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VIIe Dimanche après la Pentecôte

12 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

VIIe Dimanche après la Pentecôte

Introït

Toutes les nations, battez des mains ; acclamez Dieu par des cris de joie. Car le Seigneur, le Très-Haut, est redoutable : il est grand Roi de toute la terre.  Gloire...

Collecte

Ô Dieu, dont la Providence ne se trompe pas dans ce qu'elle établit : nous vous supplions avec instance d'éloigner de nous tout ce qui est nuisible et de nous accorder tout ce qui nous est profitable. Par...

Épitre Rm 6, 19-23

Mes frères, je parle à la manière des hommes à cause de la faiblesse de votre chair. Comme donc vous avez fait servir vos membres à l'impureté et à l'injustice en commettant l'iniquité, faites-les maintenant servir à la justice pour votre sanctification. Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libre envers la justice. Quel fruit avez-vous donc tiré de ces choses dont maintenant vous rougissez ? Car leur fin c'est la mort.
Mais maintenant que vous êtes libérés du péché et devenus serviteurs de Dieu, le fruit que vous en tirez est la sanctification, et votre fin sera la vie éternelle. Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais la grâce de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Évangile Mt 7, 15-21

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits : cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ? Ainsi tout arbre bon donne de bons fruits, et tout arbre mauvais donne de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut donner de mauvais fruits, et un arbre mauvais ne peut donner de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
« Ce n'est pas celui qui me dit : "Seigneur, Seigneur !" qui entrera dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là entrera dans le royaume des cieux. »

Offertoire

Comme un holocauste de béliers et de taureaux, et de milliers d'agneaux gras : ainsi recevez notre sacrifice que nous vous présentons aujourd'hui, et qu'il vous soit agréable ; car ceux qui mettent leur confiance en vous ne seront pas confondus, Seigneur.

Secrète

Ô Dieu, qui avez sanctifié les différentes hosties de la loi par la perfection d'un sacrifice unique : recevez le sacrifice offert par vos dévoués serviteurs et sanctifiez-le comme les présents d'Abel, par une semblable bénédiction ; afin que ce que chacun d'eux a offert pour l'honneur de votre majesté serve au salut de tous. Par...

Communion

Inclinez votre oreille : hâtez-vous de me délivrez.

Postcommunion

Que votre action médicinale, Seigneur, à la fois nous dégage avec clémence de nos dérèglements, et nous conduise vers ce qui est droit. Par...

Dom Guéranger L’année liturgique

Épître

Là, comme dans un tombeau, la mort de Jésus devient nôtre et nous délivre du péché. Vendus au péché (Ibid. 7, 14) par nos premiers parents avant même que d’avoir vu le jour, marqués en naissant de son stigmate ignominieux, notre vie entière appartenait à ce tyran cruel ; maître avide, il nous faisait sentir son droit de tout instant sur les membres flétris d’un corps esclave. Mais si la vie de l’esclave est de droit à son maître, la mort au moins délivre son âme, et la sépulture dérobe son corps même aux revendications de l’exacteur (Job. 3, 18). Or sur la croix de l’Homme-Dieu, sur la croix de Jésus devenu péché (2 Cor. 5, 21) pour nos crimes, l’humanité coupable a suivi, au regard d’une miséricordieuse justice, le sort de son chef innocent. Le vieil homme, issu d’Adam pécheur, a été crucifié ; il est mort dans le Christ ; et l’esclave de naissance, affranchi par cette bienheureuse mort, a vu ensevelir sous les eaux le corps de péché qui portait dans sa chair le titre de sa servitude.

Le corps du péché, c’était en effet notre chair, non l’innocente sortie toute pure à l’origine des mains du Créateur, mais la chair souillée de génération en génération par la transmission d’un honteux héritage. Dans le secret du mystérieux tombeau, l’onde dissolvante a détruit la souillure de ce corps avili ; elle a disjoint du même coup ces membres du péché qui sont les passions mauvaises (Col. 3, 5-9), tristes puissances du mal qui déformaient en nous et tournaient au crime les facultés et les organes reçus de Dieu pour accomplir toute justice. En un moment, le fort armé (s. Luc 11, 21) a perdu le titre de sa possession ; la mort lui a ravi son esclave. Le péché donc étant détruit, la triple concupiscence décapitée s’agite en vain ; aidé de la grâce, l’homme délivré saura toujours empêcher, s’il le veut, ces hideux tronçons du serpent de se rejoindre et de retrouver leur chef.

Car telle est l’action multiple et une du saint baptême : en un clin d’oeil, et par sa seule puissance, il extirpe le péché et réduit à néant tous ses droits acquis ; mais l’homme doit ensuite prêter son concours à la grâce du sacrement, pour surveiller en lui les penchants complices du mal toujours prêt à renaître, et continuer sans fin sur ses rejetons impurs l’œuvre d’extermination salutaire du premier jour. À la mort du péché, résultat tout divin dans sa plénitude et sa rapidité foudroyante pour l’ancien ennemi, succède pour l’esclave affranchi le long travail de la mortification de l’esprit et des sens. Mais c’est toujours la vertu du premier sacrement qui poursuit alors dans le chrétien son œuvre vengeresse ; c’est le saint baptême qui, ayant opéré seul dans le malheureux captif du péché ce que Dieu seul en effet pouvait faire, l’appelle, maintenant que ses chaînes sont tombées, à mener de concert la lutte glorieuse de son indépendance, et le convie à partager l’honneur de la victoire divine sur Satan et ses œuvres.

La répression de la chair apparaîtra de nouveau, Dimanche prochain, comme le vrai monument de notre liberté sur terre, comme la preuve authentique de la noblesse des fils de Dieu. « Que du moins, dirons-nous dès maintenant avec l’Apôtre (Rom. 6, 12-18), que du moins le péché ne règne plus dans votre corps mortel ; n’obéissez plus à ses désirs honteux. Ne faites plus de vos membres des armes d’injustice au service du mal ; de morts que vous étiez, soyez vraiment vivants pour Dieu ; faites de vos membres des armes de justice à sa gloire. Car le péché n’est plus votre maître, et sa tyrannie sur vous a pris fin par la grâce. Lui obéissant de nouveau, vous redeviendriez son esclave ; ne lui rendez pas contre vous ce titre de mort. Mais louez Dieu qui a brisé vos fers, et souvenez-vous qu’affranchis du péché, vous êtes devenus les serviteurs de la justice. »

Ferons-nous moins pour elle qu’on ne fait partout pour le péché son ennemi ? Certes, la justice mérite plus d’efforts de notre part que l’odieux tyran qui n’a pour ses esclaves que la honte et la mort. Et pourtant, admirable condescendance du ciel pour notre faiblesse ! saint Paul le déclare au nom du Saint-Esprit, dans l’Épître du jour : servons la justice comme nous avons servi le péché, et nous serons saints, et nous aurons la vie éternelle (Ibid. 19-23).

Humilions-nous, hélas ! et sondons nos misères. Qu’est devenue pour plusieurs, dans la voie du salut, cette ardeur dévorante avec laquelle on les voyait courir les mille sentiers du mal ? La vraie conversion cependant n’a point pour résultat l’engourdissement des facultés ; elle tourne à Dieu l’activité humaine, et l’augmente en lui rendant son but légitime, ou tout au moins ne la diminue pas, ce qui serait une injure à la grâce.

Quelles leçons donc ne nous donnent point les fils du siècle, à la poursuite de l’ambition, de l’intérêt ou du plaisir ! Que d’activité, d’industrie et de persévérance, que de souffrances souvent, que d’abnégation en tous genres et d’héroïsme à faux pour satisfaire à la fois les sept têtes de la bête, et gagner d’être admis à tremper ses lèvres un instant dans la coupe fangeuse de Babylone (Ap. 17, 7) ! Il en est, sous les voûtes infernales, qui ont plus peiné et pâti, pour se damner, que n’ont fait les martyrs : et que de fois sans même avoir atteint la compensation prétendue qu’ils rêvaient ici-bas ! Car le troupeau de Satan n’arrive pas toujours à lui complaire au point de mériter, même un jour, les viles récompenses de ses esclaves.

La justice en use autrement avec les siens ; elle n’abaisse point, elle ne trompe point ceux qui la servent. Elle affermit leurs pas dans la paix, augmente sans fin le trésor de leurs mérites, et les conduit sûrement à la perfection de l’amour. La vie de l’union divine s’épanouit alors comme spontanément à ce faîte de la justice, et s’appuie sur elle comme la fleur sur sa tige. « Celui qui est affermi dans la justice possédera la Sagesse, dit l’Esprit-Saint ; c’est en lui qu’elle prendra ses délices d’Épouse (Eccli. 15, 1-8). »

Pourrions-nous donc compter avec des travaux qui préparent le ciel, et devancent ici-bas les mystères de la patrie ? La vie présente, quelque longue qu’elle puisse être, paraît peu de chose à l’âme fidèle heureuse de pouvoir y prouver son amour. « Jacob, dit saint Augustin, servit deux fois sept ans (Gn. 29, 18-3o) pour Rachel, dont le nom signifie la vision du principe, ou le Verbe, la Sagesse qui révèle Dieu. C’est elle qu’aime en effet tout homme vertueux en ce monde ; c’est pour elle qu’il travaille et souffre, en servant la justice. Comme Jacob, ce qu’il recherche dans ses labeurs, ce n’est point assurément la fatigue pour elle-même, mais la possession qu’elle doit lui valoir de Rachel en sa beauté, le repos dans le Verbe où l’on voit le principe qui est Dieu. Est-il un vrai serviteur de Dieu qui puisse avoir d’autre pensée sous l’empire de la grâce? Que veut l’homme, quand il se convertit ? que médite-t-il, que porte-t-il en son cœur, qu’aime-t-il et désire‑t-il ainsi passionnément, sinon la science de la Sagesse ? L’homme sans doute voudrait, s’il était possible, écarter le travail et la peine, pour arriver de suite aux délices de la toute belle et parfaite Sagesse ; mais cela ne se peut dans la terre des mourants. L’Écriture nous l’apprend, quand elle dit : Tu désires la Sagesse ? garde les commandements, et le Seigneur te la donnera (Eccli. 1, 33). Les commandements dont il est ici parlé regardent les œuvres de la justice, de cette justice qui vient de la foi, qui vit au milieu de l’incertitude des tentations et sous les ombres, afin qu’en croyant pieusement ce qu’elle ne comprend pas encore, elle arrive à mériter l’intelligence. « Il ne faut donc point blâmer l’ardeur de ceux qu’embrase le désir de posséder la vérité sans voiles, mais ramener leur amour à l’ordre qui est de commencer par la foi, et de s’efforcer d’arriver par l’exercice des bonnes mœurs où il tend. Dans le chemin, c’est le labeur de la vertu ; mais au terme convoité brille la Sagesse. Aime et désire dès le commencement et au-dessus de toute chose un objet si digne ; mais que l’ardeur qui te domine ait pour premier résultat, de te faire embrasser la fatigue de la route qui conduit au but où te porte l’amour. Une fois arrivé même, tu ne posséderas point dans le temps la belle vérité, sans avoir à cultiver toujours de compagnie la laborieuse justice. Quelque pénétrante et pure que puisse devenir en effet pour des mortels la vue du bien immuable, le corps qui se corrompt alourdit l’âme, et cette demeure terrestre abat toujours l’esprit sous le poids de mille soins (Sg. 9, 15). La Sagesse est l’unique but auquel on doit tendre ; mais il faut supporter beaucoup pour l’atteindre (Aug. Contra Faust., 22, 5o-58). »

Évangile

Le peuple juif, en repoussant l’Évangile, a rejeté la lumière. Pendant que le Soleil de justice, salué par les nations, illumine de ses feux toujours croissants l’ancienne région des ombres de la mort (Is. 9, 2), la nuit s’étend sur la terre autrefois bénie des patriarches, et les ténèbres s’épaississent à toute heure en Jérusalem. Dans l’aveuglement qui la pousse à sa perte, la synagogue justifie pleinement la parole du Sauveur : Celui gui marche dans les ténèbres ne sait où il va (s. Jean 12, 35). Elle précipite par ses démarches insensées la catastrophe qui doit l’engloutir.

Les faux prophètes et les faux christs abondent en Israël (Mt. 24, 24), depuis que le vrai Messie qu’annonçaient les Prophètes, s’est vu méconnu et traité par les siens (Jn 1, 11) comme les Prophètes eux-mêmes (Mt. 23, 29-32). Ses témoins, les Apôtres, ont tenté en vain d’obtenir de Juda la rétractation du fatal reniement du prétoire. Juda cependant sait mieux que personne que les temps sont accomplis, depuis que le sceptre est tombé de ses mains (Gn. 49, 10) ; et Juda, qui repousse dédaigneusement la royauté spirituelle du Sauveur des hommes, n’en continue pas moins d’attendre sans cesse et de chercher partout le christ qu’il a rêvé, le messie qui lui rendra sa puissance. Les docteurs juifs n’ont point encore, pour écarter l’autorité écrasante d’oracles qui les confondent, inventé la sentence de leur Talmud : « Maudit soit celui qui suppute les temps de la venue du Messie (Tract. Sanhédr. c. 10) ! » Quels sentiments ne doivent donc pas s’agiter dans l’âme d’un peuple qui, tant de siècles durant, vécut de l’attente d’une heure solennelle entre toutes : lorsqu’enfin il se rend compte que la dernière limite des temps annoncés lui échappe et va le contraindre à renier son passé, ou le forcer d’avouer, au pied de la croix qu’il a dressée, son erreur lamentable !

Une étrange anxiété s’empare alors de la nation déicide. L’esprit de vertige préside à ses conseils. Dans l’effarement de la fébrile démence qui remplace en son cœur l’attente sereine et soumise des patriarches, elle voit le Christ en tous les révoltés ; elle qui n’a point voulu du fils de David se livre à des hommes sans nom, et s’abandonne à tous les aventuriers qui se la disputent au nom de l’insurrection contre Rome et de l’indépendance chimérique de la patrie terrestre. Bientôt l’anarchie et la confusion sont au comble dans la Judée ; les partis hostiles portent leurs querelles sanglantes jusqu’au fond du sanctuaire. La fille de Sion suit ses faux christs au désert ( Mt. 24, 26), et s’y dresse à l’émeute ; elle en revient, pour remplir la ville sainte des voleurs de grand chemin et de tous les sicaires errants dans les solitudes. Longtemps à l’avance, Ézéchiel avait dit : « Tes prophètes, Israël, sont devenus pareils aux renards du désert ; malheur aux prophètes insensés qui ne débitent que des visions menteuses (Éz. 13, 1-8) ! » Et Isaïe s’écriait : « À cause de cela, le Seigneur frappera ce peuple ; il n’aura pitié ni des jeunes gens, ni des enfants, ni des veuves, parce qu’ils sont tous hypocrites et criminels, et que leur bouche ne profère que folies (Is. 9, 17). »

Le temps est proche ; l’heure vient, pour ceux qui sont dans la Judée, de fuir aux montagnes ( Mt. 24, 16). C’était la recommandation du Seigneur ; et, en effet, l’histoire nous montrera bientôt les chrétiens de Jérusalem quittant la ville réprouvée, sous la conduite de Siméon leur évêque (Eus. Hist. eccl., 3, 5). Avec eux s’enfuit la dernière espérance de Sion ; Dieu va venger son Christ. Déjà le signal de ruine, le coup de sifflet divin qu’entendait le prophète (Is. 5, 26), a retenti au delà des mers ; et ils accourent, ils viennent d’Italie sur les navires qu’avait vus Balaam (Nm. 24, 24) ceux qui doivent dévaster les Hébreux. Le chef annoncé par Daniel aborde enfin l’ancienne terre des promesses ; la désolation et la ruine qui l’accompagnent resteront après lui (Dan. 9, 26-27).

Laissons les Juifs hâter leur perte et revenons à l’Église qui s’élève, au même temps, si grande et si belle sur la pierre d’angle rejetée de la synagogue (Psalm. 117, 22). À cause de l’absence de cette pierre, où les ouvriers de Sion n’ont point su reconnaître la base nécessaire qui portait leur ville, Jérusalem tombe en Judée ; mais elle reparaît plus brillante sur les collines (Is. 2, 2) où Céphas (Jn 1, 42), prince des Apôtres, a transplanté son fondement éternel. Affermie sur le roc divin, elle ne craindra plus la violence des flots ni les vents déchaînés contre ses murailles ( Mt. 7, 24-27). Les faux prophètes et tous ces ouvriers de mensonge, qui sapèrent si fatalement les murs de l’ancienne, ne manqueront point cependant à la nouvelle Jérusalem. « Car il est nécessaire que le scandale arrive », disait le Seigneur (Ibid. 18, 7) ; et l’Apôtre, parlant de l’hérésie, le plus grand des scandales : « Il faut, dit-il de même, qu’il y ait des hérésies, pour que la vertu des bons soit manifestée dans l’épreuve de leur foi (1 Cor. 11, 19). »

Pour chaque chrétien, en effet, comme pour l’Église entière, la garantie de l’édifice de la sainteté repose sur la fermeté de la foi qui en est le fondement. L’Esprit-Saint se refuse à bâtir sur un fondement ruineux ou mal assuré. Quand surtout il doit conduire une âme jusqu’aux régions supérieures de l’union divine, il exige d’elle tout d’abord une foi non moins supérieure, dont l’héroïsme puisse affronter victorieusement les luttes purificatrices au prix desquelles se conquièrent la lumière et l’amour. À tous les degrés de la vie chrétienne d’ailleurs, c’est la foi qui fournit à l’amour son aliment et sa substance (Hé. 11, 1), comme c’est elle aussi qui donne aux vertus leurs motifs surnaturels et les rend dignes de former le cortège royal de la sainte charité. Le développement d’une âme ne saurait donc point dépasser la mesure de sa foi. L’ampleur de celle-ci, sa plénitude croissante, sa rectitude en tout, assurent les progrès que le juste doit accomplir ; tandis que la sainteté qui prétend marcher de concert avec une croyance amoindrie, n’est elle-même qu’une sainteté bien équivoque et sujette aux plus redoutables illusions.

Il était donc véritablement bon et salutaire que la foi fût tentée, parce qu’elle rayonne davantage et s’affermit dans l’épreuve. Saint Paul a célébré magnifiquement, dans l’Épître aux Hébreux (Ibid. 4-40), les triomphes de la foi des anciens. L’alliance nouvelle pouvait-elle se trouver dépourvue des luttes glorieuses qui furent le mérite de nos pères au temps des figures ? C’est par leur foi victorieuse dans la parole de la promesse, que tous ces dignes ancêtres du peuple chrétien ont mérité que Dieu même leur rendît témoignage (Hé. 11, 2, 39). Pour nous qui possédons dans la joie l’objet de leurs héroïques espérances, l’épreuve sans doute n’est plus comme pour eux dans l’attente. Mais l’hérésie, née de l’orgueil de l’homme et de la malice de l’enfer, l’hérésie et ses annexes variées, qui sont les multiples diminutions de la vérité dans le monde (Ps. 11, 2), sauront nous faire un mérite de la bienheureuse possession des réalités qu’ils saluaient de loin dans leurs larmes (Hé. 11, 13). L’homme voudra, malgré l’Église , mêler à la révélation d’en haut ses vaines pensées ; et le prince du monde (s. Jean 16, 11) appuiera ces tentatives audacieuses d’altération du Verbe. Mais la Sagesse, jamais vaincue (Sg. 7, 3o), y trouvera pour les siens l’occasion des plus belles victoires ; de là cette permission si large laissée par Dieu aux sectes ennemies, dès les premiers jours du christianisme et dans tous les temps, de se produire au grand jour. C’est dans le champ des combats contre l’erreur que l’Église, produisant au soleil sa divine armure (Ép. 6, 11-17), apparaît toute resplendissante de cette vérité absolue qui est la splendeur du Verbe son Époux (Hé. 1, 3) ; c’est par le triomphe personnel sur l’esprit de mensonge et l’adhésion spontanée aux enseignements du Christ et de son Église, que le chrétien se manifeste en toute vérité fils de la lumière (s. Jean 12, 36), et devient lui-même la lumière du monde (Mt. 5, 14).

Le combat n’est point sans périls pour le chrétien qui veut garder dans son intégrité la foi de sa mère l’Église. Les ruses de l’ennemi, son hypocrisie calculée et patiente, l’adresse perfide avec laquelle il sait mouvoir dans l’âme, presque à l’insu de l’âme même, mille ressorts secrets qui l’inclinent à l’erreur, finissent souvent par prévaloir contre la lumière en diminuant ses rayons, s’ils ne l’éteignent entièrement. La victoire néanmoins reste assurée à ceux qui s’inspirent des enseignements de notre Évangile. Méditons-les dans la reconnaissance et l’amour ; car c’est par eux que l’éternelle Sagesse exauce la prière que nous lui adressions au temps de l’Avent, la suppliant de venir nous enseigner le chemin de la prudence (1er ex Ant. maj. Adv.). La prudence, amie du sage (Pr. 7, 4), gardienne de ses trésors et sa très sûre défense, n’a point en effet de danger plus grand à écarter de celui qui la prend pour compagne, que le danger du naufrage de la foi (1 Tim. 1, 19), dont la perte entraîne tout le reste dans l’abîme. Acquérons à tout prix (Pr. 3, 13-19) cette prudence du serpent qui s’allie si bien, dans les disciples de Jésus-Christ, avec la simplicité de la colombe (Mt. 10, 16). Quand nous l’aurons, la distinction se fera pour nous d’elle-même entre les docteurs que nous devons fuir et ceux qu’il convient d’écouter, entre les faussaires du Verbe et ses interprètes fidèles.

« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits », dit l’Évangile ; et l’histoire justifie la parole du Sauveur. Sous la peau de brebis dans laquelle ils veulent tromper les simples, les apôtres du mensonge exhalent toujours une odeur de mort. Leurs habiletés de paroles (Ép. 5, 6) et leurs flatteries intéressées (Jd. 16) ne dissimulent point le vide de leurs œuvres (Ép. 5, 11). N’ayez donc rien de commun avec eux (Ibid. 7). Les fruits inutiles ou impurs des ténèbres, les arbres d’automne et deux fois morts (Jd. 12) qui les portent sur leurs branches desséchées, auront le feu pour partage. Si vous avez été vous-mêmes ténèbres autrefois, maintenant que vous êtes devenus lumière dans le Seigneur par le baptême ou le retour d’une conversion sincère, montrez-vous tels : produisez les fruits de la lumière en toute bonté, justice et vérité (Ép. 5, 8, 9). À cette condition seulement vous pourrez espérer le royaume des cieux, et vous dire dès ce monde les disciples de cette Sagesse du Père qui réclame pour elle aujourd’hui notre amour.

En effet, dit l’Apôtre saint Jacques, semblant commenter l’Évangile de ce jour, « est-ce que le figuier peut porter des raisins, ou la vigne produire des figues ? est-ce que la fontaine peut donner de l’eau amère et de l’eau douce à la fois ? Et maintenant qui d’entre vous prétend passer pour sage ? qu’il le prouve en montrant dans ses œuvres et toute sa vie la douceur de la Sagesse. Car il y a une sagesse amère et trompeuse qui n’est point d’en haut, mais de la terre et de l’enfer. La Sagesse qui est d’en haut est d’abord toute chaste et pure, ensuite amie de la paix, modeste, sans attache à son sens, toujours d’accord avec les bons, pleine de miséricorde et de fruits de bonnes œuvres, ne jugeant point les autres et sans arrière-pensée. Les fruits de justice qu’elle produit se sèment dans la paix au sein des pacifiques (Jc 3, 11‑18.). »

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Quid sit fides ?

11 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Quid sit fides ?

De veritate, q. 14 a. 8 ad 9 Ad nonum dicendum, quod quamvis per Veritatem primam deducamur in creaturas, principaliter tamen per eam deducimur in seipsam, quia ipsa principaliter de se testificatur; unde Veritas prima se habet in fide et ut medium et ut obiectum.

De veritate, q. 14 a. 8 ad 10 Ad decimum dicendum, quod caritas in proximo non diligit nisi Deum; unde ex hoc non sequitur quod caritatis obiectum sit aliquid aliud quam Summum bonum.

De veritate, q. 14 a. 8 ad 12 Ad decimumsecundum dicendum, quod quamvis fides sit de complexo quantum ad id quod in nobis est; tamen quantum ad id in quod per fidem ducimur sicut in obiectum, est de simplici Veritate.

De veritate, q. 14 a. 10 co. Responsio. Dicendum, quod habere fidem de his quae sunt supra rationem, necessarium est ad vitam aeternam consequendam. Quod hinc accipi potest. Non enim contingit aliquid de imperfecto ad perfectum adduci nisi per actionem alicuius perfecti. Nec perfecti actio ab imperfecto statim in principio perfecte recipitur; sed primo quidem imperfecte et postmodum perfectius, et sic inde quousque ad perfectionem perveniat. Et hoc quidem manifestum est in omnibus rebus naturalibus quae per successionem temporis perfectionem aliquam consequuntur. Et similiter etiam videmus in operibus humanis, et praecipue in disciplinis. In principio enim homo imperfectus est in cognitione. Ad hoc autem quod perfectionem scientiae consequatur, indiget aliquo instruente, qui eum ad perfectionem scientiae ducat; quod facere non posset, nisi ipse perfecte scientiam haberet, utpote comprehendens rationes eorum quae sub scientia cadunt. Non autem in principio suae doctrinae statim ei qui instruitur, tradit rationes scibilium de quibus instruere intendit: quia tunc statim in principio perfecte scientiam haberet qui instruitur; sed tradit ei quaedam, quorum rationes tunc, cum primo instruitur discipulus, nescit; sciet autem post profectum in scientia. Et ideo dicitur, quod oportet addiscentem credere: et aliter ad perfectam scientiam pervenire non posset, nisi scilicet supponeret ea quae sibi in principio traduntur, quorum rationes tunc capere non potest.

Ultima autem perfectio ad quam homo ordinatur, consistit in perfecta Dei cognitione: ad quam quidem pervenire non potest nisi operatione et quasi instructione divina, qui est sui perfectus cognitor. Huius autem perfectae cognitionis statim homo in sui principio capax non est; unde oportet ut accipiat per viam credendi aliqua, per quae manuducatur ad perveniendum in perfectam cognitionem. Quorum quaedam talia sunt, quod in hac vita perfecta cognitio de eis haberi non potest, quae totaliter vim humanae rationis excedunt: et ista oportet credere quamdiu in statu viae sumus; videbimus autem ea perfecte in statu patriae. Quaedam vero sunt ad quae etiam in hac vita perfecte cognoscenda possumus pervenire, sicut illa quae de Deo demonstrative probari possunt; quae tamen a principio necesse est credere, propter quinque rationes, quas Rabbi Moyses ponit. Quarum prima est profunditas et subtilitas istorum cognoscibilium, quae sunt remotissima a sensibus: unde homo non est idoneus in principio perfecte ea cognoscere. Secunda causa est debilitas humani intellectus in sui principio. Tertia vero est multitudo eorum quae praeexiguntur ad istorum demonstrationem, quae homo non nisi in longissimo tempore addiscere potest. Quarta est indispositio ad sciendum, quae inest quibusdam propter pravitatem complexionis. Quinta est necessitas occupationum ad providendum necessaria vitae. Ex quibus omnibus apparet quod, si oporteret per demonstrationem solummodo accipere ea quae necessarium est cognoscere de Deo, paucissimi ad hoc pervenire possent, et hi etiam non nisi post longum tempus. Unde patet quod salubriter est via fidei hominibus provisa, per quam patet omnibus facilis aditus ad salutem secundum quodcumque tempus.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 2 Ad secundum dicendum, quod ab ipsa prima institutione natura humana est ordinata in finem beatitudinis, non quasi in finem debitum homini secundum naturam eius, sed ex sola divina liberalitate. Et ideo non oportet quod principia naturae sufficiant ad finem illum consequendum, nisi fuerint adiuta donis superadditis ex divina liberalitate.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 4 Ad quartum dicendum, quod ad ea quae sunt fidei, non naturaliter determinatur intellectus quasi ea naturaliter cognoscat; sed quodammodo naturaliter ordinatur in ipsa cognoscenda, sicut natura dicitur ordinari ad gratiam ex divina institutione. Unde hoc non removet quin habitu fidei indigeamus.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 7 Ad septimum dicendum, quod per apostolos et prophetas nunquam divinitus dicitur aliquid quod sit contrarium his quae naturalis ratio dictat. Dicitur tamen aliquid quod comprehensionem rationis excedit; et pro tanto videtur rationi repugnare, quamvis non repugnet; sicut et rustico videtur repugnans rationi quod sol sit maior terra et quod diameter sit asimeter costae; quae tamen sapienti rationabilia apparent.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 9 Ad nonum dicendum, quod fides non destruit rationem, sed excedit eam et perficit, ut dictum est.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 10 Ad decimum dicendum, quod haereticus non habet habitum fidei, etiamsi unum solum articulum discredat; habitus enim infusi per unum actum contrarium tolluntur. Fidei etiam habitus hanc efficaciam habet, ut per ipsum intellectus fidelis detineatur ne contrariis fidei assentiat; sicut et castitas refrenat a contrariis castitati. Quod autem haereticus aliqua credat quae sunt supra naturalem cognitionem, non est ex aliquo habitu infuso, quia ille habitus dirigeret eum in omnia credibilia aequaliter; sed est ex quadam aestimatione humana, sicut etiam Pagani aliqua supra naturam credunt de Deo.

De veritate, q. 14 a. 10 ad 11 Ad undecimum dicendum, quod omnia media per quae ad nos fides venit, suspicione carent. Prophetis enim et apostolis credimus ex hoc quod Deus eis testimonium perhibuit miracula faciendo, ut dicitur Mc. XVI, 20: sermonem confirmante sequentibus signis. Successoribus autem apostolorum et prophetarum non credimus nisi in quantum nobis ea annuntiant quae illi in scriptis reliquerunt.

De veritate, q. 14 a. 11 ad s. c. 2 Ad secundum dicendum, quod ille etiam qui non credit explicite omnes articulos, potest omnes errores vitare: quia ex habitu fidei retardatur ne assentiat contrariis articulorum, quos etiam solum implicite novit; ut scilicet cum sibi proponuntur, quasi insolita, suspecta habeat, et assensum differat quousque instruatur per eum cuius est dubia in fide determinare.

De veritate, q. 14 a. 11 ad s. c. 3 Ad tertium dicendum, quod mandata Decalogi sunt de his quae naturalis ratio dictat; et ideo quilibet tenetur ea explicite cognoscere, nec est similis ratio de articulis fidei, qui sunt supra rationem.

 De veritate, q. 14 a. 11 ad s. c. 4 Ad quartum dicendum, quod diligere non distinguitur per implicite et explicite, nisi quatenus dilectio fidem sequitur, eo quod dilectio terminatur ad rem ipsam quae est extra animam, quae in particulari subsistit. Cognitio vero terminatur ad id quod est in apprehensione animae, quae potest apprehendere aliquid vel in universali vel in particulari; et ideo non est simile de fide et caritate.

 De veritate, q. 14 a. 11 ad s. c. 5 Ad quintum dicendum, quod aliquis simplex, qui accusatur de haeresi, non examinatur de omnibus articulis quia teneatur omnes explicite credere, sed quia tenetur non assentire pertinaciter contrario alicuius articulorum.

 De veritate, q. 14 a. 12 co. Responsio. Dicendum quod hoc pro firmo est tenendum, unam esse fidem antiquorum et modernorum: alias non esset una Ecclesia. Ad hoc autem sustinendum, quidam dixerunt, esse idem enuntiabile de praeterito quod nos credimus, et de futuro quod antiqui crediderunt. Sed hoc non videtur esse conveniens, ut variatis essentialibus compositionis partibus, eadem compositio maneat; videmus etiam compositiones per alia accidentia verbi et nominis variari. Unde alii dixerunt, quod enuntiabilia sunt diversa quae nos credimus et illi crediderunt; sed fides non est de enuntiabili sed de re. Res autem est eadem, quamvis enuntiabilia sint diversa. Dicunt enim, quod hoc per se convenit fidei ut credat resurrectionem Christi; sed hoc est quasi accidentale, ut credat eam esse vel fuisse. Sed hoc etiam falsum apparet: quia credere, cum dicat assensum, non potest esse nisi de compositione, in qua verum et falsum invenitur. Unde, cum dico, credo resurrectionem, oportet intelligi aliquam compositionem; et hoc secundum aliquod tempus, quod anima semper adiungit in dividendo et componendo, ut dicitur in III de anima; ut scilicet sensus (sit), credo resurrectionem, id est credo resurrectionem esse, vel fuisse, vel futuram esse. Et ideo dicendum est, quod obiectum fidei dupliciter potest considerari. Vel secundum se, prout est extra animam; et sic proprie habet rationem obiecti, et ab eo accipit habitus multitudinem vel unitatem. Vel secundum quod est participatum in cognoscente. Dicendum est igitur, quod si accipiatur id quod est obiectum fidei, scilicet res credita, prout est extra animam, sic est una quae refertur ad nos et antiquos: et ideo ex eius unitate fides unitatem recipit. Si autem consideretur secundum quod est in acceptione nostra, sic plurificatur per diversa enuntiabilia; sed ab hac diversitate non diversificatur fides. Unde patet quod fides omnibus modis est una.

 

 


 

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Les Sept Frères martyrs, saintes Rufine et Seconde, vierges et martyres

10 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Les Sept Frères martyrs, saintes Rufine et Seconde, vierges et martyres

Collecte

Nous vous en prions, Dieu tout-puissant : puisque les glorieux martyrs nous ont fait connaître leur courage en confessant leur foi, qu'ils nous fassent sentir leur bonté en intercédant pour nous auprès de vous. Par...

Office

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. A Rome, pendant la persécution de Marc-Aurèle Antonin, sept frères, fils de sainte Félicité, furent mis à l’épreuve par le préfet Publius, qui eut recours à la flatterie, puis à d’effrayantes menaces pour les amener à renoncer au Christ, et à vénérer les faux dieux ; mais les Martyrs persévérèrent dans la profession de la vraie foi, grâce à leur propre courage et aux exhortations de leur mère, et subirent la mort de différentes façons. On déchira Janvier à coups de fouets garnis de plomb ; Félix et Philippe succombèrent à la bastonnade ; Silvain fut précipité d’un lieu très élevé ; Alexandre, Vital et Martial eurent la tête tranchée. Quatre mois après, leur mère obtint la même palme du martyre. Pour eux, ils rendirent leur âme au Seigneur le six des ides de juillet.

Cinquième leçon. Les deux sœurs, Rufine et Seconde, vierges romaines, avaient été fiancées par leurs parents, l’une à Armentarius et l’autre à Vénirus. Elles refusèrent ces alliances pour garder la virginité qu’elles avaient vouée à Jésus-Christ, et furent arrêtées sous le règne de Valérien et de Gallien. Le préfet Junius ne pouvant leur faire abandonner leur résolution ni par les promesses ni par la crainte des châtiments, donna l’ordre que Rufine, la première, fût battue de verges ; pendant qu’on la frappait, Seconde interpella ainsi le juge : « Pourquoi réserver tout l’honneur à ma sœur, et à moi l’ignominie ? Commande que nous soyons frappées en même temps, puisque nous confessons également la divinité du Christ. » Irrité de ces paroles, le juge les fit jeter dans un cachot ténébreux et fétide : la prison s’étant aussitôt remplie d’une vive lumière et d’une suave odeur, on les renferma dans un bain d’eau bouillante d’où elles sortirent saines et sauves ; alors on leur attacha une pierre au cou et on les jeta dans le Tibre ; mais un Ange les délivra de ce nouveau péril. Enfin on leur trancha la tête en dehors de la Ville, au dixième mille sur la voie Aurélia. Leurs corps ensevelis par la matrone Plautilla dans l’une de ses terres, furent transférés plus tard dans la Ville, et déposés dans la basilique Constantinienne, près le baptistère.

Sermon de saint Augustin, Évêque. Sermo 110 de diversis.

Sixième leçon. Mes frères, un grand spectacle a été offert aux yeux de notre foi. Notre oreille a entendu et notre âme a contemplé une mère qui, par des sentiments bien opposés aux vœux ordinaires de la nature, souhaite voir ses fils mourir avant elle. Tous les hommes veulent, en quittant ce monde, précéder leurs enfants, et non les suivre. Mais elle, elle a formé le souhait de mourir la dernière. C’est qu’elle ne perdait pas ses fils, elle ne faisait que les envoyer en avant, considérant, non point quelle vie finissait, mais quelle vie commençait pour eux. Car ils cessaient de vivre ici-bas, où ils devaient mourir un jour ou l’autre, et ils commençaient de vivre pour ne jamais cesser de vivre. Pour elle, c’est peu d’assister à leur mort : nous l’avons admirée les exhortant à mourir ; plus féconde en vertus qu’en enfants, en les voyant au combat, elle-même combattait avec eux tous ; en les voyant remporter la victoire, elle-même en eux tous était victorieuse.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.. Homilia 3 in Evangelia.

Septième leçon. Très chers frères, la leçon que l’on vient de lire dans le saint Évangile est courte, mais elle est importante par les grands mystères qu’elle contient. En effet, Jésus, notre Créateur et notre Rédempteur, ayant feint de ne pas connaître sa mère, donne à entendre qui est sa mère, et qui sont ses proches, non par le lien du sang, mais par l’union de l’esprit. « Qui est ma mère, dit-il, et qui sont mes frères ? Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère ». En s’exprimant ainsi que veut-il signifier, sinon qu’il trouve chez les Gentils à rassembler beaucoup de cœurs dociles, et que les Juifs, dont il est frère par le sang, il ne les connaît plus ?

Huitième leçon. Rien d’étonnant à ce que celui qui fait la volonté du Père céleste soit appelé sœur et frère du Seigneur, eu égard aux deux sexes qui tous deux sont appelés à la foi ; mais qu’il soit aussi appelé sa mère, voilà une chose surprenante. Comme Jésus daigna donner à ses fidèles disciples le nom de frères, quand il a dit : « Allez, annoncez à mes frères » ; il nous faut examiner comment celui qui, en se convertissant à la foi, est devenu le frère du Seigneur, peut encore être sa mère.

Neuvième leçon. Apprenons-le donc : celui qui est sœur et frère du Christ par le fait de croire en lui, devient sa mère en le prêchant. C’est comme l’enfanter que de le déposer dans l’âme de celui qui vous écoute, et on est devenu sa mère par la prédication, lorsque l’amour du Seigneur a pris naissance dans un cœur à la voix de celui qui exhorte. Cette vérité, l’exemple de sainte Félicité dont nous célébrons aujourd’hui la fête vient opportunément la confirmer ; par la foi, elle a été la servante du Christ ; par la parole, elle est devenue sa mère. Les Actes de son martyre les plus autorisés nous disent qu’elle a eu autant de crainte de laisser ses sept fils lui survivre dans la chair, que les parents charnels en ont d’ordinaire de voir leurs enfants mourir avant eux.

 Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Trois fois en quelques jours, à la gloire de la Trinité, le septénaire va marquer dans la sainte Liturgie le règne de l’Esprit aux sept dons. Félicité, Symphorose, la Mère des Machabées, échelonnent sur la route qui conduit au mois de l’éternelle Sagesse le triple bataillon des sept fils que leur donna le ciel. L’Église, que Pierre et Paul viennent de quitter par la mort, poursuit sans crainte ses destinées ; car les martyrs font de leur corps un rempart au dépôt sacré du témoignage apostolique. Vivants, ils sont la force de l’Épouse ; leur trépas ne saurait l’appauvrir : semence de chrétiens, leur sang versé dans les tourments multiplie l’immense famille des fils de Dieu. Mystère sublime du monde des âmes ; c’est donc au temps où la terre pleure l’extinction de ses races les plus généreuses, qu’elles font souche dans les cieux pour les siècles sans fin. Ainsi en sera-t-il toujours ; devenue plus rare avec la suite des âges, la consécration du martyre laissera en ce point sa vertu à l’holocauste de la virginité dans la voie des conseils.

La foi d’Abraham fut grande d’avoir espéré, contre toute espérance, qu’il serait le père des nations en cet Isaac qu’il reçut l’ordre un jour d’immoler au Seigneur ; la foi de Félicité aujourd’hui est-elle moindre, lorsqu’à l’immolation sept fois renouvelée des fruits de son sein, elle reconnaît le triomphe de la vie et la bénédiction suprême donnée à sa maternité ? Honneur à elle, comme à ses devancières, comme aux émules que suscitera son exemple ! Nobles sources, épanchant l’abondance de leurs eaux sur le sable aride du désert, elles recueillent le dédain des sages de ce siècle ; mais c’est par elles que la stérile gentilité se transforme à cette heure en un paradis du Seigneur, par elles encore qu’après le défrichement du premier âge le monde verra sa fertilité maintenue.

Marc Aurèle venait de monter sur le trône impérial, où dix-neuf ans de règne n’allaient montrer en lui que le médiocre écolier des rhéteurs sectaires du second siècle. En politique comme en philosophie, le trop docile élève ne sut qu’épouser les étroites et haineuses idées de ces hommes pour qui la lumineuse simplicité du christianisme était l’ennemie. Devenus par lui préfets et proconsuls, ils firent de ce règne si vanté le plus froidement persécuteur que l’Église ait connu. Le scepticisme du césar philosophe ne l’exemptait pas au reste de la loi qui, chez tant d’esprits forts, ne dépossède le dogme que pour mettre en sa place la superstition. Par ce côté la foule, tenue à l’écart des élucubrations de l’auteur des Pensées, retrouvait son empereur ; césar et peuple s’entendaient pour ne demander de salut, dans les malheurs publics, qu’aux rites nouveaux venus d’Orient et à l’extermination des chrétiens. L’allégation que les massacres d’alors se seraient perpétrés en dehors du prince, outre qu’elle ne l’excuserait pas, ne saurait se soutenir ; c’est un fait aujourd’hui démontré : parmi les bourreaux de tout ce que l’humanité eut jamais de plus pur, avant Domitien, avant Néron lui-même, stigmatisé plus qu’eux de la tache du sang des martyrs, doit prendre place Marc Aurèle Antonin.

La condamnation des sept fils de sainte Félicité fut la première satisfaction donnée par le prince à la philosophie de son entourage, à la superstition populaire, et, pourquoi donc hésiter à le dire si l’on ne veut en plus faire de lui le plus lâche des hommes, à ses propres sentiments. Ce fut lui qui, personnellement, donna l’ordre au préfet Publius d’amener à l’apostasie cette noble famille dont la piété irritait les dieux ; ce fut lui encore qui, sur le compte rendu de la comparution, prononça la sentence et arrêta qu’elle serait exécutée par divers juges en divers lieux, pour notifier solennellement les intentions du nouveau règne. L’arène, en effet, s’ouvrait à la fois sur tous les points, non de Rome seule, mais de l’empire ; l’intervention directe du souverain signifiait aux magistrats hésitants la ligne de conduite qui ferait d’eux les bienvenus du pouvoir. Bientôt Félicité suivait ses fils ; Justin le Philosophe expérimentait la sincérité de l’amour apporté par César à la recherche de la vérité ; toutes les classes fournissaient leur appoint aux supplices que le salut de l’empire réclamait de la haute sagesse du maître du monde : jusqu’à ce que sur la fin de ce règne qui devait se clore, comme il avait commencé, comme il s’était poursuivi, dans le sang, un dernier rescrit du doux empereur amenât les hécatombes où Blandine l’esclave et Cécile la patricienne réhabilitaient par leur courage l’humanité, trop justement humiliée des flatteries données jusqu’à nos temps à ce triste prince.

Jamais encore le vent du midi n’avait à ce point fait de toutes parts couler la myrrhe et les parfums dans le jardin de l’Époux ; jamais contre un effort aussi prolongé de tous ses ennemis, sous l’assaut combiné du césarisme et de la fausse science donnant la main aux hérésies du dedans, jamais pareillement l’Église ne s’était montrée invincible dans sa faiblesse comme une armée rangée en bataille. L’espace nous manque pour exposer une situation qui commence à être mieux étudiée de nos jours, mais reste loin d’être pleinement comprise encore. Sous le couvert de la prétendue modération antonine, la campagne de l’enfer contre le christianisme atteint son point culminant d’habileté à l’époque même qui s’ouvre par le martyre des sept Frères honorés aujourd’hui. Les attaques furibondes des césars du troisième siècle, se jetant sur l’Église avec un luxe d’atrocités que Marc Aurèle ne connut pas, ne seront plus qu’un retour de bête fauve qui sent lui échapper sa proie.

Les choses étant telles, on ne s’étonnera pas que l’Église ait dès l’origine honoré d’un culte spécial le septénaire de héros qui ouvrit la lutte décisive dont le résultat fut la preuve qu’elle était bien désormais invincible à tout l’enfer. Et certes, le spectacle que les saints de la terre ont pour mission de donner au monde eut-il jamais scène plus sublime ? S’il fut combat auquel purent applaudir de concert et les anges et les hommes, n’est-ce pas celui du 10 juillet 162, où, sur quatre points à la fois des abords de la Ville éternelle, conduits par leur héroïque mère, ces sept fils de l’antique patriciat engagèrent l’assaut qui devait, dans leur sang, arracher Rome aux parvenus du césarisme et la rendre à ses immortelles destinées ? Quatre cimetières, après le triomphe, obtinrent l’honneur d’accueillir dans leurs cryptes sacrées les dépouilles des martyrs ; tombes illustres, qui devaient en nos temps fournir à l’archéologie chrétienne l’occasion des plus belles découvertes et l’objet des plus doctes travaux. Aussi loin qu’il est possible de remonter à la lumière des plus authentiques monuments, le VI des ides de juillet apparaît, dans les fastes de l’Église Romaine, comme un jour célèbre entre tous, en raison de la quadruple station conviant les fidèles aux tombeaux de ceux que par excellence on nommait les Martyrs. L’âge de la paix maintint aux sept Frères une dénomination d’autant plus glorieuse, au sortir de la mer de sang où sous Dioclétien l’Église s’était vue plongée ; des inscriptions relevées dans les cimetières mêmes qui n’avaient pas eu la faveur de garder leurs restes, désignent encore au IVe siècle le 11 juillet sous l’appellation de lendemain du jour des Martyrs.

En cette fête de la vraie fraternité qu’exalte l’Église, deux sœurs vaillantes partagent l’honneur rendu aux sept Frères. Un siècle avait passé sur l’empire. Les Antonins n’étaient plus. Valérien, qui d’abord sembla vouloir comme eux mériter pour sa modération les éloges de la postérité, venait de glisser sur la pente sanglante à son tour : frappant à la tête, il décrétait du même coup l’extermination sans jugement des chefs de l’Église, et l’abjuration sous les peines les plus graves de tout chrétien d’une illustre origine. Rufine et Seconde durent aux édits nouveaux de croiser leurs palmes avec celles de Sixte et de Laurent, de Cyprien et d’Hippolyte. Elles étaient de la noble famille des Turcii Asterii que de modernes découvertes ont également remis en lumière. En s’en tenant aux prescriptions de Valérien, qui n’ordonnait contre les femmes chrétiennes que la confiscation et l’exil, elles eussent paru devoir échapper à la mort ; mais leur crime de fidélité au Seigneur était aggravé par le vœu de la sainte virginité qu’elles avaient embrassée : leur sang mêla sa pourpre à la blancheur du lis qui avait leur amour. La Basilique Mère et Maîtresse garde, près du baptistère de Constantin, les reliques des deux sœurs ; le second siège cardinalice des princes de la sainte Église est placé sous leur protection puissante, et joint à son titre de Porto celui de Santa-Rufina.

Enfants, louez le Seigneur ; chantez celui qui, dans sa maison, donne à la stérile une couronne de fils ». Ainsi l’Église ouvre aujourd’hui ses chants. Était-elle donc stérile, ô Martyrs, la mère glorieuse qui vous avait donnés tous les sept à la terre ? Mais la fécondité qui s’arrête à ce monde ne compte pas devant Dieu ; ce n’est point elle qui répond à la bénédiction tombée des lèvres du Seigneur, au commencement, sur l’homme fait par lui son semblable. Saint et fils de Dieu, c’était une lignée sainte, une race divine, qu’il recevait mission de propager par le Croissez et multipliez du premier jour. Ce que fut la première création, toute naissance devait l’être : l’homme était réservé à ce degré d’honneur de ne communiquer sa propre existence à d’autres hommes ses semblables, qu’en leur donnant avec elle la vie du Père qui est aux cieux ; celle-ci devait être aussi inséparable de la vie naturelle qu’un édifice l’est du fondement qui le porte, et, dans l’intention de Dieu, la nature appelait la grâce non moins que le cadre appelle l’œuvre d’art pour laquelle il est fait.

Trop tôt le péché brisa l’harmonie des lignes du plan divin ; la nature fut violemment séparée de la grâce, et ne produisit plus que des fils de colère [9]. Le Dieu riche en miséricorde n’abandonnait point cependant les projets de son amour immense ; lui qui dès la première création nous eût voulus pour fils, nous créait comme tels à nouveau dans son Verbe fait chair. Ombre d’elle-même, ne donnant plus directement naissance aux fils de Dieu, l’union d’Adam et d’Ève était découronnée de cette gloire près de laquelle eussent pâli les sublimes prérogatives des esprits angéliques ; mais elle restait la figure du grand mystère du Christ et de l’Église.

La maternité s’était dédoublée. Stérile pour Dieu, confinée dans la mort qu’elle avait attirée sur sa race, l’ancienne Ève ne pouvait plus qu’en participation de la nouvelle mériter son titre de mère des vivants. A cette condition toutefois de s’incliner devant les droits de celle que l’Adam nouveau a choisie comme Épouse, l’honneur demeurait grand pour elle, et il lui était loisible de réparer en partie sa déchéance. Mieux que la fille de Pharaon sauvant Moïse et le confiant à Jochabed, l’Église allait dire à toute mère au sortir des eaux : « Recevez cet enfant, et me le nourrissez ». Et humblement soucieuse de répondre à la confiance de l’Église, saintement fière de revenir aux intentions premières de Dieu pour elle-même, toute mère chrétienne allait faire sienne, en son labeur redevenu plus qu’humain, cette parole d’un amour dépassant la nature : « Mes petits enfants, que j’enfante de nouveau, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous ! »

Honte à celle qui mettrait en oubli la destinée supérieure appelant le fruit de son sein aux honneurs de la filiation divine ! Le crime serait pire que d’étouffer en lui par négligence ou calcul, dans une éducation exclusivement préoccupée des sens, l’intelligence qui distingue l’homme des animaux soumis à son empire. La vie divine n’est pas moins nécessaire à l’homme, en effet, pour atteindre sa fin, que la vie raisonnable ; n’en point tenir compte, laisser dépérir le germe divin déposé dans l’âme d’un enfant à sa nouvelle naissance au bord de la fontaine sacrée, serait pour une mère replonger dans la mort l’être fragile qui lui devait l’existence.

Elle avait autrement compris sa mission votre illustre mère, ô Martyrs ! Et c’est pourquoi l’Église, qui se réserve de nous rappeler sa mémoire sainte au jour où, quatre mois après vous, elle quitta notre terre, fait néanmoins de la fête présente le principal monument de sa gloire. C’est elle que célèbrent surtout et les lectures et les chants du Sacrifice, et les instructions de l’Office de la nuit. C’est qu’en effet servante du Christ par la foi, proclame saint Grégoire, elle est aujourd’hui devenue sa mère, selon la parole du Seigneur même, en l’engendrant sept fois dans les fils que lui avait donnés la nature. Après vous avoir rendus si pleinement tous les sept à votre Père du ciel, que sera son propre martyre, sinon la fin trop longtemps retardée du veuvage, l’heure toute de joie] qui la réunira dans la gloire à ceux qui sont devenus doublement ses fils ? Dès ce jour donc qui fut pour elle la journée du labeur sans être encore celle de la récompense, à cette date où la mère passa sept fois par les tortures et la mort et dut accepter par surcroît la continuation de l’exil, il convenait qu’on vît se lever les fils et renvoyer à qui de droit l’honneur du triomphe. Car dès maintenant, tout exilée qu’elle reste encore, la pourpre, teinte non pas deux mais sept fois, est son vêtement ; les plus riches des filles d’Ève s’avouent dépassées par cette débordante fécondité du martyre ; ce sont ses œuvres mêmes qui la louent aujourd’hui dans l’assemblée des Saints]. Puissent donc en ce jour et les fils et la mère, puissent les deux nobles sœurs associées à leur triomphe, écouter nos vœux, protéger l’Église, rappeler le monde aux enseignements contenus dans les exemples de leur vie !

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De veritate, q. 14 a. 1 co.

9 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

De veritate, q. 14 a. 1 co.

De veritate, q. 14 a. 1 co. Responsio. Dicendum, quod Augustinus, sufficienter describit credere; cum per huiusmodi definitionem eius esse demonstretur, et distinctio ab omnibus aliis actibus intellectus: quod sic patet. Intellectus enim nostri, secundum philosophum in Lib. de anima, duplex est operatio. Una qua format simplices rerum quidditates; ut quid est homo, vel quid est animal: in qua quidem operatione non invenitur verum per se et falsum, sicut nec in vocibus incomplexis. Alia operatio intellectus est secundum quam componit et dividit, affirmando vel negando: et in hac iam invenitur verum et falsum, sicut et in voce complexa, quae est eius signum. Non autem invenitur credere in prima operatione, sed solum in secunda: credimus enim vero, et discredimus falsum. Unde etiam et apud Arabes prima intellectus operatio vocatur imaginatio intellectus, secunda autem vocatur fides, ut patet ex verbis Commentatoris in III de anima. Intellectus autem possibilis, cum, quantum est de se, sit in potentia respectu omnium intelligibilium formarum, sicut et materia prima respectu omnium sensibilium formarum; est etiam, quantum est de se, non magis determinatus ad hoc quod adhaereat compositioni quam divisioni, vel e converso. Omne autem quod est indeterminatum ad duo, non determinatur ad unum eorum nisi per aliquid movens ipsum. Intellectus autem possibilis non movetur nisi a duobus; scilicet a proprio obiecto, quod est forma intelligibilis, scilicet quod quid est, ut dicitur in III de anima, et a voluntate, quae movet omnes alias vires, ut Anselmus dicit. Sic igitur intellectus noster possibilis respectu partium contradictionis se habet diversimode. Quandoque enim non inclinatur ad unum magis quam ad aliud, vel propter defectum moventium, sicut in illis problematibus de quibus rationes non habemus; vel propter apparentem aequalitatem eorum quae movent ad utramque partem. Et ista est dubitantis dispositio, qui fluctuat inter duas partes contradictionis. Quandoque vero intellectus inclinatur magis ad unum quam ad alterum; sed tamen illud inclinans non sufficienter movet intellectum ad hoc quod determinet ipsum in unam partium totaliter; unde accipit quidem unam partem, semper tamen dubitat de opposita. Et haec est dispositio opinantis, qui accipit unam partem contradictionis cum formidine alterius. Quandoque vero intellectus possibilis determinatur ad hoc quod totaliter adhaereat uni parti; sed hoc est quandoque ab intelligibili, quandoque a voluntate. Ab intelligibili quidem quandoque quidem mediate, quandoque autem immediate. Immediate quidem quando ex ipsis intelligibilibus statim veritas propositionum intellectui infallibiliter apparet. Et haec est dispositio intelligentis principia, quae statim cognoscuntur notis terminis, ut philosophus dicit. Et sic ex ipso quod quid est, immediate intellectus determinatur ad huiusmodi propositiones. Mediate vero, quando cognitis definitionibus terminorum, intellectus determinatur ad alteram partem contradictionis, virtute primorum principiorum. Et ista est dispositio scientis. Quandoque vero intellectus non potest determinari ad alteram partem contradictionis neque statim per ipsas definitiones terminorum, sicut in principiis, nec etiam virtute principiorum, sicut est in conclusionibus demonstrationis; determinatur autem per voluntatem, quae eligit assentire uni parti determinate et praecise propter aliquid, quod est sufficiens ad movendum voluntatem, non autem ad movendum intellectum, utpote quia videtur bonum vel conveniens huic parti assentire. Et ista est dispositio credentis, ut cum aliquis credit dictis alicuius hominis, quia videtur ei decens vel utile. Et sic etiam movemur ad credendum dictis Dei, inquantum nobis repromittitur, si crediderimus, praemium aeternae vitae: et hoc praemio movetur voluntas ad assentiendum his quae dicuntur, quamvis intellectus non moveatur per aliquid intellectum. Et ideo dicit Augustinus, quod cetera potest homo nolens, credere non nisi volens. Patet ergo ex dictis, quod in illa operatione intellectus qua format simplices rerum quidditates, non invenitur assensus, cum non sit ibi verum et falsum; non enim dicimur alicui assentire nisi quando inhaeremus ei quasi vero. Similiter etiam dubitans non habet assensum, cum non inhaereat uni parti magis quam alteri. Similiter etiam nec opinans, cum non firmetur eius acceptio circa alteram partem. Sententia autem, ut dicit Isaac et Avicenna, est conceptio distincta vel certissima alterius partis contradictionis; assentire autem a sententia dicitur. Intelligens habet quidem assensum, quia certissime alteri parti inhaeret; non autem habet cogitationem, quia sine aliqua collatione determinatur ad unum. Sciens vero habet et cogitationem, et assensum; sed cogitationem causantem assensum, et assensum terminantem cogitationem. Ex ipsa enim collatione principiorum ad conclusiones, assentit conclusionibus resolvendo eas in principia, et ibi figitur motus cogitantis et quietatur. In scientia enim motus rationis incipit ab intellectu principiorum, et ad eumdem terminatur per viam resolutionis; et sic non habet assensum et cogitationem quasi ex aequo: sed cogitatio inducit ad assensum, et assensus cogitationem quietat. Sed in fide est assensus et cogitatio quasi ex aequo. Non enim assensus ex cogitatione causatur, sed ex voluntate, ut dictum est. Sed quia intellectus non hoc modo terminatur ad unum ut ad proprium terminum perducatur, qui est visio alicuius intelligibilis; inde est quod eius motus nondum est quietatus, sed adhuc habet cogitationem et inquisitionem de his quae credit, quamvis eis firmissime assentiat. Quantum enim est ex seipso, non est ei satisfactum, nec est terminatus ad unum; sed terminatur tantum ex extrinseco. Et inde est quod intellectus credentis dicitur esse captivatus, quia tenetur terminis alienis, et non propriis. II Cor. X, 5: in captivitatem redigentes omnem intellectum et cetera. Inde est etiam quod in credente potest insurgere motus de contrario eius quod firmissime tenet, quamvis non in intelligente vel sciente. Sic igitur per assensum separatur credere ab operatione qua intellectus inspicit formas simplices quidditates, et a dubitatione, et opinione; per cogitationem vero ab intellectu; sed per hoc quod habet assensum et cogitationem quasi ex aequo et simul a scientia.

 

 

 

 

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Sainte Élisabeth du Portugal reine et veuve

8 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Élisabeth du Portugal reine et veuve

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Dieu très clément, qui avez accordé à la bienheureuse reine Élisabeth, parmi tant d'autres dons éminents, le privilège d'apaiser les fureurs de la guerre : faites, par son intercession, qu'après avoir joui en cette vie de la paix que nous implorons humblement, nous parvenions aux joies éternelles. Par.

 

Épouse, mère, reine puis tertiaire franciscaine, sainte Élisabeth du Portugal demeure l'une des plus grandes figures de sainteté du Moyen Âge. Surnommée « l'ange de la paix », elle consacra son existence à réconcilier les hommes tout en servant inlassablement les plus pauvres

Le 4 juillet, l’Église célèbre sainte Élisabeth du Portugal, reine dont la vie témoigne qu’il est possible d’exercer le pouvoir sans renoncer à l’Évangile. Née en 1271 à Saragosse, elle est la petite-fille de Sainte Élisabeth de Hongrie, dont elle reçoit le prénom et surtout l’exemple d’une foi ardente tournée vers les plus démunis.Dès son enfance, la jeune princesse manifeste une profonde piété. Éduquée dans la prière, elle nourrit une tendre dévotion envers la Vierge Marie et développe très tôt le goût de la pénitence et des œuvres de miséricorde. À seulement douze ans, elle épouse Denis Ier de Portugal, souverain cultivé et habile administrateur, mais dont la vie personnelle est marquée par de nombreuses infidélités.

Loin de répondre à ces humiliations par l’amertume, Élisabeth choisit le chemin de la patience et du pardon. Elle demeure une épouse fidèle, attentive au salut de son mari autant qu’à celui de son peuple. De cette union naissent deux enfants, parmi lesquels Constance de Portugal.

Très vite, la reine devient la protectrice des pauvres. Les distributions de nourriture, l’accueil des malades, le soutien aux veuves et aux orphelins occupent une grande partie de ses journées. Elle fonde plusieurs hôpitaux, maisons d’accueil et institutions charitables. La tradition rapporte qu’un jour, surprise par le roi alors qu’elle transportait du pain destiné aux nécessiteux, celui-ci lui demanda ce qu’elle cachait dans son manteau. « Ce sont des roses », répondit-elle. Lorsqu’elle ouvrit son tablier, les pains s’étaient effectivement transformés en roses. Ce célèbre « miracle des roses » demeure l’un des épisodes les plus connus de sa vie.

Mais la mission d’Élisabeth ne s’arrête pas à la charité. Elle devient également une infatigable artisan de paix. À plusieurs reprises, elle s’interpose entre des souverains en conflit et parvient à éviter des guerres. Son intervention la plus célèbre reste la réconciliation entre son époux et leur fils, le futur Alphonse IV de Portugal. Alors que les deux armées sont prêtes à s’affronter, la reine s’avance seule entre les combattants et obtient la paix. Cette médiation lui vaudra le surnom d’« ange de la paix ». À la mort du roi, en 1325, Élisabeth renonce aux fastes de la cour. Sans prononcer de vœux religieux, elle rejoint le Tiers-Ordre franciscain et mène une vie de grande austérité. Elle poursuit néanmoins son œuvre de médiation et de charité, parcourant encore les routes malgré son âge avancé pour réconcilier les princes chrétiens.

C’est au cours d’une de ces missions de paix qu’elle tombe gravement malade. Elle meurt le 4 juillet 1336 à Estremoz, au Portugal, après avoir reçu les sacrements avec une profonde ferveur.Canonisée en 1625 par Urbain VIII, sainte Élisabeth du Portugal rappelle que la véritable autorité ne réside ni dans la puissance ni dans les honneurs, mais dans le service, la réconciliation et la charité. Son exemple demeure d’une étonnante actualité dans un monde toujours marqué par les divisions, où les artisans de paix restent plus que jamais nécessaires.

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Saints Cyrille et Méthode évêques et confesseurs

7 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saints Cyrille et Méthode évêques et confesseurs

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Dieu tout-puissant et éternel, qui avez donné aux peuples slaves de parvenir à la connaissance de votre nom par l'entremise de vos bienheureux évêques et confesseurs Cyrille et Méthode : faites que, mettant notre gloire à les fêter, nous soyons associés à leur sort. Par...

Épitre Hé 7, 23-27

Mes frères, il y eut plusieurs prêtres parce que la mort les empêchait de l'être toujours. Jésus, au contraire, qui demeure à jamais, possède un sacerdoce éternel. C'est pourquoi il peut sauver de façon définitive ceux qui vont à Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Tel est en effet le grand prêtre qu'il nous fallait : saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux ; qui n'a pas besoin, comme les prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés et ensuite pour ceux du peuple. Car cela, Jésus-Christ notre Seigneur l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même...

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De articulis fidei

6 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

De articulis fidei

De articulis Fidei, pars 1 In primis igitur vos scire oportet, quod tota fides Christiana circa divinitatem et humanitatem Christi versatur. Unde Christus voce Ioannis loquens ait, Jn. XIV, 1: creditis in Deum, et in me credite. Circa utrumque autem horum a quibusdam sex, a quibusdam septem articuli distinguuntur: et sic omnes articuli secundum quosdam duodecim, secundum quosdam quatuordecim esse dicuntur. Primo igitur sex articulos sic distinguunt circa fidem divinitatis. Sunt enim circa divinitatem tria consideranda, scilicet unitas divinae essentiae, Trinitas personarum, et effectus divinae virtutis.

Primus igitur articulus est ut credamus essentiae divinae unitatem, secundum illud Dt. VI, 4: audi Israel: Dominus Deus tuus, Deus unus est. Contra hunc autem articulum plures errores vitandi occurrunt. Primo quidem quorundam gentilium sive Paganorum, ponentium plures deos, contra quos dicitur Ex. XX, 3: non habebis deos alienos coram me. Secundus est error Manichaeorum, qui ponunt duo principia esse: unum a quo sunt omnia bona, aliud a quo sunt omnia mala, contra quos dicitur Is. XLV, 6: ego Dominus non est alter formans lucem, et creans tenebras, faciens pacem, et creans malum: quia ipse secundum suam iustitiam infligit malum poenae, cum esse conspicit in sua creatura malum culpae. Tertius est error Anthropomorphitarum ponentium unum Deum, sed dicentium eum corporeum, et ad modum humani corporis formatum, contra quos dicitur Jn. IV, 24: Spiritus est Deus; et Is. XL, 18: cui similem fecistis Deum, aut quam imaginem ponetis ei? Quartus est error Epicureorum ponentium quod Deus non habet providentiam et scientiam de rebus humanis, contra quos dicitur I P. ult., 7: omnem sollicitudinem proiicientes in eum, quoniam ipsi cura est de vobis. Quintus error est quorundam gentilium philosophorum dicentium Deum non esse omnipotentem, sed quod solum potest ea quae naturaliter fiunt, contra quos dicitur in Ps. CXIII, 3: omnia quaecumque voluit, Dominus fecit. Omnes igitur hi derogant unitati divinae essentiae vel perfectioni, unde contra omnes ponitur in symbolo: credo in unum Deum Patrem omnipotentem.

Secundus articulus est, quod sunt tres personae divinae in una essentia, secundum illud I Jn. ult., 7: tres sunt qui testimonium dant in caelo, Pater, Verbum et Spiritus Sanctus: et hi tres unum sunt. Contra hunc autem articulum sunt plures errores. Primus fuit Sabellii, qui posuit unam essentiam, sed Trinitatem personarum negavit, dicens, quod una persona quandoque dicitur Pater, quandoque Filius, quandoque Spiritus Sanctus. Secundus est error Arii, qui posuit tres personas, sed negavit unitatem essentiae, dicens Filium esse alterius substantiae a Patre, et esse creaturam, et minorem Patre, et sibi non coaequalem nec coaeternum, sed quod incepit esse postquam non fuerat, et contra hos duos errores dicit dominus, Jn. X, 30: ego et Pater unum sumus, quia, ut dicit Augustinus, quod dicit unum, liberat te ab Ario; quod dicit sumus, pluraliter, liberat te a Sabellio. Tertius est error Eunomii, qui posuit Filium dissimilem Patri, contra quem dicitur Col. I, 15: qui est Imago Dei invisibilis. Quartus est error Macedonii, qui posuit Spiritum Sanctum esse creaturam, contra quem dicitur II Cor. III, 17: Dominus autem spiritus est. Quintus est error Graecorum, qui dicunt Spiritum Sanctum procedere a Patre, sed non a Filio, contra quos dicitur Jn. XIV, 26: Paraclitus autem Spiritus Sanctus, quem mittet Pater in nomine meo: quia scilicet eum mittit Pater tanquam Spiritum Filii, et a Filio procedentem, et Jn. XVI, 14, dicitur: ille me clarificabit, quia de meo accipiet. Et contra hos omnes errores in symbolo dicitur: credo in Deum Patrem (...) et in Filium eius unigenitum, non factum, consubstantialem Patri (...) et in Spiritum Sanctum Dominum et vivificantem qui ex Patre Filioque procedit.

Alii vero quatuor articuli divinitatis pertinent ad effectus divinae virtutis, quorum primus, qui est tertius, pertinet ad creationem rerum in esse naturae, secundum illud Ps. CXLVIII, 5: dixit et facta sunt. Contra hunc articulum primo quidem erravit Democritus et Epicurus, ponentes quod nec materia mundi nec ipsa mundi compositio est a Deo, sed quod mundus est casu factus per concursum corporum indivisibilium, quae rerum principia aestimabant, contra quos dicitur in Ps. XXXII, 6: Verbo Domini caeli firmati sunt, idest secundum rationem aeternam, non autem casu. Secundus est error Platonis et Anaxagorae, qui posuerunt mundum factum a Deo, sed ex materia praeiacenti, contra quos dicitur in Ps. CXLVIII, 5: mandavit, et creata sunt, idest ex nihilo facta. Tertius est error Aristotelis, qui posuit mundum a Deo factum non esse, sed ab aeterno fuisse, contra quod dicitur Gn. I, 1: in principio creavit Deus caelum et terram. Quartus est error Manichaeorum, qui posuerunt Deum factorem invisibilium, sed visibilia a Diabolo facta, contra quos dicitur He. XI, 3: fide intelligimus aptata esse saecula verbo Dei, ut ex invisibilibus visibilia fierent. Quintus est error Simonis magi et Menandri eius discipuli, et multorum aliorum haereticorum eos sequentium, qui creationem mundi non Deo, sed Angelis attribuunt, contra quos dicit Paulus Ac. XVII, 24: Deus qui fecit mundum, et omnia quae in eo sunt. Sextus est error eorum qui posuerunt, Deum per seipsum non gubernare mundum, sed per quasdam potestates sibi subiectas, contra quos dicitur Jb. XXXIV, 13: quem constituit alium super terram, aut quem posuit super orbem quem fabricatus est? Et contra hos errores dicitur in symbolo: factorem vel creatorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium. Quartus articulus pertinet ad effectum gratiae, per quam vivificatur Ecclesia a Deo, secundum illud Rm. III, 24: iustificati gratis per gratiam ipsius, scilicet Dei: et sub articulo isto comprehenduntur omnia sacramenta Ecclesiae, et quaecumque pertinent ad Ecclesiae unitatem, et dona Spiritus Sancti, et iustitia hominum. Et quia de sacramentis Ecclesiae posterius est tractandum, de his interim supersedeamus, et alios errores contra hunc articulum exponamus. Quorum primus est Cerinthi et Ebionis, et etiam Nazaraeorum, qui dixerunt gratiam Christi non sufficienter ad salutem operari, nisi aliquis circumcisionem et alia legis mandata custodiat, contra quos dicitur Rm. III, 28: arbitramur iustificari hominem per fidem sine operibus legis. Secundus est error Donatistarum, qui posuerunt gratiam Christi solum in Africa remansisse, quia scilicet totus alius mundus communicabat Caeciliano Carthaginensi episcopo, quem ipsi condemnaverunt, et in hoc negabant unitatem Ecclesiae, contra quos dicitur ad Col. III, 11: in Christo Iesu non est gentilis et Iudaeus, circumcisio et praeputium, barbarus et Scytha, servus et liber; sed omnia in omnibus Christus. Tertius est error Pelagianorum, qui quidem primo negaverunt peccatum originale esse in parvulis, contra id quod dicit apostolus ad Rm. V, 12: per unum hominem peccatum in hunc mundum intravit, et per peccatum mors: ita et in omnes homines mors pertransiit, in quo omnes peccaverunt; et in Ps. l, 7, dicitur: ecce in iniquitatibus conceptus sum. Secundo dicunt quod principium boni operis inest homini a seipso, sed consummatio est a Deo, contra id quod dicit apostolus Ph. II, 13: Deus est qui operatur in vobis et velle et perficere pro bona voluntate. Tertio dicunt gratiam dari homini secundum sua merita, contra id quod dicitur Rm. XI, 6: si autem gratia, iam non ex operibus: alioquin gratia iam non esset gratia. Quartus error est Origenis, qui posuit omnes animas creatas cum Angelis simul, et pro diversitate eorum quae ibi egerunt, quosdam homines vocari a Deo per gratiam, quosdam vero in infidelitate relinqui, contra quod dicit apostolus ad Rm. IX, 11: cum nondum nati essent, aut aliquid boni egissent aut mali (ut secundum electionem propositum Dei maneret) non ex operibus, sed ex vocante dictum est ei, quia maior serviet minori. Quintus error est Cathaphrygiarum, idest Montani, Priscae, et Maximillae qui dicunt, prophetas quasi arreptitios fuisse, et quod non prophetaverunt per Spiritum Sanctum, contra quos dicitur II P. I, 21: non enim voluntate humana allata est aliquando prophetia; sed Spiritu Sancto inspirati locuti sunt sancti Dei homines. Sextus est error Cerdonis, qui primo dixit, Deum legis et prophetarum non esse Patrem Christi, nec bonum Deum esse, sed iustum: Patrem vero Christi bonum esse; quem etiam Manichaei secuti sunt, legem reprobantes: contra quos dicitur Rm. VII, 12: lex quidem sancta, et mandatum sanctum et iustum et bonum: et ibid. I, 2, dicitur: quod ante promiserat per prophetas suos in Scripturis sanctis de Filio suo. Septimus error est eorum qui quaedam quae ad perfectionem vitae pertinent, asserunt esse ad necessitatem salutis. Quorum quidam fuerunt qui se arrogantissime apostolos vocaverunt, qui nullam spem putant habere salutis eos qui coniugibus utuntur, et propria possident. Alii vero, scilicet Tatiani, non vescuntur carnibus, et eas omnino abominantur, secundum illud apostoli I ad Tm. IV, 1-3: in novissimis temporibus discedent quidam a fide, attendentes spiritibus erroris, et doctrinis Daemoniorum, in hypocrisi loquentium mendacium et cauteriatam habentium suam conscientiam, prohibentium nubere, et abstinere a cibis, quos Deus creavit ad percipiendum cum gratiarum actione fidelibus, et his qui cognoverunt veritatem. Dicunt enim quod promissio de adventu Spiritus Sancti non fuit in apostolis completa, sed in eis, contra illud quod dicitur Ac. II. Eutychiani etiam dicunt homines non posse salvari nisi continue orent, propter illud quod Dominus dicit Lc. XVIII, 1: oportet semper orare, et non deficere: quod sic accipitur, secundum Augustinum, ut nullum diem praetermittant circa orandi opera. Alii vero qui Passalonitae dicuntur, intantum silentio student, ut naribus et labiis digitum apponant: passalos enim Graece dicitur palus, et ranchos nasus. Quidam etiam dicunt, quod homines non possunt salvari nisi semper nudis pedibus ambulent: contra quos omnes dicit apostolus I Cor. X, 22: omnia mihi licent, sed non omnia expediunt, ex quibus datur intelligi quod licet aliqua a sanctis viris assumantur tanquam expedientia, non tamen propter hoc opposita redduntur illicita. Octavus error est eorum qui dicunt e contrario, opera perfectionis non esse praeferenda communi vitae fidelium, sicut Iovinianus posuit quod virginitas non praefertur coniugio, contra illud quod dicitur I Cor. VII, 38: qui matrimonio iungit virginem suam bene facit; et qui non iungit melius facit; et sicut Vigilantius, qui aequavit statum divitias possidentium statui paupertatis propter Christum assumptae, contra quem dicit Dominus Mt. XIX, 21: si vis perfectus esse, vade, et vende omnia quae habes, et da pauperibus, et habebis thesaurum in caelo; et veni, sequere me. Nonus error est negantium liberum arbitrium, sicut quidam negavit, dicens, animas quae sunt malae creationis, non posse non peccare, contra quos dicitur I Jn. II, 1: haec scribo vobis ut non peccetis. Decimus error est Priscianistarum, et etiam mathematicorum dicentium, homines fatalibus stellis obligatos, ita scilicet quod eorum opera sunt necessitati stellarum subiecta, contra quos dicitur Jr. X, 2: a signis caeli nolite metuere quae timent gentes. Undecimus error est dicentium quod homines Dei gratiam et caritatem habentes, peccare non possunt, ita quod asserunt eos qui aliquando peccaverunt, nunquam caritatem habuisse, contra quos dicitur Ap. II, 4-5: caritatem tuam primam reliquisti: memor esto itaque unde excideris. Duodecimus error est eorum qui ea quae ab Ecclesia Dei universaliter sunt statuta, dicunt non esse observanda, sicut Aeriani, qui dicunt statuta ieiunia non esse solemniter celebranda, sed cum quis voluerit, ieiunet, ne videatur esse sub lege; et sicut Tesseradecathitae, idest Quartodecumani, qui dicunt quartadecima luna Pascha esse celebrandum, quocumque die septimanae occurreret; et eadem ratio est de quibuscumque ab Ecclesia statutis. Et contra omnes istos errores in symbolo apostolorum dicitur: sanctam Ecclesiam Catholicam, sanctorum communionem, remissionem peccatorum; et in symbolo patrum dicitur: qui locutus est per prophetas, et unam sanctam Catholicam et apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum.

Quintus articulus est de resurrectione mortuorum, de quo dicitur I Cor. XV, 51: omnes quidem resurgemus. Contra quem etiam sunt plures errores. Quorum primus est error Valentini, qui carnis resurrectionem negavit, quem etiam plures haeretici sunt secuti: contra quem dicitur I Cor. XV, 12: si Christus praedicatur quod resurrexit a mortuis; quomodo quidam dicunt in vobis, quoniam resurrectio mortuorum non est? Secundus est error Hymenaei et Phileti, contra quos dicit apostolus II Tm. II, quod a veritate exciderunt, dicentes resurrectionem iam factam, vel quia non credebant nisi resurrectionem spiritualem, vel quia non credebant alios resurrecturos, nisi illos qui cum Christo resurrexerunt. Tertius est error quorundam haereticorum modernorum, qui dicunt resurrectionem futuram, non tamen eorundem corporum, sed quod animae resument quaedam corpora caelestia, contra quos apostolus dicit I Cor. XV, 53: oportet corruptibile hoc induere incorruptionem, et mortale hoc induere immortalitatem. Quartus est error Eutychii patriarchae Constantinopolitani, qui posuit corpora nostra in resurrectione aeri vel vento similari, quod Gregorius narrat in XIV Moralium, contra quem est quod Dominus post resurrectionem suam corpus suum discipulis palpandum praebuit, dicens, Lc. ult., 39: palpate, et videte, cum tamen apostolus dicat, Ph. III, 21, quod reformabit corpus humilitatis nostrae configuratum corpori claritatis suae. Quintus error est dicentium, quod corpora humana in resurrectione vertentur in spiritum, contra quos dicitur Lc. ult., 39: spiritus carnem et ossa non habet, sicut me videtis habere. Sextus error est Cerinthi, qui mille annos post resurrectionem in terreno regno fabulatur futuros, in quibus homines carnales ventris ac libidinis voluptates habebunt, contra quem dicitur Mt. XXII, 30: in resurrectione neque nubent neque nubentur. Quidam dixerunt etiam, quod post resurrectionem mortuorum, in eodem statu in quo nunc est, mundus manebit, contra quos dicitur Ap. XXI, 1: vidi caelum novum et terram novam. Et apostolus dicit Rm. VIII, 21, quod ipsa creatura liberabitur a servitute corruptionis in libertatem gloriae filiorum Dei. Et contra omnes hos errores dicitur: carnis resurrectionem; et in alio symbolo: exspecto resurrectionem mortuorum.

Sextus articulus pertinet ad ultimum effectum divinitatis, qui est remuneratio bonorum et punitio malorum, secundum illud Ps. LXI, 12: tu reddes unicuique iuxta opera sua. Et circa hunc etiam fuerunt multi errores. Quorum primus est dicentium, quod anima moritur cum corpore, sicut Arabs asserit, vel etiam post modicum intervallum, sicut Zeno dixit, ut recitatur in Lib. de ecclesiasticis dogmatibus, contra quod est quod apostolus dicit Ph. I, 23: desiderium habens dissolvi, et esse cum Christo; et Ap. VI, 9: vidi subtus altare Dei animas interfectorum propter Verbum Dei. Secundus error est Origenis, qui posuit homines et Daemones damnatos iterum posse purgari, et redire in gloriam; et Angelos sanctos et homines beatos iterum posse deduci ad mala, quod est contra auctoritatem Domini, Mt. XXV, 46: ibunt hi in supplicium aeternum; iusti autem in vitam aeternam. Tertius est error dicentium, omnes poenas et omnia praemia malorum et bonorum futuras esse aequales, contra quorum primum dicitur I Cor. XV, 41: stella a stella differt in claritate: sic et resurrectio mortuorum: contra secundum quod dicitur Mt. XI, 22: Tyro et Sidoni remissius erit in die iudicii quam vobis. Quartus error est dicentium animas malorum non statim post mortem descendere ad Infernum, nec aliquas sanctorum animas Paradisum intrare ante diem iudicii, contra quos dicitur Lc. XVI, 22, quod mortuus est dives, et sepultus est in Inferno; et II Cor. V, 1, dicitur: scimus enim quoniam si terrestris domus nostra huius habitationis dissolvatur, quod aedificationem ex Deo habemus domum non manu factam, sed aeternam in caelis. Quintus est error dicentium, non esse Purgatorium animarum post mortem, eorum scilicet qui in caritate decesserunt, sed aliquid purgabile habent, contra quos dicitur I Cor. III, 12: si quis aedificaverit supra fundamentum (scilicet fidei per dilectionem operantis) lignum, foenum, stipulam (...) detrimentum patietur, ipse autem salvus erit; sic tamen quasi per ignem: et contra hos errores dicitur in symbolo, vitam aeternam. Amen.

Alii vero qui septem articulos circa fidem divinitatis assignant, eos sic distinguunt, ut primus sit de essentiae unitate; secundus de persona Patris; tertius de persona Filii; quartus de persona Spiritus Sancti; quintus de effectu creationis; sextus de effectu iustificationis; septimus de effectu remunerationis, sub quo comprehendunt resurrectionem et vitam aeternam.

Et sic dum praedictorum sex articulorum secundum dividunt in tres, quintum vero et sextum compingunt in unum, fiunt secundum eos septem articuli. Nec refert quantum ad veritatem fidei vel errorum vitationem, qualiter distinguantur. Nunc restat considerare articulos qui pertinent ad humanitatem Christi. Circa quam sex articulos distinguunt: quorum primus est circa conceptionem et nativitatem Christi, secundum quod dicitur Is. VII, 14, et introducitur Mt. I, 23: ecce virgo concipiet, et pariet filium, et vocabitur nomen eius Emmanuel. Et circa hunc multi fuerunt errores, quorum primus fuit dicentium Christum fuisse purum hominem, et quod non semper fuit, sed a Maria sumpsit exordium, et iste est error Carpocratis et Cerinthi et Ebionis et Pauli Samosateni et Photini, contra quos dicitur Rm. IX, 5: ex quibus est Christus secundum carnem, qui est super omnia Deus benedictus in saecula. Secundus error est Manichaeorum dicentium, quod Christus non habuit verum corpus, sed phantasticum, contra quod est quod Dominus Lc. ult., reprehendit errorem discipulorum suorum, qui conturbati et perterriti existimabant se spiritum videre; et Mt. XIV, 26: videntes eum supra mare ambulantem, turbati sunt dicentes, quia phantasma est, et prae timore clamaverunt: quorum opinionem Dominus removit, dicens, vers. 27: habete fiduciam, ego sum, nolite timere. Tertius error est Valentini, qui dicit, Christum caeleste corpus attulisse, nihilque de virgine assumpsisse, sed per ipsam tanquam per rivum aut fistulam sine ulla de illa assumpta carne transisse, contra quod dicitur Ga. IV, 4: misit Deus Filium suum factum ex muliere. Quartus est error Apollinaris qui dixit, aliquid Verbi in carnem fuisse conversum aut transmutatum, non autem carnem de Mariae carne susceptam. Propter illud enim quod dicitur Jn. I, 14: Verbum caro factum est, intelligit quod verbum sit in carnem conversum, contra quod statim ibidem subditur: et habitavit in nobis. Non autem in nostra natura integre habitasset, si fuisset in carnem conversum. Unde intelligendum est: Verbum caro factum est, idest, Verbum factum est homo. Sic enim frequenter caro sumitur in Scripturis, secundum illud Is. XL, 5: videbit omnis caro pariter quod os Domini locutum est. Quintus error est Arii, qui posuit Christum humanam animam non habuisse, sed Verbum fuisse loco animae, contra quod dicitur Jn. X, 17: ego pono animam meam, ut iterum sumam eam. Nemo tollit eam a me, sed ego pono eam a meipso. Sextus error est Apollinaris, qui cum praedicto testimonio et aliis convinceretur humanam animam Christum habuisse, posuit quod Christus non habuit intellectum humanum, sed Verbum Dei fuit ei loco intellectus, contra quod est quod Dominus se hominem esse confitetur. Jn. VIII, 40: quaeritis me interficere, hominem qui veritatem locutus sum vobis. Non autem fuisset homo, si anima rationali caruisset. Septimus est error Eutychis qui posuit in Christo unam naturam compositam ex divinitate et humanitate, contra quod apostolus dicit, Ph. II, 6: qui cum in forma Dei esset, non rapinam arbitratus est esse se aequalem Deo; sed semetipsum exinanivit, formam servi accipiens, in similitudinem hominum factus, et habitu inventus ut homo: manifeste distinguens in eo duas naturas, divinam et humanam. Octavus error est Monothelitarum, ponentium in Christo unam scientiam, operationem et voluntatem, contra quos Dominus dicit Mt. XXVI, 39: non sicut ego volo, sed sicut tu. Ubi manifeste in Christo ponitur alia voluntas humana, alia divina, quae est communis Patri et Filio. Nonus error est Nestorii, qui posuit Christum, Deum perfectum, et hominem perfectum, et tamen aliam dixit esse personam Dei, aliam hominis, et quod non est facta unio Dei et hominis in una persona Christi, sed solum secundum gratiae inhabitationem, ita quod negat beatam virginem esse matrem Dei, sed dicit eam esse matrem hominis Christi, contra quod dicitur Lc. I, 35: quod nascetur ex te sanctum, vocabitur Filius Dei. Decimus error est Carpocratis, qui hominem Christum de utroque natum putasse perhibetur, contra quod dicitur Mt. I, 18: antequam convenirent, inventa est in utero habens de Spiritu Sancto. Undecimus error est Helvidii dicentis, quod postquam beata virgo peperit filium Christum, ex Ioseph plures filios genuit, contra quod dicitur Ez. XLIV, 2: porta haec clausa erit, et non aperietur, et vir non transibit per eam: quoniam Dominus Deus Israel ingressus est per eam, eritque clausa principi. Et contra omnes hos errores in symbolo apostolorum dicitur: conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria virgine: et in symbolo patrum: qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de caelis, et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria virgine, et homo factus est.

Secundus articulus est de passione et morte Christi, secundum quod ipse Dominus praedixit, Mt. XX, 18: ecce ascendimus Ierosolymam, et Filius hominis tradetur principibus sacerdotum et Scribis: et condemnabunt eum morte, et tradent eum gentibus ad illudendum et flagellandum et crucifigendum. Et circa hunc articulum primus quidem est error Manichaeorum, qui, sicut corpus Christi esse phantasticum asserunt, passionem Christi non in veritate, sed in phantasia esse arbitrantur, contra quod dicitur Is. LIII, 4: vere languores nostros ipse tulit, et dolores nostros ipse portavit. Et iterum 7, tanquam ovis ad occisionem ductus est: quod etiam inducitur Ac. VIII. Secundus est error Gaiani qui in Christo unam naturam posuit, sed incorporalem et immortalem, contra quod dicitur I Pr. III, 18: Christus semel pro peccatis nostris mortuus est. Et contra hos errores ponitur in symbolo: crucifixus, mortuus et sepultus. Tertius articulus est de resurrectione Christi, secundum quod ipse dicit Mt. XX, 19: tertia die resurget. Et circa hunc articulum primo quidem erravit Cerinthus asserens Christum non surrexisse, sed resurrecturum esse, contra quod dicitur I Cor. XV, 4: resurrexit tertia die secundum Scripturas. Secundus error est qui imponitur Origeni, quod sit iterum pro salute hominum et Daemonum passurus, contra quod dicitur Rm. VI, 9: Christus resurgens ex mortuis, iam non moritur; mors illi ultra non dominabitur. Quod enim mortuus est peccato, mortuus est semel; quod autem vivit, vivit Deo. Et contra hos errores dicitur in symbolo: tertia die resurrexit a mortuis. Quartus articulus est de descensu ad Inferos: credimus enim animam Christi descendisse ad Inferos, corpore iacente in sepulcro, Ep. IV, 9: descendit primum in inferiores partes terrae. Unde in symbolo dicitur: descendit ad Inferos; quod est contra quosdam, qui posuerunt ipsum Christum non descendisse per seipsum ad Inferos, cum tamen Petrus dicat Ac. II, 24, quod non est derelictus in Inferno. Quintus articulus est de ascensione Christi in caelum, de quo ipse dicit Jn. XX, 17: ascendo ad Patrem meum et Patrem vestrum, Deum meum et Deum vestrum. Circa quam errant Seleuciani, qui negant salvatorem in carne sedere ad dexteram Dei Patris, sed quod eam exuit et in sole posuit. Circa quod dicitur Mc. ult., 19: Dominus quidem Iesus postquam locutus est eis, ascendit in caelum, et sedet a dextris Dei. Unde in symbolo dicitur: ascendit in caelum, sedet ad dexteram patris. Sextus articulus est de adventu ad iudicium, de quo Dominus dicit Mt. XXV, 31: cum venerit Filius hominis in maiestate sua, et omnes Angeli eius cum eo, tunc sedebit super sedem maiestatis suae; et Petrus dicit Ac X, 42: hic est qui constitutus est a Deo iudex vivorum et mortuorum, sive eorum qui iam mortui sunt, et eorum qui in adventu Christi vivi invenientur. Et circa hoc aliqui errant, de quibus dicitur II P. III, 3: venient in novissimis diebus in deceptione illusores, iuxta proprias concupiscentias dicentes: ubi est repromissio aut adventus eius? Contra quos dicitur Jb. XIX, 29: fugite a facie gladii, quoniam ultor iniquitatum gladius est, et scitote esse iudicium. Unde in symbolo dicitur: qui venturus est iudicare vivos et mortuos. Illi autem qui septem articulos humanitatis esse ponunt, distinguunt primum articulum in duos, ponentes scilicet sub alio articulo conceptionem Christi, et sub alio eius nativitatem.

 

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Solennité des Saints Pierre et Paul apôtres

5 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Solennité des Saints Pierre et Paul apôtres

Introït

Maintenant, je sais que le Seigneur a vraiment envoyé son ange et qu'il m'a délivré de la main d'Hérode et de tout ce qu'attendait le peuple juif.  Vous m'avez éprouvé, Seigneur, et vous m'avez connu ; vous avez connu le temps de mon repos et de mon lever. ℣. Gloire...

Collecte

Ô Dieu, qui avez consacré ce jour par le martyre de vos apôtres Pierre et Paul : accordez à votre Église de suivre en tout les leçons de ceux qui lui ont apporté les prémices de la foi. Par...

Lecture Ac 12, 1-11

En ces jours-là, le roi Hérode mit la main sur quelques membres de l'Église pour les maltraiter. Il fit mourir par le glaive Jacques, le frère de Jean ; et voyant que cela plaisait aux Juifs, il ordonna en outre l'arrestation de Pierre. Or c'était le jour des Azymes. L'ayant donc fait arrêter, il le mit en prison, le confiant à la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune, voulant le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi gardé dans la prison, l'Église ne cessait d'adresser pour lui des prières à Dieu.
Or, la nuit même du jour où Hérode voulait le faire comparaître, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes, et les gardes postés devant la porte gardaient la prison. Et voici que l'ange du Seigneur parut et une lumière brilla dans la prison ; et l'ange, touchant Pierre au côté, l'éveilla en disant : « Lève-toi vite. » Et aussitôt les chaînes tombèrent de ses mains. Et l'ange lui dit : « Ceins-toi et mets tes chaussures. » Et il le fit, et l'ange lui dit : « Mets ton vêtement et suis-moi. » Pierre sortit et le suivit, ne sachant pas que ce qui advenait par l'ange était réel, car il croyait avoir une vision. Lorsqu'ils eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ville : d'elle-même, elle s'ouvrit devant eux. Ils sortirent et s'engagèrent dans une rue ; et aussitôt l'ange le quitta. Revenu à lui-même, Pierre dit : « Maintenant je sais que le Seigneur a vraiment envoyé son ange et qu'il m'a délivré de la main d'Hérode et de tout ce qu'attendait le peuple juif. »

Évangile Mt 16, 13-19

En ce temps-là, Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et il interrogeait ses disciples, disant : « Quel est celui que les hommes disent être le Fils de l'homme ? » Ceux-ci répondirent : « Les uns disent que c'est Jean-Baptiste, d'autres Élie ; d'autres Jérémie, ou quelqu'un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Simon-Pierre dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et Jésus, répondant, lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jean, car ce n'est pas la chair ni le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Aussi moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera aussi délié dans les cieux. »

Secrète

Que ces hosties, Seigneur, que nous offrons à votre saint nom avant de les consacrer, soient accompagnées par la prière de vos apôtres ; et faites que, par elle, nous soyons purifiés et défendus. Par.

Communion

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Postcommunion

Seigneur, par l'intercession des apôtres, préservez de toute adversité ceux que vous avez rassasiés de l'aliment céleste. Par...

Dom Guéranger L’année liturgique

ÉPÎTRE

Il est difficile de revenir avec plus d’insistance que ne le fait la Liturgie de ce jour, sur l’épisode de la captivité de saint Pierre à Jérusalem. Plusieurs Antiennes et tous les Capitules de l’Office en sont tirés ; l’Introït le chantait tout à l’heure ; et voici que l’Épître nous donne en son entier le récit qui intéresse si particulièrement aujourd’hui, semble-t-il, l’Église de Dieu. Le secret d’une telle préférence est aisé à découvrir. Cette fête est celle où la mort de Pierre confirme

la reine des nations dans ses augustes prérogatives de Souveraine, de Mère et d’Épouse ; mais quel fut le point de départ de ces grandeurs, sinon le moment solennel entre tous où le Vicaire de l’Homme-Dieu, secouant sur Jérusalem la poussière de ses pieds, tourna vers l’Occident son visage, et transféra dans Rome les droits de la synagogue répudiée ? Or c’est à sa sortie de la prison d’Hérode, qu’eut lieu ce grand fait. Et sortant de la ville, il s’en alla, disent les Actes, en un autre lieu. Cet autre lieu, d’après le témoignage de l’histoire et de toute la tradition, c’était la ville appelée à devenir la nouvelle Sion ; c’était Rome, où, quelques semaines après, abordait Simon Pierre. Aussi, reprenant la parole de l’ange dans un des Répons de l’Office des Matines, la gentilité chantait cette nuit : « Lève-toi, Pierre, et revêts tes vêtements : ceins-toi de force, pour sauver les nations ; car les chaînes sont tombées de tes mains. »

Comme autrefois Jésus dans la barque prête à sombrer, Pierre dormait tranquillement à la veille du jour où il devait mourir. La tempête, les dangers de toutes sortes, ne seront point ménagés dans le cours des âges aux successeurs de Pierre. Mais on ne verra plus, sur le vaisseau de l’Église, l’effarement qui s’était emparé des compagnons du Seigneur dans l’esquif que soulevait l’ouragan. La foi manquait alors aux disciples, et c’était son absence qui causait leurs terreurs. Mais depuis la descente de l’Esprit divin, cette foi précieuse, d’où découlent tous les dons, est inamissible dans l’Église. Elle donne aux chefs le calme du Maître ; elle entretient au cœur du peuple fidèle la prière ininterrompue, dont l’humble confiance triomphe silencieusement du monde, des éléments et de Dieu lui-même. S’il arrive que la barque de Pierre côtoie des abîmes, le pilote semblât-il endormi, l’Église n’imitera pas les disciples sous la tourmente du lac de Génézareth. Elle ne se fera point juge du temps et des moyens de la Providence, ni ne se croira permis de reprendre tumultuaire-ment celui qui doit veiller pour tous : se souvenant que, pour dénouer sans bruit, les situations les plus extrêmes, elle possède un moyen meilleur et plus sûr ; n’ignorant point que, si l’intercession ne fait pas défaut, l’ange du Seigneur viendra lui-même au temps voulu réveiller Pierre et briser ses chaînes.

Oh ! combien quelques âmes sachant prier sont plus puissantes, en leur simplicité ignorée, que la politique et les soldats de tous les Hérodes du monde ! La petite communauté rassemblée dans la maison de Marie mère de Marc était bien peu nombreuse ; mais d’elle, jour et nuit, s’élevait ht prière ; par bonheur, on n’y connaissait point le naturalisme fatal qui, sous le beau prétexte de ne pas tenter Dieu, se refuse à lui demander l’impossible, quand l’intérêt de son Église est en jeu : ennemi domestique, plus lourd à porter, dans les temps de crise, que ne l’est la crise même ! Certes, les précautions d’Hérode Agrippa pour ne point laisser échapper son prisonnier faisaient honneur à sa prudence, et, à coup sûr, c’était l’impossible que réclamait l’Église en demandant la délivrance de Pierre : si bien que ceux-là même qui priaient alors, étant exaucés, n’en croyaient point leurs yeux. Mais leur force avait été précisément d’espérer contre toute espérance ce qu’eux-mêmes regardaient comme folie, de soumettre dans leur prière le jugement de la raison aux seules vues de la foi.

ÉVANGILE

Rome, dans l’Épître, a célébré le jour où l’obstination de Juda, repoussant le Vicaire de l’Homme-Dieu, valut à la gentilité les honneurs d’Épouse. Voici maintenant que sa reconnaissante allégresse la porte à rappeler l’instant heureux où, pour la première fois, l’Époux fut salué de son titre divin par cette humanité à lui fiancée dès le sein du Père. Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ! Parole fortunée, attente des siècles, et que Jean-Baptiste avait préparée ! Mais le Précurseur lui-même devait quitter la terre, avant qu’elle ne vînt éveiller les échos d’un monde longtemps assoupi. Son rôle à lui était de mettre en présence le Verbe et l’Église ; après quoi, comme il fit, devait-il aussitôt disparaître, laissant l’Épouse à la spontanéité de ses effusions. Mais la première excellence du Bien-Aimé que relève l’Épouse au sacré Cantique, n’est-elle pas l’or très pur de la divinité dont sa tête est ornée ? Ainsi fait-elle dans les champs de Césarée de Philippe ; et son organe est Simon fils de Jean, qui, pour avoir en cette sorte traduit son cœur, reste à jamais la bouche de l’Église.

Amour et foi, faisant de concert explosion, constituent Pierre en ce moment la suprême et très antique sommité des théologiens, comme l’appelle saint Denys dans son livre des Noms divins. Le premier, en effet, dans l’ordre du temps comme pour la plénitude du dogme, il résout le problème dont la formule sans solution avait été le suprême effort de la théologie des siècles prophétiques. « Paroles de celui qui assemble les peuples, disait alors le Sage, paroles du fils de celui qui répand les vérités ; vision qu’a rapportée l’homme avec qui Dieu demeure. Fortifié par Dieu habitant avec lui, voici ce qu’il trouve à dire : « J’ignore la vraie Sagesse. Qui est monté au ciel et en est descendu, pour savoir appeler par son nom celui qui a fait la terre ? Et le nom de son fils ? qui le connaît pour le dire ? » Et après si solennel exorde amenant la question mystérieuse, le Sage, sans poursuivre plus outre, concluait dans une réserve confiante et craintive : « Toute parole du Seigneur est de flamme ; soyez fort de votre espérance en lui. Mais gardez-vous d’ajouter rien à ses oracles, de peur que vous ne donniez « prise à réprimande et ne soyez trouvé menteur. »

Quoi donc, ô Pierre, êtes-vous plus sage que Salomon ? et ce que l’Esprit-Saint déclarait au-dessus de toute science, serait-il le secret d’un pauvre pêcheur ? Il est ainsi. Nul ne connaît le Fils que le Père ; mais le Père même a révélé à Simon le mystère de son Fils, et la parole qui en fait foi n’est point sujette à réprimande. Car elle n’est pas une addition mensongère aux dogmes divins : oracle des cieux passant par une bouche humaine, elle élève son heureux interprète au-dessus de la chair et du sang. Comme le Christ dont elle lui vaut de devenir le Vicaire, il aura pour unique mission d’être un fidèle écho du ciel ici-bas, donnant aux hommes ce qu’il reçoit : la parole du Père. C’est tout le mystère de l’Église, à la fois de la terre et du ciel, et contre laquelle l’enfer ne prévaudra pas.

 

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Super Heb., cap. 11 l. 1

4 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Super Heb., cap. 11 l. 1

Caput 11

Lectio 1

Super Heb., cap. 11 l. 1 Supra apostolus multipliciter ostendit excellentiam Christi, praeferens ipsum Angelis, Moysi et Aaron, et monuit fideles debere coniungi ipsi Christo, quae coniunctio, quia praecipue et inchoative fit per fidem, Ep. III, 17: habitare Christum per fidem in cordibus vestris, ideo apostolus procedit ad commendationem fidei. Et circa hoc facit tria: primo enim describit fidem; secundo ponit exempla diversa de ipsa, ibi in hac enim; tertio hortatur ad ea quae sunt fidei, XII cap., ibi ideoque vos tantam. Cap., ibi ideoque vos tantam. Diffinitionem fidei ponit complete quidem, sed obscure. Unde sciendum est, quod volens perfecte diffinire virtutem aliquam, oportet quod tangat materiam eius propriam, circa quam est, et finem eius, quia habitus cognoscitur per actum et actus per obiectum. Et ideo oportet tangere actum et ordinem ad obiectum et finem. Sicut volens diffinire fortitudinem, oportet tangere propriam eius materiam circa quam est, scilicet timores et audacias, et finem, scilicet bonum reipublicae, ut dicatur quod fortitudo est virtus moderativa illorum, propter bonum reipublicae. Cum autem fides virtus theologica habeat idem pro obiecto et fine, scilicet Deum: primo ergo ponit ordinem et finem; secundo materiam propriam, ibi argumentum non apparentium. Sciendum vero est, quod actus fidei est credere, qui est actus intellectus determinati ad unum, ex imperio voluntatis. Unde credere est cum assensu aliquid cogitare, ut dicit Augustinus in libro de praedestinatione sanctorum. Et ideo obiectum fidei et finis voluntatis oportet sibi correspondere. Veritas autem prima est obiectum fidei, in quo quidem consistit finis voluntatis, scilicet beatitudo, quae differenter est in via et in patria, quia in via veritas prima non est habita et per consequens nec visa, quia in his, quae sunt supra animam, idem est videre et habere, ut dicit Augustinus, LXXIII quaest., sed tantum est sperata. Rm. VIII, quaest., sed tantum est sperata. Rm. VIII, 25, 24: quod enim non videmus speramus. Quod enim videt quis, quid sperat? Ergo veritas prima non visa, sed sperata est finis voluntatis in via, et per consequens obiectum fidei, quia idem est sibi pro fine et obiecto. Finis autem ultimus simpliciter ipsius fidei in patria, quem intendimus ex fide, est beatitudo, quae in aperta visione Dei consistit. Jn. XVII, 3: haec est vita aeterna, ut cognoscant te solum verum Deum, et cetera. Et XX, 29: beati qui non viderunt et crediderunt. Huiusmodi autem est spes fidelium. I P. I, 3: regeneravit nos in spem vivam. Finis ergo fidei in via est assecutio rei speratae, scilicet beatitudinis aeternae. Et ideo dicit sperandarum rerum. Sed quaeritur hic quare cum fides sit prior quam spes, diffinitur per ipsam: quia posterius debet diffiniri per prius, et non e converso. Respondeo. Dicendum est, quod ex iam dictis patet solutio, quia dictum est, quod idem est obiectum et finis fidei. Cum ergo assecutio rei speratae sit finis eius, oportet quod etiam sit obiectum ipsius. Dicebatur autem supra, quod omnis habitus debet diffiniri per ordinem actus ad obiectum. Verum autem et bonum etsi in se considerata convertantur quantum ad supposita, tamen inquantum differunt ratione, diverso ordine se habent ad invicem, quia et verum est quoddam bonum, et bonum est quoddam verum. Et similiter intellectus et voluntas, quae distinguuntur penes distinctionem veri et boni, habent inter se diversum ordinem. Inquantum enim intellectus apprehendit veritatem et quidquid in ipsa continetur, sic verum est quoddam bonum, et sic est bonum sub vero. Sed inquantum voluntas movet, sic verum est sub bono. In ordine ergo cognoscendi, intellectus est prior, sed in ordine movendi voluntas est prior. Quia ergo intellectus movetur ad actum fidei ex imperio voluntatis, ut dictum est, in ordine movendi voluntas est prior. Ideo non diffinitur prius per posterius, quia, ut dictum est, in diffinitione fidei oportet ponere ordinem actus ad obiectum, quod idem est quod finis. Finis autem et bonum idem sunt, ut habetur II physicorum. In ordine autem ad bonum voluntas, cuius est spes sicut subiecti, est prior. Quare autem non dicit diligendarum, sed sperandarum? Ratio est, quia charitas est praesentium et absentium. Quia ergo finis non habitus, est obiectum fidei, ideo dicit sperandarum rerum. Nec obstat, quod res speranda est obiectum spei. Quia oportet, quod fides sicut ad finem ordinetur ad obiectum illarum virtutum quibus perficitur voluntas, cum fides pertineat ad intellectum secundum quod imperatur a voluntate. Sed cum fides sit una, quia ab unitate obiecti dicitur habitus unus, quare non dicitur rei sperandae, sed rerum sperandarum? Respondeo. Dicendum est, quod beatitudo, quae in se essentialiter est una, quia consistit in Dei visione, quae in se est una, est principium et radix ex qua multa bona derivantur, quae sub ipsa continentur: sicut dotes corporis, societas sanctorum, et multa alia. Ut ergo ostendat omnia ista pertinere ad fidem, loquitur in plurali. Illud autem, quod dicitur, substantia, potest multipliciter exponi. Uno modo causaliter, et tunc habet duplicem sensum. Unum quod est substantia, id est, faciens in nobis substare res sperandas, quod facit duobus modis. Uno modo quasi merendo. Ex hoc enim, quod captivat et submittit intellectum suum his quae sunt fidei, meretur quod aliquando perveniat ad videndum hoc quod sperat. Visio enim est merces fidei. Alio modo quasi per suam proprietatem praesentialiter faciat, quod id quod creditur futurum in re, aliquo modo iam habeatur dummodo credat in Deum. Alio modo exponi potest substantia essentialiter, quasi fides sit substantia, id est, essentia rerum sperandarum. Unde in Graeco habetur hypostasis rerum sperandarum. Essentia enim beatitudinis nihil aliud est, quam visio Dei. Jn. XVII, 3: haec est vita aeterna ut cognoscant te solum verum Deum, et cetera. Unde de Trinit. cap. X, dicit: Augustinus haec contemplatio promittitur nobis actionum omnium finis, et cetera. Ipsa ergo plena visio Dei est essentia beatitudinis. Hoc autem videmus in scientiis liberalibus, quod si quis aliquam velit addiscere, oportet eum primo accipere principia ipsius, quae oportet credere cum sibi traduntur a magistro. Oportet enim credere eum qui discit, ut habetur I Poster. Et in illis principiis quodammodo continetur tota scientia, sicut conclusiones in praemissis, et effectus in causa. Qui ergo habet principia illius scientiae, habet substantiam eius, puta geometriae. Et si geometria esset essentia beatitudinis, qui haberet principia geometriae, haberet quodammodo substantiam beatitudinis. Fides autem nostra est, ut credamus quod beati videbunt et fruentur Deo. Et ideo si volumus ad hoc pervenire, oportet ut credamus principia istius cognitionis. Et haec sunt articuli fidei qui continent totam summam huius scientiae, quia beatos nos facit visio Dei trini et unius. Et hic est unus articulus. Unde hoc credimus, et ideo dicit substantia rerum sperandarum. I Cor. XIII, 12: videmus nunc per speculum et in aenigmate, tunc autem facie ad faciem; quasi dicat: tunc erimus beati quando videbimus facie ad faciem illud quod nunc videmus in speculo et in aenigmate. In his ergo verbis ostenditur ordo actus fidei ad finem, quia fides ordinatur ad res sperandas quasi quoddam inchoativum, in quo totum quasi essentialiter continetur, sicut conclusiones in principiis. Consequenter cum dicit argumentum non apparentium, tangit actum fidei circa propriam eius materiam. Actus autem proprius fidei, etsi sit in ordine ad voluntatem, ut dictum est, tamen est in intellectu sicut in subiecto, quia obiectum eius est verum, quod proprie pertinet ad intellectum. In actibus autem intellectus differentia est. Quidam enim sunt habitus intellectus, qui important omnimodam certitudinem ad completam visionem eius quod intelligitur, sicut patet de intellectu, qui est habitus primorum principiorum, quia, qui intelligit quod omne totum est maius sua parte, videt hoc, et est certus. Hoc etiam facit habitus scientiae, et sic talis habitus intellectus et scientia, faciunt certitudinem et visionem. Quaedam vero alia sunt, quae neutrum faciunt, scilicet dubitatio et opinio. Fides vero tenet medium inter ista, quia dictum est quod fides facit assensum in intellectu, quod potest esse dupliciter. Uno modo quia intellectus movetur ad assentiendum ex evidentia obiecti, quod est per se cognoscibile, sicut in habitu principiorum, vel cognitum per aliud quod est per se cognoscibile, sicut patet in scientia astronomiae. Alio modo assentit alicui non propter evidentiam obiecti a quo non movetur sufficienter; unde non est certus, sed vel dubitat, scilicet quando non plus habet rationem ad unam partem, quam ad aliam, vel opinatur, si habet quidem rationem ad unam partem, non omnino quietantem ipsum, sed cum formidine ad oppositum. Fides autem neutrum horum dicit simpliciter, quia nec cum primis est sibi evidens, nec cum duobus ultimis dubitat, sed determinatur ad alteram partem, cum quadam certitudine et firma adhaesione per quamdam electionem voluntariam. Hanc autem electionem facit divina auctoritas, per quam electionem determinatur intellectus, ut firmiter inhaereat his quae sunt fidei, et eis certissime assentiatur. Et ideo credere est cum assensu cognoscere. Propria ergo materia habitus fidei sunt non apparentia. Apparentia enim agnitionem habent, non autem fidem, ut dicit Gregorius. Actus autem fidei est certa adhaesio, quam vocat apostolus argumentum, accipiens causam pro effectu, quia argumentum facit fidem de re dubia. Est enim argumentum ratio rei dubiae faciens fidem ut dicit Boetius. Vel si sequamur etymologiam nominis qua dicitur argumentum, quasi arguens mentem, tunc accipit effectum pro causa, quia ex certitudine rei provenit, quod mens cogatur ad assentiendum. Unde argumentum dicitur non apparentium, id est, certa apprehensio eorum quae non videt. Quod si quis velit verba ista ad debitam formam reducere, posset dicere, quod fides est habitus mentis qua inchoatur vita aeterna in nobis, faciens intellectum assentire non apparentibus. Ubi enim nos argumentum habemus, habet alia littera convictio quia per auctoritatem divinam convincitur intellectus ad assentiendum his quae non videt. Patet ergo quod apostolus complete diffinit fidem, licet obscure. Per istam enim diffinitionem distinguitur fides ab omnibus quae pertinent ad intellectum. Per hoc enim quod dicitur argumentum, distinguitur fides ab opinione, dubitatione et suspicione, quia per ista non habetur firma adhaesio intellectus ad aliquid. Per hoc autem quod dicitur non apparentium, distinguitur ab habitu principiorum et scientia. Et per hoc quod dicitur rerum sperandarum, distinguitur a fide communiter sumpta, quae non ordinatur ad beatitudinem. Nam per propriam diffinitionem unumquodque innotescit, et distinguitur a quolibet alio, sicut est hic. Unde et ad istam omnes aliae reducuntur. Sed videtur quod male dicat, non apparentium, quia, ut dicitur Jn. XX, 28: Thomas vidit et credidit. Item credimus esse Deum unum, quod tamen demonstratur a philosophis. Respondeo. Dicendum est quod fides dupliciter accipitur. Uno modo proprie, et sic est non visorum et non scitorum, ut patet ex praedictis. Et propterea, quod non potest maior certitudo haberi de conclusione, quam de principio a quo elicitur, quia semper principia sunt notiora conclusionibus, ideo cum principia fidei non habeant evidentiam, nec per consequens conclusiones. Et ideo intellectus non assentitur conclusionibus tamquam scitis nec tamquam visis. Alio modo communiter, et sic excludit omnem certam cognitionem, et sic loquitur Augustinus in quaest. Evangelii, quod fides est de quibusdam quae videntur. Apostolus autem loquitur de prima. Et quidem de Thoma dicendum est, quod, sicut dicit Gregorius, aliud vidit, aliud credidit, quia vidit humanitatem, et credidit divinitatem. Ad istud de demonstratione, dicendum est quod nihil prohibet aliquid esse visum uni quod est creditum alteri, sicut patet in diversis statibus. Quod enim non est visum in via, videtur in patria. Unde quod ego credo, Angelus videt. Similiter quod est visum a prophetis, ut quod Deus est unus incorporeus, hoc est credendum ab idiotis, sicut idiota credit eclipsim, quam astrologus videt. Et de talibus est fides secundum quid tantum. Quaedam autem sunt, quae simpliciter excedunt statum praesentis viae, et de talibus est fides simpliciter.

 


 


 

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Saint Irénée évêque et martyr

3 Juillet 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Irénée évêque et martyr

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Ô Dieu, qui avez donné au bienheureux Irénée, votre évêque et martyr, de réprimer les hérésies par la vérité de la doctrine et d'affermir avec succès la paix de l'Église : nous vous en prions, accordez à votre peuple la constance dans la sainte religion et donnez la paix à notre temps. Par...

Epître Tm II. 3, 14-17 ; 4, 1-5

Fils bien-aimé, persévère dans ce que tu as appris, et reconnu comme certain ; tu sais de quels maîtres tu l'as reçu. Tu connais, depuis ton jeune âge, les Saintes Écritures ; elles peuvent te donner la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus. Toute Écriture inspirée par Dieu est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former selon la justice, afin que l'homme de Dieu soit vraiment prêt et bien armé pour toute œuvre bonne.
Je t'adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et son royaume : prêche la parole ; interviens à temps et à contretemps ; reprends, supplie, menace, en toute patience et doctrine. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais ils se choisiront une foule de maîtres selon leurs désirs, avides de ce qui flatte l'oreille. Ils détourneront l'oreille de la vérité pour l'ouvrir à des fables. Quant à toi, sois vigilant, travaille constamment, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile, remplis jusqu'au bout ton ministère.

Évangile Mt 10, 28-33

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr et l'âme et le corps dans la géhenne.
« Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la permission de votre Père. Même les cheveux de votre tête sont comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux.
« C'est pourquoi, quiconque témoignera pour moi devant les hommes, moi aussi je témoignerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux. Mais celui qui m'aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. »

 

Contre les Hérésies

MALHEUR DE CEUX QUI REJETTENT LA PRÉDICATION DE L’ÉGLISE
En s'excluant de l'Église, les hérétiques se sont exclus de l'Esprit de Vérité Ainsi sont démasqués tous ceux qui introduisent des doctrines impies sur Celui qui nous a faits et modelés, qui a créé ce monde et au-dessus duquel il n'est point d'autre Dieu ; ainsi sont également réfutés, par des preuves en due forme, ceux qui enseignent des faussetés au sujet de l'être de notre Seigneur et au sujet de l'« économie» qu'il a accomplie à cause de l'homme, sa créature. A l'inverse, la prédication de l’Église présente à tous égards une inébranlable solidité, demeure identique à elle-même et bénéficie, ainsi que nous l'avons montré, du témoignage des prophètes, des apôtres et de tous leurs disciples, témoignage qui englobe « le commencement, le milieu et la fin », bref la totalité de l'« économie» de Dieu et de son opération infailliblement ordonnée au salut de l'homme et fondant notre foi. Dès lors, cette foi, que nous avons reçue de l’Église, nous la gardons avec soin, car sans cesse, sous l'action de l'Esprit de Dieu, telle un dépôt de grand prix renfermé dans un vase excellent, elle rajeunit et fait rajeunir le vase même qui la contient. C'est à l’Église elle-même, en effet, qu'a été confié le « Don de Dieu », comme l'avait été le souffle à l'ouvrage modelé, afin que tous les membres puissent y avoir part et être par là vivifiés ; c'est en elle qu'a été déposée la communion avec le Christ, c'est-à-dire l'Esprit Saint, arrhes de l'incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu : car «dans l’Église, est-il dit, Dieu a placé des apôtres, des prophètes, des docteurs » et tout le reste de l'opération de l'Esprit. De cet Esprit s'excluent donc tous ceux qui, refusant d'accourir à l’Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l’Église, là est aussi l'Esprit de Dieu ; et là où est l'Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce. Et l'Esprit est Vérité. C'est pourquoi ceux qui s'excluent de lui ne se nourrissent pas non plus aux mamelles de leur Mère en vue de la vie et n'ont point part à la source limpide qui coule du corps du Christ, mais « ils se creusent des citernes crevassées » faites de trous de terre et boivent l'eau fétide d'un bourbier : ils fuient la foi de l'Église de crainte d'être démasqués, et ils rejettent l'Esprit pour n'être pas instruits. Devenus étrangers à la vérité, il est fatal qu'ils roulent dans toute erreur et soient ballottés par elle, qu'ils pensent diversement sur les mêmes sujets suivant les moments et n'aient jamais de doctrine fermement établie, puisqu'ils veulent être sophistes de mots plutôt que disciples de la vérité. Car ils ne sont pas fondés sur le Roc unique, mais sur le sable, un sable qui renferme des pierres multiples.
 

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