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Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face vierge et docteur de l’Eglise

3 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face vierge et docteur de l’Eglise

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Seigneur qui avez dit : Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux, donnez-nous, nous vous en supplions, de suivre les traces de votre sainte Vierge Thérèse dans la voie de l’humilité et de la simplicité du cœur, en sorte que nous méritions de partager sa récompense éternelle. Vous qui vivez.

Lecture Is. 66, 12-14

Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l’on porte sur son bras, que l’on caresse sur ses genoux. De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l’herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.

Évangile Mt. 18, 1-4

En ce temps-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. »

Office

Quatrième leçon. Thérèse de l’Enfant Jésus naquit à Alençon, en France, de parents honorables, et remarquables par leur singulière et fervente piété envers Dieu. Aussi aspirait-elle dès sa plus tendre enfance à la vie religieuse. Elle fit dès lors sérieusement la promesse de ne rien refuser à Dieu de ce qu’il lui paraîtrait désirer d’elle, promesse à laquelle elle s’efforça d’être fidèle jusqu’à la mort. Ayant perdu sa mère au cours de sa cinquième année, elle s’abandonna totalement à la Providence de Dieu, sous la garde vigilante d’un père très aimant, et de ses sœurs aînées. A leur école, Thérèse s’élança comme un géant, pour courir dans la voie de la perfection. A l’âge de neuf ans elle fut confiée, pour son éducation, aux religieuses de l’ordre de Saint Benoît, à Lisieux, et se fit remarquer là par son intelligence supérieure des choses surnaturelles. A dix ans, une grave et mystérieuse maladie la fit longtemps souffrir. Elle en fut miraculeusement délivrée, comme elle le raconte elle-même, par le secours de la Bienheureuse Vierge qui lui apparut souriante, au cours d’une neuvaine où elle était invoquée sous son titre de Notre-Dame des Victoires. Pleine alors d’une angélique ferveur, elle se prépara avec le plus grand soin au banquet sacré, où le Christ se fait notre aliment.

Cinquième leçon. Sitôt qu’elle eut reçu pour la première fois le Pain Eucharistique, elle manifesta une faim insatiable de cette céleste nourriture. Comme inspirée, elle demandait à Jésus de changer pour elle, en amertume toutes les consolations du monde. Dès lors, toute brûlante d’amour pour le Christ notre Seigneur e pour l’Église, elle n’eut bien tôt de plus grand désir que d’entrer dans l’Ordre des Carmélites déchaussées, afin de pouvoir par son immolation et ses sacrifices, « aider les prêtres, les missionnaires toute l’Église », et de gagner des âmes sans nombre à Jésus-Christ, comme plus tard près de mourir, elle promit de continuer à le faire auprès de Dieu. Elle éprouva de grandes difficultés à embrasser la vie religieuse à cause de sa jeunesse, mais elle le : surmonta avec une force d’âme incroyable, et, à l’âge de quinze ans, entra avec bonheur au Carmel de Lisieux. Là, Dieu opéra d’admirables ascensions dans le cœur de Thérèse, qui, imitant la vie cachée de la Vierge Marie, produisit comme un jardin fertile, les fleurs de toutes les vertus, mais surtout celle d’une éminente charité pour Dieu et pour le prochain.

Sixième leçon. Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires.

 

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face vierge et docteur de l’Eglise

1. Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…

2. Oh ! je t’aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd’hui !

3. Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !…
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd’hui.

4. Si je songe à demain, je crains mon inconstance
Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd’hui.

5. Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle
O Pilote Divin ! dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui.

6. Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd’hui.

7. Près de ton Cœur divin, j’oublie tout ce qui passe
Je ne redoute plus les craintes de la nuit
Ah ! donne-moi, Jésus, dans ce Cœur une place
Rien que pour aujourd’hui

8. Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie
O Mystère sacré ! que l’Amour a produit….
Viens habiter mon cœur, Jésus, ma blanche Hostie
Rien que pour aujourd’hui.

9. Daigne m’unir à toi, Vigne Sainte et sacrée
Et mon faible rameau te donnera son fruit
Et je pourrai t’offrir une grappe dorée
Seigneur, dès aujourd’hui.

10. Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes
Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit
Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes
Rien que pour aujourd’hui.

11. O Vierge Immaculée ! C’est toi ma Douce Etoile
Qui me donnes Jésus et qui m’unis à Lui
O Mère ! laisse-moi reposer sous ton voile
Rien que pour aujourd’hui.

12. Mon Saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile
Eclaire de tes feux la route que je suis
Viens diriger mes pas… aide-moi, je t’appelle
Rien que pour aujourd’hui.

13.Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage,
Mais encore exilée, loin de toi, je languis
Qu’il ne me soit caché, ton aimable visage
Rien que pour aujourd’hui.

14. Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Eternel Aujourd’hui !…

(1er juin 1894.)

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Saints Anges gardiens

2 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

 Saints Anges gardiens

Collecte

O Dieu, qui, en votre providence ineffable, daignez envoyer vos saints Anges pour nous garder, accordez à ceux qui vous en supplient, d’être sans cesse sous leur défense et leur protection, et de jouir éternellement de leur société.

Office

AU PREMIER NOCTURNE.

Du livre de l’Exode.

Première leçon. Voilà que moi, j’enverrai mon Ange, afin qu’il te précède et te garde dans le chemin, et qu’il t’introduise dans le lieu que j’ai préparé. Respecte-le, écoute sa voix, et ne pense pas qu’il soit à mépriser car il ne te renverra point comme exempt de faute lorsque tu auras péché, et mon nom est en lui. Que si tu écoutes sa voix, et que tu fasses tout ce que je te dis, je serai un ennemi pour ton ennemi, j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
 

Du Prophète Zacharie.

Deuxième leçon. La parole du Seigneur fut adressée à Zacharie, le Prophète, fils de Barachie, fils d’Addo, disant : Je vis pendant la nuit, et voilà un homme monté sur un cheval roux, et il se tenait parmi les myrtes qui étaient dans un lieu profond ; et après lui des chevaux roux mouchetés de blanc. Et je dis : Qui sont ceux-ci, ô mon Seigneur ? Et l’Ange qui parlait en moi, me répondit : Moi, je t’indiquerai ce que ceci signifie. Et l’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit : Ceux-ci sont ceux qu’a envoyés le Seigneur, afin qu’ils parcourent la terre. Et ils répondirent à l’Ange, du Seigneur, qui se tenait parmi les myrtes, et dirent : Nous avons parcouru la terre, et voilà que toute la terre est habitée, et est en repos.
Troisième leçon. Et je levai les yeux, et je vis : et voilà un homme, et dans sa main un cordeau d’arpenteur. Et je dis : Où vas-tu ? Et il me répondit : Mesurer Jérusalem, et voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur. Et voilà que l’Ange qui parlait en moi sortit, et un autre Ange sortait à sa rencontre. Et il lui dit : Cours, parle à ce jeune homme, en disant : Jérusalem sera habitée sans mur, à cause de la multitude des hommes et des troupeaux au milieu d’elle. Et moi je lui serai, dit le Seigneur, un mur de feu tout autour, et je serai dans la gloire au milieu d’elle.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. « Il a commandé à ses Anges à ton sujet. » Bonté insigne ! Tendresse de charité vraiment admirable ! Par qui ce commandement a-t-il été fait ? A qui, et pour qui ? Et quel est-il ? Appliquons-nous, mes frères, à méditer cet ordre si important, ayons soin de ne pas l’oublier. Qui a commandé ? à qui les Anges appartiennent-ils ? à qui obéissent-ils ? de qui exécutent-ils la volonté ? « Il a commandé à ses Anges à ton sujet, de te garder dans toutes tes voies. » Et ils ne diffèrent pas, ils vous portent même entre leurs mains. C’est donc la souveraine majesté qui commande aux Anges, et à ses Anges, à ces esprits sublimes, aussi heureux que proches de Dieu, unis à lui et ses vrais familiers. Il les charge de nous. Qui sommes-nous : « Seigneur, qu’est-ce que l’homme pour que vous vous souveniez de lui, ou le fils de l’homme pour que vous en teniez compte ? » Comme si « l’homme n’était pas pourriture, et le fils de l’homme, un ver. » Mais quel commandement pensez-vous qu’il ait donné pour vous ? Celui de vous garder.
Cinquième leçon. Combien cette parole doit-elle vous imprimer de respect, vous inspirer de dévotion, vous communiquer de confiance : de respect, à cause de leur présence ; de dévotion, à cause de leur bonté ; de confiance, à cause de leur protection ! Marchez avec circonspection, puisque les Anges d’après l’ordre qu’ils ont reçu, vous accompagnent dans toutes vos voies. En quelque logis, en quelque endroit retiré que vous soyez, portez respect à votre Ange. Oseriez-vous devant lui ce que vous n’oseriez pas devant moi ? ou doutez-vous de sa présence, parce que vous ne le voyez pas ? Que feriez-vous si vous l’entendiez, si vous le touchiez, si vous le sentiez ? Remarquez que ce n’est pas seulement au moyen de la vue qu’on est assuré de la présence des choses.
Sixième leçon. Ainsi donc, mes frères, aimons-les en Dieu d’une tendre affection, ces Anges de Dieu avec qui nous devons être un jour héritiers de son royaume, et que notre Père céleste a placés auprès de nous pendant cette vie, en qualité de guides et de protecteurs. Que craindrions-nous avec de tels gardiens ? Ils ne peuvent être ni vaincus ni trompés par nos ennemis, et ils peuvent encore moins nous tromper, eux qui nous gardent dans toutes nos voies. Ils sont fidèles, ils sont prudents, ils sont puissants, que redoutons-nous ? Suivons-les seulement ; attachons-nous à eux, et demeurons ainsi sous la protection du Dieu du ciel. Toutes les fois que vous vous sentez pressés par une violente tentation et que vous êtes menacés d’une grande épreuve, invoquez celui qui est votre gardien, votre guide, votre « aide au temps du besoin, dans la tribulation. » Criez vers lui et dites : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. »
 

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Hilaire, Évêque.

Septième leçon. Le Seigneur nous enseigne que nous ne pouvons entrer au royaume des cieux si nous ne reprenons la nature des enfants, c’est-à-dire si nous ne détruisons en nous, par la simplicité de l’enfance, les vices qui s’attachent à nos corps et à nos âmes. Sous le nom d’enfants, il nous fait entendre tous ceux qui croient en lui par la foi à sa parole. Les enfants, en effet, obéissent à leur père, aiment leur mère, ne savent désirer le mal du prochain, ne se soucient point des richesses ; ils ne s’enflent point d’orgueil, ils ne haïssent point, ils ne mentent point, ils croient aux paroles qui leur sont dites, et ce qu’ils entendent, ils le tiennent pour véritable. Revenons donc à la simplicité des enfants, et dans cet état, portons en nous l’image de l’humilité du Seigneur.
Huitième leçon. « Malheur à ce monde à cause des scandales. » L’humilité de la passion est un scandale pour le monde. L’ignorance humaine, est en effet, surtout arrêtée en cela qu’elle n’a pas voulu reconnaître le Seigneur d’éternelle gloire, sous les ignominies de la croix. Et qu’y a-t-il de plus périlleux pour le monde, que de n’avoir pas reçu le Christ ? Il dit être vraiment nécessaire qu’il survienne des scandales, parce que, pour la réalisation du mystère qui allait nous rendre la vie éternelle, l’humiliation de la passion devait être complète en lui.
Neuvième leçon. « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits qui croient en moi. » Il impose, à ceux-là surtout qui vraiment ont cru au Seigneur, les liens très étroits de l’amour mutuel. Les Anges des petits enfants voient Dieu tous les jours ; « car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. » Ainsi le Fils de l’homme sauve ; les Anges voient Dieu ; les Anges des petits président aux prières des fidèles. Que les Anges président ainsi, c’est une doctrine absolument certaine. Les Anges offrent donc tous les jours à Dieu les prières des enfants que le Christ a sauvés, et il y a grand péril à mépriser celui dont les désirs et les demandes sont portés avec tant d’honneur jusqu’au trône du Dieu éternel et invisible, par le ministère des Anges qui forment sa cour.

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Saint Remi évêque de Reims (+ 530)

1 Octobre 2024 , Rédigé par Ludovicus

 Saint Remi évêque de Reims (+ 530)

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O Dieu, qui par les enseignements du bienheureux Rémi, avez détourné la nation franque des vaines idoles pour lui faire embrasser le seul vrai culte, le vôtre, faites, nous vous en prions, que nous qui nous glorifions du nom de chrétiens, nous fassions passer dignement dans nos œuvres notre foi.

 

Au propre de France, Rémi est fêté le 15 janvier (dies natalis).


Au propre du diocèse de Reims, il est fêté le 1er octobre, jour de la "translation" des reliques pour y être vénéré par les rémois à l'emplacement où s'élèvera l'actuelle basilique (attesté dès 585 - installation d'un monastère vers 750-760).


Issu d'une grande famille gallo-romaine de la région de Laon, il avait pour mère sainte Céline. A 22 ans, il est choisi comme évêque de Reims et son activité missionnaire s'étend jusqu'à la Belgique. Il fonde les diocèses de Thérouanne, Laon et Arras, crée tout un réseau d'assistance pour les pauvres et joue un rôle de médiateur auprès des Barbares. Quand le chef franc Clovis prend le pouvoir, saint Rémi lui envoie un message "Soulage tes concitoyens, secours les affligés, protège les veuves, nourris les orphelins." La reine sainte Clotilde, tout naturellement, se tournera vers saint Rémi et vers un autre évêque contemporain, saint Vaast, pour acheminer le roi vers la foi. Après le baptême de Reims, saint Rémi restera, jusqu'à sa mort, l'un des conseillers écoutés du roi et sera l'un des artisans, en Gaule, du retour à la vérité catholique des Burgondes après la bataille de Dijon et des Wisigoths à Vouillé, deux populations contaminées par l'arianisme.


Propre du diocèse de Reims
Au 13 janvier au martyrologe romain: À Reims, vers 530, la naissance au ciel de saint Remi, évêque, qui, après avoir lavé le roi Clovis dans la fontaine baptismale et l'avoir initié aux sacrements de la foi, il convertit au Christ le peuple des Francs. Il quitta cette vie, célèbre par sa sainteté après plus de soixante ans d'épiscopat. (En France, sa mémoire est célébrée le 15, jour de sa mise au tombeau.)

 

Martyrologe romain

Secourez les malheureux, protégez les veuves, nourrissez les orphelins... Que votre tribunal reste ouvert à tous et que personne n'en sorte triste ! Toutes les richesses de vos ancêtres, vous les emploierez à la libération des captifs et au rachat des esclaves. Admis en votre palais, que nul ne s'y sente étranger ! Plaisantez avec les jeunes, délibérez avec les vieillards !

Lettre de saint Rémi au roi Clovis - 482

 

Hymne des matines, avec sa traduction, dans divers bréviaires des XVIIIe et XIXe siècles, texte de Santolius Victorinus (Jean Santeul, 1689),

Divina, Præsul, prome volumina,
Æterna vitæ verba tenes, doce.
A Rege pendet, quem docebis,
Tota salus, pietasque Regni.

Grand prélat ! vous qui avez les paroles de la vie éternelle, faites connaître les divins oracles ; le salut de tout un royaume dépend de celui du roi que vous allez instruire.

Fractis, triumphans, dum redit hostibus,
Tuos docendus procidit ad pedes ;
Jam jamque voto christianus,
Depositis, Clodovæus, armis.

Clovis revient victorieux et triomphant de ses ennemis, et déjà chrétien par le désir de son cœur, il met bas les armes, et va se jeter à vos pieds pour recevoir vos instructions.

Ferox Sicamber, pone superbiam,
Submitte dulci colla Dei jugo ;
Et quæ cremasti nunc adora,
Quosque colis, pius, ure divos.

Quittez votre orgueil, fier Sicambre ; abaissez votre cou sous le doux joug de Jésus-Christ ; adorez ce que vous avez brûlé, et brûlez les dieux que vous avez adorés.

Ab ore pendens præsulis audiit
Intus loquentem jam docilis Deum.
Regale pectus tot sacrarum
Concutitur gravitate rerum.

Pendant que le roi écoute attentivement le sait prélat, il entend Dieu lui-même qui parle à son cœur, et qui le soumet, frappé d’une doctrine qui lui paraît toute sainte et toute céleste.

Tum Sceptra ponit, se quoque regiis
Christo induendus vestibus exuit.
Descendit in sanctos piandus,
Quos habitat Deus ipse fontes.

Aussitôt quittant son sceptre, il ôte son manteau royal pour se revêtir de Jésus-Christ, et se plonge dans les fonts sacrés, auxquels Dieu donne la vertu d’effacer les péchés.

Perfundit altum chrismate verticem,
Omnes in uno principe consecrat ;
Formare Christo mox futuros
Franciadas meditatur omnes.

Le pontife fait l’onction du saint chrême sur cette tête royale ; e sa personne il consacre tous ses successeurs, et il veut attacher à Jésus-Christ tous les Français présents et à venir.

Tu quas tot annos, alme senex, regis,
Adhuc benignus respice Gallias ;
Francique reges quos chresmati,
Mente pii tueantur aras.

Vénérable vieillard, qui avez été, pendant tant d’années, le pasteur des Gaules, regardez-les avec bonté, et obtenez de Dieu que nos rois, dont vous avez consacré le premier, se montrent toujours les défenseurs et le soutien de la religion.

Qui christiani nomine dicimur,
O Christe ! puris da quoque moribus,
Nos esse dici. Quid juvabit ?
Conveniant nisi facta dictis.

O Jésus ! faites qu’en portant le nom de chrétiens, nous en montrions la sainteté par la pureté de nos mœurs ; car à quoi nous servira ce nom, si nos actions n’y sont pas conformes ?

Laus summa Patri, summaque Filio,
Tibique compar gloria, Spiritus,
Tu qui potenti magna regum
Corda tenes, subigisque dextra. Amen.

Louange souveraine au Père et au Fils ; gloire égale à vous, Esprit Saint, qui tenez dans votre main puissante les cœurs des plus grands rois et les soumettez à votre volonté. Ainsi soit-il.

 
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Saint Jérôme confesseur et docteur

30 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saint Jérôme confesseur et docteur

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O Dieu, qui avez ménagé à votre Église pour expliquer les saintes Écritures, un éminent Docteur dans la personne du bienheureux Jérôme, votre Confesseur, faites nous vous en prions, que, secondés par ses mérites, nous puissions, votre grâce aidant, pratiquer ce qu’il a enseigné tout à la fois au moyen de la parole et de l’action.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Jérôme, fils d’Eusèbe, né à Strido en Dalmatie, sous le règne de Constance, reçut le baptême à Rome, pendant son adolescence, et y fut instruit des sciences libérales à l’école de Donat et d’autres savants très distingués. Poussé par le désir d’apprendre davantage, il parcourut la Gaule, où il entretient des relations avec quelques hommes pieux et versés dans les saintes Écritures, et transcrivit de sa main plusieurs livres sacrés. Bientôt après, Jérôme se dirigea vers la Grèce ; il y arriva déjà instruit de la philosophie et de la rhétorique, et ses talents ne firent que se développer dans un commerce intime avec les plus fameux théologiens. Mais il fut surtout le disciple assidu de Grégoire de Nazianze à Constantinople, et lui-même déclare qu’il doit à ce docteur sa science des saintes Lettres. Puis, il visita par dévotion le berceau de notre Seigneur Jésus-Christ, et parcourut toute la Palestine. Il affirme que ce pèlerinage, en le mettant en relation avec des Hébreux très érudits, lui profita beaucoup pour saisir le sens de l’Écriture sacrée.

Cinquième leçon. Il se retira ensuite dans une vaste solitude de la Syrie, et s’y livra pendant quatre années à l’étude des saints Livres et à la méditation de la béatitude céleste, se mortifiant par une abstinence perpétuelle, par les macérations de la chair, et versant des larmes abondantes. Paulin, Évêque d’Antioche, l’ayant ordonné Prêtre, Jérôme partit pour Rome, afin d’y conférer avec le Pape Damase, au sujet des controverses de certains Evêques avec Paulin et Épiphane, et aida le souverain Pontife dans la rédaction de ses lettres aux Églises. Mais comme le désir de regagner son ancienne solitude ne le quittait pas, il retourna en Palestine, et adopta un genre de vie tout céleste, dans le monastère fondé par Paule, dame romaine, à Bethléem, près de la crèche où naquit le Seigneur Jésus-Christ. Bien qu’éprouvé par diverses maladies et souffrances, il dominait les infirmités du corps, en se livrant à de pieux labeurs et en s’adonnant sans relâche à la lecture et à la composition de ses écrits.

Sixième leçon. De toutes les contrées de la terre, on recourait à lui comme à un oracle, pour l’explication des questions relatives aux divines Écritures. Le Pape Damase et saint Augustin le consultèrent souvent sur les passages les plus difficiles des Livres saints, parce qu’il était d’une doctrine suréminente et qu’il connaissait, non seulement le latin et le grec, mais aussi les langues hébraïque et chaldaïque, et qu’en outre, selon le témoignage du même saint Augustin, il avait lu les ouvrages de presque tous les écrivains. Il poursuivit les hérétiques dans des écrits pleins de vigueur et s’attira toujours la faveur des fervents orthodoxes. Il traduisit l’Ancien Testament de l’hébreu en latin, corrigea le Nouveau, sur l’ordre de Damase, d’après les manuscrits grecs, et en commenta une partie importante. De plus, il traduisit en latin un grand nombre d’ouvrages d’hommes instruits, et, par d’autres monuments de son génie, jeta la lumière sur certains points de la discipline chrétienne. Parvenu à un âge très avancé, illustre par sa sainteté et sa doctrine, il partit pour le ciel, sous le règne d’Honorius. Son corps, enseveli d’abord à Bethléem, fut ensuite transporté à Rome, dans la basilique de Sainte-Marie-de-la-Crèche.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Septième leçon. Les Apôtres et les docteurs sont appelés sel, parce que leur doctrine est le condiment de tout le genre humain. « Que si le sel perd sa vertu, avec quoi le salera-t-on ? » Si le docteur s’égare, par quel autre docteur sera-t-il redressé ? « Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. » La comparaison est tirée de l’agriculture. En effet, si le sel est nécessaire pour assaisonner les aliments et empêcher les viandes de se corrompre, il n’a point d’autre utilité. Du moins, nous lisons dans les écrits qu’il y eut des villes où la vengeance des vainqueurs fit répandre du sel, afin qu’il ne sortit plus du sol aucune végétation.

Huitième leçon. Que les docteurs et les Évêques se tiennent donc sur leurs gardes et qu’ils considèrent « que les puissants seront puissamment tourmentés, » que s’ils se perdent, il n’y a pas de remède, et que la chute des grands entraîne aux enfers. « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur un chandelier, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » C’est la hardiesse de la prédication qu’il enseigne : il veut que ses Apôtres, au lieu de se cacher par crainte, et de ressembler à une lampe sous le boisseau, se produisent avec une entière liberté et prêchent sur les toits ce qu’ils ont ouï dans le secret.

Neuvième leçon. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. » Soit qu’il ait accompli ce que d’autres avaient prophétisé de sa personne, soit que, faisant porter sa prédication sur les points laissés avant lui à l’état d’ébauche et d’imperfection, à cause de la faiblesse même des auditeurs, il les ait perfectionnés. C’est ainsi qu’il réprouve toute colère, qu’il supprime la peine du talion et condamne la concupiscence cachée au fond du cœur. « Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent. » Il nous est promis de nouveaux cieux et une terre nouvelle que fera le Seigneur Dieu. Si donc des choses nouvelles sont à créer, c’est que les anciennes doivent passer.

« Vital m’est inconnu, je ne veux point de Mélèce, et Paulin, je l’ignore ; celui-là est mien qui adhère à la chaire de Pierre. » Ainsi, vers l’an 376, des solitudes de Syrie troublées parles compétitions épiscopales qui d’Antioche agitaient tout l’Orient, un moine inconnu s’adressait au pontife Damase, implorant lumière pour son âme rachetée du sang du Seigneur. C’était Jérôme, originaire de Dalmatie.

Loin de Stridon, terre à demi barbare de sa naissance, dont il gardait l’âpreté comme la sève vigoureuse ; loin de Rome, où l’étude des belles-lettres et de la philosophie s’était montrée impuissante à le préserver des plus tristes chutes : la crainte des jugements de Dieu l’avait conduit au désert de Chalcis. Sous un ciel de feu, en la compagnie des fauves, il y devait, quatre années durant, mater son corps par d’effrayantes macérations ; remède plus efficace, plus méritante austérité pour son âme passionnée des beautés classiques, il entreprit d’y sacrifier ses goûts cicéroniens à l’étude de la langue primitive des saints Livres. Labeur autrement dur que de nos jours, en lesquels lexiques, grammaires, travaux de toute sorte, ont aplani les voies de la science. Que de fois, rebuté, Jérôme désespéra du succès ! Mais il avait éprouvé la vérité de cette sentence qu’il formulait plus tard : « Aimez la science des Écritures, et vous n’aimerez pas les vices de la chair. » Revenant donc à l’alphabet hébreu, il épelait sans fin ces syllabes sifflantes et haletantes dont l’héroïque conquête rappela toujours le prix qu’elles lui avaient coûté, par la rugosité imprimée depuis lors, disait-il, à sa prononciation du latin lui-même. Toute l’énergie de sa fougueuse nature était passée dans cette œuvre ; elle s’y consacra, s’y endigua pour la vie.

Dieu reconnut magnifiquement l’hommage ainsi rendu à sa divine parole : du simple assainissement moral que Jérôme en avait espéré, il était parvenu à la sainteté supérieure que nous honorons aujourd’hui en lui ; de ces luttes du désert, en apparence stériles pour d’autres, sortait un de ceux auxquels il est dit : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. Et cette lumière, Dieu la plaçait sur le chandelier à son heure, pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison. Rome revoyait, mais combien transformé, le brillant étudiant d’autrefois ; sainteté, science, humilité le faisaient proclamer par tous digne du suprême sacerdoce. Damase, docteur vierge de l’Église vierge, le chargeait de répondre en son nom aux consultations de l’Orient comme de l’Occident, et obtenait qu’il commençât par la révision du Nouveau Testament latin, sur le texte grec original, les grands travaux scripturaires qui devaient immortaliser son nom dans la reconnaissance du peuple chrétien. Sur ces entrefaites, la réfutation d’Helvidius, qui osait mettre en doute la perpétuelle virginité de la Mère de Dieu, révéla en Jérôme le polémiste incomparable dont Jovinien, Vigilance, Pelage, d’autres encore, par la suite, auraient à éprouver la vigueur. Récompense cependant de son honneur vengé, Marie amenait à lui toutes les nobles âmes : il les conduirait dans la voie des vertus qui sont l’honneur de la terre ; par le sel des Écritures, il les préserverait de la corruption dont mourait l’empire.

Étrange phénomène pour l’historien sans foi : voici qu’autour de ce Dalmate, à l’heure où la Rome des Césars agonise, rayonnent soudain les plus beaux noms de Rome antique. On les croyait éteints depuis le jour où s’assombrit entre les mains des parvenus la gloire de la cité reine ; au temps critique où, purifiée par les flammes qu’allumeront les Barbares, la capitale qu’ils donnèrent au monde va reprendre ses destinées, ils reparaissent comme par le droit de leur naissance pour la fonder à nouveau dans sa véritable éternité. Autre est devenue la lutte ; mais leur place demeure en tête de l’armée qui sauvera le monde. Rares sont parmi nous les sages, les puissants, les nobles, disait l’Apôtre quatre siècles plus tôt : nombreux ils sont en nos temps, proteste Jérôme, nombreux parmi les moines.

La phalange patricienne constitue le meilleur de l’armée monastique en ces temps de son origine occidentale ; elle lui laissera pour toujours son caractère d’antique grandeur ; mais dans ses rangs, à titre égal à celui de leurs pères et de leurs frères, se voient aussi la vierge et la veuve, parfois l’épouse en même temps que l’époux. C’est Marcella, qui la première, de son palais de l’Aventin, lève l’étendard monastique sur les sept collines, et en retour obtient que la direction de Jérôme ne soit pas refusée au sexe qu’honore pareille initiative ; Marcella qui, le maître disparu, sera, quoi qu’en ait son humilité, l’oracle consulté par tous dans les difficultés des Écritures. C’est comme elle Furia, Fabiola, Paula, rappelant leurs grands aïeux les Camille, les Fabii, les Scipions. C’en est trop pour le prince du monde, Satan, qui croyait siennes à jamais les gloires de la vieille cité de Romulus ; les heures du Saint à Rome sont comptées. Fille de Paula, Eustochium a mérité de se voir adresser le manifeste sublime, mais plein de tempêtes, où Jérôme, exaltant la virginité, ne craint pas de soulever contre lui par sa verve mordante la conjuration des faux moines, des vierges folles et des clercs indignes. Vainement la prudente Marcella prédit l’orage ; Jérôme écarte le doigt filial qui voudrait se poser sur sa bouche, et prétend oser dire ce que d’autres peuvent bien oser faire. Il a compté sans la mort de Damase survenue à l’heure même, sans la faction des ignorants jaloux  qui, pareillement, n’attendaient que cette mort pour changer en morsures de vipères leurs hypocrites démonstrations d’autrefois.

Emporté par le tourbillon, le justicier retourne au désert : non plus Chalcis, mais la paisible Bethléem, où les souvenirs de l’enfance du Sauveur attirent ce fort entre les forts ; où Paula et sa fille viennent elles-mêmes se fixer pour ne point perdre ses leçons qu’elles préfèrent à tout le reste au monde, pour adoucir son amertume, panser les blessures du lion dont la puissante voix ne cessera point de tenir en éveil les échos de l’Occident. Honneur à ces vaillantes ! leur fidélité, leur ambition de savoir, leurs pieuses importunités vaudront au monde un trésor sans prix : la traduction authentique des Livres saints, que l’imperfection de l’ancienne version Italique, et ses variantes devenues sans nombre, ont nécessitée en face des Juifs traitant l’Église de faussaire.

« Paula et Eustochium, puisse le travail de ma pauvre vie vous être agréable, utile aussi à l’Église, et digne de la postérité ; quant aux contemporains, leur jugement me touche peu. » Ainsi disait le solitaire ; mais les attaques envieuses d’irréductibles ennemis l’émeuvent plus qu’il ne se l’avoue : « Servantes du Christ, insiste-t-il, opposez le bouclier de vos prières à mes aboyeurs. »

Or, chaque livre nouvellement traduit amenait critique nouvelle, et non toujours haineuse : réserves des craintifs, qui s’alarmaient pour l’autorité des Septante, si grande dans la Synagogue et dans l’Église ; retours intéressés des possesseurs de manuscrits aux pages de pourpre, aux splendides onciales, aux lettres d’argent et d’or, qu’il faudrait donc voir déprécier maintenant. « Eh ! qu’ils gardent leur métallurgie, et nous laissent nos pauvres cahiers, » s’écrie Jérôme exaspéré. « C’est pourtant vous qui me forcez à subir tant d’inepties comme tant d’injures, dit-il aux inspiratrices de ses travaux ; pour couper court au mal, mieux vaudrait m’imposer silence. »

Ni la mère, ni la fille ne l’entendaient ainsi ; et Jérôme se laissait contraindre. Ayant observé qu’une première révision faite par lui du Psautier sur le grec des Septante n’avait pas suffi à fixer le texte, elles en obtinrent une seconde, celle-là même que devait adopter notre Vulgate, au même titre que sa version des autres livres de l’Ancien Testament sur l’hébreu ou le chaldéen. Nobles auxiliaires, à la science desquelles lui-même en appelait comme garantie de son exactitude, et qu’il priait de collationner ses traductions mot par mot avec l’original .

Toutes les saintes amitiés de jadis gardaient de loin leur part dans ce commerce studieux. Jérôme ne refusait à personne le concours de sa science, et il s’excusait agréablement de ce qu’une moitié du genre humain y semblât plus privilégiée : « Principia, ma fille en Jésus-Christ, je sais que plusieurs trouvent mauvais qu’il m’arrive parfois d’écrire aux femmes ; qu’on me laisse donc dire à mes détracteurs : Si les hommes m’interrogeaient sur l’Écriture, ce n’est point a celles-là que je répondrais. »

Mais voici qu’un message d’allégresse fait tressaillir les monastères fondés en Ephrata : d’un frère d’Eustochium, et de Lœta, fille chrétienne du pontife des faux dieux Albinus, une autre Paule est née dans Rome. Vouée à l’Époux dès avant sa naissance, elle balbutie au cou du prêtre de Jupiter l’Alléluia des chrétiens ; elle sait que par delà les monts et les flots, elle a une autre aïeule, une tante elle aussi toute à Dieu ; de sa mutine voix la promise du Seigneur menace d’aller les trouver bientôt. « Envoyez-la, écrit Jérôme à la mère dans son ravissement ; je me ferai son maître et son nourricier. Je la porterai sur mes vieilles épaules ; j’aiderai sa bouche bégayante à former ses mots, plus fier en cela qu’Aristote ; car lui n’élevait qu’un roi de Macédoine ; mais moi je préparerai au Christ une servante, une épouse, une reine destinée à siéger dans les cieux. »

Bethléem vit, en effet, la douce enfant. Elle devait, bien jeune encore, assumer la responsabilité d’y continuer l’œuvre des siens. Elle fut, près du vieillard mourant, l’ange du passage de ce monde à l’éternité.

L’heure des profonds déchirements avait précédé pour lui le moment suprême. Ce fut Paula l’ancienne qui partit la première, chantant : J’ai mieux aimé être humble en la maison de Dieu, que d’habiter les pavillons des pécheurs. Devant l’affaissement mortel où Jérôme parut devoir s’annihiler pour toujours, Eustochium brisée refoula ses larmes. Sur les instances de la fille, il se reprit à vivre afin de dégager ses promesses à la mère. C’est ainsi que nous le voyons achever alors ses traductions reprendre aussi ses commentaires du texte ; il va passer d’Isaïe au prophète Ézéchiel, quand fond soudain sur le monde et sur lui l’inexprimable douleur de ces temps : « Rome est tombée ; elle est éteinte la lumière de la terre ; dans une seule ville, tout l’univers a succombé. Que faire, que se taire et penser aux morts ? »

Il fallait penser de plus aux innombrables fugitifs qui affluaient, dénués de tout, vers les saints Lieux ; et Jérôme, l’implacable lutteur, ne savait refuser à aucun malheureux son cœur et ses larmes. Aimant encore mieux pratiquer qu’enseigner l’Écriture, il donnait aux devoirs de l’hospitalité ses journées. La nuit seule restait pour l’étude à ses yeux presque aveugles. Études pourtant demeurées bien chères, où il oubliait les misères du jour, et se réjouissait de répondre aux désirs de la fille que Dieu lui avait donnée. Qu’on lise l’avant-propos de chacun des quatorze Livres sur Ézéchiel, et l’on verra quelle part fut celle de la vierge du Christ en cette œuvre disputée aux angoisses du temps, aux infirmités de Jérôme, à ses luttes dernières contre l’hérésie.

Car on eût dit que l’hérésie prenait du bouleversement du monde l’occasion de nouvelles audaces. Forts de l’appui que leur prêtait l’évêque Jean de Jérusalem, les Pélagiens s’armèrent une nuit de la torche et du glaive ; ils se jetèrent, promenant le meurtre et l’incendie, sur le monastère de Jérôme et sur ceux des vierges qui, depuis la mort de Paula, reconnaissaient Eustochium pour mère. Virilement secondée par sa nièce Paule la jeune, la sainte rallia ses filles et parvint à se frayer passage au milieu des flammes. Mais l’anxiété de cette nuit terrible avait achevé de consumer ses forces épuisées. Jérôme l’ensevelit près de la crèche de l’Enfant-Dieu comme il avait fait la mère, et, laissant inachevé son commentaire sur Jérémie, se disposa lui-même à mourir.

Vous complétez, illustre Saint, la brillante constellation des Docteurs au ciel de la sainte Église. Voici que se lèvent, au Cycle sacré, les derniers astres manquant encore à sa gloire. Déjà s’annonce l’aurore du jour éternel ; le Soleil de justice apparaîtra bientôt sur la vallée du jugement. Modèle de pénitence, enseignez-nous la crainte qui préserve ou répare, dirigez-nous dans les voies austères de l’expiation. Moine, historien de grands moines père des solitaires attirés comme vous en Ephrata par les parfums de la divine Enfance, maintenez l’esprit de travail et de prière en cet Ordre monastique dont plusieurs familles ont pris de vous leur nom. Fléau des hérétiques, attachez-nous à la foi Romaine ; zélateur du troupeau, préservez-nous des loups et des mercenaires ; vengeur de Marie, obtenez que fleurisse toujours plus sur terre l’angélique vertu.

O Jérôme, votre gloire participe surtout de la gloire de l’Agneau ouvrant pour les habitants des cieux le livre plein de mystères. La clef de David vous fut aussi donnée pour ouvrir les sceaux multiples des Écritures, et nous montrer Jésus enfermé sous la lettre. C’est pourquoi l’Église de la terre chante aujourd’hui vos louanges, et vous présente à ses fils comme l’interprète officiel du Livre inspiré qui la conduit à ses destinées. En même temps que l’hommage de l’Épouse et de la Mère, daignez agréer notre personnelle gratitude. Puisse le Seigneur, à votre prière, nous renouveler dans le respect et l’amour que mérite sa divine parole. Par vos mérites, puissent, autour du dépôt sacré, se multiplier les doctes et leurs recherches savantes. Mais que nul ne l’oublie : c’est à genoux qu’on doit écouter Dieu, si l’on veut le comprendre. Il s’impose, et ne se discute pas : bien qu’entre les interprétations diverses auxquelles peuvent donner lieu ses divins messages, il soit permis de chercher, sous le contrôle de son Église, à dégager la vraie ; bien qu’il soit louable d’en scruter sans fin les augustes profondeurs. Heureux qui vous suit dans ces études saintes ! Vous le disiez : « vivre au milieu de pareils trésors, s’y absorber, ne savoir, ne chercher rien autre, n’est-ce pas habiter déjà plus aux cieux qu’en terre ? Apprenons dans le temps ce dont la science doit nous demeurer toujours 

 

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Dédicace de Saint Michel, archange Mémoire du XIX ème Dimanche après la Pentecôte

29 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Dédicace de Saint Michel, archange  Mémoire du XIX ème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Bénissez le Seigneur, vous tous, ses Anges, qui êtes puissants et forts ; qui exécutez sa parole, pour obéir à la voix de ses ordres. Mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est au dedans de moi bénisse son saint Nom.

Collecte

O Dieu, qui dispensez avec un ordre admirable les ministères des Anges et des hommes, accordez-nous dans votre bonté, d’avoir pour protecteurs de notre vie sur la terre, ceux qui sans cesse, dans le ciel, vous entourent et vous servent.

Lecture Ap. 1, 1-5

En ces jours-là : Dieu a manifesté les choses qui doivent arriver bientôt en envoyant son Ange, à son serviteur Jean ; lequel a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ, tout ce qu’il a vu. Heureux celui qui lit et qui entend les paroles de cette prophétie, et qui garde les choses qui y sont écrites ; car le temps est proche. Jean aux sept églises qui sont en Asie. Que la grâce et la paix vous soient données par celui qui est, et qui était, et qui viendra, et par les sept esprits qui sont en face de son trône, et par Jésus-Christ, qui est le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, et le prince des rois de la terre, qui nous a aimés et nous a lavés de nos péchés dans son sang.

Évangile Mt. 18, 1-10

En ce temps-là, les disciples vinrent un jour poser à Jésus cette question : « Selon vous, qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant et le fit venir au milieu du groupe : « En vérité, je vous l’affirme si vous ne vous transformez pas pour devenir semblables aux petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Celui qui se fait petit comme cet enfant, c’est le plus grand dans le royaume des cieux. Et lorsqu’on reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi-même que l’on reçoit. Mais si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendit à son cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le plongeât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds, et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil te scandalise, arrache-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu. Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits ; car je vous dis que leurs Anges dans le ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux. »

Secrète

Nous vous offrons, Seigneur, des hosties de louange, en vous suppliant humblement : par l’intercession du suffrage des Anges, recevez-les avec bienveillance et accordez qu’elles servent à notre salut.

Postcommunion

Renforcés par l’intercession du bienheureux Michel votre Archange, nous vous supplions humblement, Seigneur, que ce que nos lèvres sollicitent, notre âme arrive à le posséder.

 

Office

AU PREMIER NOCTURNE.

Du Prophète Daniel.

Première leçon. Je regardais jusqu’à ce que des trônes furent placés, et un vieillard s’assit ; son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête blancs comme une laine pure ; son trône comme des flammes de feu ; ses roues, un feu brûlant. Un fleuve de feu et rapide sortait de sa face ; des milliers de milliers d’Anges le servaient, et dix milliers de centaines de milliers d’Anges assistaient devant lui ; le jugement se tint, et des livres furent ouverts. Je regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne prononçait ; et je vis que la bête fut tuée et que son corps périt, et qu’il fut livré pour être brûlé par le feu.Deuxième leçon. Le vingtquatrième jour du premier mois, j’étais près du grand fleuve qui est le Tigre. Et je levai mes yeux, et je vis ; et voici un homme vêtu de lin, et ses reins ceints d’un or très pur ; et son corps était comme une chrysolithe, et sa face comme l’aspect de la foudre, et ses yeux comme une lampe ardente ; et ses bras et ses parties basses jusqu’aux pieds, comme une apparence d’airain étincelant, et la voix de ses paroles, comme la voix d’une multitude. Or, moi Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne la virent pas ; mais une terreur extraordinaire se saisit d’eux, et ils s’enfuirent dans un lieu caché. Mais moi, étant demeuré seul, je vis cette grande vision ; et il ne resta pas en moi de force ; mais même mon visage fut changé en moi, et je séchai, et je n’eus aucune force.Troisième leçon. Et j’entendis la voix de ses paroles ; et, en l’entendant, j’étais couché tout consterné sur ma face, et mon visage était collé à la terre. Et voici qu’une main me toucha, et me dressa sur mes genoux et sur le plat de mes mains. Et la voix me dit : Daniel, homme de désirs, entends les paroles que je te dis, et tiens-toi sur tes pieds ; car je suis maintenant envoyé vers toi. Et lorsqu’il m’eut dit ces paroles, je me tins debout, tremblant. Et il me dit : Ne crains pas, Daniel, parce que dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre, afin de t’affliger en présence de ton Dieu, tes paroles ont été entendues ; et je suis venu à cause de tes discours. Or le prince du royaume des Perses m’a résisté durant vingt et un jours : et voilà que Michel, un des premiers princes, est venu à mon secours, et moi, je suis demeuré là près du roi des Perses. Mais je suis venu afin de t’apprendre ce qui doit arriver à ton peuple dans les derniers jours, parce que la vision est encore pour ces jours.
 

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Sermon de saint Grégoire, Pape.

Quatrième leçon. Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.Cinquième leçon. Or, il faut savoir que cette dénomination d’Anges désigne leur fonction et non leur nature ; car si ces bienheureux esprits de la céleste patrie sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés des Anges ; ils sont Anges seulement lorsqu’ils annoncent quelque chose. C’est pour cela qu’un Psaume dit en parlant de Dieu : « Lui qui, des esprits, fait ses Anges. » Comme s’il disait explicitement : ceux qu’il a toujours comme esprits, il en fait ses Anges quand il veut. Or, ceux qui portent les messages les moins importants sont appelés simplement du nom d’Anges, et on nomme Archanges ceux qui annoncent les plus grands mystères. Et voilà pourquoi ce n’est pas un Ange quelconque, mais bien l’Archange Gabriel, que Dieu envoya à la Vierge Marie. Comme il s’agissait du plus grand de tous les messages, il convenait que le plus grand des Anges remplît ce ministère. En outre, ces Archanges reçoivent des noms particuliers, qui expriment les effets de leur opération. Ainsi Michel signifie : Qui est semblable à Dieu ? Gabriel, Force de Dieu ; Raphaël, Remède de Dieu.
Sixième leçon. Toutes les fois qu’il s’agit d’une chose où il faut une puissance extraordinaire, c’est Michel que l’Écriture cite comme envoyé, afin que son nom aussi bien que l’acte même, donne à comprendre que nul ne peut faire ce que Dieu fait par son incomparable puissance. Aussi l’antique ennemi qui disait, dans son orgueilleuse ambition de s’égaler à Dieu : « Je monterai jusqu’aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des astres du ciel, je serai semblable au Très-Haut ; » cet ancien ennemi, dis-je, lorsqu’à la fin du monde il sera laissé dans toute sa force, pour être ensuite écrasé dans l’éternel supplice, est-il mentionné comme devant combattre contre l’Archange Michel, d’après cette parole de saint Jean : « Et un combat s’est engagé avec l’Archange Michel. » De même, l’Archange envoyé à Marie, c’est Gabriel, dont le nom signifie : Force de Dieu. Il venait effectivement annoncer celui qui, pour faire sentir sa force aux puissances de l’air, a daigné paraître dans l’humiliation. Enfin, comme nous avons dit plus haut, Raphaël signifie : Remède de Dieu ; et en effet, cet Archange, en touchant les yeux de Tobie comme pour le guérir, dissipa les ténèbres de sa cécité.
 

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Septième leçon. Le statère vient d’être trouvé et le tribut payé, pourquoi cette question inopinée des Apôtres : « Qui, pensez-vous, est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Parce qu’ils avaient vu payer un même tribut pour Pierre et le Seigneur, de cette égalité dans le prix, ils concluaient que Pierre était élevé au-dessus de tous les Apôtres, lui qui, pour la reddition du tribut, semblait être comparé au Seigneur ; et voilà pourquoi ils demandent : « Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Jésus, connaissant leurs pensées et discernant la cause de leur méprise, veut guérir en eux le désir de la gloire, en leur inspirant une généreuse émulation pour l’humilité.
Huitième leçon. « Si donc ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le loin de toi. » Il faut, à-la vérité, que les scandales arrivent ; cependant, malheur à l’homme qui, par sa faute, est la cause de ce qui ne peut manquer de se produire dans le monde. En conséquence, toute affection est à briser, toute parenté est à rompre, quand il y a lieu de craindre que les croyants, dans leurs rapports de piété filiale ou de fidélité, ne soient exposés à des scandales. S’il y a quelqu’un, semble dire le Sauveur, qui vous soit aussi étroitement uni que la main, le pied, ou l’œil est uni au corps ; quelqu’un qui vous soit utile et dévoué, qui mette à votre service sa clairvoyance et sa pénétration, mais qui vous soit en même temps un sujet de scandale, et qui, par l’opposition des mœurs, vous entraîne dans l’enfer, il vaut mieux vous priver de son intimité et des avantages temporels qui en résultent, de peur qu’en voulant gagner vos proches et vos amis, vous n’ayez auprès d’eux des occasions de vous perdre.
Neuvième leçon. « Je vous dis que leurs Anges voient sans cesse, dans le ciel, la face de mon Père. » Plus haut, sous l’image de la main, du pied et de l’œil dont il faut se défaire, il avait dit qu’on doit se séparer des parents et des amis, qui peuvent être des sujets de scandale Voici maintenant qu’il tempère la rigueur de ce principe, par cette recommandation qu’il ajoute à la suite. « Prenez garde de mépriser un seul de ces petits. » Comme s’il disait : Je ne commande pas la sévérité de conduite, sans apprendre en même temps qu’il y faut mêler de la douceur : « Car leurs Anges voient sans cesse, dans les deux, la face du Père. » Grandeur et dignité des âmes, en ce que chacun des hommes a, dès le moment de sa naissance, un Ange préposé à sa garde. Aussi lisons-nous dans l’Apocalypse de saint Jean : « Écris ceci à l’Ange d’Éphèse, et .aux Anges des autres Églises. » Comme aussi l’Apôtre veut que, dans les églises, les femmes aient la tête voilée, à cause des Anges.

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Saint Wenceslas martyr

28 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saint Wenceslas martyr

Collecte

O Dieu, qui, par le triomphe du martyre, avez fait passer le bienheureux Wenceslas d’une principauté terrestre à la gloire du ciel, accordez-nous, grâce à l’intercession de ses prières, d’être préservés de toute adversité et de partager son sort glorieux.

Office

Quatrième leçon. Wenceslas, duc de Bohême, eut pour père Wratislas, qui était chrétien, et pour mère Drahomire, qui était païenne. Élevé pieusement par son aïeule Ludmille, femme d’une très grande sainteté, il se signala dans la pratique de toutes les vertus. Toute sa vie, il conserva avec le plus grand soin sa virginité sans tache. Sa mère parvenue à l’administration du royaume par le meurtre odieux de Ludmille, et vivant dans l’impiété ainsi que son plus jeune fils Boleslas, excita contre elle l’indignation des nobles,et ceux-ci, fatigués d’un règne tyrannique et impie, secouèrent le joug de la mère et du fils. Assemblés dans la ville de Prague, ils se choisirent pour roi Wenceslas.

Cinquième leçon. Celui-ci gouverna son royaume plus par sa bonté que par l’exercice de son autorité. Il secourait les orphelins, les veuves et les pauvres avec tant de charité, qu’on le vit parfois, durant la nuit, porter sur ses épaules du bois destiné aux indigents, assister fréquemment à leurs inhumations, délivrer les captifs, visiter les prisonniers par des nuits affreuses, et bien souvent les consoler par ses aumônes et ses conseils. Telle:tait la mansuétude de ce prince, qu’il déplorait amèrement d’avoir à prononcer la sentence de mort contre un coupable. Il avait pour les Prêtres une très grande vénération, et, de ses mains, il semait le froment et pressait les raisins qui devaient fournir la matière au saint Sacrifice de la Messe. La nuit, marchant pieds nus sur la neige et sur la glace, il faisait le tour des églises, ses pas restant marqués sur la terre par des empreintes chaudes et sanglantes.

Sixième leçon. Les Anges se constituèrent les gardiens de son corps. Un jour, en effet, qu’il s’apprêtait à engager un combat singulier avec Radislas, duc de Gurime, dans le but de pourvoir au salut des siens, on vit des Anges lui apporter des armes, et on les entendit adresser à son adversaire ces paroles : « Ne le frappe pas. » Saisi de terreur, son ennemi se jeta humblement à ses pieds et lui demanda grâce. Un autre jour qu’il faisait un voyage en Germanie, l’empereur, à l’approche de Wenceslas, vit des Anges décorer ce Saint d’une croix d’or. Se levant alors aussitôt de son trône, il alla le recevoir dans ses bras, le revêtit des insignes royaux et lui fit don du bras de saint Vite. Cependant l’impie Boleslas, à l’instigation de sa mère, après l’avoir reçu à sa table, s’en alla, avec des complices le tuer dans l’église où il était en prière, car le Saint prévoyait bien la mort qu’on lui préparait. Son sang jaillit sur la muraille et l’on en voit encore aujourd’hui les traces. Dieu vengea ce meurtre : la terre engloutit cette mère dénaturée, et les meurtriers périrent misérablement de diverses manières.

 

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Saints Côme et Damien martyrs

27 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Saints Côme et Damien martyrs

Collecte

Accordez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, que, célébrant la naissance au ciel de vos bienheureux Martyrs Côme et Damien, nous soyons délivrés, grâce à leur intercession, de tous les maux qui nous menacent.

Office

Quatrième leçon. Les deux frères Côme et Damien, originaires d’Egée, ville d’Arabie, étaient des médecins distingués, sous le règne de Dioclétien et de Maximien. Ils guérissaient, par la vertu du Christ autant que par leur science médicale, jusqu’aux maladies réputées incurables. Le préfet Lysias, ayant appris quelle était leur religion, se les fit amener et les interrogea sur leur genre de vie et sur leur foi. Et comme ils se déclaraient hardiment Chrétiens, ajoutant que la foi chrétienne est nécessaire au salut, il leur enjoignit de sacrifier aux dieux, les menaçant, en cas de refus, de leur faire subir des tortures et une mort très cruelle.
Cinquième leçon. Mais voyant que les injonctions et les menaces restaient vaines : « Liez-leur les mains et les pieds, dit-il, et torturez-les par les supplices les plus affreux. » On exécuta ses ordres ; cependant Côme et Damien n’en persistèrent pas moins dans leur refus. On les jeta enchaînés dans la mer ; ils en sortirent sains et saufs et dégagés de leurs liens ; le préfet, attribuant ce prodige à des artifices magiques, les fit mettre en prison. Il les en fit sortit le lendemain et ordonna de les jeter dans un brasier ardent, dont la flamme s’éloigna d’eux. Après divers autres cruels tourments, il les condamna à être frappés de la hache, et ainsi tous deux reçurent la palme du martyre, en confessant Jésus-Christ.

 

Saints Côme et Damien martyrs

L’abside a été décorée de mosaïques remarquables vers 530, avec une scène représentant l’arrivée au ciel des deux saints Côme et Damien. Au centre se dresse la figure du Christ avec un rouleau dans sa main gauche et la main droite indiquant une étoile. A gauche, se tiennent Paul, Saint-Côme et le pape Félix IV offrant la maquette de l’église, et à droite, Pierre, Théodore et Saint-Damien.
Dessous, dans le tambour, les apôtres sont représentés sous la forme de moutons.
Le style de cette mosaïque est beaucoup plus expressif que les mosaïques byzantines  – temporellement postérieures – avec de grandes figures et des gestes évidents.

La Basilique Santi Cosma e Damiano (Saints Côme et Damien en français) est dédiée aux deux frères grecs, des médecins et martyrs.
Elle est située dans l’ancien Forum de Vespasien, sur le site du Temple de la Paix à Rome.

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Super Ep. cap. 3

26 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

Super Ep. cap. 3

Lectio 4

Super Ep. cap. 3 l. 4 Postquam egit apostolus de dignitate officii, quod pertinet ad suam conditionem, hic consequenter agit de his quae pertinent ad suam afflictionem, scilicet de passionibus suis. Circa quod duo facit. Primo exhortatur eos ne pro suis tribulationibus conturbentur sed habeant patientiam; secundo, quia ad hoc quod homo non conturbetur necessarium est divinum auxilium, praemittit orationem, ut impleant hoc per divinam gratiam, ibi huius rei gratia, et cetera. Dicit ergo primo: ex magnitudine officii mei et firmitate eius, quam habeo per fidem Christi, accidit quod tribulationes patior; nec me conturbant, nec a Christo avellere possunt. Rm. VIII, 35: quis nos separabit a charitate Christi? Tribulatio? etc.; quasi dicat: nihil. Propter quod induco vos et peto, ne deficiatis in tribulationibus meis, ne scilicet occasione tribulationum mearum deficiatis omnino a fide et ab operibus bonis. He. XII, 3: non fatigemini animis vestris deficientes. Dico autem quod vos non debetis deficere, quia sunt pro vobis, id est, pro utilitate vestra. II Cor. I, 6: sive tribulamur pro vestra exhortatione et salute, sive consolamur pro vestra consolatione, sive exhortamur pro vestra exhortatione et salute, quae operatur tolerantiam passionum earumdem, quas et nos patimur, ut spes nostra firma sit pro vobis, scientes quoniam sicut socii passionum estis, sic eritis et consolationum. Vel dicit pro vobis, id est pro vestra probatione. Sg. III, 6: tamquam aurum in fornace probavit electos dominus, et cetera. Quae est gloria vestra, etc., scilicet si non deficiatis, sed stetis fortes in tribulationibus. Nam qui perseveraverit usque in finem, et cetera. Alio modo: quae est gloria vestra, id est tolerantia passionum nostrarum, est pro vobis ad gloriam, in hoc quod Deus exposuit apostolos suos et prophetas tribulationibus et passionibus propter salutem vestram. Os. VI, 5: propterea dolavi in prophetis, et occidi eos, et cetera. II Cor. I, 14: gloria vestra sumus, sicut vos nostra, et cetera. Consequenter cum dicit huius rei gratia, etc., implorat eis auxilium per orationem, ut per exhortationem suam proficiant. Et primo orationem praemittit; secundo quasi securus de exauditione, gratias agit, ibi ei autem qui potens est, et cetera. Item, prima in tres, quia primo proponit orationis obiectum; secundo orationis intentum, ibi ut det vobis secundum divitias, etc.; tertio orationis fructum, ibi ut possitis comprehendere, et cetera. Oratio autem redditur exaudibilis per humilitatem. Ps. ci, 18: respexit in orationem humilium, et cetera. Eccli. XXXV, 21: oratio humiliantis se, nubes penetrabit, et cetera. Et ideo statim orationem suam ab humilitate incipit, dicens huius rei gratia, scilicet ne deficiatis a fide, flecto genua mea ad patrem, etc., quod est signum humilitatis propter duo. Primo quia qui genua flectit, quodam modo parvificat se, et subiicit se ei, cui genua flectit: unde per huiusmodi ostenditur recognitio propriae fragilitatis et parvitatis. Secundo quia in genu est fortitudo corporis. Quando ergo quis genua flectit, protestatur debilitatem suae virtutis. Et inde est, quod exteriora signa corporalia exhibentur Deo ad conversionem, et exercitium spirituale animae interioris. In oratione Manasses: flecto genua cordis mei, et cetera. Is. XLV, 23: mihi curvabitur omne genu, et cetera. Deinde describit orationis obiectum, quod est Deus, et describit eum ex duobus: primo ex affinitate, secundo ex auctoritate. Ex affinitate enim erigimur ad orandum cum fiducia. Et quantum ad hoc dicit ad Patrem Domini nostri Jesu Christi, scilicet cuius nos filii sumus. Jc. I, 17: omne datum optimum, et cetera. Is. LXIII, 16: tu enim, Domine, Pater noster, et cetera. Ex auctoritate autem confirmatur obtinendi quod petimus fiducia, quia ipse est ex quo omnis paternitas in caelo et in terra nominatur. Hic posset quaeri utrum in caelo sit paternitas. Posset dici breviter, quod in caelo, id est in Deo vel in divinis, est paternitas, quae est principium omnis paternitatis. Sed de hac non quaeritur ad praesens, quia cuilibet fideli nota est. Sed quaeritur utrum in caelis, id est utrum in Angelis sit aliqua paternitas. Ad hoc dico quod paternitas est tantum in viventibus et cognoscentibus. Est autem duplex vita. Una secundum actum, alia secundum potentiam. Vita quidem secundum potentiam, est habere opera vitae in potentia. Unde dormiens quantum ad actus exteriores, dicitur vivere in potentia. Vivere autem secundum actum est, quando exercet quis opera vitae in actu. Sic autem non solum qui dat potentiam vitae, pater est eius cui dat; sed qui dat actum vitae, ille etiam pater dici potest. Quicumque ergo inducit aliquem ad aliquem actum vitae, puta ad bene operandum, intelligendum, volendum, amandum, pater eius dici potest. I Cor. IV, 15: nam si decem millia paedagogorum habeatis in Christo, sed non multos patres, et cetera. Cum ergo inter Angelos unus alterum illuminet, perficiat et purget, et isti sint actus hierarchici, manifestum est quod unus Angelus est pater alterius, sicut magister est pater discipuli. Utrum autem paternitas, quae est in caelis et in terra, derivetur a paternitate, quae est in divinis, dubitatur. Et videtur quod non; quia nomina sic imponimus secundum quod res nominatas cognoscimus; quidquid autem cognoscimus, est per creaturas, ergo nomina imposita a nobis rebus ipsis, plus et prius conveniunt creaturis quam ipsi Deo. Respondeo et dico quod nomen alicuius rei nominatae a nobis dupliciter potest accipi, quia vel est expressivum, aut significativum conceptus intellectus, quia voces sunt notae, vel signa passionum, vel conceptuum qui sunt in anima, et sic nomen prius est in creaturis, quam in Deo. Aut inquantum est manifestativum quidditatis rei nominatae exterius, et sic est prius in Deo. Unde hoc nomen paternitas, secundum quod significat conceptionem intellectus nominantis rem, sic per prius invenitur in creaturis quam in Deo, quia per prius creatura innotescit nobis, quam Deus; secundum autem quod significat ipsam rem nominatam, sic per prius est in Deo quam in nobis, quia certe omnis virtus generativa in nobis est a Deo. Et ideo dicit: ex quo omnis paternitas in caelo et in terra nominatur, quasi dicat: paternitas quae est in ipsis creaturis, est quasi nominalis seu vocalis, sed illa paternitas divina, qua Pater dat totam naturam Filio, absque omni imperfectione, est vera paternitas. Consequenter cum dicit ut det vobis, etc., ostendit orationis intentum. Et primo facit hoc; secundo ostendit per quid posset impetrare suum propositum, ibi per Spiritum eius, et cetera. Dicit ergo: dico quod peto ne deficiatis, sed stetis viriliter. Scio tamen quod hoc ex vobis facere non potestis sine dono Dei, ideo peto, ut det vobis. Jc. I, 17: omne datum optimum, et cetera. Et hoc quidem secundum divitias gloriae suae, id est secundum copiam maiestatis eius et magnificentiae. Ps. CXI, 3: gloria et divitiae in domo eius. Pr. VIII, 18: mecum sunt divitiae et gloria. Divitiae, inquam, quae faciunt virtute corroborari. Is. XL, 29: qui dat lasso virtutem, et his qui non sunt fortitudinem et robur multiplicat. Et hoc in interiori homine, quia nisi in interioribus fortificetur homo, faciliter ab hoste superatur. Is. IX, 7: confirmet illud et corroboret in iudicio et iustitia, amodo et usque in sempiternum. Tunc resumatur illa particula interposita, scilicet per spiritum, in qua ostendit per quid obtinere potest quod petit. Ipse enim Spiritus, qui roborat, est Spiritus fortitudinis et est causa non deficiendi in tribulationibus, quem obtinemus per fidem quae est fortissima: quia fides est substantia rerum sperandarum, id est facit in nobis subsistere res sperandas. Unde I P. V, 9: cui resistite fortes in fide. Et ideo subiungit habitare Christum per fidem, et hoc in cordibus vestris. I P. III, 15: Dominum autem Christum sanctificate in cordibus vestris. Per quod? Dico quod non solum per fidem, quae, ut donum est fortissima, sed etiam per charitatem quae est in sanctis. Et ideo subdit in charitate radicati et fundati. I Cor. XIII, 7: omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet, charitas numquam excidit. Cant. ult.: fortis est ut mors dilectio. Unde sicut arbor sine radice, et domus sine fundamento de facili ruit, ita spirituale aedificium, nisi sit in charitate fundatum et radicatum, durare non potest.

 

Lectio 5

Super Eph., cap. 3 l. 5 Supra ostendit apostolus petitionis suae pro Ephesiis, et orationis intentum, scilicet corroborationem spiritus in fide et charitate, hic consequenter ostendit eius quam petiit corroborationis per fidem et charitatem fructum, qui est quaedam cognitio. Ideo primo proponit ipsam notitiam; secundo ipsius notitiae et cognitionis efficaciam, ibi ut impleamini in omnem plenitudinem Dei. Dicit ergo: ita sitis, charissimi, in charitate radicati et fundati, ut possitis comprehendere, et cetera. Quod quidem dupliciter legi potest. Primo modo, ut magis sequamur intentionem apostoli. Sciendum est ergo quod tam in futuro quam in praesenti cognitio Dei est nobis necessaria; nam in futuro gaudebimus et de cognitione Dei et de cognitione assumptae humanitatis. Jn. XVII, 3: haec est vita aeterna, ut, cognoscant, et cetera. Jn. X, 9: ingredietur, scilicet in contemplatione divinitatis, et egredietur, scilicet in contemplatione humanitatis, et pascua inveniet. Et quia fides est inchoatio illius futurae cognitionis, quia est substantia rerum sperandarum, etc., ut dicitur He. XI, 1 quasi iam in nobis res sperandas per modum cuiusdam inchoationis facit subsistere. Inde est quod fides nostra in his duobus consistit, scilicet in divinitate et humanitate Christi. I Cor. II, 2: non enim iudicavi me scire aliquid inter vos, nisi Iesum Christum, et cetera. Secundum hoc ergo primo praemittit eis cognitionem divinitatis; secundo cognitionem mysteriorum humanitatis, ibi scire etiam supereminentem scientiae, et cetera. Cognitionem autem divinitatis manifestat eis sub his verbis ut possitis, etc., quasi dicat: corroboramini per fidem et charitatem, quia si sic estis, pervenietis ad vitam aeternam, ubi habebitis Deum praesentem et perfecte eum cognoscetis. Quod autem Deus manifestetur amanti, patet Jn. XIV, 21: qui diligit me, diligetur a Patre meo, et ego diligam eum, et manifestabo ei meipsum; quod vero manifestetur credenti, patet, prout dicitur Is. VII, 9, secundum aliam litteram: nisi credideritis, non intelligetis. Oportet enim ut secundum fidem et charitatem corroboremini, ut possitis comprehendere. Ubi sciendum est quod comprehendere quandoque ponitur pro includere, et tunc oportet quod comprehendens contineat in se totaliter comprehensum. Quandoque autem ponitur pro apprehendere, et tunc dicit remotionem distantiae et insinuat propinquitatem. Primo autem modo a nullo intellectu creato Deus comprehendi potest. Jb XI, 7: forsitan vestigia Dei comprehendes, et usque ad perfectum omnipotentem reperies? Quasi dicat: non, quia sic posset eum perfecte cognoscere quantum cognoscibilis est. Et de hac cognitione non intelligitur quod dicitur ut possitis comprehendere, sed secundo modo. Et est una de tribus dotibus, et de hac loquitur apostolus, cum dicit ut possitis comprehendere, id est Deum habere praesentem et praesentialiter cognoscere. Ph. III, 12: sequor autem si quomodo comprehendam, in quo, et cetera. Et haec comprehensio est communis omnibus sanctis eius. Ideo subdit cum omnibus sanctis. Ps. CXLIX, 9: gloria haec est omnibus sanctis eius. Talibus autem dicitur illud I Cor. IX, 24: sic currite ut comprehendatis, et cetera. Quae sit latitudo, et cetera. Notandum quod verba ista videntur ortum habere ex verbis Jb XI, 7: forsan, inquit, vestigia Dei comprehendes? Quasi dicat: incomprehensibilis est; huius autem incomprehensibilitatis causam assignat, dicens: excelsior caelo est, et quid facies? Profundior Inferno est, et unde cognosces? Longior terra mensura eius, et latior mari. Ex quo videtur quod Job ostendat eum esse comprehensibilem, attribuens ei quadruplicem differentiam dimensionum. His enim verbis alludens apostolus dicit ut possitis comprehendere, quae sit latitudo, etc.; quasi dicat: habeatis tantam fidem et charitatem, ut possitis tandem comprehendere quod comprehensibile est. Et hoc modo exponit Dionysius. Non est tamen aliquo modo intelligendum has dimensiones corporaliter esse in Deo, quia spiritus est Deus, ut dicitur Jn IV, 24. Sunt tamen in Deo metaphorice. Unde per latitudinem designatur dimensio seu extensio virtutis, et sapientiae divinae super omnia. Eccli. I, 10: effudit illam, scilicet sapientiam, super omnia opera sua. Per longitudinem designatur aeterna eius duratio. Ps. ci, 13: tu autem, Domine, in aeternum permanes, et cetera. Ps. XCII, 5: domum tuam, Domine, decet sanctitudo in longitudinem dierum. Per sublimitatem vel celsitudinem vero, perfectio et nobilitas naturae eius, quae in infinitum excedit creaturam. Ps. CXII, 4: excelsus super omnes gentes Dominus. Et profundum, id est incomprehensibilitas sapientiae eius. Eccle. VII, 25: alta profunditas, scilicet sapientiae divinae, quis inveniet eam? Sic ergo patet quod finis fidei et charitatis nostrae est ut perveniamus ad perfectam fidei cognitionem, qua cognoscamus infinitam suae virtutis extensionem, aeternam et infinitam eius durationem, suae perfectissimae naturae celsitudinem, suae sapientiae profunditatem et incomprehensibilitatem, eo modo sicut est attingendum. Consequenter, quia adhuc alia cognitio est necessaria, scilicet cognitio mysteriorum humanitatis, ideo subdit scire etiam supereminentem scientiae, et cetera. Ubi sciendum est quod quidquid est in mysterio redemptionis humanae et incarnationis Christi, totum est opus charitatis. Nam quod incarnatum est, ex charitate processit. Supra II, 4: propter nimiam charitatem suam qua dilexit nos, et cetera. Quia vero mortuus fuit, ex charitate processit Jn. XV, 13: maiorem hac dilectionem nemo habet, etc.; infra V, 2: Christus dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis oblationem et hostiam Deo. Propter hoc dicit Gregorius: o inaestimabilis dilectio charitatis. Ut servum redimeres, filium tradidisti. Et ideo scire charitatem Christi, est scire omnia mysteria incarnationis Christi et redemptionis nostrae, quae ex immensa charitate Dei processerunt, quae quidem charitas excedit omnem intellectum creatum et omnium scientiam, cum sit incomprehensibilis cogitatu. Et ideo dicit supereminentem scientiae, scilicet naturali et omnem intellectum creatum excedentem, Ph. IV, 7: et pax Dei, quae exsuperat omnem sensum; charitatem Christi, id est, quam Deus Pater fecit per Christum. II Cor. V, 19: Deus erat in Christo mundum reconcilians sibi. Alio modo potest legi, ut referatur ad perfectionem charitatis nostrae, quasi dicat: corroboramini in charitate radicati et fundati, et hoc ut possitis comprehendere, non solum cognoscere, cum omnibus sanctis, quia hoc donum, scilicet charitatis, commune est omnibus, cum nullus possit esse sanctus sine charitate, ut dicitur Ep. III. Possitis, inquam, comprehendere quae sit latitudo, scilicet charitatis, quae se extendit usque ad inimicos. Ps. CXVIII, 96: latum mandatum tuum nimis. Lata est enim charitas ad suam diffusionem. Ps. XVII, 20: eduxit me in latitudinem dominus. Longitudo autem eius attenditur quantum ad sui perseverantiam, quia numquam deficit, sed hic incipit et perficitur in gloria. I Cor. XIII, 8: charitas numquam excidit. Ct. ult.: aquae multae non potuerunt extinguere charitatem. Sublimitas autem eius attenditur quantum ad intentionem caelestium, ut scilicet Deus non diligatur propter temporalia, quia huiusmodi charitas esset infirma, sed ut diligatur propter se tantum. Jb XL, 5: in sublime erigere, et esto gloriosus. Profundum vero attenditur quantum ad originem ipsius charitatis. Nam hoc quod Deum diligimus, non est ex nobis, sed a Spiritu Sancto, quia, ut dicitur Rm. V, 5, charitas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum Sanctum, et cetera. Hoc ergo quod unus habet charitatem longam, latam, sublimem et profundam, et alius non, venit ex profundo divinae praedestinationis. Eccli. I, 2: profundum abyssi quis dimensus est. Ergo, ut possitis comprehendere, id est perfecte consequi cum omnibus sanctis, quae sit latitudo, ut extendatur charitas vestra usque ad inimicos, quae sit longitudo, ut scilicet numquam deficiat, quae sit sublimitas, ut scilicet propter seipsum Deus diligatur, et quid sit profundum, scilicet praedestinationis, et cetera. Sciendum est autem hic quod Christus, in cuius potestate fuit eligere genus mortis quod vellet, quia ex charitate mortem subiit, elegit mortem crucis, in qua praedictae quatuor dimensiones sunt. Ibi est latitudo, scilicet in ligno transverso, cui affixae sunt manus, quia opera nostra debent per charitatem dilatari usque ad inimicos. Ps. XVII, 20: eduxit me in latitudinem Dominus. Ibi est longitudo in ligno erecto, cui innititur totum corpus, quia charitas debet esse perseverativa, quae sustinet et salvat hominem. Mt. X, 22: qui autem perseveraverit usque in finem, hic salvus erit. Ibi est sublimitas in ligno superiori, cui caput inhaeret, quia spes nostra debet elevari ad aeterna et divina. I Cor. XI, 3: caput viri Christus est. Ibi etiam est profundum in ligno quod latet sub terra et sustinet crucem, et tamen non videtur, quia profundum amoris divini sustinet nos, nec tamen videtur; quia ratio praedestinationis ut dictum est excedit intellectum nostrum. Sic ergo debemus comprehendere virtutem charitatis nostrae et Christi, et adhuc scire charitatem Christi supereminentem scientiae, scilicet humanae, quia nullus potest scire quantum Christus dilexit nos, vel scire etiam charitatem scientiae Christi, quae habetur cum scientia Christi. Charitatem, dico, supereminentem, scilicet alii charitati, quae est sine scientia. Sed numquid est verum quod charitas quae est cum scientia superemineat charitati quae est sine scientia? Et videtur quod non, quia sic malus theologus esset supereminentioris charitatis quam sancta vetula. Respondeo. Dico quod hoc intelligitur de scientia afficiente: nam ex vi cognitionis inducitur ad magis diligendum, quia, quanto Deus magis cognoscitur, tanto et magis diligitur. Propter quod petebat Augustinus: noverim te, noverim me. Vel hoc dicitur propter quosdam qui habent zelum Dei, sed non secundum scientiam. Talium enim charitati supereminet charitas, cum habetur praedicta scientia Christi. Consequenter cum dicit ut impleamini, etc., ponit cognitionis divinae efficaciam, dicens ut impleamini in omnem plenitudinem Dei, id est ut habeatis perfectam participationem omnium donorum Dei, ut scilicet hic habeatis plenitudinem virtutum, et postea beatitudinis, quae quidem efficit charitas. Eccli. XXIV, 26: transite ad me, omnes qui concupiscitis me, et cetera. Consequenter sequitur illa pars ei autem qui potens, et cetera. In qua apostolus agit Deo gratias de suae petitionis exauditione. Circa quod tria facit, quia primo ponit potestatem Dei, qua postulata concedit; secundo potestatis exemplum, ibi secundum virtutem quae operatur in nobis, etc.; tertio materiam gratiarum actionis, ibi ipsi gloria, et cetera. Potestatem autem Dei describit infinitam, dicens ei autem, scilicet Deo Christo et Deo Patri, qui potens est omnia facere, et cetera. Ex. XV, 3: omnipotens nomen eius. Rm. ult.: ei autem qui potens est vos confirmare iuxta Evangelium, et cetera. Et hoc superabundanter facere in nobis omnia quam sciamus petere per affectum, aut intelligere per intellectum, et hoc est quod dicit quam petimus, aut intelligimus. Exemplum autem huiusmodi abundantiae in nobis exhibitae ostendit, dicens secundum virtutem quam operatur in nobis, quasi dicat: apparet si attendamus ea quae operatus est in nobis, scilicet hominibus. Nam nec affectus, nec intellectus humanus potuissent considerare, vel intelligere, vel petere a Deo quod fieret homo et homo efficeretur Deus et consors naturae divinae, quae tamen secundum virtutem operatur in nobis, et hoc in incarnatione Filii sui. II P. I, 4: ut per hoc efficiamini divinae consortes naturae. Unde de his dicitur Eccli. XVIII, 2: quis sufficiet enarrare opera illius? Quis enim investigabit magnalia illius, virtutem autem magnitudinis quis annuntiabit? Vel operatus est in nobis, scilicet apostolis, quibus dedit gratiam evangelizandi investigabiles divitias Christi, et illuminare omnes quae sit dispensatio sacramenti absconditi a saeculis in Deo, ut supra eodem cap. et ibi dictum est. Materia autem gratiarum actionis dicitur esse duplex beneficium quod nobis contulit Deus. Primum est Ecclesiae institutio; secundum est Filii incarnatio. Dicit ergo ipsi, scilicet Deo Patri, gloria, sit, supple, in Ecclesia, id est pro his quae fecit in Ecclesia, quam instituit: quo ad primum; in Christo, id est per Christum, vel pro Christo, quem nobis dedit. Ipsi, inquam, sit gloria, ut gloriosus appareat, non solum in praesenti sed in omnes generationes saeculi saeculorum, id est saeculi omnia continentis. I Tm. I, 17: regi autem saeculorum immortali, invisibili, soli Deo honor et gloria in saecula saeculorum. Amen.


 

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MOI JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE. PERSONNE NE VIENT AU PÈRE SINON PAR MOI.

25 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

MOI JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE. PERSONNE NE VIENT AU PÈRE SINON PAR MOI.

En premier lieu, il révèle ce qu'est le chemin ; en second lieu ce qu'est le terme .

 

1868. Le chemin, comme il a été dit, est le Christ lui-même, et c'est pourquoi il dit : MOI JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE. Et cette affirmation n'est pas sans raison, car par lui nous avons accès auprès du Père, comme il est dit dans l'Épître aux Romains2. Cela convient aussi à son propos : il veut montrer clairement le doute du disciple qui l'interroge.

Et parce que ce chemin n'est pas distant du terme mais lui est conjoint, il ajoute : LA VÉRITÉ ET LA VIE ; et ainsi lui-même est en même temps le chemin et le terme. Le chemin, certes, selon son humanité, le terme selon sa divinité. Ainsi donc, selon qu'il est homme, il dit : MOI JE SUIS LE CHEMIN ; et selon qu'il est Dieu, il ajoute : LA VÉRITÉ ET LA VIE. Ces deux mots désignent de manière convenable le terme de ce chemin.

 

Car le terme de ce chemin est la fin du désir humain. Or l'homme désire avant tout deux choses : premièrement, la connaissance de la vérité, ce qui lui est propre ; en second lieu la conservation3 de son être, ce qui est commun à toutes les réalités. Or le Christ est le chemin pour parvenir à la connaissance de la vérité, bien que cependant il soit lui-même la Vérité - Conduis-moi, Seigneur, dans ta vérité et que je marche dans ta voie4. Le Christ est aussi le chemin pour parvenir à la vie, bien qu'il soit lui-même la Vie - Tu m'as fait connaître les chemins de la vie5. Et c'est pourquoi il a désigné le terme de ce chemin par la vérité et la vie ; ces deux mots ont été dits plus haut à propos du Christ. Il a d'abord été dit qu'il est lui-même la Vie - En lui-même était la vie -, et ensuite qu'il est la Vérité, parce qu'il était la lumière des hommes6, et que la lumière est la vérité.

 

1869. Il faut noter que ces deux termes conviennent en propre, par eux-mêmes, au Christ. La vérité, en effet, lui convient par soi parce que lui-même est le Verbe. La vérité, en effet, n'est rien d'autre que l'adéquation de la réalité à l'intelligence, qui se fait quand l'intelligence conçoit la réalité telle qu'elle est. Donc la vérité de notre intelligence appartient à notre verbe2, qui en est la conception. Mais cependant bien que notre verbe soit vrai, il n'est pourtant pas la vérité elle-même, puisqu'il n'existe pas par lui-même mais qu'il provient de l'adéquation à la réalité conçue. Donc la vérité de l'intelligence divine appartient au Verbe de Dieu. Mais parce que le Verbe de Dieu est vrai par lui-même, puisqu'il n'est pas mesuré par les réalités mais que les réalités, dans la mesure où elles sont vraies, parviennent à sa ressemblance, de là vient que le Verbe de Dieu est la Vérité elle-même. Et parce que nul ne peut connaître la vérité s'il n'adhère pas à la Vérité, il faut que tout homme qui désire connaître la vérité adhère à ce Verbe.

 

Quant à la vie, elle lui convient en propre parce que toute réalité qui a par elle-même quelque opération est dite vivante. Et on dit non vivantes les réalités qui n'ont pas par elles-mêmes le mouvement. Parmi les opérations de la vie, il y a avant tout les opérations intellectuelles : c'est pourquoi l'intelligence elle-même est dite vivante, et son action est une certaine vie. Or en Dieu l'acte d'intelligence et l'intelligence ne font qu'un3 – d'où il est manifeste que le Fils, qui est le Verbe de l'intelligence du Père, est sa vie. Ainsi donc le Christ s'est désigné lui-même comme le Chemin, et le chemin conjoint au terme : parce que lui-même est le terme ayant en lui tout ce qui peut être désiré, puisqu'il est la Vérité et la Vie.

 

1870. Si donc tu cherches par où passer, accueille le Christ, parce qu'il est lui-même le Chemin - Voici le chemin, marchez-y 4. Et Augustin dit5 – « Avance par l'homme, et tu parviendras à Dieu. » II vaut mieux en effet boiter sur le chemin qu'avancer fermement en dehors du chemin. Car celui qui boite sur le chemin, même s'il avance peu, s'approche du terme ; quant à celui qui marche en dehors du chemin, plus il court fermement, plus il s'éloigne du terme. Mais si tu cherches où aller, adhère au Christ, parce que lui-même est la Vérité à laquelle nous désirons parvenir - Ma bouche méditera ta vérité6. Si tu cherches où demeurer, adhère au Christ parce que lui-même est la Vie - Celui qui me trouvera, trouvera la vie7.

 

Adhère donc au Christ si tu veux être en sûreté : en effet tu ne pourras pas dévier, parce qu'il est lui-même le Chemin. Aussi ceux qui adhèrent à lui ne marchent pas où il n'y a pas de route, mais par un chemin droit - Je te montrerai le chemin de la sagesse8. Et, au contraire, il est dit de certains : Ils n'ont pas trouvé le chemin vers une cité habitée9. De même on ne peut être trompé, parce que lui-même est la Vérité et enseigne toute vérité - Moi, je suis né et je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la venté10. De même encore, on ne peut être troublé parce que lui-même est la Vie et donne la vie - Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie, et qu'on l'ait surabondante1. Car, comme dit Augustin2, le Seigneur dit : MOI JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE comme s'il disait : Par où veux-tu aller ? MOI JE SUIS LE CHEMIN. Où veux-tu aller ? MOI JE SUIS LA VÉRITÉ. Où veux-tu demeurer ? MOI JE SUIS LA VIE. En effet, comme le dit Hilaire3, il ne conduit pas par des voies trompeuses, lui qui est le Chemin, il ne trompe pas par des mensonges, lui qui est la Vérité, il ne laisse pas dans l'erreur de la mort, lui qui est la Vie. Commentaire sur l’Évangile de Saint Jean

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De vita contemplativa

24 Septembre 2024 , Rédigé par Ludovicus

De vita contemplativa

IIª-IIae, q. 182 a. 1 co. Respondeo dicendum quod nihil prohibet aliquid secundum se esse excellentius quod tamen secundum aliquid ab alio superatur. Dicendum est ergo quod vita contemplativa simpliciter melior est quam activa. Quod philosophus, in X Ethic., probat octo rationibus. Quarum prima est, quia vita contemplativa convenit homini secundum illud quod est optimum in ipso, scilicet secundum intellectum, et respectu propriorum obiectorum, scilicet intelligibilium, vita autem activa occupatur circa exteriora. Unde Rachel, per quam significatur vita contemplativa, interpretatur visum principium, vita autem activa significatur per Liam, quae erat lippis oculis, ut Gregorius dicit, VI Moral.

Secundo, quia vita contemplativa potest esse magis continua, licet non quantum ad summum contemplationis gradum, sicut supra dictum est. Unde et Maria, per quam significatur vita contemplativa, describitur secus pedes Domini assidue sedens.

Tertio, quia maior est delectatio vitae contemplativae quam activae. Unde Augustinus dicit, in libro de verbis Dom., quod Martha turbabatur, Maria epulabatur.

Quarto, quia in vita contemplativa est homo magis sibi sufficiens, quia paucioribus ad eam indiget. Unde dicitur Luc. X, Martha, Martha, sollicita es et turbaris erga plurima.

Quinto, quia vita contemplativa magis propter se diligitur, vita autem activa ad aliud ordinatur. Unde in Psalmo dicitur, unam petii a Domino, hanc requiram, ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitae meae, ut videam voluntatem Domini.

Sexto, quia vita contemplativa consistit in quadam vacatione et quiete, secundum illud Psalmi, vacate, et videte quoniam ego sum Deus.

Septimo, quia vita contemplativa est secundum divina, vita autem activa secundum humana. Unde Augustinus dicit, in libro de verbis Dom., in principio erat verbum, ecce quod Maria audiebat. Verbum caro factum est, ecce cui Martha ministrabat.

Octavo, quia vita contemplativa est secundum id quod est magis proprium homini, idest secundum intellectum, in operationibus autem vitae activae communicant etiam inferiores vires, quae sunt nobis et brutis communes. Unde in Psalmo, postquam dictum est, homines et iumenta salvabis, Domine, subditur id quod est hominibus speciale, in lumine tuo videbimus lumen.

Nonam rationem addit Dominus, Luc. X, cum dicit, optimam partem elegit Maria, quae non auferetur ab ea. Quod exponens Augustinus, in libro de verbis Dom., dicit, non tu malam, sed illa meliorem. Audi unde meliorem, quia non auferetur ab ea. A te auferetur aliquando onus necessitatis, aeterna est dulcedo veritatis. Secundum quid tamen, et in casu, magis est eligenda vita activa, propter necessitatem praesentis vitae. Sicut etiam philosophus dicit, in III Topic., quod philosophari est melius quam ditari, sed ditari melius est necessitatem patienti.

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