Les africains contre les allemands
SYNODE. L'HEURE DE L'AFRIQUE PAR SANDRO MAGISTER
Une réunion des présidents des conférences épiscopales de ce continent a eu lieu à Accra. Étaient présents Robert Sarah et quatre autres cardinaux. Tout le monde a été d’accord pour s’opposer à "la stratégie des Allemands" en ce qui concerne le divorce et les unions homosexuelles
– Cinq cardinaux et quarante-cinq évêques, en provenance du même nombre de pays d’Afrique, ont tenu une réunion à Accra, la capitale du Ghana, du 8 au 11 juin. Une rencontre qui a eu lieu au grand jour et non pas de manière presque secrète comme celle de certains de leurs collègues allemands, français et suisses qui s’étaient donné rendez-vous, quelques jours plus tôt, à l’Université Pontificale Grégorienne, à Rome. L’objectif était le même pour les deux rencontres : préparer la prochaine session du synode consacré à la famille. Toutefois, alors que la réunion qui s’est tenue à l’université Grégorienne avait pour objectif de changer le système de l’Église en ce qui concerne le divorce et l’homosexualité, l'orientation de celle qui a eu lieu à Accra avait un but opposé.
La feuille de route a été donnée par le cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, dès les premières phrases qu’il a prononcées :
- "ne pas avoir peur de réaffirmer l'enseignement du Christ à propos du mariage" ;
- "au synode, parler de manière claire et d’une seule voix, avec un amour filial envers l’Église" ;
- "protéger la famille contre toutes les idéologies qui tendent à la détruire et, par conséquent, également contre les politiques nationales et internationales qui empêchent de promouvoir ses valeurs positives".
Cette feuille de route a recueilli un consensus complet. Le seul évêque d'Afrique noire qui se soit exprimé, au cours de ces derniers mois, en faveur d’"ouvertures" en matière de divorce, c’est Gabriel Charles Palmer-Buckle, évêque d’Accra. Or, bien qu’il ait été désigné, il y a de cela plusieurs mois, comme délégué au synode, il n’a pas pris part à cette rencontre. En effet elle réunissait les présidents de conférences épiscopales et ce n’est pas lui qui préside celle du Ghana, mais l’évêque de Konongo-Mampong, Joseph Osei-Bonsu.
En plus de Sarah, les autres cardinaux africains présents étaient le Camerounais Christian Tumi, le Kenyan John Njue, le Tanzanien Polycarp Pengo et l’Éthiopien Berhaneyesus D. Souraphiel, qui a été créé cardinal par le pape François lors du dernier consistoire. Organisée par le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar, la rencontre avait comme titre : "La famille en Afrique. Quelles expériences et quelles contributions pour la XIVe assemblée ordinaire du synode des évêques ?".
Afin de répondre à la question contenue dans le titre, les prélats présents ont discuté, le premier jour, sur la base de quatre introductions thématiques, avant de se répartir en groupes de travail et, le jour suivant, à partir de cinq autres schémas de discussion. L’un de ces schémas, qui était intitulé "Les attentes du synode", a été lu aux membres du groupe par le théologien et anthropologue Édouard Adé, secrétaire général de l'Université Catholique d'Afrique Occidentale, qui est implantée à Cotonou, au Bénin, et à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Et il était caractérisé par une sévère analyse critique du poids que l’Église d’Allemagne a pris et continue à avoir sur le déroulement du synode, au niveau mondial [Il faudrait faire remonter l’analyse jusqu’au « brigandage »]. Après avoir décrit "l'évaporation sans précédent de la foi chrétienne" qui s’est produite en Allemagne au cours des dernières décennies, accompagnée d’attentes démesurées en matière de changements dans la doctrine et dans la pratique de l’Église, ces attentes étant alimentées par la hiérarchie elle-même, le professeur Adé s’est penché sur ce qu’il a appelé "la stratégie des Allemands". Cette "stratégie" - étant donné que ses objectifs les plus avancés, c’est-à-dire la bénédiction des remariages de divorcés et celle des couples homosexuels, paraissent impossibles à atteindre - consisterait à ouvrir des brèches avec l’idée de les élargir ultérieurement, tout en affirmant verbalement, bien entendu, que l’on ne veut rien changer à la doctrine. Ces brèches seraient, par exemple, les "cas particuliers" qui ont été évoqués par le cardinal Walter Kasper dans son rapport au consistoire du mois de février 2014, en sachant pertinemment qu’ils ne resteraient pas du tout des cas isolés.
Une autre astuce est celle qui consiste à présenter les changements comme une solution "d'équilibre" entre, d’une part, les impatiences de ceux qui voudraient le divorce et les mariages homosexuels tout de suite et, d’autre part, le "rigorisme dépourvu de miséricorde" de la discipline fixée par Jean-Paul II et Benoît XVI, en faisant semblant d’ignorer que cette discipline coïncide avec la doctrine de toujours de l’Église catholique en ce qui concerne le mariage.
Une autre brèche encore serait celle, pratiquée dès à présent en un grand nombre d’endroits, qui consisterait à donner accès à la communion aux divorcés remariés et à tous les couples qui vivent en dehors des liens du mariage, sans même attendre qu’une décision, quelle qu’elle soit, ait été prise en la matière par le synode et par le pape.
D’autre part, le professeur Adé a mis les participants en garde contre les "chevaux de Troie" qui sont utilisés par les novateurs, comme celui qui consiste à attribuer une valeur toujours positive à toutes les formes de vie commune en dehors du mariage, ou bien celle qui consiste à considérer que l'indissolubilité du mariage est un "idéal" qui ne peut pas être toujours atteint par tout le monde, ou encore l'utilisation de formes nouvelles de langage – parmi lesquelles celle qui est caractéristique des Nations Unies – qui finissent par transformer la réalité.
Le rapport d’Adé a été vivement apprécié par les évêques et cardinaux présents. C’est tellement vrai que l’on en trouve la trace dans le communiqué final, dans lequel on peut lire qu’"il faut partir de la foi, la réaffirmer et la vivre afin d’évangéliser les cultures en profondeur", en prenant garde à ne pas adopter et à ne pas légitimer "le langage des mouvements qui militent en vue de la destruction de la famille".
À l’occasion d’une grande interview de six pages publiée au même moment en France dans l’hebdomadaire "Famille Chrétienne", le cardinal Sarah a déclaré, entre autres :
"Au Synode d'octobre prochain, nous allons, je l'espère, aborder la question du mariage de façon toute positive, en cherchant à promouvoir la famille et les valeurs qu'elle porte. Les évêques africains interviendront pour soutenir ce que Dieu demande à l'homme sur la famille et accueillir ce que l'Église a toujours enseigné".
Et encore :
"Pourquoi penser qu'il n'y a que la vision occidentale de l'homme, du monde, de la société, qui soit bonne, juste, universelle ? [La vision bonne, juste, universelle, est la vision catholique qui historiquement a été la gloire de l’Occident]L'Église doit se battre pour dire non à cette nouvelle colonisation".
Voici ce que dit le titre de l'interview, tel qu’il apparaît dans le journal, qui est disponible en kiosque :
> Le cardinal Sarah : "Qu'on nous écoute ou pas, nous parlerons"
La rencontre d’Accra est la preuve que le bloc des évêques africains jouera un rôle de premier plan lors du synode. Comme il ne l’a jamais fait dans le passé. ROME, le 15 juin 2015
EXISTE-T-IL UN « SÉDÉVACANTISME DOGMATIQUE » ?
Un curieux présent fait au "pape" François lors de son passage à Sarajevo. Symboliquement assez fort.
Quelques uns accusent d’autres de cette nouvelle position, voyons alors en quoi elle consiste et si elle est absurde. L’acte de foi, nous fait dire que nous croyons en la Sainte Église qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper (ni changer), tout catholique sait aussi que le Pape est le gardien du dépôt et qu’il a reçu le charisme de l’infaillibilité en ce qui concerne la foi et les mœurs afin de pouvoir confirmer ses frères.
Sachant cela, comment prétendre légitime la résistance au Pape pour conserver la foi ? Comment prétendre qu’un Pape véritable puisse dévier dans la foi, démolir l’Église, se faire le complice de la franc-maçonnerie…… ?
Comment penser qu’un Pape puisse mentir en déclarant, par exemple, que le rit romain à deux formes équivalentes ? Ce même Pape qui démissionne, et qui garde sa soutane blanche, demeure au Vatican et en toute humilité se fait appeler « Pape émérite ». Lui, l’inventeur du « grand Logos », à saveur gnostique, qui dépasse la raison et inclut la dimension transcendante de toutes les religions sans distinction.
Comment croire qu’un pape puisse canoniser des personnes indignes de cet honneur et les donner comme modèles à la vénération des fidèles ?
Est-il besoin au simple catholique du rang qui voit le « pape » prier dans les mosquées, embrasser le Coran, participer à l’office de la synagogue….est-il besoin qu’une sentence officielle vienne lui dire que celui-ci n’est plus catholique, qu’il a abdiqué sa charge, qu’il a fait naufrage dans la foi, pour s’en rendre compte et se tenir sur ses gardes, afin de conserver sa foi pure et intacte. Quand bien même tout le clergé et les esprits distingués se tairaient, n’a-t-il pas le devoir de crier au loup, à l’imposture, de par sa foi vive elle-même, ou bien doit-il rester indifférent envers ces insultes à la divine Majesté, à la Vérité incarnée, et aux dangers mortels pour la foi de ses frères ?
L’on constate donc que le sédévacantisme n’est dogmatique que par le dogme catholique, par celui de l’infaillibilité du pape en matière de foi et de morale, ainsi que par l’acte de foi envers la Sainte Église qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper et la claire constatation que l’on ne cueille pas des raisins sur les épines.
Une question se pose alors, pourquoi certains refusent ces simples faits constatables par tous et refusent d’en tirer les conclusions qui s’imposent, c’est à n’en pas douter que l’on ne réfléchit pas qu’avec son intelligence mais aussi avec d’autres intérêts faussant les perspectives.
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière, et de la lumière les ténèbres, qui font ce qui est doux amer, et ce qui est amer doux. Ils ont rejeté la loi de Yahweh des armées, et méprisé la parole du Saint d'Israël. (Is 5, 20-24 )
Dimanche dans l'octave du Sacré-Coeur
Collecte
Dieu, protecteur de ceux qui espèrent en vous, et sans lequel il n’y a rien de ferme, ni de saint : multipliez sur nous vos miséricordes ; afin que, sous votre loi et votre conduite, nous passions de telle sorte par les biens temporels, que nous ne perdions pas les éternels.
Epître
Mes bien-aimés : Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps de sa visite ; vous déchargeant sur lui de tous vos soucis, car c’est lui qui prend soin de vous.
Soyez sobres et veillez ; car votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui il pourra dévorer.
Résistez-lui, demeurant fermes dans la foi, sachant que vos frères qui sont dans le monde souffrent les mêmes afflictions que vous.
Le Dieu de toute grâce, qui nous a appelés dans le Christ Jésus à son éternelle gloire, lui-même vous perfectionnera, vous affermira et vous fortifiera, après que vous aurez un peu souffert.
A lui soient la gloire et l’empire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Evangile
La Miséricorde nécessite le repentir et la pénitence
En ce temps-là : les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’écouter. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, en disant : Cet homme accueille les pécheurs, et mange avec eux. Alors il leur dit cette parabole : Quel est l’homme parmi vous qui a cent brebis, et qui, s’il en perd une, ne laisse les quatre-vingt-dix neuf autres dans le désert, pour s’en aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve ? Et lorsqu’il l’a trouvée il la met sur ses épaules avec joie ; et venant dans sa maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi car j’ai trouvé ma brebis qui était perdue.
Je vous le dis, il y aura de même plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence.
Ou quelle est la femme qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume la lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ? Et lorsqu’elle l’a trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue. De même, je vous le dis, il y aura de la joie parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence.
Bréviaire Des Encycliques du Pape Pie XI.
Parmi toutes ces pratiques de la dévotion au Sacré-Cœur, il en est une remarquable qui mérite d’être signalée, c’est la pieuse consécration par laquelle, offrant à Dieu nos personnes et tous les biens que nous tenons de son éternelle bonté, nous les vouons au divin Cœur de Jésus. A tous ces hommages, il faut ajouter encore autre chose : à savoir l’amende honorable ou la réparation selon l’expression courante à offrir au Cœur sacré de Jésus. Si, dans la consécration, le but premier et principal pour la créature est de rendre à son Créateur amour pour amour, il s’ensuit naturellement qu’elle doit offrir à l’égard de l’amour incréé une compensation pour l’indifférence, l’oubli, les offenses, les outrages, les injures qu’il subit : c’est ce qu’on appelle couramment le devoir de la réparation.
Si les mêmes raisons nous obligent à ce double devoir, cependant le devoir de réparation et d’expiation s’impose en vertu d’un motif encore plus impérieux de justice et d’amour : de justice d’abord, car l’offense faite à Dieu par nos crimes doit être expiée, et l’ordre violé doit être rétabli par la pénitence ; mais d’amour aussi, car nous devons "compatir au Christ souffrant et saturé d’opprobres", et lui offrir, selon notre petitesse, quelque consolation. Tous nous sommes des pécheurs ; de nombreuses fautes nous chargent ; nous avons donc l’obligation d’honorer Dieu non seulement par notre culte, par une adoration qui rend à sa Majesté suprême de légitimes hommages, par des prières qui reconnaissent son souverain domaine, par des louanges et des actions de grâces pour son infinie bonté ; mais à ce Dieu juste vengeur nous avons encore le devoir d’offrir satisfaction pour nos innombrables péchés, offenses et négligences. Ainsi à la consécration, par laquelle nous nous donnons à Dieu et qui nous mérite d’être voués à Dieu, avec la sainteté et la stabilité qui, suivant l’enseignement du Docteur angélique sont le propre de la consécration, il faut donc ajouter l’expiation qui répare entièrement les péchés, de peur que, dans sa sainteté, la Souveraine Justice ne nous repousse pour notre impudente indignité et, loin d’agréer notre offrande, ne la rejette.
En fait, ce devoir d’expiation incombe au genre humain tout entier. Comme nous l’enseigne la foi chrétienne, après la déplorable chute d’Adam, l’homme, infecté de la souillure originelle, esclave de la concupiscence et des plus lamentables dépravations, se trouva ainsi voué à la perte éternelle. De nos jours, des savants orgueilleux nient ces vérités et, s’inspirant de la vieille erreur de Pélage, vantent des vertus innées de la nature humaine qui la conduiraient, par ses seules forces, jusqu’aux cimes les plus élevées. Ces fausses théories de l’orgueil humain, l’Apôtre les réfute en nous rappelant que, par nature, nous étions enfants de colère. Dès les débuts, en réalité, la nécessité de cette expiation commune a été reconnue, puisque, cédant à un instinct naturel, les hommes se sont efforcés d’apaiser Dieu par des sacrifices même publics.
Saint Antoine de Padoue confesseur et docteur
Epître
Mes frères : nous sommes donnés en spectacle au monde, et aux anges, et aux hommes. Nous, nous sommes fous à cause du Christ, mais vous, vous êtes sages dans le Christ ; nous sommes faibles, et vous êtes forts ; vous êtes honorés, et nous sommes méprisés. Jusqu’à cette heure nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; on nous frappe au visage, nous n’avons pas de demeure stable ; nous nous fatiguons à travailler de nos mains ; on nous maudit, et nous bénissons ; on nous persécute, et nous le supportons ; on nous blasphème, et nous prions ; nous sommes devenus comme les ordures du monde, comme les balayures de tous jusqu’à présent. Ce n’est pas pour vous faire honte que je vous écris cela, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés, dans le Christ Jésus Notre Seigneur.
Evangile
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que, lorsqu’il arrivera et frappera, ils lui ouvrent aussitôt. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ; en vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira. Et, s’il vient à la seconde veille, s’il vient à la troisième veille, et qu’il les trouve en cet état, heureux sont ces serviteurs ! Or, sachez que, si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait certainement, et ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, soyez prêts ; car, à l’heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme viendra.
Bréviaire
Quatrième leçon. Antoine naquit à Lisbonne en Portugal, de parents nobles qui l’élevèrent pieusement. Jeune homme, il embrassa la vie des Chanoines réguliers. Comme on transportait à Coïmbre les corps de cinq bienheureux Martyrs, Frères mineurs qui avaient récemment souffert pour la foi au Maroc, leur vue embrasa Antoine du désir d’être aussi martyrisé, et il passa dans l’Ordre des Franciscains. Sous l’impulsion de ce désir, il se dirigea vers le pays des Sarrasins ; mais une maladie le réduisit à l’impuissance et le força de revenir. Or, bien que le navire qui le portait fît voile pour l’Espagne, les vents le poussèrent en Sicile.
Cinquième leçon. De la Sicile, il se rendit au chapitre général qui se tenait à Assise. Puis, retiré dans l’ermitage du mont Saint-Paul en Toscane, il y vaqua longtemps à la divine contemplation, aux jeûnes et aux veilles. Élevé plus tard aux saints Ordres, il reçut la mission de prêcher l’Évangile. La sagesse et la facilité de sa parole lui obtinrent tant de succès et excitèrent une telle admiration que, prêchant un jour devant le souverain Pontife, il fut appelé par lui l’arche du Testament. Il poursuivit les hérésies avec une extrême rigueur, et les coups qu’il leur porta lui valurent le nom de perpétuel marteau des hérétiques.
Sixième leçon. Le premier de son ordre, à cause de l’éclat de sa science, il expliqua les saintes lettres à Bologne et ailleurs, et dirigea les études de ses frères. Après avoir parcouru nombre de provinces, il vint, un an avant sa mort, à Padoue, où il laissa d’insignes monuments de sa sainteté. Enfin, ayant accompli de grands travaux pour la gloire de Dieu, chargé de mérites, illustré par ses miracles, il s’endormit dans le Seigneur aux ides de juin, l’an du salut mil deux cent trente et un.
Le souverain Pontife Grégoire IX l’a inscrit au nombre des saints Confesseurs. Il fut déclaré Docteur de l’Église Universelle par le Pape Pie XII.
Fête du Sacré-Coeur
Introït
Il aura pitié de nous dans la grandeur de sa miséricorde ; car il n’a point dédaigné ni chassé de son cœur les enfants des hommes. Le Seigneur est bon à ceux qui espèrent en lui, à l’âme qui le cherche. Je chanterai à jamais les miséricordes du Seigneur, je les célébrerai dans a suite des générations.
Epître
Mes frères : à moi le plus petit de tous les saints, a été accordée cette grâce d’annoncer parmi les Gentils les richesses incommensurables du Christ ; et de mettre en lumière devant tous quelle est l’économie du mystère caché dès l’origine des siècles en Dieu, qui a créé toutes choses ; afin que les principautés et les puissances, dans les cieux, connaissent par l’Église la sagesse infiniment variée de Dieu, selon le dessein éternel qu’il a formé en Jésus-Christ Notre-Seigneur, en qui nous avons la liberté de nous approcher de Dieu en confiance, par la foi en Lui. A cause de cela je fléchis les genoux devant le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, duquel toute paternité dans les cieux et sur la terre tire son nom, pour qu’il vous donne, selon les richesses de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur : que le Christ habite par la foi dans vos cœurs, afin qu’étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur, et la hauteur et la profondeur, et connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, de sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.
Evangile
En ce temps-là : Ce jour étant celui de la Préparation, afin que les corps ne demeurassent pas en croix durant le Sabbat (car ce Sabbat était un jour très solennel), les Juifs prièrent Pilate qu’on leur rompît les jambes, et qu’on les enlevât. Il vint donc des soldats qui rompirent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Étant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes ; mais un des soldats lui ouvrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Et celui qui le vit en rend témoignage, et son témoignage est vrai.
Bréviaire Isaïe
Je vous glorifierai, Seigneur, parce que vous avez été irrité contre moi ; mais votre fureur s’est tournée, et vous m’avez consolé. Voilà que Dieu est mon Sauveur, j’agirai avec confiance, et je ne craindrai pas, parce que ma force et ma louange, c’est le Seigneur, et qu’il est devenu mon salut. Vous puiserez avec joie des eaux des fontaines du Sauveur ; et vous direz en ce jour-là : Glorifiez le Seigneur, et invoquez son nom ; faites connaître parmi les nations ses œuvres ; souvenez-vous que sublime est son nom. Chantez le Seigneur, il a agi avec magnificence ; annoncez cela dans toute la terre. Exulte et loue, habitation de Sion, parce que grand est au milieu de toi le Saint d’Israël.
En ce jour-là sera chanté ce cantique dans la terre de Juda : Notre ville forte est Sion ; le Sauveur sera mis comme mur et avant-mur. Ouvrez les portes, et qu’il y entre une nation juste et observant la vérité. L’ancienne erreur a disparu ; vous conserverez la paix, la paix, parce que nous avons espéré en vous. Vous avez espéré dans le Seigneur durant les siècles éternels, dans le Seigneur Dieu puissant à jamais. Parce qu’il abaissera ceux qui habitent dans les hauteurs, il humiliera la cité élevée. Il l’humiliera jusqu’à terre.
Le sentier du juste est droit, droit est le chemin où le juste doit marcher. Et dans le sentier de vos jugements, Seigneur, nous vous avons attendu patiemment ; votre nom et votre souvenir sont dans le désir de l’âme. Mon âme vous a désiré pendant la nuit ; mais, et par mon esprit et dans mon cœur, dès le matin je veillerai pour vous. Lorsque vous aurez exercé vos jugements sur la terre, les habitants du globe apprendront la justice.
Saint Bonaventure
Étant une fois venus au très doux Cœur de Jésus et comme il est bon d’être là, ne nous laissons pas facilement séparer de celui dont il est écrit : « Ceux qui se retirent de vous seront écrits sur la terre ». Mais quel sera le partage de ceux qui s’en approchent ? Vous nous l’apprenez vous-mêmes. Vous avez dit à ceux qui venaient à vous : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux ». Approchons-nous donc de vous, et nous tressaillirons et nous nous réjouirons en vous, nous souvenant de votre Cœur. « Oh ! Qu’il est avantageux et qu’il est agréable d’habiter » dans ce Cœur ! Je donnerai volontiers toutes choses, toutes les pensées et les affections de mon âme en échange de ce trésor, jetant toutes mes sollicitudes dans le Cœur du Seigneur Jésus, et sans nul doute ce Cœur me nourrira.
C’est à ce temple, à ce Saint des saints, à cette Arche du Testament, que j’adorerai, et que je louerai le nom du Seigneur, disant avec David : J’ai trouvé mon cœur pour prier mon Dieu. Et moi j’ai trouvé le Cœur de mon Roi, mon frère et mon tendre ami, Jésus. Ne l’adorerai-je pas ? Ayant donc trouvé ce Cœur qui est le vôtre et le mien, ô très doux Jésus, je vous prierai, ô vous qui êtes mon Dieu. Daignez seulement recevoir mes supplications dans ce sanctuaire où vous exaucez, ou plutôt attirez-moi tout entier dans votre Cœur. O Jésus, dont la beauté surpasse toute beauté, « lavez-moi encore plus de mon iniquité, et purifiez-moi de mon péché », afin qu’étant purifié par vous, je puisse approcher de vous qui êtes si pur, que je mérite d’habiter dans votre Cœur tous les jours de ma vie, et que je puisse voir et en même temps accomplir votre volonté.
Votre côté a été percé, pour qu’une entrée nous y fût ouverte. Votre Cœur a été blessé, afin qu’en lui et en vous, nous puissions habiter, à l’abri des perturbations du dehors. Toutefois il a encore été blessé pour que la blessure visible nous révélât la blessure invisible de l’amour. Pouvait-il mieux montrer cet amour ardent qu’en laissant blesser d’un coup de lance non seulement son corps, mais son Cœur aussi en même temps ? La blessure corporelle indique donc la blessure spirituelle. Qui n’aimerait ce Cœur profondément blessé ? Qui ne paierait d’amour celui qui a tant aimé ? Qui n’embrasserait un amant si chaste ? A nous qui demeurons encore dans notre enveloppe corporelle, à nous d’aimer de toutes nos forces, de payer d’amour, d’embrasser notre divin blessé, à qui des vignerons impies ont percé les mains et les pieds le côté et le Cœur ; à nous, de rester près de lui, afin qu’il daigne enchaîner du lien et blesser du trait de son amour, notre cœur encore dur et impénitent.
— Désireux de voir honorer avec plus de dévotion et de ferveur, sous le symbole du Sacré-Cœur, la charité du Christ souffrant et mourant pour la rédemption du genre humain, et instituant en mémoire de sa mort le sacrement de son corps et de son sang ; souhaitant que les fidèles recueillissent plus abondamment les fruits de la divine charité, Clément XIII permit à plusieurs Églises de célébrer la Fête de ce Cœur très saint, Pie IX étendit cette fête à l’Église universelle, et enfin le souverain Pontife Léon XIII, accueillant les vœux du monde catholique, l’a élevée au rite double de première classe.
Saint Jean Chrysostome
Remarquez-vous quelle est la puissance de la vérité ? Par ce qu’ils font, les Juifs accomplissent une prophétie, car une de plus s’est ici vérifiée. « Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes des deux larrons » ; mais non celles du Christ. Toutefois, pour ne pas déplaire aux Juifs, ils lui ouvrirent le côté d’un coup de lance, continuant à l’insulter, même après sa mort. O volonté détestable et criminelle. Cependant, ne te laisse pas troubler, frère bien-aimé : les actes que leur inspiraient leurs mauvais sentiments tournaient tous à l’honneur de la vérité. Elle est accomplie, la prophétie disant : « Ils porteront leurs regards sur celui qu’ils ont transpercé ». Ce que les soldats viennent de faire n’a pas servi seulement à réaliser la parole du prophète mais encore à convaincre plus tard ceux qui devaient refuser de croire, comme Thomas et d’autres avec lui. En outre un profond mystère s’est également accompli au même instant, car : « il coula du sang et de l’eau ». Ce n’est ni par hasard ni sans but que ces deux sources jaillirent ; c’est d’elles que l’Église a été formée.
Saint Bonaventure
Or donc, c’a été pour que l’Église fût formée du côté du Christ endormi, qu’une disposition toute divine a voulu qu’un des soldats ouvrit avec une lance et transperçât ce flanc sacré, de manière à faire couler du sang et de l’eau, et à répandre le prix de notre salut. C’est cette effusion, provenant d’une source mystérieuse, de la source du Cœur, qui donna aux sacrements de l’Église la vertu de communiquer la vie de la grâce ; c’est là désormais, pour ceux qui vivent dans le Christ, le breuvage de la source vive qui rejaillit dans la vie éternelle. Lève-toi donc, ô âme, fidèle amie du Christ, ne cesse de veiller ; viens, approche tes lèvres pour t’abreuver aux fontaines du Sauveur.
Hymne
Cœur, arche contenant la Loi,
non de l’antique servitude,
mais la loi de grâce, mais celle du pardon,
mais celle de la miséricorde.
Cœur, sanctuaire inviolé
de la nouvelle alliance,
temple plus saint que l’ancien,
voile plus utile que celui qui fut déchiré.
Votre amour a voulu
que vous soyez blessé par un coup visible,
pour que d’un amour invisible
nous vénérions les blessures.
Sous ce symbole de l’amour,
le Christ Prêtre, ayant souffert
de façon sanglante et mystique,
offrit un double sacrifice.
A Celui qui nous aime qui ne rendrait son amour ?
Quel racheté ne le chérirait pas
et dans ce Cœur ne se choisirait pas
une demeure éternelle ?
Honneur au Père et au Fils,
et au Saint-Esprit,
dont la puissance, la gloire,
et le règne demeurent dans tous les siècles.
Amen.
ANNUM SACRUM Consécration du genre humain au Sacré-Coeur
A nos vénérables frères les archevêques, les évêques et les autres ordinaires de la confédération canadienne en paix et en communion avec le siège apostolique.
Vénérables Frères, Salut et bénédiction apostolique.
Nous avons naguère, comme vous le savez, ordonné par lettres apostoliques qu'un jubilé serait célébré prochainement dans cette ville sainte, suivant la coutume et la règle établies par les anciens. Aujourd hui, dans l'espoir et dans l'intention d'accroître la piété dont sera empreinte cette solennité religieuse, Nous avons projeté et nous conseillons une manifestation éclatante. Pourvu que tous les fidèles Nous obéissent de cœur et avec une bonne volonté unanime et généreuse, Nous attendons de cet acte, et non sans raison, des résultats précieux et durables, d'abord pour la religion chrétienne et ensuite pour le genre humain tout entier.
Maintes fois, Nous Nous sommes efforcé d'entretenir et de mettre de plus en plus en lumière cette forme excellente de piété, qui consiste à honorer le Très Sacré Cœur de Jésus. Nous suivions en cela l'exemple de nos prédécesseurs Innocent XII, Benoît XIII, Clément XIII, Pie VI, Pie VII et Pie IX. Tel était notamment le but de notre décret publié le 28 juin de l'année 1889, et par lequel Nous avons élevé au rite de première classe la fête du Sacré Cœur.
Mais maintenant Nous songeons à une forme de vénération plus imposante encore, qui puisse être en quelque sorte la plénitude et la perfection de tous les hommages que l'on a coutume de rendre au Cœur très sacré. Nous avons confiance que cette manifestation de piété sera très agréable à Jésus-Christ, rédempteur.
D'ailleurs, ce n'est pas pour la première fois que le projet dont nous parlons est mis en question. En effet, il y a environ vingt-cinq ans, à l'approche des solennités du deuxième centenaire du jour où la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque avait reçu de Dieu l'ordre de propager le culte du divin Cœur, des lettres pressantes émanant non seulement de particuliers, mais encore d'évêques, furent envoyées en grand nombre et de tous côtés à Pie IX. Elles tendaient à obtenir que le Souverain Pontife voulût bien consacrer au très saint Cœur de Jésus l'ensemble du genre humain. On jugea bon de différer, afin que la décision fût mûrie davantage. En attendant, les villes reçurent l'autorisation de se consacrer séparément si cela leur agréait, et une formule de consécration fut prescrite. Maintenant, de nouveaux motifs étant survenus, Nous pensons que l'heure est arrivée de mener à bien ce projet.
Ce témoignage général et solennel de respect et de piété est bien dû à Jésus-Christ, car Il est le Prince et le Maître suprême. En effet son empire ne s'étend pas seulement aux nations qui professent la foi catholique, ou aux hommes qui ayant reçu régulièrement le saint baptême se rattachent en droit à l'Eglise, quoiqu'ils en soient séparés par des opinions erronées ou par un dissentiment qui les arrache à sa tendresse.
Le règne du Christ embrasse aussi tous les hommes privés de la foi chrétienne de sorte que l'universalité du genre humain est réellement soumise au pouvoir de Jésus. Celui qui est le Fils unique de Dieu le Père, qui a la même substance que Lui et qui "est la splendeur de sa gloire et l'empreinte de sa substance" (He. I, 3) celui-là nécessairement possède tout en commun avec le Père ; il a donc aussi le souverain pouvoir sur toutes choses. C'est pourquoi le Fils de Dieu dit de lui-même par la bouche du prophète : "Pour moi, j'ai été établi roi sur Sion, sa sainte montagne ; le Seigneur m'a dit : "Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui. Demande-moi, je te donnerai les nations pour ton héritage et les limites de la terre pour ton patrimoine" (Ps. II, 6 8).
Par ces paroles, Jésus-Christ déclare qu'il a reçu de Dieu la puissance, soit sur toute l'Eglise qui est figurée par la montagne de Sion, soit sur le reste du monde jusqu'à ses bornes les plus lointaines. Sur quelle base s'appuie ce souverain pouvoir, c'est ce que nous apprennent clairement ces paroles : "Tu es mon fils". Par cela même, en effet, que Jésus-Christ est le fils du Roi du monde, il hérite de toute sa puissance ; de là ces paroles : "Je te donnerai les nations pour ton héritage". A ces paroles sont semblables celles de l'apôtre saint Paul : "Son fils qu'il a établi héritier en toutes choses" (He. 1, 2).
Mais il faut surtout considérer ce que Jésus-Christ a affirmé concernant son empire, non plus par les Apôtres ou par les prophètes, mais de sa propre bouche. Au gouverneur romain qui lui demandait "Tu es donc roi" ? il répondit sans aucune hésitation : ''Tu le dis, je suis roi" (Jn, XVIII, 37). La grandeur de ce pouvoir et l'immensité infinie de ce royaume sont confirmées clairement par les paroles de Notre-Seigneur aux apôtres : "Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre" (Mt. XVIII, 18). Si toute puissance a été donnée au Christ, il s'ensuit nécessairement que son empire doit être souverain, absolu, indépendant de la volonté de tout être, de sorte qu'aucun pouvoir ne soit égal ni semblable au sien. Et puisque cet empire lui a été donné dans le ciel et sur la terre, il faut qu'il voie le ciel et la terre lui obéir.
Effectivement, il a exercé ce droit extraordinaire et qui lui est propre, lorsqu'il a ordonné aux apôtres de répandre sa doctrine, de réunir les hommes en une seule Eglise par le Baptême du salut, enfin de leur imposer des lois que personne ne pût méconnaître, sans mettre en péril son salut éternel.
Mais ce n'est pas tout. Jésus-Christ commande non seulement en vertu d'un droit naturel et comme Fils de Dieu, mais encore en vertu d'un droit acquis. Car "il nous a arrachés de la puissance des ténèbres" (Col. I, 13) ; et en outre il "s'est livré lui-même pour la rédemption de tous" (I Tm. II, 6). Non seulement les catholiques et ceux qui ont reçu régulièrement le baptême chrétien, mais tous les hommes et chacun d'eux sont devenus pour Lui "un peuple conquis" (I P. II, 9). Aussi, saint Augustin a-t-il eu raison de dire à ce sujet : "Vous cherchez ce que Jésus-Christ a acheté ? voyez ce qu'Il a donné et vous saurez ce qu'Il a acheté. Le sang du Christ est le prix de l'achat. Quel objet peut avoir une telle valeur ? Lequel, si ce n'est le monde entier ? Lequel si ce n'est toutes les nations ? C'est pour l'univ ers entier que le Christ a payé un tel prix" (Tract. 20 in Joan.).
Pourquoi les infidèles eux-mêmes sont-ils soumis au pouvoir de Jésus-Christ ? Saint Thomas nous en expose longuement la raison. En effet, après avoir demandé si le pouvoir judiciaire de Jésus-Christ s'étend à tous les hommes, et avoir affirmé que "l'autorité judiciaire découle de l'autorité royale", il conclut nettement : "Tout est soumis au Christ quant à la puissance, quoique tout ne lui soit pas soumis encore quant à l'exercice même de cette puissance" ( III Q 59 a 4). Ce pouvoir du Christ et cet empire sur les hommes s'exercent par la vérité, par la justice et surtout par la charité.
Mais à cette double base de sa puissance et de sa domination, Jésus-Christ nous permet dans sa bienveillance d'ajouter, si nous y consentons de notre côté, la consécration volontaire. Dieu et rédempteur à la fois, il possède pleinement, et d'une façon parfaite, tout ce qui existe. Nous, au contraire, nous sommes si pauvres et dénués, que nous n'avons rien qui nous appartienne et dont nous puissions lui faire présent. Cependant, dans sa bonté et sa charité souveraine, il ne refuse nullement que nous lui donnions et que nous lui consacrions ce qui lui appartient, comme si nous en étions les possesseurs. Non seulement il ne refuse pas cette offrande, mais il la désire et il la demande : "Mon fils, donne moi ton cœur". Nous pouvons donc lui être pleinement agréables par notre bonne volonté et l'affection de notre âme. En nous consacrant à lui, non seulement nous reconnaissons et nous acceptons son empire ouvertement et avec joie, mais encore nous témoignons réellement que si ce que nous donnons nous appartenait, nous l'offririons de tout notre cœur ; nous demandons ainsi à Dieu de vouloir bien recevoir de nous ces objets mêmes qui lui appartiennent absolument. Telle est l'efficacité de l'acte dont il s'agit, tel est le sens de nos paroles.
Puisque dans le Sacré Cœur réside le symbole et l'image sensible de la charité infinie de Jésus-Christ, charité qui nous pousse à l'aimer en retour, il est convenable de nous consacrer à son Cœur très auguste. Agir ainsi, c'est se donner et se lier à Jésus Christ ; car les hommages, les marques de soumission et de piété que l'on offre au divin Cœur se rapportent réellement et en propre au Christ lui même.
C'est pourquoi Nous engageons et Nous exhortons à accomplir avec ardeur cet acte de piété, tous les fidèles qui connaissent et aiment le divin Cœur. Nous désirerions vivement qu'ils se livrassent à cette manifestation le même jour, afin que les sentiments et les vœux communs de tant de milliers de fidèles fussent portés en même temps au temple céleste.
Mais oublierons-nous une quantité innombrable d'hommes, pour lesquels n'a pas encore brillé la vérité chrétienne ? Nous tenons la place de Celui qui est venu sauver ce qui était perdu et qui a donné son sang pour le salut du genre humain tout entier. Aussi, nous songeons avec assiduité à ramener vers la véritable vie ceux mêmes qui gisent dans les ténèbres de la mort. Nous avons envoyé de tous côtés pour les instruire des messagers du Christ ; et maintenant, déplorant leur sort, Nous les recommandons de toute notre âme et Nous les consacrons, autant qu'il est en Nous, au Cœur très sacré de Jésus.
De cette manière, l`acte de piété que Nous conseillons à tous sera profitable à tous. Après l'avoir accompli, ceux qui connaissent et aiment Jésus-Christ sentiront croître leur foi et leur amour. Ceux qui, connaissant le Christ, négligent cependant sa loi et ses préceptes, pourront puiser dans son Sacré-Cœur la flamme de la charité. Enfin, nous implorerons tous d'un élan unanime le secours céleste pour les infortunés qui souffrent dans les ténèbres de la superstition. Nous demanderons que Jésus-Christ, auquel ils sont soumis "quant à la puissance" les soumette un jour "quant à l'exercice de cette puissance". Et cela, non seulement "dans un siècle à venir, quand il accomplira sa volonté sur tous les êtres en récompensant les uns et en châtiant les autres" (S. Thomas, loc. cit.), mais encore dès cette vie mortelle, en leur donnant la foi et la sainteté. Puissent-ils honorer Dieu par la pratique de la vertu, comme il convient, et chercher à obtenir la félicité céleste et éternelle.
Une telle consécration apporte aussi aux Etats l'espoir d'une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. Dans ces derniers temps surtout, on a fait en sorte qu'un mur s'élevât, pour ainsi dire, entre l'Eglise et la société civile. Dans la constitution et l'administration des Etats, on compte pour rien l'autorité de la juridiction sacrée et divine, et l'on cherche à obtenir que la religion n'ait aucun rôle dans la vie publique. Cette attitude aboutit presque à enlever au peuple la foi chrétienne ; si c'était possible, on chasserait de la terre Dieu lui même. Les esprits étant en proie à un si insolent orgueil, est-il étonnant que la plus grande partie du genre humain soit livrée à des troubles profonds, et battue par des flots qui ne laissent personne à l'abri de la crainte et du péril ? Il arrive fatalement, que les fondements les plus solides du salut public s'écroulent lorsqu'on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu'ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu'ils s'abandonnent à leurs passions et s'épuisent dans une licence excessive.
De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter. Or, qui est celui-là, sinon Jésus-Christ, fils unique de Dieu ? "car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés" (Ac. IV, 12). Il faut donc recourir à Celui qui est "la voie, la vérité et la vie." L'homme a erré, qu'il revienne dans la route droite ; les ténèbres ont envahi les âmes, que cette obscurité soit dissipée par la lumière de la vérité ; la mort s'est emparée de nous, conquérons la vie. Il nous sera enfin permis de guérir tant de blessures, on verra renaître avec toute justice l'espoir en l'antique autorité, les splendeurs de la foi reparaîtront, les glaives tomberont et les armes s'échapperont des mains lorsque tous les hommes accepteront l'empire du Christ et s'y soumettront avec joie, et quand "toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père" (Ph. II, 2).
A l'époque où l'Eglise, toute proche encore de ses origines, était accablée sous le joug des Césars, un jeune empereur aperçut dans le ciel une croix qui annonçait et qui préparait une magnifique et prochaine victoire. Aujourd'hui, voici qu'un autre emblème béni et divin s'offre à nos yeux. C'est le cœur très sacré de Jésus, sur lequel se dresse la Croix et qui brille d'un magnifique éclat au milieu des flammes. En lui nous devons placer toutes nos espérances ; nous devons lui demander et attendre de lui le salut des hommes.
Enfin, Nous ne voulons point passer sous silence un motif particulier, il est vrai, mais légitime et sérieux, qui Nous pousse à entreprendre cette manifestation. C'est que Dieu, auteur de tous les biens, Nous a naguère sauvé d'une maladie dangereuse. Nous voulons évoquer le souvenir d'un tel bienfait et en témoigner publiquement Notre reconnaissance par l'accroissement des hommages rendus au très saint Cœur.
Nous décidons en conséquence que, le 9, le 10 et le 11 du mois de juin prochain, dans l'église de chaque localité et dans l'église principale de chaque ville, des prières déterminées seront dites. Chacun de ces jours-là, les litanies du Sacré-Cœur, approuvées par Notre autorité, seront jointes aux autres invocations. Le dernier jour, on récitera la formule de consécration que Nous vous envoyons, Vénérables Frères, en même temps que ces lettres.
Comme gage des faveurs divines et en témoignage de Notre bienveillance, Nous accordons très affectueusement dans le Seigneur la bénédiction apostolique à vous, à votre clergé et au peuple que vous dirigez.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 mai de l'année 1899, de notre pontificat la vingt-deuxième.
Léon XIII, Pape
Saint Barnabé Apôtre
Le corps de saint Barnabé aurait été découvert à Salamine, vers 488, ce qui valut aux habitants de Chypre la reconnaissance de leur antique autocéphalie au regard du patriarche d’Antioche.
Au XVIe siècle saint Antoine-Marie Zaccaria fonda à Milan une nouvelle famille de religieux qui prirent le nom de Barnabites, de l’église de Saint-Barnabé près de laquelle ils demeuraient. Saint François de Sales les estimait beaucoup, si bien qu’il disait gracieusement que lui aussi était barnabite, c’est-à-dire fils de consolation.
La fête de saint Barnabé est entrée assez tard dans le Calendrier romain, tandis qu’elle apparaît déjà dans le calendrier de marbre de Saint-Jean-Majeur à Naples, au IXe siècle. A Rome, le nom de l’apôtre de Chypre se trouve, dès la première heure, rapproché de ceux d’Etienne et de Mathias dans la seconde section de la grande Intercession : Nobis quoque (Canon Romain). La fête est attestée à Rome au XIe siècle, et elle se développe au XIIe.
Epître
En ces jours-là : grand fut le nombre de ceux qui crurent et se convertirent au Seigneur. Or, la nouvelle en vint aux oreilles de la communauté qui était à Jérusalem, et ils envoyèrent Barnabé jusqu’à Antioche. Lorsqu’il fut arrivé et qu’il eut vu la grâce de Dieu, il se réjouit ; et il les exhortait tous à demeurer par la disposition du cœur (fidèles) au Seigneur. Car c’était un homme de bien et rempli de l’Esprit-Saint et de foi. Et une foule nombreuse se joignit au Seigneur. Et il se rendit à Tarse chercher Saul, et l’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Et il leur arriva d’être ensemble une année entière dans la communauté et d’instruire une foule nombreuse. Ce fut à Antioche d’abord que les disciples reçurent le nom de chrétiens. Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabé, Siméon appelé Niger, Lucius le Cyrénéen, Manahen frère de lait d’Hérode le tétrarque, et Saul. Comme ils vaquaient au service du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit-Saint dit : "Mettez-moi à part Barnabé et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés." Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir.
Evangile
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents, et simples comme des colombes. Mais mettez-vous en garde contre les hommes : car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous flagelleront dans leurs synagogues ; et vous serez traduits, à cause de moi, devant les gouverneurs et devant les rois, pour servir de témoignage à eux et aux nations. Mais, lorsqu’ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous direz ; car ce que vous devrez dire vous sera donné à l’heure même. En effet, ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous. Or, le frère livrera son frère à la mort, et le père son fils ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Et vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Bréviaire
Quatrième leçon. Le Lévite Barnabé, appelé aussi Joseph, fut ordonné avec Paul comme Apôtre des Gentils, pour annoncer l’Évangile de Jésus-Christ. Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta le prix aux Apôtres. Envoyé à Antioche pour y prêcher, il y trouva un grand nombre de personnes converties à la foi du Christ. Sa joie fut grande et il les exhorta à persévérer dans la foi. Ses exhortations eurent un grand succès, parce que tous le regardaient comme un homme bon et plein de l’Esprit-Saint.
Cinquième leçon. De là il partit pour chercher Paul à Tarse, et revint à Antioche avec lui. Ils demeurèrent une année au milieu de la chrétienté de cette ville, et inculquèrent à ces hommes les préceptes de la foi et de la vie chrétienne : c’est là aussi que les adorateurs de Jésus-Christ reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens. Or, les disciples de Paul et de Barnabé soutenaient de leurs deniers les Chrétiens de Judée et leur envoyaient des aumônes par ces deux Apôtres. Après avoir accompli ce devoir de charité, Paul et Barnabé revinrent à Antioche, accompagnés de Jean, surnommé Marc.
Sixième leçon. Pendant que Paul et Barnabé servaient le Seigneur dans l’Église d’Antioche, jeûnant et priant avec les autres prophètes et docteurs, le Saint-Esprit dit : « Séparez-moi Paul et Barnabé pour l’œuvre pour laquelle je les ai pris. » Alors ils jeûnèrent et prièrent ; puis, leur ayant imposé les mains, les laissèrent partir. Ils se rendirent donc à Séleucie et de là dans l’île de Chypre ; ils parcoururent ensuite un grand nombre de villes et de pays, prêchant l’Évangile pour le plus grand bien de ceux qui les écoutaient. En dernier lieu Barnabé se sépara de Paul et s’embarqua pour Chypre avec Jean, surnommé Marc. Ce fut là que, vers la septième année de l’empire de Néron, le trois des ides de juin, il joignit aux travaux de l’apostolat la couronne du martyre. Sous l’empire de Zénon, on découvrit son corps dans l’île de Chypre : sur sa poitrine était l’Évangile de saint Matthieu, écrit de la main de Barnabé.
Saint Jean Chrysostome
Septième leçon. Après avoir banni tout souci du cœur de ses disciples, après les avoir armés du pouvoir d’opérer des miracles, après les avoir rendus étrangers à toutes les choses de ce monde, après les avoir délivrés de toute sollicitude temporelle, après les avoir faits comme de fer et de diamant, alors seulement le Sauveur leur annonce les maux auxquels ils vont être exposés. Bien des avantages résultaient de cette prédiction : premièrement, les Apôtres apprenaient ainsi à connaître la prescience extraordinaire de leur Maître ; en second lieu, nul d’entre eux ne pouvait dès lors attribuer des maux si pénibles à la faiblesse de Jésus ; de plus, ceux que ces maux devaient atteindre n’en seraient point troublés comme d’événements imprévus et inattendus ; enfin, ils étaient prémunis contre l’émotion excessive qu’ils pourraient ressentir lorsque Jésus leur en parlerait aux approches mêmes de sa passion.
Huitième leçon. Pour leur apprendre ensuite qu’il s’agit vraiment d’une guerre d’un genre nouveau, d’une bataille bien différente des batailles ordinaires, puisqu’il les envoie sans armes, avec un seul vêtement, sans chaussure, sans bâton, sans ceinture ni besace, et qu’il leur ordonne d’attendre leur nourriture des personnes qui les accueilleront, il ne se borne pas à ce qu’il vient de dire, il affirme une fois encore sa puissance inexprimable par ces paroles : Dans cette entreprise, montrez la douceur des brebis quoique vous ayez des loups à affronter ; vous ne marchez pas seulement contre des loups, mais vous allez même au milieu des loups. Avec la douceur des brebis, il veut qu’ils aient aussi la simplicité des colombes. C’est alors surtout que ma force éclatera, quand les loups seront vaincus par les brebis, lorsque celles-ci, aventurées au milieu de ces bêtes cruelles, déchirées par d’innombrables morsures, loin d’être dévorées, convertiront même leurs ennemis, en leur communiquant leur propre nature.
Neuvième leçon. Et certes, changer les sentiments de ses ennemis, transformer leurs âmes, est un prodige beaucoup plus grand, beaucoup plus admirable que de les exterminer, surtout lorsque douze hommes suffisent à cette tâche, et que la terre entière est infestée de loups. Rougissons donc, nous qui faisons l’opposé et qui, avec la rage des loups, attaquons nos ennemis. Sans nul doute, tant que nous agirons en brebis, nous vaincrons ; si nombreux que soient les loups qui nous environnent, nous en viendrons à bout et nous en triompherons ; mais, si nous-mêmes, nous devenons des loups, nous serons vaincus, car alors il nous est retiré le secours du pasteur, qui fait paître, non pas des loups, mais des brebis.
L'islam et l'esclavage
Daesh vend des femmes au prix d'un paquet de cigarette
Dans les territoires contrôlés par l'Etat Islamique, les femmes sont vendues sur les marchés aux esclaves. A chaque nouvelle ville prises par les combattants, les femmes sont capturées pour être vendues ou mariées de force.
"Ils kidnappent et enlèvent des femmes quand ils reprennent des villes, ils ont donc en permanence de nouvelles femmes en captivité,"... Ces femmes sont vendues à un prix "aussi bas que celui d'un paquet de cigarettes."
Capturées dans les villes conquises par les combattants, les femmes sont emprisonnées, déshabillées et lavées de force, avant d'être vendues sur les marchés aux esclaves. Les islamistes les font défiler devant eux afin d'estimer le prix de chacune d'elle.
Sainte Marguerite d'Ecosse reine et veuve
Quatrième leçon. Marguerite, reine d’Écosse, qui avait la gloire de descendre des rois d’Angleterre par son père, et des Césars par sa mère, devint plus illustre encore par la pratique des vertus chrétiennes. Elle naquit en Hongrie, où son père était alors exilé. Après avoir passé son enfance dans la plus grande piété, elle vint en Angleterre avec son père qui était appelé par son oncle, saint Édouard, roi des Anglais, à monter sur le trône de ses aïeux. Bientôt, partageant les revers de sa famille, Marguerite quitta les rivages d’Angleterre, mais une tempête, ou plus véritablement un dessein de la divine Providence, la conduisit sur les côtes d’Écosse. Là, pour obéir à sa mère, elle épousa le roi de ce pays, Malcolm III, qui avait été charmé par ses belles qualités, et se rendit merveilleusement utile à tout le royaume par ses œuvres de sainteté et de piété pendant les trente années qu’elle régna.
Cinquième leçon. Au milieu des délices de la cour, elle affligeait son corps par des macérations, des veilles, et réservait une grande partie de la nuit à ses pieuses oraisons. Indépendamment des autres jeûnes qu’elle observait en diverses circonstances, elle avait l’habitude de jeûner quarante jours entiers avant les fêtes de Noël, et cela avec une telle rigueur, qu’elle persévérait à le faire malgré les plus vives souffrances. Dévouée au culte divin, elle construisit à nouveau ou restaura plusieurs églises et monastères, qu’elle enrichit d’objets précieux et d’un revenu abondant. Par son très salutaire exemple, elle amena le roi son époux à une conduite meilleure et à des œuvres semblables à celles qu’elle pratiquait. Elle éleva ses enfants avec tant de piété et de succès, que plusieurs d’entre eux embrassèrent, comme Agathe sa mère et Christine sa sœur, le genre de vie le plus saint. Pleine de sollicitude pour la prospérité du royaume entier, elle délivra le peuple de tous les vices qui s’y étaient glissés insensiblement, et le ramena à des mœurs dignes de la foi chrétienne.
Sixième leçon. Rien cependant ne fut plus admirable en elle que son ardente charité envers le prochain et surtout à l’égard des indigents. Non contente d’en soutenir des multitudes par ses aumônes, elle se faisait une fête de fournir tous les jours, avec une bonté maternelle, le repas de trois cents d’entre eux, de remplir à genoux l’office d’une servante envers ces pauvres, de leur laver les pieds de ses mains royales, et de panser leurs plaies, n’hésitant même point à baiser leurs ulcères. Pour ces générosités et autres dépenses, elle sacrifia ses parures royales et ses joyaux précieux, et alla même plus d’une fois jusqu’à épuiser le trésor. Enfin, après avoir enduré des peines très amères avec une patience admirable et avoir été purifiée par six mois de souffrances corporelles, elle rendit son âme à son Créateur le quatre des ides de juin. Au même instant, son visage défiguré pendant sa longue maladie par la pâleur et la maigreur, s’épanouit avec une beauté extraordinaire. Marguerite fut illustre, même après sa mort, par des prodiges éclatants. L’autorité de Clément X l’a donnée pour patronne à l’Écosse ; et elle est dans le monde entier très religieusement honorée.
Il faut rester fidèle aux vœux de son baptême
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a répondu à mes questions alors qu’il était de passage à Paris pour ce blog. La première partie de cette interview, à propos de la liturgie, des anges, de l’Ordre des chanoines réguliers de la Sainte-Croix et de la communion dans la main a été publiée tout récemment dans Tu es Petrus, la revue de la Fraternité Saint-Pierre et j’ai attendu sa parution pour vous présenter ces propos qui concernent toujours une actualité « chaude ». Il y dit son inquiétude devant les manipulations qui ont eu lieu au synode extraordinaire sur la famille et rappelle combien il est important de dire la vérité à tous, et de la dire « avec amour ». Il demande pour finir aux laïcs d’être des « hérauts de la foi ». – J.S.
— Votre excellence a donné une interview très intéressante sur le synode. Vous y avez dit de manière forte ce qui avait déjà été exprimé par le cardinal Müller, le cardinal Napier, le cardinal Pell et d’autres qui de diverses manières ont évoqué une « manipulation » du synode. Pourriez-vous nous en parler ?
— La manipulation était évidente aux yeux du monde entier. En suivant correctement le synode, les journalistes à Rome l’ont constaté. Et les évêques participants ont pu le confirmer : ils ont vécu des moments d’évidente manipulation. Et cela est très triste. Cela n’a pas lieu d’être dans un synode d’évêques catholiques qui a pour raison d’être de proclamer la vérité et de la transmettre : la manipulation de la vérité n’y a pas sa place. Il n’y a de cela que quelques exemples historiques. Je n’aime pas faire une comparaison directe du synode qui vient d’avoir lieu avec le pseudo-synode d’Éphèse en 449, qu’on a appelé le « Brigandage d’Éphèse ». Ce n’est pas la même chose mais il y a quelques similarités de méthodes. J’espère que cela ne se reproduira pas.
— Pensez-vous que la réaction qui s’est produite était attendue ?
— Je ne sais pas si elle était attendue, mais je crois que beaucoup de pères synodaux se sont rendus compte de la manipulation. Et certains ont protesté, grâce à Dieu.
— Cela soulève une question terrible. C’est le pape François qui a nommé le secrétaire général du synode, Mgr Bruno Forte, c’est lui qui a demandé le huis-clos au cours de la première semaine… Quelle peut être sa responsabilité ?
— Sa responsabilité, il la doit à Dieu. Il a sa conscience. Dans l’Église il y a un principe : Prima sedes a nemine judicatur. Le premier siège ne peut être jugé par personne [Concedo, cependant il peut par son action même déchoir en déviant dans la foi ou dans la morale]. C’est ce que je dois suivre. Peut-être qu’après son pontificat, il pourrait y avoir des jugements sur ce comportement. Mais aujourd’hui il est notre pape, le Vicaire du Christ, et de même que chacun d’entre nous, il devra un jour rendre des comptes à Dieu, y compris sur ce synode, selon sa conscience.
— Vous évoquez dans votre livre l’idolâtrie de cet âge neo-païen : l’idolâtrie du genre. Le synode a commencé par évoquer les divorcés « remariés », et il a glissé lentement vers le programme homosexualiste. Voyez-vous un lien entre le divorce et le « mariage » des couples de même sexe ? Entre la mentalité contraceptive et l’idée que le mariage est pour le plaisir, et l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ?
— Cela se peut, mais ce n’est pas un lien nécessaire. Au Kazakhstan nous avons l’héritage de 70 ans de communisme et de matérialisme. C’était une société d’avortement et de contraception, mais elle affichait une forte antipathie à l’égard de l’homosexualité. Encore aujourd’hui, l’idée est très profondément ancrée dans notre société que l’homosexualité va contre la raison, contre la nature. Je ne peux pas dire qu’il y ait un lien direct. Mais d’une manière générale, lorsqu’on n’a pas de révérence à l’égard du sixième commandement de Dieu et qu’on n’observe pas la règle de la sexualité donnée à l’ensemble de l’humanité, soit par les relations hors mariage ou le recours à la contraception, cela contredit le sixième commandement. Lorsque cela n’est pas respecté, alors il se pourrait que le soi-disant et prétendu « mariage » des couples de même sexe soit l’étape suivante, que l’on ne respecte plus le commandement pour ceux qui ont certaines anomalies, comme l’homosexualité. Puis vient la pédophilie : cette minorité peut aussi réclamer des droits ; et l’inceste et puis la bestialité, d’autres formes de sexualité déviante. Nous devons reconnaître que l’être humain est blessé, y compris dans la sexualité où la blessure est très profonde. C’est pourquoi Dieu a donné le commandement, pour l’aider à guérir.
— Pour guérir des personnes blessées, qui choisissent un mode de vie homosexuel ou qui se remarient après leur divorce, quelle serait la juste réponse pastorale ?
— Saint Paul a dit que nous devons transmettre la vérité dans la charité. Dans l’amour. Lorsque je parle à une personne avec révérence et compréhension, que je l’estime, même un pécheur, alors elle sera plus ouverte aux arguments que je pourrai donner. Ce n’est qu’une méthode, et c’est un premier point. Deuxième point : nous devons lui dire la vérité intégrale, toute la vérité, telle qu’elle est. Quand vous enseignez les mathématiques, vous en enseignerez les règles : vous ne pouvez choisir de ne pas observer telle règle, sous peine de ne rien pouvoir calculer. L’être humain et son âme sont plus importants que les problèmes temporels. Il faut donc dire toute la vérité. « Maintenant vous pouvez choisir, vous êtes libre, je ne vous oblige pas, mais voici la vérité. Quand vous le voudrez, je pourrai vous aider. » Nous devons donc faire des catéchèses, des homélies, des déclarations très claires sur la règle objective et la loi de la sexualité, et aussi inviter ces personnes à utiliser le moyen donné par Dieu : la prière. Si vous n’avez pas la force d’observer ces commandements, priez, Dieu vous les donnera. Allez à l’église, priez, et demandez la grâce de la conversion.
— Le cardinal Kasper dirait que l’Eucharistie est justement une aide pour les pécheurs, une nourriture qui aiderait ces personnes…
— Cela est faux et mensonger. Ces personnes sont malades : malades dans leurs âmes. A un diabétique, je ne peux donner de sucre : je le tuerais. Alors même que le sucre est bon pour les personnes en bonne santé. Ce diabétique aime le sucre, il en a mangé toute sa vie. Je lui refuse le sucre et il m’accuse d’être cruel à son égard, et demande que je lui en redonne. Je lui répondrai « non, je ne vous en donnerai pas parce que vous êtes diabétique, je vous tuerais ». Le cardinal Kasper ment aux âmes de ces personnes en leur donnant la communion. C’est un comportement très irresponsable.
— Au synode il n’a été question, ni dans le rapport d’étape ni dans le rapport final, de péché mortel, de ciel ou d’enfer.
— Cela est très triste. Tout l’Évangile, toutes les lettres des Apôtres, les Pères de l’Église parlent clairement des dangers du péché ; ils parlent de la repentance et de la grâce. C’est le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir. Il disait : Recevez la grâce, priez ; Il parlait du Royaume des cieux, Il demandait que l’on regarde vers le Royaume, le surnaturel. Cette omission – à savoir de n’avoir pas parlé du péché mortel au synode – je la tiens pour très grave.
— On a beaucoup parlé du fait de changer la pratique pastorale et non sa doctrine. Est-il possible de faire cela et jusqu’à quel point ? Et le fait de changer la pratique ne change-t-il pas la doctrine, au moins dans l’esprit des fidèles ?
— Oui. C’est, tout simplement, un mensonge. C’est une contradiction qui va contre le bon sens et la raison. Comment puis-je dire que nous respectons l’indissolubilité du mariage et en même temps donner à ceux qui contredisent cette vérité par leur vie au sein d’unions de divorcés la plus officielle des reconnaissances dont l’Église dispose, qui est la sainte communion ? La communion est par nature une expression du fait que celui qui la reçoit est en pleine communion avec Dieu, avec ses Commandements et avec l’Église. Donc c’est un mensonge : ces personnes ne sont pas en pleine communion avec tous les Commandements de Dieu. C’est une attitude qui est typique de la Gnose. Pour le gnostique, l’important est la pensée, non ce que l’on fait. Cela a toujours été caractéristique de la Gnose, même de la Gnose chrétienne au IIe siècle par exemple. C’est pourquoi cette proposition est gnostique, elle est mensongère, elle contredit la raison.
— On ne peut pas dire la même chose du chrétien ordinaire qui pèche mais qui communie ; la question n’est-elle pas de la distinction entre péché mortel et péché véniel ?
— La question ici n’est pas celle du péché mortel ou du péché véniel, c’est celle du repentir. Je me repens de ce que j’ai fait. Dans le cas des divorcés remariés, le cardinal Kasper et ses alliés les dispensent du repentir. Ils continuent dans le péché mortel sans le repentir parce qu’ils ne admettent pas leur actes sexuels – qui sont en effet des actes sexuels hors d’un mariage valide – sont des péchés mortels. Le problème est là.
— Il y a aussi l’objection de la « dureté des cœurs ». Avant le Christ, il y avait le divorce, la répudiation, « à cause de la dureté de vos cœurs ». Le Christ est venu, et nous connaissons la vérité. Mais tant de personnes ne la connaissent pas, ou l’ont perdue. Le chrétien est-il en droit de dire que le mariage, c’est un homme et une femme unis pour toujours, et que cela est vrai pour tous, ou n’est-ce vrai que pour les catholiques ?
— C’est vrai pour tous. Car le Christ a dit : « A l’origine, il n’en était pas ainsi. A l’origine Dieu a créé l’homme et la femme, et les deux sont devenus une seule chair. » Au début, lors de la Création, même avant le péché originel. C’est pourquoi l’unité et l’indissolubilité du mariage sont inscrites dans le « code » de la nature humaine, dans le « code » de l’homme et de la femme, écrit par Dieu le Créateur. Il n’y a aucune autorité qui puisse modifier ce code écrit par Dieu, même s’il a été endommagé par le péché originel. Il n’a pourtant pas été détruit, il est présent. C’est pourquoi il est possible d’abuser de ce code dans la polygamie, dans les seconds mariages, à cause de la dureté du cœur, mais il n’est pas possible de le détruire. Même le mariage naturel de non-chrétiens est indissoluble, à moins que ce ne soit par le pape en vue de la foi, lorsque l’un des époux est baptisé et veut vivre au sein d’un mariage chrétien.
— La venue du Christ a donc changé le monde entier, et pas seulement ce qui est demandé aux catholiques.
— Exactement, parce que le Christ nous a apporté la guérison et la restauration de l’ordre divin. Le Christ n’a pas seulement confirmé la beauté et la vérité originelles du mariage, Il l’a élevé à une très haute dignité, à la dignité sacramentelle.
— Avez-vous aujourd’hui le sentiment que les évêques ou les cardinaux qui sont fidèles à l’enseignement plénier de l’Église sur l’Eucharistie et sur le mariage sont exposés à la persécution, y compris depuis l’intérieur de l’Église ?
— Il peut y avoir des persécutions cachées d’évêques et de cardinaux, ou de prêtres, qui défendent très fortement la vérité du Christ à propos du mariage. Nous pouvons l’observer dans certains cas. Mais j’espère que cela ne s’étendra pas au sein de l’Église, parce que le Magistère a pour rôle de défendre la vérité qui doit se manifester nécessairement dans les actes correspondants, non de la changer. Je peux cependant imaginer que depuis l’extérieur de l’Église, il puisse y avoir une persécution ouverte.
— Vous avez appelé les chrétiens et particulièrement les chrétiens laïques à résister : y compris à résister à leurs évêques s’ils devaient constater que ceux-ci ne défendent pas la vérité. A l’heure qu’il est, il me semble que beaucoup de laïcs sont dans la confusion à propos du message qui provient de l’Église. Que devons-nous faire, et comment être sûrs de rester dans l’orthodoxie ?
— Il faut rester fidèle aux vœux de son baptême. Au baptême, vous avez promis de demeurer fidèle à la foi : non à une partie de la foi, mais à l’intégralité de la foi catholique. Vous n’avez pas fait vos vœux de baptême au pape, ni à votre évêque, mais à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Et donc vous devrez rendre des comptes après votre mort, non au pape ou à l’évêque, mais à Dieu. C’est pourquoi nous devons garder notre fidélité, et même être prêts à mourir pour chaque vérité de la foi catholique. Malheureusement, aujourd’hui, dans la crise que nous vivons, certains représentants de la hiérarchie, certains évêques ou cardinaux, essaient de détruire une partie de la foi, sur la question des divorcés remariés par exemple. Nous devons donc résister : car lorsqu’on garde la vérité, on défend l’Église, c’est cela qui est orthodoxe. Lorsqu’un évêque ou un cardinal nie une vérité de la foi dans sa dimension pratique en plaidant par exemple pour la sainte Communion aux divorcés remariés, c’est lui qui n’est plus orthodoxe, cessant donc d’être « catholicae et apostolicae fidei cultor » (cf. Canon Missae). C’est celui qui résiste qui se trouve le plus profondément au sein de l’Église, parce que l’Église n’est pas seulement l’évêque, ou les évêques et les cardinaux : l’Église est la totalité du Corps du Christ. C’est le Concile Vatican II qui a insisté sur cela [Avant il y eut saint Paul qui quand il persécutait encore les chrétiens a entendu Jésus-Christ lui dire : Saul, Saul pourquoi Me persécutes-tu ?"], en disant qu’aujourd’hui les laïcs ont la mission spéciale d’apporter leur contribution à la croissance de la foi au sein de l’Église. Aujourd’hui, les laïcs sont appelés véritablement à remplir ce commandement du Concile Vatican II : le Christ fait les laïcs « des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole (cf. Ac 2, 17-18 ; Ap 19, 10). … Cette espérance, ils ne doivent pas la cacher dans le secret de leur cœur, mais l’exprimer aussi à travers les structures de la vie du siècle par un effort continu de conversion, en luttant « contre les souverains de ce monde des ténèbres, contre les esprits du mal » (Ep 6, 12). … Les laïcs deviennent les hérauts puissants de la foi en ce qu’on espère (cf. He 11, 1) s’ils unissent, sans hésitation, à une vie animée par la foi la profession de cette même foi » (Lumen gentium, n. 35). En mettant cette doctrine du Concile en pratique, nous sommes donc des gens de progrès, très modernes !
— Voudriez-vous, Monseigneur, donner votre bénédiction à ceux qui liront cet entretien ?
— Avec grand plaisir.
Dominus vobiscum. Benedicat vos omnipotens Deus, Pater et Filius et Spiritus Sanctus. Amen.
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