed Barabbam. Et ut Iudaeorum malitiam ostendat, statim subdit eius, quem liberari petebant, crimen, dicens erat autem Barabbas latro. Is. I, 23: principes tui infideles, socii furum. In hoc impletur illud Jr. XII, 8: facta est mihi haereditas mea quasi leo in silva; Ac. III, 14: iustum et sanctum negastis, et petistis virum homicidam donari vobis.
Saint Pierre Chrysologue Évêque confesseur Docteur de l’Église mémoire de Sainte Barbe Vierge et Martyre
O Dieu, qui, par des prodiges divins, avez désigné et fait élire pour gouverner et enseigner votre Église l’illustre Docteur, le bienheureux Pierre Chrysologue, faites, nous vous en prions, que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans les cieux, celui qui nous a donné sur terre la doctrine de vie.
Quatrième leçon. Pierre, surnommé Chrysologue, à cause de l’or de son éloquence, naquit de parents honnêtes, à Imola dans l’Émilie. Dès son jeune âge, tournant son cœur vers la piété, il s’attacha à l’Évêque de cette ville, Cornélius le romain ; ayant fait auprès de lui de rapides progrès en science et en sainteté, il fut créé Diacre. Peu après, l’Archevêque de Ravenne étant mort, les habitants de cette ville envoyèrent, à Rome, suivant l’usage, le successeur qu’ils avaient élu, solliciter du saint Pape Sixte III, la confirmation de cette élection. Cornélius se joignit aux députés de Ravenne et emmena avec lui son Diacre. Cependant l’Apôtre saint Pierre et le Martyr Apollinaire apparurent en songe au Souverain Pontife, ayant entre eux ce jeune lévite, et ordonnèrent au Pape de ne pas en placer d’autre que lui sur le siège archiépiscopal de Ravenne. Aussi le Pontife n’eut pas plutôt vu Pierre, qu’il reconnut en lui l’élu du Seigneur ; il rejeta donc le candidat qui lui avait été présenté et préposa Pierre au gouvernement de cette Église métropolitaine, l’an du Christ quatre cent trente-trois. Les envoyés de l’Église de Ravenne eurent d’abord quelque peine à accepter ce choix, mais au récit de la vision ils acquiescèrent volontiers à la volonté divine et reçurent le nouvel Archevêque avec le plus grand respect.
Cinquième leçon. Ainsi Pierre, sacré Archevêque malgré lui, fut conduit à Ravenne où l’empereur Valentinien, Galla Placidia sa mère, et tout le peuple, l’accueillirent avec une grande joie ; il leur déclara qu’ayant consenti à porter pour leur salut un si lourd fardeau, il ne leur demandait qu’une chose : de s’appliquer à suivre ses avis et de ne pas résister aux préceptes divins. Il s’occupa alors de faire ensevelir avec des parfums précieux les corps de deux Saints morts en cette ville, saint Barbatien Prêtre, et saint Germain, Évêque d’Auxerre, dont il revendiqua comme héritage le capuchon et le cilice. Il ordonna Évêques, Projectus et Marcellin. Il fit creuser à Classe une fontaine vraiment admirable de grandeur et éleva plusieurs temples magnifiques en l’honneur du bienheureux Apôtre André et d’autres Saints. On avait coutume de célébrer aux calendes de janvier, des jeux accompagnés de représentations théâtrales et de danses ; il abolit cet usage par la force de ses exhortations, et dit à ce propos, entre plusieurs autres choses remarquables : « Celui qui veut s’amuser avec le diable ne pourra pas se réjouir avec le Christ. » Par l’ordre de saint Léon le Grand, il écrivit au concile de Chalcédoine contre l’hérésie d’Eutychès. En outre, il répondit à l’hérésiarque lui-même, par une autre lettre qu’on a jointe aux actes du concile dans les dernières éditions, et qui est consignée dans les annales ecclésiastiques.
Sixième leçon. Dans les prédications publiques qu’il adressait à son peuple, l’éloquence de Pierre était si véhémente et son ardeur si grande, que parfois la voix fui manqua, comme il arriva dans son sermon sur l’hémorroïsse. Les Ravennais présents en furent si émus et remplirent tellement l’église de larmes, de cris et de prières que, dans la suite, le Saint lui-même remerciait Dieu d’avoir fait tourner son extinction de voix au profit de l’amour du Sauveur. Il gouvernait très saintement cette Église depuis environ dix-huit ans, lorsqu’ayant appris par une révélation divine que la fin de ses travaux approchait, il revint dans sa ville natale. Là, il se rendit dans l’église de Saint-Cassien et y déposa en offrande sur l’autel principal, un grand diadème d’or orné de pierres précieuses, une coupe également en or, et une patène d’argent qui donne à l’eau qu’on y met et qui en est versée comme on l’a souvent expérimenté, la vertu de guérir les morsures de chiens enragés, et de couper la fièvre. Alors il congédia ceux des habitants de Ravenne qui l’avaient suivi, leur recommandant d’apporter le plus grand soin au choix d’un excellent pasteur. Puis, adressant à Dieu d’humbles prières, et suppliant saint Cassien, son protecteur, de recevoir avec bonté son âme, il s’en alla doucement de cette vie, le trois des nones de décembre, vers l’an quatre cent cinquante. Son saint corps fut enseveli avec honneur, au milieu des larmes et des témoignages de piété de la ville entière, et déposé auprès de celui du même saint Cassien, où, de nos jours encore, il est religieusement honoré. Un de ses bras, entouré d’or et de pierres précieuses, a été transporté à Ravenne, et on l’y vénère dans la basilique Ursicane.
La fête de ce célèbre évêque de Ravenne, mort le 2 décembre vers l’an 450, avait pénétré depuis longtemps dans la liturgie romaine quand Benoît XIII l’éleva au rite double, pour honorer surtout le titre de Docteur de l’Église universelle attribué à Chrysologue dès l’antiquité. De fait, il convient que l’Église romaine, dans sa liturgie de l’Avent, réserve une place d’honneur à celui qui, consacré évêque à Rome, travailla tant, avec saint Léon le Grand, pour que les Pères de Chalcédoine distinguassent, dans l’unité de personne, la double nature divine et humaine du Verbe incarné, et qu’ainsi fût condamnée l’erreur d’Eutychès.
Rappelons ces célèbres paroles de saint Pierre Chrysologue, adressées à Eutychès qui avait sollicité sa bienveillance : Quoniam beatus Petrus qui in propria sede et vivit et praesidet, praestat quaerentibus fidei veritatem. Nos enim pro studio pacis et fidei, extra consensum Romanae civitatis episcopi, causas fidei audire non possumus
"....Mais dis seulement une parole, et mon enfant sera guéri. Ce centurion qui était sans la loi n’a rien fait sans la loi. Il dit : Dis seulement une parole. Parce qu’il a été dit : Il dit, et les choses ont été faites. Et si toutes les choses parviennent à la perfection par la parole, comment par une seule parole l’infirmité d’un seul ne serait-elle pas guérie ? Dis une seule parole. Qu’est-ce qui peut se dire sans parole ? Mais lui demande non une parole fournie par le langage humain, mais qui possède la vertu de faire ce qui doit être fait. Parole dont il a été dit : Il a envoyé sa parole et les a guéris. Dis seulement une parole. Parce qu’il crut que dans le Verbe toutes les vertus demeuraient. Ton Verbe, Seigneur, est la santé. Là où ton Verbe se présente, la douleur s’enfuit incontinent, l’infirmité recule bientôt. Verbe de qui Pierre, quand il tendait ses filets, a reçu une multitude de poissons, sans lequel il traversa la nuit de l’ignorance, et sans lequel la pêche nocturne n’apporta aucun fruit. Seigneur, Lui dit-il, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je jetterai le filet. Et comme s’il ne suffisait pas que Celui qui agissait par un mot puisse par un mot accorder ce qu’il demandait, il se réfère aux choses, il a recours à un exemple : Et moi qui suis un homme constitué en autorité etc… Car je suis un homme. Ce qui veut dire : tu es Dieu. Constitué en autorité. Ce qui veut dire : tu es la puissance des puissances. J’ai sous moi des soldats. Cela veut dire : Toi, ce sont les vertus que tu as sous tes ordres. Et je dis à celui-ci : va, et il va. Ce qui veut dire : dis à l’infirmité : va, et elle s’en ira. A un autre : viens, et il vient. Ce qui veut dire : dis à la santé : viens, et elle viendra. Et à mon serviteur : fais cela, et il le fait. Mon enfant sera lui aussi ton serviteur quand il recevra de Toi la santé. Qu’il écoute. Qu’écoutera-t-il ? Te voilà guéri. Ne pèche plus! Qu’il pratique la justice pour qu’il soit libéré de la paralysie de tous les pécheurs, et qu’il puisse chanter avec le Prophète : Mon âme, plonge-toi dans le repos, parce que le Seigneur t’a fait du bien, parce qu’Il a arraché mon âme à la mort, détourné mes yeux des larmes, a gardé mes pieds de la chute. Je plairai au Seigneur dans la région des vivants.
Mes frères, imitons le centurion qui veut que ce que Jésus a semé rapporte du cent pour un. N’écartons pas avec légèreté la prudence de ce centurion . Que ce qui a été dit sur lui suffise pour aujourd’hui. Car il s’agit d’un très grand mystère qui nous présente le Gentil en figure." 15 ème Sermon
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