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Saints Simon et Jude apôtres

28 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saints Simon et Jude apôtres

Collecte

O Dieu, vous nous avez accordé la grâce de parvenir à la connaissance de votre nom par vos bienheureux Apôtres Simon et Jude : faites qu’en progressant nous célébrions leur gloire éternelle et en la célébrant nous progressions.

Office

AU PREMIER NOCTURNE.
Commencement de l’Épître catholique de saint Jude, Apôtre.
Première leçon. Jude, serviteur de Jésus-Christ et frère de Jacques, à ceux qui sont aimés de Dieu le Père, et conservés et appelés en Jésus-Christ. Que la miséricorde, la paix et la charité abondent en vous. Mes bien-aimés, me sentant pressé de vous écrire touchant, votre salut commun, j’ai dû écrire afin de vous exhorter à combattre pour la foi, qui a été déjà transmise aux saints. Car il s’est introduit parmi vous quelques hommes impies (qui depuis longtemps ont été prédestinés à ce jugement), changeant la grâce de notre Dieu en luxure, reniant notre seul Maître et Seigneur, Jésus-Christ.
Deuxième leçon. Or je veux vous rappeler, à vous qui savez déjà toutes ces choses, que Jésus, ayant délivré le peuple de la terre d’Égypte, perdit ensuite ceux qui ne crurent point ; que, quant aux anges qui ne conservèrent pas leur première dignité, mais qui abandonnèrent leur propre demeure, il les mit en réserve pour le jugement du grand jour, dans les chaînes éternelles et de profondes ténèbres. C’est ainsi que Sodome et Gomorrhe, et les villes voisines livrées aux mêmes excès d’impureté, et courant après d’infâmes débauches, sont devenues un exemple, en souffrant la peine d’un feu éternel. Et cependant, c’est de la même manière que ceux-ci se souillent encore, qu’ils méprisent la domination, et qu’ils blasphèment la majesté.
Troisième leçon. Lorsque l’Archange Michel, disputant avec le diable, lui contestait le corps de Moïse, il n’osa pas le condamner avec des paroles de malédiction, mais il dit : Que le Seigneur te commande. Mais ceux-ci blasphèment tout ce qu’ils ignorent. Malheur à eux, parce qu’ils sont rentrés dans la voie de Caïn, et que, s’égarant comme Balaam, ils ont, pour le gain, rompu toute digue, et se sont perdus dans la rébellion de Coré. Ils font le déshonneur de leurs festins, se paissant eux-mêmes ; nuées sans eau que les vents emportent ça et là ; arbres qui ne fleurissent qu’en automne, stériles, deux fois morts, déracinés ; vagues furieuses de la mer, jetant l’écume de leurs infamies ; astres errants auxquels une tempête de ténèbres est réservée pour l’éternité.

AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. Simon le Chananéen, qui fut nommé aussi le Zélé et Thaddée, appelé encore dans l’Évangile Jude, frère de Jacques, auteur d’une des Épîtres catholiques, ont parcouru, l’un l’Egypte et l’autre la Mésopotamie, en prêchant l’Évangile. Ils se réunirent ensuite en Perse, où ils engendrèrent à Jésus-Christ d’innombrables enfants. Ayant répandu la semence de la foi dans ces vastes régions et parmi des peuples barbares, ils firent resplendir ensemble d’un vif éclat le très saint nom de Jésus-Christ par leur doctrine et leurs miracles, et finalement par un glorieux martyre.
Le reste du deuxième nocturne au commun

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Augustin, Évêque.
Septième leçon. Dans la leçon de l’Évangile qui a précédé celle de ce jour, le Seigneur avait dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, pour que vous alliez, et que vous rapportiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donne. » Et voilà qu’il leur dit à présent « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » Ceci doit nous faire comprendre que c’est là notre fruit, ce fruit dont il disait : « C’est moi qui vous ai choisis, pour que vous alliez, et que vous rapportiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Et quant à la parole ajoutée à la suite : « Afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne ; » le Père nous le donnera certainement, si nous nous aimons les uns les autres ; puisque lui-même, de son côté, nous a donné ce commandement d’amour, en nous choisissant, quoique dépourvus de fruit ; car, sans que nous l’ayons choisi les premiers, il nous a établis pour que nous rapportions du fruit, c’est-à-dire pour que nous nous aimions les uns les autres.
Huitième leçon. Notre fruit, c’est donc la charité, cette charité définie par l’Apôtre, venant « d’un cœur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi non feinte. » Par elle, nous nous aimons les uns les autres ; par elle, nous aimons Dieu ; et en effet, nous ne nous aimerions pas mutuellement, si nous n’aimions pas Dieu ; car, on n’aime son prochain comme soi-même qu’autant que l’on aime Dieu, attendu que celui qui n’aime pas Dieu, ne s’aime pas soi-même. « En ces deux commandements » d’amour « se renferment toute la loi et les Prophètes. » Voilà notre fruit, ce fruit que Jésus nous ordonne de porter, quand il dit : « Ce que je vous ordonne, c’est de vous aimer les uns les autres. » De là vient que l’Apôtre saint Paul, voulant recommander les fruits de l’Esprit, en opposition avec les œuvres de la chair, a mis en premier lieu cet amour : « Le fruit de l’Esprit, dit-il, c’est la charité. » Après quoi il énumère tout à la suite les autres biens qui ont la charité pour principe, et qui s’y rattachent ; ce sont : « La joie, la paix, la longanimité, la douceur, la bonté, la foi la mansuétude, la continence, la chasteté. »
Neuvième leçon. Or, a-t-il une joie raisonnable, celui qui n’aime pas le bien dont il se réjouit ? Peut-on avoir une paix véritable avec quelqu’un, si ce n’est avec celui qu’on aime sincèrement ? Est-on longanime, patient à persévérer dans la pratique du bien, si l’on n’a point la ferveur de l’amour ? Est-on bienveillant, à moins d’aimer celui qu’on assiste ? Qui est bon, s’il ne le devient en aimant ? Est-on croyant, d’une foi salutaire, si l’on ne croit de cette foi qui opère ? Quelle mansuétude est utile si la dilection ne la règle ? Comment s’abstenir de ce qui déshonore, à moins d’aimer ce qui honore ? C’est donc avec raison que le bon Maître recommande si fréquemment la dilection, comme s’il n’avait rien à prescrire que cette vertu, sans laquelle ne peuvent servir les autres biens, et qu’on ne peut avoir sans avoir aussi les autres biens, qui rendent l’homme vraiment bon.

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Dernier Dimanche d’Octobre : le Christ-Roi

27 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Dernier Dimanche d’Octobre : le Christ-Roi

Introït

L’Agneau qui a été égorgé, est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l’honneur. A Lui la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles. O Dieu, donnez au Roi votre jugement : et au Fils du Roi votre justice.

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, qui avez voulu restaurer tout dans la personne de votre Fils bien-aimé, le Roi de l’univers : accordez dans votre bonté, que toutes les familles des nations, qui vivent en désaccord à cause de la blessure du péché, se soumettent à son très doux pouvoir. Lui qui vit.

Épitre Col. 1, 12-20

Mes Frères : Rendons grâces à Dieu le Père, qui nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres, et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, par son sang et la rémission des péchés ; qui est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature. Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, soit Trônes, soit Dominations, soit Principautés, soit Puissances : tout a été créé par lui, et pour lui ; et lui-même est avant tous, et tout subsiste en lui. Et lui-même est le chef du corps de l’Église : if est le principe, le premier-né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses il garde la primauté ; parce qu’il a plu au Père que toute plénitude habitât en lui ; et de se réconcilier par lui toutes choses, pacifiant par le sang de sa croix, soit ce qui est sur la terre, soit ce qui est dans les cieux, en Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Évangile Jn. 18, 33-37

En ce temps-là : Pilate dit à Jésus : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les princes des prêtres t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais mon royaume n’est point d’ici. Pilate lui dit alors : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Voici pourquoi je suis né, et pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix.

Secrète

Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice de la réconciliation de l’homme : faites, nous vous prions, que Celui que nous immolons dans ce sacrifice, accorde Lui-même à toutes les nations les dons d’unité et de paix Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur : Qui vit.

Communion

Le Seigneur siègera comme Roi éternellement : le Seigneur bénira son peuple dans la paix.

Postcommunion

Ayant reçu l’aliment de l’immortalité, nous vous prions, Seigneur : puissions-nous, qui nous glorifions de combattre sous l’étendard du Christ, régner toujours avec Lui dans le céleste séjour : Lui qui vit.

Office

AU PREMIER NOCTURNE.

De l’Épître de saint Paul Apôtre aux Colossiens.

Première leçon. Chap. 1, 3-8 Nous ne cessons de rendre grâces à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus Christ, en pensant à vous dans nos prières, depuis que nous avons appris votre foi dans le Christ Jésus, et la charité que vous avez à l’égard de tous les Saints, en raison de l’espérance qui vous est réservée dans les cieux. Cette espérance, vous en avez naguère entendu l’annonce dans la Parole de vérité, la Bonne Nouvelle, qui est parvenue chez vous de même que dans le monde entier elle fructifie et se développe ; chez vous elle fait de même depuis le jour où vous avez appris et compris dans sa vérité la grâce de Dieu. C’est Épaphras, notre cher compagnon de service, qui vous en a instruits ; il nous supplée fidèlement comme ministre du Christ, et c’est lui-même qui nous a fait connaître votre dilection dans l’Esprit.
Deuxième leçon. Chap. 1, 9-17 C’est pourquoi nous aussi, depuis le jour où nous avons reçu ces nouvelles, nous ne cessons de prier pour vous et de demander à Dieu qu’il vous fasse parvenir à la pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Vous pourrez ainsi mener une vie digne du Seigneur et qui Lui plaise en tout : vous produirez toutes sortes de bonnes œuvres et grandirez dans la connaissance de Dieu ; animés d’une puissante énergie par la vigueur de sa gloire, vous acquerrez une parfaite constance et endurance ; avec joie vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des Saints dans la lumière. Il nous a en effet arrachés à l’empire des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature, car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui.
Troisième leçon. Chap. 1, 18-23 Et il est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église : II est le Principe, Premier-Né d’entre les morts, (il fallait qu’il obtînt en tout la primauté), car Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. Vous-mêmes, qui étiez devenus jadis des étrangers et des ennemis, par vos pensées et vos œuvres mauvaises, voici qu’à présent II vous a réconciliés dans son corps de chair, le livrant à la mort, pour vous faire paraître devant Lui saints, sans tache et sans reproche. Il faut seulement que vous persévériez dans la foi, affermis sur des bases solides, sans vous laisser détourner de l’espérance promise par l’Évangile que vous avez entendu, qui a été prêché à toute créature sous le ciel, et dont moi, Paul, je suis devenu le ministre.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

De la lettre encyclique du Pape Pie XI.

Quatrième leçon. L’Année sainte ayant offert plus d’une occasion de glorifier la royauté du Christ, Nous agirons, semble-t-il, de manière pleinement conforme à Notre charge apostolique si, répondant aux demandes qui Nous ont été adressées individuellement ou en commun par de très nombreux cardinaux, évêques et fidèles, Nous terminons cette année en introduisant dans la liturgie de l’Église une fête spéciale de Notre-Seigneur Jésus Christ Roi. Que le Christ soit appelé Roi au sens figuré, en raison du degré suprême d’excellence par lequel il surpasse et domine toutes les créatures, c’est là depuis longtemps un usage communément reçu. On dit ainsi de lui qu’il règne "sur les esprits des hommes", non pas tant à cause de la pénétration de son intelligence ou de la profondeur de sa science que parce qu’il est lui-même la Vérité et que les hommes doivent puiser en lui la vérité et l’accepter avec soumission ; il règne de même "sur les volontés des hommes", non seulement parce qu’à la sainteté de la volonté divine correspondent en lui l’intégrité et l’obéissance parfaites de la volonté humaine, mais aussi parce qu’il donne à notre volonté libre les inspirations qui la portent à s’enflammer pour de nobles buts. Le Christ est enfin reconnu "Roi des cœurs" en raison de sa "charité qui surpasse toute connaissance", ainsi que de sa bonté et de sa tendresse qui attirent les âmes : personne n’a jamais eu et personne n’aura jamais à l’avenir le privilège d’être aimé par toutes les nations, comme l’a été le Christ Jésus. Mais, pour entrer plus profondément dans notre sujet, nul ne saurait nier que le titre de roi et le pouvoir royal doivent, au sens propre du mot, être reconnus au Christ Homme ; c’est seulement en tant qu’il est homme qu’il a reçu du Père "la puissance, l’honneur et la royauté" ; en effet, le Verbe de Dieu, qui a la même substance que le Père, possède nécessairement tout en commun avec le Père et il a donc le pouvoir suprême et absolu sur toutes les créatures.

Cinquième leçon. Le fondement sur lequel reposent cette dignité et cette puissance de Notre-Seigneur est bien Indiqué par Cyrille d’Alexandrie en ces termes : "II possède, en résumé, sur toutes les créatures, un pouvoir qui n’a pas été conquis par la violence, ni reçu d’ailleurs, mais il l’a par son essence et sa nature" ; sa souveraineté se fonde en effet sur cette union admirable qu’on appelle hypostatique. Il en résulte non seulement que le Christ doit être adoré comme Dieu par les anges et par les hommes, mais aussi que les anges et les hommes doivent obéir et se soumettre au pouvoir de cet Homme : ainsi, même au seul titre de l’union hypostatique, le Christ possède l’autorité sur toutes les créatures. Si nous voulons maintenant expliquer brièvement la grandeur et la nature de cette dignité, il est à peine nécessaire de dire qu’elle comporte trois pouvoirs, à défaut desquels elle ne peut guère se concevoir. Des témoignages recueillis dans la Sainte Écriture et concernant la suprématie universelle de notre Rédempteur le montrent de manière surabondante et il faut le croire de foi catholique : le Christ Jésus a été donné aux hommes comme le Rédempteur en qui ils doivent avoir confiance, mais aussi comme le législateur à qui ils doivent obéir. Les évangiles ne rapportent pas tant qu’il a établi des lois qu’ils ne le font voir lui-même établissant ces lois : tous ceux qui observeront ces préceptes, déclare le divin Maître en divers endroits et en des termes différents, prouveront leur charité envers lui et demeureront en son amour. Quant au pouvoir judiciaire, Jésus déclare lui-même aux Juifs qu’il lui a été attribué par le Père, lorsque ceux-ci l’accusent d’avoir violé le repos du sabbat en guérissant miraculeusement un malade : "Le Père ne juge personne, mais il a donné tout jugement au Fils". Ce pouvoir comporte également pour lui le droit (car cette prérogative ne peut être séparée du jugement) de décerner aux hommes encore vivants des récompenses et des châtiments. Mais il faut encore reconnaître au Christ le pouvoir qu’on appelle exécutif : la nécessité d’obéir à son commandement s’impose en effet à tous et cela sous la menace faite aux rebelles de supplices auxquels nul ne saurait se soustraire.
Sixième leçon. Il n’en est pas moins vrai que cette royauté est principalement de nature spirituelle et se rapporte aux réalités spirituelles, ainsi que le montrent les textes bibliques que nous avons rappelés et comme le Christ Seigneur le confirme par sa façon d’agir. En plus d’une occasion en effet, comme les Juifs et les Apôtres eux-mêmes croyaient faussement que le Messie allait rendre la liberté au peuple et rétablir le royaume d’Israël, il leur enleva et détruisit cette opinion et cette espérance vaines ; lorsque la foule d’admirateurs qui l’environnaient voulut le proclamer roi, il refusa le nom et l’honneur, en fuyant et en se cachant ; devant le magistrat romain, il déclara que son royaume n’était pas "de ce monde". Le royaume qu’il propose dans les évangiles est tel que les hommes doivent se préparer à y entrer en faisant pénitence, mais qu’ils ne peuvent y entrer que par la foi et par le baptême, lequel, tout en étant un rite extérieur, signifie et opère cependant la régénération intérieure ; il s’oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres et il demande à ses membres non seulement que, détachant leur cœur des richesses et des biens terrestres, ils pratiquent la douceur et aient faim et soif de la justice, mais encore qu’ils renoncent à eux-mêmes et portent leur croix. Comme le Christ Rédempteur a acquis l’Église par son sang et s’est offert et s’offre perpétuellement comme Prêtre en victime pour les péchés, qui ne voit que la fonction royale elle-même revêt le caractère de ces deux fonctions et y participe ? Ce serait d’ailleurs une grossière erreur de refuser au Christ Homme l’autorité sur les choses civiles, puisqu’il reçoit de son Père un pouvoir tellement absolu sur les êtres créés que tout est placé sous sa souveraineté. C’est pourquoi, par Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus Christ Roi, qui devra être célébrée dans tout l’univers, chaque année, le dernier dimanche d’octobre, c’est-à-dire le dimanche qui précède la fête de Tous les Saints. Nous ordonnons aussi que soit renouvelée chaque année en ce même jour la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Augustin, évêque.

Septième leçon. Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe "par qui tout fut fait", c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs... Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : "J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur." Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : "Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre."
Huitième leçon. Jésus répondit : "Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici." Voici l’enseignement que notre bon Maître a voulu nous donner ; mais il fallait d’abord nous faire connaître quelle fausse opinion les gens (païens ou juifs de qui Pilate l’avait recueillie) s’étaient faite sur le royaume de Dieu. Gomme si le Christ avait été condamné à mort, pour avoir brigué un règne indu ou comme s’il avait fallu s’opposer prudemment au danger que son royaume aurait fait courir soit aux Romains, soit aux Juifs, étant donné la jalousie réciproque habituelle aux souverains !
Neuvième leçon. Le Seigneur aurait pu répondre : "Mon royaume n’est pas de ce monde", dès la première question du procurateur : "Es-tu le roi des Juifs ?". Mais i ! préféra interroger Pilate à son tour : "Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?", pour lui prouver d’après sa réponse qu’il s’agissait là d’une accusation jetée par les juifs devant le gouverneur. Ainsi le Christ nous dévoile-t-il les pensées des hommes dans toute leur vanité qu’il connaît fort bien. Après la réponse de Pilate, c’est donc avec plus d’à-propos encore qu’il peut rétorquer, s’adressant à la fois aux Juifs et aux païens : "Mon royaume n’est pas de ce monde."

 

 

Dernier Dimanche d’Octobre : le Christ-Roi

"Seigneur Jésus, Vous qui êtes venu allumer un feu sur la terre, je m’abandonne aujourd’hui à la volonté du Père dans le souffle de l’Esprit Saint. Purifiez mon cœur, embrasez-le d’amour et de charité. Faites grandir en moi le désir de la sainteté. Par le Cœur Immaculé de Marie, moi, (…) je me consacre tout entier à votre Cœur pour vous aimer et vous servir. 

Amen !"

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Super Io., cap. 1

26 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Super Io., cap. 1

Super Io., cap. 1 l. 11 Supra Evangelista ostendit quomodo gratiam apostoli acceperunt a Christo, eo faciente; hic ostendit quomodo acceperunt ab ipso eam docente. Et circa hoc tria facit. Primo ostendit huius doctrinae necessitatem, dicens Deum nemo vidit unquam; secundo doctoris ad docendum eam facultatem, ibi unigenitus qui est in sinu Patris; tertio ipsam doctrinam declarat, ibi enarravit. Necessitas autem huius doctrinae erat defectus sapientiae in hominibus, quem quidem defectum Evangelista insinuabat per ignorantiam Dei, quae in hominibus abundabat, dicens Deum nemo vidit unquam. Et hoc facit congrue: nam sapientia proprie in cognitione Dei, et divinorum consistit. Unde Augustinus dicit, quod sapientia est divinarum rerum cognitio, sicut et scientia humanarum. Quod autem hic dicit Evangelista Deum nemo vidit unquam contrariari videtur pluribus auctoritatibus divinae Scripturae. Dicitur enim Is. VI, 1: vidi Dominum sedentem super solium excelsum et elevatum; II R. VI, 2, fere idem habetur: nomen Domini sedentis super Cherubim etc.; Mt. V, 8, dicit Dominus: beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt. Sed si aliquis responderet ad hoc ultimum, dicens, verum esse quod in praeterito nullus vidit, sed in futuro videbit, sicut Dominus promittit, apostolus hoc excludit, dicens I Tm. ult., 16: lucem habitat inaccessibilem, quam nullus hominum vidit, sed nec videre potest. Sed quia apostolus dicit: nullus hominum vidit, posset aliquis dicere, quod si non ab hominibus videri possit, saltem videtur ab Angelis; praesertim cum Deus dicat Mt. XVIII, 10: Angeli eorum in caelis semper vident faciem patris. Sed nec isto modo dici potest: quia, ut dicitur Mt. XXII, 30: filii resurrectionis erunt sicut Angeli Dei in caelo. Si ergo Angeli vident Deum in caelo, manifestum est etiam quod et filii resurrectionis eum vident; I Jn. III, 2: cum apparuerit, similes ei erimus, et videbimus eum sicut est. Quomodo ergo intelligendum est hoc quod dicit Evangelista Deum nemo vidit unquam? Ad huius ergo intellectum sciendum est, quod Deus dicitur videri tripliciter. Uno quidem modo per subiectam creaturam, visui corporali propositam; sicut creditur Abraham vidisse Deum, quando tres vidit, et unum adoravit, Gn. XVIII; unum quidem adoravit, quia tres, quos prius homines reputaverat, et postmodum Angelos credidit, recognovit mysterium Trinitatis. Alio modo per repraesentatam imaginationem; et sic Isaias vidit Dominum sedentem super solium excelsum et elevatum. Plures visiones huic similes in Scripturis reperiuntur. Alio vero modo videtur per aliquam speciem intelligibilem a sensibilibus abstractam, ab his qui per considerationem magnitudinis creaturarum, intellectu intuentur magnitudinem creatoris, ut dicitur Sg. XIII, 5: a magnitudine speciei et creaturae cognoscibiliter poterit creator horum videri, et Rm. I, 20: invisibilia Dei a creatura mundi per ea quae facta sunt, intellecta conspiciuntur. Alio modo per aliquod spirituale lumen a Deo infusum spiritualibus mentibus in contemplatione; et hoc modo vidit Iacob Deum facie ad faciem, Gn. XXXII, 30 quae visio, secundum Gregorium, facta est per altam contemplationem. Sed per nullam istarum visionum, ad visionem divinae essentiae pervenitur: nulla enim species facta, sive qua informatur sensus exterior, sive qua informatur imaginatio, sive qua informatur intellectus, est repraesentativa divinae essentiae sicut est. Illud autem homo per essentiam cognoscit quod species quam habet in intellectu, repraesentat ut est: per nullam ergo speciem ad visionem divinae essentiae pervenitur. Quod autem nulla creata species divinam essentiam repraesentet, patet: quia nullum finitum potest repraesentare infinitum ut est; omnis autem species creata est finita: ergo et cetera. Praeterea, Deus est suum esse; et ideo eius sapientia et bonitas, et quaecumque alia, idem sunt; per unum autem creatum non possent omnia ista repraesentari: ergo cognitio qua Deus per creaturas videtur, non est ipsius essentia, sed aenigmatica et specularis, et a remotis. Jb XXXVI, 25: omnes homines vident eum, aliquo dictorum modorum, sed unusquisque intuetur procul, quia per omnes illas cognitiones non scitur de Deo quid est, sed quid non est, vel an est. Unde dicit Dionysius libro mysticae theologiae, quod perfectus modus quo Deus in vita praesenti cognoscitur, est per privationem omnium creaturarum, et intellectorum a nobis. Fuerunt autem aliqui dicentes, quod divina essentia numquam videbitur ab aliquo intellectu creato, et quod nec ab Angelis vel beatis videtur. Sed haec propositio ostenditur esse falsa et haeretica tripliciter. Primo quidem, quia contrariatur auctoritati divinae Scripturae; I Jn. III, 2: videbimus eum sicuti est; et infra XVII, 3: haec est vita aeterna ut cognoscant te solum Deum verum, et quem misisti Iesum Christum. Secundo quia claritas Dei non est aliud quam eius substantia: non enim est lucens per participationem luminis, sed per seipsam. Tertio quia impossibile est quod aliquis perfectam beatitudinem consequatur, nisi in visione divinae essentiae: quia naturale desiderium intellectus est scire et cognoscere causas omnium effectuum cognitorum ab eo; quod non potest impleri nisi scita et cognita prima universali omnium causa, quae non est composita ex effectu et causa, sicut causae secundae. Et ideo auferre possibilitatem visionis divinae essentiae ab hominibus, est auferre ipsam beatitudinem. Necesse est ergo ad beatitudinem intellectus creati, ut divina essentia videatur, Mt. V, 8: beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt. Quo ad visionem autem divinae essentiae, oportet tria attendere. Primo, quia numquam videbitur oculo corporali, vel aliquo sensu, vel imaginatione, cum per sensus non percipiantur nisi sensata corporea; Deus autem incorporeus est; infra IV, 24: Deus spiritus est. Secundo, quia intellectus humanus quamdiu corpori est coniunctus, Deum videre non potest, quia aggravatur a corruptibili corpore, ne possit ad summum contemplationis pertingere. Et inde est quod anima quanto magis est a passionibus libera, et purgata ab affectibus terrenorum, tanto amplius in contemplationem veritatis ascendit, et gustat quam suavis est Dominus. Summus gradus autem contemplationis est videre Deum per essentiam; et ideo quamdiu homo in corpore subiecto ex necessitate passionibus multis vivit, Deum non potest per essentiam videre. Ex. XXXIII, 20: non videbit me homo et vivet. Ad hoc ergo quod intellectus humanus divinam essentiam videat, necesse est ut totaliter deserat corpus; vel per mortem, sicut apostolus dicit II Cor. V, 8: audemus, et bonam voluntatem habemus magis peregrinari a corpore, et praesentes esse ad Dominum; vel quod totaliter abstrahatur per raptum a corporis sensibus, sicut de Paulo legitur II Cor. XII, 3. Tertio modo, quod nullus intellectus creatus quantumcumque abstractus, sive per mortem, vel a corpore separatus, videns divinam essentiam, ipsam nullo modo comprehendere potest. Et ideo communiter dicitur, quod, licet divina essentia tota videatur a beatis, cum sit simplicissima et partibus carens, tamen non videtur totaliter, quia hoc esset eam comprehendere. Hoc enim quod dico totaliter, dicit modum quemdam. Quilibet autem modus Dei est divina essentia; unde qui non videt eum totaliter, non comprehendit eum. Comprehendere autem proprie dicitur aliquis aliquam rem cognoscendo, qui cognoscit rem illam quantum in se cognoscibilis est; alias, quamvis cognoscat eam, non tamen comprehendit. Sicut qui cognoscit hanc propositionem: triangulus habet tres angulos aequales duobus rectis, syllogismo dialectico, non cognoscit eam quantum cognoscibilis est, et ideo non cognoscit totaliter; sed qui cognoscit eam syllogismo demonstrativo, totaliter scit eam. Unumquodque enim tantum cognoscibile est, quantum habet de ente et veritate; sed ipse cognoscens tantum cognoscit quantum habet de virtute cognoscitiva. Omnis autem substantia intellectualis creata est finita: ergo finite cognoscit. Cum ergo Deus sit infinitae virtutis et entitatis, et per consequens infinite cognoscibilis, a nullo intellectu creato cognosci potest quantum est cognoscibilis; et ideo omni intellectui creato remanet incomprehensibilis; Jb XXXVI, 26: ecce Deus magnus vincens scientiam nostram. Solus autem ipse comprehendendo contemplatur seipsum, quia tanta est eius virtus in cognoscendo quanta est eius entitas in essendo. Jr. XXXII, 18: fortissime, magne, potens Dominus exercituum nomen tibi, magnus consilio, incomprehensibilis cogitatu. Sic ergo, secundum praemissa, intelligitur Deum nemo vidit unquam. Primo sic: nemo, idest nullus hominum, vidit Deum, idest essentiam divinam, oculo corporali et imaginario. Secundo nemo, in hac mortali vita vivens, vidit divinam essentiam in seipsa. Tertio nemo, homo vel Angelus, vidit Deum, visione comprehensionis. Quod autem de aliquibus dicitur, quod Deum viderunt oculo, seu viventes in corpore, intelligitur non per essentiam, sed per subiectam creaturam, ut dictum est. Sic ergo necessarium erat quod reciperemus sapientiam, quia Deum nemo vidit unquam. Huius autem sapientiae sufficiens doctor nobis proponitur ab Evangelista, cum subdit unigenitus Filius qui est in sinu Patris, in quo ostendit nobis doctoris ipsius facultatem per tria. Scilicet per naturalem similitudinem, et per singularem excellentiam, et per perfectissimam consubstantialitatem. Per naturalem similitudinem, quia Filius naturaliter similitudinem Patris habet. Et inde est etiam quod intantum aliquis dicitur Filius Dei, inquantum similitudinem filii naturalis participat; et intantum cognoscit, inquantum de similitudine eius habet: quia cognitio fit per assimilationem. I Jn. III, 2: nunc filii Dei sumus, et sequitur: cum apparuerit, similes ei erimus, et videbimus eum sicuti est. Et ideo in hoc quod Evangelista dicit filius, importatur similitudo, et aptitudo ad cognoscendum Deum. Sed quia iste doctor specialius quam alii filii Deum cognoscit, ideo Evangelista hoc insinuat per excellentiam singularem, cum dicit unigenitus; quasi dicat: iste cognoscit Deum prae aliis filiis. Ideo dicitur unigenitus, quia est Filius naturalis, eamdem habens cum Patre naturam et cognitionem; Ps. II, 7: Dominus dixit ad me: Filius meus es tu. Quamvis autem singulariter cognosceret, posset tamen sibi deesse facultas docendi, si non cognosceret totaliter; et ideo addit tertium, scilicet consubstantialitatem eius ad Patrem, cum dicit in sinu Patris: ut non accipiatur sinus prout in hominibus veste praecinctis dici consuevit, sed pro Patris occulto. Illud enim in occulto gerimus, quod in sinu portamus. Occultum autem Patris est, quia superexcedit omnem virtutem, et cognitionem, cum divina essentia sit infinita. In illo ergo sinu, idest in occultissimo paternae naturae et essentiae, quae excedit omnem virtutem creaturae, est unigenitus Filius; et ideo consubstantialis est Patri. Et quod Evangelista hic significavit per sinum hoc David expressit per uterum, dicens Ps. CIX, 3: ex utero ante Luciferum, idest ex intimo et occulto meae essentiae, incomprehensibili omni intellectui creato, genui te, et consubstantialem mihi, et eiusdem naturae et virtutis et potestatis et cognitionis; I Cor. II, 11: quae sunt hominis, nemo novit nisi spiritus hominis (...) et quae sunt Dei, nemo novit nisi Spiritus Dei. Comprehendit ergo divinam essentiam, quae sua est. Anima autem Christi Deum cognoscendo non comprehendit, quia hoc non dicitur, nisi de unigenito, qui est in sinu Patris. Unde et dominus dicit Mt. XI, 27: nemo novit Patrem, nisi Filius, et cui voluerit Filius revelare; ut utrumque intelligatur de notitia comprehensionis, de qua hic videtur loqui Evangelista. Nullus enim divinam comprehendit essentiam, nisi solus Deus Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus. Sic ergo patet facultas doctoris ad docendum. Notandum etiam, quod per hoc quod dicit qui est in sinu Patris, excluditur error quorumdam, dicentium, Patrem invisibilem esse, Filium vero visibilem, et non visum fuisse in veteri testamento. Nam, ex hoc quod est in abscondito Patris, manifestum est quod naturaliter invisibilis est, sicut Pater. Et propter hoc dicebat de ipso Is. XLV, 15: tu es vere Deus absconditus. Et ideo in Scriptura divina fit mentio de incomprehensibilitate filii; Mt. XI, 27: nemo novit Filium nisi Pater, neque Patrem quis novit nisi Filius; Pr. XXX, 4: quod nomen Filii eius, si nosti? Consequenter Evangelista modum tradendi ipsam doctrinam insinuat, cum dicit ipse enarravit. Olim enim unigenitus Filius manifestavit Dei cognitionem per prophetas, qui eum intantum annuntiaverunt inquantum aeterni verbi fuerunt participes. Unde dicebant: factum est verbum Domini et cetera. Sed nunc ipse unigenitus, Filius, enarravit fidelibus. Is. LII, 6: ego ipse qui loquebar, ecce adsum; He. I, 1: multifariam, multisque modis olim Deus loquens patribus in prophetis, novissime diebus istis locutus est nobis in Filio. Et haec doctrina ideo omnibus aliis doctrinis supereminet dignitate, auctoritate et utilitate, quia ab unigenito Filio, qui est prima sapientia, immediate est tradita. He. II, 3: quae cum initium accepisset enarrari per Dominum, ab eis qui audierunt, in nos confirmata est. Sed quid narravit nisi unum Deum? Hoc ipsum et Moyses enarravit, Dt. VI, 4: audi, Israel: Dominus Deus tuus, dominus unus est. Quid ergo amplius Moyse? Multum per omnem modum, quia mysterium Trinitatis, et multa alia, quae nec Moyses, nec aliquis prophetarum narravit.


 

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Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1

25 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1

Distinctio 14

Prooemium

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 pr. Hic incipit Magister determinare de temporali processione Spiritus Ssancti, et dividitur in partes duas: in prima determinat processionem temporalem Spiritus Sancti; in secunda determinat nomen Spiritus Sancti, quod rationem temporalis processionis ostendit, in 18 dist. ibi: praeterea diligenter considerandum est, cum Spiritus Sanctus dicatur donum et datum, utrum et eadem ratione utrumque nomen ei conveniat. Prima in duas: in prima determinat de temporali processione in communi; in secunda quantum ad speciales modos missionis, in 16 dist.: nunc de Spiritu Sancto videndum est (...) quae sit ejus temporalis processio. Prima in duas: in prima ostendit, Spiritum Sanctum a Patre et Filio temporali processione procedere: in secunda inquirit utrum a seipso temporali processione procedat, 15 dist.: hic considerandum est, cum Spiritus Sanctus detur hominibus a Patre et Filio (...) utrum etiam a seipso detur. Prima in duas: in prima ostendit processionem Spiritus Sancti temporalem esse a Patre et Filio; in secunda excludit errorem circa intellectum temporalis processionis, ibi: sunt autem aliqui qui dicunt, Spiritum Sanctum ipsum Deum non dari, sed dona ejus. Circa primum duo facit: primo determinat veritatem temporalis processionis quantum ad principium a quo procedit, ostendens per Augustinum quod procedit a Patre et Filio; secundo ostendit veritatem quantum ad hoc quod ab eis dicitur procedere temporaliter, ibi: de temporali autem processione Beda (...) ita loquitur. Sunt autem aliqui qui dicunt, Spiritum Sanctum ipsum Deum non dari, sed dona ejus. Hic excludit errorem dicentium, in processione temporali Spiritum Sanctum non dari, sed tantum dona ejus: et circa hoc duo facit: primo ostendit, ipsum Spiritum Sanctum qui Deus est, temporali processione dari; secundo ex hoc ostendit quod nullus homo Spiritum Sanctum dare potest, ibi: hic quaeritur, utrum et viri sancti dent vel possint dare aliis Spiritum Sanctum. Et circa hoc duo facit: primo movet quaestionem, et determinat eam, ostendens quod nullus homo Spiritum Sanctum dare potest, nec etiam Christus, secundum quod homo; secundo objicit in contrarium, et solvit, ibi: sed huic videtur contrarium quod apostolus (...) ait. Ad intellectum hujus partis tria quaeruntur: primo de processione temporali secundum se. Secundo ratione cujus Spiritus Sanctus temporaliter procedere dicatur, vel secundum quid fiat. Tertio a quo fiat. Circa primum duo quaeruntur: 1 utrum sit aliqua temporalis processio Spiritus Sancti; 2 utrum ponat in numerum cum aeterna.

 

Articulus 1

 Utrum aliqua processio Spiritus Sancti sit temporalis

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 arg. 1 Ad primum sic proceditur. Videtur quod nulla processio Spiritus Sancti sit temporalis. Sicut enim generatio est proprietas aeterna Filii secundum quam distinguitur a Patre, ita processio Spiritus Sancti est proprietas secundum quam distinguitur a Patre et Filio. Sed generatio Filii non dicitur temporalis nisi secundum naturam assumptam. Cum igitur Spiritus Sanctus nullam assumpserit naturam, nec assumet, videtur quod nulla sit ejus processio temporalis.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 arg. 2 Praeterea, omne illud cui convenit aliquid temporaliter, est mutabile vel variabile. Hoc autem Spiritui Sancto non convenit, cum sit verus Deus. Ergo nec temporalis processio.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 arg. 3 Praeterea, secundum philosophum Lib. de causis, inter rem cujus substantia et operatio est in tempore, et inter rem cujus substantia et operatio est in momento aeternitatis, est res media, cujus operatio est in tempore, et substantia in aeternitate. Rem autem illam, cujus substantia et operatio est in aeternitate, dicit substantias separatas, et praecipue Deum. Cum igitur processio sit operatio ipsius Dei, sive active sive passive intelligatur, videtur quod non sit in tempore, et ita nec temporalis dici debeat.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 arg. 4 Praeterea, illud quod elevat hominem supra tempus, non potest dici temporale. Sed per processionem Spiritus Sancti in hominem elevatur homo supra omnia temporalia: quia, secundum Augustinum, inquantum aliquod aeternum mente capimus, non in hoc mundo sumus. Ergo non debet dici temporalis.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 arg. 5 Praeterea, in processione temporali, quae etiam missio dicitur, includitur intellectus processionis aeternae, secundum Augustinum. Sed denominatio debet fieri a digniori. Igitur etsi in processione esset aliquid temporale, non deberet dici temporalis, sed aeterna.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 s. c. 1 Contrarium dicitur per auctoritates in littera.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 s. c. 2 Praeterea, contingit aliquem ex tempore habere Spiritum Sanctum, qui prius non habuit. Sed Spiritus Sanctus non habetur nisi ut procedens a Patre et Filio, cum sit donum utriusque. Ergo est ejus aliqua processio temporalis, secundum quam procedit ad sanctificandum creaturam, ut in littera dicitur.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 co. Respondeo dicendum, quod quamvis in personis divinis, proprie loquendo, dicatur processio secundum rationem exitus a principio, qui non necessario tendit in aliud, tamen processio Spiritus Sancti ex modo suae processionis habet, inquantum scilicet procedit ut amor, quod in alium tendat, scilicet in amatum, sicut in objectum. Et quia processiones personarum aeternae, sunt causa et ratio totius productionis creaturarum, ideo oportet quod sicut generatio Filii est ratio totius productionis creaturae secundum quod dicitur Pater in Filio omnia fecisse, ita etiam amor Patris tendens in Filium ut in objectum, sit ratio in qua Deus omnem effectum amoris creaturis largiatur; et inde est quod Spiritus Sanctus, qui est amor quo Pater amat Filium, est etiam amor quo amat creaturam impartiendo sibi suam perfectionem. Poterit ergo processio istius amoris dupliciter considerari: vel secundum quod tendit in objectum aeternum, et sic dicetur aeterna processio, vel secundum quod procedit ut amor in objectum creatum, inquantum scilicet per illum amorem, creaturae aliquid a Deo confertur; et sic dicetur processio temporalis, ex eo quod ex novitate effectus consurgit nova relatio creaturae ad Deum, ratione cujus oportet Deum sub nova habitudine ad creaturam significari, ut patet in omnibus quae de Deo ex tempore dicuntur.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 ad 1 Ad primum ergo dicendum, quod generatio de ratione sui non dicit respectum nisi ad eum a quo est generatio. Hoc autem dupliciter potest esse in Filio: aut sicut a quo accipit divinam naturam, et sic est generatio aeterna a Patre; aut sicut a quo accipit naturam humanam, et sic est temporalis generatio a matre. Processio autem Spiritus Sancti, ut dictum est, distin. 13, quaest. unica, art. 2, non solum dicit respectum ad principium a quo procedit, secundum quem aeterna tantummodo est, sicut et generatio; sed etiam importat respectum ad eum in quem procedit, secundum quem temporalis dici potest.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 ad 2 Ad secundum dicendum, quod inquantum per amorem, qui est Spiritus Sanctus, aliquod donum creaturae confertur, nulla mutatio vel variatio fit in ipso amore, sed in eo cui per amorem aliquid datur; si tamen mutatio, et non potius perfectio dici debet. Et ideo ille temporalis respectus non ponitur circa Spiritum Sanctum realiter, sed solum secundum rationem; realiter autem in creatura quae mutatur; sicut fit cum dicitur Deus Dominus ex tempore.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 ad 3 Ad tertium dicendum, quod operatio divina dupliciter potest considerari: vel ex parte operantis, et sic est aeterna; vel quantum ad effectum operationis, et sic potest esse temporalis. Sed tamen quia Deus non agit per operationem quae sit media inter ipsum et operatum, sed sua operatio est in ipso et est tota sua substantia; ideo operatio ejus essentialiter aeterna est, sed effectus temporalis.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 ad 4 Ad quartum dicendum, quod aliquid potest dici temporale multipliciter: vel quia subjacet variationi temporis, et hoc modo processio non dicitur temporalis, etiam quantum ad effectum gratiae; vel quia habet initium in tempore, et sic gratia dicitur temporalis, et eadem ratione processio ratione effectus.

Super Sent., lib. 1 d. 14 q. 1 a. 1 ad 5 Ad quintum dicendum, quod aliquod conjunctum non potest affirmari nisi pro utraque parte, sed negari potest pro altera parte tantum; sicut patet in veritate et falsitate copulativae propositionis. Et quia temporale claudit in se quamdam negationem cum affirmatione, scilicet aliquando esse et prius non fuisse, aeternum autem importat tantum affirmationem essendi; ideo conjunctum non potest dici aeternum, nisi utrumque aeternum sit; temporale autem dici potest, etiam si alterum tantum sit temporale, sicut creator importat divinam operationem et connotat effectum in creatura actualiter, ratione cujus Deus non dicitur creator ab aeterno sed ex tempore.

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Contra Gentiles, lib. 4 cap. 2

24 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 2

Caput 22

De effectibus attributis Spiritui Sancto secundum quod movet creaturam in Deum

 

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 1 His igitur consideratis quae per Spiritum Sanctum in sacris Scripturis nobis a Deo fieri dicuntur, oportet considerare quomodo per Spiritum Sanctum moveamur in Deum.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 2 Et primo quidem, hoc videtur esse amicitiae maxime proprium, simul conversari ad amicum. Conversatio autem hominis ad Deum est per contemplationem ipsius: sicut et apostolus dicebat, Ph. 3-20: nostra conversatio in caelis est. Quia igitur Dpiritus Sanctus nos amatores Dei facit, consequens est quod per Spiritum Sanctum Dei contemplatores constituamur. Unde apostolus dicit, II Cor. 3-18: nos autem omnes, revelata facie gloriam Dei speculantes, in eandem imaginem transformamur a claritate in claritatem, tanquam a Domini spiritu.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 3 Est autem et amicitiae proprium quod aliquis in praesentia amici delectetur, et in eius verbis et factis gaudeat, et in eo consolationem contra omnes anxietates inveniat: unde in tristitiis maxime ad amicos consolationis causa confugimus. Quia igitur Spiritus Sanctus Dei nos amicos constituit, et eum in nobis habitare facit et nos in ipso, ut ostensum est, consequens est ut per Spiritum Sanctum gaudium de Deo et consolationem habeamus contra omnes mundi adversitates et impugnationes. Unde et in Psalmo dicitur: redde mihi laetitiam salutaris tui, et Spiritu principali confirma me; et Rm. 14-17: regnum Dei est iustitia et pax et gaudium in Spiritu Sancto, et Ac. 9-31 dicitur: Ecclesia habebat pacem et aedificabatur, ambulans in timore Dei, et consolatione Spiritus Sancti replebatur. Et ideo Dominus Spiritum Sanctum Paraclitum, idest consolatorem, nominat, Jn. 14-26: Paraclitus autem Spiritus Sanctus, et cetera.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 4 Similiter autem et amicitiae proprium est consentire amico in his quae vult. Voluntas autem Dei nobis per praecepta ipsius explicatur. Pertinet igitur ad amorem quo Deum diligimus, ut eius mandata impleamus: secundum illud Jn. 14-15: si diligitis me, mandata mea servate. Unde, cum per Spiritum Sanctum Dei amatores constituamur, per ipsum etiam quodammodo agimur ut praecepta Dei impleamus: secundum illud apostoli, Rm. 8-14: qui Spiritu Dei aguntur, hi filii Dei sunt.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 5 Considerandum tamen est quod a Spiritu Sancto filii Dei aguntur non sicut servi, sed sicut liberi. Cum enim liber sit qui sui causa est, illud libere agimus quod ex nobis ipsis agimus. Hoc vero est quod ex voluntate agimus: quod autem agimus contra voluntatem, non libere, sed serviliter agimus; sive sit violentia absoluta, ut quando totum principium est extra, nihil conferente vim passo, puta cum aliquis vi impellitur ad motum; sive sit violentia voluntario mixta, ut cum aliquis vult facere vel pati quod minus est contrarium voluntati, ut evadat quod magis voluntati contrariatur. Spiritus autem Sanctus sic nos ad agendum inclinat ut nos voluntarie agere faciat, inquantum nos amatores Dei constituit. Filii igitur Dei libere a Spiritu Sancto aguntur ex amore, non serviliter ex timore. Unde apostolus, Rm. 8-15, dicit: non accepistis Spiritum servitutis iterum in timore, sed Spiritum adoptionis filiorum.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 6 Cum autem voluntas ordinetur in id quod est vere bonum, sive propter passionem sive propter malum habitum aut dispositionem homo ab eo quod est vere bonum avertatur, serviliter agit, inquantum a quodam extraneo inclinatur, si consideretur ipse ordo naturalis voluntatis. Sed si consideretur actus voluntatis ut inclinatae in apparens bonum, libere agit cum sequitur passionem aut habitum corruptum; serviliter autem agit si, tali voluntate manente, propter timorem legis in contrarium positae, abstinet ab eo quod vult. Cum igitur Spiritus Sanctus per amorem voluntatem inclinet in verum bonum, in quod naturaliter ordinatur, tollit et servitutem qua, servus passionis et peccati effectus, contra ordinem voluntatis agit; et servitutem qua, contra motum suae voluntatis, secundum legem agit, quasi legis servus, non amicus. Propter quod apostolus dicit, II Cor. 3-17: ubi Spiritus Domini, ibi libertas; et Ga. 5-18: si Spiritu ducimini, non estis sub lege.

Contra Gentiles, lib. 4 cap. 22 n. 7 Hinc est quod Spiritus Sanctus facta carnis mortificare dicitur, secundum quod per passionem carnis a vero bono non avertimur, in quod Spiritus Sanctus per amorem nos ordinat: secundum illud Rm. 8-13: si Spiritu facta carnis mortificaveritis, vivetis.


 

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Saint Raphaël, archange

24 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saint Raphaël, archange

Collecte

O Dieu, qui avez donné le bienheureux Archange Raphaël comme compagnon de route à votre serviteur Tobie, accordez-nous, à nous vos serviteurs, la grâce d’être toujours protégés et secourus par ce même Archange.

Lecture Tb. 12, 7-15

En ces jours-là : L’ange Raphaël dit à Tobie : Il est bon de cacher le secret du roi, mais il est honorable de révéler et de publier les œuvres de Dieu. La prière accompagnée du jeûne est bonne, et l’aumône vaut mieux que d’amasser des monceaux d’or. Car l’aumône délivre de la mort, et c’est elle qui efface les péchés, et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. Mais ceux qui commettent le péché et l’iniquité sont les ennemis de leur âme. Je vais donc vous découvrir la vérité, et je ne vous cacherai point une chose qui est secrète. Lorsque vous priiez avec larmes, et que vous ensevelissiez les morts, que vous quittiez votre repas, et que vous cachiez les morts dans votre maison durant le jour pour les ensevelir pendant la nuit, j’ai présenté votre prière au Seigneur. Et parce que vous étiez agréable à Dieu, il a été nécessaire que la tentation vous éprouvât.Et maintenant le Seigneur m’a envoyé pour vous guérir, et pour délivrer du démon Sara, la femme de votre fils. Car je suis l’Ange Raphaël, l’un des sept qui nous tenons en la présence du Seigneur.

 

Office

AU PREMIER NOCTURNE.
Du livre de Tobie.
Première leçon. Tobie appela vers lui son fils, et lui dit : Que pouvons-nous donner à cet homme saint, qui est venu avec toi ? Tobie, répondant, dit à son père : Mon père, quelle récompense lui donnerons-nous ? ou qu’est-ce qui pourra être digne de ses bienfaits ? Il m’a mené et ramené en bonne santé ; c’est lui-même qui a reçu l’argent de Qabélus ; lui qui m’a fait avoir ma femme, et qui a écarté d’elle le démon ; il a causé de la joie à ses parents, il m’a arraché à un poisson dévorant, il vous a fait voir à vous-même la lumière du ciel, et par lui nous avons été remplis de toute sorte de biens. Que pourrons-nous lui donner de convenable pour cela ?Mais je vous prie, mon père, de lui demander, si, par hasard, il juge digne de prendre pour lui la moitié de tout ce qui a été apporté.
Deuxième leçon. Et l’appelant, c’est-à-dire le père et le fils, ils le prirent à part, et se mirent à le prier de daigner accepter la moitié de tout ce qu’ils avaient apporté. Alors il leur dit en secret : Bénissez le Dieu du ciel, et rendez-lui gloire devant tous les vivants, parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde. Car il est bon de cacher le secret d’un roi ; mais révéler et publier les œuvres de Dieu, c’est une chose honorable. La prière est bonne avec le jeûne, et l’aumône vaut mieux que de tenir cachés des trésors d’or, parce que l’aumône sauve de la mort, et c’est elle qui lave les péchés et fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. Mais ceux qui commettent le péché et l’iniquité sont les ennemis de leur âme. Je vous manifeste donc la vérité, et je ne vous cacherai point une chose qui est secrète. Quand tu priais avec larmes, que tu ensevelissais les morts, que tu laissais ton repas, que tu cachais les morts durant le jour en ta maison, et que, durant la nuit, tu les ensevelissais, c’est moi qui ai présenté ta prière au Seigneur. Et parce que tu étais agréable au Seigneur, il a été nécessaire que la tentation t’éprouvât.
Troisième leçon. Et maintenant le Seigneur m’a envoyé pour te guérir, et pour sauver Sara, la femme de ton fils, du démon. Car je suis l’Ange Raphaël, l’un des sept qui nous tenons devant le Seigneur. Et, lorsqu’ils eurent entendu ces paroles, ils furent troublés, et, tremblants, ils tombèrent à terre sur leur face. Et l’Ange leur dit : Paix à vous ! ne craignez point. Car lorsque j’étais avec vous, c’est par la volonté de Dieu que j’y étais : bénissez-le et chantez-le. Je paraissais, il est vrai, manger avec vous et boire ; mais moi, c’est d’une nourriture invisible et d’une boisson qui ne peut être vue par les hommes, que je fais usage. Il est donc temps que je retourne vers celui qui m’a envoyé ; mais vous, bénissez Dieu, et racontez toutes ses merveilles. Et, lorsqu’il eut dit ces choses, il fut enlevé de leur présence, et ils ne purent plus le voir. Alors, prosternés pendant trois heures sur leur face, ils bénirent Dieu, et, s’étant levés, ils racontèrent toutes ses merveilles.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Bonaventure, Évêque.
Quatrième leçon. Le nom de Raphaël veut dire médecine de Dieu. Et nous devons remarquer qu’on peut être retiré du mal par trois bienfaits que saint Raphaël nous accorde quand il nous guérit. D’abord Raphaël, le médecin céleste, nous arrache à l’infirmité spirituelle en nous amenant à l’amertume salutaire de la contrition, à laquelle se rapporte ce que Raphaël dit à Tobie : Dès que tu seras entré dans ta maison, oins ses yeux avec du fiel. Il le fit et son père recouvra la vue. Pourquoi ne dut-ce point être Raphaël lui-même qui fit cette onction ? Parce qu’un Ange ne donne point la componction ; son rôle est d’en montrer la voie. En ce fiel nous voyons donc l’image de l’amertume de la contrition, laquelle rend sains les yeux intérieurs de l’âme ; un psaume nous dit : « Il guérit ceux qui sont contrits de cœur. » Cette contrition est un collyre excellent. Au deuxième chapitre du livre des Juges, il est raconté que l’Ange monta auprès de ceux qui versaient des larmes et dit au peuple : « Je vous ai retirés de la terre d’Egypte ; j’ai accompli pour vous tant et tant de choses bonnes, et tout 1e peuple pleura de telle sorte que ce lieu fut appelé le lieu de ceux qui pleurent. »Mes très chers, les Anges nous parlent tout le long du jour des bienfaits de Dieu et nous les remettent en mémoire : Ils semblent nous dire : Qui t’a créé ? Qui t’a racheté ? Qu’as tu fait ? Qu’as-tu offensé ? Or, si nous nous arrêtons à considérer ce qui en est, nous ne trouverons d’autre remède que de pleurer.
Cinquième leçon. Secondement, saint Raphaël nous arrache à la servitude du diable, quand il fait pénétrer en nous le souvenir de la passion du Christ en figure de laquelle il est dit au sixième chapitre de Tobie : Si tu mets une parcelle de son cœur sur des charbons ardents, la fumée qui s’en dégagera mettra en fuite la race des démons. En effet, Raphaël relégua le démon dans un désert de la haute Egypte. Qu’est ceci ? Raphaël n’aurait pu éloigner le démon s’il n’avait mis le cœur sur des charbons ardents ? Est-ce le cœur d’un poisson qui donnait à l’Ange tant de pouvoir ? Nullement. Il serait demeuré sans aucune vertu s’il n’y avait eu ici un mystère. Par ce fait il nous est donné à entendre que rien aujourd’hui ne nous délivre de la servitude du diable comme la passion du Christ, et que cette passion procède de son cœur comme d’une racine, c’est-à-dire qu’elle est le fruit de son amour. Le cœur est en effet la source de toute notre chaleur vitale. Si donc tu mets le Cœur du Christ, c’est-à-dire la passion qu’il a soufferte et dont la racine est la charité, la source son ardeur, si tu mets ce Cœur divin sur des charbons en le rappelant à ta mémoire et que ton âme s’enflamme, aussitôt le démon sera éloigné, de sorte qu’il ne pourra te nuire.
Sixième leçon. Troisièmement l’Archange Raphaël nous délivre de la peine de nous trouver en opposition avec Dieu, peine que nous encourons en offensant ce Dieu ; il nous en délivre quand il nous amène à prier avec instance ; et à ceci je rapporte ce que l’Ange Raphaël dit à Tobie au douzième chapitre : Quand tu priais avec larmes, moi j’ai offert ton oraison au Seigneur. Les Anges nous réconcilient avec Dieu, dans la mesure où ils le peuvent. Nos accusateurs devant Dieu, ce sont les démons. Quant aux Anges, ils nous excusent, lorsqu’ils offrent nos prières, ces prières qu’ils nous ont porté à faire dévotement. On lit au huitième chapitre de l’Apocalypse : « La fumée des parfums s’éleva de la main de l’Ange en présence du Seigneur ». Ces parfums se consumant suavement sont les prières des Saints. Veux-tu plaire au Dieu que tu as offensé ? Prie dévotement. Ils offrent à Dieu ta prière pour te réconcilier avec lui. Il est dit en saint Luc que le Christ étant tombé en agonie priait plus instamment et qu’un Ange de Dieu lui apparut le fortifiant. Tout cela s’est accompli en notre faveur, car le Sauveur n’avait point besoin d’être fortifié par un messager céleste ; mais il en a été ainsi pour montrer que les Anges assistent volontiers ceux qui prient avec piété et volontiers les aident ; ils les fortifient et offrent leurs oraisons à Dieu. Le Pape Benoît XV a étendu à l’Église universelle la fête de saint Raphaël, archange.
 

AU TROISIÈME NOCTURNE.
 Jean Chrysostome, Évêque.
Septième leçon. En ce passage de l’Évangile (rapportant) le miracle opéré en faveur du paralytique qui attendait le passage de l’ange près de la piscine appelée en hébreu Bethsaïde, à quel mode de guérison est-il fait allusion ? Quel mystère nous semble indiqué sous l’écorce du fait historique ? Les détails de ce fait n’ont pas été consignés sans motif, mais saint Jean nous annonce comme par une figure et une image ce qui devait s’accomplir dans la suite, de peur que si (la prédication) d’une chose aussi surprenante (qu’un baptême régénérateur) arrivait sans être aucunement attendue, la foi de beaucoup d’auditeurs ne fût jusqu’à un certain point ébranlée. Que signifie donc cette narration ? Elle prédit le baptême qui devait être conféré plus tard, plein de vertu et d’une grâce immense ; le baptême qui allait laver tous les péchés et rendre des morts à la vie. C’est donc le baptême qui est figuré par la piscine et plusieurs autres symboles. Parmi ceux-ci, le Seigneur a d’abord donné l’eau qui lave les taches corporelles et purifie les souillures, non réelles mais réputées telles provenant de funérailles, de lèpre et d’autres causes. Sous l’ancienne loi, il fallait en bien des circonstances, se purifier par l’eau.
Huitième leçon. Mais poursuivons notre sujet. La Providence a donc voulu que l’eau servit en premier lieu, à purifier les souillures matérielles, puis à guérir diverses infirmités. Pour nous rapprocher davantage de la grâce du baptême, Dieu ne se contente plus de porter remède aux souillures, mais il guérit aussi les maladies. Soit à propos du baptême, soit à propos de la passion ou de tout autre sujet, les images qui touchent de plus près à la vérité sont plus claires que celles données plus anciennement. Il en est des figures comme des gardes de l’empereur ; les plus rapprochés de sa personne sont toujours plus élevés en dignité que les autres. L’Ange descendait dans la piscine Probatique, en agitait l’eau pour lui communiquer une vertu curative : ce qui préparait les Juifs à reconnaître à plus fortes raisons, au Seigneur des Anges, le pouvoir de guérir tous les maux de l’âme. Toutefois, de même que les eaux de la piscine ne guérissaient point par elles-mêmes, (autrement elles l’eussent toujours fait,) mais en vertu de ’action de l’Ange, de même l’eau dans le baptême n’agit pas non plus par elle-même ; elle n’efface tous nos péchés que lorsqu’elle a reçu la grâce de l’Esprit.
Neuvième leçon. Autour de cette piscine « gisait une grande multitude de malades, d’aveugles, de boiteux, de paralytiques attendant que l’eau fût mise en mouvement. » Alors l’infirmité même de chacun d’eux mettait souvent obstacle à sa guérison bien qu’il la voulut. Aujourd’hui il dépend de chacun d’avoir accès à la piscine spirituelle. Ce n’est plus l’ange du Seigneur qui agite les eaux, c’est le Seigneur des Anges qui seul intervient. Nous n’avons plus le droit de dire : Tandis que je m’avance, un autre descend avant moi. Car l’univers entier se présentât-il, la grâce n’en serait pas pour cela épuisée, l’action divine n’en aurait pas moins toute son efficacité et n’en demeurerait pas moins toujours la même. Quoique les rayons du soleil nous éclairent chaque jour, ils ne se raréfient point, quoiqu’ils réjouissent bien des regards, ils ne perdent point leur splendeur ; ainsi (ou plutôt encore moins) l’action de l’Esprit-Saint n’est pas diminuée par le grand nombre de ceux en qui elle s’exerce. Ce qui arrivait à Bethsaïde avait pour but de préparer ceux qui auraient connaissance de cette vertu de l’eau pour guérir les maladies corporelles et qui seraient familiarisés avec ce spectacle, à croire sans peine que les maux de l’âme sont, eux aussi, susceptibles de guérison.

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Saint Antoine-Marie Claret évêque et confesseur

23 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saint Antoine-Marie Claret évêque et confesseur

Catalan, originaire des environs de Barcelone. Il fut d'abord apprenti-tisserand, profession familiale. Puis il fut typographe, juste le temps d'aimer la diffusion de la Parole de Dieu par la presse. Il trouva sa voie à 22 ans en entrant au séminaire de Vicq. Prêtre, il parcourt la Catalogne, chapelet en main, distribuant des brochures édifiantes qu'il avait lui-même imprimées. Mais ces horizons étaient encore trop étriqués à ses yeux. En 1849, il fonde une nouvelle congrégation à vocation missionnaire : 'les Fils de Marie Immaculée' qu'on appelle les Clarétains. En 1850, le Pape le nomme archevêque de Santiago de Cuba, et cela ne le déconcerte pas. Il y exerce un intense apostolat, homme de feu brûlé par l'amour du Christ. Là encore il imprime et distribue images et brochures, prend la défense des esclaves, condamne les exactions des grands propriétaires. Ce qui lui attire bien des ennemis. Il échappe alors à quinze tentatives d'assassinat. En 1857, après 6 années d'un tel ministère, la reine Isabelle l'appelle en Espagne comme conseiller et confesseur. En 1868, la révolution éclate. Saint Antoine-Marie suit la reine, réfugiée à Paris. Les Claretains sont expulsés de leurs six maisons et fondent en France celle de Prades. Il prend part au concile du Vatican en 1869 et 1870. Au retour, il se retirera au monastère cistercien de Fontfroide où il meurt.

 

Office

Antoine-Marie Claret, né à Sallent en Espagne de parents pieux et honorables, exerça dans sa jeunesse le métier de tisserand, mais ensuite il devint prêtre, s’adonna d’abord au ministère paroissial, puis vint à Rome pour être envoyé par la Congrégation de la Propagation de la Foi aux missions extérieures. Revenu en Espagne, par une disposition de Dieu, il parcourut comme missionnaire apostolique la Catalogne et les îles Canaries. Auteur fécond de bons livres, il fonda aussi la Congrégation des Fils du Cœur Immaculé de Marie. Élevé au siège archiépiscopal de Santiago de Cuba, il fit briller avec éclat les vertus d’un pasteur plein de zèle ; il rétablit le séminaire, encouragea les études et la formation des clercs, fonda des œuvres sociales et créa pour l’éducation chrétienne des jeunes filles l’Institut des Sœurs enseignantes de Marie Immaculée. Appelé ensuite à Madrid pour y être le confesseur de la reine d’Espagne et son conseiller dans les affaires ecclésiastiques les plus importantes, il donna un magnifique exemple d’austérité et de toutes les vertus. Au concile du Vatican, il se fit l’ardent défenseur de l’infaillibilité du Pontife Romain. Il propagea admirablement la dévotion envers le très Saint Sacrement et envers le cœur immaculé de Marie et son Rosaire. Enfin, il mourut exilé à Fontfroide, en France, en 1870. Il fut glorifié par des miracles ; Pie XI l’inscrivit parmi les bienheureux et Pie XII parmi les saints.

Collecte

O Dieu, qui avez élevé le bienheureux Antoine-Marie, votre Confesseur et Evêque, par les vertus apostoliques, et qui avez institué par lui dans votre Eglise de nouvelles familles de clercs et de vierges : faites que, dirigés par son enseignement et soutenus par ses mérites, nous puissions travailler sans cesse à chercher le salut des âmes.

 

Extrait du chapitre 32 de son autobiographie, alors qu’il est prêtre depuis cinq ans, vicaire en Catalogne, chargé de prêcher des « missions ».

Dans chacune des localités que j’ai mentionnées, j’ai prêché une ou plusieurs de ces « missions », soit en une seule année, soit en différentes années, et toujours le fruit retiré a été considérable. Partout il y avait des conversions ordinaires, grandes ou extraordinaires. Au début, tous venaient m’entendre, les uns par bonne volonté, d’autres par curiosité et d’autres avec de mauvaises intentions : pour voir comment ils pourraient me prendre.

Au début de chaque mission, je n’ai jamais attaqué de front les vices qu’il s’agissait de corriger ; je parlais tout d’abord de la très sainte Vierge et de l’amour de Dieu. Et comme les mauvais chrétiens voyaient que je ne les dérangeais pas et que je leur parlais avec affection, douceur et charité, ils revenaient m’écouter avec plaisir. Ensuite, je parlais des fins dernières, ce qui ne les offusquait pas non plus, puisque la mort et le jugement sont le lot de tout le monde. Ainsi je les gagnais peu à peu de sorte que, durant les derniers jours, je n’avais pas à me gêner et je leur parlais hardiment des erreurs et des vices qui régnaient chez eux.

Je pensais qu’une certaine classe de pécheurs devait être traitée comme les escargots qu’on met tout d’abord dans une marmite d’eau froide, ce qui les fait se détendre et sortir de leur coquille pendant que celui qui les fait cuire doit prendre soin de réchauffer l’eau peu à peu, et alors, insensiblement, les escargots meurent et cuisent. Mais si le cuisinier les met dans l’’eau bouillante, ils rentreront dans leur coquille et rien ne pourra les en extraire. C’est ce qui arrive avec les pécheurs. Si, au début de quelque prédication, on les attaque à feu et à sang, comme on dit, ceux qui sont là par curiosité ou par malice, loin de se convertir en entendant cela, feront tout pour discréditer le missionnaire et pour ridiculiser ceux qui vont l’entendre et se confesser. Mais en agissant avec douceur, affabilité et amour, ils se laissent gagner.

 

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Super II Thes., cap. 2

22 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Super II Thes., cap. 2

Super II Thes., cap. 2 l. 2 Superius apostolus praenuntians narravit adventum et culpam Antichristi, hic ostendit causam dilationis. Et primo ostendit eos habere huius scientiae causam; secundo causam illam obscure proponit, ibi nam mysterium. Dicit ergo: dico quod oportet revelari hominem peccati. Et quid nunc detineat, id est, quae sit causa, quod tardet, scitis, quia ego dixi vobis, ita quod sic ad praesens detinet, ut suo tempore, id est, congruo tempore, reveletur. Eccle. VIII, 6: omni negotio tempus et opportunitas est. Et ibidem III, 11: omnia fecit Deus bona in tempore, et cetera. Deinde cum dicit nam mysterium, etc., causam eius ponit. Et haec littera multipliciter exponitur, quia hoc mysterium potest esse nominativi casu, vel accusativi. Si primo modo, est sensus: dico ut suo tempore, quia etiam iam mysterium, id est, figuraliter occultatum, operatur in fictis, qui videntur boni, et tamen sunt mali. Et hi operantur officium Antichristi. II Tm. III, 5: habentes speciem pietatis, virtutem autem eius abnegantes. Sed secundo modo est sensus: nam Diabolus, in cuius potestate veniet Antichristus, iam incipit operari occulte iniquitatem suam, per tyrannos et seductores, quia persecutiones Ecclesiae huius temporis sunt figurae illius ultimae persecutionis contra omnes bonos, et sunt sicut imperfectae comparando ad illam. Tantum ut qui tenet, et cetera. Hoc exponitur multipliciter. Uno modo, secundum Glossam, et Augustinum, qui dicunt, quod quidam opinati sunt Neronem, qui primo persecutus est Christianos, esse Antichristum, et quod non fuerat occisus, sed subtractus, et quandoque restituendus. Unde apostolus hoc evacuans, dicit tantum ut qui tenet nunc, Romanum imperium, teneat, donec de medio fiat, id est, donec moriatur. Sed hoc modo non est conveniens; quia multi anni sunt, quod Nero mortuus est, illo scilicet anno quo apostolus. Sed melius est quod referatur ad Neronem, prout est persona publica Romani imperii, donec de medio fiat, id est, tollatur Romanum imperium de hoc mundo. Is. XXIII, 9: Dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret superbiam omnis gloriae, et ad ignominiam, et cetera. Vel aliter tantum ut qui tenet, id est, detinet modo adventum Antichristi, teneat, ne veniat; quasi sit necessarium, quod adhuc aliqui veniant ad fidem, et aliqui recedant. Quasi dicat: ut discessus et accessus qui nunc tenet donec veniat, teneat donec tollatur ille obscoenus. Vel sic: tantum qui nunc tenet fidem, teneat, id est, firmus sit in ea. Ap. II: tene quod habes, ut nemo accipiat coronam tuam, donec de medio fiat, id est, congregatio malorum permixta, separetur, et fiat seorsum, quod erit in persecutione Antichristi. Vel tantum, etc., id est, ut mysterium iniquitatis, id est, iniquitas mystica, quae detinet, detineat donec fiat de medio, id est, donec iniquitas reducatur in publicum: et fiat quasi aliquid existens in publico de medio. Multi enim modo occulte peccant, sed tamen quandoque fiet in aperto: quia Deus sustinet peccatores quamdiu sunt occulti, donec publice peccent, et tunc non sustinebit, ut patet de Sodomitis Gn. XIX, 24. Sed tamen Augustinus confitetur se nescire quid apostolus illis loquitur, qui iam sciebant. Unde dicit quid nunc detineat, scitis. Et praeterea hoc non erat multum necessarium ad sciendum. Deinde cum dicit et tunc, etc., ponitur adventus iniqui, et poena eius. Primo manifestatio; secundo eius poena. Quantum ad primum dicit ille, singulariter, iniquus revelabitur, quia manifesta erit eius culpa, quem Dominus Iesus interficiet spiritu oris sui. Is. XI: zelus domini exercituum faciet hoc, id est, zelus iustitiae, qui est amor. Spiritus enim Christi est amor Christi, et hic zelus est Spiritus Sancti, quem habet ad Ecclesiam. Vel spiritu oris sui, id est, mandato suo; quia Michael interfecturus est eum in monte oliveti, unde Christus ascendit; sic et Iulianus manu divina extinctus est. Et haec est poena praesens, licet futura etiam aeternaliter punietur, quia destruet illustratione, etc., id est, in adventu suo omnia illustrante. I Cor. IV, 5: illuminabit abscondita tenebrarum, et cetera. Et destruet, inquam, aeterna, scilicet damnatione. Ps. XXVII, 5: destruet illos, et cetera. Et dicit, illustratione, quia ipse visus est Ecclesiam obtenebrare, et tenebrae expelluntur illustratione, quia quicquid Antichristus ostenderit, ostendetur fuisse mendacium. Deinde cum dicit eum cuius est adventus, praedicit potestatem Antichristi. Et circa hoc duo facit, quia primo ponit potestatem eius ad seducendum; secundo huius causam ex Domini iustitia, ibi eo quod charitatem. Iterum prima in tres, quia primo ponit actorem huius potestatis; secundo modum seducendi; tertio ostendit seducendos. Actor huius potestatis est Diabolus, et ideo destruet eum Christus. I Jn. III, 8: in hoc apparuit filius Dei, ut dissolvat opera Diaboli. Et ideo dicit, quod adventus Antichristi erit secundum operationem Satanae, id est ex instinctu eius. Ap. XX, 7: solvetur Satanas de carcere suo, et exibit, et seducet gentes, et cetera. Operatur enim aliquid secundum operationem Satanae, sicut arreptitius, in quo non solum instigat voluntatem, sed etiam impedit usum rationis: quod tamen non imputatur ad culpam eius, quia non habet usum liberi arbitrii. Antichristus autem non sic; sed habebit usum liberi arbitrii, in quo est Diabolus suggerens, sicut dicitur de Iuda Jn. III: introivit in eum Satanas, scilicet instigando. Decipiet autem hoc modo: primo per potentiam saecularem; secundo per virtutem miraculorum. Quantum ad primum dicit in omni virtute, scilicet saeculari. Dn. XI, 43: dominabitur thesaurorum auri et argenti, et in omnibus pretiosis Aegypti. Vel virtute, scilicet simulata. Quantum autem ad secundum dicit in signis, et cetera. Signa sunt quaedam mira etiam parva. Prodigia vero magna, quae aliquem prodigiosum ostendunt, quasi procul a digito. Ap. XIII, 13: fecit signa magna, ita ut et ignem faceret descendere de caelo, et cetera. Mt. XXIV, 24: dabunt signa magna et prodigia, ita ut in errorem inducantur, si fieri potest, etiam electi. Et dicit mendacibus. Miraculum mendax dicitur, vel quia deficit a vera ratione facti, vel a vera ratione miraculi, vel a debito fine miraculi. Primum fit in praestigiis, quando per Daemones illuduntur aspectus, ut aliud videatur, quam est: sicut Simon magus fecit decollari arietem, et postea ostensus est vivus; et homo decollatus est, et postea homo, qui credebatur decollatus, ostensus est vivus, et creditus est resuscitatus. Et hoc faciunt homines commutando phantasmata et decipiendo. Secundo modo illa dicuntur miracula improprie, quae plena sunt admiratione, quando effectus videtur, et ignoratur causa. Quae ergo habent causam occultam alicui, et non simpliciter, dicuntur quidem mira, et non miracula simpliciter. Sed quae simpliciter causam occultam habent, sunt proprie miracula, quorum causa est ipse Deus gloriosus, quia totum ordinem naturae creatae transcendunt. Aliquando vero fiunt aliqua mira, sed non praeter ordinem naturae, sed occultas causas habent: et haec multo magis faciunt Daemones, qui virtutes naturae sciunt, et qui habent determinatas efficacias ad speciales effectus, et haec faciet Antichristus; sed non quae habent veram rationem miraculi, quia non possunt in illa quae sunt supra naturam. Tertio modo dicuntur miracula, secundum quod sunt ordinata ad attestandum veritati fidei, ad reducendum fideles in Deum. Mc. ult.: Domino cooperante, et sermonem confirmante sequentibus signis. Sed si alicui adest gloria miraculorum et non utatur eis ad hoc, miracula quidem sunt vera quo ad rationem rei factae, et quo ad rationem miraculi, sed sunt falsa quantum ad finem debitum, et intentionem Dei. Sed tamen hoc non erit in Antichristo, quia nullus contra fidem facit vera miracula, quia Deus non est testis falsitatis. Unde aliquis praedicans falsam doctrinam non potest facere miracula, licet aliquis habens malam vitam posset. Deinde ostendit seducendos, cum dicit his qui pereunt, id est, in praescitis ad perditionem. Jn. XVII, 12: nemo ex eis periit, nisi filius perditionis. Et hoc ideo, quia Jn. X, 27: oves meae vocem meam audiunt.

Lectio 3

Super II Thes., cap. 2 l. 3 Postquam ostendit in quibus habet locum deceptio Antichristi, scilicet in praescitis ad damnationem, hic assignat causam praedictorum. Et primo ostendit causam huius, et quomodo decipientur; secundo quomodo fideles ab eo liberentur, ibi nos autem. Item primo ponit eorum culpam tantum; secundo poenam cum culpa; tertio poenam tantum. Et est hic processus peccati: primo enim quis ex demerito primi peccati deseritur a gratia, et cadit in aliud peccatum, et post in aeternum punitur. Dicit ergo, quod causa quare decipientur est quia noluerunt recipere charitatis veritatem, id est, veritatem Evangelii. Jn. VIII, 46: si veritatem dico, quare non creditis mihi? Jb XXIV, 13: ipsi fuerunt rebelles lumini. Et dicit charitatem veritatis, quia nisi sit formata fides per charitatem, nihil est. I Cor. XIII, 2: si habuero fidem, ita ut montes transferam, charitatem autem non habuero, nihil sum, et cetera. Ga. ult.: in Christo Iesu neque circumcisio, neque praeputium aliquid valet, sed nova creatura. Et subdit utilitatem veritatis, dicens ut salvi fierent. Rm. V, 1: iustificati ex fide, pacem habeamus ad Deum per Dominum, et cetera. Sed culpa et poena est eorum seductio; unde dicit mittet, id est, permittet illis venire, operationem erroris. Is. XIX, 14: miscuit Dominus in medio eius spiritum vertiginis. III R. ult.: ero spiritus mendax in ore omnium prophetarum eius. Et ideo dicit ut credant mendacio, id est, falsae doctrinae Antichristi. Rm. II: propter quod tradidit illos Deus in reprobum sensum, ut faciant ea quae non conveniunt. Sed poena tantum est aeterna damnatio; unde subdit ut iudicentur, scilicet iudicio damnationis. Jn. V, 29: et procedent qui mala fecerunt in resurrectionem iudicii, et cetera. Omnes qui non crediderunt veritati. Jn. III, 18: qui non credit, iam iudicatus est. Deinde cum dicit nos autem, ostendit quare fideles Christi liberentur. Et primo agit gratias pro eis; secundo commemorat divina beneficia, quibus a talibus liberantur. Dicit ergo sic: illi decipientur, sed nos debemus gratias agere. Rm. I, 8: primum quidem gratias ago Deo meo semper pro vobis per Dominum, et cetera. Duplex autem ponit Dei beneficium, scilicet electionem Dei, quae est aeterna, et vocationem, quae est temporalis, ibi in qua et vocavit vos. Dicit ergo quod, pro quia, elegit nos, scilicet apostolos, et vos, scilicet fideles. Ep. I, 4: elegit nos in ipso ante mundi constitutionem, ut essemus sancti, et cetera. Jn. XV, 16: non vos me elegistis, sed ego elegi vos. Circa electionem tria tangit, scilicet ordinem electorum, finem electionis, et medium consequendi finem. Electi sunt omnes sancti a principio mundi. Dt. XXXIII, 3: dilexit populos, omnes sancti in manu illius sunt. Sed apostoli specialiter sunt primitiae. Rm. VIII, 23: nos ipsi primitias spiritus habentes, et cetera. Et ideo dicit primitias fidei. Finis item electionis est salus aeterna; et ideo dicit in salutem. I Tm. II, 4: omnes homines vult salvos fieri, et cetera. Hoc autem fit, primo, ex parte Dei per gratiam sanctificantem; unde dicit in sanctificatione spiritus; secundo, ex parte nostra, est consensus liberi arbitrii per fidem; ideo subdit et in fide veritatis. Deinde cum dicit in qua et vos vocavit, etc., ponit secundum beneficium, quod est vocatio temporalis Christi, quae sequitur electionem. Rm. VIII, 30: quos vocavit, hos et iustificavit, et cetera. Et de hac vocatione nota parabolam, Lc. XIV, 16 de eo, qui fecit coenam magnam, et cetera. Et addit per Evangelium nostrum, id est, a me praedicatum. Sed ad quam coenam? In acquisitione gloriae, id est, ut acquiramus Christi gloriam. Deinde cum dicit itaque, etc., monet tenere veritatem, et primo ponit monitionem; secundo orationem, ibi ipse autem dominus, et cetera. Et facit primum, quia opus nostrum dependet a libero arbitrio; secundum vero, quia indiget auxilio gratiae. Et primo monet ad standum, cum dicit state in veritate. Ga. V, 1: state, et nolite iterum iugo servitutis contineri. Secundo docet modum standi, ibi et tenete traditiones, id est, documenta, quae a maioribus traduntur. Nam documenta quae traduntur a minoribus, quandoque non sunt servanda, quando scilicet contrariantur documentis fidei. Mt. XV, 6: irritum fecistis mandatum Dei, propter traditionem vestram. Sed servanda sunt quae ordinantur ad mandata Dei. Quas didicistis. Ac. XVI, 4: Paulus docebat, ut tenerent traditiones et documenta quae erant decreta ab apostolis et senioribus, qui erant Ierosolymis, et cetera. Et has traditiones dupliciter ediderunt, quasdam verbis unde dicit per sermonem, quasdam in Scripturis ideo addit sive per epistolam. Unde patet, quod multa in Ecclesia non scripta, sunt ab apostolis docta, et ideo servanda. Nam multa, secundum iudicium apostolorum, melius erat ut occultarentur, ut dicit Dionysius. Unde apostolus I Cor. X dicit caetera cum venero disponam. Deinde ponit orationem, ibi ipse autem Dominus noster Iesus Christus, etc.; quasi dicat: sic moneo, sed nihil valet nisi adsit divinum auxilium. Et ideo ponit primo duplex Dei beneficium. Primum est amor eius ad nos, quo alia nobis impendit; ideo dicit dilexit nos. Secundum est spiritualis consolatio, ibi et dedit consolationem aeternam. II Cor. I, 4: qui consolatur nos in omni tribulatione nostra. Is. XL, 1: consolamini, consolamini, popule meus, dicit Dominus Deus vester, et cetera. Et dicit consolationem aeternam, scilicet contra omnia mala imminentia et futura. Et ideo expectamus spem bonam, id est, bonorum aeternorum infallibilitatem. I P. I, 3: qui secundum magnam misericordiam suam regeneravit nos in spem vivam. Et hoc in gratia, scilicet per quam speramus consequi vitam aeternam. Rm. VI, 23: gratia Dei vita aeterna. Petit autem pro eis exhortationem, quae est monitio ducens animum ad volendum. Et hanc potest facere homo exterius; sed non esset efficax, nisi esset interius spiritus Dei. Unde dicit exhortetur corda vestra, id est, instiget. Os. II, 14: ducam eam in solitudinem, et loquar ad cor eius. Item petit confirmationem, unde dicit et confirmet. Ps. LXVII, 29: confirma hoc, Deus, quod operatus es in nobis. Quasi dicat: exhortetur per gratiam, ut velimus, et confirmet ut efficaciter velimus. Et hoc in omni opere bono et sermone. Praecedit opus sermonem, quia coepit Iesus facere et docere Ac. I, 1.

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Super Heb., cap. 5

21 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Super Heb., cap. 5

Caput 5

Lectio 1

Super Heb., cap. 5 l. 1 Sicut a principio huius epistolae dictum fuit, intentio apostoli est ostendere Christum excellentiorem esse omnibus his ex quibus lex habet auctoritatem, scilicet Angelis, quorum ministerio data fuit, Ga. III, 19: ordinata per Angelos, et Moyse, qui fuit legislator, Jn. I, 17: lex per Moysen data est, et sacerdotio et pontificatu Aaron, per quem lex administratur. Expeditis ergo duobus primis, hic prosequitur de tertio, scilicet de eminentia sacerdotii Christi ad sacerdotium Aaron. Et circa hoc duo facit. Primo enim ostendit Christum esse pontificem; secundo ostendit ipsum esse excellentiorem pontifice veteris legis, in VII cap., ibi hic enim Melchisedech. Item in prima parte duo facit. Primo ostendit Christum esse pontificem; secundo praeparat aures auditorum ad consequentia, ibi de quo nobis grandis. Adhuc circa primum duo facit. Primo ostendit, quae requirantur ad pontificem; secundo ostendit illa convenire Christo, et sic concludit ipsum esse pontificem, ibi sic et Christus non semetipsum, et cetera. Item in prima parte tria facit. Primo describit pontificale officium; secundo ostendit pietatem quae pontifici necessaria est, ibi qui condolere; tertio ostendit modum perveniendi ad pontificatum, ibi nec quisquam sumit. Circa officium quatuor ponit. Primo gradus altitudinem, ibi ex hominibus assumptus; secundo pontificatus utilitatem, ibi pro hominibus; tertio materiam, ibi in his quae ad Deum; quarto ad actum, ibi ut offerat dona. Istud autem officium convenit homini, non Angelo. Et ideo dicit, quod ita dictum est, quod habemus pontificem magnum, et talis est Christus. Namque, pro quia, omnis pontifex ex hominibus assumptus, et sic debet etiam esse de numero hominum. Voluit autem Deus, ut homo habeat similem sui, ad quem currat. Unde et Ecclesia ordinavit, quod quando utilis invenitur aliquis de collegio, non eligatur extraneus. Os. II, 15: dabo eis vinitores ex eodem loco. Dt. XVII, 15: eum constitues quem Dominus Deus tuus elegerit de numero fratrum tuorum. Non poteris alterius gentis hominem regem facere, qui non sit frater tuus. Dicit autem assumptus, quia debet alios excellere, sicut patet de Saule, I R. X, 23. Et ideo Christus, Jn. ult., interrogat Petrum quem volebat praeficere, si diligeret ipsum plus aliis. Finis et utilitas est quia pro hominibus constituitur, id est, pro ipsorum utilitate. Non enim constituitur propter gloriam, non propter cumulandas divitias, nec propter consanguineos ditandos. II Cor. IV, 5: nos autem servos vestros per Iesum; et ult.: secundum potestatem, quam Deus dedit mihi in aedificationem, et non in destructionem. Si vero aliquis quaerit quod suum est, non est pastor, sed mercenarius. Materia dignitatis est quia pontifex principatur. Nam sicut principatur dux vel rector in civitate, ita iste pontifex in his quae ad Deum, supple: ordinantur. Ex. IV, 16: tu eris ei in his, quae ad Deum pertinent, et cetera. II Cor. X, 4: arma militiae nostrae non sunt carnalia, et cetera. Sicut ergo illa quae pertinent ad Dei cultum excedunt temporalia, ita dignitas pontificalis excedit omnes alias dignitates. Non ergo pontifices debent se implicari negotiis saecularibus, praetermissis his, quae sunt ad Deum. II Tm. II, 4: nemo militans Deo, et cetera. Actus pontificis est, ut offerat dona, id est, voluntarie oblata, non extorta. Ex. XXV, 2: ab omni homine, qui offert ultroneus, accipietis. Et sacrificia pro peccatis, id est, quae sibi offeruntur pro satisfactione peccatorum. Lv. IV, 26: pro eis rogabit sacerdos, et pro peccatis eius, et dimittentur ei. In quo designatur, quod omne quod offertur, sive voluntarium et votivum, sive pro satisfactione, debet offerri secundum dispositionem praelati. Consequenter cum dicit qui condolere, ostendit quid requiratur ad usum, scilicet pietas. Et circa hoc tria facit. Primo ostendit, quod ad usum pontificis requiritur misericordia et pietas; secundo ostendit, quod requiritur misericordiae motivum, ibi quoniam et ipse; tertio ostendit misericordiae signum, ibi et propterea. Dicit ergo: dico, quod debet esse in his, quae sunt ad Deum, tamen debet esse medius inter hominem et Deum. Dt. V, 5: ego medius et sequester fui Dominum et vos. Sicut ergo per devotionem orationis debet tangere Deum tamquam unum extremum, sic per misericordiam et compassionem debet tangere alterum extremum, scilicet hominem. Et ideo dicit qui condolere possit. II Cor. XI, 29: quis infirmatur et ego non infirmor? E contrario, Am. VI, 6: nihil patiebantur super contritione Ioseph. Duplex est autem defectus. Quidam enim deficiunt ex ignorantia. Et ideo dicit his qui ignorant. Est autem proprie ignorare, carere scientia eorum quae quis debet scire. Quidam vero ex certa scientia. Et quantum ad hoc dicit et errant. Motivum pietatis ponit, cum dicit quoniam et ipse, et cetera. Istud motivum est infirmitas. Et illi qui praesunt aliquando infirmantur. II Cor. IV, 7: habemus thesaurum istum in vasis fictilibus. Et ratio huius est, ut ex se aliorum infirmitatibus compatiantur: et ideo Dominus permisit cadere Petrum. Eccli. XXXI, 18: intellige quae sunt proximi tui ex teipso. Et ideo dicit quoniam et ipse circumdatus est infirmitate, scilicet quantum ad poenalitates et culpam. Ps. VI, 2: miserere mei, Deus, quoniam infirmus sum. Sg. IX, 5: homo infirmus, et exigui temporis, et cetera. Et nota quod dicit circumdatus. Carnales enim habent infirmitatem peccati in interioribus. Ratio enim et voluntas in ipsis subditae sunt peccato. Sancti vero habent in exterioribus, quia non sunt subiecti peccato, tamen sunt circumdati fragilitate carnis. Rm. VII, 25: mente servio legi Dei, carne autem legi peccati. Signum autem huius est, quia et in veteri lege, sicut patet Lv. IX, 7 et XVI, 6, et etiam modo, sicut patet in canone Missae, cum dicitur nobis quoque peccatoribus, statutum est, quod sacerdos offerat etiam pro se, quod non fieret nisi esset infirmitas peccatorum, quibus est circumdatus, non oppressus. Si enim sit in mortali peccato, non debet celebrare. Et ideo dicit propterea debet, quemadmodum pro populo, etiam pro semetipso offerre pro peccatis. Consequenter ponit modum perveniendi ad pontificatum, cum dicit nec quisquam. Hoc est enim contra naturam, quod aliquid perducat se ad statum altiorem sua natura, sicut aer non facit seipsum ignem, sed fit a superiore. Unde disciplina Dei non habet, quod quisquam sibi sumat honorem favore, pecunia, potentia. Am. VI, 14: in fortitudine enim nostra assumpsimus nobis cornua. Os. VIII, 4: ipsi regnaverunt, et non ex me. Sed debet vocari a Deo sicut Aaron. Ex. XXVIII, 1: applica ad te Aaron. Et ideo Dominus confirmavit sacerdotium eius, sicut patet Nm. XVII, 5 ss., per virgam quae floruit. Tales ergo debent assumi, qui non se ingerunt. Unde antiquitus signo visibili ostendebantur, sicut patet de beato Nicolao, et multis aliis. Consequenter cum dicit sic et Christus, etc., ostendit quomodo Christus sit pontifex. Et circa hoc duo facit. Primo enim ostendit, quomodo dicta conveniunt Christo; secundo ex hoc concludit intentum, ibi appellatus est a Deo, et cetera. Circa primum tria facit. Primo enim ostendit, quod Christus factus est pontifex non a se, sed a Deo; secundo agit de ipsius officio, ibi qui in diebus carnis; tertio de ipsius misericordia, ibi et quidem cum esset. Circa primum duo facit, quia primo ostendit, quod Christus non promovit seipsum; secundo ostendit a quo sit promotus, ibi sed qui locutus. Dicit ergo Christus non semetipsum clarificavit. Circa quod sciendum est, quod non dicit: non fecit seipsum pontificem, sed dicit non clarificavit, et cetera. Sunt enim quidam qui se clarificant, ut fiant, sicut hypocritae, qui demonstrant in se aliqua, ut eligantur, vel praebendas consequantur; nullus tamen facit se pontificem: Christus vero non solum non fecit se pontificem, sed nec se clarificavit ut pontifex fieret. Jn. VIII, 50: ego gloriam meam non quaero, et paulo post sequitur: est Pater meus qui glorificat me. Et hoc est verum, inquantum homo, quia inquantum Deus habet eamdem gloriam cum Patre. Deinde cum dicit sed qui locutus, ostendit, a quo est promotus. Et primo ostendit, a quo est clarificatus; secundo quomodo est pontifex designatus, ibi et in alio loco. Clarificatus autem est divino iudicio, quia, scilicet Dominus, locutus est ad ipsum, in Ps. II, 7, Filius meus es tu, et cetera. Et hoc est expositum supra. Item Mt. IX, 17: hic est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui, et cetera. Cum ergo ostendit eum ab aeterno genitum, ostendit gloriam eius. Supra I, 3: qui cum sit splendor gloriae, et cetera. Pontificatus etiam accipitur a Deo inquantum homo, quemadmodum in alio loco dicit, scilicet in Ps. CIX, 5: tu es sacerdos, et cetera. Utitur autem apostolus auctoritate Psalmorum tamquam magis famosa et maioris auctoritatis, utpote magis frequentata. Dicit autem sacerdos, quia se obtulit Deo Patri. Ep. V, 2: dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis oblationem et hostiam Deo. Et ne credatur tale esse sacerdotium Christi, sicut fuit in veteri lege, distinguit ipsum quantum ad duo. Primo quantum ad dignitatem, quia in aeternum. Illud enim fuit temporale, erat enim figurale, et ideo non est perpetuum, sed transit veniente figurato. Sed sacerdotium Christi est aeternum, quia est de veritate, quae est aeterna. Item hostia eius habet virtutem introducendi in vitam aeternam. Item durat in aeternum. Secundo quantum ad ritum, quia offerebantur animalia; hic autem panis et vinum. Et ideo dicit secundum ordinem Melchisedech. Istud autem infra exponetur. Deinde cum dicit qui in diebus, etc., ostendit quod illud quod pertinet ad officium pontificale, convenit Christo. Et primo ostendit eius conditionem; secundo actum eius, ibi preces; tertio efficaciam, ibi cum clamore valido. Conditio eius est, quod fuit unus ex hominibus, quia, ut dictum est, pontifex ex hominibus assumitur. Et ideo dicit qui in diebus carnis suae. Ponitur autem hic caro pro tota natura humana, sicut illud Jn. I, 14: verbum caro factum est. Sed numquid modo non sunt dies carnis eius? Et videtur quod sic, per illud Lc. ult.: spiritus carnem et ossa non habet, sicut me videtis habere. Quare ergo magis dicitur tempus ante passionem et resurrectionem suam, tempus vel dies carnis, quam nunc? Dicendum est, quod caro quandoque sumitur pro fragilitate carnis, sicut I Cor. XV, 50: caro et sanguis regnum Dei possidere non possunt. Christus autem tunc habuit carnem fragilem et corruptibilem. Et ideo dicit in diebus carnis suae, id est, in quibus gerebat carnem similem peccatrici, non peccatricem. Actus autem eius fuit, quia obtulit preces et supplicationes. Hoc est spirituale sacrificium, quod Christus obtulit. Dicuntur autem preces, id est, petitiones. Jc. ult.: multum enim valet deprecatio iusti assidua. Supplicationes vero dicuntur quantum ad humilitatem orantis, sicut genuflexiones. Mt. XXVI, 39: procidit in faciem suam orans. Ad quem? Ad Deum, scilicet Deum Patrem, qui salvum illum facere posset a morte. Hoc autem poterat facere dupliciter. Uno modo ne moreretur. Unde dicitur Mt. XXVI, 39: Pater, si fieri potest, et cetera. Item ut mortuum resuscitaret. Ps. XV, 10: non derelinques in Inferno animam meam. Item XL, 10: tu autem, Domine, miserere mei, et resuscita me. Ad istud sacrificium spirituale ordinatur sacerdotium Christi. Unde respondet ei quod dictum est supra ut offerat dona, et cetera. Ps. XLIX, 23: sacrificium laudis honorificabit me. Os. XIV, 3: reddemus vitulos labiorum nostrorum. Efficacia ostenditur ex modo orandi. Duo autem sunt necessaria oranti, scilicet fervens affectio; item dolor et gemitus. De his duobus Ps. XXXVII, 9: Domine, ante te omne desiderium meum, quantum ad primum: et gemitus meus a te non est absconditus, quantum ad secundum. Christus autem ista duo habuit; ideo propter primum dicit cum clamore valido, id est, cum intentione efficacissima. Lc. XXII, 43: factus in agonia prolixius orabat, et cetera. Et XXIII, 46 clamans ait: Pater, et cetera. Secundum, cum dicit et lacrymis. Per lacrymas enim exprimit apostolus interiorem gemitum orantis. Hoc autem non legitur in Evangelio; sed probabile est, quod sicut ipse lacrymatus est in resuscitatione Lazari, ita et in passione sua. Nam ipse multa fecit, quae non sunt scripta. Non tamen flevit pro se, sed pro nobis, quibus passio sua profuit. Sibi autem profuit, inquantum per ipsam meruit exaltari. Ph. II, 9: propter quod et Deus exaltavit illum, et cetera. Et ideo exauditus est pro sua reverentia, quam scilicet super omnes habebat ad Deum. Is. XI, 3: et replebit eum spiritus timoris Domini. Sed contra, videtur quod non fuit exauditus, primo pro se, quia non transivit calix ab ipso, quod tamen petebat. Item nec pro aliis, quia non fuit indultum Iudaeis, quibus petebat indulgeri. Lc. XXIII, 34: Pater, dimitte illis, et cetera. Dicendum est, quod Christus in omnibus, quae voluit fieri, fuit exauditus. Ipse autem secundum appetitum sensualitatis et secundum voluntatem, inquantum est quidam appetitus naturalis, refugiebat mortem. Et quantum ad hoc orabat, ut ostenderet se verum hominem. Sed voluntate consequente rationem deliberatam, volebat mori. Unde dicit, Lc. XXII, 42: verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Item nolebat, quod ignosceretur omnibus, sed illis tantum, qui crediderunt. Et multi postea conversi sunt.

 

Lectio 2

Super Heb., cap. 5 l. 2 Supra posuit tria, quae pertinent ad pontificem, et ostendit duo illorum convenire Christo, scilicet officium, et modum perveniendi ad ipsum, hic prosequitur tertium, scilicet pietatem et misericordiam, quam pontifex debet habere. Et circa hoc duo facit. Primo ostendit illud quod passus est; secundo quae utilitas consecuta est etiam aliis, ibi et consummatus. Dicit ergo: ita dixi, quod pontifex debet esse talis, quod possit compati. Talis autem est Christus. Cum enim sit Filius Dei ab aeterno, et secundum hoc nec pati posset, nec compati, assumpsit naturam in qua posset pati, et sic etiam posset compati. Et hoc est quod dicit: quia cum esset Filius Dei, scilicet ab aeterno, didicit obedientiam ex tempore. Contra. Addiscere est ignorantis; Christus autem ab aeterno, ut Deus, et ab instanti conceptionis suae habuit plenitudinem scientiae, inquantum homo; ergo nihil ignoravit, nec per consequens didicit. Respondeo. Dicendum est, quod duplex est scientia: scilicet simplicis notitiae, et quantum ad istam procedit argumentum: quia scilicet nihil ignoravit. Est etiam scientia experientiae, et secundum istam didicit obedientiam. Unde dicit didicit ex iis quae passus est, id est, expertus est. Et loquitur apostolus sic: quia qui didicit aliquid, voluntarie accessit ad illud sciendum. Christus autem voluntarie accepit infirmitatem nostram. Et ideo dicit, quod didicit obedientiam, id est, quam grave sit obedire: quia ipse obedivit in gravissimis et difficillimis: quia usque ad mortem crucis, Ph. II, 8. Et hic ostendit, quam difficile sit bonum obedientiae. Quia qui non sunt experti obedientiam, et non didicerunt eam in rebus difficilibus, credunt quod obedire sit valde facile. Sed ad hoc quod scias quid sit obedientia, oportet quod discas obedire in rebus difficilibus, et qui non didicit obediendo subesse, numquam novit bene praecipiendo praeesse. Christus ergo licet ab aeterno sciret simplici notitia quid est obedientia, tamen didicit experimento obedientiam ex iis quae passus est, id est, difficilibus, scilicet per passiones et mortem. Rm. V, 19: per obedientiam unius iusti constituti sunt multi. Deinde cum dicit et consummatus, etc., ostendit fructum passionis, qui fuit duplex. Unus in Christo, alius in membris eius. In Christo fructus fuit glorificatio, et ideo dicit et consummatus. Nam ab instanti conceptionis suae fuit consummatus perfectus, quantum ad beatitudinem animae, inquantum ferebatur in Deum; sed tamen habuit passibilitatem naturae. Sed post passionem habuit impassibilitatem. Et ideo, quia secundum hoc ex toto perfectus est, convenit sibi alios perficere. Haec est enim natura perfecti, quod possit sibi simile generare. Et ideo dicit quod perfectus est. Quia enim per meritum obedientiae pervenit ad istam consummationem. Pr. XXI, 28: vir obediens loquitur victorias factus est omnibus obtemperantibus sibi causa salutis, non temporalis, sed aeternae. Is. XLV, 17: salvatus est Israel in Domino salute aeterna. Et ideo dicit appellatus a Deo pontifex iuxta ordinem Melchisedech, et hoc est supra expositum. Deinde cum dicit de quo nobis grandis sermo, etc., praeparat animos auditorum ad sequentia, quae dicenda sunt de pontificatu Christi. Et circa hoc duo facit. Primo enim ostendit eorum tarditatem; secundo suam intentionem, cum dicit, VI cap. quapropter intermittentes. Iterum prima in duas, quia primo ostendit tarditatem; secundo ostendit ipsam esse culpabilem, ibi etenim cum deberetis. Item circa primam partem duo facit: primo ostendit dicendorum magnitudinem; secundo ipsorum tarditatem ad ea capienda, ibi quoniam imbecilles. Dicit ergo: ita dixi, quod appellatus est pontifex, de quo, scilicet pontificatu, grandis nobis sermo est, quia de magnis. Pr. VIII, 6: de rebus magnis locutura sum. Item grandis, quia de utili, scilicet de salute animarum. I Tm. I, 15: fidelis sermo et omni acceptione dignus, quia Christus Iesus venit in hunc mundum peccatores salvos facere. Iste sermo est interpretabilis ad docendum, quod potest dupliciter exponi. Vel quod fiat ibi vis negationis: interpretabilis, id est, no-----n exponibilis, quia non potest ad perfectum exponi. Quae enim ad Christum pertinent nullus sermo exprimere potest. Eccli. XLIII, 32 s.: glorificantes Dominum quantumcumque potueritis, supervalebit adhuc et admirabilis magnificentia eius: benedicentes dominum, exaltate illum quantum potestis, maior est enim omni laude. Alio modo affirmative: interpretabilis, id est indigens interpretatione propter altitudinem et magnitudinem et profunditatem eius. Pr. I, 6: animadvertet parabolam et interpretationem, et cetera. Interpretatio enim Scripturae numeratur inter dona spiritus sancti, I Cor. XII, 10. Indiget etiam, ut dicatur interpretatio eius propter tarditatem nostram. Et ideo subdit ipsam tarditatem, cum dicit quoniam imbecilles facti estis ad audiendum. Illi qui sunt debilis intellectus non possunt alta intelligere, nisi eis exponantur per singula. Jn. XVI, 12: adhuc multa habeo vobis dicere, sed non potestis portare modo. I Cor. III, 1: non potui vobis loqui quasi spiritualibus, et cetera. Deinde cum dicit etenim cum deberetis, ostendit istam tarditatem esse culpabilem. Et circa hoc tria facit: primo enim ostendit culpam tarditatis; secundo adhibet similitudinem, ibi et facti estis; tertio exponit, ibi omnis enim qui lactis. Culpa enim alicuius est quando diu audivit, si adhuc sit tardus; secus autem est, si sit novus auditor. Negligentia enim non est sine culpa. Ideo dicit cum deberetis esse magistri, scilicet aliorum, propter tempus, quo scilicet audierant legem et prophetas. Jn. V, 39: scrutamini Scripturas, et cetera. Item ipsum Christum. Item apostolos et multos ab ipsis conversos. Jn. XIV, 9: tanto tempore, vobiscum sum, et non cognovistis me. Rursum indigetis, quasi dicat: magis deberetis docere, quam doceri, tamen indigetis ut vos doceamini quae sint elementa exordii sermonum Dei. Elementa enim dicuntur illa quae primo traduntur in grammatica, quando ponuntur ad litteras: ista vero sunt ipsae litterae. Exordia ergo sermonum Dei et prima principia et elementa, sunt articuli fidei et praecepta Decalogi. Qui ergo diu studuisset in theologia et illa nesciret, tempus curreret contra ipsum. Ideo dicit indigetis ut doceamini quae sint elementa exordii sermonum Dei, id est prima principia. II Tm. III, 7: semper discentes, et numquam ad scientiam veritatis pervenientes. Is. LXV, 20: puer centum annorum morietur, peccator centum annorum maledictus erit. Deinde cum dicit et facti estis, ponit ad hoc similitudinem. Sciendum est ergo, quod doctrina sacra est sicut cibus animae. Eccli. XV, 3: cibavit illum pane vitae et intellectus. Et XXIV, 29: qui edunt me, adhuc esurient: et qui bibunt me, adhuc sitient. Sacra ergo doctrina est cibus et potus, quia animam potat et satiat. Aliae enim scientiae tantum illuminant intellectum, haec autem illuminat animam. Ps. XVIII, 8: praeceptum Domini lucidum illuminans oculos. Et etiam nutrit et roborat animam. In cibo autem corporali est differentia. Alio enim cibo utuntur pueri, et alio perfecti. Pueri enim utuntur lacte, quasi magis tenui et connaturali, et de facili convertibili, sed adulti utuntur cibo solidiori. Sic in sacra Scriptura, illi qui de novo incipiunt, debent audire levia, quae sunt quasi lac; sed eruditi debent audire fortiora. Et ideo dicit facti estis quibus lacte opus sit, scilicet sicut pueri. I P. II, 2: sicut modo geniti infantes rationabile sine dolo lac concupiscite, et cetera. I Cor. III, 1 s.: tamquam parvulis in Christo lac vobis potum dedi, non escam, et hoc est, quod sequitur non solido cibo, id est alta doctrina, quae est de arcanis et secretis Dei, quae confirmant et confortant. Deinde cum dicit omnis enim qui lactis, exponit similitudinem, et primo exponit illud quod dixit de lacte; secundo illud quod dixit de solido cibo, ibi perfectorum autem. Circa primum duo facit; primo enim ponit expositionem; secundo expositionis rationem, ibi parvulus enim. Dicit ergo: ita dico, quod indigetis lacte sicut pueri, omnis enim qui lactis est particeps, expers est sermonis iustitiae, id est omnis, qui indiget nutriri lacte, expers est, id est non potest habere partem in sermonibus iustitiae perfecte intelligendis. Mt. V, 20: nisi abundaverit iustitia vestra plusquam Scribarum. Pr. XV, 5: in abundanti iustitia virtus maxima est. Huiusmodi autem non sunt participes pueri. Is. XXVIII, 9: quem docebit scientiam, aut quem intelligere faciet auditum? Ablactatos a lacte, avulsos ab uberibus. Sed contra: quia apostolus superius multa valde difficilia tradidit eis, scilicet de mysterio Trinitatis et de sacramento incarnationis, et multa alia ardua: ergo vel non erant parvuli, vel talia tradenda sunt parvulis. Respondeo. Dicendum est secundum Augustinum, quod non est intelligendum, quod in doctrina fidei alia sunt tradenda maioribus et perfectis, et alia imperfectis. Non enim est inter eos ista differentia. Eadem enim utrisque sunt tradenda, sed parvulis proponenda sunt, sed non exponenda, nec pertractanda: quia intellectus eorum magis deficeret, quam elevaretur. Lac secundum Glossam est, sicut: verbum caro factum est. Contra. Non minoris difficultatis est hoc intelligere, quam quomodo verbum erat apud Deum. Unde Augustinus dicit, quod istud invenitur in libris Platonis, non tamen illud. Ipse autem Augustinus non poterat suspicari quid sacramenti haberet: verbum caro factum est. Respondeo. Dicendum est quod cognoscere verbum caro factum est, per simplicem fidem est satis facile, quia potest cadere in imaginationem et aliqualiter in sensum, sed verbum apud Deum, omnino excedit omnem sensum, et non nisi per rationem potest et cum multa et maxima difficultate comprehendi. Consequenter assignat rationem, cum dicit parvulus enim est, non quidem aetate, sed sensu. Tripliciter autem aliquis dicitur parvulus. Est enim aliquis parvulus per humilitatem, Mt. XI, 25: revelasti ea parvulis, aetate, Ga. IV, 1: quanto tempore haeres parvulus est, etc., sensu, I Cor. XIV, 20: nolite pueri effici sensibus, sed malitia parvuli estote, sensibus autem perfecti sitis. Et isto modo accipitur hic parvulus. Deinde cum dicit perfectorum autem est solidus cibus, exponit illud quod dixerat de cibo solido. Hoc enim patet in corporalibus, quod quando homo pervenit ad aetatem perfectam, utitur fortiori et nobiliori et solidiori cibo. Sic spiritualis, quando pervenit ad perfectionem spiritualem, debet ei proponi doctrina solidior. Ista autem perfectio duplex est: una est perfectio secundum intellectum, quando aliquis habet iudicium intellectus ad recte discernendum et iudicandum de his quae sibi proponuntur. Alia est perfectio secundum affectum, quam facit charitas, quae est cum aliquis totaliter Deo inhaeret. Unde Matth. c. V, 48, post praecepta charitatis dicitur estote ergo perfecti, et cetera. Est autem perfectio charitatis, ut dicit Augustinus, ubi nulla est cupiditas. Quando enim quis magis ascendit in Deum, tanto plus contemnit temporalia. Ps. LXXII, 24: quid enim mihi est in caelo, et cetera. Hoc enim habet sacrae Scripturae doctrina, quod in ipsa non tantum traduntur speculanda, sicut in geometria, sed etiam approbanda per affectum. Unde Mt. V, 19: qui autem fecerit et docuerit, et cetera. In aliis ergo scientiis sufficit quod homo sit perfectus secundum intellectum, in istis vero requiritur quod sit perfectus secundum intellectum et affectum. Loquenda sunt igitur alta mysteria perfectis. I Cor. II, 6: sapientiam loquimur inter perfectos. Unusquisque enim secundum quod est dispositus, sic iudicat; sicut iratus aliter iudicat durante passione, et aliter ipsa cessante. Et similiter incontinens aliter iudicat aliquid esse bonum tempore passionis, aliter post. Et ideo dicit philosophus, quod unusquisque qualis est, talis sibi finis videtur. Et quia quae in sacra Scriptura traduntur, pertinent ad affectum, et non tantum ad intellectum, ideo oportet esse perfectum in utroque. Et ideo apostolus volens ostendere qui sint perfecti, quibus sit tradendus iste solidus cibus, dicit quod sunt illi, qui pro sua consuetudine habent sensus exercitatos. Unde in ista perfectione quatuor sunt attendenda, scilicet ipsa perfectio in se in quo consistat, et quantum ad hoc dicit qui habent sensus exercitatos. Et convenienter loquitur. In hoc enim exprimit utramque perfectionem, quia (ut dicit philosophus) intellectus prout iudicat de appetendis et agendis dicitur sensus, quia est relatus ad aliquid particulare: unde non accipitur hic sensus pro sensu exteriori. Qui ergo sentit quae Dei sunt, perfectus est. Ph. III, 15: quicumque perfecti sumus, hoc sentiamus. I Cor. II, 16: nos autem sensum Christi habemus. Qui vero non sentiunt nisi carnalia, Deo placere non possunt, ut patet Rm. VIII, 8. Secundo attendenda est dispositio eius in quo est, quia debet esse exercitatus. I Tm. IV, 7: exerce teipsum ad pietatem. Qui enim non est exercitatus, non potest habere rectum iudicium, quod ad hoc requiritur. Eccli. XXXIV, 9: vir in multis expertus cogitabit multa. Item qui non est expertus, pauca recognoscit. Tertio causa huius exercitationis est consuetudo, non scilicet otium, sed frequentia actus. Et ideo dicit pro consuetudine, scilicet recte agendi. Pr. XXII, 6: adolescens iuxta viam suam, etiam cum senuerit, non recedet ab ea. Si ergo vis esse perfectus, non des te otio, sed assuesce te bonis a iuventute. Quarto finis huius exercitii, quia scilicet ad discretionem boni et mali. Tunc enim perfectus est, quando discernit inter bonum et malum. Is. VII, 15: sciat eligere bonum, et reprobare malum. Haec autem sunt tria, scilicet: discretio inter bonum et malum, inter bonum et melius, inter malum et peius. Multa enim sunt, quae videntur bona, et tamen sunt mala. Pr. XIV, 12: est via quae videtur homini recta, novissima vero eius deducunt ad Inferos. In his ergo requiritur rectitudo iudicii.


 

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XXII ème Dimanche après la Pentecôte

20 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

XXII ème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Si vous demandez un compte rigoureux des iniquités, Seigneur ; Seigneur, qui pourra soutenir votre jugement ? Mais vous aimez à pardonner, ô Dieu d’Israël. Des profondeurs de ma misère, j’ai crié vers vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix.

Collecte

O Dieu, notre refuge et notre force, écoutez favorablement les pieuses supplications de votre Église, vous l’auteur même de toute pitié, et faites que nous obtenions sûrement ce que nous demandons avec foi.

Épitre Ph, 1, 6-1

Mes frères, j’ai confiance que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu’au jour du Christ Jésus. Et il est juste que j’aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous ai dans mon cœur, vous qui,soit dans mes liens, soit dans la défense et l’affermissement de l’évangile, participez tous à ma joie. Car Dieu m’est témoin combien je vous chéris tous dans les entrailles de Jésus-Christ. Et ce que je demande, c’est que votre charité abonde de plus en plus en connaissance et en toute intelligence, pour apprécier ce qui est meilleur, afin que vous soyez purs et irrépréhensibles pour le jour du Christ, étant remplis du fruit de justice par Jésus-Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

Évangile Mt. 22, 15-21

En ce temps-là, les pharisiens, s’étant retirés, tinrent conseil sur le moyen de surprendre Jésus dans ses paroles. Et ils lui envoyèrent leurs disciples avec les hérodiens, qui lui dirent : Maître, nous savons que vous êtes véridique, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans vous inquiéter de personne, car vous ne regardez pas la condition des hommes. Dites-nous ce qu’il vous en semble : Est-il permis de payer le tribut à César ou non ? Mais Jésus, connaissant leur malice, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Offertoire

Souvenez vous de moi, Seigneur, vous qui dominez toute puissance terrestre, et mettez sur mes lèvres un langage plein de droiture, en sorte que mes paroles, prononcées en présence de celui qui est le principe de toutes choses lui soient agréables.

Secrète

Faites, ô Dieu de miséricorde, que cette oblation salutaire nous délivre sans cesse de nos propres fautes et nous protège contre toute adversité.

 

Postcommunion

Nous avons reçu, Seigneur, les dons propres à ces saints mystères en vous demandant humblement de faire servir de secours à notre faiblesse le sacrifice que vous nous avez prescrit d’offrir en mémoire de vous.

Office

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Hilaire, évêque.

Septième leçon. Souvent les pharisiens s’agitent et ne peuvent tirer des faits passés l’occasion d’incriminer Jésus. Car aucun défaut ne pouvait se glisser ni dans ses actes ni dans ses paroles. Mais dans leur malice, ils s’efforcent de découvrir la moindre faille pour l’accuser. Or Jésus appelait tout le monde à passer des vices du siècle et des superstitions religieuses humaines à l’espérance du Royaume des Cieux. Les pharisiens, par conséquent, tendent un piège subtil dans la façon de formuler leur question : ou bien violer le pouvoir séculier, ou bien admettre évidemment l’obligation de payer le tribut à César.

Huitième leçon. Connaissant le secret de leurs pensées, (car Dieu observe ce qui est caché au plus intime des hommes) Jésus se fait apporter un denier, et il s’informe de qui sont l’inscription et l’effigie. Les pharisiens répondent : « De César. » Il leur dit : « A César il faut rendre ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Réponse vraiment admirable, et solution parfaite que cette parole céleste ! Le Seigneur équilibre si bien tout entre le mépris du siècle et l’injure blessante pour César, qu’il décharge les âmes consacrées à Dieu de tous les soucis et embarras humains en décrétant qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient. Car s’il ne reste rien de lui chez nous nous ne serons pas obligés de lui rendre ce qui lui appartient.

Neuvième leçon. Si au contraire, nous couvons son bien, si nous recourons à son pouvoir, nous nous astreignons aussi comme des mercenaires, à gérer un patrimoine étranger, et il n’y a point à se plaindre d’injustice : il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui lui revient : notre corps, notre âme, notre volonté. C’est de lui en effet que nous les tenons au départ et dans leur accroissement ; il est donc juste qu’ils retournent entièrement à celui dont ils reconnaissent tirer tout ensemble l’origine et le progrès.

ÉPÎTRE.

Saint Paul, au nom de l’Église, attire de nouveau notre attention sur l’approche de la fin. Mais ce dernier des jours, qu’il nommait Dimanche le jour mauvais, est appelé aujourd’hui par deux fois, dans le court passage de l’Épître aux Philippiens qu’on vient d’entendre, le jour du Christ Jésus. La lettre aux Philippiens est toute à la confiance, l’allégresse y déborde ; et cependant elle nous montre la persécution sévissant sur l’Église, et l’ennemi mettant à profit la tempête pour exciter les passions mauvaises au sein même du troupeau du Christ. L’Apôtre est enchaîné ; la jalousie et la trahison des faux frères ajoutent à ses maux.

Mais la joie domine sur la souffrance en son cœur, parce qu’il est arrivé à cette plénitude de l’amour où la douleur alimente mieux que toutes délices la divine charité. Pour lui, Jésus-Christ est sa vie, et la mort est un gain : entre la mort qui répondrait au plus intime désir de son cœur en le rendant au Christ, et la vie qui multiplie ses mérites et le fruit de ses œuvres, il ne sait que choisir. Que peuvent, en effet, sur lui les considérations personnelles ? Sa joie présente, sa joie future, est que le Christ soit connu et glorifié, peu lui importe en quelle manière. Son attente ne sera point confondue, puisque la vie et la mort n’aboutiront qu’à glorifier le Christ en sa chair.

De là, dans l’âme de Paul, cette indifférence sublime qui est le sommet de la vie chrétienne, et n’a rien de commun, on le voit, avec l’engourdissement fatal où les faux mystiques prétendirent, au XVIIe siècle, enfermer l’amour. Quelle tendresse prodigue à ses frères le converti de Damas, à cette hauteur où il est parvenu dans le chemin de la perfection ! Dieu m’est témoin, dit-il, combien je vous aime et désire tous dans les entrailles de Jésus-Christ ! L’aspiration qui le remplit et l’absorbe], est que le Dieu qui a commencé en eux l’œuvre bonne par excellence, cette œuvre de la perfection du chrétien arrivée à sa consommation dans l’Apôtre, la poursuive et l’achève en tous pour le jour où le Christ apparaîtra dans sa gloire. Il prie pour que la charité, cette robe nuptiale des bénis du Père qu’il a fiancés à l’unique Époux, les entoure d’un éclat non pareil au grand jour des noces éternelles.

Or le moyen que la charité se développe en eux sûrement, c’est qu’elle y grandisse dans l’intelligence et la science du salut, c’est-à-dire dans la foi. C’est la foi, en effet, qui forme la base de toute justice surnaturelle. Une foi diminuée ne peut, dès lors, porter qu’une charité restreinte. Combien donc ils se trompent, ces hommes pour qui le souci de la vérité révélée ne va pas de pair avec celui de l’amour ! Leur christianisme se résume à ne croire que le moins possible, à prêcher l’inopportunité de nouvelles définitions, à rétrécir savamment et sans fin l’horizon surnaturel par égard pour l’erreur. La charité, disent-ils, est la reine des vertus ; elle leur inspire de ménager même le mensonge ; reconnaître à l’erreur les mêmes droits qu’à la vérité, est pour eux le dernier mot de la civilisation chrétienne établie sur l’amour. Et ils perdent de vue que le premier objet de la charité étant Dieu, qui est la vérité substantielle, n’a pas de pire ennemi que le mensonge ; et ils oublient qu’on ne fait point acte d’amour, en plaçant sur le même pied l’objet aimé et son ennemi mortel.

Ce n’est point ainsi que l’entendaient les Apôtres : pour faire germer la charité dans le monde, ils y semaient la vérité. Tout rayon nouveau dans l’âme de leurs disciples profitait à l’amour ; et ces disciples, devenus lumière eux-mêmes au saint baptême, n’avaient rien tant à cœur que de ne pactiser point avec les ténèbres. Renier la vérité était, dans ces temps, le plus grand des crimes ; s’exposer par mégarde à diminuer quoi que ce fût de ses droits, était la souveraine imprudence.

Le christianisme avait trouvé l’erreur maîtresse du monde ; devant la nuit qui retenait la race humaine immobilisée dans la mort, il ne connut point d’autre procédé de salut que de faire briller la lumière ; il n’eut point d’autre politique que de proclamer la puissance de la seule vérité pour sauver l’homme, et d’affirmer ses droits exclusifs à régner sur le monde. Ce fut le triomphe de l’Évangile, après trois siècles de lutte acharnée et violente du côté des ténèbres, qui se prétendaient souveraines et voulaient rester telles, de lutte sereine et radieuse du côté des chrétiens, dont le sang versé ne faisait qu’augmenter l’allégresse en affermissant sur la terre le règne simultané de l’amour et de la vérité.

Aujourd’hui que par la connivence des baptisés l’erreur reprend ses prétendus droits, la charité d’un grand nombre a diminué du même coup ; la nuit s’étend de nouveau sur un monde agonisant et glacé. La ligne de conduite des fils de lumière reste la même qu’aux premiers jours. Sans terreur et sans trouble, fiers de souffrir pour Jésus-Christ, comme leurs devanciers et comme les Apôtres ils gardent chèrement la parole de vie ; car ils savent que, tant qu’il restera pour le monde une lueur d’espérance, elle sera dans la vérité. Ne se préoccupant que de marcher d’une manière digne de l’Évangile, ils poursuivent, dans la simplicité des enfants de Dieu, leur carrière au milieu d’une génération mauvaise et perverse, comme font les astres au firmament dans la nuit. « Les astres brillent dans la nuit, dit saint Jean Chrysostome, ils éclatent dans les ténèbres ; bien loin de perdre à l’obscurité qui les entoure, ils en apparaissent plus brillants : ainsi en sera-t-il de toi-même, si tu demeures juste au milieu des pervers ; ta lumière en ressortira davantage]. » — « Comme les étoiles, dit de même saint Augustin, poursuivent leur course dans les sentiers tracés par Dieu, sans se lasser de projeter leur lumière au sein des ténèbres, sans se troubler des maux qui arrivent sur la terre : ainsi doivent faire les saints, dont la conversation est vraiment au ciel, ne se préoccupant pas plus que les astres eux-mêmes de ce qui se dit ou se fait contre eux  »

 

ÉVANGILE.

Il faut bien que la diminution des vérités doive être le danger tout spécial des derniers temps, puisque l’Église, en ces semaines qui ont pour objet de représenter les derniers jours du monde, nous ramène saris cesse à la prudence de l’entendement comme à la grande vertu qui doit alors garder ses fils. Dimanche, elle leur remettait comme arme défensive le bouclier de la foi, comme arme offensive la parole de Dieu ; huit jours plus tôt, c’était la circonspection de l’intelligence qui leur était recommandée, pour conserver, dans les jours mauvais, leur sainteté fondée sur la vérité leur richesse consistant dans la science. Aujourd’hui, dans l’Épître, c’était encore l’intelligence et la science qui leur étaient proposées, comme pouvant seules accroître leur amour et parfaire l’œuvre de leur sanctification pour le jour du Christ. L’Évangile vient conclure opportunément ces leçons de l’Apôtre parle récit d’un fait tiré de l’histoire du Sauveur, et leur donner l’autorité qu’apporte avec soi tout exemple emprunté à la vie du divin modèle de l’Église. Jésus-Christ, en effet, s’y montre à nous comme l’exemple des siens dans les embûches tendues à leur bonne foi par les complots des méchants.

C’était le dernier jour des enseignements publics de l’Homme-Dieu, presque à la veille de sa sortie de ce monde. Ses ennemis, tant de fois déjoués dans leurs ruses, essayèrent un suprême effort. Les Pharisiens, qui ne reconnaissaient point la domination de César et son droit au tribut, s’unirent à leurs adversaires, les partisans d’Hérode et de Rome, pour poser à Jésus la question insidieuse : Est-il permis ou non de payer le tribut à César ? Si la réponse du Sauveur était négative, il encourait la colère du prince ; s’il se prononçait pour l’affirmative, il perdait tout crédit dans l’esprit du peuple. Avec sa divine prudence, Jésus déconcerta leurs menées. Les deux partis, si étrangement alliés par la passion, se refusèrent à comprendre l’oracle qui pouvait les unir dans la vérité, et retournèrent bientôt sans doute à leurs querelles. Mais la coalition formée contre le juste était rompue ; l’effort de l’erreur, comme toujours, avait tourné contre elle ; et la parole qu’elle avait suscitée, passant des lèvres de l’Époux à celles de l’Épouse, ne devait plus cesser de retentir en ce monde, où elle forme la base du droit social au sein des nations.

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, redisaient les Apôtres ; et s’ils proclamaient bien haut qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ils ajoutaient : « Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures ; car il n’y a point de puissance qui ne procède de Dieu, et celles qui existent, c’est Dieu qui les a établies. Celui donc qui résiste à la puissance, résiste à l’ordre établi de Dieu, et s’attire la damnation. Demeurez donc soumis, parce qu’il est nécessaire, soumis non seulement par le sentiment de la crainte, mais aussi parle devoir de la conscience. C’est pour la même raison que vous payez des tributs aux princes, parce qu’ils sont les ministres de Dieu. »

La volonté de Dieu, telle est donc la source comme la vraie grandeur de toute autorité parmi les hommes. L’homme, par lui-même, n’a aucun droit de commander à son semblable. Le nombre ne change rien à cette impuissance des hommes sur ma conscience, puisque, nombreux ou non, je suis l’égal de chacun d’eux par nature, et qu’additionner les droits sur moi de chacun, c’est additionner le néant. Mais Dieu, voulant que les hommes vécussent en société, a voulu par là même qu’il y eût à leur tête un pouvoir chargé de ramener les volontés multiples à l’unité du but social. Il laisse aux événements conduits par sa providence, aux hommes eux-mêmes à l’origine des sociétés, une grande latitude pour déterminer la forme sous laquelle devra s’exercer le pouvoir civil et son mode de transmission. Mais, une fois régulièrement investis, les dépositaires souverains du pouvoir ne relèvent que de Dieu dans la sphère de leurs attributions légitimes, parce que c’est de lui seul que leur vient la puissance, non de leurs peuples qui, n’ayant point cette puissance en eux-mêmes, ne pourraient la donner. Tant qu’ils observent les conditions du pacte social, ou ne tournent pas à la ruine de la société le pouvoir reçu pour son bien, leur droit à l’obéissance est celui de Dieu même : soit qu’ils prélèvent les tributs nécessaires à leur gouvernement ; soit que les lois portées par eux viennent restreindre, dans le commerce ordinaire de la vie, la liberté laissée par le droit naturel, ou que leurs ordres envoient le soldat à une mort certaine pour la défense de la patrie. Dans tous ces cas, c’est Dieu même qui commande par eux et veut être obéi : dès ce monde, il met le glaive en leurs mains pour la punition des rebelles ; il châtiera lui-même dans l’autre éternellement ceux qui ne se seront pas amendés.

Combien grande n’est donc pas cette dignité de la loi humaine, qui fait du législateur le vicaire même de Dieu, en même temps qu’elle épargne au sujet l’humiliation de l’abaissement devant un autre homme ! Mais, pour que la loi oblige et soit vraiment loi, il est clair qu’elle doit avant tout se conformer aux prescriptions et aux défenses de l’Être souverain dont la volonté seule peut lui donner son caractère auguste, en la faisant entrer dans le domaine de la conscience. C’est pour cela qu’il ne peut y avoir de loi contre Dieu, contre son Christ ou son Église. Dès lors que Dieu n’est plus avec l’homme qui commande, la puissance de celui-ci n’est que force brutale. Le prince ou l’assemblée qui prétend réglementer les mœurs d’un pays à l’encontre de Dieu, n’a donc droit qu’à la révolte et au mépris de tous les gens de cœur ; donner le nom sacré de loi à ces tyranniques élucubrations, est une profanation indigne d’un chrétien comme de tout homme libre.

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