Vigile de la Nativité
Introït
Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir et qu’il nous sauvera. Et demain matin, vous le verrez dans sa gloire. Au Seigneur appartient la terre et tout ce qui la remplit, l’univers et tous ceux qui l’habitent.
Collecte
Seigneur Dieu, vous nous donnez chaque année la joie d’attendre notre rédemption. Et puisque c’est dans la joie que nous accueillons votre Fils unique, lorsqu’il viendra nous racheter, accordez-nous de pouvoir encore le regarder sans inquiétude, quand il reviendra pour nous juger.
Épitre Rm. 1, 1–6.
Paul, serviteur du Christ-Jésus, apôtre par son appel, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu, Évangile que Dieu avait promis auparavant par ses prophètes dans les saintes Écritures, touchant son Fils né de la postérité de David selon la chair, et déclaré Fils de Dieu miraculeusement, selon l’Esprit de sainteté, par une résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les Gentils, du nombre desquels vous êtes, vous aussi, par appel de Jésus-Christ.
Évangile Mt, 1, 18–21
Marie, la mère de Jésus, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. »
Secrète
Dieu tout Puissant, nous accourons dès aujourd’hui pour adorer la naissance de votre Fils. Permettez-nous de recevoir avec la même joie les dons éternels qu’il nous apporte.
Communion
La Seigneur apparaîtra dans sa gloire et tout être vivant verra le Sauveur notre Dieu.
Postcommunion
Nous vous en prions, Seigneur : en l’anniversaire de la Nativité de votre Fils unique, accordez-nous de reprendre vie, puisque déjà nous sommes nourris et abreuvés par son mystère céleste.
Office
Homélie de saint Jérôme, Prêtre.
Première leçon. Pourquoi n’est-ce pas simplement par une vierge, mais par une vierge fiancée, qu’il est conçu ? D’abord, afin que par la généalogie de Joseph, celle de Marie fût constatée ; en second lieu, de peur qu’elle ne fût lapidée par les Juifs comme adultère ; en troisième lieu, pour que, fugitive en Égypte, elle eût un soutien en la personne de Joseph. Le Martyr saint Ignace ajoute une quatrième raison : s’il est conçu par une fiancée, c’est, dit-il, pour cacher cet enfantement au démon, qui le croira le fruit, non d’une vierge, mais d’une épouse.
Deuxième leçon. « Avant qu’ils vinssent ensemble, il fut découvert qu’elle avait conçu du Saint-Esprit. » Personne ne le découvrit, sinon saint Joseph, aux regards duquel ne pouvait rien échapper de ce qui concernait sa future épouse. Quand il est dit : « Avant qu’ils vinssent ensemble », il ne s’ensuit pas qu’ils se soient unis plus tard ; l’Écriture constate ce qui n’avait pas eu lieu.
Troisième leçon. « Mais Joseph, qui était un homme juste et ne voulait point la dénoncer, songea à la renvoyer sans éclat. » « Si quelqu’un s’unit à une femme de mauvaise vie, il devient un même corps avec elle », et il est marqué dans la Loi que, non seulement ceux qui commettent le crime, mais les complices eux-mêmes du crime, sont coupables. Comment donc Joseph, cachant le crime de son épouse, est-il appelé juste ? Mais c’est un témoignage en faveur de Marie ; car Joseph, connaissant sa chasteté et plein d’admiration pour ce qui se passe, cache sous le voile du silence, l’événement dont il ne comprend point le mystère.
Enfin, dit saint Pierre Damien dans son Sermon pour ce jour,
« nous voici arrivés de la haute mer dans le port, de la promesse à la récompense, du désespoir à l’espérance, du travail au repos, de la voie à la patrie. Les courriers de la divine promesse s’étaient succédé ; mais ils n’apportaient rien avec eux, si ce n’est le renouvellement de cette même promesse. C’est pourquoi notre Psalmiste s’était laissé aller au sommeil, et les derniers accents de sa harpe semblaient accuser les retards du Seigneur. Vous nous avez repoussés, disait-il, vous nous avez dédaignés ; et vous avez différé l’arrivée de votre Christ. Puis, passant de la plainte à l’audace, il s’était écrié d’une voix impérative : Manifestez-vous donc, ô vous qui êtes assis sur les Chérubins ! En repos sur le trône de votre puissance, entouré des bataillons volants de vos Anges, ne daignerez-vous pas abaisser vos regards sur les enfants des hommes, victimes d’un péché commis par Adam, il est vrai, mais permis par vous-même ? Souvenez-vous de ce qu’est notre nature ; c’est à votre ressemblance que vous l’avez créée ; et si tout homme vivant est vanité, ce n’est pas du moins en ce qu’il a été fait à votre image. Abaissez donc vos cieux et descendez ; abaissez les cieux de votre miséricorde sur les misérables qui vous supplient, et du moins ne nous oubliez pas éternellement.
« Isaïe à son tour, dans la violence de ses désirs, disait : A cause de Sion, je ne me tairai pas ; à cause de Jérusalem, je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que le Juste quelle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez donc les deux et descendez ! Enfin, tous les Prophètes, fatigués d’une trop longue attente, n’ont cessé de faire entendre tour à tour les supplications, les plaintes, et souvent même les cris de l’impatience. Quant à nous, nous les avons assez écoutés ; assez longtemps nous avons répété leurs paroles : qu’ils se retirent maintenant ; il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même : Vous êtes exaucés.
« Mais que venons-nous d’entendre ? Sanctifiez-vous, enfants d’Israël, et soyez prêts : car demain descendra le Seigneur. Le reste de ce jour, et à peine la moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette entrevue glorieuse, nous cachent encore l’Enfant-Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures légères ; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde. Je pense, mes Frères, que vous êtes de vrais enfants d’Israël, purifiés de toutes les souillures de la chair et de l’esprit, tout prêts pour les mystères de demain, pleins d’empressement à témoigner de votre dévotion. C’est du moins ce que je puis juger, d’après la manière dont vous avez passé les jours consacrés à attendre l’Avènement du Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, hâtez-vous aujourd’hui de les essuyer et de les couvrir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous le promettre de la miséricorde de l’Enfant qui va naître : celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui ; les ténèbres trompeuses s’évanouiront, et la splendeur véritable lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait-elle refusée aux mal-ci heureux, en cette nuit même où prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chassez donc l’orgueil de vos regards, la témérité de votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté de vos reins ; retirez vos pieds du chemin tortueux, et puis venez et jugez le Seigneur, si, cette nuit, il ne force pas les Cieux, s’il ne descend pas jusqu’à vous, s’il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés. »
Ce saint jour est, en effet, un jour de grâce et d’espérance, et nous devons le passer dans une pieuse allégresse. L’Église, dérogeant à tous ses usages habituels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mais dans ce cas l’Office et la Messe de la Vigile l’emportent sur l’Office et la Messe du quatrième Dimanche de l’Avent : tant ces dernières heures qui précèdent immédiatement la Nativité lui semblent solennelles ! Dans les autres Fêtes, si importantes qu’elles soient, la solennité ne commence qu’aux premières Vêpres ; jusque-là l’Église se tient dans le silence, et célèbre les divins Offices et le Sacrifice suivant le rite quadragésimal. Aujourd’hui, au contraire, dès le point du jour, à l’Office des Laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L’intonation solennelle de cet Office matutinal annonce le rite Double ; et les Antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque Psaume ou Cantique. A la Messe, si l’on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux comme dans les autres Fériés de l’Avent ; et il n’y a plus qu’une seule Collecte, au lieu des trois qui caractérisent une Messe moins solennelle.
Entrons dans l’esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller au-devant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche ; et, dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche que nous n’ayons vu naître, à l’heure sacrée, Celui qui vient illuminer toute créature ; car c’est un devoir, pour tout fidèle enfant de l’Église Catholique, de célébrer avec elle cette Nuit heureuse durant laquelle, malgré le refroidissement de la piété, l’univers entier veille encore à l’arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s’effacerait qu’au grand malheur de la terre.
Super II Cor., cap. 10 l. 2; Super II Cor., cap. 13 l. 2
Super II Cor., cap. 10 l. 2 Supra excusavit se apostolus per rationem hic excusat se per facti evidentiam. Et circa hoc duo facit. Primo enim committit auditoribus iudicium suae excusationis; secundo prosequitur suam causam, ibi si quis confidit, et cetera. Dicit ergo primo: licet appareat per rationem falsum esse quod imponunt mihi pseudo, tamen si aliqui sint inter vos, qui ratione non vincantur et noluerint rationi acquiescere, saltem videte, id est considerate, ea quae sunt secundum faciem, id est in manifesto apparent de me evidenter. Committit autem eis iudicium causae suae, ad ostendendam securitatem cordis sui. Jb VI, 29: respondete, obsecro, absque contradictione. Sed contra Jn. VII, 24: nolite secundum faciem iudicare. Non ergo bene dicitur hic quae secundum faciem sunt videte. Respondeo. Dicendum est quod ibi accipitur secundum faciem pro his quae exterius apparent in homine, scilicet pro sola veritatis apparentia, secundum quae non debet homo iudicare, quia aliquando contrarium latet in corde. Unde dicitur Mt. VII, 15: veniunt ad vos in vestimentis ovium, intrinsecus, et cetera. Hic vero accipitur secundum faciem pro ipsa veritate evangelica et facti evidentia, secundum quam potest fieri iudicium. Glossa aliter exponit, scilicet secundum faciem, id est pseudo videte, id est attendite. Quasi dicat: considerate facta eorum, quia impossibile est quin inter multa bona quae praetendunt, non faciant aliqua ex quibus poteritis cognoscere intentionem ipsorum pravam. Mt. VII, 20: ex fructibus eorum, et cetera. Consequenter cum dicit si quis autem confidit, etc., prosequitur causam suam. Contingit autem quod aliquis movetur contra aliquem, deceptus auctoritate alicuius qui se magnum facit. Et sic Corinthii commoti erant contra apostolum decepti a pseudo, qui se dicebant maioris auctoritatis quam Paulus, quia venerant a Iudaea, et quia erant primo conversi. Et ideo apostolus duo facit. Primo evacuat auctoritatem illorum pseudorum; secundo prosequitur causam suam, ibi ut autem non existimer, et cetera. Circa primum duo facit. Primo ostendit quod pseudo non sint sibi praeferendi; secundo quod ipse est praeferendus eis, ibi nam et si amplius, et cetera. Dicit ergo: hoc, inquam, secundum faciem videte; quod si quis, de pseudo, confidit se Christi esse, propter aliquod magnum quod fecerit, vel propter aliquod donum spirituale quod a Christo receperit, hoc cogitet apud se, id est consideret diligenter in corde suo quia sicut ipse Christi est, ita et nos. Quasi dicat: quidquid invenitur in eis, totum invenitur in nobis, unde debeamus dici et esse Christi. I Cor. VII, 40: puto quod et ego spiritum Christi habeam. Rm. VIII, 9: si quis spiritum Christi non habet, hic non est eius. Non solum autem nos sumus Christi sicut et ipsi, sed multo plus possumus gloriari quod sumus Christi quam ipsi. Et hoc est quod dicit nam et si amplius aliquid gloriatus fuero de potestate nostra, quam, scilicet potestatem, dedit nobis Dominus. Ac. IX, 15: vas electionis est mihi iste. Ga. II, 8: qui operatus est Petro, et cetera. Dedit, inquam, mihi potestatem hanc specialem ad convertendum gentes in aedificationem, scilicet Ecclesiae, et non in destructionem, sicut faciunt pseudo, abutentes potestate eis data in contrarium ad quod data est. Nam, licet potestas detur in aedificationem Ecclesiae in fide et charitate, isti tamen quaerunt gloriam suam et non Christi, et ideo destruunt. Et hoc faciebant praedicando observari legalia et faciendo quaestum. Si ergo amplius glorior de hac potestate quam habeo, et in qua gloriam Christi quaero et non meam, non erubescam, scilicet de huiusmodi commendatione mea, quia non facio ad ostendendum me, sed causa necessitatis, scilicet ut ostendens auctoritatem meam esse magnam, et pseudo nullam, non decipiamini ab eis de caetero. Ubi nota quod, secundum Gregorium, duabus de causis potest aliquis se commendare absque peccato, scilicet quando aliquis provocatur opprobriis et conculcatur; et hoc ut non desperet videns se conculcari, et ut confutet adversarios. Sic Job commendavit se multum, sicut patet XXVII cap., unde dicit: neque enim reprehendit me cor meum in omni vita mea, et cetera. Item quando aliquis praedicans veritatem, et alius adversarius veritatis contradicit sibi et impedit manifestationem veritatis, tunc huiusmodi praedicator debet se commendare et ostendere auctoritatem suam, ut confutet illum et ut trahat auditores ad veritatem. Et hoc facit apostolus in multis locis et hic etiam. Consequenter cum dicit ut autem non existimer, etc., prosequitur causam suam ex facti evidentia. Et circa hoc tria facit. Primo ostendit falsum esse quod sibi imponitur; secundo rationem dicti assignat, ibi non enim audemus, etc.; tertio exponit rationem ipsam, ibi non autem non, et cetera. Circa primum sciendum est, quod, sicut dictum est, imponebatur apostolo quod in praesentia esset humilis propter timorem, vel propter gratiam et favorem captandum, et in absentia dure scriberet eis. Et ideo dicit apostolus quod non est ita, sed si bene volunt considerare quae apparent, ita invenient eum facto, qualem habuerunt scripto, et hoc possunt experiri, si volunt. Et hoc est quod dicit ut autem non existimer, a pseudo seu a vobis, tamquam terrere vos, vel timorem vobis incutere, per epistolas nostras quas vobis mittimus, quem quidem timorem non incutiebam vobis in praesentia. Et hoc ideo est quoniam ipsi, scilicet pseudo, inquiunt: epistolae, scilicet Pauli, graves sunt, id est dure et graviter punientes, et fortes, id est absque timore; sed praesentia non talis, imo infirma, id est debilis et humilis, quod respondet ei quod dicit fortes; et sermo, scilicet praedicatio sua, et collocutio, et exhortatio, contemptibilis, quod respondet ei quod dicitur graves. Sed qui est huiusmodi, id est qui talia dicit de nobis, cogitet, id est sciat certe, quia quales sumus, et cetera. Id est tales erimus praesentes, cum venimus ad vos, quales sumus per epistolas, absentes, si necesse fuerit. Causam autem quare apostolus se habuit humiliter ad eos, manifestat apostolus I Cor. II, 3: et ego, fratres, cum timore multo et tremore, etc., quod faciebat, quia non erant firmi in fide. Et voluit eos per dulcedinem suae conversationis firmare. Quare autem locutus fuerit sibi plana, et praedicaverit eis non subtilia, insinuat I Cor. III, dicens: tamquam parvulis in Christo lac potum dedi vobis, et cetera. Nondum enim erant capaces altioris doctrinae. Consequenter cum dicit non enim audemus, etc., ostendit rationem dicti sui, dicens: dico quod non sumus similes pseudo, nec etiam est verum quod imponitur nobis, quia ego non dico alia quam facere est necesse. Et ideo dicit non enim audemus nos inserere, id est dicere nos esse unum ex eis, aut comparare, id est similem facere, quibusdam, scilicet pseudo, qui seipsos vobis tantum commendant, et tamen ab aliis et a factis suis non commendantur, contra illud Pr. XXVII, 2: laudet te alienus, et non os tuum, et cetera. Sed ipsi in nobis, etc., id est secundum ea quae sunt in nobis commensuramus facta nostra et dicta. Quasi dicat: illa dicimus de nobis quae sunt proportionata nobis, id est commensurata factis nostris. Ga. ult.: unusquisque opus suum probet, et cetera. Sed contra cap. IV, 2 dicitur commendantes nosmetipsos ad omnem conscientiam, et cetera. Ergo non bene dixit. Respondeo. Dicendum est quod aliud est commendare seipsum ad conscientiam, et aliud ad aures. Nam ad conscientias hominum commendamus nos ipsos, cum bene agimus, et hoc est bonum. Ad aures autem commendamus nosmetipsos verbis tantum, et hoc est malum. Primo modo commendant se iusti et apostolus; secundo modo pseudo et hypocritae.
Super II Cor., cap. 13 l. 2 Post comminationem severi Dei iudicii, subdit apostolus admonitionem ad praeparationem, ut iudicium severum non patiantur, et primo ponit ipsam admonitionem; secundo rationem admonitionis assignat, ibi ideo haec absens scribo, et cetera. Circa primum duo facit. Primo ponit admonitionem; secundo excludit falsam suspicionem, ibi oramus autem ad Deum, et cetera. Circa primum duo facit. Primo monet ut se examinent; secundo innuit quid per huiusmodi examinationem invenire possint, ibi an non cognoscitis, et cetera. Circa primum sciendum est, quod ille, qui secure vult comparere in iudicio, debet se primo examinare de factis suis, et sic poterit scire utrum tute compareat. Et ideo apostolus monet ut antequam veniant ad iudicium, quod erit in adventu suo ad eos, examinent se, dicens vosmetipsos tentate, id est examinate et considerate actus vestros. I Th. V, 21: omnia probate, quod bonum est tenete, et cetera. Monet autem, ut de duobus se examinent, scilicet de fide. Unde dicit si estis in fide, scilicet quam praedicavi vobis, et a me accepistis de Domino Iesu Christo, an excideritis ab ea et sitis prolapsi in aliam. Et hoc necessarium est, quia I Cor. XI, 31 dicitur: si nosmetipsos iudicaremus, et cetera. Jr. II, 23: vide vias tuas, et cetera. Item de operibus. Unde dicit ipsi vos probate, scilicet an sitis in operibus bonis, et utrum conscientia remordeat vos aliquid mali fecisse. Et hoc utile est, quia I Cor. XI, 28 dicitur: probet autem seipsum homo, etc.; Ga. VI, 4: opus suum probet unusquisque. Consequenter cum dicit an non cognoscitis, etc., ostendit quid per huiusmodi examinationem invenire poterunt. Et primo quid inveniant in seipsis; secundo quid inveniant in apostolo, ibi spero autem, et cetera. In seipsis autem duo invenire poterunt per examinationem, quia aut scient se tenere fidem, et sic invenire poterunt et cognoscere, quod Christus sit in eis, et hoc est quod dicit an non cognoscitis vosmetipsos, quia Christus Iesus in vobis est? Id est numquid si examinaretis vos, sciretis vos habere fidem, et cognosceretis, quod Christus est in vobis? Quasi dicat: sic, quia ubi est fides Christi, ibi est Christus. Ep. III, 17: habitare Christum per fidem, et cetera. I Cor. VI, 19: nescitis quia corpora vestra templum, et cetera. Aut scient se non tenere fidem, et sic invenient quod sint reprobi. Et ideo dicit nisi forte reprobi estis, id est vere invenietis vos habere Christum, nisi forte dimiseritis fidem et reprobi sitis ab eo, quod prius habuistis per fidem. Jr. XV, 6: reliquisti me, retrorsum abiisti. Jr. VI, 29: malitiae eorum non sunt consumptae, argentum reprobum, et cetera. Sed hic quaestio est litteralis de hoc quod dicit an non cognoscitis, et cetera. Nam Christus in eis solum manet, qui habent charitatem, ut dicitur I Jn. IV, 16: Deus charitas est, et cetera. Si ergo cognoscimus, quod Christus per fidem sit in nobis, oportet quod hoc sit per fidem formatam. Cognoscentes ergo hoc modo Christum esse in nobis, sciemus nos habere charitatem qua informatur fides, quod est contra illud Eccle. IX, 1: nemo scit utrum odio, et cetera. Respondeo. Dicendum est, quod habitare Christum in nobis, potest accipi dupliciter: vel quantum ad intellectum, vel quantum ad affectum. Si quantum ad intellectum, sic ipse habitat in nobis per fidem informem. Et hoc modo nihil prohibet nos per certitudinem scire, quod Christus habitet in nobis, scilicet cum scimus nos tenere fidem, quam Ecclesia Catholica docet et tenet. Si vero quantum ad affectum, sic habitat Christus in nobis per fidem formatam, et hoc modo nullus potest scire, quod Christus habitet in nobis, vel quod habeamus charitatem, nisi per revelationem et specialem gratiam alicui concedatur certitudo. Per quamdam tamen coniecturam nihil prohibet nos scire posse quod in charitate sumus, quando scilicet quis invenit se taliter paratum et dispositum, ut nullo modo propter aliquod temporale vellet aliquid facere contra Christum. I Jn. III, 21: si cor nostrum non reprehenderit nos, et cetera. Patet ergo quod apostolus loquitur quantum ad primum modum. Vel etiam loquitur de cognitione, quae est per coniecturam quamdam, ut dictum est. Argumentum autem procedit quantum ad secundum modum, et de cognitione quae est per certitudinem. Quid autem in apostolo possint invenire subdit, dicens spero autem, et cetera. Nam quia isti Corinthii possent dicere: nos non sumus reprobi, sed ideo non tenemus documenta tua, quia non sunt recta, sed reprobanda. Et ideo dicit: quidquid sit de vobis, tamen spero, quod ex vita et doctrina nostra, quam ostendi vobis, cognoscetis, quia non sumus reprobi, et non docuimus mala, nec exclusi sumus a potestate quam dicimus nos habere. Eccli. XIX, 26: ex visu cognoscitur vir. Mt. VII, 16: a fructibus eorum, et cetera. Consequenter cum dicit oramus, etc., excludit suspicionem. Comminatus enim fuerat eis iudicium severum, cum ostenderat potestatem suam in iudicando, et indixerat examinationem, credens Christum in eis esse, nisi ipsi essent reprobi. Sed tamen hoc dimittit sub dubio, utrum sit Christus in eis. Et quia ipsi possent credere et suspicari, quod apostolus gauderet de hoc quod essent reprobi, ut ipse in comparatione ad eos maior appareat et ut in eis posset exercere severius iudicium: ideo apostolus hanc suspicionem removet hic, primo, per orationem, quam pro eis ad Deum dirigit; secundo per gaudium, quod de eis concepit, ibi gaudemus enim, et cetera. Orat autem, ut ipsi inveniantur innocentes, ut non examinentur ex severitate iudicii. Et ideo dicit oramus autem, scilicet Deum, ut vos nihil mali faciatis; quasi dicat: non credatis, quod velimus, quod sitis reprobi, sed oramus, ut nihil, et cetera. Item orat, quod ipse appareat infirmus, per quod excluditur appetitus excellentiae apostoli in comparatione ad eos. Et ideo dicit non, scilicet oramus, ut probati appareamus, id est non ut nos commendemur probati in comparatione ad vos, sed magis, ut vos quod bonum est, faciatis, Ga. VI, 9: bonum autem facientes, et cetera. Ps. XXVI: viriliter agite et confortetur cor vestrum; nos autem, ut reprobi simus, amittendo potestatem puniendi et iudicandi, quia ubi non est culpa, omnes sumus pares, et unus non habet potestatem iudicandi super alios. Magis ergo vult apostolus, ut sint boni, quam ut subiaceant potestati iudicii sui. Et quod careat potestate iudicandi si boni sint, ostendit cum dicit non enim possumus, etc., quasi dicat: nos non laboramus nisi pro veritate et pro ipsa stamus. Constat autem, quod si puniremus innocentes, faceremus contra veritatem, et contra iustitiam. Unde cum apostolus non possit facere contra veritatem sed pro veritate, id est pro iustitia, manifestum est, quod non puniet innocentes. Notandum est, secundum Augustinum in Glossa, quod ad vitandum peccata, necessaria sunt duo, scilicet liberum arbitrium, et gratia Dei. Si enim liberum arbitrium non esset necessarium, numquam darentur homini praecepta, nec prohibitiones, nec exhortationes. Frustra etiam darentur poenae. Gratia etiam est necessaria, quia nisi Deus omnes regeret per gratiam suam, non posset homo stare. Frustra etiam oraremus, quod non inducat nos in tentationem. Et ideo apostolus ostendens utrumque esse necessarium, et orat Deum pro gratia obtinenda, et monet ut per liberum arbitrium recedant a malo et faciant bonum. Unde dicit oramus quantum ad primum, ut nihil mali faciatis quantum ad secundum. Consequenter cum dicit gaudemus, etc., removet falsam suspicionem propter gaudium de bono ipsorum conceptum. Et primo ponit gaudium, quod de ipsorum innocentia concepit; secundo orationem quam pro ipsorum perfectione emittit, ibi hoc autem oramus, vestram, et cetera. Dicit ergo: oramus quod vos probati appareatis, sed nos infirmi, et hoc apparet ex affectu nostro, quia gaudemus, quod scilicet aliqui sint inter vos boni et innocentes, ex quo subtrahatur nobis potestas iudicandi et videamur infirmi. Et hoc est quod dicit gaudemus, quoniam nos infirmi sumus, id est non exercentes potestatem nostram, vos autem potentes, id est sic bene agentes et vitia vincentes, quod subtrahitis vos a potestate nostra iudicandi. Cum enim aliquis male agit, subdit se potestati iudicis, sed bene faciendo repellit illam a se. Rm. XIII, 3: vis non timere potestatem? Benefac, et cetera. I Cor. IV, 10: nos infirmi, vos fortes. De isto gaudio dicitur Ph. II, 17: gaudeo et congratulor vobis, et cetera. Et non solum de his gaudemus, sed etiam super hoc oramus vestram consummationem, id est perfectionem. In rebus enim naturalibus videmus quod quaelibet res naturalis naturaliter tendit ad suam perfectionem, ad quam habet naturale desiderium. Et ideo cuilibet rei datur virtus naturalis, ut ad suam perfectionem naturalem possit pervenire. Gratia autem datur homini a Deo, per quam homo perveniat ad suam ultimam et perfectam consummationem, id est beatitudinem, ad quam habet naturale desiderium. Unde quando aliquis non tendit ad suam perfectionem, signum est, quod non habet satis de gratia Dei. Et ideo apostolus, ut isti possint in gratia crescere, orat ut perficiantur. Et Ph. I, 9: oro ut charitas, et cetera. Ep. VI, 13: ut possitis resistere in die malo, et cetera. Consequenter posita admonitione, causam admonitionis assignat, dicens ideo haec absens scribo, etc., id est ideo absens scribo vobis haec, monendo vos, ne scilicet cogar aliquid facere contra voluntatem meam, quae est ut nihil dure agam contra vos, nisi quatenus per vos compellar. Et ideo dicit ut non praesens vobis durius agam contra vos quam velim vel quam velitis. Sg. XI, 11: hos quidem tamquam pater monens probasti, et cetera. Supra X, 1: absens confido in vobis. Rogo autem vos ne praesens audeam, et cetera. Sed quia Corinthii possent dicere: numquid etiam si benefecerimus, non poteris contra nos, o apostole, dure agere? Ideo respondet, dicens: non, quia non propono nec possum agere, nisi secundum quod recepi a Deo potestatem. Deus autem dedit mihi hanc potestatem, scilicet ligandi atque solvendi, in aedificationem, non in destructionem, id est ut vos aedificemini, et non ut destruamini. Et si dure vos corrigerem, non aedificarem, sed destruerem. Supra X, 8: de potestate nostra, quam dedit nobis Dominus ad aedificationem, et cetera. Hanc autem potestatem dedit Dominus Paulo, Ac. IX: segregate mihi Barnabam et Paulum ad opus, et cetera.
IVème dimanche de l’Avent
Introït
Cieux, répandez votre rosée ; que des nuées descende le salut ! Que s’ouvre la terre et qu’elle donne naissance au Sauveur. Les cieux chantent la gloire de Dieu : leur voûte solide proclame la puissance de ses mains.
Collecte
Excitez, Seigneur, votre puissance et venez : donnez-nous le secours de votre force infinie, et qu’avec l’aide de votre grâce, votre indulgente bonté nous accorde sans délai ce que retardent nos péchés.
Épitre 1 Cor. 4, 1–5
Mes Frères : Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. Eh bien ! ce que l’on cherche dans les dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain ; je ne me juge pas moi-même ; car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu’à ce que vienne le Seigneur : il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.
Évangile Lc. 3, 1–6.
La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »
Secrète
Jetez, Seigneur, un regard apaisé sur le sacrifice que vous nous présentons ; qu’il nous attache à vous et assure notre salut.
Postcommunion
Après avoir reçu vos dons, Seigneur, nous vous demandons de faire croître en nos âmes les grâces du salut, à mesure que nous recourons à ce sacrement
Office
Au premier nocturne.
Du Prophète Isaïe. Cap. 35, 1-10 & 41, 1-4.
Première leçon. Elle se réjouira, la terre déserte et sans chemin, et elle exultera la solitude, et fleurira comme le lys. Germant, elle germera, et elle exultera, toute joyeuse, et chantant des louanges ; la gloire du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et de Saron ; eux-mêmes verront la gloire du Seigneur et la majesté de notre Dieu. Fortifiez les mains languissantes et affermissez les genoux débiles. Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez point ; car voici que votre Dieu amènera la vengeance de rétribution ; Dieu lui-même viendra et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds entendront. Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée, parce que des eaux se sont répandues dans le désert et des torrents dans la solitude. Et la terre qui était aride sera comme un étang, et celle qui avait soif comme des fontaines d’eaux.
Deuxième leçon. Dans les repaires, dans lesquels auparavant habitaient des dragons, croîtra la verdure du roseau et du jonc. Et là sera un sentier et une voie, et elle sera appelée la voie sainte ; l’impur n’y passera pas, et ce sera pour vous une voie droite, en sorte que les ignorants ne s’y égareront pas. Il n’y aura pas là de lion, et une mauvaise bête n’y montera pas et ne s’y trouvera pas ; mais ils y marcheront, ceux qui auront été délivrés. Et les rachetés par le Seigneur retourneront, et viendront à Sion, avec des chants de louange, et une allégresse éternelle sera sur leur tête ; ils obtiendront la joie et l’allégresse et la douleur fuira ainsi que le gémissement.
Troisième leçon. Que les îles se taisent devant moi, et que les Nations prennent une nouvelle force ; qu’elles s’approchent et alors qu’elles parlent, et entrons ensemble en jugement. Qui a suscité de l’Orient le juste ? L’a appelé pour qu’il le suivît ? Il mettra en sa présence des Nations et lui asservira des rois ; il [les] livrera comme de la poussière à son glaive, et comme une paille emportée par le vent à son arc. Il les poursuivra, il passera en paix, et la trace de ses pieds ne paraîtra pas. Qui a opéré et fait ces choses, appelant les générations dès le commencement ? Je suis le Seigneur ; c’est moi qui suis le premier et le dernier.
Au deuxième nocturne.
Sermon de saint Léon, Pape.
Quatrième leçon. Si nous avons, mes bien aimés, selon la foi et la sagesse, l’intelligence de l’exorde de notre création, nous trouverons que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, afin qu’il imitât son Auteur, et que la perfection première de notre race consiste à ce qu’en nous resplendisse, comme en une sorte de miroir, l’image de la bénignité divine. C’est sur ce type que la grâce du Sauveur nous refait tous les jours, lorsque ce qui est tombé dans le premier Adam, est relevé dans le second.
Cinquième leçon. Nous devons à la seule miséricorde de Dieu le bienfait de notre Rédemption ; nous ne l’aimerions pas, « s’il ne nous avait aimés le premier, » et s’il n’eût dissipé les ténèbres de notre ignorance par la lumière de sa vérité. C’est ce que Dieu nous apprend lui-même par le saint Prophète Isaïe : « Je conduirai les aveugles dans une voie qu’ils ne connaissaient pas ; et je les ferai marcher dans des sentiers qu’ils ignoraient. Je convertirai devant eux les ténèbres en lumière, et les chemins tortus en chemins droits ; je ferai ces merveilles pour eux et je ne les délaisserai pas. » Et encore : « J’ai été trouvé, dit-il, par ceux qui ne me cherchaient pas ; je me suis montré à ceux qui ne me demandaient pas. »
Sixième leçon. L’Apôtre saint Jean nous explique de quelle manière ce mystère s’est accompli, lorsqu’il dit : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu, et nous a donné l’intelligence, pour que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils. » Et encore « Aimons donc Dieu, puisque c’est lui qui nous a aimés le premier. » Or Dieu, en nous aimant, nous réforme sur son image ; et, pour trouver en nous des traits de sa bonté infinie, il nous donne des secours, afin que nous puissions faire ce qu’il fait lui-même : répandant les lumières de sa vérité dans notre esprit, et nous enflammant du feu de sa charité, pour que nous ne l’aimions pas seulement lui-même, mais que nous aimions tout ce qu’il aime.
Au troisième nocturne.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Septième leçon. Jean disait à ceux qui accouraient en foule pour être baptisés : « Race de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir ? » Or, la colère à venir est le châtiment final, que ne pourra fuir alors le pécheur, s’il ne recourt maintenant aux gémissements de la pénitence. Et i ! faut remarquer que ces rejetons mauvais, imitant la manière d’agir de parents méchants, sont appelés : race de vipères ; parce qu’en portant envie aux bons, en les persécutant, en faisant du mal à leur prochain, en se vengeant du dommage qu’on leur porte, ils suivent en tout cela les voies de leurs pères selon la chair, et agissent comme des enfants envenimés, nés de parents remplis eux-mêmes de venin.
Huitième leçon. Mais, puisque nous avons déjà péché, et que nous sommes enveloppés dans de mauvaises habitudes invétérées, qu’il nous dise ce que nous devons faire pour pouvoir fuir la colère à venir. Le voici : « Faites donc de dignes fruits de pénitence. » Il faut remarquer, dans ces paroles, que l’ami de l’Époux nous avertit de faire, non seulement des fruits de pénitence, mais de dignes fruits de pénitence. Car, c’est autre chose que de faire un fruit de pénitence, et de faire un digne fruit de pénitence. Pour bien parler de ces fruits de pénitence, il faut savoir que quiconque n’a rien commis d’illicite, a le droit d’user des choses licites : et ainsi, en s’exerçant dans les œuvres de piété, il lui est libre d’user, s’il le veut, des choses du monde.
Neuvième leçon. Mais, si il quelqu’un est tombé dans de grands péchés, il doit d’autant plus se retrancher ce qui est permis, qu’il se souvient d’avoir commis des actions défendues. Et, en effet, les fruits des bonnes œuvres ne doivent pas être pareils en celui qui a peu péché, et en celui qui a péché beaucoup ; ou bien en celui qui n’a jamais commis de crimes, celui qui en a commis quelques-uns, et celui qui en a commis un grand nombre. Ces paroles donc : « Faites de dignes fruits de pénitence, » sont un appel à la conscience de chacun, l’invitant à acquérir par la pénitence un trésor de bonnes œuvres d’autant plus grand, qu’il s’est causé de plus grands dommages par le péché.
O Roi des nations ! Vous approchez toujours plus de cette Bethléem où vous devez naître. Le voyage tire à son terme, et votre auguste Mère, qu’un si doux fardeau console et fortifie, va sans cesse conversant avec vous par le chemin. Elle adore votre divine majesté, elle remercie votre miséricorde ; elle se réjouit d’avoir été choisie pour le sublime ministère de servir de Mère à un Dieu. Elle désire et elle appréhende tout à la fois le moment où enfin ses yeux vous contempleront. Comment pourra-t-elle vous rendre les services dignes de votre souveraine grandeur, elle qui s’estime la dernière des créatures ? Comment osera-t-elle vous élever dans ses bras, vous presser contre son cœur, vous allaiter à son sein mortel ? Et pourtant, quand elle vient à songer que l’heure approche où, sans cesser d’être son fils, vous sortirez d’elle et réclamerez tous les soins de sa tendresse, son cœur défaille et l’amour maternel se confondant avec l’amour qu’elle a pour son Dieu, elle est au moment d’expirer dans cette lutte trop inégale de la faible nature humaine contre les plus fortes et les plus puissantes de toutes les affections réunies dans un même cœur. Mais vous la soutenez, ô Désiré des nations ! Car vous voulez qu’elle arrive à ce terme bienheureux qui doit donner à la terre son Sauveur, et aux hommes la Pierre angulaire qui les réunira dans une seule famille. Soyez béni dans les merveilles de votre puissance et de votre bonté, ô divin Roi ! et venez bientôt nous sauver, vous souvenant que l’homme vous est cher, puisque vous l’avez pétri de vos mains. Oh ! Venez, car votre œuvre est dégénérée ; elle est tombée dans la perdition ; la mort l’a envahie : reprenez-la dans vos mains puissantes, refaites-la ; sauvez-la ; car vous l’aimez toujours, et vous ne rougissez pas de votre ouvrage.
Saint Thomas, apôtre mémoire de la Férie de l’Avent
Collecte
Faites-nous la grâce, nous vous en prions, Seigneur, de célébrer avec joie la solennité de votre bienheureux Apôtre Thomas, afin qu’étant toujours soutenus par sa protection, nous soyons, avec l’ardeur qui convient, les disciples de la foi qu’il a prêchée.
Épitre Ep. 2, 19-22.
Mes Frères : Désormais vous n’êtes donc plus des étrangers et des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu, puisque vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre angulaire. En lui, tout l’édifice, bien coordonné, grandit pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez dans sa structure, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit-Saint.
Évangile Jn. 20, 24-29
En ce temps-là, Thomas, l’un des douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains le trou des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples étaient enfermés de nouveau, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées ; et il se tint au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Ensuite il dit à Thomas : Introduis ton doigt ici, et vois mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais fidèle. Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !
Secrète
Nous vous rendons, Seigneur, l’hommage qui vous est dû et qui affirme notre dépendance, en vous suppliant humblement de protégez en nous vos dons, en égard aux suffrages du bienheureux Apôtre Thomas, dont nous honorons la confession en vous sacrifiant des hosties de louanges.
Office
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. L’Apôtre Thomas, appelé aussi Didyme, était galiléen. Après avoir reçu le Saint-Esprit, il alla prêcher l’Évangile dans beaucoup de provinces. Il enseigna les vérités de la foi et les préceptes de la vie chrétienne aux Parthes, aux Mèdes, aux Perses, aux Hircaniens, aux Bactriens. Enfin il se rendit dans les Indes, et instruisit les habitants de ces pays dans la religion chrétienne. La sainteté de sa vie et de sa doctrine et la grandeur de ses miracles ayant excité l’admiration des Indiens pour l’Apôtre, et leur amour pour Jésus-Christ, le roi de la contrée, adorateur zélé des idoles, en fut tout enflammé de colère. Il condamna Thomas à mourir, et celui-ci tomba, percé de traits, à Calamine, rehaussant ainsi par la couronne du martyre, l’honneur de son apostolat.
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Septième leçon. Quelles sont vos réflexions, mes très chers frères, en entendant lire ce passage de l’Évangile ? Attribuez-vous à l’effet du hasard qu’un disciple, choisi par le Seigneur, se soit trouvé absent au moment de son apparition ; mais que, venant ensuite, il en ait entendu le récit, que l’entendant il ait douté, qu’ayant douté il ait touché, qu’ayant touché il ait cru ? Non, cela n’est point arrivé par hasard, mais par une disposition de la Providence. La divine bonté à tout, conduit d’une manière admirable, afin que ce disciple, sous l’empire du doute, jusqu’à ce qu’il eût palpé les blessures du corps de son Maître, guérît en nous les plaies de l’infidélité. En effet, l’incrédulité de Thomas a plus servi à l’affermissement de notre foi, que la foi des autres disciples déjà convaincus ; car en voyant que cet Apôtre revient à la foi en touchant le Christ, notre esprit renonce au moindre doute et se sent fortifié dans la foi.
Huitième leçon. Si le Seigneur a permis qu’après sa résurrection, un disciple doutât de la sorte, il ne l’a cependant pas abandonné dans le doute : c’est ainsi qu’avant sa naissance il voulut que Marie eût un époux, sans néanmoins qu’elle cessât d’être vierge. Or, de même que ce disciple, doutant d’abord, puis touchant les plaies de son Maître, devint un témoin de la vérité de la résurrection, ainsi l’époux de la Mère de Dieu avait été le gardien de sa très pure virginité. Thomas palpa les plaies du Sauveur et s’écria : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. » Puisque l’Apôtre Paul dit : « La foi est le fondement des choses qu’on doit espérer, et la démonstration de celles qu’on ne voit point », il est clair et certain que la foi est la démonstration des vérités qui ne peuvent paraître à nos yeux ; car les vérités apparentes ne sont plus l’objet de la foi, mais de la connaissance.
Neuvième leçon. Pourquoi donc le Seigneur dit-il à Thomas, lorsque cet Apôtre eut vu, lorsqu’il eut palpé : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ? » C’est que, autre chose est ce qu’il a vu, et autre chose, ce qu’il a cru. Car un homme mortel ne peut voir la divinité. Il vit donc Jésus homme et il le confessa Dieu, disant : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est donc en voyant qu’il a cru, c’est en considérant l’humanité véritable du Christ, qu’il a proclamé sa divinité que ses regards ne pouvaient atteindre. Les paroles qui suivent sont pour nous un sujet de joie : « Heureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ! » Cette sentence s’adresse spécialement à nous qui, ne l’ayant point vu en sa chair, le retenons dans nos âmes par la foi. C’est nous que le Sauveur a désignés ; pourvu toutefois que nos œuvres soient conformes à notre foi. Car celui-là croit véritablement qui pratique ce qu’il croit.
Voici la dernière Fête que va célébrer l’Église avant celle de la Nativité de son Seigneur et Époux. Elle interrompt les Féries majeures pour honorer Thomas, Apôtre du Christ, et dont le glorieux martyre, consacrant à jamais ce jour, procura au peuple chrétien un puissant introducteur auprès du divin Messie. Il appartenait à ce grand Apôtre de paraître sur le Cycle dans les jours où nous sommes, afin que sa protection aidât les fidèles à croire et à espérer en ce Dieu qu’ils ne voient pas encore, et qui vient à eux sans bruit et sans éclat, afin d’exercer leur Foi. Saint Thomas douta un jour, et ne comprit le besoin de la Foi qu’après avoir passé parles ombres de l’incrédulité : il est juste qu’il vienne maintenant en aide aux enfants de l’Église, et qu’il les fortifie contre les tentations qui pourraient leur survenir de la part d’une raison orgueilleuse. Adressons-nous donc à lui avec confiance ; et du sein de la lumière où son repentir et son amour l’ont placé, il demandera pour nous la docilité d’esprit et de cœur qui nous est nécessaire pour voir et pour reconnaître Celui qui fait l’attente des nations, et qui, destiné à régner sur elles, n’annoncera son arrivée que par les faibles vagissements d’un enfant, et non par la voix tonnante d’un maître. L’Église a jugé à propos de nous présenter le récit des Actes de notre saint Apôtre aux Matines sous la forme la plus abrégée, dans la crainte de mêler quelques détails fabuleux aux faits incontestables que les sources authentiques nous fournissent.
GRANDE ANTIENNE DE SAINT THOMAS.
O Thomas Didyme ! vous qui avez mérité de voir le Christ, nous faisons monter vers vous nos prières à haute voix ; secourez-nous dans notre misère ; afin que nous ne soyons pas condamnés avec les impies, en l’Avènement du Juge.
L’Église grecque traite avec sa solennité ordinaire la fête de saint Thomas ; mais c’est au six octobre qu’elle la célèbre. Nous allons extraire quelques strophes des chants qu’elle lui a consacrés.
Glorieux Apôtre Thomas, vous qui avez amené au Christ un si grand nombre de nations infidèles, c’est à vous maintenant que s’adressent les âmes fidèles, pour que vous les introduisiez auprès de ce même Christ qui, dans cinq jours, se sera déjà manifesté à son Église. Pour mériter de paraître en sa divine présence, nous avons besoin, avant toutes choses, d’une lumière qui nous conduise jusqu’à lui. Cette lumière est la Foi : demandez pour nous la Foi. Un jour, le Seigneur daigna condescendre à votre faiblesse, et vous rassurer dans le doute que vous éprouviez sur la vérité de sa Résurrection ; priez, afin qu’il daigne aussi soutenir notre faiblesse, et se faire sentir à notre cœur. Toutefois, ô saint Apôtre, ce n’est pas une claire vision que nous demandons, mais la Foi simple et docile ; car Celui qui vient aussi pour nous vous a dit en se montrant à vous : Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui cependant ont cru ! Nous voulons être du nombre de ceux-là. Obtenez-nous donc cette Foi qui est du cœur et de la volonté, afin qu’en présence du divin Enfant enveloppé de langes et couché dans la crèche, nous puissions nous écrier aussi : Mon Seigneur et mon Dieu ! Priez, ô saint Apôtre, pour ces nations que vous avez évangélisées, et qui sont retombées dans les ombres de la mort. Que le jour vienne bientôt où le Soleil de justice luira une seconde fois pour elles. Bénissez les efforts des hommes apostoliques qui consacrent leurs sueurs et leur sang à l’œuvre des Missions ; obtenez que les jours de ténèbres soient abrégés,, et que les régions arrosées de votre sang voient enfin commencer le règne du Dieu que vous leur avez annoncé et que nous attendons.
Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent
Collecte
Excitez votre puissance, Seigneur, et venez, pour que vos fidèles confiants en votre bonté, soient très vite délivrés de tout ce qui leur fait obstacle.
Lecture Is. 11, 1–5
Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Un rameau sortira du tronc de Jessé, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur ; Il mettra ses délices dans la crainte du Seigneur. Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux, et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles. Il jugera les petits avec justice, et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre. Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice ceindra ses flancs, et la fidélité sera la ceinture de ses reins.
Evangile
En ce temps-là : Marie partit et s’en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. Et elle s’écria à haute voix, disant : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant a tressailli de joie dans mon sein.Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! » Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur »
Jeudi de la IIIème Semaine de l’Avent
Collecte
Seigneur, prêtez l’oreille à nos prières : et quand vous nous ferez la grâce de venir parmi nous, apportez votre lumière dans l’obscurité de nos âmes.
Épitre Ph. 4, 4–7
Mes Frères : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.
O Racine de Jessé, * qui êtes comme l’étendard des peuples , devant qui les rois fermeront leur bouche, et dont les Nations imploreront le secours : venez nous délivrer, maintenant ne tardez plus.
Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent
Oraison
Faites, nous vous le demandons, Seigneur : que la solennité approchant de notre rédemption nous apporte avec elle les grâces nécessaires pour la vie présente et nous obtienne la récompense du bonheur éternel.
Lecture Is. 2. 2–5
En ces jours-là : Voici ce que dit le Prophète Isaïe : Il arrivera, à la fin des jours, que la Montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes et élevée au-dessus des collines. Et vers elle toutes les nations afflueront, et des nations nombreuses viendront et diront : « Venez et montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ; il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. » Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole du Seigneur. Il sera l’arbitre des peuples et le juge de nations nombreuses. Ils forgeront leurs épées en socs de charrue ; et leurs lances en faucilles. Une nation ne lèvera plus l’épée contre l’autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. Maison de Jacob, venez, et marchons à la lumière du Seigneur.
Oraison
| Hâtez-vous, Seigneur, nous vous le demandons, ne tardez plus : assistez-nous de la force d’en haut pour que votre venue réconforte ceux qui se confient en votre bonté | |
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Lecture Is. 7, 10–15 En ces jours là : Le Seigneur parla encore à Achaz, en disant : « Demande un signe au Seigneur, ton Dieu, demande-le dans les profondeurs du schéol ou dans les hauteurs du ciel. » Mais Achaz dit : « Je ne le demanderai pas, je ne tenterai pas le Seigneur. » Et Isaïe dit : « Ecoutez, maison de David : Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et on lui donne le nom d’Emmanuel. Il mangera de la crème et du miel, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. » Evangile Lc. 1, 26–38 En ce temps là : Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Etant entré où elle était, il lui dit : « Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes. » Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Elisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon votre parole ! » Et l’ange la quitta. Offertoire Prenez courage et n’ayez plus peur. Voici que notre Dieu vient rétablir la justice. Il arrive en personne et il va nous sauver. Secrète Daignez accepter, nous vous le demandons, Seigneur, nos privations : pour qu’en nous purifiant cette pénitence nous rende dignes de votre grâce et nous achemine vers les biens éternels que vous nous promettez. Office Homélie de saint Ambroise, Évêque. Première leçon. A la vérité, les secrets et les mystères de Dieu sont cachés, et, selon la parole d’un Prophète, il n’est pas facile aux hommes de pénétrer ses desseins ; cependant, par les autres actions et instructions du Sauveur, nous pouvons comprendre que ce n’est pas sans un dessein particulier que celle-là a été choisie pour enfanter le Seigneur, qui était l’épouse d’un homme. Mais, pourquoi n’a-t-elle pas été mère avant d’être épousée ? De crainte, peut-être, qu’on ne l’accusât d’adultère. |
Saint-Lazare martyre
Dans cette châsse se trouvent des reliques de saint Lazare, ressuscité à Béthanie par Notre Seigneur, par la suite premier évêque de Marseille et martyr.
Au centre, son chef qui est toujours resté à Marseille, alors que le reste de son corps fut transféré à Autun en 860 environ. Il aurait toujours dû se trouver dans la cathédrale Saint-Lazare. Mais qu’en reste-t-il après de nombreuses profanations?
En 1737, Mgr de Belsunce obtint de l’évêque d’Autun que lui fut donné un fragment de côte et trois ossements de la main. Seuls ces derniers sont dans la châsse. Le fragment de côte se trouve dans un riche reliquaire en bois doré à la paroisse Saint-Lazare de Marseille.
En 1859, saint Eugène de Mazenod obtint à son tour que lui fut donné, pris sur les reliques d’Autun, un bras de saint Lazare: on le voit dans cette châsse avec les autres reliques.
Lazare
La dépouille de Lazare, décapité, aurait été recueillie par les chrétiens et conservée, à l’abri des romains, dans une grotte. A partir du Ve siècle, elle est dans l’abbaye de Saint-Victor. Plus tard, les Sarrasins envahissent plusieurs fois Marseille, et pour protéger la relique, Romulus, abbé de Saint-Baudile de Nîmes fait bâtir une église à Autun en Bourgogne. Les reliques du saint y sont alors transportées par les Bourguignons et Gérard de Roussillon, gouverneur de Provence. Avant le départ, deux prêtres Marseillais subtilisent le crâne de la relique, en y mettant un autre, craignant de ne plus pouvoir récupérer le corps. Cette translation est attestée par divers documents, dont un de l’église d’Arles dont Marseille était alors la suffragante. Il n’est pas possible de connaître la date exacte de la translation.
Les deux prêtres dressent un acte d’authenticité, cachent leur trésor pendant l’invasion des barbares, et enfin, à leur départ, l’exposent à la vénération des chrétiens.
La tête du saint homme est conservée dans une chasse d’argent. Quelques fragments du corps sont placés dans un coffre de fer orné de peinture par Raimond II en 1122.
En 1481, nous l’avons dit, la chasse est portée dans le tombeau exécuté dans la chapelle qui porte son nom. Saint Lazare fut de tous temps l’objet d’un culte fervent dans Marseille. Ainsi, en 1516, lorsque François Ier entre à Marseille, tout le clergé, évêque en tête, l’accueille en portant le chef de Lazare.
| L'autel de St Lazare | |||||
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Dans le collatéral gauche, se trouve l’autel Saint-Lazare. Il est composé de deux arcades symétriques surmontées par une frise. Deux frontons circulaires coiffent l’ensemble. Les arcades reposent à droite et à gauche sur des pilastres d’ante. Tandis qu’une colonne centrale soulage l’ensemble. Trois personnages sont placés en hauteur : à gauche, c’est saint Cannat (septième évêque historique de Marseille). Il tient une crosse et un roseau. Au centre, en habit de guerrier, on reconnaît saint Victor, puis à droite, saint Lazare, au dessus de la barque. Il tient un cierge allumé dans la main droite.
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Saint Eusèbe évêque et martyr mémoire de la Férie de l’Avent
Collecte
O Dieu, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux Eusèbe, accordez-nous, dans votre miséricorde,de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance
Office
Quatrième leçon. Eusèbe, Sarde de nation, Lecteur de l’Église romaine, puis Évêque de Verceil, sembla non sans raison choisi par un jugement divin pour gouverner cette Église ; car les électeurs, qui ne le connaissaient nullement auparavant, le désignèrent aussitôt qu’ils l’eurent vu, à l’exclusion de tous leurs concitoyens. Il ne leur fallut pas plus de temps pour l’apprécier que pour le voir. Eusèbe fut en Occident le premier que qui établit dans son Église des moines remplissant les fonctions de clercs, afin qu’on vît en eux tout à la fois le mépris des richesses et les occupations propres aux Lévites. C’était l’époque où les impiétés ariennes envahissaient de toutes parts l’Occident. Eusèbe les attaqua si vigoureusement, que le souverain Pontife Libère trouva dans la foi invincible de cet Évêque la consolation qui soutenait sa vie. Reconnaissant en lui la ferveur de l’Esprit de Dieu, le Pape le chargea d’aller avec ses légats plaider devant l’Empereur la cause de la foi. Eusèbe se rendit aussitôt avec eux auprès de Constance, et parvint à force de zèle à en obtenir tout ce qu’on se proposait dans cette légation, c’est-à-dire la célébration d’un concile.
Cinquième leçon. Le concile se réunit à Milan, l’année suivante ; Eusèbe fut invité par Constance à s’y rendre, tandis que les légats de Libère désiraient et réclamaient également sa présence. Bien loin de se laisser influencer par les menées de la synagogue arienne et de prendre part à ses fureurs contre saint Athanase, il déclara hautement dès l’abord que plusieurs des membres de l’assemblée lui étaient connus comme entachés d’hérésie, et proposa de leur faire souscrire à la foi de Nicée, avant de traiter d’autres matières. Les Ariens vivement irrités ne le voulurent point ; Eusèbe refusa de son côté de souscrire à la condamnation de saint Athanase et parvint même à dégager fort habilement la simplicité de saint Denys, le Martyr, qui, trompé par les hérétiques, avait souscrit à cette injustice. C’est pourquoi les Ariens, furieux contre Eusèbe, l’accablèrent de mauvais traitements, puis le firent condamner à l’exil. Mais le Saint, ayant secoué la poussière de ses pieds, et ne redoutant ni les menaces de César ni le tranchant du glaive, accepta l’exil comme une fonction de son ministère. Envoyé à Scythopolis, il y souffrit la faim, la soif, les coups et divers autres supplices ; mais il méprisa courageusement sa vie pour confesser la foi, et sans crainte de la mort, il livra son corps aux bourreaux.
Sixième leçon. Les lettres importantes que saint Eusèbe adressa de Scythopolis au clergé et au peuple de Verceil, et à quelques personnes du voisinage, montrent quelles furent envers lui la cruauté et l’insolence effrontée des Ariens. Elles prouvent encore qu’ils ne purent jamais, ni l’abattre par leurs menaces et leurs traitements inhumains, ni l’attirer à leur parti au moyen de ruses adroites et flatteuses. Déporté, à cause de sa fermeté, de Scythopolis en Cappadoce, et enfin en Thébaïde dans la Haute-Égypte, il supporta les rigueurs de l’exil jusqu’à la mort de Constance. Il lui fut alors permis de rejoindre son troupeau, mais il ne voulut partir qu’après avoir assisté au synode réuni à Alexandrie pour réparer les pertes de la foi. Il parcourut ensuite les provinces de l’Orient pour rendre à la santé, à l’instar d’un habile médecin, ceux qui étaient infirmes dans la foi, les instruisant dans la doctrine de l’Église. Continuant cette mission salutaire, i1 passa en Illyrie, et revint enfin dans l’Italie qui, à son retour, dépouilla ses vêtements de deuil. Ce fut là qu’il publia les commentaires d’Origène et d’Eusèbe de Césarée sur les Psaumes : commentaires qu’il avait expurgés de toute erreur et traduits du grec en latin. Enfin, illustré par tant d’actions excellentes, il alla recevoir l’inflétrissable couronne de gloire, que tant de souffrances lui avaient méritée. Sa mort eut lieu à Verceil, sous Valentinien et Valens.
Aux glorieux noms des défenseurs de la divinité du Verbe dont l’Église honore la mémoire au temps de l’Avent, vient s’associer de lui-même le nom de l’intrépide Eusèbe de Verceil. La foi catholique, ébranlée dans ses fondements au IVe siècle par l’hérésie arienne, se maintint debout par les travaux de quatre souverains Pontifes : Silvestre, qui confirma le Concile de Nicée ; Jules, qui fut l’appui de saint Athanase ; Libère, dont la foi ne défaillit pas, et qui, rendu à la liberté, confondit les Ariens ; et Damase, qui acheva de ruiner leurs espérances. L’un de ces quatre Pontifes brille sur le Cycle, au temps de l’Avent : c’est Damase, dont nous venons de célébrer la mémoire. A côté des Pontifes romains, combattent pour la divinité du Verbe quatre grands Évêques, desquels on peut affirmer que leur cause personnelle était en même temps celle du Fils de Dieu Consubstantiel : en sorte que leur dire anathème était dire anathème au Christ lui-même ; tous quatre puissants en œuvres et en paroles, la lumière des Églises, l’amour du peuple fidèle, les invincibles témoins du Christ. Le premier et le plus grand des quatre est l’Évêque du second Siège de l’Église, saint Athanase, Patriarche d’Alexandrie ; le deuxième est saint Ambroise de Milan, que nous avons fêté il va peu de jours ; le troisième est la gloire des Gaules, saint Hilaire, Évêque de Poitiers ; le quatrième est l’ornement de l’Italie, saint Eusèbe, Évêque de Verceil. C’est ce dernier que nous avons à honorer aujourd’hui. Hilaire aura son tour et confessera bientôt le Verbe éternel auprès de son berceau ; pour Athanase, il paraîtra en son temps, et célébrera dans sa Résurrection triomphante Celui qu’il proclama avec un courage magnanime, en ces jours de ténèbres où la sagesse humaine eût espéré volontiers que le royaume du Christ, après avoir triomphé de trois siècles de persécutions, ne survivrait pas à cinquante années de paix. Saint Eusèbe a donc été élu par la souveraine Providence de Dieu pour conduire le peuple fidèle à la Crèche, et lui révéler le Verbe divin sous les traits de notre faible mortalité. Les souffrances qu’il a endurées pour la divinité du Christ ont été si grandes, que l’Église lui a décerné les honneurs du Martyre, quoiqu’il n’ait pas répandu son sang dans les supplices.
Athlète invincible du Christ que nous attendons, Eusèbe, Martyr et Pontife, que vos fatigues et vos souffrances pour la cause de ce divin Messie ont été grandes ! Elles vous ont cependant paru légères, en comparaison de ce qui est dû à ce Verbe éternel du Père, que son amour a porté à devenir, par l’Incarnation, le serviteur de sa créature. Nous avons, envers ce divin Sauveur, les mêmes obligations que vous. C’est pour nous qu’il va naître d’une Vierge aussi bien que pour vous ; priez donc, afin que notre cœur lui soit toujours fidèle dans la guerre comme dans la paix, en face de nos tentations et de nos penchants, comme s’il s’agissait de le confesser devant les puissances du monde. Fortifiez les Pontifes de la sainte Église, afin que nulle erreur ne puisse tromper leur vigilance, nulle persécution lasser leur courage. Qu’ils soient fidèles imitateurs du souverain Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, et qu’ils paissent toujours le troupeau dans l’unité et la charité de Jésus-Christ.
Les anciens historiens font valoir l’ingénieux stratagème grâce auquel saint Eusèbe put soustraire Denys de Milan à la situation compromettante où l’avait entraîné l’astuce des Ariens. Ceux-ci, qui lui avaient déjà arraché sa signature pour la condamnation d’Athanase, présentèrent aussi la feuille à Eusèbe, au synode de Milan en 355, pour qu’il la signât. — Comment pourrai-je croire — observa alors spirituellement le saint évêque de Verceil — que le Fils soit moindre que le Père, quand vous avez fait signer avant moi mon fils Denys ? — Les Ariens trouvèrent légitime l’argument invoqué par Eusèbe, et, ayant annulé la première feuille, ils en préparèrent une nouvelle pour que l’évêque de Verceil y apposât le premier sa signature. Eusèbe ne voulait pas autre chose. Quand donc il vit détruite la compromettante signature de Denys, il proposa au contraire de commencer les travaux du Synode, en souscrivant tous ensemble à la profession de foi de Nicée, parce qu’il soupçonnait grandement certains évêques d’être infectés d’hérésie. Que fit-il là ! Toute la fureur des Ariens se déchaîna contre le saint ; après beaucoup de cris, d’injures, de menaces, ils l’exilèrent à Scythopolis. Mais Eusèbe accepta tout joyeusement, et ayant secoué, comme le veut l’Évangile, la poussière de ses chaussures, il s’achemina tout heureux vers la voie de l’exil, comme vers l’une des multiples fonctions du ministère épiscopal.
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