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Regnum Galliae Regnum Mariae
Articles récents

Sainte Jeanne-Françoise Frémiot de Chantal veuve

21 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Jeanne-Françoise Frémiot de Chantal veuve

Collecte

Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui avez mis sur le chemin de la perfection la bienheureuse Jeanne-Françoise, enflammée de votre amour, en lui donnant un admirable esprit de force à travers tous les sentiers de la vie, et qui avez voulu par elle illustrer votre Église d'une nouvelle lignée : faites, par ses mérites et ses prières, que, conscients de notre faiblesse et confiants en votre puissance, nous remportions la victoire contre toute adversité avec l'aide de la grâce céleste. Par.

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Saint Bernard abbé et docteur

20 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Bernard abbé et docteur

Collecte

Seigneur, affermissez en nous l'effet bienfaisant de la sainte vertu de religion : et afin d'obtenir le don généreux de votre grâce, que le bienheureux Bernard, abbé et éminent docteur, intercède sans cesse pour nous auprès de vous par ses mérites et ses prières. Par...

Lecture Eccl 39, 6-14

Le juste mettra tout son cœur à aller dès le matin auprès du Seigneur qui l'a fait, et il priera en présence du Très-Haut. Il ouvrira la bouche pour la prière et demandera pardon pour ses péchés. Si le souverain Seigneur le veut, il sera rempli de l'esprit d'intelligence ; et alors il répandra à flots ses paroles de sagesse, et dans sa prière il louera le Seigneur. Le Seigneur réglera ses conseils et sa doctrine, et lui-même étudiera les mystères divins. Il publiera les instructions de sa doctrine et se glorifiera de la loi de l'alliance du Seigneur. Beaucoup loueront sa sagesse et il ne sera jamais oublié. Sa mémoire ne passera pas, et son nom sera honoré de génération en génération. Les peuples raconteront sa sagesse et l'Église célébrera ses louanges.

 

« Ô seigneur Jésus, je Vous confesse tous mes péchés » :

« En union avec Votre très amère douleur, ô seigneur Jésus, Vous qui avez pris sur Vous la cause de ma douleur, et avez entrepris de satisfaire pour mes péchés, avec tous ceux qui souffrent, avec tous les vrais pénitents et tous ceux qui cherchent la vérité en Vous, je Vous confesse tous mes péchés, tout le mal que j'ai commis, tout le bien que j'ai omis, ou que j'ai fait sans pureté d'intention, ou avec négligence, selon le nombre, le poids et dans la mesure que Vous connaissez mieux que moi ; tous les jours de ma vie que j'ai perdus en Vous offensant, en diminuant Votre gloire, en m'éloignant de Vous, qui êtes le Souverain bien et en entraînant mon prochain dans ma chute. Recevez donc, Seigneur, les années qui me restent de ma misérable vie; et pour celles que j'ai perdues en vivant mal et pendant lesquelles j'ai vécu en me perdant, ne dédaignez point, ô mon Dieu, un cœur contrit et humble. Mes jours penchent vers leur couchant, ils se sont écoulés sans fruit. Impossible à moi de les rappeler en arrière ; mais daignez trouver bon que je les repasse en esprit dans l'amertume de mon âme. Seigneur, l'abîme de ma profonde misère appelle l'abîme de Votre profonde miséricorde. Ne renfermez point dans les bornes de Votre courroux, Vos miséricordes, et ne permettez pas que pour moi la source en soit tarie, à cause de mes péchés, ô Vous qui avez pitié de tous les hommes, qui n'avez pas de haine pour aucune des créatures de Vos mains, et qui faites comme si Vous ne voyiez point leurs péchés dès qu'elles se repentent. C’est à Vous, Seigneur, de nous remettre nos péchés; ayez pitié de moi pendant que dure le temps de la grâce et de la miséricorde. Et, puisqu'il est temps encore pour moi de faire pénitence, faites-moi la grâce de mériter la gloire de la bénédiction, et de ne point mériter d'entendre une parole de malédiction me frapper au jour où tout sera consommé. Seigneur, faites-moi, je Vous en prie, renoncer à mes péchés d’habitude, et faire ce qui Vous plait. Donnez-moi de déployer désormais, pour accomplir Votre sainte volonté, le zèle que j'ai mis jusqu'à ce jour à Vous offenser. Que Votre grâce surabonde là où le péché a abondé. Je Vous prie par Vous-même et au nom de l'amour de Votre très-pieuse mère, la vierge Marie, et par l'intercession de tous les Saints et tous les élus, de me pardonner mes péchés, mes négligences, et mes ignorances, de ne pas me perdre avec toutes mes iniquités et de ne point garder jusqu'à la fin dans Votre colère le mal que j'ai fait. Rappelez-Vous, Seigneur, qu'il ne Vous convient pas de perdre aucun de ceux que Votre père Vous a donnés, et que, tout au contraire, c'est à Vous de Vous montrer toujours plein de miséricorde, nous épargner et de sauver tout le monde, bien loin de perdre personne. Car Votre Père Vous a envoyé dans le monde non pour juger le monde, mais pour que nous eussions la vie par Vous, pour que Vous fussiez notre propitiation, et notre avocat contre nous-mêmes. Aussi, avez-Vous acquitté la dette que nous avions faite, suppléé ce que nous avions négligé de faire. Que Votre satisfaction abondante ou plutôt surabondante me serve donc, Seigneur, dans l'extrémité où je me vois réduit; que Votre mort amère, le prix inestimable de Votre sang, la mémoire de Votre satisfaction, le vénérable mystère de Votre corps et de Votre sang qui est offert tous les jours dans l'Église pour le salut de vos fidèles serviteurs et dans lequel Vous êtes Vous-même le sacrifice et le sacrificateur, Celui qui offre, et la Victime offerte, que tout cela me serve à me mériter, dans la vie présente, la grâce que je ne mérite point, et, dans la vie future, le repos et la gloire que Votre mort si amère a mérités pour moi. Seigneur Jésus, Votre œil a vu mes imperfections; mais Vous qui êtes bon, miséricordieux, et secourable pour le pécheur, ne me condamnez point à un supplice éternel, Vous qui avez pré-ordonné tout pour le souverain bien et pour le bien parfait avec une bonté, une perfection et une sagesse infinies, ne permettez point que je sois rayé du livre de vie. Donnez-moi plutôt la part d'héritage qui me revient, grâce au bienfait de Votre précieuse passion, par laquelle Vous avez voulu avoir l'homme pour cohéritier dans la terre des vivants. Seigneur, que la considération de la fragilité humaine touche Votre cœur et l'incline à la miséricorde, Vous connaissez la substance de l'homme, et Vous savez que ce n'est pas en vain que Vous l'avez établi sur la terre. Je suis l'œuvre de Votre bonté, conservez-moi. Si Vous ne voulez point avoir travaillé en vain à me faire, et que Votre sang immaculé n'ait coulé en pure perte pour moi, ô Vous qui rendez pur un pécheur, après m'avoir purifié de la souillure de mes péchés et avoir répandu Votre lumière sur la face de mon âme, faites-moi la grâce de Vous connaître et, Vous connaissant, de tendre sans cesse vers Vous, afin que j'aie le bonheur d'arriver enfin à Vous, Jésus-Christ, mon Dieu et mon Seigneur, qui vivez avec le Père et le Saint-Esprit. Amen. »

 

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Saint Jean Eudes confesseur

19 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Jean Eudes confesseur

Collecte

Dieu qui, pour promouvoir le culte des saints cœurs de Jésus et de Marie, avez enflammé d'un zèle admirable le bienheureux Jean, votre confesseur, et avez voulu rassembler par lui dans votre Église de nouvelles familles religieuses, nous vous en prions : faites que, vénérant les mérites de sa piété, nous nous instruisions également de ses exemples de vertu. Par le même...

Lecture Eccl 31, 8-11

Heureux l'homme qui a été trouvé sans tache, qui n'a pas couru après l'or, ni espéré dans l'argent et les trésors. Qui est-il, que nous le louions ? Car il a fait des choses admirables dans sa vie. Il a été soumis à cette épreuve et il a eu la perfection : il y aura pour lui une gloire éternelle. Il pouvait violer la loi et ne l'a pas violée, faire le mal et ne l'a pas fait. C'est pourquoi ses biens sont affermis dans le Seigneur, et toute l'assemblée des saints publiera ses bienfaits.

 

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IIª-IIae q. 23 a. 2 co.

18 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

IIª-IIae q. 23 a. 2 co.

IIª-IIae q. 23 a. 2 co. Respondeo dicendum quod Magister perscrutatur hanc quaestionem in XVII dist. I Lib. Sent., et ponit quod caritas non est aliquid creatum in anima, sed est ipse Spiritus Sanctus mentem inhabitans. Nec est sua intentio quod iste motus dilectionis quo Deum diligimus sit ipse Spiritus Sanctus, sed quod iste motus dilectionis est a Spiritu Sancto non mediante aliquo habitu, sicut a Spiritu Sancto sunt alii actus virtuosi mediantibus habitibus aliarum virtutum, puta habitu spei aut fidei aut alicuius alterius virtutis. Et hoc dicebat propter excellentiam caritatis. Sed si quis recte consideret, hoc magis redundat in caritatis detrimentum. Non enim motus caritatis ita procedit a Spiritu Sancto movente humanam mentem quod humana mens sit mota tantum et nullo modo sit principium huius motus, sicut cum aliquod corpus movetur ab aliquo exteriori movente. Hoc enim est contra rationem voluntarii, cuius oportet principium in ipso esse, sicut supra dictum est. Unde sequeretur quod diligere non esset voluntarium. Quod implicat contradictionem, cum amor de sui ratione importet quod sit actus voluntatis. Similiter etiam non potest dici quod sic moveat Spiritus Sanctus voluntatem ad actum diligendi sicut movetur instrumentum quod, etsi sit principium actus, non tamen est in ipso agere vel non agere. Sic enim etiam tolleretur ratio voluntarii, et excluderetur ratio meriti, cum tamen supra habitum sit quod dilectio caritatis est radix merendi. Sed oportet quod sic voluntas moveatur a Spiritu Sancto ad diligendum quod etiam ipsa sit efficiens hunc actum. Nullus autem actus perfecte producitur ab aliqua potentia activa nisi sit ei connaturalis per aliquam formam quae sit principium actionis. Unde Deus, qui omnia movet ad debitos fines, singulis rebus indidit formas per quas inclinantur ad fines sibi praestitutos a Deo, et secundum hoc disponit omnia suaviter, ut dicitur Sg. VIII. Manifestum est autem quod actus caritatis excedit naturam potentiae voluntatis. Nisi ergo aliqua forma superadderetur naturali potentiae per quam inclinaretur ad dilectionis actum, secundum hoc esset actus iste imperfectior actibus naturalibus et actibus aliarum virtutum, nec esset facilis et delectabilis. Quod patet esse falsum, quia nulla virtus habet tantam inclinationem ad suum actum sicut caritas, nec aliqua ita delectabiliter operatur. Unde maxime necesse est quod ad actum caritatis existat in nobis aliqua habitualis forma superaddita potentiae naturali, inclinans ipsam ad caritatis actum, et faciens eam prompte et delectabiliter operari.

 

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Saint Hyacinthe confesseur

17 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Saint Hyacinthe confesseur

Collecte

Ô Dieu, qui nous réjouissez chaque année par la solennité du bienheureux Hyacinthe, votre confesseur : puisque nous honorons sa naissance au ciel, accordez, dans votre bonté, que nous imitions aussi ses œuvres. Par...

Lecture Eccl 31, 8-11

Heureux l'homme qui a été trouvé sans tache, qui n'a pas couru après l'or, ni espéré dans l'argent et les trésors. Qui est-il, que nous le louions ? Car il a fait des choses admirables dans sa vie. Il a été soumis à cette épreuve et il a eu la perfection : il y aura pour lui une gloire éternelle. Il pouvait violer la loi et ne l'a pas violée, faire le mal et ne l'a pas fait. C'est pourquoi ses biens sont affermis dans le Seigneur, et toute l'assemblée des saints publiera ses bienfaits.

 

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XIIe Dimanche après la Pentecôte mémoire Saint Joachim

16 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

XIIe Dimanche après la Pentecôte mémoire Saint Joachim

Introït

Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir. Qu'ils soient confondus et couverts de honte, mes ennemis, qui cherchent à m'ôter la vie. Qu'ils reculent et rougissent, ceux qui méditent le mal contre moi. ℣. Gloire...

Collecte

Dieu tout-puissant et miséricordieux, à qui vos fidèles doivent la grâce de vous servir d'une manière digne et louable, nous vous en prions : accordez-nous de courir sans trébucher vers les choses que vous promettez. Par.

Épitre Cor II. 3, 4-9

Frères, si nous avons une telle assurance devant Dieu, c'est grâce au Christ. Non pas que de nous-mêmes nous soyons capables de considérer quoi que ce soit comme venant de nous : cette capacité nous vient de Dieu. C'est lui qui nous a rendus dignes d'être les ministres d'une alliance nouvelle, alliance non de la lettre, mais de l'esprit ; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie.
Si déjà le ministère de mort, gravé en lettres sur la pierre, fut entouré de gloire, au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer la face de Moïse à cause de la gloire pourtant passagère de son visage, comment le ministère de l'Esprit ne serait-il pas plus glorieux ? Si le ministère de condamnation est une gloire, combien plus le ministère de justice le surpasse-t-il en gloire !

Évangile Lc 10, 23-27

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu ; entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu ! »
Mais voici qu'un docteur de la Loi se leva pour le mettre à l'épreuve : « Maître, dit-il, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Comment lis-tu ? » Il répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela, et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba aux mains de brigands ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre, par hasard, descendait par cette route ; en le voyant, il fit un détour et passa. De même un lévite, arrivé à cet endroit, en le voyant, passa son chemin. Mais un Samaritain en voyage arriva près de lui ; et en le voyant, il fut touché de compassion. Il s'approcha, lui banda ses blessures, y versant de l'huile et du vin ; puis, le hissant sur sa propre monture, il le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, prenant deux deniers, il les donna à l'aubergiste et dit "Aie soin de lui, et tout ce que tu dépenseras en plus, je te le rembourserai à mon retour." Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ? » L'autre répondit : « C'est celui qui lui a fait miséricorde. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Offertoire

Moïse pria en la présence du Seigneur, son Dieu, et dit : « Pourquoi, Seigneur, êtes-vous irrité contre votre peuple ? Apaisez votre colère, souvenez-vous d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, à qui vous avez juré de donner la terre où coulent le lait et le miel. » Et le Seigneur, apaisé, détourna de son peuple les maux dont il l'avait menacé.

Secrète

Nous vous en prions, Seigneur, jetez un regard favorable sur les hosties que nous déposons sur vos saints autels, afin qu'en nous procurant le pardon, elles rendent honneur à votre nom. Par...

Communion

La terre sera rassasiée du fruit de vos œuvres, Seigneur : vous faites sortir le pain de la terre, et le vin qui réjouit le cœur de l'homme ; vous lui donnez l'huile qui répand la joie sur son visage et le pain qui fortifie son cœur.

Postcommunion

Seigneur, nous vous en prions : que la sainte participation à ce mystère nous vivifie, et nous procure tout ensemble purification et protection. Par...

Dom Guéranger ~ L’Année liturgique

Évangile

Le Docteur des nations exaltait la gloire du Testament nouveau dans l’Épître. Celui dont Paul n’était que le serviteur, l’Homme-Dieu, nous révèle dans l’Évangile la perfection de cette loi glorieuse qu’il est venu donner au monde. Et comme pour renouer en quelque sorte les enseignements de sa bouche divine à la parole de son Apôtre, et justifier l’enthousiasme de celui-ci, c’est dans le tressaillement de son âme très sainte elle-même (Lc 10, 21-23) qu’après avoir remercié de ces grandes choses le Père souverain, il s’écrie en se tournant vers ses disciples : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !

C’était la pensée que devait exprimer à son tour le chef du collège apostolique, en parlant de la joie inénarrable et glorieuse (1 P 1, 8) qu’apportait cette alliance nouvelle où la réalité remplaçait les figures. Dans sa première Épître aux élus de l’Esprit-Saint dispersés par le monde (Ibid. 1), Pierre redit de même, après Celui qui l’a établi le vicaire de son amour (Ambr. in Luc 10), les aspirations non satisfaites des justes de l’ancienne alliance, de ces hommes si grands dans la foi dont Paul, son frère (2 P 3, 15), décrit ailleurs (Hé. 11) les héroïques combats et les sublimes vertus. Il célèbre en accents inspirés ces prédes­tinés de l’Église de l’attente, l’âme remplie de la pensée des grâces futures, supputant les années, scrutant les temps dans la longue nuit, bien qu’ils sussent que la vue tant désirée des mystères du salut n’était point pour eux, et que leur mission fût d’annoncer pour d’autres, dans leurs prophéties, les gloires de l’avenir (1 P 1, 10-12).

Mais quels sont ces rois dont les désirs s’unirent alors, d’après l’Évangile, aux aspirations des prophètes ? Sans parler des saints personnages à qui les honneurs d’un trône terrestre ne purent faire perdre de vue l’objet des espérances du monde, n’étaient-ils pas rois en toute vérité, comme l’observent les Pères (Bed. in Luc 3 Homélie du jour), ceux que saint Paul nous montre, en ces mêmes temps, vainqueurs des royaumes par la foi, plus forts que les armées, maîtres des lions, des éléments et d’eux-mêmes ? Supérieurs aux moqueries comme aux persécutions d’un monde qui n’était pas digne d’eux, on les vit, ces athlètes de la foi, promener dans les solitudes ou abriter dans les cavernes des montagnes l’amour indompté de leurs cœurs, et des espérances qui devaient, ils le savaient, n’être satisfaites qu’après leur mort et des siècles sans nombre (Hé. 11, 33-39).

Nous donc leurs fils, qu’ils attendaient pour entrer en part des biens que préparaient leurs angoisses et leurs aspirations, comprenons le bienfait du Seigneur ! Nous si petits par la vertu en face des pères de notre foi, et que pourtant l’avènement de l’Esprit d’amour a plus éclairés que ne le furent jamais les prophètes, en nous donnant la possession des mystères mêmes qu’ils annonçaient : comment ne sentirions-nous pas l’obligation qui s’impose à nous de reconnaître par la sainteté de toute notre vie (1  P. 1, 13-16), par un amour ardent et généreux, les faveurs de celui qui nous a gratuitement appelés des ténèbres à son admirable lumière (Ibid. 2, 9) ? Ayant sur nos têtes une telle nuée de pareils témoins, laissons enfin là fardeaux et entraves, dégageons-nous, pour courir résolument dans la carrière, les yeux fixés sur l’auteur et le consommateur de la foi. Jésus-Christ aux délices qu’il pouvait choisir a préféré la croix, méprisant la honte, et, maintenant, il est assis à la droite de Dieu (Hé. 12, 1-2). Nous le savons plus sûrement que nous ne voyons les événements qui se passent sous nos yeux ; car lui-même il est en nous sans cesse, par son Esprit, nous incorporant ses mystères.

L’illumination du saint baptême a produit dans nos âmes cette révélation du Seigneur Jésus qui pose le principe de la vie chrétienne, et dont l’Homme-Dieu félicitait ses disciples. Car c’était d’elle qu’il parlait, bien plus que de la vue extérieure de sa nature humaine commune aux Juifs ennemis et aux Apôtres. Le Docteur des nations le déclare suffisamment, quand il dit, écrivant après la transformation opérée dans ces derniers par l’Esprit sanctificateur : Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus maintenant de cette sorte (2 Cor. 5, 16). C’est en nous en effet, et non plus dans les villes de Judée, qu’est maintenant le royaume de Dieu ( Lc 17, 21). La foi nous découvre le Christ habitant dans nos cœurs pour nous fonder dans la charité, pour croître en nous, en nous transformant dans lui-même, et nous remplir de la plénitude de Dieu (Ép. 3, 10-19). C’est l’œil fixé sur l’image divine rayonnant silencieusement dans son âme baptisée, que l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour, comme nous le disions, par la contemplation incessante, l’amour croissant, l’imitation persévérante, et parfaite à la fin, de son Créateur et Sauveur (Col. 3, 10).

Combien il importe donc que nous laissions en nous libre expansion à la lumière surnaturelle de la foi, qu’aucun de nos actes, aucune pensée, aucun repli de nos cœurs n’échappe à son influence, à sa direction souveraine ! Dans les âmes fidèles, l’Esprit Paraclet fait sur ce point des prodiges ; l’épanouissement non contrarié des dons supérieurs de Sagesse et d’Intelligence arrive, dans les saints, à faire prédominer tellement la divine lumière, qu’auprès d’elle pour eux l’éclat du soleil est sans force. Quelquefois même l’Esprit dépasse, dans sa liberté toute-puissante, le développement régulier de ces dons communs à tous : l’âme, entraînée dans des régions supérieures aux voies ordinaires de la vie chrétienne, se voit plongée dans l’inscrutable abîme de la Sagesse (Dion. Ar. De div. nom. 7, 3) ; elle s’y unit avec délices aux rayons qui descendent des sommets éternels, et, dans leur calme et radieuse simplicité embrassant tout, elle sent qu’elle possède le secret de toutes choses. En de certains moments, soulevée plus haut encore, bien au-dessus de la région des sens et du domaine de la raison, par delà tout intelligible, ainsi que s’exprime Denys l’Aréopagite (De myst. théol. 1, 1), elle arrive à toucher de son aile éperdue le sommet même où réside dans son essence la lumière incréée, le faîte trois fois saint d’où elle s’échappe, pour se jouer jusqu’aux dernières limites de la création, par mille détours et mille traductions de sa divine splendeur. C’est alors qu’agissant miséricordieusement avec l’âme impuissante encore à porter directement sa gloire, l’éternelle Trinité l’enveloppe de ces ténèbres mystérieuses qu’ont signalées les Saints au point le plus élevé des ascensions mystiques : ténèbres augustes, retraite dernière de la Divinité pour les mortels (Ps. 17, 12), obscurité plus pénétrante que la lumière, nuit sacrée au silence éloquent ; sanctuaire où l’adoration absorbe l’âme, d’où sont bannies également la vision et la science, et dans lequel cependant l’intelligence et l’amour, agissant de concert par un mode ineffable, prennent possession des plus sublimes mystères de la théologie dans la simplicité, l’absolu et l’immuable qui les caractérisent en Dieu !

Sans doute, de telles faveurs ne sont connues que d’un petit nombre ; et la vertu la mieux établie, la fidélité la plus méritante ne donnent à personne le droit d’y prétendre. La perfection d’ailleurs n’y est point attachée. La foi qui dirige le juste suffit à lui faire apprécier la vie extérieure des sens pour ce qu’elle est, misérable et obscure ; et c’est facilement qu’avec le secours de la grâce ordinaire, il vit tout entier dans cette retraite intime de l’âme où il sait, sur la parole de son Dieu (Jn 14, 23), que réside la Trinité sainte. Son cœur est un ciel où, caché en Dieu avec le Christ à qui vont toutes ses pensées (Col. 3, 3), il donne sans cesse au Bien-Aimé la seule preuve d’amour qui ne trompe pas, la seule qu’ait réclamée le Seigneur : l’observation des commandements (Jn 14, 21). C’est sans impatience et sans trouble, malgré ses désirs et l’ardeur de son espérance, qu’il attend cette révélation suprême du Christ sa vie qui le fera, au dernier jour, apparaître lui-même avec l’Homme-Dieu dans la gloire (Col. 3, 4) ; car sans le voir il sait qu’il l’aime, parce que sans le voir il croit en lui (1 P 1, 8). Le développement toujours croissant des vertus dont il donne le spectacle au monde, montre mieux la puissance de la foi que ne peuvent faire les manifestations merveilleuses dont nous parlions, et dans lesquelles l’âme, domptée passivement, se trouve à peine libre de refuser l’amour.

Aussi n’est-ce pas sans motif et sans lien que le récit de notre Évangile passe immédiatement, des premières lignes que nous avons commentées, à la promulgation nouvelle du grand com­man­dement qui renferme toute la Loi et les Prophètes (Mt. 22, 36-40). C’est appuyé sur les données sublimes de la foi, éclairé par elle, que l’homme peut et doit, ici-bas, aimer le Seigneur son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces et de tout son esprit, et le prochain comme lui-même. L’Église, dans l’Homélie qu’elle propose aujourd’hui comme de coutume à ses fils sur le texte sacré (Office de la nuit), n’étend pas son interprétation au delà de l’interrogation du docteur de la loi : c’est assez faire voir que, dans sa pensée, la dernière partie de l’Évangile, quoique plus longue de beaucoup, n’est que la conclusion pratique de la première, selon cette parole de l’Apôtre : La foi opère par la charité (Ga. 5, 6). Et en effet la parabole du bon Samaritain, qui, par ailleurs, se prête à tant d’applications du plus haut symbolisme, n’est amenée, dans le sens littéral, sur les lèvres du Sauveur que pour détruire péremptoirement les restrictions apportées par les Juifs au grand précepte de l’amour.

Si toute perfection est renfermée dans l’amour, si sans lui nulle vertu ne produit de fruit pour le ciel, l’amour n’est vrai qu’autant qu’il s’étend au prochain ; et c’est même surtout dans ce dernier sens, remarque saint Paul, que l’amour accomplit toute la loi (Rm. 13, 8), qu’il en est la plénitude (Ibid. 10). Car c’est le prochain qu’ont en vue directement la plupart des préceptes du Décalogue (Ibid. 9), et la charité envers Dieu n’est complète, elle aussi, qu’en aimant avec Dieu ce qu’il aime, ce qu’il a fait à son image (1 Jn 4, 20). En sorte que l’Apôtre, ne distinguant même pas, comme le fait l’Évangile, entre les deux préceptes de l’amour, ose bien dire : « Toute la loi est contenue dans cette seule parole : Vous aimerez votre prochain comme vous-même (Ga. 5, 14) ».

Mais plus est grande l’importance d’un tel amour, plus l’est aussi la nécessité de ne pas se méprendre sur la signification et l’étendue de ce terme de prochain. Les Juifs n’y comprenaient que ceux de leur race, suivant en cela les mœurs des nations païennes pour qui l’étranger n’était qu’un ennemi. Mais voici qu’interpellé par un représentant de cette loi diminuée, le Verbe divin, auteur de la loi, la rétablit dans sa plénitude. Il ne s’entoure point de nouveau pour cela des tonnerres et des flammes du Sinaï. Homme conversant avec les hommes (Ba. 3, 38), il leur révèle sous une forme accessible à tous la portée du précepte éternel qui conduit à la vie (Ibid. 4, 1). Dans une similitude, où plusieurs ont vu le récit d’un fait réel connu de ceux à qui s’adressait le Sauveur, Jésus met en scène un homme sorti de la ville sainte et un Samaritain, de tous ces étrangers ennemis dont il était question tout à l’heure le plus méprisé et le plus odieux pour un habitant de Jérusalem (s. Jean 4, 9). Et cependant, de l’aveu du docteur qui l’interroge, comme sans nul doute de tous ceux qui l’entendent, le prochain, pour l’infortuné tombé entre les mains des voleurs, c’est ici beaucoup moins le prêtre ou le lévite de sa race, que l’étranger Samaritain qui, oubliant leurs rancunes nationales devant sa misère, ne voit en lui qu’un homme son semblable. C’était bien dire que nulle exception ne pouvait prévaloir contre la loi souveraine de l’amour, ici-bas comme au ciel ; et Jésus fut compris.

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Assomption de la Sainte Vierge

15 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Assomption de la Sainte Vierge

Introït

Il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles. ℣. Gloire...

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, qui avez élevé à la gloire céleste, avec son corps et son âme, l'immaculée Vierge Marie, mère de votre Fils, nous vous en prions : faites que, toujours tendus vers les choses d'en haut, nous méritions d'avoir part à sa gloire. Par le même...

Lecture Jdt 13, 22-25 ; 15, 10

Le Seigneur vous a bénie dans sa force, car par vous il a réduit à néant tous nos ennemis. Ma fille, vous êtes bénie par le Seigneur, le Dieu très haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre. Béni soit le Seigneur, créateur du ciel et de la terre, qui a conduit votre main pour trancher la tête au plus grand de nos ennemis ; car il a rendu aujourd'hui votre nom si glorieux, que votre louange ne disparaîtra pas de la bouche des hommes, qui se souviendront éternellement de la puissance du Seigneur, car pour eux vous n'avez pas épargné votre vie, à cause des souffrances et de la détresse de votre race, mais vous nous avez sauvés de la ruine, en présence de notre Dieu. Vous êtes la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, l'honneur de notre peuple.

Évangile Lc 1, 41-50

En ce temps-là, Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit et elle s'écria à haute voix, disant : « Tu es bénie entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. D'où me vient que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein. Heureuse, toi qui a cru, parce que les choses qui t'ont été dites de la part du Seigneur s'accompliront. » Et Marie dit : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, parce qu'il a jeté ses yeux sur la bassesse de sa servante. Voici, en effet, que désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Et son nom est saint, et sa miséricorde, d'âge en âge, est pour ceux qui le craignent. »

Offertoire

Je mettrais une intimité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance.

Secrète

Seigneur, que l'offrande de notre dévotion monte vers vous, et que nos cœurs, embrasés du feu de la charité, aspirent sans cesse à s'approcher de vous, par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie élevée au ciel. Par...

Communion

Toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses.

Postcommunion

Ayant reçu les sacrements du salut, nous vous en prions, Seigneur : que par les mérites et l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie élevée au ciel, nous soyons conduits à la gloire de la résurrection. Par..

Dom Guéranger ~ L’Année liturgique

Assomption de la Très Sainte Vierge

« Aujourd’hui la vierge Marie est montée aux cieux ; réjouis­sez‑vous, car elle règne avec le Christ à jamais. » Ainsi l’Église conclura les chants de cette journée glorieuse ; suave antienne, où se résument l’objet de la fête et l’esprit dans lequel elle doit être célébrée.

Il n’est point de solennité qui respire à la fois comme celle-ci le triomphe et la paix, qui réponde mieux à l’enthousiasme des peuples et à la sérénité des âmes consommées dans l’amour. Certes le triomphe ne fut pas moindre au jour où le Seigneur, sortant du tombeau par sa propre vertu, terrassait l’enfer ; mais dans nos âmes, si subitement tirées de l’abîme des douleurs au surlendemain du Golgotha, la soudaineté de la victoire mêlait comme une sorte de stupeur à l’allégresse de ce plus grand des jours. En présence des Anges prosternés, des disciples hésitants, des saintes femmes saisies de tremblement et de crainte, on eût dit que l’isolement divin du vainqueur de la mort s’imposait à ses plus intimes et les tenait comme Madeleine à distance.

Dans la mort de Marie, nulle impression qui ne soit toute de paix ; nulle cause de cette mort que l’amour. Simple créature, elle ne s’arrache point par elle-même aux liens de l’antique ennemie ; mais, de cette tombe où il ne reste que des fleurs, voyons-la s’élever inondée de délices, appuyée sur son bien-aimé. Aux acclamations des filles de Sion qui ne cesseront plus de la dire bienheureuse, elle monte entourée des esprits célestes formant des chœurs, louant à l’envi le Fils de Dieu (Introït et Offertoire de la Messe, première Antienne de l’Office, Versets et Répons). Plus rien qui, comme au pays des ombres, vienne tempérer l’ineffable éclat de la plus belle des filles d’Ève ; et c’est sans conteste que par delà les inflexibles Trônes, les Chérubins éblouissants, les Séraphins tout de flammes, elle passe enivrant de parfums la cité bienheureuse. Elle ne s’arrête qu’aux confins même de la Divinité, près du siège d’honneur où le Roi des siècles, son Fils, règne dans la justice et la toute-puissance : c’est là qu’elle aussi est proclamée Reine ; c’est de là qu’elle exercera jusqu’aux siècles sans fin l’universel empire de la clémence et de la bonté.

Cependant, ici-bas, le Liban, Amana, Sanir et Hermon, toutes les montagnes du Cantique sacré (Ct. 4, 8), semblent se disputer l’honneur de l’avoir vue s’élever de leurs sommets vers les cieux ; et véritablement la terre entière n’est plus que le piédestal de sa gloire, comme la lune est son marchepied, le soleil son vêtement, comme les astres des cieux forment sa couronne brillante. « Fille de Sion, vous êtes toute belle et suave (Antienne de Magnificat aux premières Vêpres) », s’écrie l’Église, et son ravissement mêle aux chants du triomphe des accents d’une exquise fraîcheur : « Je l’ai vue belle comme la colombe qui s’élève au-dessus des ruisseaux ; ses vêtements exhalaient d’inestimables senteurs, et comme le printemps l’entouraient les roses en fleurs et les lis des vallées. »

Même douce limpidité dans les faits de l’histoire biblique où les interprètes des saints Livres ont vu la figure du triomphe de Marie. Tant que dure ce monde, une loi imposante garde l’entrée du palais éternel : nul n’est admis à contempler, sans déposer son manteau de chair, le Roi des cieux. Il est pourtant quelqu’un de notre race humiliée, que n’atteint pas le décret terrible : la vraie Esther s’avance par delà toutes barrières en sa beauté dépassant toute croyance. Pleine de grâces, elle justifie l’amour dont l’a aimée le véritable Assuérus ; mais dans le trajet qui la conduit au redoutable trône du Roi des rois, elle n’entend point rester solitaire : soutenant ses pas, soulevant les plis de son royal vêtement, deux suivantes l’accompagnent, qui sont l’angélique et l’humaine natures, également fières de la saluer pour maîtresse et pour dame, toutes deux aussi participantes de sa gloire.

Si de l’époque de la captivité, où Esther sauva son peuple, nous remontons au temps des grandeurs d’Israël, l’entrée de Notre‑Dame en la cité de la paix sans fin nous est représentée par celle de la reine de Saba dans la terrestre Jérusalem. Tandis qu’elle contemple ravie la magnificence du très haut prince qui gouverne en Sion : la pompe de son propre cortège, les incalculables richesses du trésor qui la suit, ses pierres précieuses, ses aromates, plongent dans l’admiration la Ville sainte. Jamais, dit l’Écriture, on ne vit tant et de si excellents parfums que ceux que la reine de Saba offrit au roi Salomon.

La réception faite par le fils de David à Bethsabée sa mère, au troisième livre des Rois, vient achever non moins heureusement d’exprimer le mystère où la piété filiale du vrai Salomon a si grande part en ce jour. Bethsabée venant vers le roi, celui-ci se leva pour aller à sa rencontre, et il lui rendit honneur, et il s’assit sur son trône ; et un trône fut disposé pour la mère du roi, laquelle s’assit à sa droite. O Notre-Dame, combien en effet vous dépassez tous les serviteurs, ministres ou amis de Dieu ! « Le jour où Gabriel vint à ma bassesse, vous fait dire saint Éphrem, de servante je fus reine ; et moi, l’esclave de ta divinité, soudain je devins mère de ton humanité, mon Seigneur et mon fils ! Ô fils du Roi, qui m’as faite moi aussi sa fille, ô tout céleste qui introduis aux cieux cette fille de la terre, de quel nom te nommer ? »

Lui-même le Seigneur Christ a répondu ; le Dieu fait homme nous révèle le seul nom qui, en effet, l’exprime pleinement dans sa double nature : il s’appelle le Fils. Fils de l’homme comme il est Fils de Dieu, il n’a qu’une mère ici-bas, comme il n’a qu’un Père au ciel. Dans l’auguste Trinité il procède du Père en lui restant consubstantiel, ne se distinguant de lui que parce qu’il est Fils, produisant avec lui l’Esprit-Saint comme un seul principe ; dans la mission extérieure qu’il remplit à la gloire de la Trinité sainte, communiquant pour ainsi dire à son humanité les mœurs de sa divinité autant que le comporte la diversité des natures, il ne se sépare en rien de sa mère, et veut l’avoir participante jusque dans l’effusion de l’Esprit-Saint sur toute âme. Ineffable union, fondement des grandeurs dont le triomphe de ce jour est le couronnement pour Marie. Les jours de l’Octave nous permet­tront de revenir sur quelques-unes des conséquences d’un tel principe ; qu’il nous suffise aujourd’hui de l’avoir posé.

« Comme donc le Christ est Seigneur, dit l’ami de saint Bernard, Arnauld de Bonneval, Marie aussi est Dame et souveraine. Quiconque fléchit le genou devant le fils, se prosterne devant la mère. À son seul nom les démons tremblent, les hommes tressail­lent, les anges glorifient Dieu. Une est la chair de Marie et du Christ, un leur esprit, un leur amour. Du jour où il lui fut dit, Le Seigneur est avec vous, irrévocable en fut la grâce, inséparable l’unité ; et pour parler de la gloire du fils et de la mère, ce n’est pas tant une gloire commune que la même gloire qu’il faut dire. » — « O toi la beauté et l’honneur de ta mère, reprend le grand diacre d’Édesse, ainsi l’as-tu parée en toutes manières, celle qui avec d’autres est ta sœur et ton épouse, mais qui seule t’a conçu. »

« Venez donc, ô toute belle, dit Rupert à son tour, vous serez couronnée, au ciel reine des Saints, ici-bas reine de tout royaume. Partout où l’on dira du bien-aimé qu’il a été couronné de gloire et d’honneur, établi prince sur toutes les œuvres du Père, partout aussi on publiera de vous, ô bien-aimée, que vous êtes sa mère, et partant reine de tout domaine où s’étend sa puissance ; et, à cause de cela, les empereurs et les rois vous couronneront de leurs couronnes et vous consacreront leurs palais. »

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Vigile de l'Assomption mémoire de saint Eusèbe.

14 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Vigile de l'Assomption mémoire de saint Eusèbe.

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Ô Dieu, qui avez daigné choisir pour demeure le sein virginal de la bienheureuse Marie, nous vous en prions : faites que, fortifiés par sa protection, nous prenions part à sa fête avec joie. Vous qui..

Lecture Eccl 24, 23-31

Moi, comme la vigne, j'ai produit des fleurs d'une agréable odeur, et mes fleurs ont donné des fruits de gloire et de richesse. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la doctrine et de la vérité, en moi est toute espérance de vie et de force.
Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits. Car mon esprit est plus doux que le miel et mon héritage plus suave que le rayon de miel. Ma mémoire demeurera dans la suite des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Ceux qui m'écoutent ne seront pas confondus, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point. Ceux qui me font connaître auront la vie éternelle.

Évangile Lc 11, 27-28

En ce temps-là, tandis que Jésus parlait à la foule, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté, et les seins qui t'ont nourri ! » Jésus répondit : « Heureux bien plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. »

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Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 2 a. 2 co

13 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 2 a. 2 co

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 2 a. 2 co. Respondeo dicendum, quod in exitu creaturarum a primo principio attenditur quaedam circulatio vel regiratio, eo quod omnia revertuntur sicut in finem in id a quo sicut a principio prodierunt. Et ideo oportet ut per eadem quibus est exitus a principio, et reditus in finem attendatur. Sicut igitur dictum est, dist. 13, quaest. 1, art. 1, quod processio personarum est ratio productionis creaturarum a primo principio, ita etiam est eadem processio ratio redeundi in finem, quia per Filium et Spiritum Sanctum sicut et conditi sumus, ita etiam et fini ultimo conjungimur; ut patet ex verbis Augustini positis in 3 dist., ubi dicit: principium ad quod recurrimus, scilicet Patrem, et formam quam sequitur, scilicet Filium, et gratiam qua reconciliamur. Et Hilarius dicit infra 31 dist.: ad unum initiabile omnium initium per Filium universa referimus. Secundum hoc ergo processio divinarum personarum in creaturas potest considerari dupliciter. Aut inquantum est ratio exeundi a principio; et sic talis processio attenditur secundum dona naturalia, in quibus subsistimus, sicut dicitur a Dionysio divina sapientia vel bonitas in creaturas procedere. Sed de tali processione non loquimur hic. Potest etiam attendi inquantum est ratio redeundi in finem, et est secundum illa dona tantum quae proxime conjungunt nos fini ultimo, scilicet Deo, quae sunt gratia gratum faciens et gloria, et de ista processione loquimur hic. Sicut enim in generatione naturali generatum non conjungitur generanti in similitudine speciei nisi in ultimo generationis, ita etiam in participationibus divinae bonitatis non est immediata conjunctio ad Deum per primos effectus quibus in esse naturae subsistimus, sed per ultimos quibus fini adhaeremus; et ideo concedimus, Spiritum Sanctum non dari nisi secundum dona gratum facientia.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 2 a. 2 ad 2 Ad secundum dicendum, quod in processione Spiritus, secundum quod hic loquimur, prout scilicet claudit in se dationem Spiritus Sancti, non sufficit quod sit nova relatio, qualiscumque est, creaturae ad Deum; sed oportet quod referatur in ipsum sicut ad habitum: quia quod datur alicui habetur aliquo modo ab illo. Persona autem divina non potest haberi a nobis nisi vel ad fructum perfectum, et sic habetur per donum gloriae; aut secundum fructum imperfectum, et sic habetur per donum gratiae gratum facientis; vel potius sicut id per quod fruibili conjungimur, inquantum ipsae personae divinae quadam sui sigillatione in animabus nostris relinquunt quaedam dona quibus formaliter fruimur, scilicet amore et sapientia; propter quod Spiritus Sanctus dicitur esse pignus hereditatis nostrae.

 

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Sainte Claire vierge

12 Août 2026 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Claire vierge

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Exaucez-nous, ô Dieu, notre salut ; afin que, comme nous nous réjouissons de la fête de votre bienheureuse vierge Claire, nous y puisions aussi les sentiments d'une tendre dévotion. Par..

Fondatrice des Clarisses (+ 1253)

Il n'est pas possible de séparer l'histoire de sainte Claire de celle de saint François d'Assise. Née à Assise, elle a 11 à 12 ans de moins que lui. Elle est de famille noble et lui fils de marchand. Au moment de la 'commune' d'Assise vers 1200, soulèvement violent contre le pouvoir féodal,auquel participe saint François, les parents de Claire quittent la ville par sécurité et se réfugient à Pérouse, la ville rivale. Ils ne reviendront à Assise que 5 à 6 ans plus tard. Claire ne commence à connaître saint François que vers 1210, quand celui-ci, déjà converti à la vie évangélique, se met à prêcher dans Assise. Elle est séduite par lui et par cette vie pauvre toute donnée au Christ. Elle cherche donc à rencontrer François par l'intermédiaire de son cousin Rufin qui fait partie du groupe des frères. Ensemble, ils mettent au point son changement de vie. Le soir des Rameaux 1212, elle quitte la demeure paternelle et rejoint saint François à la Portioncule. Elle a 18 ans et se consacre à Dieu pour toujours. L'opposition de sa famille n'y pourra rien. Rapidement d'autres jeunes filles se joignent à Claire, dont sa sœur Agnès, sa maman Ortolana et son autre sœur Béatrice. La vie des 'Pauvres Dames' prospère rapidement et d'autres monastères doivent être fondés. Le Pape Innocent III leur accorde 'le privilège de pauvreté'. Mais après la mort de saint François, les papes interviendront pour aménager la vie matérielle des Clarisses et leur permettre une relative sécurité. Claire refuse de toutes ses forces. Elle veut la pauvreté totale et la simplicité franciscaine. En 1252, le pape Innocent IV rend visite aux Sœurs, accepte leur Règle de vie et la bulle d'approbation arrive le 9 août 1253. Claire meurt le 11 août tenant la bulle dans ses mains dans la paix et la joie.

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