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IVème dimanche de l’Avent

18 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

IVème dimanche de l’Avent

Introït

Cieux, répandez votre rosée ; que des nuées descende le salut ! Que s’ouvre la terre et qu’elle donne naissance au Sauveur. Les cieux chantent la gloire de Dieu : leur voûte solide proclame la puissance de ses mains.

Collecte

Excitez, Seigneur, votre puissance et venez : donnez-nous le secours de votre force infinie, et qu’avec l’aide de votre grâce, votre indulgente bonté nous accorde sans délai ce que retardent nos péchés.

Épitre 1 Cor. 4, 1–5

Mes Frères : Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. Eh bien ! ce que l’on cherche dans les dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain ; je ne me juge pas moi-même ; car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu’à ce que vienne le Seigneur : il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.

Évangile Lc. 3, 1–6

La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Postcommunion

Après avoir reçu vos dons, Seigneur, nous vous demandons de faire croître en nos âmes les grâces du salut, à mesure que nous recourons à ce sacrement

Office

Au premier nocturne.

Du Prophète Isaïe. Cap. 35, 1-10 & 41, 1-4.

Première leçon. Elle se réjouira, la terre déserte et sans chemin, et elle exultera la solitude, et fleurira comme le lys. Germant, elle germera, et elle exultera, toute joyeuse, et chantant des louanges ; la gloire du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et de Saron ; eux-mêmes verront la gloire du Seigneur et la majesté de notre Dieu. Fortifiez les mains languissantes et affermissez les genoux débiles. Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez point ; car voici que votre Dieu amènera la vengeance de rétribution] ; Dieu lui-même viendra et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds entendront. Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée], parce que des eaux se sont répandues dans le désert et des torrents dans la solitude. Et la terre qui était aride sera comme un étang, et celle qui avait soif comme des fontaines d’eaux.
Deuxième leçon. Dans les repaires, dans lesquels auparavant habitaient des dragons, croîtra la verdure du roseau et du jonc. Et là sera un sentier et une voie, et elle sera appelée la voie sainte ; l’impur n’y passera pas, et ce sera pour vous une voie droite, en sorte que les ignorants ne s’y égareront pas. Il n’y aura pas là de lion, et une mauvaise bête n’y montera pas et ne s’y trouvera pas ; mais ils y marcheront, ceux qui auront été délivrés. Et les rachetés par le Seigneur retourneront, et viendront à Sion, avec des chants de louange, et une allégresse éternelle sera sur leur tête ; ils obtiendront la joie et l’allégresse et la douleur fuira ainsi que le gémissement.
Troisième leçon. Que les îles] se taisent devant moi, et que les Nations prennent une nouvelle force ; qu’elles s’approchent et alors qu’elles parlent, et entrons ensemble en jugement. Qui a suscité de l’Orient le juste ? L’a appelé pour qu’il le suivît ? Il mettra en sa présence des Nations et lui asservira des rois ; il [les] livrera comme de la poussière à son glaive, et comme une paille emportée par le vent à son arc. Il les poursuivra, il passera en paix, et la trace de ses pieds ne paraîtra pas]. Qui a opéré et fait ces choses, appelant les générations dès le commencement ? Je suis le Seigneur ; c’est moi qui suis le premier et le dernier.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Si nous avons, mes bien aimés, selon la foi et la sagesse, l’intelligence de l’exorde de notre création, nous trouverons que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, afin qu’il imitât son Auteur, et que la perfection première de notre race consiste à ce qu’en nous resplendisse, comme en une sorte de miroir, l’image de la bénignité divine. C’est sur ce type que la grâce du Sauveur nous refait tous les jours, lorsque ce qui est tombé dans le premier Adam, est relevé dans le second.
Cinquième leçon. Nous devons à la seule miséricorde de Dieu le bienfait de notre Rédemption ; nous ne l’aimerions pas, « s’il ne nous avait aimés le premier, » et s’il n’eût dissipé les ténèbres de notre ignorance par la lumière de sa vérité. C’est ce que Dieu nous apprend lui-même par le saint Prophète Isaïe : « Je conduirai les aveugles dans une voie qu’ils ne connaissaient pas ; et je les ferai marcher dans des sentiers qu’ils ignoraient. Je convertirai devant eux les ténèbres en lumière, et les chemins tortus en chemins droits ; je ferai ces merveilles pour eux et je ne les délaisserai pas. » Et encore : « J’ai été trouvé, dit-il, par ceux qui ne me cherchaient pas ; je me suis montré à ceux qui ne me demandaient pas. »
Sixième leçon. L’Apôtre saint Jean nous explique de quelle manière ce mystère s’est accompli, lorsqu’il dit : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu, et nous a donné l’intelligence, pour que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils. » Et encore « Aimons donc Dieu, puisque c’est lui qui nous a aimés le premier. » Or Dieu, en nous aimant, nous réforme sur son image ; et, pour trouver en nous des traits de sa bonté infinie, il nous donne des secours, afin que nous puissions faire ce qu’il fait lui-même : répandant les lumières de sa vérité dans notre esprit, et nous enflammant du feu de sa charité, pour que nous ne l’aimions pas seulement lui-même, mais que nous aimions tout ce qu’il aime.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Jean disait à ceux qui accouraient en foule pour être baptisés : « Race de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir ? » Or, la colère à venir est le châtiment final, que ne pourra fuir alors le pécheur, s’il ne recourt maintenant aux gémissements de la pénitence. Et i ! faut remarquer que ces rejetons mauvais, imitant la manière d’agir de parents méchants, sont appelés : race de vipères ; parce qu’en portant envie aux bons, en les persécutant, en faisant du mal à leur prochain, en se vengeant du dommage qu’on leur porte, ils suivent en tout cela les voies de leurs pères selon la chair, et agissent comme des enfants envenimés, nés de parents remplis eux-mêmes de venin.
Huitième leçon. Mais, puisque nous avons déjà péché, et que nous sommes enveloppés dans de mauvaises habitudes invétérées, qu’il nous dise ce que nous devons faire pour pouvoir fuir la colère à venir. Le voici : « Faites donc de dignes fruits de pénitence. » Il faut remarquer, dans ces paroles, que l’ami de l’Époux nous avertit de faire, non seulement des fruits de pénitence, mais de dignes fruits de pénitence. Car, c’est autre chose que de faire un fruit de pénitence, et de faire un digne fruit de pénitence. Pour bien parler de ces fruits de pénitence, il faut savoir que quiconque n’a rien commis d’illicite, a le droit d’user des choses licites : et ainsi, en s’exerçant dans les œuvres de piété, il lui est libre d’user, s’il le veut, des choses du monde.
Neuvième leçon. Mais, si il quelqu’un est tombé dans de grands péchés, il doit d’autant plus se retrancher ce qui est permis, qu’il se souvient d’avoir commis des actions défendues. Et, en effet, les fruits des bonnes œuvres ne doivent pas être pareils en celui qui a peu péché, et en celui qui a péché beaucoup ; ou bien en celui qui n’a jamais commis de crimes, celui qui en a commis quelques-uns, et celui qui en a commis un grand nombre. Ces paroles donc : « Faites de dignes fruits de pénitence, » sont un appel à la conscience de chacun, l’invitant à acquérir par la pénitence un trésor de bonnes œuvres d’autant plus grand, qu’il s’est causé de plus grands dommages par le péché.

ÉPÎTRE.

L’Église remet sous les yeux des peuples, dans cette Épître, la dignité du Sacerdoce chrétien, à l’occasion de l’Ordination qu’on a célébrée la veille, et rappelle en même temps aux Ministres sacrés l’obligation qu’ils ont contractée de se montrer fidèles dans la charge qui leur a été imposée. Au reste, il n’appartient pas aux brebis de juger le pasteur : tous, prêtres et peuple, doivent vivre dans l’attente du jour de l’Avènement du Sauveur, de ce dernier Avènement dont la terreur sera aussi grande qu’est attrayante la douceur du premier, et du second auquel nous préparons nos âmes. Après avoir fait retentir dans l’assemblée ces paroles sévères, la sainte Église reprend le cours de ses espérances, et célèbre encore l’arrivée prochaine de l’Époux. « Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité. V/. Ma bouche annoncera la louange du Seigneur ; que toute chair bénisse son saint Nom. Alléluia, alléluia. V/. Venez, Seigneur, et ne tardez plus : pardonnez les crimes d’Israël votre peuple. Alléluia. »

ÉVANGILE.

Vous êtes proche, Seigneur, car l’héritage de votre peuple a passé aux mains des Gentils, et la terre que vous aviez promise à Abraham n’est plus aujourd’hui qu’une province de ce vaste empire qui doit précéder le vôtre. Les oracles des Prophètes s’exécutent de jour en jour ; la prédiction de Jacob lui-même est accomplie : Le sceptre est ôté de Juda. Tout se prépare pour votre arrivée, ô Jésus ! C’est ainsi que vous renouvelez la face de la terre : daignez aussi renouveler mon cœur, et soutenir son courage, dans ces dernières heures qui précèdent votre venue. Il sent le besoin de se retirer au désert, d’implorer le baptême de la pénitence, de redresser ses voies : faites tout cela en lui, divin Sauveur, afin qu’au jour où vous allez descendre sa joie soit pleine et parfaite.

IVème dimanche de l’Avent
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Samedi des Quatre-Temps de l’Avent

17 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Samedi des Quatre-Temps de l’Avent

Oraison

Seigneur Dieu, vous voyez les épreuves que nous subissons à cause du péché qui est en nous : accordez-nous de trouver le réconfort dans votre venue.

Lecture Is. 19, 20–22

En ces jours là : quand ils crieront vers le Seigneur, à cause des oppresseurs, il leur enverra un sauveur et un champion pour les délivrer. Le Seigneur se fera connaître de l’Égypte, et l’Égypte connaîtra le Seigneur, en ce jour-là ; ils feront des sacrifices et des offrandes ; ils feront des vœux au Seigneur et les accompliront. Le Seigneur frappera l’Égypte, frappant et guérissant. Ils se convertiront au Seigneur, et il se laissera fléchir par eux et les guérira.

Oraison

Dieu tout puissant, par un vieil esclavage, nous sommes écrasés sous le joug du péché ; faites que la naissance nouvelle de votre Fils unique que nous attendons nous rende la liberté.

Lecture Is. 35, 1–7

Voici ce que dit le Seigneur : Le désert et la terre aride se réjouiront ; la steppe sera dans l’allégresse, et fleurira comme le narcisse ; il se couvrira de fleurs et tressaillira, il poussera des cris de joie. La gloire du Liban lui sera donnée, avec la magnificence du Carmel et de Saron. Ils verront la gloire du Seigneur, la magnificence de notre Dieu ! Fortifiez les mains défaillantes, et affermissez les genoux qui chancellent ! Dites à ceux qui ont le cœur troublé ; « Prenez courage, ne craignez point : Voici votre Dieu ; la vengeance vient, une revanche divine, il vient lui-même et vous sauvera. » Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, alors s’ouvriront les oreilles des sourds. Le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, et des ruisseaux dans les steppes ; Le sol brûlé se changera en un lac, et la terre altérée en sources d’eaux : Oracle du Seigneur Tout puissant.

Oraison

Nous sommes, Seigneur, des serviteurs indignes, et c’est notre vie coupable qui nous attriste. Cependant, rendez-nous la joie par l’avènement de votre Fils Unique.

Lecture Is. 40, 9–11

Voici ce que dit le Seigneur : Monte sur une haute montagne, toi qui portes à Sion la bonne nouvelle ; élève la voix avec force, toi qui portes à Jérusalem la bonne nouvelle ; élève-la, ne crains point ; dis aux villes de Juda « Voici votre Dieu ! » Voici que le Seigneur Dieu vient avec puissance ; son bras exerce la domination ; Voici que sa récompense est avec lui, et son salaire est devant lui. Comme un berger, il fera paître son troupeau ; il recueillera les agneaux dans ses bras, et les portera dans son sein, le Seigneur notre Dieu.

Oraison

Nous vous en prions, Dieu tout puissant, permettez que la fête toute proche de votre Fils nous apporte les remèdes nécessaires à la vie présente et nous mérite la récompense éternelle.

Lecture Is. 45, 1–8

Ainsi parle le Seigneur à son oint, à Cyrus , que j’ai pris par la main droite pour terrasser devant lui les nations, et pour délier la ceinture des rois, pour ouvrir devant lui les portes, afin que les entrées ne lui soient pas fermées. Moi, je marcherai devant toi ; j’aplanirai les chemins montueux ; je romprai les portes d’airain, et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai les trésors cachés, et les richesses enfouies, afin que tu saches que je suis le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui t’ai appelé par ton nom. A cause de Jacob, mon serviteur, et d’Israël, mon élu, je t’ai appelé par ton nom ; je t’ai désigné quand tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre ; hors moi, il n’y a point de Dieu ! Je t’ai ceint quand tu ne me connaissais pas, afin que l’on sache ; du levant au couchant, qu’il n’y a rien en dehors de moi ! Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre ; je forme la lumière et crée les ténèbres, je fais la paix et je crée le malheur c’est moi le Seigneur qui fais tout cela. Cieux, répandez d’en haut votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir la justice ! Que la terre s’ouvre et produise le salut, qu’elle fasse germer la justice en même temps ! Moi ! Le Seigneur, je crée ces choses.

Oraison

Par pitié, Seigneur, exaucez les prières de votre peuple,. Et puisque nous subissons les épreuves que nous ont mérités nos péchés, apportez-nous le réconfort quand vous viendrez à nous, plein de bonté.

Lecture Dn. 3, 47–51

En ces jours là : L’ange du Seigneur était descendu dans la fournaise avec Azarias et ses compagnons, et il écartait de la fournaise la flamme de feu. Et il rendit le milieu de la fournaise tel que si un vent de rosée y avait soufflé. La flamme s’élevait quarante-neuf coudées au-dessus de la fournaise ; et, s’étant élancée, elle brûla les Chaldéens qu’elle rencontra près de la fournaise. Et le feu ne les toucha même pas, il ne les blessa point et ne leur causa point le moindre mal. Alors ces trois hommes, comme d’une seule bouche, louaient, glorifiaient et bénissaient Dieu dans la fournaise, en disant :

Bénis sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis soit le nom de ta gloire qui est saint, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu dans le temple saint de ta gloire, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le saint trône de ton règne, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le sceptre de ta divinité, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui siège sur les Chérubins, dominant l’abyme, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui marches sur les ailes du vent et avances sur les flots de la mer, à Toi louange et gloire éternellement.
Que tous les Anges et tes saints te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Que les cieux la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, louange et gloire éternellement.
Comme il était au commencement, maintenant et dans les siècles des siècles. Amen. Louange et gloire éternellement.
Tu es béni Seigneur, Dieu de nos pères, à Toi louange et gloire éternellement.

Épitre 2 Th. 2, 1–8

Mes Frères : En ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos sentiments, ni alarmer, soit par quelque esprit, soit par quelque parole ou lettre supposées venir de nous, comme si le jour du Seigneur était imminent. Que personne ne vous égare d’aucune manière ; car auparavant viendra l’apostasie, et se manifestera l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte, jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s’il était Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu’il se manifeste en son temps. Car le mystère d’iniquité s’opère déjà, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour. Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur Jésus exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’éclat de son avènement.

Évangile Lc. 3, 1–6.

La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Postcommunion

Nous vous le demandons, Seigneur, notre Dieu : que ces mystères sacrosaints, que vous avez donné pour raffermir en nous votre œuvre de rédemption, soient le remède qui nous sauve pour la vie présente et pour l’éternité.

Office

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Première leçon. A quel temps le Précurseur de notre Rédempteur reçut le mandat de prêcher, nous le trouvons indiqué par la double mention que fait l’Évangile, et du chef de l’empire Romain et des rois de la Judée. Il venait annoncer Celui qui allait en racheter quelques-uns d’entre les Juifs et un plus grand nombre d’entre les Gentils : voilà pourquoi on précise l’époque de sa prédication, en citant et un empereur des Gentils et les princes des Juifs. La Gentilité devait être rassemblée, tandis que la nation juive allait être dispersée, en punition de sa perfidie, cela aussi nous est indiqué par la mention faite des chefs du pouvoir civil : un seul, dit l’Évangile, dominait dans la République Romaine, tandis que plusieurs princes commandaient dans la Judée, divisée en quatre parties.
Deuxième leçon. En effet, voici la parole de notre Rédempteur : « Tout royaume divisé contre lui-même sera détruit. » II est donc visible que le royaume de Judée, divisé et soumis à tant de chefs, touchait à son terme. C’est aussi avec raison qu’on ne dit pas seulement sous quels princes, mais encore sous quels prêtres la parole du Seigneur se fit entendre au Fils de Zacharie dans le désert. Comme Celui que Jean-Baptiste annonçait devait être à la fuis Roi et Prêtre, l’Évangéliste saint Luc désigne le temps de sa prédication par la mention et des chefs du gouvernement civil et des autorités sacerdotales.
Troisième leçon. « Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. » Il est évident pour tous les lecteurs, que Jean n’a pas seulement prêché le baptême de la pénitence, mais qu’il le donna aussi à plusieurs : cependant il n’a pas pu donner son baptême en rémission des péchés, car la rémission des péchés ne nous est accordée que par le seul baptême du Christ. Aussi, faut-il remarquer qu’il est dit : « prêchant le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés » ; car, ne pouvant donner le baptême qui remet les péchés, il le prêchait. De sorte que, comme la parole de sa prédication était l’avant-coureur de la Parole incarnée du Père, de même son baptême, par lequel les péchés ne pouvaient être remis, fut l’avant-coureur du baptême de pénitence qui remet les péchés.

Samedi des Quatre-Temps de l’Avent
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Que l'autorité est donnée pour l'édification et non pour la destruction

16 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Que l'autorité est donnée pour l'édification et non pour la destruction

Lectio 2

Super II Cor., cap. 10 l. 2 Supra excusavit se apostolus per rationem hic excusat se per facti evidentiam. Et circa hoc duo facit. Primo enim committit auditoribus iudicium suae excusationis; secundo prosequitur suam causam, ibi si quis confidit, et cetera. Dicit ergo primo: licet appareat per rationem falsum esse quod imponunt mihi pseudo, tamen si aliqui sint inter vos, qui ratione non vincantur et noluerint rationi acquiescere, saltem videte, id est considerate, ea quae sunt secundum faciem, id est in manifesto apparent de me evidenter. Committit autem eis iudicium causae suae, ad ostendendam securitatem cordis sui. Jb VI, 29: respondete, obsecro, absque contradictione. Sed contra Jn. VII, 24: nolite secundum faciem iudicare. Non ergo bene dicitur hic quae secundum faciem sunt videte. Respondeo. Dicendum est quod ibi accipitur secundum faciem pro his quae exterius apparent in homine, scilicet pro sola veritatis apparentia, secundum quae non debet homo iudicare, quia aliquando contrarium latet in corde. Unde dicitur Mt. VII, 15: veniunt ad vos in vestimentis ovium, intrinsecus, et cetera. Hic vero accipitur secundum faciem pro ipsa veritate evangelica et facti evidentia, secundum quam potest fieri iudicium. Glossa aliter exponit, scilicet secundum faciem, id est pseudo videte, id est attendite. Quasi dicat: considerate facta eorum, quia impossibile est quin inter multa bona quae praetendunt, non faciant aliqua ex quibus poteritis cognoscere intentionem ipsorum pravam. Mt. VII, 20: ex fructibus eorum, et cetera. Consequenter cum dicit si quis autem confidit, etc., prosequitur causam suam. Contingit autem quod aliquis movetur contra aliquem, deceptus auctoritate alicuius qui se magnum facit. Et sic Corinthii commoti erant contra apostolum decepti a pseudo, qui se dicebant maioris auctoritatis quam Paulus, quia venerant a Iudaea, et quia erant primo conversi. Et ideo apostolus duo facit. Primo evacuat auctoritatem illorum pseudorum; secundo prosequitur causam suam, ibi ut autem non existimer, et cetera. Circa primum duo facit. Primo ostendit quod pseudo non sint sibi praeferendi; secundo quod ipse est praeferendus eis, ibi nam et si amplius, et cetera. Dicit ergo: hoc, inquam, secundum faciem videte; quod si quis, de pseudo, confidit se Christi esse, propter aliquod magnum quod fecerit, vel propter aliquod donum spirituale quod a Christo receperit, hoc cogitet apud se, id est consideret diligenter in corde suo quia sicut ipse Christi est, ita et nos. Quasi dicat: quidquid invenitur in eis, totum invenitur in nobis, unde debeamus dici et esse Christi. I Cor. VII, 40: puto quod et ego spiritum Christi habeam. Rm. VIII, 9: si quis spiritum Christi non habet, hic non est eius. Non solum autem nos sumus Christi sicut et ipsi, sed multo plus possumus gloriari quod sumus Christi quam ipsi. Et hoc est quod dicit nam et si amplius aliquid gloriatus fuero de potestate nostra, quam, scilicet potestatem, dedit nobis dominus. Ac. IX, 15: vas electionis est mihi iste. Ga. II, 8: qui operatus est Petro, et cetera. Dedit, inquam, mihi potestatem hanc specialem ad convertendum gentes in aedificationem, scilicet Ecclesiae, et non in destructionem, sicut faciunt pseudo, abutentes potestate eis data in contrarium ad quod data est. Nam, licet potestas detur in aedificationem Ecclesiae in fide et charitate, isti tamen quaerunt gloriam suam et non Christi, et ideo destruunt. Et hoc faciebant praedicando observari legalia et faciendo quaestum. Si ergo amplius glorior de hac potestate quam habeo, et in qua gloriam Christi quaero et non meam, non erubescam, scilicet de huiusmodi commendatione mea, quia non facio ad ostendendum me, sed causa necessitatis, scilicet ut ostendens auctoritatem meam esse magnam, et pseudo nullam, non decipiamini ab eis de caetero. Ubi nota quod, secundum Gregorium, duabus de causis potest aliquis se commendare absque peccato, scilicet quando aliquis provocatur opprobriis et conculcatur; et hoc ut non desperet videns se conculcari, et ut confutet adversarios. Sic Job commendavit se multum, sicut patet XXVII cap., unde dicit: neque enim reprehendit me cor meum in omni vita mea, et cetera. Item quando aliquis praedicans veritatem, et alius adversarius veritatis contradicit sibi et impedit manifestationem veritatis, tunc huiusmodi praedicator debet se commendare et ostendere auctoritatem suam, ut confutet illum et ut trahat auditores ad veritatem. Et hoc facit apostolus in multis locis et hic etiam. Consequenter cum dicit ut autem non existimer, etc., prosequitur causam suam ex facti evidentia. Et circa hoc tria facit. Primo ostendit falsum esse quod sibi imponitur; secundo rationem dicti assignat, ibi non enim audemus, etc.; tertio exponit rationem ipsam, ibi non autem non, et cetera. Circa primum sciendum est, quod, sicut dictum est, imponebatur apostolo quod in praesentia esset humilis propter timorem, vel propter gratiam et favorem captandum, et in absentia dure scriberet eis. Et ideo dicit apostolus quod non est ita, sed si bene volunt considerare quae apparent, ita invenient eum facto, qualem habuerunt scripto, et hoc possunt experiri, si volunt. Et hoc est quod dicit ut autem non existimer, a pseudo seu a vobis, tamquam terrere vos, vel timorem vobis incutere, per epistolas nostras quas vobis mittimus, quem quidem timorem non incutiebam vobis in praesentia. Et hoc ideo est quoniam ipsi, scilicet pseudo, inquiunt: epistolae, scilicet Pauli, graves sunt, id est dure et graviter punientes, et fortes, id est absque timore; sed praesentia non talis, imo infirma, id est debilis et humilis, quod respondet ei quod dicit fortes; et sermo, scilicet praedicatio sua, et collocutio, et exhortatio, contemptibilis, quod respondet ei quod dicitur graves. Sed qui est huiusmodi, id est qui talia dicit de nobis, cogitet, id est sciat certe, quia quales sumus, et cetera. Id est tales erimus praesentes, cum venimus ad vos, quales sumus per epistolas, absentes, si necesse fuerit. Causam autem quare apostolus se habuit humiliter ad eos, manifestat apostolus I Cor. II, 3: et ego, fratres, cum timore multo et tremore, etc., quod faciebat, quia non erant firmi in fide. Et voluit eos per dulcedinem suae conversationis firmare. Quare autem locutus fuerit sibi plana, et praedicaverit eis non subtilia, insinuat I Cor. III, dicens: tamquam parvulis in Christo lac potum dedi vobis, et cetera. Nondum enim erant capaces altioris doctrinae. Consequenter cum dicit non enim audemus, etc., ostendit rationem dicti sui, dicens: dico quod non sumus similes pseudo, nec etiam est verum quod imponitur nobis, quia ego non dico alia quam facere est necesse. Et ideo dicit non enim audemus nos inserere, id est dicere nos esse unum ex eis, aut comparare, id est similem facere, quibusdam, scilicet pseudo, qui seipsos vobis tantum commendant, et tamen ab aliis et a factis suis non commendantur, contra illud Pr. XXVII, 2: laudet te alienus, et non os tuum, et cetera. Sed ipsi in nobis, etc., id est secundum ea quae sunt in nobis commensuramus facta nostra et dicta. Quasi dicat: illa dicimus de nobis quae sunt proportionata nobis, id est commensurata factis nostris. Ga. ult.: unusquisque opus suum probet, et cetera. Sed contra cap. IV, 2 dicitur commendantes nosmetipsos ad omnem conscientiam, et cetera. Ergo non bene dixit. Respondeo. Dicendum est quod aliud est commendare seipsum ad conscientiam, et aliud ad aures. Nam ad conscientias hominum commendamus nos ipsos, cum bene agimus, et hoc est bonum. Ad aures autem commendamus nosmetipsos verbis tantum, et hoc est malum. Primo modo commendant se iusti et apostolus; secundo modo pseudo et hypocritae.


 

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Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent

16 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent

Lecture Is. 11, 1–5

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Un rameau sortira du tronc de Jessé, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur ; Il mettra ses délices dans la crainte du Seigneur. Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux, et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles. Il jugera les petits avec justice, et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre. Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice ceindra ses flancs, et la fidélité sera la ceinture de ses reins.

Évangile Lc. 1, 39–47

En ce temps-là : Marie partit et s’en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. Et elle s’écria à haute voix, disant : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant a tressailli de joie dans mon sein.Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! » Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur »

Office

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Première leçon. Ordinairement, qui veut être cru commence par prouver qu’il est digne de foi. Aussi l’Ange, annonçant à Marie le mystère qui va s’accomplir, lui dit, pour la convaincre, qu’une femme stérile et avancée en âge est devenue mère, et il lui fait ainsi comprendre que Dieu peut tout ce qui lui plaît. Dès que Marie eut appris cette nouvelle, elle se dirigea vers les montagnes. Ce n’est pas qu’elle fût incrédule à l’oracle de l’Ange, ou qu’elle doutât de la réalité de la mission du messager qui lui était envoyé, ni même qu’elle hésitât sur l’exemple qui lui avait été donné ; mais Marie était heureuse de voir les désirs de sa cousine réalisés ; elle voulut remplir, en la visitant, un pieux devoir, et partit en toute hâte, car la joie la transportait. Déjà pleine de Dieu, où se dirigerait-elle avec tant d’empressement, sinon vers des régions plus élevées ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas de lenteur dans les efforts qu’elle inspire.
Deuxième leçon. O saintes femmes, apprenez avec quel empressement vous, devez assister vos parentes lorsqu’elles sont enceintes. Auparavant, Marie vivait seule dans le fond de sa demeure ; maintenant, sa pudeur virginale ne la détourne pas de paraître en public ; l’aspérité des montagnes n’arrête pas les élans de son zèle, la longueur du chemin ne la décourage pas dans son empressement à rendre service. La Vierge quitte sa maison et se dirige en grande hâte vers les montagnes et elle part, préoccupée de son devoir, sans penser aux difficultés, écoutant sa charité plutôt que la faiblesse de son sexe. O Vierges, apprenez à ne pas courir ça et là chez les autres, à ne pas vous arrêter sur les places, à ne prendre part à aucun entretien en public. Marie, lente à sortir de chez elle, pressée quand elle est au milieu du monde, resta trois mois chez sa cousine.
Troisième leçon. Vous avez appris, ô vierges, la pudeur de Marie ; apprenez son humilité. Une parente vient chez sa parente ; la plus jeune vient voir la plus âgée ; et non seulement elle vient, mais aussi, elle salue la première. Car il convient qu’une vierge soit d’autant plus humble qu’elle est plus chaste. Qu’elle sache user de déférence envers les personnes plus âgées ; que celle qui fait profession de chasteté enseigne l’humilité. C’est à la fois, un effet de sa piété et une règle pour notre instruction. Il faut remarquer avec soin, que c’est ici le supérieur qui vient à l’inférieur, pour que l’inférieur soit secouru : Marie vient à Élisabeth et le Christ à Jean.

 

 

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Octave de l’Immaculée Conception

15 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Octave de l’Immaculée Conception

 

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

De la Bulle dogmatique du Pape Pie IX.

Quatrième leçon. Dès les temps anciens, les Évêques, les ecclésiastiques, les ordres réguliers et même les empereurs et les rois ont instamment prié le Siège apostolique de définir comme un dogme de la foi catholique l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu. De nos jours même, ces demandes ont été réitérées, et surtout elles ont été présentées à Notre prédécesseur Grégoire XVI d’heureuse mémoire, et à Nous-même, tant par les Évêques, par le clergé séculier et par le clergé régulier, que par les princes souverains et les peuples fidèles. Prenant donc en sérieuse considération, dans une joie profonde de Notre cœur, tous ces faits dont Nous avons une pleine connaissance ; à peine élevé sur la chaire de saint Pierre, malgré Notre indignité, par un secret dessein de la Providence, avions-Nous pris en main le gouvernail de toute l’Église, que Notre plus ardent désir a été, suivant la vénération, la piété et l’amour, dont Nous sommes animé depuis Nos plus tendres années envers la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, d’achever tout ce qui pouvait être encore dans les vœux de l’Église, afin d’accroître l’honneur de la bienheureuse Vierge et de répandre un nouvel éclat sur ses prérogatives.

Cinquième leçon. C’est pourquoi, plein de confiance et persuadé dans le Seigneur que le temps opportun est venu de définir l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, que la parole divine, la vénérable tradition, le sentiment constant de l’Église, l’unanime accord des Évêques catholiques et des fidèles, les actes mémorables de Nos prédécesseurs ainsi que leurs constitutions ont mise dans une admirable lumière et si formellement déclarée, après avoir mûrement pesé toutes choses, après avoir répandu devant Dieu d’assidues et de ferventes prières, Nous avons pensé qu’il ne fallait pas tarder davantage à décider et définir par Notre jugement suprême l’Immaculée Conception de la Vierge ; à satisfaire ainsi les si pieux désirs du monde catholique et Notre propre piété envers la très sainte Vierge, et en même temps à honorer de plus en plus en elle son Fils unique notre Seigneur Jésus-Christ, puisque tout l’honneur et toute la gloire qu’on rend à la Mère rejaillit sur le Fils.

Sixième leçon. En conséquence, après avoir offert sans relâche, dans l’humilité et le jeûne, Nos propres prières et les prières publiques de l’Église à Dieu le Père par son Fils, afin qu’il daignât, par la vertu de l’Esprit-Saint, diriger et confirmer Notre esprit ; après avoir imploré le secours de la cour céleste et invoqué avec gémissement l’Esprit consolateur, et ainsi, par sa divine inspiration, en l’honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et l’ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l’exaltation de la foi catholique et l’accroissement de la religion chrétienne ; par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu’elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles. C’est pourquoi, si quelqu’un avait la présomption, ce qu’à Dieu ne plaise, de penser contrairement à Notre définition, qu’il apprenne et qu’il sache que, condamné par son propre jugement, il aurait souffert naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Église.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Épiphane, Évêque.

Septième leçon. Que dirai-je et comment parlerai-je de la sainte et illustre Vierge ? Car, Dieu seul excepté, elle est supérieure à tous ; elle est plus belle que les Chérubins, que les Séraphins, que toute l’armée angélique ; aussi aucune langue, soit sur la terre, soit au ciel, ne saurait suffire à chanter ses louanges ; les Anges eux-mêmes ne peuvent y parvenir. O Vierge bienheureuse, ô Marie, colombe pure et épouse céleste, ciel, temple et trône de la divinité, à vous appartient le Christ, ce brillant soleil de la terre et des cieux. Nuée lumineuse, qui avez reçu du ciel, pour éclairer la terre, son rayonnement le plus splendide, le Christ. Salut, pleine de grâce, porte des cieux, que le Prophète, dans le cours sacré de ses Cantiques, marque évidemment quand il s’écrie : « C’est un jardin fermé, que ma sœur épouse, un jardin fermé, une fontaine scellée. »

Huitième leçon. La Vierge est le lis immaculé qui a produit la rose qui ne peut flétrir : le Christ. O sainte Mère de Dieu, brebis sans tache qui avez enfanté l’Agneau, le Christ, le Verbe incarné en vous ! O Vierge très sainte, qui avez jeté dans la stupéfaction l’armée des Anges ! C’est une merveille étonnante dans les cieux, que la femme revêtue du soleil, portant la lumière dans ses bras. C’est une merveille étonnante dans les cieux, que le sein d’une Vierge possède le Fils de Dieu. C’est une merveille étonnante dans les cieux, que le Seigneur des Anges soit devenu l’enfant de la Vierge. Les Anges accusaient Ève, mais maintenant ils glorifient Marie, car elle a relevé Ève de sa chute et conduit dans les cieux Adam chassé du paradis. Elle est médiatrice entre le ciel et la terre, puisqu’elle a procuré leur union d’une façon naturelle.

Neuvième leçon. La grâce de la sainte Vierge est immense. Voilà pourquoi Gabriel lui dit tout d’abord : « Salut, pleine de grâce », vous qui êtes un ciel resplendissant ; salut, pleine de grâce, Vierge ornée de toutes les vertus ; salut, pleine de grâce, urne d’or contenant la manne céleste ; salut, pleine de grâce, vous qui désaltérez ceux qui ont soif, en leur donnant l’eau suave d’une source éternelle. Salut, très sainte et immaculée Mère, vous avez enfanté le Christ, qui est avant vous. Salut, pourpre royale qui avez revêtu le Roi du ciel et de la terre. Salut, livre profond qui avez donné à lire au monde le Verbe, Fils du Père.

Ce jour qui est le huitième à partir de celui où nous avons célébré l’Immaculée Conception de Marie, s’appelle proprement l’Octave ; tandis que les jours précédents étaient désignés simplement sous le nom de jours dans l’Octave. L’usage de célébrer durant une semaine entière les principales Fêtes, est du nombre de ceux qui ont passé de la Synagogue dans l’Église chrétienne. Le Seigneur avait dit dans le Lévitique : « Le premier jour de la fête sera le plus solennel et le plus saint ; vous n’y ferez aucune œuvre servile. Le huitième jour sera aussi très solennel et très saint ; vous y offrirez un holocauste au Seigneur ; ce sera un jour d’assemblée, et vous n’y ferez point non plus d’œuvre servile. » Nous lisons pareillement dans les Livres des Rois, que Salomon ayant convoqué tout Israël à Jérusalem, pour la Dédicace du Temple, ne renvoya le peuple qu’au huitième jour.

Les livres du Nouveau Testament nous apprennent que cette coutume était encore observée au temps de notre Seigneur, qui autorisa par son exemple ce genre de solennité. En effet, il est dit dans saint Jean que Jésus vint une fois prendre part à quelqu’une des Fêtes de la Loi, seulement au milieu de l’Octave ; et le même Évangéliste remarque, en un autre endroit, que lorsqu’on entendit le Sauveur, dans la Fête de Pâques, crier au peuple : Que celui qui a soif vienne à moi, et il se désaltérera, ce jour était le dernier jour de la fête, le jour de l’Octave.

Dans l’Église chrétienne, on solennise deux sortes d’Octaves : les Octaves privilégiées, et les Octaves non privilégiées. Les premières sont si solennelles, qu’il n’est pas permis d’y célébrer les Fêtes des Saints qui viendraient à s’y rencontrer ; on en fait une simple mémoire, ou on les transfère après l’Octave. Il est défendu pareillement d’y dire la Messe des Morts, si ce n’est en présence du corps d’un défunt qu’il faut inhumer. Les Octaves non privilégiées admettent les fêtes qui se rencontrent, pourvu qu’elles soient du degré semi-double et au-dessus ; mais, dans ce cas, on fait toujours mémoire de l’Octave dans l’Office et à la Messe de la Fête qui s’est trouvée l’emporter sur l’Octave, à moins que la Fête ne fût elle-même d’un degré tout à fait supérieur.

L’Octave de l’Immaculée Conception, la première des Octaves qui se rencontre sur le Cycle, n’est pas privilégiée. Elle cède, non seulement au Dimanche, mais aux fêtes de saint Damase et de sainte Lucie, et aux diverses fêtes locales du même degré.

Saluons encore une fois le haut Mystère de Marie conçue sans péché ; notre Emmanuel aime à voir glorifier sa Mère. N’est-ce pas pour lui qu’elle a été créée, pour lui que le lever radieux de cet astre si pur a été préparé de toute éternité ? Quand nous exaltons la Conception immaculée de Marie, nous rendons honneur à la divine Incarnation. Jésus et Marie sont inséparables ; Isaïe nous l’a dit : elle est la branche, il est la fleur.

Grâces vous soient donc rendues, ô Emmanuel, qui avez daigné placer notre existence dans les jours où fut proclamé, sur la terre, le privilège dont vous avez embelli le premier instant de la vie de celle à qui vous deviez emprunter la nature humaine ! Votre sainteté infinie a brillé d’un nouvel éclat à nos regards ; et nous avons mieux compris l’harmonie de vos mystères. En même temps, nous avons senti qu’appelés nous-mêmes à contracter avec vous les liens les plus intimes en cette vie, et à vous contempler en l’autre face à face, nous devions tendre à nous purifier de plus en plus de nos moindres taches. Vous avez dit : « Heureux ceux dont le cœur est pur ; car ils verront Dieu » ; la Conception immaculée de votre Mère nous révèle à son tour les exigences de votre souveraine sainteté. Daignez, ô Emmanuel, par l’amour qui vous a porté à la préserver du souffle de l’ennemi, prendre en pitié ceux dont elle est aussi la mère. Voici que vous venez à eux ; dans quelques jours ils oseront aborder votre berceau. Les suites du péché d’origine sont encore visibles en eux, et pour comble de malheur, ils ont ajouté leurs propres fautes à la prévarication de leur premier père ; purifiez, ô Jésus, leurs cœurs et leurs sens, afin qu’ils puissent paraître devant vous. Ils savent que nulle créature n’atteindra jamais à la sainteté de votre mère ; mais ils vous demandent le pardon, le retour de votre grâce, l’aversion pour le monde et pour ses maximes, la persévérance dans votre amour.

O vous qui êtes le Miroir créé de la Justice divine, plus pure que les Chérubins et les Séraphins, en retour des hommages que notre génération vous a offerts au jour fortuné où la gloire de votre Conception immaculée a été proclamée aux applaudissements de toute la terre, daignez épancher sur nous ce trésor de tendresse et de protection que vous teniez en réserve pour cette heure si longtemps attendue. Le monde ébranlé jusqu’en ses fondements appelle, pour se raffermir, le secours de votre main maternelle. L’enfer a déchaîné sur la race humaine les plus redoutables de ces esprits de malice qui ne respirent que blasphème et destruction ; mais en même temps l’Église de votre Fils ressent en elle une jeunesse nouvelle, et la semence de la parole divine se répand et germe en mille endroits. Une lutte formidable est ouverte ; et souvent nous serions tentés de nous demander qui devra l’emporter, et si le dernier jour du monde n’est pas sur le point de se lever !

O Reine des hommes, l’astre de votre Conception immaculée n’aurait-il brillé au ciel que pour éclairer des ruines ? Le signe annoncé par Jean le Bien-Aimé, la Femme qui paraît au ciel revêtue du soleil, le front ceint d’un diadème de douze étoiles, et foulant le croissant sous ses pieds, ce signe n’a-t-il pas plus d’éclat, plus de puissance, que l’arc qui se dessina sur le ciel pour annoncer l’apaisement de la colère divine, aux jours du déluge ? C’est une Mère qui luit sur nous, qui descend vers nous pour consoler et pour guérir. C’est le sourire du ciel miséricordieux à la terre malheureuse et coupable. Nous avons mérité le châtiment ; la divine justice nous a éprouvés, elle a le droit d’exiger d’autres expiations encore ; mais elle se laissera fléchir. La nouvelle effusion de grâces que le Seigneur a répandue sur le monde, au grand jour dont nous célébrons la mémoire, ne demeurera pas stérile ; nous entrons dès lors dans une autre période. Marie, que l’hérésie blasphémait depuis plus de trois siècles, descend vers nous pour régner ; elle vient porter le dernier coup aux erreurs dont les nations ont été trop longtemps séduites ; elle fera sentir son pied vainqueur au dragon qui s’agite avec tant de rage, et le divin Soleil de justice dont elle est revêtue versera sur le monde renouvelé les flots d’une lumière plus brillante et plus pure que jamais. Nos yeux ne verront pas encore ce jour ; mais déjà nous en pouvons saluer l’aurore.

Au siècle dernier, un serviteur de Dieu que l’Église a depuis placé sur les autels, votre dévot serviteur, ô Marie, Léonard de Port-Maurice semble avoir désigné l’époque de votre triomphe futur comme celle où le monde devait recouvrer la paix. Les agitations au milieu desquelles s’écoule notre existence sont, nous voudrions le croire, le prélude de cette heureuse paix, au sein de laquelle la divine parole pourra parcourir le monde sans entraves, et l’Église de la terre cueillir sa moisson pour l’Église du ciel. O Mère de Dieu, le monde fut agité aussi dans les temps qui précédèrent votre enfantement divin ; mais la paix régnait par toute la terre, lorsque, dans Bethlehem, vous lui donnâtes son Sauveur. En attendant l’heure où vous déploierez la force de votre bras, assistez-nous, dans les touchants anniversaires qui se préparent ; rendez-nous purs et sans aucune tache, en cette nuit glorieuse au sein de laquelle va sortir de vous Jésus-Christ, Fils de Dieu, Lumière éternelle.

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Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent mémoire de l'octave de l'Immaculée Conception

14 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent mémoire de l'octave de l'Immaculée Conception

Introït

Cieux, répandez votre rosée ; que des nuées descende le salut ! Que s’ouvre la terre et qu’elle donne naissance au Sauveur. Les cieux chantent la gloire de Dieu : leur voûte solide proclame la puissance de ses mains.

Oraison

Faites, nous vous le demandons, Seigneur : que la solennité approchant de notre rédemption nous apporte avec elle les grâces nécessaires pour la vie présente et nous obtienne la récompense du bonheur éternel.

Lecture Is. 2. 2–5

En ces jours-là : Voici ce que dit le Prophète Isaïe : Il arrivera, à la fin des jours, que la Montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes et élevée au-dessus des collines. Et vers elle toutes les nations afflueront, et des nations nombreuses viendront et diront : « Venez et montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ; il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. » Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole du Seigneur. Il sera l’arbitre des peuples et le juge de nations nombreuses. Ils forgeront leurs épées en socs de charrue ; et leurs lances en faucilles. Une nation ne lèvera plus l’épée contre l’autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. Maison de Jacob, venez, et marchons à la lumière du Seigneur.

Oraison

Hâtez-vous, Seigneur, nous vous le demandons, ne tardez plus : assistez-nous de la force d’en haut pour que votre venue réconforte ceux qui se confient en votre bonté

Lecture Is. 7, 10–15

En ces jours là : Le Seigneur parla encore à Achaz, en disant : « Demande un signe au Seigneur, ton Dieu, demande-le dans les profondeurs du schéol ou dans les hauteurs du ciel. » Mais Achaz dit : « Je ne le demanderai pas, je ne tenterai pas le Seigneur. » Et Isaïe dit : « Ecoutez, maison de David : Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et on lui donne le nom d’Emmanuel. Il mangera de la crème et du miel, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. »

Évangile Lc. 1, 26–38

En ce temps là : Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Étant entré où elle était, il lui dit : « Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes. » Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon votre parole ! » Et l’ange la quitta.

Office

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Première leçon. A la vérité, les secrets et les mystères de Dieu sont cachés, et, selon la parole d’un Prophète, il n’est pas facile aux hommes de pénétrer ses desseins ; cependant, par les autres actions et instructions du Sauveur, nous pouvons comprendre que ce n’est pas sans un dessein particulier que celle-là a été choisie pour enfanter le Seigneur, qui était l’épouse d’un homme. Mais, pourquoi n’a-t-elle pas été mère avant d’être épousée ? De crainte, peut-être, qu’on ne l’accusât d’adultère.
Deuxième leçon. Or, l’Ange vint vers elle. Reconnaissez la Vierge à ses actes, reconnaissez la Vierge à sa modestie, apprenez à la connaître par l’oracle qui lui est annoncé par le mystère qui s’opère en elle. C’est le propre des vierges de trembler, de s’effrayer à l’approche d’un homme, et de craindre tous ses discours. Que les femmes apprennent à imiter cet exemple de modestie. Marie vit seule dans le secret de sa demeure, se dérobant aux regards des hommes, un Ange seul trouve accès auprès d’elle. Elle est seule, sans compagnie ; seule, sans témoin, de crainte d’être corrompue par un entretien profane ; et l’Ange la salue.
Troisième leçon. Ce n’était pas la bouche d’un homme, mais celle d’un Ange, qui devait exposer le mystère d’un tel message. Aujourd’hui, pour la première fois l’on entend : « L’Esprit-Saint surviendra en vous. » On entend et on croit. « Voici, dit Marie, la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » Voyez son humilité, voyez sa dévotion. Elle se dit la Servante du Seigneur, elle qui est choisie pour sa mère ; et elle ne s’enorgueillit pas de cette promesse inattendue.

Prope est iam Dóminus : veníte, adorémus. Le Seigneur est déjà proche : venez, adorons-le.

Les Quatre-Temps

L’Église commence à pratiquer en ce jour le jeûne appelé des Quatre-Temps, lequel s’étend aussi au Vendredi et au Samedi suivants. Cette observance n’appartient point à l’économie liturgique de l’Avent : elle est une des institutions générales de l’Année Ecclésiastique. On peut la ranger au nombre des usages qui ont été imités de la Synagogue par l’Église ; car le prophète Zacharie parle du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois. L’introduction de cette pratique dans l’Église chrétienne semble remonter aux temps apostoliques ; c’est du moins le sentiment de saint Léon, de saint Isidore de Séville, de Rhaban Maur et de plusieurs autres écrivains de l’antiquité chrétienne : néanmoins, il est remarquable que les Orientaux n’observent pas ce jeûne.

Dès les premiers siècles, les Quatre-Temps ont été fixés, dans l’Église Romaine, aux époques où on les garde encore présentement ; et si l’on trouve plusieurs témoignages des temps anciens dans lesquels il est parlé de Trois Temps et non de Quatre, c’est parce que les Quatre-Temps du printemps, arrivant toujours dans le cours de la première Semaine de Carême, n’ajoutent rien aux observances de la sainte Quarantaine déjà consacrée à une abstinence et à un jeûne plus rigoureux que ceux qui se pratiquent dans tout autre temps de l’année.

Les intentions du jeûne des Quatre-Temps sont les mêmes dans l’Église que dans la Synagogue : c’est-à-dire de consacrer par la pénitence chacune des saisons de l’année. Les Quatre-Temps de L’Avent sont connus, dans l’antiquité ecclésiastique, sous le nom de Jeûne du dixième mois ; et saint Léon nous apprend, dans un des Sermons qu’il nous a laissés sur ce jeûne, et dont l’Église a placé un fragment au second Nocturne du troisième dimanche de l’Avent, que cette époque a été choisie pour une manifestation spéciale de la pénitence chrétienne, parce que c’est alors que la récolte des fruits de la terre étant terminée, il convient que les chrétiens témoignent au Seigneur leur reconnaissance par un sacrifice d’abstinence, se rendant d’autant plus dignes d’approcher de Dieu, qu’ils sauront dominer davantage l’attrait des créatures ; « car, ajoute le saint Docteur, le jeûne a toujours été l’aliment de la vertu. Il est la source des pensées chastes, des t résolutions sages, des conseils salutaires. Par la mortification volontaire, la chair meurt aux 0 désirs de la concupiscence, l’esprit se renouvelle dans la vertu. Mais parce que le jeûne seul ne nous suffit pas pour acquérir le salut de nos âmes, suppléons au reste par des œuvres de miséricorde envers les pauvres. Faisons servira la vertu ce que nous retrancherons au plaisir ; et que l’abstinence de celui qui jeûne devienne la nourriture de l’indigent. »

Prenons notre part de ces avertissements, nous qui sommes les enfants de la sainte Église ; et puisque nous vivons à une époque où le jeûne de l’Avent n’existe plus, portons-nous avec d’autant plus de ferveur à remplir le précepte des Quatre-Temps, que ces trois jours, en y joignant la Vigile de Noël, sont les seuls auxquels la discipline actuelle de l’Église nous enjoigne d’une manière précise, en cette saison, l’obligation du jeûne. Ranimons en nous, à l’aide de ces légères observances, le zèle des siècles antiques, nous souvenant toujours que si la préparation intérieure est surtout nécessaire pour l’Avènement de Jésus-Christ dans nos âmes, cette préparation ne saurait être véritable en nous, sans se produire à l’extérieur par les pratiques de la religion et de la pénitence.

Le jeûne des Quatre-Temps a encore une autre fin que celle de consacrer, par un acte de piété, les diverses saisons de l’année ; il a une liaison intime avec l’Ordination des Ministres de l’Église, qui reçoivent le samedi leur consécration, et dont la proclamation avait lieu autrefois devant le peuple à la Messe du Mercredi. Dans l’Église Romaine, l’Ordination du mois de Décembre fut longtemps célèbre ; et il paraît, par les anciennes Chroniques des Papes, que, sauf les cas tout à fait extraordinaires, le dixième mois fut, durant plusieurs siècles, le seul où l’on conférât les saints Ordres à Rome. Les fidèles doivent s’unir aux intentions de l’Église, et présenter à Dieu l’offrande de leurs jeûnes et de leurs abstinences, dans le but d’obtenir de dignes Ministres de la Parole et des Sacrements, et de véritables Pasteurs du peuple chrétien.

Le Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent

En l’Office des Matines, l’Église ne lit rien aujourd’hui du prophète Isaïe ; elle se contente de rappeler le passage de l’Évangile de saint Luc dans lequel est racontée l’Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage. Le choix de cet Évangile, qui est le même que celui de la Messe, selon l’usage de toute l’année, a donné une célébrité particulière au Mercredi de la troisième semaine de l’Avent. On voit, par d’anciens Ordinaires à l’usage de plusieurs Églises insignes, tant Cathédrales qu’Abbatiales, que l’on transférait les fêtes qui tombaient en ce Mercredi ; qu’on ne disait point ce jour-là, à genoux, les prières fériales ; que l’Évangile Missus est, c’est-à-dire de l’Annonciation, était chanté à Matines par le Célébrant revêtu d’une chape blanche, avec la croix, les cierges et l’encens, et au son de la grosse cloche ; que, dans les Abbayes, l’Abbé devait une homélie aux Moines, comme aux fêtes solennelles. C’est même à cet Usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est.

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Sainte Lucie vierge et martyre mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.

13 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Lucie vierge et martyre mémoire de l’Octave de l’Immaculée Conception.

Collecte

Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur, afin que, comme la fête de la Bienheureuse Lucie, votre Vierge, nous donne la joie, elle nous enseigne aussi la ferveur d’une sainte dévotion.

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Lucie, vierge de Syracuse, illustre dès l’enfance non seulement par la noblesse de sa race, mais encore par la foi chrétienne, vint à Catane avec sa mère Eutychia malade d’un flux de sang, pour vénérer le corps de sainte Agathe. Après avoir prié humblement près du tombeau de la sainte, elle y obtint la santé de sa mère. Aussitôt elle supplia celle-ci de souffrir qu’elle distribuât aux pauvres de Jésus-Christ la dot qu’elle comptait lui donner. C’est pourquoi Lucie revint à Syracuse, vendit tous ses biens, et en distribua le prix aux pauvres.
Cinquième leçon. Celui à qui cette vierge avait été fiancée par ses parents contre sa volonté, apprenant ce fait, la dénonça comme chrétienne au préfet Paschasius. Ce dernier ne pouvant, ni par ses prières ni par ses menaces, amener Lucie au culte des idoles, voyant au contraire que plus il s’efforçait de la faire changer de sentiments, plus elle semblait ardente à célébrer les louanges de la foi chrétienne, lui dit : « Tu ne parleras plus ainsi lorsqu’on en sera venu aux coups. — La parole, répondit la vierge, ne peut manquer aux serviteurs de Dieu, car le Seigneur, le Christ leur a dit : Lorsque vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs, ne vous mettez pas en peine de la manière dont vous parlerez ou de ce que vous direz ; ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit-Saint. »
Sixième leçon. Paschasius lui adressant cette question : « Le Saint-Esprit est-il donc en toi ? » Elle répondit : « Ceux qui vivent chastement et pieusement sont le temple de l’Esprit-Saint. — Je vais donc te faire conduire en un lieu infâme, repartit le préfet, pour que le Saint-Esprit t’abandonne. » La vierge répondit : « Si vous ordonnez qu’on me fasse violence malgré moi, ma chasteté méritera doublement la couronne. » A ces mots Paschasius, enflammé de colère, ordonna d’entraîner la vierge ; mais, par un miracle de la puissance divine, celle-ci demeura ferme et immobile au même lieu, sans qu’aucun effort l’en pût arracher. C’est pourquoi le préfet, ayant fait répandre sur Lucie de la poix, de la résine et de l’huile bouillante, ordonna d’allumer du feu autour d’elle ; mais comme la flamme ne lui faisait aucun mal, après qu’on l’eut tourmentée en plusieurs manières, on lui perça la gorge d’un coup d’épée. Mortellement blessée, Lucie prédit la tranquillité dont l’Église devait jouir après la mort de Dioclétien et de Maximien, et rendit son esprit à Dieu, le jour des ides de décembre. Son corps, enseveli à Syracuse, fut ensuite transporté à Constantinople, et enfin à Venise.

Voici la quatrième de nos Vierges sages, la vaillante Lucie. Son nom glorieux étincelle au sacré Diptyque du Canon de la Messe, à côté de ceux d’Agathe, d’Agnès et de Cécile ; mais, dans les jours de l’Avent, le nom de Lucie annonce la Lumière qui approche, et console merveilleusement l’Église. Lucie est aussi une des trois gloires de la Sicile chrétienne ; elle triomphe à Syracuse, comme Agathe brille à Catane, comme Rosalie embaume Palerme de ses parfums. Fêtons-la donc avec amour, afin qu’elle nous soit en aide en ce saint temps, et nous introduise auprès de Celui dont l’amour l’a rendue victorieuse du monde. Comprenons encore que si le Seigneur a voulu que le berceau de son Fils parût ainsi entouré d’une élite de Vierges, et s’il ne s’est pas contenté d’y faire paraître des Apôtres, des Martyrs et des Pontifes, c’est afin qu’au milieu de la joie d’un tel Avènement, les enfants de l’Eglise n’oublient pas d’apporter à la crèche du Messie, avec la foi qui l’honore comme le souverain Seigneur, cette pureté du cœur et des sens que rien ne saurait remplacer dans ceux qui veulent approcher de Dieu.

Nous prenons dans l’Office de la Sainte quelques Antiennes, dont l’ensemble forme une œuvre lyrique pleine de grâce et de fraîcheur :

Sainte Lucie étant en prières, la bienheureuse Agathe lui apparut, et consolait la servante du Christ.
Vierge Lucie, lui dit-elle, pourquoi me demandes-tu pour ta mère un secours que toi-même lui peux procurer ?
A cause de toi, Vierge Lucie, la ville de Syracuse sera comblée de gloire par le Seigneur Jésus-Christ.
Voix de Lucie : Je vous bénis, ô Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que, par votre Fils, le feu qui m’environnait a été éteint.
Dans ta patience, tu as possédé ton âme, ô Lucie, Épouse du Christ ! tu as haï les choses du monde, et tu brilles avec les Anges : par ton propre sang, tu as vaincu l’ennemi.

Nous nous adressons à vous, ô Vierge Lucie, pour obtenir la grâce de voir dans son humilité Celui que vous contemplez présentement dans la gloire : daignez nous accepter sous votre puissant patronage. Le nom que vous avez reçu signifie Lumière : soyez notre flambeau dans la nuit qui nous environne. O Lampe toujours brillante de la splendeur de virginité, illuminez nos yeux ; guérissez les blessures que leur a faites la concupiscence, afin qu’ils s’élèvent, au-dessus de la créature, jusqu’à cette Lumière véritable qui luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne comprennent point. Obtenez que notre œil purifié voie et connaisse, dans l’Enfant qui va naître, l’Homme nouveau, le second Adam, l’exemplaire de notre vie régénérée. Souvenez-vous aussi, Vierge Lucie, de la sainte Église Romaine et de toutes celles qui empruntent d’elle la forme du Sacrifice : car elles prononcent chaque jour votre doux nom à l’autel, en présence de l’Agneau votre Époux, à qui il est agréable de l’entendre. Répandez vos bénédictions particulières sur l’île fortunée qui vous donna le jour terrestre et la palme de l’éternité. Maintenez-y l’intégrité de la foi, la pureté des mœurs, la prospérité temporelle, et guérissez les maux que vous connaissez.

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Notre-Dame de Guadalupe

12 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Notre-Dame de Guadalupe

L’« Histoire Miraculeuse » de Notre-Dame de Guadalupe :

Selon la tradition, le 9 décembre 1531, sur la colline de Tepeyac, un peu au nord de Mexico, une jeune dame « éblouissante de lumière » apparaît à un indigène Juan Diego Cuauhtlatoatzin. Notre-Dame de Guadalupe se révèle à lui comme la Vierge Marie et le charge de demander à l'évêque de faire construire une église sur le lieu même de l'apparition. Le prélat, d'abord incrédule, demande au témoin d'obtenir de la Vierge Marie un signe. Celle-ci ne tarde pas à le lui accorder. Le 12 décembre 1531, se montrant pour la quatrième et dernière fois à Juan Diego, Marie l'envoie cueillir des roses au sommet de la colline. Et voilà l'homme redescendant tout ébahi, sa tilma - manteau - remplie des plus belles roses qu'il ait jamais vues en pleine saison sèche. Sous l'injonction de la Vierge Marie, il retourne alors chez l'évêque, et ouvre son manteau devant les personnes réunies autour du prélat qui découvrent avec stupéfaction que s'est imprimée miraculeusement sur la tilma une image représentant la Vierge, revêtue d'un manteau étoilé couvert d'or et d'une robe rose ornée de trois types de fleurs des collines. La Vierge porte ses couleurs traditionnelles, la robe rose-rouge et le manteau bleu azur, turquoise ou jade. La ceinture violette à double pan, remontée par sur son ventre, évoque sa maternité. La tête penchée et les mains jointes sont également des caractéristiques iconographiques médiévales.


Après presque 500 ans, la tilma semble parfaitement conservée, alors que ce vêtement de pauvre fait en fibres de cactus aurait dû se détériorer en vingt ans. D'après une étude, la tilma serait faite d'un mélange de lin et de chanvre ou de fibre de cactus, et non d'agave, ce qui expliquerait sa durée de conservation

Déjà en 1666, la tilma fut examinée par un groupe de peintres et de médecins pour en vérifier la nature miraculeuse. Ils certifièrent qu'il était impossible que l'image, tellement nette, ait été peinte sur la toile vu l'absence de préparation de fond, et en outre, que dans les 135 années depuis l'apparition, dans l'air chaud et humide dans lequel elle était conservée, elle aurait dû se détruire. En 1788, pour prouver expérimentalement ce fait, une copie fut exécutée sur le même type de tissu : exposée sur l'autel du sanctuaire, elle était ruinée après seulement huit années. Au contraire, l'image originale, après près de 500 ans, est encore substantiellement intacte.

En 1791, un orfèvre travaillant au nettoyage du cadre en argent avec de l'acide muriatique (proportion de 50 % d'acide nitrique et 50 % d'acide chlorhydrique), verse accidentellement des gouttes de la solution acide sur le côté droit supérieur. Elle aurait dû ronger le tissu et faire un trou mais n'a laissé que des taches dont la marque est encore visible.

Le 14 novembre 1921, un anarchiste, Lucien Perez, cache une charge de dynamite dans un bouquet de fleurs qu'il dépose au pied du manteau. La bombe endommage le crucifix en bronze de l'autel et brise la vitre qui protégeait le tissu mais ce dernier est miraculeusement préservé.

Certains articles affirment qu'en 1936 le chimiste Richard Kuhn aurait examiné deux fils colorés du tissu, sans réussir à déterminer la nature des pigments sur ces fils. Toutefois, en l'absence de toute source, cet argument ne peut pas être considéré comme pertinent.

En 1951, le photographe José Carlos Salinas Chavez déclare que dans les deux pupilles des yeux de Marie, fortement agrandies, on voit le reflet de la tête de Juan Diego. En 1977, l'ingénieur péruvien José Aste Tonsmann analyse à l'ordinateur les photographies agrandies 2500 fois et affirme que l'on y voyait bien cinq figures : Juan Diego Cuauhtlatoatzin dans l'acte d'ouvrir son manteau, l'évêque Juan de Zumarraga, deux autres hommes (un desquels serait celui qui était auparavant identifié comme Juan Diego) et une femme. Au centre des pupilles, on verrait en outre une autre scène, plus petite, aussi avec différents personnages.

En 1979, Philip Serna Callahan fait une série de photographies infrarouge. Selon lui, l'examen de ces photos révèle que, bien que certaines parties de l'image sont peintes (elles pourraient avoir été ajoutée postérieurement à l'apparition), la figure de Marie serait imprimée directement sur les fibres du tissu. Seuls les doigts des mains apparaissent retouchés pour en réduire la longueur. Il découvre également que la tilma conserve sans aucune explication la température du corps humain oscillant entre 36,6 et 37 °C

Les « Yeux mystérieux » de la Vierge de Guadalupe :
Les Yeux de Notre Dame de Guadalupe, au Mexique, sont une des grandes énigmes de la science, selon l'ingénieur péruvien José Tonsmann, qui a beaucoup étudié ce « mystère ». Ce diplômé de l'université de Cornell (New York) a passé plus de 20 ans à examiner l'image de la Vierge imprimée sur le tilma (manteau) grossier et fibreux de saint Juan Diego, le voyant des apparitions qui ont changé de manière décisive l'histoire du continent. Les yeux de l'image sont particulièrement mystérieux. Bien que leurs dimensions soient microscopiques, l'iris et les pupilles contiennent les images très détaillées de 13 personnes. Les mêmes personnes sont présentes dans l'œil gauche et dans l'œil droit, avec des proportions différentes, tout comme les yeux humains reçoivent les images. On pense que le reflet transmis à travers les yeux de la Vierge de Guadalupe est la scène dans laquelle Juan Diego a apporté les fleurs données par Marie en signe à Mgr Fray Juan de Zumarraga, le 9 décembre 1531. Tonsmann a étudié les images des yeux de Notre Dame à partir de son expertise en matière d’analyse de photographies microscopiques et satellitaires, ainsi que de compétences acquises au cours de sa carrière chez IBM. Il a commencé son étude des yeux de l’image en 1979. Selon ses conclusions, l’image de Guadalupe « n’a pas été peinte à la main ». Ignatius Press, maison d’édition américaine, a publié un livre intitulé « Guadalupe Mysteries », qui présente de façon très détaillée l’énigme des images dans les yeux de Notre Dame, ainsi que d’autres phénomènes liés à l’Apparition de Guadalupe.

Une interprétation archéoastronomique moderne basée sur des techniques de projection complexes veut que les 46 étoiles figurant sur le manteau correspondent aux constellations du ciel au-dessus de Mexico le jour d'une éclipse solaire le 12 décembre 1531 et aussi au nombre d'années supposé nécessaire pour construire le temple de Jérusalem.

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IIIème dimanche de l’Avent

11 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

IIIème dimanche de l’Avent

Introït

Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ! Je vous le répète : soyez joyeux. Votre sérénité dans la vie doit frapper tous les regards, car le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien, mais dans toutes vos prières exposez à Dieu vos besoins. Seigneur, vous avez béni votre domaine, vous avez délivré Jacob de la captivité.

Collecte

Seigneur, prêtez l’oreille à nos prières : et quand vous nous ferez la grâce de venir parmi nous, apportez votre lumière dans l’obscurité de nos âmes.

Épitre Ph. 4, 4–7

Mes Frères : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Évangile Jn, I, 19–28

En ce temps-là : Les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites vers Jean pour demander : « Qui êtes-vous ? » Il déclara, et ne le nia point ; il déclara : «  Je ne suis point le Christ. » Et ils lui demandèrent : « Quoi donc ! Êtes-vous Élie ? » Il dit « Je ne le suis point » « Êtes-vous le prophète ? » Il répondit « Non » « Qui êtes-vous donc », lui dirent-ils, « afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ». « Que dites-vous de vous-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. » Or ceux qu’on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l’interrogèrent, et lui dirent : « Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n’êtes ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi je baptise dans l’eau ; mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, C’est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure. » Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Secrète

Faites, Seigneur, que sans cesse vous soit offerte la victime de notre sacrifice, pour que s’accomplisse le mystère divin que vous avez institué, et que s’opère en nous l’œuvre merveilleuse de notre salut.

Postcommunion

Nous implorons Votre clémence, Seigneur : que cette nourriture divine nous purifie de nos fautes et nous prépare ainsi aux fêtes qui approchent.

Office

Au premier nocturne.

Du Prophète Isaïe. Cap. 26, 1-14.

Première leçon. En ce jour-là, sera chanté ce cantique dans la terre de Juda : Notre ville forte est Sion ; le Sauveur y sera mis comme mur et avant-mur. Ouvrez les portes, et qu’il entre une nation juste, observant la vérité. L’ancienne erreur a disparu ; vous nous conserverez la paix : la paix, parce que nous avons espéré en vous. Vous avez espéré dans le Seigneur durant les siècles éternels, dans le Seigneur Dieu puissant à jamais. Parce qu’il abaissera ceux qui habitent dans les hauteurs, il humiliera la cité élevée. Il l’humiliera jusqu’à terre, et il la renversera jusque dans la poussière. Le pied la foulera, les pieds du pauvre, le pas des indigents.
Deuxième leçon. Le sentier du juste est droit, droit est le chemin où le juste doit marcher. Et dans le sentier de vos jugements, Seigneur, nous vous avons attendu patiemment ; votre nom et votre souvenir sont dans le désir de l’âme. Mon âme vous a désiré dans la nuit ; mais, et par mon esprit [et] dans mon cœur, dès le matin je veillerai pour vous. Lorsque vous aurez exercé vos jugements sur la terre, les habitants du globe apprendront la justice. Ayons pitié de l’impie, mais il n’apprendra pas la justice ; dans la terre des Saints, il a fait des choses iniques, et il ne verra pas la gloire du Seigneur.
Troisième leçon. Seigneur, que votre main s’élève et qu’ils ne voient pas ; qu’ils voient, et qu’ils soient confondus, ceux qui sont jaloux [de votre] peuple, et qu’un feu dévore vos ennemis. Seigneur, vous nous donnerez la paix ; car vous avez opéré toutes nos œuvres pour nous. Seigneur, notre Dieu, des maîtres étrangers nous ont possédés sans vous ; que seulement par vous, nous nous souvenions de votre nom. Que les morts ne revivent point, que les géants ne ressuscitent point ; à cause de cela, vous les avez visités et brisés et vous avez anéanti toute leur mémoire.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Cinquième leçon. Le jeûne a toujours été un aliment pour la vertu. L’abstinence produit les pensées chastes, les résolutions sages, les conseils salutaires ; et, par les mortifications volontaires, la chair meurt à ses convoitises, tandis que l’esprit reçoit une nouvelle vigueur pour pratiquer les vertus. Mais, parce que le salut de nos âmes ne s’acquiert pas uniquement par le jeûne, ajoutons au jeûne, des œuvres de miséricorde envers les pauvres. Faisons servir à la vertu ce que nous retranchons à la sensualité, et que l’abstinence de celui qui jeûne devienne le repas du pauvre.
Sixième leçon. Appliquons-nous à la défense des veuves, à l’assistance des orphelins, à la consolation de ceux qui pleurent : occupons-nous de pacifier ceux qui se querellent. Que l’étranger reçoive l’hospitalité ; secourons l’opprimé, donnons des vêtements à ceux qui sont nus ; environnons le malade de nos soins et de nos sollicitudes ; pour que tous ceux d’entre nous qui, par ces bonnes œuvres, auront offert à Dieu, l’auteur de tous les biens, un sacrifice de piété, méritent de recevoir de lui, en récompense, le royaume des cieux. Jeûnons donc mercredi et vendredi prochains ; et samedi, veillons ensemble dans l’église du bienheureux Apôtre saint Pierre, afin qu’aidés du suffrage de ses mérites, nous puissions obtenir ce que nous demandons, par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Les paroles qu’on vient de nous lire, mes très chers frères, portent notre attention sur l’humilité de saint Jean. Lui, dont la vertu était si grande qu’on avait pu croire qu’il était le Christ, il préféra demeurer simplement et inébranlablement en son propre rôle et ne pas être vainement élevé dans l’opinion des hommes au-dessus de lui-même. Car il le déclara et ne le nia point ; il le proclama : « Je ne suis pas, moi, le Christ. » En disant : « Je ne le suis pas », il a clairement nié qu’il fût ce qu’il n’était pas ; mais il n’a pas nié être ce qu’il était, afin que, parlant selon la vérité, il devînt membre de celui dont il ne voulait pas usurper fallacieusement le nom. Parce qu’il ne veut pas chercher à prendre le nom de Christ, il est fait membre du Christ. Tandis qu’il s’étudie à reconnaître humblement sa propre faiblesse, il mérite de participer véritablement à la grandeur du Christ.
Huitième leçon. Mais, quand revient à l’esprit une autre parole de notre Rédempteur, les expressions que nous venons de lire soulèvent une question très compliquée. En effet, dans un autre endroit, le Seigneur, interrogé par ses disciples au sujet de l’avènement d’Élie, répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas connu ; mais ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu : et, si vous voulez le savoir, Jean lui-même est Élie. » — Jean, cependant, étant interrogé, dit : « Je ne suis point Élie. » Comment se fait-il, mes frères, que la Vérité affirme une chose et que le Prophète de la Vérité la nie ? Car il y a opposition complète entre ces expressions : « Il est », et, « Je ne suis pas. » Comment donc est-il le Prophète de la Vérité, fil n’est pas d’accord avec les paroles de cette même Vérité ?
Neuvième leçon. Mais si l’on cherche à approfondir la vérité, on découvre comment ce qui paraît contradictoire ne l’est point. Car l’Ange, parlant de Jean, dit à Zacharie : « Il marchera devant Lui, dans l’esprit et la vertu d’Élie, » L’Ange parla de Jean, comme devant venir dans l’esprit et la vertu d’Élie, parce que, de même qu’Élie préviendra le second avènement du Seigneur, Jean a prévenu le premier ; et, comme celui-là sera le précurseur du Juge, celui-ci a été le précurseur du Rédempteur. Jean était donc Élie en esprit ; il ne l’était pas en personne. Ainsi ce que le Seigneur affirme de l’esprit, Jean le nie de la personne.

ÉPÎTRE.

Nous devons, nous réjouir dans le Seigneur ; car le Prophète et l’Apôtre s’accordent à encourager nos désirs vers le Sauveur : l’un et l’autre nous annoncent la paix. Soyons donc sans inquiétude : Le Seigneur est proche ; il est proche de son Église ; il est proche de chacune de nos âmes. Pouvons-nous demeurer auprès d’un feu aussi ardent, et demeurer glacés ? Ne le sentons-nous pas venir, à travers tous les obstacles que sa souveraine élévation, notre profonde bassesse, nos nombreux péchés lui suscitaient ? Il franchit tout. Encore un pas, et il sera en nous. Allons au-devant de lui par ces prières, ces supplications, ces actions de grâces dont parle l’Apôtre. Redoublons de ferveur et de zèle pour nous unir à la sainte Église, dont les vœux vont devenir de jour en jour plus ardents vers celui qui est sa lumière et son amour. Répétons d’abord avec elle : « Vous qui êtes assis sur les Chérubins, faites éclater votre puissance, Seigneur, et venez. V/. Écoutez-nous, ô vous qui gouvernez Israël, qui conduisez Joseph comme une brebis. Alléluia, alléluia. V/. Seigneur, faites éclater votre puissance, venez et sauvez-nous. Alléluia. »

ÉVANGILE.

Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas, dit saint Jean-Baptiste aux envoyés des Juifs. Le Seigneur peut donc être proche ; il peut même être venu, et cependant demeurer encore inconnu à plusieurs. Ce divin Agneau fait la consolation du saint Précurseur, qui estime à si grand honneur de n’être que la Voix qui crie aux hommes de préparer les sentiers du Rédempteur. Saint Jean est en cela le type de l’Église et de toutes les âmes qui cherchent Jésus-Christ. Sa joie est entière à cause de l’arrivée de l’Époux ; mais il est entouré d’hommes pour qui ce divin Sauveur est comme s’il n’était pas. Or, nous voici parvenus à la troisième semaine de ce saint temps de l’Avent : tous les cœurs sont-ils ébranlés au bruit de la grande nouvelle de l’arrivée du Messie ? Ceux qui ne veulent pas l’aimer comme Sauveur, songent-ils du moins à le craindre comme juge ? Les voies tortueuses se redressent-elles ? les collines songent-elles à s’abaisser ? la cupidité et la sensualité ont-elles été sérieusement attaquées dans le cœur des chrétiens ? Le temps presse : Le Seigneur est proche ! Si ces lignes tombaient sous les yeux de quelques-uns de ceux qui dorment au lieu de veiller dans l’attente du divin Enfant, nous les conjurerions d’ouvrir les yeux et de ne plus tarder à se rendre dignes d’une visite qui sera pour eux, dans le temps, l’objet d’une grande consolation, et qui les rassurera contre les terreurs du dernier jour. O Jésus ! Envoyez votre grâce avec plus d’abondance encore ; forcez-les d’entrer, afin que ce que saint Jean disait de la Synagogue ne soit pas dit du peuple chrétien : Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas.

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Du jugement

10 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Du jugement

Lectio 3

Super Mt., cap. 25 l. 3 Supra Dominus praemisit diversas parabolas pertinentes ad iudicium; hic autem manifeste de suo iudicio agit: et tria facit. Primo agit de adventu iudicis; secundo de congregatione iudicandorum; tertio de iudicio. Secunda ibi et congregabuntur ante eum omnes gentes; tertia ibi et dicet rex et cetera. Circa primum quatuor sunt consideranda. Primo tangitur conditio iudicis venientis; secundo dignitas; tertio ministri; quarto iudiciaria auctoritas. In hoc quod dicitur cum venerit filius hominis, non est dubium quin idem sit filius Dei. Sed quare potius nominat filium hominis quam filium Dei? Una ratio est, quia inquantum filius hominis iudicabit; Jn. V, 27: potestatem dedit ei iudicium facere, quia filius hominis est. Et hoc propter tria. Primo ut ab omnibus videatur: in forma enim divinitatis non poterit videri nisi a bonis, unde si ab omnibus videri debeat, debet videri in forma hominis. Ap. I, 7: videbit eum omnis oculus. Item propter meritum Christi: hoc enim ipse meruit per suam passionem; ad Ph. II, 8: humiliavit semetipsum factus obediens usque ad mortem, mortem autem crucis; propter quod et Deus exaltavit illum. Item ut appareat iudicaturus in forma in qua iudicatus fuit; Jb XVI, 22: utinam sic iudicaretur vir cum Deo, quomodo iudicatur filius hominis cum collega suo. Item ex Dei clementia, ut homines ab homine iudicentur; ad He. IV, 15: non habemus pontificem qui non possit compati infirmitatibus nostris. Iste ergo erit filius hominis. Et cuius erit dignitas? Veniet in maiestate sua; Lc. XXI, 27: videbunt filium hominis venientem in nube cum potestate magna et maiestate. Sed quid per maiestatem potest intelligi? Dicendum quod divinitas, quia licet appareat in forma hominis, tamen apparebit cum divinitate. Unde apostolus, I Th. IV, 15: Dominus in iussu et in voce Archangeli, et in tuba Dei descendet de caelo. Et de hoc dicitur etiam Ac. IX. Vel in maiestate, idest in gloria, quia suum corpus erit gloriosum; et veniet cum societate gloriosa; unde supra XVI, 27: filius hominis venturus est cum gloria. Et ideo subdit et omnes Angeli cum eo. Hic agit de ministris. Et potest intelligi de caelestibus spiritibus; Ps. CIII, 4: qui facit Angelos suos spiritus. Et quare veniet cum istis? Quia custodes sunt hominum; Ps. XC, 11: Angelis suis Deus mandavit de te. Ideo aderunt tamquam testes, quia boni custodiam suam receperunt, mali autem non, sed repulerunt; Is. l, 7: curavimus Babylonem, et non est sanata. Vel omnes Angeli, idest praedicatores, vel doctores veritatis; Ml. II, 7: labia sacerdotis custodiunt scientiam, et legem requirunt ex ore eius. Istis competit iudiciaria potestas, ut dicit Augustinus. Is. III, 14: Dominus ad iudicium veniet et omnes sancti eius cum eo; Pr. ult., 23: nobilis in portis vir eius, quando sederit cum senatoribus terrae. Tunc sequitur iudiciaria potestas: tunc sedebit super sedem maiestatis suae. Non debemus intelligere secundum sedem corporalem; sed sedes eius homines sancti sunt et Angeli. In eis sedebit, quia per eos iudicium exercebit. De hominibus dicitur supra XIX, 28 quod sedebunt super sedes duodecim et cetera. De Angelis dicitur Col. I, 16: sive throni, sive dominationes etc. et in Ps. LXXIX, 3: sedes super Cherubim; et Ps. IX, 5: sedisti super thronum, qui iudicas iustitiam. Consequenter ponitur congregatio; secundo divisio. Dicit ergo et congregabuntur omnes gentes. Per gentes non solum gentes signantur, sed omnes homines qui nati sunt ab Adam usque ad finem mundi; II ad Cor. V, 10: omnes nos manifestari oportet ante tribunal Christi, ut referat unusquisque quod gessit in corpore, sive bonum, sive malum. Inter istos etiam parvuli nati, quia, etsi nihil habeant proprio merito, habent tamen aliquid, scilicet vel culpam ex peccato primi hominis, vel gratiam ex sacramento Christi. Unde notandum quod non omnes isti congregabuntur ad idem; sed erit quadruplex genus eorum qui comparebunt in iudicio. Quidam enim comparebunt ut iudicentur per discussionem meritorum; sed istorum quidam damnabuntur, quidam salvabuntur. Quidam vero ut sine discussione sententiam recipiant. Iudicari enim dupliciter dicitur: scilicet vel sententiam recipere, quia omnes vel praemiabuntur vel punientur, vel dicitur iudicari, per discussionem meritorum reddere rationem. Et haec discussio non erit necessaria omnibus, quia peccata et merita illorum praecipue discutientur, qui fuerunt coniuncti cum Christo per fidem: illi enim qui totaliter alieni sunt a Christo, non indigent discussione, secundum quod dicitur Jn. III, 18: qui non credit, iam iudicatus est. Gregorius ponit exemplum: qui inimicum suum accipit in bello, non expectat iudicium, sed iam iudicatus est, sic et cetera. Item aliqui sunt qui nihil habent commune cum mundo, quia omnia dimiserunt propter Christum, et isti apparebunt ut iudices; unde supra XIX, 28: vos qui secuti estis me, sedebitis super sedes duodecim tribus Israel. Qui sunt ergo qui iudicabuntur? Fideles qui implicati sunt saecularibus, quorum quidam sunt eis bene utentes, ut habetur I ad Tm. VI, 18: divitibus praecipe bene agere, divites fieri in bonis operibus, facile tribuere, communicare et cetera. Qui autem detinentur, et eis involvuntur, damnabuntur. Sed quae est necessitas? Nonne omnes in morte recipiunt quod meruerunt? Ad quid ergo iudicabuntur? Notandum quod praemium quod iusto Dei iudicio datur hominibus, est duplex: primum est stola animae, et secundum stola corporis. Quantum ad stolam animae, in morte recipitur, sed tunc gloriam corporis simul recipient. Unde quantum ad animam omnes simul recipiunt corpora, sed quantum ad poenam, omnes simul damnabuntur; unde Is. XXIV, 22: congregabuntur congregatione unius fascis, quia unum sunt in peccato. Istam congregationem possumus intelligere congregationem localem, quia omnes congregabuntur in uno loco; Jl III, 2: congregabo omnes gentes, et deducam eas in vallem Iosaphat; quia qui salvantur, per passionem Christi salvantur, et qui damnantur, per contemptum passionis eius damnantur; ideo ubi facta fuit passio Christi, ibi iudicium. Et intelligendum est quod boni in aere occurrent ei obviam, aliqui vero in terra manebunt. Secundum Origenem ista congregatio non erit localis, sed dispersi erunt, et in locis singulis congregabuntur; et hoc vult illud quod est dictum supra XXIV, 27, quod sicut fulgur exit ab oriente, et paret usque in occidentem, ita erit et adventus filii hominis, quia ubicumque erunt, erunt ibi praesentes. Unde vult quod erit congregatio spiritualis, quia modo quidam disperguntur ab eo, quidam se tenent cum eo; sed tunc omnes congregabuntur; Is. XL, 5: videbit omnis caro salutare Dei nostri. Tunc agit de separatione et separabit eos ab invicem, sicut pastor segregat oves ab hoedis. Et primo ponitur secundum nomen; secundo secundum situm, ibi et statuet oves quidem a dextris et cetera. Dicit ergo et separabit eos ab invicem. Notate quod quamdiu mundus durat, mali sunt bonis permixti. Vix autem est aliqua societas, quin aliqui sint mali; Ct. II, 2: sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias. Sed in illo iudicio mali erunt ad unam partem, boni ad aliam; Eccli. XXXV: iudicabit inter oves et hoedos. Sed quare bonos vocat oves? Hoc est propter quatuor. Invenimus enim in ovibus innocentiam, II R XXIV, 17: isti qui oves sunt, quid fecerunt? Item patientiam; Is. LIII, 7: tamquam ovis ad occisionem ducetur, et quasi agnus coram tondente se obmutescet, et non aperiet os suum. Item Ps. XLIII, 22: aestimati sumus sicut oves occisionis. Item obedientiam, quia ad vocem pastoris congregantur; Jn. X, 27: oves meae vocem meam audiunt. Item affluentiam fructuum: sicut ex ove plures fructus percipimus, sic multi sunt fructus bonorum; Ez. XXXIV, 3: lac comedebatis, et lanis cooperiebamini. Item per hoedos intelligit peccatores, quia est animal per praecipitia vadens, item ad coitum fervidum et contrarias habet proprietates, item pro peccato offerebatur. Consequenter ponitur divisio quoad situm et statuet oves quidem a dextris, hoedos autem a sinistris. Quid intelligitur per dexteram, et quid per sinistram? Potest dici quod ad litteram ita fiet, quod boni ad partem unam, et mali ad aliam constituentur. Vel quia dextera pars nobilior est, ideo qui sunt boni, situm habebunt nobiliorem, quia occurrent Christo in aere. Origenes retorquet istud ad finalem remunerationem; quia qui intentionem suam direxerunt ad Deum, erunt a dextris, idest in remuneratione aeterna; Eccle. X, 2: cor sapientis in dextera eius, et cor stulti in sinistra illius. Item Pr. IV, 27: vias quae a dextris sunt novit Dominus; perversae vero sunt, quae sunt a sinistris. Tunc dicit rex his qui a dextris eius erunt et cetera. Hic agitur de iudicio. Et primo promulgatur sententia quoad bonos; secundo quoad malos; tertio ponit complementum. Circa primum tria facit. Primo ponitur sententia; secundo admiratio salvandorum; tertio satisfactio. Secunda ibi tunc respondebunt ei iusti; tertia ibi respondens rex dicet illis. Circa primum duo facit. Primo invitat ad praemium; secundo comparat ad meritum. Dicit ergo tunc dicet rex. Et vocat eum regem, quia regis est iudicare; Pr. XX, 8: rex qui sedet in solio dissipat omne malum intuitu suo. Sed est quaestio: numquid fiet per vocalem sententiam? Quidam dicunt quod verbotenus et quod multum tempus tenebit iudicium; et hoc dixit Lactantius, quod durabit mille annis; sed hoc non est verum. Sed hoc ad interiorem locutionem referri debet; et inducit in cognitionem hominum, quia boni digni gloria, mali poena. Unde quod isti dicent non erit vocale, sed secundum interiorem instinctum; et hoc dicit Augustinus, quod divina virtute erit, quod unicuique occurret quod fecit. Et hoc patet per apostolum Rm. II, 15: testimonium reddente illis conscientia eorum, et inter se invicem cogitationibus accusantibus, aut etiam defendentibus, in die cum iudicabit dominus occulta hominum et cetera. Ideo ad interiorem locutionem debet referri. Et videtur tria tangere, quia ponitur invitatio, causa sententiae, et ipsum praemium. Invitatio venite, benedicti patris mei. Sed quare dicit benedicti patris mei? Quia non erit nobis secundum nostrum meritum, sed secundum quod confirmamur merito Christi; unde Ap. III, 21: qui vicerit, dabo ei sedere mecum in throno meo, sicut et ego vici, et sedi cum Patre meo in throno eius; Lc. XXII, 29: ecce ego dispono vobis sicut disposuit mihi Pater meus regnum. Ego inquantum homo, inquantum fruor verbo. Item quantum ad corpus; ad Ph. III, 21: reformabit corpus humilitatis nostrae configuratum corpori claritatis suae. Venite, idest conformamini; I Jn. III, 2: cum apparuerit, similes ei erimus. Sed numquid boni modo non sunt coniuncti Deo? Dico quod sic per caritatem non plenam, item per fidem aenigmaticam; sed tunc congregabuntur in caritate plena, in fide non aenigmatica; quia nunc corpus quod corrumpitur, aggravat animam, et terrena inhabitatio deprimit sensum multa cogitantem, Sg. IX, 15. Causa huius praemii est duplex: causa damnationis est ex homine, causa salutis ex Deo; Os XIII, 9: ex te perditio tua, Israel, ex me tantummodo auxilium tuum. Unde causam salutis invenimus temporalem et aeternam; temporalis est appositio gloriae, et hoc tangitur, venite, benedicti patris mei. Dicere suum est facere; unde Ps. XXXII, 9: ipse dixit, et facta sunt. Unde eius benedicere, est gratiam infundere, unde dicit patris, quia non est ex nobis, sed ex Deo; Jc. I, 17: omne datum optimum, et omne donum perfectum desursum est, descendens a Patre luminum. Item alia causa est Dei praedestinatio; et hoc notatur cum dicit paratum vobis regnum. Unde apostolus ad Rm. VIII, 30: quos praedestinavit, hos et vocavit; Is. LXIV, 4: oculus non vidit, nec auris audivit, quae praeparavit Deus diligentibus se. Et dicit a constitutione mundi. Sed quomodo est hoc? Nonne ipse elegit eos ab aeterno? Ipse elegit nos ante mundi constitutionem, ad Ep. I, 4. Et dicendum quod elegit ab aeterno, sed a constitutione mundi manifestavit. Sed quid est praemium illud, quod tangit possidete paratum vobis regnum? Et quod est istud regnum? Istud regnum est regnum caelorum; Ps. CXLIV, 13: regnum tuum, Domine, regnum omnium saeculorum. Qui possidet Deum, possidet regnum; Ap. V, 10: et fecisti nos Deo nostro regnum et sacerdotes. Sed diceret aliquis: nolo regnare, sufficit mihi quod non damner. Hoc non potest esse. Vel eris rex et habebis regnum, vel eris damnatus. Et dicit possidete, idest intrate in possessionem. Intrare autem in possessionem proprie convenit ei, qui ius habuit. Istud autem ius habuimus ex ordinatione divina; item ex acquisitione Christi, qui nobis hoc acquisivit; item ex gratia sua; Ep. I, 14: qui est pignus haereditatis nostrae. Item dicitur possessio, quae pacifice habetur; unde plenarium Dominium signatur. Modo habemus Deum, sed non quiete, quia inquietatur homo multis modis; sed tunc quieta erit possessio; I P. III, 9: in hoc vocati estis, ut benedictionem haereditate possideatis; supra XVIII, 29: et vitam aeternam possidebit. Esurivi enim, et dedistis mihi manducare et cetera. Supra posita est sententia de praemio, hic posita est de merito. Ex quo considerare debemus quod duplex est causa beatitudinis: una ex parte Dei, idest benedictio Dei; alia ex parte nostra, idest meritum quod est de libero arbitrio: non enim debent homines esse desides, sed cooperari gratiae Dei, ut dicitur I ad Cor. XV, 10: gratia Dei sum id quod sum, et gratia Dei in me vacua non fuit. Sed cum sint multa bona merita, solum fit mentio de operibus misericordiae. Et ex hoc aliqui acceperunt occasionem errandi, dicentes quod solum per opera misericordiae salvantur, vel damnantur per omissionem eorum; ita quod si commiserit aliquis multa peccata, et exerceat se in operibus misericordiae, salvabitur, iuxta illud Dn. IV, 24: peccata tua eleemosynis redime, et iniquitates tuas misericordiis pauperum; contra illud quod habetur ad Rm. I, 32: qui talia agunt, scilicet peccata, digni sunt morte. Et ad Ga. V, 21 post enumerationem peccatorum carnalium dicit: qui talia agunt, regnum Dei non possidebunt. Ideo istud non est tenendum. Sed posset esse quod aliquis abstinet, et poenitet, et sic per eleemosynam potest liberari: eleemosynam enim debet homo incipere a se; Eccli. XXX, 24: miserere animae tuae placens Deo. Et quare magis fit mentio de istis operibus quam de aliis? Dicendum, secundum Gregorium, quod proponit ista tamquam minora: si enim ista quae dictat natura, non faciunt, nec alia multo magis. Et hoc consonat verbis Evangelii, quia isti dicunt quando vidimus te esurientem, et pavimus? etc., quasi dicant: istud est modicum. Et cum magis parum reputant, Dominus magis exaltat dicens quod fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mihi fecistis. Augustinus dicit quod omnes peccant in mundo, non tamen omnes damnantur; sed qui non poenitent, nec satisfaciunt. Sed qui poenitet et promittit satisfactionem per opera misericordiae, salvatur. Origenes dicit quod sub operibus misericordiae omnia bona sunt dicta vel praetermissa propter praetermissionem huiusmodi operum. Et significatur quia eleemosyna non solum proximo fit, sed et sibi ipsi: si enim pascit esurientem, multo magis pascere debet se esurientem, et sic de aliis operibus. Item non solum sunt eleemosynae corporales, sed etiam spirituales; ideo quidquid facit homo vel ad suam utilitatem, vel proximi, totum sub opere misericordiae continetur. Unde omnia vel sub his continentur vel sub contrario. Septem sunt opera misericordiae, sed sex solum tanguntur. Ista septem habentur per versum: visito, poto, cibo, redimo, tego, colligo, condo. De sepultura vero hic non tangitur. Sed quare? Ad excludendum errorem quorumdam qui dixerunt quod animae non consequuntur requiem, donec corpus condatur. Sed hoc non est verum, quia nihil recipit anima a corpore, quando est separata. Ponit ergo sex quae impenduntur contra defectum. Et quia est defectus quidam generalis, quidam specialis; primo agit de generali, secundo de speciali. Et quia quidam generaliter ab exteriori, quidam ad interiori, primo tangit defectus a parte interiori, secundo ab exteriori. Dicit ergo esurivi, et dedistis mihi manducare. Hoc habetur Is LVIII, 7: frange esurienti panem tuum. Sitivi, et dedistis mihi bibere, quia propter me dedistis proximo. Unde supra X, 42: qui dederit calicem aquae frigidae uni ex minimis meis, non perdet mercedem suam, de istis duobus Pr. XXV, 21: si esurierit inimicus tuus, ciba illum: si sitierit, da ei aquam bibere. Item sunt defectus ab exteriori, et hi sunt duo, scilicet a tegumento coniuncto et separato. Dicit ergo hospes eram et collegistis me. Ad He. ult., 2: hospitalitatem nolite oblivisci; per hanc enim latuerunt quidam Angelis hospitio receptis. Quantum ad tegumentum coniunctum dicit nudus fui et operuistis me; Jb XXXI, 19: si despexi praetereuntem eo quod non haberet indumentum: et sequitur, si non benedixerunt mihi latera eius, et de velleribus ovium meorum calefactus est; Is. LVIII, 7: cum videris nudum, operi eum. Item quidam sunt particulares defectus; et horum quidam sunt naturales quidam ab exteriori. Defectus naturalis et ab intrinseco est infirmitas; unde dicit infirmus, et visitastis me. Quantum ad exteriorem defectum dicit in carcere eram, et venistis ad me. Et potest per carcerem intelligi quaelibet tribulatio; ad He. X, 34: nam et vinctis compassi estis. Tunc respondebunt iusti dicentes. Hic ponitur responsio mentalis. Bonarum mentium est quod ea quae propter Deum faciunt, parva reputent; Lc. XVII, 10: cum feceritis omnia quae praecepta sunt vobis, dicite, quia servi inutiles sumus. Et ad Rm. VIII, 18: existimo quod non sunt condignae passiones huius temporis ad futuram gloriam quae revelabitur in nobis. Unde dicent quod ignorantes fecerunt, et haec dicent parva reputantes; unde quando vidimus te esurientem et pavimus? et cetera. Unde hoc dicent admirantes. Et respondens rex dicet illis. Huic admirationi satisfacit, quia quando homo humiliat se et Deus exaltat hunc, quando homo se vilificat et Deus collaudat; unde quamdiu fecistis uni de his fratribus meis minimis, mihi fecistis; supra X, 40: qui vos recipit, me recipit, quia caput et membra sunt unum corpus. Et dicit fratribus, quia fratres sunt, qui Dei faciunt voluntatem; unde supra XII, 48 dicitur quod extendens manus in discipulos dixit: hi sunt fratres mei. In quo notatur quod bonis dandum est; Eccli. XII, 4: da bono, et non recipias peccatorem. Et numquid dandum est peccatori? Dandum est, cum fuerit in extrema necessitate, sed magis et prius iustis; ideo dicit fratribus meis. Multi enim veniunt, qui non fratres Dei sunt; unde I Jn. IV, 3: omnis spiritus qui solvit Iesum, ex Deo non est. Unde caeteris paribus melius debemus facere bonis; tamen ad indigentiam etiam malis dandum est in tempore necessitatis, non propter fomentum peccati, sed naturae. Numquid omnes sunt fratres Dei? Ita; sed quidam secundum naturam, quidam secundum gratiam: secundum naturam omnes boni et mali; II Cor. XI, 26: periculum in falsis fratribus; secundum gratiam autem soli boni; Rm. VIII, 29: ipse est primogenitus in multis fratribus. Et his principaliter est miserendum et subveniendum; unde apostolus ad Ga. VI, 10 dicit: dum tempus habemus, operemur bonum ad omnes, maxime autem ad domesticos fidei. Sed quare dicit eos minimos? Hoc dicit quantum ad opinionem vulgi. Constat quod homines qui propter Deum parvi sunt, minimi reputantur, Jc. III. Item minimi propter humilitatem; supra XI, 25: abscondisti haec a sapientibus et prudentibus, et revelasti ea parvulis. Et loquitur a minori, quia possent dicere aliqui: si fecissem pari, vel aliquibus de magnis hoc, credo quod redderetur. Ideo Dominus dicit quod non solum maioribus, sed imperfectis; ideo dicit minimis. Tunc dicet rex et his qui a sinistris erunt. Hic ponitur condemnatio malorum. Et primo ponitur condemnatio; secundo excusatio eorum; tertio confutatio. Et circa primum primo ponit sententiam; secundo poenam. Dicit ergo: discedite a me, maledicti. Haec sententia differt a prima, quia dixit in prima venite, benedicti Patris mei etc.; hic autem non dicit: maledicti patris mei, quia benedictio nostra a Deo est, maledictio autem a nobis. Et ad He. V, et Dt. XXIII, 5 vertit benedictionem in maledictionem. Item differentia est, quia supra dixit possidete paratum vobis regnum etc., hic autem dicit ite in ignem aeternum qui paratus est Diabolo et Angelis eius. Et quae est ratio? Dicit Origenes quod poenas non fecit propter homines, sed ipsi acquirunt sibi mortem manibus suis; Is.XXXI, 7: in die illa abiiciet vir idola auri et argenti sui, quae fecerunt vobis manus vestrae. Sed potest aliquis dicere: nonne etiam fecit Dominus Diabolum bonum? Notate quod loquitur Dominus de praeparatione secundum quod manifestatur ab origine mundi. Sed Diabolus ab initio peccavit: unde Angelo, qui quantum ad naturam creatus est bonus, non paravit, sed peccato. Esurivi. Hic non est aliud dicendum nisi quod diversimode loquitur ad bonos et ad malos: quia supra dixit explicite unumquodque per se, hic multa coniungit; unde infirmus et in carcere. Et quia coniungit ista duo, dicendum quod ad modum boni iudicis procedit qui invite condemnat, et large remunerat: unde verba remunerationis dilatat, verba condemnationis abbreviat. Tunc respondebunt ei et ipsi. Et notate quod sicut boni abbreviant bona, ita mali culpas; unde dicunt: Domine, quando vidimus te esurientem aut sitientem? et cetera. Totum simul dicunt; in quo datur intelligi quod non libenter discutiunt conscientias suas, contra illud Is. XLVI, 8: redite, praevaricatores, ad cor. Unde, cum oportet redire, redeunt ad valde breve. Tunc sequitur confutatio amen dico vobis: quamdiu non fecistis et cetera. Simile habetur Lc. X, 16: qui vos spernit, me spernit; Za. II, 8: qui tetigerit vos, tangit pupillam oculi mei. Et ibunt hi in supplicium aeternum et cetera. Posita sententia, ponitur effectus. Et ibunt hi in supplicium aeternum. Supra dixerat quod in ignem aeternum, quia stare posset quod esset ignis aeternus, et tamen non aeterne cruciaret; ideo dicit in supplicium. Iusti autem in vitam aeternam; Jn. XVII, 3: haec est vita aeterna, ut cognoscant te solum verum Deum, et quem misisti Iesum Christum. Quod autem sit supplicium aeternum habetur Dn. XII, 2: multi de his qui dormiunt in pulvere, evigilabunt, alii in vitam aeternam, alii in opprobrium, ut videant semper; Ap. XX, 15: missus est in stagnum ignis et sulphuris, ubi et bestia et pseudoprophetae cruciabuntur die ac nocte in saecula saeculorum; Is. ult., 24: vermis eorum non morietur, et ignis eorum non extinguetur. Quae est causa huius supplicii? Quidam, ut Origenes, voluerunt quod non esset aeternum supplicium. Unde ponunt quod omne supplicium terminatur. Unde dicit quia quod dictum est hic, dictum est propter exaggerationem. Sed Augustinus arguit: si hoc ita est, ergo quod dicitur quod iusti ibunt in vitam aeternam, similiter diceretur secundum exaggerationem. Sed hoc dicitur secundum diuturnitatem, ut etiam concedit Origenes. Et hoc est detestabile, quod in eadem Scriptura sit talis diversitas. Sed quod hoc non possit esse, patet sic: quia hoc exigit iustitia, ut culpae poena respondeat aequalis. In qua enim mensura mensi fueritis remetietur vobis, supra VII, 1. Sed quomodo post mortem tantam dilationem habebit supplicium aeternum? Respondet Gregorius dicens quod Deus iudex est voluntatis, unde qui non retinuit voluntatem a peccato usque ad mortem, peccavit in suo aeterno; ideo dignum est quod Deus puniat in suo aeterno. Augustinus dicit sic: videmus quod poena debet esse aequalis culpae, et sic est etiam in iustitia humana, quod si quis peccat contra societatem civitatis, iudex non intendit mortem, nisi ut separet a societate civitatis perpetuo. Sed qui contra Deum, intendit excludere eum a societate caelestis curiae. Secundum Hilarium, culpae debetur poena, sed culpa non deletur nisi per caritatem; ergo quamdiu homo non habet caritatem, iustum est quod semper sit in poena. Ex quo ergo caritatem non habuit in hac vita, necesse est quod semper maneat in poena. Item obiicitur quod sancti orabunt, et ipsi exaudientur. Ergo et cetera. Dicit Gregorius quod dum sunt in via sancti pro eis exaudiuntur, sed non post. Item obiicitur: Deus non delectatur in poena; quomodo ergo sine fine affliget? Dicendum quod etsi non delectatur, tamen hoc facit ad iustitiam suam conservandam.


 

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