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Nativité du Seigneur

25 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Nativité du Seigneur

Messe de l'Aurore

Introït

La lumière va resplendir aujourd’hui sur nous : car le Seigneur nous est né : et on l’appellera l’Admirable, le Dieu fort, prince de la paix, Père du siècle à venir : car son règne n’aura pas de fin. Le Seigneur est roi, il est revêtu de gloire : le Seigneur est revêtu de force, il s’arme de puissance.

Collecte

Dieu tout puissant, l’incarnation de votre Verbe vient de nous inonder d’une lumière nouvelle : faites, s’il vous plaît, resplendir dans nos vies cette lumière qui brille par la foi en nos intelligences.

Épitre Tt. 3, 4-7

Très cher ami : Lorsque la bonté de Dieu, notre Sauveur, et son amour pour les hommes ont paru, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais en vertu de sa miséricorde, par le bain de la régénération et du renouvellement de l’Esprit-Saint, qu’il a répandu sur nous abondamment par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers, conformément à l’espérance de la vie éternelle : dans le Christ Jésus, Notre-Seigneur.

Évangile Lc. 2, 15-20

En ce temps là : les bergers se dirent entre eux : « Passons donc jusqu’à Bethléem, et voyons cet événement qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils s’y rendirent en toute hâte, et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent furent dans l’admiration de ce que leur avaient dit les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit.

Secrète

Nous vous en prions, Seigneur, que nos offrandes soient en harmonie avec les mystères de la Nativité que nous célébrons aujourd’hui, et qu’elles répandent toujours la paix dans nos âmes. De même que, dans cet homme qui vient de naître, c’est aussi Dieu qui resplendit, faites que dans ces présents matériels, nous soit apporté le don de Dieu.

Postcommunion

Faites, Seigneur, que dans sa fraîcheur de Noël, ce sacrement du Christ rajeunisse toujours nos âmes, puisque sa Naissance merveilleuse a fait disparaître de l’humanité toute trace de vieillesse.

Messe du jour

Collecte

Nous vous en prions, Dieu tout puissant, que votre Fils éternel, par sa nouvelle naissance en notre chair, vienne nous délivrer de l’ancien esclavage qui nous maintient sous le joug du péché.

Épitre He. 1, 1-12

Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l’empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d’autant plus grand que les anges, que le nom qu’il possède est plus excellent que le leur. Auquel des anges en effet Dieu a-t-il jamais dit : "Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré" ? Et encore "Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un Fils" ? Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le Premier-né, il dit : "Que tous les anges de Dieu l’adorent !" De plus, tandis qu’il est dit des anges : "Celui qui fait de ses anges des vents, et de ses serviteurs une flamme de feu," il dit au Fils : "Ton trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile d’allégresse au-dessus de tous tes compagnons." Et encore : "C’est toi, Seigneur, qui as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; ils périront, mais tu demeures ; ils vieilliront tous comme un vêtement ; comme un manteau tu les rouleras, et ils seront changés ; mais toi, tu restes le même, et tes années ne s’épuiseront point."

Évangile Jn, 1, 1-14

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. (ici on fléchit le genou) Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité.

Secrète

Sanctifiez ces offrandes, Seigneur, par la nouvelle naissance de votre Fils unique, et purifiez-nous des souillures de nos péchés.

Postcommunion

Dieu tout puissant, le Sauveur du monde, qui est né aujourd’hui, nous a fait naître à la vie divine. Faites, nous vous en prions, qu’il nous accorde aussi le don de l’immortalité.

Office

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Notre Sauveur, mes bien-aimés, est né aujourd’hui : réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la vie, qui, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie, par la promesse de l’éternité. Il n’y a personne qui n’ait sa part de cette allégresse. Tous ont un même motif de se réjouir, car notre Seigneur, destructeur du péché et de la mort, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu pour nous affranchir tous. Qu’il tressaille, celui qui est saint : car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu’on l’invite au pardon. Que le Gentil prenne courage : car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu, dans la plénitude des temps fixée par les impénétrables profondeurs du conseil divin, a pris la nature humaine, pour la réconcilier avec son auteur, afin que l’inventeur de la mort, le diable, fût vaincu par où il avait triomphé.
Cinquième leçon. En ce combat livré pour nous, c’est avec une grande et admirable loyauté qu’on a combattu, puisque le Seigneur tout-puissant a lutté contre ce cruel ennemi, non dans sa majesté, mais dans l’infirmité de notre chair, et lui a opposé la même forme, la même nature, celle de notre mortalité, mais exempte de tout péché. Car ce qu’on lit de tous les hommes : « Nul n’est pur de souillure, pas même l’enfant dont la vie n’est encore que d’un jour sur la terre » , ne peut être appliqué à cette nativité. Rien de la concupiscence de la chair ne s’est rencontré dans cette naissance merveilleuse ; rien n’y est provenu de la loi du péché. Une vierge est élue de la tige de David ; une vierge royale qui, devant porter dans son sein le rejeton sacré, conçut spirituellement l’Homme-Dieu par la foi, avant de le concevoir corporellement. Afin que Marie, dans son ignorance du dessein céleste, ne soit pas troublée à une si étonnante nouvelle, elle apprend de son entretien avec l’Ange ce que l’Esprit-Saint doit opérer en elle ; et celle qui va devenir la Mère d’un Dieu, n’a rien à craindre pour sa pudeur.
Sixième leçon. C’est pourquoi, mes bien-aimés, rendons grâces à Dieu le Père, par son Fils, dans le Saint-Esprit : de ce que, « nous ayant aimés dans son infinie charité, il a eu pitié de nous, et comme nous étions morts par les péchés, il nous a vivifiés tous en Jésus-Christ , afin que nous fussions en lui une nouvelle créature et un ouvrage nouveau. « Dépouillons donc le vieil homme avec ses œuvres » ; et, admis à participer à la naissance du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô Chrétien, ta dignité, et, « devenu participant de la nature divine », garde-toi de retomber, par une conduite indigne de cette grandeur, dans ta bassesse première. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. N’oublie jamais, « qu’arraché à la puissance des ténèbres », tu as été transporté à la lumière et au royaume de Dieu.
 

Au troisième nocturne.]

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Comme nous avons aujourd’hui, grâce à la bonté du Seigneur, à célébrer trois fois les solennels mystères de la Messe, nous ne pouvons vous parler longtemps de la lecture de l’Évangile ; mais nous devons au moins en dire brièvement quelque chose : la nativité de notre Rédempteur nous y oblige. Pourquoi donc, au moment de la naissance du Seigneur, ce dénombrement du monde, si ce n’est pour nous faire comprendre que dans la chair, apparaissait celui qui devait enregistrer les élus dans l’éternité ? D’autre part le Prophète dit des réprouvés : « Qu’ils soient rayés du livre des vivants, et ne soient point inscrits avec les justes. »] De plus, il con vient que le Seigneur naisse à Bethléem, d’autant que Bethléem est interprété, Maison du Pain. Et en effet, c’est lui qui a dit : « Je suis le Pain vivant, descendu du ciel. »] Ainsi, le lieu où naît le Seigneur a été auparavant appelé Maison du Pain, parce que là devait apparaître dans la chair celui qui, un jour, rassasierait intérieurement les âmes de ses élus. Il naît hors de la maison de ses parents, en un voyage, pour montrer qu’en prenant l’humanité, il naissait comme en un lieu étranger.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Huitième leçon. Considérez les commencements de l’Église naissante : le Christ naît, et déjà les pasteurs veillent, comme pour rassembler dans le bercail du Seigneur les nations qui, jusque-là, vivaient comme des brutes, afin de les garantir, au milieu des ombres de la nuit, de l’incursion de bêtes spirituelles. Il est juste que les pasteurs veillent, étant instruits par le bon Pasteur. Ainsi le troupeau, c’est le peuple ; la nuit, c’est le monde ; les bergers sont les prêtres. Sans doute, il faut bien qu’il soit pasteur, celui auquel on a dit : « Sois vigilant, et confirme les autres. »  Mais le Seigneur n’a pas seulement établi les Évêques pour défendre le troupeau, il y a encore destiné ses Anges.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Neuvième leçon. Afin que vous n’ayez pas du Verbe une idée basse, comme s’il s’agissait de paroles humaines, écoutez ce qu’il faut en penser : « Le Verbe était Dieu. » Vienne donc je ne sais quel infidèle Arien nous dire : « Le Verbe de Dieu a été fait. » Comment se peut-il que le Verbe de Dieu ait été fait, puisque Dieu a, par le Verbe, fait toutes choses ? Si le Verbe de Dieu, lui aussi, a été fait, par quel autre verbe a-t-il été fait ? Peut-être direz-vous qu’il a été fait par un verbe du Verbe : mais je réponds, moi, que le Verbe est l’unique Fils de Dieu. Si vous n’admettez point un verbe du Verbe, accordez donc qu’il n’a point été fait, celui par qui tout a été fait. Car il n’a pu se faire lui-même, celui par qui tout a été fait. Croyez-en donc l’Évangéliste.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

LA MESSE DU JOUR.

Le mystère que l’Église honore, en cette troisième Messe, est la Naissance éternelle du Fils de Dieu au sein de son Père. Elle a célébré, à minuit, le Dieu-Homme naissant du sein de la Vierge dans l’étable ; à l’aurore, le divin Enfant prenant naissance dans le cœur des bergers ; en ce moment, il lui reste à contempler une naissance bien plus merveilleuse que les deux autres, une naissance dont la lumière éblouit les regards des Anges, et qui est elle-même l’éternel témoignage de la sublime fécondité de notre Dieu. Le Fils de Marie est aussi le Fils de Dieu ; notre devoir est de proclamer aujourd’hui la gloire de cette ineffable génération qui le produit consubstantiel à son Père, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière. Elevons donc nos regards jusqu’à ce Verbe éternel qui était au commencement avec Dieu, et sans lequel Dieu n’a jamais été ; car il est la forme de sa substance et la splendeur de son éternelle vérité.

La sainte Église ouvre les chants du troisième Sacrifice par l’acclamation au Roi nouveau-né.

Elle célèbre la puissante principauté qu’il possède, en tant que Dieu, avant tous les temps, et qu’il recevra, comme homme, par le moyen de la Croix qui un jour doit charger ses épaules. Il est l’Ange du grand Conseil, c’est-à-dire l’envoyé du ciel pour accomplir le sublime dessein conçu par la glorieuse Trinité, de sauver l’homme par l’Incarnation et la Rédemption. Dans cet auguste Conseil, le Verbe a eu sa divine part ; et son dévouement à la gloire de son Père, joint à son amour pour les hommes, lui en fait prendre sur lui l’accomplissement.

L’Église demande, dans la Collecte, que la nouvelle Naissance que le Fils éternel de Dieu a daigné prendre dans le temps, ne soit pas privée de son effet, mais qu’elle obtienne notre délivrance.

ÉPÎTRE.

Le grand Apôtre, dans ce magnifique début de son Épître à ses anciens frères de la Synagogue, relève l’éternelle Naissance de l’Emmanuel. Pendant que nos yeux sont tendrement fixés sur le doux Enfant de la Crèche, il nous invite à les élever jusqu’à la suprême Lumière, au sein de laquelle le même Verbe qui daigne habiter retable de Bethlehem, entend le Père éternel lui dire : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd’hui ; et cet aujourd’hui est le jour de l’éternité, jour sans soir ni matin, sans lever ni couchant. Si la nature humaine qu’il daigne prendre dans le temps le place au-dessous des Anges, son élévation au-dessus d’eux est infinie par le titre et la qualité de Fils de Dieu qui lui appartiennent par essence. Il est Dieu, il est le Seigneur, et les changements ne l’atteignent pas. Enveloppé de langes, attaché à la croix, mourant dans les angoisses, selon son humanité, il reste impassible et immortel dans sa divinité ; car il a une Naissance éternelle.

ÉVANGILE.

Fils éternel de Dieu ! en présence de la crèche où vous daignez vous manifester aujourd’hui pour notre amour, nous confessons, dans les plus humbles adorations, votre éternité, votre toute-puissance, votre divinité. Dans le principe, vous étiez ; et vous étiez en Dieu, et vous étiez Dieu. Tout a été fait par vous, et nous sommes l’ouvrage de vos mains. O Lumière infinie ! ô Soleil de justice ! nous ne sommes que ténèbres ; éclairez-nous. Trop longtemps nous avons aimé ces ténèbres, et nous ne vous avons point compris ; pardonnez-nous notre erreur. Trop longtemps vous avez frappé à la porte de notre cœur, et nous ne vous avons pas ouvert. Aujourd’hui du moins, grâce aux admirables inventions de votre amour, nous vous avons reçu ; car, qui ne vous recevrait, Enfant divin, si doux, si plein de tendresse ? Mais, demeurez avec nous ; consommez cette nouvelle naissance que vous avez prise en nous. Nous ne voulons plus être ni du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu, par vous et en vous. Vous vous êtes fait chair, ô Verbe éternel ! afin que nous fussions nous-mêmes divinisés. Soutenez notre faible nature qui défaille en présence d’une si haute destinée. Vous naissez du Père, vous naissez de Marie, vous naissez dans nos cœurs : trois fois gloire à vous pour cette triple naissance, ô Fils de Dieu si miséricordieux dans votre divinité, si divin dans vos abaissements !

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Vigile de la Nativité

24 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Vigile de la Nativité

Collecte

Seigneur Dieu, vous nous donnez chaque année la joie d’attendre notre rédemption. Et puisque c’est dans la joie que nous accueillons votre Fils unique, lorsqu’il viendra nous racheter, accordez-nous de pouvoir encore le regarder sans inquiétude, quand il reviendra pour nous juger.

Épitre Rm. 1, 1–6

Paul, serviteur du Christ-Jésus, apôtre par son appel, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu, Évangile que Dieu avait promis auparavant par ses prophètes dans les saintes Écritures, touchant son Fils né de la postérité de David selon la chair, et déclaré Fils de Dieu miraculeusement, selon l’Esprit de sainteté, par une résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les Gentils, du nombre desquels vous êtes, vous aussi, par appel de Jésus-Christ.

Évangile Mt, 1, 18–21

Marie, la mère de Jésus, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. »

Secrète

Dieu tout Puissant, nous accourons dès aujourd’hui pour adorer la naissance de votre Fils. Permettez-nous de recevoir avec la même joie les dons éternels qu’il nous apporte.

Postcommunion

Nous vous en prions, Seigneur : en l’anniversaire de la Nativité de votre Fils unique, accordez-nous de reprendre vie, puisque déjà nous sommes nourris et abreuvés par son mystère céleste.

Office

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Première leçon. Pourquoi n’est-ce pas simplement par une vierge, mais par une vierge fiancée, qu’il est conçu ? D’abord, afin que par la généalogie de Joseph, celle de Marie fût constatée ; en second lieu, de peur qu’elle ne fût lapidée par les Juifs comme adultère ; en troisième lieu, pour que, fugitive en Égypte, elle eût un soutien en la personne de Joseph. Le Martyr saint Ignace ajoute une quatrième raison : s’il est conçu par une fiancée, c’est, dit-il, pour cacher cet enfantement au démon, qui le croira le fruit, non d’une vierge, mais d’une épouse.
Deuxième leçon. « Avant qu’ils vinssent ensemble, il fut découvert qu’elle avait conçu du Saint-Esprit. » Personne ne le découvrit, sinon saint Joseph, aux regards duquel ne pouvait rien échapper de ce qui concernait sa future épouse. Quand il est dit : « Avant qu’ils vinssent ensemble », il ne s’ensuit pas qu’ils se soient unis plus tard ; l’Écriture constate ce qui n’avait pas eu lieu.
Troisième leçon. « Mais Joseph, qui était un homme juste et ne voulait point la dénoncer, songea à la renvoyer sans éclat. » « Si quelqu’un s’unit à une femme de mauvaise vie, il devient un même corps avec elle », et il est marqué dans la Loi que, non seulement ceux qui commettent le crime, mais les complices eux-mêmes du crime, sont coupables. Comment donc Joseph, cachant le crime de son épouse, est-il appelé juste ? Mais c’est un témoignage en faveur de Marie ; car Joseph, connaissant sa chasteté et plein d’admiration pour ce qui se passe, cache sous le voile du silence, l’événement dont il ne comprend point le mystère.

Enfin, dit saint Pierre Damien dans son Sermon pour ce jour,

« nous voici arrivés de la haute mer dans le port, de la promesse à la récompense, du désespoir à l’espérance, du travail au repos, de la voie à la patrie. Les courriers de la divine promesse s’étaient succédé ; mais ils n’apportaient rien avec eux, si ce n’est le renouvellement de cette même promesse. C’est pourquoi notre Psalmiste s’était laissé aller au sommeil, et les derniers accents de sa harpe semblaient accuser les retards du Seigneur. Vous nous avez repoussés, disait-il, vous nous avez dédaignés ; et vous avez différé l’arrivée de votre Christ]. Puis, passant de la plainte à l’audace, il s’était écrié d’une voix impérative : Manifestez-vous donc, ô vous qui êtes assis sur les Chérubins ! En repos sur le trône de votre puissance, entouré des bataillons volants de vos Anges, ne daignerez-vous pas abaisser vos regards sur les enfants des hommes, victimes d’un péché commis par Adam, il est vrai, mais permis par vous-même ? Souvenez-vous de ce qu’est notre nature ; c’est à votre ressemblance que vous l’avez créée ; et si tout homme vivant est vanité, ce n’est pas du moins en ce qu’il a été fait à votre image. Abaissez donc vos cieux et descendez ; abaissez les cieux de votre miséricorde sur les misérables qui vous supplient, et du moins ne nous oubliez pas éternellement.

« Isaïe à son tour, dans la violence de ses désirs, disait : A cause de Sion, je ne me tairai pas ; à cause de Jérusalem, je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que le Juste quelle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez donc les deux et descendez ! Enfin, tous les Prophètes, fatigués d’une trop longue attente, n’ont cessé de faire entendre tour à tour les supplications, les plaintes, et souvent même les cris de l’impatience. Quant à nous, nous les avons assez écoutés ; assez longtemps nous avons répété leurs paroles : qu’ils se retirent maintenant ; il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même : Vous êtes exaucés.

« Mais que venons-nous d’entendre ? Sanctifiez-vous, enfants d’Israël, et soyez prêts : car demain descendra le Seigneur. Le reste de ce jour, et à peine la moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette entrevue glorieuse, nous cachent encore l’Enfant-Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures légères ; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde. Je pense, mes Frères, que vous êtes de vrais enfants d’Israël, purifiés de toutes les souillures de la chair et de l’esprit, tout prêts pour les mystères de demain, pleins d’empressement à témoigner de votre dévotion. C’est du moins ce que je puis juger, d’après la manière dont vous avez passé les jours consacrés à attendre l’Avènement du Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, hâtez-vous aujourd’hui de les essuyer et de les couvrir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous le promettre de la miséricorde de l’Enfant qui va naître : celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui ; les ténèbres trompeuses s’évanouiront, et la splendeur véritable lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait-elle refusée aux mal-ci heureux, en cette nuit même où prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chassez donc l’orgueil de vos regards, la témérité de votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté de vos reins ; retirez vos pieds du chemin tortueux, et puis venez et jugez le Seigneur, si, cette nuit, il ne force pas les Cieux, s’il ne descend pas jusqu’à vous, s’il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés. »

Ce saint jour est, en effet, un jour de grâce et d’espérance, et nous devons le passer dans une pieuse allégresse. L’Église, dérogeant à tous ses usages habituels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mais dans ce cas l’Office et la Messe de la Vigile l’emportent sur l’Office et la Messe du quatrième Dimanche de l’Avent : tant ces dernières heures qui précèdent immédiatement la Nativité lui semblent solennelles ! Dans les autres Fêtes, si importantes qu’elles soient, la solennité ne commence qu’aux premières Vêpres ; jusque-là l’Église se tient dans le silence, et célèbre les divins Offices et le Sacrifice suivant le rite quadragésimal. Aujourd’hui, au contraire, dès le point du jour, à l’Office des Laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L’intonation solennelle de cet Office matutinal annonce le rite Double ; et les Antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque Psaume ou Cantique. A la Messe, si l’on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux comme dans les autres Féries de l’Avent ; et il n’y a plus qu’une seule Collecte, au lieu des trois qui caractérisent une Messe moins solennelle.

Entrons dans l’esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller au-devant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche ; et, dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche que nous n’ayons vu naître, à l’heure sacrée, Celui qui vient illuminer toute créature ; car c’est un devoir, pour tout fidèle enfant de l’Église Catholique, de célébrer avec elle cette Nuit heureuse durant laquelle, malgré le refroidissement de la piété, l’univers entier veille encore à l’arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s’effacerait qu’au grand malheur de la terre.

 

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Ecce Rex tuus venit

24 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Ecce Rex  tuus venit

Pars 1
Ecce Rex, pars 1
Ecce rex tuus venit tibi mansuetus. Multa sunt mirabilia divinorum operum. Psalmus: mirabilia opera tua. Sed nullum opus Dei est ita mirabile sicut adventus Christi in carnem, et est ratio quia in aliis Dei operibus Deus impressit suam similitudinem creaturae, sed in opere incarnationis impressit Deus seipsum et univit se naturae humanae in unitate personae vel univit nostram naturam sibi; et ideo cum alia Dei opera non sint perfecte scrutabilia, illud opus, scilicet incarnationis, est omnino supra rationem. Unde Job: qui facis magna et mirabilia et discrutabilia absque numero. Unum opus est quod videre non possum: si venerit ad me non videbo eum. Et in Malachia: ecce venit Dominus exercituum et quis poterit cogitare diem adventus ejus? Quasi dicat quod illud excedit cognitionem humanam. Sed apostolus docet quis poterit cogitare diem adventus ejus dicens: non sumus sufficientes cogitare aliquid a nobis quasi ex nobis, sed omnis sufficientia nostra ex Deo est. Igitur in principio rogabimus Dominum ut ipse det mihi aliquid dicere et cetera.

Pars 2
Ecce Rex, pars 2
Ecce rex tuus et cetera. Verba ista sumuntur ex Evangelio quod hodie apud nos legitur et sunt sumpta de Zacharia, licet aliquantulum sub aliis verbis ibi recitentur. In verbis autem istis manifeste praenuntiatur nobis Christi adventus. Ne super ambiguo procedamus, scire debetis quod quadruplex legitur Christi adventus. Primus est quo venit in carnem. Secundus ejus adventus est quo venit in mentem. Tertius Christi adventus est quo venit in morte justorum. Sed quartus Christi adventus est quo venit ad judicandum. Primo dico adventus Christi est in carnem. Et non est intelligendum quod venerit in carnem mutando locum, quia dicit in Jeremia: coelum et terram ego impleo. Quomodo ergo venit in carnem? Dico quod venit in carnem descendens de coelo, non dereliquendo coelum, sed assumendo nostram naturam. Unde in Johanne: in propria venit. Et quomodo dico quod erat in mundo? Quando verbum caro factum est. Et videte quod iste adventus inducit alium Christi adventum qui est in mentem. Nihil prodesset nobis quod Christus venisset in carnem nisi cum hoc venisset in mentem scilicet nos sanctificando. Unde in Johanne: si quis diligit me sermonem meum servabit et Pater meus diliget eum et ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemus. In primo adventu venit solum filius. In secundo adventu venit Filius cum Patre ad inhabitandum animam. Per istum adventum qui est per gratiam justificantem, anima liberatur a culpa, non ab omni poena, quia confertur gratia, sed nondum confertur gloria, et propter hoc necessarius est tertius Christi adventus quando ipsos recipit ad seipsum. Unde in Johanne: si abiero, in passione, et paravero vobis locum, tollendo obstaculum, iterum veniam ad vos, scilicet in morte, et tollam vos ad meipsum, scilicet in gloria, ut ubi sum ego illic et vos sitis. Item in Johanne dicit: ego veni ut vitam habeant, scilicet praesentiam in animabus, et abundantius habeant, scilicet per gloriae participationem. Quartus Christi adventus erit ad judicandum, scilicet quando Dominus veniet ad judicium, et tunc gloria sanctorum redundabit usque ad corpus et resurgent mortui. Unde in Johanne: venit hora et nunc est quando omnes quis sunt in monumentis audient vocem filii Dei et procedent qui bona egerunt in resurrectionem vitae. Et propter istos quatuor Christi adventus celebrat forte Ecclesia quatuor dominicas de Christi adventu. In ista autem Dominica celebrat de primo Christi adventu, et possumus in verbis propositis quatuor videre: primo adventus Christi demonstrationem ibi: ecce; secundo venientis conditionem ibi: rex tuus; tertio venientis utilitatem: venit tibi, quarto veniendi modus ibi: mansuetus. Primo dico possumus videre adventus Christi demonstrationem ibi: ecce. Et notandum quod per ecce quatuor solemus intelligere: primo rei certificationem: de rebus quae nobis constant dicimus: ecce; secundo intelligimus per ecce temporis determinationem; tertio rei manifestationem, et quarto hominum confortationem. Primo dico per ecce solemus intelligere rei certificationem. Quando aliquis vult certificare dicit: ecce. Unde in Genesi dicit Dominus: ecce statuam pactum meum vobiscum et cum semine vestro post vos. Arcum meum ponam inter me et vos scilicet in signum pacis. Per arcum istum significatur Dei filius, quia sicut arcus generatur ex reverberatione solis ad nubem aquosam, sic Christus generatus est ex verbo Dei et ex natura humana quae est sicut nubes, et sicut anima et caro unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus; et de Christo dicitur quod ascendit super nubem levem, id est super naturam humanam sibi eam uniendo. Et venit nobis Christus in signum pacis, et fuit necessarium quod ita fieret quia modo sunt aliqui qui dubitant de secundo Christi adventu. Unde apostolus: in novissimis quidem temporibus venient illusores discedentes a fide, juxta proprias concupiscentias ambulantes et dicentes: ubi est nunc promissio et adventus ejus. Dicent enim tales quod anima non erit post corpus, et propter hoc ad certificationem adventus Christi dicit propheta: ecce et cetera. Et in Habacuc: apparebit Dominus in finem et non mentietur. Et Isaias: Dominus exercituum veniet. Secundo per ecce solemus intelligere temporis determinationem. In adventu Christi ad judicium non est nobis tempus determinatum. Unde Job: nescio quamdiu subsistam et quando tollet me factor meus. Et in Luca: regnum Dei non veniet cum observatione. Et quare non fuit in isto adventu tempus nobis determinatum? Forte quia Dominus voluit nos esse semper vigilantes. Sed in adventu Christi in carnem fuit nobis tempus determinatum. Unde Jeremias: ecce dies venient et suscitabo David germen justum et regnabit et sapiens erit. Tertio per ecce solemus intelligere rei manifestationem. Quidam adventus Dei ad nos est occultus, scilicet adventus quo venit in mentem, et iste non potest sciri per certificationem. Unde Job: si venerit ad me non videbo eum et si abierit non intelligam. Sed in adventu in carnem Christus manifestus et visibilis venit. Unde Isaias: propter hoc intelliget populus meus nomen meum, quia ego ipse qui loquebar ecce adsum. Et Johannes digito eum demonstravit ut praesentem dicens: ecce agnus Dei. Zacharias vero demonstravit eum per ecce ut futurum. Quarto per ecce solemus intelligere hominum confortationem et hoc in duobus. Si homo patitur molestias ab inimicis suis et inimici ejus subjuguntur ei, dicit: ecce. Unde in threnis: aperuerunt inimici mei os suum, en venit dies quam desideravi. Similiter quando homo consequitur ecce dicit. Unde Psalmus: ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum et cetera. Ista duo consecuti sumus in adventu Christi quia liberatus est homo de insultibus Daemonum et gaudet de spe adepta. Isaias: dicite pusillanimis confortamini; nolite timere: ecce Deus vester ultionem adducet de inimicis vestris, ipse veniet et salvabit vos. Videamus modo de conditione advenientis. Adventus personae requiritur, expectatur vel praenuntiatur cum solemnitate propter personae magnitudinem, si est rex vel legatus Domini Papae, vel propter amicitiam et affinitatem; et iste qui venit est rex et propinquus noster et amicus. Propter hoc cum solemnitate ipsum expectare debemus. Scitis quod rex imperat auctoritate Dominii, sed non quicumque habet auctoritatem Dominii dicitur rex, sed requiruntur quatuor ad hoc quod aliquis dicatur rex, quorum si aliquid defuerit non dicitur rex. Debet enim rex habere primo unitatem, secundo plenariam potestatem, tertio amplam jurisdictionem et quarto justitiae aequitatem. Primo dico rex debet habere unitatem, quia si in regno fuerint plures dominantes et non pertineat dominium ad unum, non dicitur rex. Unde regnum est sicut monarchia quaedam et Christus habet unitatem. Unde in Ezechiele: rex unus erit omnium nostrum. Dicit rex unus ad significandum quod non alienus, non alius Dominus, sed unus Dominus Filius cum Patre erit rex noster. Unde dicit Christus: Ego et Pater unus sumus quod est contra Arium qui dixit quod alius esset pater, alius filius. Apostolus: et si dii multi et domini multi, nobis unus Deus et Dominus est. Secundo rex importat plenitudinem potestatis. Qui principaretur non cum plenitudine potestatis sed secundum leges impositas non diceretur rex sed consul vel potestas. Futurum autem erat ut Christo veniente, lex a Deo mutaretur quantum ad leges caeremoniales. Unde ipse Christus est qui potest legem condere. Unde dicit: dictum est antiquis: non occides; ego autem dico, quasi dicat: habeo potestatem et possum leges condere. Unde Isaias: Dominus judex noster, legifer noster, ipse veniet et salvabit nos. Legitur quod Pater omne judicium filio dedit, et Dominus est legifer noster et per consequens rex noster. Unde in Esther: Domine rex omnipotens, in ditione tua cuncta posita sunt. Unde dicit Filius: data est mihi omnis potestas in coelo et in terra. Tertio rex importat amplitudinem jurisdictionis. Paterfamilias habet plenitudinem potestatis in domo sua, non tamen dicitur rex. Similiter qui habet villam unam non propter hoc dicitur rex, sed qui habet dominium super multas terras et super civitatem magnam, talis dicitur rex. Illud videmus in isto qui venit nobis quia omnis creatura est ei subdita, quia rex omnis terrae Deus, et oportuit quod talis veniret qui talem potestatem haberet, quia olim lex fuit solum data Judaeis et dicebantur Judaei populus peculiaris Dei, sed oportuit omnes adduci ad salutem, ideo oportuit quod esset rex omnium qui omnes posset salvare. Talis fuit iste qui venit nobis. Unde Psalmus: postula a me et dabo tibi gentes hereditatem tuam et possessionem tuam terminos terrae. Quarto oportet quod rex habeat aequitatem quia aliter esset tyrannus, quia tyrannus omnia quae sunt in regno convertit ad suam utilitatem; sed rex regnum suum ordinat ad bonum commune. Unde in proverbiis: rex justus erigit terram, vir avarus destruit eam. Sed iste venit non quaerens utilitatem propriam sed tuam, quia non venit Filius hominis ministrari, sed ministrare. Et qui venit ministrare certe venit animam suam dare in redemptionem multorum, et ut redemptos duceret ad gloriam aeternam ad quam nos perducat et cetera.

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O Emmanuel Rex et Legifer noster..

23 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

O Emmanuel Rex et Legifer noster..

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Super II Cor., cap. 13 l. 2

23 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Super II Cor., cap. 13 l. 2

Lectio 2

Super II Cor., cap. 13 l. 2 Post comminationem severi Dei iudicii, subdit apostolus admonitionem ad praeparationem, ut iudicium severum non patiantur, et primo ponit ipsam admonitionem; secundo rationem admonitionis assignat, ibi ideo haec absens scribo, et cetera. Circa primum duo facit. Primo ponit admonitionem; secundo excludit falsam suspicionem, ibi oramus autem ad Deum, et cetera. Circa primum duo facit. Primo monet ut se examinent; secundo innuit quid per huiusmodi examinationem invenire possint, ibi an non cognoscitis, et cetera. Circa primum sciendum est, quod ille, qui secure vult comparere in iudicio, debet se primo examinare de factis suis, et sic poterit scire utrum tute compareat. Et ideo apostolus monet ut antequam veniant ad iudicium, quod erit in adventu suo ad eos, examinent se, dicens vosmetipsos tentate, id est examinate et considerate actus vestros. I Th. V, 21: omnia probate, quod bonum est tenete, et cetera. Monet autem, ut de duobus se examinent, scilicet de fide. Unde dicit si estis in fide, scilicet quam praedicavi vobis, et a me accepistis de Domino Iesu Christo, an excideritis ab ea et sitis prolapsi in aliam. Et hoc necessarium est, quia I Cor. XI, 31 dicitur: si nosmetipsos iudicaremus, et cetera. Jr. II, 23: vide vias tuas, et cetera. Item de operibus. Unde dicit ipsi vos probate, scilicet an sitis in operibus bonis, et utrum conscientia remordeat vos aliquid mali fecisse. Et hoc utile est, quia I Cor. XI, v. 28 dicitur: probet autem seipsum homo, etc.; Ga. VI, 4: opus suum probet unusquisque. Consequenter cum dicit an non cognoscitis, etc., ostendit quid per huiusmodi examinationem invenire poterunt. Et primo quid inveniant in seipsis; secundo quid inveniant in apostolo, ibi spero autem, et cetera. In seipsis autem duo invenire poterunt per examinationem, quia aut scient se tenere fidem, et sic invenire poterunt et cognoscere, quod Christus sit in eis, et hoc est quod dicit an non cognoscitis vosmetipsos, quia Christus Iesus in vobis est? Id est numquid si examinaretis vos, sciretis vos habere fidem, et cognosceretis, quod Christus est in vobis? Quasi dicat: sic, quia ubi est fides Christi, ibi est Christus. Ep. III, 17: habitare Christum per fidem, et cetera. I Cor. VI, 19: nescitis quia corpora vestra templum, et cetera. Aut scient se non tenere fidem, et sic invenient quod sint reprobi. Et ideo dicit nisi forte reprobi estis, id est vere invenietis vos habere Christum, nisi forte dimiseritis fidem et reprobi sitis ab eo, quod prius habuistis per fidem. Jr. XV, 6: reliquisti me, retrorsum abiisti. Jr. VI, 29: malitiae eorum non sunt consumptae, argentum reprobum, et cetera. Sed hic quaestio est litteralis de hoc quod dicit an non cognoscitis, et cetera. Nam Christus in eis solum manet, qui habent charitatem, ut dicitur I Jn. IV, 16: Deus charitas est, et cetera. Si ergo cognoscimus, quod Christus per fidem sit in nobis, oportet quod hoc sit per fidem formatam. Cognoscentes ergo hoc modo Christum esse in nobis, sciemus nos habere charitatem qua informatur fides, quod est contra illud Eccle. IX, 1: nemo scit utrum odio, et cetera. Respondeo. Dicendum est, quod habitare Christum in nobis, potest accipi dupliciter: vel quantum ad intellectum, vel quantum ad affectum. Si quantum ad intellectum, sic ipse habitat in nobis per fidem informem. Et hoc modo nihil prohibet nos per certitudinem scire, quod Christus habitet in nobis, scilicet cum scimus nos tenere fidem, quam Ecclesia Catholica docet et tenet. Si vero quantum ad affectum, sic habitat Christus in nobis per fidem formatam, et hoc modo nullus potest scire, quod Christus habitet in nobis, vel quod habeamus charitatem, nisi per revelationem et specialem gratiam alicui concedatur certitudo. Per quamdam tamen coniecturam nihil prohibet nos scire posse quod in charitate sumus, quando scilicet quis invenit se taliter paratum et dispositum, ut nullo modo propter aliquod temporale vellet aliquid facere contra Christum. I Jn. III, 21: si cor nostrum non reprehenderit nos, et cetera. Patet ergo quod apostolus loquitur quantum ad primum modum. Vel etiam loquitur de cognitione, quae est per coniecturam quamdam, ut dictum est. Argumentum autem procedit quantum ad secundum modum, et de cognitione quae est per certitudinem. Quid autem in apostolo possint invenire subdit, dicens spero autem, et cetera. Nam quia isti Corinthii possent dicere: nos non sumus reprobi, sed ideo non tenemus documenta tua, quia non sunt recta, sed reprobanda. Et ideo dicit: quidquid sit de vobis, tamen spero, quod ex vita et doctrina nostra, quam ostendi vobis, cognoscetis, quia non sumus reprobi, et non docuimus mala, nec exclusi sumus a potestate quam dicimus nos habere. Eccli. XIX, 26: ex visu cognoscitur vir. Mt. VII, 16: a fructibus eorum, et cetera. Consequenter cum dicit oramus, etc., excludit suspicionem. Comminatus enim fuerat eis iudicium severum, cum ostenderat potestatem suam in iudicando, et indixerat examinationem, credens Christum in eis esse, nisi ipsi essent reprobi. Sed tamen hoc dimittit sub dubio, utrum sit Christus in eis. Et quia ipsi possent credere et suspicari, quod apostolus gauderet de hoc quod essent reprobi, ut ipse in comparatione ad eos maior appareat et ut in eis posset exercere severius iudicium: ideo apostolus hanc suspicionem removet hic, primo, per orationem, quam pro eis ad Deum dirigit; secundo per gaudium, quod de eis concepit, ibi gaudemus enim, et cetera. Orat autem, ut ipsi inveniantur innocentes, ut non examinentur ex severitate iudicii. Et ideo dicit oramus autem, scilicet Deum, ut vos nihil mali faciatis; quasi dicat: non credatis, quod velimus, quod sitis reprobi, sed oramus, ut nihil, et cetera. Item orat, quod ipse appareat infirmus, per quod excluditur appetitus excellentiae apostoli in comparatione ad eos. Et ideo dicit non, scilicet oramus, ut probati appareamus, id est non ut nos commendemur probati in comparatione ad vos, sed magis, ut vos quod bonum est, faciatis, Ga. VI, 9: bonum autem facientes, et cetera. Ps. XXVI: viriliter agite et confortetur cor vestrum; nos autem, ut reprobi simus, amittendo potestatem puniendi et iudicandi, quia ubi non est culpa, omnes sumus pares, et unus non habet potestatem iudicandi super alios. Magis ergo vult apostolus, ut sint boni, quam ut subiaceant potestati iudicii sui. Et quod careat potestate iudicandi si boni sint, ostendit cum dicit non enim possumus, etc., quasi dicat: nos non laboramus nisi pro veritate et pro ipsa stamus. Constat autem, quod si puniremus innocentes, faceremus contra veritatem, et contra iustitiam. Unde cum apostolus non possit facere contra veritatem sed pro veritate, id est pro iustitia, manifestum est, quod non puniet innocentes. Notandum est, secundum Augustinum in Glossa, quod ad vitandum peccata, necessaria sunt duo, scilicet liberum arbitrium, et gratia Dei. Si enim liberum arbitrium non esset necessarium, numquam darentur homini praecepta, nec prohibitiones, nec exhortationes. Frustra etiam darentur poenae. Gratia etiam est necessaria, quia nisi Deus omnes regeret per gratiam suam, non posset homo stare. Frustra etiam oraremus, quod non inducat nos in tentationem. Et ideo apostolus ostendens utrumque esse necessarium, et orat Deum pro gratia obtinenda, et monet ut per liberum arbitrium recedant a malo et faciant bonum. Unde dicit oramus quantum ad primum, ut nihil mali faciatis quantum ad secundum. Consequenter cum dicit gaudemus, etc., removet falsam suspicionem propter gaudium de bono ipsorum conceptum. Et primo ponit gaudium, quod de ipsorum innocentia concepit; secundo orationem quam pro ipsorum perfectione emittit, ibi hoc autem oramus, vestram, et cetera. Dicit ergo: oramus quod vos probati appareatis, sed nos infirmi, et hoc apparet ex affectu nostro, quia gaudemus, quod scilicet aliqui sint inter vos boni et innocentes, ex quo subtrahatur nobis potestas iudicandi et videamur infirmi. Et hoc est quod dicit gaudemus, quoniam nos infirmi sumus, id est non exercentes potestatem nostram, vos autem potentes, id est sic bene agentes et vitia vincentes, quod subtrahitis vos a potestate nostra iudicandi. Cum enim aliquis male agit, subdit se potestati iudicis, sed bene faciendo repellit illam a se. Rm. XIII, 3: vis non timere potestatem? Benefac, et cetera. I Cor. IV, 10: nos infirmi, vos fortes. De isto gaudio dicitur Ph. II, 17: gaudeo et congratulor vobis, et cetera. Et non solum de his gaudemus, sed etiam super hoc oramus vestram consummationem, id est perfectionem. In rebus enim naturalibus videmus quod quaelibet res naturalis naturaliter tendit ad suam perfectionem, ad quam habet naturale desiderium. Et ideo cuilibet rei datur virtus naturalis, ut ad suam perfectionem naturalem possit pervenire. Gratia autem datur homini a Deo, per quam homo perveniat ad suam ultimam et perfectam consummationem, id est beatitudinem, ad quam habet naturale desiderium. Unde quando aliquis non tendit ad suam perfectionem, signum est, quod non habet satis de gratia Dei. Et ideo apostolus, ut isti possint in gratia crescere, orat ut perficiantur. Et Ph. I, 9: oro ut charitas, et cetera. Ep. VI, 13: ut possitis resistere in die malo, et cetera. Consequenter posita admonitione, causam admonitionis assignat, dicens ideo haec absens scribo, etc., id est ideo absens scribo vobis haec, monendo vos, ne scilicet cogar aliquid facere contra voluntatem meam, quae est ut nihil dure agam contra vos, nisi quatenus per vos compellar. Et ideo dicit ut non praesens vobis durius agam contra vos quam velim vel quam velitis. Sg. XI, 11: hos quidem tamquam pater monens probasti, et cetera. Supra X, 1: absens confido in vobis. Rogo autem vos ne praesens audeam, et cetera. Sed quia Corinthii possent dicere: numquid etiam si benefecerimus, non poteris contra nos, o apostole, dure agere? Ideo respondet, dicens: non, quia non propono nec possum agere, nisi secundum quod recepi a Deo potestatem. Deus autem dedit mihi hanc potestatem, scilicet ligandi atque solvendi, in aedificationem, non in destructionem, id est ut vos aedificemini, et non ut destruamini. Et si dure vos corrigerem, non aedificarem, sed destruerem. Supra X, 8: de potestate nostra, quam dedit nobis Dominus ad aedificationem, et cetera. Hanc autem potestatem dedit Dominus Paulo, Ac. IX: segregate mihi Barnabam et Paulum ad opus, et cetera.

 

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Jeudi de la IV ème semaine de l’Avent

22 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Épitre 1 Cor. 4, 1–5

Mes Frères : Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. Eh bien ! ce que l’on cherche dans les dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain ; je ne me juge pas moi-même ; car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu’à ce que vienne le Seigneur : il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.

Jeudi de la IV ème semaine de l’Avent
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Super Psalmo 2

21 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Super Psalmo 2

Super Psalmo 2

Super Psalmo 2 n. 1 Praemisso Psalmo, in quo quasi universaliter descripsit statum et processum humani generis, in hoc procedit ad materiam propriam, scilicet tribulationes suas signantes tribulationes Christi: et circa hoc tria facit. Primo implorat divinum auxilium contra tribulationes imminentes orando. Secundo gratias agit exauditus, et hoc in octavo Psalmo: Domine dominus noster, quam admirabile est nomen tuum in universa terra? Tertio ostendit fiduciam inde conceptam, et hoc in decimo Psalmo: in Domino confido: quomodo dicitis animae meae, transmigra in montem sicut passer. In tribulationibus autem potest homo duo petere. Primo petit ut liberetur. Secundo, ut hostes deprimantur; et hoc facit in septimo Psalmo: Domine Deus meus in te et cetera. Circa primum duo facit. Primo implorat auxilium contra tribulantes. Secundo contra decipere molientes, et hoc in quinto Psalmo: verba mea. Circa primum tria facit. Primo commemorat machinationes insurgentium contra ipsum. Secundo implorat auxilium contra jam insurgentes, et hoc in tertio Psalmo: Domine quid multiplicati. Tertio confidens se exauditum, invitat alios ad confidendum de Deo; et hoc in quarto Psalmo: cum invocarem. Sed attendendum est, quod totus iste Psalmus nihil continet de oratione, sed de malitia insurgentium. Circa quem Psalmum in generali sciendum est, quod de eo fuit duplex opinio. Quidam enim dixerunt, quod idem est cum primo Psalmo: et haec fuit Gamalielis. Et propter hoc dicebant, quod sicut ille Psalmus: beatus vir qui etc.; ita iste quasi pars ipsius finit: beati omnes qui confidunt in eo, ut sit quasi circularis. Sed contra hoc sunt duo. Primo quia sic non essent centum quinquaginta Psalmi. Sed ad hoc respondetur, quia addunt unum qui invenitur in pluribus Psalteriis: et incipit, pusillus eram et cetera. Et secundo, quia in Hebraeo Psalmi secundum ordinem literarum ordinantur, ut quotus sit Psalmus statim occurrat: nam in primo est aleph, ad designandum quod sit primus; in secundo est Beth, ut designetur quod sit secundus; in tertio est gimel, et sic est in aliis. Quia ergo Beth, quae littera est secunda in ordine alphabeti, ponitur in principio hujus Psalmi, patet quod est secundus Psalmus, et hoc tenet Augustinus. Dicendum est ergo, quod Psalmus iste in ordine Psalmorum est secundus, sed primus in titulo: et hic est titulus ejus. Psalmus proprie dicitur a Psalterio, quod est quoddam instrumentum decachordum, quod manu tangitur: unde dicitur a psallere, quod est manu tangere, et habet tactum a superiori: unde Psalmus proprie dicitur canticum, quod David cantabat, vel cantari faciebat ad Psalterium. Mystice autem per decachordum Psalterium signatur lex Dei, quae in decem praeceptis consistit, et oportet quod tangatur manu, idest bona operatione, et a superiori, quia praecepta sunt implenda propter spem aeternorum, alias tangeretur ex inferiori. Est ergo Psalmus David, quia ab eo compositus, et de regno ejus in figura regni Christi agit. Per David enim Christus convenienter significatur, quia David dicitur manu fortis, et Christus Dei virtus, 1 Cor. 1. Dicitur etiam David aspectu desiderabilis, et Christus splendor gloriae, He. 1: ipse est in quem desiderant Angeli prospicere, 1 P. 1. Quare fremuerunt gentes, et populi meditati sunt inania? Psalmus iste dividitur in duas partes. In prima narratur machinatio molientium contra regnum David et Christi. In secunda ponitur eorum repressio, ibi, qui habitat in caelis irridebit eos. Circa primum tria facit. Primo narrat machinantium rebellionem. Secundo contra quem machinatur. Tertio propositum machinantium. Secundum ibi, adversus Dominum. Tertium ibi, dirumpamus vincula eorum. Primo ergo historialiter sciendum, quod quando populus molitur rebellionem, primo surgit murmur in populo, post accedit auxilium magnatum ad perficiendum. Primo ergo ponit conatum populi murmurantis. Secundo auxilium magnatum, ibi, astiterunt reges terrae, et principes convenerunt in unum. In populo autem sunt quidam minus habentes de ratione, qui sunt impetuosi: quidam plus, qui cauti dicuntur. Primi non moventur sensu ad rebellandum, sed magis impetu; et ideo dicit de his, fremuerunt, quod est bestiarum: Pr. 19: sicut fremitus leonis, ita et regis ira. Secundi moventur consilio; et ideo de his dicit: meditati sunt inania. Quia vanae sunt cogitationes hominum, Ps. 93. Populus est multitudo hominum juris consensu sociata. Et ideo Judaei dicuntur populus, quia cum lege et sub lege Dei sunt. Alii dicuntur gentes, quia non sunt sub lege Dei. Vel ad litteram. In regno David erant gentes subjugatae, et Judaei fideles; et utrique moliebantur contra eum; ideo dicit: quare fremuerunt gentes, et populi meditati sunt inania? Non interrogat sed increpat, sicut ibi Sg. 5: quid nobis profuit superbia, aut divitiarum jactantia quid contulit nobis? Item minores nihil per se facere possent, nisi haberent auxilium majorum: unde ponit quosdam praebentes auxilium: primo per potentiam adjuvando et quantum ad hoc dicit: astiterunt reges terrae, et principes convenerunt in unum adversus dominum, et adversus Christum ejus; quasi dicat, illi fremuerunt, sed alii astiterunt, idest affuerunt huic malitiae. Item quidam praebuerunt auxilium per sapientiam consulendo; et quantum ad hoc dicit, convenerunt in unum, scilicet ad consiliandum. Littera Hieronymi habet tractabant pariter. Hier. 5: ibo igitur ad optimates, et loquar eis: ipsi enim cognoverunt viam Domini, et judicium Dei sui et cetera. Deinde cum dicit, adversus Dominum, et adversus Christum ejus etc. ponit patientes rebellionem. Ostendit enim contra quos fuit rebellio, quia contra Dominum, et contra regem ejus: reges enim dicuntur Christi, idest uncti: Ps. 104: nolite tangere christos meos. Qui ergo rebellat regi instituto per Deum, rebellat etiam Deo: Rm. 13: qui potestati resistit, Dei ordinationi resistit. Et ideo dicit, adversus dominum, et adversus Christum ejus. Rom. 8: non te abjecerunt, sed me. Mystice haec dicta sunt sub similitudine David de Christo: Ac. 4: Domine, tu dixisti per os patris nostri pueri tui David, quare fremuerunt gentes et cetera. Convenerunt enim vere in civitate ista adversus sanctum puerum tuum Jesum, quem unxisti et cetera. Et secundum hoc intelligendum est, quod gentes, scilicet milites, convenerunt contra Christum: et populi, scilicet Judaei, meditati sunt inania, credentes eum occidere totaliter, scilicet quod non resurgeret: et reges terrae, scilicet Herodes Ascalonita prior qui occidit infantes: et posterius Herodes Antipas ejusdem filius qui Pilato consensit: et principes, idest Pilatus, ut ponatur plurale pro singulari per synecdochem. Vel principes sacerdotum convenerunt in unum, idest unam pravam voluntatem, adversus Dominum et adversus Christum ejus.

Super Psalmo 2 n. 2 Consequenter ponit propositum machinantium: unde dicit: dirumpamus vincula eorum et cetera. Quod proprie dicitur: nam regis dominium dicitur jugum. 3 R. 12, dicitur ad Roboam, quod alleviaret de jugo quod imposuerat eis Salomon. Sicut enim boves junguntur jugo ad opus, ita homines ad Dominium regni. Jugum autem removeri non potest nisi solvantur vincula. Vincula autem sunt in regno illa quibus firmatur potestas regia in regno, sicut milites, castra, et arma. Primo ergo oportet ista dissolvere, et tunc removere jugum. Spiritualiter in Christo est jugum lex charitatis: Mt. 11: jugum meum suave est et cetera. Vincula sunt virtutes, spes, fides, charitas: Ep. 4: soliciti servare unitatem spiritus, in vinculo pacis. Eccl. 6: vincula illius alligatura salutaris. Quod ergo conscientia hominis non sit sub jugo legis Christi, non potest esse nisi prius rumpantur haec vincula: quod faciunt qui dicunt Deo, recede a nobis, scientiam viarum tuarum nolumus et cetera. Jb 12 Hier. 2: a saeculo confregisti jugum, dirupisti vincula, et dixisti, non serviam. Vel hoc dicitur in persona David a Christo ad suos servos: Glossa quasi ipsi ita moliuntur: sed o mei dirumpamus etc. sed non facit ad propositum.

Super Psalmo 2 n. 3 Deinde cum dicit, qui habitat, ponitur oppressio molientium in regnum David. Et circa hoc duo facit. Primo ostenditur quomodo opprimuntur a Domino. Secundo quomodo a Christo ejus, ibi, ego autem constitutus et cetera. Contra hos, scilicet Dominum et contra Christum ejus moliti sunt, ut dictum est. Circa primum nota quatuor: scilicet irrisionem, subsannationem, iratam locutionem, et conturbationem. Nam sicut aliquis puer nullius virtutis et potestatis, si pugnat contra gigantem, irridetur a gigante: ita si aliquis nullius potestatis moliri vult contra eum qui habitat in caelis, irridetur ab eo. Jb 35: suspice caelum et intuere et contemplare aethera, quod altior te sit. Si peccaveris quid ei nocebit? Et si perseveret impotens, tunc ille qui est potentior reprehendit et subsannat. Irrisio namque fit bucca, secundum Hieronymum in Glossa; sed subsannatio rugato naso atque contracto, ex quadam scilicet levi indignatione. Pr. 1: ego quoque in interitu vestro ridebo, et subsannabo, cum vobis id quod timebatis advenerit. Si autem nullo modo desistat, procedit ad vindictam; et ideo dicit, tunc loquetur ad eos in ira sua, idest proferet sententiam vindictae contra eos: nam in Deum non cadit ira: sed quod est creaturae, aliquando attribuitur creatori per antropospatos, quod est humana propassio. Ps. 6: Domine ne in ira tua et cetera. Ultimo autem sententia executioni mandatur; et ideo dicit, et in furore suo conturbabit eos, in corde et in anima in aeterna poena: hoc est sua virtute puniet eos. Jb 15: cum se moverit ad quaerendum panem, novit quod paratus sit in manu ejus tenebrarum dies: terrebit eum tribulatio, et angustia vallabit eum. Haec quatuor erunt in judicio. Quia irridebit statuens eos a sinistris: Mt. 25: subsannabit, dicens: esurivi et cetera. Improperando. Loquetur in ira, sententiando: ite maledicti in ignem aeternum et cetera. Conturbabit, sententiam exequendo: ibunt hi in supplicium aeternum et cetera.

Super Psalmo 2 n. 4 Sequitur consequenter ostendere, quomodo comprimantur a Christo ejus, cum dicit, ego autem. Insurrexerunt autem contra Christum David, populus, gentes, et principes. Primo ergo ostendit, quomodo Christus se habeat ad populum. Secundo quomodo ad gentes, ibi, Dominus dixit ad me. Tertio quomodo ad reges, ibi, et nunc reges intelligite et cetera. Dicit ergo: ego autem constitutus sum rex ab eo super Sion montem sanctum ejus et cetera. Sciendum est autem, quod constitutus est rex a Deo in Hierusalem, et sua praedicatione reduxit populum; quasi dicat: illi sic faciunt, sed intentum suum habere non possunt, quia sum constitutus, idest stabilitus rex super Sion, idest super populum Judaeorum, qui erat in Hierusalem, cujus arx est Sion: ab eo, scilicet a Deo: Ps. 117: dominus mihi adjutor, non timebo quid faciat mihi homo. Job 17: pone me domine juxta te, et cujusvis manus pugnet contra me. Sum autem constitutus rex super Sion montem sanctum ejus, non propter me, sed ut regam populum secundum legem Dei; et ideo dicit, praedicans praeceptum ejus. Mystice autem constitutus est rex, secundum illud Hier. 23: regnabit rex, et sapiens erit et cetera. Sion, idest Ecclesiam Judaeorum, quae dicitur mons sanctus, quia prius recepit radios solis: Matth. 14: non sum missus nisi ad oves et cetera. 2 Reg. 19: an ignoro me hodie regem factum super Israel? Praedicans praeceptum, idest Evangelium. Vel illud speciale praeceptum de quo dicitur Joan. 13: mandatum novum do vobis, ut diligatis invicem; et ejusdem 15: hoc est praeceptum meum et cetera. Hoc autem praeceptum personaliter praedicavit Judaeis, in persona scilicet propria: Matth. 4: circuibat Jesus totam Galilaeam docens in synagogis eorum, et praedicans Evangelium regni. Rom. 5: dico autem Christum Jesum ministrum fuisse circumcisionis propter veritatem Dei et cetera.


 


 

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St Thomas apôtre mémoire de la férie de l'avent

21 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

St Thomas apôtre mémoire de la férie de l'avent

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Faites-nous la grâce, nous vous en prions, Seigneur, de célébrer avec joie la solennité de votre bienheureux Apôtre Thomas, afin qu’étant toujours soutenus par sa protection, nous soyons, avec l’ardeur qui convient, les disciples de la foi qu’il a prêchée.

Office

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. L’Apôtre Thomas, appelé aussi Didyme, était galiléen. Après avoir reçu le Saint-Esprit, il alla prêcher l’Évangile dans beaucoup de provinces. Il enseigna les vérités de la foi et les préceptes de la vie chrétienne aux Parthes, aux Mèdes, aux Perses, aux Hircaniens, aux Bactriens. Enfin il se rendit dans les Indes, et instruisit les habitants de ces pays dans la religion chrétienne. La sainteté de sa vie et de sa doctrine et la grandeur de ses miracles ayant excité l’admiration des Indiens pour l’Apôtre, et leur amour pour Jésus-Christ, le roi de la contrée, adorateur zélé des idoles, en fut tout enflammé de colère. Il condamna Thomas à mourir, et celui-ci tomba, percé de traits, à Calamine, rehaussant ainsi par la couronne du martyre, l’honneur de son apostolat.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Quelles sont vos réflexions, mes très chers frères, en entendant lire ce passage de l’Évangile ? Attribuez-vous à l’effet du hasard qu’un disciple, choisi par le Seigneur, se soit trouvé absent au moment de son apparition ; mais que, venant ensuite, il en ait entendu le récit, que l’entendant il ait douté, qu’ayant douté il ait touché, qu’ayant touché il ait cru ? Non, cela n’est point arrivé par hasard, mais par une disposition de la Providence. La divine bonté à tout, conduit d’une manière admirable, afin que ce disciple, sous l’empire du doute, jusqu’à ce qu’il eût palpé les blessures du corps de son Maître, guérît en nous les plaies de l’infidélité. En effet, l’incrédulité de Thomas a plus servi à l’affermissement de notre foi, que la foi des autres disciples déjà convaincus ; car en voyant que cet Apôtre revient à la foi en touchant le Christ, notre esprit renonce au moindre doute et se sent fortifié dans la foi.
Huitième leçon. Si le Seigneur a permis qu’après sa résurrection, un disciple doutât de la sorte, il ne l’a cependant pas abandonné dans le doute : c’est ainsi qu’avant sa naissance il voulut que Marie eût un époux, sans néanmoins qu’elle cessât d’être vierge. Or, de même que ce disciple, doutant d’abord, puis touchant les plaies de son Maître, devint un témoin de la vérité de la résurrection, ainsi l’époux de la Mère de Dieu avait été le gardien de sa très pure virginité. Thomas palpa les plaies du Sauveur et s’écria : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. » Puisque l’Apôtre Paul dit : « La foi est le fondement des choses qu’on doit espérer, et la démonstration de celles qu’on ne voit point », il est clair et certain que la foi est la démonstration des vérités qui ne peuvent paraître à nos yeux ; car les vérités apparentes ne sont plus l’objet de la foi, mais de la connaissance.
Neuvième leçon. Pourquoi donc le Seigneur dit-il à Thomas, lorsque cet Apôtre eut vu, lorsqu’il eut palpé : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ? » C’est que, autre chose est ce qu’il a vu, et autre chose, ce qu’il a cru. Car un homme mortel ne peut voir la divinité. Il vit donc Jésus homme et il le confessa Dieu, disant : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est donc en voyant qu’il a cru, c’est en considérant l’humanité véritable du Christ, qu’il a proclamé sa divinité que ses regards ne pouvaient atteindre. Les paroles qui suivent sont pour nous un sujet de joie : « Heureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ! » Cette sentence s’adresse spécialement à nous qui, ne l’ayant point vu en sa chair, le retenons dans nos âmes par la foi. C’est nous que le Sauveur a désignés ; pourvu toutefois que nos œuvres soient conformes à notre foi. Car celui-là croit véritablement qui pratique ce qu’il croit.

Voici la dernière Fête que va célébrer l’Église avant celle de la Nativité de son Seigneur et Époux. Elle interrompt les Féries majeures pour honorer Thomas, Apôtre du Christ, et dont le glorieux martyre, consacrant à jamais ce jour, procura au peuple chrétien un puissant introducteur auprès du divin Messie. Il appartenait à ce grand Apôtre de paraître sur le Cycle dans les jours où nous sommes, afin que sa protection aidât les fidèles à croire et à espérer en ce Dieu qu’ils ne voient pas encore, et qui vient à eux sans bruit et sans éclat, afin d’exercer leur Foi. Saint Thomas douta un jour, et ne comprit le besoin de la Foi qu’après avoir passé parles ombres de l’incrédulité : il est juste qu’il vienne maintenant en aide aux enfants de l’Église, et qu’il les fortifie contre les tentations qui pourraient leur survenir de la part d’une raison orgueilleuse. Adressons-nous donc à lui avec confiance ; et du sein de la lumière où son repentir et son amour l’ont placé, il demandera pour nous la docilité d’esprit et de cœur qui nous est nécessaire pour voir et pour reconnaître Celui qui fait l’attente des nations, et qui, destiné à régner sur elles, n’annoncera son arrivée que par les faibles vagissements d’un enfant, et non par la voix tonnante d’un maître. L’Église a jugé à propos de nous présenter le récit des Actes de notre saint Apôtre aux Matines sous la forme la plus abrégée, dans la crainte de mêler quelques détails fabuleux aux faits incontestables que les sources authentiques nous fournissent.

GRANDE ANTIENNE DE SAINT THOMAS.]

O Thomas Didyme ! vous qui avez mérité de voir le Christ, nous faisons monter vers vous nos prières à haute voix ; secourez-nous dans notre misère ; afin que nous ne soyons pas condamnés avec les impies, en l’Avènement du Juge.

L’Eglise grecque traite avec sa solennité ordinaire la fête de saint Thomas ; mais c’est au six octobre qu’elle la célèbre. Nous allons extraire quelques strophes des chants qu’elle lui a consacrés.

HYMNE DE SAINT THOMAS. (Tirée des Menées des Grecs.)
Quand ta main toucha le côté du Seigneur, tu trouvas le comble de tous les biens ; car ainsi qu’une éponge mystique, tu en exprimas de célestes liqueurs, tu y puisas la vie éternelle, bannissant toute ignorance dans les âmes, et faisant couler comme de source les dogmes divins de la connaissance de Dieu.
Par ton incrédulité et par ta foi tu as rendu stables ceux qui étaient dans la tentation, en proclamant le Dieu et Seigneur de toute créature, incarné pour nous sur cette terre, crucifié, soumis à la mort, percé de clous, et dont le côté fut ouvert par une lance, afin que nous y puisions la vie.
Tu as fais resplendir la terre des Indiens d’un vif éclat, ô très saint Apôtre, contemplateur de la divinité ! Après avoir illuminé ces peuples et les avoir rendus enfants de la lumière et du jour, tu renversas les temples de leurs idoles par la vertu de l’Esprit-Saint, et tu les fis s’élever, ô très prudent, jusqu’à la charité de Dieu, pour la louange et la gloire de l’Église, ô bienheureux intercesseur de nos âmes !
O contemplateur des choses divines, tu fus la coupe mystique de la Sagesse du Christ ! ô Thomas Apôtre, en qui se réjouissent les âmes des fidèles ! tu retiras les peuples de l’abime de l’ignorance avec les filets du divin Esprit : c’est pourquoi, tu as coulé, semblable à un fleuve de charité, répandant sur toute créature comme une source d’eau vive les enseignements divins. Percé aussi de la lance en ton propre côté, tu as imité la Passion du Christ, et tu as revêtu l’immortalité : supplie-le d’avoir pitié de nos âmes.

Glorieux Apôtre Thomas, vous qui avez amené au Christ un si grand nombre de nations infidèles, c’est à vous maintenant que s’adressent les âmes fidèles, pour que vous les introduisiez auprès de ce même Christ qui, dans cinq jours, se sera déjà manifesté à son Église. Pour mériter de paraître en sa divine présence, nous avons besoin, avant toutes choses, d’une lumière qui nous conduise jusqu’à lui. Cette lumière est la Foi : demandez pour nous la Foi. Un jour, le Seigneur daigna condescendre à votre faiblesse, et vous rassurer dans le doute que vous éprouviez sur la vérité de sa Résurrection ; priez, afin qu’il daigne aussi soutenir notre faiblesse, et se faire sentir à notre cœur. Toutefois, ô saint Apôtre, ce n’est pas une claire vision que nous demandons, mais la Foi simple et docile ; car Celui qui vient aussi pour nous vous a dit en se montrant à vous : Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui cependant ont cru ! Nous voulons être du nombre de ceux-là. Obtenez-nous donc cette Foi qui est du cœur et de la volonté, afin qu’en présence du divin Enfant enveloppé de langes et couché dans la crèche, nous puissions nous écrier aussi : Mon Seigneur et mon Dieu ! Priez, ô saint Apôtre, pour ces nations que vous avez évangélisées, et qui sont retombées dans les ombres de la mort. Que le jour vienne bientôt où le Soleil de justice luira une seconde fois pour elles. Bénissez les efforts des hommes apostoliques qui consacrent leurs sueurs et leur sang à l’œuvre des Missions ; obtenez que les jours de ténèbres soient abrégés,, et que les régions arrosées de votre sang voient enfin commencer le règne du Dieu que vous leur avez annoncé et que nous attendons.

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Vigile de St Thomas, apôtre mémoire de la férie de l'Avent

20 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Vigile de St Thomas, apôtre mémoire de la férie de l'Avent

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Accordez-nous, nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, que la solennité vénérable du bienheureux Thomas, votre Apôtre, que nous anticipons, augmente en nous la dévotion et assure notre salut.

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Lundi de la IVème semaine de l’Avent

19 Décembre 2022 , Rédigé par Ludovicus

Lundi de la IVème semaine de l’Avent

Lecture 1 Cor. 4, 1–5

Mes Frères : Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. Eh bien ! ce que l’on cherche dans les dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain ; je ne me juge pas moi-même ; car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu’à ce que vienne le Seigneur : il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.

Évangile Lc. 3, 1–6

La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Office

Du Prophète Isaïe. Cap. 41, 8-16.

Première leçon. Et toi, Israël mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, race d’Abraham, mon ami, dans lequel je t’ai retiré des extrémités de la terre, et de ses [pays] lointains je t’ai appelé, et je t’ai dit : Mon serviteur, c’est toi, je t’ai choisi et je ne t’ai pas rejeté. Ne crains pas, parce que voici que je suis avec toi ; ne te détourne pas, parce que moi, je suis ton Dieu ; je t’ai fortifié, je t’ai secouru, et la droite de mon juste t’a secouru.
Deuxième leçon. Voici qu’ils seront confondus et qu’ils rougiront, tous ceux qui combattent contre toi ; ils seront comme s’ils n’étaient pas, et ils périront, les hommes qui te contredisent. Tu les chercheras et tu ne les trouveras pas, ces hommes qui t’étaient rebelles ; ils seront comme s’ils n’étaient pas, et comme consumés, les hommes qui taisaient la guerre contre toi. Parce que c’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui te prends par la main et qui te dis : Ne crains pas ; c’est moi qui suis ton aide.
Troisième leçon. Ne crains pas, vermisseau de Jacob, [ni vous], morts d’Israël] ; c’est moi qui suis venu à ton aide, dit le Seigneur ; et ton rédempteur est le saint d’Israël. C’est moi qui t’ai posé comme un chariot neuf qui foule le blé, qui a des dents pointues ; tu fouleras les montagnes et tu les briseras ; et les collines, tu les rendras comme la poussière. Tu les vanneras, et un vent les emportera, et un tourbillon les dissipera ; et tu exulteras dans le Seigneur ; dans le saint d’Israël, tu te réjouiras.

 

Lundi de la IVème semaine de l’Avent
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