Saint Jean Eudes confesseur
Parce que Jean Eudes rencontrait souvent des prêtres médiocres ou ignorants, peu préparés à leur ministère, il se sentit appelé à préparer de meilleurs prêtres. Il rencontrait, chez ses supérieurs oratoriens un refus persistant. Il priait, réfléchissait, consultait mais attendait. Finalement, et non sans déchirement intérieur, il quitta l'Oratoire, et le 25 mars 1643, avec quelques prêtres, il commença une nouvelle communauté, la Congrégation de Jésus et Marie, dite aujourd'hui des Eudistes, qui ouvrit le séminaire de Caen. Désormais Jean Eudes travailla sur plusieurs fronts : les Missions, qu'il ne laissa jamais, et le séminaire. Cette seconde œuvre lui apparaissait primordiale, et si au cours d'une Mission il apprenait qu'il y avait besoin au séminaire, on devait, disait-il, « y courir comme au feu. »
Devenu supérieur d'une congrégation sacerdotale qu'il mit à la disposition des évêques, il fut sollicité pour fonder des séminaires en Normandie et en Bretagne. De 1643 à sa mort, il vécut un temps d'intense action pour le service de l'Eglise. Ce fut aussi des années d'épreuves. De la part de plusieurs personnes, d'anciens amis et de jansénistes, Jean Eudes rencontra toutes sortes d'oppositions. Raillé, vilipendé et calomnié, ce fut un homme à abattre. « La divine Miséricorde, écrit-il dans son Journal, m'a fait passer par un grand nombre de tribulations : c'est une des plus grandes faveurs qu'elle m'a faites. »
En 1648, Jean Eudes fit célébrer, à Autun, la première fête liturgique du Cœur de Marie. Un peu plus tard, en 1672, les communautés eudistes célébrèrent la première fête liturgique du Cœur de Jésus. L’institution de cette fête était l'aboutissement de toute une vie de prière et de service apostolique.
Toute sa vie, Jean Eudes avait contemplé l'amour de Dieu. Il l'avait sans cesse découvert dans l'Écriture, médité dans les écrits des spirituels et dans sa prière ; il l'avait reconnu dans la vie, dans son ministère de prêtre.
Bréviaire
Quatrième leçon. Jean naquit de parents pieux et honnêtes en l’an mil six cent un au village de Ri dans le diocèse de Séez. Encore enfant ayant été nourri du pain des anges, il fit joyeusement le vœu de chasteté. Reçu au collège des Pères Jésuites de Caen, il s’y signala par sa rare piété et se mit sous’la protection de la Vierge Marie..Quoique à peine adolescent, il signa de son sang le pacte qui le consacrait à elle. Ayant suivi avec grande distinction les cours de lettres et de philosophie et rejeté des propositions de mariage, s’enrôla dans la congrégation de l’Oratoire fondée par le Cardinal de Bérulle et fut ordonné prêtre à Paris. Sa charité envers le prochain était admirablement ardente, car la peste s’étant répandue d’Asie en plusieurs lieux, il s’empressa d’apporter tous ses soins à la guérison des corps et des âmes. Nommé recteur de l’Oratoire de Caen, il songea longtemps à fonder un institut où des jeunes gens capables deviendraient de dignes ministres de l’Église et, ayant imploré le secours divin, il se sépara courageusement bien qu’avec peine de ses confrères de l’Oratoire après vingt ans de vie commune.
Cinquième leçon. S’adjoignant donc en ce but cinq prêtres, il institua en l’an mil six cent quarante trois, au jour de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie une congrégation de clercs réguliers qu’il plaça sous le vocable des très saints noms de Jésus et de Marie et ouvrit à Caen le premier de ses séminaires. Il en établit d’autres ensuite en Normandie et en Bretagne. En faveur des pécheresses à rappeler à la vie chrétienne, il fonda peu après l’Ordre de Notre-Dame de Charité, arbre illustre qui a comme rameau la congrégation du Bon Pasteur à Angers. Jean Eudes fonda aussi la société du Cœur admirable de la Mère de Dieu et d’autres œuvres de charité. Ses écrits sont nombreux et excellents. Jusqu’à l’âge le plus avancé il sema, comme missionnaire apostolique, la bonne parole dans quantité de villages, de bourgs et de villes et jusque dans le palais des rois.
Sixième leçon. Le zèle de Jean Eudes brilla spécialement dans son ardeur à promouvoir une salutaire dévotion envers les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Il fut le premier à songer, non sans quelque inspiration divine, au culte liturgique qu’il leur faut rendre. Aussi le tient-on pour le père, l’apôtre et le docteur de cette dévotion. Vigoureux adversaire du Jansénisme, il garda toujours à l’égard de la Chaire de St-Pierre, un inflexible respect, et pria Dieu assidûment pour ses ennemis comme pour ses frères. Brisé par tant de travaux plus que par l’âge et désirant la dissolution de son corps pour être avec le Christ, il mourut paisiblement le dix-neuf août de l’an mil six cent quatre-vingt après avoir dit et redit les noms suaves de Jésus et de Marie. Plusieurs miracles ayant signalé sa sainteté, Pie X l’inscrivit au catalogue des Bienheureux et, à la suite de nouveaux miracles, Pie XI le mit au nombre des saints en l’année sainte, le dimanche de la Pentecôte et il étendit son office et sa messe à l’Église universelle.
Du moyen de reconnaitre la véritable Eglise
Chapitre 24. La haine du monde contre la véritable Eglise
Il est un moyen bien facile de découvrir véritable Eglise entre toutes celles qui prétendent à ce titre.
Notre-Seigneur a clairement déclaré que ses disciples seraient haïs des méchants comme il en a été haï lui-même le premier. « Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; si le monde vous hait, souvenez-vous qu'il m’a haï le premier."
Or, depuis les temps apostoliques, l'histoire nous atteste que c'est contre l'Eglise catholique que se sont constamment réunis les efforts et les haines des impies. Les juifs, les païens, les Turcs, les méchants de tous les siècles, et jusque dans ces derniers temps, les révolutionnaires, tous ont choisi et choisissent encore pour but de leurs attaques l’Église catholique, et l'Eglise catholique seule.
Les brigands de la révolution française se sont rués contre elle, ils ont emprisonné et massacré ses évêques et ses prêtres, ils ont laissé fort tranquilles les rabbins juifs et les ministres protestants. Lisez les écrits incendiaires de nos révolutionnaires modernes ; l’Église catholique seule excite leurs fureurs: et non-seulement ils ne s'élèvent pas contre le protestantisme ; mais ils le prônent comme favorable à leurs vues anti-chrétiennes (Au temps de la Commune, 1871, à Paris, ne sont-ce pas que les catholiques, évêques, prêtres et laïcs qui comme otages eurent seuls l’honneur d’être victimes de la révolution ?).
L'union de tous les impies contre la seule Eglise catholique suffirait déjà pour réaliser la prophétie de Notre-Seigneur. Les sectes hérétiques, et en particulier toutes les sectes protestantes, se sont chargées de compléter la preuve. Séparées pour tout le reste, divisées de croyances et d'intérêts, s'anathématisant les unes les autres, elles entrent dans un merveilleux accord, dès qu'il s'agit d'injurier et d'attaquer l'antique Eglise de saint Pierre. Devant cette commune ennemie, elles ne font plus qu'un et blasphèment à l'unisson.
Hérode et Pilate, ennemis mortels jusqu’alors, s'unirent pour crucifier Jésus. L'hérésie et l'impiété, séparées encore à bien de titres, s'unissent de même pour outrager, flageller et détruire la sainte Eglise du Christ. Mais si l'Eglise catholique, apostolique et romaine doit, à l'exemple du Sauveur, souffrir sa passion et compléter ainsi celle de son divin Chef, elle a comme lui les promesses et la vie éternelle : toujours haïe, toujours blasphémée, elle vit et vivra toujours, car Jésus est avec elle jusqu'à la fin du monde, et c'est à elle seule qu'il a dit : « Les puissances de l'enfer ne l'emporteront pas sur toi. »
… Chapitre 5 : La tolérance protestante.
Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un assez répandu, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains demi-catholiques. « Si la Réforme a fait du mal, dit-on, si elle a fait couler beaucoup de sang et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable : la tolérance religieuse »
Or, il n'est rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme est intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'est pas partout au même degré ; mais d'où cela vient-il ? de ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffît pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne peut pas toujours ce qu'il veut ; mais toujours, qu’on lui rende cette justice, en fait d'intolérance, il fait ce qu'il peut.
Partout où la Réforme s’est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Angleterre, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple : la Réforme est une révolution, et tout révolutionnaire est tyrannique de sa nature.
Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il écrase en ce moment encore la fidèle et malheureuse Irlande.
Un célèbre historien anglais protestant William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre, contre l'Eglise nationale, cet écrasant témoignage :
« Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice ; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles. » Il rapporte des actes officiels du Parlement constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.
PEINE DE MORT était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe ;
PEINE DE MORT contre quiconque osait donner asile à un prêtre ;
PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Elizabeth était le chef de l'Eglise de Jésus-Christ.
Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et «la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Elisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de
notre marine réunies ».
L'Eglise d'Angleterre n'a pas changé ; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu’à présent ; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance (Lettre de sir William Cobbet à lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, qui avait en plein Parlement vanté la tolérance du protestantisme anglais)
C'est de la même manière que le calvinisme a tenté de s'introduire en France. Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétrait leur doctrine. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés ! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir. Sous les ordres de Coligny les calvinistes révolutionnaires formèrent le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant ; ayant manqué leur coup ils s'emparèrent d'Orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Ile-de- France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent les cruautés et les profanations les plus odieuses. A Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes, à Montpellier, ces grands prôneurs de la tolérance et de la liberté de conscience interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique. Tout le monde connaît ce fameux baron des Adrets, chef calviniste, qui ayant pris Montbrison, se donna l'innocent plaisir de faire sauter du haut d'une tour ce qui restait de la garnison faite prisonnière. « Or, tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir : églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres et religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables. Ce sont là des faits historiques que personne ne conteste, pas même les protestants, qui laissent quelquefois imprudemment échapper des vœux pour le retour de ces temps heureux du protestantisme français.
On ne saurait lire, sans frissonner d’horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi. Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce «tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion: « Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fît endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leur corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppas dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps. Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de souffre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi « martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On appliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au cœur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés... D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales, mais la décence nous interdit de continuer (Abrégé de V Histoire de la Hollande, par M. Kerroux, t. Il, p. 310.).
Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore aujourd'hui en Suède. Là aussi, la Réforme s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année même où j'écris, six familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens uniquement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération ; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.
Au Synode protestant de Brème, un pasteur d'Elberfeld, M. Sander,. s'écriait, en parlant du Pape et des religieux de la Compagnie de Jésus : « Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres. »
A Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement : de ne rien acheter des catholiques ; —de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence ; — de faire en sorte; que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.
Et tout cela se fait par des hommes qui réclament avec indignation la liberté et l'égalité des cultes dans les pays où ils forment une imperceptible minorité, par des hommes qui ne parlent que de liberté de conscience, de charité chrétienne, de religion, de paix et d'amour ; par des hommes qui ne croient plus en Jésus-Christ, et chez qui on est libre d'être incrédule, panthéiste, athée, mais non point catholique !
Chapitre 6 : L'intolérance catholique.
Nous avons vu ce qu'il faut penser de la prétendue tolérance des protestants; voyons maintenant ce qu'il en est de l'accusation banale d'intolérance que certaines gens portent contre l'Eglise catholique. Cette accusation renferme une vérité et un mensonge.
L'Eglise est intolérante en matière de doctrine. Cela est vrai ; non-seulement nous l'avouons, mais nous nous, en faisons gloire. La vérité est intolérante de sa nature. En religion comme en mathématiques, ce qui est vrai est vrai, et ce qui est faux est faux. Impossible de faire le moindre compromis entre la vérité et l'erreur ; impossible à la vérité de faire la moindre concession. Cette concession, quelque minime qu'on la suppose, serait la destruction immédiate de la vérité. Deux et deux font quatre ; cela est, c'est ce qu'on appelle une vérité. Donc, quiconque dira autrement dira une fausseté ; que ce soit en plus ou en moins, l'erreur sera toujours erreur ; que l'on se trompe d'un millième ou d'un millionième, on sera toujours hors de la vérité tant qu'on ne dira pas que deux et deux font quatre.
L'Eglise apporte et conserve dans le monde des vérités aussi certaines que des vérités mathématiques et qui ont des conséquences autrement importantes. Elle enseigne et défend ces vérités avec autant d'intolérance que la science mathématique en met à défendre les siennes. Quoi de plus légitime ? L’Eglise catholique seule, au milieu des différentes sociétés chrétiennes, proclame qu'elle possède la vérité absolue hors de laquelle il n'y a pas de vrai christianisme; seule elle peut être, seule elle doit être intolérante. Seule elle peut et doit dire, comme elle le fait depuis dix-huit siècles dans ses Conciles : « Si quelqu'un pense, enseigne, contrairement à ma doctrine qui est la Vérité, qu'IL SOIT ANATHEME ! »
Mais Notre-Seigneur, qui a confié à l'Eglise le dépôt de la vérité, lui a laissé aussi son esprit de charité et de patience, intolérante pour les doctrines, l'Eglise est miséricordieuse pour les personnes, et jamais elle n'a employé les moyens légitimes de rigueur qu'après avoir tenté toutes les voies de douceur et de persuasion.
Elle n'a jamais frappé qu'à la dernière extrémité, et elle n'a jamais frappé que les incorrigibles. Alors elle a dû le faire pour garantir de la contagion les âmes des fidèles, pour mettre fin à des scandales, et enfin pour remplir le grand devoir de la justice qui n'est pas moins divin que le devoir de la miséricorde.
Dans sa patience aussi bien que dans sa rigueur, dans sa tolérance envers les personnes aussi bien que dans son intolérance à l'égard des doctrines, l’Eglise catholique imite fidèlement son chef et son Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la Vérité même, la Miséricorde et la Justice.
Quant aux mensonges des historiens anticatholiques sur les prétendues barbaries de l'Eglise au moyen âge, ils tombent de plus en plus en discrédit de nos jours devant les travaux consciencieux d'une nouvelle génération d'historiens plus impartiaux que leurs devanciers. « Pour pouvoir vivre, le protestantisme avait été obligé de se faire une histoire à lui, » disait le célèbre historien Aug. Thierry, peu suspect, comme on sait, en faveur de l'Eglise.
Des protestants eux-mêmes, déposant l'esprit de parti, viennent témoigner contre ces vieilles calomnies, ces exagérations coupables, ces perfides insinuations dont les livres d'histoire sont remplis. « Depuis trois siècles, a dit M. de Maistre, l'histoire a été une conspiration permanente contre la vérité. » (Monseigneur Louis-Gaston de Ségur Causeries sur le Protestantisme d'Aujourd'hui)
Du moyen de reconnaitre la véritable Eglise
Chapitre 24. La haine du monde contre la véritable Eglise
Il est un moyen bien facile de découvrir véritable Eglise entre toutes celles qui prétendent à ce titre.
Notre-Seigneur a clairement déclaré que ses disciples seraient haïs des méchants comme il en a été haï lui-même le premier. « Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; si le monde vous hait, souvenez-vous qu'il m’a haï le premier."
Or, depuis les temps apostoliques, l'histoire nous atteste que c'est contre l'Eglise catholique que se sont constamment réunis les efforts et les haines des impies. Les juifs, les païens, les Turcs, les méchants de tous les siècles, et jusque dans ces derniers temps, les révolutionnaires, tous ont choisi et choisissent encore pour but de leurs attaques l’Église catholique, et l'Eglise catholique seule.
Les brigands de la révolution française se sont rués contre elle, ils ont emprisonné et massacré ses évêques et ses prêtres, ils ont laissé fort tranquilles les rabbins juifs et les ministres protestants. Lisez les écrits incendiaires de nos révolutionnaires modernes ; l’Église catholique seule excite leurs fureurs: et non-seulement ils ne s'élèvent pas contre le protestantisme ; mais ils le prônent comme favorable à leurs vues anti-chrétiennes (Au temps de la Commune, 1871, à Paris, ne sont-ce pas que les catholiques, évêques, prêtres et laïcs qui comme otages eurent seuls l’honneur d’être victimes de la révolution ?).
L'union de tous les impies contre la seule Eglise catholique suffirait déjà pour réaliser la prophétie de Notre-Seigneur. Les sectes hérétiques, et en particulier toutes les sectes protestantes, se sont chargées de compléter la preuve. Séparées pour tout le reste, divisées de croyances et d'intérêts, s'anathématisant les unes les autres, elles entrent dans un merveilleux accord, dès qu'il s'agit d'injurier et d'attaquer l'antique Eglise de saint Pierre. Devant cette commune ennemie, elles ne font plus qu'un et blasphèment à l'unisson.
Hérode et Pilate, ennemis mortels jusqu’alors, s'unirent pour crucifier Jésus. L'hérésie et l'impiété, séparées encore à bien de titres, s'unissent de même pour outrager, flageller et détruire la sainte Eglise du Christ. Mais si l'Eglise catholique, apostolique et romaine doit, à l'exemple du Sauveur, souffrir sa passion et compléter ainsi celle de son divin Chef, elle a comme lui les promesses et la vie éternelle : toujours haïe, toujours blasphémée, elle vit et vivra toujours, car Jésus est avec elle jusqu'à la fin du monde, et c'est à elle seule qu'il a dit : « Les puissances de l'enfer ne l'emporteront pas sur toi. »
… Chapitre 5 : La tolérance protestante.
Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un assez répandu, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains demi-catholiques. « Si la Réforme a fait du mal, dit-on, si elle a fait couler beaucoup de sang et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable : la tolérance religieuse »
Or, il n'est rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme est intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'est pas partout au même degré ; mais d'où cela vient-il ? de ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffît pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne peut pas toujours ce qu'il veut ; mais toujours, qu’on lui rende cette justice, en fait d'intolérance, il fait ce qu'il peut.
Partout où la Réforme s’est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Angleterre, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple : la Réforme est une révolution, et tout révolutionnaire est tyrannique de sa nature.
Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il écrase en ce moment encore la fidèle et malheureuse Irlande.
Un célèbre historien anglais protestant William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre, contre l'Eglise nationale, cet écrasant témoignage :
« Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice ; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles. » Il rapporte des actes officiels du Parlement constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.
PEINE DE MORT était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe ;
PEINE DE MORT contre quiconque osait donner asile à un prêtre ;
PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Elizabeth était le chef de l'Eglise de Jésus-Christ.
Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et «la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Elisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de
notre marine réunies ».
L'Eglise d'Angleterre n'a pas changé ; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu’à présent ; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance (Lettre de sir William Cobbet à lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, qui avait en plein Parlement vanté la tolérance du protestantisme anglais)
C'est de la même manière que le calvinisme a tenté de s'introduire en France. Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétrait leur doctrine. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés ! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir. Sous les ordres de Coligny les calvinistes révolutionnaires formèrent le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant ; ayant manqué leur coup ils s'emparèrent d'Orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Ile-de- France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent les cruautés et les profanations les plus odieuses. A Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes, à Montpellier, ces grands prôneurs de la tolérance et de la liberté de conscience interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique. Tout le monde connaît ce fameux baron des Adrets, chef calviniste, qui ayant pris Montbrison, se donna l'innocent plaisir de faire sauter du haut d'une tour ce qui restait de la garnison faite prisonnière. « Or, tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir : églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres et religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables. Ce sont là des faits historiques que personne ne conteste, pas même les protestants, qui laissent quelquefois imprudemment échapper des vœux pour le retour de ces temps heureux du protestantisme français.
On ne saurait lire, sans frissonner d’horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi. Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce «tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion: « Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fît endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leur corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppas dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps. Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de souffre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi « martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On appliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au cœur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés... D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales, mais la décence nous interdit de continuer (Abrégé de V Histoire de la Hollande, par M. Kerroux, t. Il, p. 310.).
Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore aujourd'hui en Suède. Là aussi, la Réforme s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année même où j'écris, six familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens uniquement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération ; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.
Au Synode protestant de Brème, un pasteur d'Elberfeld, M. Sander,. s'écriait, en parlant du Pape et des religieux de la Compagnie de Jésus : « Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres. »
A Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement : de ne rien acheter des catholiques ; —de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence ; — de faire en sorte; que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.
Et tout cela se fait par des hommes qui réclament avec indignation la liberté et l'égalité des cultes dans les pays où ils forment une imperceptible minorité, par des hommes qui ne parlent que de liberté de conscience, de charité chrétienne, de religion, de paix et d'amour ; par des hommes qui ne croient plus en Jésus-Christ, et chez qui on est libre d'être incrédule, panthéiste, athée, mais non point catholique !
Chapitre 6 : L'intolérance catholique.
Nous avons vu ce qu'il faut penser de la prétendue tolérance des protestants; voyons maintenant ce qu'il en est de l'accusation banale d'intolérance que certaines gens portent contre l'Eglise catholique. Cette accusation renferme une vérité et un mensonge.
L'Eglise est intolérante en matière de doctrine. Cela est vrai ; non-seulement nous l'avouons, mais nous nous, en faisons gloire. La vérité est intolérante de sa nature. En religion comme en mathématiques, ce qui est vrai est vrai, et ce qui est faux est faux. Impossible de faire le moindre compromis entre la vérité et l'erreur ; impossible à la vérité de faire la moindre concession. Cette concession, quelque minime qu'on la suppose, serait la destruction immédiate de la vérité. Deux et deux font quatre ; cela est, c'est ce qu'on appelle une vérité. Donc, quiconque dira autrement dira une fausseté ; que ce soit en plus ou en moins, l'erreur sera toujours erreur ; que l'on se trompe d'un millième ou d'un millionième, on sera toujours hors de la vérité tant qu'on ne dira pas que deux et deux font quatre.
L'Eglise apporte et conserve dans le monde des vérités aussi certaines que des vérités mathématiques et qui ont des conséquences autrement importantes. Elle enseigne et défend ces vérités avec autant d'intolérance que la science mathématique en met à défendre les siennes. Quoi de plus légitime ? L’Eglise catholique seule, au milieu des différentes sociétés chrétiennes, proclame qu'elle possède la vérité absolue hors de laquelle il n'y a pas de vrai christianisme; seule elle peut être, seule elle doit être intolérante. Seule elle peut et doit dire, comme elle le fait depuis dix-huit siècles dans ses Conciles : « Si quelqu'un pense, enseigne, contrairement à ma doctrine qui est la Vérité, qu'IL SOIT ANATHEME ! »
Mais Notre-Seigneur, qui a confié à l'Eglise le dépôt de la vérité, lui a laissé aussi son esprit de charité et de patience, intolérante pour les doctrines, l'Eglise est miséricordieuse pour les personnes, et jamais elle n'a employé les moyens légitimes de rigueur qu'après avoir tenté toutes les voies de douceur et de persuasion.
Elle n'a jamais frappé qu'à la dernière extrémité, et elle n'a jamais frappé que les incorrigibles. Alors elle a dû le faire pour garantir de la contagion les âmes des fidèles, pour mettre fin à des scandales, et enfin pour remplir le grand devoir de la justice qui n'est pas moins divin que le devoir de la miséricorde.
Dans sa patience aussi bien que dans sa rigueur, dans sa tolérance envers les personnes aussi bien que dans son intolérance à l'égard des doctrines, l’Eglise catholique imite fidèlement son chef et son Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la Vérité même, la Miséricorde et la Justice.
Quant aux mensonges des historiens anticatholiques sur les prétendues barbaries de l'Eglise au moyen âge, ils tombent de plus en plus en discrédit de nos jours devant les travaux consciencieux d'une nouvelle génération d'historiens plus impartiaux que leurs devanciers. « Pour pouvoir vivre, le protestantisme avait été obligé de se faire une histoire à lui, » disait le célèbre historien Aug. Thierry, peu suspect, comme on sait, en faveur de l'Eglise.
Des protestants eux-mêmes, déposant l'esprit de parti, viennent témoigner contre ces vieilles calomnies, ces exagérations coupables, ces perfides insinuations dont les livres d'histoire sont remplis. « Depuis trois siècles, a dit M. de Maistre, l'histoire a été une conspiration permanente contre la vérité. » (Monseigneur Louis-Gaston de Ségur Causeries sur le Protestantisme d'Aujourd'hui)
Du moyen de reconnaitre la véritable Eglise
Chapitre 24. La haine du monde contre la véritable Eglise
Il est un moyen bien facile de découvrir véritable Eglise entre toutes celles qui prétendent à ce titre.
Notre-Seigneur a clairement déclaré que ses disciples seraient haïs des méchants comme il en a été haï lui-même le premier. « Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; si le monde vous hait, souvenez-vous qu'il m’a haï le premier."
Or, depuis les temps apostoliques, l'histoire nous atteste que c'est contre l'Eglise catholique que se sont constamment réunis les efforts et les haines des impies. Les juifs, les païens, les Turcs, les méchants de tous les siècles, et jusque dans ces derniers temps, les révolutionnaires, tous ont choisi et choisissent encore pour but de leurs attaques l’Église catholique, et l'Eglise catholique seule.
Les brigands de la révolution française se sont rués contre elle, ils ont emprisonné et massacré ses évêques et ses prêtres, ils ont laissé fort tranquilles les rabbins juifs et les ministres protestants. Lisez les écrits incendiaires de nos révolutionnaires modernes ; l’Église catholique seule excite leurs fureurs: et non-seulement ils ne s'élèvent pas contre le protestantisme ; mais ils le prônent comme favorable à leurs vues anti-chrétiennes (Au temps de la Commune, 1871, à Paris, ne sont-ce pas que les catholiques, évêques, prêtres et laïcs qui comme otages eurent seuls l’honneur d’être victimes de la révolution ?).
L'union de tous les impies contre la seule Eglise catholique suffirait déjà pour réaliser la prophétie de Notre-Seigneur. Les sectes hérétiques, et en particulier toutes les sectes protestantes, se sont chargées de compléter la preuve. Séparées pour tout le reste, divisées de croyances et d'intérêts, s'anathématisant les unes les autres, elles entrent dans un merveilleux accord, dès qu'il s'agit d'injurier et d'attaquer l'antique Eglise de saint Pierre. Devant cette commune ennemie, elles ne font plus qu'un et blasphèment à l'unisson.
Hérode et Pilate, ennemis mortels jusqu’alors, s'unirent pour crucifier Jésus. L'hérésie et l'impiété, séparées encore à bien de titres, s'unissent de même pour outrager, flageller et détruire la sainte Eglise du Christ. Mais si l'Eglise catholique, apostolique et romaine doit, à l'exemple du Sauveur, souffrir sa passion et compléter ainsi celle de son divin Chef, elle a comme lui les promesses et la vie éternelle : toujours haïe, toujours blasphémée, elle vit et vivra toujours, car Jésus est avec elle jusqu'à la fin du monde, et c'est à elle seule qu'il a dit : « Les puissances de l'enfer ne l'emporteront pas sur toi. »
… Chapitre 5 : La tolérance protestante.
Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un assez répandu, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains demi-catholiques. « Si la Réforme a fait du mal, dit-on, si elle a fait couler beaucoup de sang et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable : la tolérance religieuse »
Or, il n'est rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme est intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'est pas partout au même degré ; mais d'où cela vient-il ? de ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffît pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne peut pas toujours ce qu'il veut ; mais toujours, qu’on lui rende cette justice, en fait d'intolérance, il fait ce qu'il peut.
Partout où la Réforme s’est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Angleterre, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple : la Réforme est une révolution, et tout révolutionnaire est tyrannique de sa nature.
Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il écrase en ce moment encore la fidèle et malheureuse Irlande.
Un célèbre historien anglais protestant William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre, contre l'Eglise nationale, cet écrasant témoignage :
« Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice ; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles. » Il rapporte des actes officiels du Parlement constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.
PEINE DE MORT était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe ;
PEINE DE MORT contre quiconque osait donner asile à un prêtre ;
PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Elizabeth était le chef de l'Eglise de Jésus-Christ.
Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et «la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Elisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de
notre marine réunies ».
L'Eglise d'Angleterre n'a pas changé ; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu’à présent ; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance (Lettre de sir William Cobbet à lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, qui avait en plein Parlement vanté la tolérance du protestantisme anglais)
C'est de la même manière que le calvinisme a tenté de s'introduire en France. Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétrait leur doctrine. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés ! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir. Sous les ordres de Coligny les calvinistes révolutionnaires formèrent le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant ; ayant manqué leur coup ils s'emparèrent d'Orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Ile-de- France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent les cruautés et les profanations les plus odieuses. A Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes, à Montpellier, ces grands prôneurs de la tolérance et de la liberté de conscience interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique. Tout le monde connaît ce fameux baron des Adrets, chef calviniste, qui ayant pris Montbrison, se donna l'innocent plaisir de faire sauter du haut d'une tour ce qui restait de la garnison faite prisonnière. « Or, tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir : églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres et religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables. Ce sont là des faits historiques que personne ne conteste, pas même les protestants, qui laissent quelquefois imprudemment échapper des vœux pour le retour de ces temps heureux du protestantisme français.
On ne saurait lire, sans frissonner d’horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi. Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce «tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion: « Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fît endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leur corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppas dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps. Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de souffre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi « martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On appliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au cœur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés... D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales, mais la décence nous interdit de continuer (Abrégé de V Histoire de la Hollande, par M. Kerroux, t. Il, p. 310.).
Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore aujourd'hui en Suède. Là aussi, la Réforme s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année même où j'écris, six familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens uniquement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération ; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.
Au Synode protestant de Brème, un pasteur d'Elberfeld, M. Sander,. s'écriait, en parlant du Pape et des religieux de la Compagnie de Jésus : « Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres. »
A Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement : de ne rien acheter des catholiques ; —de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence ; — de faire en sorte; que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.
Et tout cela se fait par des hommes qui réclament avec indignation la liberté et l'égalité des cultes dans les pays où ils forment une imperceptible minorité, par des hommes qui ne parlent que de liberté de conscience, de charité chrétienne, de religion, de paix et d'amour ; par des hommes qui ne croient plus en Jésus-Christ, et chez qui on est libre d'être incrédule, panthéiste, athée, mais non point catholique !
Chapitre 6 : L'intolérance catholique.
Nous avons vu ce qu'il faut penser de la prétendue tolérance des protestants; voyons maintenant ce qu'il en est de l'accusation banale d'intolérance que certaines gens portent contre l'Eglise catholique. Cette accusation renferme une vérité et un mensonge.
L'Eglise est intolérante en matière de doctrine. Cela est vrai ; non-seulement nous l'avouons, mais nous nous, en faisons gloire. La vérité est intolérante de sa nature. En religion comme en mathématiques, ce qui est vrai est vrai, et ce qui est faux est faux. Impossible de faire le moindre compromis entre la vérité et l'erreur ; impossible à la vérité de faire la moindre concession. Cette concession, quelque minime qu'on la suppose, serait la destruction immédiate de la vérité. Deux et deux font quatre ; cela est, c'est ce qu'on appelle une vérité. Donc, quiconque dira autrement dira une fausseté ; que ce soit en plus ou en moins, l'erreur sera toujours erreur ; que l'on se trompe d'un millième ou d'un millionième, on sera toujours hors de la vérité tant qu'on ne dira pas que deux et deux font quatre.
L'Eglise apporte et conserve dans le monde des vérités aussi certaines que des vérités mathématiques et qui ont des conséquences autrement importantes. Elle enseigne et défend ces vérités avec autant d'intolérance que la science mathématique en met à défendre les siennes. Quoi de plus légitime ? L’Eglise catholique seule, au milieu des différentes sociétés chrétiennes, proclame qu'elle possède la vérité absolue hors de laquelle il n'y a pas de vrai christianisme; seule elle peut être, seule elle doit être intolérante. Seule elle peut et doit dire, comme elle le fait depuis dix-huit siècles dans ses Conciles : « Si quelqu'un pense, enseigne, contrairement à ma doctrine qui est la Vérité, qu'IL SOIT ANATHEME ! »
Mais Notre-Seigneur, qui a confié à l'Eglise le dépôt de la vérité, lui a laissé aussi son esprit de charité et de patience, intolérante pour les doctrines, l'Eglise est miséricordieuse pour les personnes, et jamais elle n'a employé les moyens légitimes de rigueur qu'après avoir tenté toutes les voies de douceur et de persuasion.
Elle n'a jamais frappé qu'à la dernière extrémité, et elle n'a jamais frappé que les incorrigibles. Alors elle a dû le faire pour garantir de la contagion les âmes des fidèles, pour mettre fin à des scandales, et enfin pour remplir le grand devoir de la justice qui n'est pas moins divin que le devoir de la miséricorde.
Dans sa patience aussi bien que dans sa rigueur, dans sa tolérance envers les personnes aussi bien que dans son intolérance à l'égard des doctrines, l’Eglise catholique imite fidèlement son chef et son Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la Vérité même, la Miséricorde et la Justice.
Quant aux mensonges des historiens anticatholiques sur les prétendues barbaries de l'Eglise au moyen âge, ils tombent de plus en plus en discrédit de nos jours devant les travaux consciencieux d'une nouvelle génération d'historiens plus impartiaux que leurs devanciers. « Pour pouvoir vivre, le protestantisme avait été obligé de se faire une histoire à lui, » disait le célèbre historien Aug. Thierry, peu suspect, comme on sait, en faveur de l'Eglise.
Des protestants eux-mêmes, déposant l'esprit de parti, viennent témoigner contre ces vieilles calomnies, ces exagérations coupables, ces perfides insinuations dont les livres d'histoire sont remplis. « Depuis trois siècles, a dit M. de Maistre, l'histoire a été une conspiration permanente contre la vérité. » (Monseigneur Louis-Gaston de Ségur Causeries sur le Protestantisme d'Aujourd'hui)
Du moyen de reconnaitre la véritable Eglise
Chapitre 24. La haine du monde contre la véritable Eglise
Il est un moyen bien facile de découvrir véritable Eglise entre toutes celles qui prétendent à ce titre.
Notre-Seigneur a clairement déclaré que ses disciples seraient haïs des méchants comme il en a été haï lui-même le premier. « Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; si le monde vous hait, souvenez-vous qu'il m’a haï le premier."
Or, depuis les temps apostoliques, l'histoire nous atteste que c'est contre l'Eglise catholique que se sont constamment réunis les efforts et les haines des impies. Les juifs, les païens, les Turcs, les méchants de tous les siècles, et jusque dans ces derniers temps, les révolutionnaires, tous ont choisi et choisissent encore pour but de leurs attaques l’Église catholique, et l'Eglise catholique seule.
Les brigands de la révolution française se sont rués contre elle, ils ont emprisonné et massacré ses évêques et ses prêtres, ils ont laissé fort tranquilles les rabbins juifs et les ministres protestants. Lisez les écrits incendiaires de nos révolutionnaires modernes ; l’Église catholique seule excite leurs fureurs: et non-seulement ils ne s'élèvent pas contre le protestantisme ; mais ils le prônent comme favorable à leurs vues anti-chrétiennes (Au temps de la Commune, 1871, à Paris, ne sont-ce pas que les catholiques, évêques, prêtres et laïcs qui comme otages eurent seuls l’honneur d’être victimes de la révolution ?).
L'union de tous les impies contre la seule Eglise catholique suffirait déjà pour réaliser la prophétie de Notre-Seigneur. Les sectes hérétiques, et en particulier toutes les sectes protestantes, se sont chargées de compléter la preuve. Séparées pour tout le reste, divisées de croyances et d'intérêts, s'anathématisant les unes les autres, elles entrent dans un merveilleux accord, dès qu'il s'agit d'injurier et d'attaquer l'antique Eglise de saint Pierre. Devant cette commune ennemie, elles ne font plus qu'un et blasphèment à l'unisson.
Hérode et Pilate, ennemis mortels jusqu’alors, s'unirent pour crucifier Jésus. L'hérésie et l'impiété, séparées encore à bien de titres, s'unissent de même pour outrager, flageller et détruire la sainte Eglise du Christ. Mais si l'Eglise catholique, apostolique et romaine doit, à l'exemple du Sauveur, souffrir sa passion et compléter ainsi celle de son divin Chef, elle a comme lui les promesses et la vie éternelle : toujours haïe, toujours blasphémée, elle vit et vivra toujours, car Jésus est avec elle jusqu'à la fin du monde, et c'est à elle seule qu'il a dit : « Les puissances de l'enfer ne l'emporteront pas sur toi. »
… Chapitre 5 : La tolérance protestante.
Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un assez répandu, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains demi-catholiques. « Si la Réforme a fait du mal, dit-on, si elle a fait couler beaucoup de sang et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable : la tolérance religieuse »
Or, il n'est rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme est intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'est pas partout au même degré ; mais d'où cela vient-il ? de ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffît pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne peut pas toujours ce qu'il veut ; mais toujours, qu’on lui rende cette justice, en fait d'intolérance, il fait ce qu'il peut.
Partout où la Réforme s’est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Angleterre, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple : la Réforme est une révolution, et tout révolutionnaire est tyrannique de sa nature.
Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il écrase en ce moment encore la fidèle et malheureuse Irlande.
Un célèbre historien anglais protestant William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre, contre l'Eglise nationale, cet écrasant témoignage :
« Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice ; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles. » Il rapporte des actes officiels du Parlement constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.
PEINE DE MORT était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe ;
PEINE DE MORT contre quiconque osait donner asile à un prêtre ;
PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Elizabeth était le chef de l'Eglise de Jésus-Christ.
Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et «la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Elisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de
notre marine réunies ».
L'Eglise d'Angleterre n'a pas changé ; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu’à présent ; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance (Lettre de sir William Cobbet à lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, qui avait en plein Parlement vanté la tolérance du protestantisme anglais)
C'est de la même manière que le calvinisme a tenté de s'introduire en France. Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétrait leur doctrine. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés ! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir. Sous les ordres de Coligny les calvinistes révolutionnaires formèrent le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant ; ayant manqué leur coup ils s'emparèrent d'Orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Ile-de- France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent les cruautés et les profanations les plus odieuses. A Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes, à Montpellier, ces grands prôneurs de la tolérance et de la liberté de conscience interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique. Tout le monde connaît ce fameux baron des Adrets, chef calviniste, qui ayant pris Montbrison, se donna l'innocent plaisir de faire sauter du haut d'une tour ce qui restait de la garnison faite prisonnière. « Or, tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir : églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres et religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables. Ce sont là des faits historiques que personne ne conteste, pas même les protestants, qui laissent quelquefois imprudemment échapper des vœux pour le retour de ces temps heureux du protestantisme français.
On ne saurait lire, sans frissonner d’horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi. Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce «tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion: « Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fît endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leur corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppas dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps. Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de souffre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi « martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On appliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au cœur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés... D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales, mais la décence nous interdit de continuer (Abrégé de V Histoire de la Hollande, par M. Kerroux, t. Il, p. 310.).
Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore aujourd'hui en Suède. Là aussi, la Réforme s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année même où j'écris, six familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens uniquement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération ; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.
Au Synode protestant de Brème, un pasteur d'Elberfeld, M. Sander,. s'écriait, en parlant du Pape et des religieux de la Compagnie de Jésus : « Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres. »
A Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement : de ne rien acheter des catholiques ; —de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence ; — de faire en sorte; que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.
Et tout cela se fait par des hommes qui réclament avec indignation la liberté et l'égalité des cultes dans les pays où ils forment une imperceptible minorité, par des hommes qui ne parlent que de liberté de conscience, de charité chrétienne, de religion, de paix et d'amour ; par des hommes qui ne croient plus en Jésus-Christ, et chez qui on est libre d'être incrédule, panthéiste, athée, mais non point catholique !
Chapitre 6 : L'intolérance catholique.
Nous avons vu ce qu'il faut penser de la prétendue tolérance des protestants; voyons maintenant ce qu'il en est de l'accusation banale d'intolérance que certaines gens portent contre l'Eglise catholique. Cette accusation renferme une vérité et un mensonge.
L'Eglise est intolérante en matière de doctrine. Cela est vrai ; non-seulement nous l'avouons, mais nous nous, en faisons gloire. La vérité est intolérante de sa nature. En religion comme en mathématiques, ce qui est vrai est vrai, et ce qui est faux est faux. Impossible de faire le moindre compromis entre la vérité et l'erreur ; impossible à la vérité de faire la moindre concession. Cette concession, quelque minime qu'on la suppose, serait la destruction immédiate de la vérité. Deux et deux font quatre ; cela est, c'est ce qu'on appelle une vérité. Donc, quiconque dira autrement dira une fausseté ; que ce soit en plus ou en moins, l'erreur sera toujours erreur ; que l'on se trompe d'un millième ou d'un millionième, on sera toujours hors de la vérité tant qu'on ne dira pas que deux et deux font quatre.
L'Eglise apporte et conserve dans le monde des vérités aussi certaines que des vérités mathématiques et qui ont des conséquences autrement importantes. Elle enseigne et défend ces vérités avec autant d'intolérance que la science mathématique en met à défendre les siennes. Quoi de plus légitime ? L’Eglise catholique seule, au milieu des différentes sociétés chrétiennes, proclame qu'elle possède la vérité absolue hors de laquelle il n'y a pas de vrai christianisme; seule elle peut être, seule elle doit être intolérante. Seule elle peut et doit dire, comme elle le fait depuis dix-huit siècles dans ses Conciles : « Si quelqu'un pense, enseigne, contrairement à ma doctrine qui est la Vérité, qu'IL SOIT ANATHEME ! »
Mais Notre-Seigneur, qui a confié à l'Eglise le dépôt de la vérité, lui a laissé aussi son esprit de charité et de patience, intolérante pour les doctrines, l'Eglise est miséricordieuse pour les personnes, et jamais elle n'a employé les moyens légitimes de rigueur qu'après avoir tenté toutes les voies de douceur et de persuasion.
Elle n'a jamais frappé qu'à la dernière extrémité, et elle n'a jamais frappé que les incorrigibles. Alors elle a dû le faire pour garantir de la contagion les âmes des fidèles, pour mettre fin à des scandales, et enfin pour remplir le grand devoir de la justice qui n'est pas moins divin que le devoir de la miséricorde.
Dans sa patience aussi bien que dans sa rigueur, dans sa tolérance envers les personnes aussi bien que dans son intolérance à l'égard des doctrines, l’Eglise catholique imite fidèlement son chef et son Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la Vérité même, la Miséricorde et la Justice.
Quant aux mensonges des historiens anticatholiques sur les prétendues barbaries de l'Eglise au moyen âge, ils tombent de plus en plus en discrédit de nos jours devant les travaux consciencieux d'une nouvelle génération d'historiens plus impartiaux que leurs devanciers. « Pour pouvoir vivre, le protestantisme avait été obligé de se faire une histoire à lui, » disait le célèbre historien Aug. Thierry, peu suspect, comme on sait, en faveur de l'Eglise.
Des protestants eux-mêmes, déposant l'esprit de parti, viennent témoigner contre ces vieilles calomnies, ces exagérations coupables, ces perfides insinuations dont les livres d'histoire sont remplis. « Depuis trois siècles, a dit M. de Maistre, l'histoire a été une conspiration permanente contre la vérité. » (Monseigneur Louis-Gaston de Ségur Causeries sur le Protestantisme d'Aujourd'hui)
TOUT VA BIEN
Si l’on peut être dans le même temps catholique et conciliaire, catholique et franc-maçon, tête de l’Église et de la contre-Église, alors il n’y a plus de problème, tout va bien, la crise dans l’Église est finie.
Cependant, on nous affirme que l’on ne peut pas être catholique et luthérien, alors voyons le cas de Benoit XVI :
Benoît XVI est allé au-devant des luthériens : Sur les lieux mêmes où Luther a débuté son itinéraire spirituel, le pape a proposé un horizon commun aux catholiques et aux luthériens.
Dans ses rencontres avec les autres religions, il a insisté sur leur indispensable contribution au bien commun. Familiale et détendue, la messe célébrée au stade olympique de Berlin, jeudi soir devant 70 000 fidèles venus de toute l’Allemagne et de la Pologne voisine n’a pas été une réplique des JMJ de Madrid. Plutôt une célébration de retrouvailles. En toute franchise, puisque Norbert Lammer, président du Bundestag, a ostensiblement reçu dans ses mains la communion du pape, contrairement à l’usage pontifical, et, qu’à l’issue de la célébration, il s’est déclaré toujours en attente d’une réponse des évêques allemands, « mais pas du pape », aux requêtes de nombreux fidèles sur l’ordination d’hommes mariés. À la même heure, la Postdamer Platz, à proximité de la Porte de Brandebourg, n’accueillait plus que quelques centaines de protestataires. La visite historique du pape allemand en Allemagne n’a pas suscité plus qu’une Gay Pride de petit format. La véritable opposition, ici comme ailleurs, est latente et pas toujours exprimée : elle se nomme indifférence, et Benoît XVI la qualifie, dans la plupart de ses interventions, d’« éclipse de Dieu ». Face à ce vide émergent, les rencontres avec les autres religions, et aussi avec les autres confessions chrétiennes, prennent un relief tout particulier et colorent cette visite, qui prend ainsi une valeur universelle.
Face aux représentants de la communauté juive de Berlin, jeudi après-midi, après avoir rappelé qu’« Hitler était une idole païenne, qui voulait se mettre à la place du Dieu biblique », il a confirmé que « l’Église se sent une grande proximité avec le peuple juif », car « pour les chrétiens, il ne peut y avoir une rupture dans l’événement du salut ». Pour Benoît XVI, « le discours sur la montagne n’abolit pas la loi mosaïque, mais révèle ses possibilités cachées ». Dans ce bon climat, le Dr Dieter Graumann, président du Conseil central des Juifs en Allemagne, a mis en garde le pape contre les agissements de la Fraternité saint Pie X, « fanatique, fondamentaliste, raciste et antisémite. » Et rappelé ses réticences à la béatification envisagée de Pie XII.
Le lendemain matin, face aux représentants musulmans, Benoît XVI a renouvelé son engagement en faveur de la liberté religieuse, « pour l’apport que chacun est en mesure de donner à la construction du bien commun. » Il a également réaffirmé la nécessité de l’indispensable consensus concernant les valeurs éthiques fondamentales, « celles qui ne se décident pas seulement en fonction de leur utilité, de leur productivité, de leur efficacité. » Explicitement, il fait de ces thèmes le sommaire de la rencontre interreligieuse prévue à Assise le 27 octobre prochain.
Et puis, après un saut de puce de 240 km, effectué dans le nouvel A 340 « Air Merkel One », vint le « point d’orgue » du voyage, tel que le pape lui-même l’avait voulu et organisé. Car à l’origine, cette étape sur les lieux mêmes où Martin Luther, moine catholique, débuta son parcours spirituel, ne devait être qu’une simple rencontre œcuménique, comme tant d’autres. C’est Benoît XVI lui-même qui a tenu à lui donner un espace particulier. D’où, probablement, les attentes démesurées d’une levée de l’excommunication de Martin Luther, démenties avant même le départ de Rome.
Paradoxalement, la pimpante Erfurt, très majoritairement protestante, a su réserver au pape de Rome un accueil plus chaleureux que Berlin. En de nombreux points du parcours, des familles étaient là, attentives…
C’est une femme, Katrin Göring-Eckardt, présidente du synode de l’Église évangélique d’Allemagne, et vice-présidente du Bundestag, qui a accueilli Benoît XVI à l’ancien couvent de Martin Luther, en commentant le livre d’Esaïe, (26,9) : « Mon âme te désire pendant la nuit. Et mon esprit te cherche au-dedans de moi. ». D’emblée, elle a noté, s’adressant à Benoît XVI et Nikolaus Schneider, président de l’Église évangélique allemande (formée de 22 Églises issues de la Réforme qui regroupent 24 millions de fidèles, quasiment autant que les catholiques) : « Tous les deux, vous célébrez cet office ensemble ! ». Les deux hommes sont en effet assis sur une cathèdre équivalente. Au premier rang, comme hier à la messe, la chancelière Angela Merkel, fille de pasteur, a participé à toute la célébration, entonnant les chants. Combien d’heures, durant ce voyage pontifical, aura-t-elle ainsi « distraites » de la gestion de la crise financière…
Dans la sobre chapelle médiévale du couvent d’Erfurt, anticipant l’intervention du pape, Katrin Göring-Eckardt a affirmé : « C’est l’essentiel qui nous réunit : la recherche de Dieu. ». Et elle s’est inquiétée, elle aussi, de ceux, nombreux en Thuringe (ex-RDA), qui « ne connaissent pas Dieu et ne peuvent pas croire. ». Elle aussi évoque avec force, avec celui qu’elle nomme « cher frère pape Benoît », « la nuit », le mal à l’œuvre dans le monde, entre les hommes et sur les hommes. Et Nikolaus Schneider, président de l’EKD, a évoqué Martin Luther, devant le pape, comme une « charnière entre nos deux Églises ». Quasiment un gond, étymologie du mot « cardinal »… Plus tard, il confiera avoir assisté à « la réhabilitation de fait de M. Luther ».
De fait, on avait jamais entendu un pape déclarer, et ce fut le moment majeur de la journée : « Pour Martin Luther, la théologie n’était pas une question académique, mais la lutte intérieure avec lui-même, et ensuite une lutte par rapport à Dieu et avec Dieu ». Avec ce ressort à sa vie : « Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? ». Immense question que le pape a reprise à son compte, avec une réponse : « Ce Dieu a un visage et il nous a parlé. »
L’esprit du lieu n’a pas été pour rien dans cet échange impressionnant. L’ancien couvent des Augustins, construit en 1277, a en effet abrité Martin Luther de 1505 à 1511. Le 2 mai 1507, il célébra ici sa première messe.. catholique. Aujourd’hui, ce couvent abrite un centre culturel, mais la salle du chapitre, là même où Benoît XVI a rencontré quinze représentants de l’Église évangélique allemande, date précisément de cette époque.
« Ce que nous avons en commun.. »… Benoît XVI ne cessera, toute la matinée, de centrer son propos sur le noyau dur de ce qui fait l’unité des chrétiens : « Nous croyons en Dieu, le Père Tout-Puissant, le Créateur du Ciel et de la Terre ». Le pape évoque « le Dieu concret » Celui qui répond à « la soif d’infini, présente en l’homme de façon indéracinable », même lorsque « dans l’hybris du pouvoir, dans le vide du cœur et dans le désir de satisfaction et de bonheur, il perd toujours plus sa vie. ».
Alors, « dans un temps où les critères de l’être homme sont devenus questionnables », où « l’éthique est remplacée par le calcul des conséquences », Benoît XVI lance un appel : « Comme chrétiens, nous devons défendre la dignité inviolable de l’homme ». Mais, en catholique, il cite plus précisément « le diagnostic préimplantatoire et l’euthanasie ». Pas sûr que cet appel, dans toutes ses précisions, soit entendu par l’ensemble des Églises protestantes.
Après avoir évoqué l’indispensable « solidarité européenne », le nécessaire « engagement pour la justice dans le vaste monde », Benoît XVI en vient à sa conception de l’œcuménisme. Pour lui, il ne relève pas de la négociation, d’une évaluation de nos avantages et de nos inconvénients. : « Une foi autoconstruite est privée de valeur. (…) L’unité grandit seulement en pénétrant toujours plus profondément dans la foi grâce à la pensée et la vie ». D’où une certaine déception palpable du côté luthérien, même si elle n’est pas exprimée au sommet : en Allemagne la question de l’hospitalité eucharistique est très sensible, notamment parmi les très nombreux couples mixtes. Un geste était attendu.
Quelques instants auparavant, dans la salle du chapitre, Benoît XVI avait averti : « La chose la plus nécessaire pour l’œcuménisme est par-dessus tout que, sous la pression de la sécularisation, nous ne perdions pas, presque par inadvertance, les grandes choses que nous avons en commun, qui en elles-mêmes nous rendent chrétiens. » Confiant, le pape affirme : « Le grand progrès des dernières décennies est que nous avons pris conscience de cette communion. »
Pourtant, Benoît XVI pose une limite, décrivant la galaxie croissante des Églises évangéliques d’origine pentecôtiste, qui laissent « les Églises confessionnelles souvent perplexes » : « Une forme nouvelle du christianisme, qui se diffuse avec un immense dynamisme missionnaire, parfois préoccupant dans ses formes ». Face à ce défi commun à tous les chrétiens « anciens », le pape s’interroge : « Qu’est-ce que cette nouvelle forme de dynamisme a à nous dire de positif et de négatif ? »
Dans ce pays où le mot Église ne se prononce qu’au pluriel, cette célébration s’est déroulée dans une ambiance identique à celle de Lambeth Hall (Londres), il y a un an lors de la rencontre au sommet avec l’Église anglicane d’Angleterre. Tous les regards se tournent désormais vers 2017, qui verra la célébration du 500e anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Luther à Wittenberg. Nikolaus Schneider l’a affirmé : « Notre objectif est de pouvoir inviter les catholiques à cette célébration. Benoît XVI, aujourd’hui, a rendu un tel geste possible. » FRÉDÉRIC MOUNIER (à BERLIN et ERFURT) Source La Croix 23/09/11
Saint Hyacinthe confesseur
Bréviaire
Quatrième leçon. Hyacinthe était Polonais ; il naquit de parents nobles et chrétiens au château de Kamin, dans le diocèse de Breslau. Instruit dès l’enfance dans les lettres, il étudia plus tard la sainte Écriture. Mis au nombre des Chanoines de Cracovie, il brilla plus que tous les autres par l’insigne piété de sa vie et sa profonde érudition. Reçu à Rome dans l’Ordre des Frères Prêcheurs par le fondateur même, saint Dominique, il pratiqua avec la plus grande sainteté, jusqu’à la fin de sa vie, la règle parfaite qu’il en avait reçue. Il conserva une perpétuelle chasteté, fit ses délices de la modestie, de la patience, de l’humilité, de l’abstinence et des autres vertus, comme du patrimoine assuré d’un religieux.
Cinquième leçon. Son brûlant amour pour Dieu le portait souvent à passer des nuits entières à prier et à châtier son corps, auquel il n’accordait d’autre soulagement que l’appui d’une pierre et d’autre couche que la terre nue. Renvoyé dans sa patrie, il fonda à Frisac d’abord, un très grand couvent de son Ordre, puis un second à Cracovie. Après en avoir élevé quatre dans les autres provinces du royaume de Pologne, il y fit d’incroyables fruits de salut par la prédication de la parole divine et la pureté de sa vie. Il ne passa pas de jour sans donner quelque preuve éclatante de sa foi, de sa piété et de sa sainteté.
Sixième leçon. Le zèle de ce très saint homme pour le salut du prochain fut divinement signalé par les plus grands miracles. L’un des plus éclatants eut lieu lorsque, près de Wisgrade, il traversa sans bateau la Vistule débordée et fit passer ses compagnons sur les flots en y étendant son manteau. Ayant persévéré, depuis sa profession, près de quarante années dans un genre de vie admirable et annoncé d’avance à ses frères le jour de sa mort, il rendit son âme à Dieu en la fête même de l’Assomption de la Vierge, après avoir récité les Heures canoniales, et reçu avec le plus profond respect, les sacrements de l’Église. Ce fut en prononçant ces paroles : « Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit », l’an du salut douze cent cinquante-sept. De nouveaux miracles le rendirent illustre après sa mort, et le Pape Clément VIII le mit au nombre des saints.
Homélie de saint Grégoire, Pape. Homilia 13 in Evang.
Septième leçon. Mes très chers frères, le sens de la lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre est très clair. Mais de crainte qu’elle ne paraisse, à cause de sa simplicité même, trop élevée à quelques-uns, nous la parcourrons brièvement, afin d’en exposer la signification à ceux qui l’ignorent, sans cependant être à charge à ceux qui la connaissent. Le Seigneur dit : « Que vos reins soient ceints ». Nous ceignons nos reins lorsque nous réprimons les penchants de la chair par la continence. Mais parce que c’est peu de chose de s’abstenir du mal, si l’on ne s’applique également, et par des efforts assidus, à faire du bien, notre Seigneur ajoute aussitôt : « Ayez en vos mains des lampes allumées ». Nous tenons en nos mains des lampes allumées, lorsque nous donnons à notre prochain, par nos bonnes œuvres, des exemples qui l’éclairent. Le Maître désigne assurément ces œuvres-là, quand il dit : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».
Huitième leçon. Voilà donc les deux choses commandées : ceindre ses reins, et tenir des lampes ; ce qui signifie que la chasteté doit parer notre corps, et la lumière de la vérité briller dans nos œuvres. L’une de ces vertus n’est nullement capable de plaire à notre Rédempteur si l’autre ne l’accompagne. Celui qui fait des bonnes actions ne peut lui être agréable s’il n’a renoncé à se souiller par la luxure, ni celui qui garde une chasteté parfaite, s’il ne s’exerce à la pratique des bonnes œuvres. La chasteté n’est donc point une grande vertu sans les bonnes œuvres, et les bonnes œuvres ne sont rien sans la chasteté. Mais si quelqu’un observe les deux préceptes, il lui reste le devoir de tendre par l’espérance à la patrie céleste, et de prendre garde qu’en s’éloignant des vices, il ne le fasse pour l’honneur de ce monde.
Neuvième leçon. « Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que lorsqu’il viendra et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt ». Le Seigneur vient en effet quand il se prépare à nous juger ; et il frappe à la porte, lorsque, par les peines de la maladie, il nous annonce une mort prochaine. Nous lui ouvrons aussitôt, si nous l’accueillons avec amour. Il ne veut pas ouvrir à son juge lorsqu’il frappe, celui qui tremble de quitter son corps, et redoute de voir ce juge qu’il se souvient avoir méprisé ; mais celui qui se sent rassuré, et par son espérance et par ses œuvres, ouvre aussitôt au Seigneur lorsqu’il frappe à la porte, car il reçoit son Juge avec joie. Et quand le moment de la mort arrive, sa joie redouble à la pensée d’une glorieuse récompense.
XII Dimanche après la Pentecôte
Collecte
Dieu tout-puissant et miséricordieux, de la grâce de qui vient que vos fidèles vous servent comme il convient et d’une façon digne de louange ; accordez-nous, selon notre prière, de courir sans broncher dans la voie qui conduit aux biens que vous avez promis. Par notre Seigneur.
Epître
Mes Frères, la confiance qui nous possède, c’est par Jésus-Christ que nous l’avons devant Dieu : non que nous soyons capables d’avoir une pensée par nous-mêmes comme de nous-mêmes, mais c’est Dieu qui nous en rend capables. C’est lui qui nous a rendus aptes à être les ministres de la nouvelle alliance selon l’Esprit et non la lettre ; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. Que si le ministère de mort gravé en lettres sur la pierre a été accompagné d’une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient regarder le visage de Moïse à cause de la gloire dont il rayonnait, laquelle néanmoins devait passer : combien le ministère de l’Esprit ne devra-t-il pas être plus glorieux ? Car si le ministère de la condamnation est entouré de gloire, le ministère qui justifie en aura bien davantage.
Evangile
Le précepte universel de la charité, désirer pour le prochain, comme pour soi-même, la connaissance et l'amour du seul vrai Dieu et de son Eglise, pour le salut éternel.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car je vous déclare que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu. Et voilà qu’un docteur de la loi se leva pour le tenter, disant : Maître, que me faut-il faire pour posséder la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’y a-t-il d’écrit dans la loi ? Comment lisez-vous ? Il répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit ; et votre prochain comme vous-même. Jésus lui dit : Vous avez bien répondu ; faites cela, et vous vivrez. Mais lui, voulant faire paraître qu’il était juste, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Or Jésus, prenant la parole, dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des voleurs qui le dépouillèrent, et s’en allèrent après l’avoir couvert de coups, le laissant à demi mort. Or il arriva qu’un prêtre descendait par le même chemin, et l’ayant vu il passa outre. De même un lévite étant venu près du lieu, et le voyant, passa outre. Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui, et, le voyant, fut ému de compassion. S’approchant donc, il banda ses blessures, versant dessus de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur son cheval, il le conduisit dans une hôtellerie où il prit soin de lui. Le lendemain il tira deux deniers qu’il donna à l’hôtelier en disant : Ayez soin de lui, et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois vous parait avoir été le prochain de celui qui est tombé entre les mains des voleurs ? Le docteur répondit : Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Allez donc, lui dit Jésus, et faites de même.
L’Évangile du Bon Samaritain nous enseigne l’essentiel de la vie chrétienne, l’essentiel qui était déjà prescrit dans l’Ancien Testament, le docteur de la Loi le connaissait bien, mais semblait ne pas le mettre en pratique, car en fait, il ne connaissait pas vraiment Dieu, ne voulant pas reconnaître son Fils, et de plus, ne comptant que sur ses propres forces, il était incapable d’accomplir ces commandements.
Celui qui n’aime pas le Seul vrai Dieu, et son Verbe Incarné, de tout son cœur de toute son âme, de toutes ses forces et de tout son esprit, est incapable de s’aimer comme il le doit, et a fortiori d’aimer son prochain. Ces deux commandements renferme toute la Loi et les Prophètes, mais c’est seulement avec le secours de la foi en Jésus-Christ, avec le secours de la grâce, que nous pouvons les mettre en pratique, c’est seulement avec la pratique du premier que nous pouvons pratiquer le second.
Rappelons-nous qu’il n’est pas possible d’aimer le Bien sans haïr le Mal, d’aimer le Seul et Adorable vrai Dieu sans haïr ses contre-façons, sans haïr les idoles, d’aimer notre Mère la Sainte Église sans haïr les desseins de ses ennemis, d’aimer la Vérité, sans haïr l’erreur, d’aimer la vertu sans haïr le vice.
Or, nombreux sont ceux qui voudraient nous faire tout aimer indistinctement, sans ordre et finalement sans charité. Il n’aime pas le pécheur celui qui l’encourage dans son vice, il n’aime pas l’hérétique, celui qu le laisse dans son errance, il n’aime pas l’idolâtre celui qui le laisse dans son aveuglement, celui qui respecte les faux dieux.
Fais cela et tu vivras, c’est le commandement simple et parfait de l’imitation de Dieu, de l’imitation du Père, de l’imitation de Jésus-Christ, voilà la vraie miséricorde.
Bréviaire
Septième leçon. Heureux les yeux, non des scribes et des pharisiens qui peuvent voir seulement le corps du Seigneur, mais ces yeux-là qui peuvent reconnaître ses mystères dont il est dit : « Et tu les as révélés aux tout petits. » Heureux les yeux des tout petits à qui le Fils daigne se révéler avec son Père. Abraham exulta de voir le jour du Christ. Il l’a vu et s’est réjoui. Isaïe aussi et Michée et bien d’autres prophètes ont vu la gloire du Seigneur et c’est pourquoi on les appelle voyants. Cependant tous ceux-ci, en guettant et saluant de loin, ont vu au moyen d’un miroir, confusément.
Huitième leçon. Mais les Apôtres qui avaient le Seigneur parmi eux, qui ont pris leur repas avec lui, et qui n’avaient qu’à demander pour apprendre de lui tout ce qu’ils voulaient savoir, n’avaient pas besoin de l’enseignement des anges ou de divers genres de visions. Ceux que Luc désigne lorsqu’il parle de "beaucoup de prophètes et de rois", Matthieu les appelle plus clairement "prophètes et justes". Car, en effet, ils sont de grands rois, eux qui ne consentent pas à succomber aux mouvements de leurs tentations, mais savent royalement les maîtriser.
Neuvième leçon. « Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : ‘Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?’ » Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits. »
Assomption de la Bienheureuse vierge Marie
Introït
Il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Chantez au Seigneur un cantique nouveau : car il a fait des merveilles.
Collecte
Dieu éternel et tout-puissant, vous avez élevé, en son corps et en son âme, à la gloire du ciel, Marie, la Vierge immaculée, mère de votre Fils : faites, nous vous en prions, que, sans cesse tendus vers les choses d’en-haut, nous méritions d’avoir part à sa gloire.
Lecture
Le Seigneur t’a bénie dans sa force, car par toi il a réduit à néant tous nos ennemis. Ma fille, tu es bénie par le Seigneur, le Dieu très haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre. Béni soit le Seigneur, créateur du ciel et de la terre, qui a conduit ta main pour trancher la tête au plus grand de nos ennemis ! Il a rendu aujourd’hui ton nom si glorieux, que ta louange ne disparaîtra pas de la bouche des hommes, qui se souviendront éternellement de la puissance du Seigneur ; car, en leur faveur, tu n’as pas épargné ta vie en voyant les souffrances et la détresse de ta race, mais tu nous as sauvés de la ruine en marchant dans la droiture en présence de notre Dieu. Tu es la gloire de Jérusalem ; tu es la joie d’Israël ; tu es l’honneur de notre peuple.
Evangile
En ce temps-là : Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit et elle s’écria à haute voix, disant : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant a tressailli de joie dans mon sein. Heureuse vous qui avez cru ! Car elles seront accomplies les choses qui vous ont été dites de la part du Seigneur ! ». Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Voici, en effet, que désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Et son nom est saint, et sa miséricorde d’âge en âge pour ceux qui le craignent ».
Bréviaire
J’ai cherché partout le repos, et j’ai voulu demeurer dans l’héritage du Seigneur. Alors le Créateur de toutes choses m’a parlé et fait connaître sa volonté ; et lui, qui m’a créée, s’est reposé dans mon tabernacle. Et il m’a dit : « Habitez en Jacob, et qu’Israël soit votre héritage, et prenez racine dans mes élus. » Et c’est ainsi que je me suis affermie dans Sion. J’ai donc trouvé mon repos dans la cité sainte, et ma puissance est établie dans Jérusalem. J’ai pris racine dans le peuple honoré du Seigneur, dans le peuple héritage de mon Dieu, et ma demeure est dans la plénitude des Saints. Je me suis élevée comme le cèdre au Liban, comme le cyprès de la montagne de Sion. Je me suis élevée comme le palmier en Cadès, et comme en Jéricho les plants des rosiers. Je me suis élevée comme un bel olivier dans la plaine, comme le platane sur les places au bord des eaux. J’ai donné mon parfum comme le cinnamome et le baume odorant ; comme une myrrhe de choix j’ai donné ma senteur.
Saint Jean Damascène
L’arche sainte et animée du Dieu vivant, qui conçut et renferma en elle son Créateur, repose aujourd’hui dans le temple du Seigneur, qui n’a été bâti par aucune main. David, son aïeul, a des transports de joie ; avec lui les Anges chantent des hymnes, les Archanges la célèbrent, les Vertus la glorifient, les Principautés tressaillent, les Puissances se réjouissent à l’envi, les Dominations font éclater leur allégresse, les Trônes lui font fête, les Chérubins répètent ses louanges et les Séraphins publient sa gloire. Aujourd’hui le céleste Éden reçoit le paradis animé du nouvel Adam, où notre condamnation a été révoquée, l’arbre de vie planté, notre nudité couverte.
Aujourd’hui la Vierge immaculée, étrangère à toutes les affections terrestres et habituée aux pensées du ciel, n’est pas retournée en terre ; mais comme elle était un ciel vivant, elle a été placée dans les célestes tabernacles. Car, étant la source d’où la vraie vie s’est épanchée pour tous les hommes, comment aurait-elle connu les ignominies de la mort ? Il est vrai, elle fut assujettie à la loi portée par celui qu’elle engendra, et comme fille du vieil Adam, elle dut subir l’ancien arrêt. Car son Fils, lui qui est la vie par essence, ne l’a pas même évité ; mais sa qualité de Mère du Dieu vivant lui a justement valu d’être élevée jusqu’auprès de lui.
Pie XII
L’Église universelle a, tout au long des siècles, manifesté sa foi dans l’assomption corporelle de la bienheureuse vierge Marie et les évêques du monde entier ont demandé, dans un accord presque unanime, que soit définie comme dogme de la foi divine et catholique cette vérité basée sur les saintes Écritures, profondément enracinée dans le cœur des fidèles et en parfaite harmonie avec les autres vérités révélées. Aussi, le Souverain Pontife Pie XII, accédant aux vœux de l’Église entière, a décidé de proclamer solennellement ce privilège de la bienheureuse vierge Marie. C’est pourquoi le 1er novembre de l’année du grand jubilé 1950, à Rome, sur la place Saint-Pierre, entouré d’une assemblée nombreuse de cardinaux de la sainte Église romaine, et d’évêques venus même de régions lointaines, en présence d’une multitude immense de fidèles, aux applaudissements du monde catholique tout entier, il proclama de sa parole infaillible l’assomption corporelle de la bienheureuse vierge Marie au ciel en ces termes : « Après avoir maintes fois adressé à Dieu nos prières suppliantes, après avoir invoqué la lumière de l’Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout puissant qui a daigné accorder à la vierge Marie les largesses de sa particulière bienveillance, pour l’honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, pour augmenter la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l’allégresse de toute l’Église, par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, Nous le proclamons, déclarons et définissons : l’assomption en corps et en âme dans la gloire céleste de l’immaculée Mère de Dieu, toujours vierge, Marie, à la fin du cours de sa vie terrestre, est un dogme divinement révélé ».
Saint Pierre Canisius
Les jours consacrés à la Mère de Dieu, l’Église les célèbre avec autant de fréquence que de vénération car elle comprend sans hésiter qu’il est agréable à Dieu et digne des chrétiens ce devoir de rendre très souvent et à des moments déterminés de l’année un culte public à la plus sainte de tous les saints et saintes, la Mère de notre Seigneur et Dieu. Parmi tous ces jours qui, depuis des siècles et jusqu’à présent, sont religieusement respectés, la fête de l’Assomption jouit de la plus grande notoriété et tient le premier rang. Assurément aucun jour n’est pour Marie plus joyeux et plus heureux si nous considérons comme il convient la félicité inouïe qui lui fut conférée en ce jour tant pour l’âme que pour le corps. C’est pourquoi, maintenant surtout, comme jamais auparavant, son esprit, son âme et son corps exultent de façon merveilleuse dans le Dieu vivant et Marie peut dire très justement : « Il s’est penché sur son humble servante et désormais tous les âges me diront bienheureuse ; le Puissant a fait pour moi des merveilles. »
C’est pourquoi, Mère trois fois bienheureuse et vraiment auguste, nous aussi qui t’aimons, toi et ton fils, nous ne pouvons nous empêcher de réjouir nos cœurs de ton admirable et incomparable bonheur, puisque toutes les choses qui te furent dites sur toi-même de la part du Seigneur s’achèvent par une si belle mort et se trouvent en tous points accomplies. Heureuse, toi qui non seulement as cru, mais qui, aujourd’hui, as obtenu le fruit et le terme de la foi et de toute vertu, toi qui as mérité de jouir enfin maintenant de la vision - suprême joie de celui que tu as tant aimé et désiré. Hôtesse, tu as accueilli l’Emmanuel venant comme un hôte dans la bourgade de ce monde ; aujourd’hui en retour, tu est accueillie dans son palais royal, et c’est d’abord en tant que mère digne d’un tel Salomon que tu est entourée d’honneurs magnifiques.
Heureux le jour qui a fait passer du désert de ce monde un don aussi précieux et l’a conduit jusqu’à la cité sainte et éternelle : une joie commune incroyable et une non moins grande admiration naissent pour tous les habitants du ciel. Heureux le jour qui a comblé les désirs aussi ardents que prolongés de l’épouse languissante : elle trouve ce qu’elle cherchait, elle reçoit ce qu’elle désirait, elle possède en toute sûreté ce qu’elle attendait, elle goûte définitivement le repos dans la parfaite vision et jouissance de l’éternel bien suprême. Heureux le jour qui a emporté et élevé si haut la très humble servante du Seigneur : elle est devenue l’incomparable reine du ciel et la maîtresse du monde : monter plus haut, elle ne le peut car, élevée au trône de la royauté, elle siège glorifiée, après le Christ. Heureux et tout à fait vénérable ce jour qui a placé et confirmé dans le Royaume de Dieu cette reine et cette mère à la fois si puissante et si clémente pour nous : nous avons comme mère de miséricorde sans cesse prête à nous combler, à intercéder auprès du Christ, à veiller fidèlement aux intérêts de notre salut, celle-là même qui demeure toujours la mère du Juge.
Hymen Laudes
O Vierge, vêtue des rayons du soleil,
la tête couronnée de douze étoiles,
la lune est l’escabeau de vos pieds,
vous resplendissez dans la gloire.
Victorieuse de la mort et des périls de l’enfer,
assise à côté du Christ et veillant sur nous,
la terre et le ciel vous célèbrent,
Reine puissante.
Mais le cruel serpent continue de menacer
la race qui jadis vous fut confiée ;
ô Mère, en votre clémence, secourez-nous,
écrasez la tête du malin.
Protégez ceux qui suivent la vraie foi,
ramenez les égarés au saint bercail,
et les nations couvertes par l’ombre de la mort,
rassemblez-les de toutes parts.
Dans votre douceur, demandez le pardon pour les coupables,
aidez les affligés, les pauvres et les malades,
espérance certaine du salut, brillez pour tous
dans les dangers de la vie.
Louange éternelle à la très haute Trinité,
qui vous accorde, ô Vierge, la couronne,
et vous établit notre reine et notre mère,
dans sa providence.
Ainsi soit-il.
Vigile de l'Assomption mémoire de Saint Eusèbe confesseur
Lecture
Comme la vigne j’ai poussé des fleurs d’une agréable odeur, et mes fleurs donnent des fruits de gloire et d’abondance. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits ; car mon esprit est plus doux que le miel, et mon héritage plus suave que le rayon de miel. Ma mémoire passera dans la suite des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m’écoute ne sera pas confondu, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point. Ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle.
Evangile
En ce temps-là : Un jour que Jésus parlait au milieu de la foule, une femme s’écria : « Comme elle est heureuse, la Mère qui vous a mis au monde, et qui vous a nourri de son lait ! » Mais Jésus répondit : « Bien plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu et qui la met en pratique ! »
Bréviaire
Lorsque vous entendrez une femme s’écrier : « Bienheureux le sein qui vous a porté, bienheureuses les mamelles que vous avez sucées » et Jésus lui répondre : « Bienheureux plutôt ceux qui font la volonté de mon Père » attribuez ces diverses paroles au même sentiment. Ici Jésus ne prétend pas rebuter sa mère, il prétend seulement établir que sa maternité ne lui servirait de rien sans la foi et sans la vertu. Mais, s’il n’eût servi de rien à Marie, sans la vertu, d’avoir mis au monde le Christ, il ne nous servira de rien à nous également d’avoir un père, un frère, une mère, un enfant remarquables par leur vertu, si nous-mêmes ne les imitons pas.
Après la grâce de Dieu, vous ne devez mettre votre confiance que dans vos bonnes œuvres. Si la maternité de Marie eût été pour elle un titre suffisant de salut, les Juifs qui étaient parents du Christ par le sang auraient joui d’un titre semblable ainsi que les habitants de la ville dans laquelle il était né, ainsi que ses frères. Or, tant que ses frères vécurent avec négligence, ils ne tirèrent aucun avantage de leur parenté ; cette condamnation qui pesait sur le monde les enveloppait eux-mêmes.
Ils ne devinrent un sujet d’admiration que lorsqu’ils empruntèrent à la vertu leur éclat. La patrie du Sauveur fut ruinée et livrée aux flammes sans que ce titre ait pu la sauver ; ceux qui lui étaient unis par le sang périrent misérablement égorgés ; leur parenté devenant impuissante à les sauver dès lors qu’ils n’étaient point sous le patronage de la vertu. Ceux qui brillèrent de l’éclat le plus vif furent les apôtres parce qu’ils recherchèrent les liens les plus propres à les unir étroitement au Christ, les liens de l’obéissance. C’est là une preuve que la foi, les vertus, les bonnes œuvres nous sont indispensables ; cette voie est la seule qui puisse nous conduire au salut.
Quelle aurore fait pâlir au Cycle sacré l’éclat des plus nobles constellations ? Laurent, qui brillait au ciel d’août comme un astre incomparable, s’efface lui-même et n’est plus que l’humble satellite de la Reine des Saints, dont le triomphe s’apprête par delà l’empyrée.
Demeurée sur terre après l’Ascension pour donner le jour à l’Église de son Fils, Marie ne pouvait voir éterniser son exil ; elle ne devait cependant gagner à son tour les cieux, que lorsque ce nouveau fruit de sa maternité aurait pris d’elle la croissance et l’affermissement qui relèvent d’une mère. Dépendance d’ineffable suavité pour l’Église, et dont le divin Chef, en en faisant sa propre loi, avait assuré le bienheureux privilège à ses membres ! Comme nous vîmes, au temps de Noël, le Dieu fait homme porté le premier dans les bras de celle qui l’avait mis au monde, puisant ses forces, alimentant sa vie au sein virginal : ainsi donc le corps mystique de cet Homme-Dieu, la sainte Église, fut pour Marie dans ses premières années l’objet des mêmes soins dont elle avait entouré l’enfance de l’Emmanuel.
Comme autrefois Joseph à Nazareth, Pierre maintenant gouvernait la maison de Dieu ; mais Notre-Dame n’en était pas moins pour l’assemblée fidèle la source de la vie dans l’ordre du salut, comme jadis elle l’était pour Jésus dans son être humain. Au jour de la Pentecôte féconde, nul don de l’Esprit-Saint qui, comme l’Esprit lui-même, ne se fût reposé en elle premièrement et dans la plénitude ; nulle grâce communiquée aux privilégiés du cénacle, qui ne demeurât plus éminente, plus abondante au béni réservoir. Le fleuve sacré inonde comme un torrent la cité de Dieu ; mais c’est que le Très-Haut a d’abord sanctifié celle qui fut son temple, et qu’il en a fait le puits des eaux vives qui coulent avec impétuosité du Liban.
Elle-même, en effet, l’éternelle Sagesse se compare dans l’Écriture aux eaux débordantes ; à cette heure, la voix de ses messagers parcourt le monde pleine de magnificence comme la voix du Seigneur sur les grandes eaux, comme le tonnerre qui révèle sa force et sa majesté : déluge nouveau renversant les remparts de la fausse science, réduisant toute hauteur qui s’élève contre Dieu, fertilisant le désert. O fontaine des jardins, qui dans le même temps vous cachez en Sion si calme et si pure, le silence qui vous garde ignorée des profanes voile à leurs yeux souillés la dérivation de ces flots portant le salut aux plus lointaines plages de la gentilité. A vous pourtant, comme à la Sagesse sortie de vous elle-même, s’applique l’oracle où elle dit : C’est de moi que sortent les fleuves. A vous s’abreuve l’Église naissante, altérée du Verbe. Fontaine et soleil, disait l’Esprit-Saint parlant d’Esther votre figure, fleuve qui se transforme en lumière sans cesser de répandre ses eaux ! les Apôtres, à l’âme inondée de la divine science, reconnaissent en vous la source plus riche qu’eux tous, qui, ayant donné une fois au monde le Seigneur Dieu, continue d’être pour eux-mêmes le canal de sa grâce et de sa vérité.
Comme une montagne élargit sa base en raison de l’altitude où se perd son sommet, l’incomparable dignité de Marie s’élevait sur une humilité chaque jour croissante. Ne croyons pas pourtant que le rôle d’intermédiaire silencieux des faveurs du ciel fût le seul alors de cette mère des Églises. L’heure était venue pour elle de communiquer aux amis de l’Époux les ineffables secrets que son âme virginale avait seule connus ; et quant aux faits publics de l’histoire du Sauveur, quelle mémoire plus sûre, plus complète que la sienne, quelle intelligence plus profonde des mystères du salut, pouvait fournir aux évangélistes du Dieu fait chair l’inspiration et la trame de leurs sublimes récits ? Comment au reste, en toute entreprise, les chefs du peuple chrétien n’eussent-ils point consulté la céleste prudence de celle dont nulle erreur ne pouvait obscurcir le jugement, pas plus qu’aucune faute n’en pouvait ternir l’âme ? Aussi, bien que sa douce voix ne retentît jamais au dehors, bien qu’elle se complût dans l’ombre de la dernière place aux assemblées, Marie fut-elle vraiment dès lors, ainsi qu’observent les docteurs, le fléau de l’hérésie, la maîtresse des Apôtres et leur inspiratrice aimée.
« Si l’Esprit instruisait les Apôtres, on ne doit pas en conclure qu’ils n’eussent point à recourir au très suave magistère de Marie, dit Rupert. Bien plutôt, déclare-t-il, sa parole était pour eux la parole de l’Esprit lui-même ; elle complétait et confirmait les inspirations reçues par chacun de Celui qui divise ses dons comme il veut». Et l’illustre évêque de Milan, saint Ambroise, rappelant le privilège du disciple bien-aimé à la Cène, n’hésite pas à reconnaître aussi dans l’intimité plus persévérante de Jean avec Notre-Dame, qui lui fut confiée, la raison de l’élévation plus grande de ses enseignements : « Ce bien-aimé du Seigneur, qui sur sa poitrine avait puisé aux profondeurs de la Sagesse, je ne m’étonne pas qu’il se soit expliqué des mystères divins mieux que tous autres, lui pour qui demeurait toujours ouvert en Marie le trésor des secrets célestes ».
Heureux les fidèles admis à contempler dans ces temps l’arche de l’alliance où, mieux que sur des tables de pierre, résidait et vivait la plénitude de la loi d’amour ! Tandis que la verge du nouvel Aaron, le sceptre de Simon Pierre, gardait près d’elle sa force verdoyante, à son ombre aussi la vraie manne des cieux restait accessible aux élus du désert de ce monde. Denys d’Athènes, Hiérothée, que nous retrouverons bientôt de compagnie près de l’arche sainte, combien d’autres, venaient aux pieds de Marie se reposer du chemin, s’affermir en l’amour, consulter le propitiatoire auguste où la Divinité s’était reposée ! Des lèvres de la divine Mère ils recueillaient ces oracles plus doux que le lait et le miel, pacifiant l’âme, ordonnant toute vie, rassasiant leurs très nobles intelligences des clartés des cieux. C’est bien à ces privilégiés du premier âge, que s’applique la parole de l’Époux achevant dans ces années bénies la moisson du jardin fermé qui fut Notre-Dame : J’ai moissonné ma myrrhe et mes parfums, j ’ai mangé le miel avec son rayon, j’ai bu le vin avec le lait ; mangez, mes amis, et buvez ; enivrez-vous, mes très chers.
Comment s’étonner que Jérusalem, favorisée d’une si auguste présence, ait vu l’assemblée des premiers fidèles s’élever unanimement par delà l’observation des préceptes à la perfection des conseils ? Ils persévéraient d’une seule âme en la prière, louant Dieu en toute simplicité de cœur et allégresse, aimables à tous. Communauté fortunée, qui ne pouvait que présenter l’image du ciel sur la terre, ayant pour membre la Reine des cieux ; le spectacle de sa vie, son intercession toute-puissante, ses mérites plus vastes que tous les trésors réunis des saintetés créées, étaient la part de contribution que Marie apportait à cette famille bénie où tout était commun à tous, dit l’Esprit-Saint. De la colline de Sion, cependant, l’Église a étendu ses rameaux sur toute montagne et sur toute mer ; la vigne du Roi pacifique est en plein rapport au milieu des nations : l’heure est venue de la laisser pour la durée des siècles aux vignerons qui doivent la garder pour l’Époux. Instant solennel, où va s’ouvrir une nouvelle phase dans l’histoire du salut. O vous qui habitez dans les jardins, les amis en suspens prêtent l’oreille ; faites-moi entendre votre voix. C’est l’Époux, c’est l’Église de la terre et celle des cieux, attendant de la céleste jardinière à qui la vigne doit d’avoir affermi ses racines un signal semblable à celui qui autrefois fit descendre l’Époux. Mais les cieux vont l’emporter aujourd’hui sur la terre. Fuyez, mon bien-aimé ; c’est la voix de Marie qui va suivre les traces embaumées du Seigneur son Fils, pour gagner les montagnes éternelles où l’ont précédée ses propres parfums.
Entrons dans les sentiments de la sainte Église, qui se dispose, par l’abstinence et le jeûne de ce jour de Vigile, à célébrer le triomphe de Marie. L’homme ne peut trouver quelque assurance à s’unir d’ici-bas aux joies de la patrie, qu’en se rappelant d’abord qu’il est pécheur et débiteur à la justice de Dieu. La tâche bien légère qui nous est imposée aujourd’hui le paraîtra plus encore, si nous la rapprochons du Carême par lequel les Grecs se préparent depuis le premier de ce mois à fêter Notre-Dame.
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