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Vigile de St Thomas apôtre mémoire de la férie de l'Avent

20 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Vigile de St Thomas apôtre mémoire de la férie de l'Avent

Collecte

Accordez-nous, nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, que la solennité vénérable du bienheureux Thomas, votre Apôtre, que nous anticipons, augmente en nous la dévotion et assure notre salut.

Office

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Première leçon. Toutes les paroles du divin Maître renferment des préceptes, pourquoi donc dit-il de la charité, comme d’un commandement unique : « C’est mon commandement que vous vous aimiez les uns les autre » ? Pourquoi ? Sinon parce que tout commandement se rapporte à l’amour, et que touts les préceptes n’en font qu’un, n’ayant tous pour fondement que la seule charité. De même, en effet, que les nombreux rameaux d’un arbre proviennent d’une seule racine, ainsi toutes les vertus procèdent de la seule charité. Le rameau de la bonne œuvre n’a de vie et de verdeur que s’il demeure uni à la racine de la charité.

Deuxième leçon. Il y a donc plusieurs préceptes du Seigneur et il n’y en a qu’un ; il y en a plusieurs, quant à la diversité des actes commandés ; il n’y en a qu’un quant à la racine, qui est la charité. Comment il faut pratiquer cette charité, notre Seigneur nous le fait entendre en nous ordonnant, presque à chaque page de ses saintes Écritures, d’aimer nos amis en Lui et nos ennemis pour Lui. Celui-là, en effet a vraiment la charité qui aime son ami en Dieu et son ennemi pour Dieu. Il s’en rencontre plusieurs qui aiment leurs proches ; mais d’une affection toute naturelle, affection néanmoins que la loi de Dieu ne condamne point. Mais il y a une différence entre ce qu’on accorde spontanément à la nature et ce que l’on fait par amour de l’obéissance due aux divins préceptes du Seigneur.

Troisième leçon. Ceux dont nous parlons aiment certainement leur prochain et toutefois ils n’obtiennent pas les sublimes récompenses promises à la charité, parce que leur amour n’a rien de spirituel : ce n’est qu’un amour charnel. Aussi le Seigneur après avoir dit : « C’est mon commandement que vous vous aimiez les uns les autres » ajoute aussitôt : « comme je vous ai aimés ». Ce qui revient à dire : aimez par le motif même qui m’a porté à vous aimer. Il faut en ceci, mes bien-aimés frères, observer attentivement que l’antique ennemi du genre humain, quand il attire notre âme à l’amour des choses temporelles, se sert contre nous de ce qu’il y a de plus faible parmi les créatures et s’efforce de nous ravir le bien même que nous aimons.

Vigile de St Thomas apôtre mémoire de la férie de l'Avent
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IVème dimanche de l’Avent

19 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

IVème dimanche de l’Avent

Introït

Cieux, répandez votre rosée ; que des nuées descende le salut ! Que s’ouvre la terre et qu’elle donne naissance au Sauveur. Les cieux chantent la gloire de Dieu : leur voûte solide proclame la puissance de ses mains.

Collecte

Excitez, Seigneur, votre puissance et venez : donnez-nous le secours de votre force infinie, et qu’avec l’aide de votre grâce, votre indulgente bonté nous accorde sans délai ce que retardent nos péchés.

Épitre1 Cor. 4, 1–5

Mes Frères : Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. Eh bien ! ce que l’on cherche dans les dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain ; je ne me juge pas moi-même ; car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu’à ce que vienne le Seigneur : il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.

Évangile Lc. 3, 1–6

La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Secrète

Jetez, Seigneur, un regard apaisé sur le sacrifice que vous nous présentons ; qu’il nous attache à vous et assure notre salut.

Office

Au premier nocturne.

Du Prophète Isaïe. Cap. 35, 1-10 & 41, 1-4.

Première leçon. Elle se réjouira, la terre déserte et sans chemin, et elle exultera la solitude, et fleurira comme le lys. Germant, elle germera et elle exultera, toute joyeuse, et chantant des louanges ; la gloire du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et de Saron ; eux-mêmes verront la gloire du Seigneur et la majesté de notre Dieu. Fortifiez les mains languissantes et affermissez les genoux débiles. Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez point ; car voici que votre Dieu amènera la vengeance de rétribution ; Dieu lui-même viendra et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds entendront. Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée, parce que des eaux se sont répandues dans le désert et des torrents dans la solitude. Et la terre qui était aride sera comme un étang, et celle qui avait soif comme des fontaines d’eaux.
Deuxième leçon. Dans les repaires, dans lesquels auparavant habitaient des dragons, croîtra la verdure du roseau et du jonc. Et là sera un sentier et une voie, et elle sera appelée la voie sainte ; l’impur n’y passera pas, et ce sera pour vous une voie droite, en sorte que les ignorants ne s’y égareront pas. Il n’y aura pas là de lion, et une mauvaise bête n’y montera pas et ne s’y trouvera pas ; mais ils y marcheront, ceux qui auront été délivrés. Et les rachetés par le Seigneur retourneront, et viendront à Sion, avec des chants de louange, et une allégresse éternelle sera sur leur tête ; ils obtiendront la joie et l’allégresse et la douleur fuira ainsi que le gémissement.
Troisième leçon. Que les îles  se taisent devant moi, et que les Nations prennent une nouvelle force ; qu’elles s’approchent et alors qu’elles parlent, et entrons ensemble en jugement. Qui a suscité de l’Orient le juste ? L’a appelé pour qu’il le suivît ? Il mettra en sa présence des Nations et lui asservira des rois ; il [les] livrera comme de la poussière à son glaive, et comme une paille emportée par le vent à son arc. Il les poursuivra, il passera en paix, et la trace de ses pieds ne paraîtra pas. Qui a opéré et fait ces choses, appelant les générations dès le commencement ? Je suis le Seigneur ; c’est moi qui suis le premier et le dernier.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Si nous avons, mes bien aimés, selon la foi et la sagesse, l’intelligence de l’exorde de notre création, nous trouverons que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, afin qu’il imitât son Auteur, et que la perfection première de notre race consiste à ce qu’en nous resplendisse, comme en une sorte de miroir, l’image de la bénignité divine. C’est sur ce type que la grâce du Sauveur nous refait tous les jours, lorsque ce qui est tombé dans le premier Adam, est relevé dans le second.
Cinquième leçon. Nous devons à la seule miséricorde de Dieu le bienfait de notre Rédemption ; nous ne l’aimerions pas, « s’il ne nous avait aimés le premier, » et s’il n’eût dissipé les ténèbres de notre ignorance par la lumière de sa vérité. C’est ce que Dieu nous apprend lui-même par le saint Prophète Isaïe : « Je conduirai les aveugles dans une voie qu’ils ne connaissaient pas ; et je les ferai marcher dans des sentiers qu’ils ignoraient. Je convertirai devant eux les ténèbres en lumière, et les chemins tortus en chemins droits ; je ferai ces merveilles pour eux et je ne les délaisserai pas. » Et encore : « J’ai été trouvé, dit-il, par ceux qui ne me cherchaient pas ; je me suis montré à ceux qui ne me demandaient pas. »
Sixième leçon. L’Apôtre saint Jean nous explique de quelle manière ce mystère s’est accompli, lorsqu’il dit : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu, et nous a donné l’intelligence, pour que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils. » Et encore « Aimons donc Dieu, puisque c’est lui qui nous a aimés le premier. » Or Dieu, en nous aimant, nous réforme sur son image ; et, pour trouver en nous des traits de sa bonté infinie, il nous donne des secours, afin que nous puissions faire ce qu’il fait lui-même : répandant les lumières de sa vérité dans notre esprit, et nous enflammant du feu de sa charité, pour que nous ne l’aimions pas seulement lui-même, mais que nous aimions tout ce qu’il aime.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Jean disait à ceux qui accouraient en foule pour être baptisés : « Race de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir ? » Or, la colère à venir est le châtiment final, que ne pourra fuir alors le pécheur, s’il ne recourt maintenant aux gémissements de la pénitence. Et i ! faut remarquer que ces rejetons mauvais, imitant la manière d’agir de parents méchants, sont appelés : race de vipères ; parce qu’en portant envie aux bons, en les persécutant, en faisant du mal à leur prochain, en se vengeant du dommage qu’on leur porte, ils suivent en tout cela les voies de leurs pères selon la chair, et agissent comme des enfants envenimés, nés de parents remplis eux-mêmes de venin.
Huitième leçon. Mais, puisque nous avons déjà péché, et que nous sommes enveloppés dans de mauvaises habitudes invétérées, qu’il nous dise ce que nous devons faire pour pouvoir fuir la colère à venir. Le voici : « Faites donc de dignes fruits de pénitence. » Il faut remarquer, dans ces paroles, que l’ami de l’Époux nous avertit de faire, non seulement des fruits de pénitence, mais de dignes fruits de pénitence. Car, c’est autre chose que de faire un fruit de pénitence, et de faire un digne fruit de pénitence. Pour bien parler de ces fruits de pénitence, il faut savoir que quiconque n’a rien commis d’illicite, a le droit d’user des choses licites : et ainsi, en s’exerçant dans les œuvres de piété, il lui est libre d’user, s’il le veut, des choses du monde.
Neuvième leçon. Mais, si il quelqu’un est tombé dans de grands péchés, il doit d’autant plus se retrancher ce qui est permis, qu’il se souvient d’avoir commis des actions défendues. Et, en effet, les fruits des bonnes œuvres ne doivent pas être pareils en celui qui a peu péché, et en celui qui a péché beaucoup ; ou bien en celui qui n’a jamais commis de crimes, celui qui en a commis quelques-uns, et celui qui en a commis un grand nombre. Ces paroles donc : « Faites de dignes fruits de pénitence, » sont un appel à la conscience de chacun, l’invitant à acquérir par la pénitence un trésor de bonnes œuvres d’autant plus grand, qu’il s’est causé de plus grands dommages par le péché.

Nous voici entrés dans la Semaine qui précède immédiatement la Naissance du Messie : dans sept jours au plus tard, il viendra ; et selon la longueur du temps de l’Avent, laquelle varie chaque année, il se peut que l’Avènement tant désiré ait lieu dans six jours, dans trois jours, demain même. L’Église compte les heures d’attente ; elle veille jour et nuit, et ses Offices ont pris une solennité inaccoutumée depuis le 17 Décembre. A Laudes, elle varie chaque jour les Antiennes ; à Vêpres, elle exprime avec tendresse et majesté ses désirs d’Épouse par de brûlantes exclamations vers le Messie, dans lesquelles elle lui donne chaque jour un titre magnifique emprunté au langage des Prophètes.

Aujourd’hui elle veut frapper le dernier coup pour émouvoir ses enfants. Elle les transporte dans la solitude ; elle leur montre Jean-Baptiste, de la mission duquel elle les a déjà entretenus au troisième Dimanche. La voix de cet austère Précurseur ébranle le désert, et se fait entendre jusque dans les cités. Elle prêche la pénitence, la nécessité de se purifier en attendant celui qui va paraître. Retirons-nous à l’écart durant ces jours ; ou si nous ne le pouvons faire à raison de nos occupations extérieures, retirons-nous dans le secret de notre cœur et confessons notre iniquité, comme ces vrais Israélites qui venaient, pleins de componction et de foi dans le Messie, achever, aux pieds de Jean-Baptiste, l’œuvre de leur préparation à le recevoir dignement, lorsqu’il allait paraître.

Or, voici la sainte Église qui, avant d’ouvrir le livre du Prophète, nous dit à l’ordinaire, mais avec une solennité de plus en plus grand :

Prope est iam Dóminus : veníte, adorémus. Le Seigneur est déjà proche : venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe. CHAP. XXXV. (Voir leçons des Matines plus haut)

Elle sera donc bien grande, ô Jésus ! la joie de votre venue, si elle doit briller sur notre front à jamais comme une couronne ! Mais comment n’en serait-il pas ainsi ? Le désert même, à votre approche, fleurit comme un lis, et des eaux vives jaillissent du sein de la terre la plus altérée. O Sauveur ! Venez vite nous donner de cette Eau dont votre Cœur est la source, et que la Samaritaine, qui est notre image à nous pécheurs, vous demandait avec tant d’instances. Cette Eau est votre Grâce ; qu’elle arrose notre aridité, et nous fleurirons aussi ; qu’elle désaltère notre soif, et nous courrons la voie de vos préceptes et de vos exemples, ô Jésus ! avec fidélité, sur vos pas. Vous êtes notre Voie, notre sentier vers Dieu ; et Dieu, c’est vous-même : vous êtes donc aussi le terme de notre route. Nous avions perdu la voie, nous nous étions égarés comme des brebis errantes : que votre amour est grand de venir ainsi après nous ! Pour nous apprendre le chemin du ciel, vous ne dédaignez pas d’en descendre, et vous voulez faire avec nous la route qui y conduit. Non, désormais nos bras ne sont plus abattus ; nos genoux ne tremblent plus ; nous savons que c’est dans l’amour que vous venez. Une seule chose nous attriste : c’est de voir que notre préparation n’est pas parfaite. Nous avons encore des liens à rompre ; aidez-nous, ô Sauveur des hommes ! Nous voulons écouter la voix de votre Précurseur, et redresser tout ce qui offenserait vos pas sur le chemin de notre cœur, ô divin Enfant ! Que nous soyons baptisés dans le Baptême d’eau de la pénitence ; vous viendrez ensuite nous baptiser dans le Saint-Esprit et dans l’amour.

A LA MESSE.

Le Prophète a excité notre soif en nous parlant de la limpidité et de la fraîcheur des sources qui jaillissent à l’arrivée du Messie ; demandons, avec la sainte Église, la rosée qui rafraîchira notre cœur, la pluie qui le rendra fécond.

Dans la Collecte, l’Église fait instance pour être délivrée au plus tôt ; elle craint que ses péchés ne soient la cause du retard que l’Époux met avenir ; elle se recommande à sa miséricorde pour franchir cet obstacle.

ÉPÎTRE.

L’Église remet sous les yeux des peuples, dans cette Épître, la dignité du Sacerdoce chrétien, à l’occasion de l’Ordination qu’on a célébrée la veille, et rappelle en même temps aux Ministres sacrés l’obligation qu’ils ont contractée de se montrer fidèles dans la charge qui leur a été imposée. Au reste, il n’appartient pas aux brebis de juger le pasteur : tous, prêtres et peuple, doivent vivre dans l’attente du jour de l’Avènement du Sauveur, de ce dernier Avènement dont la terreur sera aussi grande qu’est attrayante la douceur du premier, et du second auquel nous préparons nos âmes. Après avoir fait retentir dans l’assemblée ces paroles sévères, la sainte Église reprend le cours de ses espérances, et célèbre encore l’arrivée prochaine de l’Époux. « Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité. V/. Ma bouche annoncera la louange du Seigneur ; que toute chair bénisse son saint Nom. Alléluia, alléluia. V/. Venez, Seigneur, et ne tardez plus : pardonnez les crimes d’Israël votre peuple. Alléluia. »

ÉVANGILE.

Vous êtes proche, Seigneur, car l’héritage de votre peuple a passé aux mains des Gentils, et la terre que vous aviez promise à Abraham n’est plus aujourd’hui qu’une province de ce vaste empire qui doit précéder le vôtre. Les oracles des Prophètes s’exécutent de jour en jour ; la prédiction de Jacob lui-même est accomplie : Le sceptre est ôté de Juda. Tout se prépare pour votre arrivée, ô Jésus ! C’est ainsi que vous renouvelez la face de la terre : daignez aussi renouveler mon cœur, et soutenir son courage, dans ces dernières heures qui précèdent votre venue. Il sent le besoin de se retirer au désert, d’implorer le baptême de la pénitence, de redresser ses voies : faites tout cela en lui, divin Sauveur, afin qu’au jour où vous allez descendre sa joie soit pleine et parfaite.

Pendant l’Oblation, l’Église salue la glorieuse Vierge dont les flancs recèlent encore le salut du monde. O Marie ! donnez-nous bientôt celui qui vous remplit de sa présence et de sa grâce. Le Seigneur est avec vous, ô Marie incomparable ; mais l’heure approche où il sera aussi avec nous ; car son nom est Emmanuel.

Pendant la Communion, l’Église, toute pleine du Dieu qui vient de descendre en elle, emprunte les paroles d’Isaïe pour célébrer la Vierge mère, et ce chant lui convient aussi, à elle qui vient d’être mystérieusement visitée par le même Fils de Dieu dont le sein de Marie est le tabernacle.

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Samedi des Quatre-Temps de l’Avent

18 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Samedi des Quatre-Temps de l’Avent

Lecture Is. 19, 20–22

En ces jours là : quand ils crieront vers le Seigneur, à cause des oppresseurs, il leur enverra un sauveur et un champion pour les délivrer. Le Seigneur se fera connaître de l’Égypte, et l’Égypte connaîtra le Seigneur, en ce jour-là ; ils feront des sacrifices et des offrandes ; ils feront des vœux au Seigneur et les accompliront. Le Seigneur frappera l’Égypte, frappant et guérissant. Ils se convertiront au Seigneur, et il se laissera fléchir par eux et les guérira.

Oraison

Dieu tout puissant, par un vieil esclavage, nous sommes écrasés sous le joug du péché ; faites que la naissance nouvelle de votre Fils unique que nous attendons nous rende la liberté.

Lecture Is. 35, 1–7

Voici ce que dit le Seigneur : Le désert et la terre aride se réjouiront ; la steppe sera dans l’allégresse, et fleurira comme le narcisse ; il se couvrira de fleurs et tressaillira, il poussera des cris de joie. La gloire du Liban lui sera donnée, avec la magnificence du Carmel et de Saron. Ils verront la gloire du Seigneur, la magnificence de notre Dieu ! Fortifiez les mains défaillantes, et affermissez les genoux qui chancellent ! Dites à ceux qui ont le cœur troublé ; « Prenez courage, ne craignez point : Voici votre Dieu ; la vengeance vient, une revanche divine, il vient lui-même et vous sauvera. » Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, alors s’ouvriront les oreilles des sourds. Le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, et des ruisseaux dans les steppes ; .Le sol brûlé se changera en un lac, et la terre altérée en sources d’eaux : Oracle du Seigneur Tout puissant.

Oraison

Nous sommes, Seigneur, des serviteurs indignes, et c’est notre vie coupable qui nous attriste. Cependant, rendez-nous la joie par l’avènement de votre Fils Unique.

Lecture Is. 40, 9–11

Voici ce que dit le Seigneur : Monte sur une haute montagne, toi qui portes à Sion la bonne nouvelle ; élève la voix avec force, toi qui portes à Jérusalem la bonne nouvelle ; élève-la, ne crains point ; dis aux villes de Juda « Voici votre Dieu ! » Voici que le Seigneur Dieu vient avec puissance ; son bras exerce la domination ; Voici que sa récompense est avec lui, et son salaire est devant lui. Comme un berger, il fera paître son troupeau ; il recueillera les agneaux dans ses bras, et les portera dans son sein, le Seigneur notre Dieu.

Oraison

Nous vous en prions, Dieu tout puissant, permettez que la fête toute proche de votre Fils nous apporte les remèdes nécessaires à la vie présente et nous mérite la récompense éternelle.

Lecture Is. 45, 1–8

Ainsi parle le Seigneur à son oint, à Cyrus , que j’ai pris par la main droite pour terrasser devant lui les nations, et pour délier la ceinture des rois, pour ouvrir devant lui les portes, afin que les entrées ne lui soient pas fermées. Moi, je marcherai devant toi ; j’aplanirai les chemins montueux ; je romprai les portes d’airain, et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai les trésors cachés, et les richesses enfouies, afin que tu saches que je suis le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui t’ai appelé par ton nom. A cause de Jacob, mon serviteur, et d’Israël, mon élu, je t’ai appelé par ton nom ; je t’ai désigné quand tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre ; hors moi, il n’y a point de Dieu ! Je t’ai ceint quand tu ne me connaissais pas, afin que l’on sache ; du levant au couchant, qu’il n’y a rien en dehors de moi ! Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre ; je forme la lumière et crée les ténèbres, je fais la paix et je crée le malheur c’est moi le Seigneur qui fais tout cela. Cieux, répandez d’en haut votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir la justice ! Que la terre s’ouvre et produise le salut, qu’elle fasse germer la justice en même temps ! Moi ! Le Seigneur, je crée ces choses.

Oraison

Par pitié, Seigneur, exaucez les prières de votre peuple,. Et puisque nous subissons les épreuves que nous ont mérités nos péchés, apportez-nous le réconfort quand vous viendrez à nous, plein de bonté.

Épitre 2 Th. 2, 1–8

Mes Frères : En ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos sentiments, ni alarmer, soit par quelque esprit, soit par quelque parole ou lettre supposées venir de nous, comme si le jour du Seigneur était imminent. Que personne ne vous égare d’aucune manière ; car auparavant viendra l’apostasie, et se manifestera l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte, jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s’il était Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu’il se manifeste en son temps. Car le mystère d’iniquité s’opère déjà, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour. Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur Jésus exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’éclat de son avènement.

Évangile Lc. 3, 1–6

La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Secrète

Jetez, Seigneur, un regard apaisé sur le sacrifice que vous nous présentons ; qu’il nous attache à vous et assure notre salut.

Office

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Première leçon. A quel temps le Précurseur de notre Rédempteur reçut le mandat de prêcher, nous le trouvons indiqué par la double mention que fait l’Évangile, et du chef de l’empire Romain et des rois de la Judée. Il venait annoncer Celui qui allait en racheter quelques-uns d’entre les Juifs et un plus grand nombre d’entre les Gentils : voilà pourquoi on précise l’époque de sa prédication, en citant et un empereur des Gentils et les princes des Juifs. La Gentilité devait être rassemblée, tandis que la nation juive allait être dispersée, en punition de sa perfidie, cela aussi nous est indiqué par la mention faite des chefs du pouvoir civil : un seul, dit l’Évangile, dominait dans la République Romaine, tandis que plusieurs princes commandaient dans la Judée, divisée en quatre parties.
Deuxième leçon. En effet, voici la parole de notre Rédempteur : « Tout royaume divisé contre lui-même sera détruit. » II est donc visible que le royaume de Judée, divisé et soumis à tant de chefs, touchait à son terme. C’est aussi avec raison qu’on ne dit pas seulement sous quels princes, mais encore sous quels prêtres la parole du Seigneur se fit entendre au Fils de Zacharie dans le désert. Comme Celui que Jean-Baptiste annonçait devait être à la fuis Roi et Prêtre, l’Évangéliste saint Luc désigne le temps de sa prédication par la mention et des chefs du gouvernement civil et des autorités sacerdotales.
Troisième leçon. « Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. » Il est évident pour tous les lecteurs, que Jean n’a pas seulement prêché le baptême de la pénitence, mais qu’il le donna aussi à plusieurs : cependant il n’a pas pu donner son baptême en rémission des péchés, car la rémission des péchés ne nous est accordée que par le seul baptême du Christ. Aussi, faut-il remarquer qu’il est dit : « prêchant le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés » ; car, ne pouvant donner le baptême qui remet les péchés, il le prêchait. De sorte que, comme la parole de sa prédication était l’avant-coureur de la Parole incarnée du Père, de même son baptême, par lequel les péchés ne pouvaient être remis, fut l’avant-coureur du baptême de pénitence qui remet les péchés.

Prope est iam Dóminus : veníte, adorémus. Le Seigneur est déjà proche : venez, adorons-le.

(Voir leçons des Matines plus haut)

La lecture du Prophète Isaïe est encore suspendue en ce jour, et remplacée à Matines par une Homélie sur l’Évangile de la Messe. Cet Évangile se trouvant répété à la Messe du IVe Dimanche de l’Avent, qui est demain, nous ne nous en occuperons pas aujourd’hui. Nous donnerons seulement ici la raison pour laquelle le Missel n’assigne qu’un seul Évangile à ces deux Messes.

L’usage fut d’abord, dans l’Église Romaine, de célébrer l’Ordination dans la nuit du Samedi au Dimanche, en la même manière qu’on administrait le Baptême aux catéchumènes dans la nuit du Samedi saint au jour de Pâques. La cérémonie avait lieu vers minuit, et se prolongeait toujours d’une manière notable sur le Dimanche, en sorte que la Messe de l’Ordination comptait pour celle du Dimanche lui-même. Plus tard, la discipline s’adoucit, et ces veilles pénibles furent supprimées ; on avança la Messe de l’Ordination, comme on a avancé aussi celle du Samedi saint ; en sorte que le quatrième Dimanche de l’Avent et le deuxième de Carême n’ayant point eu jusqu’alors d’Évangile propre, puisqu’ils n’avaient pas de Messe propre, il fut réglé, vers les Xe ou XIe siècles, qu’on répéterait l’Évangile de la Messe de l’Ordination dans la Messe spéciale de ces deux Dimanches.

La Station est à Saint-Pierre, le Samedi, à cause de l’Ordination. Cette Basilique convenait mieux que toute autre pour réunir le peuple, ayant toujours été une des plus vastes de la ville de Rome.

Honorons Marie en ce jour du Samedi qui lui est consacré, en nous unissant aux cantiques de l’Église Orientale, toujours inépuisable dans les louanges de la Mère de Dieu.

Méditation

CONTEMPLER L'INVISIBLE

Le Seigneur lui dit : Je marcherai en personne devant vous, et je vous procurerai le repos.

Moïse lui dit : Si vous ne marchez vous-même devant nous, ne nous faites point sortir de ce lieu.

Car comment pourrons-nous savoir, moi et votre peuple, que nous avons trouvé grâce devant vous, si vous ne marchez avec nous, afin que nous soyons en honneur et en gloire parmi tous les peuples qui habitent sur la terre ?

Le Seigneur dit à Moïse : Je ferai ce que vous venez de me demander : car vous avez trouvé grâce devant moi, et je vous connais par votre nom.

Moïse lui dit : Faites-moi voir votre gloire.

Le Seigneur lui répondit : Je vous ferai voir toutes sortes de biens. Je ferai éclater devant vous le nom du Seigneur. Je ferai miséricorde à qui je voudrai, et j’userai de clémence envers qui il me plaira.

Dieu dit encore : Vous ne pourrez voir mon visage : car nul homme ne me verra sans mourir.

Il ajouta : Il y a un lieu où je suis, où vous vous tiendrez sur la pierre ; et lorsque ma gloire passera, je vous mettrai dans l’ouverture de la pierre, et je vous couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé : j’ôterai ensuite ma main, et vous me verrez par derrière ; mais vous ne pourrez voir mon visage. Ex 33, 14-23

Dans l'Ancien Testament, Moïse, désire voir sa gloire, mais cela est impossible sans mourir, nul homme ne peut voir le visage de Dieu, ici-bas.

Après l'Incarnation, dans le Nouveau Testament le disciple bien-aimé, lui, l'a vu, écouté et touché comme les apôtres, les disciples et les contemporains :

Nul n’a jamais vu Dieu : le Fils unique qui est dans le sein du Père, est celui qui en a donné la connaissance. Jn 1, 18

Nous vous annonçons la Parole de vie, qui était dès le commencement, que nous avons entendue, que nous avons vue de nos yeux, que nous avons regardée avec attention, et que nous avons touchée de nos mains : car la Vie même s’est rendue visible ; nous l’avons vue, nous en rendons témoignage, et nous vous l’annonçons cette Vie éternelle qui était dans le Père, et qui est venue se montrer à nous.

Nous vous prêchons, dis-je, ce que nous avons vu et ce que nous avons entendu ; afin que vous entriez vous-mêmes en société avec nous, et que notre société soit avec le Père, et avec son Fils Jésus-Christ.

Et nous vous écrivons ceci, afin que vous en ayez de la joie, mais une joie pleine et parfaite.

Or ce que nous avons appris de Jésus-Christ, et ce que nous vous enseignons, est, que Dieu est la lumière même, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres ; de sorte que si nous disons que nous avons société avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. I Jn 1, 1-6

Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi mon Père. Jn 14, 9

Car toute la plénitude de la Divinité habite en lui corporellement. Col 2, 9

Ils l'ont vu et touché aussi après la Passion et la Résurrection, l' Apôtre Thomas le prouve :

Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous qui les ont percées, et si je ne mets mon doigt dans le trou des clous, et ma main dans la plaie de son côté, je ne le croirai point.

Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et il se tint au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous !

Il dit ensuite à Thomas : Portez ici votre doigt, et considérez mes mains ; approchez aussi votre main, et mettez-la dans mon côté ; et ne soyez point incrédule, mais fidèle.

Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu !

Jésus lui dit : Vous avez cru, Thomas, parce que vous m’avez vu : heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! Jn 20 ; 26-29

 

 

 

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Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent

17 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent

Lecture Is. 11, 1–5

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Un rameau sortira du tronc de Jessé, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur ; Il mettra ses délices dans la crainte du Seigneur. Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux, et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles. Il jugera les petits avec justice, et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre. Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice ceindra ses flancs, et la fidélité sera la ceinture de ses reins.

Evangile Lc. 1, 39–47

En ce temps-là : Marie partit et s’en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. Et elle s’écria à haute voix, disant : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant a tressailli de joie dans mon sein.Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! » Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur »

Office

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Première leçon. Ordinairement, qui veut être cru commence par prouver qu’il est digne de foi. Aussi l’Ange, annonçant à Marie le mystère qui va s’accomplir, lui dit, pour la convaincre, qu’une femme stérile et avancée en âge est devenue mère, et il lui fait ainsi comprendre que Dieu peut tout ce qui lui plaît. Dès que Marie eut appris cette nouvelle, elle se dirigea vers les montagnes. Ce n’est pas qu’elle fût incrédule à l’oracle de l’Ange, ou qu’elle doutât de la réalité de la mission du messager qui lui était envoyé, ni même qu’elle hésitât sur l’exemple qui lui avait été donné ; mais Marie était heureuse de voir les désirs de sa cousine réalisés ; elle voulut remplir, en la visitant, un pieux devoir, et partit en toute hâte, car la joie la transportait. Déjà pleine de Dieu, où se dirigerait-elle avec tant d’empressement, sinon vers des régions plus élevées ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas de lenteur dans les efforts qu’elle inspire.
Deuxième leçon. O saintes femmes, apprenez avec quel empressement vous, devez assister vos parentes lorsqu’elles sont enceintes. Auparavant, Marie vivait seule dans le fond de sa demeure ; maintenant, sa pudeur virginale ne la détourne pas de paraître en public ; l’aspérité des montagnes n’arrête pas les élans de son zèle, la longueur du chemin ne la décourage pas dans son empressement à rendre service. La Vierge quitte sa maison et se dirige en grande hâte vers les montagnes et elle part, préoccupée de son devoir, sans penser aux difficultés, écoutant sa charité plutôt que la faiblesse de son sexe. O Vierges, apprenez à ne pas courir ça et là chez les autres, à ne pas vous arrêter sur les places, à ne prendre part à aucun entretien en public. Marie, lente à sortir de chez elle, pressée quand elle est au milieu du monde, resta trois mois chez sa cousine.
Troisième leçon. Vous avez appris, ô vierges, la pudeur de Marie ; apprenez son humilité. Une parente vient chez sa parente ; la plus jeune vient voir la plus âgée ; et non seulement elle vient, mais aussi, elle salue la première. Car il convient qu’une vierge soit d’autant plus humble qu’elle est plus chaste. Qu’elle sache user de déférence envers les personnes plus âgées ; que celle qui fait profession de chasteté enseigne l’humilité. C’est à la fois, un effet de sa piété et une règle pour notre instruction. Il faut remarquer avec soin, que c’est ici le supérieur qui vient à l’inférieur, pour que l’inférieur soit secouru : Marie vient à Élisabeth et le Christ à Jean.

 

O Sagesse, * qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, atteignant d’une extrémité à une autre extrémité, et disposant toutes choses avec force et douceur : venez pour nous enseigner la voie de la prudence

Méditation

Caput 6

Lectio 1

Super Heb., cap. 6 l. 1 Supra apostolus fecit mentionem de pontificatu Christi secundum ordinem Melchisedech, et ostendit tarditatem eorum quibus scribebat, hic redit ad suum propositum. Et circa hoc tria facit quia primo aperit intentionem suam; secundo ostendit eius difficultatem, ibi et hoc faciemus; tertio declarat intentionem, ibi confidimus. Circa primum duo facit quia primo manifestat suum propositum; secundo exponit quod dicit, ibi non rursum. Propositum suum est quod, praetermissis his quae pertinent ad inchoationem doctrinae Christianae, vult prosequi alia altiora. Unde dicit: iam dictum est, quod perfectis opus est solido cibo, quapropter intermittentes sermonem inchoationis doctrinae Christi, per quam Christus inchoat esse in nobis, quod est per doctrinam fidei. Ep. III, 17: habitare Christum per fidem in cordibus nostris. Feramur ad perfectionem, id est, ad ea quae spectant ad perfectionem doctrinae Christi. I Cor. XIII, 11: quando factus sum vir, evacuavi quae erant parvuli. Hoc autem secundum Glossam ad duo referri potest, scilicet vel ad intellectum, ut scilicet ex quo homo provectus est, debet intermittere puerilia et vacare perfectis. I Cor. II, 6: sapientiam loquimur inter perfectos. Vel ad effectum. Et est sensus, quod non semper est standum in sensu incipientium, sed oportet tendere ad statum perfectorum. Gn.XVII, 1: ambula coram me, et esto perfectus. Hic est duplex obiectio. Et primo, de hoc quod dicit intermittentes inchoationem, quia numquam debet intermitti inchoatio. Ps. LXXVI, 10: et dixi: nunc coepi. Jb. XXVII, 6: iustificationem quam coepi tenere non deseram. Respondeo. Dicendum est, quod contingit dupliciter intermittere inchoationem. Vel quantum ad aestimationem, et sic semper debet homo esse sicut incedens et tendens ad maiora. Ph. III, 12: non quod iam coeperim, aut quod iam perfectus sim. Vel quantum ad progressum ad perfectionem, et sic semper debet niti homo transire ad statum perfectum. Ph. III, 13: quae retro sunt obliviscens, ad ea quae priora sunt me extendens. In via enim Dei non progredi, ait Bernardus, est regredi. Alia obiectio est de hoc quod dicit feramur ad perfectionem. Perfectio enim consistit in consiliis. Mt. XIX, 21: si vis perfectus esse, vade, et vende omnia, et cetera. Non omnes autem tenentur ad consilia; igitur. Respondeo. Dicendum est, quod duplex est perfectio. Una, scilicet exterior, quae consistit in actibus exterioribus, qui sunt signa interiorum, sicut virginitas, voluntaria paupertas. Et ad hanc non omnes tenentur. Alia est interior, quae consistit in dilectione Dei et proximi. Col. III, 14: charitatem habete, quod est vinculum perfectionis. Et ad perfectionem huiusmodi non omnes tenentur, sed omnes tenentur ad eam tendere, quia si quis nollet plus diligere Deum, non faceret quod exigit charitas. Dicit autem feramur, et hoc secundum impulsionem a spiritu sancto. Rm. VIII, 14: qui spiritu aguntur, hi filii Dei sunt. Vel sicut portati a Deo, qui portat infirmitatem nostram. Is. XLVI, 3: audite me, domus Iacob, et omne residuum domus Israel, qui portamini a meo utero. Vel sicut portati ab invicem. Ga. VI, 2: alter alterius onera portate. Deinde cum dicit non rursum, exponit quod dixit, et intendit ostendere quae sunt illa quae faciunt ad inchoationem doctrinae Christi. Et utitur similitudine. Per fidem enim anima aedificatur in spirituali aedificio. Sicut ergo in corporali aedificio, primo ponitur fundamentum, ita hic prima rudimenta doctrinae Christi sunt quasi fundamenta. Sed contra: quia infra XI, 1, ponitur fides esse fundamentum; fides autem una est. Ep. IV, 5: unus dominus, una fides, unum Baptisma. Hic autem ponit sex fundamenta; ergo videtur quod male. Respondeo. Dicendum est, quod fides fundamentum est virtutum. Ista autem, quae ponit hic, sunt fundamenta doctrinae Christi. Et dicit non rursum iacientes fundamentum, etc., quasi ita firmiter ponamus quod non oporteat iterato ponere. Vel quia dudum posuistis, et non oportet iterare. Multum autem signanter ordinat ista apostolus. Sicut enim in via generationis et cuiuscumque motus, prius est recessus a termino a quo et post accessus ad terminum ad quem, ita dicit hic, quia poenitentia est recessus a peccato, et sic est quasi quoddam fundamentum in ista vita. Nemo enim, secundum Augustinum, suae voluntatis arbiter, potest novam vitam inchoare, nisi poeniteat eum praeteritae. Unde dominus in principio praedicationis dicit: poenitentiam agite, Mt. IV, 17. Et ideo dicit poenitentiae ab operibus mortuis. Opera enim mortua dicuntur, vel quae secundum se sunt mortua, vel quae sunt mortificata. Res dicitur viva, quando habet officium propriae virtutis, a quo cum deficit, dicitur mortua. Opera enim nostra sunt ordinata ad beatitudinem, quae est finis hominis. Et ideo quando non ducunt ad beatitudinem, nec ordinari possunt, dicuntur mortua: et haec sunt opera facta in peccato mortali. Infra IX, 14: sanguis Christi, qui per spiritum sanctum obtulit seipsum immaculatum Deo, emundabit conscientias nostras ab operibus mortuis. Opera vero facta in charitate per peccatum mortificantur; unde non habent virtutem, ut mereantur vitam aeternam. Ez. XVIII, 24: omnes iustitiae eius quas fecerat, non recordabuntur. Poenitentia vero facit, quod ista reviviscunt: unde tunc iterum reputantur ad vitam aeternam. In accessu vero ad terminum primo est fides, et ideo dicit fundamentum fidei ad Deum. Proprium autem fidei est, quod credat homo et assentiat non visis a se, sed testimonio alterius. Hoc autem testimonium vel est hominis tantum: et istud non facit virtutem fidei, quia homo et fallere et falli potest. Vel istud testimonium est ex iudicio divino: et istud verissimum et firmissimum est, quia est ab ipsa veritate, quae nec fallere, nec falli potest. Et ideo dicit, ad Deum, ut scilicet assentiat his quae Deus dicit. Jn.XIV, 1: creditis in Deum, et in me credite. Secundo, in isto processu sunt sacramenta fidei. Haec autem sunt duo sacramenta intrantium; de his enim tantum agit hic apostolus. Et ista sunt Baptismus primum, per quem regeneramur, et secundum est confirmatio, per quam confirmamur. Quantum ad primum dicit Baptismatum. Sed contra Ep. IV, 5: una fides, unum Baptisma. Non ergo plura sunt Baptismata. Respondeo. Dicendum est, quod triplex est Baptismus, scilicet fluminis, flaminis, et sanguinis; sed duo ultima non habent vim, nisi referantur ad primum, quia illa oportet habere in proposito, si non adsit facultas, in habentibus usum liberi arbitrii. Et ideo non sunt tria sacramenta; sed unum sacramentum, per quod regeneramur ad salutem. Jn. III, 5: nisi quis renatus fuerit ex aqua et spiritu sancto, et cetera. Inter ista vero Baptismus sanguinis plus habet de effectu Baptismi, si tamen primum fuerit in proposito, vel contrarium non teneatur in mente, sicut patet de innocentibus, qui non erant in opposita dispositione. Baptismus enim virtutem habet ex merito passionis Christi. Rm. VI, 3: quicumque baptizati sumus in Christo Iesu, in morte ipsius baptizati sumus. Sicut ergo qui baptizatur, conformatur morti Christi sacramentaliter, ita martyr realiter. Et ideo istud Baptisma habet totum effectum Baptismi, quantum ad hoc quod purgat omnem culpam et poenam peccati, non tamen imprimit characterem aliquem. Et ideo si recipiens martyrium sine Baptismo aquae resurgeret, esset baptizandus. Poenitentia vero non tantum habet de effectu Baptismi, quia non tollit omnem poenam, licet tollat culpam. Sicut autem martyr conformat se morti Christi per exteriorem passionem, ita poenitens per interiorem. Ga.V, 24: qui Christi sunt, carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupiscentiis. Ideo potest esse tanta, quod tolleret omnem culpam et poenam, sicut patet in latrone et Magdalena. Unde poenitentia dicitur Baptismus, inquantum supplet Baptismi vicem. Et quia non licet illud iterari, ideo instituta est poenitentia. Ista ergo dicuntur Baptismata, quia habent effectum Baptismi; sed tantum unum Baptisma, quia non agunt nisi illud habeatur in proposito. Secundum sacramentum intrantium est in ipsa manuum impositione. Ideo dicit impositionis quoque manuum. Haec autem est duplex. Una est miracula faciens, sicut quando Christus per manus impositionem curabat infirmos Lc. IV, 40: singulis manus imponens curabat eos et haec non est sacramentalis. Alia est sacramentalis, et haec est duplex. Una in sacramento ordinis. I Tm. V, 22: manus nemini cito imposueris. Alia est in sacramento confirmationis ad renovationem. Tt. III, 5: per lavacrum regenerationis et renovationis spiritus sancti, et cetera. In confirmatione enim datur spiritus ad robur, ut scilicet audacter homo confiteatur nomen Christi coram hominibus. Sicut enim in esse naturae prius generatur homo, et postea augetur et roboratur, ita in esse gratiae. Tertio sequitur terminus motus, ad quem motus terminatur, et ille est duplex. Duo enim expectamus: primum est resurrectio corporum et ista est fidei fundamentum, quia sine hac inanis est fides nostra, I Cor.XV, 14. Ideo dicit de resurrectione mortuorum. Item expectamus remunerationem, quae fiet per iudicem. Ec. XII, 14: cuncta quae fiunt adducet Deus in iudicium. Et ideo dicit iudicii aeterni, non quod illud iudicium duret per mille annos, sicut voluit Lactantius, sed totum erit in momento. Sed dicitur aeternum, quia sententia quae ibi dabitur, in aeternum durabit. Mt. XXV, 46: ibunt hi in supplicium aeternum: iusti autem in vitam aeternam. Et sciendum est, quod omnia ista, quae dicit se velle hic tractare, sunt quasi quaedam rudimenta fidei. Unde praedicat ea novitiis Ac. XVII, 18 ss. et in multis aliis locis. Deinde cum dicit et hoc faciemus, ostendit difficultatem propositi sui exequendi: difficile enim est, et in se, et respectu auditorum. Unde tria facit. Primo innuit, quod in hoc potissime indigeat divino auxilio; secundo subdit quorumdam imbecillitatem, ibi impossibile est enim; tertio adducit quamdam similitudinem, ibi terra enim. Dicit ergo: feramur ad perfectum, et hoc faciemus, siquidem permiserit Deus. Minus autem dicit, et plus significat. Nam non est tantum necessarium quod dominus permittat, sed oportet quod omnia faciat. Sg. VII, 16: in manu Dei nos et sermones nostri. Et ideo debet omnia ponere sub confidentia divini auxilii. Jn. XV, 15: sine me nihil potestis facere. Jc. IV, 15: pro ut dicatis, si Deus voluerit, et si vixerimus faciemus. Deinde cum dicit impossibile est, ostendit imbecillitatem eorum: erant enim imbecilles ad audiendum. Sicut in corporalibus nullus status est ita periculosus, sicut recidivantium, ita in spiritualibus, qui post gratiam cadit in peccatum, difficilius surgit ad bonum. Et circa hoc facit tria: primo proponit bona quae perceperant; secundo difficultatem causatam in eis ex recidivo, ibi et prolapsi sunt; tertio assignat rationem, ibi rursus crucifigentes. Bona autem quaedam sunt praesentia, quaedam vero futura. Ipsi vero in praesenti habuerunt spiritualem regenerationem, et quantum ad hoc dicit illuminati, scilicet per Baptismum. Et congrue dicitur Baptismus illuminatio, quia Baptismus est principium regenerationis spiritualis, in qua intellectus illuminatur per fidem. Ep. V, 8: eratis aliquando tenebrae, nunc autem lux in domino. Habent etiam bonorum Dei participationem, et quantum ad hoc dicit et gustaverunt donum caeleste. Donum istud est gratia, et dicitur caeleste, quia a caelis Deus eam dat. Ps. LXVII, 19: dedit dona hominibus, et Jc. I, 17: omne datum optimum, et omne donum perfectum desursum est, descendens a patre luminum. Est etiam in eis participatio divinae bonitatis. II P. I, 4: per quem, scilicet Christum, maxima nobis et pretiosa promissa donavit. Ideo dicit participes facti spiritus sancti. Omnia enim dona dantur ex amore: et ideo istam participationem attribuit spiritui sancto. Est autem participare, partem capere. Solum autem Christus spiritum sanctum habuit ad plenitudinem. Jn. III, 34: non enim ad mensuram dat Deus spiritum. Alii enim sancti de eius plenitudine receperunt, et participes facti sunt, non quidem substantiae, sed distributionum eius. Supra II, 4: et variis spiritus sancti distributionibus. I Cor. XII, 4: divisiones gratiarum sunt, idem autem spiritus, et cetera. Item in praesenti habuerunt doctrinae eruditionem. Et quantum ad hoc dicit gustaverunt nihilominus bonum Dei verbum. Verbum istud dicitur bonum, quia est verbum vitae aeternae. Jn. VI, 69: domine, ad quem ibimus? Verba vitae aeternae habes. Ps. CXVIII, 103: quam dulcia faucibus meis eloquia tua. Dicit autem gustaverunt, quia non solum illuminat intellectum, sed etiam reficit affectum, in quo est quaedam saporatio. Ps. XXXIII, 8: gustate et videte, quoniam suavis est dominus. Bona autem futura habuerunt in spe. Rm. VIII, 24: spe salvi facti sumus. Et ideo dicit virtutesque saeculi venturi. Horum autem quaedam habent non solum in spe, sed etiam in quadam inchoatione, et illae sunt dotes animae, scilicet visio, tentio et fruitio, et illa habentur in quadam inchoatione, inquantum fides, spes et charitas, quae istis respondent, habentur in praesenti. Alia autem sunt bona, quae solum habentur in spe, ut dotes corporis, scilicet subtilitas, agilitas, impassibilitas, claritas. Consequenter cum dicit et prolapsi sunt, ostendit difficultatem ad resurgendum, causatam ex casu. Ubi notandum est, quod non dicit lapsi simpliciter, sed prolapsi, id est, totaliter lapsi: quia si lapsi tantum essent, non ita difficile foret resurgere. Pr. XXIV, 16: septies in die cadit iustus, et resurgit. Quod si diceret apostolus illos qui prolapsi sunt impossibile esse resurgere, tunc posset dici, quod in hoc notat maximam difficultatem resurgendi, scilicet et propter peccatum, et propter superbiam, sicut patet in Daemonibus. Sed quia dicit illos, qui semel prolapsi sunt non posse rursus renovari ad poenitentiam, nec est aliquod peccatum in hoc mundo, a quo non possit homo poenitere, ideo aliter est intelligendum. Unde sciendum est, quod ex hoc loco sumpsit Novatus quidam, qui fuit presbyter Ecclesiae Romanae, occasionem errandi. Voluit enim, quod nullus post Baptismum posset ad poenitentiam resurgere. Sed ista positio falsa est, sicut dicit Athanasius in epistola ad Serapionem, quia ipse Paulus recepit incaestuosum Corinthium, sicut patet II Cor. II, 5 ss., et similiter Ga. IV, 19, quia dicit: filioli mei, quos iterum parturio, et cetera. Est ergo intelligendum, sicut dicit Augustinus, quod non dicit quod impossibile est poenitere, sed quod impossibile est rursus renovari, id est baptizari. Tt. III, 5: per lavacrum regenerationis et renovationis, et cetera. Numquam enim posset homo sic poenitere, quod posset iterum baptizari. Et hoc dicit apostolus, quia secundum legem Iudaei multoties baptizantur, sicut patet Mc. VII, 3 s. Et ideo ad istum errorem removendum, dicit hoc apostolus. Deinde cum dicit rursus crucifigentes, etc., assignat rationem quare Baptismus non iteratur, quia scilicet Baptismus est quaedam configuratio mortis Christi, sicut patet Rm. VI, 3: quicumque in Christo baptizati sumus. Haec autem non iteratur, quia Christus resurgens ex mortuis iam non moritur, Rm. VI, 9. Qui ergo iterato baptizantur, rursum Christum crucifigunt. Vel aliter, quod denotetur repugnantia gratiae Christi, ut scilicet velint frequenter peccare et post iterum baptizari, ut scilicet non referatur ad iterationem Baptismi, sed ad lapsum eorum, qui peccant. Qui scilicet quantum in ipsis est, rursus crucifigunt Christum, quia Christus pro peccatis nostris mortuus est semel, I P. III, 18. Cum ergo peccas baptizatus, quantum in te est, das occasionem, ut iterum Christus crucifigatur, et sic contumelia fit Christo, in cuius sanguine te lotum maculas. Ap. I, 5: dilexit nos, et lavit nos a peccatis nostris in sanguine suo.

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Saint Eusèbe évêque et martyr mémoire de la Férie de l’Avent

16 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Saint Eusèbe évêque et martyr mémoire de la Férie de l’Avent

Collecte

O Dieu, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux Eusèbe, accordez-nous, dans votre miséricorde,de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance.

Office

Quatrième leçon. Eusèbe, Sarde de nation, Lecteur de l’Église romaine, puis Évêque de Verceil, sembla non sans raison choisi par un jugement divin pour gouverner cette Église ; car les électeurs, qui ne le connaissaient nullement auparavant, le désignèrent aussitôt qu’ils l’eurent vu, à l’exclusion de tous leurs concitoyens. Il ne leur fallut pas plus de temps pour l’apprécier que pour le voir. Eusèbe fut en Occident le premier que qui établit dans son Église des moines remplissant les fonctions de clercs, afin qu’on vît en eux tout à la fois le mépris des richesses et les occupations propres aux Lévites. C’était l’époque où les impiétés ariennes envahissaient de toutes parts l’Occident. Eusèbe les attaqua si vigoureusement, que le souverain Pontife Libère trouva dans la foi invincible de cet Évêque la consolation qui soutenait sa vie. Reconnaissant en lui la ferveur de l’Esprit de Dieu, le Pape le chargea d’aller avec ses légats plaider devant l’Empereur la cause de la foi. Eusèbe se rendit aussitôt avec eux auprès de Constance, et parvint à force de zèle à en obtenir tout ce qu’on se proposait dans cette légation, c’est-à-dire la célébration d’un concile.

Cinquième leçon. Le concile se réunit à Milan, l’année suivante ; Eusèbe fut invité par Constance à s’y rendre, tandis que les légats de Libère désiraient et réclamaient également sa présence. Bien loin de se laisser influencer par les menées de la synagogue arienne et de prendre part à ses fureurs contre saint Athanase, il déclara hautement dès l’abord que plusieurs des membres de l’assemblée lui étaient connus comme entachés d’hérésie, et proposa de leur faire souscrire à la foi de Nicée, avant de traiter d’autres matières. Les Ariens vivement irrités ne le voulurent point ; Eusèbe refusa de son côté de souscrire à la condamnation de saint Athanase et parvint même à dégager fort habilement la simplicité de saint Denys, le Martyr, qui, trompé par les hérétiques, avait souscrit à cette injustice. C’est pourquoi les Ariens, furieux contre Eusèbe, l’accablèrent de mauvais traitements, puis le firent condamner à l’exil. Mais le Saint, ayant secoué la poussière de ses pieds, et ne redoutant ni les menaces de César ni le tranchant du glaive, accepta l’exil comme une fonction de son ministère. Envoyé à Scythopolis, il y souffrit la faim, la soif, les coups et divers autres supplices ; mais il méprisa courageusement sa vie pour confesser la foi, et sans crainte de la mort, il livra son corps aux bourreaux.

Sixième leçon. Les lettres importantes que saint Eusèbe adressa de Scythopolis au clergé et au peuple de Verceil, et à quelques personnes du voisinage, montrent quelles furent envers lui la cruauté et l’insolence effrontée des Ariens. Elles prouvent encore qu’ils ne purent jamais, ni l’abattre par leurs menaces et leurs traitements inhumains, ni l’attirer à leur parti au moyen de ruses adroites et flatteuses. Déporté, à cause de sa fermeté, de Scythopolis en Cappadoce, et enfin en Thébaïde dans la Haute-Égypte, il supporta les rigueurs de l’exil jusqu’à la mort de Constance. Il lui fut alors permis de rejoindre son troupeau, mais il ne voulut partir qu’après avoir assisté au synode réuni à Alexandrie pour réparer les pertes de la foi. Il parcourut ensuite les provinces de l’Orient pour rendre à la santé, à l’instar d’un habile médecin, ceux qui étaient infirmes dans la foi, les instruisant dans la doctrine de l’Église. Continuant cette mission salutaire, i1 passa en Illyrie, et revint enfin dans l’Italie qui, à son retour, dépouilla ses vêtements de deuil. Ce fut là qu’il publia les commentaires d’Origène et d’Eusèbe de Césarée sur les Psaumes : commentaires qu’il avait expurgés de toute erreur et traduits du grec en latin. Enfin, illustré par tant d’actions excellentes, il alla recevoir l’inflétrissable couronne de gloire, que tant de souffrances lui avaient méritée. Sa mort eut lieu à Verceil, sous Valentinien et Valens.

Aux glorieux noms des défenseurs de la divinité du Verbe dont l’Église honore la mémoire au temps de l’Avent, vient s’associer de lui-même le nom de l’intrépide Eusèbe de Verceil. La foi catholique, ébranlée dans ses fondements au IVe siècle par l’hérésie arienne, se maintint debout par les travaux de quatre souverains Pontifes : Silvestre, qui confirma le Concile de Nicée ; Jules, qui fut l’appui de saint Athanase ; Libère, dont la foi ne défaillit pas, et qui, rendu à la liberté, confondit les Ariens ; et Damase, qui acheva de ruiner leurs espérances. L’un de ces quatre Pontifes brille sur le Cycle, au temps de l’Avent : c’est Damase, dont nous venons de célébrer la mémoire. A côté des Pontifes romains, combattent pour la divinité du Verbe quatre grands Évêques, desquels on peut affirmer que leur cause personnelle était en même temps celle du Fils de Dieu Consubstantiel : en sorte que leur dire anathème était dire anathème au Christ lui-même ; tous quatre puissants en œuvres et en paroles, la lumière des Églises, l’amour du peuple fidèle, les invincibles témoins du Christ. Le premier et le plus grand des quatre est l’Évêque du second Siège de l’Église, saint Athanase, Patriarche d’Alexandrie ; le deuxième est saint Ambroise de Milan, que nous avons fêté il va peu de jours ; le troisième est la gloire des Gaules, saint Hilaire, Évêque de Poitiers ; le quatrième est l’ornement de l’Italie, saint Eusèbe, Évêque de Verceil. C’est ce dernier que nous avons à honorer aujourd’hui. Hilaire aura son tour et confessera bientôt le Verbe éternel auprès de son berceau ; pour Athanase, il paraîtra en son temps, et célébrera dans sa Résurrection triomphante Celui qu’il proclama avec un courage magnanime, en ces jours de ténèbres où la sagesse humaine eût espéré volontiers que le royaume du Christ, après avoir triomphé de trois siècles de persécutions, ne survivrait pas à cinquante années de paix. Saint Eusèbe a donc été élu par la souveraine Providence de Dieu pour conduire le peuple fidèle à la Crèche, et lui révéler le Verbe divin sous les traits de notre faible mortalité. Les souffrances qu’il a endurées pour la divinité du Christ ont été si grandes, que l’Église lui a décerné les honneurs du Martyre, quoiqu’il n’ait pas répandu son sang dans les supplices.

Athlète invincible du Christ que nous attendons, Eusèbe, Martyr et Pontife, que vos fatigues et vos souffrances pour la cause de ce divin Messie ont été grandes ! Elles vous ont cependant paru légères, en comparaison de ce qui est dû à ce Verbe éternel du Père, que son amour a porté à devenir, par l’Incarnation, le serviteur de sa créature. Nous avons, envers ce divin Sauveur, les mêmes obligations que vous. C’est pour nous qu’il va naître d’une Vierge aussi bien que pour vous ; priez donc, afin que notre cœur lui soit toujours fidèle dans la guerre comme dans la paix, en face de nos tentations et de nos penchants, comme s’il s’agissait de le confesser devant les puissances du monde. Fortifiez les Pontifes de la sainte Église, afin que nulle erreur ne puisse tromper leur vigilance, nulle persécution lasser leur courage. Qu’ils soient fidèles imitateurs du souverain Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, et qu’ils paissent toujours le troupeau dans l’unité et la charité de Jésus-Christ.

Saint Eusèbe évêque et martyr mémoire de la Férie de l’Avent
Méditation

Lectio 3

Super Heb., cap. 4 l. 3 Supra apostolus monuit ad festinandum ingredi in requiem Dei, et ad hoc inducendum posuit magnitudinem Christi quantum ad divinam naturam, hic ostendit idem quantum ad humanam naturam, et circa hoc tria facit. Primo enim ponit eius dignitatem; secundo ostendit eius pietatem, ibi non enim habemus; tertio inducit ad habendum de eo fiduciam, ibi adeamus. Dicit ergo: ita dictum est, quod nobis est sermo ad eum, qui est vivus sermo, verus iudex et pontifex, ergo habentes pontificem magnum. Ps. CIX, 5: tu es sacerdos in aeternum, et cetera. Nec tantum pontifex, sed etiam magnus. Za. III, 1: et ostendit mihi dominus Iesum sacerdotem magnum, stantem coram Angelo, et cetera. Hic autem dicitur magnus, quia non est pontifex tantum bonorum temporalium, sed et futurorum. Infra IX, 11: Christus assistens pontifex futurorum bonorum, et cetera. Duo autem pertinebant ad magnum pontificem: unum quo ad officium, scilicet semel in anno cum sanguine intrare in sancta sanctorum, sicut habetur infra IX, 7, et Lv. XVI, 2 s. Hoc autem praecipue convenit Christo. Ille enim intrat cum sanguine in sancta figuralia; sed Christus per proprium sanguinem intravit in sancta, id est, sacra caelestia. Et ideo dicit qui penetravit caelos, id est, propria virtute penitus intravit. Secundum est quod debebat esse ex certa tribu, scilicet de stirpe Aaron, sicut dicitur Ex. XXIX, et Nb. XVI et XVII. Hoc autem competit Christo, qui est nobilioris originis: unde dicitur filius Dei. Mt. III, 17: hic est filius meus dilectus. Ps. II, 7: filius meus es tu, et cetera. Quia ergo habemus hunc pontificem, teneamus confessionem, id est, inhaereamus corde, quia, ut dicitur Rm. X, 10: corde creditur ad iustitiam, ore autem confessio fit ad salutem. Hanc autem confessionem requirit a nobis Christus pontifex maximus. Mt. X, 32: qui me confessus fuerit coram hominibus, et cetera. Sed dicit spei nostrae, quod dupliciter potest intelligi: uno modo, quod confessio prout hic sumitur, sit confessio fidei. Fides autem est principium spei, sicut habetur ex Glossa. Mt. I, 2: Abraham autem genuit Isaac, id est, fides genuit spem, non quidem quantum ad habitum, sed quantum ad ordinem actus. Nullus enim potest sperare, nec debet, nisi quod potest consequi. Quod autem possimus consequi aeterna, habemus per fidem. Vel confessionem spei, id est, eius de quo speramus, scilicet videre primam veritatem. Deinde cum dicit non enim habemus pontificem, ne forte credatur, quod non possit aliquid agere praeter id quod exigit eius iustitia, ostendit in ipso etiam esse misericordiam et pietatem, et ista respiciunt miseriam, et hoc praecipue convenit Christo. Unde dicit qui non possit compati infirmitatibus nostris. Sciendum est autem, quod ly posse aliquando importat non nudam potentiam, sed promptitudinem et aptitudinem Christi ad subveniendum, et hoc quia scit, per experientiam, miseriam nostram, quam, ut Deus, ab aeterno scivit per simplicem notitiam. Ps. CII, 14: misericors est Deus timentibus se, quoniam ipse cognovit figmentum nostrum. Unde subdit pro similitudine, scilicet nostri, tentatum. Est autem triplex tentatio. Una quae est a carne, quando scilicet caro concupiscit adversus spiritum, ut dicitur Ga. V, 17. Et ista non est sine peccato, quia, ut dicit Augustinus, nonnullum peccatum est, cum caro concupiscit adversus spiritum, quia hoc est carnem concupiscere. Sed hoc non fuit in Christo. Et ideo dicit absque peccato, id est, absque minimo motu peccati. I P. II, 22: qui peccatum non fecit, nec inventus est dolus in ore eius. Et ideo dicitur agnus Dei, Jn. I, 29. Alia est tentatio ab hoste et a mundo, et hoc dupliciter: vel alliciendo per prospera, vel terrendo per adversa. Et his duobus modis fuit tentatus Christus. Prosperis. Quicquid enim pertinet ad prosperitatem huius vitae, vel pertinet ad concupiscentiam carnis, vel ad concupiscentiam oculorum, vel ad superbiam vitae. De primo enim tentavit eum Diabolus, quando tentavit eum de gula, quae est mater luxuriae. Mt. IV, 3: si filius Dei es, dic ut lapides isti panes fiant. Item de inani gloria, cum dicit: mitte te deorsum. Item de concupiscentia oculorum, dicens: haec omnia tibi dabo, et cetera. Lc. IV, 13: consummata omni tentatione, Diabolus recessit ab illo usque ad tempus. Item fuit tentatus per adversa et insidias a Pharisaeis, quia volebant eum capere in sermone, Mt. XXII, 15, item per contumelias, Mt. XXVII, 40: vah, qui destruis templum Dei, etc., item per flagella et tormenta. Excepta ergo tentatione, quae est cum peccato, per omnia similis nobis tentatus est. Dicit autem secundum similitudinem, quod potest dupliciter exponi. Uno modo, quod ly secundum denotet causam finalem, quasi dicat: ideo tentatus est, ut daret nobis exemplum, ut secundum similitudinem eius, tentationem sustineremus et omnia conaremur vincere. I P. II, 21: Christus passus est pro nobis, vobis relinquens exemplum, et cetera. Vel potest denotare consequentiam, quasi dicat: ideo tentatus est, ut per omnia tam in temporalibus quam in omnibus aliis, nisi in solo peccato, similis esset nobis. Si enim fuisset sine tentationibus, non fuisset eas expertus, et sic non compateretur. Si vero habuisset peccatum, non potuisset nos iuvare, sed magis indiguisset adiutorio. Deinde cum dicit adeamus ergo cum fiducia, etc., inducit ad habendam fiduciam de ipso, quasi dicat: ex quo sic potest compati, adeamus cum fiducia. Is. XII, 2: ecce Deus salvator meus, fiducialiter agam, et cetera. Adeamus dico ad thronum. Thronus dicitur sedes regis: Christus autem rex est. Jr. XXIII, 5: regnabit rex et sapiens erit, et cetera. Hic autem thronus duplicem habet statum. Unum iustitiae in futuro. Ps. IX, 4: sedisti super thronum, qui iudicas iustitiam. Hoc erit in futuro. Ps. LXXIV, 2: cum accepero tempus, ego iustitias iudicabo. Est alius thronus gratiae, de quo hic. Ideo additur gratiae eius, scilicet in praesenti, quando est tempus miserendi. Za. IV, 7: exaequabit gratiam gratiae. Per gratiam autem Christi liberamur ab omni miseria, quia liberamur a peccato, quod facit miseros populos, Pr. XIV, 34, et ideo dicit ut misericordiam consequamur. Item per gratiam Christi iuvamur ad bona operanda. Et ideo dicit et gratiam inveniamus. Lc. I, 30: invenisti gratiam apud dominum. Et hoc in auxilio opportuno, quo adiuvemur ad bene operandum. Ps. CXX, 2: auxilium meum a domino, istud autem auxilium est per gratiam. I Cor. XV, 10: abundantius illis laboravi, non autem ego, sed gratia Dei mecum. Hoc autem oportet esse congruo tempore, ideo dicit auxilio opportuno. Omni enim negotio tempus et opportunitas. Ec.VIII, 6. Hoc est tempus praesens, quod est tempus miserendi.

 

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Octave de l’Immaculée Conception

15 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Octave de l’Immaculée Conception

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

De la Bulle dogmatique du Pape Pie IX.

Quatrième leçon. Dès les temps anciens, les Évêques, les ecclésiastiques, les ordres réguliers et même les empereurs et les rois ont instamment prié le Siège apostolique de définir comme un dogme de la foi catholique l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu. De nos jours même, ces demandes ont été réitérées, et surtout elles ont été présentées à Notre prédécesseur Grégoire XVI d’heureuse mémoire, et à Nous-même, tant par les Évêques, par le clergé séculier et par le clergé régulier, que par les princes souverains et les peuples fidèles. Prenant donc en sérieuse considération, dans une joie profonde de Notre cœur, tous ces faits dont Nous avons une pleine connaissance ; à peine élevé sur la chaire de saint Pierre, malgré Notre indignité, par un secret dessein de la Providence, avions-Nous pris en main le gouvernail de toute l’Église, que Notre plus ardent désir a été, suivant la vénération, la piété et l’amour, dont Nous sommes animé depuis Nos plus tendres années envers la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, d’achever tout ce qui pouvait être encore dans les vœux de l’Église, afin d’accroître l’honneur de la bienheureuse Vierge et de répandre un nouvel éclat sur ses prérogatives.

Cinquième leçon. C’est pourquoi, plein de confiance et persuadé dans le Seigneur que le temps opportun est venu de définir l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, que la parole divine, la vénérable tradition, le sentiment constant de l’Église, l’unanime accord des Évêques catholiques et des fidèles, les actes mémorables de Nos prédécesseurs ainsi que leurs constitutions ont mise dans une admirable lumière et si formellement déclarée, après avoir mûrement pesé toutes choses, après avoir répandu devant Dieu d’assidues et de ferventes prières, Nous avons pensé qu’il ne fallait pas tarder davantage à décider et définir par Notre jugement suprême l’Immaculée Conception de la Vierge ; à satisfaire ainsi les si pieux désirs du monde catholique et Notre propre piété envers la très sainte Vierge, et en même temps à honorer de plus en plus en elle son Fils unique notre Seigneur Jésus-Christ, puisque tout l’honneur et toute la gloire qu’on rend à la Mère rejaillit sur le Fils.

Sixième leçon. En conséquence, après avoir offert sans relâche, dans l’humilité et le jeûne, Nos propres prières et les prières publiques de l’Église à Dieu le Père par son Fils, afin qu’il daignât, par la vertu de l’Esprit-Saint, diriger et confirmer Notre esprit ; après avoir imploré le secours de la cour céleste et invoqué avec gémissement l’Esprit consolateur, et ainsi, par sa divine inspiration, en l’honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et l’ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l’exaltation de la foi catholique et l’accroissement de la religion chrétienne ; par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu’elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles. C’est pourquoi, si quelqu’un avait la présomption, ce qu’à Dieu ne plaise, de penser contrairement à Notre définition, qu’il apprenne et qu’il sache que, condamné par son propre jugement, il aurait souffert naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Église.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Épiphane, Évêque.

Septième leçon. Que dirai-je et comment parlerai-je de la sainte et illustre Vierge ? Car, Dieu seul excepté, elle est supérieure à tous ; elle est plus belle que les Chérubins, que les Séraphins, que toute l’armée angélique ; aussi aucune langue, soit sur la terre, soit au ciel, ne saurait suffire à chanter ses louanges ; les Anges eux-mêmes ne peuvent y parvenir. O Vierge bienheureuse, ô Marie, colombe pure et épouse céleste, ciel, temple et trône de la divinité, à vous appartient le Christ, ce brillant soleil de la terre et des cieux. Nuée lumineuse, qui avez reçu du ciel, pour éclairer la terre, son rayonnement le plus splendide, le Christ. Salut, pleine de grâce, porte des cieux, que le Prophète, dans le cours sacré de ses Cantiques, marque évidemment quand il s’écrie : « C’est un jardin fermé, que ma sœur épouse, un jardin fermé, une fontaine scellée. »

Huitième leçon. La Vierge est le lis immaculé qui a produit la rose qui ne peut flétrir : le Christ. O sainte Mère de Dieu, brebis sans tache qui avez enfanté l’Agneau, le Christ, le Verbe incarné en vous ! O Vierge très sainte, qui avez jeté dans la stupéfaction l’armée des Anges ! C’est une merveille étonnante dans les cieux, que la femme revêtue du soleil, portant la lumière dans ses bras. C’est une merveille étonnante dans les cieux, que le sein d’une Vierge possède le Fils de Dieu. C’est une merveille étonnante dans les cieux, que le Seigneur des Anges soit devenu l’enfant de la Vierge. Les Anges accusaient Ève, mais maintenant ils glorifient Marie, car elle a relevé Ève de sa chute et conduit dans les cieux Adam chassé du paradis. Elle est médiatrice entre le ciel et la terre, puisqu’elle a procuré leur union d’une façon naturelle.

Neuvième leçon. La grâce de la sainte Vierge est immense. Voilà pourquoi Gabriel lui dit tout d’abord : « Salut, pleine de grâce », vous qui êtes un ciel resplendissant ; salut, pleine de grâce, Vierge ornée de toutes les vertus ; salut, pleine de grâce, urne d’or contenant la manne céleste ; salut, pleine de grâce, vous qui désaltérez ceux qui ont soif, en leur donnant l’eau suave d’une source éternelle. Salut, très sainte et immaculée Mère, vous avez enfanté le Christ, qui est avant vous. Salut, pourpre royale qui avez revêtu le Roi du ciel et de la terre. Salut, livre profond qui avez donné à lire au monde le Verbe, Fils du Père.

Ce jour qui est le huitième à partir de celui où nous avons célébré l’Immaculée Conception de Marie, s’appelle proprement l’Octave ; tandis que les jours précédents étaient désignés simplement sous le nom de jours dans l’Octave. L’usage de célébrer durant une semaine entière les principales Fêtes, est du nombre de ceux qui ont passé de la Synagogue dans l’Église chrétienne. Le Seigneur avait dit dans le Lévitique : « Le premier jour de la fête sera le plus solennel et le plus saint ; vous n’y ferez aucune œuvre servile. Le huitième jour sera aussi très solennel et très saint ; vous y offrirez un holocauste au Seigneur ; ce sera un jour d’assemblée, et vous n’y ferez point non plus d’œuvre servile. » Nous lisons pareillement dans les Livres des Rois, que Salomon ayant convoqué tout Israël à Jérusalem, pour la Dédicace du Temple, ne renvoya le peuple qu’au huitième jour.

Les livres du Nouveau Testament nous apprennent que cette coutume était encore observée au temps de notre Seigneur, qui autorisa par son exemple ce genre de solennité. En effet, il est dit dans saint Jean que Jésus vint une fois prendre part à quelqu’une des Fêtes de la Loi, seulement au milieu de l’Octave ; et le même Évangéliste remarque, en un autre endroit, que lorsqu’on entendit le Sauveur, dans la Fête de Pâques, crier au peuple : Que celui qui a soif vienne à moi, et il se désaltérera, ce jour était le dernier jour de la fête, le jour de l’Octave.

Dans l’Église chrétienne, on solennise deux sortes d’Octaves : les Octaves privilégiées, et les Octaves non privilégiées. Les premières sont si solennelles, qu’il n’est pas permis d’y célébrer les Fêtes des Saints qui viendraient à s’y rencontrer ; on en fait une simple mémoire, ou on les transfère après l’Octave. Il est défendu pareillement d’y dire la Messe des Morts, si ce n’est en présence du corps d’un défunt qu’il faut inhumer. Les Octaves non privilégiées admettent les fêtes qui se rencontrent, pourvu qu’elles soient du degré semi-double et au-dessus ; mais, dans ce cas, on fait toujours mémoire de l’Octave dans l’Office et à la Messe de la Fête qui s’est trouvée l’emporter sur l’Octave, à moins que la Fête ne fût elle-même d’un degré tout à fait supérieur.

L’Octave de l’Immaculée Conception, la première des Octaves qui se rencontre sur le Cycle, n’est pas privilégiée. Elle cède, non seulement au Dimanche, mais aux fêtes de saint Damase et de sainte Lucie, et aux diverses fêtes locales du même degré.

Saluons encore une fois le haut Mystère de Marie conçue sans péché ; notre Emmanuel aime à voir glorifier sa Mère. N’est-ce pas pour lui qu’elle a été créée, pour lui que le lever radieux de cet astre si pur a été préparé de toute éternité ? Quand nous exaltons la Conception immaculée de Marie, nous rendons honneur à la divine Incarnation. Jésus et Marie sont inséparables ; Isaïe nous l’a dit : elle est la branche, il est la fleur.

Grâces vous soient donc rendues, ô Emmanuel, qui avez daigné placer notre existence dans les jours où fut proclamé, sur la terre, le privilège dont vous avez embelli le premier instant de la vie de celle à qui vous deviez emprunter la nature humaine ! Votre sainteté infinie a brillé d’un nouvel éclat à nos regards ; et nous avons mieux compris l’harmonie de vos mystères. En même temps, nous avons senti qu’appelés nous-mêmes à contracter avec vous les liens les plus intimes en cette vie, et à vous contempler en l’autre face à face, nous devions tendre à nous purifier de plus en plus de nos moindres taches. Vous avez dit : « Heureux ceux dont le cœur est pur ; car ils verront Dieu » ; la Conception immaculée de votre Mère nous révèle à son tour les exigences de votre souveraine sainteté. Daignez, ô Emmanuel, par l’amour qui vous a porté à la préserver du souffle de l’ennemi, prendre en pitié ceux dont elle est aussi la mère. Voici que vous venez à eux ; dans quelques jours ils oseront aborder votre berceau. Les suites du péché d’origine sont encore visibles en eux, et pour comble de malheur, ils ont ajouté leurs propres fautes à la prévarication de leur premier père ; purifiez, ô Jésus, leurs cœurs et leurs sens, afin qu’ils puissent paraître devant vous. Ils savent que nulle créature n’atteindra jamais à la sainteté de votre mère ; mais ils vous demandent le pardon, le retour de votre grâce, l’aversion pour le monde et pour ses maximes, la persévérance dans votre amour.

O vous qui êtes le Miroir créé de la Justice divine, plus pure que les Chérubins et les Séraphins, en retour des hommages que notre génération vous a offerts au jour fortuné où la gloire de votre Conception immaculée a été proclamée aux applaudissements de toute la terre, daignez épancher sur nous ce trésor de tendresse et de protection que vous teniez en réserve pour cette heure si longtemps attendue. Le monde ébranlé jusqu’en ses fondements appelle, pour se raffermir, le secours de votre main maternelle. L’enfer a déchaîné sur la race humaine les plus redoutables de ces esprits de malice qui ne respirent que blasphème et destruction ; mais en même temps l’Église de votre Fils ressent en elle une jeunesse nouvelle, et la semence de la parole divine se répand et germe en mille endroits. Une lutte formidable est ouverte ; et souvent nous serions tentés de nous demander qui devra l’emporter, et si le dernier jour du monde n’est pas sur le point de se lever !

O Reine des hommes, l’astre de votre Conception immaculée n’aurait-il brillé au ciel que pour éclairer des ruines ? Le signe annoncé par Jean le Bien-Aimé, la Femme qui paraît au ciel revêtue du soleil, le front ceint d’un diadème de douze étoiles, et foulant le croissant sous ses pieds, ce signe n’a-t-il pas plus d’éclat, plus de puissance, que l’arc qui se dessina sur le ciel pour annoncer l’apaisement de la colère divine, aux jours du déluge ? C’est une Mère qui luit sur nous, qui descend vers nous pour consoler et pour guérir. C’est le sourire du ciel miséricordieux à la terre malheureuse et coupable. Nous avons mérité le châtiment ; la divine justice nous a éprouvés, elle a le droit d’exiger d’autres expiations encore ; mais elle se laissera fléchir. La nouvelle effusion de grâces que le Seigneur a répandue sur le monde, au grand jour dont nous célébrons la mémoire, ne demeurera pas stérile ; nous entrons dès lors dans une autre période. Marie, que l’hérésie blasphémait depuis plus de trois siècles, descend vers nous pour régner ; elle vient porter le dernier coup aux erreurs dont les nations ont été trop longtemps séduites ; elle fera sentir son pied vainqueur au dragon qui s’agite avec tant de rage, et le divin Soleil de justice dont elle est revêtue versera sur le monde renouvelé les flots d’une lumière plus brillante et plus pure que jamais. Nos yeux ne verront pas encore ce jour ; mais déjà nous en pouvons saluer l’aurore.

Au siècle dernier, un serviteur de Dieu que l’Église a depuis placé sur les autels, votre dévot serviteur, ô Marie, Léonard de Port-Maurice semble avoir désigné l’époque de votre triomphe futur comme celle où le monde devait recouvrer la paix. Les agitations au milieu desquelles s’écoule notre existence sont, nous voudrions le croire, le prélude de cette heureuse paix, au sein de laquelle la divine parole pourra parcourir le monde sans entraves, et l’Église de la terre cueillir sa moisson pour l’Église du ciel. O Mère de Dieu, le monde fut agité aussi dans les temps qui précédèrent votre enfantement divin ; mais la paix régnait par toute la terre, lorsque, dans Bethlehem, vous lui donnâtes son Sauveur. En attendant l’heure où vous déploierez la force de votre bras, assistez-nous, dans les touchants anniversaires qui se préparent ; rendez-nous purs et sans aucune tache, en cette nuit glorieuse au sein de laquelle va sortir de vous Jésus-Christ, Fils de Dieu, Lumière éternelle.

PROSE EN L’HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE. (Tirée des anciens Missels Romains-Français.)
 
Élevez-vous, cœurs pieux, pour célébrer dévotement la Conception de la Vierge.
Que d’amour l’âme s’embrase, et qu’à l’amour s’unissent louange et jubilation.
En sa merveilleuse Conception, elle est comme la rose en son éclat ; elle est comme le lis en sa blancheur.
Comme le fruit sort de la fleur, elle apparaît avec pudeur ; son Fils l’a devancée de sa grâce.
Comme de la terre s’élève la rosée, sans être souillée par la poudre grossière ;
Ainsi, dans le sein maternel, la Vierge est conçue sans être flétrie de l’originelle souillure.
Donc, en des hymnes suaves, chantons, en cette Vierge, une Conception sans nuage.
Formée comme les autres mortels, mais pure dès son origine, chœurs, chantez-la dans votre joie ;
Afin qu’émue de nos doux accents, elle nous garde, en ce siècle, exempts de tout péché ;
Et qu’à l’article du trépas, elle nous délivre du péril et des gouffres de l’enfer.
Amen.
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VIIème jour dans l’Octave de l’Immaculée Conception

14 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

VIIème jour dans l’Octave de l’Immaculée Conception

Office

De la Bulle dogmatique du Pape Pie IX.

Quatrième leçon. Tout le monde sait avec quel zèle cette doctrine de l’Immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu, a été enseignée, soutenue, défendue par les ordres religieux les plus recommandables, par les facultés de théologie les plus célèbres et par les docteurs les plus versés dans la science des choses divines. Tout le monde sait également combien les Évêques ont montré de sollicitude pour soutenir hautement et publiquement, même dans les assemblées ecclésiastiques, que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, en prévision des mérites de Jésus-Christ, notre Seigneur et Rédempteur n’avait jamais été soumise au péché originel ; mais qu’elle avait été entièrement préservée de la tache d’origine, et par conséquent rachetée d’une manière plus sublime. A tout cela il faut ajouter une chose qui est assurément d’un grand poids et de la plus haute autorité, c’est que le concile de Trente lui-même, en publiant son décret dogmatique sur le péché originel, dans lequel, d’après le témoignage des saintes Écritures, des saints Pères et des conciles les plus autorisés, il est établi et défini que tous les hommes naissent atteints du péché originel ; le saint concile déclare pourtant d’une manière solennelle que, malgré l’étendue d’une définition si générale, il n’avait pas l’intention de comprendre dans ce décret la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu. Par cette déclaration, les Pères du concile de Trente ont fait suffisamment entendre, eu égard aux circonstances et aux temps, que la bienheureuse Vierge avait été exempte de la tache originelle, et ils ont très clairement démontré qu’on ne pouvait alléguer avec raison, ni dans les divines Écritures, ni dans la tradition, ni dans l’autorité des Pères, rien qui fût, de quelque manière que ce soit, en contradiction avec cette grande prérogative de la Vierge.

Cinquième leçon. C’est qu’en effet cette doctrine de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge a toujours existé dans l’Église : l’Église, par la très grave autorité de son sentiment, par son enseignement, par son zèle, sa science et son admirable sagesse, l’a de plus en plus mise en lumière, déclarée, confirmée et propagée d’une manière merveilleuse chez tous les peuples et chez toutes les nations du monde catholique ; mais, de tout temps, elle l’a possédée comme reçue des anciens et des Pères, et comme revêtue des caractères d’une doctrine révélée. Les plus illustres monuments de l’Église d’Orient et de l’Église d’Occident, les plus vénérables par leur antiquité, en sont un témoignage irrécusable. Or, les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes, n’ont rien eu plus à cœur, dans les livres qu’ils ont écrits pour expliquer l’Écriture, pour défendre les dogmes et instruire les fidèles, que de louer et d’exalter à l’envie de mille manières et dans les termes les plus magnifiques, la parfaite sainteté de Marie, son excellente dignité, sa préservation de toute tache du péché et sa glorieuse victoire sur le cruel ennemi du genre humain.

Sixième leçon. C’est ce qu’ils ont fait en expliquant les paroles par lesquelles Dieu, annonçant dès les premiers jours du monde les remèdes préparés par sa miséricorde pour la régénération et le salut des hommes, confondit l’audace du serpent trompeur, et releva d’une façon si consolante l’espérance de notre race. Ils ont enseigné que par ce ’divin oracle : « Je mettrai l’inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne, » Dieu avait clairement et ouvertement montré à l’avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus-Christ ; désigné sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé l’inimitié de l’un et de l’autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l’arrêt de condamnation qui était porté contre nous et l’attacha triomphalement à la croix : ainsi la très sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, l’éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Sophrone, Évêque.

Septième leçon. Vous êtes, ô Marie, vraiment bénie entre les femmes, car vous avez changé en bénédiction la malédiction portée contre Ève ; vous avez fait qu’Adam, qui auparavant gisait sous le poids de l’anathème dont il avait été frappé, a été par vous béni. Vous êtes vraiment bénie entre les femmes, puisque c’est par vous que la bénédiction du Père céleste s’est répandue sur les hommes et les a délivrés de l’ancienne malédiction. Vous êtes vraiment bénie entre les femmes, car c’est par vous que vos ancêtres ont trouvé le salut, puisque vous deviez enfanter le Libérateur qui leur obtiendrait le salut de Dieu. Vous êtes vraiment bénie entre les femmes, parce que, tout en demeurant vierge, vous avez porté le fruit qui répand sur le monde entier la plus abondante bénédiction, et rachète cette terre où la malédiction a fait germer les épines. Vous êtes vraiment bénie entre les femmes, puisque, n’étant qu’une simple femme selon la nature, vous deviendrez la Mère de Dieu. En effet, si celui qui doit naître de vous est, en vérité, un Dieu incarné, c’est à bon droit qu’on vous appelle Mère de Dieu, puisque c’est un Dieu que très véritablement vous avez conçu.

Huitième leçon. « Ne craignez pas, ô Marie, vous avez trouvé grâce devant Dieu », et une grâce qui ne saurait périr, une grâce au-dessus de toute grâce ; vous avez trouvé grâce devant Dieu, une grâce méritant d’être l’objet de tous les vœux, une grâce dont la splendeur défasse toutes les autres grâces, une grâce qui jamais ne diminue ; vous avez trouvé grâce devant Dieu, une grâce qui vous procure le salut, une grâce qui ne sera ébranlée par aucune attaque, une grâce toujours victorieuse, une grâce dont la durée sera éternelle. Il en est d’autres, il en est beaucoup, qui, avant vous ont brillé par une éminente sainteté. Mais à personne n’a été donnée, comme à vous, la plénitude de la grâce ; personne n’a été élevé, comme vous, à une telle magnificence ; personne n’a été prévenu, comme vous, par la grâce qui purifie ; personne n’a brillé comme vous, d’une céleste lumière ; personne n’a été exalté, comme vous, au-dessus de toute grandeur.

Neuvième leçon. Et il convenait assurément qu’il en fût ainsi, car il n’est personne qui se soit approché de Dieu d’aussi près que vous. Personne, comme vous, n’a été enrichi des dons de Dieu ; personne n’a eu part autant que vous, à la grâce de Dieu. Vous l’emportez sur tout ce qu’il y a d’éminent parmi les hommes, et les dons que le Seigneur vous a faits surpassent tous les bienfaits répandus par la divine largesse sur les autres créatures. Vous êtes, en effet, enrichie plus que toutes, de la possession de Dieu qui habite en vous. Aucune autre créature n’a pu ainsi contenir Dieu au dedans d’elle-même ; personne n’a joui ainsi de la présence de Dieu ; personne n’a été jugé digne d’être éclairé comme vous, par le Seigneur. Et c’est pourquoi vous n’avez pas seulement reçu en vous le Dieu, Créateur et souverain Maître de l’univers, mais c’est en vous qu’il a pris chair d’une manière ineffable ; vous l’avez porté dans votre sein ; vous l’avez ensuite mis au monde, ce Dieu qui allait racheter tous les hommes de la condamnation fulminée contre notre premier père, et procurer généreusement à tous un salut qui n’aura pas de fin. Et c’est pour cela que, m’adressant à vous, je me suis écrié et m’écrierai encore de toute l’ardeur de mon âme : « Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes. »

Considérons la très pure Marie, dans la maison de sainte Élisabeth, rendant avec une ineffable charité toute sorte de service à sa bienheureuse cousine, la favorisant de ses doux entretiens, assistant à la glorieuse Nativité de saint Jean-Baptiste, et enfin retournant, après son ministère rempli, dans son humble demeure de Nazareth. Mais pour mieux pénétrer tous ces divins mystères, empruntons encore le secours du Docteur Séraphique :

« Adoncques, son terme arrivant, Élisabeth accoucha d’un fils, lequel Notre-Dame leva de terre et apprêta soigneusement, pour autant qu’il était expédient. Or, le petit regardait icelle, comme s’il eût eu jà de l’entendement ; et quand elle voulait le donner à sa mère, il se détournait la tête devers notre dite Dame, et ne se plaisait que sur elle ; et elle, de son côté, se jouait gaiement avec lui, l’embrassait et baisait joyeusement. Considérez la magnificence de Jehan : jamais oncques nul poupon n’eut telle porteuse. L’on compte maints autres privilèges d’icelui, sur lesquels je n’insiste pas pour le présent.

« Or, le jour huitième, fut circoncis l’enfant, et fut nommé Jehan. Pour lors, fut ouverte la bouche de Zacharie, et il prophétisa, disant : Béni le Seigneur Dieu d’Israël ! et c’est ainsi qu’en icelle maison furent faits ces deux très beaux Cantiques ; à savoir, le Magnificat et le Benedictus. Cependant Notre-Dame se tenant derrière une courtine, à ce qu’elle ne fût vue des hommes qui s’étaient assemblés pour la circoncision de Jehan, écoutait attentivement le présent Cantique, en lequel était mention de son Fils, et recueillait toutes choses en son cœur, moult sagement. Finalement, disant adieu à Élisabeth, à Zacharie, et puis, bénissant Jehan, elle s’en retourna avec son époux à la maison de son habitation, en Nazareth. En cette présente réversion, rappelle en ton esprit la pauvreté d’icelle. Elle s’en retourne. en effet, vers une maison où elle ne va trouver ni pain, ni vin, ni autres nécessaires ; joint à cela, qu’elle n’avait ni chevance, ni pécune. Or, elle a demeuré ces trois mois durant chez les honnêtes personnes que nous venons de dire, lesquelles, peut-être bien, étaient riches ; mais à cette heure la voilà qui revient à sa pauvreté, et qui, pour se procurer le vivre, s’en va travailler de ses propres mains. Compatis à icelle, enflamme-toi en l’amour de pauvreté. »

SÉQUENCE EN L’HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE. (Tirée des anciens Missels Romains-Français.)
Salut, Vierge glorieuse, reflet du Ciel, Rose du monde, Lis de virginité !
Salut, Perle précieuse, plus splendide que le soleil ; joie des cœurs purs !
Vous êtes l’espoir des pécheurs, Marie ! la tendre Mère du Rédempteur, la gloire des âmes rachetées.
A vous finit la mort, commence la vie ; à vous, les trois Hiérarchies offrent de dignes hommages.
Branche fleurie de Jessé, radieuse Étoile de la mer, astre de vraie lumière !
Vous portez le Fruit de vie ; et tout ce que votre main conduit, arrive au port du salut.
Jardin fleuri, doux aux malades, Fontaine de pureté toujours scellée, d’où jaillissent les eaux de la grâce !
Trône du vrai Salomon, que le Roi de gloire a enrichi des plus magnifiques dons du ciel !
O reine de piété et de toute sainteté ; fleuve intarissable !
Sauvez ceux qui se confient en vous, et du breuvage du salut étanchez notre soif.
Vers vous, pleurant, nous soupirons ; guidez nos âmes, nous vous supplions, nous, malheureux enfants d’Ève.
Considérez avec clémence, de l’œil de votre bonté, l’état de notre misère.
Vase embaumé de tous les parfums ; Trésor de toutes les grâces du salut !
Exhalez en nous vos suavités, et répandez sur nous la grâce qui vous enrichit.
Bonne Mère du doux Jésus, Salut du monde, Dame des célestes habitants.
Donnez-nous une paix sans fin, et transportez-nous dans les clartés d’en haut après ce sombre exil. Amen.
 
Méditation

Âmes adultères ! ne savez-vous pas que l’amour de ce monde est une inimitié contre Dieu ? et que par conséquent, quiconque voudra être ami de ce monde, se rend ennemi de Dieu ?

Pensez-vous que l’Écriture dise en vain : L’Esprit qui habite en vous, vous aime d’un amour de jalousie ?

Mais aussi il donne une plus grande grâce. C’est pourquoi il dit : Dieu résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles.

Soyez donc assujettis à Dieu ; résistez au diable, et il s’enfuira de vous.

Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Lavez vos mains, pécheurs ; et purifiez vos cœurs, vous qui avez l’âme double et partagée.

Affligez-vous vous-mêmes ; soyez dans le deuil et dans les larmes : que votre ris se change en pleurs, et votre joie en tristesse.

Humiliez-vous en présence du Seigneur, et il vous élèvera. Jc 4, 4-10

 

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Sainte Lucie vierge et martyre Mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception

13 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Lucie vierge et martyre Mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception

Collecte

Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur, afin que, comme la fête de la Bienheureuse Lucie, votre Vierge, nous donne la joie, elle nous enseigne aussi la ferveur d’une sainte dévotion.

Office

Quatrième leçon. Lucie, vierge de Syracuse, illustre dès l’enfance non seulement par la noblesse de sa race, mais encore par la foi chrétienne, vint à Catane avec sa mère Eutychia malade d’un flux de sang, pour vénérer le corps de sainte Agathe. Après avoir prié humblement près du tombeau de la sainte, elle y obtint la santé de sa mère. Aussitôt elle supplia celle-ci de souffrir qu’elle distribuât aux pauvres de Jésus-Christ la dot qu’elle comptait lui donner. C’est pourquoi Lucie revint à Syracuse, vendit tous ses biens, et en distribua le prix aux pauvres.
Cinquième leçon. Celui à qui cette vierge avait été fiancée par ses parents contre sa volonté, apprenant ce fait, la dénonça comme chrétienne au préfet Paschasius. Ce dernier ne pouvant, ni par ses prières ni par ses menaces, amener Lucie au culte des idoles, voyant au contraire que plus il s’efforçait de la faire changer de sentiments, plus elle semblait ardente à célébrer les louanges de la foi chrétienne, lui dit : « Tu ne parleras plus ainsi lorsqu’on en sera venu aux coups. — La parole, répondit la vierge, ne peut manquer aux serviteurs de Dieu, car le Seigneur, le Christ leur a dit : Lorsque vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs, ne vous mettez pas en peine de la manière dont vous parlerez ou de ce que vous direz ; ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit-Saint. »
Sixième leçon. Paschasius lui adressant cette question : « Le Saint-Esprit est-il donc en toi ? » Elle répondit : « Ceux qui vivent chastement et pieusement sont le temple de l’Esprit-Saint. — Je vais donc te faire conduire en un lieu infâme, repartit le préfet, pour que le Saint-Esprit t’abandonne. » La vierge répondit : « Si vous ordonnez qu’on me fasse violence malgré moi, ma chasteté méritera doublement la couronne. » A ces mots Paschasius, enflammé de colère, ordonna d’entraîner la vierge ; mais, par un miracle de la puissance divine, celle-ci demeura ferme et immobile au même lieu, sans qu’aucun effort l’en pût arracher. C’est pourquoi le préfet, ayant fait répandre sur Lucie de la poix, de la résine et de l’huile bouillante, ordonna d’allumer du feu autour d’elle ; mais comme la flamme ne lui faisait aucun mal, après qu’on l’eut tourmentée en plusieurs manières, on lui perça la gorge d’un coup d’épée. Mortellement blessée, Lucie prédit la tranquillité dont l’Église devait jouir après la mort de Dioclétien et de Maximien, et rendit son esprit à Dieu, le jour des ides de décembre. Son corps, enseveli à Syracuse, fut ensuite transporté à Constantinople, et enfin à Venise.

Voici la quatrième de nos Vierges sages, la vaillante Lucie. Son nom glorieux étincelle au sacré Diptyque du Canon de la Messe, à côté de ceux d’Agathe, d’Agnès et de Cécile ; mais, dans les jours de l’Avent, le nom de Lucie annonce la Lumière qui approche, et console merveilleusement l’Église. Lucie est aussi une des trois gloires de la Sicile chrétienne ; elle triomphe à Syracuse, comme Agathe brille à Catane, comme Rosalie embaume Palerme de ses parfums. Fêtons-la donc avec amour, afin qu’elle nous soit en aide en ce saint temps, et nous introduise auprès de Celui dont l’amour l’a rendue victorieuse du monde. Comprenons encore que si le Seigneur a voulu que le berceau de son Fils parût ainsi entouré d’une élite de Vierges, et s’il ne s’est pas contenté d’y faire paraître des Apôtres, des Martyrs et des Pontifes, c’est afin qu’au milieu de la joie d’un tel Avènement, les enfants de l’Eglise n’oublient pas d’apporter à la crèche du Messie, avec la foi qui l’honore comme le souverain Seigneur, cette pureté du cœur et des sens que rien ne saurait remplacer dans ceux qui veulent approcher de Dieu.

Nous prenons dans l’Office de la Sainte quelques Antiennes, dont l’ensemble forme une œuvre lyrique pleine de grâce et de fraîcheur :

Sainte Lucie étant en prières, la bienheureuse Agathe lui apparut, et consolait la servante du Christ.
Vierge Lucie, lui dit-elle, pourquoi me demandes-tu pour ta mère un secours que toi-même lui peux procurer ?
A cause de toi, Vierge Lucie, la ville de Syracuse sera comblée de gloire par le Seigneur Jésus-Christ.
Voix de Lucie : Je vous bénis, ô Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que, par votre Fils, le feu qui m’environnait a été éteint.
Dans ta patience, tu as possédé ton âme, ô Lucie, Épouse du Christ ! tu as haï les choses du monde, et tu brilles avec les Anges : par ton propre sang, tu as vaincu l’ennemi.

Nous nous adressons à vous, ô Vierge Lucie, pour obtenir la grâce de voir dans son humilité Celui que vous contemplez présentement dans la gloire : daignez nous accepter sous votre puissant patronage. Le nom que vous avez reçu signifie Lumière : soyez notre flambeau dans la nuit qui nous environne. O Lampe toujours brillante de la splendeur de virginité, illuminez nos yeux ; guérissez les blessures que leur a faites la concupiscence, afin qu’ils s’élèvent, au-dessus de la créature, jusqu’à cette Lumière véritable qui luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne comprennent point. Obtenez que notre œil purifié voie et connaisse, dans l’Enfant qui va naître, l’Homme nouveau, le second Adam, l’exemplaire de notre vie régénérée. Souvenez-vous aussi, Vierge Lucie, de la sainte Église Romaine et de toutes celles qui empruntent d’elle la forme du Sacrifice : car elles prononcent chaque jour votre doux nom à l’autel, en présence de l’Agneau votre Époux, à qui il est agréable de l’entendre. Répandez vos bénédictions particulières sur l’île fortunée qui vous donna le jour terrestre et la palme de l’éternité. Maintenez-y l’intégrité de la foi, la pureté des mœurs, la prospérité temporelle, et guérissez les maux que vous connaissez.

Méditation

Lectio 4

Super I Cor., cap. 1 l. 4 Supra ostendit apostolus quod modus docendi, qui est in sapientia verbi, non convenit doctrinae Christianae, ratione materiae quae est ipsa crux Christi, hic ostendit quod praedictus docendi modus non convenit doctrinae Christianae, ratione doctorum, secundum illud Pr. XXVI, 7: in derisum est in ore stulti parabola; et Ec. XX, 22: ex ore fatui reprobabitur parabola. Quia igitur primi doctores fidei non fuerunt sapientes sapientia carnali, non erat eis conveniens ut in sapientia verbi docerent. Circa hoc ergo duo facit. Primo ostendit quomodo primi doctores fidei non fuerunt sapientes sapientia carnali et in rebus humanis defectum patiebantur; secundo ostendit quomodo talis defectus est in eis per Christum suppletus, ibi ex ipso autem vos estis. Circa primum tria facit. Primo excludit a fidei primis doctoribus excellentiam saecularem; secundo astruit eorum subiectionem quantum ad saeculum, ibi sed quae stulta sunt mundi; tertio rationem assignat, ibi ut non glorietur. Dicit ergo primo: dictum est quod stultum est Dei, sapientius est hominibus, et hoc considerare potestis in ipsa vestra conversione. Videte enim, id est diligenter considerate, vocationem vestram, quomodo scilicet vocati estis: non enim per vos ipsos accessistis, sed ab eo vocati estis. Rm. VIII, 30: quos praedestinavit, hos et vocavit. I P. II, 9: de tenebris vos vocavit in admirabile lumen suum. Inducit autem eos ut considerent modum suae vocationis, quantum ad eos per quos vocati sunt, sicut Is. LI, 2 dicitur: attendite ad Abraham patrem vestrum, et ad Saram quae genuit vos. A quibus vocationis ministris primo excludit sapientiam, cum dicit quia non multi, eorum per quos vocati estis, sapientes secundum carnem, id est in carnali sapientia et terrena. Jc. III, 15: non est ista sapientia desursum descendens, sed terrena, animalis, diabolica. Bar III, 23: filii Agar exquisierunt sapientiam, quae de terra est. Dicit non multi, quia aliqui pauci erant etiam in sapientia mundana instructi, sicut ipse, et ut Barnabas, vel Moyses in veteri testamento, de quo dicitur Ac. VII, 22, quod eruditus erat Moyses in omni sapientia Aegyptiorum. Secundo excludit saecularem potentiam, cum dicit non multi potentes, scilicet secundum saeculum. Unde et Jn. VII, 48 dicitur: numquid aliquis ex principibus credidit in eum? Et Bar. III, 16 dicitur: ubi sunt principes gentium? Exterminati sunt, et ad Inferos descenderunt. Tertio excludit excellentiam generis, cum dicit non multi nobiles. Et aliqui inter eos nobiles fuerunt, sicut ipse Paulus, qui in civitate Romana se natum dicit, Ac. XXII, 25, et Rm. ult. de quibusdam dicit qui sunt nobiles in apostolis. Deinde, cum dicit sed quae stulta sunt, etc., ponit e converso eorum abiectionem quantum ad mundum, et primo defectum contrarium sapientiae, cum dicit quae stulta sunt mundi, id est, eos qui secundum mundum stulti videbantur, elegit Deus ad praedicationis officium, scilicet piscatores illiteratos, secundum illud Ac. IV, 13: comperto quod homines essent sine litteris et idiotae, admirabantur. Is. XXXIII, 18: ubi est litteratus, ubi verba legis ponderans? Et hoc ut confundat sapientes, id est eos qui de sapientia mundi confidunt, dum ipsi non cognoverunt quae sunt simplicibus revelata. Mt. XI, 25: abscondisti haec a sapientibus et prudentibus, et revelasti ea parvulis. Is. XIX, 12: ubi sunt nunc sapientes tui? Annuntient tibi. Secundo ponit defectum contrarium potentiae, dicens et infirma mundi, id est homines impotentes secundum mundum, puta rusticos et plebeios, elegit Deus ad praedicationis officium. In cuius figura dicitur III R. XX, 14: ego tradens eos in manu tua per pedissequos principum provinciarum; et Pr. IX, 3 dicitur quod sapientia misit ancillas ut vocarent ad arcem. In utrisque autem primorum praedicatorum infirmitas designatur. Et hoc ideo ut confundat fortia, id est potentes huius mundi. Is. II, 17: incurvabitur omnis sublimitas hominum, et humiliabitur altitudo virorum. Tertio ponit defectum contrarium nobilitati, in quo possunt tria considerari. Primo quidem claritas generis, quam ipsum nomen nobilitatis designat. Et contra hoc dicit et ignobilia mundi, id est qui secundum mundum sunt ignobiles. Infra IV, 10: vos nobiles, nos autem ignobiles. Secundo, circa nobilitatem considerantur honor et reverentia quae talibus exhibentur, et contra hoc dicit et contemptibilia, id est homines contemptibiles in hoc mundo elegit Deus ad praedicationis officium, secundum illud Ps. LXXVIII, 4: facti sumus opprobrium vicinis nostris, et his qui in circuitu nostro sunt. Tertio, in nobilitate consideratur magna opinio quam homines de eis habent. Et contra hoc dicit et ea quae non sunt, id est quae non videntur esse in saeculo, elegit Deus ad praedicationis officium. Jb XXX, 2: quorum virtus manuum erat mihi pro nihilo, et vita ipsa putabantur indigni. Et hoc ideo ut destrueret ea quae sunt, id est eos qui in hoc mundo aliquid esse videntur. Is. XXIII, 9: dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret superbiam omnis gloriae, et ad ignominiam deduceret universos inclytos terrae. Deinde assignat causam dictorum dicens: ideo non elegit in saeculo excellentes sed abiectos, ut non glorietur omnis caro, etc., id est ut nullus pro quacumque carnis excellentia glorietur per comparationem ad dominum. Jr. IX, 23: non glorietur sapiens in sapientia sua, et non glorietur fortis in fortitudine sua et non glorietur dives in divitiis suis. Ex hoc enim quod Deus mundum suae fidei subiecit, non per sublimes in mundo, sive in saeculo, sed per abiectos, non potest gloriari homo quod per aliquam carnalem excellentiam salvatus sit mundus. Videretur autem non esse a Deo excellentia mundana, si Deus ea non uteretur ad suum obsequium. Et ideo in principio quidem paucos, postremo vero plures saeculariter excellentes Deus elegit ad praedicationis officium. Unde in Glossa dicitur, quod nisi fideliter praecederet piscator, non humiliter sequeretur orator. Et etiam ad gloriam Dei pertinet, dum per abiectos sublimes in saeculo ad se trahit. Deinde cum dicit ex ipso autem vos estis, ne praedicatores fidei tamquam non excellentes, sed abiecti in saeculo contemnerentur, ostendit quomodo Deus praedictum defectum in eis supplet. Et circa hoc tria facit. Primo ostendit cui sit attribuenda salus mundi, quae praedicatorum ministerio facta est, dicens: dictum est quod vocati estis non per excellentes sed per abiectos in saeculo, ex quo patet quod vestra conversio non est homini attribuenda sed Deo. Et hoc est quod dicit ex ipso autem, id est ex virtute Dei, vocati estis in Christo Iesu, id est ei iuncti et incorporati per gratiam. Ep. II, 10: ipsius enim factura sumus, creati in Christo Iesu in operibus bonis. Deinde ostendit quomodo Deus praedictos defectus in praedicatoribus suis supplet per Christum. Et primo quantum ad defectum sapientiae, cum dicit qui, scilicet Christus, factus est nobis praedicantibus fidem, et, per nos, omnibus fidelibus, sapientia, quia ei inhaerendo, qui est Dei sapientia, et participando ipsum per gratiam, sapientes facti sumus. Et hoc a Deo, qui nobis Christum dedit et nos ad ipsum traxit, secundum illud Jn. VI, 44: nemo potest venire ad me, nisi pater, qui me misit, traxerit eum. Dt. IV, 6: haec est vestra sapientia et intellectus coram populis. Secundo quantum ad defectum potentiae, dicit et iustitia, quae propter sui fortitudinem thoraci comparatur Sg. V, 19: induet pro thorace iustitiam. Dicitur autem Christus nobis factus iustitia, inquantum per eius fidem iustificamur, secundum illud Rm. III, 22: iustitia autem Dei per fidem Christi Iesu. Tertio quantum ad defectum nobilitatis subdit et sanctificatio, et redemptio. Sanctificamur enim per Christum, inquantum per eum Deo coniungimur, in quo consistit vera nobilitas, secundum illud I R. II, 30: quicumque honorificaverit me, glorificabo eum, qui autem contemnunt me, erunt ignobiles. Unde dicitur He. ult.: Iesus ut sanctificaret per suum sanguinem populum, extra portam passus est. Factus est autem nobis redemptio, inquantum per ipsum redempti sumus de servitute peccati, in quo vere ignobilitas consistit. Unde in Ps. XXX, 6 dicitur: redemisti me, Deus veritatis. Tertio assignat dictorum causam, cum dicit ut quemadmodum scriptum est, Jr. IX, 23 s., qui autem gloriatur, in domino glorietur; ubi nostra littera habet: in hoc glorietur scire et nosse me. Dicit enim: si salus hominis non provenit ex aliqua excellentia humana, sed ex sola virtute divina, non debetur homini gloria, sed Deo, secundum illud Ps. CXIII, 1: non nobis, domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam. Eccli. ult.: danti mihi sapientiam, dabo gloriam.

 

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IIIème dimanche de l’Avent

12 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

IIIème dimanche de l’Avent

Introït

Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ! Je vous le répète : soyez joyeux. Votre sérénité dans la vie doit frapper tous les regards, car le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien, mais dans toutes vos prières exposez à Dieu vos besoins. Seigneur, vous avez béni votre domaine, vous avez délivré Jacob de la captivité.

Collecte

Seigneur, prêtez l’oreille à nos prières : et quand vous nous ferez la grâce de venir parmi nous, apportez votre lumière dans l’obscurité de nos âmes.

Épitre Ph. 4, 4–7

Mes Frères : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Évangile Jn, I, 19–28

En ce temps-là : Les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites vers Jean pour demander : « Qui êtes-vous ? » Il déclara, et ne le nia point ; il déclara : " »Je ne suis point le Christ. » Et ils lui demandèrent : « Quoi donc ! Êtes-vous Élie ? » Il dit « Je ne le suis point » « Êtes-vous le prophète ? » Il répondit « Non » « Qui êtes-vous donc », lui dirent-ils, « afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ». « Que dites-vous de vous-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. » Or ceux qu’on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l’interrogèrent, et lui dirent : « Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n’êtes ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi je baptise dans l’eau ; mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, C’est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure. » Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Secrète

Faites, Seigneur, que sans cesse vous soit offerte la victime de notre sacrifice, pour que s’accomplisse le mystère divin que vous avez institué, et que s’opère en nous l’œuvre merveilleuse de notre salut.

Postcommunion

Nous implorons Votre clémence, Seigneur : que cette nourriture divine nous purifie de nos fautes et nous prépare ainsi aux fêtes qui approchent.

Office

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Cinquième leçon. Le jeûne a toujours été un aliment pour la vertu. L’abstinence produit les pensées chastes, les résolutions sages, les conseils salutaires ; et, par les mortifications volontaires, la chair meurt à ses convoitises, tandis que l’esprit reçoit une nouvelle vigueur pour pratiquer les vertus. Mais, parce que le salut de nos âmes ne s’acquiert pas uniquement par le jeûne, ajoutons au jeûne, des œuvres de miséricorde envers les pauvres. Faisons servir à la vertu ce que nous retranchons à la sensualité, et que l’abstinence de celui qui jeûne devienne le repas du pauvre.
Sixième leçon. Appliquons-nous à la défense des veuves, à l’assistance des orphelins, à la consolation de ceux qui pleurent : occupons-nous de pacifier ceux qui se querellent. Que l’étranger reçoive l’hospitalité ; secourons l’opprimé, donnons des vêtements à ceux qui sont nus ; environnons le malade de nos soins et de nos sollicitudes ; pour que tous ceux d’entre nous qui, par ces bonnes œuvres, auront offert à Dieu, l’auteur de tous les biens, un sacrifice de piété, méritent de recevoir de lui, en récompense, le royaume des cieux. Jeûnons donc mercredi et vendredi prochains ; et samedi, veillons ensemble dans l’église du bienheureux Apôtre saint Pierre, afin qu’aidés du suffrage de ses mérites, nous puissions obtenir ce que nous demandons, par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Les paroles qu’on vient de nous lire, mes très chers frères, portent notre attention sur l’humilité de saint Jean. Lui, dont la vertu était si grande qu’on avait pu croire qu’il était le Christ, il préféra demeurer simplement et inébranlablement en son propre rôle et ne pas être vainement élevé dans l’opinion des hommes au-dessus de lui-même. Car il le déclara et ne le nia point ; il le proclama : « Je ne suis pas, moi, le Christ. » En disant : « Je ne le suis pas », il a clairement nié qu’il fût ce qu’il n’était pas ; mais il n’a pas nié être ce qu’il était, afin que, parlant selon la vérité, il devînt membre de celui dont il ne voulait pas usurper fallacieusement le nom. Parce qu’il ne veut pas chercher à prendre le nom de Christ, il est fait membre du Christ. Tandis qu’il s’étudie à reconnaître humblement sa propre faiblesse, il mérite de participer véritablement à la grandeur du Christ.
Huitième leçon. Mais, quand revient à l’esprit une autre parole de notre Rédempteur, les expressions que nous venons de lire soulèvent une question très compliquée. En effet, dans un autre endroit, le Seigneur, interrogé par ses disciples au sujet de l’avènement d’Élie, répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas connu ; mais ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu : et, si vous voulez le savoir, Jean lui-même est Élie. » — Jean, cependant, étant interrogé, dit : « Je ne suis point Élie. » Comment se fait-il, mes frères, que la Vérité affirme une chose et que le Prophète de la Vérité la nie ? Car il y a opposition complète entre ces expressions : « Il est », et, « Je ne suis pas. » Comment donc est-il le Prophète de la Vérité, fil n’est pas d’accord avec les paroles de cette même Vérité ?
Neuvième leçon. Mais si l’on cherche à approfondir la vérité, on découvre comment ce qui paraît contradictoire ne l’est point. Car l’Ange, parlant de Jean, dit à Zacharie : « Il marchera devant Lui, dans l’esprit et la vertu d’Élie, » L’Ange parla de Jean, comme devant venir dans l’esprit et la vertu d’Élie, parce que, de même qu’Élie préviendra le second avènement du Seigneur, Jean a prévenu le premier ; et, comme celui-là sera le précurseur du Juge, celui-ci a été le précurseur du Rédempteur. Jean était donc Élie en esprit ; il ne l’était pas en personne. Ainsi ce que le Seigneur affirme de l’esprit, Jean le nie de la personne.

ÉPÎTRE.

Nous devons, nous réjouir dans le Seigneur ; car le Prophète et l’Apôtre s’accordent à encourager nos désirs vers le Sauveur : l’un et l’autre nous annoncent la paix. Soyons donc sans inquiétude : Le Seigneur est proche ; il est proche de son Église ; il est proche de chacune de nos âmes. Pouvons-nous demeurer auprès d’un feu aussi ardent, et demeurer glacés ? Ne le sentons-nous pas venir, à travers tous les obstacles que sa souveraine élévation, notre profonde bassesse, nos nombreux péchés lui suscitaient ? Il franchit tout. Encore un pas, et il sera en nous. Allons au-devant de lui par ces prières, ces supplications, ces actions de grâces dont parle l’Apôtre. Redoublons de ferveur et de zèle pour nous unir à la sainte Église, dont les vœux vont devenir de jour en jour plus ardents vers celui qui est sa lumière et son amour. Répétons d’abord avec elle : « Vous qui êtes assis sur les Chérubins, faites éclater votre puissance, Seigneur, et venez. V/. Écoutez-nous, ô vous qui gouvernez Israël, qui conduisez Joseph comme une brebis. Alléluia, alléluia. V/. Seigneur, faites éclater votre puissance, venez et sauvez-nous. Alléluia. »

ÉVANGILE.

Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas, dit saint Jean-Baptiste aux envoyés des Juifs. Le Seigneur peut donc être proche ; il peut même être venu, et cependant demeurer encore inconnu à plusieurs. Ce divin Agneau fait la consolation du saint Précurseur, qui estime à si grand honneur de n’être que la Voix qui crie aux hommes de préparer les sentiers du Rédempteur. Saint Jean est en cela le type de l’Église et de toutes les âmes qui cherchent Jésus-Christ. Sa joie est entière à cause de l’arrivée de l’Époux ; mais il est entouré d’hommes pour qui ce divin Sauveur est comme s’il n’était pas. Or, nous voici parvenus à la troisième semaine de ce saint temps de l’Avent : tous les cœurs sont-ils ébranlés au bruit de la grande nouvelle de l’arrivée du Messie ? Ceux qui ne veulent pas l’aimer comme Sauveur, songent-ils du moins à le craindre comme juge ? Les voies tortueuses se redressent-elles ? les collines songent-elles à s’abaisser ? la cupidité et la sensualité ont-elles été sérieusement attaquées dans le cœur des chrétiens ? Le temps presse : Le Seigneur est proche ! Si ces lignes tombaient sous les yeux de quelques-uns de ceux qui dorment au lieu de veiller dans l’attente du divin Enfant, nous les conjurerions d’ouvrir les yeux et de ne plus tarder à se rendre dignes d’une visite qui sera pour eux, dans le temps, l’objet d’une grande consolation, et qui les rassurera contre les terreurs du dernier jour. O Jésus ! Envoyez votre grâce avec plus d’abondance encore ; forcez-les d’entrer, afin que ce que saint Jean disait de la Synagogue ne soit pas dit du peuple chrétien : Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas.

Notre-Dame de Guadalupe
L'image de Notre-Dame de Guadalupe, photographiée à Mexico en avril 2007

L'image de Notre-Dame de Guadalupe, photographiée à Mexico en avril 2007

« Mais la Dame descendit à sa rencontre et lui dit: « Ô toi, le plus humble de mes fils, où vas-tu? Où te diriges-tu? » Il s'inclina et la salua en lui disant qu'il allait l'attrister, mais que son oncle vivait ses derniers instants et que c'est pour ça qu'il court chercher un prêtre, et qu'il reviendra demain pour elle. Mais la très pieuse et toujours Vierge lui répondit: « Sache-le bien et sois sûr en ton cœur, toi le plus humble de mes fils, ce n'est rien ce qui t'angoisse, ce qui te frappe. Que ne se troublent ni ton visage, ni ton cœur, et ne crains pas cette maladie-là ni aucune autre maladie. Sois sans angoisse. Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta mère? N'es-tu pas sous mon ombre et sous ma protection? Ne suis-je pas aussi ta fontaine de vie? Et n'es-tu pas au creux de mon manteau où je croise mes bras? As-tu besoin de quelque chose d'autre? Que rien ne te peine, ne te cause d'amertume. Et que la maladie de ton oncle ne t'afflige pas, car il ne mourra pas de ce qu'il a. Sache-le bien et sois sûr en ton cœur qu'il est déjà guéri »   Lorsque Juan Diego entendit la pensée, la parole de la Dame du Ciel, il fut tant consolé que son cœur s'apaisa. Et l'on sut effectivement plus tard qu'en cet instant précis son oncle fut guéri. »

Le mot Guadalupe veut dire « celle qui écrase le serpent ». C’est une allusion au passage du troisième chapitre du livre de la Genèse, où il est dit que la descendance de la femme, écrasera la tête du serpent (Gn 3, 15). D'ailleurs sur l'image de Notre-Dame de Guadalupe, on voit la Vierge Marie écraser le serpent: 
 
 
 
La Vierge enceinte:
 
Une des caractéristiques de l’image de Notre-Dame de Guadalupe, c’est que la Vierge Marie est représentée enceinte. Le signe de cela est la ceinture à double pan qu’elle porte sur son ventre. Il convient donc tout à fait que Notre-Dame de Guadalupe soit apparue durant le temps de l’Avent, alors que Marie est sur le point d’accoucher.
 
 
IIIème dimanche de l’Avent
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Saint Damase Ier pape et confesseur Mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.

11 Décembre 2021 , Rédigé par Ludovicus

Saint Damase Ier pape et confesseur Mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.

Collecte

Pasteur éternel de l’Église, regardez avec bienveillance votre troupeau, protégez-le et gardez-le toujours. Nous vous le demandons par le bienheureux Pape Damase que vous avez placé comme berger à la tête de l’Église.

Office

Quatrième leçon. Damase, espagnol, homme excellent et versé dans les Écritures, ayant convoqué le premier concile de Constantinople, étouffa la criminelle hérésie d’Eunomius et de Macédonius. Il condamna de nouveau l’assemblée de Rimini, déjà rejetée par Libère, dans laquelle, comme l’écrit saint Jérôme, les artifices d’Ursace et surtout de Valens avaient fait proclamer une condamnation de la foi de Nicée, en sorte que le monde gémissant, s’étonnait d’être arien.

Cinquième leçon. Il édifia deux basiliques, l’une sous le nom de Saint-Laurent (près du théâtre de Pompée), qu’il enrichit par les plus grands présents, et à laquelle il attribua des revenus de maisons et de terres ; l’autre sur la voie Ardéatine, aux Catacombes. Il dédia le lieu enrichi de marbres où les corps de saint Pierre et de saint Paul ont reposé quelque temps, et l’orna de vers élégamment composés. Il écrivit aussi sur la virginité en vers et en prose, et composa beaucoup d’autres poésies. Sixième leçon. Il établit la peine du talion contre ceux qui auraient accusé quelqu’un faussement, et ordonna que, selon l’usage déjà reçu en plusieurs lieux on chanterait jour et nuit, dans toutes les églises, les Psaumes à deux chœurs, et qu’on ajouterait à la fin de chaque Psaume : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Ce fut lui qui chargea saint Jérôme de traduire le nouveau Testament selon la fidélité du texte grec. Il gouverna l’Église pendant dix-sept ans, deux mois et vingt-six jours, et fit cinq ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa trente et un Prêtres, onze Diacres, et soixante-deux Évêques pour divers lieux. Illustre par sa vertu, sa science et sa prudence, et presque octogénaire, Damase s’endormit dans le Seigneur, sous l’empire de Théodose le Grand, et fut enseveli avec sa mère et sa sœur, dans la basilique qu’il avait lui-même élevée sur la voie Ardéatine. Ses reliques ont été transportées depuis dans l’église de Saint-Laurent, appelée de son nom, in Damaso.

Ce grand Pontife apparaît au Cycle, non plus pour annoncer la Paix comme saint Melchiade, mais comme un des plus illustres défenseurs du grand Mystère de l’Incarnation. Il venge la foi des Églises dans la divinité du Verbe, en condamnant, comme son prédécesseur Libère, les actes et les fauteurs du trop fameux concile de Rimini ; il atteste par sa souveraine autorité l’Humanité complète du Fils de Dieu incarné, en proscrivant l’hérésie d’Apollinaire. Enfin, nous pouvons considérer comme un nouvel et éclatant témoignage de sa foi et de son amour envers l’Homme-Dieu, la charge qu’il donna à saint Jérôme de travailler à une nouvelle version du Nouveau Testament sur l’original grec, pour l’usage de l’Église Romaine. Honorons un si grand Pontife que le Concile de Chalcédoine appelle l’ornement et la force de Rome par sa piété, et que son illustre ami et protégé saint Jérôme qualifie d’homme excellent, incomparable, savant dans les Écritures, Docteur vierge d’une Eglise vierge.

Saint Pontife Damase ! Vous avez été durant votre vie le flambeau des enfants de l’Église ; car vous leur avez fait connaître le Verbe incarné, vous les avez prémunis contre les doctrines perfides au moyen desquelles l’Enfer cherchera toujours à dissoudre ce Symbole glorieux, dans lequel sont écrites la souveraine miséricorde d’un Dieu pour l’œuvre de ses mains, et la dignité sublime de l’homme racheté. Du haut de la Chaire de Pierre, vous avez confirmé vos frères, et votre foi n’a point défailli ; car le Christ avait prié pour vous. Nous nous réjouissons de la récompense infinie que le Prince des Pasteurs a octroyée à votre intégrité, ô Docteur vierge de l’Église vierge ! Du haut du ciel, faites descendre jusqu’à nous un rayon de cette lumière dans laquelle le Seigneur Jésus se fait voir à vous en sa gloire ; afin que nous puissions aussi le voir, le reconnaître, le goûter dans l’humilité sous laquelle il va bientôt se montrer à nous. Obtenez-nous et l’intelligence des saintes Écritures, dans la science desquelles vous fûtes un si grand Docteur, et la docilité aux enseignements du Pontife romain, auquel il a été dit, en la personne du Prince des Apôtres : Duc in altum : avancez dans la haute mer.

Faites, ô puissant successeur de ce pêcheur d’hommes, que tous les Chrétiens soient animés des mêmes sentiments que Jérôme, lorsque, s’adressant à votre Apostolat, dans une célèbre Épître, il disait : « C’est la Chaire de Pierre que je veux consulter ; je veux que d’elle me vienne la foi, nourriture démon âme. La vaste étendue des mers, la distance des terres, ne m’arrêteront point dans la recherche de cette perle précieuse : là où se trouve le corps, il est juste que les aigles s’y rassemblent. C’est à l’Occident que maintenant se lève le Soleil de justice : c’est pourquoi je demande au Pontife la Victime du salut ; du Pasteur, moi brebis, j’implore le secours. Sur la Chaire de Pierre est bâtie l’Église : quiconque mange l’Agneau hors de cette Maison est un profane ; quiconque ne sera pas dans l’Arche de Noé, périra dans les eaux du déluge. Je ne connais pas Vital ; je n’ai rien de commun avec Mélèce ; Paulin m’est inconnu : quiconque ne recueille pas avec vous, ô Damase, dissipe ce qu’il a amassé ; car celui qui n’est pas au Christ est à l’Antéchrist »

 

Saint Damase Ier pape et confesseur Mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.

L’une des plus célèbres épigrammes de saint Damase gravées par Philocalus (à sainte Agnès).

Fama refert sanctos dudum retulisse parentes
Agnen cum lugubres cantus tuba concrepuisset
nutricis gremium subito liquisse puellam.
Sponte trucis calcasse minas rabiemq(ue) tyranni
urere cum flammis voluisset nobile corpus.
Virib(us) inmensum parvis superasse timorem
nudaque profusum crinem per membra dedisse
ne domini templum facies peritura videret.
O veneranda mihi sanctum decus alma pudoris
ut Damasi precib(us) faveas precor inclyta martyr.

D′après la tradition, voici ce que de saints parents ont jadis rapporté.
Agnès, quand la trompette eut résonné de ses lugubres chants,
Quitta aussitôt le sein de sa nourrice, malgré son jeune âge,
Foula spontanément la rage et les menaces d’un tyran féroce ;
Comme il avait voulu consommer par les flammes son noble corps,
Avec ses faibles forces, elle surmonta une peur immense
Et sur ses membres nus laissa tomber sa chevelure épaisse,
Pour qu’aucun visage mortel ne vît le temple du Seigneur.
Vénérable pour moi, ô bienfaisante, sainte gloire de la pudeur,
Sois favorable, je t’en prie, à la prière de Damase, illustre martyre.

(Traduction Jean-Louis Charlet)

Source Daoudal

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