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Saint Pierre Nolasque confesseur mémoire de Sainte Agnès pour la 2nde fois

28 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Pierre Nolasque confesseur mémoire de Sainte Agnès pour la 2nde fois

Collecte

O Dieu, qui, pour donner un exemple de votre charité, avez divinement inspiré à saint Pierre de rendre votre Église mère d’une nouvelle famille pour la rédemption des fidèles captifs, accordez-nous, par son intercession, d’être délivrés de la servitude du péché, et de jouir de la liberté sans fin dans la céleste patrie.

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Pierre Nolasque, né d’une famille noble à Recaud, près de Carcassonne, en France, se distingua par une charité singulière envers le prochain. Un présage de cette vertu se produisit un jour que Pierre, étant encore enfant, pleurait dans son berceau : un essaim d’abeilles vola vers lui, et construisit un rayon de miel dans sa main droite. Privé de ses parents dans son adolescence, et détestant l’hérésie des Albigeois qui exerçait alors ses ravages en France, il vendit son patrimoine, se retira en Espagne, et accomplit à Notre-Dame de Mont-Serrat un vœu par lequel il s’était lié. Il se dirigea ensuite vers Barcelone, et après y avoir employé tout l’argent qu’il possédait à racheter les fidèles du Christ, de la servitude des ennemis, il disait souvent qu’il désirait se vendre lui-même pour les délivrer, ou être chargé de leurs chaînes.

Cinquième leçon. L’événement suivant montra combien le désir du Saint plaisait à Dieu. Une nuit qu’il priait et roulait dans son esprit beaucoup de projets pour venir en aide aux Chrétiens vivant dans la captivité, la bienheureuse Vierge, lui apparaissant, lui fit entendre qu’il serait très agréable à son Fils et à elle qu’il instituât en son honneur un Ordre religieux, dont le soin principal serait de délivrer les captifs de la tyrannie des infidèles. Obéissant aussitôt à cet avertissement céleste, il institua l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la rédemption des captifs, de concert avec saint Raymond de Pegnafort et Jacques 1er, roi d’Aragon, qui avaient reçu de la Mère de Dieu, en la même nuit, une révélation semblable. Les confrères de cet Ordre s’engagent, par un quatrième vœu, à demeurer en otage au pouvoir des païens, si cela est nécessaire pour la délivrance des Chrétiens.

Sixième leçon. Ayant fait vœu de virginité, il conserva toujours une chasteté sans tache. Il brilla d’une manière admirable par sa patience, son humilité, son abstinence et par toutes les autres vertus. Illustre par le don de prophétie, il annonça plusieurs événements futurs, parmi lesquels le plus célèbre est que le roi Jacques reprit Valence, occupée par les Maures, après avoir reçu du Saint l’assurance d’obtenir cette victoire. Il était consolé par de fréquentes apparitions de son Ange gardien et de ta Vierge Mère de Dieu. Enfin, accablé de vieillesse, instruit de l’imminence de sa mort, il tomba malade ; et, après avoir été fortifié par les sacrements, il exhorta ses frères à la charité envers les captifs. Puis, récitant avec grande dévotion le Psaume : « Je vous louerai, Seigneur, de tout mon cœur », étant arrivé à ces paroles :» Le Seigneur a envoyé la rédemption à son peuple », il rendit son esprit à Dieu, au milieu de la nuit de la Vigile de la Nativité du Seigneur, l’an mil deux cent cinquante-six. Alexandre VII a ordonné de célébrer sa fête le trente et unième jour de janvier.

Le Rédempteur des captifs, Pierre Nolasque, vient s’associer aujourd’hui sur le Cycle à son maître Raymond de Pegnafort ; et tous deux présentent pour hommage au Rédempteur universel les milliers de chrétiens qu’ils ont rachetés de l’esclavage, par la vertu de cette charité, qui, partie de Bethléhem, a trouvé asile en leurs cœurs.

Né en France, dans notre Languedoc, Pierre a choisi pour seconde patrie l’Espagne, parce qu’elle offrait à son zèle une terre de dévouement et de sacrifices. Comme le Médiateur descendu du ciel, il s’est voué au rachat de ses frères ; il a renoncé à sa liberté pour procurer la leur ; et afin de leur rendre une patrie, il est resté en otage sous les liens de la servitude. Son dévouement a été fécond ; par ses efforts, un nouvel Ordre religieux s’est élevé dans l’Église, composé tout entier d’hommes généreux, qui, durant six siècles, n’ont prié, travaillé, vécu, que pour procurer le bienfait de la liberté à d’innombrables captifs, qui, sans eux, languissaient dans les fers, au péril de leurs âmes.

Gloire à Marie, qui a suscité ces Rédempteurs mortels ! Gloire l’Église catholique, qui les a produits de son sein toujours fécond ! Mais par-dessus tout, gloire à l’Emmanuel, qui dit, en entrant dans ce monde : « O Père ! les holocaustes pour le péché de l’homme ne vous ont point apaisé ; suspendez vos coups ; me voici. Vous m’avez donné un corps ; je viens, je m’immole ! ». Le dévouement du divin Enfant ne pouvait demeurer stérile. Il a daigné nous appeler ses frères, et s’offrir en notre place ; quel cœur d’homme pourrait désormais être insensible aux maux et aux dangers de ses frères ?

L’Emmanuel a récompensé Pierre Nolasque, en l’appelant à lui à l’heure même où, douze siècles plus tôt, il naissait à Bethléhem. C’est du milieu des joies de la nuit de Noël que le Rédempteur mortel est parti pour aller rejoindre l’immortel Rédempteur. Au dernier moment, les lèvres défaillantes de Pierre murmuraient leur dernier cantique de la terre ; et quand il fut arrivé à ces paroles : Le Seigneur a envoyé la Rédemption à son peuple ; il a scellé avec lui son alliance pour jamais, son âme bienheureuse s’envola libre au ciel.

La sainte Église a dû assigner à la mémoire de Pierre un autre anniversaire que celui de son heureux trépas, puisque ce jour appartient tout entier à l’Emmanuel ; mais il était juste que l’élu marqué par une si haute faveur que de naître au ciel à l’heure où Jésus naît à la terre, reçût une place sur le Cycle avant la fin des quarante jours consacrés à la Naissance du divin libérateur.

Vous êtes venu apporter du ciel un feu sur la terre, ô Emmanuel, et vous nous dites que votre plus ardent désir est de le voir s’enflammer. Votre désir a été comblé dans le cœur de Pierre Nolasque, et dans celui de ses enfants. C’est ainsi que vous daignez associer des hommes à vos desseins d’amour et de miséricorde, et qu’en rétablissant l’harmonie entre Dieu et nous, vous resserrez l’union primitive entre nous et nos frères. Nous ne pouvons vous aimer, ô céleste Enfant, sans aimer tous les hommes ; et si vous venez à nous comme notre rançon et notre victime, vous voulez que nous soyons prêts aussi à nous sacrifier les uns aux autres.

O Pierre ! Vous avez été l’apôtre et le modèle de cette charité ; c’est pour cela que le Seigneur a voulu vous glorifier en vous appelant à la cour de son Fils, au jour anniversaire de la Naissance de ce Sauveur. Ce doux mystère qui, tant de fois, soutint votre courage, ranima vos dévouements, vous est apparu dans toute sa grandeur ; mais vos yeux ne voient plus seulement, comme nous, le tendre Enfant qui sourit dans son berceau ; c’est le Roi vainqueur, le Fils de Jéhovah dans sa splendeur divine, qui éblouit vos regards. Marie ne vous apparaît plus, comme à nous, pauvre et humblement penchée sur la crèche qui contient tout son amour ; à vos yeux, elle brille éclatante sur son trône de Reine, et resplendit d’un éclat qui ne le cède qu’à celui de la majesté divine. Et votre cœur n’est point troublé de cette gloire ; car, au ciel, vous êtes dans votre patrie. Le ciel est le temple et le palais de la charité ; et la charité, dès ici-bas, remplissait votre cœur ; elle était le principe de tous ses mouvements.

Priez, afin que nous connaissions davantage ce véritable amour de Dieu et des hommes qui nous rend semblables à Dieu. Il est écrit que celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu et Dieu en lui. ; faites donc que le mystère de charité que nous célébrons nous transforme en Celui qui fait l’objet de tous nos sentiments, dans ce temps de grâces et de merveilles. Donnez-nous d’aimer nos frères comme nous-mêmes, de les supporter, de les excuser, de nous oublier pour leur être utiles. Que nos exemples les soutiennent, que nos paroles les édifient ; que leurs âmes soient gagnées et consolées par notre affection ; que leurs corps soient soulagés par nos largesses.

Priez pour la France, votre patrie, ô Pierre ! Secourez l’Espagne, au sein de laquelle vous avez fondé votre sublime Institut. Protégez les restes précieux de cet Ordre par lequel vous avez opéré tant de miracles de charité. Consolez et délivrez les captifs que la main des hommes retient dans les prisons ou dans l’esclavage. Obtenez pour nous tous cette sainte liberté des enfants de Dieu dont parle l’Apôtre, et qui consiste dans l’obéissance à la loi de Dieu. Quand cette liberté régnera dans les cœurs, elle affranchira les corps. En vain l’homme extérieur cherche à être libre, si l’homme intérieur est asservi. Faites, ô Rédempteur de vos frères, que les liens de l’erreur et du péché cessent d’enchaîner nos sociétés ; c’est alors que vous les aurez rendues à la vraie liberté, qui produit et règle toutes les autres.

Saint Pierre Nolasque confesseur mémoire de Sainte Agnès pour la 2nde fois
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Super Col., cap. 1 l. 3

28 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super Col., cap. 1 l. 3

Lectio 3

Super Col., cap. 1 l. 3 Supra posuit materiam gratiarum actionis, ostendens pro quibus bonis gratias egit, hic ostendit orationem, innuens quid pro eis petit. Et primo praemittit conditiones orationis; secundo subdit bona petita, ibi ut impleamini. Oratio tres habet conditiones: primo quod sit tempestiva, unde subdit ex qua die, etc., supple: coepimus orare. Jr. XXXI, 20: ex quo locutus sum de eo, adhuc recordabor eius, et cetera. Secundo quod sit continua, ibi non cessamus, et cetera. I R. XII, 23: absit autem a me hoc peccatum in Domino, ut cessem orare pro vobis. Rm. I, 9: sine intermissione memoriam vestri facio semper in orationibus meis. Tertio multiplex et perfecta, ibi orantes et postulantes. Oratio est ascensus mentis in Deum. Postulatio est rerum petitio. Oratio debet praecedere ut devote petens exaudiatur, sicut petentes praemittunt persuasionem ut inclinent; sed nos debemus praemittere devotionem et meditationem Dei et divinorum, non ut eum flectamus, sed ut nos erigamus in eum. Tria autem petit, scilicet cognitionem veritatis, ibi ut impleamini; operationem virtutis, ibi ut ambuletis; tolerantiam malorum, ibi in omni patientia. Triplicem vero cognitionem optat, scilicet agendorum; unde dicit ut impleamini agnitione, etc., id est ut plene cognoscatis voluntatem Dei. I Th. IV, 3: haec est voluntas Dei, sanctificatio vestra, ut abstineatis, et cetera. Ille ergo cognoscit voluntatem Dei, qui in sanctitate vivit. Qui ergo peccat, non cognoscit voluntatem Dei, quia omnis peccans est ignorans. Rm. XII, 2: ut probetis quae sit voluntas Dei, et cetera. Item cognitionem divinorum, ibi in omni sapientia, quae est cognitio divinorum, secundum Augustinum. Sg. I, 1: sentite de Domino in bonitate. Item spiritualium donorum, ibi et intellectu spirituali, id est non harum corporalium rerum. I Cor. II, 12: nos autem non spiritum huius mundi accepimus, sed spiritum qui ex Deo est. Et apte coniunguntur haec duo, sapientia et intellectus, quia minor est sapientia, si intellectu careat, ut dicit Gregorius; et inutilis est intellectus sine sapientia, quia sapientia iudicat, et intellectus capit, et non valet capere, nisi iudicet, et e converso. Glossa dicit quod primum sumitur generaliter; secundum pertinet ad activam vitam; tertium ad contemplativam. Nec sufficit cognoscere, quia scienti bonum et non operanti, peccatum est illi, ut dicitur Jc. IV, 17. Unde oportet quod adsit virtuosa operatio, quam primo tangit, ibi ut ambuletis digne Deo. Indigne enim ambulat qui non vivit sicut decet filium Dei. II Cor. VI, 4: in omnibus exhibeamus nosmetipsos sicut Dei ministros in multa patientia, et cetera. I Th. IV, 6: sicut praediximus et testificati sumus. Secundo tangit rectam intentionem, ibi per omnia placentes. Sg. IV, 10: placens Deo factus est dilectus. Tertio studium proficiendi, ibi in omni opere bono, et cetera. Semper enim homo debet niti ad ulterius bonum. Eccli. XXIV, 23: flores mei fructus honoris et honestatis. Rm. VI, 22: habetis fructum vestrum in sanctificationem, et cetera. Ad fructificationem sequitur augmentum scientiae; ideo dicit et crescentes, et cetera. Ex hoc enim quod aliquis studet implere mandata disponitur ad cognitionem. Ps. CXVIII, 100: super senes intellexi, quia mandata tua quaesivi. Sg. I, 4: non habitabit in corpore subdito peccatis. Et dicit Dei, non mundi. Sg. X, 10: dedit illi scientiam sanctorum, et cetera. Deinde tangit tolerantiam malorum, quia ad virtutem non sufficit scire vel velle, nisi immobiliter operetur, quod non potest esse sine patientia et malorum tolerantia. Et ideo dicit in omni virtute confortati. Eccli. c. XLVII: divites in virtute pulchritudinis studium habentes. Quae virtus est a Deo. Unde dicit secundum potentiam claritatis eius. Ep. VI, 10: confortamini in Domino. Sed addit claritatis eius, id est Christi, qui est claritas Patris, quia pergere ad peccatum, est pergere ad tenebras. Sg. VII, 25: vapor est enim virtutis Dei, et emanatio quaedam est claritatis omnipotentis Dei sincera. Deinde cum dicit in omni patientia, etc., petit eis tolerantiam in adversis. Quidam enim deficiunt vel propter difficultatem adversorum, et ideo oportet habere patientiam. Lc. XXI, 19: in patientia vestra possidebitis animas vestras. Vel propter dilationem praemii. Et ideo dicit et longanimitate, quae facit sustinere rem promissam. Ha. II, 3: si moram fecerit, expecta eum, et cetera. He. VI, 15: longanimiter ferens adeptus est repromissionem. Sed aliqui haec duo vitant, sed cum tristitia. Contra hoc dicit cum gaudio. Jc. I, 2: omne gaudium existimate, fratres, cum in varias tentationes incideritis, et cetera. Deinde cum dicit gratias agentes, etc., agit gratias pro beneficiis exhibitis omnibus fidelibus. Et hoc pro beneficio gratiae, quod primo ponit; secundo pro fructu gratiae, ibi qui eripuit. Dicit ergo: oramus pro vobis agentes gratias Deo, scilicet creanti, et Patri, scilicet adoptanti, qui dignos, et cetera. Dixerunt aliqui quod dona gratiarum dantur pro meritis, et quod Deus dat dignis gratiam, non autem indignis; ideo hoc excludit apostolus, quia quidquid habes dignitatis et gratiae, hoc Deus fecit in te: ergo et effectus gratiae. Et ideo dicit qui dignos nos fecit, et cetera. II Cor. III, 5: non quod sufficientes simus cogitare aliquid a nobis, quasi ex nobis, et cetera. In partem sortis sanctorum, et cetera. Omnes homines de mundo secundum naturam sunt boni. Et ideo iustum est eos aliquam partem habere Dei. Mali quidem partem habent voluptates et temporalia. Sg. II, 9: haec est pars nostra, et haec sors nostra. Sancti vero habent ipsum Deum partem. Thren. III, 24: pars mea Dominus. Ps. XV, 5: Dominus pars haereditatis meae. Et ideo dicit qui dignos, et cetera. Et addit sortis, quia dupliciter aliquid dividunt: quandoque per electionem, quando unus hanc, alius illam partem elegit; aliquando sorte. Pr. XVIII, 18: contradictiones comprimit sors. Haec autem pars cedit sanctis non per electionem propriam. Jn. XV, 16: non vos me elegistis, sed ego elegi vos sed quia ipse Deus elegit vos. Sors enim nihil aliud est, quam committere aliquid divino iudicio. Sors autem triplex est, scilicet consultoria, divinatoria, et divisoria. Prima autem in temporalibus non est mala; secunda vana est et mala; tertia in necessitatibus aliquando permittenda. Sed haec per se est possessio luminis. I Tm. ult.: lucem habitat inaccessibilem. Jb. XXXVI, 32: in manibus abscondit lucem, et cetera. Et ex hac parte sequitur effectus gratiae, scilicet translatio de tenebris ad lucem. Et ideo primo ponit translationem, secundo modum in quo homines ante gratiam sunt servi peccati. Nam cum peccatum sit tenebrae, ideo sunt in potestate tenebrarum, sive Daemonum, sive peccatorum. Ep. ult.: adversus rectores mundi tenebrarum harum, et cetera. Is. XLIX, 25: captivitas a forti tollitur, et cetera. Et transtulit, etc., id est, ut essemus regnum Dei. Jn. XIX: regnum meum non est de hoc mundo, et cetera. Et hoc fit quando liberamur a peccato. Ap. V, 10: fecisti nos Deo nostro regnum, et cetera. Vel ad litteram, ut consequeremur vitam aeternam. Mt. III, 2: appropinquabit regnum caelorum. Et hoc est quod dicit regnum filii dilectionis suae. Dilectio, ut dicit Augustinus in Glossa, quandoque dicitur Spiritus Sanctus, qui est amor Patris et Filii. Sed si dilectio sic semper teneretur personaliter, tunc Filius esset Filius Spiritus Sancti; sed quandoque dicitur essentialiter, ut dicitur in Glossa. Filii ergo dilectionis suae dicitur, id est Filii sui dilecti, vel Filii essentiae suae. Sed numquid haec est vera: Filius est Filius essentiae Patris? Dicendum est quod si genitivus designat habitudinem causae efficientis, est falsum, quia essentia non generat, nec generatur. Si autem designat formam, id est habens essentiam suam quasi materialiter, sicut dicitur aliquid egregiae formae, id est habens egregiam formam, sic est vera. Jn. III, 35: Pater diligit Filium, et omnia dedit in manu eius. Deinde cum dicit in quo habemus, etc., ostendit modum translationis. Homo enim existens in peccato dupliciter tenebatur subditus, scilicet per servitutem. Jn. VIII, 34: qui facit peccatum, servus est peccati. Item erat reus poenae, et aversus a Deo. Is. LIX, 2: iniquitates vestrae diviserunt inter vos et Deum vestrum, et peccata vestra absconderunt faciem eius a vobis, ne exaudiret. Haec duo removet Christus, quia, inquantum homo, factus est pro nobis sacrificium et redemit nos in sanguine suo. Et ideo dicit in quo habemus redemptionem. I Cor. VI, 20: empti estis pretio magno. Sed inquantum est Deus, habemus per eum peccatorum remissionem, quia reatus peccati solutus est per eum.

 

Lectio 4

Super Col., cap. 1 l. 4 Postquam superius commemoravit gratiae beneficia specialia et universalia, hic commendat auctorem huius gratiae, scilicet Christum. Et primo per comparationem ad Deum; secundo generaliter per comparationem ad totam creaturam, ibi primogenitus; tertio specialiter per comparationem ad Ecclesiam, ibi et ipse est caput. Circa primum notandum est quod Deus dicitur invisibilis, quia excedit capacitatem visionis cuiuscumque intellectus creati, ita quod nullus intellectus creatus naturali cognitione potest pertingere ad eius essentiam. Jb XXXVI, 26: ecce Deus magnus vincens scientiam nostram. I Tm. ult.: lucem habitat inaccessibilem. Videtur ergo a beatis ex gratia, non ex natura. Ratio huius assignatur a Dionysio, quia omnis cognitio terminatur ad existens, id est ad aliquam naturam participantem esse. Deus autem est ipsum esse non participatum ergo est incognitus. Huius ergo Dei invisibilis Filius est imago. Sed videndum est quomodo dicatur imago Dei, et quare dicatur invisibilis. Et quidem de ratione imaginis sunt tria, scilicet quod sit ibi similitudo, quod deducta sit vel expressa ex eo cum quo est similitudo, et quod deducta sit in aliquo pertinente ad speciem vel signum speciei. Si enim sunt duo similia, quorum unum non derivetur ab alio, neutrum dicimus alterius imaginem, sicut ovum non dicitur imago ovi. Et ideo ab imitando dicitur imago. Item si sit simile, sed non quantum ad speciem, vel signum speciei, tunc nec imago dicitur: sicut in homine multa sunt accidentia, ut color, quantitas, et huiusmodi, et secundum nullum horum dicitur imago. Sed si figuram eius accipiat, sic potest esse imago, quia figura est signum speciei; Filius autem est similis Patri, et pater similis filio, sed filius habet hoc a patre, pater autem non a filio. Et ideo proprie loquendo dicimus Filium imaginem Patris, et non e converso, quia deducitur et derivatur haec similitudo a Patre. Item haec similitudo est secundum speciem, quia Filius in divinis repraesentatur aliquo modo, sed deficienter, per verbum mentis nostrae. Verbum autem mentis nostrae est, quando formamus actu formam rei cuius notitiam habemus, et hoc significamus verbo exteriori. Et hoc verbum sic conceptum est quaedam rei similitudo quam in mente tenemus, et simile secundum speciem. Et ideo verbum Dei imago Dei dicitur. Quantum ad secundum sciendum est quod Arriani hoc verbum male intellexerunt, iudicantes de Dei imagine secundum imagines quae fiebant ab antiquis, ut viderent in eis charos suos subtractos sibi, sicut et nos facimus imagines sanctorum, ut quos non videmus in substantia, videamus in imagine. Et ideo dicunt quod invisibile est proprium Patri, Filius autem est primum visibile, in quo manifestatur bonitas Patris, quasi Pater sit vere invisibilis, Filius vero visibilis, et sic alterius essent naturae. Hoc autem excludit apostolus ad He. I, 3 dicens: qui cum sit splendor gloriae, et figura substantiae eius, et cetera. Et sic est imago non solum Dei invisibilis, sed etiam ipse est invisibilis sicut Pater. Qui est imago invisibilis Dei. Deinde cum dicit primogenitus, etc., commendat Christum per comparationem ad creaturam. Et primo facit hoc, secundo exponit, ibi quia in ipso. Circa primum sciendum est quod Arriani sic intelligunt, quasi dicatur primogenitus, quia sit prima creatura: sed hic non est sensus, ut patebit. Et ideo duo sunt videnda, scilicet quomodo haec imago sit genita, et quomodo primogenita creaturae. Quantum ergo ad primum sciendum est quod in unaquaque re generatio est secundum modum sui esse et suae naturae. Alius enim modus generationis est in hominibus, et alius in plantis, et sic de aliis. Natura autem Dei est ipsum esse intelligere, et sic oportet quod eius generatio, vel conceptio intellectualis, sit generatio vel conceptio naturae eius. In nobis autem conceptio intelligibilis non est conceptio naturae nostrae, quia in nobis aliud est intelligere et natura nostra. Et ideo cum haec imago sit verbum et conceptio intellectus, oportet dicere quod sit germen naturae, et sic de necessitate genitus, quia accipit naturam ab alio. Secundo videndum est quomodo dicatur primogenitus. Deus enim non alio se cognoscit et creaturam, sed omnia in sua essentia, sicut in prima causa effectiva. Filius autem est conceptio intellectualis Dei secundum quod cognoscit se, et per consequens omnem creaturam. Inquantum ergo gignitur, videtur quoddam verbum repraesentans totam creaturam, et ipsum est principium omnis creaturae. Si enim non sic gigneretur, solum verbum Patris esset primogenitus Patris, sed non creaturae. Eccli. XXIV, 5: ego ex ore altissimi prodii, primogenita ante omnem creaturam, et cetera. Deinde cum dicit quia in ipso, etc.; exponit quod dixerat, scilicet quod sit primogenitus, quia scilicet est genitus ut principium creaturae. Et hoc quantum ad tria: primo quantum ad rerum creationem; secundo quantum ad earum distinctionem, ibi in caelis; tertio quantum ad conservationem in esse, ibi et omnia in ipso, et cetera. Dicit ergo: est primogenitus creaturae, quia est genitus ut principium omnis creaturae. Et ideo dicit quia in ipso, et cetera. Circa quod sciendum est, quod Platonici ponebant ideas, dicentes, quod quaelibet res fiebat ex eo quod participabat ideam, puta hominis vel alicuius alterius speciei. Loco enim harum idearum nos habemus unum, scilicet Filium, verbum Dei. Artifex enim facit artificium, ex hoc quod facit illud participare formam apud se conceptam, quasi involvens eam exteriori materiae: sicut si dicatur quod artifex facit domum per formam rei quam habet apud se conceptam. Et sic Deus omnia in sua sapientia dicitur facere, quia sapientia Dei se habet ad res creatas, sicut ars aedificatoris ad domum factam. Haec autem forma et sapientia est verbum, et ideo omnia in ipso condita sunt, sicut in quodam exemplari, Gn. I: dixit, et facta sunt, quia in verbo suo aeterno creavit omnia ut fierent. Quantum autem ad rerum distinctionem, sciendum est quod aliqui, sicut Manichaei, erraverunt dicentes haec corpora terrena, quia corruptibilia, facta esse a malo Deo, caelestia vero, quia incorruptibilia, a bono Deo, scilicet Patre Christi. Sed mentiuntur, quia in eodem sunt utraque creata. Ideo dicit in caelis, et cetera. Et haec est distinctio secundum partes naturae corporeae. Gn. I, 1: in principio, id est in Filio, creavit Deus, et cetera. Platonici etiam dicunt quod Deus per se creavit creaturas invisibiles, scilicet Angelos, et per Angelos creavit naturas corporeas. Sed hoc excluditur hic, quia dicitur visibilia et invisibilia. De primo He. XI, 3: fide intelligimus esse aptata saecula, ut ex invisibilibus visibilia fierent. De secundo autem Eccli. XLIII, 36 s.: pauca vidimus operum eius, omnia autem Dominus fecit, et cetera. Haec autem distinctio est secundum creaturarum naturam. Tertia distinctio est ordinis et gradus in invisibilibus, cum dicit sive throni, et cetera. Platonici etiam errant hic. Dicebant enim in rebus diversas esse perfectiones, et quamlibet attribuebant uni primo principio, et, secundum ordines earum perfectionum, ponebant ordines principiorum, sicut ponebant primum ens, a quo participant omnia esse, et illud principium ab isto, scilicet primum intellectum, a quo omnia participant intelligere, et aliud principium vitam, a quo omnia participant vivere. Sed nos non sic ponimus, sed ab uno principio res habent quicquid in eis perfectionis est. Et ideo dicit sive throni, etc.; quasi dicat: non dependent ab aliis principiis ordinatis, sed ab ipso uno solo verbo Dei. Sed quid est quod dicit Ep. I, 22: ipsum dedit caput, etc., ubi quaedam diversitas videtur esse ab istis? Solutio. Hic enim enumerat descendendo, quia ostendit progressum creaturae a Deo, ibi ascendendo, quia ostendit quod filius Dei, secundum quod homo, super omnes creaturas est. Sed tamen ibi principatus ponuntur sub potestatibus, et virtutes inter dominationes et potestates, hic principatus super potestates, et principatus medium inter dominationes et potestates. Et secundum hoc diversae sunt sententiae Gregorii et Dionysii. Dionysius enim ordinat eos secundum quod dicitur ad Ephesios, quia in secunda hierarchia ponit dominationes, virtutes, et potestates. Gregorius vero ordinat eos sicut hic habetur, quia in secunda hierarchia ponit dominationes, principatus et potestates, in tertia vero virtutes, Archangelos et Angelos. Sed sciendum est, quod, sicut Gregorius et Dionysius dicunt, haec dona spiritualia, ex quibus nominantur hi ordines, communia sunt omnibus, tamen quidam nominantur a quibusdam, quidam ab aliis, cuius ratio accipitur ex dictis Platonicorum, quia omne quod convenit alicui, convenit tripliciter, quia aut essentialiter, aut participative, aut causaliter. Essentialiter quidem quod convenit rei secundum proportionem suae naturae, sicut homini rationale. Participative autem quod excedit suam naturam, sed tamen aliquid de illo participat, sed imperfecte, sicut intellectuale homini, quod est supra rationale et est essentiale Angelorum et idem aliquid participat homo. Causaliter vero quod convenit rei supervenienter, sicut homini artificialia, quia in eo non sunt sicut in materia, sed per modum artis. Unumquodque autem denominatur solum ab eo quod convenit ei essentialiter. Unde homo non dicitur intellectualis nec artificialis, sed rationalis. De dictis autem donis in Angelis, ea quae conveniunt superioribus essentialiter, inferioribus conveniunt participative; quae vero inferioribus essentialiter conveniunt, superioribus causaliter conveniunt. Et ideo superiores denominantur a superioribus donis. Supremum autem in creatura spirituali est quod attingit Deum, et quodammodo participat eum. Et ideo denominantur superiores ex hoc, quod attingunt Deum. Seraphim, quasi ardentes Deo vel incendentes; Cherubim, quasi scientes Deum; throni, quasi habentes in seipsis sedentem Deum. Tripliciter enim aliquid potest ab alio participare: uno modo, accipiendo proprietatem naturae eius; alio modo, ut recipiat ipsum per modum intentionis cognitivae; alio modo, ut deserviat aliqualiter eius virtuti, sicut aliquis medicinalem artem participat a medico vel quia accipit in se medicinae artem, vel accipit cognitionem artis medicinalis, vel quia deservit arti medicinae. Primum est maius secundo, et secundum tertio. In sacra autem Scriptura significatur aliquid divinum per ignem. Dt. IV, 24: Dominus Deus tuus ignis consumens est, et cetera. Et ideo supremus ordo dicitur Seraphim, quasi ardentes Deo, et continentes aliquam divinam proprietatem. Secundus ordo est Cherubim, consequentes eum cognitive. Et tertius throni, eius virtuti deservientes. Alii autem ordines non nominantur ex attingendo Deum, sed per aliquam eius operationem. Et aliqui ut dirigentes, et sic sunt dominationes. Alii exequentes, et horum quidem ut principaliores, ut principatus, Ps. LXVII, 26: praevenerunt principes, et cetera. Alii secundum executionem, et sic sunt exequentes supra spirituales creaturas, ut sunt potestates quae arcent Daemones; si supra naturalia, sunt virtutes, quae miracula faciunt; si supra homines, sunt Archangeli ad magna; si Angeli, ad minima. Et sic concludendo dicit omnia per ipsum, sicut per causam effectivam, et in ipso, sicut per causam exemplarem. Jn. I, 3: omnia per ipsum facta sunt, et cetera. Sed quia posset aliquis dicere: numquid omnia sunt aeterna? Ideo apostolus quasi respondens ad hoc, dicit quod non, sed ipse est ante omnia, scilicet tempora et res alias. Pr. VIII, 22: Dominus possedit me in initio viarum suarum, antequam quidquam faceret a principio, et cetera. Vel ante dignitatem. Ps. LXXXVIII, 7: quis similis Deo, et cetera. Quantum ad conservationem dicit et omnia in ipso constant, id est conservantur. Sic enim se habet Deus ad res, sicut sol ad lunam, quo recedente deficit lumen lunae. Et sic si Deus subtraheret suam virtutem a nobis, in momento deficerent omnia. He. I, 3: portans omnia verbo virtutis suae.

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Saint Jean Chrysostome évêque confesseur et docteur

27 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Jean Chrysostome évêque confesseur et docteur

Collecte

Que la grâce céleste fasse croître, nous vous en prions Seigneur, votre Église que vous avez voulu illuminer par les glorieux mérites et les enseignement du bienheureux Jean Chrysostome, votre Confesseur et Docteur.

Lecture 2. Tm. 4, 1-8

Mon bien-aimé, je t’adjure, devant Dieu et Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et par son règne, prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, supplie, menace, en toute patience et toujours en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils amasseront autour d’eux des docteurs selon leurs désirs ; et éprouvant aux oreilles une vive démangeaison, ils détourneront l’ouïe de la vérité, et ils la tourneront vers des fables. Mais toi, sois vigilant, travaille constamment, fais l’œuvre d’un évangéliste, acquitte-toi pleinement de ton ministère ; sois sobre. Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de ma dissolution approche, j’ai combattu le bon combat, j’ai achève ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui aiment son avènement.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Jean, né à Antioche, fut surnommé Chrysostome, à cause du fleuve d’or de son éloquence. Il quitta le barreau et les affaires du siècle pour s’adonner entièrement à l’étude des saintes lettres, dans laquelle il s’attira beaucoup de louanges par son génie et par sa science. Aussi ayant été initié aux mystères sacrés, puis fait Prêtre de l’Église d’Antioche, il fut préposé, malgré lui, à l’Église de Constantinople, après la mort de Nectaire, par les soins de l’empereur Arcadius. Dès qu’il eut reçu la charge pastorale, il commença à s’élever avec force contre la corruption des mœurs et la vie licencieuse des grands. Cette liberté le rendit l’objet d’une haine profonde de la part d’un grand nombre. Il blessa même vivement l’impératrice Eudoxie, en lui reprochant de s’être emparée de l’argent de la Veuve Callitrope, et du champ d’une autre veuve.

Cinquième leçon. C’est pourquoi les ennemis du Saint réunirent à Chalcédoine une assemblée de quelques Évêques ; Jean ayant été cité, ne voulut pas s’y rendre, disant que ce concile n’était ni public ni légitime. Il fut donc envoyé en exil, principalement par les efforts d’Eudoxie ; mais peu après, le regret de son absence excita une sédition parmi le peuple, et on le rappela aux grands applaudissements de la cité. Comme il ne laissait pas de tonner contre les vices, et qu’il défendait de célébrer des jeux devant la statue d’argent d’Eudoxie, sur la place de Sainte-Sophie, une conspiration des Évêques s.es ennemis le contraignit de nouveau à s’exiler, tandis que les veuves et les indigents pleuraient le bannissement de leur père commun. On ne saurait croire combien de maux Chrysostome souffrit en exil, ni combien d’âmes il convertit à la foi de Jésus-Christ.

Sixième leçon. Tandis que le souverain Pontife Innocent Ier, par un décret porté dans un concile tenu à Rome, le rétablissait sur son siège, il était accablé durant le voyage, de souffrances et de privations inouïes par les soldats qui le gardaient. Comme on le conduisait par l’Arménie, le Martyr saint Basilisque, dans l’église duquel il avait auparavant prié, lui parla ainsi durant la nuit : « Jean, mon frère, le jour de demain nous réunira dans un même lieu. » Il prit donc le lendemain le sacrement de l’Eucharistie, et, s’étant muni du signe de la croix, il rendit son âme à Dieu, le dix-huit des calendes d’octobre. Après sa mort, une effroyable grêle tomba sur Constantinople, et quatre jours plus tard, l’impératrice quitta cette vie. Théodose, fils d’Arcadius, fit apporter le corps du Saint à Constantinople avec une pompe insigne et au milieu d’une grande affluence de peuple : il le fit ensevelir honorablement le six des calendes de février, et lui-même, vénérant ses reliques, implora le pardon de ses parents. Depuis, le corps du Saint, ayant été transporté à Rome, fut enseveli dans la basilique Vaticane. Tous admirent le nombre, la piété, la beauté de ses sermons et de ses autres écrits, sa manière d’interpréter les livres sacrés et de les expliquer en s’attachant au sens littéral des paroles. Il semble que saint Paul lui ait dicté beaucoup des choses qu’il a écrites ou prêchées, et tout le monde l’estime digne d’une telle faveur. Pie X a déclaré et constitué cet illustre saint, Docteur de l’Église universelle et céleste patron de tous les orateurs sacrés.

Avant l’arrivée de notre Emmanuel, les hommes étaient comme des brebis sans pasteur ; le troupeau était dispersé, et le genre humain courait à sa ruine. Jésus ne s’est donc pas contenté d’être l’Agneau destiné à l’immolation pour nos péchés ; il a voulu revêtir le caractère de Pasteur, pour nous rallier tous dans le divin bercail. Mais, comme il devait remonter aux cieux, il a pourvu aux besoins de ses brebis en établissant une suite de pasteurs qui paissent, en son nom, le troupeau, jusqu’à la consommation des siècles. Or, les brebis du Seigneur ont principalement besoin de la doctrine, qui est la lumière dévie ; c’est pourquoi l’Emmanuel a voulu que les Pasteurs fussent aussi docteurs. La Parole divine et les Sacrements, telle est la dette des pasteurs envers leurs troupeaux. Ils doivent dispenser par eux-mêmes, et sans cesse, cette double nourriture à leurs brebis, et donner leur vie, s’il le faut, pour l’accomplissement d’un devoir sur lequel repose l’œuvre tout entière du salut du monde.

Mais, comme le disciple n’est point au-dessus du Maître, les Pasteurs et Docteurs du peuple chrétien, s’ils sont fidèles, sont en butte à la haine des ennemis de Dieu ; car ils ne peuvent étendre le royaume de Jésus-Christ qu’au détriment de la domination de Satan. Aussi l’histoire de l’Église n’est-elle, à chaque page, que le récit des persécutions qu’ont endurées les Pasteurs et Docteurs qui ont voulu continuer le ministère de zèle et de charité que le Christ a ouvert sur la terre. Trois sortes de combats leur ont été livrés dans la suite des siècles, et ont donné occasion à trois admirables victoires. Les Pasteurs et Docteurs des Églises ont eu à lutter contre l’erreur païenne, qui s’opposait par le carnage à la prédication de la loi sublime du Christ ; c’est cette persécution qui a couronné et réuni autour du berceau de l’Emmanuel, dans les quarante jours consacrés à sa Naissance, les Polycarpe, les Ignace, les Fabien, les Marcel, les Hygin, les Télesphore.

Après l’âge des persécutions, une nouvelle arène, non moins glorieuse, s’est ouverte pour les Pasteurs et Docteurs du peuple chrétien. Les princes, devenus d’abord enfants de l’Église, ont voulu bientôt l’enchaîner. Ils ont cru dans l’intérêt de leur politique d’asservir cette parole qui doit librement parcourir le monde en tous sens, comme la lumière visible qui est son image. Ils ont voulu être prêtres et pontifes, comme aux jours du paganisme, et mettre arrêt sur ces sources de vie qui se tarissent dès qu’une main profane les a touchées. Une lutte incessante s’est établie entre les deux pouvoirs, spirituel et temporel ; cette longue période a produit aussi ses athlètes et ses martyrs. En chaque siècle, Dieu a glorifié son Église par les combats et les triomphes de plus d’un vaillant champion de la parole et du ministère. Thomas de Cantorbéry, Hilaire de Poitiers, représentent dignement ces chevaliers à la Cour du Roi nouveau-né.

Mais il est une autre série de combats pour les Pasteurs et Docteurs du peuple fidèle : c’est la lutte contre le monde et ses vices. Elle dure depuis le commencement du Christianisme, elle occupera les forces de l’Église jusqu’au dernier jour ; et c’est parce qu’ils l’ont soutenue avec courage, que tant de saints prélats ont été odieux pour le nom de Jésus-Christ. Ni la charité, ni les services de tout genre, ni l’humilité, ni la mansuétude, ne les ont garantis de l’ingratitude, de la haine, de la calomnie, des persécutions ; parce qu’ils étaient fidèles à proclamer la doctrine de leur Maître, à venger la vertu, à s’opposer aux pécheurs. François de Sales n’a pas été plus exempt des effets de la malice des hommes que Jean Chrysostome lui-même, dont le triomphe réjouit aujourd’hui l’Église, et qui se présente au berceau de l’Emmanuel comme le plus illustre des martyrs du devoir pastoral.

Disciple du Sauveur des hommes jusque dans la pratique de ses conseils par la profession monastique, ce prédicateur à la bouche d’or n’a employé le don de son éloquence sublime qu’à recommander les vertus apportées par le Christ sur la terre, qu’à reprendre toute sorte de pécheurs. Une impératrice, dont il avait dénoncé les vanités païennes ; des hommes puissants, dont il avait signalé les œuvres mauvaises ; des femmes influentes, aux oreilles desquelles sa voix importune tonnait trop souvent ; un évêque d’Alexandrie, des prélats de cour, plus jaloux encore de sa réputation que de sa vertu : telles sont les forces que l’enfer réunit contre Jean. L’amour de son peuple ne le garantira pas plus que la sainteté de sa vie ; et l’on verra cet illustre pontife qui avait ravi par le charme de sa parole les habitants d’Antioche, et autour duquel Constantinople tout entière se réunissait dans un enthousiasme qui ne se ralentit pas un seul jour, après s’être vu déposé dans un indigne conciliabule, après avoir vu son nom effacé des diptyques de l’autel, malgré la protestation énergique du Pontife romain, s’en aller mourir de fatigue, entre les mains des soldats, sur la route de l’exil.

Mais ce Pasteur, ce Docteur n’était pas vaincu. Il répétait, avec le grand Paul : « Malheur à moi, si je ne prêche pas l’Évangile ! ». Et encore : « La parole de Dieu ne s’enchaîne pas. ». L’Église triomphait en lui, plus glorifiée et plus consolidée par la constance de Chrysostome mené en captivité pour avoir prêché la doctrine de Jésus-Christ, que par les succès de cette éloquence que Libanius avait enviée pour le paganisme. Écoutons les fortes paroles de Chrysostome, à la veille de partir pour son dernier exil. Déjà il a été enlevé une fois ; mais un affreux tremblement de terre, présage de la colère du ciel, a contraint Eudoxie elle-même à demander avec larmes son rappel à l’Empereur. De nouveaux orages se forment contre Jean ; mais il sent que toute la force de l’Église est en lui, et il défie la tempête. Apprenons ce que c’est qu’un Évêque formé à l’école de Jésus-Christ, le Pasteur et l’Évêque de nos âmes, comme parle saint Pierre :

« Les flots et la tourmente s’avancent contre nous ; cependant nous ne craignons pas d’en être submergés ; car nous sommes assis sur la pierre. Que la mer s’élance dans tout son courroux, elle ne dissoudra pas la pierre ; que les flots montent, ils ne submergeront pas le vaisseau de Jésus. Je vous le demande, que craindrions-nous ? La mort ? Mais le Christ est ma vie, et mourir m’est un gain.] L’exil, me direz-vous ? Mais la terre est au Seigneur, avec tout ce qu’elle renferme. La confiscation des biens ? Mais nous n’avons rien apporté en venant en ce monde, et nous rien pouvons rien emporter. Les terreurs de ce monde me sont à mépris, et ses biens n’excitent que ma risée. Je ne crains pas la pauvreté, je ne convoite pas les richesses, je ne redoute pas la mort ; et si je désire vivre, c’est uniquement pour votre avantage. Votre intérêt est même le seul motif qui me porte à faire allusion à la circonstance présente.
« Voici la prière que je fais à votre charité : « Ayez confiance. Nul ne pourra nous séparer ; ce que Dieu a joint, ce n’est pas à l’homme de le désunir. Dieu l’a dit à propos de l’union de l’homme et de la femme. Tu ne peux, ô homme ! briser le lien d’un seul mariage ; comment pourrais-tu diviser l’Église de Dieu ? C’est donc elle que tu attaques, parce que tu ne peux atteindre celui que tu poursuis. Le moyen de rendre ma gloire plus éclatante, d’épuiser plus sûrement encore tes forces, c’est de me combattre ; car il te sera dur de regimber contre l’aiguillon.  Tu n’en émousseras pas la pointe, et tes pieds en seront ensanglantés. Les flots n’entament pas le rocher ; ils retombent sur eux-mêmes, écume impuissante.
« O homme ! Rien n’est comparable à la force de l’Église. Cesse la guerre, si tu ne veux pas sentir épuiser tes forces ; ne fais pas la guerre au ciel. Si tu déclares la guerre à l’homme, tu peux vaincre, ou succomber ; mais quand tu attaques l’Église, l’espoir de vaincre t’est interdit ; car Dieu est plus fort que tout. Serions-nous donc jaloux du Seigneur ? Serions-nous plus puissants que lui ? Dieu a fondé, il a affermi ; qui essaiera d’ébranler ? Tu ne connais donc pas sa force ? Il regarde la terre, et il la fait trembler ; il commande, et ce qui était ébranlé devient solide. Si naguère il a raffermi votre ville agitée par un tremblement de terre, combien plus pourra-t-il rasseoir l’Église ! Mais elle est plus solide que le ciel même. Le ciel et la terre passeront, dit le Seigneur ; mais mes paroles ne passeront point. Et quelles paroles ? Tu es Pierre, et sur cette pierre qui est à moi, je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle.
« Si tu ne crois pas à cette parole, crois aux faits. Combien de tyrans ont essayé d’écraser l’Église ? Que de bûchers, que de bêtes féroces, que de glaives ! Et tout cela pour ne rien produire. Où sont maintenant ces redoutables ennemis ? Le silence et l’oubli en ont fait justice. Et l’Église, où est-elle ? Sous nos yeux, plus resplendissante que le soleil. Mais si, lorsque les chrétiens étaient en petit nombre, ils n’ont pas été vaincus ; aujourd’hui que l’univers entier est plein de cette religion sainte, comment les pourrais-tu vaincre ? Le ciel et la terre passeront, dit le Christ, mais mes paroles ne passeront, pas. Et il en doit être ainsi ; car l’Église est plus aimée de Dieu que le ciel même. Ce n’est pas du ciel qu’il a pris un corps ; la chair qu’il a prise appartient à l’Église. Le ciel est pour l’Église, et non pas l’Église pour le ciel.
« Ne vous troublez pas de ce qui est arrivé. Faites-moi cette grâce, d’être immobiles dans la foi. N’avez-vous pas vu Pierre, lorsqu’il marchait sur les eaux, pour avoir douté un instant, courir le risque d’être submergé, non par l’impétuosité des flots, mais à cause de la faiblesse de sa foi ? Sommes-nous donc montés sur ce siège par les calculs humains ? L’homme nous a-t-il élevé, pour que l’homme nous puisse renverser ? Je ne le dis pas par arrogance, ni par une vaine jactance : à Dieu ne plaise ! je veux seulement affermir ce qui en vous serait flottant.
« La ville était rassise sur ses bases ; le diable a voulu ébranler l’Église. O esprit de scélératesse et d’infamie ! tu n’as pas su renverser des murailles, et tu espères ébranler l’Église ! Consiste-t-elle donc dans des murailles, l’Église ? Non ; l’Église, c’est la multitude des fidèles ; ils sont ses fermes colonnes, non liées avec le fer, mais serrées par la foi. Je ne dis pas seulement qu’une telle multitude a plus de force que le feu ; ta rage ne saurait triompher même d’un seul chrétien. Rappelle-toi quelles blessures t’ont infligées les martyrs. N’a-t-on pas vu souvent comparaître une jeune fille délicate, amenée devant le juge, avant l’âge nubile ? Elle était plus tendre que la cire, et cependant plus ferme que la pierre. Tu déchirais ses flancs ; tu ne lui enlevais pas la foi. La chair cédait sous l’instrument de torture, la constance dans la foi ne cédait pas. Tu n’as pu vaincre même une femme, et tu espères surmonter tout un peuple ? Tu n’as donc pas entendu le Seigneur qui disait : Là où deux ou trois sont rassemblés en mon Nom, j’y suis au milieu d’eux ?] Et il ne serait pas présent au milieu d’un peuple nombreux, enchaîné par les liens de la charité !
« J’ai en mes mains le gage, je possède sa promesse écrite ; c’est là le bâton sur lequel je m’appuie, c’est là ma sécurité, c’est là mon port tranquille. Que l’univers entier s’agite ; je me contente de relire ces caractères sacrés ; c’est là mon mur, c’est là ma forteresse. Mais quels caractères ? Ceux-ci : Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles. Le Christ est avec moi ! qu’ai-je à craindre ? Quand les flots s’élèveraient contre moi, quand les mers, quand la fureur des princes ; pour moi, tout cela est moins qu’une toile d’araignée. Si votre charité ne m’eût retenu, j’étais prêt à partir pour l’exil, dès aujourd’hui même. Voici ma prière : « Seigneur, que votre volonté se fasse ; non telle ou telle volonté, mais la vôtre. Qu’il arrive ce que Dieu voudra ; s’il veut que je reste ici, je l’en remercie ; en quelque lieu qu’il veuille que je sois transporté, je lui rends grâces. »

Tel est le cœur du ministre de Jésus-Christ, humble et invincible. Et Dieu donne de ces hommes dans tous les siècles ; et quand ils deviennent rares, tout languit et s’éteint. Quatre Docteurs de ce caractère ont été donnés à l’Église Orientale : Athanase, Grégoire de Nazianze, Basile et Chrysostome ; et le siècle qui les a produits conserva la foi, malgré les plus redoutables périls. Les deux premiers brillent au Cycle, à l’époque où l’Église est toute radieuse de l’éclat de son Époux ressuscité ; le troisième signale le temps où les dons de l’Esprit d’amour ont fécondé l’Église ; Chrysostome nous réjouit par sa présence, en ce jour où le Verbe de Dieu nous apparaît sous les livrées de l’infirmité et de l’enfance. Nous, heureux fils de l’Église latine qui seule a eu le bonheur de conserver la foi primitive, parce que Pierre est avec elle, honorons ces quatre fortes colonnes de l’édifice de la tradition ; mais rendons aujourd’hui nos hommages à Chrysostome, le Docteur de toutes les Églises, le vainqueur du monde, le Pasteur inébranlable, le successeur des Martyrs, le prédicateur par excellence, l’admirateur de Paul, l’imitateur du Christ.

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Super Col.

27 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super Col.

Prooemium

Super Col., pr. Protegebat castra gladio suo, et cetera. I M. III, 3. Haec verba congruunt materiae huius epistolae ad Colossenses, quia totus status huius vitae est in pugnatione militantium, quorum habitacula castra dicuntur. Jb VII, 1: militia est vita hominis super terram. Ideo habitacula fidelium nomine castrorum figurantur. Unde Ecclesia similitudinem habet castrorum. Gn. XXXII, 2: castra Dei sunt haec. Haec castra tripliciter impugnantur. A quibusdam quasi obsidentibus, qui manifeste se erigunt contra Ecclesiam. Ap. XX, 8: ascenderunt super latitudinem terrae, et circuierunt castra sanctorum et civitatem dilectam. Ab aliis latenter decipitur, sicut ab haereticis. Rm.: per dulces sermones et benedictiones seducunt corda hominum, et cetera. II Tm. III, 13: mali autem homines et seductores proficient in peius, errantes et in errorem mittentes. A quibusdam, scilicet domesticis, per diversas corruptelas peccatorum quae sunt ex corruptione carnis. Ga. V, 17: caro concupiscit adversus spiritum, et spiritus adversus carnem. Ep. ult.: non est nobis colluctatio adversus carnem et sanguinem, sed adversus principes, et cetera. Praelati Ecclesiae sunt duces, Ps. LXVII, 28: principes Iuda duces eorum, ad quorum officium pertinet contra omnia praedicta castra Ecclesiae munire. Contra peccata quidem, per exhortationes. Is. LVIII, 1: annuntia populo meo scelera eorum, et domui Iacob peccata eorum. Contra haereticos, per sanam doctrinam. I Tm. I: amplectentem eum, qui secundum doctrinam est, fidelem sermonem, et cetera. Contra persecutores, exemplo, scilicet patienter tolerando. Sic Paulus protexit gladio spirituali, quia in suis epistolis corripiebat peccata, confutabat haereses, animabat ad patientiam. De primo, Ep. V, 3: fornicatio autem et omnis immunditia aut avaritia nec nominetur in vobis, et cetera. De secundo, Tt. III, 10: haereticum hominem post primam et secundam correptionem devita, et cetera. De tertio, II Cor. XI per totum patet quomodo animabat ad patientiam. Et sic tanguntur duo in verbis propositis, scilicet Ecclesiae status, cum dicitur castra, et apostoli studium, ibi protexit. In castris autem debet esse sollicitudo ad mala vitanda. Dt. XXIII, 14: ut sint castra tua sancta, et nihil in eis appareat foeditatis. Item ordo ad ducem et ad se. Ct. VII, 1: quid videbis in Sunamite, nisi choros castrorum? Gn. XXXII, 2: castra Dei sunt haec. Item terror ad hostes. Ct. VI, 3: terribilis ut castrorum acies ordinata. Sed apostolus circa protectionem erat sollicitus tamquam pastor, cuius est dirigere oves diligenter ne errent. Jn. X, 4: ante eas vadit, et cetera. Et sic apostolus faciebat. Ph. III: imitatores mei estote, sicut et ego Christi. Item pascere abundanter, ne deficiant. I P. V, 2: pascite, qui in vobis est, Domini gregem, et cetera. Et sic apostolus faciebat. I Cor. I, 2: tamquam parvulis lac dedi vobis. Item defendere potenter, ne pereant. Eccli. VII, 6: noli velle fieri iudex, nisi valeas virtute irrumpere iniquitates. I R. XVII, 34: pascebat servus tuus patris sui gregem, et veniebat leo, vel ursus, et cetera. Et ideo dicit, quod apostolus protegebat castra, id est Ecclesiam Dei, gladio, quod est verbum Dei, ut dicitur Ep. VI: vivus est enim sermo Dei et efficax et penetrabilior omni gladio ancipiti, et cetera. Sic ergo materia huius epistolae est haec. Quia in epistola ad Ephesios ostendit modum ecclesiasticae unitatis; in epistola ad Philippenses ostendit eius profectum et conservationem; in hac autem agit de eius conservatione contra haereticos, qui depravaverant eos seducendo, et cetera.

Caput 1

Lectio 1

Super Col., cap. 1 l. 1 Dividitur autem haec epistola in salutationem, et tractatum, ibi gratias, et cetera. Item primo ponuntur personae salutantes; secundo personae salutatae, ibi his qui sunt; tertio bona optata, ibi gratia vobis. Circa primum primo ponitur principalis persona; secundo adiuncta, ibi et Timotheus. Principalis primo tangitur ex nomine Paulus, id est humilis. Tales enim percipiunt sapientiam. Mt. XI, 25: abscondisti haec a sapientibus et prudentibus, et revelasti ea parvulis. Et ideo docet eam. Secundo ab officio, scilicet apostolus, id est missus, scilicet ad procurandum salutem fidelium. Ac. XIII, 2: segregate mihi Saulum et Barnabam in opus ad quod assumpsi eos. Jn. XX, 21: sicut misit me Pater, et ego mitto vos. Et apostolus, non cuiuslibet, sed Iesu Christi, cuius gloriam quaerit, non sui ipsius. II Cor. IV, 5: non enim nosmetipsos praedicamus, sed Iesum Christum Dominum nostrum, nos autem servos vestros per Iesum. Sed quidam aliquando perveniunt ad officium ex ira Dei propter peccatum populi. Jb XXXIV, 30: qui regnare facit hominem hypocritam propter peccata populi. Os. XIII, 11: dabo tibi regem in furore meo. Et ideo dicit per voluntatem Dei, scilicet eius beneplacitum. Jr. III, 15: dabo vobis pastores iuxta cor meum, et pascent vos scientia et doctrina. Persona adiuncta est Timotheus, ut scilicet in ore duorum vel trium stet omne verbum, ut, dicitur Dt. XVII. Pr. XVIII, 19: frater qui iuvatur a fratre, quasi civitas firma. Personae salutatae ponuntur, ibi his, et cetera. Sancti dicuntur maiores. Lc. I, 75: serviamus illi in sanctitate et iustitia coram ipso. Fideles dicuntur minores, qui saltem veram fidem tenent, quia sine fide impossibile est placere Deo, ut dicitur He. XI, 6. Vel sanctis, id est in Baptismo sanctificatis, et fidelibus, id est permanentibus in fide accepta. Pr. XXVIII, 20: vir fidelis multum laudabitur, et cetera. Deinde ponuntur bona optata, scilicet gratia, quae est principium omnis boni. Rm. III, 24: iustificati gratis per gratiam ipsius. Pax quae est finale bonum omnium. Ps. CXLVII, 14: qui posuit fines tuos pacem. Et per consequens optat omnia bona media. Et hoc a Deo, Ps. LXXXIII, 12: gratiam et gloriam dabit Dominus; Patre Domini nostri Iesu Christi, scilicet per naturam, sed nostro per gratiam, et Domino Iesu Christo, et sic Patre nostro, scilicet Deo in Trinitate, et Domino Iesu Christo, quantum ad naturam assumptam.

Lectio 2

Super Col., cap. 1 l. 2 Hic, accedens ad propositum, incipit epistolarem tractatum. Et primo commendat Evangelii veritatem; secundo contra contrariantia protegit veritatem status huius in II capite, ibi volo enim scire vos. Circa primum duo facit. Primo commendat evangelicae fidei veritatem; secundo actorem huius status, ibi qui est imago. Item prima in duas, quia primo agit gratias pro beneficiis specialiter exhibitis Colossensibus; secundo pro exhibitis generaliter Ecclesiae, ibi gratias agentes. Circa primum duo facit, quia primo commendat gratiarum actionem Deo pro istis; secundo ostendit orationis materiam, ibi audientes. Iterum prima in duas, quia primo praemittit gratiarum actionem; secundo orationem, ibi orantes. Dicit ergo: gratias agimus Deo, actori gratiarum. I Th. ult.: in omnibus gratias agite. Et hoc semper, pro praeteritis et futuris. Licet enim non continue in actu possimus orare, tamen semper, ex habitu charitatis, debemus orare. I Th. ult.: sine intermissione orate. Lc. XVIII, 1: oportet semper orare. Deinde ponitur materia, et primo gratiarum actionis, secundo orationis, ibi ideo et nos. Circa primum primo commemorat bona eorum, secundo quomodo fuerunt ea adepti, ibi quam audistis. Bonum nostrum principaliter est in fide, spe et charitate: per fidem enim habemus notitiam Dei, per spem elevamur in ipsum, sed charitate unimur ei. I Cor. XIII, 13: nunc autem manent fides, spes, charitas, tria haec, et cetera. Et ideo de istis tribus gratias agit, primo quod fidem habent. Non enim ipse praedicaverat eis, sed quidam discipulus Epaphras nomine, et postea Archippus. Et ideo dicit audientes fidem, quae est principium spiritualis vitae. Ha. II, 4: iustus meus ex fide vivit. He. XI, 6: accedentem ad Deum oportet credere, et cetera. Sed haec fides sine dilectione operante est mortua, ut dicitur Jc. II, 17. Et ideo oportet, quod adsit dilectio operans. Ga. ult.: in Christo Iesu neque circumcisio aliquid valet, neque praeputium, sed nova creatura. Et ideo dixit et dilectionem quam habetis, et cetera. Est autem quaedam dilectio charitatis et quaedam mundana, sed mundana non se extendit ad omnes, quia dilectio talis ad illos est cum quibus est communio, quae est causa dilectionis, et haec causa in dilectione mundana non se habet ad omnes, sed tantum est cum consanguineis et mundanis, sed dilectio charitatis se extendit ad omnes. Et ideo dicit in omnes. Nam et si peccatores diligantur per charitatem, hoc est ut sint aliquando sancti. I Jn. III, 14: nos scimus quoniam translati sumus de morte ad vitam, quoniam diligimus fratres. Item dilectio mundi habet fructum in hoc mundo, sed charitas habet in vita aeterna. Et ideo tertio subdit de spe, dicens propter spem quae reposita est, id est propter gloriam aeternam, quae ideo dicitur spes, quia pro certo custoditur. Jb XIX, 27: reposita est haec spes mea in sinu meo. Deinde cum dicit quam ante audistis, ostendit quomodo adepti sunt ista. Et primo commendat doctrinam evangelicam, secundo ministerium, ibi sicut didicistis. Item primo commendat doctrinam a veritate; secundo ab eius dilatatione, ibi quod pervenit; tertio a profectu, ibi et fructificat. Dicit ergo quam audistis, scilicet spem, vel rem speratam. Et hoc in verbo veritatis Evangelii. Haec enim excedit omnia. I Cor. II, 9: nec oculus vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit, et cetera. Et ideo Deus eam revelat. Mt III, 2: poenitentiam agite, appropinquabit enim regnum caelorum. Haec autem est spes vera, non autem est vana (sicut quando promittens est mendax), quia in verbo veritatis. Jn. XVII, 17: sermo tuus veritas est. Deinde cum dicit quod pervenit, commendatur doctrina Christi a dilatatione, quia non solum pervenit ad vos, sed in universo mundo. Ps. XVIII, 4: in omnem terram exivit sonus eorum, et cetera. Mt. XXIV, 14: oportet hoc Evangelium regni praedicari in universo orbe, et tunc erit consummatio. Sed quomodo nondum est consummatio, cum sit praedicatum in universo mundo?

Respondeo. Aliqui dicunt quod Evangelium Christi non est Evangelium regni. Sed hoc est falsum, quia Dominus dicit hoc Evangelium regni. Sed dicendum est, secundum Chrysostomum, quod adhuc viventibus apostolis, Evangelium Christi est divulgatum per totum mundum, saltem quantum ad famam, quod est valde miraculosum, quod in quadraginta annis sic creverit doctrina Christi. Et sic dicit in universo mundo, quantum ad famam, et tunc erit consummatio, id est destructio Ierusalem. Secundum Augustinum autem hoc non est verum, quia adhuc tempore suo erant aliquae gentes, in quibus nondum erat Ecclesia. Et ideo ipse dicit hoc esse intelligendum quando praedicabitur, ita quod quando in omnibus gentibus Ecclesia erit fundata, licet aliqui sint credentes, aliqui non, tunc erit finis; et hoc non tempore apostoli, sed circa finem mundi: et sic quando hic dicitur in universo mundo, loquitur apostolus de futuro sicut de praesenti propter certitudinem eventus. Ps. XVIII, 4: in omnem terram exivit sonus eorum, et cetera. Potest tamen dici quod secundum famam est divulgatum per totum mundum, sed non secundum fundationem. Deinde commendat doctrinam Christi quantum ad fructum per bona opera, ibi et fructificat. Eccli. XXIV, 23: flores mei fructus honoris et honestatis, et cetera. Mt. XIII, 8: fructum affert, et facit aliud quidem centesimum, aliud sexagesimum, aliud tricesimum. Et crescit, scilicet in multitudine credentium. Ac. II, 47: dominus autem augebat qui salvi fierent quotidie in idipsum. Et hoc magnae potestatis fuit, quia sicut in vobis, ita et in aliis. Audistis praedicationem, et cognovistis approbando. Consequenter commendat ministerium tripliciter. Primo per comparationem ad se; secundo per comparationem ad ipsos; tertio quantum ad utrosque. Dicit ergo: edocti estis per Evangelium, sicut ab Epaphra didicistis conservo. Ap. ult.: conservus tuus sum, et fratrum tuorum. Qui est fidelis minister, scilicet non quaerens quae sua sunt. I Cor. IV, 1: sic nos existimet homo ut ministros Christi, et dispensatores mysteriorum Dei, et cetera. Qui est fidelis, scilicet mediator inter apostolum et istos. Qui etiam manifestavit, id est significavit, et cetera.


 


 

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Saint Polycarpe évêque et martyr

26 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Polycarpe évêque et martyr

Collecte

O Dieu, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux Polycarpe, accordez-nous, dans votre miséricorde, de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Du livre de saint Jérôme, prêtre : Des Écrivains Ecclésiastiques.

Quatrième leçon. Polycarpe, disciple de l’Apôtre Jean, et ordonné par lui Évêque de Smyrne, fut le primat de toute l’Asie. Il eut pour maîtres, ou du moins il vit quelques-uns des Apôtres et plusieurs de ceux qui avaient vu le Seigneur. Au sujet de certaines questions qui s’étaient élevées sur le jour de la Pâque, sous l’empire d’Antonin le Pieux, alors qu’Anicet gouvernait l’Église, il vint à Rome, où il ramena à la foi un grand nombre de fidèles qui s’étaient laissés séduire par les artifices de Marcion et de Valentin. Rencontrant un jour par hasard Marcion, cet hérésiarque lui dit : « Me connais-tu ? » Polycarpe lui répondit : « Je te reconnais pour le fils aîné du diable ». Plus tard, sous les règnes de Marc-Antonin et de Lucius-Aurelius Commode, dans la quatrième persécution depuis celle de Néron, sous les yeux du proconsul de Smyrne, siégeant dans l’amphithéâtre, et du peuple entier faisant entendre des clameurs contre lui, il fut livré au feu. Il avait écrit aux Philippiens une épître fort utile qui se lit encore aujourd’hui dans les Églises d’Asie.

Au milieu des douceurs qu’il goûte dans la contemplation du Verbe fait chair, Jean le Bien-Aimé voit arriver son cher disciple Polycarpe, l’Ange de l’Église de Smyrne, tout resplendissant de la gloire du martyre. Ce sublime vieillard vient de répondre, dans l’amphithéâtre, au Proconsul qui l’exhortait à maudire le Christ : « Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait de mal ; que dis-je ? Il m’a comblé de biens. Comment pourrais-je maudire mon Roi qui m’a sauvé ? » Après avoir passé par le feu et par le glaive, il est arrivé aux pieds de ce Roi Sauveur, et va jouir éternellement du bonheur de sa présence, en retour des quatre-vingt-six ans qu’il l’a servi, des fatigues qu’il s’est données pour conserver dans son troupeau la foi et la charité, et de la mort sanglante qu’il a endurée.

Comme son maître apostolique, il s’est opposé avec énergie aux efforts des hérétiques qui altéraient la foi. Fidèle aux ordres de cet angélique confident de l’Homme-Dieu, il n’a pas voulu que celui qui corrompt la foi du Christ reçût de sa bouche le salut ; il a dit à l’hérésiarque Marcion qu’il ne le reconnaissait que pour le premier-né de Satan. Adversaire énergique de cette orgueilleuse secte qui rougissait de l’Incarnation d’un Dieu, il nous a laissé cette admirable Épître aux Philippiens, dans laquelle il dit : « Quiconque ne confesse pas que Jésus-Christ est venu dans la chair, est un Antéchrist. » Il convenait donc qu’un si courageux témoin fût appelé à l’honneur d’assister près du berceau dans lequel le Fils de Dieu se montre à nous dans toute sa tendresse, et revêtu d’une chair semblable à la nôtre. Honorons ce disciple de Jean, cet ami d’Ignace, cet Évêque de l’âge apostolique, qui mérita les éloges de Jésus-Christ même, dans la révélation de Pathmos. Le Sauveur lui avait dit par la bouche de Jean : « Sois fidèle jusqu’à la mort ; et je te donnerai la couronne de vie. ». Polycarpe a été fidèle jusqu’à la mort ; c’est pourquoi il assiste couronné, en ces jours anniversaires de l’avènement de son Roi parmi nous.

L’Église, dans son Office, lit aujourd’hui, pour Légende, la courte notice, empruntée au livre de saint Jérôme : De Scriptoribus ecclesiasticis.

L’Église Grecque célèbre la gloire de saint Polycarpe dans ses Menées, auxquels nous empruntons les traits suivants :

Quand le fruit de la Vierge , semence féconde destinée à produire le principe de vie, est tombé sur la terre, c’est alors qu’il t’a produit, comme un épi, ô Polycarpe ! pour nourrir les fidèles par la parole et les enseignements de la piété, et pour les sanctifier par le sang divin du combat et parle parfum de la sainteté.
Quand le Christ, la vraie Vigne, eut été élevé sur le bois, c’est alors qu’il t’a développé sur la treille, comme une de ses branches fertiles, taillée par la faucille du martyre sacré, et foulée sous la pression des tourments, et dont nous buvons avec foi le calice d’allégresse, en glorifiant, ô Père, tes illustres combats.
Tu as vraiment cultivé, dans ton âme, le raisin de la charité, ô Père sage ! et tu as répandu, comme le vin, la parole de la foi, réjouissant les âmes de tous les fidèles ; tu as semble une vaste mer de miracles, quand tu as paru, toi l’honneur des martyrs, purifié par le feu, gratifié de la lumière éternelle, ô Polycarpe ! Prie donc le Christ-Dieu de nous donner le pardon de nos péchés, à nous qui célébrons avec amour ta sainte mémoire.
Marchant dans la droiture, et apparaissant comme le fils de la lumière et de la paix, tu as démasqué Marcion le premier-né de la nuit.
Par la fermeté de ton âme, tu as surmonté la flamme qui devait te consumer, ô homme plein de gloire I Comme les trois enfants qui ont éteint, par une douce rosée, le feu de la fournaise, tu es demeuré incombustible au milieu des flammes, chantant : Vous êtes béni, Dieu de nos pères !
Tu as cultivé avec piété le champ mystique du Christ, et, victime raisonnable, tu as été offert à Dieu comme un sacrifice agréable et excellent, comme une hostie abondante en fruits, ainsi que porte ton nom, ô Polycarpe trois fois heureux !
Toi qui as paru sur la croix, tu es entré par ton propre sang dans le temple de Dieu, ô Père ! toi qui es revêtu dignement de l’ornement hiérarchique.
Pour être présenté au Christ le Chef des pasteurs, tu as été marqué par le Christ comme le bélier du sacrifice ; tu t’es montré imitateur de ses souffrances, et tu as été fait participant de sa gloire, cohéritier de son royaume, ô Hiérophante !
Ta fête éclatante de mille feux, ô Père, illumine les âmes de ceux qui la célèbrent avec piété, ô homme divin ! Elle les rend tous participants de ta divine splendeur que nous glorifions dignement dans nos hymnes, ô sage !

Vous avez rempli toute retendue de votre nom, ô Polycarpe ! car vous avez produit beaucoup de fruits pour le Sauveur, durant les quatre-vingt-six ans que vous avez passés à son service. Ces fruits ont été les âmes nombreuses que vous avez gagnées au Christ, les vertus qui ont orné votre vie, enfin votre vie elle-même que vous avez rendue comme un fruit mûr à ce Sauveur. Quel bonheur a été le vôtre, d’avoir reçu les leçons du disciple qui se reposa sur la poitrine de Jésus ! Après une séparation de plus de soixante années, vous allez le rejoindre aujourd’hui ; et cet ineffable maître vous salue avec transport. Vous adorez ensemble ce divin Enfant dont vous avez imité la simplicité, et que vous aimiez uniquement ; demandez-lui pour nous de lui être comme vous « fidèles jusqu’à la mort ».

Cultivez encore du haut du ciel, ô Polycarpe, ce champ de l’Église, que vous avez fécondé par vos labeurs et arrosé de votre sang. Rétablissez la foi et l’unité au sein des Églises de l’Asie qui furent édifiées par vos mains vénérables. Hâtez, par vos prières, la dissolution de l’Islamisme, qui n’a dû ses succès et sa durée qu’aux tristes effets du schisme byzantin. Souvenez-vous de la France à qui vous avez envoyé d’illustres Apôtres, martyrs comme vous. Bénissez paternellement l’Église de Lyon qui vous révère comme son fondateur par le ministère de votre disciple Pothin, et qui prend elle-même une part si glorieuse dans l’Apostolat des Gentils, par son Œuvre de la Propagation de la Foi.

Veillez sur la conservation de la foi dans sa pureté ; gardez-nous du contact des séducteurs. L’erreur que vous avez combattue, et qui ne veut voir dans les mystères du Fils de Dieu incarné que des symboles stériles, s’est ranimée de nos jours. Marcion a reparu avec ses mythes orgueilleux ; soufriez sur ces derniers débris d’un système suranné qui égare encore quelques âmes. Rendant hommage à la Chaire Apostolique, vous aussi vous avez voulu voir Pierre ; et Rome vous a vu venir conférer avec son Pontife des intérêts de votre Église de Smyrne. Vengez les droits de ce Siège auguste, d’où découle, pour nos Pasteurs, la seule mission légitime, et pour tous, les enseignements souverains de la foi. Obtenez-nous de passer les derniers jours de cette pieuse quarantaine dans un recueillement profond et dans l’amour de notre Roi nouveau-né. Que cet amour, joint à la pureté de nos cœurs, nous obtienne faveur et miséricorde ; et, pour consommer notre carrière, demandez pour nous la couronne de vie.

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Conversion de St Paul apôtre mémoire de Saint Pierre Apôtre

25 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Conversion de St Paul apôtre  mémoire de Saint Pierre Apôtre

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O Dieu, qui avez instruit le monde entier par la prédication du bienheureux Apôtre Paul, accordez-nous, nous vous en supplions, que célébrant aujourd’hui sa conversion, nous avancions vers vous en imitant ses exemples.

Lecture  Ac 9, 1-22

En ces jours-là : Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre 2 et lui demanda des lettres pour Damas, à l’adresse des synagogues, afin que s’il trouvait des gens de la secte, hommes et femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem. Or, comme il était en chemin, alors qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière (venant) du ciel resplendit autour de lui. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" Il dit : "Qui êtes-vous, Seigneur ?" Et lui : "Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi et entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire." Or les hommes qui faisaient route avec lui étaient demeurés saisis de stupeur, entendant bien la voix, mais ne voyant personne. Saul se releva de terre et, bien que ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien. En le conduisant par la main, on le fit entrer à Damas. Et il fut trois jours sans voir et sans prendre ni nourriture ni boisson. Or il y avait à Damas un disciple nommé Ananie, et le Seigneur lui dit dans une vision : "Ananie !" Il dit : "Me voici, Seigneur." Et le Seigneur lui (dit) : "Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse. Car le voilà qui prie, et il a vu dans une vision un homme nommé Ananie, qui entrait et lui imposait les mains afin qu’il recouvrât la vue." Ananie répondit : "Seigneur, j’ai appris de plusieurs sur cet homme combien de mal il a fait à vos saints dans Jérusalem. Et il a ici, de la part des grands prêtres, plein pouvoir pour enchaîner tous ceux qui invoquent votre nom." Mais le Seigneur lui dit : "Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi pour porter mon nom devant les nations, les rois et les enfants d’Israël ; je lui montrerai en effet tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom." Ananie s’en alla, entra dans la maison, lui imposa les mains et dit : "Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l’Esprit-Saint." Et aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva et fut baptisé ; et après qu’il eut pris de la nourriture, il reprit force. Il passa quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas ; et aussitôt il prêchait dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : "N’est-ce pas lui qui pourchassait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici pour les conduire enchaînés aux grands prêtres ?" Cependant Saul se fortifiait de plus en plus dans la foi et il confondait les Juifs qui habitaient à Damas, leur démontrant que Jésus était le Christ.

Office

Au premier nocturne.

Des Actes des Apôtres.
Première leçon. Saul, respirant encore menaces et meurtre contre les disciples du Seigneur, vint auprès du prince des prêtres, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait des hommes et des femmes de cette voie, il les conduisît enchaînés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière du ciel brilla autour de lui. Et, tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il dit : Qui êtes-vous, Seigneur ? Et le Seigneur : Je suis Jésus que tu persécutes ; il t’est dur de regimber contre l’aiguillon.
Deuxième leçon. Alors, tremblant et frappé de stupeur, il dit : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Et le Seigneur lui répondit Lève-toi, entre dans la ville ; car c’est là que te sera dit ce qu’il faut que tu fasses. Or les hommes qui l’accompagnaient demeuraient tout étonnés, entendant bien la voix, mais ne voyant personne. Saul se leva donc de terre, et, les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ainsi, le conduisant par la main, ils le firent entrer dans Damas. Et il y fut trois jours ne voyant point ; et il ne but ni ne mangea.
Troisième leçon. Or il y avait un certain disciple à Damas, du nom d’Ananie ; et le Seigneur lui dit en vision : Ananie. Et il dit : Me voici, Seigneur. Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, et va dans la rue qu’on appelle Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse ; car il est en prières. (Saul vit aussi un homme du nom d’Ananie, entrant et lui imposant les mains, pour qu’il recouvrât la vue). Ananie répondit : Seigneur, j’ai appris d’un grand nombre de personnes combien cet homme a fait de maux à vos saints dans Jérusalem ; ici même, il a le pouvoir des princes des prêtres, pour charger de liens ceux qui invoquent votre nom. Mais le Seigneur lui repartit : Va, car cet homme m’est un vase d’élection, pour porter mon nom devant les Gentils, les rois et les enfants d’Israël. Aussi je lui montrerai combien il faut qu’il souffre pour mon nom.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Augustin, évêque.

Quatrième leçon. On nous a lu aujourd’hui le passage des Actes des Apôtres ou l’on rapporte que l’Apôtre Paul devint, de persécuteur des Chrétiens, prédicateur du Christ. Le Christ, en effet, a renversé un persécuteur pour en faire un docteur de l’Église ; le frappant et le guérissant, lui donnant à la fois la mort et la vie. Agneau immolé par des loups, il change les loups en agneaux. Dans la célèbre prophétie où nous voyons le patriarche Jacob bénir ses enfants (la main étendue sur ceux qui étaient présents et les yeux fixés sur l’avenir), se trouve prédit ce qui s’est accompli dans Paul. Paul était, comme il l’atteste lui-même, de la tribu de Benjamin. Or, lorsqu’en bénissant ses fils, Jacob fut arrivé à bénir Benjamin, il dit de lui : « Benjamin, loup ravissant. »
Cinquième leçon. Quoi ? Sera-t-il toujours loup ravisseur ? Nullement ; mais « celui qui, le matin, ravit la proie, partage le soir les aliments. » Voilà ce .qui s’est accompli dans l’Apôtre saint Paul, que cette prédiction concernait. Considérons-le maintenant, si vous le voulez bien, ravissant le matin, et partageant le soir les dépouilles. Matin et soir sont mis ici pour d’abord et ensuite. Nous entendrons donc ainsi cette proposition : il ravira d’abord, et ensuite il partagera les aliments. Voyez le ravisseur : Saul, disent les Actes, ayant reçu les lettres des princes des prêtres, allait (à Damas) afin que partout où il trouverait des Chrétiens, il les entraînât et les amenât aux prêtres pour être châtiés.
Sixième leçon. Il allait, respirant et exhalant le meurtre ; c’est-à-dire, ravissant le matin. Aussi quand Étienne, le premier Martyr, fut lapidé pour le nom du Christ, Paul était-il très manifestement présent, et il assistait même au supplice d’Étienne avec des sentiments si hostiles que, pour lui, ce n’était pas assez de le lapider de ses propres mains : afin de se trouver en quelque sorte dans toutes les mains qui lançaient des pierres, il gardait les vêtements de tous les bourreaux, exerçant mieux sa fureur en les secondant tous, que s’il l’eût lapidé de ses propres mains. Nous comprenons la première partie de la prophétie : « Il ravira le matin. » Voyons de quelle manière il partage les aliments le soir. Du ciel la voix du Christ le terrasse, il reçoit d’en haut l’ordre de ne plus sévir, et il tombe la face contre terre : il devait être abattu d’abord, puis relevé ; d’abord frappé, puis guéri.

Au troisème nocturne.

Homélie de saint Béde le Vénérable, Prêtre. Les leçons sont du commun des Apôtres 2, les répons propres à la fête.

Septième leçon. Celui-là est parfait, qui vend tout ce qu’il possède, en donne le prix aux pauvres, et vient se mettre à la suite de Jésus-Christ : aussi aura-t-il dans les cieux un trésor inépuisable. C’est pourquoi, lorsque Pierre l’interrogea, Jésus répondit (en s’adressant à tous ceux qui agissent ainsi) : « En vérité, je vous dis que vous qui m’avez suivi, lorsqu’à la régénération, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël ». Par ces paroles, il apprit à ceux qui travaillent et souffrent en cette vie pour son nom, à espérer une récompense en l’autre, c’est-à-dire en la régénération, lorsqu’on ressuscitant nous aurons obtenu de renaître pour une vis immortelle, nous qui avions été engendrés dans la condition mortelle pour une vie fragile.
Huitième leçon. Et c’est une récompense bien juste, que ceux qui auront ici-bas méprisé la gloire de toute élévation humaine soient là-haut particulièrement glorifiés par le Christ, et assis auprès de lui à titre de juges, ces hommes qu’aucune considération n’a pu empêcher de suivre les traces de notre Seigneur. Mais que personne ne s’imagine que les Apôtres qui sont au nombre de douze, parce que Mathias fut élu à la place de Judas le prévaricateur, doivent être seuls à juger le monde ; les douze tribus d’Israël ne seront pas non plus seules à subir le jugement, autrement la tribu de Lévi qui est la treizième resterait non jugée.
Neuvième leçon. Et Paul, qui est le treizième Apôtre, se verra-t-il privé du privilège de juger, alors qu’il dit lui-même : « Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? Combien plus les choses du siècle ? » Or il faut savoir que tous ceux qui, à l’exemple des Apôtres, ont laissé tout ce qu’ils possédaient et suivi le Christ, doivent venir avec lui comme juges, de même que tout le genre humain sera jugé. Dans l’Écriture le nombre douze indique souvent l’universalité, et c’est pourquoi les douze trônes des Apôtres désignent tous ceux qui jugeront, et les douze tribus d’Israël, l’universalité de ceux qui doivent être jugés.

Nous avons vu la Gentilité, représentée aux pieds de l’Emmanuel par les Rois Mages, offrir ses mystiques présents, et recevoir en retour les dons précieux de la foi, de l’espérance et de la charité. La moisson des peuples est mûre ; il est temps que le moissonneur y mette la faucille. Mais quel sera-t-il, cet ouvrier de Dieu ? Les Apôtres du Christ vivent encore à l’ombre de la montagne de Sion. Tous ont reçu la mission d’annoncer le salut jusqu’aux extrémités du monde ; mais nul d’entre eux n’a reçu encore le caractère spécial d’Apôtre des Gentils. Pierre, l’Apôtre de la Circoncision, est destiné particulièrement, comme le Christ, aux brebis perdues de la maison d’Israël]. Toutefois, comme il est le Chef et le fondement, c’est à lui d’ouvrir la porte de l’Église aux Gentils. Il le fait avec solennité, en conférant le Baptême au centurion romain Cornélius.

Cependant, l’Église est en travail ; le sang du Martyr Étienne, sa dernière prière, vont enfanter un nouvel Apôtre, l’Apôtre des nations. Saul, citoyen de Tarse, n’a pas vu le Christ dans sa vie mortelle ; et le Christ seul peut faire un Apôtre. Du haut des cieux où il règne impassible et glorifié, Jésus appellera Saul à son école, comme il appelait, durant les années de sa prédication, à suivre ses pas et à écouter sa doctrine, les pêcheurs du lac de Génésareth. Le Fils de Dieu enlèvera Saul jusqu’au troisième ciel, il lui révélera tous ses mystères ; et quand Saul, revenu sur la terre, aura été, comme il le raconte, voir Pierre et comparer son Évangile avec le sien, il pourra dire : « Je ne suis pas moins Apôtre que les autres Apôtres. »

C’est dans ce glorieux jour de la Conversion de Saul, qui bientôt s’appellera Paul, que ce grand œuvre commence. C’est aujourd’hui que retentit cette voix qui brise les cèdres du Liban, et dont la force souveraine fait d’abord un chrétien du Juif persécuteur, qui bientôt sera un Apôtre. Cette admirable transformation avait été prophétisée par Jacob, lorsque, sur sa couche funèbre, il dévoilait l’avenir de chacun de ses enfants, dans la tribu qui devait sortir d’eux. Juda eut les premiers honneurs : de sa race royale, le Rédempteur, l’attente des nations, devait naître. Benjamin fut annoncé, à son tour, sous des traits plus humbles, mais néanmoins glorieux : il sera l’aïeul de Paul, et Paul, l’Apôtre des nations.

Le vieillard avait dit : « Benjamin est un loup ravisseur : le matin, il enlève la proie ; mais le soir, il distribue la nourriture. » ]. Celui qui, dans la matinée fougueuse de son adolescence, se lance comme un loup respirant la menace et le carnage, à la poursuite des brebis du Christ, n’est-ce pas, comme le dit un antique Docteur, Saul sur la route de Damas, porteur et exécuteur des ordres des pontifes du temple maudit, et tout couvert du sang d’Etienne qu’il a lapidé par les mains de tous ceux dont il gardait les vêtements ? Celui qui, sur le soir, ne ravit plus la dépouille du juste, mais, d’une main charitable et pacifique, distribue à ceux qui ont faim la nourriture qui leur donne la vie, n’est-ce pas Paul, Apôtre de Jésus-Christ, embrasé de l’amour de ses frères, et se faisant tout à tous, jusqu’à désirer d’être anathème pour eux ?

Telle est la force victorieuse de notre Emmanuel, toujours croissante et à laquelle rien ne résiste. S’il veut pour premier hommage la visite des bergers, il les fait convier par ses Anges, dont les doux accords ont suffi pour amener ces cœurs simples à la crèche où repose sous de pauvres langes l’espoir d’Israël. S’il désire l’hommage des princes de la Gentilité, il fait lever au ciel une étoile symbolique, dont l’apparition, aidée du mouvement intérieur de l’Esprit-Saint, détermine ces hommes de désirs à venir, du fond de l’Orient, déposer aux pieds d’un humble enfant leurs dons et leurs cœurs. Quand le moment est venu de former le Collège Apostolique, il s’avance sur les bords de la mer de Tibériade, et cette seule parole : Suivez-moi, a suffi pour attacher à ses pas les hommes qu’il a choisis. Au milieu des humiliations de sa Passion, un regard de sa part change le cœur du Disciple infidèle. Aujourd’hui, du haut du Ciel, tous les mystères accomplis, voulant montrer que lui seul est maître de l’Apostolat, et que son alliance avec les Gentils est consommée, il tonne sur la tête de ce Pharisien fougueux qui croit courir à la ruine de l’Église ; il brise ce cœur de Juif, et il crée par sa grâce ce nouveau cœur d’Apôtre, ce vase d’élection, ce Paul qui dira désormais : « Je vis, mais ce n’est pas moi, c’est le Christ qui vit en moi. »].

Mais il était juste que la commémoration de ce grand événement vînt se placer non loin du jour où l’Église célèbre le triomphe du premier des Martyrs. Paul est la conquête d’Etienne. Si l’anniversaire de son martyre se rencontre sous les feux du solstice d’été, il ne pouvait manquer d’apparaître auprès du berceau de l’Emmanuel, comme le plus brillant trophée du Proto-martyr ; les Mages le réclamaient aussi comme le conquérant de cette Gentilité dont ils ont été les prémices.

Enfin, pour compléter la cour de notre grand Roi, il convenait que les deux puissantes colonnes de l’Église, l’Apôtre des Juifs et l’Apôtre des Gentils, s’élevassent aux côtés de la crèche mystique : Pierre, avec ses clefs ; Paul, avec son glaive. C’est alors que Bethléhem nous semble, de plus en plus, la figure de l’Église, et les richesses du Cycle en cette saison plus éblouissantes que jamais.

Célébrons, par les chants des anciennes Liturgies, cette journée consacrée par la conquête d’un si grand Apôtre. La prose suivante, qui appartient au dixième siècle, se trouve de bonne heure dans les anciens Missels des Églises d’Allemagne. Elle est empreinte d’un caractère mystérieux qui ne manque pas de grandeur.

SÉQUENCE.
Le Seigneur a dit : Je le convertirai du sein de Basan (la région de stérilité) ; je le mènerai jusqu’au fond des abîmes de la foi, profonds comme la mer.
Ce qu’il a dit il l’a fait, renversant Saul et relevant Paul,
Par son Verbe incarné, en qui il a fait les siècles.
S’élançant à la poursuite de ce Verbe, le Juif a entendu : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?
Je suis le Christ ; il t’est dur de regimber contre l’aiguillon.
A la face du Seigneur, la terre a été émue ; elle a tremblé ; mais bientôt elle s’est reposée.
Paul a reconnu le Seigneur, il a cru, il a cessé de persécuter les Chrétiens.
Sorti des rangs ennemis, pour revenir à vous, ô Dieu, il est devenu la langue de vos chiens fidèles.
C’est Paul qui, par la bouche de vos Pontifes, proclame vos commandements.
Il enseigne que le crucifié n’est autre que le Christ-Dieu,
Qui règne avec le Père et le Saint-Esprit, Celui dont Paul est le témoin.
Par lui la langue des Pontifes, parcourant et humectant les deux molaires delà Loi et de l’Évangile, a fait broyer,
A préparé ces remèdes divers qui sont la santé des blessés, la nourriture de ceux qui ont faim.
Par les prières de Paul, regardez-nous, ô Christ ! et vivifiez les pécheurs ;
Vous qui avez converti, pour la conversion des autres, Paul le vase d’élection.
Quand il prêchait Dieu, la mer le vit et s’enfuit, le Jourdain a reculé vers sa source.
La multitude des nations remontant des profondeurs de l’abîme des vices, à la confusion de Og, roi de Basan.
N’adore plus que vous seul, ô Christ Créateur, qu’elle confesse être venu, comme Rédempteur, dans la chair. Amen.

Les Missels Romains-Français nous donnent cette belle Prose d’Adam de Saint-Victor :

SÉQUENCE.
Du cœur et de la voix fais retentir les cieux, entonne le chant du triomphe, ô Église des Gentils !
Paul, le Docteur des nations, a parcouru sa carrière triomphant et glorieux.
C’est le jeune Benjamin, loup ravisseur qui dévore sa proie ; des fidèles c’est l’ennemi.
Loup à l’aurore, agneau sur le soir ; après les ténèbres, l’astre s’est levé. Paul annonce l’Évangile.
Il s’est lancé dans le chemin de la mort ; mais celui qui est la Voie de la vie, l’arrête sur la route de Damas.
Il respirait la menace ; mais il cède enfin : renversé, il obéit ; on l’entraîne comme un prisonnier.
On le mène à Ananie : le loup est conduit à la brebis ; sa rage tombe apaisée.
Il descend dans la fontaine sacrée ; l’eau salutaire change en parfum les poisons de son âme.
Vase sacré, vase divin, vase qui épanche le doux vin de la doctrine et de la grâce,
Il parcourt les synagogues, il établit la foi du Christ sur la série des Prophètes.
Il prêche la doctrine de la croix ; pour la croix il est tourmenté, il meurt de mille morts.
Mais il survit toujours comme une hostie vivante, et son invincible constance triomphe de tous les supplices.
Choisi pour leur Apôtre, il instruit les. Gentils, il triomphe des sages du monde par la sagesse de Dieu.
Ravi au troisième ciel, il voit le Père et le Fils en une seule substance.
Rome la puissante et la savante Grèce courbent la tête, s’instruisent des mystères ; la foi du Christ se propage.
La croix triomphe, Néron sévit, et le glaive moissonne Paul, dont la parole a fait croître la foi.
Ainsi, déposant le fardeau de la chair, Paul contemple le vrai Soleil, le Fils unique du Père.
Dans la lumière, il voit cette lumière, dont la puissance daigne nous garder de l’infernal gémissement.
 

Nous vous rendons grâces, ô Jésus, qui avez aujourd’hui terrassé votre ennemi par votre puissance, et l’avez relevé par votre miséricorde. Vous êtes véritablement le Dieu fort ; et vous méritez que toute créature célèbre vos victoires. Qu’ils sont merveilleux, vos plans pour le salut du monde ! Vous associez des hommes à l’œuvre de la prédication de votre parole, à la dispensation de vos Mystères ; et, pour rendre Paul digne d’un tel honneur, vous employez toutes les ressources de votre grâce vous vous plaisez à faire du meurtrier d’Etienne un Apôtre, afin que votre puissance souveraine éclate à tous les yeux, afin que votre amour pour les âmes apparaisse dans sa plus gratuite générosité, afin que la grâce surabonde où le péché avait abondé. Visitez-nous souvent, ô Emmanuel, par cette grâce qui change les cœurs ; car nous désirons une vie abondante, et nous sentons que son principe est souvent près de nous échapper. Convertissez-nous, comme vous avez converti l’Apôtre ; après nous avoir convertis, assistez-nous ; car sans vous nous ne pouvons rien faire. Prévenez-nous, suivez-nous, accompagnez-nous, ne nous quittez jamais, et de même que vous nous avez donné le commencement, assurez-nous la persévérance jusqu’à la fin. Donnez-nous de reconnaître, avec crainte et avec amour, ce don mystérieux de la grâce que nulle créature ne saurait mériter, et auquel cependant une volonté créée peut mettre obstacle. Nous sommes des captifs : vous seul possédez l’instrument à l’aide duquel nous pouvons briser nos chaînes ; vous le placez dans nos mains, en nous engageant à en user : de sorte que notre délivrance est votre ouvrage et non le nôtre ; et que notre captivité, si elle persévère, ne peut être attribuée qu’à notre négligence et à notre lâcheté. Donnez-nous, Seigneur, cette grâce ; et daignez recevoir la promesse que nous vous faisons d’y joindre humblement notre coopération.

Aidez-nous, ô grand Paul, à répondre aux desseins de la miséricorde de Dieu sur nous ; obtenez que nous soyons subjugués par la douceur du Dieu enfant. Sa voix ne retentit pas ; il n’éblouit pas nos yeux par sa lumière ; mais il se plaint que trop souvent nous le persécutons. Inspirez à nos cœurs de lui dire comme vous : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Il nous répondra d’être simples et enfants comme lui, de reconnaître enfin son amour qui apparaît dans ce mystère, de rompre avec le péché, de combattre les mauvaises inclinations, d’avancer dans la sainteté en suivant ses exemples. Vous avez dit, ô Apôtre : « Que celui qui n’aime pas notre Seigneur Jésus-Christ soit anathème ! » Faites-le-nous connaître de plus en plus, afin que nous l’aimions, et que de si doux mystères ne deviennent pas, par notre ingratitude, la cause de notre réprobation.

Vase d’élection, convertissez les pécheurs qui ne pensent point à Dieu. Sur la terre, vous vous êtes dépensé tout entier pour le salut des âmes ; au ciel où vous régnez, continuez votre ministère, et demandez au Seigneur, pour ceux qui persécutent Jésus, ces grâces qui triomphent des plus rebelles. Apôtre des Gentils, jetez les yeux sur tant de peuples assis encore dans l’ombre de la mort. Autrefois vous étiez partagé entre deux ardents désirs : celui d’être avec Jésus-Christ, et celui de rester sur la terre pour travailler au salut des peuples. Maintenant, vous êtes pour jamais avec ce Sauveur que vous avez prêché ; n’oubliez pas ceux qui ne le connaissent point encore. Suscitez des hommes apostoliques pour continuer vos travaux. Rendez féconds leurs sueurs et leur sang. Veillez sur le Siège de Pierre, votre frère et votre chef ; soutenez l’autorité de cette Église Romaine qui a hérité de vos pouvoirs, et qui vous regarde comme son second appui. Vengez-la partout où elle est méconnue ; détruisez les schismes et les hérésies ; remplissez tous les pasteurs de votre esprit, afin que, comme vous, ils ne se cherchent point eux-mêmes, mais uniquement et toujours les intérêts de Jésus-Christ.

 

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Super I Tm., cap. 6 l. 4

25 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Super I Tm., cap. 6 l. 4

Lectio 4

Super I Tm., cap. 6 l. 4 Supra egit de instructione personarum infimi status, hic redit ad materiam suam, et instruit eum ad instruendum divites. Et primo facit hoc; secundo agit de instructione Timothei, ibi o Timothee. Et semper quando instruit eum ad instructionem aliorum, monet ut non negligat se. Et circa primum primo excludit vitia, quae solent in divitibus abundare; secundo inducit ad bona, ibi bene agere. Item circa primum primo proponit vitia, quae solent esse in divitibus; secundo excludit haec, reddendo rationem huius, ibi in incerto. Dicit ergo divitibus. Divitiae abundantiam important. Est autem abundantia spiritualium, et hae sunt verae divitiae. Is. XXXIII, 6: divitiae salutis sapientia et scientia, timor Domini ipse est thesaurus eius. Quaedam corporales, et hae non sunt verae divitiae, quia non sufficiunt. Et ideo addit cum quadam diminutione huius saeculi. Ba. III, 18: qui argentum thesaurizant, et aurum in quo confidunt homines. His ergo praecipe. Quando de servis egit, non posuit praeceptum, quia hoc est virtus, quod homo utatur auctoritate ad maiores, non ad minores. Et ideo dicit: non dimittas propter divitias et propter altum statum eorum, quin praecipias. Et quid debet praecipere? Non sublime sapere, id est, non sentire aliquid excelsum de se. Numquid hoc est malum? Respondeo. Potest reddi malum ex duobus. Primo si sublime sapit de se, propter ea quae non habent excellentiam veram. Et hoc est, si in rebus temporalibus; unde qui propter exteriorem excellentiam sublime sapit de se, inordinate sapit, et haec est superbia. Et tamen carnales non aliam sublimitatem curant nisi istam, et haec acquiri potest per divitias. Eccle. X, 19: pecuniae obediunt omnia. Unde quia divites huius mundi haec habent, inaniter extolluntur. Item alio modo, quia sunt quaedam, quae habent sublimitatem, sicut dona spiritualia. Eccli. XXV, 13: quam magnus est, qui invenit sapientiam et scientiam, et cetera. In his enim aliquis potest inordinate sapere sublimitatem, non ex natura donorum, sed, vel attribuendo sibi quod non habet, vel non cognoscendo a Deo ea quae habet. Unde in primo est inordinatio propter defectum rerum; in secundo, propter inordinationem affectus. Secundum vitium in divitibus est spes mundanorum. Unde dicit neque sperare. Jb XXXI, 24: si putavi aurum robur meum, et obrizo dixi: fiducia mea. Pr. X, 15: substantia divitis urbs fortitudinis eius. Deinde cum dicit in incerto divitiarum, assignat rationem monitionis. In eo enim sperat aliquis, unde credit auxilium habere; sed auxilium habetur a forti, et divitiae sunt fragiles; ergo non est in eis sperandum. Mt. VI, 11: nolite thesaurizare vobis thesauros in terra, ubi aerugo, ac tinea demolitur, et cetera. Sed in Deo vivo, ubi est vera spes ponenda. Jr. XVII, 7: beatus vir qui confidit in Domino, et erit Dominus fiducia eius. Jc. I, 5: dat omnibus affluenter. Sed hoc quod dicit abunde ad fruendum, dupliciter potest exponi: uno modo, ut fruitio sumatur pro gaudio, et hoc modo est etiam in corporalibus. Vel expone, id est, ut per haec perveniamus ad fruitionem Dei. Deinde cum dicit bene agere, monet ad operandum bonum. Qui autem habent affectum ad divitias, primo nituntur ad acquirendum non habitas; secundo ut utantur habitis; tertio ut ad finem divitiarum perveniant: haec tria monet apostolus. Primo ut acquirant spirituales divitias quas non habent. Et ideo dicit bene agere, et cetera. Is. I, 17: discite benefacere. Quantum ad secundum, sciendum est quod duplex est usus divitiarum. Unus est tenere et alius est dare, sed principalis est dare. Et ideo ista duo ponit; primo ut dent, unde dicit facile tribuere, id est, sine gravitate cordis interius. II Cor. IX, 7: non ex tristitia, aut ex necessitate, et cetera. Et sine tarditate. Pr. III, 28: ne dicas amico tuo: vade et revertere, et cras dabo tibi, cum statim possis dare. Jb XXXI, 16: si oculos viduae expectare feci. Secundo ut custodiat non quidem tantum ad suam utilitatem, sed ad quoddam commune; unde dicit communicare, id est, habere eas sicut communes. Rm. XII, 13: necessitatibus sanctorum communicantes. Quantum ad tertium, ut ad finem thesaurizandi perveniant, ideo dicit thesaurizate, et cetera. Thesaurus spiritualis est congregatio meritorum, quae sunt fundamentum futuri aedificii, quod nobis praeparatur in caelo, quia tota praeparatio futurae gloriae est per merita, quae acquirimus per gratiam, quae est principium merendi. Mt. VI, 20: thesaurizate vobis thesauros in caelo, ubi neque tinea, et cetera. I Cor. IX, 24: sic currite, ut comprehendatis. Deinde cum dicit o Timothee, instruit ipsum Timotheum. Et primo ut bona conservet; secundo ut mala devitet, ibi devitans. Dicit ergo: o Timothee, depositum custodi. Depositum hominis est omne bonum, quod habet quilibet, quod sibi commissum est a Deo, ut conservet et multiplicet. Eccli. XVII, 18: gratiam hominis quasi pupillam conservabit. I Cor. XV, 10: et gratia eius in me vacua non fuit, sed gratia eius semper in me manet. Et sic dicit ei, ut depositum custodiat, id est, ut se in gratia Dei conservet et multiplicet. Qui enim abscondit talentum, punitur. Mt. XXV, 28: tollite ab eo talentum, et date ei qui habet decem talenta. Et inutilem servum eiicite in tenebras exteriores, et cetera. Et specialiter praelati habent depositum, scilicet curam proximorum et fidelium. Jn. ult.: pasce oves meas. He. ult.: ipsi pervigilant quasi rationem reddituri pro animabus vestris. II Tm. I, 14: bonum depositum custodi. Item quod mala vitet, praecipue illa quae sunt nata coinquinare fidem. Cuius ratio est, quia sicut princeps saecularis ponitur ad custodiendam unitatem regni, ita spiritualis ad servandam unitatem spiritualem. Pax autem regni consistit in iustitia, et ideo ille ordinatur ad iustitiam; sed unitas Ecclesiae est in fide, et ideo principaliter monet ad custodiam fidei. Lc. XXII, 32: ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua, et tu conversus aliquando confirma fratres tuos, et cetera. Similiter autem posset corrumpi fides per fallaciam, sicut etiam quaelibet scientia. Sed, sicut dicitur I Elenc., fallacia quandoque fit ex voce, quandoque ex re. Unde est fallacia in dictione, et extra dictionem. Et sic fides aliquando corrumpitur per aliquas voces inordinatas, sicut dicit Hieronymus, quod ex verbis inordinate prolatis fit haeresis. Et ideo dicit devitans profanas vocum novitates. Quia non velle audire aliquid novi est oblatrare contra consuetudines. Sed nova profana non sunt audienda. Sed profana novitas est, quando inducitur aliquid contra fidem. Et dicitur novum per comparationem ad id quod est antiquum. Hoc fecit Nestorius, quando dixit de virgine Maria christotocos, ut inferret quod non esset mater Dei. Et ideo sancti patres in Ephesino Concilio instituerunt, quod diceretur theotocos. II Tm. I, 13: formam habens sanorum verborum, quae a me audisti in fide, et dilectione in Christo Iesu. Et cap. II, 16: profana et vaniloquia devita, et cetera. Quandoque vero corrumpitur per rationes reales sophisticas. Et illud vitandum est. Et dicit et oppositiones scientiae falsi nominis, quia non est vera scientia, sed apparens. Scientia enim secundum propriam rationem non est nisi verorum. Impossibile autem est, quod verum sit vero contrarium, licet quandoque duo falsa sint sibi contraria; et ideo impossibile est quod illud quod repugnat veritati divinae, quae est summa veritas, sit verum. Col. II, 8: videte ne quis vos decipiat per philosophiam et inanem fallaciam secundum traditionem hominum, secundum elementa mundi, et non secundum Christum. Promittentes, id est, dicentes se habere. Jr. X, 14: stultus factus est omnis homo a scientia sua; quae non est Dei, quia qui loquitur mendacium, ex propriis loquitur, Jn. VIII, 44. Jr. II, 16: filii Mempheos et Taphnes constupraverunt te usque ad verticem. Is. XLVII, 10: sapientia tua et scientia tua haec decepit te. Gratia Dei tecum. Amen.


 

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Saint Timothée évêque et martyr

24 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Timothée évêque et martyr

Collecte

Dieu tout-puissant, regardez notre faiblesse ; et parce que le poids de nos péchés nous accable, fortifiez-nous par la glorieuse intercession du bienheureux Timothée, votre Martyr et Pontife.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Timothée, né à Lystres en Lycaonie, d’un père Gentil et d’une mère Juive, pratiquait déjà la religion chrétienne lorsque l’Apôtre Paul vint en ce pays. Celui-ci, frappé de la grande réputation de sainteté de Timothée, le prit pour compagnon de ses voyages ; mais il le circoncit, à cause des Juifs convertis au Christ, qui savaient que le père de Timothée était Gentil. Étant arrivés tous deux à Éphèse, l’Apôtre l’ordonna Évêque, afin qu’il gouvernât cette Église.

Cinquième leçon. L’Apôtre lui écrivit deux Épîtres, l’une de Laodicée, l’autre de Rome ; dans ces lettres, il le confirme dans l’exercice de sa charge pastorale. Comme Timothée ne pouvait supporter qu’on offrît aux simulacres des démons le sacrifice qui n’est dû qu’au Dieu unique, un jour que le peuple d’Éphèse immolait des victimes à Diane, dont on célébrait la fête, il s’efforça de le détourner de cet acte impie, mais le saint Évêque fut lapidé ; les Chrétiens l’enlevèrent à demi mort et le portèrent sur une montagne proche de la ville, où il s’endormit dans le Seigneur, le neuf des calendes de février.

La veille du jour où nous allons rendre grâces à Dieu pour la miraculeuse Conversion de l’Apôtre des Gentils, la marche du Cycle nous ramène la fête du plus cher disciple de cet homme sublime. Timothée, l’infatigable compagnon de Paul, cet ami à qui le grand Apôtre écrivit sa dernière lettre, peu de jours avant de verser son sang pour Jésus-Christ, vient attendre son maître au berceau de l’Emmanuel. Il y trouve déjà Jean le Bien-Aimé, avec lequel il a porté les sollicitudes de l’Église d’Éphèse ; il y salue Etienne et les autres Martyrs qui l’y ont devancé, et leur présente la palme qu’il a lui-même conquise. Enfin, il vient apporter à l’auguste Marie les hommages de la chrétienté d’Éphèse, chrétienté qu’elle a sanctifiée de sa présence, et qui partage, avec celle de Jérusalem, la gloire d’avoir possédé dans son sein celle qui n’était pas seulement, comme les Apôtres, le témoin, mais, en sa qualité de Mère de Dieu, l’ineffable instrument du salut des hommes.

L’Église Grecque célèbre saint Timothée dans ses Menées, auxquels nous empruntons les strophes suivantes :

Plein de la sagesse de Dieu, ô Timothée, tu es entré dans le torrent des délices, et tu t’es désaltéré dans la gnose divine ; tu as imité les fervents amis du Christ, et tu es entré plein de joie dans sa gloire, où tu contemples la très splendide Trinité et tu jouis de la paix la plus sereine.
Plein de la sagesse de Dieu, ô Timothée, les fréquentes faiblesses et infirmités de ton corps fortifiaient ton âme ; gardé par la puissance du Christ, tu as dissous avec facilité la puissance de l’erreur, et tu nous as prêché, d’une manière sublime, le très divin Évangile de la paix.
Le monde entier célèbre aujourd’hui tes prodiges, thaumaturge immortel ; car le Christ t’a récompensé par le don des miracles, toi qui as souffert pour lui les tourments ; pour la mort que tu as endurée, il t’a gratifié d’une gloire et d’une béatitude éternelles.
Homme de toute sainteté, la grâce a débordé avec abondance de tes lèvres ; elle en a fait couler des fleuves de doctrine, qui ont arrosé l’Église du Christ et porté des fruits au centuple, ô Timothée, prédicateur du Christ, Apôtre divin !
En mortifiant les membres de ta chair, tu les as soumis au Verbe ; en assujettissant la partie vile de toi-même à celle qui est la plus excellente, bienheureux Timothée, tu as dominé tes passions et allégé ton âme, établie dans une harmonie parfaite selon les enseignements de Paul.
Paul, éclatant comme un soleil, t’a lancé comme un de ses brillants rayons, pour illuminer la terre d’une abondante et splendide lumière, pour diriger et confirmer nos âmes, ô Timothée, qui manifestes Dieu !
Tu as paru comme un char divin, ô Timothée ! Portant le nom de Dieu devant les tyrans impies, sans craindre leur cruauté ; car tu as revêtu la force invincible du Sauveur, ô homme chéri de Dieu !
Tu as reçu la couronne de gloire, ô Timothée, plein de toute félicité ; Apôtre doué d’un esprit divin, tu as ceint dignement le diadème du royaume ; tu assistes devant le trône de ton maître, resplendissant avec Paul dans les tabernacles éternels, ô très heureux !

Nous honorons en vous, saint Pontife, un disciple des Apôtres, un des premiers anneaux qui nous rattachent au Christ ; vous nous apparaissez tout illuminé des entretiens du grand Paul. Son disciple, le divin Aréopagite, vous choisit pour le confident de ses sublimes contemplations sur les Noms Divins ; mais maintenant, inondé de la lumière éternelle, vous contemplez sans nuage le Soleil de justice. Soyez-nous propice, à nous qui ne pouvons que l’entrevoir à travers les voiles de son humilité ; obtenez-nous du moins de l’aimer, afin que nous puissions mériter de le voir un jour dans sa gloire. Pour alléger le poids de votre corps, vous soumettiez vos sens à une pénitence rigoureuse que Paul vous exhortait d’adoucir : aidez-nous à soumettre la chair à l’esprit. L’Église relit sans cesse les conseils que l’Apôtre vous donna, et en vous à tous les pasteurs, pour le choix et la conduite des membres du clergé ; donnez-nous des Evêques, des Prêtres et des Diacres ornés de toutes les qualités qu’il exige dans ces dispensateurs des Mystères de Dieu. Enfin, vous qui êtes monté au ciel avec l’auréole du martyre, tendez-nous votre palme, afin que, tout obscurs combattants que nous sommes, nous puissions nous élever jusqu’au séjour où l’Emmanuel reçoit et couronne ses élus pour l’éternité.

 

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Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Marty

23 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Marty

Collecte

O Dieu, qui avez choisi le bienheureux Raymond pour en faire un ministre admirable du sacrement de la pénitence, et qui lui avez fait traverser les eaux de la mer de façon merveilleuse, accordez-nous cette grâce, que, par son intercession, nous puissions porter de dignes fruits de pénitence et parvenir au port du salut éternel.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Le bienheureux Raymond, né à Barcelone, de la noble maison de Pegnafort, fut, encore enfant, instruit des éléments de la religion chrétienne, et dès lors il faisait présager quelque chose de grand par ses rares qualités d’esprit et de corps. Fort jeune il professa les humanités dans sa patrie, puis se rendit à Bologne, où il s’appliqua avec zèle aux devoirs de la piété et à l’étude du droit canonique et civil ; il y reçut le bonnet de Docteur, et y expliqua les saints Canons à l’admiration de tous. La réputation de ses vertus se répandant au loin, Bérenger, Évêque de Barcelone, qui retournait de Rome à son Église, passa par Bologne pour le voir, et obtint enfin à force de prières qu’il revînt avec lui dans sa patrie. Bientôt Raymond fut honoré de la dignité de chanoine et de prévôt de la même Église, où il surpassa le peuple et tout le clergé par l’éclat de son intégrité, de sa modestie, de sa doctrine, et par la douceur de ses mœurs. Il accrut toujours de toutes ses forces l’honneur et le culte de la Vierge Mère de Dieu, qu’il vénérait avec une piété et une affection singulières.

Cinquième leçon. A l’âge d’environ quarante-cinq ans, il fit profession solennelle dans l’Ordre des Frères Prêcheurs ; alors, comme un nouveau soldat, il s’exerça dans tous les genres de vertus, mais surtout dans la charité pour les indigents, principalement envers ceux que les infidèles retenaient captifs. Ce fut sur son conseil que saint Pierre Nolasque, dont il était le confesseur, consacra ses biens à cette œuvre de pitié ; la bienheureuse Vierge, apparaissant à Pierre ainsi qu’au bienheureux Raymond et à Jacques Ier, roi d’Aragon leur dit qu’il serait très agréable à elle et à son Fils unique, qu’on instituât en son honneur un Ordre de religieux à qui incomberait le soin de délivrer les captifs de la tyrannie des infidèles. C’est pourquoi, après en avoir conféré entre eux, ils fondèrent l’Ordre de Notre-Dame de la Merci de la Rédemption des captifs, pour lequel Raymond statua certaines règles de vie, très bien appropriées au but de cet institut. Quelques années après, il obtint de Grégoire IX l’approbation de ces lois, et il créa premier Général de l’Ordre, saint Pierre Nolasque, auquel il avait donné l’habit de ses propres mains.

Sixième leçon. Le même Grégoire IX l’appela à Rome, et ce Pontife le choisit pour son chapelain, son pénitencier et son confesseur ; ce fut par son ordre que Raymond rassembla en un volume appelé Décrétales, les décrets des Pontifes romains disséminés dans les Actes de divers conciles et dans différentes épîtres. Il refusa constamment avec fermeté l’archevêché de Tarragone qui lui était offert par le Pontife lui-même, et se démit spontanément du généralat de l’Ordre des Frères Prêcheurs, qu’il avait gouverné très saintement pendant deux années. Il détermina Jacques, roi d’Aragon, à établir dans ses états le saint office de l’Inquisition. Il fit beaucoup de miracles, parmi lesquels le plus éclatant fut que, voulant revenir de l’île Majorque à Barcelone, il étendit son manteau sur les eaux, fit cent soixante milles de chemin en six heures, et entra dans son monastère, bien que les portes en fussent closes Enfin presque centenaire, plein de vertus et de mérites, il s’endormit dans le Seigneur, l’an du salut mil deux cent soixante-quinze. Clément VIII l’a mis au nombre des Saints.

 

De nombreux essaim de Martyrs qui fait la garde autour de l’Emmanuel, jusqu’au jour de sa Présentation au Temple, entr’ouvre de temps en temps ses rangs glorieux pour donner place aux Confesseurs que la divine Sagesse a fait briller sur le Cycle dans cette saison. Les Martyrs y sont les plus nombreux ; mais la gloire des Confesseurs y est noblement représentée. Après Hilaire, Paul, Maur et Antoine, resplendit aujourd’hui Raymond de Pegnafort, l’une des gloires de l’Ordre de saint Dominique et de l’Église, au XIIIe siècle.

Selon la parole des Prophètes, le Messie est venu pour être notre Législateur ; il est lui-même la Loi. Sa parole sera la règle des hommes, et il laissera à son Église le pouvoir de la législation, afin qu’elle puisse conduire les peuples dans la sainteté et dans la justice, jusqu’à l’éternité. La sagesse de l’Emmanuel préside à la discipline canonique, comme sa vérité à l’enseignement de la foi. Mais l’Église, dans la compilation et la disposition de ses lois, emprunte le secours des hommes qui lui semblent joindre à un plus haut degré la science du Droit et l’intégrité de la morale.

Saint Raymond de Pegnafort a l’honneur d’avoir tenu la plume pour la rédaction du code canonique qui régit aujourd’hui l’Église. Ce fut lui qui, en 1234, compila, par ordre de Grégoire IX, les cinq livres des Décrétales ; et son nom est associé, pour jamais, à la gloire de cette œuvre qui forme encore la base de la discipline actuelle.

Disciple de Celui qui est descendu du ciel dans le sein d’une Vierge pour sauver les pécheurs, en les appelant au pardon, Raymond a mérité d’être appelé par l’Église l’insigne Ministre du Sacrement de Pénitence. Il est le premier qui ait recueilli, en corps de doctrine, les maximes de la morale chrétienne, qui servent à déterminer les devoirs du confesseur à l’égard des pécheurs qui viennent lui déposer leurs péchés. La Somme des Cas Pénitentiaux a ouvert la série de ces importants travaux, dans lesquels d’habiles et vertueux docteurs se sont appliqués à peser les droits de la loi et les obligations de l’homme, afin d’instruire le prêtre dans l’art de discerner , comme parle l’Écriture, la lèpre d’avec la lèpre].

Enfin, lorsque la glorieuse Mère de Dieu, qui est aussi la Mère des hommes, suscita pour opérer la Rédemption des captifs le généreux Pierre Nolasque, que nous verrons arriver, sous quelques jours, au berceau du Rédempteur, Raymond fut l’instrument puissant de ce grand œuvre de miséricorde ; et ce n’est pas en vain que l’Ordre de la Merci le considère comme l’un de ses fondateurs, et que tant de milliers de captifs, délivrés de la servitude musulmane, l’ont honoré comme l’un des principaux auteurs de leur liberté.

Saint Raymond de Pegnafort confesseur mémoire de Sainte Emérentienne Vierge et Marty
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IIIème dimanche après l’Epiphanie

22 Janvier 2023 , Rédigé par Ludovicus

IIIème dimanche après l’Epiphanie

Introït

Adorez Dieu, vous tous ses Anges, Sion a entendu et s’est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli de joie. Le Seigneur est roi ; que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent.

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, jetez un regard favorable sur notre faiblesse et étendez la droite de votre majesté pour nous protéger.

Épitre Rm. 12, 16-21

Mes Frères : Ne soyez point sages à vos propres yeux ; ne rendez à personne le mal pour le mal ; veillez à faire ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant qu’il dépend de vous, soyez en paix avec tous. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez agir la colère de Dieu ; car il est écrit : "A moi la vengeance ; c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur." Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons de feu sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien.

Évangile Mt. 8, 1-13

En ce temps là : Comme Jésus descendait de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : "Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir." Il étendit la main, le toucha et dit : "Je le veux, sois guéri." Et à l’instant sa lèpre fut guérie. Alors Jésus lui dit : "Garde-toi d’en parler à personne ; mais va te montrer au prêtre, et offre le don prescrit par Moïse, en attestation pour eux." Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion l’aborda et lui fit cette prière : "Seigneur, mon serviteur est couché dans ma maison, paralysé, et il souffre cruellement." Il lui dit : "Je vais aller le guérir." Le centurion reprit : "Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit ; mais dites seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Car moi qui suis sous des chefs, j’ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l’un : "Va," et il va ; et à un autre : "Viens," et il vient ; et à mon serviteur : "Fais ceci," et il le fait." Ce qu’entendant, Jésus fut dans l’admiration, et il dit à ceux qui le suivaient : "Je vous le dis en vérité : dans Israël, chez personne je n’ai trouvé une si grande foi. Or je vous le dis : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident, et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et le grincement de dents." Et Jésus dit au centurion : "Va, et qu'il te soit fait selon ta foi !" Et à l’heure même le serviteur se trouva guéri.

Secrète

Nous vous en supplions, Seigneur, que cette hostie nous purifie de nos fautes, et qu’elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs pour célébrer le sacrifice.

Postcommunion

Nous vous en supplions, Seigneur, vous qui nous accordez la grâce de participer à de si grands mystères, rendez-nous dignes d’en recevoir véritablement les effets.

Office

Au premier nocturne.

Commencement de l’Épître de saint Paul Apôtre aux Galates.

Première leçon. Cap. 1, 1-5 Paul, apôtre, non de la part des hommes ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts, et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de Galatie. A vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ, qui s’est livré pour nos péchés afin de nous arracher à ce monde actuel et mauvais, selon la volonté de Dieu notre Père, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Deuxième leçon. Cap. 1, 6-10 Je m’étonne que si vite vous abandonniez celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à un second évangile, non qu’il y en ait deux ; il y a seulement des gens en train de jeter le trouble parmi vous. et qui veulent bouleverser l’Évangile du Christ. Eh bien ! si nous-mêmes, si un ange venu du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons déjà dit, et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! En tout cas, maintenant est-ce la faveur des hommes, ou celle de Dieu que je veux gagner ? Est-ce que je cherche à plaire à des hommes ? Si je voulais encore plaire à des hommes, je ne serais plus le serviteur du Christ.

Troisième leçon. Cap. 1, 11-14 Frères, je vous le déclare, l’Évangile annoncé par moi ne relève pas d’un homme ; car ce n’est pas d’un homme que je l’ai reçu ni appris, c’est par révélation de Jésus-Christ. Vous avez entendu parler de ma conduite passée, dans le judaïsme : je persécutais à outrance l’Église de Dieu et je la ravageais. Dans le judaïsme je surpassais beaucoup de compatriotes de mon âge, montrant un zèle excessif pour les traditions de mes pères.

Au deuxième nocturne.

Exposé de saint Augustin, évêque, sur l’Épître aux Galates.

Quatrième leçon. Le motif pour lequel l’Apôtre écrit aux Galates est de leur faire comprendre que la grâce de Dieu est à l’œuvre en eux pour les libérer désormais de la loi. Lorsque la grâce de l’Évangile leur fut prêchée, il n’en manqua point qui, venus de la circoncision, ne tenaient pas encore, bien que chrétiens de nom, le bénéfice propre de la grâce. Ils voulaient demeurer sous les fardeaux de la loi imposée par le Seigneur Dieu à ceux qui servaient non la justice, mais le péché. Cette loi juste, Dieu la donnait à des hommes injustes, pour leur révéler leurs péchés et non pour les leur enlever. Seule enlève les péchés la grâce de la foi qui opère par l’amour.

Cinquième leçon. Les judaïsants voulaient donc replacer sous les fardeaux de la loi les Galates déjà placés sous la grâce. Ils assuraient que l’Évangile ne leur servirait de rien s’ils ne se faisaient circoncire et ne se soumettaient aux autres observances charnelles des rites judaïques. Aussi les Galates commencèrent-ils à tenir en suspicion l’apôtre Paul qui leur avait prêché l’Évangile. Selon eux, il était coupable de ne pas tenir la même règle de conduite que les autres Apôtres qui contraignaient les nations à judaïser.

Sixième leçon. Une question semblable est traitée aussi dans l’Épître aux Romains mais avec cette différence, semble-t-il, que l’Apôtre y tranche un débat et met un terme au litige qui s’était élevé entre les croyants issus, les uns, du judaïsme, les autres, du paganisme. Les premiers prétendaient que le salaire de l’Évangile leur avait été octroyé en raison du mérite des œuvres de la loi et ce salaire, ils se refusaient à le voir accordé, faute de mérite, pensaient-ils, aux incirconcis. Quant à ces derniers, ils cherchaient à s’élever au-dessus des Juifs en qui ils prétendaient voir les meurtriers du Seigneur. Mais, dans cette Épître-ci, l’Apôtre écrit à des gens déjà ébranlés par l’autorité des judaïsants qui les contraignaient à la pratique des observances de la loi.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jérôme, prêtre.

Septième leçon. Tandis qu’il descend de la montagne, les foules vont au devant du Seigneur ; car elles n’ont pu gravir les sommets. Et le premier qui vient à sa rencontre est un lépreux : à cause de sa lèpre il ne pouvait entendre le si long discours prononcé par le Sauveur sur la montagne. Il faut noter qu’il est le premier cas spécial de guérison : le second rang revient au serviteur du centurion, le troisième à la belle-mère de Pierre accablée par la fièvre à Capharnaüm, le quatrième aux possédés du démon qui sont présentés au Seigneur et dont les esprits sont chassés par sa parole lorsqu’il guérit aussi tous les malheureux.

Huitième leçon. « Et voici qu’un lépreux vint se prosterner devant lui en disant... » Après la prédication et l’enseignement, voici, fort à propos, l’occasion d’un signe afin que la puissance du miracle confirme chez les auditeurs la parole qu’ils viennent d’entendre. « Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier. » Celui qui fait appel à la volonté ne doute pas de la puissance. « Alors il étendit la main et il le toucha en disant : Je le veux, sois purifié. » Le Seigneur étend la main, la lèpre fuit aussitôt. Observe également combien la réponse est humble et sans jactance. Le lépreux dit : « Si tu veux. » Le Seigneur répond : « Je le veux. » Il avait dit aussi : « Tu peux me purifier » Le Seigneur ajoute ces mots : « Sois purifié. » Il ne faut donc pas, comme le pensent la plupart des Latins, joindre les deux expressions et lire : « Je veux purifier », mais les séparer. Ainsi Jésus dit d’abord : « Je le veux », ensuite il ordonne : « Sois purifié. »

Neuvième leçon. « Et Jésus lui dit : Garde-toi d’en parler à personne. » Et vraiment, était-il nécessaire d’annoncer en paroles ce que son corps proclamait ? « Mais va, montre-toi au prêtre. » Il le renvoie au prêtre pour différentes raisons. D’abord par motif d’humilité : il veut montrer qu’il témoigne de la déférence aux prêtres. Car la loi prescrivait à ceux qui avaient été guéris de la lèpre d’offrir des présents aux prêtres. Ensuite, à la vue du lépreux purifié ou bien ils croiront au Sauveur, ou bien ils ne croiront pas. S’ils croient, ils sont sauvés ; s’ils ne croient pas, ils seront sans excuse. Et en même temps, Jésus se dégage du reproche qu’on lui inflige très souvent, celui de violer la loi.

Il arrive que le IIIe et le IVe Dimanche après l’Épiphanie, dans les années mêmes où ils pourraient être célébrés, se trouvent omis, par suite de l’occurrence d’une fête Double ; et les fêtes de ce degré sont fréquentes dans la dernière quinzaine de janvier. Dans ce cas, l’Église fait simplement mémoire du Dimanche occurrent à la Collecte, à la Secrète et à la Postcommunion ; et on lit l’Évangile de ce Dimanche à la fin de la Messe, en place de celui de saint Jean.

L’Introït nous représente les Anges du Seigneur l’adorant au moment de son entrée en ce monde, comme l’explique saint Paul dans l’Épître aux Hébreux. L’Église célèbre avec David l’allégresse de Sion et les transports des filles de Juda.

ÉPÎTRE.

Cette charité envers le prochain, que nous recommande l’Apôtre, prend sa source dans la fraternité universelle que le Sauveur est venu nous apporter du ciel par sa naissance. Il est venu faire la paix entre le ciel et la terre : les hommes doivent donc aussi avoir la paix entre eux. Si le Seigneur nous recommande de ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais de surmonter le mal par le bien, ne l’a-t-il pas fait lui-même lorsqu’il est venu au milieu des enfants de colère pour en faire des enfants d’adoption, au moyen de ses abaissements et de ses souffrances ?

ÉVANGILE.

Le genre humain était malade de la lèpre du péché : le Fils de Dieu daigne le toucher dans le mystère de l’Incarnation, et il lui rend la santé ; mais il exige que le malade ainsi guéri aille se montrer au prêtre, et qu’il accomplisse les cérémonies prescrites dans la loi, pour montrer qu’il associe un sacerdoce humain à l’œuvre de notre salut. La vocation des Gentils, dont les Mages ont été les prémices, parait aussi dans la foi du Centurion. Un soldat romain et des millions d’autres qui lui sont semblables, seront réputés de vrais enfants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, tandis que des fils directs de ces Patriarches seront jetés hors de la salle du festin, dans les ténèbres de l’aveuglement ; et leur châtiment sera donné en spectacle à tous les peuples. Dans l’Offertoire, l’homme, sauvé par la venue de l’Emmanuel, chante la puissance du Dieu qui a déployé pour notre salut la force de son bras. L’homme était condamné à la mort éternelle ; mais, ayant pour frère un Dieu, il ne mourra pas : il vivra pour raconter les merveilles de ce Dieu qui l’a sauvé.

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