Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Regnum Galliae Regnum Mariae
Articles récents

Baptême du Seigneur

13 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Baptême du Seigneur

Collecte

O Dieu, dont le Fils Unique a paru dans la substance de notre chair ; faites qs’il vous plaît, que nous méritions d’être réformés intérieurement par celui que nous avons reconnu semblable à nous extérieurement.

Lecture Is. 60, 1-6

Lève-toi, et resplendis, Jérusalem ! Car ta lumière paraît, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et une sombre obscurité les peuples ; mais sur toi le Seigneur se lève, et sa gloire se manifeste sur toi. Les nations marchent vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever. Lève tes regards autour de toi, et vois : Tous se rassemblent, ils viennent à toi ; tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Tu le verras alors, et tu seras radieuse ; ton coeur tressaillira et se dilatera ; car les richesses de la mer se dirigeront vers toi, les trésors des nations viendront à toi. Des multitudes de chameaux te couvriront, les dromadaires de Madian et d’Epha ; tous ceux de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et publieront les louanges du Seigneur.

Office

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Grégoire de Nazianze..

Quatrième leçon. Je ne puis contenir les élans de ma joie, mais j’ai le cœur ému et transporté : oublieux de ma propre faiblesse, je brûle d’envie de m’acquitter de la charge du grand Jean-Baptiste ; et quoique je ne sois pas le précurseur, je viens cependant du désert. Le Christ reçoit donc le sacrement de l’illumination ; ou plutôt c’est lui qui nous illumine de son éclat. Le Christ est baptisé ; descendons, nous aussi, avec lui, pour monter également avec lui.

Cinquième leçon. Jean baptise, et Jésus vient à lui. Le Christ sanctifie assurément celui qui le baptise ; mais son but est plutôt d’ensevelir le vieil Adam dans les eaux, et, avant tout, de sanctifier par son baptême les eaux du Jourdain, afin que, comme il était esprit et chair, de même ceux qui seraient baptisés dans la suite, fussent sanctifiés par la vertu de l’Esprit et par l’élément de l’eau. Jean refuse, Jésus insiste. « C’est moi qui dois être baptisé par vous, dit Jean ». Le flambeau parle au Soleil, la voix au Verbe.

Sixième leçon. Jésus sort de l’eau, tirant en quelque sorte à sa suite et élevant avec lui le monde, (jusqu’alors) plongé dans l’abîme. Il voit le ciel, non se déchirer, mais s’ouvrir. Le premier Adam l’avait autrefois fermé pour lui-même et pour nous, comme il s’était vu fermer aussi le Paradis terrestre, dont un glaive de feu défendit l’entrée. L’Esprit-Saint rend témoignage : les similitudes et les rapprochements se trouvent en parfaite harmonie : le témoignage vient du Ciel, car il est descendu du Ciel, celui auquel l’Esprit rend témoignage.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Septième leçon. Avant que le Sauveur vînt pour recevoir le baptême de Jean dans te Jourdain, le Précurseur le connaissait, comme il le marque par ces paroles : « Vous venez à moi pour être baptisé ; c’est moi qui dois être baptisé par vous. » Vous voyez qu’il connaissait le Seigneur, qu’il connaissait le Fils de Dieu. Comment prouvons-nous qu’il savait déjà que Jésus baptiserait dans le Saint-Esprit ? Avant que le Christ vînt au fleuve, plusieurs accouraient auprès de Jean pour être baptisés, et il leur dit : « Pour moi, je vous baptise dans l’eau ; mais celui qui vient après moi est plus grand que moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure ; c’est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu. » Il savait déjà cela aussi.

Huitième leçon. Qu’est-ce que le précurseur a appris au moyen de la colombe ? Examinons-le, afin que, plus tard, il ne nous semble pas avoir été menteur, (ce que Dieu nous garde de penser). N’est-ce pas une certaine propriété devant exister dans le Christ, propriété en vertu de laquelle la sainteté du baptême, quoique beaucoup de ministres justes ou injustes dussent le conférer, serait attribuée à Jésus-Christ seul, sur qui est descendue la colombe et dont il a été dit à Jean : « C’est celui-là qui baptise dans l’Esprit-Saint » ? Que Pierre baptise, « c’est celui-là » qui baptise ; que Paul baptise, « c’est celui-là » qui baptise ; que Paul baptise, « c’est celui-là » qui baptise. Car si la sainteté du baptême est en proportion des mérites de ceux qui le confèrent, il y aura diversité de baptêmes comme il y a diversité de mérites, et chacun croira avoir reçu un sacrement d’autant meilleur, que le ministre en semblera plus méritant.

Neuvième leçon. Les saints eux-mêmes, (comprenez bien ceci, mes frères,) les bons appartenant à la colombe, à cette cité qui est la vraie Jérusalem, ces bons qui font partie de l’Église, et dont l’Apôtre a dit : « Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui », ont reçu des grâces différentes : tous n’ont pas les même mérites. Les uns sont plus saints que les autres, les uns meilleurs que les autres. Comment donc, par exemple, si l’un est baptisé par un ministre juste et saint, l’autre par un ministre inférieur en mérite devant Dieu, inférieur en élévation, en sainteté de vie, comment tous deux cependant reçoivent-ils une même et pareille grâce, une grâce égale, sinon parce que c’est « Celui-là qui baptise » ?

 Le second Mystère de l’Épiphanie, le Mystère du Baptême du Christ dans le Jourdain, occupe aujourd’hui tout spécialement l’attention de l’Église. L’Emmanuel s’est manifesté aux Mages après s’être montré aux bergers ; mais cette manifestation s’est passée dans l’enceinte étroite d’une étable à Bethléem, et les hommes de ce monde ne l’ont point connue. Dans le mystère du Jourdain, le Christ se manifeste avec plus d’éclat. Sa venue est annoncée par le Précurseur ; la foule qui s’empresse vers le Baptême du fleuve en est témoin ; Jésus prélude à sa vie publique. Mais qui pourrait raconter la grandeur des traits qui accompagnent cette seconde Épiphanie ?

Elle a pour objet, comme la première, l’avantage et le salut du genre humain ; mais suivons la marche des Mystères. L’étoile a conduit les Mages vers le Christ ; ils attendaient, ils espéraient ; maintenant, ils croient. La foi dans le Messie venu commence au sein de la Gentilité. Mais il ne suffit pas de croire pour être sauvé ; il faut que la tache du péché soit lavée dans l’eau. « Celui qui a croira et qui sera baptisé sera sauvé» : il est donc temps qu’une nouvelle manifestation du Fils de Dieu se fasse, pour inaugurer le grand remède qui doit donner à la Foi la vertu de produire la vie éternelle.

Or, les décrets de la divine Sagesse avaient choisi l’eau pour l’instrument de cette sublime régénération de la race humaine. C’est pourquoi, à l’origine des choses, l’Esprit de Dieu nous est montré planant sur les eaux, afin que, comme le chante l’Église au Samedi saint, leur nature conçût déjà un principe de sanctification. Mais les eaux devaient servir à la justice envers le monde coupable, avant d’être appelées à remplir les desseins de la miséricorde. A l’exception d’une famille, le genre humain, par un décret terrible, disparut sous les flots du déluge.

Toutefois, un nouvel indice de la fécondité future de cet élément prédestiné apparut à la fin de cette terrible scène. La colombe, sortie un moment de l’arche du salut, y rentra, ponant un rameau d’olivier, symbole de la paix rendue à la terre après l’effusion de l’eau. Mais l’accomplissement du mystère annoncé était loin encore.

En attendant le jour où ce mystère serait manifesté, Dieu multiplia les figures destinées à soutenir l’attente de son peuple. Ainsi, ce fut en traversant les flots de la Mer Rouge, que ce peuple arriva à la Terre promise ; et durant ce trajet mystérieux, une colonne de nuée couvrait à la fois la marche d’Israël, et ces flots bénis auxquels il devait son salut.

Mais le contact des membres humains d’un Dieu incarné pouvait seul donner aux eaux cette vertu purifiante après laquelle soupirait l’homme coupable. Dieu avait donné son Fils au monde, non seulement comme le Législateur, le Rédempteur, la Victime de salut, mais pour être aussi le Sanctificateur des eaux ; et c’était au sein de cet élément sacré qu’il devait lui rendre un témoignage divin, et le manifester une seconde fois.

Jésus donc, âgé de trente ans, s’avance vers le Jourdain, fleuve déjà fameux par les merveilles prophétiques opérées dans ses eaux. Le peuple juif, réveillé par la prédication de Jean-Baptiste, accourait en foule pour recevoir un Baptême, qui pouvait exciter le regret du péché, mais qui ne l’enlevait pas. Notre divin Roi s’avance aussi vers le fleuve, non pour y chercher la sanctification, car il est le principe de toute justice, mais pour donner enfin aux eaux la vertu d’enfanter, comme chante l’Église, une race nouvelle et sainte. Il descend dans le lit du Jourdain, non plus comme Josué pour le traverser à pied sec, mais afin que le Jourdain l’environne de ses flots, et reçoive de lui, pour la communiquera l’élément tout entier, cette vertu sanctifiante que celui-ci ne perdra jamais. Échauffées par les divines ardeurs du Soleil de justice, les eaux deviennent fécondes, au moment où la tête sacrée du Rédempteur est plongée dans leur sein parla main tremblante du Précurseur.

Mais, dans ce prélude d’une création nouvelle, il est nécessaire que la Trinité tout entière intervienne. Les cieux s’ouvrent ; la Colombe en descend, non plus symbolique et figurative, mais annonçant la présence de l’Esprit d’amour qui donne la paix et transforme les cœurs. Elle s’arrête et se repose sur la tête de l’Emmanuel, planant à la fois sur l’humanité du Verbe et sur les eaux qui baignent ses membres augustes.

Cependant le Dieu-Homme n’était pas manifesté encore avec assez d’éclat ; il fallait que la parole du Père tonnât sur les eaux, et les remuât jusque dans la profondeur de leurs abîmes. Alors se fit entendre cette Voix qu’avait chantée David : Voix du Seigneur qui retentit sur les eaux, tonnerre du Dieu de majesté qui brise les cèdres du Liban, l’orgueil des démons, qui éteint le feu de la colère céleste, qui ébranle le désert, qui annonce un nouveau déluge, un déluge de miséricorde ; et cette voix disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui f ai mis toutes mes complaisances.

Ainsi fut manifestée la Sainteté de l’Emmanuel par la présence de la divine Colombe et par la voix du Père, comme sa Royauté avait été manifestée par le muet témoignage de l’Etoile. Le mystère accompli, l’élément des eaux investi de la vertu qui purifie, Jésus sort du Jourdain et remonte sur la rive, enlevant avec lui, selon la pensée des Pères, régénéré et sanctifié, le monde dont il laissait sous les flots les crimes et les souillures.

Elle est grande, cette fête de l’Épiphanie, dont l’objet est d’honorer de si hauts mystères ; et nous n’avons pas lieu de nous étonner que l’Église orientale ait fait de ce jour une des époques de l’administration solennelle du Baptême. Les anciens monuments de l’Église des Gaules nous apprennent que cet usage s’observa aussi chez nos aïeux ; et plus d’une fois dans l’Orient, au rapport de Jean Mosch, on vit le sacré baptistère se remplir d’une eau miraculeuse au jour de cette grande fête, et se tarir de lui-même après l’administration du Baptême. L’Église Romaine, dès le temps de saint Léon, insista pour faire réserver aux fêtes de Pâques et de Pentecôte l’honneur d’être les seuls jours consacrés à la célébration solennelle du premier des Sacrements ; mais l’usage se conserva et dure encore, en plusieurs lieux de l’Occident, de bénir l’eau avec une solennité toute particulière, au jour de l’Épiphanie.

L’Église d’Orient a gardé inviolablement cette coutume. La fonction a lieu, pour l’ordinaire, dans l’Église ; mais quelquefois, au milieu de la pompe la plus imposante, le Pontife se rend sur les bords d’un fleuve, accompagné des prêtres et des ministres revêtus des plus riches ornements, et suivi du peuple tout entier. Après des prières d’une grande magnificence, que nous regrettons de ne pouvoir insérer ici, le Pontife plonge dans les eaux une croix enrichie de pierreries qui signifie le Christ, imitant ainsi l’action du Précurseur. A Saint-Pétersbourg, la cérémonie a lieu sur la Neva ; et c’est à travers une ouverture pratiquée dans la glace que le Métropolite fait descendre la croix dans les eaux. Ce rite s’observe pareillement dans les Églises de l’Occident qui ont retenu l’usage de bénir l’eau à la Fête de l’Épiphanie.

Les fidèles se hâtent de puiser, dans le courant du fleuve, cette eau sanctifiée ; et saint Jean Chrysostome, dans son Homélie vingt-quatrième, sur le Baptême du Christ, atteste, en prenant à témoin son auditoire, que cette eau ne se corrompait pas. Le même prodige a été reconnu plusieurs fois en Occident.

Glorifions donc le Christ, pour cette seconde manifestation de son divin caractère, et rendons-lui grâces, avec la sainte Église, de nous avoir donné, après l’Etoile de la foi qui nous illumine, l’Eau puissante qui emporte nos souillures. Dans notre reconnaissance, admirons l’humilité du Sauveur qui se courbe sous la main d’un homme mortel, afin d’accomplir toute justice, comme il le dit lui-même ; car, ayant pris la forme du péché, il était nécessaire qu’il en portât l’humiliation pour nous relever de notre abaissement. Remercions-le pour cette grâce du Baptême qui nous a ouvert les portes de l’Église de la terre et de l’Église du ciel. Enfin, renouvelons les engagements que nous avons contractés sur la fontaine sacrée, et qui ont été la condition de cette nouvelle naissance.

 

 

Lire la suite
Publicité

La Sainte Famille

12 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

La Sainte Famille

Introït

Le père du juste tressaille d’allégresse ; que ton père et ta mère se réjouisse, et que celle qui t’a enfanté tressaille d’allégresse. Que votre demeure est aimable, Seigneur des armées ; mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur.

Collecte

Seigneur Jésus-Christ, qui étant soumis à Marie et à Joseph, avez consacré la vie domestique par des vertus ineffables, faites que, grâce au secours de l’un et de l’autre, nous soyons instruits par les exemples de votre sainte famille, et que nous obtenions d’être en sa compagnie pendant l’éternité.

Épitre Col. 3, 12-17

Mes Frères : comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, et patience, vous supportant les uns les autres et vous pardonnant réciproquement, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre. Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés de manière à former un seul corps, règne dans vos cœurs ; soyez reconnaissants. Que la parole du Christ demeure en vous avec abondance, de telle sorte que vous vous instruisiez et vous avertissiez les uns les autres en toute sagesse : sous l’inspiration de la grâce que vos cœurs s’épanchent vers Dieu en chants, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. En quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.

Graduel

Il est une chose que j’ai demandé au Seigneur, et je la rechercherai uniquement, c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.

ÉvangileLc. 2, 42-52.

Quand Jésus eut douze ans, comme ils étaient montés selon la coutume de la fête, et qu’ils s’en retournaient, le temps étant passé, l’enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne le surent pas. Pensant qu’il était avec la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils s’en retournèrent à Jérusalem en le recherchant. Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ils furent stupéfaits, et sa mère lui dit : "Mon enfant, pourquoi nous avez-vous fait cela ? Voyez, votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés." Et il leur répondit : "Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être dans les choses de mon Père ?" Mais ils ne comprirent pas la parole qu’il leur dit. Et il descendit avec eux, et il vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces choses en son cœur. Et Jésus progressait en sagesse, en taille et en grâce, auprès de Dieu et des hommes.

Secrète

Nous vous offrons, Seigneur, cette hostie de propitiation avec d’ardentes supplications, afin que nos familles soient fermement établies dans votre paix et votre grâce en vertu de l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Dieu, et du bienheureux Joseph.

Postcommunion

Faites, Seigneur Jésus, que ceux que vous avez restaurés au moyen d’un sacrement tout céleste, persévèrent dans l’imitation des exemples de votre Sainte Famille, afin qu’à l’heure de notre mort, la glorieuse Vierge votre Mère vienne à notre rencontre avec le bienheureux Joseph, et que nous soyons trouvés dignes d’être reçus par vous dans votre demeure éternelle.

Office

Au premier nocturne.

De l’Épître de l’Apôtre saint Paul aux Colossiens. Cap. 3, 12-25 ; 4, 1-2.

Première leçon. Revêtez-vous donc, comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de modestie, de patience ; vous supportant mutuellement, vous pardonnant les torts que l’un pourrait avoir envers l’autre ; comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez aussi de même. Mais au-dessus de tout cela, ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et qu’en vos cœurs triomphe la paix du Christ, à laquelle vous avez même été appelés en un seul corps ; et soyez reconnaissants. Que la parole du Christ habite en vous avec plénitude, en toute sagesse, vous instruisant et vous exhortant les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant en action de grâces, du fond de vos cœurs, à la louange de Dieu.
Deuxième leçon. Quoi que vous fassiez en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père. Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes et ne soyez point amers avec elles. Enfants, obéissez en tout à vos parents, car cela plaît au Seigneur. Pères, n’irritez point vos enfants, de peur qu’ils ne deviennent pusillanimes.
Troisième leçon. Serviteurs, obéissez en tout à vos maîtres selon la chair, ne servant point à l’œil, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, en craignant Dieu. Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes ; sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense : c’est le Seigneur Jésus-Christ que vous devez servir. Car celui qui fait une injustice recevra selon qu’il a fait injustement, et il n’y a point acception des personnes devant Dieu. Maîtres, rendez à vos serviteurs ce qui est juste et équitable, sachant que vous aussi vous avez un maître dans le ciel. Persévérez dans la prièrent veillez-y en action de grâces.
 

Au deuxième nocturne.

Des Lettres apostoliques de Léon XIII, Pape.

Quatrième leçon. Quand vint le temps fixé par ses décrets pour l’accomplissement de la grande œuvre du relèvement de l’humanité, que les siècles depuis longtemps attendaient, le Dieu de miséricorde en disposa l’ordre et l’économie de telle sorte que les débuts de cette œuvre offrissent au monde l’auguste spectacle d’une famille divinement constituée, en laquelle tous les hommes pussent contempler l’exemplaire le plus parfait de la société domestique, ainsi que de toute vertu et sainteté. Telle fut en effet cette famille de Nazareth, où, (avant de répandre sur toutes les nations la splendeur de sa pleine lumière), le Soleil de justice, c’est-à-dire le Christ, Dieu, notre Sauveur, demeura caché avec la Vierge sa Mère et Joseph, l’homme très saint qui remplissait à l’égard de Jésus la charge paternelle. Quant aux mutuelles preuves d’amour, à la sainteté des mœurs, à l’exercice de la piété dans la société familiale et dans les rapports habituels de ceux qui vivent sous un même toit, on ne peut sans nul doute trouver à célébrer aucune vertu qui n’ait brillé en cette sainte famille destinée à en devenir le modèle pour les autres. Et la providence l’a ainsi établi selon son dessein plein de bonté, pour que tous les chrétiens quelle que soit leur condition ou leur patrie puissent facilement, s’ils tournent vers elle leur attention, avoir et l’exemple de a vertu, et une invitation à la pratiquer.Cinquième leçon. Les pères de famille trouvent assurément en Joseph un modèle admirable de la vigilance et de la sollicitude paternelles ; les mères ont en la très sainte Vierge, mère de Dieu, un exemple insigne d’amour, de respect modeste et de la soumission d’une âme de foi parfaite ; les enfants auront au sein des familles, en Jésus soumis à ses parents, un divin exemple d’obéissance qu’ils admireront, honoreront, imiteront. Ceux qui sont nés dans la noblesse apprendront de cette famille de sang royal, à garder la modération dans la prospérité et la dignité dans les afflictions ; les riches reconnaîtront à son école qu’il faut estimer bien moins les richesses que les vertus. Quant aux ouvriers et à tous ceux qui ont tant à souffrir des soucis angoissants du soutien d’une famille ou d’une condition pauvre, s’ils jettent un regard sur les membres très saints de cette société domestique, il ne leur manquera, ni motif ni occasion de se réjouir du sort qui leur est échu plutôt que de s’en attrister. Leurs labeurs leur sont en effet communs avec la Sainte Famille et communs avec elle, les soins que leur imposent la vie quotidienne : Joseph lui aussi dût pourvoir, en gagnant son pain, à la subsistance des siens et, ce qui est plus admirable encore, des mains divines s’exercèrent elles-mêmes aux travaux d’un art mécanique. Il n’est donc pas très étonnant que des hommes pleins de sagesse ayant des richesses en abondances aient voulu y renoncer pour choisir la pauvreté et s’y trouver unis à Jésus, Marie et Joseph.
Sixième leçon. C’est à bon droit que pour tous ces motifs le culte de la Sainte Famille qui s’est promptement établi parmi les catholiques, prend chaque jour de nouveaux accroissements comme le prouvent, soit les associations chrétiennes instituées sous le vocable de la Sainte Famille, soit les honneurs singuliers qui lui sont rendus et surtout les privilèges et les faveurs spirituelles accordés par nos prédécesseurs pour exciter envers elle le zèle de la piété. Ce culte a donc été en grand honneur depuis le dix-septième siècle et propagé de tous côtés dans l’Italie la France et la Belgique ; il s’est répandu dans presque toute l’Europe, puis il a passé les vastes plaines de l’Océan et s’est étendu par la région canadienne dans l’Amérique pour y fleurir sous les plus heureux auspices. C’est qu’en effet on ne peut rien envisager de plus salutaire et de plus utile aux familles chrétiennes que l’exemple de la sainte Famille, lequel comprend la perfection et l’ensemble de toutes les vertus domestiques. Implorés ainsi au sein des familles, Jésus, Marie et Joseph, leur viendront en aide ; ils y entretiendront la charité, y régleront les mœurs et en provoqueront les membres à l’imitation de leur vertu ; leur secours adoucira et rendra supportables les mortelles épreuves qui de tous côtés nous menacent. – Pour augmenter encore le culte de la sainte Famille, le Pape Léon XIII a ordonné de consacrer les familles chrétiennes à cette famille sacrée, et Benoît .XV a étendu son office et sa messe à l’Église universelle.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. « Et il leur était soumis ». Qui était soumis ? et à qui ? Un Dieu, à des hommes ! Oui, le Dieu à qui les Anges sont soumis, à qui les Principautés et les Puissances obéissent, était soumis à Marie ; et non seulement à Marie, mais aussi à Joseph à cause de Marie. Admire donc l’un et l’autre, et vois ce qui te paraît plus admirable, de la très gracieuse condescendance du Fils ou de la très glorieuse dignité de ses parents. Dés deux côtés, sujet d’étonnement ; des deux côtés, miracle. Qu’un Dieu obéisse à la créature humaine, voilà une humilité sans exemple, et que la créature humaine commande à un Dieu, voilà une sublimité sans égale. Dans les louanges décernées aux vierges, on chante ceci en particulier qu’elles suivent l’Agneau partout où il va. Eh bien, de quelles louanges ne jugez-vous pas digne celui qui va même devant lui ?
Huitième leçon. Homme, apprends à obéir ! Terre, apprends à accepter la subordination ! Poussière, apprends à te soumettre ! L’évangéliste a dit en parlant de ton Créateur : « Et il leur était soumis » ; il n’est pas douteux que ce ne soit à Marie et à Joseph. Rougis, cendre orgueilleuse ! Un Dieu s’abaisse, et toi, tu t’élèves ! Un Dieu se soumet aux hommes et toi, cherchant à dominer les hommes, tu te mets au-dessus de ton Créateur ! En effet, chaque fois que je désire parmi les hommes la prééminence, chaque fois je m’efforce de passer avant Dieu ; et alors vraiment je ne goûte pas ce qui est de Dieu. Car c’est de lui qu’il a été dit : « Et il leur était soumis ». O homme, si tu ne daignes pas imiter l’exemple d’un homme, il ne sera certes pas indigne de toi de suivre ton Créateur. Si tu ne peux, sans doute, le suivre partout où il ira, daigne au moins le suivre jusqu’où il a voulu descendre pour toi.
Neuvième leçon. Si tu ne peux marcher dans le sentier sublime de la virginité, suis au moins ton Dieu dans la voie très sûre de l’humilité. Si quelques-uns, tout en étant vierges, se sont écartés de cette voie droite, eux non plus, pour dire la vérité, ne suivent pas l’Agneau partout où il va. L’humble qui est souillé suit l’Agneau, l’orgueilleux qui est vierge le suit aussi, mais aucun des deux ne le suit partout où il va : le premier ne pouvant s’élever à la pureté de l’Agneau qui est sans tache, et le second ne daignant pas descendre à la douceur de cet Agneau qui s’est tu, non seulement devant celui qui le tondait, mais encore devant son bourreau. Et pourtant le pécheur, en s’humiliant, a choisi un meilleur parti que celui de l’orgueilleux qui est vierge, puisque l’humble satisfaction de celui-là efface sa souillure, tandis que l’orgueil de celui-ci souille sa pureté.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

....— Mon Fils, lui dit-elle, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici que ton père et moi, affligés, te cherchions. L’affirmation des droits paternels sur l’Enfant ne pouvait être ni plus digne ni plus explicite. C’est Joseph et Marie, appelés ici par le texte sacré Père et Mère de Jésus, qui demandent compte de son acte au Créateur et seuls ils pouvaient et devaient le faire.

Jésus est donc vraiment homme, soumis à ses parents et leur obéissant. Il reconnaît pour Mère la Vierge Marie qui l’a conçu et enfanté, et, à cause d’elle, il reconnaît aussi pour Père saint Joseph, non pas que celui-ci ait eu aucune part dans le mystère de son Incarnation, mais parce que, étant l’époux véritable de sa Mère, il tenait la place du Père éternel dans la sainte Famille par la volonté divine, et il exerçait en son nom la patria potestas sur l’Enfant-Dieu, lequel, devant les lois et devant le monde, ne devait pas paraître abandonné.

Il est donc affirmé et mis en pleine lumière, le dogme de l’humanité très sainte de Jésus. Celui-ci, devant ses Parents eux-mêmes, extasiés parce qu’ils sont témoins du mystère de cette Épiphanie de sa nature humaine et y ont part, veut maintenant faire briller aussi les rayons d’une autre Théophanie, celle de sa divinité et de sa divine origine. Il s’en acquitte divinement, par une simple déclaration où pourtant ses très saints Parents trouvèrent une telle élévation de sagesse et de lumière que, comme plus tard les trois apôtres sur le Thabor, ils durent, pour ainsi dire, se protéger les yeux avec la main en face des rayons incandescents de ce vivant Soleil de justice. « Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des choses de mon Père ? »

Le saint Évangile dit que les Sanhédrites émerveillés étaient suspendus aux lèvres de Jésus ; il affirme au contraire que Marie et Joseph n’arrivèrent pas à pénétrer le mystère de ces paroles parce que durant la vie présente, quand la lumière de la vision intellectuelle est trop forte, les yeux, au contact de Dieu, se ferment, et l’esprit ne peut exprimer en pensées humaines ce qu’il voit.....

Lire la suite

Super II Thes., cap. 2 l. 2

11 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super II Thes., cap. 2 l. 2

Lectio 2

Super II Thes., cap. 2 l. 2 Superius apostolus praenuntians narravit adventum et culpam Antichristi, hic ostendit causam dilationis. Et primo ostendit eos habere huius scientiae causam; secundo causam illam obscure proponit, ibi nam mysterium. Dicit ergo: dico quod oportet revelari hominem peccati. Et quid nunc detineat, id est, quae sit causa, quod tardet, scitis, quia ego dixi vobis, ita quod sic ad praesens detinet, ut suo tempore, id est, congruo tempore, reveletur. Eccle. VIII, 6: omni negotio tempus et opportunitas est. Et ibidem III, 11: omnia fecit Deus bona in tempore, et cetera. Deinde cum dicit nam mysterium, etc., causam eius ponit. Et haec littera multipliciter exponitur, quia hoc mysterium potest esse nominativi casu, vel accusativi. Si primo modo, est sensus: dico ut suo tempore, quia etiam iam mysterium, id est, figuraliter occultatum, operatur in fictis, qui videntur boni, et tamen sunt mali. Et hi operantur officium Antichristi. II Tm. III, 5: habentes speciem pietatis, virtutem autem eius abnegantes. Sed secundo modo est sensus: nam Diabolus, in cuius potestate veniet Antichristus, iam incipit operari occulte iniquitatem suam, per tyrannos et seductores, quia persecutiones Ecclesiae huius temporis sunt figurae illius ultimae persecutionis contra omnes bonos, et sunt sicut imperfectae comparando ad illam. Tantum ut qui tenet, et cetera. Hoc exponitur multipliciter. Uno modo, secundum Glossam, et Augustinum, qui dicunt, quod quidam opinati sunt Neronem, qui primo persecutus est Christianos, esse Antichristum, et quod non fuerat occisus, sed subtractus, et quandoque restituendus. Unde apostolus hoc evacuans, dicit tantum ut qui tenet nunc, Romanum imperium, teneat, donec de medio fiat, id est, donec moriatur. Sed hoc modo non est conveniens; quia multi anni sunt, quod Nero mortuus est, illo scilicet anno quo apostolus. Sed melius est quod referatur ad Neronem, prout est persona publica Romani imperii, donec de medio fiat, id est, tollatur Romanum imperium de hoc mundo. Is. XXIII, 9: Dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret superbiam omnis gloriae, et ad ignominiam, et cetera. Vel aliter tantum ut qui tenet, id est, detinet modo adventum Antichristi, teneat, ne veniat; quasi sit necessarium, quod adhuc aliqui veniant ad fidem, et aliqui recedant. Quasi dicat: ut discessus et accessus qui nunc tenet donec veniat, teneat donec tollatur ille obscoenus. Vel sic: tantum qui nunc tenet fidem, teneat, id est, firmus sit in ea. Ap. II: tene quod habes, ut nemo accipiat coronam tuam, donec de medio fiat, id est, congregatio malorum permixta, separetur, et fiat seorsum, quod erit in persecutione Antichristi. Vel tantum, etc., id est, ut mysterium iniquitatis, id est, iniquitas mystica, quae detinet, detineat donec fiat de medio, id est, donec iniquitas reducatur in publicum: et fiat quasi aliquid existens in publico de medio. Multi enim modo occulte peccant, sed tamen quandoque fiet in aperto: quia Deus sustinet peccatores quamdiu sunt occulti, donec publice peccent, et tunc non sustinebit, ut patet de Sodomitis Gn. XIX, 24. Sed tamen Augustinus confitetur se nescire quid apostolus illis loquitur, qui iam sciebant. Unde dicit quid nunc detineat, scitis. Et praeterea hoc non erat multum necessarium ad sciendum. Deinde cum dicit et tunc, etc., ponitur adventus iniqui, et poena eius. Primo manifestatio; secundo eius poena. Quantum ad primum dicit ille, singulariter, iniquus revelabitur, quia manifesta erit eius culpa, quem Dominus Iesus interficiet spiritu oris sui. Is. XI: zelus Domini exercituum faciet hoc, id est, zelus iustitiae, qui est amor. Spiritus enim Christi est amor Christi, et hic zelus est Spiritus Sancti, quem habet ad Ecclesiam. Vel spiritu oris sui, id est, mandato suo; quia Michael interfecturus est eum in monte oliveti, unde Christus ascendit; sic et Iulianus manu divina extinctus est. Et haec est poena praesens, licet futura etiam aeternaliter punietur, quia destruet illustratione, etc., id est, in adventu suo omnia illustrante. I Cor. IV, 5: illuminabit abscondita tenebrarum, et cetera. Et destruet, inquam, aeterna, scilicet damnatione. Ps. XXVII, 5: destruet illos, et cetera. Et dicit, illustratione, quia ipse visus est Ecclesiam obtenebrare, et tenebrae expelluntur illustratione, quia quicquid Antichristus ostenderit, ostendetur fuisse mendacium. Deinde cum dicit eum cuius est adventus, praedicit potestatem Antichristi. Et circa hoc duo facit, quia primo ponit potestatem eius ad seducendum; secundo huius causam ex Domini iustitia, ibi eo quod charitatem. Iterum prima in tres, quia primo ponit actorem huius potestatis; secundo modum seducendi; tertio ostendit seducendos. Actor huius potestatis est Diabolus, et ideo destruet eum Christus. I Jn. III, 8: in hoc apparuit filius Dei, ut dissolvat opera Diaboli. Et ideo dicit, quod adventus Antichristi erit secundum operationem Satanae, id est ex instinctu eius. Ap. XX, 7: solvetur Satanas de carcere suo, et exibit, et seducet gentes, et cetera. Operatur enim aliquid secundum operationem Satanae, sicut arreptitius, in quo non solum instigat voluntatem, sed etiam impedit usum rationis: quod tamen non imputatur ad culpam eius, quia non habet usum liberi arbitrii. Antichristus autem non sic; sed habebit usum liberi arbitrii, in quo est Diabolus suggerens, sicut dicitur de Iuda Jn. III: introivit in eum Satanas, scilicet instigando. Decipiet autem hoc modo: primo per potentiam saecularem; secundo per virtutem miraculorum. Quantum ad primum dicit in omni virtute, scilicet saeculari. Dn. XI, 43: dominabitur thesaurorum auri et argenti, et in omnibus pretiosis Aegypti. Vel virtute, scilicet simulata. Quantum autem ad secundum dicit in signis, et cetera. Signa sunt quaedam mira etiam parva. Prodigia vero magna, quae aliquem prodigiosum ostendunt, quasi procul a digito. Ap. XIII, 13: fecit signa magna, ita ut et ignem faceret descendere de caelo, et cetera. Mt. XXIV, 24: dabunt signa magna et prodigia, ita ut in errorem inducantur, si fieri potest, etiam electi. Et dicit mendacibus. Miraculum mendax dicitur, vel quia deficit a vera ratione facti, vel a vera ratione miraculi, vel a debito fine miraculi. Primum fit in praestigiis, quando per Daemones illuduntur aspectus, ut aliud videatur, quam est: sicut Simon magus fecit decollari arietem, et postea ostensus est vivus; et homo decollatus est, et postea homo, qui credebatur decollatus, ostensus est vivus, et creditus est resuscitatus. Et hoc faciunt homines commutando phantasmata et decipiendo. Secundo modo illa dicuntur miracula improprie, quae plena sunt admiratione, quando effectus videtur, et ignoratur causa. Quae ergo habent causam occultam alicui, et non simpliciter, dicuntur quidem mira, et non miracula simpliciter. Sed quae simpliciter causam occultam habent, sunt proprie miracula, quorum causa est ipse Deus gloriosus, quia totum ordinem naturae creatae transcendunt. Aliquando vero fiunt aliqua mira, sed non praeter ordinem naturae, sed occultas causas habent: et haec multo magis faciunt Daemones, qui virtutes naturae sciunt, et qui habent determinatas efficacias ad speciales effectus, et haec faciet Antichristus; sed non quae habent veram rationem miraculi, quia non possunt in illa quae sunt supra naturam. Tertio modo dicuntur miracula, secundum quod sunt ordinata ad attestandum veritati fidei, ad reducendum fideles in Deum. Mc.ult.: Domino cooperante, et sermonem confirmante sequentibus signis. Sed si alicui adest gloria miraculorum et non utatur eis ad hoc, miracula quidem sunt vera quo ad rationem rei factae, et quo ad rationem miraculi, sed sunt falsa quantum ad finem debitum, et intentionem Dei. Sed tamen hoc non erit in Antichristo, quia nullus contra fidem facit vera miracula, quia Deus non est testis falsitatis. Unde aliquis praedicans falsam doctrinam non potest facere miracula, licet aliquis habens malam vitam posset. Deinde ostendit seducendos, cum dicit his qui pereunt, id est, in praescitis ad perditionem. Jn. XVII, 12: nemo ex eis periit, nisi filius perditionis. Et hoc ideo, quia Jn. X, 27: oves meae vocem meam audiunt.

 

Lectio 3

Super II Thes., cap. 2 l. 3 Postquam ostendit in quibus habet locum deceptio Antichristi, scilicet in praescitis ad damnationem, hic assignat causam praedictorum. Et primo ostendit causam huius, et quomodo decipientur; secundo quomodo fideles ab eo liberentur, ibi nos autem. Item primo ponit eorum culpam tantum; secundo poenam cum culpa; tertio poenam tantum. Et est hic processus peccati: primo enim quis ex demerito primi peccati deseritur a gratia, et cadit in aliud peccatum, et post in aeternum punitur. Dicit ergo, quod causa quare decipientur est quia noluerunt recipere charitatis veritatem, id est, veritatem Evangelii. Jn. VIII, 46: si veritatem dico, quare non creditis mihi? Jb XXIV, 13: ipsi fuerunt rebelles lumini. Et dicit charitatem veritatis, quia nisi sit formata fides per charitatem, nihil est. I Cor. XIII, 2: si habuero fidem, ita ut montes transferam, charitatem autem non habuero, nihil sum, et cetera. Ga. ult.: in Christo Iesu neque circumcisio, neque praeputium aliquid valet, sed nova creatura. Et subdit utilitatem veritatis, dicens ut salvi fierent. Rm. V, 1: iustificati ex fide, pacem habeamus ad Deum per Dominum, et cetera. Sed culpa et poena est eorum seductio; unde dicit mittet, id est, permittet illis venire, operationem erroris. Is. XIX, 14: miscuit Dominus in medio eius spiritum vertiginis. III R. ult.: ero spiritus mendax in ore omnium prophetarum eius. Et ideo dicit ut credant mendacio, id est, falsae doctrinae Antichristi. Rm. II: propter quod tradidit illos Deus in reprobum sensum, ut faciant ea quae non conveniunt. Sed poena tantum est aeterna damnatio; unde subdit ut iudicentur, scilicet iudicio damnationis. Jn. V, 29: et procedent qui mala fecerunt in resurrectionem iudicii, et cetera. Omnes qui non crediderunt veritati. Jn. III, 18: qui non credit, iam iudicatus est. Deinde cum dicit nos autem, ostendit quare fideles Christi liberentur. Et primo agit gratias pro eis; secundo commemorat divina beneficia, quibus a talibus liberantur. Dicit ergo sic: illi decipientur, sed nos debemus gratias agere. Rm. I, 8: primum quidem gratias ago Deo meo semper pro vobis per Dominum, et cetera. Duplex autem ponit Dei beneficium, scilicet electionem Dei, quae est aeterna, et vocationem, quae est temporalis, ibi in qua et vocavit vos. Dicit ergo quod, pro quia, elegit nos, scilicet apostolos, et vos, scilicet fideles. Ep. I, 4: elegit nos in ipso ante mundi constitutionem, ut essemus sancti, et cetera. Jn. XV, 16: non vos me elegistis, sed ego elegi vos. Circa electionem tria tangit, scilicet ordinem electorum, finem electionis, et medium consequendi finem. Electi sunt omnes sancti a principio mundi. Dt. XXXIII, 3: dilexit populos, omnes sancti in manu illius sunt. Sed apostoli specialiter sunt primitiae. Rm. VIII, 23: nos ipsi primitias spiritus habentes, et cetera. Et ideo dicit primitias fidei. Finis item electionis est salus aeterna; et ideo dicit in salutem. I Tm. II, 4: omnes homines vult salvos fieri, et cetera. Hoc autem fit, primo, ex parte Dei per gratiam sanctificantem; unde dicit in sanctificatione spiritus; secundo, ex parte nostra, est consensus liberi arbitrii per fidem; ideo subdit et in fide veritatis. Deinde cum dicit in qua et vos vocavit, etc., ponit secundum beneficium, quod est vocatio temporalis Christi, quae sequitur electionem. Rm. VIII, 30: quos vocavit, hos et iustificavit, et cetera. Et de hac vocatione nota parabolam, Lc. XIV, 16 de eo, qui fecit coenam magnam, et cetera. Et addit per Evangelium nostrum, id est, a me praedicatum. Sed ad quam coenam? In acquisitione gloriae, id est, ut acquiramus Christi gloriam. Deinde cum dicit itaque, etc., monet tenere veritatem, et primo ponit monitionem; secundo orationem, ibi ipse autem dominus, et cetera. Et facit primum, quia opus nostrum dependet a libero arbitrio; secundum vero, quia indiget auxilio gratiae. Et primo monet ad standum, cum dicit state in veritate. Ga. V, 1: state, et nolite iterum iugo servitutis contineri. Secundo docet modum standi, ibi et tenete traditiones, id est, documenta, quae a maioribus traduntur. Nam documenta quae traduntur a minoribus, quandoque non sunt servanda, quando scilicet contrariantur documentis fidei. Mt. XV, 6: irritum fecistis mandatum Dei, propter traditionem vestram. Sed servanda sunt quae ordinantur ad mandata Dei. Quas didicistis. Ac. XVI, 4: Paulus docebat, ut tenerent traditiones et documenta quae erant decreta ab apostolis et senioribus, qui erant Ierosolymis, et cetera. Et has traditiones dupliciter ediderunt, quasdam verbis unde dicit per sermonem, quasdam in Scripturis ideo addit sive per epistolam. Unde patet, quod multa in Ecclesia non scripta, sunt ab apostolis docta, et ideo servanda. Nam multa, secundum iudicium apostolorum, melius erat ut occultarentur, ut dicit Dionysius. Unde apostolus I Cor. X dicit caetera cum venero disponam. Deinde ponit orationem, ibi ipse autem Dominus noster Iesus Christus, etc.; quasi dicat: sic moneo, sed nihil valet nisi adsit divinum auxilium. Et ideo ponit primo duplex Dei beneficium. Primum est amor eius ad nos, quo alia nobis impendit; ideo dicit dilexit nos. Secundum est spiritualis consolatio, ibi et dedit consolationem aeternam. II Cor. I, 4: qui consolatur nos in omni tribulatione nostra. Is. XL, 1: consolamini, consolamini, popule meus, dicit Dominus Deus vester, et cetera. Et dicit consolationem aeternam, scilicet contra omnia mala imminentia et futura. Et ideo expectamus spem bonam, id est, bonorum aeternorum infallibilitatem. I P. I, 3: qui secundum magnam misericordiam suam regeneravit nos in spem vivam. Et hoc in gratia, scilicet per quam speramus consequi vitam aeternam. Rm. VI, 23: gratia Dei vita aeterna. Petit autem pro eis exhortationem, quae est monitio ducens animum ad volendum. Et hanc potest facere homo exterius; sed non esset efficax, nisi esset interius spiritus Dei. Unde dicit exhortetur corda vestra, id est, instiget. Os. II, 14: ducam eam in solitudinem, et loquar ad cor eius. Item petit confirmationem, unde dicit et confirmet. Ps. LXVII, 29: confirma hoc, Deus, quod operatus es in nobis. Quasi dicat: exhortetur per gratiam, ut velimus, et confirmet ut efficaciter velimus. Et hoc in omni opere bono et sermone. Praecedit opus sermonem, quia coepit Iesus facere et docere Ac. I, 1.

 

Lire la suite

Super II Thes.,

10 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super II Thes.,

Prooemium

Super II Thes., pr. Congregamini, ut annuntiem quae ventura sunt vobis, diebus novissimis, et cetera. Haec verba competunt huic epistolae. Duo enim tanguntur quae ei conveniunt, scilicet fructus, et eius materia. Unde dicitur ut annuntiem, et cetera. Agitur enim in ea de his, quae ventura sunt in diebus novissimis, quae sunt tria, scilicet pericula Ecclesiae, tempore Antichristi. II Tm. III, 1: in novissimis diebus instabunt tempora periculosa, et cetera. Item malorum supplicia. Ps. LXXII, 17: donec intrem sanctuarium Dei, et cetera. Verumtamen propter dolos posuisti eis, deiecisti eos dum allevarentur. Item praemia bonorum. Pr. ult.: fortitudo et decor indumentum eius. Et de his agitur in hac epistola. Utilitas ostenditur, quia congregamini. Sic acquiritur ex hac epistola congregatio, scilicet concordantium in veritate, quia discordabant de iudicio futuro, propter hoc quod dicit in prima epistola: deinde nos qui vivimus, et cetera. Ps. CXLVI, 2: dispersiones Israelis congregabit. Item voluntatum, quia cum considerant quod quaecumque temporalia sunt, in novissimo mundi peribunt, datur intelligi quod eos congregant ad unum quaerendum, scilicet caeleste praemium. Eccli. XXX, 24: congrega cor tuum in sanctitate eius. Item cogitationum ad unam stabilem veritatem. Is. ult.: ego autem opera eorum et cogitationes eorum venio ut congregem, et cetera. Sic ergo patet fructus et materia, quia in prima munivit eos contra persecutiones praeteritas, hic munit eos contra futuras.

 

Caput 1

Lectio 1

Super II Thes., cap. 1 l. 1 Dividitur haec epistola in salutationem, et epistolarem narrationem, ibi gratias agere debemus, et cetera. Item primo ponuntur personae salutantes; secundo personae salutatae; tertio bona optata. Sunt autem eaedem personae, quae et in prima. Tres autem personae salutantes ponuntur, ut auctoritas epistolae robustior appareat. Eccle. IV, 12: funiculus triplex difficile rumpitur. Ecclesiae Thessalonicensium et cetera. Ecclesia congregationem dicit: quae debet esse in Deo, alias est mala. De bona dicitur Ps. XLIX, 5: congregate illi sanctos eius, et cetera. In Christo, id est, in eius fide. Rm. V, 2: per quem accessum habemus per fidem in gratiam istam. Deinde optat eis bona, et primo pacem. Ipsa est enim principium omnium spiritualium donorum. I Cor. XV, 10: gratia Dei sum id quod sum. Item, pacem quae est finis hominum. Ps. CXLVII, 14: qui posuit fines tuos pacem, et cetera. Et hoc a Deo et cetera. Jc. I, 17: omne datum optimum, et omne donum perfectum, desursum est, descendens a Patre luminum, et cetera. Et Domino Iesu, et cetera. II P. I, 4: per quem maxima et pretiosa nobis donavit. Gratias agere debemus, et cetera. Haec est epistolaris narratio. Et primo instruit eos de futuris in novissimis diebus; secundo admonet eos familiariter de quibusdam, in tertio capite, ibi de caetero, fratres, et cetera. Item primo monet, sicut dictum est, quantum ad praemia bonorum, et poenas malorum; secundo quantum ad pericula tempore Antichristi, cap. II, ibi rogamus autem vos, et cetera. Item primo agit gratias de praeparatione ad futurum iudicium; secundo describit ipsum iudicium, ibi si tamen iustum. Item primo gratias agit de profectu; secundo ostendit fructum profectus; tertio signum. Dicit ergo gratias agere debemus, et cetera. Nam quia in prima epistola commendavit eos de fide et charitate et aliis bonis in quibus abundabant, ideo dicit gratias agere debemus semper pro vobis, quia bonum, quod habetis, reputo meum. III Jn. 4: maiorem horum non habeo gratiam, quam ut audiam filios meos in veritate ambulare. Et hoc Deo, sine quo nihil boni potest fieri. Et hoc dignum est, quia de magnis bonis agimus gratias. II Mac. I, 11: de magnis periculis a Deo liberati magnifice gratias agamus. Quare? Quia supercrescunt bona spiritualia. Periculose enim custodiuntur, nisi proficiat in eis homo. In his donis autem Dei, primum est fides, per quam Deus habitat in nobis, et in hac proficimus secundum intellectum. Ep. III, 17: habitare Christum per fidem in cordibus vestris. Et sic proficit homo per cognitionem, devotionem et inhaesionem. Secundum est charitas, per quam Deus est in nobis secundum effectum. I Jn. IV, 16: Deus charitas est, et qui manet in charitate, in Deo manet, et Deus in eo. Et ideo dicit et abundat. Pr. XV, 5: in abundanti iustitia, virtus est maxima, et cetera. I Th. IV, 9: de charitate autem fraternitatis non necesse habuimus scribere vobis, ipsi enim a Deo didicistis, ut diligatis invicem, et cetera. Et tunc ponitur profectus, cum dicit: ita quod ego glorior inde apud alios, quia vestra reputo mea. Bonum enim discipulorum est gloria praelatorum. Pr. X, 1: filius sapiens laetificat patrem, et cetera. Pr. XVII, 6: corona senum, filii filiorum, et cetera. II Cor. IX, 2: pro quo de vobis glorior. Et tunc ponit signum profectus, scilicet patientiam, quae ostenditur maxime in tribulationibus. Jc. I, 12: beatus vir qui suffert tentationem, et cetera. In tribulationibus sunt duo servanda, scilicet patientia, ne discedat a fide. Jc.: patientia opus perfectum habet. Et fides in persecutionibus. I Cor. IV, 12: persecutionem patimur et sustinemus. Unde dicit in fide, in omnibus persecutionibus vestris et tribulationibus. Quae quidem tribulationes dicuntur a tribulis, quibus interius per afflictiones pungimur. Gn. III, 18: spinas et tribulos germinabit tibi. Ps. XXIV, 17: tribulationes cordis mei multiplicatae sunt. Et haec sancti sustinent propter duo, scilicet propter terrorem malorum. Si enim Deus non parcit bonis in hoc mundo, quomodo parcet malis in futuro? I P. II: si autem primum a nobis, quis finis eorum, qui non credunt Dei Evangelio, et cetera. Hier. XLIX, 12: ecce quibus non erat iudicium, ut biberent calicem, et cetera. Secundo ad augendum meritum. Unde dicit ut digni, et cetera. Nam, ut dicitur Mt XI, 12, regnum caelorum vim patitur, et violenti rapiunt illud. Et Lc. ult.: nonne haec oportuit Christum pati, et ita intrare in gloriam suam? Rm. VIII, 17: si tamen compatimur, ut et conglorificemur. Unde dicit pro quo et patimini. Tribulatio enim quae fertur pro Deo, facit dignum regno Dei. Mt. V,10: beati qui persecutionem patiuntur, et cetera. I P. IV, 15: nemo vestrum patiatur quasi homicida, aut fur, aut maledicus, aut alienorum appetitor.

 

Lectio 2

Super II Thes., cap. 1 l. 2 Supra egit de eorum idoneitate ad futurum iudicium, hic agit de forma iudicii. Et primo ponit iudicium quantum ad punitionem malorum et praemia bonorum; secundo de utraque parte sigillatim, ibi in flamma. Item primo ponit iudicium quantum ad punitionem malorum; secundo quantum ad praemia bonorum, ibi cum venerit. Quantum ad primum dicit supra sustinetis in exemplum, etc., hic subinfert, si tamen iustum est; si, pro quia. Unde alia littera habet si quidem. Vel si tamen, referatur in exemplum iusti iudicii; quasi dicat: iustum est, quod haec patiamini, si tamen ex hoc mereamini. Sed prima littera et expositio est melior. Iustum est retribuere. Ps. XCIII, 2: exaltare, qui iudicas terram, redde retributionem superbis. Is. XXXIII, 1: vae qui praedaris, nonne et tu praedaberis? Tribulationem, scilicet aeternae damnationis. Rm. VIII, 35: tribulatio, an angustia, et cetera. Et vobis qui tribulamini requiem. Lc. XVI, 25: recepisti bona in vita tua, et Lazarus similiter mala. Nunc autem hic consolatur, tu vero cruciaris. Ap. XIV, 13: amodo enim iam dicit spiritus, ut requiescant a laboribus suis. Nobiscum, id est, aequalem gloriam. Sed numquid hoc est verum? Respondeo. Duplex est aequalitas, scilicet absoluta quantitatis, et proportionis. Et prima non est aequalis quantum ad participationem hominis, sed aequalis quantum ad beatitudinem participatam, quae est Deus; homo enim participat secundum magis et minus, scilicet secundum quod ardentius, vel minus ardenter amat Deum. Sed secundum secundam, omnimoda aequalitas erit, quia ita est gloria Petri ad gratiam sibi datam et meritum suum, sicut gloria Lini ad suam. Hoc, inquam, erit in revelatione, et cetera. Jn. V, 22: Pater omne iudicium dedit Filio suo, et hoc inquantum filio hominis; unde sequitur et potestatem dedit ei iudicium facere, quia in forma humana omnibus apparebit, sed modo non apparet, quia humanitas eius latet in gloria Dei, sed tunc apparebit. Is. XL, 5: et revelabitur gloria Domini, et cetera. Et hoc cum Angelis virtutis eius, ministris suis. Mt. XXV, 31: cum venerit filius hominis in maiestate sua, et omnes Angeli eius cum eo, et cetera. Deinde cum dicit in flamma ignis, agit de utraque, scilicet punitione malorum, et praemiatione bonorum; sed in punitione malorum ostendit acerbam, iustam et diuturnam. Dicit ergo dantis vindictam, id est, iudicantis puniendos in flamma ignis, faciem orbis comburentis, et involventis reprobos, et detrudentis in perpetuum. Ps. XCVI, 3: ignis ante ipsum praecedet, et cetera. Item erit iusta propter duplicem culpam, scilicet infidelitatis, et malae vitae. Quantum ad primum dicit qui non noverunt, id est, noluerunt cognoscere, Deum. Jb XXI, 14: scientiam viarum tuarum nolumus. I Cor. XIV, 38: ignorans ignorabitur, et cetera. Quantum ad secundum dicit qui non obediunt Evangelio Domini nostri Iesu Christi. Rm. X, 16: non omnes obediunt Evangelio. Inobedientia est tantum peccatum, quod per eam mors venit in hunc mundum, ut dicitur Rm. V, 19. Item est diuturna, quia poenas dabunt in interitu aeternas. Et potest legi dupliciter, secundum quod duplex est poena, scilicet sensus et damni. De poena sensus potest intelligi sic: dabunt, id est, sustinebunt poenas aeternas non finiendas, et hoc in interitu, quia semper morientur. Aliter enim est de poenis huius vitae et illis. Nam hic quanto plus acerbiores, tanto sunt breviores, quia extinguuntur, sed illae sunt gravissimae, quia sunt poenae mortis, et sunt interminabiles. Unde dicitur quod semper erunt quasi in morte. Ps. XLVIII, 15: mors depascet eos. Is. ult.: vermis eorum non morietur. Poena autem damni est duplex, quia separabuntur a visione Dei. Unde dicit a facie Domini, scilicet remoti. Jb XIII, 16: non veniet in conspectu eius omnis hypocrita. Alia est privatio visionis gloriae sanctorum. Is. ult.: tollatur impius ne videat gloriam sanctorum, et cetera. Vel aliter, a facie Domini, et cetera. In hoc ostenditur causa acerbitatis poenae sensus. Sensus enim alicuius evacuatur, vel propter superiorem iudicem, vel propter superioris potentiam; sed hoc non erit, quia hoc iudicium procedet a facie Domini. Ps. XVI, 2: de vultu tuo iudicium meum prodeat, et cetera. Et ideo dicit dabunt poenas, id est sustinebunt, a facie Domini. Deinde cum dicit cum venerit, agit de praemiatione sanctorum. Et primo ponit praemium; secundo meritum, ibi qui crediderunt. Gloriam sanctorum commendat, et quantum ad essentiam, per participationem gloriae Dei, cum dicit glorificari, etc., et quantum ad eius excessum, ibi et admirabilis. Dicit ergo cum venerit: Christus certe gloriosus est. Ph. II, 11: omnis lingua confiteatur, quia Dominus Iesus Christus in gloria est Dei Patris. Glorificari in sanctis eius, quia bonum sui est communicativum; vel glorificari in sanctis eius, qui sunt membra sua, in quibus habitat, et in quibus glorificatur, quando sua gloria, scilicet capitis, derivatur usque ad sua membra. Is. XLIX, 3: servus meus es tu, Israel, quia in te gloriabor. Et hoc excedet omnem admirationem. Unde dicit admirabilis, et cetera. Siquidem admiratio est stupor procedens ex magna phantasia. Tanta vero sanctorum gloria non potest cadere in opinionem hominum. Et ideo dicit admirabilis. Sg. V, 2: mirabuntur in subitatione insperatae salutis, et cetera. Deinde ponit meritum, ibi qui crediderunt, et cetera. Et ponit primo meritum fidei, secundo suffragium orationis, ibi in quo. Dicit ergo: haec erit gloria, quia creditum est nostrum testimonium super vos, quod credidimus de Christo, in illo die, id est, propter illum diem, quia bona quae agimus, sunt propter illum diem. Et dicit hoc testimonium est super vos, id est, super sensum humanum. Eccli. IX: plurima super sensum hominis, et cetera. Fides enim non habet meritum, ubi humana ratio praebet experimentum. Nisi enim esset supra vos, non esset magni meriti credere. Vel dicit super vos, id est, dominatur vobis subiicientibus intellectum vestrum humiliter ad credendum. II Cor. X, 5: in captivitatem redigentes omnem intellectum in obsequium Christi. Sic exponit Glossa. Vel aliter et magis secundum litteram: dico, quod glorificabitur Christus in vobis, qui credidistis, in die iudicii, quando apostoli iudicabunt; et tunc testimonium, quod est super vos, id est, de promptitudine fidei vestrae, erit certum et creditum, id est credibile. Deinde cum dicit in quo oramus etc., subiungit suffragium orationis, et primo proponit quod petit; secundo quo fine, ibi ut clarificetur; tertio per quod posset assequi petitum, ibi secundum gratiam. Petit autem unum ex parte Dei, et duo ex parte nostra. Dicit ergo in quo, id est, propter quem diem, etiam nos oramus semper. Rm. I, 9: sine intermissione memoriam vestri facio semper in orationibus meis. I R. XIII, 23: absit autem hoc peccatum a me in Domino, ut cessem orare pro vobis. Sed ad quid? Ut dignetur vos vocatione sua Deus, id est, faciat vos in mundo digne conversari suae vocationi. Ep. IV, 1: digne ambuletis vocatione qua vocati estis. Item ex parte nostra duo petit: ex parte voluntatis, ut plene fruantur omni bonitate; unde dicit ut impleat omnem voluntatem bonitatis, id est, impleat in vobis voluntatem omnis boni. Ph. I: qui operatur in nobis velle et perficere pro bona voluntate. Item ex parte intellectus, ut perfecte credant; ideo dicit et opus fidei. Rm. X, 10: corde enim creditur ad iustitiam, ore autem confessio fit ad salutem. Et hoc operemini in virtute, id est, in constantia et fortitudine, ut nullo timore cessetis a confessione eius. Vel sic in quo, id est, propter quem diem oramus, ut Deus dignetur vobis dare illud ad quod vocavit vos. I P. III, 9: in hoc vocati estis, ut benedictionem haereditate possideatis. Et impleat omne bonum, quod desideratis, quod est in vita aeterna, quando habebimus Deum. Ps. CII, 5: qui replet in bonis desiderium tuum. Item impleat opus fidei, quod erit quando id quod hic per speculum et in aenigmate videmus, videbimus tunc facie ad faciem. Sed quo fine? Ut clarificetur nomen Domini nostri Iesu Christi, etc., id est, ad gloriam Christi sit; et per vos, tam in praesenti quam in futuro, nomen Christi glorificetur in bonis vestris. Mt. V, 16: videant opera vestra bona, et glorificent Patrem vestrum qui in caelis est. E converso de malis dicitur Is. LII, 5, et Rm. II, 24: nomen Dei per vos blasphematur. Sed per quid poterimus illud consequi? Secundum gratiam Dei nostri, quae est radix omnium bonorum nostrorum. I Cor. XV, 10: gratia Dei sum id quod sum, et cetera.

Lire la suite
Publicité

Super I Thes., cap. 2 l. 2

9 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super I Thes., cap. 2 l. 2

Lectio 2

Super I Thes., cap. 2 l. 2 Supra ostendit apostolus qualis fuit ad eos introitus suus, hic ostendit qualis fuit eorum conversio. Et circa hoc duo facit, quia primo ostendit, quod perfecte conversi sunt per fidem firmam; secundo quomodo fortiter perstiterunt in tribulationibus, ibi vos enim. Ponit ergo primo bona eorum pro quibus gratias agit, et reddit rationem. Dicit ergo ideo, quia sollicite vobis praedicavi, sicut pater filiis, ideo de bonis vestris gratias ago, sicut pater de bonis filiorum. III Jn. II, 4: maiorem horum non habeo gratiam, quam ut audiam filios meos in veritate ambulare. Ph. IV, 6: cum gratiarum actione. Sed de quo? Quoniam cum accepissetis a nobis, et cetera. Gratias debet agere praedicator quando verbum eius in auditoribus proficit. Et dicit verba auditus Dei a nobis, id est, per nos. Ps. LXXXIV, 9: audiam quid loquatur in me dominus Deus. Rm. X, 17: fides enim ex auditu, auditus autem per verbum Christi. Accepistis illud, id est, firmiter in corde tenuistis, non ut verbum hominum, quia vana verba hominis. II Cor. XIII, 3: an experimentum quaeritis eius, qui in me loquitur Christus? II P. I, 21: non enim voluntate humana allata est aliquando prophetia, sed Spiritu Sancto inspirati locuti sunt sancti Dei homines. Et quare gratias agitis? Quia hoc ipsum quod credidistis, Deus in vobis operatus est. Ph. II, 12: Deus est qui operatur in vobis velle et perficere pro bona voluntate. Is. XXVI, 13: omnia opera nostra operatus es in nobis, Domine. Deinde cum dicit vos enim, ostendit quomodo fortiter perstiterunt in tribulationibus. Et circa hoc duo facit, quia primo ponit tribulationes eorum in quibus steterunt; secundo quod remedium proposuit adhibere, ibi nos autem. Item prima dividitur in duas, quia primo commendat eorum patientiam in adversis; secundo reprehendit eos, qui intulerunt adversa, ibi qui Christum. Dicit ergo: accepistis verbum non ut est hominum, sed sicut est vere verbum Dei, quia exposuistis vos pro illo usque ad mortem. Per hoc enim, quod homo moritur propter Christum, testificatur quod verba fidei sunt verba Dei. Et ideo martyres idem est quod testes. In Iudaea. Ibi enim fides Christi primo est annuntiata. Is. II, 3: de Sion exibit lex, et verbum Domini de Jerusalem. Ibi etiam primo persecutio fidei facta fuit. Ac. VIII, 1: facta est autem in illa die persecutio magna in Ecclesia, quae erat Jerosolymis, et cetera. He. X, 32: rememoramini autem pristinos dies, in quibus illuminati magnum certamen sustinuistis passionum. Et isti similes passiones passi sunt. Et ideo dicit eadem passi a contribulibus vestris, id est, ab infidelibus Thessalonicensibus. Mt. X, 36: inimici hominis, et cetera. Deinde cum dicit qui et Dominum, vituperat Iudaeos, a quibus incepit persecutio. Et primo commemorat eorum culpam; secundo rationem culpae, ibi ut impleant. Circa primum tria facit: primo eorum culpam ponit in comparatione ad Dei ministros; secundo ad ipsum; tertio ad totum genus humanum. Ministri Dei sunt praedicatores. Praedicatio autem principaliter est a Christo, figuraliter a prophetis, executive ab apostolis. Contra hos tres insurrexerunt Iudaei. Et primo dicit de Christo, ibi qui et Dominum. Mt. XXI, 38: hic est haeres, venite, occidamus eum. Nec obstat si gentiles occiderunt eum, quia ipsi suis vocibus petierunt eum occidi a Pilato. Jr. XII, 8: facta est haereditas mea mihi, quasi leo in silva, dedit contra me vocem, et cetera. Secundo dicit de prophetis, ibi et prophetas. Ac. VII, 52: quem prophetarum non sunt persecuti patres vestri? Et occiderunt eos, qui praenuntiabant de adventu iusti, cuius vos nunc proditores et homicidae fuistis. Tertio dicit de apostolis et nos, scilicet apostolos. Mt. X, 17: tradent vos in Conciliis, et cetera. Secundo ponit culpam in comparatione ad Deum, ibi Deo non placent, licet crederent in hoc se obsequium praestare Deo Jn. XVI, 2. Sed quia zelum Dei habent non secundum scientiam, ideo Deo non placent, quia non faciunt recta fide, et sine fide impossibile est placere Deo, He. XI, 6. Is. V, 25: iratus est furor Domini in populo, et cetera. Tertio ostendit eorum culpam in comparatione ad totum genus humanum, cum dicit omnibus hominibus adversantur. Gn. XVI, 12: manus eius contra omnes, et cetera. Adversantur autem in hoc, quia prohibent et impediunt praedicationem gentilium et conversionem. Ac. XI, 2 reprehenditur Petrus, quod ivit ad Cornelium. Item Lc. XV, 28 filius maior, scilicet populus Judaeorum, turbatur, quia filius minor, id est, populus gentilium recipitur a patre. Is. XLV, 10: vae qui dicit patri: quid generas? Nm. XI, 29: quis det ut omnis populus prophetet? Ratio autem huius culpae est ex divina permissione, qua vult ut impleant peccata sua. Omnium enim quae fiunt, sive bona, sive mala, est quaedam certa mensura, quia nihil est infinitum. Et omnium istorum mensura est in praescientia. Bonorum quidem, in eius praeparatione. Ep. IV, 7: quia unicuique nostrum data est gratia secundum mensuram donationis Christi. Malorum vero, in permissione, quia si aliqui sunt mali, non tamen quantum volunt, sed quantum Deus permittit. Et ideo tamdiu vivunt, quamdiu perveniant ad hoc, quod Deus permittit. Mt. XXIII, 32: implete mensuram patrum vestrorum, et cetera. Et ideo dicit ut impleant, et cetera. Deus enim dedit Judaeis post passionem Christi spatium poenitentiae per quadraginta annos, nec conversi sunt, sed addebant peccata peccatis. Et ideo Deus non plus permisit. Unde dicit hic pervenit ira Dei, et cetera. IV R. XXII, 13: ira Dei magna succensa est contra nos, quia non audierunt patres nostri verba libri huius, et cetera. Lc. XXI, 23: erit enim pressura magna super terram, et ira populo huic, et cetera. Et non credas quod haec ira sit per centum annos, sed usque in finem mundi, quando plenitudo gentium intraverit, et cetera. Lc. XIX, 44 et XXI, 6 et Mt. XXIV, 2: non relinquetur lapis super lapidem, qui non destruatur. Deinde cum dicit nos autem, ostendit remedium, quod eis proposuit adhibere, scilicet quod personaliter iret ad eos. Et circa hoc duo facit, quia primo ponit propositum suae visitationis; secundo impedimentum, ibi sed impedivit; tertio causam quare volebat ire, ibi quae autem est. Dicit ergo nos autem, fratres, desolati a vobis, a quibus eramus separati, vel propter tribulationes vestras, ore, id est, carentes collocutione, et aspectu, id est, carentes visione: propter haec enim duo necessaria est amici praesentia, quia est consolativa; sed non corde, quia corde sumus praesentes. I Cor. V, 3: ego absens quidem corpore, praesens autem spiritu. Abundantius festinavimus faciem, et cetera. Ut sicut corde, sic et corpore praesens esset. Rm. XV, 23: cupiditatem habens veniendi ad vos ex multis iam praecedentibus annis, et cetera. Festinavimus, dicit pluraliter, quia scribit ex persona trium, scilicet sui, Silvani et Timothei. Ideo etiam voluimus venire ad vos, omnes forte semel, sed ego Paulus semel et iterum, id est, bis proposui, sed impedivit nos Satanas, id est, procuravit impedimenta, forte per aeris tempestates. Ap. VII, 1: isti sunt Angeli, qui tenent ventos. Deinde cum dicit quae est enim, ostendit causam propositi. Primo quantum ad futurum; secundo quantum ad praesens, ibi vos enim, et cetera. Dicit ergo: desidero videre vos, et gratias ago de bonis vestris, quae sunt spes nostra. Nam pro his speramus a Deo praemia, quando reddere venerit unicuique secundum opera sua. Maxima enim est retributio praedicatori ex his quos convertit. Aut gaudium, quia gaudium illorum est gaudium apostoli, sicut bonum eorum est bonum apostoli; bonum enim effectus reducitur in bonum causae. Aut corona gloriae, quia pro certaminibus eorum et iste, qui induxit ad certandum, coronatur. Dux enim, qui induxit milites ad pugnam coronabitur. Eccli. XXX, 2: qui docet filium, laudabitur in illo, et in medio domesticorum in illo gloriabitur, et cetera. Haec, inquam, spes, quae est? Nonne vos? Imo sic in futuro ante Dominum nostrum Iesum Christum in adventu eius. Sed etiam in praesenti vos enim estis, apud omnes fideles, gloria nostra. I Cor. IX, 15: melius est mihi mori, quam ut gloriam meam quis evacuet. Et gaudium, quo laetor de bonis vestris in praesenti.

 

Caput 3

Super I Thes., cap. 3 Commemoravit tribulationes quas passi erant, et remedium quod proposuit eis impendere, hic ostendit quomodo eis subvenisset visitando per Timotheum. Et primo agit de missione nuntii; secundo de relatione facta per eum, ibi nunc autem; tertio de effectu relationis in apostolo, ibi ideo consolati. Item prima in tres, quia primo praemittit causam quare misit eum; secundo qualem misit; tertio causam propter quam misit. Dicit ergo propter quod, id est, quia impedivit nos Satanas, tamen vos estis gloria nostra; ideo non sustinentes pondus amoris inclinantis ad vos. Is. I, 14: facta sunt mihi molesta, et cetera. Gn. XLV, 1: non se poterat ultra cohibere. Placuit nobis, scilicet Paulo et Silvano, remanere Athenis solis et misimus Timotheum, quia erat apostolo convenientissimus. Ph. II, 20: neminem habeo tam unanimem, qui sincera affectione pro vobis sollicitus sit. I Cor. IV, 17: misi ad vos Timotheum, qui est filius meus charissimus et fidelis in domino. Fratrem, per charitatem adiuvantem. Pr. XVIII, 19: frater qui iuvatur a fratre, quasi civitas firma. Et ministrum. Ecclesiae dignitas est. II Cor. XI, 23: ministri Christi sunt, et ego, et cetera. Mittit autem ad confirmandos eos et referendum sibi. Deinde cum dicit ad confirmandos, etc., ostendit quod mittitur ad confirmandum. Et primo facit hoc; secundo ponitur ratio confirmationis, ibi ipsi enim. Dicit ergo ad confirmandos vos et exhortandos, quia per exhortationes animus hominis confirmatur. Jb IV, 4: vacillantes confirmaverunt sermones tui. Lc. XXII, 32: et tu aliquando conversus confirma fratres tuos. Et indigetis exhortari pro fide vestra, ut nemo moveatur in his tribulationibus. Eccli. X, 4: si Spiritus potestatem habentis ascenderit super te, locum tuum ne dimiseris. Est autem ratio duplex confirmans. Una ex ordinatione divina: ipsi enim scitis, etc., quasi dicat: ita voluit Deus, ut per tribulationes in caelum intraretis. Ac. XIV, 22: per multas tribulationes oportet vos intrare in regnum Dei, et II Tm. III, 12: omnes qui pie volunt vivere in Christo Iesu, persecutionem patientur. Per hanc viam ivit Christus. Lc. ult.: oportebat Christum pati et resurgere, et sic intrare in gloriam suam. Alia ratio est ex parte praenuntiationis, quia praevisa minus feriunt. Unde dicit nam et cum apud, etc., id est, quia ego praedixi vobis tribulationes, quas estis passi in istis annis, misi ad cognoscendum, etc., qualiter scilicet essetis fortes in fide. Pr. XXVII, 23: diligenter agnosce vultum pecoris tui, et greges tuos considera. Is qui tentat, scilicet Diabolus. Matth. IV, 3: accedens tentator, Glossa: cuius officium est tentare. Sed contra: tentant mundus et caro. Jc. I, 14: unusquisque tentatur a concupiscentia sua, et cetera. Item Gn. XXII, 1: tentavit Deus Abraham, et cetera. Respondeo. Tentare est experimentum de aliquo sumere. In hoc considerandum est ad quid velit sumere, et quomodo. Nam hoc est dupliciter: vel ut ipse cognoscat, vel ut alium cognoscere faciat. Primo modo Deus non tentat, ipse enim scit quid est in homine Jn. II, 25. Secundo modo sic: Deus enim tentavit Abraham, scilicet ut alii scirent fidem eius. Sed primo modo tentare est dupliciter, scilicet ut promoveat ad bonum, sicut episcopus promovendos examinat; vel aliquis tentat ut decipiat, et hoc est Diaboli, quia scilicet inquirit conditionem hominum, ut secundum diversas conditiones ad diversa vitia ad quae proni sunt inducat. I P. V, 8: adversarius vester Diabolus, et cetera. Officium ergo eius est tentare ad decipiendum. Mundus autem et caro dicuntur tentare materialiter, quia per ea, ad quae ipsa inclinant, sumitur experimentum de homine, utrum firmus sit ad mandata Dei et dilectionem. Si enim vicerit concupiscentia, non perfecte diligit Deum. Et similiter quando res mundi vel terrent, vel afficiunt. Et inanis, quia si tentationi non resistitis, labor vester esset inanis. Ga. IV, 11: timeo vos ne forte sine causa laboraverim in vobis. Ez. XVIII, 24: omnes iustitiae eius quas operatus est, non recordabuntur. Inanis autem dicitur, respectu mercedis aeternae; tamen bona ante peccatum commissa ad aliquid valent, quia post poenitentiam reviviscunt, et disponitur quis faciliter ad convertendum. Deinde cum dicit nunc autem, etc., ostendit quomodo retulit Timotheus bona eorum pertinentia ad Deum et apostolum: ad Deum fidem et charitatem. Ga. VI, 15: in Christo Iesu, neque circumcisio aliquid valet, neque praeputium, sed nova creatura. Sed fidem, etiam ad apostolum; unde dicit et quia memoriam. Eccli. XLIX, 1: memoria Josiae in compositione operis facta, opus pigmentarii, et cetera. Pr. X, 7: memoria iusti cum laudibus, et cetera. Desiderantes videre nos, sicut et nos quoque vos. Augustinus: durus est animus, qui dilectionem, et si non velit impendere, noluit rependere. Is. LI, 2: attendite ad Abraham patrem vestrum, et cetera. Deinde cum dicit ideo consolati, ponitur effectus relationis triplex, scilicet spiritualis consolationis, gratiarum actionis, ibi quam enim, et orationis multiplicatae, ibi nocte. Dicit ergo: quia talia audivimus de vobis, licet necessitates temporalium immineant et tribulationes corporales, tamen consolati sumus. Ps. XCIII, 19: secundum multitudinem dolorum meorum in corde meo consolationes tuae laetificaverunt animam meam, et cetera. II Cor. I, 3: benedictus Deus et Pater Domini nostri Iesu Christi, Pater misericordiarum, et Deus totius consolationis, et cetera. Et hoc per fidem vestram, id est, audiens firmitatem fidei vestrae, quoniam vivimus, et cetera. Quasi dicat: tantum diligo statum vestrum, quod reputo me per ipsum vivere. Gn. XLV, 28: sufficit mihi si adhuc Joseph filius meus vivit. Deinde cum dicit quam enim, etc. ponitur secundus effectus relationis factae, scilicet gratiarum actio; quasi dicat: non sufficio, quod aliquam condignam gratiarum actionem agam Deo pro vobis. Mi. VI, 6: quid dignum offeram Domino, et cetera. Ps. CXV, 12: quid retribuam Domino pro omnibus, et cetera. Referendae sunt tamen gratiarum actiones in omni gaudio, quod omnino non est exterius, sed quo gaudemus propter vos, in conscientia, ante Dominum, qui videt eam. Vel ante Dominum, quia de proximo placet Deo. I Cor. XIII, 6: congaudet veritati, et cetera. Deinde cum dicit nocte, etc., ponitur tertius effectus relationis, et primo proponit multiplicitatem orationis, secundo ostendit quid orando optet, ibi ipse autem, et cetera. Dicit ergo: gratias agimus de praeteritis, nec tamen deficimus quin oremus pro futuris, imo nocte ac die, id est, adversis et prosperis. Ps. LIV, 18: vespere et mane ac meridie narrabo, et cetera. Quae desunt, et cetera. Non quidem quae erant de necessitate fidei, sed aliqua secreta, quae necdum apostolus eis praedicavit in sua novitate. I Cor. III, 1: non potui loqui vobis quasi spiritualibus, sed quasi carnalibus, et cetera. Jn. XVI, 12: multa habeo vobis loqui, quae non, et cetera. Deinde cum dicit ipse autem Deus, etc., demonstrat quid optet eis. Et circa hoc primo ostendit quid petat, ibi ad confirmanda. Petit autem duo: unum ex parte sua, ut posset ire ad eos. Unde dicit ipse Deus et Pater noster, et cetera. Jn. XX, 17: ascendo ad Patrem meum et Patrem vestrum, et cetera. Pr. XVI, 1: hominis est praeparare animum, et Domini gubernare linguam. Aliud ex parte eorum. Unde dicit vos autem multiplicet, scilicet in fide. II R. XXIV, 3: adaugeat Dominus populum suum centuplum, quam sunt, et cetera. Et ut augeantur merita. Unde dicit et abundare faciat charitatem vestram, quae semper in via crescere potest. Col. III, 14: super omnia charitatem habete, quod est vinculum perfectionis. Et primo, invicem; secundo, in omnes. Ga. VI, 10: operemur bonum ad omnes: maxime autem ad domesticos fidei. Et ponit exemplum de seipso, dicens quemadmodum, etc., quasi dicat: sicut et ego diligo vos. II Cor. VII, 3: in cordibus nostris estis ad commoriendum et ad convivendum. Sed ad quid petit? Ad confirmanda corda vestra sine querela, id est, ut nullus possit conqueri de vobis. Lc. I, 6: incedentes in omnibus mandatis et iustificationibus sine querela. Et sanctitate ante Deum, scilicet qui cor videt. Lc. I, 75: in sanctitate et iustitia coram ipso, et cetera. Et hoc apparet in adventu Domini nostri Iesu Christi, ut vos inveniat sanctos; qui adventus erit cum omnibus sanctis eius, id est, sitis in conspectu eius, sicut sunt omnes sancti ante eum.

 

Lire la suite

Super I Thes

8 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super I Thes

Prooemium

Super I Thes., pr. Multiplicatae sunt aquae, et cetera. Gn. VII, 17. Haec verba competunt materiae huius epistolae. Ecclesia enim figuratur per arcam, sicut dicitur I P. III, 20, quia sicut in arca, caeteris pereuntibus, paucae animae salvatae sunt, ita in Ecclesia pauci, id est, soli electi salvabuntur. Per aquas autem significantur tribulationes. Primo quia aquae impellunt irruendo, sicut tribulationes. Mt. VII, 25: venerunt flumina, et flaverunt venti, et irruerunt in domum illam. Sed impulsu fluminum Ecclesia non movetur. Unde subdit et non cecidit. Secundo aqua extinguit ignem. Eccli. XXX: ignem ardentem extinguit aqua. Sic tribulationes extinguunt impetus concupiscentiarum, ne homines ad libitum eas sequantur, sed non extinguunt veram charitatem Ecclesiae. Ct. VIII, 7: aquae multae non poterunt extinguere charitatem, nec flumina obruent illam. Tertio aquae submergunt per inundationem. Thren. III, 54: inundaverunt aquae super caput meum. Sed Ecclesia non per has submergitur. Jon II, 6: circumdederunt me aquae usque ad animam meam, abyssus vallavit me, pelagus operuit caput meum, etc.; et post: rursum videbo templum sanctum tuum, et cetera. Non ergo deficit, sed sublevatur. Et primo per elevationem mentis ad Deum. Gregorius: mala quae nos hic premunt, ad Deum nos ire compellunt. Os. VI, 1: in tribulatione sua mane consurgent ad me. Secundo per spiritualem consolationem. Ps. XCIII, 19: secundum multitudinem dolorum in corde meo consolationes tuae laetificaverunt animam meam. II Cor. I, 5: sicut abundant passiones Christi in nobis, ita per Christum abundat consolatio nostra. Tertio per multiplicationem fidelium, quia tempore persecutionum Deus multiplicavit Ecclesiam. Ex. I, 12: quantoque magis opprimebant eos, tanto magis multiplicabantur et crescebant. Sic ergo convenit huic epistolae, quia isti multas tribulationes passi, steterunt fortes. Videamus ergo textum.

 

Caput 1

Lectio 1

Super I Thes., cap. 1 l. 1 Apostolus vult munire hic Ecclesiam contra tribulationes et primo contra tribulationes praesentes, et hoc in prima epistola. Secundo contra futuras, tempore Antichristi, et hoc in secunda. Prima dividitur in salutationem et epistolarem narrationem, ibi gratias agimus. Item primo tangit personas salutantes; secundo Ecclesiam salutatam; tertio bona optata. Notandum est autem, quod quia ubi non delinquimus, omnes pares sumus, ideo quia istis bonis scribit, non facit mentionem de officio suo, sed solum de nomine humilitatis, quod est Paulus. Sg. VII, 11: et innumerabilis honestas per manus illius. Et adiungit duos, qui eis praedicaverunt cum eo, scilicet Silvanum, qui est Sylas, et Timotheum, quem circumcidit, ut dicitur Ac. XVI, 3. Salutat autem Ecclesiam, quae est congregatio fidelium. Et hoc in Deo Patre et Domino nostro Iesu Christo, id est, in fide Trinitatis, et divinitatis et humanitatis Christi, quia in horum cognitione erit nostra beatitudo. Tangit autem personam Patris et Filii incarnati, in quibus intelligitur Spiritus Sanctus, qui est nexus amborum. Bona optata sunt gratia, quae est principium omnium bonorum. I Cor. XV, 10: gratia Dei sum id quod sum. Et pax quae est finis, quia tunc est pax, quando appetitus totaliter pacatur. Deinde cum dicit gratias agimus, incipit epistolaris narratio, et primo commendat eos de praeterita perseverantia; secundo monet eos ad bene agendum in futurum, cap. IV, ibi de caetero. Item primo agit gratias universaliter de bonis eorum; secundo ea commemorat in speciali, ibi scientes, fratres, et cetera. Circa primum duo facit, quia primo ponit gratiarum actionem; secundo eius materiam, ibi memores. Item primo pro eis gratias agit; secundo pro eis orat, ibi memoriam vestri. Quantum ergo ad primum dicit tria, quae debent esse in gratiarum actione. Primo quod sit ordinata, scilicet ad Deum. Ideo dicit gratias agimus Deo. Ps. LXXXIII, 12: gratiam et gloriam dabit Dominus. Jc. I, 17: omne datum optimum et omne donum perfectum de sursum est descendens a Patre luminum. Item assidua, quia semper. Item universalis, ibi pro omnibus vobis. Infra V, 18: in omnibus gratias agite. Deinde orat pro eis, dicens memoriam vestri faciens, etc., quasi dicat: quandocumque oro, habeo vos in memoria. Rm. I, 9: sine intermissione memoriam vestri facio semper in orationibus meis. Deinde cum dicit memores operis, ponit bona de quibus agit gratias, scilicet fidem, spem et charitatem. I Cor. XIII, 13: nunc autem manent fides, spes, charitas: tria haec, et cetera. Fidem praemittit, quia est substantia sperandarum rerum, et cetera. Accedentem enim ad Deum oportet credere, et cetera. He. XI, 1 et 6. Haec autem non est sufficiens, nisi habeat operationem et laborem. Et ideo dicit operis fidei vestrae et laboris. Jc. II, 26: fides sine operibus mortua est. Item quia qui laborando propter Christum deficit, nihil valet. Lc. VIII, 13: ad tempus credunt, et in tempore tentationis recedunt. Ideo dicit operis et laboris. Quasi dicat: memores fidei vestrae operantis et laborantis. Item, charitatis, in cuius operibus abundabant. Infra IV, 9: charitatem fraternitatis, et cetera. Item spei, quae facit patienter sustinere adversa. Rm. XII, 12: spe gaudentes, in tribulatione patientes. Et sustinentiae, quam spes facit. Jc. V, 11: patientiam Iob audistis, et cetera. Spei, inquam, domini nostri, id est, quam habemus de Christo, vel quam Christus dedit nobis. I P. I, 3: regeneravit nos in spem vivam, et cetera. Haec spes est ante Deum, non ante oculos hominum. Mt. VI, 1: attendite ne iustitiam vestram faciatis coram hominibus, et cetera. He. VI, 19: quam sicut anchoram habemus animae tutam, et cetera. Spes enim in veteri testamento non induxit ad Deum. Deinde cum dicit scientes, fratres, in speciali commemorat eorum bona, quos primo commendat, quod devote et prompte susceperunt praedicationem, non obstante tribulatione; secundo quod propter tribulationem ab ea non recesserunt, in II capite, ibi nam ipsi scitis. Iterum prima pars dividitur in duas, quia primo ostendit qualis fuit ista praedicatio; secundo qualiter ab eis recepta, ibi et vos imitatores. Circa primum tria facit, quia primo ostendit quid circa eos sciebat; secundo modum praedicationis suae, ibi quia Evangelium. Tertio quid ipsi sciebant de apostolo, ibi sicut scitis. Dicit ergo o fratres dilecti a Deo. Non solum communiter, inquantum dat esse naturae, sed inquantum specialiter ad bona aeterna estis vocati. Ml. I, 2: Iacob dilexi, Esau autem odio habui, et cetera. Dt. XXXIII, 3: dilexit populos, et cetera. Electionem vestram. Quasi dicat: certitudinaliter cognosco vos esse electos, quia hanc electionem non meruistis, sed a Deo estis gratuite electi. Et hoc scio, quia Deus dedit mihi magnum argumentum in praedicatione, scilicet quod illi, quibus loquor, sunt a Deo electi, scilicet quando Deus dat eis gratiam fructuose audiendi verbum eis praedicatum, vel mihi gratiam copiose praedicandi eis. Contra videtur esse quod dicitur Ez. III, 26: et linguam tuam adhaerere faciam palato tuo, et cetera. Ideo primo commemorat quam virtuose eis praedicavit, secundo inducit eorum testimonium, ibi sicut scitis. Virtuose quidem, quia non fuit in sublimitate sermonis, sed in virtute. I Cor. II, 4: sermo meus et praedicatio mea non in persuasibilibus humanae sapientiae verbis, sed in ostensione spiritus et virtutis. I Cor. IV, 20: non enim in sermone est regnum Dei, sed in virtute. Vel potest referri ad confirmationem praedicationis, vel ad modum praedicandi. Si ad primum, sic confirmata fuit praedicatio mea vobis, non argumentis, sed virtute miraculorum. Unde dicitur Mc. ult.: Domino cooperante et sermonem confirmante sequentibus signis. Item in datione spiritus sancti; unde dicit: et in spiritu sancto. Ac. X, 44: adhuc loquente Petro verba haec, cecidit Spiritus Sanctus super omnes, qui audiebant verbum, et cetera. He. II, 4: contestante Deo signis et portentis et variis virtutibus et spiritus sancti distributionibus. Et in plenitudine, et cetera. Et hoc addit, ne crederent se minus recepisse quam Iudaei; quasi dicat: Spiritus Sanctus non est personarum acceptor, sed in ea plenitudine fuit apud vos sicut apud Iudaeos. Ac. II, 4: repleti sunt omnes Spiritu Sancto, et cetera. Sed si ad secundum, sic in virtute, id est virtuosam vitam vobis ostendens. Ac. I, 1: coepit Dominus facere et docere. Et in Spiritu Sancto, scilicet suggerente. Mt. X, 20: non estis vos qui loquimini, et cetera. In plenitudine multa, scilicet quia instruxi vos de omnibus ad fidem necessariis. Inducit autem eorum testimonium ad hoc, cum dicit sicut vos scitis, etc., id est, qualia dona et virtutes ostendimus in vobis. II Cor. V, 11: spero autem in conscientiis vestris manifestos nos esse. Deinde cum dicit et vos imitatores, etc., ostendit quomodo praedicationem suam virtuose receperunt, nec propter tribulationes recesserunt. Et primo ostendit eorum virtutem in hoc, quod alios imitati sunt; secundo quod aliis se imitabiles praestiterunt, ibi ita ut facti sitis. Circa primum duo facit, quia primo ostendit quos sunt imitati; secundo in quibus sunt imitati, ibi: excipientes. Circa primum dicit, quod imitati sunt eos quos debuerunt, scilicet praelatos. Et ideo dicit imitatores nostri facti, et cetera. Ph. III, 17: imitatores mei estote, fratres. Sed imitati sunt non eo in quo delinquimus sicut homines, sed in quo imitamur Christum. Unde et dicitur I Cor. IV, 16: imitatores mei estote, sicut et ego Christi, id est, in quo imitatus sum Christum, scilicet in patientia tribulationis. Mt. XVI, 24: si quis vult post me venire, abneget semetipsum, et tollat crucem suam, et sequatur me. I P. II, 21: Christus passus est pro nobis, vobis relinquens exemplum, ut sequamini vestigia eius. Et ideo dicit in tribulatione multa cum gaudio, id est, quamvis multa tribulatio immineret propter verbum, tamen illud accepistis cum gaudio. Jc. I, 2: omne gaudium existimate, fratres mei, cum in tentationes varias incideritis, et cetera. Ac. V, 41: ibant apostoli gaudentes a conspectu Concilii, quoniam digni habiti sunt pro nomine Iesu contumeliam pati. Cum gaudio, inquam, Spiritus Sancti, non alio quocumque, qui est amor Dei, qui facit gaudium patientibus propter Christum, quia amant eum. Ct. VIII, 7: si dederit homo omnem substantiam domus suae pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. Et sic estis imitatores nostri, quod scilicet aliis estis imitabiles. Unde dicit ita ut facti sitis, et cetera. Circa quod tria facit, quia primo ostendit eos esse imitabiles; secundo quomodo eorum fama divulgata est, ibi a vobis enim diffamatus; tertio quomodo ab omnibus laudabantur populis, ibi ipsi enim annuntiant. Dicit ergo: ita perfecte nos imitati estis, ut sitis facti forma, id est, exemplum vitae, non solum in terra vestra, sed in aliis. Mt. V, 16: sic luceat lux vestra coram hominibus, ut videant opera vestra, et cetera. Sed credentibus forma facti estis quibus fides vestra innotuit. Ad quod bonitas vestra accessit. A vobis enim diffamatus est sermo Domini, id est, praedicandi Dominum, id est, vestra fama diffusa est, non tantum in Macedonia et Achaia, quae sunt vobis vicinae, sed fides vestra ad Deum perfecta, id est, quam Deus acceptat, et quae coniungit vos Deo, quae etiam est in omni loco divulgata. Rm. I, 8: fides vestra annuntiatur in universo mundo, et cetera. Et signum huius est, quia non est necesse, et cetera. Boni enim praedicatoris est bona aliorum in exemplum adducere. II Cor. IX, 2: vestra enim aemulatio provocavit plurimos. Deinde cum dicit ipsi enim, etc., ponit eorum laudem qua ab aliis laudabantur, quia de nobis annuntiant, et cetera. Pr. ult.: laudent illam in portis opera eius. Laudant autem in vobis meam praedicationem et vestram conversionem. Annuntiant ergo qualem introitum habuerimus ad vos, quia cum magna difficultate et in tribulationibus. Laudant etiam vestram conversionem. Et ostendit quomodo, a quo, et ad quid conversi sunt. Quo ad primum dicit et quomodo conversi estis ad Deum, id est, quam faciliter, et perfecte. Jl. II, 12: convertimini ad me in toto corde vestro, et cetera. Eccli. V, 8: ne tardes converti ad Dominum, et ne differas de die in diem. Quo ad secundum dicit a simulacris. I Cor. XII, 2: scitis quoniam cum gentes essetis, ad simulacra muta prout ducebamini euntes. Quo ad tertium dicit servire Deo, scilicet servitute latriae, non creaturae, sed Deo. Contra quod dicitur Rm. I, 25: servierunt creaturae potius quam creatori, et cetera. Et dicit vivo, ut excludat idololatriae cultum, quia idololatrae colebant quosdam mortuos, quorum animas dixerunt deificatas, sicut Romulum et Herculem. Et ideo dicit vivo. Dt. XXXII, 40: vivo ego in aeternum. Item quia Platonici putabant quasdam substantias separatas deos esse participatione, dicitur vero, non participatione divinae naturae, sed quia servientes ei sunt remunerandi. Ideo, quia sic estis, restat ut remunerationem expectetis. Unde dicit et expectare Filium eius, scilicet Dei, de caelis descendentem. Lc. XII, 36: et vos similes hominibus expectantibus Dominum suum quando revertatur a nuptiis. Is. XXX, 18: beati omnes qui expectant eum. Illi autem sunt, qui sunt lumbis praecincti. Duo autem expectamus, scilicet resurrectionem, ut scilicet ei conformemur. Unde dicit quem suscitavit ex mortuis Iesum. Rm. VIII, 11: qui suscitavit Iesum Christum a mortuis, vivificabit et mortalia corpora vestra, et cetera. Ph. III, 21: reformabit corpus humilitatis nostrae configuratum corpori claritatis suae. Item liberari a poena futura, quae imminet reis. A causa autem poenae, scilicet a peccato, liberamur per Christum. Unde dicit qui eripuit nos, et cetera. Ap. VI, 16: abscondite vos a facie sedentis super thronum et ab ira agni, et cetera. Ab hac ira nullus potest nos liberare nisi Christus. Mt. III, 7: quis demonstrabit vobis fugere a ventura ira?

 

Caput 2

Super I Thes., cap. 2 l. 1 Supra commendavit eos, quod in tribulationibus verbum Dei receperunt, hic commendat eos, quod ab eo non recesserunt propter tribulationes. Et circa hoc tria facit, quia primo commemorat eorum tribulationes; secundo ostendit quale eis remedium adhibuit, in III capite, ibi propter quod; tertio propter quid quia nunc vivimus. Quia vero supra dixit de eis nuntiari ab omnibus introitum apostoli ad eorum conversionem, ideo primo agit de introitu suo; secundo de eorum conversione, ibi ideo et nos gratias. Circa primum tria facit, quia primo commemorat suam constantiam, quam habuit antequam ad eos veniret; secundo sinceritatem doctrinae per quam eos convertit, ibi exhortatio enim nostra; tertio sinceritatem suae conversationis cum conversis, ibi vos enim. Iterum prima in duas, quia primo praemittit tribulationes, quas passus est antequam ad eos veniret; secundo quomodo fiduciam ex hoc non amisit, ibi fiduciam habuimus. Dicit ergo: dico quod annuntiat introitum nostrum, quem et vos scitis, quoniam non fuit inanis, etc., id est levis, sed difficilis, quia per multas tribulationes. Vel non inanis, id est vacuus, sed plenus. Gn. I, 2: terra erat inanis et vacua, et cetera. Vel non inanis, id est mobilis, sed stabilis. Ph. II, 17: non in vanum cucurri, neque in vacuum laboravi. Sed ante sumus passi passiones corporales. Pr. XIX, 11: doctrina viri per patientiam noscitur. Ps. XCI, 15: bene patientes erunt, ut annuntient. Item spirituales, quia contumeliis ex hoc affecti in Philippis, ubi propter curationem pythonissae passus est tribulationes. Et haec civitas est Macedoniae. Nec tamen propter haec fiducia praedicandi est extincta. Is. XII, 2: ecce Deus salvator meus, fiducialiter agam, et non timebo. Et haec fiducia fuit praedicandi ad vos Evangelium Dei in multa sollicitudine de vestra conversione. Rm. XII, 8: qui praeest in sollicitudine. II Cor. XI, 28: praeter ea quae extrinsecus sunt, instantia mea quotidiana, sollicitudo omnium Ecclesiarum. Deinde cum dicit exhortatio, ostendit sinceritatem suae praedicationis. Et circa hoc duo facit, quia primo probat sinceritatem suae doctrinae; secundo quaedam quae dixerat, exponit, ibi non quasi hominibus. Circa primum duo facit, quia primo excludit corruptionem doctrinae; secundo ponit sinceritatem, ibi sed sicut probati. Doctrina autem corrumpitur vel propter rem quae docetur, vel propter intentionem docentis. Propter primum dupliciter corrumpitur doctrina, scilicet vel per errorem, sicut docens salutem esse per Christum cum legalibus. II Tm. III, 13: mali homines et seductores proficient in peius errantes, et in errorem alios mittentes. Ideo dicit exhortatio enim nostra non est, sicut aliquorum, de errore. Vel propter immunditiam, sicut dicentium vacandum esse voluptatibus, quae doctrina est a quodam Nicolao, qui permisit promiscua matrimonia, communicans alii suam uxorem; ideo dicit neque de immunditia. Ap. II, 20: permittis mulierem Jezabel, quae se dicit prophetam, docere et seducere servos meos fornicari, et manducare de idolotitis, et cetera. Jb VI, 30: non invenietis in lingua mea iniquitatem. Item nec est exhortatio in dolo sicut quorumdam, qui licet verum dicant, habent tamen intentionem corruptam, quia non profectum auditorum neque Dei honorem, sed suum quaerunt honorem. Contra quod dicit neque in dolo. Jr. IX, 8: sagitta vulnerans lingua eorum, dolum locuta est, et cetera. Sua ergo praedicatio non est corrupta, sed sincera. Sincerum autem aliquid est, quod servat suam naturam. Tunc autem est praedicatio sincera, quando quis docet eo tenore et fine quo Christus docuit. Et ideo dicit sed sicut probati, id est, eo modo et ea intentione qua Deus nos elegit et approbavit ad praedicandum Evangelium loquimur. Ga. II, 7: creditum est mihi Evangelium praeputii, sicut Petro circumcisionis. Ac. IX, 15: vas electionis est mihi iste, ut portet nomen meum coram gentibus, et regibus, et filiis Israel. Deinde cum dicit non quasi hominibus, etc., ostendit quod sua praedicatio non est in dolo. Primo excludens illud per quod videretur esse dolosa; secundo manifestat per signum, ibi neque aliquando; tertio per causam, ibi neque in occasione. Propter primum dicit: praedicatio mea non est quasi hominibus placens, scilicet finaliter. Ps. LII, 6: dissipata sunt ossa eorum, qui hominibus placent. Ga. I, 10: si hominibus placerem, Christi servus non essem. Aliquando tamen debent velle placere hominibus propter gloriam Dei, ut praedicatio magis fructificet, sicut dicitur I Cor. X, 33: ego per omnia omnibus placeo, et cetera. Sed Deo, et cetera. Pr. XVI, 2: omnes viae hominum patent oculis eius. Huius autem signum est, quia non adulati sumus loquentes eis placentia. Is. XXX, 10: loquimini nobis placentia, videte nobis errores, et cetera. Pr. XXIV, 28: non lactes quemquam labiis tuis, et cetera. Et idem ostendit per causam. Propter duo enim aliquis quaerit hominibus placere, scilicet vel propter beneficia, vel propter gloriam. Hoc autem hic excludit, et primo, primum, dicens neque fuimus, et cetera. Quia non solum adulationem devitamus, sed etiam omnem occasionem avaritiae. I Tm. VI, 5: existimantium quaestum esse pietatem. Jr. VI, 15: a minori quippe usque ad maiorem, omnes avaritiae student. Secundo, secundum, ibi neque quaerentes a vobis neque ab aliis gloriam de doctrina, cum haberemus unde possemus gloriari et accipere, imo oneri esse, quia debebant ei gloriam et sustentationem; unde dicit cum possemus. Et vocat onus, quia perverse eis praedicantes ultra modum haec ab eis quaerebant. Is. III, 14: vos enim depasti estis vineam meam, et cetera. Deinde cum dicit sed facti sumus, etc., manifestat haec duo, et primo quod non quaerit humanam gloriam; secundo quod nec occasionem avaritiae, ibi memores enim estis. Circa primum duo facit; quia primo ostendit suam humilitatem; secundo sub similitudine ostendit suam sollicitudinem, ibi tamquam si nutrix. Ponit ergo primum, dicens quod facti sumus parvuli, etc., id est humiles. Eccli. XXXII, 1: rectorem te posuerunt? Noli extolli, sed esto in illis quasi unus ex ipsis. Quod ostendit in similitudine, dicens tamquam si nutrix, quae scilicet condescendit infanti balbutiendo ei loquens, ut puer loqui discat, et in gestibus ei etiam condescendit. I Cor. IX, 22: omnibus omnia factus sum. I Cor. III, 1: tamquam parvulis in Christo lac vobis potum dedi, non escam. Etiam animas. Jn. X, 11: bonus pastor animam suam dat pro ovibus suis, et cetera. Quoniam charissimi, et cetera. II Cor. XII, 15: ego autem libentissime impendam et superimpendar ego ipse pro animabus vestris, et cetera. Deinde cum dicit memores enim estis, ostendit, secundum, quod supra dixerat, scilicet item neque per occasionem avaritiae, quia nihil a vobis sumpsimus, sed de labore, quia laboris, et cetera. Et aliqui laborant quidem, sed ex solatio, sed nos non, sed cum labore. Ideo dicit laboris nostri, non propter exercitationem corporis, sed cum fatigatione. Unde dicit et fatigationis. Aliqui etiam laborant de die, nos vero nocte et die. Per hoc enim voluit arcere pseudo, qui nimis accipiebant, et propter otiosos inter eos. I Cor. IV, 12: laboramus operantes manibus nostris, et cetera. Deinde cum dicit vos enim estis, ponit puritatem suae conversationis, et primo quomodo sancta, quo ad vitam; secundo quomodo sollicita, quo ad doctrinam, ibi qualiter unumquemque. Dicit ergo: scitis quam sancte, id est pure. Lv. XI, 44 et XIX, 2: sancti estote, quia ego sanctus sum. Iuste, quo ad proximum. Tt. II, 12: sobrie et iuste, et pie vivamus in hoc saeculo. Sine querela, vobis qui credidistis, id est ex quo credidistis nihil agentes, unde quis posset scandalizare unumquemque vestrum singulariter. Nota quod singularis praedicatio quandoque multum valet. Tamquam pater. I Cor. IV, 15: in Christo Iesu per Evangelium ego vos genui. Deprecantes. Phm. 8: multam fiduciam habens in Christo Iesu imperandi tibi quod ad rem pertinet, propter charitatem magis obsecro. Et consolantes per verba lenia. Contra quod dicitur Ez. XXXIV, 4: cum austeritate imperabatis eis cum potentia. Is. LXI, 2: ut consolarer omnes lugentes, et ponerem consolationem lugentibus Sion. Et quid praedicasti? Ut digne, id est, ut vestra conversatio esset talis, qualis decet ministros Christi. Col. I, 10: ambuletis digne Deo per omnia placentes. Deo, qui, et cetera. Sg. VI, 21: concupiscentia itaque sapientiae deducet ad regnum perpetuum.

 

Lire la suite

Super Io., cap. 16 l. 4

7 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super Io., cap. 16 l. 4

Super Io., cap. 16 l. 4 Supra positus est duplex fructus adventus Spiritus Sancti, scilicet mundi arguitio et discipulorum instructio, hic ponitur tertius fructus, scilicet Christi clarificatio, et primo proponit fructum clarificationis; secundo manifestat rationem ipsius, ibi quia de meo accipiet; tertio subditur manifestatio rationis, ibi omnia quae habet Pater, mea sunt. Dicit ergo: docebit omnem veritatem, quia ille me clarificabit, in quo est omnis veritas; supra XIV, 6: ego sum via, veritas et vita; Col. II, 3: in quo, scilicet Christo, sunt omnes thesauri sapientiae et scientiae. Clarificabit me: idest, meam notitiam claram faciet. Primo quidem discipulos illuminando: quia adhuc carnales erant, et ad Christum afficiebantur secundum carnem, idest secundum infirmitatem carnis, non cognoscentes divinitatis eius maiestatem, cuius postmodum per Spiritum Sanctum sunt capaces effecti; I Cor. II, 10: nobis autem revelavit Deus per Spiritum suum. Secundo fiduciam clare annuntiandi praebendo. Nam discipuli ante timidi erant, ita ut non auderent Christum publice confiteri, sed Spiritu Sancto repleti, timore depulso, annuntiaverunt hominibus Christum, ab ipso spiritu quodammodo impulsi; Is. LIX, 19: cum venerit quasi fluvius violentus quem Spiritus Domini cogit. Unde et apostolus dicebat: caritas Christi urget nos. Tertio opera mirifica in apostolis, et per apostolos faciendo; I Cor. XII, 11: haec omnia operatur unus atque idem Spiritus. Hic ponitur ratio clarificationis, quae est, quia Filius est principium Spiritus Sancti. Omne enim quod est ab alio, manifestat id a quo est: Filius enim manifestat Patrem, quia est ab ipso. Quia ergo Spiritus Sanctus est a Filio, proprium est ut clarificet eum. Dicit ergo: ideo me clarificabit quia de meo accipiet. Accipere autem hoc non est intelligendum eo modo quo in creaturis. Tria enim sunt in acceptione creaturarum, quorum duo non sunt in divinis. Scilicet, quia in creaturis aliud est quod accipit, et aliud quod accipitur: quod non est in divinis, cum personae divinae simplices sint, nec in eis sit aliud et aliud: immo a quocumque accipit Spiritus Sanctus, accipit totam substantiam suam, similiter et Filius. Aliud est, quod in creaturis accipiens aliquando fuit non habens id quod accipit, sicut si materia accipiat formam, vel subiectum accidens: aliquando enim materia fuit sine tali forma, et subiectum sine tali accidente. Et hoc quidem non est in divinis: quia Filius ab aeterno est habens quod accipit a Patre, et Spiritus Sanctus quod a Patre et Filio accipit. Ergo Spiritus Sanctus a Filio, sicut Filius accipit a Patre; supra X, 29: Pater quod dedit mihi, maius omnibus est. Sic ergo accipere in divinis dicit ordinem originis. Sed nota, quod cum dicit de meo accipiet, ly de non importat participationem, sed consubstantialitatem, quia totum accipit quod Filius habet. Sicut enim Filius dicitur de substantia Patris, quia accipit totam substantiam Patris, ita et Spiritus Sanctus de substantia Filii, quia accipit totam substantiam eius. Quia ergo de meo accipiet, et ego sum verbum Dei, ideo annuntiabit vobis. Spiritus enim animalis nullo modo potest esse nisi secundum quod procedit a verbo interius concepto. Hic ponitur rationis manifestatio, ubi Christus probat quod Spiritus Sanctus accipiebat de suo propter unitatem et consubstantialitatem Patris et Filii ubi primo ponit consubstantialitatem Patris et Filii; secundo infert conclusionem intentam, ibi propterea dixi quia de meo accipiet. Dicit ergo de meo accipiet, quia omnia quae habet Pater, mea sunt, quasi dicat: licet a Patre procedat Spiritus veritatis, tamen quia omnia quae habet Pater, mea sunt, et ipse Patris spiritus est, et de meo accipiet. Sed notandum, quod habere dicimur aliquid dupliciter. Uno modo sicut possessionem; alio modo sicut quod in nobis est, puta vel sicut forma, vel sicut pars. Pater ergo habet sicut possessionem et rem sibi subiectam totam creaturam: Ps. XXIII, 1: Domini est terra et plenitudo eius; habet etiam aliquid quod in ipso est, immo quod est ipse, quia ipse est quidquid in ipso Christo est, cum ipse sit sua essentia, sua bonitas, sua veritas et aeternitas. De hoc ergo modo habendi loquitur. Et sic quidquid habet Pater est Filii: quia eamdem sapientiam, eamdem bonitatem habet Filius quam habet et Pater; supra V, 26: sicut Pater habet vitam in semetipso, sic dedit et Filio habere vitam in semetipso; Mt. XI, 27: omnia mihi tradita sunt a Patre meo. Sed, sicut Didymus dicit, obiiciunt aliqui: si omnia quaecumque habet Pater, et Filius, ergo cum Pater habeat paternitatem, sequitur quod et Filius. Ad quod respondet, quod haec quidem ratio haberet apparentiam, si Dominus diceret: omnia quae habet Deus, mea sunt. Sed dicens omnia quae habet Pater, salvat distinctionem Patris et Filii dans intelligere quod omnia quaecumque habet Pater, sua sunt, praeter id in quo distinguitur Pater a Filio. Nam Patris nomine se filium declaravit, paternitatem qui filius erat non sibi usurpavit. Sed notandum, quod simpliciter concedimus hanc, scilicet quidquid habet Pater, habet Filius, non tamen quod eo ordine habet Filius quo Pater habet. Nam Filius habet sicut ab alio accipiens; Pater vero sicut alii dans. Non ergo est distinctio in eo quod habetur, sed in ordine habendi. Huiusmodi autem relationes, scilicet paternitas et filiatio, huius ordinis distinctionem important: paternitas enim importat hoc quod est dare alii, filiatio vero accipere ab alio. Sed quaeritur utrum relatio in divinis sit aliquid realiter. Videtur quod sic: alias, cum personae divinae relationibus distinguantur, eorum distinctio non esset realis. Dicendum ergo, quod relatio in divinis dupliciter consideratur. Uno modo per comparationem ad essentiam seu personam Patris; et sic relatio Patris non est alia res quam essentia seu persona Patris. Alio modo potest considerari per comparationem ad oppositam relationem, puta ad filiationem; et sic paternitas est relatio realis, quia secundum hoc importat ordinem naturae, quem Pater dat Filio per aeternam generationem: qui quidem ordo est in Deo secundum rei veritatem. Sic ergo, si paternitas comparetur ad essentiam Patris, omnia quaecumque habet Pater, habet Filius, quia paternitas non est alia res ab essentia Patris; sed non eo ordine habet, ut dictum est. Hic infert intentam conclusionem, quod Spiritus Sanctus accipiat a Filio. Ex necessitate enim oportet quod si omnia quae habet Pater sint Filii, et Filius sit consubstantialis Patri, quod Spiritus Sanctus procedat a Filio sicut procedit a Patre, ut Hilarius et Didymus arguunt. Ad quod sciendum est, quod in qualibet processione seu origine rei creatae dicimus, quod idem sit quo agens agit, seu dat quod habet, et quod recipiens recipit; sicut ignis generatus recipit formam ignis, quam ignis generans dat per formam suam. Sed hoc in origine divinarum personarum est quodammodo simile, scilicet quod idem est quo Pater dat naturam suam Filio, non voluntate, sed natura, idest per naturam suam. Sed in hoc est dissimile: quia in creaturis non est idem numero, quod communicatur et quo communicatur, sed specie solum; sed in divinis est eadem natura numero quam Pater dat Filio, et qua eam dat seu communicat. Sed attende quod dicimus quod Filius accipit de substantia Patris, idest substantiam Patris; et Spiritus Sanctus de substantia Patris et Filii; et quod Pater virtute naturae suae dat Filio substantiam suam et Pater et Filius Spiritui Sancto. Sed tamen non dicimus quod Pater de substantia sit Filii, vel Pater et Filius de substantia Spiritus Sancti: quia ly de importat consubstantialitatem cum ordine originis. Sic ergo Spiritui Sancto communicatur quod commune est Patri et Filio. Oportet autem quod illud idem sit principium communicationis in divinis et quod communicatur. Si ergo essentia communicatur Spiritui Sancto, oportet quod communicans sit essentia. Essentia autem est communis Patri et Filio: oportet ergo quod si Pater dat essentiam Spiritui Sancto, quod et Filius similiter det: et ideo dicit, quia omnia quaecumque habet pater, mea sunt. Et si Spiritus Sanctus accepit a Patre, accipiet etiam a Filio; et ideo dicit propterea dixi vobis, quia de meo accipiet, et annuntiabit vobis, quia secundum quod a me accipit, ita annuntiabit vobis.

Lire la suite

Epiphanie du Seigneur

6 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Epiphanie du Seigneur

Introït

Voilà que vient le Seigneur Maître ; le pouvoir est dans sa main, la puissance et l’empire. O Dieu, donnez au roi votre jugement et au fils du roi votre justice.

Collecte

O Dieu, qui avez révélé en ce jour votre Fils unique aux païens par l’apparition d’une étoile : faites dans votre miséricorde que, vous connaissant déjà par la foi, nous soyons amenés à vous contempler dans l’éclat de votre majesté.

Lecture Is. 60, 1-6

Lève-toi, et resplendis, Jérusalem ! Car ta lumière paraît, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et une sombre obscurité les peuples ; mais sur toi le Seigneur se lève, et sa gloire se manifeste sur toi. Les nations marchent vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever. Lève tes regards autour de toi, et vois : Tous se rassemblent, ils viennent à toi ; tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Tu le verras alors, et tu seras radieuse ; ton cœur tressaillira et se dilatera ; car les richesses de la mer se dirigeront vers toi, les trésors des nations viendront à toi. Des multitudes de chameaux te couvriront, les dromadaires de Madian et d’Epha ; tous ceux de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et publieront les louanges du Seigneur.

Évangile Mt. 2, 1-12

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus l’adorer." Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et il s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : "A Bethléem de Judée, car ainsi a-t-il été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple." Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les mages, s’enquit avec soin auprès d’eux du temps où l’étoile était apparue. Et il les envoya à Bethléem en disant : "Allez, informez-vous exactement au sujet de l’enfant, et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j’aille l’adorer." Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils eurent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, (Ici on se met à genoux) et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Offertoire

Les rois de Tharsis et les îles lui offriront des présents, les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons et tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations le serviront.

Secrète

Jetez une regard bienveillant, nous vous en supplions, Seigneur, sur les dons de votre Eglise, laquelle ne vous offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais Celui que figuraient ces offrandes, qui a été immolé et qui s’est fait notre nourriture, Jésus-Christ votre Fils, Notre-Seigneur.

Communion

Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus avec des présents adorer le Seigneur.

Postcommunion

Faites, nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, que célébrant ce mystère en un office solennel nous en obtenions l’intelligence et en recueillions les fruits dans une âme purifiée.

Office

Au premier nocturne.

Du Prophète Isaïe. Cap. 55, 1-4 ; 60, 1-6 ; 61, 10-11 & 62, 1.

Première leçon. Vous tous qui avez soif, venez vers les eaux : et (vous) qui n’avez pas d’argent, hâtez-vous, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans aucun échange, du vin et du lait. Pourquoi dépensez-vous de l’argent à ce qui n’est pas du pain et votre travail à ce qui ne peut vous rassasier ? Écoutez-moi avec une grande attention, et mangez une bonne nourriture, et votre âme se délectera en s’engraissant. Inclinez votre oreille, et venez à moi ; écoute ?, et votre âme vivra et je ferai avec vous un pacte éternel (qui montrera) véritables les miséricordes (promises) à David. Voilà que je l’ai donné pour témoin aux peuples, pour chef et pour maître aux Nations.
Deuxième leçon. Lève-toi, sois éclairée, Jérusalem, parce qu’est venue ta lumière, et que la gloire du Seigneur sur toi s’est levée. Parce que voilà que les ténèbres couvriront la terre, et une obscurité, les peuples ; mais sur toi se lèvera le Seigneur, et sa gloire en toi se verra. Et des Nations marcheront à ta lumière, et des rois à la splendeur de ton lever. Lève autour de toi, tes yeux, et vois ; tous ceux-ci se sont rassemblés, ils sont venus à toi ; tes fils de loin viendront, et tes filles à ton côté se lèveront. Alors tu verras, et tu seras dans l’abondance ; ton cœur admirera et se dilatera, quand se sera tournée vers toi la richesse de la mer, et que la force des Nations sera venue à toi. Une inondation de chameaux te couvrira, des dromadaires de Madian et d’Epha ; tous viendront de Saba, apportant de l’or et de l’encens, et publiant des louanges en l’honneur du Seigneur.
Troisième leçon. Me réjouissant, je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu ; parce qu’il m’a revêtu des vêtements du salut, et du manteau de la justice ; il m’a enveloppé, comme l’époux paré d’une couronne, et comme l’épouse ornée de ses colliers. Car comme la terre produit son germe, et comme un jardin fait germer sa semence, ainsi le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les Nations. A cause de Sion, je ne me tairai pas, et à cause de Jérusalem je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que paraisse son juste comme une éclatante lumière, et que son sauveur, comme un flambeau, répande sa clarté.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. « Réjouissez-vous dans le Seigneur, mes bien-aimés, je le dis encore, réjouissez-vous » ; puisque peu de temps après la solennité de la Nativité de Jésus-Christ, la fête de sa manifestation brille à son tour : et celui que la Vierge a enfanté le vingt-cinq décembre, le monde l’a reconnu aujourd’hui. Le Verbe fait chair a disposé son entrée dans le monde de telle manière que l’enfant Jésus fut manifesté aux fidèles et caché à ses persécuteurs. Alors déjà « les cieux racontèrent la gloire de Dieu, et le bruit de la vérité se répandit dans toute la terre, » quand une armée d’Anges apparut aux pasteurs pour leur annoncer la naissance du Sauveur, et qu’une étoile servit de guide aux Mages pour le venir adorer. L’avènement du véritable Roi fut ainsi manifesté avec éclat du levant au couchant, car les royaumes de l’Orient apprirent des Mages les éléments de la foi, et ils ne restèrent pas cachés à l’empire romain.
Cinquième leçon. La cruauté d’Hérode, voulant étouffer dans le berceau le Roi qui lui était suspect, servait, à son insu, à cette diffusion de la foi. Tandis qu’il s’appliquait à faire réussir un crime détestable, et qu’il cherchait à envelopper dans un massacre général l’enfant qui lui restait inconnu, le bruit de ce massacre divulguait en tous lieux la naissance du maître du ciel. La nouvelle s’en répandit d’autant plus promptement et d’autant mieux, que le prodige d’un signe dans le ciel était plus nouveau, et l’impiété du persécuteur plus cruelle. Alors aussi le Sauveur fut porté en Égypte, pour que ce peuple attaché à d’anciennes erreurs fût préparé, par une grâce secrète, à recevoir son prochain salut, et afin qu’avant même d’avoir banni ses vieilles superstitions, ce pays reçût pour hôte la vérité même.

Sixième leçon. Reconnaissons donc, mes bien-aimés, dans les Mages adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance. Car dès ce moment nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste ; depuis lors les passages mystérieux des saintes Écritures qui se rapportaient au Christ ont été découverts pour nous, et la vérité que l’aveuglement des Juifs n’accepte pas, a répandu sa lumière dans toutes les Nations. Honorons donc ce très saint jour en lequel l’Auteur de notre salut s’est fait connaître, et Celui que les Mages ont adoré petit enfant dans une crèche, adorons-le, tout-puissant dans les Cieux. Et, comme les Rois firent de leurs trésors des offrandes mystiques au Seigneur, cherchons de même à trouver dans nos cœurs des dons qui méritent d’être offerts à Dieu.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Comme vous l’avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture de l’Évangile, un roi de la terre se troubla à la naissance du Roi des Cieux : c’est parce que les grandeurs terrestres sont confondues, lorsque celles du Ciel viennent à paraître. Mais nous devons chercher pour quel motif, à la naissance du Rédempteur, un Ange apparut aux pasteurs dans la Judée, tandis que ce ne fut pas un Ange, mais une étoile, qui servit de guide aux Mages de l’Orient, pour venir l’adorer. Ce fut, sans doute, parce que les Juifs, usant de la raison pour connaître le vrai Dieu, il était juste qu’un Ange, c’est-à-dire une créature raisonnable, leur annonçât la nativité du Sauveur ; quant aux Gentils, qui ne savaient pas se servir de leur raison, ils sont amenés à connaître le Seigneur, non par une voix, mais par des signes matériels. C’est pourquoi saint Paul a dit : « .Les prophéties sont données aux fidèles, non aux infidèles ; mais les signes sont pour les infidèles, non pour les fidèles. » Aussi les prophéties ont-elles été annoncées aux pasteurs qui étaient Juifs, comme à des fidèles, et les signes ont-ils été donnés aux Mages, comme à des infidèles et non comme à des fidèles.
Huitième leçon. Il faut remarquer que lorsque notre Rédempteur aura atteint l’âge d’homme parfait, les Apôtres le prêcheront à ces mêmes Gentils, tandis que lorsqu’il est enfant, et ne se sert pas encore pour parler de ses organes corporels, c’est une étoile qui l’annonce à la Gentilité. L’ordre de la raison voulait sans doute que ce fussent des prédicateurs qui parlassent pour nous faire connaître le Seigneur quand lui-même eut parlé, et que des éléments muets l’annonçassent lorsqu’il ne parlait pas encore. Mais nous devons considérer, au souvenir de tous les prodiges qui ont paru, et à la naissance et à la mort du Seigneur, quelle fut la dureté de cœur de ceux des Juifs qui ne le reconnurent, ni au don de prophétie ni à ses miracles.
Neuvième leçon. Tous les éléments ont rendu témoignage à la venue de leur Auteur. Et, pour en parler selon le langage usité parmi les hommes, les cieux ont reconnu qu’il était Dieu, puisqu’aussitôt ils ont envoyé l’étoile. La mer l’a reconnu, car elle s’est affermie sous ses pas. La terre l’a reconnu, puisqu’elle a tremblé, quand il expirait. Le soleil l’a reconnu puisqu’alors il a caché les rayons de sa lumière. Les rochers et les murailles l’ont reconnu, puisqu’au moment de sa mort, ils se sont fendus. L’enfer l’a reconnu, car il a rendu à la liberté les morts qu’il renfermait. Et cependant, celui que tous les éléments insensibles ont reconnu pour leur Seigneur, les cœurs des Juifs infidèles ne l’ont pas reconnu comme Dieu, et plus durs que les rochers ils n’ont pas voulu s’ouvrir à la pénitence.

 La Fête de l’Épiphanie est la suite du mystère de Noël ; mais elle se présente, sur le Cycle chrétien, avec une grandeur qui lui est propre. Son nom qui signifie Manifestation, indique assez qu’elle est destinée à honorer l’apparition d’un Dieu au milieu des hommes !

Ce jour, en effet, fut consacré durant plusieurs siècles à fêter la Naissance du Sauveur ; et lorsque, vers l’an 376, les décrets du Saint-Siège obligèrent toutes les Églises à célébrer désormais, avec Rome, le mystère de la Nativité au 25 décembre, le 6 janvier ne fut pas entièrement déshérité de son antique gloire. Le nom d’Épiphanie lui resta avec la glorieuse mémoire du Baptême de Jésus-Christ, dont une tradition fixe l’anniversaire à ce jour.

L’Église Grecque donne à cette Fête le vénérable et mystérieux nom de Théophanie, si célèbre dans l’antiquité pour signifier une Apparition divine. On trouve ce nom dans Eusèbe, dans saint Grégoire de Nazianze, dans saint Isidore de Péluse ; il est le propre titre de la Fête dans les livres liturgiques de l’Église Grecque.

Les Orientaux appellent encore cette solennité les saintes Lumières, à cause du Baptême que l’on conférait autrefois en ce jour, en mémoire du Baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain. On sait que le Baptême est appelé dans les Pères illumination, et ceux qui l’ont reçu illuminés.

Enfin, nous nommons familièrement, en France, cette fête la Fête des Rois, en souvenance des Mages, dont la venue à Bethléem est particulièrement solennisée aujourd’hui.

L’Épiphanie partage avec les Fêtes de Noël, de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte, l’honneur d’être qualifiée de jour très saint, au Canon de la Messe ; et on la range parmi les fêtes cardinales, c’est-à-dire parmi les solennités sur lesquelles repose l’économie de l’Année liturgique. Une série de six Dimanches emprunte d’elle son nom, comme d’autres successions dominicales se présentent sous le titre de Dimanches après Pâques, Dimanches après la Pentecôte.

Par suite de la Convention faite en 1801 entre Pie VII et le Gouvernement français, le légat Caprara procéda à une réduction des fêtes, et la piété des fidèles en vit, à regret, supprimer un grand nombre. Il y eut des solennités qui ne furent pas supprimées, mais dont la célébration fut remise au Dimanche suivant. L’Épiphanie est de celles qui subirent ce sort ; et toutes les fois que le 6 janvier n’est pas un Dimanche, nos Églises voient retarder jusqu’au Dimanche suivant les pompes qui accompagnent un si grand jour dans tout l’univers catholique. Espérons que des jours meilleurs luiront enfin sur notre Église, et qu’un avenir plus heureux nous rendra les joies dont la sage condescendance du Saint-Siège nous a sevrés pour un temps.

Ce jour de l’Épiphanie du Seigneur est donc véritablement un grand jour ; et l’allégresse dans laquelle nous a plongés la Nativité du divin Enfant doit s’épanouir, tout de nouveau, dans cette solennité. En effet, ce second rayonnement de la Fête de Noël nous montre la gloire du Verbe incarné dans une splendeur nouvelle ; et sans nous faire perdre de vue les charmes ineffables du divin Enfant, il manifeste dans tout l’éclat de sa divinité le Sauveur qui nous a apparu dans son amour. Ce ne sont plus seulement les bergers qui sont appelés par les Anges à reconnaître le VERBE FAIT CHAIR, c’est le genre humain, c’est la nature entière que la voix de Dieu même convie à l’adorer et à l’écouter.

Or, dans les mystères de sa divine Épiphanie, trois rayons du Soleil de justice descendent jusqu’à nous. Ce sixième jour de janvier, sur le cycle de Rome païenne, fut assigné à la célébration du triple triomphe d’Auguste, auteur et pacificateur de l’Empire ; mais lorsque notre Roi pacifique, dont l’empire est sans limites et pour jamais, eut décidé, par le sang de ses martyrs, la victoire de son Église, cette Église jugea, dans la sagesse du ciel qui l’assiste, qu’un triple triomphe de l’Empereur immortel devait remplacer, sur le Cycle régénéré, les trois triomphes du fils adoptif de César.

Le six janvier restitua donc au vingt-cinq décembre la mémoire de la Naissance du Fils de Dieu ; mais, en retour, trois manifestations de la gloire du Christ vinrent s’y réunir dans une même Épiphanie : le mystère des Mages, venus d’Orient sous la conduite de l’Étoile, pour honorer la Royauté divine de l’Enfant de Bethléem ; le mystère du Baptême du Christ, proclamé Fils de Dieu, dans les eaux du Jourdain, par la voix même du Père céleste ; enfin le mystère de la puissance divine de ce même Christ, transformant l’eau en vin, au festin symbolique des Noces de Cana. Le jour consacré à la mémoire de ces trois prodiges est-il en même temps l’anniversaire de leur accomplissement ? Cette question est débattue entre les savants. Dans ce livre, où notre but n’est autre que de favoriser la piété des fidèles, nous n’entrerons point dans ces discussions purement critiques ; nous nous contenterons de dire que l’adoration des Mages a eu lieu en ce jour même, d’après le sentiment si grave de Baronius, de Suarez, de Théophile Raynaud, d’Honoré de Sainte-Marie, du cardinal Gotti, de Sandini, et d’une infinité d’autres, à l’opinion desquels se joint expressément le suffrage éclairé de Benoît XIV. Le Baptême du Christ, au six janvier, est un fait reconnu par les critiques les plus exigeants, par Tillemont lui-même, et qui n’a été contesté que par une imperceptible minorité d’écrivains. Quant au miracle des Noces de Cana, la certitude du jour précis de son accomplissement est moins grande, bien qu’il soit impossible de démontrer que ce prodige n’ait pas eu lieu le six janvier. Mais il suffit aux enfants de l’Église que leur Mère ait fixé la mémoire de ces trois manifestations dans la Fête d’aujourd’hui, pour que leurs cœurs applaudissent aux triomphes du divin Fils de Marie.

Si nous considérons maintenant en détail le multiple objet de la solennité, nous remarquons d’abord que l’adoration des Mages est celui des trois mystères que la sainte Église Romaine honore aujourd’hui avec le plus de complaisance. La majeure partie des chants de l’Office et de la Messe est employée à le célébrer ; et les deux grands Docteurs du Siège Apostolique, saint Léon et saint Grégoire, ont paru vouloir y insister presque uniquement, dans leurs Homélies sur cette fête, quoiqu’ils confessent avec saint Augustin, saint Paulin de Nole, saint Maxime de Turin, saint Pierre Chrysologue, saint Hilaire d’Arles, et saint Isidore de Séville, la triplicité du mystère de l’Épiphanie. La raison de la préférence de l’Église Romaine pour le mystère de la Vocation des Gentils, vient de ce que ce grand mystère est souverainement glorieux à Rome, qui, de chef de la gentilité qu’elle était jusqu’alors, est devenue le chef de l’Église chrétienne et de l’humanité, par la vocation céleste qui appelle en ce jour tous les peuples à l’admirable lumière de la foi, en la personne des Mages.

L’Église Grecque ne fait point aujourd’hui une mention spéciale de l’adoration des Mages ; elle a réuni ce mystère à celui de la Naissance du Sauveur dans ses Offices pour le jour de Noël. Toutes ses louanges, dans la présente solennité, ont pour objet unique le Baptême de Jésus-Christ.

Ce second mystère de l’Épiphanie est célébré en commun avec les deux autres par l’Église latine, au six janvier. Il en est fait plusieurs fois mention dans l’Office d’aujourd’hui ; mais la venue des Mages au berceau du Roi nouveau-né attirant surtout l’attention de Rome chrétienne en cette journée, il a été nécessaire, pour que le mystère de la sanctification des eaux fût dignement honoré, d’en attacher la mémoire à un autre jour. L’Octave de l’Épiphanie a été choisie par l’Église d’Occident pour honorer spécialement le Baptême du Sauveur.

Le troisième mystère de l’Épiphanie étant aussi un peu offusqué par l’éclat du premier, quoiqu’il soit plusieurs fois rappelé dans les chants de la Fête, sa célébration spéciale a été pareillement remise à un autre jour, savoir au deuxième Dimanche après l’Épiphanie.

Plusieurs Églises ont réuni au mystère du changement de l’eau en vin celui de la multiplication des pains, qui renferme en effet plusieurs analogies avec le premier, et dans lequel le Sauveur manifesta pareillement sa puissance divine ; mais l’Église Romaine, en tolérant cet usage dans les rites Ambrosien et Mozarabe, ne l’a jamais reçu, pour ne pas déroger au nombre de trois qui doit marquer sur le Cycle les triomphes du Christ, au six janvier ; et aussi parce que saint Jean nous apprend, dans son Évangile, que le miracle de la multiplication des pains eut lieu aux approches de la Fête de Pâques : ce qui ne pourrait convenir en aucune façon à l’époque de l’année où l’on célèbre l’Épiphanie.

Pour la disposition des matières, dans cette solennité, nous garderons l’ordre suivant. Aujourd’hui, nous honorerons avec l’Église les trois mystères à la fois ; dans le cours de l’Octave, nous contemplerons le mystère de la venue des Mages ; nous vénérerons le Baptême du Sauveur, au jour même de l’Octave ; et nous traiterons le mystère des Noces de Cana, au deuxième Dimanche après la fête, jour auquel l’Église a réuni, dans ces derniers temps, avec une parfaite harmonie, la solennité du très saint Nom de Jésus.

Livrons-nous donc tout entiers à l’allégresse d’un si beau jour ; et dans cette fête de la Théophanie, des saintes Lumières, des Rois Mages, considérons avec amour l’éblouissante lumière de notre divin Soleil qui monte à pas de géant, comme dit le Psalmiste, et qui verse sur nous les flots d’une lumière aussi douce qu’éclatante. Déjà les bergers accourus à la voix de l’Ange ont vu renforcer leur troupe fidèle ; le prince des Martyrs, le Disciple Bien-Aimé, la blanche cohorte des Innocents, le glorieux Thomas, Silvestre, le Patriarche de la paix, ne sont plus seuls à veiller sur le berceau de l’Emmanuel ; leurs rangs s’ouvrent pour laisser passer les Rois de l’Orient, porteurs des vœux et des adorations de l’humanité entière. L’humble étable est devenue trop étroite pour un tel concours ; et Bethléem apparaît vaste comme l’univers. Marie, le Trône de la divine Sagesse, accueille tous les membres de cette cour avec son gracieux sourire de Mère et de Reine ; elle présente son Fils aux adorations de la terre et aux complaisances du ciel. Dieu se manifeste aux hommes, parce qu’il est grand ; mais il se manifeste par Marie, parce qu’il est miséricordieux.

Nous trouvons dans les premiers siècles de l’Église deux événements remarquables qui ont signalé la grande journée qui nous rassemble aux pieds du Roi pacifique. Le six janvier 361, le César Julien, déjà apostat dans son cœur, à la veille de monter sur le trône impérial que bientôt la mort de Constance allait laisser vacant, se trouvait à Vienne dans les Gaules. 11 avait besoin encore de l’appui de cette Église chrétienne dans laquelle on disait même qu’il avait reçu le degré de Lecteur, et que cependant il se préparait à attaquer avec toute la souplesse et toute la férocité du tigre Nouvel Hérode, artificieux comme l’ancien, il voulut aussi, dans ce jour de l’Épiphanie, aller adorer le Roi nouveau-né. Au rapport de son panégyriste Ammien Marcellin, on vit le philosophe couronné sortir de l’impie sanctuaire où il consultait en secret les aruspices, puis s’avancer sous les portiques de l’église, et au milieu de l’assemblée des fidèles, offrir au Dieu des chrétiens un hommage aussi solennel que sacrilège.

Onze ans plus tard, en 372, un autre Empereur pénétrait aussi dans l’église, en cette même solennité de l’Épiphanie. C’était Valens, chrétien par le Baptême comme Julien, mais persécuteur, au nom de l’Arianisme, de cette même Église que Julien poursuivait au nom de ses dieux impuissants et de sa stérile philosophie. La liberté évangélique d’un saint Évêque abattit Valens aux pieds du Christ Roi, en ce même jour où la politique avait contraint Julien de s’incliner devant la divinité du Galiléen.

Saint Basile sortait à peine de son célèbre entretien avec le préfet Modestus, dans lequel il avait vaincu toute la force du siècle par la liberté de son âme épiscopale. Valens arrive à Césarée, et, l’impiété arienne dans le cœur, il se rend à la basilique où le Pontife célébrait avec son peuple la glorieuse Théophanie. « Mais, comme le dit éloquemment saint Grégoire de Nazianze, à peine l’Empereur a-t-il franchi le seuil de l’enceinte sacrée, que le chant des psaumes retentit à ses oreilles comme un tonnerre. Il contemple avec saisissement la multitude du peuple fidèle, semblable à une mer. L’ordre, la pompe du sanctuaire éclatent à ses yeux d’une majesté plus angélique qu’humaine. Mais ce qui l’émeut plus que tout le reste, c’est cet Archevêque debout en présence de son peuple, le corps, les yeux, l’esprit aussi fermes que si rien de nouveau ne se fût passé ; tout entier à Dieu et à l’autel. Valens considère aussi les ministres sacrés, immobiles dans le recueillement, remplis de la sainte frayeur des Mystères. Jamais l’Empereur n’avait assisté à un spectacle si auguste ; sa vue s’obscurcit, sa tête tourne, son âme est saisie d’étonnement et d’horreur. »

Le Roi des siècles, Fils de Dieu et Fils de Marie, avait vaincu. Valens sentit s’évanouir ses projets de violence contre le saint Évêque ; et si, dans ce moment, il n’adora pas le Verbe consubstantiel au Père, du moins il confondit ses hommages extérieurs avec ceux du troupeau de Basile. Au moment de l’offrande, il s’avança vers la barrière sacrée, et présenta ses dons au Christ en la personne de son Pontife. La crainte que Basile ne les voulût pas recevoir agitait si violemment le prince, que la main des ministres du sanctuaire dut le soutenir pour qu’il ne tombât pas, dans son trouble, au pied même de l’autel.

Ainsi, dans cette grande solennité, la Royauté du Sauveur nouveau-né a-t-elle été honorée par les puissants de ce monde qu’on a vus, selon la prophétie du Psaume, abattus, et léchant la terre à ses pieds.

Mais de nouvelles générations d’empereurs et de rois devaient venir qui fléchiraient les genoux, et présenteraient au Christ-Seigneur l’hommage d’un cœur dévoué et orthodoxe. Théodose, Charlemagne, Alfred le Grand, Étienne de Hongrie, Édouard le Confesseur, Henri II l’Empereur, Ferdinand de Castille, Louis IX de France, tinrent ce jour en grande dévotion ; et leur ambition fut de se présenter avec les Rois Mages aux pieds du divin Enfant, et de lui ouvrir comme eux leurs trésors. L’usage s’était même conservé à la cour de France jusqu’à l’an 1378 et au delà, comme en fait foi le continuateur de Guillaume de Nangis, que le Roi très chrétien, venant à l’offrande, présentât de l’or, de l’encens et delà myrrhe, comme un tribut à l’Emmanuel.

Mais cette représentation des trois mystiques présents des Mages n’était pas seulement usitée à la cour des rois : la piété des fidèles au moyen âge présentait aussi au Prêtre pour qu’il les bénît, en la Fête de l’Épiphanie, de l’or, de l’encens et de la myrrhe ; et l’on conservait en l’honneur des trois Rois ces signes touchants de leur dévotion envers le Fils de Marie, comme un gage de bénédiction pour les maisons et pour les familles. Cet usage s’est conservé encore en quelques diocèses d’Allemagne, et il n’a disparu du Rituel Romain que dans l’édition de Paul V, qui crut devoir supprimer plusieurs bénédictions, que la piété des fidèles ne réclamait plus que rarement.

Un autre usage a subsisté plus longtemps, inspiré aussi par la piété naïve des âges de foi. Pour honorer la royauté des Mages venus de l’Orient vers l’Enfant de Bethléem, on élisait au sort, dans chaque famille, un Roi pour cette fête de l’Épiphanie. Dans un festin animé d’une joie pure, et qui rappelait celui des Noces de Galilée, on rompait un gâteau ; et l’une des parts servait à désigner le convive auquel était échue cette royauté d’un moment. Deux portions du gâteau étaient détachées pour être offertes à l’Enfant Jésus et à Marie, en la personne des pauvres, qui se réjouissaient aussi en ce jour du triomphe du Roi humble et pauvre. Les joies de la famille se confondaient encore une fois avec celles de la Religion ; les liens de la nature, de l’amitié, du voisinage, se resserraient autour de cette table des Rois ; et si la faiblesse humaine pouvait apparaître quelquefois dans l’abandon d’un festin, l’idée chrétienne n’était pas loin, et veillait au fond des cœurs.

Heureuses encore aujourd’hui les familles au sein desquelles la fête des Rois se célèbre avec une pensée chrétienne ! Longtemps, un faux zèle a déclamé contre ces usages naïfs dans lesquels la gravité des pensées de la foi s’unissait aux épanchements de la vie domestique ; on a attaqué ces traditions de famille sous le prétexte du danger de l’intempérance , comme si un festin dépourvu de toute idée religieuse était moins sujet aux excès. Par une découverte assez difficile, peut-être, à justifier, on est allé jusqu’à prétendre que le gâteau de l’Épiphanie, et la royauté innocente qui l’accompagne, n’étaient qu’une imitation des Saturnales païennes : comme si c’était la première fois que les anciennes fêtes païennes auraient eu à subir une transformation chrétienne. Le résultat de ces poursuites imprudentes devait être et a été, en effet, sur ce point comme sur tant d’autres, d’isoler de l’Église les mœurs de la famille, d’expulser de nos traditions une manifestation religieuse, d’aider à ce qu’on appelle la sécularisation de la société. Dans une grande partie de la France, le festin des Rois est resté ; et l’intempérance a seule désormais la charge d’y présider.

Mais retournons contempler le triomphe du royal Enfant dont la gloire resplendit en ce jour avec tant d’éclat. La sainte Église va nous initier elle-même aux mystères que nous avons à célébrer. Revêtons-nous de la foi et de l’obéissance des Mages ; adorons, avec le Précurseur, le divin Agneau au-dessus duquel s’ouvrent les cieux ; prenons place au mystique festin de Cana, auquel préside notre Roi trois fois manifesté, et trois fois glorieux. Mais, dans les deux derniers prodiges, ne perdons pas de vue l’Enfant de Bethléhem, ne cessons pas non plus de voir le grand Dieu du Jourdain, et le maître des éléments.

Lire la suite
Publicité

Très saint Nom de Jésus

5 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Très saint Nom de Jésus

Introït

Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. Seigneur, notre Maître, que votre nom est admirable dans toute la terre.

Collecte

O Dieu qui avez établi votre Fils unique Sauveur du genre humain, et avez ordonné qu’on l’appelât Jésus, faites, dans votre miséricorde, que nous jouissions dans les cieux de la vue de celui dont nous vénérons le saint nom sur la terre.

Lecture Ac. 4, 8-12

En ce jours là : Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : "Chefs du peuple et Anciens, puisqu’on nous interroge aujourd’hui sur un bienfait (accordé) à un infirme, (pour savoir) comment cet homme a été guéri, sachez-le bien, vous tous, et tout le peuple, d’Israël : C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme est présent devant vous en pleine santé. C’est lui, la pierre rejetée par vous les constructeurs, qui est devenue tête d’angle. Et le salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés."

Graduel

Sauvez-nous Seigneur, notre Dieu, et rassemblez-nous du milieu des nations, afin que nous célébrions votre saint nom et que nous mettions notre gloire à vous louer.

Évangile Lc. 2, 21

En ce temps là, le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, que l’ange avait indiqué avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère.

Offertoire

Je vous louerai, Seigneur, mon Dieu, de tout mon cœur, et je glorifierai éternellement votre nom. Car vous êtes, Seigneur, suave et doux, et plein de miséricorde pour tout ceux qui vous invoquent, alléluia.

Secrète

Nous vous en supplions, Dieu très clément, que votre bénédiction, où toute créature puise la ie, sanctifie ce sacrifice qui est nôtre et que nous vous offrons pour glorifier le nom de votre Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ ; afin qu’il plaise à votre majesté comme une digne louange et qu’il nous soit profitable pour le salut.

Communion

Toutes les Nations que vous avez créées viendront et se prosterneront devant vous Seigneur, et elles rendront gloire à votre nom ; car vous êtes grand et vous faites des prodiges ; vous seul êtes Dieu, alléluia.

Postcommunion

Dieu tout-puissant et éternel, qui nous avez créés et rachetés, soyez propice à nos vœux ; et daignez agréer avec un visage doux et bienveillant le sacrifice de l’hostie salutaire que nous avons offert à votre majesté en l’honneur du nom de votre Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ ; afin que votre grâce étant répandue dans nos âmes, nous nous réjouissions de ce que nos noms auront été écrits dans les cieux, au titre de l’éternelle prédestination, sous le glorieux nom de Jésus.

Office

Au premier nocturne.

Des Actes des Apôtres. Cap. 3, 1-16 ; 4, 5-12.

Première leçon. Or Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de la neuvième heure. Et voilà qu’un homme qui était boiteux dès le sein de sa mère, était porté chaque jour et posé à la porte du temple, appelée la Belle, afin qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple. Celui-ci, ayant vu Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, les priait pour avoir l’aumône. Fixant avec, Jean les yeux sur lui, Pierre lui dit : Regarde-nous. Et il les regardait, espérant recevoir quelque chose d’eux. Mais Pierre dit : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et lui ayant pris la main droite, il se leva ; et aussitôt ses jambes et les plantes de ses pieds s’affermirent. Et, s’élançant, il se dressa debout et il marchait ; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.Deuxième leçon. Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu. Ainsi, reconnaissant que c’était celui-là même qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, ils turent étonnés et hors d’eux-mêmes de ce qui lui était arrivé. Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon. Ce que voyant, Pierre dit au peuple : Hommes d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de ceci, ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu ou par notre puissance que nous avons fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez, vous, livré et renié devant Pilate, quand il jugeait lui-même de le renvoyer. Car c’est vous qui avez renié le Saint et le Juste, et qui avez demandé qu’on remit un meurtrier ; vous avez même tué l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts, ce dont nous sommes témoins. Or c’est par la foi en son nom, que son nom a affermi cet homme que vous voyez et connaissez, et c’est la foi qui vient par lui qui a opéré, en votre présence, cette entière guérison.
Troisième leçon. Or il arriva, le lendemain, que leurs chefs, les anciens et les Scribes, s’assemblèrent à Jérusalem. Et aussi Anne, prince des prêtres, Caïphe, Jean, et tous ceux qui étaient de la race sacerdotale. Et les faisant placer au milieu, ils demandaient : Par quelle puissance et en quel nom avez-vous fait cela, vous ? Alors, rempli de l’Esprit-Saint, Pierre leur dit : Princes du peuple, et vous, anciens, écoutez : Puisqu’aujourd’hui nous sommes jugés à cause d’un bienfait en faveur d’un homme infirme, et à cause de celui en qui il a été guéri ; qu’il soit connu de vous tous et de tout le peuple d’Israël que c’est au nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c’est par lui que cet homme est ici devant vous, debout et sain. Ce Jésus est la pierre qui a été rejetée par vous qui bâtissiez, et qui est devenue un sommet d’angle. Et il n’y a de salut en aucun autre ; car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. Ce n’est pas sans raison que l’Esprit-Saint compare à l’huile le nom de l’époux, et qu’il inspire à l’épouse de crier à l’époux : « Votre nom est une huile répandue. » En effet, l’huile éclaire, nourrit, et sert à oindre. Elle entretient le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur : c’est une lumière, un aliment, un remède. Voyez maintenant s’il n’en est pas de même du nom de l’époux ? Prêché, il éclaire ; médité, il nourrit ; invoqué, il adoucit et fortifie. Examinons chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait jailli dans le monde cette si grande et si soudaine lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce nom béni que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? N’est-ce pas à ceux qui sont illuminés par l’éclat de ce nom, et qui voient en cette lumière une autre lumière, que saint Paul dit à bon droit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? »
Cinquième leçon. C’est ce nom que le même Apôtre a reçu ordre de porter devant les rois, les Gentils et les enfants d’Israël. Et il portait ce nom comme un flambeau, il en éclairait sa patrie, et il criait partout : « La nuit est déjà fort avancée, et le jour approche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière ; comme durant le jour, marchons honnêtement. » Et il montrait à tous la lumière sur le chandelier. annonçant en tous lieux Jésus, et Jésus crucifié. Combien cette lumière a resplendi et frappé de son éclat les yeux de tous les spectateurs, lorsque, sortant comme un éclair de la bouche de Pierre, elle affermit les jambes et les pieds d’un boiteux et rendit la vue à beaucoup d’aveugles spirituels ? N’a-t-elle pas jeté des flammes lorsque Pierre dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche. »
Sixième leçon. Or, le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, mais il est aussi nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous en souvenez ? Qu’y a-t-il qui nourrisse autant l’esprit de celui qui y pense ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, repose les cœurs agités, donne de l’énergie aux vertus, développe les habitudes bonnes et justes, entretient les chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est arrosée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel. Quand vous écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le nom de Jésus. Une conférence ou un entretien ne me plaît pas, si je n’y entends résonner le nom de Jésus. Jésus, c’est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation pour le cœur. Mais ce nom est encore un remède. L’un de nous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur, que de là il passe à sa bouche, et aussitôt que ce divin nom a paru comme un astre qui se lève et répand sa lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ? Court-il même, en se désespérant, dans les filets de la mort ? S’il invoque ce nom de vie, ne recommencera-t-il pas sur-le-champ à respirer et à vivre ?

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. Grand et admirable mystère ! L’enfant est circoncis, et on l’appelle Jésus. Que signifie ce rapprochement ? La circoncision semble faite, en effet, plutôt pour celui qui doit être sauvé que pour celui qui sauve ; n’est-ce pas le Sauveur qui devrait circoncire plutôt qu’être circoncis ? Mais reconnaissez ici le médiateur entre Dieu et les hommes, qui, dès les premiers jours de son enfance, rapproche les choses humaines des choses divines, ce qu’il y a de plus bas de ce qu’il y a de plus élevé. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité ne fait point tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de langes, mais ces langes mêmes sont honorés par les cantiques des Anges, il est caché dans une crèche, mais il est annoncé par une étoile qui brille dans les cieux. En même temps que la circoncision prouve la vérité de l’humanité qu’il a prise, son nom, qui est au-dessus de tout nom, indique la gloire de sa majesté, il est circoncis comme un véritable fils d’Abraham, il est appelé Jésus comme le vrai Fils de Dieu.
Huitième leçon. Mon Jésus ne reçoit pas un nom vide et sans effet, à l’instar de ceux qui l’ont reçu auparavant : porté par lui, ce grand nom n’est plus une ombre, il exprime la vérité, L’Évangéliste assure qu’il fut apporté du ciel, ce nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Faites attention à la profondeur de ces paroles : « Après que Jésus fut né. » Il est appelé Jésus par les hommes, lui à qui l’Ange a donné ce nom avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Il est en effet tout à la fois et le Sauveur de l’Ange, et le Sauveur de l’homme : Sauveur de l’homme, depuis l’incarnation ; Sauveur de l’Ange depuis l’instant de sa création. « II fut, dit l’Évangéliste, nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné. » « Toute parole est avérée sur la déposition de deux ou trois témoins. » Et cette parole même, abrégée dans les Prophètes, se lit ouvertement dans l’Évangile qui nous montre le Verbe fait chair.
Neuvième leçon. C’est avec raison que l’enfant qui nous est né est appelé Sauveur, à sa circoncision : c’est alors effectivement qu’il commence l’œuvre de notre salut en versant pour nous son sang immaculé. Les Chrétiens n’ont donc plus à chercher pourquoi le Seigneur Jésus-Christ a voulu être circoncis ; il l’a été pour la même raison qui l’a fait naître et souffrir. Rien de tout cela n’était pour lui, mais tout était pour les élus. Il n’est pas né dans le péché, il n’a pas été circoncis pour être guéri du péché, il n’est pas mort pour son péché, mais à cause de nos fautes. « C’est le nom, dit l’Évangile, dont l’Ange l’avait appelé avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. » Il est appelé de ce nom ; ce nom ne lui est pas imposé, il lui appartient de toute éternité. C’est de sa nature propre qu’il tient d’être Sauveur : ce nom est à lui dès avant sa naissance : il ne le reçoit d’aucune créature angélique ou humaine.

Le deuxième Dimanche après l’Épiphanie, qui rappelle le festin des noces de Cana, fut d’abord choisi pour célébrer cette fête. C’est au jour nuptial que le nom de l’Époux devient propre à l’Épouse : ce nom désormais témoignera qu’elle est à lui L’Église, voulant honorer d’un culte spécial un nom pour elle si précieux, en unissait donc le souvenir à celui des Noces divines. Aujourd’hui, elle rapproche de l’anniversaire même du jour où il fut donné, huit jours après sa naissance, la célébration de ce Nom auguste, et laisse à la commémoration des Noces sacrées le Dimanche dont de tout temps cette commémoration fut la gloire.

L’ancienne alliance avait environné le Nom de Dieu d’une terreur profonde : ce nom était pour elle aussi formidable que saint, et l’honneur de le proférer n’appartenait pas à tous les enfants d’Israël. Dieu n’avait pas encore été vu sur la terre, conversant avec les hommes ; il ne s’était pas encore fait homme lui-même pour s’unir à notre faible nature : nous ne pouvions donc lui donner ce Nom d’amour et de tendresse que l’Épouse donne à l’Époux.

Mais quand la plénitude des temps est arrivée, quand le mystère d’amour est sur le point d’apparaître, le Nom de Jésus descend d’abord du ciel, comme un avant-goût de la présence du Seigneur qui doit le porter. L’Archange dit à Marie : « Vous lui donnerez le Nom de Jésus » ; or, Jésus veut dire Sauveur. Que ce Nom sera doux à prononcer à l’homme qui était perdu ! Combien ce seul Nom rapproche déjà le ciel de la terre ! En est-il un plus aimable, un plus puissant ? Si, à ce Nom divin, tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers, est-il un cœur qui ne s’émeuve d’amour à l’entendre prononcer ? Mais laissons raconter à saint Bernard la puissance et la douceur de ce Nom béni. Voici comme il s’exprime, à ce sujet, dans son XVe Sermon sur les Cantiques :

« Le Nom de l’Époux est une lumière, une nourriture, un remède. Il éclaire, quand on le publie ; il nourrit, quand on y pense à part soi ; et quand on l’invoque dedans la tribulation, il procure l’adoucissement et l’onction. Parcourons, s’il vous plaît, chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait pu se répandre, par tout l’univers, cette si grande et si soudaine lumière de la Foi, si ce n’est de la prédication du Nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce Nom béni, que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? De laquelle étant illuminés, et voyant en cette lumière une autre lumière, nous oyons saint Paul nous dire à bon droit : Vous avez été jadis ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.
« Or, le Nom de Jésus n’est pas seulement lumière ; ains encore, il est nourriture. N’êtes-vous donc pas confortés, toutes fois et quantes que vous rappelez à votre cœur ce doux Nom ? Qu’est-il au monde qui nourrisse autant l’esprit de celui qui pense à lui ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, répare les sens affaiblis, donne de l’énergie aux vertus, fait florir les bonnes mœurs, et entretient les honnêtes et chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est détrempée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel.
« Quand vous m’écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le Nom de Jésus. Lorsque vous disputez ou conférez avec moi, le conteste n’a pour moi aucun intérêt, si je n’y entends résonner le Nom de Jésus. Jésus est un miel à ma bouche, une mélodie à mon oreille, une jubilation à mon cœur ; oui même, outre ce, une médecine bienfaisante. L’un de vous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur ; que de là il passe en sa bouche, et incontinent, à la venue de ce divin Nom qui est une vraie lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ; voire même, court-il, en se désespérant, au lacs de la mort ? S’il invoque le Nom de Jésus, ne recommencera-t-il pas de suite à respirer et à vivre ? Qui jamais oncques demeura dedans l’endurcissement du cœur, comme font tant d’autres, ou bien dedans la torpeur de la fétardie, la rancune, ou la langueur de l’ennui ? Quel est celui qui, par aventure, ayant à sec la source des larmes, ne l’ait sentie soudainement couler plus abondante et plus suave, sitôt que Jésus a été invoqué ? Quel est l’homme qui, palpitant et s’alarmant, au fort des périls, puis venant à invoquer ce Nom de vaillance, n’a pas senti tout aussitôt naître en soi la confiance et fuir la crainte ? Quel est celui, je vous le demande, qui, ballotté et flottant à la merci des doutes, n’a pas, sur-le-champ, je le dis sans balancer, vu reluire la certitude, à l’invocation d’un Nom si éclatant ? Qui est-ce qui, durant l’adversité, écoutant la méfiance, n’a pas repris courage, au seul son de ce Nom de bon secours ? Par effet, ce sont là les maladies et langueurs de l’âme, et il en est le remède.
« Certes, et je puis vous le prouver par ces paroles : Invoque-moi, dit le Seigneur, au jour de la tribulation, et je t’en tirerai, et tu m’honoreras. Rien au monde n’arrête si bien l’impétuosité de la colère, et n’accoise pareillement l’enflure de la superbe. Rien aussi parfaitement ne guarit les plaies de la tristesse, comprime les débordements de la paillardise, éteint la flamme de la convoitise, étanche la soif de l’avarice, et bannit toutes les démangeaisons des passions déshonnêtes. De vrai, quand je nomme Jésus, je me propose un homme débonnaire et humble de cœur, bénin, sobre, chaste, miséricordieux, et, en un mot, brillant de toute pureté et sainteté. C’est Dieu lui-même tout-puissant qui me guérit par son exemple, et me renforce par son assistance. Toutes ces choses retentissent à mon cœur, lorsque j’entends sonner le Nom de Jésus. Ainsi, en tant qu’il est homme, j’en tire des exemples, pour les imiter ; et en tant qu’il est le Tout-Puissant, j’en tire un secours assuré. Je me sers desdits exemples comme d’herbes médicinales, et du secours comme d’un instrument pour les broyer, et j’en fais une mixtion telle que nul médecin n’en saurait faire de semblable.
« O mon âme ! tu as un antidote excellent, caché comme en un vase, dans ce Nom de Jésus ! Jésus, pour le certain, est un Nom salutaire et un remède qui jamais oncques ne se trouvera inefficace pour aucune maladie. Qu’il soit toujours en votre sein, toujours à votre main : si bien que tous vos sentiments et vos actes soient dirigés vers Jésus. »

Telle est donc la force et la suavité du très saint Nom de Jésus, qui fut imposé à l’Emmanuel le jour de sa Circoncision ; mais, comme le jour de l’Octave de Noël est déjà consacré à célébrer la divine Maternité, et que le mystère du Nom de l’Agneau demandait à lui seul une solennité propre, la fête d’aujourd’hui a été instituée. Son premier promoteur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne, qui établit et propagea l’usage de représenter, entouré de rayons, le saint Nom de Jésus, réduit à ses trois premières lettres IHS, réunies en monogramme. Cette dévotion se répandit rapidement en Italie, et fut encouragée par l’illustre saint Jean de Capistran, de l’Ordre des Frères Mineurs, comme saint Bernardin de Sienne. Le Siège Apostolique approuva solennellement cet hommage au Nom du Sauveur des hommes ; et, dans les premières années du XVIe siècle, Clément VII, après de longues instances, accorda à tout l’Ordre de saint François le privilège de célébrer une fête spéciale en l’honneur du très saint Nom de Jésus.

Rome étendit successivement cette faveur à diverses Églises ; mais le moment devait venir où le Cycle universel en serait enrichi lui-même. Ce fut en 1721, sur la demande de Charles VI, Empereur d’Allemagne, que le Pape Innocent XIII décréta que la Fête du très saint Nom de Jésus serait célébrée dans l’Église entière, et il la fixa tout d’abord, comme nous l’avons dit, au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

 

Lire la suite

Super Col

4 Janvier 2025 , Rédigé par Ludovicus

Super Col

Prooemium

Super Col., pr. Protegebat castra gladio suo, et cetera. I M. III, 3. Haec verba congruunt materiae huius epistolae ad Colossenses, quia totus status huius vitae est in pugnatione militantium, quorum habitacula castra dicuntur. Iob VII, 1: militia est vita hominis super terram. Ideo habitacula fidelium nomine castrorum figurantur. Unde Ecclesia similitudinem habet castrorum. Gn. XXXII, 2: castra Dei sunt haec. Haec castra tripliciter impugnantur. A quibusdam quasi obsidentibus, qui manifeste se erigunt contra Ecclesiam. Ap. XX, 8: ascenderunt super latitudinem terrae, et circuierunt castra sanctorum et civitatem dilectam. Ab aliis latenter decipitur, sicut ab haereticis. Rm.: per dulces sermones et benedictiones seducunt corda hominum, et cetera. II Tm. III, 13: mali autem homines et seductores proficient in peius, errantes et in errorem mittentes. A quibusdam, scilicet domesticis, per diversas corruptelas peccatorum quae sunt ex corruptione carnis. Ga. V, 17: caro concupiscit adversus spiritum, et spiritus adversus carnem. Ep. ult.: non est nobis colluctatio adversus carnem et sanguinem, sed adversus principes, et cetera. Praelati Ecclesiae sunt duces, Ps. LXVII, 28: principes Iuda duces eorum, ad quorum officium pertinet contra omnia praedicta castra Ecclesiae munire. Contra peccata quidem, per exhortationes. Is. LVIII, 1: annuntia populo meo scelera eorum, et domui Iacob peccata eorum. Contra haereticos, per sanam doctrinam. I Tm. I: amplectentem eum, qui secundum doctrinam est, fidelem sermonem, et cetera. Contra persecutores, exemplo, scilicet patienter tolerando. Sic Paulus protexit gladio spirituali, quia in suis epistolis corripiebat peccata, confutabat haereses, animabat ad patientiam. De primo, Ep. V, 3: fornicatio autem et omnis immunditia aut avaritia nec nominetur in vobis, et cetera. De secundo, Tt. III, 10: haereticum hominem post primam et secundam correptionem devita, et cetera. De tertio, II Cor. XI per totum patet quomodo animabat ad patientiam. Et sic tanguntur duo in verbis propositis, scilicet Ecclesiae status, cum dicitur castra, et apostoli studium, ibi protexit. In castris autem debet esse sollicitudo ad mala vitanda. Dt. XXIII, 14: ut sint castra tua sancta, et nihil in eis appareat foeditatis. Item ordo ad ducem et ad se. Ct. VII, 1: quid videbis in Sunamite, nisi choros castrorum? Gn. XXXII, 2: castra Dei sunt haec. Item terror ad hostes. Ct. VI, 3: terribilis ut castrorum acies ordinata. Sed apostolus circa protectionem erat sollicitus tamquam pastor, cuius est dirigere oves diligenter ne errent. Jn. X, 4: ante eas vadit, et cetera. Et sic apostolus faciebat. Ph. III: imitatores mei estote, sicut et ego Christi. Item pascere abundanter, ne deficiant. I P. V, 2: pascite, qui in vobis est, Domini gregem, et cetera. Et sic apostolus faciebat. I Cor. I, 2: tamquam parvulis lac dedi vobis. Item defendere potenter, ne pereant. Eccli. VII, 6: noli velle fieri iudex, nisi valeas virtute irrumpere iniquitates. I R. XVII, 34: pascebat servus tuus patris sui gregem, et veniebat leo, vel ursus, et cetera. Et ideo dicit, quod apostolus protegebat castra, id est Ecclesiam Dei, gladio, quod est verbum Dei, ut dicitur Ep. VI: vivus est enim sermo Dei et efficax et penetrabilior omni gladio ancipiti, et cetera. Sic ergo materia huius epistolae est haec. Quia in epistola ad Ephesios ostendit modum ecclesiasticae unitatis; in epistola ad Philippenses ostendit eius profectum et conservationem; in hac autem agit de eius conservatione contra haereticos, qui depravaverant eos seducendo, et cetera.

Lectio 4

Super Col., cap. 1 l. 4 Postquam superius commemoravit gratiae beneficia specialia et universalia, hic commendat auctorem huius gratiae, scilicet Christum. Et primo per comparationem ad Deum; secundo generaliter per comparationem ad totam creaturam, ibi primogenitus; tertio specialiter per comparationem ad Ecclesiam, ibi et ipse est caput. Circa primum notandum est quod Deus dicitur invisibilis, quia excedit capacitatem visionis cuiuscumque intellectus creati, ita quod nullus intellectus creatus naturali cognitione potest pertingere ad eius essentiam. Job XXXVI, 26: ecce Deus magnus vincens scientiam nostram. I Tm. ult.: lucem habitat inaccessibilem. Videtur ergo a beatis ex gratia, non ex natura. Ratio huius assignatur a Dionysio, quia omnis cognitio terminatur ad existens, id est ad aliquam naturam participantem esse. Deus autem est ipsum esse non participatum ergo est incognitus. Huius ergo Dei invisibilis Filius est imago. Sed videndum est quomodo dicatur imago Dei, et quare dicatur invisibilis. Et quidem de ratione imaginis sunt tria, scilicet quod sit ibi similitudo, quod deducta sit vel expressa ex eo cum quo est similitudo, et quod deducta sit in aliquo pertinente ad speciem vel signum speciei. Si enim sunt duo similia, quorum unum non derivetur ab alio, neutrum dicimus alterius imaginem, sicut ovum non dicitur imago ovi. Et ideo ab imitando dicitur imago. Item si sit simile, sed non quantum ad speciem, vel signum speciei, tunc nec imago dicitur: sicut in homine multa sunt accidentia, ut color, quantitas, et huiusmodi, et secundum nullum horum dicitur imago. Sed si figuram eius accipiat, sic potest esse imago, quia figura est signum speciei; Filius autem est similis Patri, et Pater similis Filio, sed Filius habet hoc a Patre, Pater autem non a Filio. Et ideo proprie loquendo dicimus Filium imaginem Patris, et non e converso, quia deducitur et derivatur haec similitudo a Patre. Item haec similitudo est secundum speciem, quia Filius in divinis repraesentatur aliquo modo, sed deficienter, per verbum mentis nostrae. Verbum autem mentis nostrae est, quando formamus actu formam rei cuius notitiam habemus, et hoc significamus verbo exteriori. Et hoc verbum sic conceptum est quaedam rei similitudo quam in mente tenemus, et simile secundum speciem. Et ideo verbum Dei imago Dei dicitur. Quantum ad secundum sciendum est quod Arriani hoc verbum male intellexerunt, iudicantes de Dei imagine secundum imagines quae fiebant ab antiquis, ut viderent in eis charos suos subtractos sibi, sicut et nos facimus imagines sanctorum, ut quos non videmus in substantia, videamus in imagine. Et ideo dicunt quod invisibile est proprium Patri, Filius autem est primum visibile, in quo manifestatur bonitas Patris, quasi Pater sit vere invisibilis, Filius vero visibilis, et sic alterius essent naturae. Hoc autem excludit apostolus ad He. I, 3 dicens: qui cum sit splendor gloriae, et figura substantiae eius, et cetera. Et sic est imago non solum Dei invisibilis, sed etiam ipse est invisibilis sicut Pater. Qui est imago invisibilis Dei. Deinde cum dicit primogenitus, etc., commendat Christum per comparationem ad creaturam. Et primo facit hoc, secundo exponit, ibi quia in ipso. Circa primum sciendum est quod Arriani sic intelligunt, quasi dicatur primogenitus, quia sit prima creatura: sed hic non est sensus, ut patebit. Et ideo duo sunt videnda, scilicet quomodo haec imago sit genita, et quomodo primogenita creaturae. Quantum ergo ad primum sciendum est quod in unaquaque re generatio est secundum modum sui esse et suae naturae. Alius enim modus generationis est in hominibus, et alius in plantis, et sic de aliis. Natura autem Dei est ipsum esse intelligere, et sic oportet quod eius generatio, vel conceptio intellectualis, sit generatio vel conceptio naturae eius. In nobis autem conceptio intelligibilis non est conceptio naturae nostrae, quia in nobis aliud est intelligere et natura nostra. Et ideo cum haec imago sit verbum et conceptio intellectus, oportet dicere quod sit germen naturae, et sic de necessitate genitus, quia accipit naturam ab alio. Secundo videndum est quomodo dicatur primogenitus. Deus enim non alio se cognoscit et creaturam, sed omnia in sua essentia, sicut in prima causa effectiva. Filius autem est conceptio intellectualis Dei secundum quod cognoscit se, et per consequens omnem creaturam. Inquantum ergo gignitur, videtur quoddam verbum repraesentans totam creaturam, et ipsum est principium omnis creaturae. Si enim non sic gigneretur, solum verbum Patris esset primogenitus Patris, sed non creaturae. Eccli. XXIV, 5: ego ex ore altissimi prodii, primogenita ante omnem creaturam, et cetera. Deinde cum dicit quia in ipso, etc.; exponit quod dixerat, scilicet quod sit primogenitus, quia scilicet est genitus ut principium creaturae. Et hoc quantum ad tria: primo quantum ad rerum creationem; secundo quantum ad earum distinctionem, ibi in caelis; tertio quantum ad conservationem in esse, ibi et omnia in ipso, et cetera. Dicit ergo: est primogenitus creaturae, quia est genitus ut principium omnis creaturae. Et ideo dicit quia in ipso, et cetera. Circa quod sciendum est, quod Platonici ponebant ideas, dicentes, quod quaelibet res fiebat ex eo quod participabat ideam, puta hominis vel alicuius alterius speciei. Loco enim harum idearum nos habemus unum, scilicet Filium, verbum Dei. Artifex enim facit artificium, ex hoc quod facit illud participare formam apud se conceptam, quasi involvens eam exteriori materiae: sicut si dicatur quod artifex facit domum per formam rei quam habet apud se conceptam. Et sic Deus omnia in sua sapientia dicitur facere, quia sapientia Dei se habet ad res creatas, sicut ars aedificatoris ad domum factam. Haec autem forma et sapientia est verbum, et ideo omnia in ipso condita sunt, sicut in quodam exemplari, Gn. I: dixit, et facta sunt, quia in verbo suo aeterno creavit omnia ut fierent. Quantum autem ad rerum distinctionem, sciendum est quod aliqui, sicut Manichaei, erraverunt dicentes haec corpora terrena, quia corruptibilia, facta esse a malo Deo, caelestia vero, quia incorruptibilia, a bono Deo, scilicet Patre Christi. Sed mentiuntur, quia in eodem sunt utraque creata. Ideo dicit in caelis, et cetera. Et haec est distinctio secundum partes naturae corporeae. Gn. I, 1: in principio, id est in Filio, creavit Deus, et cetera. Platonici etiam dicunt quod Deus per se creavit creaturas invisibiles, scilicet Angelos, et per Angelos creavit naturas corporeas. Sed hoc excluditur hic, quia dicitur visibilia et invisibilia. De primo He. XI, 3: fide intelligimus esse aptata saecula, ut ex invisibilibus visibilia fierent. De secundo autem Eccli. XLIII, 36 s.: pauca vidimus operum eius, omnia autem Dominus fecit, et cetera. Haec autem distinctio est secundum creaturarum naturam. Tertia distinctio est ordinis et gradus in invisibilibus, cum dicit sive throni, et cetera. Platonici etiam errant hic. Dicebant enim in rebus diversas esse perfectiones, et quamlibet attribuebant uni primo principio, et, secundum ordines earum perfectionum, ponebant ordines principiorum, sicut ponebant primum ens, a quo participant omnia esse, et illud principium ab isto, scilicet primum intellectum, a quo omnia participant intelligere, et aliud principium vitam, a quo omnia participant vivere. Sed nos non sic ponimus, sed ab uno principio res habent quicquid in eis perfectionis est. Et ideo dicit sive throni, etc.; quasi dicat: non dependent ab aliis principiis ordinatis, sed ab ipso uno solo verbo Dei. Sed quid est quod dicit Ep. I, 22: ipsum dedit caput, etc., ubi quaedam diversitas videtur esse ab istis? Solutio. Hic enim enumerat descendendo, quia ostendit progressum creaturae a Deo, ibi ascendendo, quia ostendit quod Filius Dei, secundum quod homo, super omnes creaturas est. Sed tamen ibi principatus ponuntur sub potestatibus, et virtutes inter dominationes et potestates, hic principatus super potestates, et principatus medium inter dominationes et potestates. Et secundum hoc diversae sunt sententiae Gregorii et Dionysii. Dionysius enim ordinat eos secundum quod dicitur ad Ephesios, quia in secunda hierarchia ponit dominationes, virtutes, et potestates. Gregorius vero ordinat eos sicut hic habetur, quia in secunda hierarchia ponit dominationes, principatus et potestates, in tertia vero virtutes, Archangelos et Angelos. Sed sciendum est, quod, sicut Gregorius et Dionysius dicunt, haec dona spiritualia, ex quibus nominantur hi ordines, communia sunt omnibus, tamen quidam nominantur a quibusdam, quidam ab aliis, cuius ratio accipitur ex dictis Platonicorum, quia omne quod convenit alicui, convenit tripliciter, quia aut essentialiter, aut participative, aut causaliter. Essentialiter quidem quod convenit rei secundum proportionem suae naturae, sicut homini rationale. Participative autem quod excedit suam naturam, sed tamen aliquid de illo participat, sed imperfecte, sicut intellectuale homini, quod est supra rationale et est essentiale Angelorum et idem aliquid participat homo. Causaliter vero quod convenit rei supervenienter, sicut homini artificialia, quia in eo non sunt sicut in materia, sed per modum artis. Unumquodque autem denominatur solum ab eo quod convenit ei essentialiter. Unde homo non dicitur intellectualis nec artificialis, sed rationalis. De dictis autem donis in Angelis, ea quae conveniunt superioribus essentialiter, inferioribus conveniunt participative; quae vero inferioribus essentialiter conveniunt, superioribus causaliter conveniunt. Et ideo superiores denominantur a superioribus donis. Supremum autem in creatura spirituali est quod attingit Deum, et quodammodo participat eum. Et ideo denominantur superiores ex hoc, quod attingunt Deum. Seraphim, quasi ardentes Deo vel incendentes; Cherubim, quasi scientes Deum; throni, quasi habentes in seipsis sedentem Deum. Tripliciter enim aliquid potest ab alio participare: uno modo, accipiendo proprietatem naturae eius; alio modo, ut recipiat ipsum per modum intentionis cognitivae; alio modo, ut deserviat aliqualiter eius virtuti, sicut aliquis medicinalem artem participat a medico vel quia accipit in se medicinae artem, vel accipit cognitionem artis medicinalis, vel quia deservit arti medicinae. Primum est maius secundo, et secundum tertio. In sacra autem Scriptura significatur aliquid divinum per ignem. Dt. IV, 24: Dominus Deus tuus ignis consumens est, et cetera. Et ideo supremus ordo dicitur Seraphim, quasi ardentes Deo, et continentes aliquam divinam proprietatem. Secundus ordo est Cherubim, consequentes eum cognitive. Et tertius throni, eius virtuti deservientes. Alii autem ordines non nominantur ex attingendo Deum, sed per aliquam eius operationem. Et aliqui ut dirigentes, et sic sunt dominationes. Alii exequentes, et horum quidem ut principaliores, ut principatus, Ps. LXVII, 26: praevenerunt principes, et cetera. Alii secundum executionem, et sic sunt exequentes supra spirituales creaturas, ut sunt potestates quae arcent Daemones; si supra naturalia, sunt virtutes, quae miracula faciunt; si supra homines, sunt Archangeli ad magna; si Angeli, ad minima. Et sic concludendo dicit omnia per ipsum, sicut per causam effectivam, et in ipso, sicut per causam exemplarem. Jn. I, 3: omnia per ipsum facta sunt, et cetera. Sed quia posset aliquis dicere: numquid omnia sunt aeterna? Ideo apostolus quasi respondens ad hoc, dicit quod non, sed ipse est ante omnia, scilicet tempora et res alias. Pr. VIII, 22: Dominus possedit me in initio viarum suarum, antequam quidquam faceret a principio, et cetera. Vel ante dignitatem. Ps. LXXXVIII, 7: quis similis Deo, et cetera. Quantum ad conservationem dicit et omnia in ipso constant, id est conservantur. Sic enim se habet Deus ad res, sicut sol ad lunam, quo recedente deficit lumen lunae. Et sic si Deus subtraheret suam virtutem a nobis, in momento deficerent omnia. He. I, 3: portans omnia verbo virtutis suae.

 

Lectio 5

Super Col., cap. 1 l. 5 Postquam apostolus commendavit Christum per comparationem ad Deum et ad totam creaturam, hic commendat ipsum in comparatione ad Ecclesiam. Et primo generaliter; secundo specialiter quantum ad Colossenses, ibi et vos cum essetis; tertio quantum ad suam personam singulariter, ibi cuius factus sum. Circa primum duo facit, quia primo proponit habitudinem Christi ad totam Ecclesiam; secundo exponit, ibi qui est principium. Dicit ergo: iste, in quo habemus redemptionem, Christus, est primogenitus creaturae, sed secundum quod huiusmodi factus est caput Ecclesiae. Duo occurrunt hic exponenda. Et primo quomodo corpus sit Ecclesia, et secundo quomodo Christus est caput. Ecclesia dicitur corpus ad similitudinem unius hominis, et hoc dupliciter, scilicet et quantum ad distinctionem membrorum, Ep. IV, 1: dedit quosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas, etc., et quantum ad servitia, quae licet sint distincta, tamen unum servit alteri, I Cor. XII, 25: pro invicem sollicita sint membra; Ga. VI, 2: alter alterius onera portate, et cetera. Item, sicut constituitur unum corpus ex unitate animae, ita Ecclesia ex unitate spiritus. Ep. IV, 4: unum corpus et unus spiritus. I Cor. X, 17: unus panis et unum corpus multi sumus, et cetera. Item est alia consideratio membrorum ad caput Ecclesiae, scilicet ad Christum. Ipse enim Christus est caput Ecclesiae. Ps. III, 3: tu exaltas caput meum, et cetera. Et exponit quid est esse caput, dicens qui est principium, et cetera. Caput enim respectu aliorum membrorum habet tria privilegia. Primo, quia distinguitur ab aliis ordine dignitatis, quia est principium et praesidens; secundo in plenitudine sensuum, qui sunt omnes in capite; tertio in quodam influxu sensus et motus ad membra. Et ideo primo ostendit quomodo Christus est caput ratione dignitatis; secundo ratione plenitudinis gratiarum, ibi quia in ipso complacuit; item tertio ratione influentiae, ibi et per eum. Ecclesia quidem habet duplicem statum, scilicet gratiae in praesenti et gloriae in futuro, et est eadem Ecclesia, et Christus est caput secundum utrumque statum: quia primus in gratia, et primus in gloria. Quantum ad primum dicit qui est principium, quia non solum est in gratia secundum quod homo, sed etiam omnes sunt iustificati per fidem Christi. Rm. V, 19: per obedientiam unius hominis iusti constituuntur multi. Et ideo dicit qui est principium, scilicet iustificationis et gratiae in tota Ecclesia, quia etiam in veteri testamento sunt aliqui iustificati per fidem Christi. Jn. VIII, 25: ego principium qui loquor, et cetera. Ps. CIX, 4: tecum principium, et cetera. Item est principium quantum ad statum gloriae. Ideo dicit primogenitus ex mortuis. Quia enim resurrectio mortuorum est quasi quaedam secunda generatio, quia homo in ea ad vitam aeternam reparatur, Mt. XIX, 28: in regeneratione, cum sederit Filius hominis, etc., et prae omnibus primus est Christus: ideo est primogenitus ex mortuis, id est eorum qui sunt geniti per resurrectionem. Sed contra de Lazaro Jn. XI. Respondeo. Dicitur quod iste et alii non resurrexerunt ad illam vitam immortalem, sed ad mortalem; sed Christus resurgens ex mortuis iam non moritur, ut dicitur Rm. VI, 9. Ap. I, 5: primogenitus mortuorum, et cetera. I Cor. XV, 20: nunc autem Christus resurrexit a mortuis primitiae dormientium. Et hoc, ut in omnibus sit ipse principatum tenens, quantum ad dona gratiae, quia ipse est principium; quantum ad dona gloriae, quia ipse est primogenitus. Eccli. XXIV, 9: in omni gente et in omni populo primatum habui, et cetera. Deinde cum dicit quia in ipso, etc., ostendit dignitatem capitis quantum ad plenitudinem gratiarum omnium. Alii enim sancti habuerunt divisiones gratiarum, sed Christus habuit omnes. Ideo dicit quia in ipso, et cetera. Singula verba pondus suum habent. Complacuit, designat quod dona hominis Christi non erant ex fato seu meritis, ut dicit Photinus, sed ex divinae voluntatis complacentia assumentis hunc hominem in unitatem personae. Mt. III, 17: hic est Filius meus, et cetera. Item dicit omnem, quia alii habent hoc donum, alii aliud. Jn. XIII, 3: omnia dedit in manus eius. Item dicit plenitudinem, quia aliquis aliquod habuit donum, sed non plenitudinem eius, seu virtutis, quia forte invitus in aliquo defecit. Sed Jn. I, 14 dicitur de Christo: vidimus eum plenum gratiae et veritatis. Eccli. XXIV, 16: in plenitudine sanctorum detentio mea. Item dicit habitare. Alii enim acceperunt usum gratiae ad tempus, quia spiritus prophetarum non semper adest prophetis, sed in Christo est habitualiter, quia semper ad votum in Christo est dominium huius plenitudinis. Jn. I, 33: super quem videris spiritum descendentem, et in eo manentem, et cetera. Deinde cum dicit et per eum, etc., ostendit Christum esse caput Ecclesiae ratione influxus. Et haec est tertia ratio capitis. Et primo ostendit influxum gratiae; secundo exponit quod dixerat, ibi pacificans. Dicit ergo primo: dico quod complacuit non solum quantum ad hoc quod haberet in se, sed etiam ut per eum ad nos derivaret. Unde dicit et per eum reconciliare omnia in ipsum. II Cor. V, 19: Deus erat in Christo mundum reconcilians sibi. Exponit autem qualis sit ista reconciliatio, et quomodo omnia reconciliata. In reconciliatione autem sunt duo consideranda: primo in quo conveniunt qui reconciliantur. Discordes enim diversas habent voluntates. Reconciliati autem consentiunt in aliquo uno. Et sic voluntates prius discordes concordant in Christo. Et huiusmodi voluntates sunt et hominum, et Dei, et Angelorum. Hominum, quia Christus homo est; Dei, quia Deus est. Item discordia erat inter Iudaeos qui volebant legem, et gentiles qui non volebant legem; sed utrosque Christus concordat, quia ex Iudaeis est, et quia absolvit observantias legis. Et haec concordia est facta per sanguinem, et cetera. Inter Deum enim et hominem causa discordiae fuit peccatum; inter Iudaeos et gentiles lex. Christus per crucem destruxit peccatum, et implevit legem. Et ita removit causam discordiae. He. XII, 22: accessistis ad Sion montem, et civitatem Dei viventis Ierusalem, et cetera. Et sic reconciliati sumus. Et ita sunt pacata, sive quae in caelis, ut Angeli et Deus, sive quae in terris, scilicet Iudaei et gentiles. Ideo Christo nato dicitur Lc. II, 14: gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus, et cetera. Item in resurrectione dixit: pax vobis, etc., ut habetur Jn. XX, 20. Ep. II, 14: ipse enim est pax nostra, qui fecit utraque unum, et cetera. Deinde cum dicit et vos, etc., ponitur commendatio Christi per dona eis collata. Ubi primo commemorat statum praeteritum; secundo Christi beneficium, ibi nunc autem, etc.; tertio quid exigatur ab eis, ibi si tamen, et cetera. Status enim praeteritus habuit tria mala. Quantum enim ad intellectum erant ignorantes; quantum ad effectum, inimici iustitiae; quantum ad actum, in multis peccatis. Quantum ad primum dicit alienati, et cetera. Quantum ad secundum et inimici sensus, secundum unam litteram; et ostendit defectum sapientiae quam praedicabant Iudaei de uno Deo. Jn. III, 19: dilexerunt magis tenebras quam lucem. Sed numquid tenebantur ad legem Moysi? Dicendum est quod sic, quantum ad cultum unius Dei. Vel alienati sensu, id est ex electione contradicentes ei ex malitia. Jb XXXIV, 27: qui quasi de industria recesserunt ab eo. Quantum ad tertium dicit in operibus malis. Jn. III, 19: erant enim eorum opera mala, et cetera. Deinde cum dicit nunc autem, ponit beneficia Christi. Et primum est reconciliatio in corpore eius. Et dicit in corpore carnis, non quod aliud sit corpus, et aliud caro; sed ad ostendendum quod accepit corpus in esse naturae. Jn. I, 14: et verbum caro factum est, et cetera. Et idem corpus carnis, id est, mortale. Rm. VIII, 3: Deus Filium suum mittens in similitudinem peccati, et cetera. Secundum est sanctificatio. Unde dicit ut exhiberet vos sanctos. He. XIII, 12: Iesus ut sanctificaret populum, et cetera. Tertium est ablutio a peccatis, ibi et immaculatos. He. IX, 14: sanguis Christi per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit Deo, emundabit conscientiam nostram, et cetera. Item quantum ad futura, ibi et irreprehensibiles. II P. III, 14: satagite immaculati et inviolati ei inveniri in pace, et cetera. Et addit coram ipso. I R. XVI, 7: homo videt quae foris patent, Dominus autem intuetur cor. Exigit a nobis firmitatem fidei et spei; ideo subiungit, dicens si tamen permanetis in fide fundati. Fides est sicut fundamentum, ex cuius firmitate tota firmatur Ecclesiae structura. Item et stabiles in spe non moti a seipsis, et immobiles, quasi non excidentes a spe per alios. A spe, inquam, Evangelii, id est quam dat Evangelium de bonis regni caelorum. Mt. IV, 17: poenitentiam agite, appropinquabit enim regnum caelorum. Nec est excusatio, quia est praedicatum, videlicet per apostolos. Utitur praeterito pro futuro, propter certitudinem eius. In universa creatura, quae sub, etc., id est omni creaturae novae, id est fidelibus, quibus paratum erat.

 

Lire la suite