Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Regnum Galliae Regnum Mariae
Articles récents

3 ème dimanche après l'Epiphanie

25 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

3 ème dimanche après l'Epiphanie

Introït

Adorez Dieu, vous tous, ses anges ; Sion a entendu et s'est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli d'allégresse. Le Seigneur règne : que la terre exulte et que toutes les îles se réjouissent. 

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, regardez avec bonté notre faiblesse et, pour nous protéger, étendez la droite de votre majesté.

Mémoire de la très sainte Vierge

Ô Dieu qui, par la virginité féconde de la bienheureuse Marie, avez procuré au genre humain le prix du salut éternel : accordez-nous, s’il vous plaît, de ressentir les effets de l’intercession de celle par qui nous avons reçu l’auteur de la vie, notre Seigneur Jésus-Christ votre Fils.

Contre les persécuteurs de l’Église

Daignez, Seigneur, vous laisser fléchir par les prières de votre Église, afin que, toutes les adversités et toutes les erreurs ayant disparu, elle puisse vous servir dans une paisible liberté.

Pour le pape

Ô Dieu, qui êtes le pasteur et le conducteur de tous les fidèles, regardez d’un œil propice votre serviteur N., que vous avez mis à la tête de votre Église en qualité de pasteur ; donnez-lui, nous vous en supplions, d’être utile par ses paroles et son exemple à ceux qui sont sous sa conduite, afin qu’il puisse parvenir à la vie éternelle avec le troupeau qui lui a été confié. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Épitre Rm 12, 16-21

Mes frères, ne paraissez point sages à vos propres yeux ; ne rendez jamais le mal pour le mal ; tâchez de faire le bien non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes. S'il est possible, autant qu'il est en vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes très chers frères ; mais laissez agir la colère de Dieu ; car il est écrit : À moi la vengeance ; c'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; car ce faisant, tu lui amasseras des charbons ardents sur la tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.

Évangile Mt 8, 1-13

En ce temps-là, comme Jésus descendait de la montagne, une grande foule le suivit. Et voici qu'un lépreux vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier. » Jésus, étendant la main, le toucha et dit : « Je le veux, sois purifié. » Et à l'instant sa lèpre fut guérie. Alors Jésus lui dit : « N'en parle à personne ; va plutôt te montrer au prêtre et offre le don prescrit par Moïse, afin que cela leur soit un témoignage. »
Et tandis qu'il entrait dans Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui ; et il l'implorait, disant : « Seigneur, mon serviteur gît dans ma maison, atteint de paralysie, et il souffre cruellement. » Et Jésus lui dit : « J'irai et je le guérirai. » Le centurion répondit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même, en effet, quoique soumis à des chefs, j'ai sous mes ordres des soldats ; et je dis à l'un "Va" et il va ; et à l'autre "Viens" et il vient ; et à mon serviteur "Fais cela" et il le fait. »
Et Jésus, l'entendant, fut dans l'admiration, et il dit à ceux qui le suivaient : « En vérité, je vous le dis, je n'ai pas rencontré une telle foi en Israël. Aussi, je vous le déclare, beaucoup viendront de l'orient et de l'occident prendre place avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où seront les pleurs et les grincements de dents. » Jésus dit alors au centurion : « Va, qu'il te soit fait comme tu as cru. » Et le serviteur fut guéri à l'heure même.

Offertoire

La droite du Seigneur a déployé sa puissance ; la droite du Seigneur m'a élevé : je ne mourrai pas, mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

Secrète

Que cette hostie, Seigneur, nous vous en prions, nous purifie de nos péchés ; et qu'elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs en vue de la célébration de ce sacrifice. Par..

Postcommunion

Seigneur, qui nous accordez de fréquenter de si grands mystères, nous vous en prions : daignez nous disposer véritablement à leurs effets.

 

Lire la suite
Publicité

Saint Thimothée évêque et martyr

24 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Thimothée évêque et martyr

Collecte

Ô Dieu tout-puissant, regardez notre faiblesse ; et parce que le poids de nos péchés nous accable, fortifiez-nous par la glorieuse Intercession du Bienheureux Timothée, votre Martyr et Pontife. Par Notre-Seigneur…

Épitre Tm VI, 11-16

Mon bien-aimé : recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur. Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait ta belle profession en présence de nombreux témoins. Je t’ordonne devant Dieu, qui donne la vie à toutes choses, et devant le Christ Jésus, qui a fait devant Ponce Pilate une si belle confession, de garder le commandement sans tache et sans reproche, jusqu’à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, que manifestera en son temps le bienheureux et seul Souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l’immortalité et qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu et ne peut voir, à qui est l’honneur et l’empire éternel. Ainsi soit-il.

Office

Quatrième Leçon : Timothée, né à Lystres en Lycaonie, d’un père Gentil et d’une mère Juive, pratiquait déjà la Religion Chrétienne lorsque l’Apôtre Paul vint en ce pays. Celui-ci, frappé de la grande réputation de Sainteté de Timothée, le prit pour compagnon de ses voyages ; mais il le circoncit, à cause des Juifs convertis au Christ, qui savaient que le père de Timothée était Gentil. Étant arrivés tous deux à Éphèse, l’Apôtre l’ordonna Évêque, afin qu’il gouvernât cette Église.

Cinquième Leçon : L’Apôtre lui écrivit deux Épîtres, l’une de Laodicée, l’autre de Rome ; dans ces lettres, il le confirme dans l’exercice de sa charge pastorale. Comme Timothée ne pouvait supporter qu’on offrît aux simulacres des démons le sacrifice qui n’est dû qu’au Dieu unique, un jour que le peuple d’Éphèse immolait des victimes à Diane, dont on célébrait la fête, il s’efforça de le détourner de cet acte impie, mais le Saint Évêque fut lapidé ; les Chrétiens l’enlevèrent à demi mort et le portèrent sur une montagne proche de la ville, où il s’endormit dans le Seigneur, le neuf des calendes de février.
 

 

Saint Timothée était originaire de Lystres, ville romaine de la province de Lycaonie (Asie mineure). Né de père païen et d’une mère juive nommée Eunice, il avait été élevé dans la piété et l’amour des Saintes Écritures par celle-ci et par sa grand-mère Loïs. Lors d’un premier séjour dans la ville (en 45), Saint Paul avait converti les deux femmes, et lorsqu’il revint quelques années plus tard (vers 50), il trouva le jeune Timothée plein de ferveur et d’admiration pour les combats et les souffrances qu’il avait endurés au Nom du Christ. Sur la recommandation des frères de Lystres et d’Iconium, Paul le baptisa, lui imposa les mains et fit de lui le compagnon de ses labeurs et son disciple préféré. Il l’appelle : « mon enfant bien-aimé » (1 et 2 Tm, I) et témoigne de lui aux Églises, en disant : « C’est comme un fils auprès de son père qu’il a servi avec moi la cause de l’Évangile » (Phil II, 22). Quoique le précepte de la Loi eût été aboli par la grâce, l’Apôtre circoncit son jeune disciple, afin qu’il puisse prêcher aux Juifs dans leurs synagogues aussi bien qu’aux païens sur l’agora. Doux, réservé, modèle d’obéissance et d’humilité, Saint Timothée montrait cependant un zèle infatigable pour la prédication, comme un bon soldat de Jésus-Christ (2 Tm II, 3). Il fut le représentant de l’Apôtre et l’instrument énergique de la grâce dans le gouvernement des Églises de Dieu, pour la correction des mœurs et la conservation du bon dépôt (2 Tm I, 14).

   D’Iconium Timothée parcourut avec Paul la Phrygie et la Galatie, l’assistant en tout lieu dans la prédication et la prière. Puis, à la suite d’une vision céleste, ils passèrent en Macédoine, évangélisèrent Thessalonique et Bérée, où Timothée demeura avec Silas (Sylvain), tandis que Paul se rendait à Athènes. Il rejoignit bientôt l’Apôtre, en lui apportant la triste nouvelle de la résistance furieuse des Juifs de Thessalonique, puis il retourna dans cette ville, afin d’affermir et de conforter les fidèles dans la foi (1 Th III, 1-5). Lorsqu’il eut accompli cette mission, il se hâta de rejoindre Paul à Corinthe pour travailler avec lui à la conversion de la cité.

   Après être resté avec son maître un an et demi à Éphèse, la métropole de l’Asie, il fut envoyé de nouveau à Corinthe pour rappeler aux fidèles les principes de la vie évangélique. Comme les Corinthiens restaient rebelles aux exhortations de son disciple, Saint Paul décida d’y envoyer Tite, et prit Timothée avec lui pour une nouvelle mission en Macédoine, rédigea avec sa collaboration sa seconde Lettre aux Corinthiens et vint avec lui en personne travailler à la correction et à l’édification des fidèles.

   Lorsque Saint Paul entreprit son dernier voyage vers Jérusalem, afin d’y porter les fruits de la collecte recueillie dans toutes les Églises pour venir en aide aux chrétiens de la Ville sainte (Ac. XX), Timothée se trouvait encore parmi ses compagnons de voyage. Il assista à son arrestation (Ac. XXII et sv), le suivit à Césarée et à Rome pendant sa première captivité. Mais, de là, Paul l’envoya en mission auprès de l’Église de Philippes (Ph II, 19-24). Il vint le rejoindre en Orient, une fois délivré, et le plaça finalement à la tête de l’Église d’Éphèse, en lui recommandant d’organiser le culte et la vie chrétienne, de combattre les faux docteurs, de choisir avec discernement les membres de la hiérarchie ecclésiastique et de mener en tout temps le troupeau du Christ dans la paix, la concorde et la vérité (1 Tm). Dans une seconde Lettre, envoyée par l’Apôtre prisonnier à Rome et attendant la mort, Paul invite son fidèle disciple à venir le rejoindre pour l’assister dans ses derniers moments (2 Tm IV, 8). Timothée fut alors arrêté, mais bientôt remis en liberté (Hé. XIII, 23). Il retourna dans son diocèse après la mort de l’Apôtre.

   On rapporte qu’il rencontra à Éphèse Saint Jean, apôtre et évangéliste, qu’il reçut de lui un surcroît de grâce et d’illumination spirituelle et, qu’une fois l’Apôtre Bien-aimé exilé à Patmos, il gouverna l’Église, en rassemblant en lui-même l’esprit de Saint Jean et celui de Saint Paul.

   Un jour, sous le règne de Domitien (ou Nerva, vers 97-98), comme les païens de la cité se préparaient à célébrer une de ces fêtes ignobles en l’honneur de Dionysos, qui se terminaient toujours par des orgies et des meurtres, Saint Timothée tenta de s’interposer et de les faire revenir à la raison. Mais ces gens, devenus semblables à des bêtes furieuses, se jetèrent alors sur lui et le rouèrent de coups. Ses disciples parvinrent de justesse à le tirer de la mêlée et le transportèrent à demi-mort sur une hauteur voisine, où il remit bientôt son âme à Dieu.

   Le corps de Saint Timothée fut enseveli non loin du tombeau de Saint Jean et, bien longtemps après, en 356, ses précieux restes furent transférés solennellement à Constantinople par Saint Artémios, avec ceux de saint André et de saint Luc, pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtres. Ils accomplirent là de nombreux miracles, jusqu’à ce que les Croisés latins les dérobassent, lors du pillage de la ville en 1204. Les reliques de Saint Timothée se trouvent aujourd’hui à Termoli, province de Campobasso, en Italie.

Source blog Chat Lully

Saint Thimothée évêque et martyr
Lire la suite

Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Martyre

23 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Martyre

Collecte

O Dieu, qui avez choisi le bienheureux Raymond pour en faire un ministre admirable du sacrement de la pénitence, et qui lui avez fait traverser les eaux de la mer de façon merveilleuse, accordez-nous cette grâce, que, par son intercession, nous puissions porter de dignes fruits de pénitence et parvenir au port du salut éternel.

Office

DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Le bienheureux Raymond, né à Barcelone, de la noble maison de Pegnafort, fut, encore enfant, instruit des éléments de la religion chrétienne, et dès lors il faisait présager quelque chose de grand par ses rares qualités d’esprit et de corps. Fort jeune il professa les humanités dans sa patrie, puis se rendit à Bologne, où il s’appliqua avec zèle aux devoirs de la piété et à l’étude du droit canonique et civil ; il y reçut le bonnet de Docteur, et y expliqua les saints Canons à l’admiration de tous. La réputation de ses vertus se répandant au loin, Bérenger, Évêque de Barcelone, qui retournait de Rome à son Église, passa par Bologne pour le voir, et obtint enfin à force de prières qu’il revînt avec lui dans sa patrie. Bientôt Raymond fut honoré de la dignité de chanoine et de prévôt de la même Église, où il surpassa le peuple et tout le clergé par l’éclat de son intégrité, de sa modestie, de sa doctrine, et par la douceur de ses mœurs. Il accrut toujours de toutes ses forces l’honneur et le culte de la Vierge Mère de Dieu, qu’il vénérait avec une piété et une affection singulières.

Cinquième leçon. A l’âge d’environ quarante-cinq ans, il fit profession solennelle dans l’Ordre des Frères Prêcheurs ; alors, comme un nouveau soldat, il s’exerça dans tous les genres de vertus, mais surtout dans la charité pour les indigents, principalement envers ceux que les infidèles retenaient captifs. Ce fut sur son conseil que saint Pierre Nolasque, dont il était le confesseur, consacra ses biens à cette œuvre de pitié ; la bienheureuse Vierge, apparaissant à Pierre ainsi qu’au bienheureux Raymond et à Jacques Ier, roi d’Aragon leur dit qu’il serait très agréable à elle et à son Fils unique, qu’on instituât en son honneur un Ordre de religieux à qui incomberait le soin de délivrer les captifs de la tyrannie des infidèles. C’est pourquoi, après en avoir conféré entre eux, ils fondèrent l’Ordre de Notre-Dame de la Merci de la Rédemption des captifs, pour lequel Raymond statua certaines règles de vie, très bien appropriées au but de cet institut. Quelques années après, il obtint de Grégoire IX l’approbation de ces lois, et il créa premier Général de l’Ordre, saint Pierre Nolasque, auquel il avait donné l’habit de ses propres mains.

Sixième leçon. Le même Grégoire IX l’appela à Rome, et ce Pontife le choisit pour son chapelain, son pénitencier et son confesseur ; ce fut par son ordre que Raymond rassembla en un volume appelé Décrétales, les décrets des Pontifes romains disséminés dans les Actes de divers conciles et dans différentes épîtres. Il refusa constamment avec fermeté l’archevêché de Tarragone qui lui était offert par le Pontife lui-même, et se démit spontanément du généralat de l’Ordre des Frères Prêcheurs, qu’il avait gouverné très saintement pendant deux années. Il détermina Jacques, roi d’Aragon, à établir dans ses états le saint office de l’Inquisition. Il fit beaucoup de miracles, parmi lesquels le plus éclatant fut que, voulant revenir de l’île Majorque à Barcelone, il étendit son manteau sur les eaux, fit cent soixante milles de chemin en six heures, et entra dans son monastère, bien que les portes en fussent closes Enfin presque centenaire, plein de vertus et de mérites, il s’endormit dans le Seigneur, l’an du salut mil deux cent soixante-quinze. Clément VIII l’a mis au nombre des Saints.

De nombreux essaim de Martyrs qui fait la garde autour de l’Emmanuel, jusqu’au jour de sa Présentation au Temple, entr’ouvre de temps en temps ses rangs glorieux pour donner place aux Confesseurs que la divine Sagesse a fait briller sur le Cycle dans cette saison. Les Martyrs y sont les plus nombreux ; mais la gloire des Confesseurs y est noblement représentée. Après Hilaire, Paul, Maur et Antoine, resplendit aujourd’hui Raymond de Pegnafort, l’une des gloires de l’Ordre de saint Dominique et de l’Église, au XIIIe siècle.

Selon la parole des Prophètes, le Messie est venu pour être notre Législateur ; il est lui-même la Loi. Sa parole sera la règle des hommes, et il laissera à son Église le pouvoir de la législation, afin qu’elle puisse conduire les peuples dans la sainteté et dans la justice, jusqu’à l’éternité. La sagesse de l’Emmanuel préside à la discipline canonique, comme sa vérité à l’enseignement de la foi. Mais l’Église, dans la compilation et la disposition de ses lois, emprunte le secours des hommes qui lui semblent joindre à un plus haut degré la science du Droit et l’intégrité de la morale.

Saint Raymond de Pegnafort a l’honneur d’avoir tenu la plume pour la rédaction du code canonique qui régit aujourd’hui l’Église. Ce fut lui qui, en 1234, compila, par ordre de Grégoire IX, les cinq livres des Décrétales ; et son nom est associé, pour jamais, à la gloire de cette œuvre qui forme encore la base de la discipline actuelle.

Disciple de Celui qui est descendu du ciel dans le sein d’une Vierge pour sauver les pécheurs, en les appelant au pardon, Raymond a mérité d’être appelé par l’Église l’insigne Ministre du Sacrement de Pénitence. Il est le premier qui ait recueilli, en corps de doctrine, les maximes de la morale chrétienne, qui servent à déterminer les devoirs du confesseur à l’égard des pécheurs qui viennent lui déposer leurs péchés. La Somme des Cas Pénitentiaux a ouvert la série de ces importants travaux, dans lesquels d’habiles et vertueux docteurs se sont appliqués à peser les droits de la loi et les obligations de l’homme, afin d’instruire le prêtre dans l’art de discerner , comme parle l’Écriture, la lèpre d’avec la lèpre.

Enfin, lorsque la glorieuse Mère de Dieu, qui est aussi la Mère des hommes, suscita pour opérer la Rédemption des captifs le généreux Pierre Nolasque, que nous verrons arriver, sous quelques jours, au berceau du Rédempteur, Raymond fut l’instrument puissant de ce grand œuvre de miséricorde ; et ce n’est pas en vain que l’Ordre de la Merci le considère comme l’un de ses fondateurs, et que tant de milliers de captifs, délivrés de la servitude musulmane, l’ont honoré comme l’un des principaux auteurs de leur liberté.

Dispensateur fidèle du Mystère de la réconciliation, vous avez puisé, au sein du Dieu incarné, cette charité qui a fait de votre cœur l’asile des pécheurs. Vous avez aimé les hommes ; et les besoins de leurs corps, aussi bien que ceux de leurs âmes, ont été l’objet de votre sollicitude. Éclairé des rayons du Soleil de justice, vous nous avez aidés à discerner le bien du mal, en nous donnant des règles pour apprécier les plaies de nos âmes. Rome a admiré votre science des lois ; elle se fait gloire d’avoir reçu de vos mains le Code sacré qui régit les Églises.

Réveillez dans nos cœurs, ô Raymond, cette componction sincère qui est la condition du pardon dans le Sacrement de Pénitence. Faites-nous comprendre la gravité du péché mortel qui sépare de Dieu pour l’éternité, et les dangers du péché véniel qui dispose l’âme tiède au péché mortel. Obtenez-nous des hommes pleins de charité et de science pour exercer ce sublime ministère qui guérit les âmes. Défendez-les du double écueil d’un rigorisme désespérant et d’une mollesse perfide. Ranimez chez nous la vraie science du Droit ecclésiastique, sans laquelle la maison du Seigneur deviendrait bientôt le séjour du désordre et de l’anarchie. Vous dont le cœur fut si tendre envers les captifs, consolez tous ceux qui languissent dans les chaînes ou dans l’exil ; préparez leur délivrance ; mais affranchissez-nous tous des liens du péché, qui retiennent trop souvent les âmes de ceux-là mêmes dont le corps est libre.

Vous avez été, ô Raymond, le confident du cœur de notre miséricordieuse Reine Marie ; elle vous a associé à son œuvre du rachat des captifs. Vous êtes puissant sur ce Cœur, qui est notre espérance après celui de Jésus. Présentez-lui nos hommages. Demandez pour nous à cette incomparable Mère de Dieu la grâce d’aimer toujours le céleste Enfant qu’elle tient dans ses bras. Qu’elle daigne aussi, par vos prières, être notre étoile sur cette mer du monde, plus orageuse que celle dont vous avez bravé les flots sur votre manteau miraculeux.

Souvenez-vous aussi de l’Espagne, votre patrie, au sein de laquelle vous avez opéré tant d’œuvres saintes. Longtemps son illustre Église fut dans le deuil d’avoir perdu les Ordres religieux qui faisaient sa force et sa splendeur ; une hospitalité généreuse a commencé de réparer ces maux : que toute entrave disparaisse enfin. Protégez l’Ordre des Frères Prêcheurs, dont vous avez honoré l’habit et la règle. Vous l’avez gouverné avec sagesse sur la terre ; aimez-le toujours paternellement dans le ciel. Qu’il répare ses pertes ; qu’il refleurisse dans toute l’Église, et qu’il produise, comme aux jours anciens, ces fruits de sainteté et de science qui en ont fait une des principales gloires de l’Église de Jésus-Christ.

Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Martyre
Lire la suite

Publié depuis Overblog

22 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Collecte

Soyez attentif, Seigneur, à nos supplications ; afin que, nous reconnaissant coupables à cause de notre iniquité, nous en soyons délivrés par l'intercession de vos bienheureux martyrs Vincent et Anastase. Par..

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Vincent, né à Huesca, dans l’Espagne citérieure, s’adonna à l’étude dès l’enfance, et fut instruit dans les saintes lettres par Valère, Évêque de Saragosse. Ce Prélat ne pouvant s’acquitter par lui-même du devoir de la prédication, à cause de la difficulté qu’il avait à parler, lui confia la charge de prêcher l’Évangile, ce qui fut rapporté à Dacien, que Dioclétien et Maximien avaient établi gouverneur de la province ; il donna ordre de saisir Vincent à Saragosse, et de le lui amener chargé de chaînes à Valence. Là, le Saint fut battu de verges, et torturé sur le chevalet, en présence de nombreux témoins ; mais ni la violence des tourments, ni la rudesse ou la douceur des paroles, ne purent le détourner de sa résolution ; après avoir été étendu sur un gril posé sur des charbons ardents, déchiré avec des ongles de fer, brûlé avec des lames ardentes, il fut de nouveau ramené dans la prison qu’on avait jonchée de têts de pots cassés, afin que son corps nu, accablé de sommeil, fût tourmenté par les têts aigus, sur lesquels il reposerait.

Cinquième leçon. Mais tandis qu’il était enfermé dans son cachot ténébreux, une très vive splendeur brilla soudain et illumina toute la prison ; cette lumière ravit de la plus profonde admiration tous ceux qui étaient présents, et le fait fut rapporté à Dacien par le gardien de la prison. Celui-ci ordonna de faire sortir Vincent de son cachot, et de retendre sur une couche molle ; c’est ainsi qu’il s’efforça de séduire par les délices celui qu’il n’avait pu amener à faire sa volonté par les supplices. Mais le courage invincible de Vincent, fortifié par la foi et l’espérance en Jésus-Christ, triompha de tout ; ayant vaincu le feu, le fer et la cruauté des bourreaux, il s’envola victorieux pour recevoir la céleste couronne du martyre, le onze des calendes de février. Comme son corps avait été jeté et laissé sans sépulture, un corbeau le défendit miraculeusement avec ses griffes, son bec et ses ailes contre un loup et contre les oiseaux. A cette nouvelle, Dacien commanda de jeter le corps en pleine mer ; mais Dieu voulut que les flots le ramenassent sur le rivage, et les Chrétiens l’ensevelirent.

Sixième leçon. Anastase, moine persan, après avoir visité les lieux saints de Jérusalem, sous l’empire d’Héraclius, souffrit avec constance, à Césarée de Palestine, les liens et les fouets pour la religion du Christ. Peu après, les Perses le soumirent à divers supplices pour la même cause et enfin le roi Chosroès lui fit trancher la tête, en même temps qu’à soixante-dix autres Chrétiens. Ses reliques, furent portées d’abord à Jérusalem, dans le monastère où il avait fait profession de la vie monastique, et ensuite à Rome, où on les plaça dans le monastère situé aux Eaux Salviennes.

 

" Voici le jour désiré, jour heureux, jour délectable, jour de grande liesse.

Vénérons ce jour, et admirons les combats du Christ dans Vincent.

Tout est illustre en ce Martyr : naissance, foi, sainteté, science, parole, dignité, office.

Dans les honneurs du Diaconat, sous Valère son père, il commandait dans l’Église.

Privé du don de la parole, le Pontife vaquait à Dieu, et confiait au Lévite le ministère de l'enseignement.

La droiture des discours brillait dans l'éloquence du Diacre ; une double science s'épanchait de la simplicité de son cœur.

Mais pendant qu'il instruit dans la saine doctrine, par le secours de la grâce, le peuple de Saragosse,

Un Préfet jaloux, ardent pour l'idolâtrie, se déchaîne contre l’Église.

Au bruit de la constance qu'ils montrent dans la foi, il fait traîner les deux apôtres, sous les chaînes, à Valence.

Ni la jeunesse en sa fleur n'obtient grâce, ni l'impie ne considère l'âge du vieillard.

Las du chemin, accablés sous le poids des chaînes, on les enferme dans un sombre cachot sans nourriture.

Jusque-là s'étend le pouvoir du tyran ; pour le reste son désir demeure impuissant ; car le Christ lui-même nourrit ses deux soldats par sa providence.

Lors le Préfet exile le vieillard, mais réserve le jeune homme pour un plus affreux supplice.

Vincent souffre le chevalet et les ongles de fer ; il monte sur le gril d'un cœur assuré.

Il brûle, mais n'est point intimidé ; il n'en confesse que plus hautement le Christ, et il brave en face le tyran.

Le visage de Dacien s'enflamme de colère ; dans sa rage, il balbutie ; sa main tremble, et dans son délire, il ne se contient plus.

Par son ordre, le Martyr est rejeté dans sa prison ; on le couche sur des têts aigus ; mais une lumière éclatante le vient réjouir, et les Anges le visitent.

Enfin, déposé sur un lit, soldat émérite, il s'envole dans les cieux, et son âme triomphante est présentée au Seigneur.

On refuse au corps du héros le droit commun de la sépulture ; la haine du tyran outrage à la fois la loi et la nature.

Ce juge sévit contre un mort ; mais ce mort grandit en gloire ; les bêtes féroces tremblent à l'aspect de l'objet que, d'ordinaire, elles dévorent.

C'est un corbeau qui garde intact ce corps sans sépulture : ainsi est déjouée l'intention barbare du tyran.

C'est alors que le profane Dacien ordonne d'ensevelir, sous le silence des ondes, un corps dont la terre ne peut le défaire.

Ni la meule n'a pu retenir au fond, ni la mer dérober aux regards celui que toute l'Eglise s'empresse d'honorer aujourd'hui de sa louange singulière.

Ce corps, demi-brûlé dans le feu, est devenu fameux sur la terre et sur la mer. Bon Jésus ! Donnez-nous de vous louer dignement, avec vos Saints, dans la patrie.

Amen."

Aujourd’hui Vincent, le Victorieux, couvert de la dalmatique sacrée, et tenant la palme entre ses mains fidèles, vient rejoindre au berceau de l’Emmanuel son chef et son frère Étienne le Couronné. L’Espagne l’a vu naître ; il exerce le ministère du Diaconat dans la glorieuse Église de Saragosse, et, par la force et l’ardeur de sa foi, il présage les destinées du royaume Catholique entre tous les autres. Mais il n’appartient point à l’Espagne seulement ; comme Etienne, comme Laurent, Vincent est le héros de l’Église entière. C’est à travers les pierres qui pleuvaient sur lui, comme sur un blasphémateur, que le Diacre Étienne a prêché le Christ ; c’est sur le gril embrasé, comme le Diacre Laurent, que le Diacre Vincent a confessé le Fils de Dieu. Ce triumvirat de Martyrs fait l’ornement de la Litanie sacrée, et leurs trois noms symboliques et prédestinés, Couronne, Laurier et Victoire, nous annoncent les plus vaillants chevaliers de l’Emmanuel.

Vincent a triomphé du feu, parce que la flamme de l’amour qui le consumait au dedans était plus ardente encore que celle qui brûlait son corps. Des prodiges admirables l’ont assisté dans ses rudes combats ; mais le Seigneur, qui se glorifiait en lui, n’a cependant pas voulu qu’il perdît la palme ; et, au milieu de ses tortures, le saint Diacre n’avait qu’une pensée, celle de reconnaître, par le don de son sang et de sa vie, le sacrifice du Dieu qui avait souffert la mort pour lui et pour tous les hommes. Avec quelle fidélité et quel amour il garde, en ces saints jours, le berceau de son Maître ! Comme il désire que cet Enfant soit aimé de ceux qui le visitent ! Lui qui n’a pas reculé, quand il s’est agi de se donner à lui à travers tant d’angoisses, comme il accuserait la lâcheté des chrétiens qui n’apporteraient à Jésus naissant que des cœurs froids et partagés ! A lui, on a demandé sa vie par lambeaux, il l’a donnée en souriant ; et nous refuserions de lever les obstacles futiles qui nous empêchent de commencer sérieusement avec Jésus une vie nouvelle ! Que le spectacle de tous ces Martyrs qui se pressent depuis quelques jours sur le Cycle stimule donc nos cœurs ; qu’ils apprennent à devenir simples et forts, comme l’a été le cœur des martyrs.

Une ancienne tradition, dans la chrétienté, assigne à saint Vincent le patronage sur les travaux de la vigne et sur ceux qui les exercent. Cette idée est heureuse, et nous rappelle mystérieusement la part que le Diacre prend au divin Sacrifice. C’est lui qui verse dans le calice ce vin qui bientôt va devenir le sang du Christ. Il y a peu de jours, nous assistions au festin de Cana : le Christ nous y offrait son divin breuvage, le vin de son amour ; aujourd’hui, il nous le présente de nouveau, par la main de Vincent. Pour se rendre digne d’un si haut ministère, le saint Diacre a fait ses preuves, en mêlant son propre sang, comme un vin généreux, dans la coupe qui contient le prix du salut du monde. Ainsi se vérifie la parole de l’Apôtre, qui nous dit que les Saints accomplissent dans leur chair, par le mérite de leurs souffrances, quelque chose qui manquait, non à l’efficacité, mais à la plénitude du Sacrifice du Christ dont ils sont les membres.

Nous vous saluons, ô Diacre Victorieux, tenant entre vos mains le Calice du salut. Autrefois, vous le présentiez à l’autel, afin que la liqueur qu’il contenait fût transformée, par les paroles sacrées, au Sang du Christ ; vous le présentiez aux fidèles, afin que tous ceux qui avaient soif de Dieu se désaltérassent aux sources de la vie éternelle. Aujourd’hui, vous l’offrez vous-même au Christ ; et il est plein jusqu’au bord de votre propre sang. Ainsi avez-vous été un Diacre fidèle, donnant jusqu’à votre vie pour attester les Mystères dont vous étiez le dispensateur. Trois siècles s’étaient écoulés depuis l’immolation d’Etienne ; soixante ans depuis le jour où les membres de Laurent fumaient sur les brasiers de Rome, comme un encens à l’odeur suave et forte ; et dans cette dernière persécution de Dioclétien, à la veille du triomphe de l’Église, vous veniez attester, par votre constance, que la fidélité du Diacre n’avait point défailli.

Vous brillez en tête de la phalange des Martyrs, ô Vincent ! Et l’Église est fière de vos victoires ; souvenez-vous que c’est pour elle, après le Christ, que vous avez combattu. Soyez-nous donc propice ; et marquez ce jour de votre fête par les effets de votre protection sur nous. Vous contemplez, face à face, le Roi des siècles dont vous fûtes le Chevalier ; ses splendeurs éternelles luisent à vos regards, fermes quoique éblouis. Nous, dans cette vallée de larmes nous le possédons, nous le voyons aussi ; car il s’appelle Emmanuel, Dieu avec nous. Mais c’est sous la figure d’un faible enfant qu’il se montre à nos regards ; car il craint de nous effrayer par l’éclat de sa gloire. Rassurez cependant nos cœurs troublés quelquefois par la pensée que ce doux Sauveur doit être un jour notre juge. La vue de ce que vous avez fait, de ce que vous avez souffert pour son service, nous émeut, nous si vides de bonnes œuvres, si oublieux des droits d’un tel maître. Obtenez que vos exemples ne passent pas en vain sous nos yeux. Il vient nous recommander la simplicité de l’enfance, cette simplicité qui procède de l’humilité et de la confiance en lui, cette simplicité qui vous fit affronter tant de tourments sans faiblesse et d’un cœur tranquille. Rendez-nous dociles à écouter la voix d’un Dieu qui nous parle par ses exemples, calmes et joyeux dans l’accomplissement de ses volontés, dévoués uniquement à son bon plaisir.

Priez, ô Vincent, pour tous les Chrétiens ; car tous sont appelés à la lutte contre le monde et les passions de leur propre cœur. Tous nous sommes conviés à la palme, à la couronne, à la victoire. Jésus n’admettra que des vainqueurs au banquet de la gloire éternelle, à cette table où il nous a promis de boire avec nous le vin nouveau, au royaume de son Père. La robe nuptiale, nécessaire pour y avoir entrée, doit être teinte dans le sang de l’Agneau ; nous devons tous être martyrs, sinon d’effet, du moins de désir : car c’est peu d’avoir vaincu les bourreaux, si on ne s’est vaincu soi-même.

Assistez de votre secours les nouveaux martyrs qui versent encore aujourd’hui leur sang sur des plages lointaines, afin qu’ils soient dignes des temps glorieux qui donnèrent Vincent à l’Église. Protégez l’Espagne, votre patrie. Priez l’Emmanuel d’y susciter des héros forts et fidèles comme vous, afin que le royaume Catholique, toujours si jaloux de la pureté de la foi, sorte bientôt des épreuves auxquelles il est soumis. Ne souffrez pas que l’illustre Église de Saragosse, fondée par l’Apôtre fils du Tonnerre, visitée par la glorieuse Mère de Dieu, sanctifiée par votre ministère de Diacre, voie s’affaiblir le sentiment de la foi catholique, ou se briser le lien de l’unité. Et puisque la piété des peuples vous révère comme le protecteur des vignobles, bénissez cette partie de la création que le Seigneur a destinée à l’usage de l’homme, et dont il a voulu faire l’instrument du plus profond des mystères et l’un des plus touchants symboles de son amour pour nous.

En ce même jour, l’Église honore la mémoire du saint moine Persan Anastase, qui souffrit le martyre en 628. Chosroès, s’étant emparé de Jérusalem, avait emporté en Perse le bois de la vraie Croix, qui fut reconquis plus tard par Héraclius. La vue de ce bois sacré excita dans Anastase, encore païen, le désir de connaître la Religion dont il est le trophée. Il renonça à la superstition persane pour embrasser le Christianisme et la vie monastique. Cette démarche, jointe au zèle du néophyte, anima contre lui le ressentiment des païens ; et après d’affreuses tortures, le soldat du Christ eut la tête tranchée. Son corps fut transféré à Constantinople, et de là à Rome, où il repose avec honneur. Deux Églises célèbres de cette capitale, l’une dans la ville, l’autre hors des murs, sont dédiées en commun à saint Vincent et à saint Anastase, parce que ces deux grands Martyrs ont souffert le même jour, quoique à des époques éloignées. Tel est le motif qui a porté l’Église à réunir leurs deux fêtes en une seule. Prions ce nouvel athlète du Christ de nous être favorable, et de nous recommander au Seigneur, dont la croix lui fut si chère.

Reliquaire du bras de Saint Vincent à Valencia.

Reliquaire du bras de Saint Vincent à Valencia.

Lire la suite
Publicité

Sainte Agnès vierge et martyr

21 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Agnès vierge et martyr

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, qui choisissez ce qu’il y a de faible dans le monde, pour confondre les forts, accordez-nous, par votre miséricorde que, célébrant la solennité de la bienheureuse Agnès, votre Vierge et Martyre, nous ressentions auprès de vous les effets de sa protection.

Office

Au premier nocturne

Du livre de l’Ecclésiastique.

Première leçon. Je vous glorifierai, Seigneur Roi, et je vous louerai, vous qui êtes Dieu, mon Sauveur. Je glorifierai votre nom, parce que vous m’êtes devenu un aide et un protecteur. Et vous avez délivré mon corps de la perdition, du piège de la langue inique et des lèvres de ceux qui commettent le mensonge, et en présence de ceux qui se tenaient debout (près de moi), vous m’êtes devenu un aide. Et vous m’avez délivré, selon la multitude des miséricordes de votre nom, des lions rugissants prêts à me dévorer ; des mains de ceux qui recherchaient mon âme et des portes des tribulations qui m’ont environné ; de la violence de la flamme qui m’a environné, et au milieu du feu, je n’en ai pas senti la chaleur ; de la profondeur des entrailles de l’enfer, et de la langue souillée et de la parole du mensonge ; d’un roi inique et de la langue injuste.
Deuxième leçon. Jusqu’à la la mort mon âme louera le Seigneur ; car ma vie s’approchait de l’enfer, en bas. Ils m’ont environné de tous côtés, et il n’y avait personne qui me secourût. Je tournais mes regards vers le secours des hommes, et il n’en était point. Je me suis souvenu, Seigneur, de votre miséricorde et de votre œuvre, qui sont dès le commencement du monde ; parce que vous délivrez, Seigneur, ceux qui vous attendent avec patience et vous les sauvez des mains des nations.
Troisième leçon. Vous avez élevé sur la terre mon habitation ; et à cause de la mort qui découlait (sur moi), j’ai fait des supplications. J’ai invoqué le Seigneur, père de mon Seigneur, afin qu’il ne me laisse point sans secours au jour de ma tribulation et au temps des superbes. Je louerai votre nom sans cesse et je le glorifierai dans mes louanges, car ma prière a été exaucée. Et vous m’avez délivré de la perdition, et vous m’avez arraché au temps de l’iniquité. C’est pourquoi je vous glorifierai, et je vous dirai une louange et je bénirai le nom du Seigneur.
 

Au deuxième nocturne

Du Livre de saint Ambroise, Évêque : des Vierges.

Quatrième leçon. Nous célébrons aujourd’hui la naissance au ciel d’une Vierge, recherchons la pureté. C’est la fête d’une Martyre, immolons des victimes. C’est la fête de sainte Agnès, que les hommes soient dans l’admiration, que les enfants ne perdent pas courage, que les épouses s’étonnent, que les vierges imitent. Mais que pouvons-nous dire qui soit digne de celle dont le nom même n’est pas vide d’éloge ? Son dévouement à Dieu était au dessus de son âge, sa vertu surpasse la nature : en sorte que son nom me semble ne pas lui venir d’un choix humain mais être une prédiction de martyre, une annonce de ce qu’elle devait être. Le nom de cette Vierge indique la pureté. Je l’appellerai Martyre et je l’aurai assez louée. La louange a de l’étendue quand on en est l’objet sans la rechercher. Personne n’est plus digne d’éloges que celui qui peut être loué de tous. Cette Martyre a autant de hérauts pour la louer qu’il y a d’hommes qui prononcent son nom.
Cinquième leçon. On rapporte qu’elle avait treize ans quand elle souffrit le martyre. La cruauté du tyran fut d’autant plus détestable qu’il n.’épargna pas un âge si tendre ; mais remarquons plutôt la grande puissance de la foi qui trouve des témoins de cet âge. Y avait-il place en un si petit corps pour les blessures ? Et celle qui n’avait pas de quoi recevoir le fer, avait de quoi vaincre le fer. Elle est intrépide entre les mains sanglantes des bourreaux, elle ne s’émeut pas tandis qu’on tire avec bruit de lourdes chaînes, elle offre tout son corps au glaive du soldat furieux ; elle ignore encore ce que c’est que la mort, mais elle est prête, si on la traîne malgré elle aux autels des idoles, à tendre les mains vers le Christ, du sein des flammes, et à former jusque sur le brasier sacrilège, ce signe qui est le trophée du Seigneur victorieux. Elle passe son cou et ses mains dans les fers qu’on lui présente, mais aucun ne pouvait serrer des membres si petits. Nouveau genre de martyre ! Cette Vierge n’est pas encore apte au supplice, et déjà elle est mûre pour la victoire ; à peine peut-elle combattre, et elle est capable de remporter la couronne ; elle avait contre elle le préjugé de son âge, et elle pratiqua la vertu des maîtres.
Sixième leçon. L’épouse n’irait pas aux noces avec autant de hâte que cette sainte Vierge en mettait à se diriger d’un pas rapide vers le lieu de son supplice, joyeuse de son approche. Tous versaient des larmes, elle seule ne pleurait pas. La plupart admiraient avec quelle facilité, prodigue d’une vie à laquelle elle n’avait pas encore puisé, elle la donnait comme si elle l’eût épuisée. Tous étaient surpris qu’elle se montrât déjà témoin de la divinité, à un âge où elle ne pouvait encore disposer d’elle-même. Combien de menaces n’employa pas le sanguinaire tyran pour l’intimider ; combien de caresses pour la persuader ; et combien d’hommes la souhaitèrent pour épouse ! Mais elle de répondre : « La fiancée fait injure à l’époux si elle désire plaire à d’autres. Celui-là m’aura seul, qui, le premier, m’a choisie. Que tardes-tu, bourreau ? Qu’il périsse ce corps que peuvent aimer des yeux auxquels je ne veux pas plaire. » Elle se présenta, elle pria, elle courba la tête. Vous eussiez vu le bourreau saisi de crainte, comme si lui-même eût été Condamné ; sa main tremblait, son visage était pâte pour le péril d’autrui, pendant qu’une jeune fille voyait sans crainte son propre danger. Voici donc dans une seule victime un double martyre de pureté et de religion. Agnès demeura vierge et elle obtint le martyre.
 

Au troisième nocturne

Homélie de saint Grégoire, Pape. Leçons du Commun des Vierges, répons propres à la fête de Ste Agnès

Septième leçon. Je vous recommande souvent, mes très chers frères, de fuir le mal et de vous préserver de la corruption du monde ; mais aujourd’hui la lecture du saint Évangile m’oblige à vous dire de veiller avec beaucoup de soin à ne pas perdre le mérite de vos bonnes actions. Prenez garde que vous ne recherchiez dans le bien que vous faites, la faveur ou l’estime des hommes, qu’il ne s’y glisse un désir d’être loué, et que ce qui paraît au dehors ne recouvre un fond vide de mérite et peu digne de récompense. Voici que notre Rédempteur nous parle de dix vierges, il les nomme toutes vierges et cependant toutes ne méritèrent pas d’être admises an séjour de la béatitude, car tandis qu’elles espéraient recueillir de leur virginité une gloire extérieure, elles négligèrent de mettre de l’huile dans leurs vases.
Huitième leçon. II nous faut d’abord examiner ce qu’est le royaume des cieux, ou pourquoi il est comparé à dix vierges, et encore quelles sont les vierges prudentes et les vierges folles. Puisqu’il est certain qu’aucun réprouvé n’entrera dans le royaume des cieux, pourquoi nous dit-on qu’il est semblable à des vierges parmi lesquelles il y en a de folles ? Mais nous devons savoir que l’Église du temps présent est souvent désignée dans le langage sacré sous le nom de royaume des cieux ; d’où vient que le Seigneur dit en un autre endroit : « Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son royaume tous les scandales ». Certes, ils ne pourraient trouver aucun scandale à enlever, dans ce royaume de la béatitude, où se trouve la plénitude de la paix.
Neuvième leçon. L’âme il humaine subsiste dans un corps doué de cinq sens. Le nombre cinq, multiplié par deux, donne celui de dix. Et parce que la multitude des fidèles comprend l’un et l’autre sexe, la sainte Église est comparée à dix vierges. Comme, dans cette Église, les méchants se trouvent mêlés avec les bons et ceux qui seront réprouvés avec les élus, ce n’est pas sans raison qu’on la dit semblable à des vierges, dont les unes sont sages et les autres insensées. Il y a en effet, beaucoup de personnes chastes qui veillent sur leurs passions quant aux choses extérieures et sont portées par l’espérance vers les biens intérieurs ; elles mortifient leur chair et aspirent de toute l’ardeur de leur désir vers la patrie d’en haut ; elles recherchent les récompenses éternelles, et ne veulent pas recevoir pour leurs travaux de louanges humaines : celles-ci ne mettent assurément pas leur gloire dans les paroles des hommes, mais la cachent au fond de leur conscience. Et il en est aussi plusieurs qui affligent leur corps par l’abstinence, mais attendent de cette abstinence même des applaudissements humains.

Nous n’avons pas épuisé encore la splendide constellation de Martyrs qui se rencontre en ces jours sur le Cycle. Hier, Sébastien ; demain, Vincent, qui porte la victoire jusque dans son nom. Entre ces deux fortes palmes apparaît aujourd’hui, tressée de lis et de roses, la gracieuse couronne d’Agnès. C’est à une enfant de treize ans que l’Emmanuel a donné ce mâle courage du martyre, qui l’a fait marcher dans l’arène d’un pas aussi ferme que le vaillant chef de la cohorte prétorienne et que l’intrépide Diacre de Sarragosse. S’ils sont les soldats du Christ, elle en est la chaste amante. Tels sont les triomphes du Fils de Marie. A peine s’est-il manifesté au monde, que tous les nobles cœurs volent vers lui, selon la parole qu’il a dite : « Où sera le corps, les aigles se rassembleront. ». Fruit admirable de la virginité de sa Mère, qui a mis en honneur la fécondité de l’âme, bien au-dessus de la fécondité des corps, et ouvert une voie ineffable par laquelle les âmes choisies s’élancent rapidement jusqu’au divin Soleil, dont leur regard épuré contemple, sans nuage, les rayons ; car il a dit aussi : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu. ».

Gloire immortelle de l’Église catholique, qui, seule, possède en son sein le don de la virginité, principe de tous les dévouements, parce que la virginité procède uniquement de l’amour ! Honneur sublime pour Rome chrétienne d’avoir produit Agnès, cet ange de la terre, devant laquelle pâlissent ces anciennes Vestales, dont la virginité comblée de faveurs et de richesses ne fut jamais éprouvée par le fer ni le feu !

Quelle gloire est comparable à celle de cette enfant de treize ans, dont le nom retentira jusqu’à la fin des siècles dans le Canon sacré du Sacrifice universel ! La trace de ses pas innocents, après tant de siècles, est empreinte encore dans la ville sainte. Ici, sur l’ancien Cirque Agonal, un temple somptueux s’élève avec sa riche coupole, et donne entrée sous ces voûtes jadis souillées par la prostitution, maintenant tout embaumées des parfums de la virginité d’Agnès. Plus loin, sur la voie Nomentane, hors des remparts de Rome, une élégante Basilique, bâtie par Constantin, garde, sous un autel revêtu de pierres précieuses, le chaste corps de la vierge. Sous terre, autour de la Basilique, commencent et s’étendent de vastes cryptes, au centre desquelles Agnès reposa jusqu’au jour de la paix, et où dormirent, comme sa garde d’honneur, des milliers de Martyrs.

Nous ne devons pas taire non plus le plus gracieux hommage que rend, chaque année, la sainte Église Romaine à notre illustre Vierge, au jour de sa fête. Deux agneaux sont placés sur l’autel de la Basilique Nomentane, rappelant à la fois la mansuétude du divin Agneau et la douceur d’Agnès. Après qu’ils ont été bénis par l’Abbé des Chanoines réguliers qui desservent cette église, ils sont conduits ensuite dans un monastère de vierges consacrées au Seigneur, qui les élèvent avec soin ; et leur laine sert à tisser les Pallium que le Pontife suprême doit envoyer, comme signe essentiel de leur juridiction, à tous les Patriarches et Métropolitains du monde catholique. Ainsi le simple ornement de laine que ces Prélats doivent porter sur leurs épaules comme symbole de la brebis du bon Pasteur, et que le Pontife Romain prend sur le tombeau même de saint Pierre pour le leur adresser, va porter jusqu’aux extrémités de l’Église, dans une union sublime, le double sentiment de la vigueur du Prince des Apôtres et de la douceur virginale d’Agnès.

Nous donnerons maintenant les admirables pages que saint Ambroise, dans son livre des Vierges, a consacrées à la louange de sainte Agnès. L’Église en lit la plus grande partie dans l’Office d’aujourd’hui ; et la vierge du Christ ne pouvait désirer un plus aimable panégyriste que le grand évêque de Milan, le plus éloquent des Pères sur la virginité, et le plus persuasif ; car l’histoire nous apprend que, dans les villes où il prêchait, les mères renfermaient leurs filles, dans la crainte que les attrayantes paroles du prélat n’allumassent en elles un si ardent amour du Christ, qu’on les vît renoncer à tout hymen terrestre.

« Ayant à écrire un livre de la Virginité, dit le grand évêque, je m’estime heureux de l’ouvrir par l’éloge de la vierge dont la solennité nous réunit. C’est aujourd’hui la fête d’une Vierge : recherchons la pureté. C’est aujourd’hui la fête d’une Martyre : immolons des victimes. C’est aujourd’hui la fête de sainte Agnès : que les hommes soient dans l’admiration, que les enfants ne perdent pas courage, que les épouses considèrent avec étonnement, que les vierges imitent. Mais comment pourrons-nous parler dignement de celle dont le nom même renferme l’éloge ? Son zèle a été au-dessus de son âge, sa vertu au-dessus de la nature ; en sorte que son nom ne semble pas un nom humain, mais plutôt un oracle qui présageait son martyre. » Le saint Docteur fait ici allusion au mot agneau, dont on peut dériver le nom d’Agnès. Il le considère ensuite comme formé du mot grec agnos, qui signifie pur, et continue ainsi son discours :
« Le nom de cette vierge est aussi un titre de pureté : j’ai donc à la célébrer et comme Martyre et comme Vierge. C’est une louange abondante que celle que l’on n’a pas besoin de chercher, et qui existe déjà par elle-même. Que le rhéteur se retire, que l’éloquence se taise ; un seul mot, son nom seul, loue Agnès. Que les vieillards, que les jeunes gens, que les enfants la chantent. Tous les hommes célèbrent cette Martyre ; car ils ne peuvent dire son nom sans la louer.
« On rapporte qu’elle avait treize ans quand elle souffrit le martyre. Cruauté détestable du tyran, qui n’épargne pas un âge si tendre ; mais, plus encore, merveilleuse puissance de la foi, qui trouve des témoins de cet âge ! Y avait-il place en un si petit corps pour les blessures ? A peine le glaive trouvait-il sur cette enfant un lieu où frapper ; et cependant Agnès avait en elle de quoi vaincre le glaive.
« A cet âge, la jeune fille tremble au regard irrité de sa mère ; une piqûre d’aiguille lui arrache des larmes, comme ferait une blessure. Intrépide entre les mains sanglantes des bourreaux, Agnès se tient immobile sous le fracas des lourdes chaînes qui l’écrasent ; ignorante encore de la mort, mais prête à mourir, elle présente tout son corps à la pointe du glaive d’un soldat furieux. La traîne-t-on, malgré elle, aux autels : elle tend les bras au Christ, à travers les feux du sacrifice ; et sa main forme, jusque sur les flammes sacrilèges, ce signe qui est le trophée du Seigneur victorieux. Son cou, ses deux mains, elle les passe dans les fers qu’on lui présente ; mais on n’en trouve pas qui puissent serrer des membres si petits.
« Nouveau genre de martyre ! La Vierge n’a pas encore l’âge du supplice, et déjà elle est mûre pour la victoire ; elle n’est pas mûre pour le combat, et déjà elle est capable de la couronne ; elle avait contre elle le préjugé de son âge, et déjà elle est maîtresse en fait de vertu. L’épouse ne marche pas vers le lit nuptial avec autant de vitesse que cette Vierge qui s’avance, pleine de joie, d’un pas dégagé, vers le lieu de son supplice ; parée, non d’une chevelure artificieusement disposée, mais du Christ ; couronnée, non de fleurs, mais de pureté.
« Tous étaient en larmes ; elle seule ne pleure pas ; on s’étonne qu’elle prodigue si facilement une vie qu’elle n’a pas encore goûtée ; qu’elle la sacrifie , comme si elle l’eût épuisée. Tous admirent qu’elle soit déjà le témoin de la divinité, à un âge où elle ne pourrait encore disposer d’elle-même. Sa parole n’aurait pas valeur dans la cause d’un mortel : on la croit aujourd’hui dans le témoignage qu’elle rend à Dieu. En effet, une force qui est au-dessus de la nature ne saurait venir que de l’auteur delà nature. Quelles terreurs n’employa pas le juge pour l’intimider ! que de caresses pour la gagner ! Combien d’hommes la demandèrent pour épouse ! Elle s’écrie : La fiancée fait injure à l’époux, si elle se fait attendre. Celui-là m’aura seul, qui, le premier, m’a choisie. Que tardes-tu, bourreau ? Périsse ce corps que peuvent aimer des yeux que je n’agrée pas.
« Elle se présente, elle prie, elle courbe la tête. Vous eussiez vu trembler le bourreau, comme si lui-même eût été condamné. Sa main était agitée, son visage était pâle sur le danger d’un a autre, pendant que la jeune fille voyait, sans crainte, son propre péril. Voici donc, dans une seule victime, un double martyre : l’un de chasteté, l’autre de religion. Agnès demeura vierge, et elle obtint le martyre. »

Lire la suite

Saint Fabien pape et saint Sébastien martyrs

20 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Fabien pape et saint Sébastien martyrs

Le pape saint Fabien, élu évêque de Rome en 236 après J.-C., est une figure marquante de l’histoire de l’Église catholique. Son pontificat, reconnu pour sa sagesse, sa charité et son zèle missionnaire, a grandement contribué à l’organisation et à l’expansion de la communauté chrétienne. Son élection, considérée comme un acte de Dieu, a été une bénédiction pour l’Église en une période de troubles. Voici un aperçu de sa vie, de ses contributions et de son héritage durable.

L’Élection Miraculeuse

L’élection de Fabien au pontificat est souvent décrite comme miraculeuse. Selon la tradition, un signe divin l’aurait désigné comme successeur de saint Pierre. Lors d’une assemblée pour élire le nouveau pape, une colombe se serait posée sur sa tête, symbolisant le choix de Dieu. Cet événement renforça sa légitimité et son autorité aux yeux des fidèles.

Organisation et Expansion de l’Église

Pendant son pontificat, Fabien se distingua par ses efforts pour organiser et renforcer la communauté chrétienne à Rome et au-delà. Il restructura l’Église en divisant la ville de Rome en sept diaconies, chacune dirigée par un diacre, pour mieux servir les besoins des fidèles. Cette organisation administrative permit une gestion plus efficace des ressources et une meilleure assistance aux pauvres.

Fabien joua également un rôle crucial dans l’expansion de l’Église en dehors de Rome. Il envoya des missionnaires pour prêcher l’Évangile dans diverses régions de l’Empire romain, établissant de nombreuses églises et augmentant la présence chrétienne.

Défense de la Foi et Lutte Contre les Hérésies

Le pape Fabien fut un fervent défenseur de la foi chrétienne. Il combattit activement les hérésies qui menaçaient la doctrine catholique, parmi lesquelles le novatianisme et les restes du gnosticisme.

  • Le Novatianisme

Le novatianisme est apparu à la suite de la persécution de l’empereur Dèce. Novatien, un prêtre romain, s’opposa à l’élection de Cornelius comme pape après la mort de Fabien. Novatien soutenait une position rigide contre la réadmission des chrétiens qui avaient apostasié pendant les persécutions. Il prônait que ces lapsi (ceux qui avaient renié leur foi) ne pouvaient jamais être réintégrés dans l’Église, même après une pénitence sincère. Le pape Fabien, avant sa mort, avait déjà établi des bases pour une position plus miséricordieuse, permettant la réintégration de ces individus après une période de pénitence. Son approche équilibrée fut essentielle pour maintenir l’unité et la compassion au sein de la communauté chrétienne.

  • Le Gnosticisme

Bien que le gnosticisme ait connu son apogée plus tôt, ses résurgences continuèrent de menacer l’Église au IIIe siècle. Le gnosticisme enseignait que la matière était mauvaise et que seul le spirituel était bon, divisant ainsi le Christ en deux entités distinctes : une humaine et une

divine. Cette vision dualiste était en contradiction directe avec la doctrine chrétienne de l’incarnation, selon laquelle Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement homme. Fabien, comme ses prédécesseurs, travailla à réfuter ces enseignements hérétiques et à renforcer la foi orthodoxe, en insistant sur l’unité et la divinité du Christ.

Contributions Liturgiques

Fabien est également reconnu pour avoir établi la tradition de la cérémonie de l’ordination des évêques. Cette cérémonie confère l’autorité épiscopale et symbolise l’unité et la succession apostolique de l’Église. La pratique de l’ordination, encore en usage aujourd’hui, est un témoignage de son impact durable sur la liturgie et l’organisation ecclésiastique.

Persécution et Martyr

Le pontificat de Fabien prit fin tragiquement en 250, lors de la persécution des chrétiens sous l’empereur Dèce. Fabien fut arrêté et martyrisé pour sa foi, devenant ainsi l’un des premiers papes à subir le martyre. Sa mort inspira de nombreux fidèles à rester fermes dans leur témoignage de Jésus-Christ, même face à la persécution.

Miracles et Vénération

Après sa mort, de nombreux miracles furent attribués à l’intercession de saint Fabien. Les récits de guérisons et de protections miraculeuses renforcèrent sa réputation de sainteté. Il fut rapidement vénéré par les chrétiens, et son culte se répandit dans l’Église.

Reliques et Canonisation

Les reliques de saint Fabien furent conservées et vénérées par les fidèles. Son tombeau, situé dans les catacombes de Saint-Calixte à Rome, devint un lieu de pèlerinage. L’Église catholique le canonisa en raison de sa vie exemplaire, de son martyre et des nombreux miracles attribués à son intercession.

Héritage et Inspiration

Aujourd’hui, saint Fabien est honoré comme un modèle de sainteté, de leadership et de dévouement à la foi chrétienne. Sa fête est célébrée le 20 janvier, jour de son martyre. Sa vie et son témoignage continuent d’inspirer les chrétiens du monde entier, les encourageant à suivre le Christ avec courage et détermination, même au milieu des difficultés et des épreuves.

En conclusion, le pape saint Fabien reste une figure emblématique de l’Église primitive. Son élection miraculeuse, son gouvernement sage et courageux, et son martyre héroïque illustrent son engagement indéfectible envers la foi chrétienne. Son héritage perdure à travers les siècles, rappelant aux fidèles l’importance de la foi, de l’unité et de la persévérance dans la mission de l’Église.

On lui donne pour attribut l’épée, instrument de son martyre et la colombe qui le désigna au choix du peuple chrétien.

Avec La vie des saints

reliquaire de saint Sébastien

reliquaire de saint Sébastien

Lire la suite

Super Io., cap. 17 l. 1

19 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Super Io., cap. 17 l. 1

Super Io., cap. 17 l. 1 …..Supra X, 27: oves meae vocem meam audiunt, et ego cognosco eas. Sed numquid vita aeterna data hominibus pertinet ad gloriam Patris? Immo, quia haec est vita aeterna, ut cognoscant te solum Deum verum, et quem misisti Iesum Christum; idest, ut clarificetur Pater in notitia hominum. Sed hic duo sunt exponenda. Primo quidem quid est hoc quod dicit haec est vita aeterna ut cognoscant. Circa quod sciendum est, quod illa proprie vivere dicimus quae se ipsa movent ad operandum; quaecumque autem non nisi ab aliis moventur, non dicuntur viventia, sed mortua: et ideo omnes operationes ad quas operans movet se, dicuntur opera vitae, sicut velle, intelligere, sentire, augeri et moveri. Dicitur autem aliquid vivere, dupliciter: aut quia habet opera vitae in potentia, et sic dormiens dicitur vivere vita sensitiva, quia habet potestatem movendi se, licet actu non moveatur; aut quia iam exercet opera vitae in actu, et tunc perfecte dicitur aliquid vivere: unde somnus dicitur dimidium vitae. Inter opera autem vitae altius est opus intelligentiae, quod est intelligere; et ideo operatio intellectus maxime est vita. Sicut autem idem est sensus actu et sensibile in actu, ita intelligens in actu et res intellecta in actu. Cum ergo intelligentia sit vita et intelligere sit vivere, sequitur quod intelligere rem aeternam sit vivere vita aeterna, Deus est autem res aeterna, intelligere ergo et videre Deum est vita aeterna. Et ideo Dominus dicit, quod in visione consistit vita aeterna, scilicet principaliter secundum totam suam substantiam. Amor autem est movens ad hanc, et quoddam eius complementum: nam ex delectatione quae est in fruitione divina, quam facit caritas, est complementum et decor beatitudinis: sed eius substantia in visione consistit; I Jn. III, 2: videbimus eum sicuti est. Secundo exponendum est hoc quod dicit te solum verum Deum. Manifestum est enim quod Christus loquebatur ad Patrem, cum ergo dicat te solum verum Deum, videtur quod solus Deus Pater sit Deus verus. Quod quidem concedunt Ariani dicentes, Filium differre a Patre per essentiam, cum sit substantia creata, magis tamen et perfectius inter omnes creaturas Patris divinitatem participans, intantum quod dicatur Deus, sed non verus, quia non est Deus per naturam, sed solus Pater. Sed contra hoc arguit Hilarius. Constat enim quod cum volumus scire de re aliqua utrum sit vera, ex duobus scire possumus: scilicet ex natura et ex virtute eius. Verum enim aurum est quod habet veri auri speciem; quod quidem scimus, si facit veri auri operationem. Si ergo habemus de Filio quod habeat veram Dei naturam, et hoc per veram operationem divinitatis, quam exercet, manifestum est quod est verus Deus. Quod autem exerceat Filius vera opera divinitatis, patet supra V, 19: quaecumque Pater facit, haec et Filius similiter facit. Et iterum dicit: sicut Pater habet vitam in semetipso, non quidem participatam, ita et Filio dedit vitam habere in semetipso; I Jn. ult., 20: ut simus in vero Filio eius Iesu Christo. Hic est verus Deus et vita aeterna. Dicit autem te solum Deum, secundum Hilarium, non excludens aliquid. Unde non dicit absolute te solum, sed addit et quem misisti Iesum Christum; quasi diceret ut cognoscant te et quem misisti Iesum Christum, esse unum solum et verum Deum: secundum illum modum loquendi: tu solus altissimus, Iesu Christe, cum Sancto Spiritu. Nec facit mentionem de Spiritu Sancto: quia ubicumque ponuntur Pater et Filius, et praecipue in his quae ad maiestatem divinitatis pertinent, cointelligitur Spiritus Sanctus, qui est nexus amborum. Vel secundum Augustinum de Trinitate, hoc dicit ad excludendum errorem quorumdam dicentium, quod haec est falsa: Pater est Deus, et Filius est Deus, et Spiritus Sanctus est Deus; sed haec est vera: Pater et Filius et Spiritus Sanctus sunt unus Deus. Et ratio istorum erat, quia, ut ab apostolo dicitur I Cor. I, 24, Christus est Dei virtus et Dei sapientia. Manifestum est autem quod nullus potest dicere aliquem Deum nisi habeat virtutem et sapientiam divinam. Cum ergo isti vellent quod Pater esset sapientia, quae est Filius, dicebant ulterius, quod Pater sine Filio consideratus non esset Deus, et etiam Filius et Spiritus Sanctus. Et quia in missione designatur incarnatio Filii Dei, ideo per hoc quod dicit et quem misisti Iesum Christum, datur intelligi quod in vita aeterna gaudebimus etiam de humanitate Christi; Is. XXXIII, 17: regem, idest Christum, in decore suo videbunt. Supra X, 9: ingredietur, et pascua inveniet. Hic ponitur meritum exaudiendae petitionis, et primo commemorat meritum; secundo postulat praemium, ibi et nunc clarifica me tu, Pater. Commemorat autem duplex meritum. Scilicet doctrinae, dicens ego te clarificavi, scilicet in notitia hominum, manifestando per doctrinam; Is. XXIV, 15: in doctrinis glorificate Deum. Item obedientiae: unde subdit opus consummavi. Utitur praeterito pro futuro, scilicet clarificavi idest, clarificabo; et consummavi, idest consummabo: et hoc, quia iam inchoatum erat, et iterum quia imminebat hora passionis, quando hoc opus consummatum est. Quod dedisti mihi, non iussisti: non enim sufficit quod Christo et nobis mandetur divinitus; quia quidquid Christus secundum quod homo fecit et nos facere possumus, est ex dono Dei; Sg. VIII, 21: scivi quia non possum esse continens, nisi Deus det. Dedisti, inquam, mihi, per donum gratiae, ut facerem, idest, ut consummarem; Eccli. XXXVIII, 31: cor suum dabit in consummationem. Sed quia obedientiae, et doctrinae Christi praemium est gloria; Ph. II, 8: factus est obediens usque ad mortem, mortem autem crucis; propter quod et Deus exaltavit illum, et donavit illi nomen quod est super omne nomen: ideo postulat praemium, dicens et nunc clarifica me tu, Pater. Quod non est intelligendum ut quidam putaverunt, sicut Augustinus dicit, quod natura humana in Christo a verbo suscepta aliquando convertatur in verbum, et homo mutetur in Deum; quia hoc nihil aliud esset quam ipsam naturam annihilari. Omne enim quod ita in aliud convertitur quod illud in quod convertitur non augeatur, annihilari videtur: divino autem verbo Dei nihil augeri potest. Et ideo, secundum Augustinum, intelligendum est et nunc clarifica me tu, Pater, de praedestinatione Christi hominis. Nam aliquid habemus in praedestinatione divina, et in effectu rei. Homo autem Christus Iesus, sicut et alii homines, praedestinatus fuit a Deo Patre; Rm. I, 4: qui praedestinatus est Filius Dei et cetera. Et secundum hoc dicit et nunc, idest postquam clarificavi te, et consummavi opus quod dedisti mihi ut faciam, clarifica me tu, pater, apud temetipsum; idest, fac me sedere ad dexteram tuam; et hoc claritate quam habui priusquam mundus fieret, apud te, idest in tua praedestinatione; Mc. ult., 19: Dominus quidem Iesus assumptus est in caelum, et sedet a dextris Dei. Vel aliter, secundum Hilarium. Nam gloria hominum est quaedam conformitas ad gloriam Dei, quamvis inaequalis; Christus autem secundum quod Deus, habuit gloriam ab aeterno apud Patrem, scilicet divinam, et aequalem Patri. Petit ergo hic quod in humanitate clarificetur, ut scilicet id quod ex tempore erat caro, et in corruptione transformata, gloriam eius, quae sine tempore est, claritatis acciperet. Non tamen aequalem, sed similem: ut scilicet sicut ab aeterno apud Patrem immortalis et ad dexteram consedens fuit, ita et secundum quod homo immortalis efficiatur, et ad Dei dexteram exaltetur.

Lire la suite

II ème Dimanche après l'Epiphanie

18 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

II ème Dimanche après l'Epiphanie

Introït

Que toute la terre vous adore, ô Dieu, et chante pour vous ; qu'elle chante un cantique en votre nom, ô Très-Haut. Jubilez pour Dieu, toute la terre ; chantez un cantique en son nom ; donnez de la gloire à sa louange. ℣. Gloire...

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, qui gouvernez à la fois le ciel et la terre, exaucez dans votre clémence les supplications de votre peuple, et accordez votre paix à notre temps. Par..

Épitre Rm 12, 6-16

Mes frères, les dons que nous avons reçus diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée. Est-ce la prophétie, qu'on se règle sur la foi ; est-ce un ministère, qu'on exerce ce ministère ; est-ce d'enseigner, qu'on donne l'enseignement ; est-ce d'exhorter, qu'on fasse l'exhortation ; celui qui partage, qu'il partage avec pureté d'intention ; celui qui préside, qu'il préside avec zèle ; celui qui exerce la miséricorde, qu'il l'exerce avec le sourire. Que la charité soit sincère. Ayez l'horreur du mal, attachez-vous au bien. Aimez-vous les uns les autres d'un amour fraternel, rivalisez d'égards entre vous. Soyez sans négligence dans le zèle, fervents d'esprit, tout au service du Seigneur ; joyeux dans l'espérance, patients dans l'affliction, persévérants dans la prière ; partagez les besoins des fidèles, soyez hospitaliers. Bénissez vos persécuteurs, bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez d'accord entre vous. N'ayez pas le goût des grandes choses, mais portez-vous vers les plus humbles.

Évangile Jn 2, 1-11

En ce temps-là, il se fit des noces à Cana en Galilée, et la mère de Jésus était là. Jésus lui-même fut invité à ces noces avec ces disciples. Or le vin vint à manquer, et la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui répondit : « Femme, en quoi cela nous concerne-t-il ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Or il y avait là six jarres de pierre destinées aux purifications des Juifs et pouvant contenir chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu'au bord. Jésus leur dit alors : « Puisez maintenant et portez-en au maître du festin. » Ils en portèrent. Mais dès que celui-ci eut goûté l'eau changée en vin - il ne savait d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient bien -, il appela l'époux et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin ; puis, quand on est enivré, le moins bon ; toi au contraire, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ! » Ce fut le premier des signes de Jésus, il le fit à Cana de Galilée ; il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Secrète

Sanctifiez, Seigneur, les dons que nous vous offrons, et purifiez-nous des souillures de nos péchés. Par...

Communion

Le Seigneur dit : « Remplissez d'eau ces jarres et portez-en au maître du festin. » Dès que celui-ci eut goûté l'eau changée en vin, il dit à l'époux : « Tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ! » Ce fut le premier signe de Jésus en présence de ces disciples.

Postcommunion

Seigneur, nous vous en prions, augmentez en nous l'action de votre puissance ; afin que, vivifiés par les divins sacrements, nous soyons préparés par votre grâce à recueillir ce qu'ils promettent. Par...

Dom Guéranger ~ L’année liturgique Deuxième dimanche après l’Épiphanie

Un festin est préparé, un festin nuptial ; la mère de Jésus y assiste ; car, après avoir coopéré au mystère de l’incarnation du Verbe, il convient qu’elle soit associée à toutes les œuvres de son Fils, à toutes les faveurs qu’il prodigue à ses élus. Mais, au milieu de ce festin, le vin vient à manquer. Jusqu’alors la gentilité n’avait point connu le doux vin de la charité ; la Synagogue n’avait produit que des raisins sauvages. Le Christ est la vraie vigne, comme il le dit lui-même. Lui seul pouvait donner ce vin qui réjouit le cœur de l’homme, et nous présenter à boire de ce calice enivrant qu’avait chanté David.

Marie dit au Sauveur : « Ils n’ont point de vin. » C’est à la mère de Dieu de lui représenter les besoins des hommes, dont elle est aussi la mère. Cependant, Jésus lui répond avec une apparente sécheresse : « Femme, qu’importe à moi et à vous ? Mon heure n’est pas encore venue. » C’est que, dans ce grand mystère, il allait agir, non plus comme fils de Marie, mais comme Fils de Dieu. Plus tard, à une heure qui doit venir, il apparaîtra aux yeux de cette même mère, expirant sur la croix, selon cette humanité qu’il avait reçue d’elle. Marie a compris tout d’abord l’intention divine de son Fils, et elle profère ces paroles qu’elle répète sans cesse à tous ses enfants : Faites ce qu’il vous dira.

Or, il y avait là six grands vases de pierre, et ils étaient vides. Le monde, en effet, était parvenu à son sixième âge, comme l’enseignent saint Augustin et les autres docteurs après lui. Durant ces six âges, la terre attendait son sauveur, qui devait l’instruire et la sauver. Jésus commande de remplir d’eau ces vases ; mais l’eau ne convient pas pour le festin de l’époux. Les figures, les prophéties de l’ancien monde étaient cette eau ; et nul homme, jusqu’à l’ouverture du septième âge, où le Christ, qui est la vigne, devait se communiquer, n’avait contracté l’alliance avec le Verbe divin.

Mais lorsque l’Emmanuel est venu, il n’a qu’une parole à dire : « Puisez maintenant. » Le vin de la nouvelle alliance, ce vin qui avait été réservé pour la fin, remplit seul maintenant les vases. En prenant notre nature humaine, nature faible comme l’eau, il en a ménagé la transformation ; il l’a élevée jusqu’à lui, nous rendant participants de la nature divine ; il nous a rendus capables de contracter l’union avec lui, de former ce seul corps dont il est le Chef, cette Église dont il est l’époux, et qu’il aimait de toute éternité d’un si ardent amour, qu’il est descendu du ciel pour célébrer ces noces avec elle.

Ô sort admirable que le nôtre ! Dieu a daigné, comme dit l’apôtre, montrer les richesses de sa gloire sur des vases de miséricorde. Les urnes de Cana, figures de nos âmes, étaient insensibles, et nullement destinées à tant d’honneur. Jésus ordonne à ses ministres d’y verser l’eau ; et déjà, par cette eau, il les purifie ; mais il pense n’avoir rien fait encore tant qu’il ne les a pas remplies jusqu’au haut de ce vin céleste et nouveau, qui ne devait se boire qu’au royaume de son Père. Ainsi la divine charité, qui réside dans le sacrement d’amour, nous est-elle communiquée ; et pour ne pas déroger à sa gloire, l’Emmanuel, qui veut épouser nos âmes, les élève jusqu’à lui. Préparons-les donc pour cette union ; et, selon le conseil de l’apôtre, rendons-les semblables à cette vierge pure qui est destinée à un époux sans tache.

Saint Matthieu, évangéliste de l’humanité du Sauveur, a reçu de l’Esprit-Saint la charge de nous annoncer le mystère de la foi par l’étoile ; saint Luc, évangéliste du sacerdoce, a été choisi pour nous instruire du mystère de la purification par les eaux ; il appartenait au disciple bien-aimé de nous révéler le mystère des noces divines. C’est pourquoi, suggérant à la sainte Église l’intention de ce troisième mystère, il se sert de cette expression : Ce fut le premier des miracles de Jésus, et il y manifesta sa gloire. À Bethléem, l’or et l’encens des mages prophétisèrent la divinité et la royauté cachées de l’enfant ; sur le Jourdain, la descente de l’Esprit-Saint, la voix du Père, proclamèrent Fils de Dieu l’artisan de Nazareth ; à Cana, Jésus agit lui-même et il agit en Dieu : « car, dit saint Augustin, celui qui transforma l’eau en vin dans les vases ne pouvait être que celui-là même qui, chaque année, opère un prodige semblable dans la vigne. » Aussi, de ce moment, comme le remarque saint Jean, « ses disciples crurent en lui », et le collège apostolique commença à se former.

Lire la suite
Publicité

Saint Antoine le Grand

17 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Antoine le Grand

Collecte

Que l’intercession du bienheureux Abbé Antoine, nous recommande, s’il vous plaît, auprès de vous, Seigneur, afin que nous obtenions, par son patronage, ce que nous ne pouvons attendre de nos mérites

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Antoine, Égyptien, naquit de parents nobles et chrétiens, dont il se vit privé, encore adolescent. Entrant un jour dans une église, il entendit citer ces paroles de l’Évangile : « Si tu veux être parfait, va et vends ce que tu as, et donne-le aux pauvres ; » il pensa devoir obéir au Christ notre Seigneur, comme si ces paroles lui eussent été adressées. Ayant donc vendu son bien, il en distribua tout l’argent aux pauvres. Dégagé de ces entraves, il entreprit de mener sur la terre un genre de vie tout céleste. Mais comme il descendait dans l’arène pour un combat si périlleux, il jugea qu’il devait adjoindre au bouclier de la foi dont il était armé, le secours des autres vertus, et il s’enflamma d’un tel zèle pour les acquérir, qu’il s’efforçait d’imiter quiconque lui semblait exceller en quelque vertu.

Cinquième leçon. Nul n’était plus continent que lui, nul plus vigilant. Il surpassait tous les autres en patience, en mansuétude, en miséricorde, en humilité, dans le travail, et dans l’étude des divines Écritures. Antoine avait une telle horreur de la rencontre et des discours des hérétiques et des schismatiques, surtout des Ariens, qu’il disait qu’il ne fallait pas les aborder. Il couchait sur le sol lorsqu’un sommeil nécessaire s’emparait de lui, et se portait au jeûne avec tant d’ardeur qu’il ne mangeait que du pain avec un peu de sel, et n’étanchait sa soif qu’avec de l’eau ; et il ne réparait ses forces par cette nourriture et ce breuvage qu’après le coucher du soleil ; souvent même il s’abstenait de nourriture pendant deux jours consécutifs, et très fréquemment passait toute la nuit en prière. Étant devenu ainsi un vrai soldat de Dieu, Antoine fut attaqué de diverses tentations par l’ennemi du genre humain mais le très saint jeune homme en triomphait par le jeûne et la prière. Toutefois, malgré ses nombreuses victoires sur Satan, Antoine ne se croyait pas encore en sûreté ; car il savait que le diable use d’innombrables artifices pour nuire aux hommes.

Sixième leçon. C’est pourquoi il se retira dans une vaste solitude de l’Égypte, où, faisant chaque jour de nouveaux progrès dans la perfection chrétienne, il en vint à mépriser tellement les démons qu’il leur reprochait leur faiblesse. Leurs assauts étaient cependant d’autant plus violents qu’Antoine devenait plus fort pour leur résister. Souvent il disait à ses disciples, qu’il excitait à combattre contre le diable, leur enseignant par quelles armes on peut le vaincre : « Croyez-moi, mes frères, Satan redoute les veilles pieuses, les prières, les jeûnes, la pauvreté volontaire, la miséricorde et l’humilité, mais surtout l'ardent amour pour le Christ notre Seigneur, dont la sainte croix lui est si redoutable, que le seul signe de cette croix l’affaiblit et le met en fuite. » Le saint Abbé devint si redoutable aux démons, qu’un grand nombre de possédés furent délivrés en Égypte en invoquant le nom d’Antoine. Telle était la renommée de sa sainteté que Constantin le Grand et ses fils se recommandèrent par lettres à ses prières. Enfin, âgé de cent cinq ans, ayant déjà d’innombrables imitateurs du genre de vie qu’il avait institué, il assembla ses moines, et après leur avoir donné des instructions touchant la règle parfaite de la vie chrétienne, illustre par sa sainteté et ses miracles, il s’en alla au ciel le seize des calendes de février.

Qu’aujourd’hui, l’Orient et l’Occident s’unissent pour célébrer le Patriarche des Cénobites, le grand Antoine. Avant lui, la profession monastique existait déjà, comme le démontrent d’irrécusables monuments ; mais il apparaît comme le premier des Abbés, parce que le premier il a établi sous une forme permanente les familles de moines, livrés au service de Dieu, sous la houlette d’un pasteur.

D’abord hôte sublime de la solitude, et fameux par ses combats avec les démons, il a laissé se réunir autour de lui les disciples que ses œuvres merveilleuses et l’attrait de la perfection lui avaient conquis ; et le déserta vu, par lui, commencer les monastères. L’âge des Martyrs touche à sa fin ; la persécution de Dioclétien sera la dernière ; il est temps pour la Providence, qui veille sur l’Église, d’inaugurer une milice nouvelle. Il est temps que le caractère du moine se révèle publiquement dans la société chrétienne ; les Ascètes, même consacrés, ne suffisent plus. Les monastères vont s’élever de toutes parts, dans les solitudes et jusque dans les cités, et les fidèles auront désormais sous les yeux, comme un encouragement à garder les préceptes du Christ, la pratique fervente et littérale de ses conseils. Les traditions apostoliques de la prière continuelle et de la pénitence ne s’éteindront pas, la doctrine sacrée sera cultivée avec amour, et l’Église ne tardera pas à aller chercher, dans ces citadelles spirituelles, ses plus vaillants défenseurs, ses plus saints Pontifes, ses plus généreux Apôtres.

Car l’exemple d’Antoine inspirera les siècles à venir ; on se souviendra à jamais que les charmes de la solitude et les douceurs de la contemplation ne surent le retenir au désert, et qu’il apparut tout à coup dans les rues d’Alexandrie, au fort de la persécution païenne, pour conforter les chrétiens dans le martyre. On n’oubliera pas non plus que, dans cette autre lutte plus terrible encore, aux jours affreux de l’Arianisme, il reparut dans la grande cité, pour y prêcher le Verbe consubstantiel au Père, pour y confesser la foi de Nicée, et pour soutenir le courage des orthodoxes. Qui pourrait jamais ignorer les liens qui unissaient Antoine au grand Athanase, ou ne pas se rappeler que cet illustre champion du Fils de Dieu visitait cet autre Patriarche, au fond de son désert, qu’il procurait de tous ses moyens l’avancement de l’œuvre monastique, qu’il plaçait dans la fidélité des moines l’espoir du salut de l’Église, et qu’il voulut écrire lui-même la vie sublime de son ami ?

C’est dans cet admirable récit qu’on apprend à connaître Antoine ; c’est là que se révèlent la grandeur et la simplicité de cet homme qui fut toujours si près de Dieu. Âgé de dix-huit ans, déjà héritier d’une fortune considérable, il entend lire à l’église un passage de l’Évangile où notre Seigneur conseille à celui qui veut tendre à la vie parfaite de se désapproprier de tous les biens terrestres. Il ne lui en faut pas davantage ; aussitôt il se dessaisit de tout ce qu’il possède, et se fait pauvre volontaire pour toute sa vie.

L’Esprit-Saint le pousse alors vers la solitude, où les puissances infernales ont dressé toutes leurs batteries pour faire reculer le soldat de Dieu ; on dirait que Satan a compris que le Seigneur a résolu de se bâtir une cité au désert, et qu’Antoine est envoyé pour en dresser les plans. Alors commence une lutte corps à corps avec les esprits de malice, et le jeune Égyptien demeure vainqueur à force de souffrances. Il a conquis cette nouvelle arène dans laquelle se consommera la victoire du christianisme sur le Prince du monde.

Après vingt ans de combats qui l’ont aguerri, son âme s’est fixée en Dieu ; et c’est alors qu’il est révélé au monde. Malgré ses efforts pour demeurer caché, il lui faut répondre aux hommes qui viennent le consulter et demander ses prières ; des disciples se groupent autour de lui, et il devient le premier des Abbés. Ses leçons sur la perfection chrétienne sont reçues avec avidité ; son enseignement est aussi simple que profond, et il ne descend des hauteurs de sa contemplation que pour encourager les âmes. Si ses disciples lui demandent quelle est la vertu la plus propre à déjouer les embûches des démons, et à conduire sûrement l’âme à la perfection, il répond que cette vertu principale est la discrétion.

Les chrétiens de toute condition accourent pour contempler cet anachorète dont la sainteté et les miracles font bruit dans tout l’Orient. Ils s’attendent aux émotions d’un spectacle, et ils ne voient qu’un homme d’un abord aisé, d’une humeur douce et agréable. La sérénité de ses traits reflète celle de son âme. Il ne témoigne ni inquiétude de se voir environné de la foule, ni vaine complaisance des marques d’estime et de respect qu’on lui prodigue ; car son âme, dont toutes les passions sont soumises, est devenue l’habitation de Dieu.

Il n’est pas jusqu’aux philosophes qui veulent explorer la merveille du désert. Les voyant venir, Antoine leur adresse le premier la parole : « Pourquoi donc, ô philosophes, leur dit-il, avez-vous pris tant de peines pour venir visiter un insensé ? » Déconcertés d’un tel accueil, ces hommes lui répondirent qu’ils ne le croyaient pas tel, mais qu’ils étaient au contraire persuadés de sa haute sagesse. « A ce compte, reprit Antoine, si vous me croyez sage, imitez ma sagesse. » Saint Athanase ne nous apprend pas si la conversion fut le résultat de leur visite. Mais il en vint d’autres qui osèrent attaquer, au nom de la raison, le mystère d’un Dieu incarné et crucifié. Antoine sourit en les entendant débiter leurs sophismes et finit par leur dire : « Puisque vous êtes si bien établis sur la dialectique, répondez-moi, je vous prie : A quoi doit-on plutôt croire quand il s’agit de la connaissance de Dieu, ou à l’action efficace de la foi, ou aux arguments de la raison ? » — « A l’action efficace de la foi, » répondirent-ils. — « Eh bien ! reprit Antoine, pour vous montrer la puissance de notre foi, voici des possédés du démon, guérissez-les avec vos syllogismes ; ou si vous ne le pouvez, et que j’y parvienne par l’opération de la foi, et au nom de Jésus-Christ, avouez l’impuissance de vos raisonnements, et rendez gloire à la croix que vous avez osé mépriser. » Antoine fit trois fois le signe de la croix sur ces possédés, et invoqua le nom de Jésus sur eux : aussitôt ils furent délivrés.

Les philosophes étaient dans la stupeur et gardaient le silence. « N’allez pas croire, leur dit le saint Abbé, que c’est par ma propre vertu que j’ai délivré ces possédés ; c’est uniquement par celle de Jésus-Christ. Croyez aussi en lui, et vous éprouverez que ce n’est pas la philosophie, mais une foi simple et sincère qui fait opérer les miracles. » On ignore si ces hommes finirent par embrasser le christianisme ; mais l’illustre biographe nous apprend qu’ils se retirèrent remplis d’estime et d’admiration pour Antoine, et avouèrent que leur visite au désert n’avait pas été pour eux sans utilité.

Cependant le nom d’Antoine devenait de plus en plus célèbre et parvenait jusqu’à la cour impériale. Constantin et les deux princes ses fils lui écrivirent comme à un père, implorant de lui la faveur d’une réponse. Le saint s’en défendit d’abord ; mais ses disciples lui ayant représenté que les empereurs après tout étaient chrétiens, et qu’ils pourraient se tenir offensés de son silence, il leur écrivit qu’il était heureux d’apprendre qu’ils adoraient Jésus-Christ, et les exhorta de ne pas faire tant d’état de leur pouvoir, qu’ils en vinssent à oublier qu’ils étaient hommes. Il leur recommanda d’être cléments, de rendre une exacte justice, d’assister les pauvres et de se souvenir toujours que Jésus-Christ est le seul roi véritable et éternel.

Ainsi écrivait cet homme qui était né sous la persécution de Décius, et qui avait bravé celle de Dioclétien : entendre parler de Césars chrétiens, lui était une chose nouvelle. Il disait au sujet des lettres de la cour de Constantinople : « Les rois de la terre nous ont écrit ; mais qu’est-ce que cela doit être pour un chrétien ? Si leur dignité les élève au-dessus des autres, la naissance et la mort ne les rendent-elles pas égaux à tous ? Ce qui doit nous émouvoir bien davantage et enflammer notre amour pour Dieu, c’est la pensée que ce Maître souverain a non seulement daigné écrire une loi pour les hommes, mais qu’il leur a aussi parlé par son propre Fils. »

Cependant, cette publicité donnée à sa vie fatiguait Antoine, et il lui tardait d’aller se replonger dans le désert, et de se retrouver face à face avec Dieu. Ses disciples étaient formés, sa parole et ses œuvres les avaient instruits ; il les quitta secrètement, et ayant marché trois jours et trois nuits, il arriva au mont Colzim, où il reconnut la demeure que Dieu lui avait destinée. Saint Jérôme fait, dans la Vie de saint Hilarion, la description de cette solitude. « Le roc, dit-il, s’élève à la hauteur de mille pas : de sa base s’échappent des eaux dont le sable boit une partie ; le reste descend en ruisseau, et son cours est bordé d’un grand nombre de palmiers qui en font une oasis aussi commode qu’agréable à l’œil. » Une étroite anfractuosité de la roche servait d’abri à l’homme de Dieu contre les injures de l’air.

L’amour de ses disciples le poursuivit, et le découvrit encore dans cette retraite lointaine ; ils venaient souvent le visiter et lui apporter du pain. Voulant leur épargner cette fatigue, Antoine les pria de lui procurer une bêche, une cognée et un peu de blé, dont il sema un petit terrain. Saint Hilarion, qui visita ces lieux après la mort du grand patriarche, était accompagné des disciples d’Antoine qui lui disaient avec attendrissement : « Ici, il chantait les psaumes ; là, il s’entretenait avec Dieu dans l’oraison ; ici, il se livrait au travail ; là, il prenait du repos, lorsqu’il se sentait fatigué ; lui-même a planté cette vigne et ces arbustes, lui-même a disposé cette aire, lui-même a creusé ce réservoir avec beaucoup de peines pour l’arrosement du jardin. » Ils racontèrent au saint, en lui montrant ce jardin, qu’un jour des ânes sauvages étant venus boire au réservoir, se mirent à ravager les plantations. Antoine commanda au premier de s’arrêter, et lui donnant doucement de son bâton dans le flanc, il lui dit : « Pourquoi manges-tu ce que tu n’as pas semé ? » Ces animaux s’arrêtèrent soudain, et depuis ils ne firent plus aucun dégât.

Nous nous laissons aller au charme de ces récits ; il faudrait un volume entier pour les compléter. De temps en temps, Antoine descendait de sa montagne, et venait encourager ses disciples dans les diverses stations qu’ils avaient au désert. Une fois même il alla visiter sa sœur dans un monastère de vierges, où il l’avait placée, avant de quitter lui-même le monde. Enfin, étant parvenu à sa cent cinquième année, il voulut voir encore les moines qui habitaient la première montagne de la chaîne de Colzim, et leur annonça son prochain départ pour la patrie. A peine de retour à son ermitage, il appela les deux disciples qui le servaient depuis quinze ans, à cause de l’affaiblissement de ses forces, et il leur dit :

« Mes fils bien-aimés, voici l’heure où, selon le langage de la sainte Écriture, je vais entrer dans la voie de mes pères. Je vois que le Seigneur m’appelle, et mon cœur brûle du désir de s’unir à lui dans le ciel. Mais vous, mes fils, les entrailles de mon âme, n’allez pas perdre, par un relâchement désastreux, le fruit du travail auquel vous vous êtes appliqués depuis tant d’années. Représentez-vous chaque jour à vous-mêmes que vous ne faites que d’entrer au service de Dieu et d’en pratiquer les exercices : par ce moyen, votre bonne volonté sera plus énergique, et ira toujours croissant. Vous savez quelles embûches nous tendent les démons. Vous avez été témoins de leurs fureurs, et aussi de leur faiblesse. Attachez-vous inviolablement à l’amour de Jésus-Christ ; confiez-vous à lui entièrement, et vous triompherez de la malice de ces esprits pervers. N’oubliez jamais les divers enseignements que je vous ai donnés ; mais je vous recommande surtout de penser que chaque jour vous pouvez mourir. »

Il leur rappela ensuite l’obligation de n’avoir aucun commerce avec les hérétiques, et demanda que son corps fût enseveli dans un lieu secret, dont eux seuls auraient connaissance. « Quant aux habits que je laisse, ajouta-t-il, en voici la a destination : vous donnerez à l’évêque Athanase une de mes tuniques, avec le manteau qu’il m’avait apporté neuf, et que je lui rends usé. » C’était un second manteau que le grand docteur avait donnée Antoine, celui-ci ayant disposé du premier pour ensevelir le corps de l’ermite Paul. « Vous donnerez, reprit le saint, l’autre tunique à l’évêque Sérapion, et vous garderez pour vous mon cilice. » Puis, sentant que le dernier moment était arrivé, il se tourna vers les deux disciples : « Adieu, leur dit-il, mes fils bien-aimés ; votre Antoine s’en va, il n’est plus avec vous. »

C’est avec cette simplicité et cette grandeur que la vie monastique s’inaugurait dans les déserts de l’Égypte, pour rayonner de là dans l’Église entière ; mais à qui ferons-nous hommage de la gloire d’une telle institution, à laquelle seront désormais attachées les destinées de l’Église, toujours forte quand l’élément monastique triomphe, toujours affaiblie quand il est en décadence ? Qui inspira à Antoine et à ses disciples l’amour de cette vie cachée et pauvre, mais en même temps si féconde, sinon, encore une fois, le mystère des abaissements du Fils de Dieu ? Que tout l’honneur en revienne donc à notre Emmanuel, anéanti sous les langes, et cependant tout rempli de la force de Dieu.

Lire la suite

Publié depuis Overblog

16 Janvier 2026 , Rédigé par Ludovicus

Collecte

Nous vous supplions, Seigneur, d’exaucer, dans votre clémence, les prières de votre peuple, afin que nous soyons aidés par les mérites du bienheureux Marcel, votre Martyr et Pontife, dont la passion est pour nous une source de joie.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Marcel, né à Rome, exerça le pontificat depuis Constance et Galère jusqu’à Maxence. Ce fut à son instigation que Lucine, matrone romaine, établit l’Église de Dieu héritière de ses biens. Le nombre des fidèles s’étant accru dans Rome, il institua de nouveaux Titres (ou paroisses), et partagea la ville comme en différents districts, pour y administrer les sacrements de baptême et de pénitence à ceux qui embrasseraient la religion chrétienne, ainsi que pour l’utilité des fidèles et pour la sépulture des Martyrs. Maxence, enflammé de colère par cette sage administration, menaça Marcel de rigoureux supplices, s’il ne déposait le pontificat et ne sacrifiait aux idoles.

Cinquième leçon. Comme Marcel méprisait les paroles insensées d’un homme, le tyran l’envoya dans les écuries impériales pour qu’il y prît soin des bêtes qu’on nourrissait aux dépens du public. Marcel y passa neuf mois en prières et en jeûnes continuels, visitant par ses lettres les paroisses qu’il ne pouvait visiter en personne. Tiré de là par les clercs de Rome, il reçut l’hospitalité chez la bienheureuse Lucine, et dédia dans sa demeure une église qui est aujourd’hui désignée sous le Titre de Saint-Marcel : les Chrétiens allaient y prier et le bienheureux Marcel y prêchait lui-même.

Sixième leçon. Maxence, ayant connaissance de ces faits, ordonna d’amener dans cette église les bêtes de ses écuries et commanda qu’elles soient gardées, par Marcel. C’est en ce lieu que, souffrant de la malpropreté et accablé de tribulations, il s’endormit dans le Seigneur. Son corps fut enseveli le 17 des calendes de février, par la bienheureuse Lucine, au cimetière de Priscille, sur la voie Salaria. Il siégea cinq ans, un mois, et vingt-cinq jours. Il écrivit une épître aux Évêques de la province d’Antioche, au sujet de la primauté de l’Église romaine, qu’il prouve devoir être appelée le chef des Églises, et y dit aussi que nul concile ne peut être légitimement célébré sans l’autorité du Pontife romain. Il ordonna à Rome, au mois de décembre, vingt-cinq Prêtres, deux Diacres et sacra vingt et un Évêques pour divers lieux.

Au glorieux Pape et Martyr Hygin, vient s’adjoindre sur le Cycle son vaillant successeur Marcel ; tous deux viennent faire hommage de leurs clefs au Chef invisible de l’Église ; leur frère Fabien les suivra de près. Tous trois, émules des Mages, ils ont offert leur vie en don à l’Emmanuel.

Marcel a gouverné l’Église à la veille des jours de paix qui bientôt allaient se lever. Encore quelques mois, et le tyran Maxence tombait sous les coups de Constantin, et la croix triomphante brillait sur le Labarum des légions. Les moments étaient courts pour le martyre ; mais Marcel sera ferme jusqu’au sang, et méritera d’être associé à Étienne, et de porter comme lui la palme près du berceau de l’Enfant divin. Il soutiendra la majesté du Pontificat suprême en face du tyran, au milieu de cette Rome qui verra bientôt les Césars s’enfuir à Byzance, et laisser la place au Christ, dans la personne de son Vicaire. Trois siècles se sont écoulés depuis le jour où les édits de César Auguste ordonnaient le dénombrement universel qui amena Marie en Bethléem, où elle mit au monde un humble enfant : aujourd’hui, l’empire de cet enfant a dépassé les limites de celui des Césars, et sa victoire va éclater. Après Marcel va venir Eusèbe ; après Eusèbe, Melchiade qui verra le triomphe de l’Église.

Quelles furent vos pensées, ô glorieux Marcel, lorsque l’impie dérision d’un tyran vous enferma en la compagnie de vils animaux ? Vous songeâtes au Christ, votre maître, naissant dans une étable, et étendu dans la crèche à laquelle étaient attachés aussi des animaux sans raison. Bethléem vous apparut avec toutes ses humiliations, et vous reconnûtes avec joie que le disciple n’est pas au-dessus du maître. Mais de l’ignoble séjour où le tyran avait cru renfermer la majesté du Siège Apostolique, elle allait bientôt sortir affranchie et glorifiée, aux yeux de la terre entière. Rome chrétienne, abaissée en vous, allait être reconnue comme la mère de tous les peuples, et Dieu n’attendait plus qu’un moment pour livrer à vos successeurs les palais de cette fière cité qui n’avait pas encore le secret de sa destinée. Comme l’Enfant de Bethléem, ô Marcel, vous avez triomphé par vos abaissements. Souvenez-vous de l’Église qui vous est toujours chère ; bénissez Rome qui visite avec tant d’amour le lieu sacré de vos combats. Bénissez tous les fidèles du Christ qui vous demandent, dans ces saints jours, de leur obtenir la grâce d’être admis à faire leur cour au Roi nouveau-né. Demandez-lui pour eux la soumission à ses exemples, la victoire sur l’orgueil, l’amour de la croix, et le courage de demeurer fidèles dans toutes les épreuves.

Lire la suite