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DU RAPPORT ENTRE L’ÉGLISE ET LA SYNAGOGUE SELON SAINT AUGUSTIN DANS LE COMMENTAIRE DE L’ÉPITRE AUX GALATES

31 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

DU RAPPORT ENTRE L’ÉGLISE ET LA SYNAGOGUE SELON SAINT AUGUSTIN DANS LE COMMENTAIRE DE L’ÉPITRE AUX GALATES

 

4. Entreprise impie des Judaïsants. —  « Je m'étonne que vous quittiez si vite celui qui vous a appelés à la gloire du Christ, pour passer à un autre Evangile; et il n'en est pas d'autre. » Car s'il en est un autre en dehors de celui qu'a donné le Seigneur, soit par lui-même, soit par quelque envoyé, il ne mérite plus le nom d'Évangile. Après avoir dit : « Que vous quittiez celui qui vous a appelés, » il ajoute à dessein : « A la gloire du Christ; » car c'est elle qu'on voulait éteindre, puisqu'il serait venu en quelque sorte inutilement sur la terre, si la circoncision charnelle et les autres observances légales étaient capables de sauver l'humanité. « Seulement il est des hommes qui sèment le trouble parmi vous et veulent renverser l'Évangile du Christ. » S'ils parviennent à troubler les Galates, ils ne parviennent pas également à renverser l'Évangile, car il est inébranlable ; mais ils en ont le dessein en détachant les croyants des choses spirituelles pour les attacher à ce qui est charnel. S'y attachassent-ils, l'Évangile reste debout. Aussi bien, après ces mots : « Qui sèment le trouble parmi vous, » il ne dit pas, et renversent, mais : « Et veulent renverser l'Évangile du Christ. — Mais si nous-mêmes ou un ange du ciel vous annonçait un Evangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème. » C'est pour elle-même qu'il faut aimer la vérité, ce n'est ni pour l'homme ni pour l'ange qui la publient. L'aimer pour ceux qui l'annoncent, c'est s'exposer à aimer le mensonge s’ils en disent d'eux-mêmes. « Nous l'avons dit, et je le répète : Si quelqu'un vous prêche un Evangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème. » Il leur avait dit cela de vive voix, ou bien il répétait ce qu'il venait de leur écrire; c'est pourquoi il s'exprimait ainsi: « Nous l'avons dit. » Cette répétition néanmoins fait une impression fort salutaire et prépare l'âme à conserver avec fermeté la foi recommandée avec tant d'instance.

[…]

7. Opposition entre les observances de la Synagogue et l'Église de Dieu. —  « En effet vous avez ouï dire de quelle manière je vivais autrefois dans le Judaïsme, persécutant à outrance et ravageant l'Église de Dieu, progressant dans le judaïsme au dessus de plusieurs de mon époque et de ma nation, et zélateur fanatique des traditions de mes pères. » Si en persécutant et en ravageant l'Église de Dieu il faisait des progrès dans le judaïsme, c'est qu'évidemment il y a opposition entre le Judaïsme et l'Église; opposition provenant, non de cette loi spirituelle qui fut donnée aux Juifs, mais des pratiques charnelles dont ils s'étaient rendus esclaves. Et si le zèle ou l'ardeur de Paul à suivre les traditions de ses pères le portait à persécuter la sainte Église, c'est qu'à cette Église sont contraires ces traditions. La faute n'en est pas à la Loi, qui est spirituelle, et qui ne demande pas à être entendue charnellement; elle doit retomber sur les hommes qui donnent un sens charnel à ce qu'ils ont appris et qui y ajoutent beaucoup d'eux-mêmes, anéantissant ainsi, comme le leur reproche le Sauveur, les commandements de Dieu en faveur de leurs traditions.

[…]

28. Diversité des conditions et unité de foi dans l'Église. —  Cette foi n'établit aucune différence entre Juif et Gentil, esclave et homme libre, homme et femme; car en tant que fidèles tous sont un en Jésus-Christ. Or, si telle est l'union établie par la foi qui nous rend justes durant cette vie; combien ne sera pas plus parfaite et plus intime cette même union lorsque nous serons en présence de la réalité et que nous verrons face à face ? Maintenant en effet, quoique nous ayons les prémices de l'Esprit, qui nous fait vivre de la justice de la foi; comme notre corps est mort à cause du péché, si la différence de nationalité, de condition ou de sexe disparaît dans l'unité de la foi, elle subsiste dans les rapports de la vie mortelle; et les Apôtres commandent d'en respecter l'ordre pendant notre pèlerinage. Ils tracent même des règles salutaires de conduite qui déterminent les rapports de nationalité, entre Juifs et Gentils; les rapports de condition, entre maîtres et serviteurs; les rapports de sexe, entre époux et épouses, et autres rapports de nature semblable. Le Seigneur même n'a-t-il pas dit avant eux : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu  ? » Autres en effet sont les devoirs qui nous sont communs à tous dans l'unité de la foi, et autres les devoirs qui maintiennent l'ordre dans cette vie, où nous sommes voyageurs, et que nous observons pour détourner les blasphèmes du nom et de la doctrine de Dieu. Ce n'est pas seulement par crainte de la colère que nous les observons et pour ne pas blesser les hommes ; c'est aussi par motif de conscience, en sorte que notre conduite n'est ni simulée ni destinée à plaire au regard des hommes; mais nous agissons, avec un amour pur et sincère, en vue de Dieu qui veut sauver tous les hommes et les amener à la connaissance de la vérité.

Tous donc, dit l'Apôtre, vous êtes un en Jésus-Christ. » Il ajoute: « Or, si c'est ainsi, » c'est-à-dire : « Si vous êtes un en Jésus-Christ; » et il conclut : « Donc vous êtes la postérité d'Abraham. » Voici sans interruption le sens de la phrase entière : Vous êtes un en Jésus-Christ: or, si vous êtes tous un en Jésus-Christ, il s'ensuit que vous êtes tous la postérité d'Abraham. Il a remarqué précédemment qu'en parlant de la postérité du patriarche l'Écriture n'emploie pas le pluriel, mais le singulier, pour mieux désigner, le Christ. Ici encore pour désigner le Christ il emploie le singulier; main dans le Christ il. ne comprend pas seulement la personne même du Médiateur, il.voit encore l'Église dont le Christ est le chef parce qu'elle est son corps. C'est ainsi que tous sont un dans le Christ et méritent par leur foi l'héritage promis au Christ. Aussi bien, répétons-le, c'est à cette foi qu'ils étaient réservés, puisque, jusqu'à ce qu'elle fût prêchée, le peuple Juif était comme sous la garde du pédagogue, et attendait l'âge convenable où devaient être affranchis de la tutelle de ce pédagogue tous les membres de ce peuple qui étaient appelés selon les desseins de Dieu, c'est-à-dire qui étaient comme le froment au milieu de cette aire immense.

[…]

30. Les Juifs, les catholiques et les hérétiques figurés dans la famille d'Abraham. —  « Dites-moi, vous qui voulez être sous la Loi, n'avez-vous par connaissance de la Loi ? » Ce qu'ajoute ensuite l'Apôtre sur les deux fils d'Abraham se comprend aisément; car il interprète lui-même cette allégorie. Abraham avait donc ces deux fils pour figurer les deux Testaments ; mais à la même allégorie n'ont plus rapport ceux qu'il eut d'une autre épouse après la mort de Sara. Voilà pourquoi plusieurs de ceux qui ne connaissent pas le livre de la Genèse n'imaginent, en lisant l'Apôtre, que le patriarche n'eut que deux enfants. Mais si saint Paul ne fait mention que des deux premiers, c'est qu'Abraham n'avait encore que ceux-là quand il était question pour eux de symboliser ce que dit l'Apôtre ; le voici. L'enfant né de la servante nommée Agar représente l'ancien Testament, ou plutôt le peuple de l'ancien Testament, qui se courbait sous le joug servile des observances charnelles et à qui étaient adressées des promesses terrestres qui éloignent de l'héritage spirituel et du patrimoine céleste ceux qui s'y attachent et qui n'attendent pas de Dieu autre chose. Pour être l'emblème du peuple qui hérite du nouveau Testament, il ne suffit pas qu'Isaac soit né d'une mère libre, il faut surtout qu'il soit né d'après la promesse. Peu importait que l'ancien peuple naquit, selon la chair, d'une servante ou d'une femme libre telle que fut Cethura, qu'épousa dans la suite Abraham et qui lui donna des enfants ;qui n'étaient pas des enfants de la promesse. Ce qui distingue Isaac, c'est qu'il naquit miraculeusement, selon la promesse que Dieu en avait faite, et lorsque son père et sa mère étaient fort avancés en âge.

Voudrait-on, encouragé par l'exemple de l'Apôtre qui prend si manifestement pour des personnages figuratifs les deux premiers fils d'Abraham, examiner ce que les fils de Cethura pouvaient symboliser aussi dans l'avenir, car ce n'est pas en vain assurément, qu'on a écrit ces faits accomplis sous la direction de l'Esprit-Saint ? On découvrira sans doute que ces fils de Cethura représentent d'avance les schismes et les hérésies. A la vérité leur mère était libre, comme l'Église d'où sont sortis les schismatiques et les hérétiques; mais ils sont nés d'une manière charnelle, et non d'une manière spirituelle ni en vertu d'aucune promesse. Dès lors ils ne sont point héritiers, héritiers de la Jérusalem céleste, que l'Écriture appelle stérile, pour avoir été longtemps sans engendrer des enfants sur la terre; que la même Écriture appelle aussi délaissée, parce que avides de biens terrestres les hommes oubliaient la céleste justice, au lieu que la Jérusalem céleste, qui avait reçu la Loi, possédait en quelque sorte un époux.

Aussi Sara figure-t-elle la Jérusalem du ciel, parce qu'ayant reconnue sa stérilité, Abraham fut longtemps éloigné de son lit. Des hommes du mérite d'Abraham ne s'approchaient point de leurs femmes pour satisfaire une ignoble passion, mais uniquement pour perpétuer leur famille. Et quand à la stérilité de Sara fut venue se joindre la vieillesse, il n'y avait plus absolument d'espoir à nourrir ; mais aussi quel mérite d'ajouter foi alors à la promesse divine !Assuré donc de cette promesse, Abraham s'approcha, pour accomplir le devoir de la génération, de cette épouse chargée d'années, avec qui il avait cessé tout rapport charnel quand elle était dans la vigueur de l'âge. Et c'est uniquement la cessation de ces rapports qu'il faut voir dans ce texte du prophète cité par l'Apôtre interprétant l'allégorie de Sara et d'Agar : «Les fils de la délaissée seront plus nombreux que les fils de celle qui a un mari» car Sara est morte avant Abraham et jamais entre eux il n'y eut divorce. Comment dire que l'une était délaissée et que l'autre avait un mari, sinon pour rappeler que pour avoir des descendants Abraham remplissait auprès d'Agar, qui était sa servante et qui était féconde, le devoir que l'empêchait de remplir auprès de son épouse la stérilité de Sara ? C'était toutefois avec l'autorisation et d'après même l'offre spontanée de Sara que le patriarche demandait des enfants à sa servante. Voici en effet une antique règle de justice que rappelle l'Apôtre en écrivant aux Corinthiens : «La femme n'a pas puissance sur son corps, c'est le mari; le mari de même n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme.» Cette obligation, comme les autres, dépend de celui à qui elle est due; et respecter ici le droit d'autrui, c'est garder la chasteté conjugale. Quant à la vieillesse des parents d'Isaac, elle rappelle que si jeune que puisse être le peuple du nouveau Testament, sa prédestination dans la pensée de Dieu, et la Jérusalem du ciel sont fort anciennes. Voilà pourquoi saint Jean écrivait aux Parthes : « Je vous écris, pères, parce que vous avez connu ce qui était dès le commencement. »

Pour les membres charnels de l'Église qui forment les schismes et les hérésies, il est vrai qu'ils ont pris dans l'Évangile un prétexte pour les faire naître ; mais l'erreur charnelle où ils ont pris naissance. et qu'ils emportent avec eux est étrangère à l'antique vérité ; aussi sont ils nés, en quelque sorte, d'une mère toute jeune et d'un vieux père, en dehors de toute promesse. N'est-ce pas pour représenter l'antiquité de la vérité que le Seigneur se montre dans l'Évangile avec des cheveux blancs ? Ainsi c'est à l'occasion de quelque antique vérité que ces sectaires se sont formés et sont nés en quelque sorte dans la nouveauté de leurs erreurs éphémères.

En résumé, l'Apôtre enseigne que, comme Isaac, nous sommes les enfants de la promesse, et que la persécution d'Ismaël contre Isaac ressemble aux persécutions soulevées contre les chrétiens véritables par les Juifs charnels. Ces persécutions toutefois n'aboutissent pas, attendu que d'après l'Écriture la servante doit être chassée avec son fils, sans pouvoir hériter avec l'enfant de la femme libre. « Pour nous, poursuit saint Paul, nous ne sommes pas, mes frères, les enfants de la servante, mais les enfants de la femme libre.» Or, c'est cette liberté que maintenant surtout il faut opposer à la servitude des oeuvres de la Loi, dont le joug pesait sur les faux docteurs qui poussaient les Galates à se faire circoncire. .

[…]

41. S'éloigner du joug des observances judaïques. — En ajoutant : «Restez donc debout » l'Apôtre indique que les Galates ne sont pas tombés encore; autrement il aurait dû dire relevez-vous. « Et ne vous attachez point de nouveau au joug de la servitude» dit-il ensuite. Ce joug auquel il leur défend de s'attache ne saurait être que celui de la circoncision et des autres observances semblables du peuple Juif; puisque saint Paul ajoute : « Voici que je vous dis, moi, Paul, que si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. » Mais que faut-il entendre par ce joug de servitude, puisqu'il s'adresse à des hommes qui n'ont jamais été juifs, et qu'il travaille à empêcher de se faire circoncire ? Ici donc reparaît et trouve une preuve nouvelle le sentiment que nous avons manifesté plus haut. En effet je ne découvre qu'un sens dans ces paroles de l'Apôtre: c'est que pour les Gentils il n'y aurait aucun avantage à avoir été délivrés, par leur foi en Jésus-Christ, de l'esclavage de leurs superstitions, si de nouveau ils se faisaient esclaves en se courbant sous le joug de ces observances charnelles que la Loi même de Dieu a prescrites, il est vrai, mais pour soumettre à la servitude un peuple charnel encore. Le Christ ne leur servira de rien, s'ils se font circoncire; s'ils se font circoncire comme le voulaient ceux qui les y poussaient', dans le but de regarder cette circoncision de la chair comme l'espoir de leur salut. Le Christ en effet n'a-t-il servi de rien à Timothée, par la raison que Paul le fit circoncire lorsque jeune encore il devint chrétien? L'Apôtre agit ainsi pour éviter le scandale des siens ; ce n'était point par esprit de dissimulation, mais en vertu de cette indifférence qui lui a fait dire : « La circoncision n'est rien, l'incirconcision n'est rien non plus. » Cette circoncision ne saurait nuire quand on n'y voit pas le salut. Quand donc il ajoute : « Je déclare de plus à tout homme qui se fait circoncire » il prend la circoncision dans le même sens, il suppose qu'on la recherche comme un moyen de salut. « Qu'il est tenu d'accomplir toute la loiIl veut ici qu'au moins la peur d'être astreints à toutes ces observances, à ces observances sans nombre qui sont contenues dans la Loi et que ni les Juifs de cette époque ni leurs pères n'ont pu accomplir, comme Pierre le rapporte dans les Actes des Apôtres, les détourne d'accepter le joug sous lequel on voulait les courber.

42. Les observances légales opposées à l'esprit chrétien. —  « Vous n'avez plus de part au Christ, vous qui cherchez votre justification dans la Loi. » Voilà la proscription dont il a été parlé précédemment; car le Christ est comme proscrit de son héritage lorsqu'il quitte ces chrétiens et qu'en eux rentrent les oeuvres de la loi comme sur une terre délaissée. Le malheur sera pour eux et non pour le Christ; c'est pourquoi l'Apôtre ajoute : « Vous êtes déchus de la grâce. » De fait, puisque la grâce du Christ tend à décharger du fardeau des oeuvres légales ceux-mêmes qui étaient obligés de le porter, n'est-ce pas méconnaître cette grâce immense que de vouloir s'astreindre à accomplir toute la Loi? Le péché n'était pas consommé encore; mais comme la volonté y inclinait déjà, l'Apôtre en parle souvent comme d'un fait accompli.

«Pour nous, c'est par l'Esprit, en vertu de la foi, que nous espérons la justice.» Par conséquent les espérances spirituelles sont l'objet de la foi au Christ, et non les promesses charnelles comme les promesses sur lesquelles s'appuyaient les esclaves de la Loi. Aussi saint Paul dit-il ailleurs : «Nous ne considérons point ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas; car ce qui se voit est temporel tandis que ce qui ne se voit pas est éternel. » — Il poursuit : « Car dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l'incirconcision ne servent de rien » nouveau témoignage que ces pratiques sont indifférentes et preuve nouvelle qu'il n'y a de nuisible dans la circoncision que d'en attendre le salut. Ainsi donc ni la circoncision ni l'incirconcision ne servent de rien devant Jésus-Christ, « mais la foi qui agit par la charité » C'est ici faire allusion à la servitude légale qui agit par crainte.

Vous couriez si bien : qui vous a arrêtés, « pour vous empêcher d'obéir à la vérité ? » C'est la pensée que nous avons vue dans ces mots: « Qui vous a fascinés? — Cette persuasion ne vient pas de celle qui vous a appelés, car c'est une persuasion toute charnelle et Lui vous a appelés à l'indépendance de cette sorte de pratiques. Persuasion se prend ici pour l'objet même de la persuasion. De plus, comme les Juifs qui cherchaient à les entraîner étaient en petit nombre, comparés à la multitude des Galates devenus chrétiens, l’Apôtre les nomme un levain. Que les Galates acceptent ce levain, et s'ils honorent comme des hommes justes et fidèles ces docteurs qui viennent à eux, bientôt toute la pâte sera en fermentation, toute leur Église sera infectée et asservie sous le joug des pratiques charnelles. « J'ai en vous cette confiance dans le Seigneur, que vous n'aurez point d'autres sentiments. » Preuve évidente qu'ils ne s'étaient point encore rendus aux faux docteurs. « Mais celui qui vous trouble, en portera la peine, quel qu'il soit. » C'est ici le renversement, si contraire à l'ordre, qui voudrait les rendre charnels, de spirituels qu'ils sont.

On doit croire que parmi ces hommes qui voulaient les placer sous le joug, il y en eut plusieurs qui reconnurent qu'ils en étaient détournés par l'autorité de l'apôtre saint Paul et qui allèrent même jusqu'à dire que saint Paul était de leur sentiment, mais qu'il n'avait pas aimé de le leur faire connaître. L'Apôtre dit donc avec beaucoup d'à-propos: « Et moi, mes frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté?» C'est qu'il était persécuté par ces hommes qui cherchaient, tout disciples de l'Évangile qu'ils fussent en apparence, à ramener aux observances légales. C'est à eux qu'il fait allusion quand il dit, ailleurs: « Danger de la part des faux frères» et au commencement de notre Épître : « Et la considération de quelques faux frères, qui s'étaient furtivement introduits pour observer la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, et nous réduire en servitude. » Assurément donc ils cesseraient de le persécuter, s'il prêchait avec eux la circoncision. C'était aussi pour empêcher que les fidèles à qu'il annonçait la liberté chrétienne ne vinssent à les craindre ou à s'imaginer que l'Apôtre les redoutait, que précédemment il publiait son nom avec une entière confiance et disait: « Voici que je vous le déclare, moi Paul :si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien » c'était comme s'écrier Imitez-moi et ne craignez rien ; ou si vous craignez, rejetez sur moi tout le procès.

En disant ensuite : « Le scandale de la croix est donc anéanti» il répète ce qu'il a déjà exprimé dans ces mots : « Si la justice vient de la Loi, c'est donc en vain qu'est mort le Christ. » Toutefois en parlant de scandale il rappelle que ce qui a principalement scandalisé les Juifs dans la personne du Christ, c'est qu'ils le voyaient omettre et dédaigner souvent ces observances charnelles où eux-mêmes plaçaient leur salut. Ces mots reviennent donc à cette pensée: Ainsi c'est en vain que scandalisés de voir le Christ omettre ces pratiques, les Juifs l'ont crucifié, puisqu'on veut y ramener encore ceux pour qui il est mort? Usant ensuite d'une charmante équivoque, l'Apôtre présente ainsi, sous le voile d'une malédiction, une bénédiction véritable : « Plût à Dieu que ceux qui vous troublent, fussent même mutilés ! » Qu'ils fussent, non seulement circoncis, mais mutilés ! Car alors ils deviendraient eunuques en vue du royaume des cieux et cesseraient de semer des idées charnelles.

 

 

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LE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE

30 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

LE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE

Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, garder la foi catholique, que chacun doit conserver intégrale et inviolée, sous peine indubitable d'éternelle perdition.Voici donc la foi catholique:


Il nous faut vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité, sans confondre les personnes ni séparer la substance. Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle de l'Esprit-Saint. Et pourtant le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont un dans la divinité, égaux dans la gloire, coéternels dans la majesté.

Tel est le Père, tel est le Fils, et tel est l'Esprit-Saint. Le Père est incréé, le Fils est incréé, l'Esprit-Saint est incréé.

Le Père est immense, le Fils est immense, l'Esprit-Saint est immense.

Le Père est éternel, le Fils est éternel, l'Esprit-Saint est éternel. Et pourtant il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel. Ni trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, et un seul immense. De même le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, l'Esprit-Saint est tout-puissant. Et pourtant il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.

De même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Et pourtant il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.

De même Seigneur est le Père, Seigneur est le Fils, Seigneur est l'Esprit-Saint. Et pourtant il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.

Car de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chaque personne prise à part est Dieu et Seigneur, ainsi la religion catholique nous défend de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n'a été fait par personne, ni créé, ni engendré. Le Fils est du Père seul, non pas fait, ni créé, mais engendré. L'Esprit-Saint est du Père et du Fils, non pas fait, ni créé, ni engendré, mais procédant des deux.

Il n'y a donc qu'un Père, et non trois Pères, un Fils, et non trois Fils, un Esprit-Saint, et non trois Esprit-Saints.

Et dans cette Trinité rien n'est avant ou après, rien n'est plus grand ou moins grand, mais en tout les trois personnes sont réciproquement coéternelles et coégales.

En sorte que de toute manière, comme on l'a dit plus haut, il nous faut vénérer l'unité dans la Trinité et la Trinité dans l'unité.

Qui donc veut être sauvé doit ainsi penser de la Trinité. Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi à l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Il est donc d'une foi droite que nous croyions et confessions que notre Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu est Dieu et homme. Il est Dieu, engendré de la substance du Père avant les siècles; et il est homme, né dans le temps de la substance d'une mère. Dieu parfait et homme parfait, consistant dans une âme raisonnable et une chair humaine.

Égal au Père selon sa divinité, inférieur au Père selon son humanité. Et qui, bien que Dieu et homme, n'est pas deux, mais un seul Christ. Un, non par un changement de la divinité en chair, mais par l'assomption de l'humanité en Dieu. Un tout-à-fait, non par le mélange de la substance, mais par l'unité de la personne: car de même que l'âme raisonnable et la chair ne sont qu'un seul homme, de même Dieu et l'homme ne sont qu'un seul Christ, qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.

A son avènement tous les hommes doivent ressusciter avec leurs corps, et rendre compte de leurs propres actes. Et ceux qui auront fait le bien iront à la vie éternelle; mais ceux qui auront fait le mal, au feu éternel.

Telle est la foi catholique, que chacun doit croire fidèlement et fermement, sous peine de ne pouvoir être sauvé.


Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit comme il était au commencement, maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Amen.

 

 

La foi est un édifice harmonieux, dans lequel tous les mystères se relient admirablement et s’embrassent dans ce que l’on appelle le nexus mysteriorum; les dogmes sont tellement liés entre eux et intimement unis, en tant que reflet de l’unité de Dieu, que si on déstabilise une seule “tour” du “château de la foi”, tout l’édifice s’effondre (Léon XIII dans Satis cognitum rappelle qu’on perd la foi en en niant un seul article).

 

Or, la foi intègre comporte la foi dans le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ sur les nations : oportet autem illum regnare donec ponat omnes inimicos sub pedibus eius  1Cor 15, 25.

 

La foi intègre contient, aussi, l'unité de l'Eglise, qui n'est pas à rechercher car elle est, de par la volonté de son Fondateur.

 

Le scandale de la désunion, est en fait, le scandale des schismes, des hérésies, de ceux qui refusent de se soumettre à la seule véritable Eglise, à la seule doctrine conservée intacte en la Sainte Eglise Catholique Apostolique et romaine. L'unité ne peut être retrouvée que par le retour à ce seul Siège fondé par Notre Seigneur Jésus-Christ, Lui-même, sur Pierre, sur son Vicaire.

 

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ILS L'ONT DECOURONNE

30 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

Un clair exposé d'un véritable évêque de l’Église catholique Apostolique et romaine :

https://www.youtube.com/watch?v=GQWB55_QMMM

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En la Fête de Saint Thomas Becket Archevêque de Cantorbéry martyr du « laïcisme »

29 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

En  la Fête de Saint Thomas Becket Archevêque de Cantorbéry martyr du « laïcisme »

 

Thomas Becket ou Thomas de Londres comme on l'appelait alors, naquit probablement en 1118 dans une famille de la bourgeoisie londonienne qui connut des revers de fortune. Le soutien d’un de ses parents lui permit de faire de brillantes études à Paris. Il entra au service de l'archevêque Thibaud de Cantorbéry qui lui fit faire d'intéressants voyages à Rome (1151-1153) et aux écoles de Bologne et d’Auxerre où l’on formait des juristes. Finalement il se lia avec le futur Henri II Plantagenêt, qui, un an après son accession au trône d’Angleterre, le nomma chancelier d’Angleterre, après que l’archevêque l’eut nommé archidiacre de Cantorbéry.

Thomas, fastueux ministre, seconda efficacement Henri II dans son œuvre générale de restauration monarchique après les troubles du règne d'Etienne de Blois (1135-1154). L'église d'Angleterre avait profité de cette période de faiblesse pour sortir de la soumission où la tenait jadis la monarchie normande, pour conquérir ses « libertés » que le Roi entendait rogner. Croyant trouver un auxiliaire docile en son chancelier, Henri II nomma Thomas archevêque de Cantorbéry (mai 1162), réunissant entre les mêmes mains la chancellerie et une province ecclésiastique qui comprenait dix-sept des dix-neuf diocèses anglais. Thomas qui avait reçu en deux jours l’ordination sacerdotale et le sacre épiscopal, abandonna sa charge séculière, changea sa vie du tout au tout et se voua sans réserve à la défense des droits de l'Église. Lorsqu’en janvier 1164 Henri II voulut imposer à l'Église les Constitutions de Clarendon qui prétendaient revenir aux anciennes coutumes du royaume contre le droit canon, Thomas Becket fut un adversaire résolu. Après de multiples péripéties juridiques où l’archevêque-primat fut trahi par ses confrères d’York et de Londres, il dut s'exiler en France où il demeura six ans (1164-1170), notamment à l'abbaye cistercienne de Pontigny où il s’imposa l’observance monastique. Lorsqu'il rentra dans sa patrie après une paix boiteuse conclue à Fréteval dans le Maine (22 juillet 1170), les difficultés recommencèrent d’autant plus qu’avant de s’embarquer il avait frappé de suspense tous ses suffragants plus ou moins coupables de rébellion contre lui  (1° décembre 1170).

Une phrase ambiguë d'Henri II « N'y aura-t-il donc personne pour me débarrasser de ce clerc outrecuidant ? » amena quatre chevaliers normands à assassiner l'archevêque dans sa cathédrale le 29 décembre 1170.

Dans la nuit de Noël 1170, après avoir célébré la messe, Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et primat d'Angleterre, monta en chaire et, en termes formels, prédit qu'il serait bientôt massacré par les impies ; puis, comme l'auditoire se récriait, il invectiva vivement ceux qui mettaient la division entre le Roi et le Pasteur et les excommunia « comme les pestes du genre humain et les ennemis du bien public. » Le lendemain de la fête des saints Innocents, vers onze heures du matin, quatre personnages vinrent le menacer chez lui et lui dirent que sa résistance lui coûterait la vie ; il répondit avec douceur et fermeté : « Je ne fuirai pas, j'attendrai avec joie le coup de la mort, je suis prêt à la recevoir »,  et montrant sa tête, il ajouta : « c'est là que vous me frapperez ! » Après dîner, il était à l'église pour les vêpres, les quatre assassins forcèrent l'entrée du cloître et comme les moines cherchaient à les empêcher d'entrer dans l'église, l'archevêque dit :  « Il ne faut pas garder le temple de Dieu comme on garde une forteresse ; nous ne triompherons pas de nos ennemis en combattant, mais en souffrant. Pour moi, je suis prêt à être sacrifié pour la cause de l'Église dont je défends les droits. » Les quatre assassins entrèrent donc dans l'église en criant : « Où est Thomas Becket ? Où est ce traître au Roi et à l'État ? Où est l'Archevêque ? » L’archevêque se présenta : « Me voici ! Non pas traître à l'État, mais prêtre de Jésus-Christ. » Les assassins lui crièrent : « Sauve-toi, autrement tu es mort ! » Thomas répondit : « Je n'ai garde de fuir ; tout ce que je demande, c'est de donner mon âme pour celles en faveur desquelles mon Sauveur a donné tout son sang. Cependant, je vous défends, de la part de Dieu tout-puissant, de maltraiter qui que ce soit des miens. » Ne pouvant arriver à le traîner dehors, les quatre assassins le frappèrent dans l'église : « Je meurs volontiers pour le nom de Jésus et la défense de l'Église. »

Thomas Becket triompha dans sa mort. Ce qu'il n'avait pu obtenir par l'effort de sa vie, il le réalisa par son martyre. Le peuple le vénéra aussitôt comme un saint, et le pape Alexandre III frappa Henri II, compromis dans ce meurtre,  d’interdit personnel ; pour obtenir son pardon, le Roi dut faire un pèlerinage humiliant au tombeau de Thomas Becket et se soumettre à la pénitence publique de la flagellation (21 mai 1172). Des miracles ayant attesté la glorification de Thomas Becket, Alexandre III le canonisa le 21 février 1173. Toujours est-il que la châsse du martyr devint le but d'un des pèlerinages les plus célèbres de la chrétienté. EN 1538, HENRI VIII SE DONNA LE RIDICULE DE PROCÉDER À LA « DÉCANONISATION » DE SAINT THOMAS BECKET.

 

Oraison : O Dieu, pour l'Eglise de qui le glorieux Pontife Thomas est tombé sous le glaive des impies; accordez-nous, nous vous en supplions, que tous ceux qui implorent son assistance, éprouvent l'effet salutaire de leurs supplications. Par Notre Seigneur Jésus-Christ.

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EN LA FÊTE DES SAINTS INNOCENTS

28 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

EN LA FÊTE DES SAINTS INNOCENTS

Fête d'une actualité criante, en ces temps, où l'on a jamais autant massacré d'innocents, et cela avec la complicité de ceux qui ont la charge de protéger la vie et de la société suicidaire.

De la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle vous avez tiré une louange parfaite contre vos adversaires (Introït de la messe)

 

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EN LA FÊTE DE SAINT JEAN

27 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

EN LA FÊTE DE SAINT JEAN

UNA CUM VERBO, VITA, LUCE, JESU-CHRISTO

 

Quod fuit ab initio

quod audivimus

quod vidimus oculis nostris

quod perspeximus et manus nostrae temptaverunt de Verbo vitae

et Vita manifestata est et vidimus et testamur et adnuntiamus vobis Vitam aeternam quae erat apud Patrem et apparuit nobis

quod vidimus et audivimus adnuntiamus et vobis ut et vos societatem habeatis nobiscum et societas nostra sit cum Patre et cum Filio eius Iesu Christo

et haec scribimus vobis ut gaudium nostrum sit plenum

et haec est adnuntiatio quam audivimus ab eo et adnuntiamus vobis quoniam Deus lux est et tenebrae in eo non sunt ullae

 

si dixerimus quoniam societatem habemus cum eo et in tenebris ambulamus mentimur et non facimus veritatem

si autem in luce ambulemus sicut et ipse est in luce societatem habemus ad invicem et sanguis Iesu Filii eius mundat nos ab omni peccato

si dixerimus quoniam peccatum non habemus ipsi nos seducimus et veritas in nobis non est

si confiteamur peccata nostra fidelis est et iustus ut remittat nobis peccata et emundet nos ab omni iniquitate

si dixerimus quoniam non peccavimus mendacem facimus eum et verbum eius non est in nobis

 

Filioli mei haec scribo vobis ut non peccetis sed et si quis peccaverit advocatum habemus apud Patrem Iesum Christum iustum

et ipse est propitiatio pro peccatis nostris non pro nostris autem tantum sed etiam pro totius mundi

et in hoc scimus quoniam cognovimus eum si mandata eius observemus

qui dicit se nosse eum et mandata eius non custodit mendax est in hoc veritas non est

qui autem servat verbum eius vere in hoc caritas Dei perfecta est in hoc scimus quoniam in Ipso sumus

qui dicit se in Ipso manere debet sicut Ille ambulavit et Ipse ambulare

 

Carissimi non mandatum novum scribo vobis sed mandatum vetus quod habuistis ab initio mandatum vetus est verbum quod audistis

iterum mandatum novum scribo vobis quod est verum et in Ipso et in vobis quoniam tenebrae transeunt et lumen verum iam lucet

qui dicit se in luce esse et fratrem suum odit in tenebris est usque adhuc

qui diligit fratrem suum in lumine manet et scandalum in eo non est

qui autem odit fratrem suum in tenebris est et in tenebris ambulat et nescit quo eat quoniam tenebrae obcaecaverunt oculos eius

Scribo vobis filioli quoniam remittuntur vobis peccata propter Nomen eius

scribo vobis patres quoniam cognovistis eum qui ab initio est

scribo vobis adulescentes quoniam vicistis malignum

scripsi vobis infantes quoniam cognovistis Patrem scripsi vobis patres quia cognovistis eum qui ab initio scripsi vobis adulescentes quia fortes estis et verbum Dei in vobis manet et vicistis malignum

 

Nolite diligere mundum neque ea quae in mundo sunt si quis diligit mundum non est caritas Patris in eo

quoniam omne quod est in mundo concupiscentia carnis et concupiscentia oculorum est et superbia vitae quae non est ex Patre sed ex mundo est

et mundus transit et concupiscentia eius qui autem facit voluntatem Dei manet in aeternum 1Jn 1- 2

 

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NOËL NOËL

26 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

NOËL NOËL

 

Per viscera misericordiae Dei nostri in quibus visitavit nos Oriens ex alto,

Hodie Christus natus est,

Hodie natus est Salvator mundi

Hodie natus est nobis et vocabitur Deus Fortis,

Hodie nobis de caelo pax vera descendit,

Hodie per totum mundum melliflui facti sunt caeli,

Hodie illuxit nobis dies redemptionis novae reparationis novae felicitatis aeternae,

Hodie in terra canunt Angeli laetantur Archangeli,

Hodie exsultant justi dicentes :

Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis

 

Agnosce, o Christiane, dignitatem tuam : et divinæ consors factus naturæ, noli in veterem vilitatem degeneri conversatione redire.  Memento, cujus Capitis et cujus Corporis sis membrum.  Reminíscere, quia erutus de potestate tenebrarum, translatus es in Dei lumen et regnum.

 

Hodie, il y a 1516 ans, à Reims, Clovis et ses 3000 Francs sont régénérés par les eaux du baptême conféré par Saint Rémi, il y a 1516 la France devenait la Fille aînée de l’Église.

 

Hodie, que sont devenues les promesses du baptême de cette nation choisie ?

 

 

 


 

NOËL NOËL
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LES COMPLICES INDIGENES

24 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

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LES DÉSÉQUILIBRÉS « AMIS DE LA CULTURE »

24 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

La Syrie, ex-bijou archéologique. Depuis que le pays a sombré dans un brutal conflit armé, le riche patrimoine syrien a été mis à sac par tous les belligérants - régime, rebelles, djihadistes - et même par les habitants. Terre de multiples civilisations, des Cananéens aux Ottomans, la Syrie regorgeait pourtant de trésors datant des époques romaine, mamelouk et byzantine, avec des mosquées, des églises et des châteaux croisés.

C'est "triste pour la Syrie et pour le monde. L'humanité est en train de perdre des milliers d'années de patrimoine", a affirmé Einar Bjorgo, le directeur de l'Unosat. Pour l'Unitar, il faut sans tarder "redoubler d'efforts pour sauver le plus possible cet important patrimoine de l'humanité"."

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« HEUREUX EST LE PEUPLE DONT DIEU EST LE SEIGNEUR » (Ps 143)

24 Décembre 2014 , Rédigé par Ludovicus

RENDRE À CÉSAR CE QUI EST À CÉSAR ET À DIEU CE QUI EST À DIEU

Certains mauvais esprits, courts en piété, s’appuient sur ce commandement pour séparer César et Dieu, comme si César n’avait pas lui-même le devoir de rendre à Dieu ce qui est à Dieu.


Voyons quel est l'enseignement de notre Mère la Sainte Eglise :

« QUANTA CURA »

 

Pie IX  8 décembre 1864

 

À tous nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Pie IX, Pape.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

 

1 – Avec quel soin et quelle vigilance pastorale les Pontifes Romains Nos Prédécesseurs, ont rempli la mission à eux confiée par le Christ Seigneur lui-même en la personne du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, et ont ainsi accompli leur devoir de paître les agneaux et les brebis ! Sans jamais discontinuer, ont attentivement nourri tout le troupeau du Seigneur des paroles de la foi, ont imprégné de la doctrine de salut, écarté des pâturages empoisonnés, voilà ce dont tout le monde est convaincu et assuré, Vous surtout, Vénérables Frères. Oui vraiment Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l’auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n’ont jamais rien eu de plus à coeur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l’Église Catholique, à l’honnêteté des moeurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l’Église et la Cité.

 

2 – C’est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d’hommes iniques, qui projettent l’écume de leurs désordres comme les vagues d’une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption: ébranler les fondements de la religion catholique et de la société civile par leurs fausses opinions et les plus pernicieux écrits, faire disparaître toute trace de vertu et de justice, corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l’entraîner dans les pièges de l’erreur, et enfin l’arracher du sein de l’Église catholique, voilà le sens de tous leurs efforts.

 

3 – Vous êtes les premiers à savoir, Vénérables Frères, qu’à peine avions-Nous été élevé à cette chaire de Pierre, par un secret dessein de la Providence Divine et sans aucun mérite de Notre part, Nous avons vu pour la plus grande douleur de Notre âme une tempête vraiment effroyable soulevée par tant de doctrines perverses. Nous avons vu les maux les plus accablants, qu’on ne déplorera jamais assez et que tant d’erreurs ont attirés sur le peuple chrétien. C’est pour remplir les devoirs de Notre Ministère Apostolique et suivre les traces glorieuses de Nos Prédécesseurs que Nous avons élevé la voix. En plusieurs Encycliques déjà publiées, dans les Allocutions prononcées en consistoire et en d’autres Lettres Apostoliques, Nous avons condamné les principales erreurs de notre bien triste époque, fait appel à votre haute vigilance épiscopale, averti et encouragé tous Nos très chers fils de l’Église Catholique à fuir et redouter la contagion d’une peste si violente. Et en particulier, par Notre première Encyclique du 9 novembre 1846, à Vous adressée, et les deux allocutions prononcées en consistoire le 9 décembre 1854 et le 9 juin 1862, nous avons condamné ces monstruosités extraordinaires que sont les opinions, qui surtout de nos jours, dominent pour le plus grand dommage des âmes et au détriment de la société civile elle-même. Ces opinions s’opposent essentiellement, non seulement à l’Église catholique, à sa doctrine de salut et à ses droits vénérables, mais encore à l’éternelle loi naturelle gravée par Dieu dans tous les coeurs et à la droite raison. C’est d’elles que presque toutes les autres erreurs firent leur origine.

 

4 – Cependant, bien que nous n’ayons pas négligé de proscrire et de réprouver fréquemment les plus graves de ces erreurs, la cause de l’Église catholique et le salut des âmes que Dieu nous a confié, et le bien de la société humaine elle-même, réclament impérieusement que Nous lancions un nouvel appel à votre sollicitude pastorale pour terrasser d’autres idées fausses qui découlent de source de ces mêmes erreurs. Ces opinions trompeuses et perverses sont d’autant plus détestables qu’elles visent principalement à entraver et renverser cette puissance de salut que l’Église catholique, en vertu de la mission et du mandat reçu de son divin Auteur, doit exercer librement jusqu’à la consommation des siècles, non moins à l’égard des individus que des nations, des peuples et de leurs chefs. Elles cherchent à faire disparaître cette mutuelle alliance et cette concorde entre le Sacerdoce et l’Empire, qui s’est toujours avérée propice et salutaire à la Religion et à la société (Grégoire XVI, Encyclique Mirari Vos - 15 août 1832).

 

5 – Et de fait, vous le savez parfaitement, Vénérables Frères, il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour appliquer à la société civile le principe impie et absurde du « naturalisme », comme ils l’appellent, et pour oser enseigner que « le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions ». Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l’Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : « la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n’est dans la mesure où la tranquillité publique le demande ». À partir de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l’Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, qualifiait de « délire » (Grégoire XVI. Encyclique Mirari Vos) : « La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l’entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu’elles soient, par les moyens de la parole, de l’imprimé ou tout autre méthode sans que l’autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite ». Or, en donnant pour certitudes des opinions hasardeuses, ils ne pensent ni ne se rendent compte qu’ils prêchent « la liberté de perdition » (Saint Augustin, Lettre 105), et que « s’il est permis à toutes les convictions humaines de décider de tout librement, il n’en manquera jamais pour oser résister à la vérité et faire confiance au verbiage d’une sagesse toute humaine. On sait cependant combien la foi et la sagesse chrétienne doivent éviter cette vanité si dommageable, selon l’enseignement même de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Saint Léon, Lettre 164).

 

6 – Là où la religion a été mise à l’écart de la société civile, la doctrine et l’autorité de la révélation divine répudiées, la pure notion même de la justice et du droit humain s’obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la véritable justice et du droit légitime. D’où l’on voit clairement pourquoi certains, reléguant au dernier rang les plus sûrs principes de la saine raison, sans en tenir compte, osent proclamer que : « La volonté du peuple qui se manifeste par ce qu’on dit être l’opinion publique, ou autrement, constitue la loi suprême dégagée de tout droit divin et humain, et que dans l’ordre politique des faits accomplis, par cela même qu’ils sont accomplis, ont force de droit ». 

 

7 – Mais qui ne voit et ne sent parfaitement qu’une société dégagée des liens de la religion et de la vraie justice, ne peut plus se proposer aucun autre but que d’amasser et d’accumuler des richesses, ni suivre d’autre loi dans ses actes que l’indomptable désir de l’âme d’être esclave de ses propres passions et intérêts ? C’est pourquoi les hommes de cette espèce poursuivent d’une haine si cruelle les Familles Religieuses, en dépit des services rendus au prix des plus grands efforts à la religion chrétienne, à la société civile et à la culture ; ils déblatèrent contre elle en disant qu’elles n’ont aucune raison légitime d’exister, et c’est ainsi qu’ils applaudissent aux divagations des hérétiques. Or, comme l’enseignait en toute sagesse Notre Prédécesseur Pie VI d’heureuse mémoire : « l’abolition des réguliers blesse le droit de professer publiquement les conseils évangéliques, blesse un mode de vie recommandé dans l’Église comme conforme à la doctrine des Apôtres, blesse la mémoire de ces illustres fondateurs que nous vénérons sur les autels, et qui n’ont établi ces ordres que sous l’inspiration de Dieu » (Lettre au Cardinal de la Rochefoucault – 10 mars 1791).

 

8 – Et ils déclarent même dans leur impiété qu’il faut ôter aux citoyens et à l’Église la faculté « de fournir valablement des aumônes publiques par charité chrétienne », et abolir la loi « qui à des jours déterminés défend les oeuvres serviles pour vaquer au culte divin » sous le prétexte si fallacieux que « la faculté et la loi ci-dessus évoquées sont contraires aux principes de la bonne économie politique ».

 

9 – Et non contents de mettre la religion à l’écart de la société, ils veulent même l’écarter de la vie privée des familles. En effet, enseignant et professant la si funeste erreur du Communisme et du Socialisme, ils affirment que : « La société domestique ou la famille emprunte au seul droit civil toute sa raison d’être ; et qu’en conséquence c’est de la loi civile seule que découlent et dépendent tous les droits des parents sur les enfants, et d’abord le droit d’instruction et d’éducation ». Par ces opinions impies et ces machinations, ces hommes de mensonge veulent surtout aboutir à ce que la doctrine et le pouvoir de l’Église catholique qui apportent le salut, soient entièrement éliminés de l’instruction et de l’éducation de la jeunesse, et que l’âme tendre et malléable des jeunes soit infectée et déformée pitoyablement par toutes sortes d’erreurs perverses et par le vice. Oui, tous ceux qui ont mis leurs efforts à bouleverser l’ordre sacré et l’ordre public, à renverser l’ordre juste de la société, et à anéantir tous les droits divins et humains, ont toujours fait tendre leurs desseins criminels, leurs désirs et leurs oeuvres principalement à tromper et à dépraver la jeunesse qui ne s’y attend pas, comme Nous l’avons indiqué plus haut ; et ils ont mis tout leur espoir dans la corruption de cette jeunesse.

 

10 – Voilà pourquoi jamais ils ne cessent d’infliger toutes sortes de vexations indicibles à l’un et l’autre clergé d’où rejaillirent tant d’immenses bienfaits sur l’ordre religieux, civil et culturel, comme l’attestent avec éclat les plus sûrs monuments de l’histoire; voilà pourquoi ils déclarent que ce clergé même, en tant qu’ennemi du véritable et utile progrès de la science et de la civilisation, doit être écarté de toute charge et de tout rôle dans l’instruction et l’éducation de la jeunesse.

 

11 – Mais il en est d’autres qui, renouvelant les chimères extravagantes et tant de fois condamnées des novateurs, ont l’insigne impudence de soumettre à la discrétion de l’autorité civile l’autorité suprême attribuée par le Christ Notre Seigneur à l’Église et à ce Siège Apostolique, et de dénier à cette même Église et à ce Siège tous droits en ce qui regarde les affaires extérieures. Car ils n’ont aucunement honte d’affirmer que : « Les lois de l’Église n’obligent pas en conscience, à moins qu’elles ne soient promulguées par le pouvoir civil. – Les actes et les décrets des Pontifes Romains concernant la religion et l’Église ont besoin de la sanction et de l’approbation, ou au moins du consentement du pouvoir civil. – Les constitutions apostoliques qui condamnent les sociétés secrètes – qu’on y exige ou non le serment de garder le secret – et qui frappent d’anathème leurs adeptes et leurs défenseurs ne peuvent entrer en vigueur dans les pays où le gouvernement civil tolère ces sortes d’associations. – L’excommunication portée par le Concile de Trente et les Pontifes Romains contre ceux qui envahissent et usurpent les droits et possessions de l’Église, repose sur une confusion de l’ordre spirituel avec l’ordre civil et politique, et n’a pour but qu’un bien de ce monde. – L’Église ne doit rien décréter qui puisse lier la conscience des fidèles relativement à l’usage des biens temporels. Le droit ecclésiastique n’a pas compétence pour châtier de peines temporelles les violateurs de ses lois. – Il est conforme aux principes de la sacrée théologie et du droit public d’attribuer au gouvernement civil et de revendiquer pour lui la propriété des biens qui sont en possession de l’Église, des Familles Religieuses et autres associations pieuses ».

 

12 – Ils ne rougissent pas non plus de professer ouvertement et publiquement les formules et les principes hérétiques, d’où sortent tant d’opinions perverses et d’erreurs. Car ils répètent que « le pouvoir ecclésiastique n’est pas, de droit divin, distinct et indépendant du pouvoir civil, et qu’une telle distinction et indépendance ne peut être conservée sans que l’Église envahisse et usurpe les droits essentiels du pouvoir civil ».

 

13 – Et Nous ne pouvons passer sous silence l’audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que : « Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège Apostolique dont l’objet regarde manifestement le bien général de l’Église, ses droits et sa discipline, on peut, du moment qu’ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux moeurs, leur refuser l’assentiment et l’obéissance, sans péché et sans cesser en rien de professer le catholicisme ». À quel point cela est contraire au dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre Seigneur lui-même au Pontife Romain, de paître, de régir et de gouverner l’Église universelle, il n’est personne qui ne le voie et qui ne le comprenne clairement et distinctement.

 

14 – Au milieu donc d’une telle perversité d’opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d’élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l’Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.

 

15 – Et, en outre, vous savez très bien, Vénérables Frères, que de nos jours ceux qui haïssent toute vérité et toute justice, les ennemis acharnés de notre religion, au moyen de livres empoisonnés, de brochures et de journaux répandus par toute la terre, trompent les peuples, mentent perfidement, et diffusent toutes sortes d’autres doctrines impies. Vous n’ignorez pas non plus que, même à cette époque où nous sommes, on en trouve qui, mus et stimulés par l’esprit de Satan, en sont arrivés à cette impiété de nier Notre Seigneur et Maître Jésus-Christ, et ne craignent pas d’attaquer sa Divinité avec une insolence criminelle. Mais ici Nous ne pouvons, Vénérables Frères, que vous honorer à bon droit des plus grands éloges, vous qui n’avez jamais manqué, avec tout votre zèle, d’élever votre voix épiscopale contre tant d’impiété.

 

16 – C’est pourquoi, par Nos présentes Lettres, Nous nous adressons une fois de plus avec beaucoup d’affection à vous qui, appelés à partager Nos soucis, êtes au milieu des calamités qui nous touchent si virement. Notre consolation, Notre joie et Notre encouragement les plus grands: par la qualité de votre esprit religieux et de votre piété et aussi par cet amour, cette foi et cette déférence admirable avec lesquels, attachés à Nous et à ce Siège Apostolique dans la plus grande unité d’esprit, vous travaillez à remplir avec empressement et application votre très grave ministère épiscopal. Car Nous attendons de votre remarquable zèle pastoral que, prenant le glaive de l’esprit, qui est la parole de Dieu, et fortifiés dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, vous ayez la volonté de veiller chaque jour davantage avec une attention redoublée à ce que les fidèles confiés à vos soins « s’abstiennent des herbes nuisibles que Jésus-Christ ne cultive pas, parce qu’elles n’ont pas été plantées par son Père » (Saint Ignace martyr, à Philadelphe). Et ne cessez jamais d’inculquer à ces mêmes fidèles que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa doctrine et de sa pratique, et qu’ « heureux est le peuple dont Dieu est le Seigneur » (Ps 143). Enseignez que « l’autorité repose sur le fondement de la Foi Catholique » (Saint Célestin, Lettre 22 au Synode d’Éphèse) et qu’ « il n’y a rien de plus mortel, rien qui nous précipite autant dans le malheur, nous expose autant à tous les dangers, que de penser qu’il nous peut suffire d’avoir reçu le libre arbitre en naissant; sans avoir à rien demander de plus à Dieu ; c’est-à-dire, qu’oubliant notre Créateur, nous renions son pouvoir sur nous pour manifester notre liberté » (Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile Épiscopal de Carthage). N’omettez pas non plus d’enseigner que « le pouvoir de gouverner est conféré non pour le seul gouvernement de ce monde, mais avant tout pour la protection de l’Église » (Saint Léon, Lettre 156) et que « rien ne peut être plus profitable et plus glorieux aux chefs d’États et aux Rois que ce que Notre Prédécesseur saint Félix, rempli de sagesse et de courage, écrivait à l’empereur Zénon : « Qu’ils laissent l’Église catholique se gouverner par ses propres lois, et ne permettent à personne de mettre obstacle à sa liberté… Il est certain qu’il leur est avantageux de s’appliquer, quand il s’agit de la cause de Dieu, et suivant l’ordre qu’Il a établi, à subordonner et non à préférer la volonté royale à celle des prêtres du Christ » » (Pie VII, encyclique Diu satis, 15 mai 1800).

17 – C’est toujours, Vénérables Frères, mais c’est maintenant plus que jamais, au milieu de telles calamités de l’Église et de la société civile, en présence d’une si vaste conspiration d’adversaires et d’un tel amas d’erreurs contre le catholicisme et le Siège Apostolique, qu’il est absolument nécessaire de nous adresser avec confiance au Trône de la grâce pour obtenir miséricorde et trouver la grâce d’une protection opportune.

À cette fin, Nous avons jugé bon de stimuler la piété de tous les fidèles pour qu’en union avec Nous, et avec vous, ils ne cessent de prier et supplier par les prières les plus ferventes et les plus humbles, le Père très clément des lumières et des miséricordes; qu’ils se réfugient toujours dans la plénitude de la foi auprès de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a rachetés à Dieu en son sang; qu’ils demandent avec une perpétuelle instance à son très doux Coeur, victime de sa très ardente charité envers nous, d’attirer tout à lui par les liens de son amour, et de faire que tous les hommes, enflammés de son très saint amour, marchent dignement selon son Coeur, agréables à Dieu en tout, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres. Et, comme les prières des hommes sont indubitablement plus agréables à Dieu quand elles lui parviennent avec des coeurs purs de toute corruption, Nous avons pensé à ouvrir avec une libéralité apostolique aux fidèles chrétiens les célèbres trésors de l’Église dont la distribution Nous est confiée, afin que ces mêmes fidèles excités plus vivement à la vraie piété, et purifiés des taches de leurs péchés par le Sacrement de Pénitence, répandent avec plus de confiance leurs prières à Dieu et obtiennent sa miséricorde et sa grâce.

 

18 – En conséquence, par les présentes Lettres, en vertu de notre Autorité Apostolique, à tous et chacun des fidèles des deux sexes dans l’univers catholique, Nous accordons une Indulgence plénière en forme de Jubilé, à gagner durant toute l’année à venir 1865 et non au delà, dans l’espace d’un mois à désigner par vous, Vénérables Frères, et les autres Ordinaires légitimes des lieux, en la même manière et forme exactement que Nous l’avons accordée, au commencement de Notre suprême Pontificat, par Nos Lettres Apostoliques en forme de Bref du 20 novembre 1846, envoyée à tout votre Ordre épiscopal de l’univers, et commençant par ces mots : « Arcano Divinae Providentiae consilio » et avec tous les mêmes pouvoirs accordés par Nous dans ces Lettres. Nous voulons cependant que toutes les prescriptions contenues dans les susdites lettres soient observées, et que soient maintenues toutes les exceptions que Nous avons mentionnées. Nous accordons cela nonobstant toutes dispositions contraires, même celles qui seraient dignes d’une mention et d’une dérogation spéciales et individuelles. Et pour écarter tout doute et toute difficulté, Nous vous avons fait parvenir un exemplaire de ces Lettres.

 

19 – Prions, Vénérables Frères, « du fond du coeur et de toute notre âme la miséricorde de Dieu, parce qu’il a lui-même ajouté: Je n’éloignerai pas d’eux ma miséricorde. Demandons et nous recevrons, et si nous attendons et que nous tardions à recevoir à cause de la gravité de nos offenses, frappons; car à celui qui frappe on ouvrira, pourvu que nous frappions à la porte avec nos prières, nos gémissements et nos larmes, avec lesquels il faut insister et persévérer, et pourvu que notre prière soit unanime… que chacun prie Dieu non seulement pour lui-même mais pour tous ses frères, comme le Seigneur nous a enseigné à prier » (Saint Cyprien, Lettre 11). Et pour que Dieu exauce plus facilement Nos prières et Nos voeux, les vôtres et ceux de tous les fidèles, faisons participer en toute confiance auprès de lui l’Immaculée et très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie qui a détruit toutes les hérésies dans le monde entier, et qui, Notre Mère très aimante à tous, « est toute suave… et pleine de miséricorde… se montre exorable à tous, très clémente à tous, compatit aux misères de tous avec la plus large affection » (Saint Bernard, Sermon sur les douze prérogatives de la Bienheureuse Vierge Marie d’après l’Apocalypse). Comme Reine, debout à la droite de Son Fils Unique, notre Seigneur Jésus-Christ, toute enveloppée dans un vêtement d’or, il n’y a rien qu’Elle ne puisse obtenir de Lui.

Demandons aussi les suffrages du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, de son Coapôtre Paul, et de tous les Saints du Ciel qui devenus amis de Dieu, sont parvenus au royaume céleste, possèdent la couronne et la palme, et sûrs de leur immortalité, sont soucieux de notre salut.

 

20 – Enfin, demandant pour vous à Dieu de toute Notre âme l’abondance de tous les dons célestes, Nous donnons du fond du coeur et avec amour, en gage de Notre particulière affection, la Bénédiction Apostolique à vous-mêmes, Vénérables Frères, et à tous les fidèles clercs et laïcs confiés à vos soins.

 

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 décembre de l’année 1864, dixième depuis la Définition Dogmatique de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie Mère de Dieu. Et de Notre Pontificat la dix-neuvième.

PIE IX, PAPE

 

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