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Regnum Galliae Regnum Mariae
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L’Ascension du Seigneur

21 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

L’Ascension du Seigneur

Introït

Hommes de Galilée, pourquoi vous étonnez-vous en regardant le ciel ? Alléluia. De la même manière que vous l’avez vu monter au ciel, il reviendra, alléluia, alléluia, alléluia. Nations, frappez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d’allégresse .

Collecte

Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, faites-nous cette grâce : nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd’hui monté aux cieux ; que nous habitions aussi nous-mêmes en esprit dans les demeures célestes.

Lecture Ac. 1, 1-11

Dans mon premier livre, ô Théophile, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où, après avoir donné ses ordres, par l’Esprit-Saint, aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel. Il s’était aussi montré à eux vivant, après sa passion, par des preuves nombreuses, leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu. Comme il mangeait avec eux, il leur ordonna de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, que vous avez, dit-il, entendue de ma bouche ; car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint dans peu de jours. Ceux donc qui se trouvèrent réunis l’interrogèrent en disant : Seigneur, est-ce maintenant que vous rétablirez le royaume d’Israël ? Il leur répondit : Ce n’est point à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après qu’il eut dit ces paroles, sous leurs regards il fut élevé et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils contemplaient attentivement le ciel pendant qu’il ’en allait, voici que deux hommes se présentèrent en vêtements blancs, et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel.

Évangile Mc. 16, 14-20

En ce temps-là, Jésus se montra aux Onze eux-mêmes, tandis qu’ils étaient à table ; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité. Et il leur dit : Allez dans le monde entier, et prêchez l’évangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront les serpents, et s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains sur les malades, et ils seront guéris. Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut élevé dans le ciel, et il est assis à la droite de Dieu. Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant leur parole par les miracles dont elle était accompagnée

Secrète

Agréez, Seigneur, les offrandes que nous vous présentons en l’honneur de la glorieuse ascension de votre Fils et concédez-nous avec bonté d’être délivrés des périls de la vie présente, puis de parvenir à la vie éternelle.

Office

4e leçon

Sermon de saint Léon, Pape

Aujourd’hui, mes bien-aimés, s’achève le nombre de quarante jours sacrés écoulés depuis la résurrection bienheureuse et glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle, dans l’espace de trois jours, la puissance divine releva le vrai temple de Dieu, que l’impiété des Juifs avait détruit. Ce nombre de jours, la très sainte disposition de la Providence l’a accordé en vue de notre utilité et de notre instruction, pour que le Seigneur, prolongeant durant cet espace de temps sa présence corporelle ici-bas, notre foi en la résurrection y pût trouver les preuves et la confirmation nécessaires. La mort du Christ avait beaucoup troublé le cœur des disciples, et l’engourdissement de la défiance avait pénétré dans leurs esprits, alourdis par le chagrin causé par son supplice sur la croix, par son dernier soupir, par la sépulture de son corps inanimé.

5e leçon

Les bienheureux Apôtres et tous les disciples, qui avaient été alarmés par la mort de Jésus sur la croix, et avaient hésité dans la foi à sa résurrection, furent tellement affermis par l’évidence de la vérité, que, loin d’être attristés en voyant le Seigneur s’élever dans les hauteurs des cieux, ils furent au contraire remplis d’une sainte joie. Et certes, il y avait là une grande et ineffable cause de joie, alors qu’en présence de cette multitude sainte, une nature humaine s’élevait au-dessus de la dignité de toutes les créatures célestes, pour dépasser les ordres angéliques, pour être élevée plus haut que les Archanges, et ne s’arrêter dans ses élévations sublimes que, lorsque reçue dans la demeure du Père éternel, elle serait associée au trône et à la gloire de Celui à la nature duquel elle se trouvait déjà unie en son Fils.

6e leçon

Puisque l’ascension du Christ est notre propre élévation, et que le corps a l’espérance d’être un jour où l’a précédé son glorieux chef, tressaillons donc, mes bien-aimés, dans de dignes sentiments de joie, et réjouissons-nous par de pieuses actions de grâces. Car nous n’avons pas seulement été affermis aujourd’hui comme possesseurs du paradis ; mais en la personne du Christ, nous avons pénétré au plus haut des cieux ; et nous avons plus obtenu par sa grâce ineffable, que nous n’avions perdu par l’envie du diable. En effet, ceux que le venimeux ennemi avait bannis de la félicité de leur première demeure, le Fils de Dieu se les est incorporés, et il les a placés à la droite du Père, avec qui étant Dieu, il vit et règne en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen

7e leçon

Homélie de saint Grégoire, Pape

Le retard que les disciples mirent à croire à la résurrection du Seigneur, n’a pas tant été leur faiblesse, qu’elle n’a été, pour ainsi dire, notre assurance future. La résurrection, en effet, à raison de leur doute, fut démontrée par beaucoup de preuves ; et, lorsque nous lisons ces faits dans l’Évangile, ne sommes-nous pas affermis par leur hésitation même ? L’histoire de Madeleine qui crut très vite, m’est moins utile que celle de Thomas qui douta longtemps. Car cet Apôtre en doutant, toucha les cicatrices du Sauveur, et enleva ainsi de notre cœur la plaie du doute.

8e leçon

Pour faire pénétrer en nous la vérité de la résurrection du Seigneur, il nous faut aussi remarquer ces paroles de saint Luc : « Mangeant avec eux, il leur commanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem. » Et un peu plus loin : « Eux le voyant, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. » Notez ces paroles, remarquez ces mystères. Après avoir mangé avec eux, il s’éleva ; il mangea et il monta, afin de nous rendre manifeste par l’action d’absorber de la nourriture, la réalité de sa chair. Saint Marc rapporte que le Seigneur, avant de monter au ciel, reprocha à ses disciples la dureté de leur cœur et leur incrédulité. Que remarquer en cela, sinon que le Seigneur adressa des reproches à ses disciples au moment où il les quittait corporellement, afin que ces paroles, dites en se séparant d’eux, restassent plus profondément imprimées dans le cœur de ceux qui les entendaient ?

9e leçon

Écoutons ce que le Sauveur commande à ses disciples, après leur avoir reproché leur endurcissement : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Évangile à toute créature. » Est-ce à dire, mes frères, que le saint Évangile dût être annoncé aux choses inanimées, ou aux animaux dépourvus de raison, et que ce soit à leur sujet que cette parole ait été dite aux disciples : « Prêchez à toute créature ? » Mais c’est l’homme qui est désigné ici par ces mots : toute créature. L’homme a, en effet, quelque chose de toute créature. L’être lui est commun avec les pierres, la vie avec les arbres, la sensibilité avec les animaux, et l’intelligence avec les Anges. Si donc l’homme a quelque chose de commun avec toute créature, on peut dire, en quelque sorte, que l’homme est toute créature, et par conséquent l’Évangile est prêché à toute créature, lorsqu’il est prêché à l’homme seul.

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Vigile de l’Ascension mémoire de saint Bernardin de Sienne confesseur

20 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Vigile de l’Ascension mémoire de saint Bernardin de Sienne confesseur

Collecte

Dieu, vous de qui procèdent tous les biens, accordez à vos serviteurs suppliants, que, par votre inspiration, nos pensées se portent à ce qui est bien, et que notre volonté, guidée par vous, l’accomplisse.

Lecture Ep. 4, 7-13

Mes frères, à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Étant monté en haut, il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. Or, que signifie : Il est monté, sinon qu’il était descendu d’abord dans les parties inférieures de la terre ? Celui qui est descendu est le même que celui qui est monté au-dessus de tous les deux, afin de remplir toutes choses. Et c’est lui qui a donné les uns comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, d’autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état l’homme parfait, à la mesure de ’âge de la plénitude du Christ.

Évangile Jn. 17, 1-11

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l’heure est venue ; glorifiez votre il Fils, afin que votre Fils vous glorifie, en donnant, selon la puissance que vous lui ayez accordée, sur toute chair, la vie éternelle à tous ceux que vous lui avez donnés. Or la vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ.

Je vous ai glorifié sur la terre ; j’ai accompli l’œuvre que vous m’aviez donnée à faire. Et maintenant, glorifiez- moi, vous, Père, auprès de vous même, de la gloire que j’ai eue auprès de vous, avant que le monde fût.

J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés ; et ils ont gardé votre parole. Maintenant, ils savent que tout ce que vous m’avez donné vient de vous ; car je leur ai donné les paroles que vous m’avez données, et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de vous, et ils ont cru que vous m’avez envoyé.

C’est pour eux que je prie ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que vous m’avez donnés, parce qu’ils sont à vous. Tout ce qui est à moi est à vous, et ce qui est à vous est à moi ; et j’ai été glorifié en eux. Et déjà je ne suis plus dans te monde ; mais eux, ils sont dans le monde, et moi je viens à vous

Office

1ère leçon

Homélie de saint Augustin, Évêque

Notre Seigneur, Fils unique du Père, et coéternel avec lui, « ayant pris la forme d’esclave » pouvait, en cette forme d’esclave, prier en silence s’il le fallait ; mais il a voulu se présenter en suppliant devant son Père, de telle manière qu’il montra se souvenir qu’il était notre docteur. C’est pourquoi il a voulu que la prière qu’il a faite pour nous, nous fût connue ; car l’édification des disciples ressort non seulement des leçons que leur donne un si grand maître, mais encore de la prière qu’il adresse à son Père en leur faveur. Et si ces paroles étaient l’édification de ceux qui se trouvaient présents pour les entendre, Jésus voulait certainement qu’elles devinssent aussi la nôtre, à nous qui devions les lire, recueillies dans son Évangile.

2e leçon

C’est pourquoi lorsqu’il nous dit : « Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils ; » il nous enseigna que ce qu’il ferait ou laisserait se faire, en quelque temps que ce fût, est disposé d’avance par celui qui n’est point sujet au temps ; car les événements qui se déroulent dans la suite des temps, ont leurs causes efficientes dans la sagesse de Dieu, en laquelle ne se trouve rien de temporaire. Gardons-nous donc de croire que cette heure soit venue amenée par la fatalité, car elle a été fixée par Dieu qui dispose les temps. Les lois des astres n’ont pas non plus régi la passion du Christ ; il est inadmissible que les astres puissent forcer à mourir le Créateur des astres.

3e leçon

Il en est qui entendent que le Fils a été glorifié par le Père en ce sens qu’il ne l’a pas épargné mais l’a livré pour nous tous. Mais si l’on dit que le Christ a été glorifié par sa passion, combien plus par sa résurrection ? Dans sa passion, en effet, son humilité se manifeste plutôt que sa gloire ; l’Apôtre l’atteste lorsqu’il dit : « Il s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix ». Ensuite il ajoute, au sujet de sa glorification : « C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom ; afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père ». Voilà la glorification de notre Seigneur Jésus-Christ, elle a commencé à sa résurrection.

La troisième matinée des Rogations s’est écoulée, l’heure de midi se fait entendre ; elle vient ouvrir la dernière journée que le Fils de Dieu doit passer sur la terre avec les hommes. Nous avons semblé perdre de vue, durant ces trois jours, le moment si proche de la séparation ; toutefois, le sentiment de la perte qui nous menace vivait au fond de nos cœurs, et les humbles supplications que nous présentions au ciel, en union avec la sainte Église, nous préparaient à célébrer le dernier des mystères de notre Emmanuel.

A ce moment, les disciples sont tous rassemblés à Jérusalem. Groupés autour de Marie dans le Cénacle, ils attendent l’heure à laquelle leur Maître doit se manifester à eux pour la dernière fois. Recueillis et silencieux, ils repassent dans leurs cœurs les divines marques de bonté et de condescendance qu’il leur a prodiguées durant ces quarante jours, et les solennels enseignements qu’ils ont reçus de sa bouche. C’est maintenant qu’ils le connaissent, qu’ils savent qu’il est sorti de Dieu ; quant à ce qui les concerne, ils ont appris de lui la mission à laquelle il les a destinés : ce sera d’enseigner, eux ignorants, les peuples de la terre ; mais, ô regret inconsolable ! Il s’apprête à les quitter ; « encore un peu de temps, et ils ne le verront plus. »

Par un touchant contraste avec leurs tristes pensées, la nature entière semble s’être mise en devoir d’offrir à son auteur le plus splendide triomphe ; car ce départ doit être un départ triomphant. La terre s’est parée des prémices de sa fécondité, la verdure des campagnes le dispute à l’émeraude, les fleurs embaument l’air de leurs parfums, sous le feuillage des arbres les fruits se hâtent de mûrir, et les moissons grandissent de toutes parts. Tant d’heureux dons sont dus à l’influence de l’astre qui brille au ciel pour vivifier la terre, et qui a reçu le noble privilège de figurer par son royal éclat, et dans ses phases successives, le passage de l’Emmanuel au milieu de nous.

Rappelons-nous ces jours sombres du solstice d’hiver, où son disque pâle, tardif vainqueur des ténèbres, ne montait dans le ciel que pour y parcourir une étroite carrière, dispensant la lumière avec mesure, et n’envoyant à la terre aucun rayon assez ardent pour résoudre la constriction qui tenait glacée toute sa surface. Tel se leva, comme un astre timide, notre divin Soleil, dissipant à peine les ombres autour de lui, tempérant son éclat, afin que les regards des hommes n’en fussent pas éblouis. Comme le soleil matériel, il élargit peu à peu sa carrière ; mais des nuages vinrent souvent dissimuler son progrès. Le séjour en la terre d’Égypte, la vie obscure de Nazareth, dérobèrent sa marche aux yeux des hommes ; mais l’heure étant venue où il devait laisser poindre les rayons de sa gloire, il brilla d’un souverain éclat sur la Galilée et sur la Judée, lorsqu’il se mit à parler « comme ayant puissance », lorsque ses œuvres rendirent témoignage de lui, et que l’on entendit la voix des peuples qui faisait retentir « Hosannah au fils de David ».

Il allait atteindre à son zénith, quand tout à coup l’éclipse momentanée de sa passion et de sa mort persuada pour quelques heures à ses ennemis jaloux que leur malice avait suffi pour éteindre à jamais sa lumière importune à leur orgueil. Vain espoir ! Notre divin Soleil échappait dès le troisième jour à cette dernière épreuve ; et il plane maintenant au sommet des cieux, versant sa lumière sur tous les êtres qu’il a créés, mais nous avertissant que sa carrière est achevée. Car il ne saurait descendre ; pour lui, pas de couchant ; là s’arrête son rapport avec l’humble flambeau qui éclaire nos yeux mortels. C’est du haut du ciel qu’il brille désormais, et pour toujours, ainsi que l’avait annoncé Zacharie, lors de la naissance de Jean ; et comme l’avait prédit encore auparavant le sublime Psalmiste, en disant : « Il a fourni sa carrière comme un géant, il est arrivé au sommet des cieux, d’où il était parti, et nul ne peut se soustraire à l’action de sa puissante chaleur ».

Cette Ascension, qui établit l’Homme-Dieu centre de lumière pour les siècles des siècles, il en a fixé le moment précis à l’un des jours du mois que les hommes appellent Mai, et qui révèle dans son plus riant éclat l’œuvre que ce Verbe divin trouva belle lui-même, au jour où, l’ayant fait sortir du néant, il la disposa avec tant de complaisance. Heureux mois, non plus triste et sombre comme Décembre, qui vit les joies modestes de Bethléhem, non plus sévère et lugubre comme Mars, témoin du Sacrifice sanglant de l’Agneau sur la croix, mais radieux, épanoui, surabondant de vie et digne d’être offert, chaque année, en hommage à Marie, Mère de Dieu ; car c’est le mois du triomphe de son fils.

O Jésus, notre créateur et notre frère, nous vous avons suivi des yeux et du cœur depuis le moment de votre aurore ; nous avons célébré, dans la sainte liturgie, chacun de vos pas de géant par une solennité spéciale ; mais en vous voyant monter ainsi toujours, nous devions prévoir le moment où vous iriez prendre possession de la seule place qui vous convienne, du trône sublime où vous serez assis éternellement à la droite du Père. L’éclat qui vous entoure depuis votre résurrection n’est pas de ce monde ; vous ne pouvez plus demeurer avec nous ; vous n’êtes resté durant ces quarante jours, que pour la consolidation de votre œuvre ; et demain, la terre qui vous possédait depuis trente-trois années sera veuve de vous. Avec Marie votre mère, avec vos disciples soumis, avec Madeleine et ses compagnes, nous nous réjouissons du triomphe qui vous attend ; mais à la veille de vous perdre, permettez à nos cœurs aussi de ressentir la tristesse ; car vous étiez l’Emmanuel, le Dieu avec nous, et vous allez être désormais l’astre divin qui planera sur nous ; et nous ne pourrons plus « vous voir, ni vous entendre, ni vous toucher de nos mains, ô Verbe de vie ! ». Nous n’en disons pas moins : Gloire et amour soient à vous ! Car vous nous avez traités avec une miséricorde infinie. Vous ne nous deviez rien, nous étions indignes d’attirer vos regards, et vous êtes descendu sur cette terre souillée par le péché ; vous avez habité parmi nous, vous avez payé notre rançon de votre sang, vous avez rétabli la paix entre Dieu et les hommes. Oui, il est juste maintenant que « vous retourniez à celui qui vous a envoyé ». Nous entendons la voix de votre Église, de votre Épouse chérie qui accepte son exil, et qui ne pense qu’à votre gloire : « Fuis donc, ô mon bien-aimé, vous dit-elle ; fuis avec la rapidité du chevreuil et du faon de la biche, jusqu’à ces montagnes où les fleurs du ciel exhalent leurs parfums ». Pourrions-nous, pécheurs que nous sommes ne pas imiter la résignation de celle qui est à la fois votre Épouse et notre mère ?

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Mardi des Rogations

19 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Mardi des Rogations

Les Supplications de l’Église continuent aujourd’hui encore, et l’armée du Seigneur parcourt pour la seconde fois les rues des cités et les chemins ombragés des campagnes. Joignons-nous-y, et faisons entendre ce cri qui pénètre le ciel, Kyrie eleison ! Seigneur, ayez pitié ! Songeons au nombre immense de péchés que chaque jour et chaque nuit voient se commettre, et implorons miséricorde. Aux jours du déluge, « toute chair avait corrompu sa voie » ; mais les hommes ne songeaient pas à demander grâce au ciel. « Le déluge vint et les perdit tous », dit le Seigneur. S’ils eussent prié, s’ils eussent fait amende honorable à la divine justice, la main de Dieu se fût arrêtée ; elle n’eût pas déchaîné sur la terre les cataractes du grand abîme. Un jour doit venir aussi, où non plus les eaux, mais un feu allumé à la colère céleste s’élancera tout à coup, et il embrasera cette terre que nous foulons. Il brûlera jusqu’aux racines des montagnes, et dévorera les pécheurs qui seront surpris dans leur fausse sécurité, comme il arriva aux jours de Noé.

Mais auparavant la sainte Église, opprimée par ses ennemis, décimée par le martyre de ses enfants, réduite aux abois par les défections, dépourvue vue de tout appui terrestre, sentira que le jour est proche ; car la prière sera devenue rare comme la foi. Veillons donc et prions, afin que ces jours de la consommation soient retardés, afin que la vie chrétienne si épuisée reprenne un peu de vigueur, et que ce monde vieilli ne s’affaisse pas en nos temps. Nous sommes encore partout, mais notre nombre a diminué visiblement. L’hérésie occupe de vastes régions où la catholicité fleurissait autrefois ; dans les pays épargnés par l’hérésie, l’incrédulité et l’indifférence ont amené la plupart des hommes à n’être plus chrétiens que de nom, et à enfreindre sans remords les devoirs religieux les plus essentiels ; chez un grand nombre de ceux qui remplissent encore leurs obligations de catholiques, les vérités sont diminuées l’énergie de la foi a fait place à la mollesse dans les convictions, des conciliations impossibles sont tentées et suivies, les sentiments et les actions des saints qu’animait l’Esprit de Dieu, les actes et les enseignements de l’Église sont taxés d’exagération et d’incompatibilité avec un soi-disant progrès ; la recherche des aises est devenue une étude sérieuse, la poursuite des biens terrestres une noble passion, l’indépendance une idole à laquelle on sacrifie tout, la soumission une honte qu’il faut fuir ou dissimuler ; enfin le sensualisme, comme une impure atmosphère, imprègne de toutes parts une société que l’on dirait avoir résolu d’abolir jusqu’au souvenir de la Croix.

De là tant de périls pour cette société qui rêve d’autres conditions que celles que Dieu lui a voulu imposer. Si l’Évangile est divin, comment les hommes en pourraient-ils prendre le contre-pied, sans provoquer le ciel à lancer sur eux ces fléaux qui écrasent quand ils ne sauvent pas ? Soyons justes, et sachons convenir de nos misères devant la souveraine sainteté : les péchés de la terre se multiplient en nombre et en intensité d’une manière effrayante ; et pourtant, dans le tableau que nous venons de tracer, nous n’avons parlé ni de l’impiété forcenée, ni des enseignements pervers dont le poison circule partout, ni des pactes avec Satan qui menacent notre siècle de descendre au niveau des siècles païens, ni de la conspiration ténébreuse organisée contre tout ordre, toute justice, toute vérité. Encore une fois, unissons-nous à la sainte Église, et crions avec elle en ces jours : « De votre colère, délivrez-nous, Seigneur ! »

Une autre fin des Rogations est d’attirer la bénédiction de Dieu sur les moissons et les fruits de la terre ; c’est la demande du pain quotidien qu’il s’agit de présenter solennellement à la majesté divine. « Tous les êtres, dit le Psalmiste, élèvent avec espoir leurs yeux vers vous, Seigneur, et vous leur donnez leur nourriture en la saison convenable ; vous ouvrez la main, et vous répandez votre bénédiction sur tout ce qui respire » Appuyée sur ces touchantes paroles, la sainte Église supplie le Seigneur de donner, cette année encore, aux habitants de la terre la nourriture dont ils ont besoin. Elle confesse qu’ils en sont indignes par leurs offenses ; reconnaissons avec elle les droits de la divine justice sur nous, et conjurons-la de se laisser vaincre par la miséricorde. Les fléaux qui pourraient arrêter tout court les espérances orgueilleuses de l’homme sont dans la main de Dieu ; il ne lui en coûterait pas un effort pour anéantir tant de belles spéculations : un dérangement dans l’atmosphère suffirait pour mettre les peuples aux abois. La science économique a beau faire : bon gré, mal gré, il lui faut compter avec Dieu. Elle parle de lui rarement ; il semble consentir à se voir oublié ; mais « il ne dort pas, celui qui garde Israël. » Qu’il retienne sa main bienfaisante, et nos travaux agricoles, dont nous sommes si fiers, nos cultures, à l’aide desquelles nous nous vantons d’avoir rendu la famine impossible, sont aussitôt frappés de stérilité. Une maladie dont la source demeurera inconnue fondra tout à coup, nous l’avons vu, sur les produits de la terre ; et ce serait assez pour affamer les peuples, assez pour amener les plus terribles perturbations dans un ordre social qui s’est affranchi de la loi chrétienne, et n’a plus d’autre raison de tenir debout que la compassion divine.

Et cependant, si le Seigneur daigne cette année encore octroyer fécondité et protection aux moissons que nos mains ont semées, il sera vrai de dire qu’il aura donné la nourriture à ceux qui l’oublient, à ceux qui le blasphèment, comme à ceux qui pensent à lui et l’honorent. Les aveugles et les pervers, abusant de cette longanimité, en profiteront pour proclamer toujours plus haut l’inviolabilité des lois de la nature ; Dieu se taira encore, et il les nourrira. Pourquoi donc n’éclate-t-il pas ? Pourquoi contient-il son indignation ? C’est que son Église a prié, c’est qu’il a reconnu sur la terre les dix justes, c’est-à-dire le contingent si faible dont il se contente dans son adorable bonté. Il laissera donc parler et écrire ces savants économistes qu’il lui serait si aisé de confondre. Grâce à cette patience, il adviendra que plusieurs se lasseront de courir ainsi les voies de l’absurde ; une circonstance inattendue leur dessillera les yeux, et un jour ils croiront et prieront avec nous. D’autres s’enfonceront toujours plus avant dans leurs ténèbres ; ils défieront la justice divine jusqu’à la fin, et mériteront que s’accomplisse sur eux ce terrible oracle : « Le Seigneur a fait toutes choses pour lui-même, et l’impie pour le jour mauvais. »

Pour nous qui nous faisons gloire de la simplicité de notre foi, qui attendons tout de Dieu et rien de nous-mêmes, qui nous reconnaissons pécheurs et indignes de ses dons, nous implorerons, durant ces trois jours, le pain de sa pitié, et nous dirons avec la sainte Église : « Daignez donner et conserver les fruits de la terre : Seigneur, nous vous en supplions, exaucez-nous ! » Qu’il daigne exaucer cette fois encore le cri de notre détresse ! Dans un an nous reviendrons lui adresser la même demande. Marchant sous l’étendard de la croix, nous parcourrons encore les mêmes sentiers, faisant retentir les airs des mêmes Litanies, et notre confiance se fortifiera de plus en plus, à la pensée que, par toute la chrétienté, la sainte Église conduit ses enfants dans cette marche aussi solennelle qu’elle est suppliante. Depuis quatorze siècles, le Seigneur est accoutumé à recevoir les vœux de ses fidèles à cette époque de l’année ; nous ne voudrons plus désormais atténuer les hommages qui lui sont dus, et nous ferons nos efforts pour suppléer, par l’ardeur de nos prières, à l’indifférence et à la mollesse qui s’unissent trop souvent, pour faire disparaître de nos mœurs tant de signes de catholicité qui furent chers à nos pères.

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Saint Pierre Célestin pape et confesseur mémoirede sainte Pudentienne

19 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Pierre Célestin pape et confesseur mémoirede sainte Pudentienne

Collecte

Dieu, qui avez élevé le bienheureux Pierre Célestin à l’éminente dignité du souverain pontificat, et qui lui avez appris à mettre l’humilité au-dessus de cette élévation, accordez-nous, dans votre bonté, la grâce de mépriser, à son exemple, tous les biens de ce monde, et de parvenir heureusement à la possession des récompenses promises à ceux qui sont humbles.

Office

Quatrième leçon. Pierre, nommé Célestin, du nom qu’il prit lorsqu’il fut élu Pape, naquit de parents honnêtes et catholiques à Isernia dans les Abruzzes. A peine adolescent, il se retira dans le désert pour garantir son âme des séductions du monde. Là, il se nourrissait l’esprit de contemplation, réduisait son corps en servitude, et portait sur lui une chaîne de fer. Il institua, d’après la règle de saint Benoît, la congrégation connue depuis sous le nom de Célestins. Il ne devait pas demeurer caché, et c’est de sa solitude, qu’à son insu et malgré son éloignement, il fut appelé à occuper la chaire de saint Pierre. L’Église romaine avait été longtemps sans pasteur : il fut placé à sa tête, comme on place la lumière sur le chandelier ; tout le monde en fut non moins étonné que ravi. Élevé à la dignité sublime du pontificat, Pierre sentit que la multitude des affaires lui permettait à peine de vaquer à ses méditations, et il renonça volontairement aux honneurs et aux charges. Ayant repris son ancien genre de vie, il s’endormit dans le Seigneur. Sa belle mort fut rendue plus glorieuse encore par l’apparition d’une croix lumineuse que l’on vit briller dans les airs devant la porte de sa retraite. Pendant sa vie et après sa mort il fit d’éclatants miracles : ils furent examinés suivant les règles, et Clément V l’inscrivit au nombre des Saints, onze ans après sa mort.

Les autres leçons au Commun.

A côté de Léon, l’insigne Docteur, Jésus ressuscité appelle en ce jour l’humble Pierre Célestin, Pontife suprême comme Léon, mais à peine assis sur la chaire apostolique, qu’il en est descendu pour retourner au désert. Entre tant de héros dont est formée la chaîne des Pontifes romains, il devait s’en rencontrer à qui fût donnée la charge de représenter plus spécialement la noble vertu d’humilité ; et c’est à Pierre Célestin que la grâce divine a dévolu cet honneur. Arraché au repos de sa solitude pour être élevé sur le trône de saint Pierre et tenir dans ses mains tremblantes les formidables clefs qui ouvrent et ferment le ciel, le saint ermite a regardé autour de lui ; il a considéré les besoins de l’immense troupeau du Christ, et sondé ensuite sa propre faiblesse. Oppressé sous le fardeau d’une responsabilité qui embrasse la race humaine tout entière, il s’est jugé incapable de supporter plus longtemps un tel poids ; il a déposé la tiare, et imploré la faveur de se cacher de nouveau à tous les regards humains dans sa chère sollicitude. Ainsi le Christ, son Maître, avait d’abord enfoui sa gloire dans une obscurité de trente années, et plus tard sous le nuage sanglant de sa Passion et sous les ombres du sépulcre. Les splendeurs de la divine Pâque ont tout à coup dissipé ces ténèbres, et le vainqueur de la mort s’est révélé dans tout son éclat. Mais il veut que ses membres aient part à son triomphe, et que la gloire dont ils brilleront éternellement soit, comme la sienne, en proportion de leur empressement à s’humilier dans les jours de cotte vie mortelle. Quelle langue pourrait décrire l’auréole qui entoure le front de Pierre Célestin, en retour de cette obscurité au sein de laquelle il a cherché l’oubli des hommes avec plus d’ardeur que d’autres ne recherchent leur estime et leur admiration ? Grand sur le trône pontifical, plus grand au désert, sa grandeur dans les cieux dépasse toutes nos pensées.

Vous avez obtenu l’objet de votre ambition, ô Célestin ! Il vous a été accordé de descendre les degrés du trône apostolique, et de rentrer dans le calme de cette vie cachée qui avait si longtemps fait toutes vos délices. Jouissez des charmes de l’obscurité que vous aviez tant aimée ; elle vous est rendue avec tous les trésors de la contemplation, dans le secret de la face de Dieu. Mais cette obscurité n’aura qu’un temps, et quand l’heure sera venue, la Croix que vous avez préférée à tout se dressera lumineuse à la porte de votre cellule, vous invitant à prendre part au triomphe pascal de celui qui est descendu du ciel pour nous apprendre que quiconque s’abaisse sera élevé. Votre nom, ô Célestin, brillera jusqu’au dernier jour du monde sur la liste des Pontifes romains ; vous êtes l’un des anneaux de cette chaîne qui rattache la sainte Église à Jésus son fondateur et son époux ; mais une plus grande gloire vous est réservée, celle de faire cortège à ce divin Christ ressuscité. La sainte Église, qui un moment s’est inclinée devant vous pendant que vous teniez les clefs de Pierre, vous rend depuis des siècles et vous rendra jusqu’au dernier jour l’hommage de son culte, parce qu’elle reconnaît en vous un des élus de Dieu, un des princes de la céleste cour. Et nous aussi, ô Célestin ! nous sommes appelés à monter là où vous êtes, à contempler éternellement comme vous le plus beau des enfants des hommes, le vainqueur de la mort et de l’enfer. Mais une seule voie peut nous y conduire : celle que vous avez vous-même suivie, la voie de l’humilité. Fortifiez en nous cette vertu, ô Célestin ! et allumez-en le désir dans nos cœurs. Substituez le mépris de nous-mêmes à l’estime que nous avons trop souvent le malheur d’en faire. Rendez-nous indifférents à toute gloire mondaine, fermes et joyeux dans les abaissements, afin qu’ayant « bu l’eau du torrent », comme notre Maître divin, nous puissions un jour, comme lui et avec vous, « relever notre tête » et entourer éternellement le trône de notre commun libérateur.

 

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Lundi des Rogations

19 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Lundi des Rogations
"Litaniae Sanctorum":

Kyrie, eleison Kyrie, eleison.
Christe, eleison Christe, eleison.
Kyrie, eleison Kyrie, eleison.

Christe, audi nos Christe, audi nos.
Christe, exaudi nos. Christe, exaudi nos.

Pater de caelis, Deus, miserere nobis.
Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis.


Sancta Maria, ora pro nobis,
Sancta Dei Genetrix, ora pro nobis,
Sancta Virgo virginum, ora pro nobis,

Sancte Michael, ora pro nobis,
Sancte Gabriel, ora pro nobis,
Sancte Raphael, ora pro nobis,
Omnes sancti Angeli et Archangeli, ora pro nobis,
Omnes sancti beatorum Spirituum ordines, ora pro nobis,

Sancte Ioannes Baptista, ora pro nobis,
Sancte Ioseph, ora pro nobis,
Omnes sancti Patriarchae et Prophetae, ora pro nobis,

Sancte Petre, ora pro nobis,
Sancte Paule, ora pro nobis,
Sancte Andrea, ora pro nobis,
Sancte Iacobe, ora pro nobis,
Sancte Ioannes, ora pro nobis,
Sancte Thoma, ora pro nobis,
Sancte Iacobe, ora pro nobis,
Sancte Philippe, ora pro nobis,
Sancte Bartolomaee, ora pro nobis,
Sancte Matthaee, ora pro nobis,
Sancte Simon, ora pro nobis,
Sancte Thaddaee, ora pro nobis,
Sancte Matthia, ora pro nobis,
Sancte Barnaba, ora pro nobis,
Sancte Luca, ora pro nobis,
Sancte Marce, ora pro nobis,
Omnes sancti Apostoli et Évangelistae, ora pro nobis,
Omnes sancti discipuli Domini, ora pro nobis,

Omnes sancti Innocentes, ora pro nobis,
Sancte Stephane, ora pro nobis,
Sancte Laurenti, ora pro nobis,
Sancte Vincenti, ora pro nobis,
Sancti Fabiane et Sebastiane, ora pro nobis,
Sancti Iohannes et Paule, ora pro nobis,
Sancti Cosma et Damiane, ora pro nobis,
Sancti Gervasi et Protasi, ora pro nobis,
Omnes sancti martyres, ora pro nobis,

Sancte Sylvester, ora pro nobis,
Sancte Gregori, ora pro nobis,
Sancte Ambrosi, ora pro nobis,
Sancte Augustine, ora pro nobis,
Sancte Hieronyme, ora pro nobis,
Sancte Martine, ora pro nobis,
Sancte Nicolae, ora pro nobis,
Omnes sancti Pontifices et Confessores, ora pro nobis,
Omnes sancti Doctores, ora pro nobis,

Sancte Antoni, ora pro nobis,
Sancte Benedicte, ora pro nobis,
Sancte Bernarde, ora pro nobis,
Sancte Dominice, ora pro nobis,
Sancte Francisce, ora pro nobis,
Omnes sancti Sacerdotes et Levitae, ora pro nobis,
Omnes sancti Monachi et Eremitae, ora pro nobis,

Sancta Maria Magdalena, ora pro nobis,
Sancta Agatha, ora pro nobis,
Sancta Lucia, ora pro nobis,
Sancta Agnes, ora pro nobis,
Sancta Caecilia, ora pro nobis,
Sancta Catharina, ora pro nobis,
Sancta Anastasia, ora pro nobis,
Omnes sanctae Virgines et Viduae, ora pro nobis,

Omnes Sancti et Sanctae Dei, intercedite pro nobis.
Propitius esto, parce nos, Domine.
Propitius esto, exaudi nos, Domine.

Ab omni malo, Líbera nos, Dómine,
Ab omni peccato, Líbera nos, Dómine,
Ab ira tua, Líbera nos, Dómine,
A subitanea et improvisa morte, Líbera nos, Dómine,
Ab insidiis diaboli, Líbera nos, Dómine,
Ab ira et odio et omni mala voluntate, Líbera nos, Dómine,
A spiritu fornicationis, Líbera nos, Dómine,
A fulgure et tempestate, Líbera nos, Dómine,
A flagello terraemotus, Líbera nos, Dómine,
A peste, fame et bello, Líbera nos, Dómine,
A morte perpetua, Líbera nos, Dómine,
Per mysterium sanctae Incarnationis tuae, Líbera nos, Dómine,
Per adventum tuum, Líbera nos, Dómine,
Per nativitatem tuam, Líbera nos, Dómine,
Per baptismum et sanctum ieiunium tuum, Líbera nos, Dómine,
Per crucem et passionem tuam, Líbera nos, Dómine,
Per mortem et sepulturam tuam, Líbera nos, Dómine,
Per sanctam resurrectionem tuam, Líbera nos, Dómine,
Per admirabilem ascensionem tuam, Líbera nos, Dómine,
Per adventum Spiritus Sancti Paracliti, Líbera nos, Dómine,
In die iudicii, Líbera nos, Dómine.

Peccatores, Te rogamus, audi nos,
Ut nobis parcas, Te rogamus, audi nos,
Ut nobis indulgeas, Te rogamus, audi nos,
Ut ad veram paenitentiam nos perducere digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut Ecclesiam tuam sanctam regere et conservare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut domum Apostolicum et omnes ecclesiasticos ordines in sancta religione conservare digneris,
Te rogamus, audi nos,
Ut inimicos sanctae Ecclesiae humiliare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut regibus et principibus christianis pacem et veram concordiam donare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut cuncto populo christiano pacem et unitatem largiri digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut omnes errantes ad unitatem Ecclesiae revocare, et infideles universos ad Évangelii lumen perducere digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut nosmetipsos in tuo sancto servitio confortare et conservare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut mentes nostras ad caelestia desideria erigas, Te rogamus, audi nos,
Ut omnibus benefactoribus nostris sempiterna bona retribuas, Te rogamus, audi nos,
Ut animas nostras, fratrum, propinquorum et benefactorum nostrorum ab aeterna damnatione eripias, Te rogamus, audi nos,
Ut fructus terrae dare et conservare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut omnibus fidelibus defunctis requiem aeternam donare digneris, Te rogamus, audi nos,
Ut nos exaudire digneris, Te rogamus, audi nos,
Fili Dei, Te rogamus, audi nos,

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis, Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos, Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Christe, audi nos.
Christe, exaudi nos.
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Christe, eleison. Christe, eleison.
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

Pater noster, (réciter la suite dans le silence)... jusqu'à :
Et ne nos inducas in tentationem.
(et dire à voix haute) : Sed libera nos a malo.
 

Aujourd’hui commence une série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au premier abord une sorte d’anomalie dans le Temps pascal ; et néanmoins, quand on y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n’est pas sans une relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. Il est vrai que le Sauveur disait avant sa Passion que « durant le séjour de l’Époux au milieu de nous, il ne serait pas temps de jeûner » ; mais ces dernières heures qui précèdent son départ pour le ciel n’ont-elles pas quelque chose de mélancolique ? et n’étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour eux l’avant-goût des joies célestes ?

Il nous faut maintenant raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s’est complété, dans cette saison, par l’introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte Église, toute radieuse qu’elle était des splendeurs de la Résurrection, semble vouloir tout à coup rétrograder jusqu’au deuil quadragésimal. L’Esprit-Saint, qui la dirige en toutes choses, a voulu qu’une simple Église des Gaules, un peu après le milieu du Ve siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui s’étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément de la liturgie pascale.

L’Église de Vienne, l’une des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait alors saint Mamert pour évêque. Des calamités de tout genre étaient venues désoler cette province récemment conquise par les Burgondes. Des tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque, désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s’adresser à Dieu dont la justice avait besoin d’être apaisée, prescrivit trois jours d’expiation durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui précèdent l’Ascension furent choisis pour l’accomplissement de cette pieuse résolution. Sans s’en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les fondements d’une institution que l’Église entière allait adopter.

Les Gaules commencèrent, comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations était déjà consolidée dans cette Église. Saint Césaire d’Arles, au commencement du VIe siècle, en parle comme d’une coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des Visigoths. On voit clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d’adopter ce pieux usage, en lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d’Orléans tenu en 511, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l’autorité de Clovis. Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de l’importance que l’on attachait déjà à cette institution. Non seulement l’abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de service, afin qu’ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis. En 567, le concile de Tours sanctionnait pareillement l’obligation du jeûne dans les Rogations ; et quant à l’obligation de férier durant ces trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne et de Charles le Chauve.

Le principal rite des Églises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l’origine, dans ces marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que l’on a appelées Processions, parce que l’on se rend d’un lieu dans un autre. Saint Césaire d’Arles nous apprend que celles qui avaient lieu dans les Rogations duraient six heures entières ; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de laisser aux ministres de l’Église le temps de respirer. Ce détail emprunté aux mœurs des Églises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à apprécier l’indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à l’abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la journée, et cela dans l’idée que cette longueur devait être en elle-même considérée comme un abus.

Le départ de la Procession des Rogations était précédé de l’imposition des cendres sur la tête de ceux qui allaient y prendre part, et c’était le peuple tout entier. L’aspersion de l’eau bénite avait lieu ensuite ; après quoi le pieux cortège se mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de plusieurs églises d’un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d’une église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs et laïques, marchait nu-pieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des Antiennes, et l’on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où l’on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se rencontraient, et l’on y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.

Tels étaient à l’origine, et tels ont été longtemps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous apprend que le grand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les plus simples fidèles, et marchait nu-pieds à la suite de la croix, depuis son palais jusqu’à l’église de la Station. Au XIIIe siècle, sainte Élisabeth de Hongrie donnait encore le même exemple ; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d’un grossier vêtement de laine. Saint Charles Borromée, qui renouvela dans son Église de Milan tant d’usages précieux de l’antiquité, n’eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses exemples, il ranima dans son peuple l’ancien zèle pour une pratique si sainte. Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il l’accomplissait lui-même au pain et à l’eau. La Procession, à laquelle tout le clergé de la ville était tenu d’assister, et qui commençait par l’imposition des cendres, partait du Dôme au point du jour, et ne rentrait qu’à trois ou quatre heures après midi, ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi, et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une de ces églises, et adressait la parole à son peuple.

Si l’on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l’insouciance qui accompagne aujourd’hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l’affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d’édification !

Les Rogations s’étendirent rapidement des Gaules dans toute l’Église d’Occident. Elles étaient déjà établies en Espagne au VIIe siècle, et elles ne tardèrent pas à s’introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Églises de la Germanie, à mesure qu’elles étaient fondées. Rome elle-même les adopta à la fin du VIIIe siècle, sous le pontificat de saint Léon III. C’était peu de temps après que les Églises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc. Mais il y eut cette différence qu’à Rome on conserva à la Procession du 25 avril le nom de Litanie majeure, et l’on appela Litanies mineures celles des Rogations, tandis qu’en France on désigna ces dernières par l’appellation de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la Litanie de saint Marc. Mais l’Église romaine, sans blâmer la dévotion des Églises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois journées d’observance quadragésimale, n’adopta pas cette rigueur. Il lui répugnait d’attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité accorde encore à ses disciples ; elle s’est donc bornée à prescrire l’abstinence de la viande durant ces trois jours. L’Église de Milan qui garde si sévèrement, ainsi que nous l’avons vu, l’institution des Rogations, l’a placée au lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l’Octave de l’Ascension, c’est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la Résurrection.

Il faut donc, pour être dans cette véritable mesure dont l’Église romaine ne se départ jamais, envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la Procession et à la Messe de la Station n’a pas pour but de nous indiquer encore la fuite de l’Époux ; mais elle nous avertit que son départ est proche ; et l’abstinence qui nous est imposée, bien qu’elle ne soit pas accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.

En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d’une institution que l’Église a sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l’abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Évêques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l’abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C’est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure que l’assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune que jamais, et qu’il est urgent de compenser, en s’unissant à la prière liturgique, l’abolition d’une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse !

Selon la discipline actuelle de l’Église, les Processions des Rogations, dont l’intention est d’implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d’obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l’église de la Station, soit dans l’église même d’où la Procession est partie, si elle ne doit pas s’arrêter dans quelque sanctuaire

On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l’on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l’on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours ; enfin on aura fait acte de catholique.

 

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Saint Venant martyr

19 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

 Saint Venant martyr

Collecte

O Dieu, qui avez consacré ce jour par le triomphe du bienheureux Venant, votre Martyr, exaucez les prières de votre peuple, et faites qu’honorant ses mérites, nous imitions la constance de sa foi.

Quatrième leçon. Venant, de Camérino, avait quinze ans, lorsqu’il fut dénoncé comme chrétien à Antiochus alors gouverneur de la ville pour l’empereur Dèce. Il se présenta lui-même aux portes de la ville à ce magistrat, qui, après l’avoir tenté longuement par des promesses et des menaces, ordonna de le battre de verges et de le charger de chaînes. Un Ange délie miraculeusement ses liens ; il est alors brûlé avec des torches ardentes, puis suspendu, la tête en bas, au-dessus d’un feu allumé sous lui. Sa constance dans les tourments frappe d’admiration le greffier Anastase, et quand il le voit, une seconde fois délié par l’Ange, marcher, vêtu de blanc, au dessus de la fumée, il croit en Jésus-Christ, et se fait baptiser avec sa famille par le bienheureux Prêtre Porphyre, en compagnie duquel il remporte, peu de temps après, la palme du martyre.

Cinquième leçon. Ramené devant le gouverneur, et inutilement sollicité d’abandonner la foi du Christ, Venant est jeté en prison. Le gouverneur envoie un héraut, nommé Attale, qui vient dire à Venant que lui aussi a été chrétien, mais qu’il a renoncé à ce titre, parce qu’il a reconnu la vaine illusion d’une foi en raison de laquelle les Chrétiens se privent des biens présents, dans l’espérance chimérique de biens futurs. Le noble athlète du Christ, qui connaît les ruses de notre perfide ennemi, repousse loin de lui ce ministre du démon. On le ramène donc devant le gouverneur : on lui casse toutes les dents et on lui brise les mâchoires, et, ainsi mutilé on le jette sur un fumier Mais un Ange vient encore le délivrer. On le fait comparaître de nouveau devant le juge, et celui-ci, à la voix de Venant qui parlait toujours tombe de son siège en s’écriant : « Le Dieu de Venant est le vrai Dieu ; renversez les nôtres ».

Sixième leçon. A cette nouvelle, le gouverneur fit aussitôt exposer Venant aux lions ; mais contrairement à leur férocité habituelle, ces animaux se jetèrent à ses pieds. Pendant ce temps, le jeune homme enseignait au peuple la foi du Christ ; aussi fut-il éloigné et remis en prison. Le lendemain. Porphyre ayant raconté au gouverneur une vision qu’il avait eue pendant la nuit, et dans laquelle il avait vu Venant resplendissant de lumière baptiser le peuple, tandis qu’un brouillard épais couvrait le gouverneur, celui-ci, transporté de colère, donna l’ordre de lui trancher immédiatement la tête ; il commanda ensuite de traîner Venant jusqu’au soir par des lieux couverts d’épines et de chardons. On le laissa à demi-mort, mais dès le lendemain matin, il se présentait de nouveau devant le gouverneur, qui le fit aussitôt précipiter du haut d’un rocher. Arraché encore par miracle à cette mort, Venant fut traîné jusqu’à un mille de la ville par les plus rudes sentiers ; là les soldats ayant soif, Venant s’agenouilla sur une pierre qui se trouvait à proximité, dans une dépression du sol ; ayant tracé sur elle le signe de la croix, il en jaillit de l’eau. Il laissa sur cette pierre l’empreinte de ses genoux, ainsi qu’on peut le voir encore dans son église où elle est conservée. Touchés de ce miracle, plusieurs soldats crurent en Jésus-Christ. Le gouverneur leur fit trancher la tête ainsi qu’à Venant, sur les lieux mêmes. Aussitôt il y eut un orage et un tremblement de terre tels que le gouverneur prit la fuite ; mais il ne put se dérober à la justice divine, et il périt peu de jours après l’une mort très honteuse. Pendant ce temps, les Chrétiens ensevelirent à une place d’honneur le Martyr et ses compagnons, et leurs corps ont conservés jusqu’à ce jour, à Camérino, dans l’Église dédiée à Saint Venant.

Le martyr d’aujourd’hui nous reporte aux persécutions des empereurs romains. C’est en Italie, à Camerino, qu’il a rendu son témoignage ; et la dévotion que lui portent les peuples de cette contrée, soumise au sceptre temporel du Pontife romain, a obtenu que sa fête se célébrerait dans toute l’Église. Accueillons donc avec joie ce nouveau champion de notre Emmanuel, et félicitons-le d’avoir soutenu loyalement le combat, en ces jours du Temps pascal, tout retentissants de la victoire que la vie a remportée sur la mort.

Le récit que la Liturgie a consacré aux mérites de saint Venant étincelle de prodiges. Plus d’une fois la puissance de Dieu a semblé faire assaut avec la fureur des bourreaux, afin de glorifier leurs victimes. Ces moyens merveilleux servaient à la conquête des âmes, et souvent les témoins de ces miracles qui sembleraient superflus, s’écriaient tout à coup qu’eux aussi voulaient être chrétiens, et donnaient leurs noms à une religion aussi favorisée du ciel qu’illustrée par la patience surhumaine de ses martyrs.

Priez pour nous, jeune martyr, vous que les saints Anges aimaient, et qu’ils assistèrent dans le combat ! Comme vous, nous sommes les soldats du divin Ressuscité, et comme vous nous sommes appelés à rendre témoignage de sa divinité et de ses droits en présence du monde. Si le monde n’est pas toujours armé d’instruments de torture comme aux jours de vos luttes, il n’est pas moins redoutable par ses séductions. A nous aussi il voudrait ravir cette vie nouvelle que Jésus a communiquée à ses membres ; défendez-nous de ses atteintes, ô Martyr ! La divine chair de l’Agneau vous avait nourri dans les jours de la Pâque, et la force qui a paru en vous était toute à la gloire de ce céleste aliment. Nous nous sommes assis à la même table ; veillez sur tous les convives du festin pascal. Ainsi que vous, nous avons connu le Seigneur dans la fraction du pain : obtenez-nous l’intelligence du divin mystère dont nous reçûmes les prémices en Bethléem, et qui s’est développé sous nos yeux et en nous-mêmes par les mérites de la Passion et de la Résurrection de notre Emmanuel. D’autres merveilles nous attendent ; nous ne sortirons pas de la saison pascale sans avoir été initiés à la plénitude du don divin de l’Incarnation. Obtenez, ô saint Martyr, que nos cœurs soient ouverts de plus en plus, et qu’ils gardent fidèlement tous les trésors que les augustes mystères de l’Ascension et de la Pentecôte doivent encore verser en eux.

 

 

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Vème Dimanche après Pâques

17 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Vème Dimanche après Pâques

Introït

Avec des cris de joie, publiez-le, faites-le savoir, alléluia ; proclamez-le jusqu’aux extrémités de la terre : le Seigneur a délivré son peuple, alléluia, alléluia Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière ; chantez un hymne à son nom ; rendez glorieuse sa louange.

Collecte

Dieu, de qui procèdent tous les biens, accordez à vos serviteurs suppliants : que, par votre inspiration, nos pensées se portent à ce qui est bien ; et que notre volonté, guidée par vous, l’accomplisse

Épitre Jc. 1, 22-27

Mes bien-aimés, mettez cette parole en pratique, et ne vous contentez pas de l’écouter, vous trompant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura considéré attentivement la loi parfaite de la liberté, et qui l’aura fait avec persévérance, arrivant ainsi, non à écouter pour oublier, mais à pratiquer l’œuvre prescrite celui-là trouvera le bonheur dans son activité. Si quelqu’un croit être religieux, et ne met pas un frein à sa langue, mais trompe son propre cœur, la religion de cet homme est vaine. La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur tribulation, et à se conserver pur du siècle présent

Évangile Ln. 16, 23-30

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; car le Père vous aime lui-même, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. Ses disciples lui dirent : Voici que, maintenant, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole. Maintenant nous savons que vous savez toutes choses, et que vous n’avez pas besoin que personne ne vous interroge ; voilà pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu

Offertoire

Nations, bénissez notre Dieu et faites entendre les accents de sa louange ; c’est lui qui a conservé la vie à mon âme, et qui n’a point permis que mes pieds soient ébranlés. Béni soit Dieu qui n’a pas rejeté ma prière ni éloigné de moi sa miséricorde, alléluia

Secrète

Recevez, Seigneur les prières des fidèles avec l’oblation de ces hosties, afin que, par ces pieux témoignages de notre dévotion, nous parvenions à la gloire céleste.

Office

4e leçon

Du livre de saint Ambroise, Évêque ‘De la Foi en la Résurrection

Comme la sagesse de Dieu ne pouvait pas mourir, et comme on ne peut ressusciter que si l’on meurt, le Verbe a pris une chair mortelle, afin de mourir en cette chair sujette au trépas, et d’y ressusciter une fois mort. La résurrection ne pouvait avoir lieu, en effet, qu’au moyen d’un homme, puisqu’il est dit : « Par un homme, la mort ; par un homme aussi, la résurrection des morts ». Jésus-Christ donc est ressuscité en tant qu’homme, parce qu’il est mort en tant qu’homme : il est tout ensemble, et homme ressuscité et Dieu ressuscitant ; il s’est alors montré homme en ce qui regarde la chair, il se montre maintenant Dieu en toutes choses, car nous ne le connaissons plus tel qu’il était selon la chair ; mais sa chair est cause que nous le connaissons comme prémices de ceux qui ont fermé les yeux, comme premier-né d’entre les morts

5e leçon

Les prémices sont de la même espèce et de la même nature que le reste des fruits, dont on offre à Dieu la première récolte, en reconnaissance d’une production abondante : présent sacré pour tous ses dons, offrande pour ainsi dire de la nature renouvelée. Les prémices donc de ceux qui sont dans le repos, c’est le Christ. Mais l’est-il seulement de ceux qui reposent en lui, qui, débarrassés de la mort, sont sous l’empire d’un doux sommeil, ou l’est-il de tous les morts ? « Tous meurent en Adam, tous aussi recevront la vie dans le Christ ». C’est pourquoi de même que les prémices de la mort se trouvaient en Adam, de même, les prémices de la résurrection sont dans le Christ : tous ressusciteront. Que personne donc ne désespère, et que le juste ne s’afflige pas de cette résurrection commune, alors qu’il a à attendre une récompense toute spéciale de sa vertu. « Tous ressusciteront, dit l’Apôtre, mais chacun en son rang. » Le fruit de la clémence divine est commun à tous, mais on distinguera l’ordre des mérites.

6e leçon

Les prémices sont de la même espèce et de la même nature que le reste des fruits, dont on offre à Dieu la première récolte, en reconnaissance d’une production abondante : présent sacré pour tous ses dons, offrande pour ainsi dire de la nature renouvelée. Les prémices donc de ceux qui sont dans le repos, c’est le Christ. Mais l’est-il seulement de ceux qui reposent en lui, qui, débarrassés de la mort, sont sous l’empire d’un doux sommeil, ou l’est-il de tous les morts ? « Tous meurent en Adam, tous aussi recevront la vie dans le Christ ». C’est pourquoi de même que les prémices de la mort se trouvaient en Adam, de même, les prémices de la résurrection sont dans le Christ : tous ressusciteront. Que personne donc ne désespère, et que le juste ne s’afflige pas de cette résurrection commune, alors qu’il a à attendre une récompense toute spéciale de sa vertu. « Tous ressusciteront, dit l’Apôtre, mais chacun en son rang. » Le fruit de la clémence divine est commun à tous, mais on distinguera l’ordre des mérites.

7e leçon

Homélie de saint Augustin, Évêque

Il nous faut maintenant expliquer ces paroles du Seigneur : « En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. » Déjà, en traitant des premières parties de ce discours du Seigneur, nous avons dit, pour l’instruction de ceux qui adressent à Dieu le Père, au nom de Jésus-Christ, des prières qui ne sont pas exaucées, que toute prière contraire aux intérêts du salut, n’est point faite au nom du Sauveur. Car par ces paroles : « En mon nom ; » il faut entendre non pas un bruit de lettres et de syllabes, mais ce que ce son signifie et ce que l’on doit comprendre avec justesse et vérité par ce son

8e leçon

Aussi celui qui pense de Jésus-Christ ce qui ne doit pas être pensé du Fils unique de Dieu ne demande pas en son nom, bien qu’il prononce les lettres et les syllabes qui forment le nom de Jésus-Christ ; car il prie au nom de celui qui est présent à sa pensée au moment de sa prière. Celui, au contraire, qui pense de Jésus-Christ ce qu’il en doit penser, celui-là prie en son nom, et reçoit ce qu’il demande, si toutefois il ne demande rien de contraire à son salut éternel : il reçoit lorsqu’il est bon pour lui qu’il reçoive. Il est des grâces qui ne nous sont point refusées, mais qui sont différées, pour nous être accordées au temps opportun. On doit donc entendre que, par ces paroles : « Il vous donnera, » notre Seigneur a voulu désigner les bienfaits particuliers à ceux qui les demandent. Tous les saints, en effet, sont toujours exaucés pour eux-mêmes, mais ils ne le sont pas toujours pour tous, pour leurs amis, pour leurs ennemis ou pour d’autres ; car notre Seigneur ne dit pas absolument : « Il donnera, » mais : « Il vous donnera. »

9e leçon

« Jusqu’à présent, dit notre Seigneur, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète. » Cette joie qu’il appelle une joie pleine, n’est pas une joie des sens, mais une joie spirituelle, et quand elle sera si grande qu’on ne pourra plus rien y ajouter, alors, sans le moindre doute, elle sera pleine. Nous devons donc demander au nom du Christ ce qui tend à nous procurer cette joie si nous comprenons bien la nature de la grâce divine, si l’objet de nos prières est la vie véritablement heureuse. Demander toute autre chose, c’est ne rien demander : non pas qu’il n’existe absolument autre chose, mais parce qu’en comparaison d’un si grand bien, tout ce que l’on désire en dehors de lui n’est rien.

ÉPÎTRE.

Le saint Apôtre dont nous venons d’entendre les conseils avait reçu les leçons du Sauveur ressuscité ; nous ne devons donc pas être étonnés du ton d’autorité avec lequel il nous parle. Jésus, ainsi que nous l’avons raconté, avait même daigné lui accorder une de ses manifestations particulières : ce qui nous montre l’affection dont il honorait cet Apôtre, auquel les liens du sang le rattachaient par sa mère nommée aussi Marie. Nous avons vu cette sainte femme se rendre au sépulcre, avec Salomé sa sœur, dans la compagnie de Madeleine. Jacques le Mineur est véritablement l’Apôtre du Temps pascal, où tout nous parle de la vie nouvelle que nous devons mener avec le Christ ressuscité. Il est l’Apôtre des œuvres, et c’est lui qui nous a transmis cette maxime fondamentale du christianisme, que si la foi est nécessaire avant tout au chrétien, cette vertu, sans les œuvres, est une foi morte qui ne pourrait le sauver. Il insiste aujourd’hui sur l’obligation où nous sommes de cultiver en nous-mêmes l’attention aux vérités que nous avons une fois comprises, et de nous tenir en garde contre cet oubli coupable qui cause tant de ravages dans les âmes inconsidérées. Parmi ceux en qui s’est accompli le mystère de la Pâque, il en est qui n’y persévéreront pas ; et ce malheur leur arrivera, parce qu’ils se livreront au monde, au lieu d’user du monde comme n’en usant pas. Rappelons-nous toujours que nous devons marcher dans une vie nouvelle, à l’imitation de celle de notre divin Ressuscité qui ne peut plus mourir.

ÉVANGILE.

Lorsque le Sauveur, à la dernière Cène, annonçait ainsi à ses Apôtres son prochain départ, ils étaient loin encore de comprendre tout ce qu’il était. Déjà cependant ils croyaient « qu’il était sorti de Dieu ». Mais cette croyance était faible, puisqu’elle devait s éteindre sitôt. Dans les jours où nous sommes, entourant leur Maître ressuscité, illuminés par sa parole, ils savent mieux ce qu’il est. Le moment est arrivé « où il ne leur parle plus en paraboles » ; nous avons vu quels enseignements il leur donne, comme il les prépare à devenir les docteurs du monde. C’est maintenant qu’ils peuvent lui dire : « O Maître, vous êtes véritablement sorti de Dieu. » Mais par là même ils comprennent davantage la perte dont ils sont menacés ; ils ont l’idée du vide immense que son absence leur fera sentir.

Jésus commence à recueillir le fruit que sa divine bonté a semé en eux, et qu’il a attendu avec une si ineffable patience. Si, lorsqu’ils étaient autour de lui à la table de la Cène, il les félicitait déjà sur leur foi ; maintenant qu’ils l’ont vu ressuscité, qu’ils l’ont entendu, ils méritent bien autrement ses éloges ; car ils sont devenus plus fermes et plus fidèles. « Le Père vous aime, leur disait-il lors de cette dernière cène, parce que vous m’avez aimé ; » combien plus le Père doit-il les aimer, maintenant que leur amour s’est accru ! Que cette parole nous donne espérance. Avant la Pâque, nous aimions faiblement le Sauveur, nous étions chancelants à son service ; maintenant que nous avons été instruits par lui, nourris de ses mystères, nous pouvons espérer que le Père nous aimera ; car nous aimons davantage, nous aimons mieux son Fils. Ce divin Rédempteur nous invite à demander au Père en son nom tous nos besoins. Le premier de tous est la persévérance dans l’esprit de la Pâque ; insistons pour l’obtenir, et offrons à cette intention la divine Victime qui dans peu d’instants sera présentée sur l’autel.

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LES VICTOIRES DE LA FOI DES JUSTES DE L’ANCIEN TESTAMENT

16 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

LES VICTOIRES DE LA FOI DES JUSTES DE L’ANCIEN TESTAMENT

Ainsi donc, frères, puisque nous avons, par le sang de Jésus un libre accès dans le sanctuaire, par la voie nouvelle et vivante, qu'Il a inaugurée, pour nous à travers le voile, c'est-à-dire à travers sa chair, et puisque nous avons un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, le cœur purifié des souillures d'une mauvaise conscience, et le corps lavé dans une eau pure.

Restons inébranlablement attachés à la profession de notre espérance; car celui qui a fait la promesse est fidèle.

Ayons l'œil ouvert les uns sur les autres pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres.

Ne désertons pas notre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire; mais exhortons nous les uns les autres, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour.

Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés; 27 il n'y a plus qu'à attendre un jugement terrible et le feu jaloux qui dévorera les rebelles.

Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou, trois témoins; de quel châtiment plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce?

Car nous le connaissons, celui qui a dit: " A moi la vengeance! C’est moi qui paierai de retour!" Et encore: Le "Seigneur jugera son peuple. " II est effroyable de tomber entre les mains du Dieu vivant!

Rappelez vous ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat de souffrances, tantôt exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, tantôt prenant part aux maux de ceux qui étaient ainsi traités.

En effet, vous avez compati aux prisonniers, et vous avez accepté avec joie le pillage de vos biens, sachant que vous avez. une richesse meilleure et qui durera toujours.

N'abandonnez donc pas votre assurance; une grande récompense y est attachée.

Car la persévérance vous est nécessaire afin que, après avoir fait la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.

Encore un peu, bien peu de temps et " celui qui doit venir viendra; il ne tardera pas.

Et mon juste vivra par la foi; mais, s'il se retire, mon âme ne mettra pas sa complaisance en lui. "

Pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour leur perte, mais de ceux qui gardent la foi pour sauver leur âme.

Or la foi est la substance des choses qu'on espère, une conviction de celles qu'on ne voit point.

C'est pour l'avoir possédée que les anciens ont obtenu un bon témoignage.

C'est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que les choses que l'on voit n'ont pas été faites de choses visibles.

C'est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn; c'est par elle qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes, et c'est par elle que, mort, il parle toujours.

C'est par la foi qu'Enoch fut enlevé sans qu'il eût subi la mort: "on ne le trouva plus, parce que Dieu l'avait enlevé"; car avant cet enlèvement, il avait reçu ce témoignage ' qu'il avait plu à Dieu. or, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie qu'il existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent.

C'est par la foi que Noé, divinement averti des événements qu'on ne voyait pas encore, construisit, avec une pieuse crainte, une arche pour sauver sa famille; c'est par elle qu'il condamna le monde, et devint héritier de la justice qui s'obtient par la foi.

C'est par la foi qu'Abraham, obéissant à l'appel de Dieu, partit pour un pays qu'il devait recevoir en héritage, et se mit en chemin sans savoir où il allait.

C'est par la foi qu'il séjourna dans la terre promise, comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers comme lui de la même promesse.

Car il attendait la cité aux solides fondements, dont Dieu est l'architecte et le constructeur. 

C'est par la foi que Sara, elle aussi, qui n'était plus dans l'âge de concevoir, en reçut la vertu, parce qu'elle crut à la fidélité de Celui qui en avait fait la promesse.

C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà comme mort, sortit une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et que les grains de sable innombrables qui sont sur le bord de la mer.

C'est dans la foi que ces patriarches sont tous morts, sans avoir reçu l'effet des promesses;

C'est par la foi que Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph et qu'il se prosterna appuyé sur le sommet de son sceptre ".

C'est par la foi que Joseph; prés de sa fin, fit mention de la sortie des fils d'Israël, et qu'il donna des ordres au sujet de ses restes.

C'est par la foi que Moise à sa naissance, fut caché pendant trois mois par ses parents, parce qu'ils virent que l'enfant était beau, et qu'ils ne craignirent pas l'édit du roi.

C'est par Ia foi que Moise, devenu grand, renonça au titre de fils de la fille de Pharaon, aimant mieux d'être maltraité avec le peuple de Dieu, que de jouir des délices passagères du péché: il considéra l'opprobre du Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte; car il avait les yeux fixés sur la récompense.

C'est par la foi qu'il quitta l'Égypte, sans redouter la colère du roi; car il tint ferme, comme s'il voyait celui qui est invisible.

C'est par la foi qu'il célébra la Pâque et fit l'aspersion du sang, afin que l'exterminateur des premiers-nés ne touchât pas à ceux des Israélites.

C'est par la foi qu'ils passèrent la mer Rouge comme une terre ferme, tandis que les Égyptiens qui tentèrent le passage furent engloutis.

C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu'on en eût fait le tour pendant sept jours.

C'est par la foi que Rahab la courtisane ne périt pas avec les rebelles, pour avoir donné aux espions une sûre hospitalité.

Et que dirai-je encore? Le temps me manquerait si je voulais parler aussi de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes par la foi, ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu l'effet des promesses, fermé la gueule des lions, éteint la violence du feu, échappé au tranchant de l'épée, triomphé de la maladie, déployé leur vaillance à la guerre, mis en fuite des armées ennemis; par eux des femmes ont recouvré leurs morts ressuscités.

Les uns ont péri dans les tortures, refusant la délivrance afin d'obtenir une meilleure résurrection; d'autres ont souffert les moqueries et les verges; de plus, les chaînes et les cachots; ils ont été lapidés, sciés, éprouvés; ils sont morts par le tranchant de l'épée; ils ont erré çà et là, couverts de peaux de brebis et de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, - eux dont le monde n'était pas digne; - Ils ont été errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et dans les antres de la terre.

Cependant eux tous que leur foi a rendus recommandables, n'ont pas obtenu l'objet de la promesse parce que Dieu nous a fait une condition meilleure pour qu'ils n'obtinssent pas sans nous la perfection du bonheur. Donc, nous aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout ce qui nous appesantit et le péché qui nous enveloppe, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, lui qui, au lieu de la joie qu'il avait devant lui, méprisant l'ignominie, a souffert en croix, et " s'est assis â la droite du trône de Dieu ".

Considérez celui qui a supporté contre sa personne une si grande contradiction de la part des pécheurs, afin de ne pas vous laisser abattre par le découragement.

Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.

Et vous avez oublié l'exhortation de Dieu qui vous dit comme à des fils: " Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds point courage lorsqu'il te reprend; 6 car le Seigneur châtie celui qu'il aime, et il frappe de la verge tout fils qu'il reconnait pour sien. "

C'est pour votre instruction que vous êtes éprouvés: Dieu vous traite comme des fils; car quel est le fils que son père ne châtie pas?

Si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non de vrais fils.

D'ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés et que nous les avons respectés, combien plus nous devons nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie?

Quant à ceux-là, c'était pour peu de temps qu'ils nous châtiaient au gré de leur volonté; mais Dieu le fait autant qu'il est utile pour nous rendre capables de participer à sa sainteté Toute correction, il est vrai paraît sur l'heure un sujet de tristesse, et non de joie; mais elle produit plus tard, pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit de paix et de justice.  "

Relevez donc vos mains languissantes et vos genoux défaillants; dirigez vos pas dans la voie droite ", afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. (Hé 10, 19-39 ; 11 ; 12, 1-13)

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Saint Ubald évêque et confesseur

16 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Ubald évêque et confesseur

Collecte

Laissez-vous fléchir, Seigneur : que l’intercession du bienheureux Ubald votre Confesseur et Pontife nous obtienne votre secours ; étendez sur nous votre main miséricordieuse pour nous défendre contre toutes les perfidies du démon

Office

Quatrième leçon. Ubald, né d’une famille noble, à Gubbio, en Ombrie fut, dès ses plus tendres années, élevé avec grand soin dans la piété et les lettres. Au cours de sa jeunesse, on le pressa plusieurs fois d’embrasser l’état du mariage, mais jamais il n’abandonna sa résolution de garder la virginité. Ordonné Prêtre, il distribua son patrimoine aux pauvres et aux Églises, et étant entré chez les Chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin, il établit cet institut dans sa patrie, et y vécut quelque temps de la manière la plus sainte. La réputation de sa sainteté s’étant répandue, i ! fut préposé malgré lui par le Souverain Pontife Honorius II au gouvernement de l’Église de Gubbio, et reçut la consécration épiscopale.

Cinquième leçon. Ayant donc pris possession de son Église, il ne changea rien à sa manière de vivre accoutumée, mais il commença à se distinguer d’autant plus en tout genre de vertus, qu’il procurait très efficacement le salut des autres par la parole et l’exemple, s’étant fait de cœur le modèle de son troupeau. Sobre dans sa nourriture, sans recherche dans ses vêtements, n’ayant pour couche qu’un lit dur et très pauvre, il portait constamment en son corps la mortification de la croix, tandis qu’il nourrissait chaque jour son esprit par une application incessante à la prière. C’est ainsi qu’il parvint à cette admirable mansuétude, qui lui fit non seulement supporter avec égalité d’âme les plus graves injures et les mépris, mais encore prodiguer avec l’admirable tendresse de la charité une entière bienveillance à ses persécuteurs.

Sixième leçon. Deux ans avant de sortir de cette vie, Ubald, affligé de longues maladies, fut purifié comme l’or dans la fournaise, par les plus cruelles souffrances ; cependant il ne cessait de rendre grâces à Dieu. Le saint jour de la Pentecôte étant arrivé, il s’endormit dans la paix, après avoir gouverné de nombreuses années avec le plus grand mérite l’Église confiée à ses soins, et être devenu illustre par ses saintes œuvres et par ses miracles. Le Pape Célestin III a mis Ubald au nombre des Saints. Son pouvoir éclate particulièrement pour mettre en fuite les esprits immondes. Son corps, demeuré sans corruption après tant de siècles, est l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles dans sa patrie que plus d’une fois il a délivrée de périls imminents.

 

Pour honorer son Pontife éternel, la sainte Église lui présente aujourd’hui les mérites d’un Pontife mortel ici-bas, mais entre, après cette vie, dans les conditions de l’immortalité bienheureuse. Ubald a représenté le Christ sur la terre ; comme son divin chef il a reçu l’onction sainte, il a été médiateur entre le ciel et la terre, il a été le Pasteur du troupeau, et maintenant il est uni à notre glorieux Ressuscité, Christ, Médiateur et Pasteur. En signe de la faveur dont il jouit auprès de lui dans le ciel, le Fils de Dieu a confié à Ubald le pouvoir spécial d’agir efficacement contre les ennemis infernaux, qui tendent quelquefois aux hommes de si cruelles embûches. Souvent l’invocation du saint évêque et de ses mérites a suffi pour dissoudre les machinations des esprits de malice ; et c’est afin d’encourager les fidèles à recourir à sa protection que l’Église l’a admis au rang des saints qu’elle recommande plus particulièrement à leur dévotion.

Soyez notre protecteur contre l’enfer, ô bienheureux Pontife ! L’envie des démons n’a pu souffrir que l’homme, cette humble et faible créature, fût devenu l’objet des complaisances du Très-Haut. L’incarnation du Fils de Dieu, sa mort sur la croix, sa résurrection glorieuse, les divins Sacrements qui nous confèrent la vie céleste, tous ces sublimes moyens à l’aide desquels la bonté de Dieu nous a rétablis dans nos premiers droits, ont excité au plus haut degré la rage de cet antique ennemi, et il cherche à se venger en insultant en nous l’image de notre créateur. Il fond quelquefois sur l’homme avec toutes ses fureurs ; par une affreuse parodie de la grâce sanctifiante qui fait de nous comme les instruments de Dieu, il envahit, il possède des hommes, nos frères, et les réduit au plus humiliant esclavage. Votre pouvoir, ô Ubald, s’est signalé souvent dans la délivrance de ces victimes infortunées de l’envie infernale ; et la sainte Église célèbre en ce jour la prérogative spéciale que le Seigneur vous a confiée. Dans votre charité toute céleste, continuez à protéger les hommes contre la rage des démons ; mais vous savez, ô saint Pontife, que les embûches de ces esprits de malice sont plus fatales encore aux âmes qu’elles ne le sont aux corps. Prenez donc pitié aussi des malheureux esclaves du péché, sur lesquels le divin soleil de Pâques s’est levé sans dissiper leurs ténèbres. Obtenez qu’ils redeviennent enfants de la lumière, et que bientôt ils aient part à cette résurrection pascale dont Jésus est venu nous apporter le gage.

 

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Saint Jean-Baptiste de la Salle confesseur

15 Mai 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Jean-Baptiste de la Salle confesseur

Collecte

O Dieu, qui pour l’instruction chrétienne des pauvres et pour la confirmation de la jeunesse dans la voie de la vérité, avez suscité votre confesseur Jean-Baptiste, et avez par lui rassemblé dans l’Église une nouvelle famille ; accordez-nous dans votre bonté, qu’à son exemple et par son intercession, brûlants de zèle pour procurer votre gloire au moyen du salut des âmes, nous puissions dans les cieux partager sa récompense.

Office

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Jean-Baptiste de la Salle, né à Reims d’une famille illustre, fit pressentir dès son enfance, par sa manière d’être et ses actes, qu’il serait appelé à prendre le Seigneur pour son partage et paré un jour de l’auréole de sainteté. Tandis qu’adolescent il s’instruisait des lettres et de la philosophie à l’académie de Reims, il se rendit cher à tous par les vertus de son âme, la douceur de son naturel et la vivacité de son esprit ; mais lui, néanmoins, fuyait la société de ses semblables pour s’occuper plus facilement de Dieu dans la solitude. Enrôlé déjà dans la milice cléricale, il fut inscrit parmi les chanoines de Reims, en la seizième année de son âge ; puis il se rendit à Paris pour étudier la théologie à la Sorbonne et fut reçu au séminaire des Sulpiciens. Mais la mort de ses parents l’obligea bientôt à regagner la maison paternelle où il prit soin de l’éducation de ses frères, sans interrompre l’étude des sciences sacrées qu’il poursuivit avec le plus grand succès, comme la suite le prouva.

Cinquième leçon. Jean-Baptiste fut enfin revêtu du sacerdoce, et continua toute sa vie de célébrer les sacrés mystères, qu’il offrit pour la première fois sur l’autel avec la foi la plus vive et toute l’ardeur de son âme. Enflammé de zèle pour le salut des âmes, il se dépensa tout entier pour leur plus grand bien. Ayant été chargé de la direction des Sœurs de l’Enfant-Jésus, instituées pour l’éducation des enfants, non seulement il les gouverna avec la plus grande prudence mais encore il les préserva de la ruine. De plus, il consacra dès lors ses soins à instruire de la religion et à former aux bonnes mœurs les enfants du peuple. Dieu l’avait suscité à cette fin de procurer des écoles aux enfants, et surtout aux enfants pauvres, d’une manière efficace et permanente, par rétablissement en son Église d’une nouvelle famille de religieux. Cette mission, qui lui était confiée par la divine Providence, il l’accomplit heureusement, malgré de nombreuses contradictions et de grandes épreuves, en fondant la congrégation des Frères qu’il nomma « Des Écoles Chrétiennes ».

Sixième leçon. Il prit d’abord chez lui les hommes qu’il s’était adjoints pour une œuvre si importante et si ardue, et, quand il les eut établis dans une résidence mieux appropriée à leur état, il leur inculqua son excellente discipline, au moyen de lois sagement instituées, que Benoît XIII a depuis confirmées. Par humilité et amour de la pauvreté, il renonça à son canonicat et distribua tous ses biens aux pauvres ; bien plus, Il abandonna même plus tard, volontairement, après avoir souvent en vain tenté de le faire, le gouvernement de l’institut qu’il avait fondé. Sans renoncer pourtant en rien à sa sollicitude pour les Frères, et pour les écoles ouvertes déjà par ses soins en bien des lieux, il commença à s’appliquer de toutes ses forces à la pensée de Dieu. Sévissant assidûment contre lui-même par des jeûnes, des flagellations et d’autres austérités, il passait les nuits en prière. Tel fut son genre de vie jusqu’à ce que, remarquable en toutes les vertus, spécialement par son obéissance, son zèle pour l’accomplissement de la volonté divine, son amour et son dévouement envers le siège apostolique, chargé de mérites, il s’endormit dans le Seigneur, âgé de soixante-huit ans et muni des Sacrements selon l’usage. Le Souverain Pontife Léon XIII inséra son nom au catalogue des Bienheureux, puis, quand l’éclat de nouveaux miracles l’eut illustré, il lui décerna les honneurs de la canonisation l’année jubilaire dix-neuf cent.

Au troisième nocturne.

Homélie de S. Jean Chrysostome.

Septième leçon. « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits enfants, parce que leurs Anges voient toujours la face de mon Père », parce que je suis venu pour eux, et que telle est la volonté de mon Père. Par là, Jésus-Christ nous rend plus attentifs à protéger et à préserver les petits enfants. Vous voyez quels grands remparts il a élevés pour abriter les faibles ; que de zèle et de sollicitude il a pour empêcher leur perte ! Il menace des châtiments les plus graves ceux qui les trompent ; il promet à ceux qui en prennent soin la suprême récompense ; et cela, il le corrobore, tant par son exemple que par celui de son Père.

Huitième leçon. A nous donc aussi d’imiter le Seigneur et de ne rien négliger pour nos frères, pas même les choses qui nous sembleraient trop basses et trop viles ; mais s’il est besoin même de notre service, quelque faible et humble que soit celui qu’il faut servir, quelque difficile et pénible que la chose paraisse, que tout cela, je vous en prie, nous semble tolérable et aisé pour le salut d’un frère : car Dieu nous a montré que cette âme est digne d’un si grand zèle et d’une si grande sollicitude, que pour elle « il n’a pas même épargné son Fils ».

Neuvième leçon. Puisque, pour assurer notre salut, il ne suffit pas de mener une vie vertueuse, et qu’il faut encore effectivement désirer le salut d’autrui, que répondrons-nous, quel espoir de salut nous restera, si nous négligeons de mener une vie sainte, et d’exciter les autres à faire de même ? Quelle plus grande chose que de discipliner les esprits, que de former les mœurs des tendres adolescents ? Pour moi, celui que s’entend à former l’âme de la jeunesse est assurément bien au-dessus des peintres, bien au-dessus des statuaires, et de tous les artistes de ce genre.

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