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Regnum Galliae Regnum Mariae
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Saint Wenceslas martyr

28 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Saint Wenceslas martyr

Quatrième leçon. Wenceslas, duc de Bohême, eut pour père Wratislas, qui était chrétien, et pour mère Drahomire, qui était païenne. Élevé pieusement par son aïeule Ludmille, femme d’une très grande sainteté, il se signala dans la pratique de toutes les vertus. Toute sa vie, il conserva avec le plus grand soin sa virginité sans tache. Sa mère parvenue à l’administration du royaume par le meurtre odieux de Ludmille, et vivant dans l’impiété ainsi que son plus jeune fils Boleslas, excita contre elle l’indignation des nobles,et ceux-ci, fatigués d’un règne tyrannique et impie, secouèrent le joug de la mère et du fils. Assemblés dans la ville de Prague, ils se choisirent pour roi Wenceslas.

Cinquième leçon. Celui-ci gouverna son royaume plus par sa bonté que par l’exercice de son autorité. Il secourait les orphelins, les veuves et les pauvres avec tant de charité, qu’on le vit parfois, durant la nuit, porter sur ses épaules du bois destiné aux indigents, assister fréquemment à leurs inhumations, délivrer les captifs, visiter les prisonniers par des nuits affreuses, et bien souvent les consoler par ses aumônes et ses conseils. Telle:tait la mansuétude de ce prince, qu’il déplorait amèrement d’avoir à prononcer la sentence de mort contre un coupable. Il avait pour les Prêtres une très grande vénération, et, de ses mains, il semait le froment et pressait les raisins qui devaient fournir la matière au saint Sacrifice de la Messe. La nuit, marchant pieds nus sur la neige et sur la glace, il faisait le tour des églises, ses pas restant marqués sur la terre par des empreintes chaudes et sanglantes.

Sixième leçon. Les Anges se constituèrent les gardiens de son corps. Un jour, en effet, qu’il s’apprêtait à engager un combat singulier avec Radislas, duc de Gurime, dans le but de pourvoir au salut des siens, on vit des Anges lui apporter des armes, et on les entendit adresser à son adversaire ces paroles : « Ne le frappe pas. » Saisi de terreur, son ennemi se jeta humblement à ses pieds et lui demanda grâce. Un autre jour qu’il faisait un voyage en Germanie, l’empereur, à l’approche de Wenceslas, vit des Anges décorer ce Saint d’une croix d’or. Se levant alors aussitôt de son trône, il alla le recevoir dans ses bras, le revêtit des insignes royaux et lui fit don du bras de saint Vite. Cependant l’impie Boleslas, à l’instigation de sa mère, après l’avoir reçu à sa table, s’en alla, avec des complices le tuer dans l’église où il était en prière, car le Saint prévoyait bien la mort qu’on lui préparait. Son sang jaillit sur la muraille et l’on en voit encore aujourd’hui les traces. Dieu vengea ce meurtre : la terre engloutit cette mère dénaturée, et les meurtriers périrent misérablement de diverses manières.

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XVIII Dimanche après la Pentecôte

27 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

XVIII Dimanche après la Pentecôte

Collecte

Seigneur, nous vous en supplions, que l’opération de votre grâce dirige nos cœurs, puisque sans vous nous ne pouvons vous plaire.

Epitre

Mes frères, je rends grâces continuellement à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu, qui vous a été donnée dans le Christ Jésus ; car en lui, vous êtes devenus riches en toutes choses, en toute parole et en toute science, le témoignage du Christ ayant été aussi confirmé parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucune grâce, à vous qui attendez la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, lequel vous affermira encore jusqu’à la fin, pour que vous soyez irréprochables au jour de l’avènement de Jésus-Christ notre Seigneur.

Evangile

En ce temps-là, Jésus étant monté dans une barque, repassa le lac et vint dans sa ville. Et voici qu’on lui présenta un paralytique couché sur un lit. Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Aie confiance, mon fils ; tes péchés te sont remis. Et voici que quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème. Et Jésus, ayant vu leurs pensées, dit : Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs ? Lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés te sont remis ; ou de dire : Lève-toi et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Lève-toi, dit-il alors au paralytique ; prends ton lit, et va dans ta maison. Et il se leva, et s’en alla dans sa maison. Les foules, voyant cela, furent remplies de crainte, et glorifièrent Dieu, qui avait donné un tel pouvoir aux hommes.

Homélie de saint Pierre Chrysologue.

Septième leçon. Le Christ accomplit des mystères divins, en ses actions humaines et sous des apparences visibles, il opère des œuvres invisibles : la lecture de ce jour nous le montre. « Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » N’est-ce pas celui-là même qui, après avoir repoussé les flots, met à nu les tréfonds de la mer, de sorte que le peuple d’Israël passe à pied sec au milieu des eaux figées d’étonnement, comme dans un creux entre des montagnes ? N’est-ce pas lui qui incline les vagues de la mer sous les pieds de Pierre si bien qu’une route d’eau offre aux pas d’un homme un sillage solide ?

Huitième leçon. Alors, pourquoi refuse-t-il pour lui-même les services de la mer, et recourt-il à ceux d’un batelier pour traverser un si petit lac ? « Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. » Et quoi d’étonnant, frères ? Le Christ est venu se charger de nos faiblesses et nous donner sa force, chercher ce qui est humain, accorder ce qui est divin, accepter des injures, rendre des dignités, porter des maux, apporter la guérison ; car le médecin qui ne porte pas l’infirmité ne sait pas guérir, et celui qui n’a pas été malade avec le malade ne peut pas apporter au malade la guérison.

Neuvième leçon. Le Christ donc, s’il était demeuré dans sa puissance, n’aurait rien eu de commun avec les hommes ; et s’il n’avait pas assumé la condition de la nature charnelle, c’est en vain qu’il aurait revêtu la chair. « Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » Le Créateur des choses, le Seigneur de l’univers, après s’être mis à l’étroit pour nous dans notre chair, commence par avoir une patrie humaine, commence par être citoyen d’une ville de Judée, commence par avoir des parents, lui qui est le père de tous les parents. N’est-ce pas l’amour qui invite, la charité qui attire, l’affection qui triomphe, la bonté qui persuade ceux que la tyrannie a chassés, que la crainte a dispersés, que la contrainte a bannis ?

Entre dans ta demeure céleste.

1. La messe (Da pacem). – La messe de ce dimanche s’écarte en partie du cycle des dimanches après la Pentecôte. Le dimanche suivant les Quatre-Temps de septembre était, dans l’église primitive, un jour dépourvu d’office liturgique, car le service divin du samedi des Quatre-Temps se continuait pendant toute la nuit jusqu’aux premières heures du matin. Lorsque, plus tard, l’office de nuit fut avancé au samedi matin, on intercala parmi les messes du temps notre messe, qui était peut-être primitivement une messe de dédicace. Ce qui est sûr, c’est que, dans cette messe, le thème de la parousie se trouve fortement marqué. Pour la comprendre, il faut se rappeler que l’Église représente aujourd’hui la Jérusalem céleste. C’est pourquoi le chant fondamental de la messe est le “cantique de Sion”, le psaume 121 : “De quelle joie mon cœur a tressailli à cette annonce : nous allons dans la maison de Dieu !”.

Introït : Nous sortons du monde de la lutte, du tumulte et des persécutions, pour entrer dans la paix du sanctuaire et nous écrier : “Donnez-nous la paix, Seigneur, à nous qui vous attendons avec impatience.” Que signifient ces paroles ? Mon Dieu, donnez-nous la béatitude éternelle après laquelle nous soupirons, afin que soient réalisées les prophéties qui ont dépeint votre retour sous de si éclatantes couleurs. L’entrée du clergé est l’image de notre entrée au ciel, d’où le psaume 121 tout entier : Nous faisons avec joie notre entrée au ciel.

Oraison : Connaissant notre impuissance, nous faisons appel à la “puissance de la miséricorde divine”.

A l’Épître (elle s’écarte, elle aussi, du cycle ; tandis que nous lisons, au XVIe et au XVIIe dimanches, l’Épître aux Éphésiens, nous avons aujourd’hui un passage de la première aux Corinthiens), notre mère la sainte Église se tient devant nous : l’année liturgique touche à sa fin ; elle jette maintenant un regard en arrière : elle remercie en notre nom pour tant de grâces reçues. Que nous sommes riches, nous, les enfants de Dieu ; une seule grâce nous a-t-elle manqué ? Aujourd’hui encore, le Christ nous “fortifiera jusqu’au bout”. L’Église présume que nous “attendons la révélation (le retour) de Notre-Seigneur Jésus-Christ”, et que c’est là notre plus grande préoccupation, de paraître “sans faute et sans châtiment au jour de la venue de Jésus-Christ” ; l’Église nous a fait porter ainsi un double regard : un regard en arrière – action de grâces, examen de conscience ; un regard en avant – le retour du Seigneur. La pensée de la “venue” du Christ nous fait faire de nouveau un pèlerinage en esprit dans la céleste “maison de Dieu”, où régneront “paix et bonheur”.

Maintenant, l’Alléluia nous présente la vision du jugement dernier où le Christ, entouré de rois et de païens, apparaîtra dans sa “majesté”.

A l’Évangile, nous voyons le paralytique devant le Christ qui prouve, par le miracle, qu’il “a puissance de pardonner sur terre les péchés”. Mais ce paralytique est notre image ; à nous aussi appartient une semblable guérison : comme ce malade, nous fûmes jadis paralysés dans notre âme ; mais le Seigneur nous a guéris. Ce fut notre baptême. Chaque dimanche, celui-ci comme les autres, rappelle la grâce du baptême et veut lui donner son épanouissement et sa maturité. La messe d’aujourd’hui est donc en premier lieu un prolongement du baptême. Nous sommes encore bien paralysés dans notre âme : le monde, le moi, les bas instincts de la nature sont comme un poids de plomb qui tient notre âme abattue sur le sol, ce qui fait que nous pouvons si difficilement nous relever. Le Christ a institué l’Eucharistie pour nous donner sans cesse de nouvelles forces et pour guérir la paralysie de notre âme. L’Eucharistie doit nous tenir prêts à partir pour notre patrie céleste. Ainsi l’Evangile unit le passé (le baptême), le présent (l’Eucharistie) et l’avenir (le second avènement). Au jugement dernier, se réalisera pleinement pour nous la parole du Christ : “Il se leva (surrexit) et partit dans sa demeure (céleste)”.

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Neuvaine à Saint Michel

27 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Neuvaine à Saint Michel

SEPTIEME JOUR

En l’honneur des Principautés


Ô ! Saint Michel, Prince trois fois saint de la Milice sacrée, chargé par Dieu d'organiser et conduire les phalanges angéliques, très digne de tout culte, de toute louange et de tout éloge : éclairez mes sens intérieurs, fortifiez mon pauvre cœur agité par les tempêtes de cette vie, élevez vers les hauteurs de la céleste sagesse mon esprit incliné vers les choses de la terre; affermissez mes pas chancelants et ne permettez pas que j'abandonne le sentier qui conduit aux Cieux; guérissez les plaies de mon âme; faites disparaître la trace de toutes les souffrances qu'engendrent en moi mes misères et mes malheurs. Ainsi soit-il.

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Samedi des Quatre-Temps de Septembre

26 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Samedi des Quatre-Temps de Septembre

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, qui guérissez les corps et les âmes par le remède salutaire de l’abstinence, nous supplions humblement votre majesté, afin qu’apaisé par la prière pieuse de ceux qui jeûnent, vous nous donniez des secours pour le présent et pour l’avenir.

Lecture

O Seigneur notre Dieu, paissez votre peuple avec votre bâton, le troupeau de votre héritage, qui habite solitaire dans la forêt comme aux jours anciens. Les nations verront, et elles seront confondues avec toute leur puissance. O Dieu, qui est semblable à vous, qui enlevez l’iniquité et qui oubliez les péchés des restes de votre héritage ? Il ne lancera plus sa fureur, parce qu’il aime la miséricorde. Il aura encore compassion de nous ; il mettra à ses pieds nos iniquités, et il jettera tous nos péchés au fond de la mer, Vous donnerez la vérité à Jacob, la miséricorde à Abraham, comme vous l’avez juré à nos pères depuis les jours anciens, ô Seigneur notre Dieu.

Lecture

En ces jours-là : la parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : Ainsi parle le Seigneur des armées : Comme j’ai pensé à vous affliger, lorsque vos pères ont provoqué ma colère, dit le Seigneur, et que je n’ai pas eu de pitié, ainsi j’ai pensé, au contraire, en ces jours, à faire du bien à la maison de Juda et à la maison de Jérusalem. Ne craignez, point. Voici donc ce que vous ferez : Dites la vérité chacun à son prochain ; jugez à vos portes selon la vérité et selon la paix. Que nul ne pense dans son cœur le mal contre son ami, et n’aimez pas les faux serments ; car ce sont là toutes choses que je hais, dit le Seigneur. La parole du Seigneur des armées me fut adressée en ces termes : Ainsi parle le Seigneur des armées : Les jeûnes du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois deviendront pour la maison de Juda des jours de joie et d’allégresse, et de belles solennités. Seulement, aimez la vérité et la paix, dit le Seigneur des armées.

Lecture

En ces jours là : l’ange du Seigneur était descendu dans la fournaise avec Azarias et ses compagnons, et il écartait de la fournaise la flamme de feu. Et il rendit le milieu de la fournaise tel que si un vent de rosée y avait soufflé. La flamme s’élevait quarante-neuf coudées au-dessus de la fournaise ; et, s’étant élancée, elle brûla les Chaldéens qu’elle rencontra près de la fournaise. Et le feu ne les toucha même pas, il ne les blessa point et ne leur causa point le moindre mal. Alors ces trois hommes, comme d’une seule bouche, louaient, glorifiaient et bénissaient Dieu dans la fournaise, en disant :

Hymne

Bénis sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis soit le nom de ta gloire qui est saint, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu dans le temple saint de ta glore, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le saint trône de ton règne, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le sceptre de ta divinité, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui siège sur les Chérubins, dominant l’abyme, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui marches sur les ailes du vent et avances sur les flots de la mer, à Toi louange et gloire éternellement.
Que tous les Anges et tes sainst te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Que les cieus la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, louange et gloire éternellement.
Comme il était au commencement, maintenant et dasn les siècles des siècles. Amen. louange et gloire éternellement.
Tu es bénis Seigneur, Dieu de nos pères, à Toi louange et gloire éternellement

Epitre

Mes frères : on a construit un tabernacle dans a première partie duquel étaient e chandelier, la table et les pains de proposition, et cette partie s’appelait le Saint. Puis, derrière le second voile était la partie du tabernacle appelée le Saint des saints, renfermant un encensoir d’or, et l’arche d’alliance toute couverte d’or, dans laquelle était une urne d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, qui couvraient de leur ombre le propitiatoire. Mais ce n’est pas le moment de parler de cela en détail. Or, ces choses étant ainsi disposées, les prêtres entraient en tout temps dans la première partie du tabernacle, lorsqu’ils exerçaient des fonctions sacerdotales ; mais, dans la seconde, n’entre qu’une fois par an le seul grand-prêtre, non sans y porter du sang, qu’il offre pour son ignorance et pour celle du peuple. L’Esprit-Saint montre par là que le chemin du sanctuaire n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait. C’est une figure pour le temps présent, où l’on offre des dons et des victimes, qui ne peuvent rendre parfait selon la conscience celui qui rend ce culte ; puisqu’ils ne consistaient qu’en diverses ablutions, et en des cérémonies charnelles, imposées seulement jusqu’à une époque de réforme.

Mais le Christ étant venu comme pontife des biens futurs, a traversé un tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’a pas été fait de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient point à cette création, et il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs ou des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.

Evangile

En ce temps-là, Jésus dit à la foule cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne ; et il vint y chercher du fruit, et n’en trouva point. Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n’en trouve pas ; coupe-le donc : pourquoi occupe-t-il encore le sol ? Le vigneron, répondant, lui dit : Seigneur, laisse-le encore cette année, jusqu’à ce que je creuse tout autour et que j’y mette du fumier ; peut-être portera-t-il du fruit : sinon, tu le couperas ensuite. Or Jésus enseignait dans leur synagogue les jours de sabbat. Et voici qu’il y vint une femme, possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; et elle était courbée, et ne pouvait pas du tout regarder en haut. Jésus, la voyant, l’appela auprès de lui et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il lui imposa les mains ; et aussitôt elle redevint droite, et elle glorifiait Dieu. Mais le chef de la synagogue prit la parole, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sabbat ; et il disait à la foule : Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler ; venez donc en ces jours-là, et faites-vous guérir, et non pas le jour du sabbat. Le Seigneur lui répondit, en disant : Hypocrites, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne délie pas son bœuf ou son âne de la crèche, et ne les mène pas boire ? Et cette fille d’Abraham, que Satan avait liée voilà dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? Tandis qu’il parlait ainsi, tous ses adversaires rougissaient ; et tout le peuple se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu’il accomplissait.

Bréviaire

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Première leçon. Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits ; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions ; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans- la lecture de l’Évangile : d’un figuier stérile, et d’une femme courbée : au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée.

Deuxième leçon.Que signifie le figuier, sinon la nature humaine ? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature ? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, .elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée. C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant.

Troisième leçon. Il est venu avant la loi, parce que chacun, par son intelligence naturelle, a appris comment il devait agir à l’égard de son prochain. Il est venu sous la loi, parce qu’il a enseigné par des préceptes. Il est venu après la loi, par la grâce, parce qu’il a montré, en la faisant paraître, la présence de sa bonté. Et cependant il se plaint de n’avoir pas, en trois ans, trouvé de fruit, parce que la loi naturelle, qui nous est innée, ne corrige pas les esprits de certains hommes pervers, que les préceptes ne les instruisent pas, que les miracles de son incarnation ne les convertissent pas. Qu’est-ce qui est signifié par celui qui cultive la vigne, sinon l’ordre des supérieurs ? Eux qui, en dirigeant l’Église, s’occupent assurément de la vigne du Seigneur.

Veillée stationnale à Saint-Pierre.

La messe nocturne d’aujourd’hui, à Saint-Pierre, conserve le dernier souvenir des antiques veillées qui, durant les trois premiers siècles, se célébraient chaque dimanche. Cet usage remonte jusqu’aux temps apostoliques, mais à Rome la dernière persécution de Dioclétien dut en rendre impossible l’observance ; — déjà Sixte II avait été surpris tandis qu’il présidait une synaxe dominicale dans une trichera sur le cimetière de Callixte, et il avait payé de la vie son acte de courage — aussi au IVe siècle, l’antique rite vigilial ayant presque complètement disparu à Rome, seules survécurent dans l’usage commun d’alors les vigiles des apôtres Pierre et Paul, de saint Laurent, des saints Jean et Paul, de quelques autres martyrs et celles qui suivaient les samedis des Quatre-Temps.

Maintenant encore, la messe de ce jour, avec ses sept lectures et le verset de psaume à l’offertoire : In die clamavi et nocte, conserve quelques traits de son caractère nocturne primitif.

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Neuvaine à Saint Michel

26 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Neuvaine à Saint Michel

Cinquième Jour : en l’honneur des Puissances

Saint Michel Archange, vous que la sainte Église vénère comme son gardien et protecteur, à vous le Seigneur a confié la mission d'introduire dans la céleste félicité les âmes rachetées. Priez donc le Dieu de paix d'écraser Satan sous nos pieds afin qu'il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l'Église. présentez au Très-Haut nos prières, afin que, sans tarder, le Seigneur nous fasse miséricorde. Vous-même, saisissez le dragon, l'antique serpent, qui est le diable et Satan, et jetez-le enchaîné dans l'abîme, pour qu'il ne séduise plus les nations. Ainsi soit-il

 

 

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Neuvaine à Saint Michel

25 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Neuvaine à Saint Michel

Cette Neuvaine à l’Archange Saint Michel et aux neuf Chœurs des Anges obtient des grâces extraordinaires et le secours du Ciel contre les afflictions et actions d'origine démoniaque.
Pendant ces neuf jours, accompagner la neuvaine de la confession, de prières à Saint Michel, de chapelet, de jeûne… N’oublions pas que certains démons ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne. Aux conditions ordinaires, une indulgence plénière peut être gagnée au cours de la neuvaine (jour au choix), ou dans les huit jours suivants. (Pie IX, 26 novembre 1876)

Récitez chaque jour le Confiteor, formulez votre demande, puis dire trois fois le Pater Noster, l'Ave Maria et le Gloria Patri. Terminez par la prière suivante (selon les jours)

 

QUATRIEME JOUR

En l’honneur des Dominations


Ô vous, qui êtes le prince et le Porte-Étendard des bons Anges, assistez-moi toujours dans votre bonté et sauvez-moi. Des légions de l'ange des ténèbres préservez-moi, afin que, sous votre conduite, je partage la lumière des bons Anges. Devant le trône du Juge Suprême, soyez mon défenseur, plaidez ma cause et conjurez la colère du Juste Vengeur. Que, par vous, à mes travaux, à mon repos, à mes jours et à mes nuits soit donnée la prospérité; que ma pensée soit toujours prête pour les oeuvres de Dieu. Ainsi soit-il.

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Vendredi des Quatre Temps de septembre

25 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Vendredi des Quatre Temps de septembre

Lecture

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Convertis-toi, Israël, au Seigneur ton Dieu, puisque tu es tombé par ton iniquité. Apportez avec vous des paroles, et convertissez-vous au Seigneur ; dites-lui : Enlevez toutes les iniquités, recevez le bien et nous vous offrirons, au lieu de taureaux, l’hommage de nos lèvres. Assur ne nous sauvera pas, nous ne monterons pas sur des chevaux, et nous ne dirons plus : Les œuvres de nos mains sont nos dieux ; parce que vous aurez pitié de l’orphelin, qui est chez vous. Je guérirai leurs brisures, je les aimerai par une pure bonté, car ma fureur s’est détournée d’eux. Je serai comme la rosée ; Israël germera comme le lis, et sa racine s’élancera comme celle du Liban. Ses branches s’étendront, sa gloire sera semblable à l’olivier, et son parfum comme celui du Liban. Ils reviendront s’asseoir sous son ombre ; ils vivront de froment et ils germeront comme la vigne ; leur renommée sera comme celle du vin du Liban. Ephraïm, qu’ai-je à faire encore avec les idoles ? C’est moi qui l’exaucerai et qui le ferai croître comme un sapin verdoyant ; c’est moi qui te ferai porter ton fruit. Qui est sage, pour comprendre ces choses ? Qui a l’intelligence, pour les connaître ? Car les voies du Seigneur sont droites, et les justes y marcheront ; mais les prévaricateurs y périront.

Evangile

En ce temps-là, un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Et étant entré dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici qu’une femme, qui était une pécheresse dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre, rempli de parfum ; et se tenant derrière lui, à ses pieds, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et elle baisait ses pieds et les oignait de parfum. Voyant cela, le pharisien qui l’avait invité dit en lui-même : Si cet homme était prophète, il saurait certainement qui et de quelle espèce est la femme qui le touche ; car c’est une pécheresse. Et Jésus, prenant la parole, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Il répondit : Maître, dites. Un créancier avait deux débiteurs, l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi les rendre, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel donc l’aimera davantage ? Simon répondit : Je pense que c’est celui auquel il a remis davantage. Jésus lui dit : Tu as bien jugé. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Tu vois là cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds ; mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé de baiser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum. C’est pourquoi, je te le dis, beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on remet moins, aime moins. Alors il dit à cette femme : Tes péchés te sont remis. Et ceux qui étaient à table avec lui commencèrent à dire en eux-mêmes : Quel est celui-ci, qui remet les péchés ? Et il dit à la femme : Ta foi t’a sauvée ; va en paix.

 

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Première leçon. Quel est donc celui que représente le Pharisien présumant de sa fausse justice, si ce n’est le peuple juif ; quelle est celle que désigne la femme pécheresse, suivant les pas du Seigneur et pleurant, si ce n’est la Gentilité convertie ? Elle vint avec un vase d’albâtre, répandit le parfum, se tint en arrière aux pieds du Seigneur, inonda ses pieds de ses larmes, les essuya avec ses cheveux, et elle ne cessa de baiser ces mêmes pieds qu’elle inondait et essuyait. C’est donc nous que cette femme représente, si, après nos péchés, nous retournons au Seigneur de tout cœur, si nous imitons les pleurs de sa pénitence. Que veut en effet dire ce parfum, si ce n’est la bonne odeur de notre réputation ? C’est pourquoi saint Paul dit : « Nous sommes en tout lieu pour Dieu la bonne odeur du Christ. »

Deuxième leçon.Si donc nous faisons des œuvres bonnes, qui répandent dans l’Église l’odeur d’une bonne réputation, que faisons-nous en ce qui concerne le corps du Seigneur, sinon de l’inonder de parfum ? Mais la femme se tint aux pieds de Jésus : nous nous mettons devant les pieds du Seigneur quand nous nous opposons à ses voies par nos péchés ; mais si nous nous convertissons après nos fautes et embrassons une pénitence sincère, alors nous nous tenons en arrière, à ses pieds, car nous voulons suivre ses pas au lieu de les arrêter. La femme arrose ses pieds de ses larmes : ce que nous faisons aussi vraiment si, par un sentiment de compassion, nous nous inclinons vers le moindre des membres du Seigneur, si nous prenons part à la souffrance de ses saints dans la tribulation ; si, leur tristesse, nous la considérons comme notre tristesse.

Troisième leçon.Nous essuyons donc de nos cheveux les pieds du Seigneur, lorsque nous montrons notre pitié pour ses saints, auxquels nous compatissons par charité, même au moyen de notre superflu : de telle façon que notre esprit souffre dans sa compassion, au point qu’une main généreuse montre le sentiment vif de la douleur. Celui-là en effet mouille de ses larmes les pieds du Rédempteur, mais ne les essuie pas de ses cheveux, qui compatit, il est vrai, à la douleur de son prochain, mais ne lui vient pas en aide de son superflu. Il pleure, mais il n’essuie pas, celui qui lui présente les paroles de la douleur, mais qui, ne lui présentant pas ce qui lui manque, n’enlève pas du tout la force de la douleur. La femme baise les pieds qu’elle essuie ; ce que nous aussi nous faisons véritablement, si nous aimons ardemment ceux que nous soutenons de notre libéralité, de façon que le besoin du prochain ne nous soit pas à charge ; que son indigence, que nous soulageons, ne nous soit pas un fardeau et que, alors que la main présente le nécessaire, notre esprit ne soit pas engourdi loin de l’affection.

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Mémoire Notre Dame de la Merci

24 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Mémoire Notre Dame de la Merci

Bréviaire

Quatrième leçon. C’était au temps où la plus vaste et la plus belle partie de l’Espagne était soumise au joug barbare des Sarrasins. D’innombrables fidèles, retenus dans une captivité douloureuse, étaient grandement exposés à renier la foi chrétienne et à compromettre leur salut éternel. La bienheureuse Reine du ciel, voulant apporter remède à des maux si grands et si nombreux, manifesta sa très ardente charité pour leur délivrance. Saint Pierre Nolasque, renommé par sa piété autant que par ses richesses, se livrait à de saintes méditations, et s’ingéniait sans cesse à découvrir comment il adoucirait les épreuves d’un si grand nombre de Chrétiens, soumis à la domination des Maures. La bienheureuse Vierge lui apparut elle-même avec un visage bienveillant et lui fit connaître combien il serait agréable à son Fils unique et à elle-même, s’il fondait en son honneur un Ordre religieux ayant pour but d’arracher les captifs à la tyrannie des Turcs. Encouragé par cette vision céleste, l’homme de Dieu sentit son cœur s’embraser d’une ardente charité ; il n’eut plus qu’un seul désir, celui de se livrer lui-même, et de consacrer l’Ordre qu’il instituerait, à la pratique de cet amour généreux par lequel chacun donnerait sa vie pour ses arnis et son prochain.
Cinquième leçon. La même nuit, la très sainte Vierge apparut aussi au bienheureux Raymond de Pennafort et à Jacques, roi d’Aragon, leur donnant avis d’instituer un Ordre religieux, et leur persuadant de concourir par leur fortune à la fondation d’une si belle œuvre. Pierre accourut aussitôt se jeter aux genoux de Raymond, son confesseur, et lui fit tout connaître ; l’ayant trouvé instruit lui-même de toutes ces choses par la révélation céleste, il se soumit très humblement à sa direction. Le roi Jacques survenant, décida de mettre à exécution ce que la bienheureuse Vierge Marie lui avait également révélé. Après en avoir conféré entre eux, tous tombèrent d’accord, et entreprirent de fonder un institut en l’honneur de la Vierge Mère, sous le vocable de sainte Marie de la Merci ou de la rédemption des captifs.
Sixième leçon. En conséquence, le dix du mois d’août, l’an du Seigneur mil deux cent dix-huit, le roi Jacques décréta l’établissement de cet institut, dont ces saints hommes avaient conçu le projet. Ceux qui voulaient en faire partie devaient s’engager, par un quatrième vœu. à rester comme otage au pouvoir des païens, si la délivrance des Chrétiens l’exigeait. Le roi leur concéda le privilège de porter sur la poitrine ses propres armes, et s’occupa de faire approuver par Grégoire IX un institut et des vœux de religion, inspirés par une si sublime charité envers le prochain. Dieu lui-même, par l’intermédiaire de la Vierge-Mère, donna l’accroissement à cette œuvre, car elle se répandit avec beaucoup de rapidité et de succès sur toute la surface de la terre, et vit fleurir des héros de sainteté, des hommes d’une charité et d’une piété incomparables, se dévouant à recueillir les aumônes des Chrétiens pour racheter leurs frères, et à se donner souvent eux-mêmes comme rançon pour délivrer un grand nombre de captifs. Afin de rendre à Dieu et à la Vierge Mère de dignes actions de grâces pour un si grand bienfait et pour une institution si secourable, le Siège apostolique a permis de célébrer cette Fête particulière et de réciter cet Office, après avoir accordé à l’Ordre lui-même des privilèges presque sans nombre.

Mémoire Notre Dame de la Merci
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Mercredi des Quatre-Temps de Septembre mémoire de saint Lin pape et martyr et sainte Thècle martyr

23 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

Mercredi des Quatre-Temps de Septembre mémoire de saint Lin pape et martyr et sainte Thècle martyr

Lectures

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Voici, les jours viennent, où le laboureur suivra de près le moissonneur, où celui qui foule les raisins suivra celui qui répand la semence ; les montagnes feront couler la douceur, et toutes les collines seront cultivées. Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ; ils rebâtiront les villes désertes, et ils les habiteront ; ils planteront des vignes, et ils en boiront le vin ; ils feront des jardins, et ils en mangeront les fruits. Je les planterai dans leur terre, et je ne les arracherai plus à l’avenir du pays que je leur ai donné, dit le Seigneur ton Dieu.

 

En ces jours-là, tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des Eaux. Et ils prièrent Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël. Et le prêtre Esdras apporta la loi devant l’assemblée des hommes et des femmes, et de tous ceux qui pouvaient l’entendre, le premier jour du septième mois. Et il lut distinctement dans ce livre sur la place qui était devant la porte des Eaux, depuis le matin jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes et de ceux qui étaient capables de l’entendre, et tout le peuple avait les oreilles attentives à la lecture de ce livre. Esdras, le scribe, se tint debout sur une estrade de bois qu’il avait faite pour parler au peuple. Esdras ouvrit le livre devant tout le peuple, car il était élevé au-dessus de tous ; et après qu’il l’eut ouvert, tout le peuple se tint debout. Et Esdras bénit le Seigneur, le grand Dieu ; et tout le peuple, levant les mains, répondit : Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Et ils s’inclinèrent, et adorèrent Dieu prosternés jusqu’à terre. Cependant les lévites faisaient faire silence au peuple, afin qu’il écoutât la loi. Or le peuple se tenait debout, chacun à sa place. Et ils lurent dans le livre de la loi de Dieu distinctement et d’une manière très intelligible, et le peuple entendit ce qu’on lui lisait. Or Néhémie, Esdras, prêtre et scribe, et les lévites qui interprétaient la loi dirent à tout le peuple : Ce jour est consacré au Seigneur notre Dieu ; ne vous attristez point et ne pleurez pas. Et il leur dit : Allez, mangez des viandes grasses et buvez de douces liqueurs, et faites-en part à ceux qui n’ont rien préparé, car ce jour est consacré au Seigneur ; et ne vous attristez point, car la joie du Seigneur est notre force.

Evangile

En ce temps-là, un homme de la foule, prenant la parole, dit : Maître, je vous ai amené mon fils, qui est possédé d’un esprit muet ; et en quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette à terre, et l’enfant écume, grince des dents et se dessèche. J’ai dit à vos disciples de le chasser, mais ils ne l’ont pu. Jésus leur répondit : O génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous souffrirai-je ? Amenez-le-moi. Ils l’emmenèrent ; et aussitôt qu’il eut vu Jésus, l’esprit l’agita avec violence, et, jeté à terre, il se roulait en écumant. Jésus demanda au père de l’enfant : Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? Il répondit : Depuis son enfance, et l’esprit l’a souvent jeté dans le feu et dans l’eau, pour le faire périr. Mais, si vous pouvez quelque chose, secourez-nous, ayez pitié de nous. Jésus lui dit : Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit. Et aussitôt le père de l’enfant s’écria avec larmes : Je crois, Seigneur ; aidez mon incrédulité. Et Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit : Esprit sourd et muet, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et ne rentre plus en lui. Alors l’esprit, poussant des cris et l’agitant avec violence, sortit, et l’enfant devint comme mort, de sorte que beaucoup disaient : Il est mort. Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le souleva, et il se leva. Lorsque Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandaient en secret : Pourquoi n’avons-nous pas pu le chasser ? Il leur répondit : Cette sorte de démon ne peut se chasser que par la prière et par le jeûne.

 

Bréviaire

Homélie de saint Bède le Vénérable, Prêtre.

Première leçon. Ce démoniaque, que le Seigneur guérit en descendant de la montagne, saint Marc dit qu’il était sourd et muet ; saint Matthieu, qu’il était lunatique. Il nous paraît l’image de ces hommes dont il est écrit : « L’insensé est changeant comme la lune ; » de ceux qui, ne demeurant jamais dans le même état, portés tantôt à tels vices et tantôt à tels autres, semblent croître et décroître. Ils sont muets, ne confessant pas la foi ; sourds, n’entendant pas, jusqu’à un certain point, la parole même de la vérité. Ils écument, quand leur sottise les rend sans consistance, comme l’eau. C’est en effet le propre des fous, des malades énervés et des gens hébétés, de laisser échapper de leur bouche l’écume salivaire. Ils grincent des dents, lorsqu’ils sont enflammés par la fureur de la colère ; ils se dessèchent, lorsqu’ils languissent dans la torpeur de l’oisiveté, et ils vivent sans énergie, n’étant soutenus par aucune des forces de la vertu.

Deuxième leçon. Cette parole [du père du possédé] : « J’ai dit à vos disciples de la chasser, [ce démon,] et ils ne l’ont pu », accuse indirectement les Apôtres, quoique l’impossibilité de guérir soit rapportée parfois, non point à la faiblesse de ceux qui sont appelés à procurer la guérison, mais à l’état de la foi en ceux qui demandent à être guéris, le Seigneur ayant prononcé cette parole : « Qu’il te soit fait selon ta foi. » Jésus s’adressant à la foule, s’écria : « O race incrédule, jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterai-je ? » [La patience du divin Maître] n’était ni lassée ni vaincue, car il est plein de bonté et de douceur lui qui, « semblable à l’agneau devant celui qui le tond, n’ouvrit pas la bouche, » et n’éclata pas en paroles de colère ; mais, à la façon d’un médecin qui verrait son malade se conduire contrairement à ses prescriptions, le Sauveur semble dire : Jusqu’à quand viendrai-je en ta maison ? jusqu’à quel point perdrai-je les soins de mon art, car j’ordonne une chose et tu en fais une autre ?

Troisième leçon. « Il leur dit : Ce genre [de démons] ne peut se chasser que par la prière et le jeûne. » En instruisant les Apôtres sur la manière dont le démon le plus méchant doit être chassé, Jésus-Christ nous donne à tous une règle de vie, afin que nous sachions que les tentations les plus fortes, provenant soit des esprits immondes, soit des hommes, doivent être vaincues par les jeûnes et les prières, et que la colère du Seigneur aussi, lorsqu’elle s’est allumée pour venger nos crimes, peut être apaisée par ce remède spécial. Or, le jeûne, en un sens général, consiste à s’abstenir non seulement des aliments, mais de tous les plaisirs charnels ; bien plus, à se défendre de toute affection au mal. Pareillement, la prière, en un sens général, ne s’entend pas seulement des paroles par lesquelles nous invoquons la clémence divine, mais aussi de tous l !es actes que nous accomplissons avec la dévotion de la foi pour servir notre Créateur.

Padre Pio a porté les stigmates une bonne partie de sa vie. Chaque vendredi, du sang AB, identique à celui sur saint Suaire de Turin et à celui des différents miracles eucharistiques, suintait de ses plaies avec un parfum ineffable. Le père connu pour les nombreux miracles réalisés de son vivant, passait plus de 18 heures par jours à confesser ; son don de lire dans les âmes lui attirait les foules.

Padre Pio a porté les stigmates une bonne partie de sa vie. Chaque vendredi, du sang AB, identique à celui sur saint Suaire de Turin et à celui des différents miracles eucharistiques, suintait de ses plaies avec un parfum ineffable. Le père connu pour les nombreux miracles réalisés de son vivant, passait plus de 18 heures par jours à confesser ; son don de lire dans les âmes lui attirait les foules.

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IL FAUT CHOISIR

22 Septembre 2015 , Rédigé par Ludovicus

IL FAUT CHOISIR

Le problème demeure très grave, et il ne faut surtout pas le minimiser. C’est ce qu’il faut répondre à tous les laïcs qui vous demandent si la crise va finir, s’il n’y aurait pas moyen d’avoir une autorisation pour notre liturgie, pour nos sacrements…

Certainement la question de la liturgie et des sacrements est très importante, mais plus importante encore est celle de la foi. Pour nous cette question est résolue, car nous avons la foi de toujours, celle du concile de Trente, du catéchisme de saint Pie X, de tous les conciles et de tous les papes d’avant Vatican II, en un mot la foi de l’Église.

Mais à Rome ? La persévérance et la pertinacité des idées fausses et des graves erreurs de Vatican II continuent. C’est clair.

Monsieur l’abbé Tam nous a envoyé des coupures de L’Osservatore Romano : des discours du Saint-Père, du cardinal Casaroli, du cardinal Ratzinger. Ce sont des documents officiels de l’Église dont on ne peut douter de l’authenticité, et on est stupéfait.

Ces temps-ci (puisque je suis un peu en chômage) j’ai relu le livre que vous connaissez bien, de Barbier, sur le catholicisme libéral. Il est frappant de voir que notre combat est exactement celui des grands catholiques du XIXe siècle depuis la Révolution, et le combat des papes Pie VI, Pie VII, Pie VIII. Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, jusqu’à Pie XII. Or en quoi se résume-t-il ? C’est Quanta Cura et le Syllabus de Pie IX, et Pascendi domini gregis de saint Pie X. Ce sont des documents sensationnels, qui d’ailleurs ont fait choc en leur temps, et qui ont opposé la doctrine du Saint-Siège devant les erreurs modernes. C’est la doctrine que l’Église a opposée aux erreurs qui se sont manifestées au cours de la Révolution, particulièrement dans la Déclaration de droits de l’homme.

Or c’est le même combat que nous livrons aujourd’hui : il y a les pro- Syllabus, les pro-Quanta Cura, les pro-Pascendi et il y a ceux qui sont contre. C’est tout simple.

Ceux qui sont contre ces documents adoptent les principes de la Révolution, les erreurs modernes. Ceux qui sont pour demeurent dans la vraie foi catholique.

Or, vous savez très bien que le cardinal Ratzinger a dit officiellement que pour lui Vatican II était l’anti-Syllabus. S’il s’est clairement placé contre le Syllabus, c’est donc qu’il a adopté le principe de la Révolution. D’ailleurs il l’a dit très clairement : « L’Église s’est ouverte aux doctrines qui ne sont pas nôtres mais qui viennent de la société, etc… » Tout le monde a compris : les principes de 89, les Droits de l’homme.

Nous sommes exactement dans la situation du cardinal Pie, de Mgr Freppel, de Louis Veuillot, du député Keller en Alsace, de Ketler en Allemagne, du cardinal Mermillod en Suisse, qui ont combattu le bon combat, avec la grande majorité des évêques, car à cette époque là ils avaient la chance d’avoir la grande majorité des évêques avec eux. Certes, Mgr Dupanloup et quelques évêques français à sa suite ont fait exception. De même quelques-uns, en Allemagne et en Italie, ont été ouvertement opposés au Syllabus et à Pie IX, mais ce furent plutôt des cas extraordinaires.

Il y avait cette force révolutionnaire des héritiers de la Révolution et, pour leur tendre la main, les Dupanloup, Montalembert, Lamennais…, qui ne voulaient jamais invoquer les droits de Dieu contre les droits de l’homme. « Nous demandons le droit commun » c’est-à-dire ce qui convient à tous les hommes, à toutes les religions, à tout le monde. Le droit commun, pas les droits de Dieu…

Nous nous retrouvons à présent dans la même situation, il faut ne pas se faire d’illusions : nous menons un combat très fort. Mais comme il est assuré par toute une lignée de papes, nous n’avons pas à hésiter ou à avoir peur.

Certains voudraient changer ceci ou cela, se rallier quand même à Rome, au pape… Nous le ferions, bien sur, s’ils étaient dans la Tradition, et continuaient le travail de tous les papes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe. Mais eux-mêmes reconnaissent qu’ils ont pris une voie nouvelle, que le concile Vatican II a ouvert une nouvelle ère, et que l’Église  parcourt une nouvelle étape.

Je pense qu’il faut inculquer cela à nos fidèles, de telle manière qu’ils se sentent solidaires de toute l’histoire de l’Église. Parce qu’enfin cela remonte même avant la Révolution : c’est le combat de Satan contre la Cité de Dieu. Comment cela va-t-il se résoudre ? C’est le secret de Dieu, un mystère. Mais il n’y a pas à se faire de souci, il faut avoir confiance dans la grâce du Bon Dieu.

Que nous ayons à combattre contre les idées actuellement en vogue à Rome, celles que le Pape exprime, ainsi que Ratzinger, Casaroli, Willebrands, et tant d’autres, c’est clair. Nous les combattons parce qu’ils ne font que répéter le contraire de ce que les papes ont dit et affirmé solennellement pendant un siècle et demi.

Alors il faut choisir.

C’est ce que je disais au pape Paul VI. ON EST BIEN OBLIGÉ DE CHOISIR ENTRE VOUS, LE CONCILE, ET VOS PRÉDÉCESSEURS. A qui faut-il aller ? Aux prédécesseurs qui ont affirmé la doctrine de l’Église, ou bien suivre les nouveautés du concile Vatican II que vous avez affirmées. « Oh, il ne faut pas faire de théologie ici », m’a-t-il répondu. C’est donc clair

Nous n’avons pas à hésiter une minute, si nous voulons ne pas nous retrouver avec ceux qui sont en train de nous trahir. Il y en a qui ont toujours envie de regarder de l’autre côté de la barrière. Ils ne regardent pas du côté des amis, de ceux qui se défendent sur le terrain même du combat, ils regardent toujours un peu du côté de l’ennemi.

Ils disent qu’il faut être charitable, avoir de bons sentiments, qu’il faut éviter les divisions. Après tout, ces gens là disent quand même la bonne messe, ils ne sont pas si mauvais qu’on le dit…

Mais ils nous trahissent. Ils donnent la main à ceux qui démolissent l’Église, à ceux qui ont des idées modernistes et libérales, pourtant condamnées par l’Église. Donc maintenant, ils font le travail du diable, eux qui travaillaient avec nous pour le règne de Notre Seigneur et pour le salut des âmes.

« Oh, pourvu qu’on nous accorde la bonne messe, on peut donner la main à Rome, il n’y a pas de problèmes ». Voilà comment ça marche ! Ils sont dans une impasse car on ne peut pas à la fois donner la main aux modernistes et vouloir garder la Tradition.

Qu’on ait des contacts pour les ramener à la Tradition, les convertir, à la rigueur. C’est le bon œcuménisme. Mais donner l’impression qu’on regrette presque, et qu’après tout on irait bien parler avec eux, ce n’est pas possible. Comment parler avec ceux qui maintenant nous disent que nous sommes figés comme des cadavres ? Selon eux, nous ne sommes plus la Tradition vivante, nous sommes des gens tristes, « sans vie et sans joie ». C’est à croire qu’ils n’ont jamais fait partie de la Tradition ! C’est invraisemblable. Comment voulez-vous que l’on puisse avoir des rapports avec ces gens-là?

C’est ce qui nous pose parfois des problèmes avec certains très bons laïcs, qui sont pour nous et qui ont accepté les sacres, mais qui ont comme une espèce de regret intime de ne plus être avec ceux avec lesquels ils étaient auparavant, ceux qui n’ont pas accepté les sacres et qui maintenant sont contre nous. « C’est dommage, je voudrais bien aller les retrouver, boire un verre avec eux, leur tendre la main ». Cela c’est de la trahison, parce qu’à la moindre occasion ils partiront avec eux. Il faut savoir ce que l’on veut.

Car c’est cela qui a tué la chrétienté de l’Europe, pas seulement l’Église de France, mais aussi celle d’Allemagne, de Suisse… Ce sont les libéraux qui ont permis à la Révolution de s’installer, précisément parce qu’ils ont tendu les mains à ceux qui n’avaient pas leurs principes.

Il faut savoir si nous voulons collaborer aussi à la destruction de l’Église, à la ruine du règne social de Notre Seigneur, ou bien si nous sommes décidés à œuvrer au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Tous ceux qui veulent venir avec nous, pour travailler avec nous, Deo gratias, nous les accueillons, peu importe d’où ils viennent, mais qu’ils ne nous disent pas de quitter notre chemin pour aller avec eux collaborer avec les autres. Ce n’est pas possible.

Tout au long du XIXe siècle, les catholiques se sont littéralement déchirés à propos de ce document du Syllabus, pour, contre, pour, contre…

Vous vous souvenez en particulier du comte de Chambord que l’on a critiqué d’avoir refusé la royauté pour une question de drapeau. Mais ce n’était pas tellement une question de drapeau, le comte de Chambord a refusé d’être soumis aux principes de la Révolution. Il a dit : « Je ne consentirai jamais à être le roi légitime de la Révolution ». Et il avait raison, car il aurait été plébiscité par le pays et l’Assemblée, mais à condition d’accepter le parlementarisme, c’est-à-dire les principes de la Révolution. Alois il a dit : « Non, si je dois être roi, je le serai selon mes ancêtres d’avant la Révolution ».

Il avait raison, c’est à choisir. Avec le Pape il choisissait les principes d’avant la Révolution, principes catholiques et contre-révolutionnaires. ET NOUS AUSSI NOUS AVONS CHOISI D’ÊTRE CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES, AVEC LE SYLLABUS, CONTRE LES ERREURS MODERNES, D’ÊTRE DANS LA VÉRITÉ CATHOLIQUE ET DE LA DÉFENDRE.

Ce combat entre l’Église et les libéraux modernistes, c’est celui du concile Vatican Il. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Et cela va très loin. Plus on analyse les documents de Vatican II et l’interprétation qu’en ont donnée les autorités de l’Église, plus on s’aperçoit qu’il s’agit non seulement de quelques erreurs, l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, un certain libéralisme, mais encore d’une perversion de l’esprit. C’est toute une nouvelle philosophie, basée sur la philosophie moderne du subjectivisme. Le livre que vient de faire paraître un théologien allemand, et qui, j’espère sera traduit en français afin que vous puissiez l’avoir en mains, est très instructif de ce point de vue. Il commente la pensée du Pape, spécialement une retraite que, simple évêque, il prêcha au Vatican. Il montre bien que tout est subjectif chez le Pape. Quand on relit ensuite ses discours, on s’aperçoit bien que telle est sa pensée. MALGRÉ LES APPARENCES, CE N’EST PAS CATHOLIQUE. La pensée que le Pape a de Dieu, de Notre Seigneur, vient du tréfonds de sa conscience et non pas d’une Révélation objective à laquelle il adhère par son intelligence. Il construit l’idée de Dieu. Il a dit dernièrement, dans un document invraisemblable, que l’idée de la Trinité n’a pu venir que très tard, parce qu’il fallait que la psychologie de l’homme intérieur puisse être capable d’arriver à la Trinité Sainte. C’est donc que l’idée de la Trinité n’est pas venue d’une révélation, mais du tréfonds de la conscience. C’est toute une autre conception de la Révélation, de la foi et de la philosophie, c’est une perversion totale. Comment sortir de là ? Je n’en sais rien En tout cas, c’est un fait.

Ce ne sont pas de petites erreurs. On se trouve devant tout un courant de philosophie qui remonte à Descartes, à Kant, à toute la lignée des philosophes modernes qui ont préparé la Révolution.

Voici quelques citations du Pape sur l’œcuménisme publiées dans L’Osservatore Romano du 2 juin 1989:

« Ma visite aux pays nordiques est une confirmation de l’intérêt de l’Église catholique dans l’œuvre de l’œcuménisme qui est de promouvoir l’unité entre tous les chrétiens. Il y a vingt-cinq ans que le concile Vatican II a insisté clairement sur l’urgence de ce défi à l’Église. Mes prédécesseurs ont cherché à atteindre cet objectif avec une persévérante attention à la grâce du Saint-Esprit qui est la source divine et le garant du mouvement œcuménique. Depuis le début de mon pontificat, j’ai fait de l’œcuménisme la priorité de ma sollicitude pour l’action pastorale ».

C’est clair.

Et le Pape fait sans arrêt bien d’autres discours sur l’œcuménisme parce qu’il reçoit constamment des délégations d’orthodoxes, de toutes les religions, de toutes les sectes.

Mais on peut dire que cet œcuménisme n’a pas fait faire le moindre progrès à l’Église. Il n’a abouti à rien, sinon à conforter les autres dans leurs erreurs, sans chercher à les convertir. Tout ce qu’on dit est un véritable charabia : la communion, l’approche, nous désirons bientôt être dans une communauté parfaite, nous espérons bien d’ici peu pouvoir communier dans les sacrements de l’unité… Et ainsi de suite. Mais ils n’avancent pas, et il est impossible qu’ils avancent jamais.

Toujours dans L’Osservatore Romano, on trouve un discours de Casaroli s’adressant à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies :

« En répondant avec beaucoup de plaisir à l’invitation qui m’a été adressée de venir jusqu’à vous et en vous apportant les encouragements du Saint-Siège, je désire m’attarder quelque peu – et tous le comprendront – sur un aspect spécifique de la liberté fondamentale de penser et d’agir selon sa conscience, donc la liberté de religion. » (Entendre des choses comme cela dans la bouche d’un archevêque !). « Jean-Paul II n’hésitait pas à affirmer l’an passé dans un message pour la Journée mondiale de la paix, que la liberté religieuse constitue comme une pierre angulaire dans l’édifice des droits de l’homme.

L’Église catholique et son Pasteur suprême, qui a fait des droits de l’homme l’un de grands thèmes de sa prédication, n’ont pas manqué de rappeler que dans le monde fait par l’homme et pour l’homme » (dixit Casaroli !) « toute l’organisation de la société n’a de sens que dans la mesure où elle fait de la dimension humaine une préoccupation centrale. » (Dieu, on n’en parle pas, pas de dimension de Dieu dans l’homme, c’est affreux. C’est le paganisme). Alors il continue : « Tout homme et tout l’homme, voilà la préoccupation du Saint-Siège, telle est sans doute la vôtre aussi ».

IL N’Y A PLUS QU’À TIRER L’ÉCHELLE ! NOUS N’AVONS RIEN À FAIRE AVEC CES GENS-LÀ, CAR NOUS N’AVONS RIEN DE COMMUN AVEC EUX.

Alors notre fameux Ratzinger se trouve maintenant gêné d’avoir dit que Vatican II était un contre-Syllabus, car on le lui reproche souvent. C’est pourquoi il a trouvé une explication, qu’il a donnée le 27 juin 1990.

Vous savez que Rome a publié un document fleuve pour expliquer les relations entre le Magistère et les théologiens. Comme ils ne savent pas comment se sortir des ennuis qu’ils ont un peu partout, ils essayent de rattraper les théologiens sans trop les condamner. Il y en a des pages et des pages, c’est à s’y perdre complètement.

C’est dans la présentation de ce document que le cardinal Ratzinger délivre sa pensée sur la possibilité de pouvoir dire le contraire de ce que les papes ont toujours affirmé depuis le siècle dernier.

« Le document, dit le Cardinal, affirme peut-être pour la première fois avec cette clarté (en effet, je pense que c’est vrai), qu’il y a des décisions du Magistère qui ne peuvent être le dernier mot sur la matière en tant que telle, mais qui sont un ancrage substantiel dans le problème (le malin !) et avant tout une expression de prudence pastorale. Une espèce de disposition provisoire. (Des décisions officielles du Saint-Siège, des dispositions provisoires !) Le noyau reste stable mais les aspects particuliers sur lesquels, ont une influence les circonstances du temps, peuvent avoir besoin de rectifications ultérieures. A cet égard on peut signaler les déclarations des papes du siècle dernier sur la liberté religieuse (s’il vous plaît) comme aussi les décisions antimodernistes du début du siècle. (Il va fort !) Et surtout les décisions de la Commission biblique de la même époque » (Alors cela il ne peut pas le digérer).[c’est la même manipulation que celle du concile : reformulation en langage adapté aux contemporains]

Voilà trois décisions du Magistère que l’on peut mettre de côté. Cela peut changer. A cet égard on peut signaler les déclarations des papes du siècle dernier qui ont besoin de rectifications ultérieures « Les décisions antimodernistes ont rendu un grand service, mais après avoir rendu leur service pastoral en leur temps, dans leurs déterminations particulières, elles sont maintenant dépassées ». (Et voilà, on tourne la page du modernisme. C’est terminé, on n’en parle plus).

Il se dégage de l’accusation qu’on lui fait d’être contre le Syllabus, contre des décisions pontificales et le Magistère : un noyau reste (quel noyau ? on ne sait pas !) mais les aspects particuliers sur lesquels ont une influence particulière les circonstances du temps peuvent avoir besoin de rectifications ultérieures. Voilà, le tour est joué, c’est incroyable

Comment voulez-vous que l’on ait confiance en des gens comme cela, qui justifient la négation de Quanta Cura, de Pascendi, des décisions de la Commission biblique, etc…

Ou bien nous sommes les héritiers de l’Église catholique, c’est-à-dire de Quanta Cura, de Pascendi, avec tous les papes jusqu’avant le concile, et la grande majorité des évêques d’alors, pour le règne de Notre Seigneur et le salut des âmes, ou bien nous sommes les héritiers de ceux qui s’efforcent, même au prix d’une rupture avec l’Église  et sa doctrine, d’admettre les principes des droits de l’homme, basés sur une véritable apostasie, en vue d’obtenir une présence de serviteurs dans le gouvernement mondial révolutionnaire. Car c’est cela au fond : à force de dire qu’ils sont pour les droits de l’homme, pour la liberté religieuse, la démocratie et l’égalité des hommes, ils auront une place dans le gouvernement mondial, mais ce sera une place de serviteurs.

Si je vous dis ces choses, c’est parce qu’il me semble qu’il faut raccrocher notre combat à ce qui l’a précédé. Car il n’a pas commencé avec le Concile, ce combat très dur, très pénible, dans lequel le sang a coulé. La séparation de l’Église et de l’État, les religieux et les religieuses chassés, la mainmise sur tous les biens de l’Église, ont constitué une véritable persécution, pas seulement chez nous mais en Suisse, en Allemagne, en Italie. C’était le moment de l’occupation des États pontificaux, lorsque le Pape s’est trouvé relégué dans le Vatican, en proie à des choses abominables. Alors serons-nous avec tout ce monde-là, contre la doctrine des papes, sans nous occuper des protestations qu’ils ont élevées pour défendre les droits de l’Église  et de Notre Seigneur, pour défendre les âmes?

Je crois que nous avons vraiment une assise et une force qui ne sont pas de notre fait. Bien précisément, ce n’est pas notre combat que nous livrons, c’est celui de Notre Seigneur, continué par l’Église. Nous ne pouvons pas hésiter : ou bien nous sommes avec l’Église ou bien nous sommes contre elle, nous ne sommes pas pour cette Église conciliaire qui a de moins en moins de l’Église  catholique, pratiquement plus rien.

Avant, quand le Pape parlait des droits de l’homme, il faisait souvent au début allusion aux devoirs de l’homme également. Maintenant c’est fini : tout est pour l’homme, tout par l’homme. Je voulais vous donner ces quelques considérations, pour que vous vous fortifiiez aussi, et que vous ayez conscience de continuer le combat avec la grâce du Bon Dieu.

Parce qu’il est évident que nous n’existerions plus si le Bon Dieu n’avait pas été avec nous. Il y a eu au moins quatre ou cinq occasions au cours desquelles la Fraternité aurait pu disparaître. Et, grâce à Dieu, nous sommes toujours là pour continuer. Elle devait disparaître en particulier à l’occasion des sacres, on nous l’avait tant prédit ! Tous les prophètes de malheur et même de nos proches nous disaient : « Monseigneur, ne faites jamais cela, c’est la fin de la Fraternité ». Mais non, le Bon Dieu ne veut pas que son combat se termine. C’est tout.

Ce combat a eu ses martyrs : les martyrs de la Révolution, et tous ceux qui ont été martyrisés moralement au cours de toutes les persécutions du XIXe et du XXe siècle. Saint Pie X a souffert le martyre à cause de tant d’évêques persécutés, de couvents expropriés, de religieuses chassées au-delà des frontières et tant d’autres choses. Et tout cela serait pour rien ? Ce serait un faux combat, inutile, un combat qui condamnerait les victimes et les martyrs ? Ce n’est pas possible.

Nous sommes pris dans ce courant, dans cette continuité, remercions-en le Bon Dieu. Nous sommes persécutés, c’est évident, nous sommes les seuls excommuniés, les seuls persécutés, mais nous ne pouvons pas ne pas l’être.

Alors qu’adviendra t-il ? Je ne le sais pas. Elie ? Je lisais cela encore ce matin dans l’Écriture : « Elie reviendra et remettra tout en place », Omnia restituet. Qu’il vienne tout de suite !

Humainement parlant, je ne vois pas de possibilité d’accord actuellement. On me disait hier : « Si Rome acceptait vos évêques et que vous soyez complètement exempt de la juridiction des évêques… » D’abord ils sont bien loin d’accepter une chose comme celle-là, ensuite il faudrait qu’ils nous en fassent l’offre, et je ne pense pas qu’ils y soient prêts, car le fond de la difficulté, c’est précisément de nous donner un évêque traditionaliste. Eux ils ne voulaient qu’un évêque ayant le profil du Saint-Siège. Le « profil », vous comprenez ce que cela veut dire. Ils savaient très bien qu’en nous donnant un évêque traditionnel ils constitueraient une citadelle traditionaliste. Ils ne le voulaient pas, et ne l’ont pas plus donné aux autres. Quand les autres disent qu’ils ont signé le même protocole que nous, ce n’est pas vrai. Notre protocole prévoyait un évêque et deux membres à la Commission romaine. Or eux ils n’ont ni l’évêque, ni les membres dans la Commission romaine. Rome a enlevé cela du protocole, car elle n’en voulait à aucun prix.

Le premier novembre prochain nous fêterons les vingt ans de la Fraternité, et je suis intimement convaincu que c’est elle qui représente ce que le Bon Dieu veut pour garder et maintenir la foi, la vérité de l’Église, et ce qui peut encore être sauvé dans l’Église. Cela se fera grâce aussi aux évêques qui entourent le Supérieur général, et remplissent leur rôle indispensable de mainteneurs de la foi, en prêchant, et en donnant les grâces du sacerdoce et de la confirmation. Ce sont des choses irremplaçables, dont on a absolument besoin.

Tout cela est vraiment très consolant, et je pense que nous pouvons remercier le Bon Dieu, et œuvrer dans la persévérance, afin qu’un jour on reconnaisse ce que nous faisons. Bien que la visite du cardinal Gagnon n’ait pas donné beaucoup de résultats, elle a quand même montré que nous étions présents, et que du bien se faisait par la Fraternité. Bien qu’ils n’aient pas voulu le dire explicitement, ils sont bien obligés de reconnaître que la Fraternité représente une force spirituelle irremplaçable pour la foi, dont ils auront, j’espère, la joie et la satisfaction de se servir lorsqu’ils auront retrouvé la foi traditionnelle.

Prions la Sainte Vierge, demandons à Notre-Dame de Fatima, à tous nos pèlerinages respectifs dans tous les pays, de venir en aide à la Fraternité pour qu’elle ait beaucoup de vocations. Nous devrions avoir un peu plus de vocations, nos séminaires ne sont pas remplis. Mais je pense qu’avec la grâce de Dieu, cela viendra. Merci de m’avoir écouté. Je vous demande de prier pour que je fasse une bonne et sainte mort, parce que maintenant je n’ai plus que cela à faire. Conférence de Mgr Lefebvre à l’issue de la retraite sacerdotale au mois de septembre 1990 à Ecône.

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