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Mercredi des Quatre-Temps de Septembre mémoire de Saint Eustache et ses compagnons martyrs

20 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Mercredi des Quatre-Temps de Septembre mémoire de Saint Eustache et ses compagnons martyrs

Collecte

Faites, nous vous en supplions, Seigneur, que notre faiblesse ait pour se soutenir les remèdes de votre miséricorde en sorte que si elle est entraînée vers la terre du fait de sa condition propre, elle soit relevée grâce à votre clémence.

Lecture Neh. vel 2 Esdr. 8, 1-10

En ces jours-là, tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des Eaux. Et ils prièrent Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël. Et le prêtre Esdras apporta la loi devant l’assemblée des hommes et des femmes, et de tous ceux qui pouvaient l’entendre, le premier jour du septième mois. Et il lut distinctement dans ce livre sur la place qui était devant la porte des Eaux, depuis le matin jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes et de ceux qui étaient capables de l’entendre, et tout le peuple avait les oreilles attentives à la lecture de ce livre. Esdras, le scribe, se tint debout sur une estrade de bois qu’il avait faite pour parler au peuple. Esdras ouvrit le livre devant tout le peuple, car il était élevé au-dessus de tous ; et après qu’il l’eut ouvert, tout le peuple se tint debout. Et Esdras bénit le Seigneur, le grand Dieu ; et tout le peuple, levant les mains, répondit : Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Et ils s’inclinèrent, et adorèrent Dieu prosternés jusqu’à terre. Cependant les lévites faisaient faire silence au peuple, afin qu’il écoutât la loi. Or le peuple se tenait debout, chacun à sa place. Et ils lurent dans le livre de la loi de Dieu distinctement et d’une manière très intelligible, et le peuple entendit ce qu’on lui lisait. Or Néhémie, Esdras, prêtre et scribe, et les lévites qui interprétaient la loi dirent à tout le peuple : Ce jour est consacré au Seigneur notre Dieu ; ne vous attristez point et ne pleurez pas. Et il leur dit : Allez, mangez des viandes grasses et buvez de douces liqueurs, et faites-en part à ceux qui n’ont rien préparé, car ce jour est consacré au Seigneur ; et ne vous attristez point, car la joie du Seigneur est notre force.

Évangile Mc. 9, 16-28

En ce temps-là, un homme de la foule, prenant la parole, dit : Maître, je vous ai amené mon fils, qui est possédé d’un esprit muet ; et en quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette à terre, et l’enfant écume, grince des dents et se dessèche. J’ai dit à vos disciples de le chasser, mais ils ne l’ont pu. Jésus leur répondit : O génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous souffrirai-je ? Amenez-le-moi. Ils l’emmenèrent ; et aussitôt qu’il eut vu Jésus, l’esprit l’agita avec violence, et, jeté à terre, il se roulait en écumant. Jésus demanda au père de l’enfant : Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? Il répondit : Depuis son enfance, et l’esprit l’a souvent jeté dans le feu et dans l’eau, pour le faire périr. Mais, si vous pouvez quelque chose, secourez-nous, ayez pitié de nous. Jésus lui dit : Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit. Et aussitôt le père de l’enfant s’écria avec larmes : Je crois, Seigneur ; aidez mon incrédulité. Et Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit : Esprit sourd et muet, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et ne rentre plus en lui. Alors l’esprit, poussant des cris et l’agitant avec violence, sortit, et l’enfant devint comme mort, de sorte que beaucoup disaient : Il est mort. Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le souleva, et il se leva. Lorsque Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandaient en secret : Pourquoi n’avons-nous pas pu le chasser ? Il leur répondit : Cette sorte de démon ne peut se chasser que par la prière et par le jeûne.

Office

Homélie de saint Bède le Vénérable, Prêtre.

Première leçon. Ce démoniaque, que le Seigneur guérit en descendant de la montagne, saint Marc dit qu’il était sourd et muet ; saint Matthieu, qu’il était lunatique. Il nous paraît l’image de ces hommes dont il est écrit : « L’insensé est changeant comme la lune ; » de ceux qui, ne demeurant jamais dans le même état, portés tantôt à tels vices et tantôt à tels autres, semblent croître et décroître. Ils sont muets, ne confessant pas la foi ; sourds, n’entendant pas, jusqu’à un certain point, la parole même de la vérité. Ils écument, quand leur sottise les rend sans consistance, comme l’eau. C’est en effet le propre des fous, des malades énervés et des gens hébétés, de laisser échapper de leur bouche l’écume salivaire. Ils grincent des dents, lorsqu’ils sont enflammés par la fureur de la colère ; ils se dessèchent, lorsqu’ils languissent dans la torpeur de l’oisiveté, et ils vivent sans énergie, n’étant soutenus par aucune des forces de la vertu.

Deuxième leçon. Cette parole [du père du possédé] : « J’ai dit à vos disciples de la chasser, [ce démon,] et ils ne l’ont pu », accuse indirectement les Apôtres, quoique l’impossibilité de guérir soit rapportée parfois, non point à la faiblesse de ceux qui sont appelés à procurer la guérison, mais à l’état de la foi en ceux qui demandent à être guéris, le Seigneur ayant prononcé cette parole : « Qu’il te soit fait selon ta foi. » Jésus s’adressant à la foule, s’écria : « O race incrédule, jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterai-je ? » [La patience du divin Maître] n’était ni lassée ni vaincue, car il est plein de bonté et de douceur lui qui, « semblable à l’agneau devant celui qui le tond, n’ouvrit pas la bouche, » et n’éclata pas en paroles de colère ; mais, à la façon d’un médecin qui verrait son malade se conduire contrairement à ses prescriptions, le Sauveur semble dire : Jusqu’à quand viendrai-je en ta maison ? jusqu’à quel point perdrai-je les soins de mon art, car j’ordonne une chose et tu en fais une autre ?

Troisième leçon. « Il leur dit : Ce genre [de démons] ne peut se chasser que par la prière et le jeûne. » En instruisant les Apôtres sur la manière dont le démon le plus méchant doit être chassé, Jésus-Christ nous donne à tous une règle de vie, afin que nous sachions que les tentations les plus fortes, provenant soit des esprits immondes, soit des hommes, doivent être vaincues par les jeûnes et les prières, et que la colère du Seigneur aussi, lorsqu’elle s’est allumée pour venger nos crimes, peut être apaisée par ce remède spécial. Or, le jeûne, en un sens général, consiste à s’abstenir non seulement des aliments, mais de tous les plaisirs charnels ; bien plus, à se défendre de toute affection au mal. Pareillement, la prière, en un sens général, ne s’entend pas seulement des paroles par lesquelles nous invoquons la clémence divine, mais aussi de tous l !es actes que nous accomplissons avec la dévotion de la foi pour servir notre Créateur.

 

 

 

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Super Heb., cap. 13

20 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super Heb., cap. 13

Lectio 2

Super Heb., cap. 13 l. 2 Supra monuit apostolus ad imitandum exempla et conversationem eorum, qui decesserunt, hic monet ad insistendum doctrinae eorum. Et circa hoc duo facit. Primo enim ponit monitionem suam; secundo assignat rationem, ibi habemus altare. Iterum prima in duas. Primo enim ponit monitionem suam in generali; secundo explicat ipsam, ibi optimum enim est gratia. Dicit ergo nolite abduci variis et peregrinis doctrinis, quasi dicat: ita dixi quod debetis imitari fidem apostolorum. Ergo a doctrina ipsorum per quamcumque aliam doctrinam nolite abduci, id est removeri. Ubi sciendum est, quod cum veritas consistat in medio, cuius est unitas, et ideo uni vero multa falsa opponi possunt, sicut uni medio multa extrema. Doctrina ergo fidei una est, quia a puncto in punctum non convenit ducere nisi unam rectam lineam. Omnes aliae doctrinae multae sunt, quia a recto multis modis contingit deviare. Et ideo dicit doctrinis variis, id est divisis. Os. X, 2: divisum est cor eorum, nunc interibunt. Hae sunt illae doctrinae, de quibus I Tm. IV, 1 s.: doctrinis Daemoniorum in hypocrisi loquentium mendacium. Item sunt peregrinae, scilicet a fide Catholica; a nobis autem tales doctrinae non sunt sustinendae, quia non sumus hospites et advenae, sed sumus cives sanctorum et domestici Dei, Ep. II, 19. Deinde cum dicit optimum est enim gratia, explicat in speciali, quae sunt variae et peregrinae doctrinae. Unde sciendum est, quod in primitiva Ecclesia fuit unus error, quod ad salutem necessaria erat observantia legalium, quae praecipue consistebat in quibusdam cibis sumendis, puta agni paschalis, Ex. XII, 3 ss., et in abstinendo a quibusdam cibis, sicut patet Lv. XI, et in aliis multis locis. Alius error fuit, quod passim licebat uti delectationibus corporalibus. Et iste fuit error Nicolaitarum. Et de utroque possunt haec verba exponi, sed magis proprie de primo. Dixit ergo supra: nolite abduci a veritate fidei, per varias et peregrinas doctrinas. II Th. II, 2: non cito moveamini a sensu vestro. Ga. I, 6: miror quod sic tam cito transferimini ab eo qui vos vocavit in gratiam Christi in aliud Evangelium. Deus enim a nobis requirit cor. Pr. XXIII, 26: praebe, fili mi, cor tuum mihi. Et ideo optimum est gratia stabilire, nam debet esse firmum et stabile. Contra quod dicitur Ps. XXXIX, 13: cor meum dereliquit me. Hoc autem non stabilitur escis corporalibus, sed per gratiam iustificantem. Rm. III, 24: iustificati gratis per gratiam ipsius et per redemptionem, quae est in Christo Iesu. Et ideo dicit non escis, quae non profuerunt. Rm. XIV, 17: non est regnum Dei esca et potus, sed iustitia et pax, et cetera. Non est ergo stabilimentum cordis in moderata vel superflua sumptione cibi, sed magis in gratia Dei. Ps. CXI, 7 s.: paratum cor eius sperare in Domino, confirmatum est cor eius, non commovebitur, donec, et cetera. Spes autem est quasi anchora stabiliens corda. Supra VI, 18 s.: confugimus ad tenendam propositam nobis spem, quam sicut anchoram habemus animae tutam et firmam. Et dicit, quod non profuerunt ambulantibus in eis, id est sperantibus in eis, quia illis qui eis utuntur ad necessitatem prosunt ad salutem corporis; sed qui totum studium ponunt in eis, ambulant in ipsis, et talibus nec proficiunt ad salutem animae nec corporis. Jr. XI, 15: numquid carnes sanctae auferent a te malitias tuas, in quibus gloriata es? Deinde cum dicit habemus altare, assignat rationem, et est valde subtilis. Sicut enim legitur Lv. XVI, 29 s., decima die septimi mensis, summus sacerdos sanguinem vituli et hirci inferebat intra sancta, pro sua ignorantia, et illorum corpora cremabantur extra castra. Et quia erat oblatio sacerdotum, non comedebantur carnes eorum. Quod enim offerebant pro peccato sacerdotum non comedebant, sed extra castra comburebant. Ex ista ergo figura trahit apostolus mysterium. Per sanguinem enim illum figurabatur sanguis Christi, ut supra dictum est, cap. IX. Vitulus enim et hircus Christum figurabant, quia vitulus erat hostia sacerdotalis, et hircus immolabatur pro peccato. In quo figurabatur, quod Christus debebat immolari pro peccato, non suo, sed populi. Vitulus ergo et hircus immolatus, est Christus sacerdos seipsum offerens pro peccatis nostris. Sanguis ergo Christi illatus est intra sancta, et caro cremata est extra castra. Ubi duplex est significatum. Unum, quod Christus in civitate immolatus est linguis Iudaeorum. Unde et Marcus dicit ipsum hora tertia crucifixum, licet hora sexta fuerit in cruce levatus. Aliud quod per virtutem passionis suae Christus intra caelestia sancta nos introducit ad Patrem. Quod autem corpora illorum cremabantur extra castra, quantum ad caput nostrum, significat quod Christus passurus erat extra portam: quantum vero ad nos, qui sumus membra, significat quod pro illis, qui sunt extra castra legalium vel exteriorum sensuum, immolatur Christus. Qui enim erant in castris, de carnalibus illis non comedebant. Haec est ergo figura, quam proponit apostolus, cuius primo ponit significatum; secundo ponit figuram, ibi quorum enim animalium; tertio inducit conclusionem exeamus igitur. Dicit ergo: stabiliamus corda nostra non escis, sed gratia. Aliter enim non possumus, quia habemus altare. Istud altare vel est crux Christi, in qua Christus pro nobis immolatus est; vel ipse Christus, in quo, et per quem preces nostras offerimus. Et hoc est altare aureum, de quo dicitur Ap. VIII. De isto ergo altari non habent potestatem edere, id est, fructum passionis Christi percipere et ipsi tamquam capiti incorporari, qui tabernaculo legalium deserviunt. Ga. V, 2: si circumcidimini, Christus vobis nihil proderit. Vel tabernaculo corporis deserviunt, qui carnales delectationes sequuntur. Rm. XIII, 14: carnis curam ne feceritis in desideriis. Talibus enim nihil prodest. I Cor. XI, 29: qui enim manducat et bibit indigne, iudicium sibi manducat et bibit. Dicitur autem corpus tabernaculum, quia in ipso tamquam in bello habitamus contra hostes, et modicum manet. II P. I, 14: velox est depositio tabernaculi mei. Et ideo non est ei deserviendum. Deinde cum dicit quorum enim animalium, prosequitur figuram ipsam. Et primo figuram veteris legis; secundo figuram novi testamenti, ibi propter quod et Iesus. Quantum ad primum dicit quorum enim animalium, et cetera. Et potest legi littera ista duobus modis. Uno modo sic: horum animalium corpora cremantur extra castra, scilicet vituli et hirci, quorum sanguis infertur in sancta per pontificem pro peccato sacerdotum et multitudinis. Aliter sic, ut per illa animalia intelligatur Christus vel sancti eius. Per omnes enim hostias veteris legis figurabatur Christus et per consequens membra eius: Christi ergo corpus, cuius sanguis illatus est in sancta caelestia pro peccato totius mundi, igne passum in ara crucis, extra portas Ierusalem, quasi extra castra crematum est. Vel etiam sancti extra castra, id est extra communem societatem hominum, igne charitatis, ieiuniis, orationibus et aliis operibus misericordiae se cremant. Quorum, id est, pro quibus efficaciter sanguis Christi in sancta illatus est. Primus sensus litteralis est. Propter quod, adaptat id quod fuit in novo testamento figurae veteris testamenti, ut sit consonantia inter ipsa. Unde dicit propter quod et Iesus, et cetera. Et patet totum. Deinde cum dicit exeamus igitur ad eum, inducit duas conclusiones. Secunda, ibi per ipsum ergo. Quantum ad primum dicit: ita dictum est quod nos habemus altare, quod est extra castra. Duo ergo debemus facere, scilicet ad ipsum accedere, et super illud sacrificare. Modus accedendi ponit primo, dicens, quod sicut Christus passus est et improperium passionis extra portam sustinuit, sic et nos exeamus ad eum extra castra, id est, extra communem societatem carnalium, vel extra observantiam legalium, vel extra sensus corporis. Portantes improperium eius, scilicet Christi, id est signa passionis Christi, per quae Christus factus est opprobrium hominum et abiectio plebis. Ps. LXVIII, 21: improperium expectavit cor meum et miseriam. Vel improperium portemus, id est, renuntiemus legalibus, adveniente veritate, propter quod sumus Iudaeis improperium, id est propter signa poenitentiae quae a carnalibus improperantur. Supra XI, 26: maiores divitias aestimans thesauris Aegyptiorum, improperium Christi. Sicut enim accusatus est Christus, quod subverteret legem, ita apostolo improperabatur, quod praedicaret non debere servari legalia. Ga. V, 11: ego autem, fratres, si circumcisionem adhuc praedico, quid adhuc persecutionem patior? Subdit autem rationem eius, dicens non enim habemus hic manentem civitatem, sed futuram inquirimus. Homo enim libenter manet in loco suo proprio. Finis enim noster non sunt legalia, nec temporalia, sed finis noster Christus est. Rm. X, 4: finis noster Christus est, ad salutem omni credenti. Non ergo habemus hic manentem civitatem, sed ubi est Christus: ergo exeamus ad ipsum. Col. III, 1: si consurrexistis cum Christo, quae sursum sunt quaerite, ubi Christus est in dextera Dei sedens, et cetera. Is. XXXIII, 20: respice Sion, civitatem solemnitatis nostrae. Supra XI, 10: expectabat fundamenta habentem civitatem, cuius artifex et conditor Deus. Item meliorem civitatem appetunt, id est caelestem. Ad ipsum enim intendimus transferri, sicut ad locum et altare nostrum. Ergo exeundum est ad illud. Deinde cum dicit per ipsum ergo afferamus, ponit secundam conclusionem, quod scilicet super istud altare sacrificare debemus, et qualia sacrificia. Duplex est autem sacrificium, quod super altare Christi offerre debemus, scilicet devotionem ad Deum, et miserationem ad proximum. Quantum ad primum dicit quod postquam non sunt offerenda sacrificia legalia, Ps. XXXIX, 7: sacrificium et oblationem noluisti ergo per ipsum, id est per Christum, offeramus semper Deo hostiam laudis. Ps. XLIX, 23: sacrificium laudis honorificabit me. Istud autem sacrificium laudis vocat fructum labiorum, id est confessionem vocis. Melius enim laudatur Deus ore, quam occisione animalium. Unde dicit fructum labiorum confitentium nomini eius. Hoc est enim necessarium. Rm. X, 10: corde creditur ad iustitiam, ore autem confessio fit ad salutem. Os. XIV, 3: reddemus vitulos labiorum nostrorum. Is. LVII, 19: creavi fructum labiorum, pacem. Hoc autem sacrificium debet esse semper, id est continue: sicut in lege erat iuge sacrificium, sicut patet Nm. XXVIII. Ps. XXXIII, 2: benedicam Dominum in omni tempore, semper laus eius in ore meo. Aliud sacrificium ponit, cum dicit beneficentiae autem et communionis nolite oblivisci, quasi dicat: olim opere exhibebatis opera misericordiae, modo autem saltem corde, si non potestis opere. Et ideo dicit nolite oblivisci beneficentiae, id est, liberalitatis, quantum ad ea quae datis. Largus enim beneficus dicitur. Ga. VI, 9: bonum autem facientes, non deficiamus. Eccli. XII, 6: benefac humili, et non dederis impio. Et nolite oblivisci communionis, quantum ad ea quae servatis, ut tempore suo communicetis. Ac. II, 44: omnes etiam qui credebant, erant pariter et habebant omnia communia. Rm. XII, 13: necessitatibus sanctorum communicantes. Vel communionis, scilicet charitatis, per quam sunt omnia communia. Quare autem istud duplex beneficium offerre debeamus, ostendit dicens quia talibus hostiis promeretur, passive, Deus, id est, possumus Deum mereri talibus sacrificiis: ipse enim est merces nostra, quam istis operibus possumus acquirere. Gn. XV, 1: ego protector tuus sum, et merces tua magna nimis. Ps. l, 21: tunc acceptabis sacrificium iustitiae, et cetera. Is. XIX, 21: colent eum in hostiis et muneribus, et vota vovebunt domino, et solvent.

 

Lectio 3

Super Heb., cap. 13 l. 3 Supra monuit apostolus, quomodo se debent habere ad praelatos mortuos, ut scilicet in fide ipsorum permaneant, hic monet eos, qualiter se debeant habere ad viventes, et primo quomodo ad alios; secundo quomodo ad seipsum Paulum, ibi orate pro nobis, et cetera. Dicit ergo obedite praepositis vestris. Ubi considerandum est, quod duo debemus praelatis, scilicet obedientiam ut ipsorum mandata impleamus, unde dicit obedite. I R. XV, 22: melior est obedientia quam victimae. Item reverentia, ut eos honoremus tamquam patres, et ipsorum disciplinam toleremus, et ideo dicit subiacete eis. I P. II, 13: subiecti estote omni humanae creaturae. Rm. XIII, 2: qui potestati resistit, Dei ordinationi resistit. Rationem subiectionis subdit, dicens ipsi enim pervigilant. Quare enim debeamus obedire et subiici praelatis, hoc est ideo quia incumbit eis labor et periculum imminet. Unde, quantum ad laborem sollicitudinis, qui eis incumbit de regimine subditorum, dicit quod ipsi pervigilant, id est perfecte vigilant. Rm. XII, 8: qui praeest in sollicitudine. Vigilare enim super gregem commissum incumbit praelatis. Unde Lc. II, 8 dicitur: pastores, per quos designantur praelati, erant vigilantes et custodientes vigilias noctis super gregem suum; quia dum dormiunt homines, inimicus homo superseminat zizania in medio tritici, ut dicitur Mt. XIII, 24 ss. Quantum autem ad periculum quod imminet, dicit quasi pro animabus vestris reddituri rationem. Hoc est enim maximum periculum, hominem de factis alterius rationem reddere, qui pro suis non sufficit. III R. XX, 39: custodi virum istum, qui si Reg. XX, 39: custodi virum istum, qui si lapsus fuerit, erit anima tua pro anima illius. Reddent enim praelati in die iudicii rationem de sibi commissis, quando fiet eis illa quaestio Jr. XIII, 20: ubi est grex qui datus est tibi, pecus inclytum tuum? Quid dices, cum visitaverit te? Tu enim docuisti eos adversum te, scilicet loquendo bona et faciendo mala, et erudisti in caput tuum, per mala tua exempla. Gregorius: scire debent praelati, quod tot mortibus digni sunt, quot exempla perditionis ad subditos transmittunt. Pr. VI, 1 s.: fili, si spoponderis pro amico tuo, defixisti apud extraneum manum tuam, illaqueatus es verbis oris tui, et captus propriis sermonibus. Fac ergo quod dico, fili mi, et temetipsum libera, quia incidisti in manum proximi tui. Discurre, festina, suscita amicum tuum, et cetera. Praelatus enim manu, id est exemplo boni operis, et ore, id est praedicatione, obligat se Christo pro subditis. Dicitur autem Christus extraneus, quia, ut dicit Bernardus, amicus est in sponsione, sed extraneus in exigenda ratione. Sed non videtur, quod aliquis teneatur reddere rationem nisi pro se tantum. II Cor. V, 10: omnes nos manifestari oportet ante tribunal Christi, ut recipiat unusquisque propria corporis, prout gessit. Respondeo. Dicendum est, quod quilibet principaliter reddet rationem de factis suis. Sed inquantum actus sui quodammodo pertinent ad alium, in tantum reddet rationem de illo. Facta autem praelati pertinent ad subditos, secundum illud Ez. III, 17: fili hominis speculatorem dedi te domui Israel, et audies de ore meo verbum, et annuntiabis eis ex me. Ubi sequitur quod si praelatus (qui nomine speculatoris intelligitur) non annuntiaverit impio, ipse quidem impius in iniquitate sua morietur, sed sanguis de manu speculatoris requiretur. Si igitur pervigilant, quasi reddituri rationem pro nobis, et nos debemus quod in nobis est facere, scilicet obedire et non rebellare, ut ipsi cum gaudio hoc faciant, et non gementes, idest sustineant periculum et laborem pro nobis cum gaudio et non cum gemitu, quia bonus praelatus multum gaudet, quando videt subditos bene operantes; quia tunc labor suus non est inanis. III Jn. 4: maiorem horum non habeo gratiam, quam ut audiam filios meos in veritate ambulare. Ph. IV, 1: itaque, fratres mei charissimi et desideratissimi, gaudium meum et corona mea, sic state in Domino charissimi. Ipsi autem gemunt in rebellione vestra. Ga. IV, 19: filioli mei, quos iterum parturio donec formetur Christus in vobis. Jr. IX, 1: quis dabit capiti meo aquam, et oculis meis fontem lacrymarum, et plorabo die ac nocte interfectos filiae populi mei? Gemunt etiam compatiendo, quando propter rebellionem nostram non consequimur fructum laborum ipsorum, qui est fructus aeternae haereditatis. Is. XXXIII, 7: ecce videntes clamabunt foris, Angeli pacis amare flebunt. Subdit autem rationem, quare debemus obedire eis, quia hoc enim non expedit vobis, quod scilicet ipsi gemant pro nobis ex rebellione nostra. Deus enim vindicabit pro ipsis. Ps. CV, 16 s.: irritaverunt Moysen in castris Aaron sanctum Domini. Aperta est terra, et deglutivit Dathan, et operuit super congregationem Abiron. Is. LXIII, 10: ipsi autem ad iracundiam provocaverunt eum, et afflixerunt spiritum sanctum eius. Sequitur: et conversus est eis in inimicum, et ipse debellavit eos. Nota autem quod dicit non expedit vobis, non enim dicit: non expedit illis. Gemere enim pro commissis subditorum bene expedit praelatis. Sic gemebat Samuel super reprobatione Saulis, I R. XV, 35. Deinde cum dicit orate pro nobis, monet apostolus, qualiter se debeant habere ad ipsum. Petit enim quod ipsi orent pro eo. Simile habetur Rm. XV, 30: obsecro vos, fratres, per Dominum nostrum Iesum Christum, et per charitatem Spiritus Sancti, ut adiuvetis me in orationibus vestris, quia, sicut dicit Glossa, impossibile est, id est, valde difficile, preces multorum non exaudiri. Mt. XVIII, 19: si duo ex vobis consenserint super terram, de omni re quamcumque petierint, fiet eis a patre meo. In hoc ergo, quod apostolus, qui certus erat quod Deo erat acceptus, petit orari pro se, percutit superbiam aliquorum qui dedignantur ab aliis preces petere, ut dicit Glossa. Rationem suae petitionis assignat, dicens confidimus enim, etc.; quod potest duobus modis intelligi. Uno modo respectu ipsorum, quorum petit orationes: quia cum apostolus Iudaeis non praedicaret, sed tantum gentibus, non videbatur eis acceptus. Et ideo poterant se excusare, ne exaudirent petitionem eius; et ideo dicit, quasi se excusando, quod ipse non habet conscientiam quin bonum ipsorum velit. Unde dicit confidimus enim, quia habemus bonam conscientiam, volentes vos etiam bene conversari in omnibus. Per quod dat intelligere, quod intendit eis prodesse cum poterit. Quia vero bonum conscientiae est a solo Deo, ideo illud attribuit fiduciae quam gerit de ipso. Vel potest referri ad ipsum apostolum, quia cum non praedicaret Iudaeis, non videbatur dignus quod orationes pro ipso fierent, quia Dominus non exaudiret eos, quia hostis fidei ipsorum videbatur, sicut dicitur Jr. VII, 16: tu ergo noli orare pro populo hoc, neque assumas pro eis laudem et orationem, et non obsistas mihi, quia non exaudiam te. Hoc ergo removet apostolus dicens orate pro nobis quia non habemus conscientiam alicuius peccati nec alicuius malefacti, sed confidimus. Nec ait certi sumus, quia delicta quis intelligit? Eccle. IX, 1: nescit homo utrum amore an odio dignus sit. I Cor. IV, 4: nihil conscius sum, sed in hoc Cor. IV, 4: nihil conscius sum, sed in hoc non iustificatus sum. Quia ergo bonam conscientiam habemus, bene volentes conversari in omnibus, ideo non repugnat mihi quin orationes vestrae sint utiles. Deinde cum dicit amplius autem deprecor, assignat aliam rationem, quare debent orare pro ipso; quia scilicet hoc erit eis utile. Unde dicit amplius, id est propter aliud, deprecor hoc vos facere, scilicet orare, quo restituar vobis celerius, quod erit ad utilitatem vestram. Rm. I, 11: desidero videre vos, ut aliquid impartiar vobis gratiae spiritualis. Apostolus autem, qui sic pro omnibus factis suis recurrit ad orationem, insinuat nobis quod omnes viae eius et facta ordinabantur ab ipso, secundum Dei dispositionem. Jb. XXXVII, 11 s.: nubes spargunt lumen suum, quae lustrant cuncta per circuitum, quocumque eas voluntas gubernantis duxerit. Per nubes enim praedicatores et apostoli intelliguntur. Is. LX, 8: qui sunt isti qui ut nubes volant? Deinde cum dicit Deus autem pacis, orat apostolus pro ipsis, et primo orat; secundo aliquid ab ipsis petendo se excusat, ibi rogo autem vos, fratres. Circa primum, prius describit eum quem orat, dicens Deus autem pacis. Proprius enim effectus Dei est facere pacem. Non enim est Deus dissensionis, sed pacis, I Cor. XIV, 33. Item II Cor. XIII, 11: pacem habete, et Deus pacis et dilectionis erit vobiscum. Pax enim nihil aliud est, nisi unitas affectuum. Quos unire est proprium solius Dei, quia per charitatem, quae a solo Deo est, uniuntur corda. Deus enim novit colligere et unire, quia Deus est charitas, quae est vinculum perfectionis. Unde ipse habitare facit unanimes in domo, Ps. LXVII, 7. Homo inter se et Deum, pacem fecit per mysterium Christi. Et ideo dicit qui eduxit de mortuis pastorem magnum ovium. Quandoque autem dicitur Christus suscitatus per virtutem patris. Rm. VIII, 11: si spiritus eius, qui suscitavit Iesum Christum a mortuis. Quandoque vero dicitur seipsum suscitasse. Ps. III, 6: ego dormivi, et soporatus sum. Quae tamen non sunt contraria, quia surrexit virtute Dei, quae est una, Patris et Filii, et Spiritus Sancti. Eduxit ergo de mortuis, id est, de sepulchro, quod est locus mortuorum. Rm. VI, 4: quomodo surrexit Christus a mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitae ambulemus. Dicitur autem Christus magnus pastor ovium, id est fidelium et humilium. Jn. X, 11: ego sum pastor bonus, et cetera. Oves enim sunt qui Deo obediunt. Ibidem 16: et oves meae, vocem meam audiunt. Dicit autem ipsum pastorem magnum, quia omnes alii sunt vicarii eius, quia ipse pascit oves proprias; alii vero oves Christi. Jn. ult.: pasce oves meas. I P. V, 4: cum apparuerit princeps pastorum, percipietis immarcescibilem gloriae coronam. Eduxit autem ipsum in sanguine testamenti aeterni, id est in virtute sanguinis Christi, per quem confirmatur testamentum novum, in quo aeterna promittuntur ad differentiam veteris. Christus enim sanguinem suum dicit sanguinem novi testamenti, apostolus autem dicit aeterni. Et ideo in consecratione sanguinis in forma ponitur utrumque. Ipse vero Christus per passionem suam meruit sibi et nobis gloriam resurrectionis, ideo dicit quod eduxit Dominum nostrum Iesum Christum de mortuis in sanguine testamenti aeterni. Ph. II, 8: humiliavit semetipsum, et cetera. Za. IX, 11: tu vero in sanguine testamenti tui eduxisti vinctos de lacu, in quo non erat aqua. Consequenter subiungit petitionem suam, cum dicit aptet vos in omni bono. Voluntas enim humana, cum sit quaedam inclinatio rationis, est principium actuum humanorum, sicut gravitas est principium motus gravium deorsum, unde se habet ad actus rationis, sicut inclinatio naturalis ad actus naturales. Res autem naturalis dicitur apta ad illud ad quod habet inclinationem. Sic etiam homo quando habet voluntatem benefaciendi, dicitur aptus esse ad illud. Deus etiam quando immittit homini bonam voluntatem, aptat eum, id est facit ipsum aptum. Et ideo dicit aptet vos in omni bono, ut faciatis eius voluntatem, id est, faciat vos velle omne bonum. Pr. XI, 23: desiderium iustorum omne bonum. Haec est enim voluntas Dei, scilicet quod Deus vult nos velle. Aliter enim non est bona voluntas nostra. Voluntas autem Dei est bonum nostrum. I Th. IV, 3: haec est voluntas Dei, sanctificatio vestra. Rm. XII, 2: ut probetis, quae sit voluntas Dei bona et beneplacens et perfecta. Dupliciter autem aptatur homo ad benefaciendum. Uno modo exterius operando, ut sic unus homo aptat alium persuadendo vel comminando. Alio modo aliquid interius exhibendo, et sic solus Deus aptat voluntatem, qui solus ipsam potest immutare. Pr. XXI, 1: cor regis in manu Domini, quocumque voluerit, inclinabit illud. Unde dicitur faciens in vobis. Ph. II, 13: Deus est, qui operatur in nobis velle et perficere. Quid autem faciet? Quod placitum est coram se, id est faciet vos velle quod placet ei. Haec autem sunt fides et mansuetudo et timor domini. Eccli. I, 34 s.: beneplacitum est ei fides et mansuetudo. Ps. CXLVI, 11: beneplacitum est Deo super timentes eum. Haec autem omnia habent per Christum. Nihil enim a Patre impetratur, nisi per Filium. Jn. XVI, 23: si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis. Et ideo dicit per Iesum Christum. II P. I, 4: per quem maxima et pretiosa nobis promissa donavit. Rm. V, 2: per quem accessum habemus, et cetera. Cui scilicet Christo, est gloria in saecula saeculorum, amen, id est, gloria sempiterna. I Tm. I, 17: regi saeculorum immortali, invisibili, soli Deo honor et gloria in saecula saeculorum, amen. Haec enim gloria sibi debetur inquantum est Deus. Deinde cum dicit rogo autem vos, fratres, etc., subdit petitionem suam, in qua excusat se; deinde concludit epistolam, ibi gratia Dei. Circa primum tria facit quia primo ponit excusationem suam; secundo recommendationem nuntii per quem scribit; tertio ponit quasdam salutationes. Dicit ergo quantum ad primum rogo vos, fratres, ut sufferatis verbum solatii, id est patienter portetis verba epistolae huius, in qua etsi in aliquo vos reprehendi, totum est ad consolationem vestram. Rm. XV, 4: quaecumque scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt. Et quare debent patienter portare, ostendit, dicens quia perpaucis, id est valde paucis, scripsi vobis, quod verum est respectu mysteriorum, quae in ipsa continentur. In ista enim epistola fere omnia mysteria veteris testamenti continentur. Sermones autem breves valde accepti sunt, quia si sunt boni, inde avidius audiuntur, si vero mali, parum gravant. Eccle. V, 1: pauci sunt sermones tui. Consequenter recommendat illum, per quem scribit, dicens cognoscite fratrem nostrum Timotheum dimissum, scilicet a carcere, in quo cum apostolo erat, vel a me dimissum ad praedicandum et ad vos missum. Cognoscite, id est gratiose recipite: tum quia, ut habetur Ac. XVI, 3, fuerat circumcisus; tum etiam quia si celerius venerit, cum ipso videbo vos. In quo ostendit dilectionem quam ad ipsos habebat. Hoc etiam dicit quia etsi ad ipsos non venerit, quia Romae passus est, tamen incertus erat utrum vel ad tempus deberet dimitti. Consequenter ponit salutationes suas. Et primo iniungit eis salutationem aliorum, dicens salutate omnes praepositos, id est apostolos adhuc viventes, et omnes sanctos, scilicet alios discipulos. Istis autem non scribit, quia non intendebat scribere, nisi contra observantes legalia. Et ideo quia ista epistola est instructiva, non intendebat instruere apostolos, quia erant antecessores sui in fide. Secundo salutat eos ex parte aliorum, dicens salutant vos fratres de Italia. Scripsit enim epistolam istam a Roma. Tertio, more solito concludens, et quasi pro sigillo, ponit salutationem, dicens gratia Dei cum omnibus vobis, amen, id est, peccatorum remissio, et omnia alia Dei dona, quae per gratiam Dei habentur, sint firmiter cum omnibus vobis. Amen, confirmatio est omnium.


 

 

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Saint Janvier évêque et ses Compagnons martyrs

19 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Janvier évêque et ses Compagnons martyrs

Collecte

Ô Dieu qui nous réjouissez en la solennité annuelle de vos saints Martyrs Janvier et ses compagnons ; faites, dans votre clémence, que notre piété s’enflamme aux exemples de ceux dont les mérites nous remplissent d’allégresse.

Office

Quatrième leçon. Alors que Dioclétien et Maximien sévissaient contre les Chrétiens, Janvier, Évêque de Bénévent, conduit à Nole, comparut devant Timothée, préfet de la Campanie, comme faisant profession de la foi chrétienne, Dans cette ville, on soumit sa constance à diverses épreuves : jeté dans une fournaise ardente, il en sortit si bien préservé que, ni ses vêtements ni même ses cheveux, ne ressentirent aucune atteinte des flammes. A cette vue, le préfet, enflammé de colère, ordonna d’écarteler le corps du Martyr, jusqu’à disjoindre les articulations des nerfs et des membres. Pendant ce temps, son Diacre Festus et le Lecteur Didier furent pris, enchaînés et traînés à Pouzzoles, devant le char du préfet, conjointement avec leur Évêque. Tous les trois furent jetés dans une prison où l’on détenait Sosie de Misène et le diacre Procule de Pouzzoles, Eutiche et Acute, laïques, tous condamnés aux bêtes.
Cinquième leçon. Le lendemain on les exposa tous aux bêtes dans l’amphithéâtre, mais celles-ci, oubliant leur férocité naturelle, vinrent se prosterner aux pieds de Janvier. Timothée, attribuant ce miracle à des enchantements, prononça la sentence capitale contre les Martyrs du Christ. Au même instant il devint aveugle, mais il recouvra bientôt la vue à la prière du bienheureux Janvier. A la suite de ce miracle, cinq mille hommes environ crurent en Jésus-Christ. Quant au juge ingrat, le bienfait ne l’adoucit point : furieux de voir une aussi grande multitude se convertir, et fanatique observateur des décrets impériaux, il ordonna que le saint Évêque et ses compagnons fussent frappés du glaive.
Sixième leçon. Les villes voisines, chacune suivant son désir d’adopter tel ou tel d’entre ces Martyrs pour protecteur auprès de Dieu, prirent soin d’ensevelir leurs corps. Sur l’avis du ciel, les Napolitains enlevèrent celui de Janvier. Ce corps fut transporté d’abord à Bénévent, puis au monastère de Monte-Vergine, et enfin à Naples, où, placé dans la plus vaste église, il y fut glorifié par de nombreux miracles, il faut citer celui-ci en premier lieu : il éteignit les tourbillons enflammés qui sortaient du mont Vésuve et répandaient la crainte et la dévastation, non seulement dans les régions voisines, mais même dans celles qui étaient plus éloignées. C’est aussi un fait bien connu que son sang desséché, conservé dans des fioles de verre, se liquéfie et bouillonne miraculeusement, comme s’il venait d’être récemment répandu, aussitôt qu’on le met en présence du chef de ce même Martyr. Ce miracle se voit encore de nos jours

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Saint Joseph de Cupertino confesseur

18 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Joseph de Cupertino confesseur

Collecte

O Dieu, qui, après que votre Fils unique eut été élevé de terre, avez voulu attirer tout à lui, faites, dans votre miséricorde, que, nous élevant au-dessus de tous les désirs terrestres, à l’exemple et par les mérites de votre séraphique Confesseur Joseph, nous méritions d’arriver auprès de celui qui, étant Dieu, vit et règne.

Office

Quatrième leçon. Joseph naquit de parents pieux, l’an du salut mil six cent trois, à Cupertino, ville située sur le territoire de Salente, au diocèse de Nardo. Prévenu de bonne heure par l’amour de Dieu, il passa son enfance et son adolescence dans une parfaite simplicité et pureté de mœurs. Délivré par l’entremise de la Vierge Mère de Dieu, d’une longue et douloureuse maladie, qu’il avait supportée avec beaucoup de patience, il se donna tout entier aux pratiques de la piété et à la culture des vertus. Afin de s’unir plus étroitement à Dieu, qui l’appelait à de plus grandes choses, il résolut de s’enrôler dans l’Ordre séraphique. Après différentes péripéties, réalisant enfin son vœu, il entra chez les Mineurs conventuels, au couvent de la Grotella. Il fut mis d’abord au nombre des frères lais, à cause de son ignorance des lettres ; puis, par une disposition de la Providence, on le fit passer dans les rangs des Clercs. Admis à la prêtrise après ses vœux solennels, il se proposa de mener une vie plus parfaite. C’est pourquoi, renonçant sur le champ à toutes les affections mondaines et même aux choses temporelles presque nécessaires à la vie, il mortifia son corps par le cilice, la discipline, les chaînes, enfin par toutes sortes de rigueurs et de souffrances. En même temps, il nourrissait assidûment son âme du suave aliment de l’oraison et de la contemplation la plus sublime. Il en résulta que l’amour de Dieu, déjà répandu dans son cœur dès le premier âge, prit de jour en jour un éclat plus merveilleux et tout à fait extraordinaire.


Cinquième leçon. Son ardente charité parut surtout avec éclat dans les délicieuses extases qui le transportaient en Dieu et dans les ravissements extraordinaires qu’il éprouvait souvent. Et, chose digne de remarque, alors que son esprit avait abandonné ses sens, la seule obéissance suffisait à le rappeler immédiatement de l’extase. C’est qu’en effet, il s’attachait à cette vertu avec un très grand zèle, répétant habituellement qu’il se laissait aveuglément conduire par elle et qu’il préférerait mourir plutôt que de ne pas obéir. Il s’appliqua avec tant de soin à imiter la pauvreté du patriarche séraphique que, sur le point de mourir, il put en toute vérité affirmer à son supérieur qu’il n’avait rien à abandonner, suivant la coutume des religieux. C’est ainsi que, mort au monde et à lui-même, il manifestait la vie de Jésus dans sa chair, et tandis qu’il discernait chez quelques-uns la flétrissure du vice, son propre corps exhalait un parfum miraculeux, indice de sa très éclatante pureté. Malgré les tentations très violentes par lesquelles l’esprit immonde s’efforça longtemps, mais en vain, de ternir cette pureté, il sut la conserver sans tache, tant par la grande sévérité qu’il apportait à la garde de ses sens, qu’au moyen des macérations continuelles dont il affligeait son corps, et grâce à une protection spéciale de la très pure Vierge. Il avait, coutume d’appeler Marie sa mère, et il la vénérait en effet du plus profond de son cœur, comme une mère très tendre. Il désirait beaucoup la voir honorer par les autres, afin disait-il, que sa protection leur valût tous les biens.


Sixième leçon. Cette sollicitude du bienheureux Joseph avait sa source dans sa charité envers le prochain. Tel était le zèle dont il brûlait pour les âmes, qu’il travaillait très activement et de toutes manières à procurer le salut de tous. Étendant encore cette charité, il secourait, autant que cela était en son pouvoir, ceux qui étaient pauvres, infirmes, ou affligés de quelque autre épreuve. Il n’excluait point de son affection ceux même qui ne lui ménageaient pas les reproches, les outrages et toutes sortes d’injures. II acceptait tout cela avec la même patience, la même douceur et la même sérénité de visage, qu’il montra à supporter les vicissitudes si nombreuses et si pénibles qu’il traversa, lorsque, pour obéir aux supérieurs de l’Ordre, ou aux décisions de la sacrée Congrégation de l’Inquisition, il se vit obligé de changer plusieurs fois de résidence. Admiré, non seulement du peuple, mais même des grands, pour son éminente sainteté et les grâces qu’il recevait du ciel, il n’en conserva pas moins une telle humilité que, s’estimant un grand pécheur, il priait Dieu avec constance d’éloigner de lui les dons remarquables dont il le comblait, et demandait aux hommes de jeter son cadavre dans un lieu où son souvenir s’effaçât totalement. Mais Dieu, qui exalte les humbles et qui avait très libéralement enrichi son serviteur durant sa vie d’une sagesse toute céleste, des dons de prophétie, de pénétration des cœurs, de guérir, ainsi que d’autres encore, rendit sa mort précieuse aux yeux de ceux à qui il en avait prédit le lieu et le temps. Cette mort arriva la soixante et unième année de son âge, à Osimo, dans la Marche d’Ancône, et Dieu glorifia le lieu de sa sépulture. Enfin, comme après sa mort même, les miracles qu’il accomplit firent briller son nom, il fut inscrit par Benoît XIV au nombre des Bienheureux, et par Clément XIII au nombre des Saints. Clément XIV, qui faisait partie du même Ordre que lui, étendit son Office et sa Messe à toute l’Église.

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Super Eph., cap. 3

17 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super Eph., cap. 3

Lectio 4

Super Eph., cap. 3 l. 4 Postquam egit apostolus de dignitate officii, quod pertinet ad suam conditionem, hic consequenter agit de his quae pertinent ad suam afflictionem, scilicet de passionibus suis. Circa quod duo facit. Primo exhortatur eos ne pro suis tribulationibus conturbentur sed habeant patientiam; secundo, quia ad hoc quod homo non conturbetur necessarium est divinum auxilium, praemittit orationem, ut impleant hoc per divinam gratiam, ibi huius rei gratia, et cetera. Dicit ergo primo: ex magnitudine officii mei et firmitate eius, quam habeo per fidem Christi, accidit quod tribulationes patior; nec me conturbant, nec a Christo avellere possunt. Rm. VIII, 35: quis nos separabit a charitate Christi? Tribulatio? etc.; quasi dicat: nihil. Propter quod induco vos et peto, ne deficiatis in tribulationibus meis, ne scilicet occasione tribulationum mearum deficiatis omnino a fide et ab operibus bonis. He. XII, 3: non fatigemini animis vestris deficientes. Dico autem quod vos non debetis deficere, quia sunt pro vobis, id est, pro utilitate vestra. II Cor. I, 6: sive tribulamur pro vestra exhortatione et salute, sive consolamur pro vestra consolatione, sive exhortamur pro vestra exhortatione et salute, quae operatur tolerantiam passionum earumdem, quas et nos patimur, ut spes nostra firma sit pro vobis, scientes quoniam sicut socii passionum estis, sic eritis et consolationum. Vel dicit pro vobis, id est pro vestra probatione. Sg. III, 6: tamquam aurum in fornace probavit electos Dominus, et cetera. Quae est gloria vestra, etc., scilicet si non deficiatis, sed stetis fortes in tribulationibus. Nam qui perseveraverit usque in finem, et cetera. Alio modo: quae est gloria vestra, id est tolerantia passionum nostrarum, est pro vobis ad gloriam, in hoc quod Deus exposuit apostolos suos et prophetas tribulationibus et passionibus propter salutem vestram. Os. VI, 5: propterea dolavi in prophetis, et occidi eos, et cetera. II Cor. I, 14: gloria vestra sumus, sicut vos nostra, et cetera. Consequenter cum dicit huius rei gratia, etc., implorat eis auxilium per orationem, ut per exhortationem suam proficiant. Et primo orationem praemittit; secundo quasi securus de exauditione, gratias agit, ibi ei autem qui potens est, et cetera. Item, prima in tres, quia primo proponit orationis obiectum; secundo orationis intentum, ibi ut det vobis secundum divitias, etc.; tertio orationis fructum, ibi ut possitis comprehendere, et cetera. Oratio autem redditur exaudibilis per humilitatem. Ps. CI, 18: respexit in orationem humilium, et cetera. Eccli. XXXV, 21: oratio humiliantis se, nubes penetrabit, et cetera. Et ideo statim orationem suam ab humilitate incipit, dicens huius rei gratia, scilicet ne deficiatis a fide, flecto genua mea ad Patrem, etc., quod est signum humilitatis propter duo. Primo quia qui genua flectit, quodam modo parvificat se, et subiicit se ei, cui genua flectit: unde per huiusmodi ostenditur recognitio propriae fragilitatis et parvitatis. Secundo quia in genu est fortitudo corporis. Quando ergo quis genua flectit, protestatur debilitatem suae virtutis. Et inde est, quod exteriora signa corporalia exhibentur Deo ad conversionem, et exercitium spirituale animae interioris. In oratione Manasses: flecto genua cordis mei, et cetera. Is. XLV, 23: mihi curvabitur omne genu, et cetera. Deinde describit orationis obiectum, quod est Deus, et describit eum ex duobus: primo ex affinitate, secundo ex auctoritate. Ex affinitate enim erigimur ad orandum cum fiducia. Et quantum ad hoc dicit ad patrem Domini nostri Iesu Christi, scilicet cuius nos filii sumus. Jc. I, 17: omne datum optimum, et cetera. Is. LXIII, 16: tu enim, Domine, Pater noster, et cetera. Ex auctoritate autem confirmatur obtinendi quod petimus fiducia, quia ipse est ex quo omnis paternitas in caelo et in terra nominatur. Hic posset quaeri utrum in caelo sit paternitas. Posset dici breviter, quod in caelo, id est in Deo vel in divinis, est paternitas, quae est principium omnis paternitatis. Sed de hac non quaeritur ad praesens, quia cuilibet fideli nota est. Sed quaeritur utrum in caelis, id est utrum in Angelis sit aliqua paternitas. Ad hoc dico quod paternitas est tantum in viventibus et cognoscentibus. Est autem duplex vita. Una secundum actum, alia secundum potentiam. Vita quidem secundum potentiam, est habere opera vitae in potentia. Unde dormiens quantum ad actus exteriores, dicitur vivere in potentia. Vivere autem secundum actum est, quando exercet quis opera vitae in actu. Sic autem non solum qui dat potentiam vitae, pater est eius cui dat; sed qui dat actum vitae, ille etiam pater dici potest. Quicumque ergo inducit aliquem ad aliquem actum vitae, puta ad bene operandum, intelligendum, volendum, amandum, pater eius dici potest. I Cor. IV, 15: nam si decem millia paedagogorum habeatis in Christo, sed non multos patres, et cetera. Cum ergo inter Angelos unus alterum illuminet, perficiat et purget, et isti sint actus hierarchici, manifestum est quod unus Angelus est pater alterius, sicut magister est pater discipuli. Utrum autem paternitas, quae est in caelis et in terra, derivetur a paternitate, quae est in divinis, dubitatur. Et videtur quod non; quia nomina sic imponimus secundum quod res nominatas cognoscimus; quidquid autem cognoscimus, est per creaturas, ergo nomina imposita a nobis rebus ipsis, plus et prius conveniunt creaturis quam ipsi Deo. Respondeo et dico quod nomen alicuius rei nominatae a nobis dupliciter potest accipi, quia vel est expressivum, aut significativum conceptus intellectus, quia voces sunt notae, vel signa passionum, vel conceptuum qui sunt in anima, et sic nomen prius est in creaturis, quam in Deo. Aut inquantum est manifestativum quidditatis rei nominatae exterius, et sic est prius in Deo. Unde hoc nomen paternitas, secundum quod significat conceptionem intellectus nominantis rem, sic per prius invenitur in creaturis quam in Deo, quia per prius creatura innotescit nobis, quam Deus; secundum autem quod significat ipsam rem nominatam, sic per prius est in Deo quam in nobis, quia certe omnis virtus generativa in nobis est a Deo. Et ideo dicit: ex quo omnis paternitas in caelo et in terra nominatur, quasi dicat: paternitas quae est in ipsis creaturis, est quasi nominalis seu vocalis, sed illa paternitas divina, qua pater dat totam naturam filio, absque omni imperfectione, est vera paternitas. Consequenter cum dicit ut det vobis, etc., ostendit orationis intentum. Et primo facit hoc; secundo ostendit per quid posset impetrare suum propositum, ibi per spiritum eius, et cetera. Dicit ergo: dico quod peto ne deficiatis, sed stetis viriliter. Scio tamen quod hoc ex vobis facere non potestis sine dono Dei, ideo peto, ut det vobis. Jc. I, 17: omne datum optimum, et cetera. Et hoc quidem secundum divitias gloriae suae, id est secundum copiam maiestatis eius et magnificentiae. Ps. CXI, 3: gloria et divitiae in domo eius. Pr. VIII, 18: mecum sunt divitiae et gloria. Divitiae, inquam, quae faciunt virtute corroborari. Is. XL, 29: qui dat lasso virtutem, et his qui non sunt fortitudinem et robur multiplicat. Et hoc in interiori homine, quia nisi in interioribus fortificetur homo, faciliter ab hoste superatur. Is. IX, 7: confirmet illud et corroboret in iudicio et iustitia, amodo et usque in sempiternum. Tunc resumatur illa particula interposita, scilicet per spiritum, in qua ostendit per quid obtinere potest quod petit. Ipse enim spiritus, qui roborat, est spiritus fortitudinis et est causa non deficiendi in tribulationibus, quem obtinemus per fidem quae est fortissima: quia fides est substantia rerum sperandarum, id est facit in nobis subsistere res sperandas. Unde I P. V, 9: cui resistite fortes in fide. Et ideo subiungit habitare Christum per fidem, et hoc in cordibus vestris. I P. III, 15: dominum autem Christum sanctificate in cordibus vestris. Per quod? Dico quod non solum per fidem, quae, ut donum est fortissima, sed etiam per charitatem quae est in sanctis. Et ideo subdit in charitate radicati et fundati. I Cor. XIII, 7: omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet, charitas numquam excidit. Ct. ult.: fortis est ut mors dilectio. Unde sicut arbor sine radice, et domus sine fundamento de facili ruit, ita spirituale aedificium, nisi sit in charitate fundatum et radicatum, durare non potest.

 

Lectio 5

Super Eph., cap. 3 l. 5 Supra ostendit apostolus petitionis suae pro Ephesiis, et orationis intentum, scilicet corroborationem spiritus in fide et charitate, hic consequenter ostendit eius quam petiit corroborationis per fidem et charitatem fructum, qui est quaedam cognitio. Ideo primo proponit ipsam notitiam; secundo ipsius notitiae et cognitionis efficaciam, ibi ut impleamini in omnem plenitudinem Dei. Dicit ergo: ita sitis, charissimi, in charitate radicati et fundati, ut possitis comprehendere, et cetera. Quod quidem dupliciter legi potest. Primo modo, ut magis sequamur intentionem apostoli. Sciendum est ergo quod tam in futuro quam in praesenti cognitio Dei est nobis necessaria; nam in futuro gaudebimus et de cognitione Dei et de cognitione assumptae humanitatis. Jn. XVII, 3: haec est vita aeterna, ut, cognoscant, et cetera. Jn. X, 9: ingredietur, scilicet in contemplatione divinitatis, et egredietur, scilicet in contemplatione humanitatis, et pascua inveniet. Et quia fides est inchoatio illius futurae cognitionis, quia est substantia rerum sperandarum, etc., ut dicitur He. XI, 1 quasi iam in nobis res sperandas per modum cuiusdam inchoationis facit subsistere. Inde est quod fides nostra in his duobus consistit, scilicet in divinitate et humanitate Christi. I Cor. II, 2: non enim iudicavi me scire aliquid inter vos, nisi Iesum Christum, et cetera. Secundum hoc ergo primo praemittit eis cognitionem divinitatis; secundo cognitionem mysteriorum humanitatis, ibi scire etiam supereminentem scientiae, et cetera. Cognitionem autem divinitatis manifestat eis sub his verbis ut possitis, etc., quasi dicat: corroboramini per fidem et charitatem, quia si sic estis, pervenietis ad vitam aeternam, ubi habebitis Deum praesentem et perfecte eum cognoscetis. Quod autem Deus manifestetur amanti, patet Jn. XIV, 21: qui diligit me, diligetur a Patre meo, et ego diligam eum, et manifestabo ei meipsum; quod vero manifestetur credenti, patet, prout dicitur Is. VII, 9, secundum aliam litteram: nisi credideritis, non intelligetis. Oportet enim ut secundum fidem et charitatem corroboremini, ut possitis comprehendere. Ubi sciendum est quod comprehendere quandoque ponitur pro includere, et tunc oportet quod comprehendens contineat in se totaliter comprehensum. Quandoque autem ponitur pro apprehendere, et tunc dicit remotionem distantiae et insinuat propinquitatem. Primo autem modo a nullo intellectu creato Deus comprehendi potest. Jb XI, 7: forsitan vestigia Dei comprehendes, et usque ad perfectum omnipotentem reperies? Quasi dicat: non, quia sic posset eum perfecte cognoscere quantum cognoscibilis est. Et de hac cognitione non intelligitur quod dicitur ut possitis comprehendere, sed secundo modo. Et est una de tribus dotibus, et de hac loquitur apostolus, cum dicit ut possitis comprehendere, id est Deum habere praesentem et praesentialiter cognoscere. Ph. III, 12: sequor autem si quomodo comprehendam, in quo, et cetera. Et haec comprehensio est communis omnibus sanctis eius. Ideo subdit cum omnibus sanctis. Ps. CXLIX, 9: gloria haec est omnibus sanctis eius. Talibus autem dicitur illud I Cor. IX, 24: sic currite ut comprehendatis, et cetera. Quae sit latitudo, et cetera. Notandum quod verba ista videntur ortum habere ex verbis Jb XI, 7: forsan, inquit, vestigia Dei comprehendes? Quasi dicat: incomprehensibilis est; huius autem incomprehensibilitatis causam assignat, dicens: excelsior caelo est, et quid facies? Profundior Inferno est, et unde cognosces? Longior terra mensura eius, et latior mari. Ex quo videtur quod Iob ostendat eum esse comprehensibilem, attribuens ei quadruplicem differentiam dimensionum. His enim verbis alludens apostolus dicit ut possitis comprehendere, quae sit latitudo, etc.; quasi dicat: habeatis tantam fidem et charitatem, ut possitis tandem comprehendere quod comprehensibile est. Et hoc modo exponit Dionysius. Non est tamen aliquo modo intelligendum has dimensiones corporaliter esse in Deo, quia spiritus est Deus, ut dicitur Jn. IV, 24. Sunt tamen in Deo metaphorice. Unde per latitudinem designatur dimensio seu extensio virtutis, et sapientiae divinae super omnia. Eccli. I, 10: effudit illam, scilicet sapientiam, super omnia opera sua. Per longitudinem designatur aeterna eius duratio. Ps. ci, 13: tu autem, Domine, in aeternum permanes, et cetera. Ps. XCII, 5: domum tuam, Domine, decet sanctitudo in longitudinem dierum. Per sublimitatem vel celsitudinem vero, perfectio et nobilitas naturae eius, quae in infinitum excedit creaturam. Ps. CXII, 4: excelsus super omnes gentes dominus. Et profundum, id est incomprehensibilitas sapientiae eius. Eccle. VII, 25: alta profunditas, scilicet sapientiae divinae, quis inveniet eam? Sic ergo patet quod finis fidei et charitatis nostrae est ut perveniamus ad perfectam fidei cognitionem, qua cognoscamus infinitam suae virtutis extensionem, aeternam et infinitam eius durationem, suae perfectissimae naturae celsitudinem, suae sapientiae profunditatem et incomprehensibilitatem, eo modo sicut est attingendum. Consequenter, quia adhuc alia cognitio est necessaria, scilicet cognitio mysteriorum humanitatis, ideo subdit scire etiam supereminentem scientiae, et cetera. Ubi sciendum est quod quidquid est in mysterio redemptionis humanae et incarnationis Christi, totum est opus charitatis. Nam quod incarnatum est, ex charitate processit. Supra II, 4: propter nimiam charitatem suam qua dilexit nos, et cetera. Quia vero mortuus fuit, ex charitate processit Jn. XV, 13: maiorem hac dilectionem nemo habet, etc.; infra V, 2: Christus dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis oblationem et hostiam Deo. Propter hoc dicit Gregorius: o inaestimabilis dilectio charitatis. Ut servum redimeres, filium tradidisti. Et ideo scire charitatem Christi, est scire omnia mysteria incarnationis Christi et redemptionis nostrae, quae ex immensa charitate Dei processerunt, quae quidem charitas excedit omnem intellectum creatum et omnium scientiam, cum sit incomprehensibilis cogitatu. Et ideo dicit supereminentem scientiae, scilicet naturali et omnem intellectum creatum excedentem, Ph. IV, 7: et pax Dei, quae exsuperat omnem sensum; charitatem Christi, id est, quam Deus Pater fecit per Christum. II Cor. V, 19: Deus erat in Christo mundum reconcilians sibi. Alio modo potest legi, ut referatur ad perfectionem charitatis nostrae, quasi dicat: corroboramini in charitate radicati et fundati, et hoc ut possitis comprehendere, non solum cognoscere, cum omnibus sanctis, quia hoc donum, scilicet charitatis, commune est omnibus, cum nullus possit esse sanctus sine charitate, ut dicitur Ep. III. Possitis, inquam, comprehendere quae sit latitudo, scilicet charitatis, quae se extendit usque ad inimicos. Ps. CXVIII, 96: latum mandatum tuum nimis. Lata est enim charitas ad suam diffusionem. Ps. XVII, 20: eduxit me in latitudinem dominus. Longitudo autem eius attenditur quantum ad sui perseverantiam, quia numquam deficit, sed hic incipit et perficitur in gloria. I Cor. XIII, 8: charitas numquam excidit. Ct. ult.: aquae multae non potuerunt extinguere charitatem. Sublimitas autem eius attenditur quantum ad intentionem caelestium, ut scilicet Deus non diligatur propter temporalia, quia huiusmodi charitas esset infirma, sed ut diligatur propter se tantum. Jb XL, 5: in sublime erigere, et esto gloriosus. Profundum vero attenditur quantum ad originem ipsius charitatis. Nam hoc quod Deum diligimus, non est ex nobis, sed a Spiritu Sancto, quia, ut dicitur Rm. V, 5, charitas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum Sanctum, et cetera. Hoc ergo quod unus habet charitatem longam, latam, sublimem et profundam, et alius non, venit ex profundo divinae praedestinationis. Eccli. I, 2: profundum abyssi quis dimensus est. Ergo, ut possitis comprehendere, id est perfecte consequi cum omnibus sanctis, quae sit latitudo, ut extendatur charitas vestra usque ad inimicos, quae sit longitudo, ut scilicet numquam deficiat, quae sit sublimitas, ut scilicet propter seipsum Deus diligatur, et quid sit profundum, scilicet praedestinationis, et cetera. Sciendum est autem hic quod Christus, in cuius potestate fuit eligere genus mortis quod vellet, quia ex charitate mortem subiit, elegit mortem crucis, in qua praedictae quatuor dimensiones sunt. Ibi est latitudo, scilicet in ligno transverso, cui affixae sunt manus, quia opera nostra debent per charitatem dilatari usque ad inimicos. Ps. XVII, 20: eduxit me in latitudinem Dominus. Ibi est longitudo in ligno erecto, cui innititur totum corpus, quia charitas debet esse perseverativa, quae sustinet et salvat hominem. Mt. X, 22: qui autem perseveraverit usque in finem, hic salvus erit. Ibi est sublimitas in ligno superiori, cui caput inhaeret, quia spes nostra debet elevari ad aeterna et divina. I Cor. XI, 3: caput viri Christus est. Ibi etiam est profundum in ligno quod latet sub terra et sustinet crucem, et tamen non videtur, quia profundum amoris divini sustinet nos, nec tamen videtur; quia ratio praedestinationis ut dictum est excedit intellectum nostrum. Sic ergo debemus comprehendere virtutem charitatis nostrae et Christi, et adhuc scire charitatem Christi supereminentem scientiae, scilicet humanae, quia nullus potest scire quantum Christus dilexit nos, vel scire etiam charitatem scientiae Christi, quae habetur cum scientia Christi. Charitatem, dico, supereminentem, scilicet alii charitati, quae est sine scientia. Sed numquid est verum quod charitas quae est cum scientia superemineat charitati quae est sine scientia? Et videtur quod non, quia sic malus theologus esset supereminentioris charitatis quam sancta vetula. Respondeo. Dico quod hoc intelligitur de scientia afficiente: nam ex vi cognitionis inducitur ad magis diligendum, quia, quanto Deus magis cognoscitur, tanto et magis diligitur. Propter quod petebat Augustinus: noverim te, noverim me. Vel hoc dicitur propter quosdam qui habent zelum Dei, sed non secundum scientiam. Talium enim charitati supereminet charitas, cum habetur praedicta scientia Christi. Consequenter cum dicit ut impleamini, etc., ponit cognitionis divinae efficaciam, dicens ut impleamini in omnem plenitudinem Dei, id est ut habeatis perfectam participationem omnium donorum Dei, ut scilicet hic habeatis plenitudinem virtutum, et postea beatitudinis, quae quidem efficit charitas. Eccli. XXIV, 26: transite ad me, omnes qui concupiscitis me, et cetera. Consequenter sequitur illa pars ei autem qui potens, et cetera. In qua apostolus agit Deo gratias de suae petitionis exauditione. Circa quod tria facit, quia primo ponit potestatem Dei, qua postulata concedit; secundo potestatis exemplum, ibi secundum virtutem quae operatur in nobis, etc.; tertio materiam gratiarum actionis, ibi ipsi gloria, et cetera. Potestatem autem Dei describit infinitam, dicens ei autem, scilicet Deo Christo et Deo Patri, qui potens est omnia facere, et cetera. Ex. XV, 3: omnipotens nomen eius. Rm. ult.: ei autem qui potens est vos confirmare iuxta Evangelium, et cetera. Et hoc superabundanter facere in nobis omnia quam sciamus petere per affectum, aut intelligere per intellectum, et hoc est quod dicit quam petimus, aut intelligimus. Exemplum autem huiusmodi abundantiae in nobis exhibitae ostendit, dicens secundum virtutem quam operatur in nobis, quasi dicat: apparet si attendamus ea quae operatus est in nobis, scilicet hominibus. Nam nec affectus, nec intellectus humanus potuissent considerare, vel intelligere, vel petere a Deo quod fieret homo et homo efficeretur Deus et consors naturae divinae, quae tamen secundum virtutem operatur in nobis, et hoc in incarnatione filii sui. II P. I, 4: ut per hoc efficiamini divinae consortes naturae. Unde de his dicitur Eccli. XVIII, 2: quis sufficiet enarrare opera illius? Quis enim investigabit magnalia illius, virtutem autem magnitudinis quis annuntiabit? Vel operatus est in nobis, scilicet apostolis, quibus dedit gratiam evangelizandi investigabiles divitias Christi, et illuminare omnes quae sit dispensatio sacramenti absconditi a saeculis in Deo, ut supra eodem cap. et ibi dictum est. Materia autem gratiarum actionis dicitur esse duplex beneficium quod nobis contulit Deus. Primum est Ecclesiae institutio; secundum est filii incarnatio. Dicit ergo ipsi, scilicet Deo Patri, gloria, sit, supple, in Ecclesia, id est pro his quae fecit in Ecclesia, quam instituit: quo ad primum; in Christo, id est per Christum, vel pro Christo, quem nobis dedit. Ipsi, inquam, sit gloria, ut gloriosus appareat, non solum in praesenti sed in omnes generationes saeculi saeculorum, id est saeculi omnia continentis. I Tm. I, 17: regi autem saeculorum immortali, invisibili, soli Deo honor et gloria in saecula saeculorum. Amen.


 

 

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XVIème Dimanche après la Pentecôte

17 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

XVIème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que j’ai crié vers vous durant tout le jour, et parce vous, Seigneur, vous êtes bienveillant et doux, et répandez vos miséricordes avec abondance sur tous ceux qui vous invoquent. Inclinez votre oreille vers moi, Seigneur, et exaucez-moi car je suis faible et pauvre.

Collecte

Nous vous en prions, Seigneur, que votre grâce nous prévienne et nous accompagne toujours, et qu’elle nous donne d’être sans cesse appliqués aux bonnes œuvres.

Épitre Ep. 3, 13-21

Mes frères, je vous demande de ne pas perdre courage, à cause de mes tribulations pour vous, car elles sont votre gloire. A cause de cela je fléchis les genoux devant le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, duquel toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, pour qu’il vous donne, selon les richesses de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ; qu’il fasse que le Christ habite par la foi dans vos cœurs, afin qu’étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, et la longueur, et la hauteur, et la profondeur, et connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, de sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. A celui qui, par sa puissance qui opère en nous, peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons et tout ce que nous pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans la succession de tous les âges et de tous les siècles. Ainsi soit-il.

Évangile Lc. 14, 1-11

En ce temps-là, Jésus entra, un jour de sabbat, dans la maison d’un des principaux pharisiens, pour y manger du pain ; et ceux-ci l’observaient. Et voici qu’un homme hydropique était devant lui. Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens : Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? Mais ils gardèrent le silence. Alors lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Puis, s’adressant à eux, il dit : Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat ? Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il dit aussi aux invités cette parabole, considérant comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit : Quand tu seras invité à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne te dire : Cède la place à celui-ci, et qu’alors tu n’ailles, en rougissant, occuper la dernière place. Mais, quand tu auras été invité, va, mets-toi à la dernière place, afin que, lorsque celui qui t’a invité sera venu, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Et alors ce sera une gloire pour toi devant ceux qui seront à table avec toi. Car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé.

Communion

Seigneur, je me souviendrai de votre justice à vous seul ; ô Dieu, vous m’avez instruit dès ma jeunesse, jusque dans ma vieillesse et jusqu’au déclin de mes forces, ô Dieu, ne m’abandonnez pas.

Postcommunion

Nous vous en supplions, Seigneur, daignez, dans votre bonté, purifier et renouveler nos âmes par vos célestes sacrements, en sorte que nous en retirions pour nos corps aussi un secours qui nous serve à la fois pour le présent et l’avenir.

Office

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Septième leçon. Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui le poids de la chair accablait l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places : il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon de miséricorde, et les paroles du Seigneur nous prouvent que la miséricorde doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles ; car être hospitalier pour ceux qui en récompenseront, c’est plutôt de l’avarice que de la charité.

Huitième leçon. Enfin, à l’un des convives, comme à un vétéran qui a fourni ses années de service, Jésus-Christ donne pour récompense le précepte du mépris des richesses ; puisque le royaume des cieux ne peut être acquis, ni par celui qui, tout aux choses d’ici-bas, s’est acheté des possessions terrestres, le Seigneur ayant dit : « Vends ce que tu as et suis-moi ; » ni par celui qui s’est acheté des bœufs (Élisée ayant égorgé et distribué ceux qu’il avait) ; ni enfin par ceux qui, ayant pris femme, pensent aux choses de ce monde, et non à celles de Dieu. Certes, l’état conjugal n’est point blâmé ; seulement la virginité est appelée à un plus grand honneur. « Car la femme non mariée et la veuve pensent aux choses qui sont du Seigneur, afin d’être saintes de corps et d’esprit. »

Neuvième leçon. Mais, pour rentrer maintenant en grâce avec les gens mariés, comme plus haut nous nous sommes concilié les personnes veuves, disons que nous ne nous refusons point à l’opinion de plusieurs interprètes, estimant que les trois genres d’hommes exclus de la participation au grand festin sont : les païens, les Juifs et les hérétiques. L’Apôtre nous dit de fuir l’avarice, de crainte qu’embarrassés, comme les Gentils, dans l’iniquité, la malice, l’impudicité et l’avarice, nous ne puissions arriver au royaume du Christ. « Car aucun impudique, ou avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. »

ÉPÎTRE.

Mon cœur a proféré une parole excellente ; c’est au Roi que je dédie mes œuvres. L’enthousiasme du Psalmiste chantant l’épithalame sacré est passé dans l’âme du Docteur des nations, et lui inspire cette lettre merveilleuse qui résume les sublimités de son enseignement comme un hymne d’amour. Devenu le prisonnier de Néron, Paul montre bien que la parole de Dieu n’est pas arrêtée sous les liens qui retiennent l’apôtre captif.

L’Épître aux Éphésiens n’est pas, de beaucoup, la plus longue de ses lettres ; il n’en est point pourtant auxquelles soient faits de plus nombreux emprunts dans toute la série des Dimanches après la Pentecôte : nous devons en conclure qu’elle présente, mieux qu’aucune autre, la pensée dominante à laquelle l’Église voudrait ramener ses fils dans cette partie de l’Année liturgique. Apprenons donc le mystère de l’Évangile, en écoutant le héraut qui reçut pour mission spéciale d’annoncer aux nations ce trésor resté caché en Dieu depuis les siècles éternels C’est comme ambassadeur qu’il vient vers nous ; les chaînes qui chargent ses bras, loin d’affaiblir l’autorité de son message, sont l’insigne glorieux qui l’accrédite auprès des disciples du Dieu du Calvaire.

Dieu seul au reste, il le déclare, peut fortifier suffisamment en nous les sens de l’homme intérieur pour nous permettre de connaître, avec les saints, les dimensions du grand mystère du Christ habitant l’homme afin de le remplir de la plénitude de Dieu. C’est pourquoi, fléchissant les genoux devant Celui de qui découle tout don parfait et qui nous a engendrés dans la vérité par son amour, il lui demande d’ouvrir par la foi et la charité les yeux de notre cœur, afin que nous comprenions les richesses glorieuses de l’héritage qu’il réserve à ses fils et le déploiement de puissance dont sont l’objet nos âmes ici-bas même.

Mais si la sainteté est nécessaire pour obtenir l’épanouissement complet de la vie divine dont parle l’Apôtre, observons également que le désir de saint Paul et sa prière étant pour tous, il s’en suit que personne n’est exclu de cette vocation sublime. Et par le fait, selon la remarque de saint Jean Chrysostome, les chrétiens auxquels il s’adresse vivent au milieu du monde, ayant femme, enfants et serviteurs, puisqu’il leur trace des règles de conduite sur tous ces points Les saints d’Éphèse, comme de partout, ne sont autres que les fidèles du Christ Jésus, c’est-à-dire ceux qui suivent fidèlement l’impulsion du Seigneur dans la condition qui leur est propre. Or il ne tient qu’à nous de suivre la grâce ; nos résistances seules empêchent l’Esprit de faire de nous des saints. L’accès des régions supérieures où le mouvement progressif de la sainte Liturgie, depuis la Pentecôte, introduit l’Église est ouvert à tous. Si, peut-être, le nouvel ordre d’idées amené par ce mouvement a semblé plus d’une fois dépasser nos forces, peut-être aussi ne pourrions-nous point nous rendre le témoignage d’avoir mis à profit comme il convenait, depuis l’Avent et Noël, les enseignements, les grâces de tout genre, qui devaient développer en nous concurremment la vie chrétienne et la lumière. L’Église s’est mise à la portée de tous au commencement du Cycle ; mais elle ne pouvait rester stationnaire, et, par égard pour nos tiédeurs, négliger de conduire les hommes de bonne volonté à cette union divine qu’on leur avait annoncée comme devant « couronner à la fois le Cycle et l’âme sanctifiée par le Cycle. » Gardons-nous cependant de perdre courage. Le Cycle de la Liturgie ne se déroule pas une fois seulement au ciel de la sainte Église. Bientôt, revenant à son point de départ, il adaptera de nouveau la puissance de ses rayons à notre faiblesse. Si alors, instruits par l’expérience, nous ne nous contentons pas d’admirer comme à distance la gracieuse poésie, la douceur et les charmes de ses débuts ; si nous voulons sérieusement grandir avec cette lumière qui n’est autre que le Christ, en profitant des grâces de croissance qu’elle répandra de nouveau dans les âmes : l’œuvre de notre sanctification, déjà ébauchée, « pourra recevoir le complément que l’infirmité humaine avait suspendu. »

Dès maintenant, si peu complètes que puissent être nos dispositions, l’Esprit de miséricorde, qui règne sur cette partie du Cycle, ne refusera pas à notre humble prière de suppléer en quelque chose à ce qui nous manque. C’est déjà beaucoup, d’ailleurs, que l’œil de notre foi ait vu s’élargir devant lui les horizons surnaturels, qu’il ait pénétré dans les régions sereines où, loin du regard hébété de l’homme animal, la Sagesse révèle aux parfaits ce secret de l’amour que ne connaissent point les puissants et les sages de ce monde, que l’œil n’avait point vu, ni l’oreille entendu, ni le cœur même soupçonné ou compris. Nous comprendrons mieux désormais les divines réalités qui remplissent la vie des serviteurs de Dieu ; elles nous apparaîtront comme dépassant mille fois, par leur importance et leur grandeur, les vaines futilités ou les occupations au sein desquelles s’écoule l’existence prétendue positive des hommes de plaisirs ou d’affaires. Méditons sans fin le bienfait de cette élection divine qui nous a désignés, avant les siècles, pour être comblés de toutes les bénédictions spirituelles, dont les bénédictions temporelles de l’ancien peuple étaient la figure. Le monde n’était point encore, et déjà Dieu nous voyait dans son Verbe ; il assignait à chacun de nous la place qu’il devait occuper dans le corps de son Christ; par avance, son regard paternel nous contemplait revêtus de cette grâce qui lui fait trouver dans l’Homme-Dieu ses complaisances, et il nous prédestinait, comme étant les membres de ce Fils bien-aimé, à nous asseoir avec lui à sa droite au plus haut des cieux.

Combien grandes ne sont pas nos obligations envers le Père souverain dont la bienveillance] a décrété d’accorder de tels dons à la terre ! Sa volonté est son seul conseil, l’unique règle de ses actes ; et sa volonté n’est qu’amour. C’est de la mort coupable du péché qu’il nous appelle à cette vie qui n’est autre que la sienne à lui-même ; c’est de l’abîme ignominieux des vices, qu’après nous avoir lavés dans le sang de son Fils, il nous élève à cette gloire dont le spectacle étonne les anges et les plonge dans un saint tremblement.

Soyons donc saints à l’honneur de sa grâce. Le Christ est, dans sa divinité, la splendeur substantielle du Père et sa louange éternelle ; s’il a pris un corps, s’il s’est fait notre chef, ce n’a été que pour chanter sur un rythme nouveau le cantique des cieux : non content de présenter dans son humanité sainte aux regards de son Père le rayonnement créé des perfections infinies, il a voulu que la création entière renvoyât à l’adorable Trinité l’écho des divines harmonies. C’est pourquoi, rompant dans sa chair l’ancienne inimitié du gentil et du juif et rassemblant les hommes ennemis, il fait d’eux tous un même esprit, un seul corps, dont les mille voix s’unissent par lui dans l’unité de l’amour aux concerts angéliques, pour entourer sans fin le trône de Dieu d’une harmonie en accord avec le Verbe infini. Ainsi serons-nous à jamais pour Dieu, comme ce Verbe divin, la louange de sa gloire, selon l’expression qu’affectionne l’Apôtre dans le début de cette Épître aux Éphésiens ; ainsi doit être consommé le mystère qui fut, dès avant tous les temps, l’objet des desseins éternels : le mystère de l’union divine réalisée par le Christ Jésus rassemblant en lui, dans l’amour, et la terre et les deux.

ÉVANGILE

La sainte Église découvre aujourd’hui le but suprême qu’elle poursuit en ses fils depuis les jours de la Pentecôte. Les noces dont il est question dans notre Évangile sont celles du ciel, qui ont ici-bas pour prélude l’union divine consommée au banquet sacré. L’appel divin s’adresse à tous ; et cette invitation ne ressemble point à celles de la terre, où l’époux et l’épouse convient leurs proches comme simples témoins d’une union qui leur reste d’ailleurs étrangère. L’Époux est ici le Christ, et l’Église est l’Épouse ; comme membres de l’Église, ces noces sont donc aussi les nôtres ; et c’est pourquoi la salle du banquet n’est autre aussi que la chambre nuptiale, où n’entrent point les invités des noces vulgaires.

Mais si l’on veut que l’union soit féconde autant qu’elle doit l’être à l’honneur de l’Époux, il faut que l’âme apporte à celui-ci, dans le sanctuaire de la conscience, une fidélité qui ne soit pas d’un moment, un amour qui dure au delà de la rencontre sacrée des Mystères. L’union divine, quand elle est vraie, domine l’existence ; elle la fixe dans la contemplation persévérante du Bien-Aimé, dans la poursuite active de ses intérêts lors même qu’il semble se dérober au regard de l’âme et à son amour. L’Épouse mystique doit-elle moins faire pour Dieu que celles de ce monde pour un époux terrestre ? C’est à cette condition seulement que l’âme peut être considérée comme étant dans les voies de la vie unitive, et qu’elle en porte les fruits.

Mais pour en arriver à cette pleine domination du Christ sur l’âme et ses mouvements qui la rend véritablement sienne, qui la soumet à lui comme l’épouse à l’époux, il est nécessaire que toute compétition étrangère soit définitivement écartée. Or, nous ne le savons que trop : le Fils très noble du Père, le Verbe divin dont la beauté ravit les cieux, le Roi immortel dont les hauts faits, la puissance et les richesses sans prix dépassent tout ce que peut rêver l’imagination des enfants d’Ève, trouve ici-bas des prétentions rivales qui lui disputent le cœur des créatures rachetées par lui de l’esclavage et conviées à partager l’honneur de son trône. Dans celles-là même chez qui son amour finit enfin par l’emporter pleinement, combien de temps, presque toujours, n’est-il pas déplorablement tenu en échec ? Et cependant sans perdre patience, sans s’éloigner dans le sentiment d’un trop juste froissement, il continue durant des années son pressant appel, attendant miséricordieusement que les touches secrètes de sa grâce et le labeur de son Esprit-Saint aient triomphé d’inconcevables résistances.

Ne nous étonnons point que l’Église dispose tout de son côté, dans l’ordonnance de sa Liturgie, pour amener un résultat si précieux ; car chaque conquête du Christ en ce genre resserre le lien qui l’attache à l’Époux. C’est pourquoi nous l’avons vue appeler notre attention, dans les Dimanches précédents, sur les efforts de la triple concupiscence ; la volupté, la superbe et la cupidité sont en effet les conseillères perfides qui suscitent en nous, contre Dieu, ces rivalités indignes dont nous parlions tout à l’heure. Aujourd’hui, confiante dans la bonne volonté de ses fils, l’Église espère qu’ils auront réduit à l’impuissance l’ennemi ainsi démasqué ; et c’est avec moins de crainte de rester incomprise ou de les voir de nouveau rebuter le Seigneur, qu’elle leur propose, sous le voile de l’allégorie évangélique, le grand mystère dont l’Homme-Dieu disait : Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fait les noces de son fils.

Toutefois sa double sollicitude de Mère et d’Épouse ne lui permet pas de se tenir pour assurée au sujet des parfaits eux-mêmes, tant qu’ils sont en ce monde. Afin de les maintenir en garde contre un retour sans cesse possible des plus viles passions, saint Ambroise, interprète de l’Église en ce jour, signale derechef au guerrier vieilli dans les combats du salut les multiples embûches dressées contre lui par la concupiscence. Il peut encore, hélas ! s’écarter de la voie, et, bien que l’ayant suivie longtemps sans broncher, ne point parvenir au royaume de Dieu ; il peut se faire exclure pour toujours du bienheureux festin des noces, avec les hérétiques, les païens et les juifs. Qu’il veille donc soigneusement à ne point contracter les vices dont il s’est gardé jusqu’ici par l’aide de la grâce. Qu’il ne devienne point, à la longue, cet hydropique chez qui, nous dit l’évêque de Milan, l’exubérance morbide de la chair alourdit l’âme et finit par éteindre entièrement l’ardeur de l’esprit. Mais que surtout, dans les infirmités qui l’atteignent, il n’oublie pas le céleste médecin toujours prêt à le guérir ; qu’il se présente sans fausse honte à son Sauveur ; sa délivrance ne sera pas remise au lendemain : bien moins que l’homme, Jésus ne connaît point de repos, quand il s’agit de retirer quelqu’un des siens de l’abîme.

L’Église ne s’arrête pas, dans l’Homélie du jour, aux seules lignes de saint Luc que nous venons d’entendre ; elle y joint la suite du chapitre, où s’affirme toujours plus la nature du mystérieux banquet. Partant de là, saint Ambroise nous rappelle en son nom que, si la chair doit être domptée pour permettre d’y prendre part, l’attache aux biens de ce monde ne serait pas moins contraire à l’élan qui doit nous élever, sur l’aile de l’esprit, vers le ciel où réside notre amour.

Mais, plus que tout le reste, la garde de l’humilité doit attirer l’attention de quiconque prétend obtenir une place éminente au banquet de Dieu. L’ambition de la gloire à venir est le propre des saints ; mais ils savent que, pour l’acquérir, ils doivent descendre d’autant plus bas dans leur néant durant la vie présente, qu’ils veulent monter plus haut dans le siècle futur. En attendant le grand jour où chacun recevra selon ses œuvres, nous ne pouvons rien perdre à nous mettre au-dessous de tous ; le rang qui nous est réservé dans le royaume des cieux ne dépend pas plus, en effet, de notre appréciation que de celle d’autrui, mais seulement de la volonté du Seigneur qui exalte les humbles et renverse les puissants de leurs trônes. Plus vous êtes grand, plus vous devez vous abaisser en toutes choses, et vous trouverez ainsi grâce devant Dieu, dit l’Ecclésiastique ; car il n’y a que Dieu qui soit grand.

Suivons donc, ne fût-ce que par intérêt, le conseil de l’Évangile ; réputons nôtre en tout la dernière place. Dans les rapports sociaux, l’humilité n’est point réelle si l’on ne joint l’estime des autres au peu de cas fait de soi-même, prévenant chacun d’honneur, cédant volontiers à tous en ce qui i n’intéresse pas la conscience, et cela par le sentiment profond de notre misère, de notre infériorité, devant celui qui scrute les reins et les cœurs. L’humilité envers Dieu lui-même n’a pas de plus sûre pierre de touche que cette charité effective envers le prochain, qui nous porte à le faire passer avant nous, sans affectation, dans les diverses circonstances de la vie de chaque jour.

Par contre, une des marques les plus infaillibles de la fausseté des voies prétendues spirituelles, où l’ennemi engage quelquefois de malheureuses âmes trop peu sur leurs gardes, est le mépris subtil qu’il leur inspire à l’endroit du prochain, et dont on voit s’imprégner en maintes rencontres leurs pensées, leurs paroles ou leurs actes. Pour une part plus ou moins grande, plus ou moins inconsciente peut-être, l’estime de soi forme la base de l’édifice de leurs vertus ; à coup sûr donc, les illuminations, les douceurs mystiques dont ces âmes se prétendent gratifiées n’ont rien de commun avec l’Esprit-Saint. Quand se lèvera l’authentique lumière du Soleil de justice dans la vallée du jugement, la contre-façon apparaîtra au grand jour, et ces chrétiens abusés verront s’évanouir en vaine fumée les fantômes qui remplirent leur vie. Heureux encoresi, bien au-dessous du rang qu’ils s’attribuaient, se trouve pour eux quelque place au banquet divin ; si la confusion de voir passer en grand honneur au-dessus d’eux tant d’hommes qui furent de leur part l’objet d’appréciations peu bienveillantes ici-bas, doit être alors tout leur châtiment !

 

 

 

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Notre-Dame des Douleurs mémoire de Saint Nicomède Martyr

15 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Notre-Dame des Douleurs mémoire de Saint Nicomède Martyr

Collecte

O Dieu, dans la passion duquel suivant la prophétie de Siméon, un glaive de douleur a percé le cœur très doux de la glorieuse Vierge Marie, votre Mère, faites, dans votre miséricorde, que célébrant avec respect le souvenir de ses douleurs, nous recueillions les heureux fruits de votre passion : Vous qui étant Dieu, vivez et régnez.

Office

AU PREMIER NOCTURNE.
Du Prophète Jérémie.
Première leçon. Pleurant, elle a pleuré pendant la nuit, et ses larmes [coulent] sur ses joues ; et il n’est [personne] qui la console parmi ceux qui lui étaient chers ; tous ses amis l’ont méprisée et sont devenus ses ennemis. Voyez, Seigneur, que je suis dans la tribulation ; mes entrailles sont émues ; mon cœur est bouleversé au dedans de moi, parce que je suis remplie d’amertume ; au dehors le glaive tue ; au dedans, c’est la même mort. Ils ont appris que je gémis et qu’il n’y a [personne] qui me console.
Deuxième leçon. A qui te comparerai-je, où à qui t’assimilerai-je, fille de Jérusalem ? à qui t’égalerai-je pour te consoler, vierge, fille de Sion ? car grande est comme la mer, ta ruine ; qui t’apportera du remède ? Ils ont frappé des mains à ton sujet, tous ceux qui passaient par la voie ; ils ont sifflé et secoué la tête sur la fille de Jérusalem : Est-ce là, disaient-ils, cette ville d’une parfaite beauté, la joie de toute la terre ? Ils ont ouvert la bouche contre toi, tous tes ennemis ; ils ont sifflé et ils ont grincé des dents et ils ont dit : Nous la dévorerons.
Troisième leçon. Le Seigneur a fait ce qu’il a résolu ; il a accompli la parole qu’il a décrétée, dès les jours anciens ; il a détruit et il n’a pas épargné ; il a réjoui ton adversaire à ton sujet, et il a exalté la corne de tes ennemis. Leur cœur a crié vers le Seigneur, sur les murs de la fille de Sion. Fais couler comme un torrent de larmes pendant le jour et pendant la nuit ; ne te donne pas de repos, et que la prunelle de ton œil ne se taise pas.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Bernard, Abbé.
Quatrième leçon. Le martyre de la Vierge nous est révélé tant par la prophétie de Siméon que par l’histoire même de la passion du Seigneur. « Celui-ci, dit le saint vieillard, en parlant de l’enfant Jésus, a été établi en signe que l’on contredira ; et un glaive traversera votre âme, » ajoutait-il en s’adressant à Marie. Oui, ô bienheureuse Mère, un glaive a vraiment percé votre âme, car ce n’est qu’en passant par votre cœur, qu’il a pu pénétrer la chair de votre Fils. Et même, quand ce Jésus, qui est vôtre, eut rendu l’esprit, la lance cruelle n’atteignit pas son âme, c’est votre âme qu’elle traversa l’âme de Jésus n’était déjà plus là, mais la vôtre ne pouvait s’en détacher.
Cinquième leçon. La violence de la douleur a donc transpercé votre âme, et ce n’est pas sans raison que nous vous proclamons plus que martyre, puisque le sentiment de la compassion a surpassé en vous toutes les souffrances que peut endurer le corps. Ne fut-elle pas pour vous plus qu’un glaive, cette parole qui traversa réellement votre âme et « atteignit jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit » : « Femme, voilà votre fils ? » Quel échange ! Jean vous est donné à la place de Jésus, le serviteur au lieu du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée pour le Fils de Dieu, un homme à la place du vrai Dieu ! À cette parole, comment votre âme si aimante n’aurait-elle pas été transpercée, quand son souvenir seul déchire nos cœurs, bien qu’ils soient de pierre et d’airain ?
Sixième leçon. Ne soyez donc pas surpris, mes frères, d’entendre que Marie a été martyre dans son âme. Celui-là seul peut s’en étonner, qui ne se souvient pas d’avoir entendu Paul compter entre les plus grands crimes des Gentils d’avoir été « sans affection. » Un tel défaut est resté loin du cœur de Marie, qu’il soit loin de ses serviteurs. Mais quelqu’un dira peut-être : Marie ne savait-elle pas d’avance que son Fils devait mourir ? Elle le savait sans aucun doute. N’espérait-elle pas qu’il ressusciterait bientôt ? Elle l’espérait avec confiance. Et cependant elle a été affligée de le voir crucifier ? Oui, profondément affligée. Mais qui êtes-vous, mon frère, et à quelle source puisez-vous votre sagesse, pour vous étonner davantage de voir Marie compatir que de voir le Fils de Marie pâtir ? Il aurait pu mourir de la mort du corps, et elle n’aurait pu ressentir celle du cœur ? Jésus est mort par une charité qu’on ne surpasse pas : et le martyre de Marie a eu son principe dans cette charité qui, après celle de Jésus n’a point d’égale.
 

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Septième leçon. La Mère de Jésus était debout près de la croix ; et quand les hommes s’enfuyaient, elle restait là, intrépide. Voyez si la Mère de Jésus a pu devenir timide, n’ayant point changé de sentiments ? Ses yeux pleins de tendresse contemplaient les blessures de son Fils, qu’elle savait être la rédemption de tous. Elle n’était pas indigne d’assister à ce spectacle, cette Mère qui n’aurait pas craint pour sa propre vie. Le Fils était suspendu en croix, la Mère s’offrait aux bourreaux.
Huitième leçon. En face de la croix de son Fils, Marie, la Mère du Seigneur, se tenait debout. De tous les Évangélistes, saint Jean est le seul à m’apprendre ce détail. Les autres nous ont raconté comment, durant la passion, la terre avait tremblé, le ciel s’était couvert de nuages, le larron avait obtenu le paradis après l’humble aveu de ses fautes. Mais Jean m’a enseigné ce que je ne trouve dans nul autre : la manière dont le Sauveur crucifié adressa la parole à Marie. Il semble attacher plus d’importance aux pieux devoirs que Jésus, vainqueur des supplices, rendait à sa Mère, qu’à la promesse même du royaume des cieux. Le pardon que reçut le larron doit, il est vrai, exciter notre piété, mais il y a encore une douceur plus abondante à contempler le Christ honorant sa Mère d’une si grande affection.
Neuvième leçon. « Voici, dit-il, ton fils ; voici ta mère. » Le Christ, du haut de la croix, faisait son testament ; il partageait entre sa mère et son disciple les devoirs de la piété. Le Seigneur établissait non seulement un testament général1, mais encore un testament dans sa propre famille et, ce testament, Jean le signait en digne témoin d’un tel testateur. Testament excellent, où il s’agit non d’argent, mais de vie éternelle ; testament écrit non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, qui dit : « Ma langue est celle d’un écrivain qui écrit avec rapidité. »

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Super Heb., cap. 10 l. 2

14 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super Heb., cap. 10 l. 2

Lectio 2

Super Heb., cap. 10 l. 2 Postquam ostendit apostolus multiplicem eminentiam sacerdotii Christi respectu sacerdotii legalis, hic iuxta consuetudinem suam concludit, monendo quod isti sacerdotio fideliter inhaerendum est. Hoc enim semper supra fecit, quod post commendationem ponit admonitionem, quia ad hoc susceperat commendare gratiam Christi, ut alliciat eos ad obediendum Christo, et recedendum a caeremonialibus legis. Circa hoc ergo duo facit, quia primo ponit monitionem; secundo assignat rationem, ibi voluntarie enim. Sciendum est autem circa primum quod duo dixerat de sacerdotio Christi, scilicet virtutem ritus eius, quia per proprium sanguinem; item dignitatem ipsius, quia pontifex in aeternum. Et ideo in monitione sua resumit ista duo. Unde monendo, quod fideliter obediendum est Deo Christo, primo ponit illa duo; secundo ponit suam monitionem, ibi accedamus cum bono corde. Item prima in duas, quia primo resumit ritum sacerdotii eius; secundo dignitatem, ibi et sacerdotem magnum. Dicit ergo itaque, fratres, scilicet per mutuam charitatem, habentes fiduciam in introitu, et cetera. Ep. III, 12: in quo habemus fiduciam et accessum in confidentia, et cetera. Ex. XV, 17: introduces eos, et plantabis in monte haereditatis tuae firmissimo habitaculo, et cetera. Ps. CXXI, 1: laetatus sum in his quae dicta sunt mihi, in domum Domini ibimus. Et hoc in sanguine Christi, quia hic est sanguis novi testamenti, id est, novae promissionis, scilicet caelestium. Sed quomodo habeamus fiduciam introeundi ostendit, quia Christus per suum sanguinem initiavit, id est inchoavit, novam viam nobis. Mi. II, 13: ascendit pandens iter ante eos. Jn. XIV, 3: si abiero et praeparavero vobis locum, et cetera. Is. XXXV, 8: sancta via vocabitur, et pollutus non transibit per illam. Haec est ergo via eundi in caelum. Et est nova quia ante Christum nullus invenit eam, quia nemo ascendit in caelum nisi qui descendit de caelo, Jn. III, 13. Et ideo qui vult ascendere, debet ipsi tamquam membrum capiti suo adhaerere. Ap. II, 7: vincenti dabo edere de ligno vitae, quod est in Paradiso Dei mei. Et Ap. III, 12: et scribam super eum nomen novum, et nomen civitatis novae Ierusalem, quia scilicet de novo introducuntur. Viventem, id est, semper perseverantem, in quo apparuit virtus deitatis, quia semper vivit. Sed quae sit ista via ostendit subdens per velamen, id est, carnem suam. Sicut enim sacerdos per velum intrabat in sancta sanctorum, ita si volumus intrare sancta gloriae, oportet intrare per carnem Christi, qui fuit velamen deitatis. Is. XLV, 15: vere tu es Deus absconditus. Non enim sufficit fides de deitate, si non adsit fides de incarnatione. Jn. XIV, 1: creditis in Deum, et in me credite. Vel per velamen, id est, per carnem suam datam nobis sub velamento speciei panis in sacramento. Non enim proponitur nobis sub specie propria propter horrorem, et propter meritum fidei. Consequenter commendat dignitatem sacerdotis, cum dicit et sacerdotem magnum, qui scilicet nobis initiavit viam, quasi dicat: habentes fiduciam intrandi per sacerdotem, scilicet Iesum. Ps. CIX, 5: tu es sacerdos in aeternum. Qui dicitur magnus, quia sacerdotium eius non est tantum super unum populum, sicut Aaron, sed super domum Dei totam scilicet Ecclesiam militantem et triumphantem. I Tm. III, 15: ut scias quomodo oporteat te conversari in domo Dei, quae est Ecclesia. Et dicit super, quia Moyses fuit fidelis in omni domo, tamquam famulus, Nm. XII, 7; sed Christus super totam domum, sicut Filius, qui est Dominus omnium. Mt. ult.: data est mihi omnis potestas in caelo et in terra. De hoc etiam supra III. Deinde cum dicit accedamus, ponit monitionem suam, ut scilicet ex quo talis et tantus est, fideliter est ei adhaerendum. Quod fit tribus modis, scilicet per fidem, spem, et charitatem. I Cor. XIII, 13: nunc autem manent fides, spes, charitas. Primo ergo monet ad ea, quae sunt fidei; secundo ad ea, quae sunt spei, ibi teneamus spei; tertio ad ea, quae sunt charitatis, ibi et consideremus. Sed quantum ad primum duo sunt necessaria, scilicet ipsa fides, quia sine fide impossibile est placere Deo, et fidei sacramentum. Quantum ad primum dicit accedamus, ad ipsum, cum vero, non ficto, corde. IV R. XX, 3 et Is. XXXVIII, 3: memento quomodo ambulaverim coram te in veritate, et in corde perfecto. Hoc autem fit quando opus concordat cordi. Accedamus etiam in plenitudine fidei. Infra XI, 6: accedentem ad Deum oportet credere, et cetera. Nec sufficit qualiscumque fides, sed requiritur fides plena, quod fit duobus modis, scilicet et quantum ad materiam fidei, ut credantur omnia quae proponuntur ad credendum, et quod sit fides formata, quod est per charitatem. Rm. XIII, 10: plenitudo enim legis est dilectio. Quantum ad sacramentum fidei dicitur aspersi corda vestra, quod alludit ei, quod dicitur Nm. XIX, ubi ponitur ritus vitulae rufae, de cuius aqua aspergebatur mundandus die tertio, sed die septimo alia aqua lavabatur corpus eius, et vestimenta. Per aspersionem aquae vitulae rufae figurabatur passio Christi, quia die tertia, scilicet in fide Trinitatis in Baptismo mundamur a peccatis. Et quantum ad hoc dicit aspersi corda, non corpora. Infra XII, 24: accessistis ad sanguinis aspersionem. Aspersi ergo corda non a tactu mortui, sicut per aquam vitulae rufae, sed a conscientia mala. De ablutione autem, quae fiebat septima die, dicit et abluti corpus aqua munda. Non enim in Baptismo operatur tantum virtus passionis, sed etiam infunduntur in ipso dona Spiritus Sancti. Unde in septima die, id est in plenitudine donorum Spiritus Sancti, totus homo abluitur intus et extra ab omni peccato tam actuali quam originali, quod est quasi corporale, quia anima ipsum contrahit per unionem ad carnem foedam. Dicitur autem Spiritus Sanctus aqua quia mundat. Ac. XV, 9: fide purificans corda ipsorum. Ez. XXXVI, 25: effundam super vos aquam mundam, et mundabimini ab omnibus inquinamentis vestris, et ab universis idolis vestris mundabo vos. Za. XIII, 1: erit fons patens domui David, et habitantibus Ierusalem, in ablutionem peccatoris et menstruatae. Tt. III, 5: per lavacrum regenerationis et renovationis Spiritus Sancti. Et in huius signum super Christum baptizatum descendit Spiritus Sanctus in corporali specie. Deinde cum dicit teneamus spei nostrae, ponit illud quod pertinet ad spem. Et circa hoc facit duo. Primo enim hortatur ad spei certitudinem; secundo subdit rationem, ibi fidelis enim est qui. Sciendum est autem, quod per fidem Christi datur nobis spes salutis aeternae, et introitus in caelum. I P. I, 3: regeneravit nos in spem vivam. Unde dicit teneamus, et non dicit spem, sed spei nostrae confessionem, quia non sufficit habere spem in corde, sed etiam oportet confiteri ore. Rm. X, 10: corde creditur ad iustitiam, ore autem confessio fit ad salutem. Item oportet confiteri eam non solum verbo, sed etiam factis, contra quosdam, de quibus Tt. I, 16: confitentur se nosse Deum, factis autem negant. Fit autem ista confessio per opera, per quae tenditur ad res speratas. Ap. III, 11: tene quod habes ne alius accipiat coronam tuam. Indeclinabilem, id est, ut ab ista confessione non declinemus, neque per prospera, neque per adversa. Ps. CXXIV, 5: declinantes autem in obligationes, adducet Dominus cum operantibus iniquitatem. Is. XXX, 21: haec est via, ambulate in ea, et non declinetis neque ad dexteram, neque ad sinistram. Et ratio huius est, quia ille qui repromisit, est fidelis, et ideo mentiri non potest. Ps. CXLIV, 13: fidelis Dominus in omnibus verbis suis. Dt. XXXII, 4: Deus fidelis, et absque ulla iniquitate. Consequenter cum dicit et consideremus, etc., ponit illud quod pertinet ad charitatem, et circa hoc facit tria. Primo enim facit, quod dictum est; secundo removet contrarium charitati, ibi non deserentes; tertio assignat rationem ex congruitate temporis, ibi et tanto magis, et cetera. Circa primum sciendum est, quod licet charitas principaliter inhaereat Deo, tamen manifestatur per charitatem proximi. I Jn. IV, 20: qui enim non diligit fratrem suum quem videt, Deum quem non videt, quomodo potest diligere? Ergo ad charitatem pertinet, quod diligatur proximus. Ideo dicit consideremus invicem, ut scilicet ea, quae proximi sollicite faciamus. Eccli. XVII, 12: et unicuique mandavit Deus de proximo suo. Sed quia aliqui ea quae sunt proximi considerant zelo invidiae, aliqui vero zelo odii, contra quos dicitur Pr. XXIV, 15: ne quaeras impietatem in domo iusti, ideo dicit in provocationem charitatis, id est, ut provocemus eos ad charitatem. Rm. XI, 13 s.: quamdiu apostolus gentium sum, ministerium meum honorificabo, si quo modo ad aemulandum provocem carnem meam, et salvos faciam aliquos ex illis. Ista autem provocatio procedit ex dilectione, quae extenditur ad opus exterius. I Jn. III, 18: non diligamus verbo neque lingua, sed opere et veritate. Sicut enim dicit Gregorius, non est amor Dei otiosus, operatur enim magna si est, si autem operari renuit, amor non est. Probatio ergo dilectionis, exhibitio est operis. Ideo subdit et bonorum operum. Col. I, 10: in omni opere bono fructificantes. Deinde removet contrarium charitati, cum dicit non deserentes, et cetera. Quia enim charitas est amor, proprium autem amoris est unire, quia, ut dicit Dionysius, amor est vis unitiva Jn. XVII, 22 s.: ut sint unum sicut et nos unum sumus, et cognoscat mundus, quia dilexisti eos, sicut et me dilexisti ideo recedere ab invicem, est directe oppositum charitati. Et ideo dicit non deserentes collectionem nostram, scilicet Ecclesiae, quam aliqui deserunt tripliciter. Scilicet propter persecutiones apostatantes a fide. Et isti significantur per illos, de quibus dicitur Jn. VI, 67, quod abierunt retro, et iam cum illo non ambulabant. Mt. XIII, 21: facta tribulatione et persecutionibus propter verbum continuo scandalizantur. Lc. VIII, 13: ad tempus credunt, et in tempore tentationis recedunt. Secundo, mali praelati qui dimittunt oves in periculo. Jn. X, 13: mercenarius fugit, quia mercenarius est. Aliqui vero ex superbia, quia cum possent esse utiles ad regendum, cum nota superbiae ab aliis se separant, Jd. V, 19: hi sunt qui segregant se ab aliis, animales, spiritum non habentes, quasi sub specie maioris perfectionis. Et forte tales erant in tempore illo. Ideo sequitur sicut consuetudinis est quibusdam. Contra quos dicitur I Cor. XI, 16: si quis videtur contentiosus esse, nos talem consuetudinem non habemus in Ecclesia Dei. Sed quid debent facere subdit sed consolantes, quasi dicat: si videas, quod socius tuus male se habet, non deseras eum, sed consolare, non sicut illi qui deserunt collectionem, de quibus dicit sicut est consuetudinis quibusdam, et cetera. Consequenter cum dicit et tanto magis, assignat causam huius. Posset enim aliquis dicere: quare debemus nos in fide proficere? Quia motus naturalis quanto plus accedit ad terminum, magis intenditur. Contrarium est de violento. Gratia autem inclinat in modum naturae; ergo qui sunt in gratia quanto plus accedunt ad finem, plus debent crescere. Et ideo dixit non deserentes, sicut quidam, sed consolantes. Et hoc, tanto magis quanto videritis appropinquantem diem, id est terminum. Rm. XIII, 12: nox praecessit, dies autem appropinquavit. Pr. IV, 18: iustorum semita, quasi lux splendens proficit, et crescit usque ad perfectum diem.

 

Lectio 3

Super Heb., cap. 10 l. 3 Supra apostolus posita commendatione excellentiae sacerdotii Christi, et subiuncta admonitione ut illius sacerdotio adhaereant per fidem et charitatem, hic probat monitionem suam per rationem. Et hoc facit dupliciter, primo terrendo, secundo demulcendo, ibi rememoramini autem pristinos dies. Circa primum duo facit quia primo terret eos ad observandum monitionem suam propter subtractionem remedii; secundo propter expectationem iudicii, ibi terribilis autem. Dicit ergo voluntarie, etc., quod dupliciter exponitur: uno modo secundum Glossam quae videtur facere differentiam inter peccantes volentes et voluntarie; ita quod volens peccat, qui quasi passione ductus consentit in peccatum, de quo ante non cogitavit; voluntarie autem qui ex certa malitia, cuius voluntas prona est ad peccandum, ut statim cedat. Jr. VIII, 6: omnes conversi sunt ad cursum suum quasi equus vadens impetu ad proelium, nec postea poenitet. Pr. II, 14: laetantur cum malefecerint, et exultant in rebus pessimis. Ergo voluntarie peccantibus, id est, in voluntate peccandi permanentibus. Et exaggerando subdit post acceptam notitiam veritatis. II P. II, 21: melius erat illis viam iustitiae non agnoscere, quam post agnitionem retrorsum converti. Iam non relinquitur hostia pro peccatis, id est, hostia quam Christus obtulit pro remissione peccatorum, non est nobis utilis, quia illis dimittuntur peccata, qui de ipsis poenitent. Mt. XXVI, 28: hic est sanguis novi testamenti, qui pro multis effundetur, scilicet efficaciter. Sed de malis dicitur Is. XLIX, 4: in vacuum laboravi sine causa, et vane fortitudinem meam consumpsi. Jr. VI, 29: frustra conflavit conflator, malitiae eius non sunt consumptae. Sed melius potest dici, et secundum intentionem apostoli, quia, secundum Augustinum, liberum arbitrium habet multiplicem statum, quia in statu extra gratiam, antequam reparetur per gratiam, non est in potestate nostra peccare mortaliter vel non peccare, et hoc propter praeconceptionem finis, et habitum inclinantem; quod quidem verum est secundum magnum tempus, sed per aliquam moram, si operetur ex praemeditatione, potest vitare hoc peccatum vel illud. Sed postquam per gratiam reparatus est homo omnino, in potestate eius est vitare peccatum mortale, et etiam veniale in particulari, non autem omnino in universali, et hoc est propter auxilium gratiae salvantis. Et ideo dicit nobis peccantibus voluntarie post acceptam notitiam veritatis, id est, post acceptam gratiam, per quam habetur notitia peccati, quia ante notitiam peccati peccatum nostrum a Deo nobis non imputatur, unde quasi dicitur ipsum ignorare, quia non imputat nobis. Sed post, iam non est pro peccatis hostia. Ante enim reparationem, quae facta est per Christum, relinquebatur hostia ista quae expectatur, sed nunc iam non expectatur alia mors eius, ita nec post Baptismum semel acceptum expectatur alius Baptismus. Deinde cum dicit terribilis autem, deterret expectatione divini iudicii. Et circa hoc duo facit: primo enim terret, secundo subdit rationem, ibi irritam quis faciens. Sic ergo dictum est, quod non relinquitur ultra hostia. Quid ergo? Illud quod supra dictum est cap. IX quod post mortem est iudicium. Jb XIX, 29: scitote esse iudicium. Istius iudicii expectatio est valde terribilis, tum propter conscientiam peccatorum Jc. III, 2: in multis offendimus omnes, tum etiam propter imperfectionem iustitiarum nostrarum Is. LXIV, 6: iustitiae nostrae quasi pannus menstruatae. Ps. CXVIII, 120: a iudiciis tuis timui. Ha. III, 16: audivi et conturbatus est venter meus. Est afflictiva. Unde dicit et ignis aemulatio, id est poena ignis, quae infligitur ex zelo et aemulatione divinae iustitiae. Ex. XX, 5: ego sum Dominus Deus tuus fortis Zelotes, et cetera. Zelus autem est amor sponsi. Sicut ergo sponsus non parcit sponsae malae, sic nec Deus animae peccatrici. Pr. VI, 34: zelus et furor viri non parcet in die vindictae. Sequitur quae consumptura est adversarios. Ps. XCVI, 3: ignis ante ipsum praecedet et inflammabit in circuitu inimicos eius, quia ignis qui praecedet faciem iudicis, corpora viventium incinerabit, et reprobos detrudet in Infernum, et corpora eorum consumet, non totaliter consumendo, sed in perpetuum cruciando. Consequenter cum dicit irritam quis faciens, probat quod dixerat de terrore iudicii, et primo per locum a minori; secundo per auctoritatem, ibi scimus autem illum. Primum accipit ex lege. Tanto enim aliquis est reus maioris poenae, quanto rem magis sacram contemnit. Cum ergo vetus testamentum non sit ita sanctum sicut novum, et transgressor illius gravissime puniebatur; ergo transgressor novi longe gravius debet puniri. Circa istud argumentum duo facit: primo enim ponit istud quod fiebat in veteri; secundo illud quod fiendum est in novo, ibi quanto magis. Quantum ad vetus ponit culpam et poenam. Culpam, cum dicit irritam quis faciens legem Moysi. Irritum dicitur quod non sortitur debitum finem. Lex autem non solum vetus, sed etiam quaelibet, datur ut inducat homines ad virtutem, et faciat abstinentes a vitiis. Et ideo qui transgreditur legem, et vacat vitiis, quantum est in se, legem irritam facit. Mt. XV, 6: irritum fecistis mandatum Dei propter traditiones vestras. Gn. XVII, 14: masculus, cuius praeputii caro circumcisa non fuerit, peribit de populo suo, quia pactum meum irritum fecit. Et poenam ostendit, cum dicit sine ulla miseratione. Et ista poena est valde gravis, quia infligit mortem. Unde dicit moritur. Ex. XXII, 18: maleficos non patieris vivere. Item quia irremissibilis. Unde dicit sine ulla miseratione. Dt. XIX, 12 s.: morietur, nec misereberis eius. Sed numquid lex Dei excludit misericordiam? Constat quod non. Os. VI, 6: misericordiam volui, et non sacrificium. Respondeo. Dicendum est, quod differunt misericordia, clementia et venia: quia misericordia est quando homo ex quadam passione cordis et animi movetur ad remittendum poenam, et hoc aliquando est contra iustitiam, et istam prohibet. Venia autem est, quando propter aliquam utilitatem publicam remittit aliquid de poena debita. Clementia est quando non solum de poena aliquid, sed etiam de culpa remissius iudicat. Ista duo non prohibentur, sed misericordia primo modo dicta, quia est contra iustitiam, et inducit dissolutionem. Moritur ergo et hoc, duobus vel tribus testibus, supple convictus. Dt. XVII, 6: in ore duorum vel trium testium stat omne verbum. Causa autem quare lex numerum testium determinat secundum Augustinum est, ut per hoc designetur immobilitas veritatis, quae est in sancta Trinitate. Nec refert si nominentur duae personae vel tres, quia semper in duabus intelligitur tertia, scilicet Spiritus Sanctus, qui est nexus amborum. Ista ratio mystica est. Sed litteralis est, ut quia in iudicio unus affirmat, alter negat, non plus credendum est uni quam alteri. Multitudini autem est credendum. Omnis autem multitudo completur numero ternario. Et ideo sufficit, quod sint duo cum accusante, sed tertius testis superadditur ex abundanti. Deinde cum dicit quanto magis, ponitur id quod spectat ad novum testamentum. Et primo ponit poenam; secundo culpam, ibi qui Filium Dei. Quantum ad poenam dicit: quanto magis putatis deteriora mereri supplicia. Quia enim in novo testamento per Christum praedicatum est, ideo peccans in ipso, gravius punitur. Mt. XI, 22: verumtamen dico vobis, quod Tyro et Sidoni remissius erit quam vobis in die iudicii. Sed numquid plus punitur peccator Christianus, quam infidelis? Quia si sic, melius esset quod omnes essent infideles. Respondeo. Dicendum est, quod aliud est de illis qui fidem contemnunt, quia isti proprie sunt contemptores; aliud de illis, qui ex ignorantia fidem non annuntiatam, non tenent, et talibus peccatum infidelitatis non imputatur. Sed qui fidem annuntiatam contemnit, gravius punitur, quia peccatum infidelitatis maximum est. Si ergo comparamus Christianum et Iudaeum qui non contemnit, et uterque sit adulter, tunc gravius punietur Christianus quam Iudaeus, quia non solum pro adulterio, sed etiam quia magis ingratus est. Sed numquid universaliter verum est, quod semper idem peccatum in specie gravius punitur in maiori? Respondeo. Dicendum est, quod dupliciter peccatur. Uno modo ex surreptione. Et sic quando aliquis dat se operibus divinis, si ex surreptione peccat, minus punitur. II Par. XXX, 18 s.: Dominus bonus propitiabitur cunctis, qui in toto corde requirunt Deum patrum suorum. Ps. XXXVI, 24: cum ceciderit, non collidetur. Sed si ex contemptu, magis peccat, quia cum sit in statu altiori, magis contemnit. Et de talibus loquitur hic, qui sunt magis ingrati. Quantum vero ad culpam dicit qui filium Dei conculcaverit. Sciendum vero est, quod apostolus gravitatem culpae eorum, qui peccant in novo testamento, ostendit ex beneficiis nobis a Deo in illo collatis. Deus autem nobis dedit quicquid maximum et pretiosum habebat, scilicet Filium suum unigenitum. II P. I, 4: per quem maxima nobis et pretiosa promissa donavit. Dedit etiam Spiritum Sanctum. Jo. II, 28: effundam de Spiritu meo super omnem carnem. Rm. V, 5: charitas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum Sanctum, qui datus est nobis. Ingratitudo autem super tantis beneficiis aggravat peccatum. Circa ingratitudinem vero super datione Filii duo consideranda sunt ac ponderanda, scilicet mysterium incarnationis, in qua datus est nobis, et sacramentum passionis, in qua pro nobis se obtulit. Supra IX, 14: sanguis Christi, qui per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit immaculatum Deo, et cetera. Et ideo quantum ad primum dicit qui Filium Dei, scilicet pro nobis incarnatum, conculcaverit, id est vilipenderit, scilicet non credendo quod fides filii Dei sit sufficiens ad salutem, sicut illi qui legalia servabant, Ga. III, 1: ante quorum oculos Christus proscriptus est. Item non obediendo eius mandatis, nec vivendo secundum doctrinam eius. I R. II, 30: qui autem contemnunt me, erunt ignobiles. Quantum ad secundum dicit: et sanguinem testamenti, id est, Christi sanguinem confirmativum novi testamenti. Mt. XXVI, 28: hic est sanguis meus novi testamenti, et cetera. Pollutum duxerit, id est, reputaverit pollutum, ut scilicet non possit mundare, sicut pollutus in se non mundat. Eccli. XXXIV, 4: ab immundo quis mundabitur? Quasi dicat: nullus scilicet, secundum quod mundatio tantum fiebat per sanguinem animalium. Item pollutum duxit, qui virtute eius in Baptismo ablutus, peccat redeundo ad vomitum. Ap. I, 5: dilexit nos, et lavit nos a peccatis nostris in sanguine suo. Et ideo dicit in quo sanctificatus est, id est, per quem sanctificatus est. I Cor. VI, 11: abluti estis, sanctificati estis in nomine Domini nostri Iesu Christi. Ma. I, 11: in omni loco offertur oblatio munda nomini meo, quia magnum est nomen meum in gentibus. Item qui peccat post alia sacramenta, etiam potest dici sanguinem Christi pollutum ducere. Item aggravatur peccatum ex contemptu Spiritus Sancti. Et ideo dicit et spiritui gratiae iniuriam fecerit, id est, contumeliam, quam facit qui non credit, quod gratia Spiritus Sancti sit data per Christum, ut habetur Jn. XIV, 16: rogabo Patrem, et alium Paraclitum dabit vobis, et sufficiat ad salutem sine legalibus, ut scilicet remissionem peccatorum adscribat observantiis legis. Vel conculcat Christum, qui libere absque timore sanguinem Christi polluit, qui eo indigne communicat spiritui gratis dato. Ep. II, 8: donum enim Dei est, et non ex operibus. Contumeliam, iniuriam, facit, qui Christum per peccatum a se abiicit. Sg. I, 5: corripietur, id est, expelletur, a superveniente iniquitate. Ep. IV, 30: nolite contristare Spiritum Sanctum Dei. I Th. 5, 19: Spiritum nolite extinguere. Deinde cum dicit scimus enim, etc., probat quod dixit per auctoritates. Et circa hoc facit duo: primo enim probat ponendo auctoritates; secundo concludit ex eis, ibi horrendum est. Dicit ergo scimus, illum, qui dixit (Dt. XXXII, 35, secundum aliam litteram): mihi vindictam, supple servate. Littera nostra habet: mea est ultio. Et numquid reddes? Immo et ego retribuam. Sed contra. Si soli Deo servatur vindicta, quare iudices vindicant? Respondeo. Ad hoc respondet apostolus, Rm. XIII, 4, quod iudex est minister Dei. Unde non iudicat propria auctoritate, sed Dei. Secunda auctoritas est ibidem iudicabit Dominus populum suum. Si suum, ergo multo magis inimicos. I P. IV, 18: si iustus vix salvatur, impius et peccator ubi parebit? Vel populum suum, id est qui fidem suam non contemnunt, quia infideles damnabuntur, et non iudicabuntur iudicio discussionis. In iudicio enim, ut dicit Gregorius, quatuor erunt ordines. Quidam qui non iudicabuntur, sed iudicabunt et salvabuntur, scilicet apostoli, et apostolici viri. Quidam qui iudicabuntur et salvabuntur, ut mediocriter boni. Quidam, qui iudicabuntur et damnabuntur, ut mali fideles. Quidam, qui non iudicabuntur et damnabuntur, ut omnes infideles. Deinde cum dicit horrendum est, ponit conclusionem. Ex quo enim vindicta reservanda est Deo, qui iudicabit populum suum, horrendum est incidere in manus Dei viventis. Quanto enim iudex iustior et fortior est, tanto magis timendum est. Ps. VII, 12: Deus iudex iustus et fortis. Ergo horrendum est incidere in manus eius. Dn. XIII, 23: melius est mihi absque opere incidere in manus vestras. Eccli. II, 22: si poenitentiam non egerimus, incidemus in manus Domini, et non in manus hominum. Sed contra, II R. ult., David tamquam melius praeelegit incidere in manus Dei. Respondeo. Dicendum est, quod homo peccat offendendo hominem, et offendendo Deum. Melius autem est incidere in manus hominis offendendo ipsum, quam in manus Dei ipsum offendendo. Vel dicendum est, quod melius est peccantem et contemnentem incidere in manus hominis, peccantem vero sed poenitentem in manus Dei. Et sic elegit David. Vel dicendum est quod usque ad iudicium non est horrendum in manus Dei incidere, qui iudicat misericorditer quamdiu est pater misericordiarum, sed post iudicium horrendum est incidere in manus Dei, quando sicut Deus ultionum iustitias iudicabit. Modo enim sicut circumdatus infirmitate, quam aliquando expertus est, ex compassione misericorditer iudicat.

 

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Exaltation de la Sainte Croix

14 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Exaltation de la Sainte Croix

Collecte

O Dieu, qui nous donnez aujourd’hui un sujet de joie dans la fête annuelle de l’Exaltation de la sainte Croix, faites, nous vous en prions, que nous méritions de recueillir dans le ciel les récompenses acquises au moyen de la rédemption de celui dont nous avons connu le mystère ici-bas.

Office

AU PREMIER NOCTURNE.
Du livre des Nombres.
Première leçon. Lorsque le roi d’Arad, Chananéen, qui habitait vers le midi, eut appris cela, c’est-à-dire qu’Israël était venu par le chemin des espions, il combattit contre lui, et étant vainqueur, il en emporta le butin. Mais Israël se liant par un vœu au Seigneur, dit : Si vous livrez ce peuple à ma main, je détruirai toutes ses villes. Et le Seigneur exauça les prières d’Israël, et il livra le Chananéen qu’Israël fit périr, ses villes ayant été renversées ; et il appela ce lieu du nom de Horma, c’est-à-dire anathème.
Deuxième leçon. Or, ils partirent aussi du mont Hor par la voie qui conduit à la mer Rouge, pour aller autour de la terre d’Edom. Et le peuple commença à s’ennuyer du chemin et de la fatigue ; et il parla contre Dieu et contre Moïse, et dit : Pourquoi nous as-tu retirés de l’Egypte, pour que nous mourions dans le désert ? Le pain nous manque, il n’y a pas d’eau ; notre âme a déjà des nausées à cause de cette nourriture très légère. C’est pourquoi le Seigneur envoya contre le peuple des serpents brûlants.
Troisième leçon. A cause des blessures et de la mort d’un grand nombre, on vint à Moïse et on dit : Nous avons péché, parce que nous avons parlé contre le Seigneur et contre toi : prie pour qu’il éloigne de nous les serpents. Et Moïse pria pour le peuple, et le Seigneur lui dit : Fais un serpent d’airain, et expose-le comme un signe : celui qui, ayant été blessé, le regardera, vivra. Moïse fit donc un serpent d’airain et l’exposa comme un signe : lorsque les blessés le regardaient, ils étaient guéris.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. Vers la fin du règne de Phocas, Chosroës, roi des Perses, après avoir envahi l’Egypte et l’Afrique et s’être emparé de Jérusalem, où il fit périr plusieurs milliers de Chrétiens, emporta en Perse la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, qu’Hélène avait déposée sur le mont Calvaire. Fatigué des vexations et des calamités innombrables de la guerre, Héraclius, successeur de Phocas, demanda la paix. Mais Chosroës, enorgueilli par ses victoires, ne voulut à aucun prix la lui accorder. Dans cette extrémité, Héraclius eut recours aux jeûnes et aux prières multipliées, implorant avec beaucoup de ferveur le secours de Dieu. Sur l’inspiration du ciel, il rassembla une armée et, ayant engagé le combat, il défit les trois généraux de Chosroës avec leurs trois armées.
Cinquième leçon. Abattu par ces défaites, Chosroës prit la fuite ; et lorsqu’il se disposait à traverser le Tigre, il désigna son fils Médarsès, comme devant partager avec lui l’autorité royale. Son fils aîné ne supporta pas cet affront sans un cruel dépit, et en vint à méditer la perte commune de son père et de son frère : dessein qu’il exécuta bientôt au retour de ces deux fugitifs. Après quoi il sollicita d’Héraclius le droit de régner et l’obtint à certaines conditions, dont la première était la restitution de la Croix du Seigneur. C’est ainsi que la Croix fut recouvrée, quatorze ans après qu’elle était tombée en la possession des Perses. De retour à Jérusalem, Héraclius la prit sur ses épaules et la reporta, en grande pompe, sur la montagne où le Sauveur l’avait lui-même portée.
Sixième leçon. Cette action fut marquée par un éclatant miracle. Héraclius, tout chargé d’or et de pierreries, sentit une force invincible l’arrêter à la porte qui donnait accès au mont Calvaire ; plus il faisait d’efforts pour avancer, plus il semblait être fortement retenu. Comme l’empereur et avec lui tous les témoins de cette scène étaient stupéfaits, Zacharie, Évêque de Jérusalem, lui dit : « Prenez garde, ô empereur, qu’avec ces ornements de triomphe, vous n’imitiez point assez la pauvreté de Jésus-Christ et l’humilité avec laquelle il a porté sa Croix. » Héraclius se dépouillant alors de ses splendides vêtements, et détachant ses chaussures, jeta sur ses épaules un vulgaire manteau et se remit en route. Cela fait, il accomplit facilement le reste du trajet et replaça la Croix sur le mont Calvaire, à l’endroit même d’où les Perses l’avaient enlevée. La solennité de l’exaltation de la sainte Croix, que l’on célébrait chaque année en ce même jour, prit alors une grande importance, en mémoire de ce qu’elle avait été remise, par Héraclius, au lieu même où on l’avait dressée la première fois pour le Sauveur.
 

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Léon, Pape.
Septième leçon. A la vue du Christ élevé en croix, il ne faut pas, mes bien-aimés, que votre pensée s’arrête à ce seul aspect extérieur qui frappa les yeux des impies, auxquels il a été dit par Moïse : « Ta vie sera comme en suspens devant tes yeux, et tu craindras jour et nuit, et tu ne croiras pas à ta vie. » En effet, à la vue du Seigneur en Croix, les impies ne pouvaient apercevoir en lui autre chose que leur crime ; ils tremblèrent de crainte, non pas de la crainte qui justifie dans la vraie foi, mais de celle qui torture une conscience coupable. Pour nous, ayant l’intelligence éclairée par l’esprit de vérité, embrassons d’un cœur pur et libre la Croix dont la gloire resplendit au ciel et sur la terre, et appliquons toute l’attention de notre âme à pénétrer le mystère que le Seigneur, parlant de sa passion prochaine, annonçait ainsi : « C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. »
Huitième leçon. O vertu admirable de la Croix ! ô gloire ineffable de la passion ! où l’on voit, et le tribunal du Seigneur, et le jugement du monde, et la puissance du Crucifié. Oui, Seigneur, vous avez attiré tout à vous, lorsque, ayant « vos mains tout le jour étendues vers un peuple incrédule et rebelle, » l’univers entier comprit qu’il devait rendre hommage à votre majesté. Vous avez, Seigneur, attiré tout à vous, lorsque tous les éléments n’eurent qu’une seule voix pour exécrer le forfait des Juifs ; lorsque les astres étant obscurcis, la clarté du jour changée en ténèbres, la terre fut à son tour ébranlée par des secousses extraordinaires et la création tout entière se refusa à servir des impies. Vous avez, Seigneur, attiré tout à vous, parce que le voile du temple s’étant déchiré, le saint des saints rejeta ses indignes pontifes, pour montrer que la figure se transformait en réalité, la prophétie en déclarations manifestes, la loi en Évangile.
Neuvième leçon. Vous avez, Seigneur, attiré tout à vous, afin que la piété de toutes les nations qui peuplent la terre célébrât, comme un mystère plein de réalité et dégagé de tout voile, ce que vous teniez caché dans un temple de la Judée, sous l’ombre des figures. Maintenant, en effet, l’ordre des Lévites a plus d’éclat, la dignité des Prêtres plus de grandeur, et l’onction qui sacre les Pontifes plus de sainteté. Et cela, parce que la source de toute bénédiction et le principe de toutes les grâces se trouvent en votre Croix, laquelle fait passer les croyants de la faiblesse à la force, de l’opprobre à la gloire, de la mort à la vie. C’est maintenant aussi que les divers sacrifices d’animaux charnels étant abolis, la seule oblation de votre corps et de votre sang tient lieu de toutes les différentes victimes qui la représentaient. Car vous êtes le véritable « Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, » et tous les mystères s’accomplissent tellement en vous, que, de même que toutes les hosties qui vous sont offertes ne font qu’un seul sacrifice, ainsi toutes les nations de la terre ne font plus qu’un seul royaume.

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Le Très Saint Nom de Marie

12 Septembre 2023 , Rédigé par Ludovicus

Le Très Saint Nom de Marie

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Nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, accordez à vos fidèles, qui mettent leur joie dans le nom et la protection de la très sainte Vierge Marie, d’être par un effet de sa maternelle intercession, préservés de tous les maux sur la terre, et d’arriver dans le ciel aux joies de l’éternité.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Bernard, Abbé.
Quatrième leçon. « Et le nom de la Vierge était Marie, » dit l’Évangile. Parlons aussi un peu de ce nom que l’on dit signifier étoile de la mer et qui convient parfaitement à la Vierge Mère. Celle-ci est fort à propos comparée à l’étoile ; car, de même que l’astre émet son rayon sans en éprouver aucune altération, ainsi la Vierge a enfanté un fils sans dommage pour sa virginité. Le rayon n’amoindrit pas l’éclat de l’astre et le fils de la Vierge n’ôte rien à l’intégrité de sa mère. Marie est donc l’illustre étoile qui s’est levée de Jacob et dont le rayonnement illumine tout l’univers ; sa splendeur brille dans les cieux et pénètre les abîmes, luit partout sur la terre fait sentir sa chaleur aux âmes plutôt qu’aux corps, favorise l’épanouissement des vertus et réduit les vices. Elle est, dis-je, la très brillante et remarquable étoile qu’il était nécessaire d’élever au-dessus cette mer profonde et vaste, étoile étincelante par ses mérites, lumineuse en ses exemples.
Cinquième leçon. Ô vous, qui que vous soyez, qui vous sentez ici-bas ballotté au milieu des orages et des tempêtes, et non placé sur une terre ferme, ne détournez point vos yeux de cet astre plein d’éclat, si vous ne voulez pas être englouti par les flots. Si le vent des tentations se lève, si vous touchez les écueils des tribulations, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes secoué par les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, ou l’avarice, ou les séductions de la chair agitent le frêle esquif de votre âme, jetez un regard vers Marie. Si, troublé par l’énormité de vos crimes, confus de la laideur de votre conscience, effrayé des sévérités du jugement, vous vous sentez entraîné dans le gouffre de la tristesse, dans l’abîme du désespoir, pensez à Marie.
Sixième leçon. Dans les périls, dans les angoisses, dans les perplexités, songez à Marie, invoquez Marie. Qu’elle soit constamment sur vos lèvres, qu’elle soit constamment dans votre cœur, et pour obtenir l’appui de ses prières, ne perdez jamais de vue les exemples de sa vie. En suivant Marie, on ne s’égare point ; en la priant, on ne tombe pas dans le désespoir ; en pensant à elle, on n’erre point. Si elle vous soutient, vous ne tomberez pas ; si elle vous protège, vous n’aurez rien à craindre ; si elle vous accompagne, vous ne connaîtrez pas la fatigue ; sa protection vous conduira au terme et vous expérimenterez ainsi en vous-même avec quelle vérité il a été dit : « Et le nom de la Vierge était Marie ». Ce nom vénérable était déjà honoré depuis longtemps par un culte spécial dans quelques parties du monde chrétien ; lorsqu’une insigne victoire fut remportée à Vienne en Autriche, par le secours de la sainte Vierge Marie, sur le cruel sultan des Turcs, qui menaçait avec insulte de soumettre les peuples chrétiens à sa tyrannie. Le Pape Innocent XI, voulant donc perpétuer la mémoire d’un tel bienfait, ordonna que cette Fête serait célébrée chaque année dans l’Église universelle.


AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Pierre Chrysoloque.
Septième leçon. Aujourd’hui, frères bien-aimés, vous avez entendu un Ange traiter avec une femme de la réhabilitation de l’homme. Vous avez entendu qu’il s’agissait de ramener l’homme à la vie, par le même chemin qui l’avait conduit à la mort. C’est un Ange qui traite avec Marie du salut du genre humain, parce qu’un ange avait traité de sa perte avec Eve. Vous avez entendu cet Ange révéler le moyen ineffable de construire, du limon de notre chair, un temple à la divine Majesté. Vous avez entendu comment un mystère incompréhensible place Dieu sur la terre et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu par quelle combinaison merveilleuse Dieu s’unit à l’homme dans un seul corps. Vous avez entendu comment la frêle nature de notre corps est affermie par l’exhortation d’un Ange, l’animant à porter toute la gloire de la divinité.
Huitième leçon. Enfin, de peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompit, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : « Ne craignez pas, Marie. » Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine. « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce. » C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce.
Neuvième leçon. Bienheureuse celle qui, seule parmi les êtres humains et de préférence à tous, mérita d’entendre ces paroles : « Vous avez trouvé grâce. » Quel degré de grâce ? Une grâce aussi entière que le donne à entendre ce terme employé auparavant par l’Ange : « pleine. » Et vraiment elle était en sa plénitude, la grâce dont les flots abondants s’étaient versés sur cette créature, l’avaient pénétrée et remplie. « Vous avez trouvé grâce devant Dieu. » Disant ces choses, l’Ange lui-même s’étonne, ou de ce qu’une femme l’ait méritée seule, ou de ce que tous les hommes aient mérité la vie par une femme ; oui, l’Ange est comme frappé de stupeur, en voyant venir se renfermer tout entier dans les étroites bornes d’un sein virginal, le Dieu pour qui toutes les choses créées réunies ne sont que petitesse. C’est pourquoi l’Ange tarde à préciser le but de sa mission ; de là vient qu’il nomme la Vierge par ce qui exprime son mérite, et la salue en mentionnant la grâce. A celle qui l’écoute, il ne livre que peu à peu son message, sans doute afin d’en faire ressortir la signification ; c’est aussi peu à peu qu’il achève de calmer sa crainte prolongée.

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