Saints Denis évêque Rustique et Eleuthère, martyrs
Collecte
O Dieu, qui, en ce jour, avez fortifié le bienheureux Denis, votre Martyr et Pontife, lui donnant la constance dans l’épreuve du martyre, et qui avez daigné lui associer Rustique et Éleuthère, pour annoncer votre gloire aux Gentils ; faites-nous, s’il vous plaît, la grâce de mépriser, à leur exemple et pour l’amour de vous, les prospérités du monde et de ne craindre aucune de ses adversités.
Office
Quatrième leçon. Denis, Athénien et membre de l’Aréopage, était un personnage versé en toutes sortes de sciences. On rapporte qu’étant encore imbu des erreurs du paganisme, il remarqua que le soleil s’éclipsa, contrairement aux lois ordinaires, le jour où notre Seigneur fut crucifié, et qu’il s’écria : « Ou c’est le Dieu de la nature qui souffre, ou c’est la destruction de la machine du monde qui s’annonce. » Lorsque saint Paul, venu à Athènes et conduit à l’Aréopage, eut expliqué la doctrine qu’il prêchait, affirmant que le Seigneur Jésus-Christ était ressuscité et que tous les morts reviendraient à la vie, Denis crut en Jésus-Christ et, avec lui, beaucoup d’autres.
Cinquième leçon. Baptisé par l’Apôtre, il se vit confier l’administration de l’Église d’Athènes et, comme il était ensuite venu à Rome, le Pape saint Clément l’envoya prêcher l’Évangile dans les Gaules. Le Prêtre Rustique et le Diacre Éleuthère l’accompagnèrent jusqu’à Paris, où, ayant converti un grand nombre d’infidèles, Denis fut, pour ce motif, battu de verges avec ses compagnons, par ordre du préfet Fescennius. N’en continuant pas moins de prêcher la foi chrétienne, il fut saisi de nouveau, jeté sur un gril au-dessus d’un brasier, et endura encore plusieurs autres supplices avec ceux qu’il s’était associé.
Sixième leçon. Ces divers tourments, tous trois les subirent courageusement et avec joie. Denis, qui était âgé de plus de cent ans, eut enfin la tête tranchée, ainsi que Rustique et Éleuthère, le septième jour des ides d’octobre. On rapporte de ce saint Évêque, qu’il prit dans ses mains sa tête coupée, et la porta l’espace de deux mille pas. Il a composé des ouvrages admirables et vraiment célestes sur les Noms divins, la Hiérarchie céleste et ecclésiastique, la Théologie mystique, et quelques autres écrits
Prière de Saint Denis à la Très Sainte Vierge Marie pour le Royaume de France.
« Alors que je priais, je vis en esprit saint Denis qui parlait à la Vierge Marie, lui disant :
Vous êtes Reine de miséricorde, à laquelle toute miséricorde est donnée. Vous avez été faite Mère de Dieu pour le salut des misérables : ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien : le vôtre d’autant que ses habitants vous honorent de tout leur pouvoir ; le mien, d’autant que j’en suis le patron et qu’ils ont confiance en moi. En vérité, vous voyez combien d’âmes sont en danger chaque heure, et les corps des hommes y sont tués comme des bêtes, et ce qui est pis, les âmes descendent en enfer comme de la neige.
Consolez-les donc et priez pour eux, car vous êtes leur Dame, l’aide et le secours de tous ».
Sainte Brigitte veuve mémoire des Saints Serge Bacchus Marcel et Apulée Martyrs
Collecte
Seigneur notre Dieu, qui avez révélé par votre Fils unique, à la bienheureuse Brigitte, les secrets célestes, faites que, par sa pieuse intercession, nous qui sommes vos serviteurs, nous jouissions dans l’éternelle félicité de la manifestation de votre gloire.
Office
Quatrième leçon. Brigitte née en Suède de parents illustres et pieux, vécut très saintement. A cause d’elle, sa mère, qui la portait encore dans son sein, fut préservée d’un naufrage. A l’âge de dix ans, après avoir entendu un sermon sur la passion de notre Seigneur, elle vit la nuit suivante, Jésus en croix, couvert de son sang, comme s’il venait de le répandre. Il s’entretint avec elle de sa passion, et depuis lors, elle était si vivement affectée en méditant ce mystère, qu’elle n’y pouvait jamais penser sans répandre des larmes.
Cinquième leçon. Mariée à Ulfon, prince de Méricie, elle le porta aux œuvres de piété autant par ses excellents exemples que par ses paroles convaincantes. Remplie de piété dans l’éducation qu’elle donnait à ses enfants, elle s’occupait aussi des pauvres et surtout des malades et les servait avec un si grand amour dans une maison disposée pour eux, qu’elle avait coutume de leur laver et de leur baiser les pieds. Au retour d’un pèlerinage qu’elle avait fait avec son époux au tombeau de l’Apôtre saint Jacques, à Compostelle, Ulfon étant tombé dangereusement malade à Arras, Saint Denis apparut à Brigitte pendant la nuit, et lui prédit la guérison de son mari et d’autres événements à venir.
Sixième leçon. Ulfon s’étant fait moine cistercien et étant mort bientôt après, Brigitte entendit en songe l’appel du Christ et embrassa un genre de vie plus austère. Dans la suite, Dieu lui révéla plusieurs choses ignorées. Elle fonda à Wastein un monastère, sous la règle du Saint-Sauveur, qu’elle avait reçue du Seigneur lui-même. Étant allée à Rome sur un ordre du ciel, elle y excita puissamment de nombreuses âmes à l’amour de Dieu. Elle fit ensuite le pèlerinage de Jérusalem et revint à Rome, où elle fut prise d’une fièvre qui persista et la fit souffrir pendant une année entière. Elle partit pour le ciel, comblée de mérites, après avoir annoncé le jour de sa mort. On transporta son corps au monastère de Wastein. Illustrée par des miracles, elle a été mise au nombre des Saints par Boniface IX.
Les Promesses de Notre Seigneur pour la récitation des 15 Oraisons :
Comme il y avait longtemps que Sainte Brigitte de Suède désirait savoir le nombre de coups que Notre Seigneur reçut en sa Passion, un jour Il lui apparut et lui dit : « J'ai reçu en mon Corps 5480 coups. Si vous voulez les honorer par quelque vénération, vous direz 15 Notre Père, 15 Je Vous Salue Marie et les 15 oraisons, que je vais vous enseigner, pendant un an entier... L'année étant écoulée, vous aurez salué chacune de mes plaies » .
- Quiconque accomplira cette dévotion, délivrera du Purgatoire 15 âmes de sa lignée, 15 justes de sa même lignée seront confirmés en grâce et 15 pêcheurs de sa même lignée seront convertis.
- Celui qui dira ces Oraisons aura les premiers degrés de perfection et 15 jours avant sa mort, je lui donnerai mon précieux Corps et mon précieux Sang, afin que par ceux-ci, il soit délivré de la faim et de la soif éternelles. 15 jours avant sa mort, il aura une amère contrition de tous ses péchés et une parfaite connaissance de ceux-ci.
- Je mettrai le Signe de ma très victorieuse Croix devant lui, pour son secours et sa défense contre les embûches de ses ennemis.
- Avant sa mort, Je viendrai avec ma très chère et bien-aimée Mère, et Je recevrai bénignement son âme et la mènerai aux joies éternelles... L'ayant menée jusque là, Je lui donnerai un singulier trait à boire de la fontaine de ma Déité, ce que Je ne ferai point à d'autres ne disant pas mes 15 Oraisons.
- Celui qui dira ces 15 Oraisons est assuré d'être joint au suprême Choeur des Anges, et, quiconque les enseignera à un autre, sa joie et son mérite ne manqueront jamais, mais seront stables et dureront à perpétuité ».
1ère Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus-Christ ! douceur éternelle à ceux qui vous aiment, joie qui surpasse toute joie et tout désir, espoir et salut des pécheurs, qui avez témoigné n'avoir de plus grand contentement que d'être parmi les hommes jusqu'à prendre la nature humaine en la plénitude des temps pour l'amour d'eux, souvenez-vous des souffrances que vous avez endurées dès l'instant de votre conception et surtout dans le temps de votre sainte Passion, ainsi qu'il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la pensée divine. Souvenez-vous, Seigneur, que faisant la Cène avec vos disciples, après leur avoir lavé les pieds, vous leur avez donné votre Corps Sacré et votre Précieux Sang, et, tout en les consolant avec douceur, vous leur avez prédit votre prochaine Passion. Souvenez-vous de la tristesse et de l'amertume que vous avez éprouvées en votre âme, comme vous l'avez témoigné vous-même, disant : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Souvenez-vous, Seigneur, des craintes, angoisses et douleurs que vous avez endurées en votre Corps délicat avant le supplice de la Croix, quand, après avoir prié trois fois en répandant une sueur de Sang, vous avez été trahi par Judas, votre disciple, pris par la nation que vous aviez choisie et élevée, accusé par de faux témoins, injustement jugé par trois juges, en la fleur de votre jeunesse et dans le temps solennel de la Pâque. Souvenez-vous que vous avez été dépouillé de vos propres vêtements et revêtu de ceux de la dérision ; qu'on vous a voilé les yeux et la face, qu'on vous a donné des soufflets, que vous avez été couronné d'épines, qu'on vous a mis un roseau à la main, et qu'attaché à une colonne vous avez été déchiré de coups et accablé d'affronts et d'outrages. En mémoire de ces peines et douleurs que vous avez endurées avant votre Passion sur la Croix, donnez-moi avant la mort une vraie contrition, une pure et entière confession, une digne pénitence et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
2ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Vraie liberté des anges, paradis de délices, ayez mémoire de l'horreur de tristesse que vous avez endurée lorsque vos ennemis, tels des lions furieux, vous entourèrent, et par mille injures, crachats, soufflets, griffures et autres supplices inouïs, vous tourmentèrent à l'envie. En considération de ces tourments et de ces paroles injurieuses, je vous supplie, ô mon Sauveur, de me délivrer de mes ennemis visibles et invisibles, et de me faire arriver, sous votre protection, à la perfection du salut éternel. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
3ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Créateur du Ciel et de la Terre, que nulle chose ne peut borner ni limiter, vous qui enfermez et tenez tout sous votre Puissance, souvenez-vous de la douleur très amère que vous avez endurée lorsque les soldats, attachant vos mains sacrées et vos pieds très délicats à la Croix, les percèrent de part en part avec de gros clous émoussés et, ne vous trouvant pas dans l'état qu'ils voulaient pour contenter leur rage, agrandirent vos plaies, y ajoutèrent douleur sur douleur puis, par une cruauté inouïe, vous allongèrent alors sur la Croix et vous tirèrent de tous côtés en disloquant vos membres. Je vous conjure, par la mémoire de cette très sainte et très aimante douleur de la Croix, de me donner votre crainte et votre amour. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
4ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Céleste médecin, élevé sur la Croix pour guérir nos plaies par les vôtres, souvenez-vous des langueurs et meurtrissures que vous avez souffertes en tous vos membres, dont aucun ne demeurera en sa place, en sorte qu'il n'y avait douleur semblable à la vôtre. De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, aucune partie de votre Corps n'était sans tourments ; et cependant, oubliant vos souffrances, vous ne vous êtes point lassé de prier votre Père pour vos ennemis, lui disant : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ! » Par cette grande Miséricorde et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de votre très amère Passion opère en moi une parfaite contrition et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
5ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Miroir de splendeur éternelle, souvenez-vous de la tristesse que vous avez eue, lorsque, contemplant dans la lumière de votre divinité la prédestination de ceux qui devaient être sauvés par les mérites de votre sainte Passion, vous voyiez en même temps la multitude des réprouvés qui devaient être damnés par leurs péchés, et vous plaigniez amèrement ces malheureux pécheurs perdus et désespérés. Par cet abîme de compassion et de pitié, et principalement par la bonté que vous fîtes paraître envers le Bon Larron, lui disant : « Tu seras aujourd'hui avec moi en Paradis », je vous prie, ô doux Jésus, qu'à l'heure de ma mort vous me fassiez miséricorde. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
6ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Roi aimable et tout désirable, souvenez-vous de la douleur que vous avez eue quand, nu et comme un misérable, attaché et élevé en Croix, tous vos parents et vos amis vous abandonnèrent, excepté votre Mère bien-aimée qui demeura, en compagnie de saint Jean, très fidèlement auprès de vous dans l'Agonie et que vous avez recommandés l'un à l'autre en disant : « Femme, voilà ton fils ! », et à saint Jean : « Voilà ta mère ! » Je vous supplie, ô mon Sauveur, par le glaive de douleur qui alors transperça l'âme de votre sainte Mère, d'avoir compassion de moi en toutes mes afflictions et tribulations, tant corporelles que spirituelles, et de m'assister dans mes épreuves, surtout à l'heure de ma mort. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
7ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Fontaine de pitié inépuisable qui, par une profonde affection d'amour avez dit sur la Croix : « J'ai soif ! », mais de la soif du salut du genre humain, je vous prie, ô mon Sauveur, d'exalter le désir de mon cœur pour tendre à la perfection dans toutes mes œuvres, et d'éteindre entièrement en moi la concupiscence charnelle et l'ardeur des appétits mondains. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
8ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Douceur des cœurs, suavité des esprits, par l'amertume du fiel et du vinaigre que vous avez goûtés sur la Croix pour l'amour de nous, accordez-moi de recevoir dignement votre Corps et votre Sang Précieux pendant la vie et à l'heure de ma mort, pour servir de remède et de consolation à mon âme. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
9ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Vertu royale, joie de l'esprit, souvenez-vous de la douleur que vous avez endurée, lorsque plongé dans l'amertume à l'approche de la mort, insulté et outragé par les hommes, vous avez crié avoir été abandonné de votre Père, lui disant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Par cette angoisse, je vous conjure, ô mon Sauveur, ne m'abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de la mort. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
10ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Qui êtes en toutes choses commencement et fin, vie et vertu, souvenez-vous que vous vous êtes plongé pour nous dans un abîme de douleurs, de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. En considération de la grandeur de vos plaies, apprenez-moi à garder vos Commandements par une vraie charité, ces Commandements dont la voie est large et aisée pour ceux qui vous aiment. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
11ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Abîme très profond de Miséricorde, je vous supplie, en mémoire de vos Plaies qui ont pénétré jusqu'à la moelle de vos os et de vos entrailles, de me tirer, moi, misérable submergé par mes offenses, hors du péché, et de me cacher de votre face irritée dans les trous de vos Plaies, jusqu'à ce que votre colère et votre juste indignation soient passées. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
12ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Miroir de vérité, marque d'unité, lien de charité, souvenez-vous de la multitude de plaies dont vous avez été blessé de la tête aux pieds, déchiré et tout rougi par l'effusion de votre Sang adorable ! Ô grande et universelle douleur que vous avez soufferte pour l'amour de nous en votre chair virginale ! Très doux Jésus, qu'auriez-vous pu faire pour nous que vous n'ayez fait ! Je vous conjure, ô mon Sauveur, de marquer de votre Précieux Sang toutes vos plaies dans mon cœur, afin que j'y lise sans cesse vos douleurs et votre Amour. Que par le fidèle souvenir de votre Passion, le fruit de vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, et que votre Amour s'y augmente chaque jour, jusqu'à ce que je parvienne à vous qui êtes le trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je vous supplie de me donner, ô très doux Jésus, dans la vie éternelle. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
13ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Lion très fort, Roi immortel et invincible, ayez mémoire de la douleur que vous avez endurée, lorsque toutes vos forces, tant du cœur que du corps, étant épuisées, vous avez incliné la tête en disant : « Tout est consommé ! » Par cette angoisse et cette douleur, je vous supplie, Seigneur Jésus, d'avoir pitié de moi en la dernière heure de ma vie, lorsque mon âme sera dans l'angoisse et que mon esprit sera troublé. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
14ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Fils unique du Père, splendeur et figure de sa substance, souvenez-vous de l'humble recommandation que vous avez faite à votre Père, lui disant : « Mon Père, je remets mon esprit entre tes mains ! » Puis, votre Corps déchiré, votre Cœur brisé, et les entrailles de votre Miséricorde ouvertes pour nous racheter, vous avez expiré ! Par cette précieuse Mort, je vous conjure, ô Roi des saints, de me réconforter et de me secourir pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu'étant mort au monde je vive en vous seul. Recevez je vous prie, à l'heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilée qui retourne à Vous. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
15ème Oraison à Jésus-Christ de Sainte Brigitte de Suède :
« Ô Jésus ! Vraie et féconde vigne, souvenez-vous de l'abondante effusion de Sang que vous avez si généreusement répandue de votre Corps Sacré, ainsi que le raisin sous le pressoir. De votre côté percé d'un coup de lance par un soldat, vous avez donné du Sang et de l'Eau, de telle sorte qu'il n'en est plus demeuré une seule goutte. Et enfin, comme un faisceau de myrrhe élevé du haut de la Croix, votre Chair délicate s'est anéantie, l'humeur de vos entrailles s'est tarie, la moelle de vos os s'est desséchée. Par cette amère Passion et par l'effusion de votre Précieux Sang, je vous supplie, ô bon Jésus, de recevoir mon âme lorsque je serai à l'agonie. Ainsi soit-il. »
1 Pater Noster + 1 Ave Maria
Prière après l’oraison : « Ô Doux Jésus ! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon cœur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie Vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre Paradis et Vous louer à jamais avec tous Vos Saints. Ainsi soit-il. »
Sainte Brigitte de Suède (1303-1373)
Notre-Dame du Rosaire mémoire du XX dimanche après la Pentecôte
Introit
Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de la bienheureuse Vierge Marie. Cette solennité réjouit les Anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu. De mon cœur a jailli une parole excellente, c’est que je consacre mes œuvres à mon Roi.
Collecte
O Dieu, dont le Fils unique nous a obtenu le prix du salut éternel par sa vie, sa mort et sa résurrection ; faites, nous vous en prions, qu’honorant ces mystères au moyen du très saint Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, nous imitions ce qu’ils contiennent, et obtenions ce qu’ils promettent.
Lecture Pr. 8, 22-24 et 32-35
Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies, avant de faire quoi que ce soit, dès le principe. J’ai été établie dès l’éternité, et dès les temps anciens, avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue. Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi : Heureux ceux qui gardent mes voies. Écoutez mes instructions et soyez sages, et ne les rejetez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à ma porte, et qui se tient à la porte de ma maison. Celui qui me trouvera, trouvera la vie, et puisera le salut dans le Seigneur.
Evangile
En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. L’ange, étant entré auprès d’elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes. Elle, l’ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle se demandait quelle pouvait être cette salutation. Et l’ange lui dit : Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu 1ui donnera le trône de David son père, et il régnera éternellement sur la maison de Jacob ; et son règne n’aura pas de fin. Alors Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il ? Car je ne connais point d’homme. L’ange lui répondit : L’Esprit-Saint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Et voici qu’Elisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixième de celle qui est appelée stérile ; car il n’y a rien d’impossible à Dieu. Et Marie dit : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole.
Communion
Fleurissez des fleurs comme le lis ; exhalez votre parfum, émettez de gracieux rameaux ; chantez un cantique de louange, et bénissez le Seigneur dans ses œuvres
Office
AU PREMIER NOCTURNE.
Du livre de l’Ecclésiastique.
Première leçon. En toute choses, j’ai cherché du repos, et c’est dans l’héritage du Seigneur que je demeurerai. Alors a ordonné et m’a parlé le Créateur de l’univers ; et celui qui m’a créée a reposé dans mon tabernacle, et il m’a dit : Habite dans Jacob, et en Israël place ton héritage, et au milieu de mes élus, étends tes racines. Dès le commencement et avant tous les siècles, j’ai été créée, et jusqu’au siècle futur je ne cesserai pas d’être, et dans l’habitation sainte, j’ai exercé devant lui mon ministère. Et ainsi dans Sion j’ai été affermie, et dans la cité sainte je me suis reposée ; et dans Jérusalem est ma puissance. Et j’ai pris racine dans le peuple que le Seigneur a honoré, et dans la part de Dieu, [laquelle est] son héritage ; et dans l’assemblée entière des saints est ma demeure.
Deuxième leçon. Comme un cèdre, je me suis élevée sur le Liban, et comme un cyprès sur la montagne de Sion ; comme un palmier, je me suis élevée à Cadès, et comme des rosiers à Jéricho ; je me suis élevée comme un bel olivier dans les champs, et comme un platane sur le bord de l’eau, dans les places publiques. Comme le cinnamome et le baume aromatique, j’ai répandu une odeur ; comme la myrrhe de choix, j’ai exhalé une odeur suave ; et comme le storax, le galbanum, l’onyx, le stacté, et comme le Liban qui sort sans incision, j’ai rempli de vapeur mon habitation et comme un baume non mélangé est mon odeur. Moi, comme un térébinthe, j’ai étendu mes rameaux, et mes rameaux sont d’honneur et de grâce.
Troisième leçon. Moi, je suis la mère du pur amour, et de la crainte, et de la science, et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi toute l’espérance de la vie et de la vertu Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous de mes productions ; car mon esprit est plus doux que le miel, et mon héritage l’emporte sur le miel et le rayon. Ma mémoire vivra dans les générations des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m’écoute ne sera pas confondu ; et ceux qui agissent par moi ne pécheront pas. Ceux qui me font connaître auront la vie éternelle.
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. Quand l’hérésie albigeoise s’étendait avec impiété dans la province de Toulouse, et y poussait des racines de jour en jour plus profondes, saint Dominique, qui avait fondé récemment l’Ordre des Frères Prêcheurs, s’appliqua tout entier à la faire disparaître. Pour y arriver plus sûrement, il implora par des prières assidues le secours de la bienheureuse Vierge, dont les hérétiques attaquaient impudemment la dignité, et à laquelle il a été donné de détruire les hérésies dans l’univers entier. Dominique (à ce que rapporte la tradition), reçut de Marie l’avertissement de prêcher le Rosaire au peuple, comme un secours singulièrement efficace contre les hérésies et les vices ; et il est prodigieux de voir avec quelle ferveur, et aussi quel succès, il s’acquitta de la tâche qui lui avait été imposée. Or le Rosaire est une formule particulière de prière, dans laquelle on distingue quinze décades de salutations angéliques, décades séparées l’une de l’autre par l’oraison dominicale, et à chacune desquelles nous passons en revue et méditons pieusement les mystères de notre rédemption. C’est donc à partir de ce moment que, grâce à saint Dominique, cette manière de prier commença à se faire connaître et à se répandre ; et, qu’il en soit l’instituteur et l’auteur, on le trouve affirmé dans les lettres apostoliques de souverains Pontifes.
Cinquième leçon. De cette institution si salutaire, découlèrent sur le peuple chrétien d’innombrables bienfaits, parmi lesquels on cite avec raison la victoire que le très saint Pontife Pie V et les princes chrétiens, enflammés par ses paroles, remportèrent près des îles Echinades sur le puissant despote des Turcs. En effet, comme au jour même où fut remportée cette victoire, les confréries du très saint Rosaire adressaient à Marie, dans tout l’univers, les supplications accoutumées et les prières prescrites selon l’usage, le triomphe obtenu a été attribué, non sans raison, à ces prières. Grégoire XIII en a lui-même rendu témoignage, et, pour qu’en souvenir d’un bienfait si marqué, d’éternelles actions de grâces fussent rendues à la bienheureuse Vierge, invoquée par les fidèles sous l’appellation de Notre Dame du Rosaire, il a concédé un Office du rite double majeur, à célébrer à perpétuité, dans toutes les églises où il y avait un autel du Rosaire. D’autres Pontifes ont accordé des indulgences presque innombrables à ceux qui réciteraient le Rosaire, comme aux confréries de ce même Rosaire.
Sixième leçon. Clément XI attribuait en son cœur à l’efficacité des mêmes prières, la victoire également insigne remportée l’an mil sept cent seize dans le royaume de Hongrie, sur les troupes innombrables des Turcs, par Charles VI, empereur des Romains, car cette victoire arriva le jour où l’on célébrait la fête de la Dédicace de sainte Marie aux Neiges, et environ à l’heure où les confrères du très saint Rosaire, ayant organisé dans la Ville sainte une supplication publique et solennelle, avec un immense concours de peuple et une grande marque de religion, versaient aux pieds du Seigneur de ferventes prières pour la défaite des Turcs, et imploraient humblement le puissant secours de la Vierge Mère de Dieu, en faveur des Chrétiens. En raison de ces circonstances, Clément XI jugea donc devoir pieusement attribuer à la protection de la bienheureuse Vierge cette victoire, ainsi que la délivrance de l’île de Corcyre, assiégée par les Mahométans, qui la suivit de près. Pour que ce nouveau bienfait, si insigne aussi, laissât un souvenir et une reconnaissance perpétuels, il étendit à l’Église universelle, sous le même rite, la Fête du très saint Rosaire. Benoît XIII ordonna d’insérer toutes ces faveurs dans le Bréviaire romain. Enfin Léon XIII, dans nos temps si troublés pour l’Église et en présence de l’affreux déchaînement des maux qui nous accablent depuis si longtemps, a souvent et vivement excité par des lettres apostoliques, réitérées, tous les fidèles du monde à la dévotion du Rosaire de Marie, les engageant à le réciter, surtout pendant le mois d’octobre. Il a, de plus, élevé cette fête à un grade supérieur, et ajouté aux Litanies de Lorette l’invocation de « Reine du très saint Rosaire, » et enfin concédé à l’Église universelle un Office propre pour la même solennité. Vénérons donc toujours la très sainte Mère de Dieu, au moyen de cette dévotion qui lui est très agréable ; et celle qui, tant de fois invoquée par les fidèles du Christ confiants dans les supplications du Rosaire, nous a obtenu d’abaisser et d’anéantir nos ennemis terrestres, nous accordera pareillement de triompher de ceux de l’enfer.
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Homélie de saint Bernard, Abbé.
Septième leçon. Voulant faire apprécier sa grâce et confondre la sagesse humaine, Dieu daigna prendre chair d’une femme, mais d’une vierge, afin de restituer la ressemblance par un semblable, de guérir le contraire par un contraire, d’arracher l’épine vénéneuse et d’effacer, avec une souveraine puissance, la cédule du péché. Eve a été l’épine, en blessant, et Marie, la rose, en gagnant l’affection de tous. Eve a été l’épine inoculant la mort à tous, et Marie la rose qui nous a tous guéris. Marie fut une rose blanche par la virginité, et rouge par la charité ; blanche par la chasteté de son corps, rouge par la ferveur de son esprit ; blanche en recherchant la vertu, rouge en foulant aux pieds les vices ; blanche par la pureté des affections, rouge par la mortification de la chair ; blanche en aimant Dieu, rouge en compatissant au prochain.
Huitième leçon. « Le Verbe s’est fait chair, » et déjà il habite en nous. Il habite dans notre mémoire, il habite dans notre pensée, car il descend jusque dans notre imagination elle-même. Comment cela, dites-vous ? En gisant sur la paille de la crèche, en reposant sur un sein virginal, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit en prières, en se laissant suspendre à la croix et défigurer par le trépas, en se montrant « libre entre les morts » et en commandant à l’enfer ; en ressuscitant le troisième jour, en montrant à ses Apôtres, dans les traces des clous, les signes de sa victoire, enfin en s’élevant devant eux au plus haut du ciel.
Neuvième leçon. Est-ce que chacun de ces faits n’inspire pas des pensées vraies, pieuses, saintes ? Quand je les repasse dans mon esprit, c’est à Dieu que je pense, et dans ces mystères, je trouve mon Dieu. Méditer ces choses, selon moi, c’est sagesse, et, à mon jugement, c’est prudence que d’en ramener le souvenir, souvenir dont la douceur est comme l’amande du fruit produit en abondance par la verge d’Aaron, et que Marie est allée cueillir dans les hauteurs des cieux, pour le répandre sur nous à profusion. Oui, c’est bien au plus haut des cieux qu’elle est allée le prendre, et par delà les Anges, quand elle a reçu le Verbe du sein de Dieu même, pour nous enrichir. C’est dans les hauteurs et plus haut que les Anges, que Marie a reçu le Verbe, du sein même du Père.
Saint Bruno confesseur fondateur de l'ordre des Chartreux
Collecte
Que l’intercession de votre Confesseur saint Bruno nous soit en aide, nous vous en prions, Seigneur, afin que ses mérites et ses prières nous obtiennent le pardon des péchés, par lesquels nous avons gravement offensé votre majesté.
Office
Quatrième leçon. Bruno, fondateur de l’Ordre des Chartreux, naquit à Cologne. Dès le berceau, il montra de tels indices de sa sainteté future, par la gravité de ses mœurs, par le soin qu’il mettait, avec le secours de la grâce divine, à fuir les amusements frivoles de cet âge, qu’on pouvait déjà reconnaître en lui le père des moines, en même temps que le restaurateur de la vie anachorétique. Ses parents, qui se distinguaient autant par leur noblesse que par leurs vertus, l’envoyèrent à Paris, et il y fit de tels progrès dans l’étude de la philosophie et de la théologie, qu’il obtint le titre de docteur et de maître dans l’une et l’autre faculté. Peu après, il se vit, en raison de ses remarquables vertus, appelé à faire partie du Chapitre de l’Église de Reims.
Cinquième leçon. Quelques années s’étant écoulées, Bruno renonçant au monde avec six de ses amis se rendit auprès de saint Hugues, Évêque de Grenoble. Instruit du motif de leur venue, et comprenant que c’était eux qu’il avait vus en songe, la nuit précédente, sous l’image de sept étoiles se prosternant à ses pieds, il leur concéda, dans son diocèse, des montagnes très escarpées connues sous le nom de Chartreuse. Hugues lui-même accompagna Bruno et ses compagnons jusqu’à ce désert, où le Saint mena pendant plusieurs années la vie érémitique. Urbain II, qui avait été son disciple, le fit venir à Rome, et s’aida quelques années de ses conseils dans les difficultés du gouvernement de l’Église, jusqu’à ce que, Bruno ayant refusé l’archevêché de Reggio, obtint du Pape la permission de s’éloigner.
Sixième leçon. Poussé par l’amour de la solitude, il se retira dans un lieu désert, sur les confins de la Calabre, près de Squillace. Ce fut là que Roger, comte de Calabre, étant à la chasse, le découvrit en prière, au fond d’une caverne où ses chiens s’étaient précipités à grand bruit. Le comte, frappé de sa sainteté, commença à l’honorer et à le favoriser beaucoup, lui et ses disciples. Les libéralités de Roger ne demeurèrent pas sans récompense. En effet, tandis qu’il assiégeait Capoue, Sergius, un de ses officiers, ayant formé le dessein de le trahir, Bruno, vivant encore dans le désert susdit, apparut en songe au comte et, lui découvrant tout le complot, le délivra d’un péril imminent. Enfin, plein de mérites et de vertus, non moins illustre par sa sainteté que par sa science, Bruno s’endormit dans le Seigneur et fut enseveli dans le monastère de Saint-Etienne, construit par Roger, où son culte est resté jusqu’ici en grand honneur.
Quelques extraits des «Statuts» de l'ordre :
« Séparés de tous, nous sommes unis à tous car c'est au nom de tous que nous nous tenons en présence du Dieu vivant. » Statuts 34.2
« Notre application principale et notre vocation sont de vaquer au silence et à la solitude de la cellule. Elle est la terre sainte, le lieu où Dieu et son serviteur entretiennent de fréquents colloques, comme il se fait entre amis. Là, souvent l'âme s'unit au Verbe de Dieu, l'épouse à l'Époux, la terre au ciel, l'humain au divin ». (Statuts 4.1)
Éloge de la vie solitaire, par Guigues
Les moines qui ont fait l'éloge de la solitude ont voulu porter témoignage d'un mystère dont l'expérience leur avait révélé les richesses, mais que seuls les bienheureux achèvent de découvrir. Un grand sacrement s'y accomplit, celui du Christ et de l'Église, dont nous trouvons l'exemple éminent dans la Vierge Marie ; tout entier présent en chaque âme fidèle, il y est caché ; mais par la vertu de la solitude il nous révèle mieux sa profondeur.
Dans le présent chapitre, repris des Coutumes de Guigues, nous recueillerons donc comme les étincelles jaillies d'une âme : celle du moine à qui l'Esprit confia la mission de rédiger les premières lois de notre Ordre. Ces paroles de notre cinquième prieur, si elles interprètent l'Écriture selon l'ancienne allégorie, touchent cependant, pour qui sait les entendre, la vérité la plus haute, dont la possession nous unit à nos pères en la fruition d'une même grâce.
Les mérites de la vie solitaire, à laquelle nous sommes spécialement appelés, nous serons brefs, car nous savons combien l'ont recommandée une multitude de saints et de sages d'une telle autorité que nous ne sommes pas dignes de marcher sur leurs traces.
Vous le savez en effet, dans l'Ancien Testament et surtout dans le Nouveau, les secrets les plus sublimes et les plus profonds ont presque toujours été révélés aux serviteurs de Dieu non point dans le tumulte des foules, mais lorsqu'ils étaient seuls. Eux-mêmes, quand ils désiraient se livrer à une méditation plus profonde, à une prière plus libre, ou se laisser ravir hors du monde en esprit, ont ordinairement évité les embarras de la société humaine, et recherché les avantages de la solitude.
Ainsi, pour en dire un mot, Isaac s'en va seul aux champs pour méditer ; et l'on doit croire que ce n'était pas chez lui hasard, mais coutume. Jacob envoie en avant tout son monde pour demeurer seul ; il voit Dieu face à face et reçoit l'heureux partage d'une bénédiction et d'un nom meilleur, obtenant plus en un moment de solitude que durant toute une vie parmi les hommes.
L'Écriture atteste aussi combien Moïse, Élie et Élisée aiment la solitude, combien grâce à elle ils vont plus avant dans la découverte des secrets divins, comment ils sont en continuel danger parmi les hommes tandis que, seuls, ils reçoivent la visite de Dieu.
De même Jérémie, pénétré de la colère divine, demeure assis solitaire. Quand il réclame de l'eau pour sa tête et, pour ses yeux, une source de larmes afin de pleurer les tués de son peuple, il demande aussi le lieu approprié pour accomplir en toute liberté une œuvre si sainte : Qui me trouvera, dit-il, un abri de voyageurs au désert, comme s'il ne pouvait accomplir la même œuvre dans la cité ; ce qui laisse entendre combien la présence de compagnons fait obstacle à la grâce des larmes. C'est lui encore qui déclare : Il est bon d'attendre en silence le salut de Dieu, occupation qui reçoit de la solitude une aide éminente ; et il ajoute : Il est bon pour un homme d'avoir porté le joug dès l'adolescence, parole où nous trouvons grand réconfort, nous qui suivons cette voie, pour la plupart, depuis notre jeunesse. Il dit enfin : Le solitaire restera assis dans le silence, pour s'élever au-dessus de soi, exprimant par ces mots à peu près tout ce que notre vie a de meilleur : le repos et la solitude, le silence et l'ardent désir des choses d'en haut.
Il montre ensuite quelle transformation s'opère en l'homme à pareille école ; car il ajoute : À qui le frappe il tendra la joue, et il sera rassasié d'outrages : là resplendit le sommet de la patience, et ici, le degré parfait de l'humilité.
Jean Baptiste, dont le Sauveur fit cet éloge : Parmi les enfants des femmes, il n'en est pas surgi de plus grand, manifeste lui aussi la sécurité et l'utilité que procure la solitude. Malgré la parole divine selon laquelle il serait rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère, et précéderait le Christ Seigneur avec l'esprit et la puissance d'Élie, malgré sa naissance miraculeuse et la sainteté de ses parents, il ne se crut pas en sûreté. Fuyant la société des hommes comme dangereuse, il choisit la solitude du désert comme plus sûre ; de fait, il put éviter le péril et la mort aussi longtemps qu'il vécut seul en des lieux écartés. Ce qu'il y gagna en vertu et en mérite, il le montra par le baptême du Christ et par la mort endurée pour la justice. Car il devint si grand dans la solitude, qu'il fut jugé seul digne de verser l'eau purificatrice sur le Christ source de toute pureté, et sut, pour la cause de la vérité, ne récuser ni la prison, ni la mort.
Jésus lui-même, Dieu et Seigneur, dont la vertu ne pouvait trouver un appui dans la retraite ni un obstacle dans la société des hommes, a eu soin pourtant de nous laisser un exemple : avant son ministère de prédication et de miracles, il s'est en quelque sorte soumis dans la solitude à l'épreuve de la tentation et du jeûne. L'Écriture nous rapporte de lui que, délaissant la foule des disciples, il gravissait seul la montagne pour prier. Puis, à l'heure où sa Passion est imminente, il abandonne les apôtres et s'en va prier seul : exemple qui fait saisir, entre tous, combien la solitude est favorable à la prière, puisqu'il ne veut pas prier parmi des compagnons, fusent-ils ses apôtres.
À ce propos, nous ne saurions passer ici sous silence un mystère que nous devons avant tout imiter : c'est lui, le Seigneur et le Sauveur du genre humain, qui a daigné offrir en sa personne le premier et vivant exemple de notre Ordre, lorsque, seul au désert, il vaquait à la prière et aux exercices intérieurs, brisait son corps par le jeûne, les veilles et autres fruits de pénitence, et surmontait les tentations de l'adversaire par les armes de l'esprit.
Et maintenant considérez vous-mêmes ces Pères saints et vénérables : Paul, Antoine, Hilarion, Benoît, et tant d'autres dont nous ignorons le nombre ; voyez le profit spirituel qu'ils ont recueilli de la solitude : et vous reconnaîtrez que le goût de la psalmodie, l'application à la lecture, la ferveur de la prière, la profondeur de la méditation, le ravissement de la contemplation, le baptême des larmes, n'ont pas d'aide plus puissante que la solitude.
Mais ne vous contentez pas de ces quelques exemples à la louange de la vie que vous avez embrassée ; efforcez-vous d'en rassembler d'autres, pris de votre expérience quotidienne ou des pages de la sainte Écriture.
Profession de foi de Saint Bruno à l'heure de sa mort
Je crois fermement au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : le Père non engendré, le Fils seul engendré, le Saint-Esprit procédant de l'un et de l'autre ; et je crois que ces trois Personnes sont un seul Dieu.
Je crois que ce même Fils de Dieu a été conçu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie.
Je crois que la Vierge était très chaste avant l'enfantement, qu'elle est demeurée vierge dans l'enfantement et l´est restée éternellement par la suite.
Je crois que ce même Fils de Dieu a été conçu parmi les hommes comme un homme véritable, sans péché.
Je crois que ce même Fils de Dieu a été victime de la haine des Juifs, et qu´après avoir été injustement fait prisonnier, Il a été couvert de crachats et d´insultes et flagellé ; qu'il est mort, a été enseveli et qu'il est descendu aux enfers pour en libérer les siens qui s'y trouvaient captifs; qu'il est descendu des Cieux pour notre rédemption, est ressuscité et est remonté aux Cieux d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois aux Sacrements en lesquels croit l'Église catholique et qu´elle vénère ; je crois particulièrement que ce qui est consacré sur l'autel est le vrai Corps, la vraie Chair et le vrai Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous recevons pour la rémission de nos péchés, dans l´espérance du salut éternel.
Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Amen.
Je confesse et je crois en la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, qui est un seul Dieu par nature, d'une seule substance, d'une seule nature, d'une seule majesté et puissance.
Nous professons que le Père n'a été ni engendré ni créé, mais qu'il est inengendré. Le Père lui-même ne tire son origine de personne.
De Lui, le Fils reçoit la naissance et le Saint-Esprit la procession.
Il est donc la source et l´origine de toute la Divinité.
Et le Père, ineffable par essence, a, de sa substance, engendré le Fils ineffablement ; sans engendrer autre chose que ce qu'il est lui-même : Dieu a engendré Dieu, la Lumière a engendré la Lumière.
C'est donc de Lui que découle toute Paternité, au Ciel et sur la terre.
Amen.
Saint François d’Assise confesseur
Collecte
O Dieu, qui, par les mérites du bienheureux François, avez enrichi votre Église, en lui donnant une nouvelle famille, faites-nous la grâce de l’imiter en méprisant les biens de la terre, et d’avoir la joie de participer toujours aux dons célestes.
Épitre Ga. 6, 14-18
Mes Frères : Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n’est dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. Car, dans le Christ Jésus, ce n’est pas la circoncision qui sert à quelque chose, ni l’incirconcision, mais la nouvelle créature. Tous ceux qui suivront cette règle, que la paix et la miséricorde soient sur eux, et sur l’Israël de Dieu. Que personne à l’avenir ne me cause de la peine ; car je porte sur mon corps les stigmates du Seigneur Jésus.. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, mes frères. Amen
Office
Quatrième leçon. François naquit à Assise en Ombrie, et suivit l’exemple de son père, en se livrant au commerce, dès sa jeunesse. Un jour qu’un pauvre lui demanda l’aumône pour l’amour de Jésus-Christ, François, contre son habitude, le repoussa d’abord, mais troublé aussitôt de ce refus, il lui accorda plus qu’il n’avait coutume de donner, et, le jour même promit à Dieu de ne jamais refuser son aumône à quiconque la lui demanderait. Quelque temps après il tomba gravement malade, et à peine fut-il guéri qu’il commença à se livrer très ardemment aux offices de la charité, et fit de tels progrès dans cette vertu qu’épris de la perfection évangélique il distribuait aux pauvres tout ce qu’il possédait. Son père ne put souffrir une telle conduite, aussi l’obligea-t-il, par devant l’Évêque d’Assise, à renoncer à tous les biens patrimoniaux. François abandonna tout et jusqu’à ses habits, disant que désormais il aurait un motif de plus de répéter : Notre Père, qui êtes aux cieux.
Cinquième leçon. Ayant entendu lire cette parole de l’Évangile : « Ne possédez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, » François se proposa de la prendre pour règle de vie. Quittant donc ses chaussures, se contentant d’une seule tunique, et s’associant douze compagnons, il institua l’Ordre des Mineurs. En l’année mil deux cent neuf, il se rendit à Rome, pour que le Saint-Siège confirmât la règle de son Ordre. Sa demande fut d’abord rejetée par le souverain Pontife Innocent III. Mais ayant vu en songe, pendant la nuit, celui qu’il avait repoussé, soutenir sur ses épaules la basilique de Latran chancelante, le Pape, troublé par cette vision, fit rechercher François, le reçut avec bonté et confirma sa règle. Le saint fondateur envoya donc ses frères prêcher l’Évangile dans tout l’univers ; et lui-même, ambitionnant la gloire du martyre, fit voile pour la Syrie, où il fut reçu par le Soudan avec toutes sortes d’égards. N’obtenant pas le résultat qu’il désirait, il revint en Italie.
Sixième leçon. Après avoir construit quantité de maisons de son institut, François se retira dans la solitude, sur le mont Alverne. Ayant commencé là un jeûne de quarante jours, en l’honneur de l’Archange saint Michel, il advint qu’en la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, un Séraphin lui apparut, portant entre ses ailes l’image du Crucifié. Ce Séraphin imprima sur les mains, les pieds et le côté de François, les stigmates des clous. Saint Bonaventure affirme dans ses lettres avoir entendu le Pape Alexandre IV déclarer, dans un sermon, qu’il avait vu les stigmates. Ces témoignages de l’amour de Jésus-Christ excitèrent l’admiration de tous. Enfin, deux ans après, se sentant gravement malade, François voulut qu’on le transportât dans l’église de Sainte-Marie-des-Anges, afin de rendre, son dernier souffle là même où Dieu lui avait accordé la vie de la grâce. En ce lieu, il exhorta ses frères à conserver très fidèlement la pauvreté, la patience et la foi de la sainte Église romaine. Pendant qu’il récitait le Psaume : « De ma voix, j’ai crié vers le Seigneur, » étant arrivé à ce verset : « Des justes m’attendent jusqu’à ce que vous m’exauciez, » il rendit son âme à Dieu. C’était le quatrième jour des nones d’octobre. De nombreux miracles l’ayant illustré, Grégoire IX l’inscrivit au catalogue des Saints.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus vierge et docteur de l’Eglise
Collecte
Seigneur qui avez dit : Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux, donnez-nous, nous vous en supplions, de suivre les traces de votre sainte Vierge Thérèse dans la voie de l’humilité et de la simplicité du cœur, en sorte que nous méritions de partager sa récompense éternelle. Vous qui vivez.
Au premier nocturne.
Du Cantique des Cantiques. Cap. 2, 1-6 ; 10-14 ; 5, 1 ; 6, 1-3.
Première leçon. Je suis la fleur des champs, et le lis des vallées. Comme un lis parmi les épines, telle est ma bien-aimée parmi les jeunes filles. Comme un pommier parmi les arbres des forêts, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. Je me suis assise à l’ombre de celui que j’avais désiré, et son fruit est doux à ma bouche. Il m’a introduite dans le cellier à vin ; il a réglé en moi l’amour. Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des fruits, car je languis d’amour. Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrasse de sa main droite.
Deuxième leçon. Voilà mon bien-aimé qui me parle : Lève-toi, hâte-toi, mon amie, ma colombe, ma belle, et viens. Car l’hiver est déjà passé ; la pluie a cessé et s’en est allée. Les fleurs ont paru sur notre terre, le temps de tailler la vigne est venu ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre terre ; le figuier a poussé ses premiers fruits ; les vignes en fleur ont répandu leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ; ma colombe, toi qui te retires dans les creux de la pierre et dans les enfoncements de la muraille, montre-moi ton visage, que ta voix résonne à mes oreilles ; car ta voix est douce, et ton visage est agréable.
Troisième leçon. Que mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange du fruit de ses arbres. Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, mon épouse ; j’ai recueilli ma myrrhe avec mes parfums ; j’ai mangé le rayon avec mon miel ; j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, mes amis, et buvez, et enivrez-vous, mes bien-aimés. Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, dans le parterre des plantes aromatiques, pour se nourrir dans les jardins et pour cueillir des lis. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi, lui qui se nourrit parmi les lis. Tu es belle, ô mon amie, suave, et belle comme Jérusalem, terrible comme une armée rangée en bataille.
Quatrième leçon. Thérèse de l’Enfant Jésus naquit à Alençon, en France, de parents honorables, et remarquables par leur singulière et fervente piété envers Dieu. Aussi aspirait-elle dès sa plus tendre enfance à la vie religieuse. Elle fit dès lors sérieusement la promesse de ne rien refuser à Dieu de ce qu’il lui paraîtrait désirer d’elle, promesse à laquelle elle s’efforça d’être fidèle jusqu’à la mort. Ayant perdu sa mère au cours de sa cinquième année, elle s’abandonna totalement à la Providence de Dieu, sous la garde vigilante d’un père très aimant, et de ses sœurs aînées. A leur école, Thérèse s’élança comme un géant, pour courir dans la voie de la perfection. A l’âge de neuf ans elle fut confiée, pour son éducation, aux religieuses de l’ordre de Saint Benoît, à Lisieux, et se fit remarquer là par son intelligence supérieure des choses surnaturelles. A dix ans, une grave et mystérieuse maladie la fit longtemps souffrir. Elle en fut miraculeusement délivrée, comme elle le raconte elle-même, par le secours de la Bienheureuse Vierge qui lui apparut souriante, au cours d’une neuvaine où elle était invoquée sous son titre de Notre-Dame des Victoires. Pleine alors d’une angélique ferveur, elle se prépara avec le plus grand soin au banquet sacré, où le Christ se fait notre aliment.
Cinquième leçon. Sitôt qu’elle eut reçu pour la première fois le Pain Eucharistique, elle manifesta une faim insatiable de cette céleste nourriture. Comme inspirée, elle demandait à Jésus de changer pour elle, en amertume toutes les consolations du monde. Dès lors, toute brûlante d’amour pour le Christ notre Seigneur e pour l’Église, elle n’eut bien tôt de plus grand désir que d’entrer dans l’Ordre des Carmélites déchaussées, afin de pouvoir par son immolation et ses sacrifices, « aider les prêtres, les missionnaires toute l’Église », et de gagner des âmes sans nombre à Jésus-Christ, comme plus tard près de mourir, elle promit de continuer à le faire auprès de Dieu. Elle éprouva de grandes difficultés à embrasser la vie religieuse à cause de sa jeunesse, mais elle le : surmonta avec une force d’âme incroyable, et, à l’âge de quinze ans, entra avec bonheur au Carmel de Lisieux. Là, Dieu opéra d’admirables ascensions dans le cœur de Thérèse, qui, imitant la vie cachée de la Vierge Marie, produisit comme un jardin fertile, les fleurs de toutes les vertus, mais surtout celle d’une éminente charité pour Dieu et pour le prochain.
Sixième leçon. Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires.
Au troisième nocturne.
Homélie de saint Léon Pape.
Septième leçon. Tout l’apprentissage de la sagesse chrétienne, mes bien-aimés, ne consiste ni dans l’abondance des paroles, ni dans la subtilité des discussions, ni dans l’appétit de la louange et de la gloire, mais dans une humilité sincère et volontaire, telle que le Seigneur Jésus Christ l’a adoptée et enseignée comme la seule grandeur d’âme, depuis le sein de sa mère jusqu’àu supplice de la croix. Car, un jour où ses disciples discutaient entre eux, dit l’Évangile, pour savoir lequel était le plus grand dans le royaume des deux, il appela un petit enfant, le mit au milieu d’eux et dit : « En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez et ne devenez pareils à de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des deux. Tout homme, donc, qui se sera abaissé comme ce petit enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des deux. » Le Christ aime l’enfance, lui qui a commencé par être enfant, par le corps et par l’esprit. Le Chris aime l’enfance, maîtresse d’humilité, idéal d’innocence, exemple de douceur. Le Christ aime l’enfance : il y oriente la conduite des aînés, il y ramène l’âge des vieillards et il incline à suivre son exemple ceux qu’il veut élever au royaume éternel.
Huitième leçon. Mais pour que nous puissions savoir pleinement comment une aussi étonnante transformation est réalisable, et par quel changement nous pourrons revenir à l’état d’enfants, saint Paul sera notre maître, lorsqu’il dit : Ne soyez pas des enfants par l’ignorance : soyez petits quant à la méchanceté. Il ne s’agit donc pas pour nous de retourner aux jeux de l’enfance ni à ses commencements imparfaits. Il faut lui prendre ce quelque chose qui convient même à l’âge mûr : que les émotions passent rapidement, et que le retour à la paix s’accomplisse promptement ; qu’on n’ait aucune mémoire des offenses, aucun désir des dignités ; qu’on aime la vie commune, qu’on trouve l’égalité toute naturelle. Car c’est un grand bien que d’ignorer l’art de nuire, et de ne pas avoir de pensées méchantes. Car faire tort et rendre le tort subi, c’est la prudence de ce monde ; mais ne rendre à personne le mal pour le mal, c’est le propre de l’enfance et de la justice chrétienne.
Neuvième leçon. A cette ressemblance avec les petits enfants, mes bien-aimés, vous invite le mystère de la fête d’aujourd’hui. Le Sauveur adoré par les Mages dans son enfance vous suggère cette forme d’humilité. Pour montrer quelle gloire il prépare à ses imitateurs, il a donné la consécration du martyre à ceux qui sont nés en même temps que lui. Ainsi ceux qui sont nés à Bethléem, la patrie du Christ, sont devenus par la communauté de l’âge, participants de sa passion. Que les fidèles aiment donc l’humilité et qu’ils évitent tout orgueil. Que chacun préfère autrui à soi-même, que personne ne recherche son intérêt, mais celui d’autrui. Ainsi toute âme aura un généreux amour de bienveillance, aucune ne connaîtra le poison de l’envie. Car celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. Notre Seigneur Jésus Christ lui-même l’affirme, lui, qui étant Dieu, vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Prière inspirée par une image représentant la Vénérable Jeanne d'Arc
Seigneur, Dieu des armées qui nous avez dit dans votre Évangile : «Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive» armez-moi pour la lutte, je brûle de combattre pour votre gloire, mais je vous en supplie, fortifiez mon courage.... Alors avec le Saint roi David je pourrai m'écrier : «C'est vous seul qui êtes mon bouclier, c'est Vous, Seigneur, qui dressez mes mains à la guerre...»
O mon Bien-Aimé ! je comprends à quel combat vous me destinez, ce n'est point sur les champs de bataille que je lutterai........
Je suis prisonnière de votre Amour, j'ai librement rivé la chaîne qui m'unit à Vous et me sépare à jamais du monde que vous avez maudit...
Mon glaive n'est autre que l'Amour, avec lui je chasserai l'étranger du royaume. Je vous ferai proclamer Roi dans les âmes qui refusent de se soumettre à votre divine Puissance.
Sans doute, Seigneur, un aussi faible instrument que moi ne vous est pas nécessaire, mais Jeanne votre virginale et valeureuse épouse l'a dit : «Il faut batailler pour que Dieu donne victoire.» O mon Jésus, je bataillerai donc pour votre Amour jusqu'au soir de ma vie. Puisque vous n'avez pas voulu goûter de repos sur la terre, je veux suivre votre exemple et j'espère ainsi que cette promesse sortie de vos lèvres Divines se réalisera pour moi : «Si quelqu'un me suit, en quelque lieu que je sois il y sera aussi, et mon Père l'élèvera en honneur.»
Être avec vous, être en vous, voilà mon unique désir.... Cette assurance que vous me donnez de sa réalisation me fait supporter l'exil en attendant le radieux jour du Face à Face éternel !...
Saints Anges gardiens
Collecte
O Dieu, qui, en votre providence ineffable, daignez envoyer vos saints Anges pour nous garder, accordez à ceux qui vous en supplient, d’être sans cesse sous leur défense et leur protection, et de jouir éternellement de leur société.
Lecture Ex. 23, 20-23
Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Voici que j’enverrai mon Ange, afin qu’il marche devant vous, qu’il vous garde pendant le chemin et qu’il vous fasse entrer dans la terre que je vous ai préparée. Respectez-le, écoutez sa voix et gardez-vous bien de le mépriser, parce qu’il ne vous pardonnera point lorsque vous pécherez, et parce que mon nom est en Lui. Si vous écoutez sa voix et si vous faites tout ce que je vous dis, je serai l’ennemi de vos ennemis et j’affligerai ceux qui vous affligent. Mon Ange marchera devant vous.
Évangile Mt. 18, 1-10
En ce temps-là, les disciples vinrent un jour poser à Jésus cette question : « Selon vous, qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant et le fit venir au milieu du groupe : « En vérité, je vous l’affirme si vous ne vous transformez pas pour devenir semblables aux petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Celui qui se fait petit comme cet enfant, c’est le plus grand dans le royaume des cieux. Et lorsqu’on reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi-même que l’on reçoit. Mais si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendit à son cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le plongeât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds, et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil te scandalise, arrache-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu. Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits ; car je vous dis que leurs Anges dans le ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux. »
AU PREMIER NOCTURNE.
Du livre de l’Exode.
Première leçon. Voilà que moi, j’enverrai mon Ange, afin qu’il te précède et te garde dans le chemin, et qu’il t’introduise dans le lieu que j’ai préparé. Respecte-le, écoute sa voix, et ne pense pas qu’il soit à mépriser car il ne te renverra point comme exempt de faute lorsque tu auras péché, et mon nom est en lui. Que si tu écoutes sa voix, et que tu fasses tout ce que je te dis, je serai un ennemi pour ton ennemi, j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
Du Prophète Zacharie.
Deuxième leçon. La parole du Seigneur fut adressée à Zacharie, le Prophète, fils de Barachie, fils d’Addo, disant : Je vis pendant la nuit, et voilà un homme monté sur un cheval roux, et il se tenait parmi les myrtes qui étaient dans un lieu profond ; et après lui des chevaux roux mouchetés de blanc. Et je dis : Qui sont ceux-ci, ô mon Seigneur ? Et l’Ange qui parlait en moi, me répondit : Moi, je t’indiquerai ce que ceci signifie. Et l’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit : Ceux-ci sont ceux qu’a envoyés le Seigneur, afin qu’ils parcourent la terre. Et ils répondirent à l’Ange, du Seigneur, qui se tenait parmi les myrtes, et dirent : Nous avons parcouru la terre, et voilà que toute la terre est habitée, et est en repos.
Troisième leçon. Et je levai les yeux, et je vis : et voilà un homme, et dans sa main un cordeau d’arpenteur. Et je dis : Où vas-tu ? Et il me répondit : Mesurer Jérusalem, et voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur. Et voilà que l’Ange qui parlait en moi sortit, et un autre Ange sortait à sa rencontre. Et il lui dit : Cours, parle à ce jeune homme, en disant : Jérusalem sera habitée sans mur, à cause de la multitude des hommes et des troupeaux au milieu d’elle. Et moi je lui serai, dit le Seigneur, un mur de feu tout autour, et je serai dans la gloire au milieu d’elle.
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Bernard, Abbé.
Quatrième leçon. « Il a commandé à ses Anges à ton sujet. » Bonté insigne ! Tendresse de charité vraiment admirable ! Par qui ce commandement a-t-il été fait ? A qui, et pour qui ? Et quel est-il ? Appliquons-nous, mes frères, à méditer cet ordre si important, ayons soin de ne pas l’oublier. Qui a commandé ? à qui les Anges appartiennent-ils ? à qui obéissent-ils ? de qui exécutent-ils la volonté ? « Il a commandé à ses Anges à ton sujet, de te garder dans toutes tes voies. » Et ils ne diffèrent pas, ils vous portent même entre leurs mains. C’est donc la souveraine majesté qui commande aux Anges, et à ses Anges, à ces esprits sublimes, aussi heureux que proches de Dieu, unis à lui et ses vrais familiers. Il les charge de nous. Qui sommes-nous : « Seigneur, qu’est-ce que l’homme pour que vous vous souveniez de lui, ou le fils de l’homme pour que vous en teniez compte ? » Comme si « l’homme n’était pas pourriture, et le fils de l’homme, un ver. » Mais quel commandement pensez-vous qu’il ait donné pour vous ? Celui de vous garder.
Cinquième leçon. Combien cette parole doit-elle vous imprimer de respect, vous inspirer de dévotion, vous communiquer de confiance : de respect, à cause de leur présence ; de dévotion, à cause de leur bonté ; de confiance, à cause de leur protection ! Marchez avec circonspection, puisque les Anges d’après l’ordre qu’ils ont reçu, vous accompagnent dans toutes vos voies. En quelque logis, en quelque endroit retiré que vous soyez, portez respect à votre Ange. Oseriez-vous devant lui ce que vous n’oseriez pas devant moi ? ou doutez-vous de sa présence, parce que vous ne le voyez pas ? Que feriez-vous si vous l’entendiez, si vous le touchiez, si vous le sentiez ? Remarquez que ce n’est pas seulement au moyen de la vue qu’on est assuré de la présence des choses.
Sixième leçon. Ainsi donc, mes frères, aimons-les en Dieu d’une tendre affection, ces Anges de Dieu avec qui nous devons être un jour héritiers de son royaume, et que notre Père céleste a placés auprès de nous pendant cette vie, en qualité de guides et de protecteurs. Que craindrions-nous avec de tels gardiens ? Ils ne peuvent être ni vaincus ni trompés par nos ennemis, et ils peuvent encore moins nous tromper, eux qui nous gardent dans toutes nos voies. Ils sont fidèles, ils sont prudents, ils sont puissants, que redoutons-nous ? Suivons-les seulement ; attachons-nous à eux, et demeurons ainsi sous la protection du Dieu du ciel. Toutes les fois que vous vous sentez pressés par une violente tentation et que vous êtes menacés d’une grande épreuve, invoquez celui qui est votre gardien, votre guide, votre « aide au temps du besoin, dans la tribulation. » Criez vers lui et dites : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. »
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Homélie de saint Hilaire, Évêque.
Septième leçon. Le Seigneur nous enseigne que nous ne pouvons entrer au royaume des cieux si nous ne reprenons la nature des enfants, c’est-à-dire si nous ne détruisons en nous, par la simplicité de l’enfance, les vices qui s’attachent à nos corps et à nos âmes. Sous le nom d’enfants, il nous fait entendre tous ceux qui croient en lui par la foi à sa parole. Les enfants, en effet, obéissent à leur père, aiment leur mère, ne savent désirer le mal du prochain, ne se soucient point des richesses ; ils ne s’enflent point d’orgueil, ils ne haïssent point, ils ne mentent point, ils croient aux paroles qui leur sont dites, et ce qu’ils entendent, ils le tiennent pour véritable. Revenons donc à la simplicité des enfants, et dans cet état, portons en nous l’image de l’humilité du Seigneur.
Huitième leçon. « Malheur à ce monde à cause des scandales. » L’humilité de la passion est un scandale pour le monde. L’ignorance humaine, est en effet, surtout arrêtée en cela qu’elle n’a pas voulu reconnaître le Seigneur d’éternelle gloire, sous les ignominies de la croix. Et qu’y a-t-il de plus périlleux pour le monde, que de n’avoir pas reçu le Christ ? Il dit être vraiment nécessaire qu’il survienne des scandales, parce que, pour la réalisation du mystère qui allait nous rendre la vie éternelle, l’humiliation de la passion devait être complète en lui.
Neuvième leçon. « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits qui croient en moi. » Il impose, à ceux-là surtout qui vraiment ont cru au Seigneur, les liens très étroits de l’amour mutuel. Les Anges des petits enfants voient Dieu tous les jours ; « car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. » Ainsi le Fils de l’homme sauve ; les Anges voient Dieu ; les Anges des petits président aux prières des fidèles. Que les Anges président ainsi, c’est une doctrine absolument certaine. Les Anges offrent donc tous les jours à Dieu les prières des enfants que le Christ a sauvés, et il y a grand péril à mépriser celui dont les désirs et les demandes sont portés avec tant d’honneur jusqu’au trône du Dieu éternel et invisible, par le ministère des Anges qui forment sa cour.
Saint Rémi évêque et confesseur
Collecte
O Dieu, qui par les enseignements du bienheureux Rémi, avez détourné la nation franque des vaines idoles pour lui faire embrasser le seul vrai culte, le vôtre, faites, nous vous en prions, que nous qui nous glorifions du nom de chrétiens, nous fassions passer dignement dans nos œuvres notre foi.
Épitre Rm. 15, 13-19
Mes Frères : Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous abondiez dans l’espérance et dans la force de l’Esprit-Saint. Pour moi, mes frères, je suis certain, en ce qui vous concerne, que vous êtes pleins de charité, remplis de toute science, et qu’ainsi vous pouvez vous avertir les uns les autres. Cependant je vous ai écrit, mes frères, avec quelque hardiesse certains égards, comme pour raviver vos souvenirs, selon la grâce que Dieu m’a donnée, pour être le ministre du Christ Jésus parmi les païens, exerçant la sacrificature de l’Évangile de Dieu, afin que l’oblation des païens Lui soit agréable, étant sanctifiée par l’Esprit-Saint. J’ai donc sujet de me glorifier dans le Christ Jésus, auprès de Dieu. Car je n’oserais parler de choses que le Christ n’aurait pas faites par moi pour amener les païens à l’obéissance, par la parole et par les œuvres, par la puissance des miracles et des prodiges, par la puissance de l’Esprit-Saint.
XIXème Dimanche après la Pentecôte
Introït
Moi je suis le salut du peuple, dit le Seigneur ; en quelque tribulation qu’ils crient vers moi, je les exaucerai, et je serai leur Seigneur pour toujours. Mon peuple, soyez attentif à ma loi, prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche.
Collecte
Dieu tout-puissant et miséricordieux, éloignez de nous, dans votre bonté, tout ce qui s’oppose à notre salut, afin que, libres d’esprit et de corps, nous accomplissions ce qui est de votre service avec des cœurs dégagés de toute entrave.
Épitre Ep. 4, 23-28
Mes frères, renouvelez-vous de l’esprit de votre intelligence, et revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité. C’est pourquoi, renonçant au mensonge, dites chacun la vérité avec son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. Ne donnez pas prise au diable. Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il s’occupe en travaillant des mains à quelque chose de bon, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin.
Évangile Mt. 22, 1-14
En ce temps-là, Jésus, prenant la parole, parla de nouveau en paraboles, et il dit : Le royaume des deux est semblable à un roi qui fit faire les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces, mais ils ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant : Dites aux invités : J’ai préparé mon festin, mes bœufs, et mes animaux engraissés sont tués ; tout est prêt, venez aux noces. Mais ils ne s’en inquiétèrent point, et s’en allèrent, l’un à sa ferme et l’autre à son négoce ; les autres se saisirent de ses serviteurs, et les tuèrent, après les avoir accablés d’outrages. Lorsque le roi l’apprit, il fut irrité ; et ayant envoyé ses armées, il extermina ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes, mais ceux qui avaient été invités n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux qui seront là. Ses serviteurs, s’en allant par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’était pas revêtu de la robe nuptiale. Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir la robe nuptiale ? Et cet homme demeura muet. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Offertoire
Quand j’aurai marché au milieu des tribulations, vous me vivifierez, Seigneur ; vous étendrez votre main contre la fureur de mes ennemis et votre droite me sauvera.
Communion
Vous avez ordonné que vos commandements soient très fidèlement observés ; puissent mes voies être dirigées de manière à ce que je garde vos justes ordonnances.
Office
Au troisième nocturne.
Homélie de saint Grégoire, pape.
Septième leçon. Je me souviens de vous avoir déjà dit souvent que dans le saint Évangile l’Église présente est maintes fois nommée le Royaume des Cieux ; car on appelle Royaume des Cieux l’assemblée des justes. Le Seigneur en effet dit par le prophète : « Le ciel est mon trône ». Et Salomon assure que l’âme du juste est le trône de la sagesse. Paul aussi dit que le Christ est « puissance de Dieu et sagesse de Dieu ». C’est à nous de faire le lien : si Dieu est la sagesse, et l’âme du juste, le trône de la sagesse, vu que le ciel est appelé trône de Dieu, l’âme du juste est donc le ciel. Ceci est dit par le psalmiste à propos des saints prédicateurs : « Les cieux racontent la gloire de Dieu ».
Huitième leçon. Le Royaume des Cieux est donc l’Église des justes : car déjà le Seigneur règne en eux comme dans les cieux : du fait qu’ils soupirent après les choses d’en haut, leur cœur ne recherche rien sur la terre. On peut donc dire : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » Votre charité comprend déjà qui est ce Roi, père du Fils Roi. N’est-il pas celui à qui le psalmiste dit : « Dieu, donne au Roi ton jugement, et ta justice au fils du Roi ». « Il célébra les noces de son fils. » Dieu le Père célébra les noces de Dieu son Fils, quand il l’unit à la nature humaine dans le sein de la Vierge ; quand celui qui est Dieu dès avant les siècles, il a voulu le faire devenir homme à la fin des temps. Mais, bien que, normalement, cette union nuptiale se fasse entre deux personnes, qu’il soit banni de nos esprits de croire que la personne du Dieu-homme notre Rédempteur Jésus Christ, soit l’union de deux personnes.
Neuvième leçon. Nous disons que le Christ est constitué de deux natures et en deux natures ; mais gardons-nous bien, comme interdit, de croire qu’il est composé de deux personnes. On peut dire plus clairement et plus sûrement que le père célébra les noces du Roi son Fils quand il lui unit la sainte Église par le mystère de l’Incarnation. Or le sein de la Vierge Mère fut la chambre nuptiale de cet Époux. Aussi le psalmiste dit-il : « Dans le soleil il a dressé sa tente, il est comme l’époux qui sort de la chambre nuptiale ».
ÉVANGILE.
L’Évangile qu’on vient d’entendre a fait donner plus spécialement le nom de Dimanche des conviés aux noces au dix-neuvième Dimanche après la Pentecôte. Dès le commencement néanmoins de la série dominicale qui prend son point de départ à la descente de l’Esprit-Saint, l’Église proposait à ses fils l’enseignement évangélique qu’elle offre aujourd’hui derechef à leurs méditations ; au deuxième Dimanche après la Pentecôte, elle empruntait à saint Luc l’exposé de la parabole du grand repas aux nombreux invités, que saint Matthieu, précisant davantage, appelle maintenant le festin des noces.
Placée ainsi au début et vers la fin de la saison liturgique à laquelle préside l’Esprit sanctificateur, cette parabole éclaire toute la partie de l’année qu’elle domine en cette manière, et révèle de nouveau le vrai but qu’y poursuit l’Église. Mais combien la lumière n’a-t-elle pas grandi, depuis le jour où nous furent présentées pour la première fois ces allégories mystérieuses ! Ce certain homme, homo quidam, qui fit un grand souper et y appela beaucoup de gens, est devenu le roi qui fait les noces de son fils et nous donne en ces noces l’image du royaume des cieux. L’histoire du monde, elle aussi, s’est depuis lors développée sous nos yeux, comme l’ont fait, en passant d’un évangéliste à l’autre, les termes eux-mêmes de l’allégorie. Les anciens et premiers conviés, qui d’abord se bornaient à décliner l’invitation du père de famille, ont crû en audace ; s’emparant des porteurs du message que leur adressait l’amour, ils les ont couverts d’insultes et mis à mort. Nous avons assisté à la vengeance de cet homme qui était Dieu même, du père d’Israël devenu le roi des nations ; nous avons vu ses armées perdre les homicides et briller leur ville. Et voilà qu’enfin, malgré le refus des invités de Juda et leur opposition perfide à la célébration des noces du Fils de Dieu, les noces sont prêtes et la salle est remplie.
Le roi céleste a laissé aux serviteurs de son amour le soin d’appeler de toute race les nouveaux conviés ; mais maintenant que les envoyés, selon ses ordres, ont parcouru la terre entière, rassemblé les nations pour ce jour de la joie de son cœur, il va descendre en personne, pour s’assurer lui-même que rien ne manque aux apprêts de la fête et donner le signal du festin éternel des noces sacrées. Or, pour une telle fête, en un tel lieu, rien ne saurait manquer que de la part des conviés ; que ceux-ci veillent donc à ne pas attirer sur eux, dans cet universel et suprême examen, la défaveur du très-haut prince qui les appelle à son alliance. S’il a daigné les convoquer, malgré leur pauvreté sordide, des places publiques et de tous les carrefours, il leur a laissé tout le temps de déposer les haillons du passé ; sachant bien qu’ils ne pouvaient se pourvoir eux-mêmes, il a mis à leur disposition, pour le banquet nuptial, les plus riches vêtements de sa grâce et des vertus. Malheur donc à quiconque serait trouvé, au dernier jour, sans la robe nuptiale de la charité ! sa faute n’aurait point d’excuse, et le roi la punirait justement par l’exclusion de la salle du festin, comme une insulte à son fils.
Tout ce qui précède, dans les Dimanches qui viennent de s’écouler, nous a montré l’Église soucieuse uniquement de préparer l’humanité à ces noces merveilleuses, dont la célébration est le seul but qu’ait poursuivi le Verbe divin en venant sur la terre. Dans son exil qui se prolonge, l’Épouse du Fils de Dieu nous est apparue comme le vivant modèle de ses fils ; mais elle n’a point cessé non plus de les disposer par ses instructions à l’intelligence du grand mystère de l’union divine. Il y a trois semaines, abordant plus directement qu’elle ne l’avait fait jusque-là le sujet de son unique préoccupation de Mère et d’Épouse, elle leur rappelait l’appel ineffable. Huit jours plus tard , par ses soins, l’Époux des noces auxquelles on les conviait se révélait à eux dans cet Homme-Dieu devenu l’objet du double précepte de l’amour qui résume toute la loi. Aujourd’hui, l’enseignement est complet. Elle le précise dans l’Office de la nuit, où saint Grégoire nous donne toute sa pensée ; avec la double autorité d’un grand Docteur et d’un grand Pape, au nom même de l’Église, il explique ainsi l’Évangile :
« Le royaume des cieux est l’assemblée des justes. Le Seigneur dit en effet par un prophète : Le ciel est mon trône ; et Salomon dit d’autre part : L’âme du juste est le trône de la Sagesse, pendant que Paul appelle le Christ : Sagesse de Dieu. Si donc le ciel est le trône de Dieu, nous devons conclure évidemment que, la Sagesse étant Dieu et l’âme du juste le trône de la Sagesse, cette âme est un ciel... Le royaume des cieux est donc bien l’assemblée des justes... Si ce royaume est déclaré semblable à un roi qui fait les noces de son fils, votre charité comprend aussitôt quel est ce roi, père d’un fils roi comme lui-même, à savoir celui dont il est dit dans le psaume : O Dieu, confiez au Roi vos jugements, et votre justice au Fils du Roi! Dieu le Père a fait les noces de Dieu son Fils, quand il l’a uni à la nature humaine, quand il a voulu que celui qui était Dieu avant les siècles devînt homme sur la fin des siècles. Mais nous devons éviter le danger de laisser à entendre qu’il puisse exister dualité de personnes en notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ... A cause de cela, il peut être à la fois plus clair et plus sûr de dire que le Père a fait les noces du Roi son Fils, en lui unissant par le mystère de l’incarnation la sainte Église. Le sein de la Vierge mère a été la chambre nuptiale de cet Époux, dont le Psalmiste dit : Il a placé sa tente dans le soleil, il est l’Époux qui s’avance de sa chambre nuptiale. »
Malgré sa qualité d’Épouse chérie du Fils de Dieu, l’Église n’en est pas moins sujette ici-bas aux tribulations. Les ennemis de l’Époux, ne pouvant plus atteindre directement le Seigneur, portent sur elle leur rage. Le Seigneur voit dans ces épreuves, supportées par l’Église avec amour, un nouveau trait de cette conformité qu’elle doit avoir avec lui en toutes choses ; il la laisse donc souffrir en ce monde, se contentant de la soutenir toujours et de la sauver, comme ledit l’Offertoire, au milieu des maux qui vont croissant autour d’elle.
L’auguste Sacrifice qui se prépare obtient toujours son effet infini, en ce qui regarde la glorification de la Majesté souveraine ; mais sa vertu s’applique à l’homme dans une mesure plus ou moins grande, dépendant à la fois des dispositions de la créature et de la miséricorde suprême. Implorons donc, dans la Secrète, le Dieu tout-puissant, pour qu’il daigne nous faire éprouver abondamment l’effet des Mystères divins qui vont s’accomplir.
L’Homme-Dieu, par son contact divin au saint banquet, a rendu spirituellement la vigueur à nos membres ; souvenons-nous qu’il nous faut les consacrer désormais à son service, et que nos pieds raffermis doivent s’exercer à courir dans la voie des divins commandements.
Dédicace de Saint Michel Archange
Collecte
O Dieu, qui dispensez avec un ordre admirable les ministères des Anges et des hommes, accordez-nous dans votre bonté, d’avoir pour protecteurs de notre vie sur la terre, ceux qui sans cesse, dans le ciel, vous entourent et vous servent.
Lecture Ap. 1, 1-5
En ces jours-là : Dieu a manifesté les choses qui doivent arriver bientôt en envoyant son Ange, à son serviteur Jean ; lequel a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ, tout ce qu’il a vu. Heureux celui qui lit et qui entend les paroles de cette prophétie, et qui garde les choses qui y sont écrites ; car le temps est proche. Jean aux sept églises qui sont en Asie. Que la grâce et la paix vous soient données par celui qui est, et qui était, et qui viendra, et par les sept esprits qui sont en face de son trône, et par Jésus-Christ, qui est le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, et le prince des rois de la terre, qui nous a aimés et nous a lavés de nos péchés dans son sang.
Postcommunion
Renforcés par l’intercession du bienheureux Michel votre Archange, nous vous supplions humblement, Seigneur, que ce que nos lèvres sollicitent, notre âme arrive à le posséder.
AU PREMIER NOCTURNE.
Du Prophète Daniel.
Première leçon. Je regardais jusqu’à ce que des trônes furent placés, et un vieillard s’assit ; son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête blancs comme une laine pure ; son trône comme des flammes de feu ; ses roues, un feu brûlant. Un fleuve de feu et rapide sortait de sa face ; des milliers de milliers d’Anges le servaient, et dix milliers de centaines de milliers d’Anges assistaient devant lui ; le jugement se tint, et des livres furent ouverts. Je regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne prononçait ; et je vis que la bête fut tuée et que son corps périt, et qu’il fut livré pour être brûlé par le feu.
Deuxième leçon. Le vingt quatrième jour du premier mois, j’étais près du grand fleuve qui est le Tigre. Et je levai mes yeux, et je vis ; et voici un homme vêtu de lin, et ses reins ceints d’un or très pur ; et son corps était comme une chrysolithe, et sa face comme l’aspect de la foudre, et ses yeux comme une lampe ardente ; et ses bras et ses parties basses jusqu’aux pieds, comme une apparence d’airain étincelant, et la voix de ses paroles, comme la voix d’une multitude. Or, moi Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne la virent pas ; mais une terreur extraordinaire se saisit d’eux, et ils s’enfuirent dans un lieu caché. Mais moi, étant demeuré seul, je vis cette grande vision ; et il ne resta pas en moi de force ; mais même mon visage fut changé en moi, et je séchai, et je n’eus aucune force.
Troisième leçon. Et j’entendis la voix de ses paroles ; et, en l’entendant, j’étais couché tout consterné sur ma face, et mon visage était collé à la terre. Et voici qu’une main me toucha, et me dressa sur mes genoux et sur le plat de mes mains. Et la voix me dit : Daniel, homme de désirs, entends les paroles que je te dis, et tiens-toi sur tes pieds ; car je suis maintenant envoyé vers toi. Et lorsqu’il m’eut dit ces paroles, je me tins debout, tremblant. Et il me dit : Ne crains pas, Daniel, parce que dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre, afin de t’affliger en présence de ton Dieu, tes paroles ont été entendues ; et je suis venu à cause de tes discours. Or le prince du royaume des Perses m’a résisté durant vingt et un jours : et voilà que Michel, un des premiers princes, est venu à mon secours, et moi, je suis demeuré là près du roi des Perses. Mais je suis venu afin de t’apprendre ce qui doit arriver à ton peuple dans les derniers jours, parce que la vision est encore pour ces jours.
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Grégoire, Pape.
Quatrième leçon. Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.
Cinquième leçon. Or, il faut savoir que cette dénomination d’Anges désigne leur fonction et non leur nature ; car si ces bienheureux esprits de la céleste patrie sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés des Anges ; ils sont Anges seulement lorsqu’ils annoncent quelque chose. C’est pour cela qu’un Psaume dit en parlant de Dieu : « Lui qui, des esprits, fait ses Anges. » Comme s’il disait explicitement : ceux qu’il a toujours comme esprits, il en fait ses Anges quand il veut. Or, ceux qui portent les messages les moins importants sont appelés simplement du nom d’Anges, et on nomme Archanges ceux qui annoncent les plus grands mystères. Et voilà pourquoi ce n’est pas un Ange quelconque, mais bien l’Archange Gabriel, que Dieu envoya à la Vierge Marie. Comme il s’agissait du plus grand de tous les messages, il convenait que le plus grand des Anges remplît ce ministère. En outre, ces Archanges reçoivent des noms particuliers, qui expriment les effets de leur opération. Ainsi Michel signifie : Qui est semblable à Dieu ? Gabriel, Force de Dieu ; Raphaël, Remède de Dieu.
Sixième leçon. Toutes les fois qu’il s’agit d’une chose où il faut une puissance extraordinaire, c’est Michel que l’Écriture cite comme envoyé, afin que son nom aussi bien que l’acte même, donne à comprendre que nul ne peut faire ce que Dieu fait par son incomparable puissance. Aussi l’antique ennemi qui disait, dans son orgueilleuse ambition de s’égaler à Dieu : « Je monterai jusqu’aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des astres du ciel, je serai semblable au Très-Haut ; » cet ancien ennemi, dis-je, lorsqu’à la fin du monde il sera laissé dans toute sa force, pour être ensuite écrasé dans l’éternel supplice, est-il mentionné comme devant combattre contre l’Archange Michel, d’après cette parole de saint Jean : « Et un combat s’est engagé avec l’Archange Michel. » De même, l’Archange envoyé à Marie, c’est Gabriel, dont le nom signifie : Force de Dieu. Il venait effectivement annoncer celui qui, pour faire sentir sa force aux puissances de l’air, a daigné paraître dans l’humiliation. Enfin, comme nous avons dit plus haut, Raphaël signifie : Remède de Dieu ; et en effet, cet Archange, en touchant les yeux de Tobie comme pour le guérir, dissipa les ténèbres de sa cécité.
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Homélie de saint Jérôme, Prêtre.
Septième leçon. Le statère vient d’être trouvé et le tribut payé, pourquoi cette question inopinée des Apôtres : « Qui, pensez-vous, est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Parce qu’ils avaient vu payer un même tribut pour Pierre et le Seigneur, de cette égalité dans le prix, ils concluaient que Pierre était élevé au-dessus de tous les Apôtres, lui qui, pour la reddition du tribut, semblait être comparé au Seigneur ; et voilà pourquoi ils demandent : « Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Jésus, connaissant leurs pensées et discernant la cause de leur méprise, veut guérir en eux le désir de la gloire, en leur inspirant une généreuse émulation pour l’humilité.
Huitième leçon. « Si donc ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le loin de toi. » Il faut, à-la vérité, que les scandales arrivent ; cependant, malheur à l’homme qui, par sa faute, est la cause de ce qui ne peut manquer de se produire dans le monde. En conséquence, toute affection est à briser, toute parenté est à rompre, quand il y a lieu de craindre que les croyants, dans leurs rapports de piété filiale ou de fidélité, ne soient exposés à des scandales. S’il y a quelqu’un, semble dire le Sauveur, qui vous soit aussi étroitement uni que la main, le pied, ou l’œil est uni au corps ; quelqu’un qui vous soit utile et dévoué, qui mette à votre service sa clairvoyance et sa pénétration, mais qui vous soit en même temps un sujet de scandale, et qui, par l’opposition des mœurs, vous entraîne dans l’enfer, il vaut mieux vous priver de son intimité et des avantages temporels qui en résultent, de peur qu’en voulant gagner vos proches et vos amis, vous n’ayez auprès d’eux des occasions de vous perdre.
Neuvième leçon. « Je vous dis que leurs Anges voient sans cesse, dans le ciel, la face de mon Père. » Plus haut, sous l’image de la main, du pied et de l’œil dont il faut se défaire, il avait dit qu’on doit se séparer des parents et des amis, qui peuvent être des sujets de scandale Voici maintenant qu’il tempère la rigueur de ce principe, par cette recommandation qu’il ajoute à la suite. « Prenez garde de mépriser un seul de ces petits. » Comme s’il disait : Je ne commande pas la sévérité de conduite, sans apprendre en même temps qu’il y faut mêler de la douceur : « Car leurs Anges voient sans cesse, dans les deux, la face du Père. » Grandeur et dignité des âmes, en ce que chacun des hommes a, dès le moment de sa naissance, un Ange préposé à sa garde. Aussi lisons-nous dans l’Apocalypse de saint Jean : « Écris ceci à l’Ange d’Éphèse, et .aux Anges des autres Églises. » Comme aussi l’Apôtre veut que, dans les églises, les femmes aient la tête voilée, à cause des Anges.
Prière à Saint Michel Archange
Saint Michel Archange, défendez-nous dans les combats
Soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous L'en supplions, et vous, prince de la milice céleste, par le pouvoir qui vous a été confié, précipitez au fond des enfers Satan et les autres esprits mauvais
qui parcourent le monde pour la perte des âmes. Ainsi soit-il.
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