Saint Pie V pape et confesseur
Collecte
Dieu qui, pour écraser les ennemis de l'Église et réformer le culte divin, avez daigné choisir le bienheureux Pie comme souverain pontife : faites que nous soyons défendus par sa protection, et que nous nous attachions si bien à votre service qu'après avoir surmonté toutes les embûches des ennemis nous jouissions de l'éternelle paix. Par...
Épitre P I. 5, 1...11
Mes bien-aimés : j'exhorte les anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin de la passion du Christ, et qui aurai part à la gloire qui doit être manifestée. Soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui non par contrainte mais de bon gré, selon Dieu ; non dans un intérêt vil, mais spontanément ; non en dominant sur l'héritage du Seigneur, mais en devenant de tout votre cœur les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le maître des pasteurs, vous recevrez une impérissable couronne de gloire. Le Dieu de toute grâce qui nous a appelés dans le Christ Jésus à sa gloire éternelle, après ces quelques souffrances achèvera lui-même son œuvre, vous affermira et vous rendra inébranlables. À lui gloire et puissance dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La flotte turco-musulmane était prête à lancer l’attaque décisive dans le Golfe de Lépante. Trois cents navires attendaient pour faire plier définitivement l’Europe chrétienne. A douze heures du 7 octobre 1571 commença une des batailles navales les plus décisives de l’histoire chrétienne. Après trois heures de combats furieux, les forces alliées de la Sainte Ligue remportaient la victoire sur les forces ottomanes. En apprenant la nouvelle de la victoire, le pape Pie V donna ordre de faire sonner toutes les cloches de la Ville Eternelle. Et en signe de reconnaissance à la Vierge Marie - les jours précédant les combats il avait invité les Romains à prier le Chapelet - il institua justement la fête de Notre Dame du Rosaire le 7 octobre.
Pape réformateur
La victoire de Lépante est une des plus belles pages liées à la figure de Pie V, au civil, Antoine Michel Ghislieri.
Résolu et inflexible, la figure de Pie V est particulièrement associée à la Contreréforme pour avoir combattu l’hérésie, et à la Ligue Sainte, la coalition militaire qu’il constitua avec les Etats européens pour contrer l’avancée des Turcs en Europe. Pour faire passer dans la pratique les décrets réformateurs du Concile de Trente, il publia le Catéchisme romain (1566), ainsi que les nouveaux textes du Bréviaire (1568) et du Missel (1570), restés en vigueur jusqu’au Concile Vatican II.
Sollicitude pour les pauvres
Durant son pontificat, Pie V se prodigua pour l’aide aux pauvres et aux nécessiteux en créant des structures d’assistance et d’aide comme le Mont de Piété et les hôpitaux de Saint Pierre et du Saint Esprit. Durant la famine de 1566, il supprima toute dépense superflue, distribua des vivres et organisa des services de santé.
Contre l’hérésie et le népotisme
Il fut inflexible dans ses dispositions disciplinaires comme la bulle In Coena Domini qui recueillait les normes pour la sauvegarde de la foi et la lutte contre les hérésies. Il réduisit le coût de la cour papale, imposa l’obligation de résidence aux évêques et affirma l’importance du cérémonial. Il s’opposa à toute forme de népotisme et chercha par tous les moyens à améliorer les us et coutumes de la population.
Pie V et les monarchies d’Europe
Pie V fit preuve de grande fermeté aussi à l’égard des monarchies européennes. Il réussit à faire reconnaître les décisions du Concile de Trente en Italie, Allemagne, Pologne et Portugal. Parmi les monarques catholiques, seul le roi de France s’y opposa. Il excommunia Elizabeth I d’Angleterre pour soutenir les forces catholiques déterminées à favoriser l’accès au trône de Marie Stuart.
Mort et canonisation
Epuisé par une longue maladie, il s’éteignit le premier mai 1572. Sa dépouille repose aujourd’hui dans la basilique Sainte Marie Majeure à Rome.
Il fut béatifié cent ans après sa mort par le pape Clément X, le 27 avril 1672, et canonisé le 22 mai 1712.
Sainte Monique veuve
Collecte
Ô Dieu, consolateur des affligés et salut de ceux qui espèrent en vous, qui avez accueilli avec miséricorde les pieuses larmes de la bienheureuse Monique pour la conversion de son fils Augustin : accordez-nous, par l'intercession de l'un et de l'autre, de déplorer nos péchés et d'en obtenir, par votre grâce, le pardon. Par...
Épitre Tm I. 5, 3-10
Mon bien-aimé, honore les veuves, celles qui le sont vraiment. La veuve qui a des enfants ou des petits-enfants doit d'abord leur apprendre à bien mener leur maison et à rendre à leurs parents ce qu'ils ont reçu. Voilà ce qui plaît à Dieu.
Que celle qui est vraiment veuve et délaissée, espère en Dieu et persévère dans les prières et l'oraison nuit et jour. Celle qui mène une vie dissipée peut paraître vivante : elle est morte. Inculque-leur ces principes pour qu'elles soient sans reproche. Si quelqu'un ne prend pas soin des siens et principalement de ceux qui vivent dans sa maison, il a renié la foi et il est pire qu'un infidèle.
Qu'une veuve, pour être choisie, n'ait pas moins de 60 ans, qu'elle n'ait été mariée qu'une fois, qu'on rende témoignage à ses bonnes œuvres : si elle a bien élevé ses enfants ; si elle a exercé l'hospitalité ; si elle a lavé les pieds des saints ; si elle a secouru les malheureux ; si elle s'est adonnée à toute œuvre bonne.
IVe Dimanche après Pâques
Introït
Chantez au Seigneur un cantique nouveau, alléluia ; car le Seigneur a accompli des merveilles, alléluia ; il a révélé sa justice aux yeux des nations, alléluia, alléluia, alléluia. Sa droite, son saint bras, l'a fait triompher. ℣. Gloire...
Collecte
Ô Dieu, qui rendez les âmes des fidèles unies dans une même volonté, donnez à vos peuples d'aimer ce que vous commandez, de désirer ce que vous promettez, afin qu'au milieu des vicissitudes de ce monde, nos cœurs soient fixés là où sont les vraies joies. Par...
Épitre Jc 1, 17-21
Mes bien-aimés, toute grâce excellente, tout don parfait vient d'en haut et descend du Père des lumières, en qui il n'y a ni changement ni ombre de variation. De sa propre volonté, en effet, il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures. Vous le savez, mes frères bien-aimés. Que l'homme soit prompt à écouter, lent à parler et lent à se mettre en colère. Car la colère de l'homme n'opère pas la justice de Dieu. C'est pourquoi, rejetant toute impureté et tout débordement de méchanceté, recevez avec douceur la parole déposée en vous, et qui peut sauver vos âmes.
Évangile Jn 16, 5-14
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Je vais à celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Néanmoins je vous dis la vérité : il vous est utile que je m'en aille ; car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et lorsqu'il sera venu, il convaincra le monde en ce qui touche le péché, la justice et le jugement. En ce qui touche le péché, parce qu'ils n'ont pas cru en moi ; en ce qui touche la justice, parce que je vais au Père et que vous ne me verrez plus ; en ce qui touche le jugement, parce que le prince de ce monde est déjà jugé.
« J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Quand cet Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera ce qui doit arriver. Il me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est a moi et il vous l'annoncera. »
Offertoire
Chantez pour Dieu dans la joie, toute la terre ; chantez un cantique en son nom. Venez, écoutez-moi, vous tous qui craignez Dieu, et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait à mon âme, alléluia.
Secrète
Dieu qui, par les vénérables échanges réalisés en ce sacrifice, nous avez rendus participants de votre unique et souveraine divinité, nous vous en prions : de même que nous connaissons votre vérité, donnez-nous de l'atteindre par une digne conduite. Par...
Postcommunion
Assistez-nous, Seigneur notre Dieu, afin que, par ces sacrements que nous avons reçus avec foi, nous soyons purifiés de nos vices et sauvés de tout péril. Par...
Dom Guéranger L’année liturgique
Nous avons vu Jésus constituer son Église, et confier aux mains de ses Apôtres le dépôt des vérités qui seront l’objet de notre foi. Il est une autre œuvre non moins importante pour le monde, à laquelle il donne ses soins durant cette dernière période de son séjour sur la terre : c’est l’institution définitive des Sacrements. Il ne nous suffit pas de croire ; il faut encore que nous soyons rendus justes, c’est-à-dire conformes à la sainteté de Dieu ; il faut que la grâce, fruit de la Rédemption, descende en nous, s’incorpore à nous ; afin qu’étant devenus les membres vivants de notre divin Chef, nous puissions être les cohéritiers de son Royaume. Or, c’est au moyen des Sacrements que Jésus doit opérer en nous cette merveille de la justification, en nous appliquant les mérites de son incarnation et de son Sacrifice par les moyens qu’il a décrétés dans sa puissance et dans sa sagesse.
Souverain maître de la grâce, il est libre de déterminer les sources par lesquelles il la fera descendre sur nous ; c’est à nous de nous conformer à ses volontés. Chacun des Sacrements sera donc une loi de sa religion, en sorte que l’homme ne pourra prétendre aux effets que le Sacrement est destiné à produire, s’il dédaigne ou néglige de remplir les conditions selon lesquelles il opère. Admirable économie, qui concilie, dans un même acte, l’humble soumission de l’homme avec la plus prodigue largesse de la munificence divine.
Nous avons montré, il y a quelques jours, comment la sainte Église, société spirituelle, était en même temps une société visible et extérieure, parce que l’homme auquel elle est destinée est composé d’un corps et d’une âme. Jésus, en instituant ses Sacrements, leur assigne à chacun un rite essentiel ; et ce rite est extérieur et sensible. Le Verbe divin, en prenant la chair, en a fait l’instrument de notre salut dans sa Passion sur la croix : c’est par le sang de ses veines qu’il nous a rachetés ; poursuivant ce plan mystérieux, il prend les éléments de la nature physique pour auxiliaires dans l’œuvre de notre justification. Il les élève à l’état surnaturel, et en fait jusqu’au plus intime de nos âmes les conducteurs fidèles et tout-puissants de sa grâce. Ainsi s’appliquera jusqu’à ses dernières conséquences le mystère de la divine incarnation, qui a eu pour but de nous élever, par les choses visibles, à la connaissance et à la possession des choses invisibles. Ainsi est brisé l’orgueil de Satan, qui dédaignait la créature humaine, parce que l’élément matériel s’unit en elle à la grandeur spirituelle, et qui refusa, pour son éternel malheur, de fléchir le genou devant le Verbe fait chair.
En même temps, les divins Sacrements étant autant de signes sensibles, formeront un lien de plus entre les membres de l’Église, déjà unis entre eux par la soumission à Pierre et aux Pasteurs qu’il envoie, et par la profession d’une même foi. L’Esprit-Saint nous dit dans les divines Écritures que « le lien tressé en trois ne se rompt pas aisément » (Écclé. 4, 12) ; or, tel est celui qui nous retient dans la glorieuse unité de l’Église : Hiérarchie, Dogme et Sacrements, tout contribue à faire de nous un seul corps. Du septentrion au midi, de l’orient à l’occident, les Sacrements proclament la fraternité des chrétiens ; ils sont en tous lieux leur signe de reconnaissance, et la marque qui les désigne aux yeux des infidèles. C’est dans ce but que ces Sacrements divins sont identiques pour toutes les races baptisées, quelle que soit la variété des formules liturgiques qui en accompagnent l’administration : partout le fond est le même, et la même grâce est produite sous les mêmes signes essentiels.
Notre divin ressuscité choisit le septénaire pour le nombre de ses Sacrements. Il empreint ce nombre sacré sur son œuvre la plus sublime, de même qu’il l’avait marqué au commencement, en créant ce monde visible et inaugurant la semaine par six jours d’action et un jour de repos. Sagesse éternelle du Père, il nous révèle, dès l’Ancien Testament, qu’il se bâtira une maison qui est la sainte Église, et il ajoute qu’il la fera reposer sur sept colonnes (Pr. 9, 1). Cette Église, il la figure d’avance dans le tabernacle de Moïse, et il ordonne qu’un superbe chandelier qui lance sept branches chargées de fleurs et de fruits, éclaire jour et nuit le sanctuaire (Ex. 25, 37). S’il transporte au ciel, dans un ravissement, son disciple bien-aimé, c’est pour se montrer à lui environné de sept chandeliers, et tenant sept étoiles dans sa main (Ap. 1, 12, 16). S’il se manifeste sous les traits de l’Agneau vainqueur, cet Agneau porte sept cornes, symbole de sa force, et sept yeux qui marquent l’étendue infinie de sa science (Ibid. 5, 6). Près de lui est le livre qui contient les destinées du genre humain, et ce livre est scellé de sept sceaux que l’Agneau seul peut lever (Ibid. 5, 5). Devant le trône de la Majesté divine, le disciple aperçoit sept Esprits bienheureux ardents comme sept lampes (Ibid. 4, 5), attentifs aux moindres ordres de Jéhovah, et prêts à porter sa parole jusqu’aux dernières limites de la création.
Si maintenant nous tournons nos regards vers l’empire des ténèbres, nous voyons l’esprit de malice occupé à contrefaire l’œuvre divine, et usurpant le septénaire pour le souiller en le consacrant au mal. Sept péchés capitaux sont l’instrument de sa victoire sur l’homme ; et le Seigneur nous avertit que lorsque, dans sa fureur, Satan s’élance sur une âme, il prend avec lui sept esprits des plus méchants de l’abîme. Nous savons que Madeleine, l’heureuse pécheresse, ne recouvra la vie de l’âme qu’après que le Sauveur eut expulsé d’elle sept démons. Cette provocation de l’esprit d’orgueil forcera la colère divine, lorsqu’elle tombera sur le monde pécheur, à empreindre le septénaire jusque dans ses justices. Saint Jean nous apprend que sept trompettes, sonnées par sept Anges, annonceront les convulsions successives de la race humaine (Ap. 8, 2), et que sept autres Anges verseront tour à tour sur la terre coupable sept coupes remplies de la colère de Dieu (Ibid. 15, 1).
Nous donc qui voulons être sauvés, et jouir de la grâce en ce monde, et en l’autre de la vue de notre divin ressuscité, accueillons avec un souverain respect et une tendre reconnaissance le Septénaire miséricordieux de ses Sacrements. Sous ce nombre sacré il a su renfermer toutes les formes de sa grâce. Soit qu’il veuille dans sa bonté nous faire passer de la mort à la vie, par le Baptême et la Pénitence ; soit qu’il s’applique à soutenir en nous la vie surnaturelle, et à nous consoler dans nos épreuves, par la Confirmation, l’Eucharistie et l’Extrême-Onction ; soit enfin qu’il pourvoie au ministère de son Église et à sa propagation par l’Ordre et le Mariage : on ne saurait trouver un besoin de l’âme, une nécessité de la société chrétienne auxquels il n’ait satisfait au moyen des sept sources de régénération et de vie qu’il a ouvertes pour nous, et qu’il ne cesse de faire couler sur nos âmes. Les sept Sacrements suffisent à tout ; un seul de moins, l’harmonie serait rompue. Les Églises de l’Orient, séparées de l’unité catholique depuis tant de siècles, confessent avec nous le septénaire sacramentel ; et le protestantisme, en portant sur ce nombre sacré sa main profane, a montré en cela, comme en toutes ses autres réformes prétendues, que le sens chrétien lui faisait défaut. Ne nous en étonnons pas ; la théorie des Sacrements s’impose tout entière à la foi ; l’humble soumission du fidèle doit l’accueillir d’abord comme venant du souverain Maître : c’est lorsqu’elle s’applique à l’âme que sa magnificence et son efficacité divine se révèlent ; alors nous comprenons, parce que nous avons cru. Credite et intelligetis.
Aujourd’hui, consacrons notre admiration et notre reconnaissance au premier des Sacrements, au Baptême. Le Temps pascal nous le montre dans toute sa gloire. Nous l’avons vu, au Samedi saint, comblant les vœux de l’heureux catéchumène, et enfantant à la patrie céleste des peuples entiers. Mais ce divin mystère avait eu sa préparation. En la fête de l’Épiphanie, nous adorâmes notre Emmanuel descendant dans les flots du Jourdain, et communiquant à l’élément de l’eau, par le contact de sa chair sacrée, la vertu de purifier toutes les souillures de l’âme. L’Esprit-Saint, colombe mystique, vint reposer sur la tête de l’Homme-Dieu, et féconder par sa divine influence l’élément régénérateur, tandis que la voix du Père céleste retentissait dans la nue, annonçant l’adoption qu’il daignerait faire des baptisés, en son Fils Jésus, l’objet de son éternelle complaisance.
Durant sa vie mortelle, le Rédempteur s’explique déjà devant un docteur de la loi sur ses mystérieuses intentions. « Celui, dit-il, qui ne sera pas rené de l’eau et du Saint-Esprit ne pourra entrer dans le royaume de Dieu. » ( Jn 3, 5) Selon son usage presque constant, il annonce ce qu’il doit faire un jour, mais il ne l’accomplit pas encore ; nous apprenons seulement que notre première naissance n’ayant pas été pure, il nous en prépare une seconde qui sera sainte, et que l’eau en sera l’instrument.
Mais en ces jours le moment est venu où notre Emmanuel va déclarer la puissance qu’il a donnée aux eaux de produire la sublime adoption projetée par le Père. S’adressant à ses Apôtres, il leur dit tout à coup avec la majesté d’un roi qui promulgue la loi fondamentale de son empire : « Allez ; enseignez toutes les nations ; baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » ( Mt. 28, 19) Le salut par l’eau, avec l’invocation de la glorieuse Trinité, tel est le bienfait capital qu’il annonce au monde ; car, dit-il encore : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé. » ( Mc 16, 16) Révélation pleine de miséricorde pour la race humaine ; inauguration des Sacrements, par la déclaration du premier, de celui qui, selon le langage des saints Pères, est la porte de tous les autres !
Nous qui lui devons la vie de nos âmes, avec le sceau éternel et mystérieux qui fait de nous les membres de Jésus, saluons avec amour cet auguste mystère. Saint Louis, baptisé sur les humbles fonts de Poissy, se plaisait à signer Louis de Poissy, considérant la fontaine baptismale comme une mère qui l’avait enfanté à la vie céleste, et oubliant son origine royale pour ne se souvenir que de celle d’enfant de Dieu. Nos sentiments doivent être les mêmes que ceux du saint roi.
Mais admirons avec attendrissement la condescendance de notre divin ressuscité, lorsqu’il institua le plus indispensable de ses Sacrements. La matière qu’il choisit est la plus commune, la plus aisée à rencontrer. Le pain, le vin, l’huile d’olives, ne sont pas partout sur la terre ; l’eau coule en tous lieux ; la providence de Dieu l’a multipliée sous toutes les formes, afin qu’au jour marqué, la fontaine de régénération fût accessible de toutes parts à l’homme pécheur.
Ses autres Sacrements, le Sauveur les a confiés au sacerdoce qui seul a pouvoir de les administrer ; il n’en sera pas ainsi du Baptême. Tout fidèle pourra en être le ministre, sans distinction de sexe ni de condition. Bien plus, tout homme, ne fût-il pas même membre de l’Église chrétienne, pourra conférer à son semblable, par l’eau et l’invocation de la sainte Trinité, la grâce baptismale qui n’est pas en lui, à la seule condition de vouloir, en cet acte, accomplir sérieusement ce que fait la sainte Église, quand elle administre le sacrement du Baptême.
Ce n’est pas tout encore. Ce ministre du sacrement peut manquer à l’homme qui va mourir ; l’éternité va s’ouvrir pour lui sans que la main d’autrui se lève pour répandre sur sa tête l’eau purificatrice ; le divin instituteur de la régénération des âmes ne l’abandonne pas dans ce moment suprême. Qu’il rende hommage au saint Baptême, qu’il le désire de toute l’ardeur de son âme, qu’il entre dans les sentiments d’une componction sincère et d’un véritable amour ; après cela qu’il meure : la porte du ciel est ouverte au baptisé de désir.
Mais l’enfant qui n’a pas encore l’usage de sa raison, et que la mort va moissonner dans quelques heures, a-t-il donc été oublié dans cette munificence générale ? Jésus a dit : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; » comment alors obtiendra-t-il le salut, cet être faible qui va s’éteindre, chargé de la faute originelle, et incapable de la foi ? Rassurez-vous. La puissance du saint Baptême s’étendra jusqu’à lui. La foi de l’Église qui le veut pour fils, lui va être imputée ; qu’on répande l’eau sur sa tête au nom des trois divines Personnes, et le voilà chrétien pour jamais. Baptisé dans la foi de l’Église, cette foi est maintenant personnelle en lui, avec l’Espérance et la Charité ; l’eau sacramentelle a produit cette merveille. Qu’il expire maintenant, ce tendre rejeton de la race humaine ; le royaume du ciel est à lui.
Tels sont, ô Rédempteur, les prodiges que vous opérez dans le premier de vos Sacrements, par l’effet de cette volonté sincère que vous avez du salut de tous (1 Tm. 2, 4) ; en sorte que ceux en qui cette volonté ne s’accomplit pas, n’échappent à la grâce de la régénération que par suite du péché commis antérieurement, péché que votre éternelle justice ne vous permet pas toujours de prévenir en lui-même, ou de réparer dans ses suites. Mais votre miséricorde est venue au secours ; elle a tendu ses filets, et d’innombrables élus y sont tombés. L’eau sainte est venue couler jusque sur le front de l’enfant qui s’éteignait entre les bras d’une mère païenne, et les Anges ont ouvert leurs rangs pour recevoir cet heureux transfuge. À la vue de tant de merveilles, que nous reste-t-il à faire, sinon de nous écrier avec le Psalmiste : « Nous qui possédons la vie, bénissons le Seigneur » ?
Saint Athanase évêque confesseur et docteur
Collecte
Exaucez, nous vous le demandons, Seigneur, les prières que nous vous adressons en la solennité du bienheureux Athanase, votre évêque et confesseur ; et par l'intercession des mérites de celui qui vous a dignement servi, absolvez-nous de tous nos péchés. Par...
Épitre Cor II. 4, 5-14
Mes frères, ce n'est pas nous-mêmes que nous prêchons, mais le Christ Jésus, notre Seigneur. Quant à nous, nous sommes vos serviteurs à cause de Jésus : car Dieu, qui a commandé à la lumière de jaillir des ténèbres, est aussi celui qui a fait luire la lumière dans nos cœurs, pour qu'y brille la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ. Mais nous possédons ce trésor dans des vases de terre, afin qu'il soit évident que cette force souveraine vient de Dieu et non de nous.
Nous sommes éprouvés de toutes les manières, mais non point écrasés. Nous sommes dans l'angoisse, mais non découragés. Nous sommes persécutés, mais non pas délaissés ; nous sommes abattus, mais non pas anéantis. Nous portons à toute heure dans notre corps la mort de Jésus, mais c'est pour que la vie de Jésus aussi soit manifestée dans notre corps.
Oui, tout le long de notre vie nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus se trouve aussi manifestée en notre chair mortelle. C'est ainsi que la mort agit en nous, et la vie en vous. Mais, possédant le même esprit de foi dont il est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pour cela que nous parlons. Nous savons que celui qui a ressuscité Jésus, nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et nous placera avec vous.
Nul ne contribua davantage à la défaite de l'arianisme. Il n'écrivit, ne souffrit, ne vécut que pour défendre la divinité du Christ. Petit de taille, prodigieusement intelligent, nourri de culture grecque, il n'était encore que diacre lorsqu'il accompagna l'évêque d'Alexandrie au concile de Nicée en 325. Il y contribua à la condamnation de son compatriote Arius et à la formulation des dogmes de l'Incarnation et de la Sainte Trinité. Devenu lui-même évêque d'Alexandrie en 328, il fut, dès lors et pour toujours, en butte à la persécution des ariens, semi-ariens et anti-nicéens de tout genre qui pullulaient en Égypte et dans l'Église entière. Ces ariens étaient soutenus par les empereurs qui rêvaient d'une formule plus souple que celle de Nicée, d'une solution de compromis susceptible de rallier tous les chrétiens et de rendre la paix à l'empire. C'est ce qui explique que sur les quarante-cinq années de son épiscopat, saint Athanase en passa dix-sept en exil: deux années à Trèves, sept années à Rome, le reste dans les cavernes des déserts de l'Égypte. Il fut même accusé d'avoir assassiné l'évêque Arsène d'Ypsélé. Il ne dut la reconnaissance de son innocence qu'au fait qu'Arsène revint en plein jour et se montra vivant aux accusateurs de saint Athanase.
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Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique.
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S’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité.
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Voici quelle est la foi catholique :
Vénérer un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’unité, -
sans confondre les personnes et sans diviser la substance.
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La personne du Père est une, celle du Fils est une, celle du Saint-Esprit est une;
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mais le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne forment qu’un seul Dieu.
Ils ont une gloire égale et une majesté coéternelle. -
Tel est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.
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Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé.
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Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense.
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Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel :
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et cependant, il n’y a pas trois éternels, mais un seul éternel;
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de même, il n’y a pas trois incréés, ni trois immenses,
mais un seul incréé et un seul immense. -
De même, le Père est tout-puissant; tout-puissant est le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit;
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et, cependant, il n’y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.
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De même, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu;
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et, cependant, il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.
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De même, le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur et le Saint-Esprit est Seigneur;
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et, cependant, il n’y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur;
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parce que de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser
que chaque Personne séparément est Dieu et Seigneur, -
de même, la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.
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Le Père ne tient son existence d’aucun être; il n’a été ni créé ni engendré.
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Le Fils tient son existence du Père seul; il n’a été ni fait ni créé, mais engendré.
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Le Saint-Esprit n’a été ni fait, ni créé, ni engendré par le Père et le Fils,
mais il procède du Père et du Fils. -
Il y a donc un seul Père, non trois Pères,
un seul Fils, non trois Fils,
un seul Esprit-Saint, non trois Esprits-Saints. -
Et dans cette Trinité, il n’y a ni passé, ni futur, ni plus grand, ni moins grand;
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mais les trois personnes tout entières sont coéternelles et coégales;
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de sorte qu’en tout, comme il a été dit déjà,
on doit adorer l’unité dans la Trinité et la Trinité dans l’unité. -
Celui donc qui veut être sauvé doit avoir cette croyance de la Trinité.
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Mais il est encore nécessaire pour le salut éternel
de croire fidèlement l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. -
La foi exacte consiste donc à croire et à confesser
que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. -
Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps;
il est homme, étant né dans le temps de la substance de sa mère; -
Dieu parfait et homme parfait, composé d’une âme raisonnable et d’une chair humaine;
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égal au Père selon la divinité; inférieur au Père selon l’humanité.
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Et bien qu’il soit Dieu et homme,
il n’est pas néanmoins deux personnes, mais un seul Christ; -
il est un, non que la divinité ait été changée en humanité,
mais parce qu’il a pris l’humanité pour l’unir à la divinité; -
un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne;
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car comme l’âme raisonnable et le corps sont un seul homme,
de même Dieu et l’homme sont un seul Christ, -
qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour,
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est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
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d’où il viendra juger les vivants et les morts.
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À son avènement, tous les hommes doivent ressusciter avec leurs corps
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et ils rendront compte de leurs propres actions.
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Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle;
ceux qui auront fait le mal, dans le feu éternel. -
Telle est la foi catholique : quiconque ne la croit pas fidèlement ne pourra être sauvé.
Saint Joseph artisan
Introït
La Sagesse a rendu aux justes la récompense de leurs travaux, les a conduits par un chemin admirable, et leur a tenu lieu d'abri pendant le jour, de lumière des étoiles pendant la nuit. Alléluia, alléluia. Si le Seigneur ne bâtit la maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. ℣. Gloire..
Collecte
Ô Dieu, créateur de toutes choses, qui avez établi la loi du travail pour le genre humain : accordez, dans votre bonté, qu'à l'exemple et sous le patronage de saint Joseph, nous accomplissions ce que vous commandez et obtenions les récompenses que vous promettez. Par.
Épitre Col 3, 14...24
Mes frères, ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants. Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père. Tout ce que vous ferez, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez le Seigneur Christ
Évangile Mt 13, 54-58
En ce temps-là, étant venu dans son pays, Jésus les instruisait dans leurs synagogues, de sorte qu'ils étaient dans l'admiration et disaient : « D'où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ? N'est-ce pas là le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? Et Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui viennent donc toutes ces choses ? » Et ils se scandalisaient à son sujet. Mais Jésus leur dit : « Un prophète n'est sans honneur que dans son pays et dans sa maison. » Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité.
Secrète
Seigneur, faites que les hosties que nous vous offrons, œuvre de nos mains, deviennent pour nous, grâce à l'intercession de saint Joseph, un gage d'unité et de paix. Par...
Postcommunion
Que par l'intercession de saint Joseph, Seigneur, les saints mystères que nous avons reçus couronnent notre travail et nous assurent les récompenses. Par..
Sainte Catherine de Sienne vierge
Collecte
Dieu tout-puissant, nous vous en prions : faites que, célébrant la naissance au ciel de la bienheureuse Catherine, votre vierge, nous goûtions la joie de cette fête annuelle et profitions des exemples d'une si grande vertu.
Épitre II.Cor 10, 17-18 ; 11, 1-2
Mes frères, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. Ce n'est pas, en effet, celui qui se recommande soi-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande. Oh, si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie ! Mais supportez-moi : j'éprouve à votre égard une divine jalousie, car je vous ai fiancés à un seul époux pour vous présenter au Christ comme une vierge pure.
Dialogue
I.- Une âme, avide de la gloire de Dieu et du prochain, s'applique humblement à la prière ; elle adresse quatre demandes à Dieu, lorsqu'elle lui est unie par la charité.
1.- Une âme qui désire ardemment l'honneur de Dieu et le salut du prochain s'applique d'abord aux exercices ordinaires et se renferme dans l'étude de sa propre fragilité, afin de mieux connaître la bonté de Dieu à son égard. Cette connaissance fait naître l'amour, et l'amour cherche à suivre et à revêtir la vérité.
2.- Rien ne donne plus la douceur et la lumière de la vérité qu'une prière humble et continuelle, qui a pour fondement la connaissance de Dieu et de soi-même. Cette prière unit l'âme à en lui faisant suivre les traces de Jésus crucifié, et en la rendant un autre lui-même par la tendresse du désir et par l'intimité de l'amour. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit : " Si quelqu'un m'aime, il gardera mes commandements " ; et ailleurs : " Celui qui m'aime (1) est aimé de mon Père : je l'aimerai et je me manifesterai à lui ; il sera une même chose avec moi, et moi avec lui " ( Jn, XIV, 21).
3.- Nous trouvons dans l’Écriture plusieurs paroles semblables, qui nous prouvent que l'âme, par l'effet de l'amour de Dieu, devient un autre lui-même ; et pour nous en convaincre, voici ce qu'une servante de Dieu, étroitement unie à lui dans la prière, avait appris de son bon Maître au sujet de l'amour infini qu'il porte à ceux qui le servent :
4.- " Ouvre l’œil de ton intelligence, lui disait-il, regarde en moi, et tu verras la dignité et la beauté de ma créature raisonnable. Entre toutes les grâces dont j'ai embelli l'âme en la créant à mon image et ressemblance, admire le vêtement nuptial de la charité et l'ornement des vertus que portent ceux qui me sont continuellement unis par l'amour. Si tu me demandes qui sont ceux-là, je te répondrai, ajoutait le très doux et très aimable Verbe de Dieu, ceux-là sont d'autres moi-même qui ont voulu perdre et détruire leur volonté pour se conformer à la mienne, et l'âme s'unit à moi en toute choses ". Il est donc bien vrai que l'âme s'unit à Dieu par l'amour.
5.- Lorsque cette âme voulut connaître plus clairement la vérité, afin de pouvoir la suivre davantage, elle fit à Dieu le Père quatre demandes humbles et ferventes :
la première était pour elle, parce qu'elle comprenait qu'on ne peut être utile au prochain par son enseignement, ses exemples et ses prières, si l'on n'acquiert pas la vertu soi-même ; la seconde demande était pour la réforme de la sainte Église ; la troisième demande était pour l'univers entier, afin d'obtenir surtout le salut et la paix de ces chrétiens qui insultent et persécutent l'Église avec tant d'acharnement ; par la quatrième demande, elle implorait le secours de la divine Providence pour tous les hommes et pour un cas particulier.
Saint Pierre de Véronne martyr
Collecte
Nous vous en prions, Dieu tout-puissant : accordez-nous de suivre avec la dévotion convenable la foi du bienheureux Pierre, votre martyr, qui pour l'expansion de la même foi, mérita d'obtenir la palme du martyre. Par...
Épitre Tm II. 2, 8-10 ; 3, 10-12
Mon bien-aimé : souviens-toi que le Seigneur Jésus-Christ, né de la race de David, est ressuscité des morts, selon mon Évangile pour lequel je souffre jusqu'à porter des chaînes comme un malfaiteur ; mais la parole de Dieu n'est pas enchaînée. C'est pourquoi j'endure tout à cause des élus, pour qu'ils obtiennent eux aussi le salut qui est dans le Christ Jésus avec la gloire céleste.
Mais toi, tu t'es attaché à ma doctrine, à mes institutions, à mes desseins, à ma foi, à ma longanimité, à ma charité, à ma patience, à mes persécutions, à mes souffrances, telles qu'il m'en est survenu à Antioche, à Iconium, à Lystres : à ces persécutions que j'ai endurées et dont le Seigneur m'a toujours délivré. Et tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés.
Pierre est né vers l’année 1205, dans une famille bourgeoise de Vérone, dans le nord de l’Italie. Cette région connait alors depuis longtemps des troubles consécutifs aux hostilités entre l’Église catholique et les sectes religieuses dissidentes, comme celle des cathares. Bien que les parents de Pierre souscrivent aux enseignements cathares, il confie son éducation à des instructeurs catholiques. Jeune homme, Pierre s’inscrit à l’Université de Bologne. Sa famille s’attend à ce qu’il poursuive une carrière de droit ou de politique. Mais pendant qu’il est à Bologne, il embrasse la foi catholique et rejoint l’ordre dominicain nouvellement établi. Il est ordonné prêtre en l’an 1228 ou 1229.
Une des réalisations de Pierre, toujours à l’œuvre à ce jour, est la création d’un service d’ambulance bénévole. Rapidement, il acquiert également la réputation d’être un conférencier hors pair. Sa prédication la plus passionnée porte sur les sectes hérétiques, dont celle des cathares. Grâce à son efficacité oratoire, Pierre dispose bientôt d’un statut important dans l’Église et il est finalement nommé inquisiteur pour la région de Lombardie. Un homme d’origine cathare pour être le plus important des anti-cathare de son pays, voilà un statut bien singulier. Aux yeux de beaucoup, il “n’aurait pas pu afficher un spectacle plus haineux”, écrit Donald Prudlo. Les ennemis de Pierre sont nombreux et ils échafaudent un plan pour le faire taire.
Le 6 avril 1252, à la périphérie de Milan, un assassin agissant au nom des Cathares tend une embuscade à Pierre avec un outil agricole ressemblant à une faucille appelé falcastrum. La légende raconte que Pierre a murmuré le Symbole des apôtres entre le moment où il a été blessé et celui où son assassin a porté le coup de grâce. Certaines sources affirment également que Pierre, agonisant, a trempé ses doigts dans ses blessures et utilisé son propre sang pour écrire les mots d’ouverture du Credo (“Credo in Deum”) sur le sol. Il n’empêche, l’assassin, Carino de Balsamo, s’échappe. Il se repentira plus tard et entra dans un monastère dominicain où, jusqu’à la fin de sa vie, il devint un pénitent laïc dévoué.
Des miracles ont été attribués à Pierre alors même qu’il était vivant. Pour l’Église, sa vie sincère et sa mort violente ont fourni un exemple convaincant d’un combattant tombé contre les hérétiques. Le 9 mars 1253, juste 337 jours après sa mort, Pierre de Vérone fut canonisé par le pape Innocent IV. Le record précédent de canonisation la plus rapide avait appartenu à saint Antoine de Padoue, qui entra officiellement en canonisation 352 jours après sa mort en juin 1231.
Saint Pierre est enterré dans la basilique de Saint-Eustorgio, à Milan, où ses reliques sont conservées. Elles montrent sa tête, présentant les blessures crâniennes qu’il a subies. En raison des circonstances de sa mort, il est souvent représenté avec un couteau planté dans le crâne. C’est le saint à invoquer lorsqu’on souffre de maux de tête !
Saint Paul de la Croix confesseur
Collecte
Seigneur Jésus-Christ, qui avez donné à Saint Paul une singulière charité pour prêcher le mystère de la croix, et avez voulu que fleurisse par lui une nouvelle famille dans l'Église : accordez-nous, par son intercession, qu'en méditant sans cesse ici-bas votre passion, nous méritions d'en recueillir les fruits dans le ciel. Vous qui...
Épitre
Mes frères, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais bien pour prêcher l'Évangile. Et non pas dans la sagesse de la parole, afin que la croix du Christ ne soit pas frustrée. La parole de la croix est une folie pour ceux qui périssent. Mais pour nous, les sauvés, c'est une force divine. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages ; je réprouverai la prudence des prudents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas rendu folle la sagesse du monde ? Le monde, avec sa sagesse, n'ayant pas connu Dieu sous le régime de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver ceux qui consentent à croire par la folie de la prédication. Et tandis que les Juifs veulent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous prêchons, nous, le Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les gentils. Mais pour ceux qui sont appelés, Juifs ou Grecs, le Christ est force de Dieu et sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.
-L'enfance de Paul-François Danei
Paul-François Danei, aîné d’une famille de 16 enfants, dont seulement six survivront après l’enfance, naquit le 3 janvier 1694, à Ovada (diocèse d’Acqui), en Ligurie, dans la République de Gênes. Il était le fils de Luchino Danei, issu d'une famille noble et commerçant à Castellezzo, et d'Anna-Maria Massari. Pour éviter le tumulte et les embarras de la guerre qui désolaient le Montferrat et d'autres contrées de la Lombardie, le couple Danei se retira à Ovada, dans l'espoir d'y mener une vie plus tranquille. C'est là que Paul-François vit le jour. On raconte que la nuit de sa naissance, pendant qu'il venait au monde, la chambre s'éclaira d'une manière extraordinaire...
Désormais, obligée de vivre dans une région qui n'était pas la sienne, la famille connut une pauvreté parfois éprouvante, mais toujours acceptée avec résignation; la vie chrétienne était irréprochable. En 1695, naquit le second fils, Jean-Baptiste Danei, qui fut, durant toute sa vie, le compagnon fidèle de Paul-François. Cofondateur de la congrégation de la Passion de Jésus-Christ, les Passionistes, on peut affirmer que Jean-Baptiste vécut la même sainteté que son frère aîné. En 1709, Luchino Danei retourna dans son pays natal, Castellazo, où il établit son commerce et sa famille.
Doué d'une intelligence remarquable, Paul fit quelques études à Crémolino sous la conduite d’un vénérable prêtre. Par ailleurs, tous les enfants de la famille Danei bénéficièrent d'une éducation chrétienne riche des enseignements de la foi et très pieuse. Tous les jours les parents lisaient ou racontaient la vie des saints qu'ils connaissaient. Quel meilleur exemple pour se former à la vie et croître en vertu que d'essayer d'imiter les saints? De plus, on priait en famille la Vierge Marie, et Paul-François et son frère Jean-Baptiste ne négligeaient pas d'honorer de leur mieux la Reine du ciel, leur Protectrice.
Et la Vierge Marie acceptait leurs hommages. On racontait "qu'un jour, par une de ces imprudences si communes à cet âge, ils étaient tombés dans la rivière du Tanaro et en grand danger d'être noyés, quand tout à coup ils virent apparaître une Dame très belle et très gracieuse, qui, leur donnant la main avec bonté, les délivra des eaux et de la mort. Ce miracle était un gage de la bienveillance qu'elle leur porta toujours dans la suite."
Il convient d'ajouter que Paul-François et son frère Jean-Baptiste, aimaient construire de petits autels et se prosterner devant une petite statuette de l'Enfant-Jésus.
« Le véritable directeur spirituel, c’est le Saint-Esprit, l’Esprit de la vraie liberté, le mystère de l’Amour qui unit le Père et le Fils. Lui seul inspire les âmes, Lui seul les élève jusqu’à Dieu, Lui seul conduit les âmes à ‘l’abandon d’amour’. L’Esprit-Saint est le souffle de la vie qui nous conduit à nous perdre dans l’infini de l’Être divin. »
« Par-dessus tout laissez-vous guider par l’Esprit-Saint. Tenez-vous dans votre anéantissement, et quand vous sentez les attractions et les impressions divines, suivez cette invitation que Dieu vous fait. Restez alors tout abîmée en Lui dans un silence sacré, ou en vous tenant tout absorbée dans la contemplation des perfections divines par une profonde stupeur amoureuse, ou bien en exultant dans les divines louanges, ou bien pénétrée par l’amour et les douleurs de peines de Jésus, etc. Mais tâchez de le faire avec dépouillement de votre imagination, vous tenant en pure foi, sans image… »
Et, parlant de Jésus-Eucharistie, Paul écrit à Agnès Grazi le 17 janvier 1738: « … Plongez-vous toute en ce feu qui brûle en son très saint Cœur, et laissez-vous réduire en cendre. Puis laissez au souffle d’amour de l’Esprit-Saint la liberté de répandre le rien de cette cendre dans le Tout infini de la Divinité… »
Saint Pierre Canisius confesseur et docteur
Collecte
Dieu qui, pour défendre la foi catholique, avez affermi le bienheureux Pierre, votre confesseur, en vertu et en science : accordez, dans votre bonté, que par ses exemples et ses avertissements, les égarés viennent à résipiscence pour leur salut et les fidèles persévèrent dans la confession de la vérité. Par...
Épitre Tm II. 4, 1-8
Mon bien-aimé : je t'adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui soit juger les vivants et les morts, par son avènement et son royaume : prêche la parole ; interviens à temps et à contretemps ; reprends, supplie, menace, en toute patience et doctrine. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais ils se choisiront une foule de maîtres selon leurs désirs, avides de ce qui flatte l'oreille. Ils détourneront l'oreille de la vérité pour l'ouvrir à des fables.
Quant à toi, sois vigilant, travaille constamment, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile, remplis jusqu'au bout de ton ministère. Sois sobre. Car, en ce qui me concerne, me voici déjà répandu en libation et le moment de mon départ est proche. J'ai combattu le bon combat ; j'ai accompli ma course jusqu'au bout ; j'ai gardé la foi. Elle est prête désormais, la couronne de justice que me donnera le Seigneur, le juste juge, en ce grand jour ; non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son avènement.
La messe était présidée par Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, au centre. A dr.: Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle et le prévôt de la cathédrale Jean-Jacques Martin | © Bernard Hallet
IIIe Dimanche après Pâques
Introït
Acclamez Dieu, terre entière, alléluia ; faites entendre une hymne à son nom, alléluia ; donnez de la gloire à sa louange, alléluia, alléluia, alléluia. Ps. 65 Dites à Dieu : Que vos œuvres sont redoutables, Seigneur ! Devant la grandeur de votre puissance vos ennemis même devront vous honorer. ℣. Gloire...
Collecte
Ô Dieu, afin que les égarés puissent revenir dans la voie de la justice, vous leur montrez la lumière de votre vérité ; donnez donc à tous ceux qui portent le nom de chrétien de repousser ce qui est contraire à ce nom, et de suivre ce qui lui convient. Par..
Épitre P I. 2, 11-19
Mes bien-aimés, je vous exhorte, en votre qualité d'étrangers et de voyageurs, à vous abstenir des désirs de la chair qui font la guerre à l'âme. Que votre conduite au milieu des païens soit bonne, afin que ceux qui vous calomnient comme des malfaiteurs, voient vos bonnes œuvres et en glorifient Dieu au jour de sa visite. Soyez donc soumis à toute créature à cause de Dieu : au roi, parce qu'il est souverain ; aux gouverneurs, parce qu'ils sont délégués par lui pour punir les malfaiteurs et honorer les gens de bien. Car c'est la volonté de Dieu que vous fassiez taire par vos bonnes œuvres les insensés qui vous méconnaissent. Agissez comme des hommes vraiment libres et n'imitez pas ceux qui cachent leur malice sous le voile de la liberté ; mais vivez comme des serviteurs de Dieu. Honorez tous les hommes ; aimez vos frères ; craignez Dieu ; honorez le roi. Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres en toute déférence, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais encore à ceux qui sont difficiles. Car c'est là une grâce, dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Évangile Jn 16, 16-22
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je vais au Père. » Ses disciples se dirent alors entre eux : « Que veut-il dire par là : "Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je vais au Père" ? » Ils se demandaient : « Qu'est-ce que cela signifie : "Encore un peu de temps" ? Nous ne savons pas ce qu'il veut dire. »
Jésus connut qu'ils voulaient l'interroger, et il leur dit : « Vous vous demandez entre vous pourquoi j'ai dit : "Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez." En vérité, en vérité, je vous le dis : vous pleurerez et vous gémirez, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la tristesse mais votre tristesse se changera en joie. Lorsqu'elle enfante, la femme souffre parce que son heure est venue ; mais après qu'elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de ses douleurs, dans la joie qu'un homme soit venu au monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira, et votre joie, nul ne vous l'enlèvera. »
Secrète
Que ces mystères, Seigneur, nous donnent de pacifier les désirs terrestres et d'apprendre à aimer les choses du ciel. Par...
Postcommunion
Nous vous en prions, Seigneur : en leur qualité d'aliments spirituels, que les sacrements reçus nous restaurent, et en tant que secourent corporels, qu'ils nous protègent. Par...
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