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MALHEUR DE L'ÂME QUI NE SE CONNAÎT PAS

19 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

MALHEUR DE L'ÂME QUI NE SE CONNAÎT PAS

Ô mon âme, commence par te considérer, si tu ne veux pas étendre inutilement ton regard sur les choses du dehors en te négligeant toi-même.

Beaucoup connaissent un nombre infini d'objets, et s'ignorent eux-mêmes. Ils contemplent les autres et se délaissent; ils cherchent Dieu en ce qui est extérieur, et ils abandonnent leur propre intérieur, où il a établi son séjour. Je passerai donc des objets extérieurs à ce qui est intérieur, et de là je m'élèverai à ce qui est au-dessus de moi. De la sorte, j'apprendrai à connaître d'où je viens et où je vais; d'où je suis et ce que je suis, et en me connaissant j'arriverai à la connaissance de Dieu; car la connaissance de soi-même n'est pas la moindre partie de la science. Saint Ambroise nous dit: «Reconnais, ô homme, quelle est ta grandeur; abaisse tes regards sur toi »

Reconnais donc, ô mon âme, combien admirable et inestimable est ta dignité d'être non seulement un signe de la puissance du Créateur, ce qui est commun à toute créature, mais d'être son image, ce qui ne peut convenir qu'à un être doué de raison.

Ô mon âme, loue ton Seigneur; loue ton Dieu, ô Sion! Réveille-toi et fais entendre tes louanges, tressaille d'allégresse et éclate en transports de joie de ce que tu as été marquée de l'image de Dieu, ornée de sa ressemblance, de ce que tu es devenue participante de sa raison et capable de l'éternelle béatitude.

Mais comme de telles faveurs seraient médiocres si la mort devait en être le terme, exalte ton bonheur et loue ton Dieu de ce qu'il t'a donné en même temps une nature immortelle, une substance incorruptible, une durée interminable, une vie qui ne doit point finir.

Car tu ne serais pas l'image de la Trinité si tu pouvais être enfermée dans les limites de la mort.

«Ô âme, dit saint Augustin remarque bien que ton Créateur ne t'a pas seulement donné l'être, mais qu'il t'a donné d'exister toujours, qu'il t'a accordé de vivre, de sentir, de discerner, qu'il t'a ornée de sens et embellie de sa sagesse. Considère donc ta beauté afin de comprendre à quelle beauté tu dois donner ton amour. Et si tu es impuissante à te contempler comme il convient, pourquoi au moins n'emprunterais-tu pas le jugement d'autrui pour apprécier ta valeur? Tu as un époux dont tu ignores les perfections ravissantes; si tu les connaissais, tu saurais qu'un tel époux, si plein de charmes et de grâces, le Fils unique de Dieu, ne se serait point laissé prendre à tes attraits s'il n'eût trouvé en toi, plus qu'en aucune créature, une beauté singulière et vraiment ineffable.»

Ô âme trop ingrate, peut-être que tout cela te semblera peu de chose. Eh bien! écoute encore combien admirable est ta dignité: ta nature est d'une simplicité telle que rien ne saurait entrer dans le sanctuaire de ton esprit, rien ne saurait y établir sa demeure si ce n'est le Dieu de toute simplicité et de toute pureté, la Trinité éternelle.

Voici ce que dit ton Époux: Mon Père et moi nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure (1 Jn. 14). Et ailleurs: Zachée, hâtez-vous de descendre, car il faut aujourd'hui que je demeure en votre maison (Lc. 19. 11). En effet, il n'y a que celui qui a créé l'âme qui puisse y pénétrer, car lui seul se montre plus intime que ce qui est intime en elle.

Réjouis-toi donc, ô âme bienheureuse, de pouvoir être le séjour d'un hôte aussi auguste. «Heureuse, s'écrie saint Bernard, heureuse l'âme qui purifie chaque jour ses affections afin de posséder le Dieu qui l'a choisie pour sa demeure! Avec un tel hôte elle n'a plus besoin de rien, car elle a en elle l'Auteur même de tout bien. Oh! combien est grande la félicité de cette âme en qui Dieu a trouvé son repos, de cette âme à qui il est donné de pouvoir s'écrier: Celui qui m'a créé . — 11 s'est reposé en mon tabernacle (Eccles., 24)! Non, jamais il ne saurait lui refuser le repos du ciel, après s'être préparé lui-même un lieu de repos en elle durant cette vie (Medit. c. 1).»

Ô âme, ton avarice est trop grande si la présence d'un tel hôte ne peut te satisfaire, car il est si libéral qu'il te communiquera ses biens en abondance; il est si bon qu'il répandra sur toi ses richesses sans réserve. Et, en effet, il serait indigne d'un prince aussi glorieux de laisser dans l'indigence celle qui lui a ouvert sa demeure. Orne donc le lieu le plus intime de ta maison, et reçois-y le Roi qui t'a donné la vie. Sa présence remplira tous les tiens d'allégresse et de félicité. Ô chose vraiment étonnante et admirable! Le Roi dont le soleil et la lune admirent la beauté, dont le ciel et la terre révèrent la grandeur, le Roi dont la sagesse illumine les rangs de tous les esprits célestes, dont la bonté comble de bonheur l'assemblée entière des bienheureux, ce Roi, ô âme, désire être ton hôte; il soupire après la demeure que tu peux lui offrir; il l'ambitionne avec plus d'ardeur que le palais des cieux: ses délices sont d'être avec les enfants des hommes (Pr. 8. 12 ). Mais si tout cela n'est point suffisant pour te porter à louer ton Créateur, tourne le regard de ta contemplation vers un nouveau bienfait, et reconnais qu'il t'a donné une capacité si étendue que nulle créature ne saurait suffire à contenter ton désir. «Tout le bonheur, toute la suavité, toute la puissance, toutes les richesses du monde créé, dit lingues, peuvent bien impressionner le cœur de l'homme, mais non le rassasier.»

Tout ce qui n'est pas mon Dieu n'est pour moi que misère, dit saint Anselme. Et pourquoi? Parce que l'âme humaine ayant été faite pour s'attacher à Dieu, tout ce qui est inférieur à Dieu se trouve moins étendu qu'elle et ne saurait la remplir.

Tu comprends, je crois, suffisamment ta noblesse ô âme; tu as vu combien elle est estimable; dirige donc maintenant le rayon de ta contemplation vers la puissance qui t'a été accordée sur le reste des créatures, et reconnais combien elle est admirable.

«Ô mon âme, s'écrie Hugues, quels dons as-tu reçus de ton Époux? Regarde ce monde: la nature entière accomplit son cours pour servir à tes besoins; elle s'empresse sans interruption de pourvoir à ton bonheur selon la variété de ses saisons. Comprends donc, ô mon âme, et considère avec soin que ton Créateur, ton Époux, ton Ami, a disposé tout cet univers pour ton service. Voilà que les anges purifient et enflamment tes affections, qu'ils illuminent et règlent ton intelligence, qu'ils perfectionnent et gardent tout toit être: c'est une grande dignité que d'avoir de tels docteurs, de tels consolateurs, de tels défenseurs.

Oh! si tu pouvais découvrir avec quelle joie, avec quels transports d'allégresse ils assistent ceux qui prient, ils sont présents à nos méditations, avec quel zèle ils nous conservent dans le bien, avec quel désir ils nous attendent et souhaitent notre salut éternel! Le ciel te sert par son mouvement, et ses astres par l'accomplissement de leur course. Le soleil te donne le jour, la lune éclaire pour toi les ténèbres de la nuit. Le feu tempère la rigueur des saisons, et l'air adoucit la chaleur qui est au-dedans de ton corps. L'eau entretient sa propreté, apaise l'ardeur de sa soif, et donne à la terre sa fécondité. La terre, à son tour, te soutient par sa solidité, te nourrit par sa fertilité, te réjouit par sa beauté.»

Ainsi, ô mon âme, tu as parcouru rapidement. chaque chose, depuis le rang le plus bas jusqu'au plus haut, et tu as trouvé que, par une disposition divine, toute créature se porte naturellement à servir tes besoins, à te procurer le bonheur.

Mais crains de mériter le nom d'adultère plutôt que d'épouse, si tu aimes de tels présents plus que celui qui en est l'auteur.

Malheur à toi si tu t'égares au milieu des traces de sa présence, si, au lieu de lui-même, tu prends pour objet de ton amour les signes qu'il t'a donnés du sien, si tu ne remarques pas au rayon d’un esprit bien purifié ce que demande cette lumière bienheureuse dont les traces et les signes sont la beauté et l'éclat de toutes les créatures! Et si par hasard tu ignores encore toi-même, ô la plus belle des œuvres de Dieu! sors de ta demeure et suis les traces des troupeaux, les traces des créatures privée de raison. Elles sont un signe de ton Créateur; mais toi tu es le miroir de la Trinité bienheureuse: tu es plus digne et plus excellente que toutes ces créatures. Mène donc paître tes chevreaux auprès des pasteurs (Ct. 1. ), dirige tes pensées vers les chœurs des anges à qui tu es en quelque sorte semblable par ta nature, et dont tu es appelée à partager la gloire.

Assez longtemps j'ai gardé le silence, assez longtemps je me suis tue; maintenant je suis forcée de l'avouer avec honte et confusion: jusqu'à ce jour je n'avais pas réfléchi à une pareille dignité. Malheureuse et infortunée! j'ai prostitué indignement mon amour, et je n'ai point béni mon Dieu de tous les biens dont il m'a comblée; je ne l'ai point adoré pendant tout le cours de ma vie; j'ai passé mes jours de la manière la plus indigne et la plus irrespectueuse, dans la vanité et l'oubli de mes devoirs. Et pour m'exprimer selon la vérité, plus je considère attentivement ma dignité, plus je suis dans la confusion et je rougis d'avoir mené une vie si au-dessous de moi. Je crains que ma faute ne soit d'autant plus grave que ma condition est plus estimable et plus noble. Je tremble que mon crime ne soit d'autant plus odieux que celui qui en est l'objet est d'une excellence plus admirable. Je redoute que mon injure ne soit d'autant plus criminelle que les bienfaits de celui que j'ai injurié sont plus multipliés. Hélas! hélas! Seigneur mon Dieu, le prix inestimable de ma substance me fait comprendre la bassesse de ma malice; la beauté de ma nature me montre la laideur de mon péché; le souvenir de vos bienfaits découvre à mes yeux l'ingratitude de mes actions.

Malheur à moi, infortunée! je vois maintenant, je reconnais que tout ce que j'ai reçu de mon bienfaiteur suprême pour l'usage de la vie, j'en ai abusé indignement, criminellement et avec perversité. La paix dont j'ai joui, je l'ai fait servir à nourrir une frivole sécurité; le lieu de mon pèlerinage, je l'ai aimé comme le séjour de la patrie; la santé et la beauté de mon corps n'ont été pour moi qu'une occasion de plaisirs; l'abondance des biens terrestres n'a servi qu'à satisfaire les désirs inutiles d'une misérable cupidité; la pureté du temps et la douceur de l'air n'ont fait que fortifier en moi l'amour des jouissances terrestres. Hélas! je crains et je tremble que tous ces objets que j'ai fait servir d'une manière si indigne à mes penchants mauvais, ne se réunissent enfin pour me faire sentir leur vengeance.

Ô mon âme! je commence à juger que tu te connais véritablement, et tes paroles me montrent que mes avis n'ont pas été sans effet. Je vois que le ciel t'a pénétrée de quelqu'un de ses rayons, et que la lumière véritable t'a fait sentir son éclat; «car, dit saint Grégoire lorsque la vraie lumière se répand sur une âme, elle la met à découvert à ses propres yeux, afin de lui enseigner la justice et de lui faire connaître le péché qui cause son aveuglement.

Aussi les saints se confessent-ils de plus en plus indignes à mesure qu'ils s'élèvent davantage devant Dieu par la pratique des vertus; car plus ils s'approchent de la lumière, mieux ils découvrent ce qui était caché en eux

Ô mon âme, si, éclairée de la lumière véritable, tu reconnais la dignité qui jusqu'à ce jour n'avait point attiré tes regards, si tu comprends combien tu as offensé ton créateur, si tu vois combien il s'est montré généreux en te donnant une telle nature, il est temps de porter ton attention sur un autre point et de méditer combien tu as été défigurée par le péché.

Saint Anselme te dit: Rappelle, ô âme infortunée et misérable, rappelle en ta mémoire l'énormité de ton crime, et fais monter jusqu'au ciel tes gémissements et tes lamentations. Pense, ô âme perfide envers ton Dieu, adultère envers Jésus-Christ, pense à ce que tu as fait. Tu as rejeté le pur et saint amour qui t'élevait jusqu'au ciel; tu as méprisé ton créateur, répudié ton époux, porté le trouble dans le cœur de ton Dieu, traité sans respect l'ange de paix chargé de veiller à ta garde. Tu étais le temple de Dieu, l'épouse de Jésus-Christ, le sanctuaire de l'Esprit-Saint. D'où vient donc une conversion si soudaine, un changement si subit? De vierge du Seigneur tu es devenue la prostituée de Satan; d’épouse de Jésus-Christ tu t'es rendue l'adultère infatué du démon! Rappelle-toi, ô mon âme, pourquoi tu as vendu ta beauté, pourquoi tu as jeté ton honneur dans la boue, en faveur de qui tu as souillé si honteusement ton visage, quels biens immenses tu as livrés pour un prix aussi vil.

Ô âme! pourquoi t'être dépouillée de tant de richesses? pourquoi t'être privée Inutilement de tels honneurs? pourquoi avoir négligé tant de bonnes œuvres, avoir vécu tant d'années, tant de jours et tant d'heures sans produire aucun fruit?

Je reconnais, ô homme, la vérité de tes paroles, et combien mes transgressions énormes méritent de tels reproches. Seigneur, mon Dieu, que d'années se sont écoulées pour moi sans me laisser aucun fruit! Comment pourrai-je subsister devant vous? Comment, oserai-je lever mes regards vers vous en ce grand et terrible examen, où vous ordonnerez de compter tous mes jours et de montrer le fruit qu'ils ont produit? Ô Seigneur mon Dieu! pourquoi ai-je cessé de vous porter jamais dans mon cœur, de vous embrasser de toute mon âme, de me réjouir en votre douceur? Où donc étaient toutes les facultés de mon cœur, alors qu'elles n'étaient point avec vous, puisque c'est en vous que toute créature puise ce qu'elle renferme de désirable, de digne de louange et de délectable Hélas! Seigneur, je le comprends maintenant, mais j'ai honte de l'avouer: mes yeux se sont laissé séduire par la beauté et l'éclat de vos créatures, et je n'ai point remarqué que vous l'emportiez en beauté sur elles toutes; que ce qu'elles m'offraient n'était qu'une goutte échappée de votre beauté inestimable. Qui, en effet, a fait briller les étoiles dans le ciel, qui a donné les oiseaux à l'air, les poissons à l'eau, les plantes et les fleurs à la terre, qui a formé l'homme d'un corps ornée de couleurs différentes et d'un esprit enrichi de facultés diverses? N'est-ce point par vous, ô Père de toute charité, que les ordres des esprits célestes ont reçu des dons de plusieurs sortes? N'est-ce point par vous que les Séraphins sont brûlants d'amour, et les Chérubins brillants de lumière; que les Trônes exercent le jugement, que les Dominations font sentir leur empire, que les Principautés commandent, que les Puissances compriment les malices de l'enfer, que les Vertus accomplissent les miracles de votre droite, que les Archanges, obéissant à vos ordres, annoncent à vos serviteurs les plus élevés vos volontés les plus sublimes, et que vos anges descendent jusqu'au dernier de vos enfants pour lui manifester vos moindres désirs? Mais que sont toutes ces créatures? qu'est-ce que tout cela, sinon une étincelle légère de votre beauté?

Ô bon Jésus, source de toute beauté! pardonnez à ma misère d'avoir connu si tard votre beauté, de l'avoir si tard aimée, et de m'être égarée d'une manière si déplorable. La douceur de vos créatures a trompé également mon goût, et je n'ai point fait attention que votre douceur est plus délicieuse que celle du miel. C'est vous qui avez donné au miel et à toute créature la douceur qui leur est propre, ou plutôt c'est vous qui la leur avez prêtée, et ce qu'il y a d'attrayant en chacune de vos œuvres n'est qu'un faible écoulement de cette douceur que vous avez réservée pour ceux qui vous craignent.

La douceur de vos créatures. considérée comme il convient, nous invite à nous approcher davantage de votre douceur éternelle.

Ô Jésus, source de toute douceur et de toute tendresse, pardonnez-moi de n'avoir point reconnu dans les créatures votre douceur estimable et pleine de suavité, de ne l'avoir point goûtée avec l'amour d'une âme créée pour l'éternité, de m'être ainsi trompée misérablement, et d'avoir jusqu'à ce jour rassasié mon cœur d'aliments immondes.

Hélas! jamais, je le crains bien, je n'ai mangé le pain de vos enfants; et c'est pour cela qu'au milieu des délices du monde, je suis demeurée vide et affamée. Parce que nous refusons les aliments si doux qui nous sont préparés, dit saint Grégoire, nous demeurons à jeun, exténués par la faim, et nous arrivons, infortunés! jusqu'à aimer notre détresse.

Ô très-doux Jésus, maintenant je vois, maintenant je reconnais que tout plaisir contraire à votre volonté n'a été pour moi qu'affliction et misère profonde. Ô Dieu très miséricordieux, lorsque je vous offensais, vous ne cessiez point pour cela d'être toujours près de moi, souffrant avec bonté mes joies perverses et iniques, les mélanges d'amertumes insupportables et m'apprenant par les peines que vous m'infligiez que, si je voulais trouver un bonheur exempt de toute tristesse, c'était en vous, Seigneur, que je devais le chercher. Mais, hélas! je n'ai point compris ces enseignements, et je me suis égarée.

Cependant au milieu de mes coupables délices, j'ai toujours craint d'être découverte, j'ai craint un accusaient, j'ai craint un censeur, je me suis prise à redouter ma conscience, j'ai tremblé souvent à la pensée de l'infamie; quelquefois j'ai été saisie d'effroi au souvenir de l'enfer, et pourtant, infortunée! assiégée de tant de supplices, ma volonté est toujours restée la même. L'odeur décevante de vos créatures a aussi séduit mes sens, et je n'ai point su, ô Jésus! que votre divine odeur l'emporte sur tous les parfums de ce monde. Ô bon Jésus, source de toute odeur excellente, vous dont la suavité attire sans cesse à votre suite et rend tout travail supportable, pardonnez-moi de vous avoir connu si tard, d'avoir si tard couru à l'odeur de vos parfums. Cependant je pense, sans prétendre m'excuser par là, je pense que l'odeur de ces célestes aromates n'aurait pu se mêler à la corruption repoussante dont mon cœur était rempli. Les sons délicieux et frivoles produits par vos créatures ont également trompé nues oreilles, et je n'ai point su, je n'ai point senti combien vos saintes paroles sont douces à vos élus, combien vos conseils résonnent avec suavité aux oreilles de vos amis, combien vos commandements sont légers à l'ardeur de vos saints.

Ô Jésus, source de sagesse, auteur de la science, conseiller des saintes pensées, faites-moi au moins maintenant entendre votre voix; que sort murmure vienne frapper mon oreille. Avec quelle amertume je me rappelle comment j'ai été trompée par la voix misérable de ceux qui chantaient et me disaient: «Venez, jouissons des biens présents; couronnons-nous de roses avant qu'elles se flétrissent, et ne laissons point passer la fleur de la saison. Enivrons-nous des vins les plus excellents, et rassasions-nous des parfums les plus précieux; laissons partout des traces de nos plaisirs.»

J’ai entendu ces discours, et je n'ai point compris, je n'ai point remarqué que tout y est vanité et digne de mépris. En effet, toutes ces choses et autres semblables ont passé bien vite et se sont évanouies comme une ombre. Quel profit ont donc apporté ces frivolités à ceux qui les ont poursuivies? quel fruit ont-ils trouvé en ces actions dont ils rougissent maintenant et dont ils demeurent confondus? Ô Seigneur, mon Dieu, lumière de mon cœur, paix de mon âme, vertu qui remplissez mon esprit d'amertume, je ne vous aimais pas, je m'éloignais de vous, et ceux qui m'accompagnaient dans le mal me disaient: Courage! courage! Oui, l'amour de ce monde est une vraie séparation d'avec vous.

Oh! qu'y a-t-il de plus malheureux que celui qui n'a point compassion de soi-même? Cependant, ô Dieu très-aimable, au milieu de tout cela vous étiez toujours proche de moi; j'ai entendu souvent votre voix, j'ai senti souvent vos inspirations salutaires, mais je n'ai point consenti à les suivre. Oh! combien de fois m'avez-vous donné ce conseil de salut: Tu as péché; cesse, arrête-toi et rougis! Et moi, infortunée! semblable à Augustin au jour de ses désordres, je vous répondais: «Seigneur, attendez-moi un peu, prenez un peu patience; encore un instant, et je m'éloignerai de la vanité; encore un moment, et je rougirai de mon iniquité, j'abandonnerai toutes les frivolités de ce monde. Mais, hélas! cet instant n'avait point de terme, ce moment se prolongeait toujours.» «La paresse, dit saint Augustin, cause la mort éternelle d'un grand nombre en les retenant jusqu'à la fin dans le péché, en les empêchant de se corriger à la voix du Seigneur. Ils entendent son inspiration secrète, et ils ne changent pas de vie; mais ils disent: Demain, demain. Soudain la porte se ferme, et le pécheur avec ses refus insultants demeure hors de l'arche de la céleste patrie, parce qu'il n'a pas voulu gémir avec la colombe sur ses iniquités.»

Hélas! combien ont été plongés plus profondément dans le crime par leur propre félicité! Combien qu'une paix trop prolongée a jetés dans l'engourdissement! Leur ennemi barbare les a frappés avec d'autant plus de cruauté qu'il les a trouvés moins en garde contre ses coups par l'habitude d'un long repos. Or, dit saint Grégoire, Dieu punit plus sévèrement en l'autre vie ceux dont il a attendu longtemps et en vain la conversion.» Mais, ô homme! je confesserai sans réserve l'histoire entière de mon malheur, car tout ce que j'ai énuméré n'a pas suffi à ma folie; la mollesse et les délices de ce monde m'ont séduite misérablement, et je n'ai point connu, ô bon Jésus, combien suaves étaient vos embrassements, combien pures étaient vos étreintes, combien enivrante était votre société. Et cependant lorsque je vous aime, je suis innocente; lorsque je vous presse contre mon cœur, il demeure sans tache; et lorsque je m'unis à vous, ma virginité persévère en son éclat. Vos embrassements, ô très-doux Jésus, loin de souiller, purifient; vos étreintes, loin de rendre criminel, sanctifient. O Jésus, source de toute douceur et de suavité, pardonnez-moi d'avoir compris si tard combien de délices, combien d'innocence, combien de félicité vous apportez lorsque la main gauche de votre sagesse éternelle et de votre lumière vient se placer sous ma tête, ou autrement se faire sentir à ma raison, et que la droite de votre miséricorde et de votre amour me presse contre son cœur et pénètre ma volonté. Hélas! malheureuse! où trouver une douceur, une suavité, des délices semblables? Où goûter rien de plus salutaire que de se reposer entre les bras d'un Époux si auguste, et de s'endormir sans crainte au milieu des baisers d'un roi si grand, d'un ami si fidèle? Elle avait éprouvé cette douceur, l'âme dévote qui s'écriait: Qu'il me donne un baiser de sa bouche (Ct. 1). Elle avait goûté ces délices, cette âme sainte qui priait avec ardeur et s'écriait presque défaillante de l'amour de son Bien-Aimé: «Qui vous donnera à moi, ô mon frère, vous qui sucez les mamelles de ma mère? qui me procurera de vous trouver dehors et de vous presser contre mon cœur, afin qu'a l'avenir personne ne me méprise? Je m'attacherai à vous, et je vous conduirai dans la maison de mon père et dans la chambre de celle qui m'a donné la vie: là vous m'instruirez, et je vous donnerai un breuvage d'un vin mêlé de parfum, et un suc nouveau de mes fruits les plus précieux.» Qui pourrait dire, à moins d'en avoir fait l'épreuve, combien ces paroles offrent de douceur et de tendresse quand on les pèse avec soin et quand on s'en nourrit comme il convient? Je laisse donc à l'âme pieuse le soin de nous le faire connaître. Mais, ô Seigneur mon Dieu, si de telles choses sont si douces à nos pensées, que sera-ce de pouvoir les goûter? Si elles sont si suaves lorsqu'on les lit, quelle consolation de les sentir pénétrer notre cœur? O très-doux Jésus, faites-moi goûter intérieurement par l'amour ce que je pressens extérieurement par la pensée; faites-moi sentir en mon cœur ce que j'entrevois par l'intelligence. Ah! mon très aimable Jésus! transpercez les profondeurs de mon âme de l'aiguillon salutaire de votre amour, afin qu'elle brûle véritablement, qu'elle languisse et se fonde, qu'elle tombe en défaillance dans son ardeur de vous posséder, qu'elle désire voir ses liens se rompre et être avec vous, qu'elle ait faine de vous en tout temps, ô vrai pain de vie descendu du ciel; qu'elle ait soif de vous, ô source de vie, source de lumière éternelle, torrent de délices véritables; qu'elle soupire après vous eu tout temps, qu'elle votes cherche et vous trouve, qu'elle se repose en vous avec suavité. Mais quelle folie, quel aveuglement infernal a empêché si long temps mon cœur de jouir de semblables consolations, de goûter des joies si divines, de prendre part à des festins si délicieux? Fais-moi connaître, ô homme, la cause d'un si grand mal, le motif qui m'a poussée à de tels dangers, l'occasion qui ma fait encourir une perte aussi considérable? Saint Bonaventure Soliloque

 

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XXème Dimanche après la Pentecôte

18 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

XXème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Tout ce que vous nous avez fait, Seigneur, vous l’avez fait par un juste jugement, car nous avons péché contre vous et nous n’avons pas obéi à vos commandements ; mais glorifiez votre nom et agissez envers nous selon la multitude de vos miséricordes. Heureux ceux qui sont purs dans leurs voies, qui marchent dans la loi du Seigneur.

Collecte

Laissez-vous fléchir, Seigneur, et accordez à vos fidèles le pardon et la paix, afin qu’ils soient purifiés de toutes leurs fautes, et qu’ils vous servent avec un cœur rempli de confiance.

Epitre Ep. 5, 15-21

Mes frères, ayez soin de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ; rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais. C’est pourquoi ne devenez pas inconsidérés mais comprenez quelle est la volonté de Dieu. Et ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche ; mais remplissez-vous de Saint-Esprit, vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur ; rendant grâces sans cesse pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ; vous soumettant les uns aux autres dans la crainte du Christ.

Evangile  Jn. 4, 46-53

En ce temps-là, il y avait un officier du roi, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que .Jésus venait de Judée en Galilée, il alla auprès de lui, et le pria de descendre, et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit : Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier lui dit : Seigneur, descendez avant que mon fils meure. Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs vinrent au-devant de lui, et lui annoncèrent que son fils vivait. Il leur demanda l’heure à laquelle il s’était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : Ton fils vit ; et il crut, lui, et toute sa maison.

Secrète

Nous vous en supplions, Seigneur, faites que ces mystères nous soient un remède céleste et purifient notre cœur de ses vices.

Postcommunion

Afin que nous soyons rendus dignes de participer à vos dons sacrés, faites, nous vous en supplions, Seigneur, que nous obéissions toujours à vos préceptes.

 

Office

Au troisième nocturne. 

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. La lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre, frères, n’a pas besoin d’explication ; mais pour ne pas sembler la passer sous silence, disons un mot d’exhortation plutôt que d’explication. Je ne vois rien que nous devions expliquer, sauf ceci : pourquoi celui qui était venu demander le salut pour son fils s’est-il entendu dire : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges vous ne croirez pas » ? Il est évident que celui qui cherchait à sauver son fils croyait. Autrement, aurait-il cherché le salut auprès de quelqu’un qu’il ne croyait pas être Sauveur ? Pourquoi, donc, est-il dit : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez pas », à celui qui a cru avant d’avoir vu des miracles ?

Huitième leçon. Rappelez-vous ce qu’il a demandé alors vous verrez plus clairement qu’il a douté dans sa foi. Car il lui demanda de « descendre et de guérir son fils ». Donc il cherchait la présence corporelle du Seigneur qui, par son esprit était présent partout. C’est en cela qu’il n’a pas cru assez en celui qu’il n’a pas estimé capable de rendre le salut s’il n’était pas présent corporellement. S’il avait cru parfaitement, il aurait tenu pour certain qu’il n’y a pas de lieu où Dieu ne soit.

Neuvième leçon. Il a donc grandement manqué de confiance parce qu’il n’a pas rendu honneur à la majesté, mais à la présence corporelle. Il demanda donc le salut de son fils, et cependant il douta dans sa foi. Il crut celui à qui il était venu puissant pour guérir, pourtant il l’estima éloigné de son fils mourant. Mais le Seigneur qui est prié de venir montre qu’il n’est pas absent du lieu où il est invité : par son seul commandement il rendit le salut, lui qui par sa volonté a tout créé.

ÉPÎTRE.

L’approche de la consommation des noces du Fils de Dieu coïncidera ici-bas avec un redoublement des fureurs de l’enfer pour perdre l’Épouse. Le dragon de l’Apocalypse l’ancien serpent séducteur d’Ève, vomissant comme un fleuve sa bave immonde, déchaînera toutes les passions pour entraîner la vraie mère des vivants sous l’effort. Cependant il sera impuissant à souiller le pacte de l’alliance éternelle ; et, sans forces contre l’Église, il tournera sa rage contre les derniers fils de la nouvelle Ève, réservés pour l’honneur périlleux des luttes suprêmes qu’a décrites le prophète de Pathmos.

C’est alors surtout que les chrétiens fidèles devront se souvenir des avis de l’Apôtre, et se conduire avec la circonspection qu’il recommande, mettant tous leurs soins à garder pure leur intelligence non moins que leur volonté, dans ces jours mauvais. Car la lumière n’aura point alors à subir seulement les assauts des fils de ténèbres étalant leurs perverses doctrines ; elle sera plus encore, peut-être, amoindrie et faussée par les défaillances des enfants de lumière eux-mêmes sur le terrain des principes, par les atermoiements, les transactions, l’humaine prudence des prétendus sages. Plusieurs sembleront ignorer pratiquement que l’Épouse de l’Homme-Dieu ne peut succomber sous le choc d’aucune force créée. S’ils se souviennent que le Christ s’est engagé à garder lui-même son Église jusqu’à la fin des siècles ils n’en croiront pas moins faire merveille en apportant à la bonne cause le secours d’une politique dont les concessions ne seront pas toujours pesées suffisamment au poids du sanctuaire : sans songer que le Seigneur n’a point besoin, pour l’aider à tenir sa promesse, d’habiletés détournées ; sans se dire surtout que la coopération qu’il daigne accepter des siens, pour la défense des droits de l’Église, ne saurait consister dans l’amoindrissement ou la dissimulation des vérités qui font la force et la beauté de l’Épouse. Combien oublieront la maxime de saint Paul écrivant aux Romains que se conformer à ce siècle, chercher une adaptation impossible de l’Évangile avec un monde déchristianisé, n’est point le moyen d’arriver à discerner sûrement le bon, le meilleur, le parfait aux yeux du Seigneur ! Aussi sera-ce un grand et rare mérite, en bien des circonstances de ces temps malheureux, de comprendre seulement quelle est la volonté de Dieu, comme le dit notre Épître.

Veillez, dirait saint Jean, à ne point perdre le fruit de vos œuvres ; assurez-vous la pleine récompense qui n’est donnée qu’à la plénitude persévérante de la doctrine et de la foi. Au reste, alors comme toujours, selon la parole de l’Esprit-Saint, la simplicité des justes les conduira sûrement ; l’humilité leur donnera la Sagesse ; et, s’attachant uniquement à cette très noble compagne, ils seront vraiment sages par elle et sauront ce qui plaît au Seigneur. Ils comprendront qu’aspirant comme l’Église à l’union au Verbe éternel, pour eux comme pour l’Église la fidélité à l’Époux n’est autre chose que la fidélité à à la vérité ; car le Verbe, objet de leur commun amour, n’est autre en Dieu que le rayonnement de la vérité infinie. Leur unique soin sera donc toujours de se rapprocher du Bien-Aimé par une ressemblance plus grande avec lui, c’est-à-dire par une reproduction plus complète du vrai dans leurs paroles et leurs actes. Et en cela ils serviront la société comme elle doit l’être, mettant en pratique le conseil du Seigneur qui nous demande de chercher d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et de nous confier en lui pour le reste. Laissant à d’autres la recherche d’humaines et louvoyantes combinaisons, d’incertains compromis destinés, dans la pensée de leurs auteurs, à retarder de quelques semaines, de quelques mois peut-être, le flot montant de la révolution, ils comprendront différemment, pour eux, le conseil de racheter le temps que nous donne l’Apôtre.

L’Époux avait acheté le temps d’un grand prix, pour être employé par ses membres mystiques à la glorification du Très-Haut. Perdu parla multitude dévoyée dans la révolte et l’orgie, les âmes fidèles le rachèteront en donnant une telle intensité aux actes de leur foi et de leur amour, que rien ne soit diminué, s’il se peut, jusqu’au dernier moment, du tribut qu’offrait chaque jour la terre à la Trinité souveraine. Contre la bête à la bouche insolente et pleine de blasphèmes, ils reprendront le cri de Michel contre Satan promoteur de la bête : Qui est comme Dieu !

L’antiquité chrétienne appelait les dernières semaines du Cycle à son déclin : Semaines du saint Ange ; nous avons vu comment, dans un de ces Dimanches, elle chantait l’arrivée du grand Archange au secours du peuple de Dieu, ainsi que Daniel l’avait annoncé pour les derniers jours du monde. Quand donc commenceront les épreuves de la fin, lorsque l’exil dispersera les baptisés et que le glaive s’abattra sur leurs têtes aux applaudissements d’un monde prosterné devant la bête et son image, n’oublions point que nous avons un chef choisi par Dieu, acclamé par l’Église, pour nous conduire dans ces derniers combats où la défaite des saints (4) sera plus glorieuse que les triomphes de l’Église aux jours de sa domination sur le monde. Ce que Dieu alors, en effet, demandera des siens, ce ne sera plus ni le succès de la diplomatie, ni la victoire armée, mais la fidélité à sa vérité, à son Verbe : fidélité d’autant plus franche et plus entière, que la défection sera plus universelle autour de la petite troupe rangée sous la bannière de l’Archange. Proféré par une seule poitrine fidèle avec la vaillance de la foi et l’ardeur de l’amour en de telles circonstances, le cri de saint Michel, une fois déjà vainqueur des infernales légions, honorera plus Dieu que ne l’atteindront les ignobles blasphèmes des millions d’êtres dégradés sectateurs de la bête.

Pénétrons-nous de ces pensées que suggèrent les premières lignes de notre Épître ; comprenons également les autres instructions qu’elle renferme et qui, du reste, ne s’éloignent pas des premières. Pour ce Dimanche où se lisait autrefois l’Évangile des noces du Fils de l’homme et de l’appel à son divin banquet, la sainte Église remarque opportunément, dans l’Épître, combien l’ivresse et les délices des noces sacrées sont différentes des joies mondaines. La sérénité, la pureté, la paix du juste admis dans l’intimité divine, font en son âme un festin continuel dont la Sagesse est le mets savoureux et l’éternelle convive. Laissant le monde à ses mesquins et trop souvent honteux plaisirs, le Verbe et l’âme, qu’il a remplie de l’Esprit-Saint par un mode ineffable, s’unissent pour chanter le Père souverain dans un concert merveilleux, où l’action de grâces et la louange trouvent sans cesse un nouvel aliment. Le hideux spectacle qu’offrira la terre, quand ses habitants se porteront en foule au-devant de la prostituée siégeant sur la bête et leur offrant la coupe d’ignominie, n’empêchera point le ciel de se reposer délicieusement dans la contemplation de ces âmes fortunées. Car les convulsions du monde agonisant, les poursuites de la femme ivre du sang des martyrs, loin de troubler l’harmonie qui s’élève de l’âme unie au Verbe, ne feront que donner plus d’ampleur à ses notes divines, plus de suavité à ses accents humains. « Qui donc, en effet, nous séparera de l’amour de Jésus-Christ ? Sera-ce la tribulation ou l’angoisse ? la faim ou la nudité ? les dangers, la persécution, le glaive ? Oui, sans doute, il est écrit qu’à cause de vous, tous les jours on nous met à mort, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie ! Mais en tout cela nous sommes vainqueurs, à cause de celui qui nous a aimés. Car je suis sûr que ni la mort, ni la vie, ni anges, ni principautés, ni vertus, ni choses présentes, ni choses futures, ni violence, ni rien de ce qui est dans les hauteurs, ni rien de ce qui est dans les abîmes, ni créature quelconque ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. »

ÉVANGILE.

L’Évangile est tiré de saint Jean aujourd’hui, pour la première et l’unique fois dans tout le cours des Dimanches après la Pentecôte. Il donne son nom de l’Officier de Capharnaüm au vingtième Dimanche. L’Église l’a choisi parce qu’il n’est pas sans une relation mystérieuse avec l’état du monde, dans les temps auxquels se rapportent prophétiquement les derniers jours du Cycle.

Le monde penche vers sa fin, et lui aussi commence à mourir. Miné par la fièvre des passions dans Capharnaüm, la ville du lucre et des jouissances, déjà il est sans forces pour aller de lui-même au-devant du médecin qui pourrait le guérir. C’est à son père, aux pasteurs qui l’ont engendré dans le baptême à la vie de la grâce, et gouvernent le peuple chrétien comme officiers de la sainte Église, c’est à eux de se rendre auprès du Seigneur et de lui demander le salut du malade. Le disciple bien-aimé nous fait savoir, en tête de son récit, qu’ils trouveront Jésus à Cana, la ville des noces et de la manifestation de sa gloire au banquet nuptial ; c’est le ciel, où l’Homme-Dieu réside depuis qu’il a quitté notre terre, laissant ses disciples, privés de l’Époux, s’exercer pour un temps dans le champ de la pénitence. Étymologiquement, en effet, Capharnaüm signifie le champ de la pénitence et de la consolation qui naît de la pénitence. Telle devait être cette terre pour l’homme depuis sa sortie d’Éden, telle était la consolation à laquelle devait aspirer pendant cette vie le pécheur ; et c’est pour en avoir préféré d’autres, pour avoir voulu faire du champ de la pénitence un paradis nouveau, que le monde est maintenant près de finir. Car il n’a remplacé les délices vivifiantes de l’Éden que par le plaisir défendu qui tue l’âme, énerve les corps, et appelle la vengeance de Dieu.

Son seul remède est dans le zèle des pasteurs, et dans la prière de cette portion du troupeau du Christ qui ne s’est point laissée entraîner aux séductions de la licence universelle. Mais combien il importe que fidèles et pasteurs, sans retours personnels, entrent pleinement sur ce point dans les sentiments de la sainte Église ! En butte à l’ingratitude la plus révoltante, aux injustices, aux calomnies, aux perfidies de tout genre, la mère des peuples oublie ses injures pour ne penser qu’à la saine prospérité et au salut des nations qui l’outragent. Elle sait, à n’en pas douter, que le terme approche où le Très-Haut se fera justice enfin ;et, cependant, elle n’en continue pas moins de lutter contre Dieu, comme Jacob, jusqu’à l’aurore du jour terrible qu’ont annoncé David et la sibylle. A la pensée de l’étang de feu dont les vapeurs maudites paraissent déjà empester l’air, et qui bientôt va engloutir en une seule fois tous ses enfants insoumis, elle semble oublier jusqu’à l’approche des noces éternelles et à la véhémence de ses désirs d’Épouse ; et, ne se souvenant plus de rien sinon qu’elle est mère, elle prie comme elle l’a toujours fait, mais avec plus d’ardeur que jamais, pour le retardement de la fin, pro mora finis.

Afin de répondre à sa pensée, « réunissons-nous donc, comme le dit Tertullien, en une seule troupe, en une seule assemblée, pour aller trouver Dieu et l’investir de nos prières comme d’une armée. Cette violence lui est agréable. » Mais c’est à la condition d’être inspirée par une foi entière et que rien ne puisse ébranler. Si c’est notre foi qui nous donne la victoire sur le monde, c’est elle aussi qui triomphe de Dieu dans les cas les plus extrêmes. Songeons, comme notre mère l’Église, au péril imminent de tant de malheureux qui dansent follement sur l’abîme, où demain va s’engloutir en rugissant leur désespoir. Sans doute, ils sont inexcusables ; Dimanche encore, on les avertissait des pleurs et des grincements de dents réservés, sous les ténèbres extérieures, aux contempteurs des noces sacrées. Mais ils sont nos frères, et nous ne devons pas nous résigner si facilement au deuil de leur perte. Espérons contre toute espérance. L’Homme-Dieu, qui connaissait de science certaine l’inévitable damnation des pécheurs obstinés, en a-t-il moins versé pour eux tout son sang ? Nous voulons mériter de nous unir à lui par une pleine ressemblance ; ayons donc la résolution de l’imiter en cela même, dans la mesure qui peut être la nôtre : prions sans repos ni trêve pour les ennemis de l’Église et nos ennemis, tant que leur damnation n’est pas consommée. Dans cet ordre, rien n’est inutile, rien ne se perd. Quoi qu’il arrive, le Seigneur sera grandement glorifié de notre foi et de l’ardeur de notre charité.

Mettons seulement tous nos soins à ne pas mériter les reproches qu’il adressait à la foi boiteu] de la génération dont faisait partie l’officier de Capharnaüm. Nous savons qu’il n’a nul besoin de descendre du ciel en terre, pour donner leur efficacité aux ordres émanés de sa volonté miséricordieuse. S’il daigne multiplier autour de nous les miracles et les prodiges, nous lui serons reconnaissants pour nos frères plus faibles dans la foi, nous prendrons de là occasion d’exalter sa gloire, mais en protestant que notre âme n’avait plus besoin, pour croire à lui, des manifestations nouvelles de sa puissance.

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Sainte Marguerite-Marie Alacoque vierge

17 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Marguerite-Marie Alacoque vierge

 

Collecte

Seigneur Jésus-Christ, vous avez révélé miraculeusement à la bienheureuse vierge Marguerite Marie les richesses inépuisables de votre Cœur : que, par ses mérites et à son imitation, nous obtenions de vous aimer en tout et par dessus-tout, et d’établir en votre Cœur notre demeure permanente.

Office

Quatrième leçon. Marguerite-Marie Alacoque, née d’une famille honorable dans un bourg du diocèse d’Autun, donna dès son enfance des signes de sa sainteté future. Brûlant d’amour pour la Vierge Mère de Dieu et pour l’auguste sacrement de l’Eucharistie, la jeune adolescente voua à Dieu sa virginité ; Avant toute chose, elle s’efforce de réaliser dans sa vie l’exercice des vertus chrétiennes. Elle a le plaisir de dépenser des heures dans les prières et dans la méditation sur les choses du ciel. Elle était humble et patiente dans l’adversité. Elle a exercé la pénitence physique. Elle a montré sa charité envers son prochain, en particulier les pauvres. Par tous les moyens dans les limites de son pouvoir, elle s’employa avec diligence à imiter les plus saints exemple a laissé par notre divin Rédempteur.
Cinquième leçon.Entrée dans l’Ordre de la Visitation, elle commença aussitôt à resplendir du rayonnement de la vie religieuse. Elle fut gratifiée par Dieu d’un don d’oraison très élevée, d’autres faveurs spirituelles et de visions fréquentes. La plus célèbre fut celle où, tandis qu’elle priait devant le Saint-Sacrement, Jésus se présenta lui-même à sa vue, lui montra, sur sa poitrine ouverte, son Divin Cœur tout embrasé et entouré d’épines et lui ordonna de faire en sorte, en raison d’un tel amour et pour réparer les outrages des hommes ingrats, qu’un culte public fût institué en l’honneur de son Cœur ; il promettait en retour de grandes récompenses puisées dans le trésor céleste. Lorsque, par l’humilité, elle a hésité d’entreprendre une telle tâche, son Sauveur très aimant l’a encouragé. En même temps, il a désigné Claude de la Colombière, un homme de grande sainteté, comme celui qui pourrait la guider et l’aider. Notre Seigneur l’a également conforté avec l’assurance qu’une très grande bénédiction s’étendrait sur l’Eglise grâce au culte de son divin Coeur.
Sixième leçon.

Marguerite s’est ardemment dépensée à accomplir l’ordre du Rédempteur. Vexations, insultes ne lui manquèrent pas de la part de certains qui maintenaient qu’elle faisait l’objet d’aberrations mentales. Elle a non seulement porté ces souffrances patiemment, elle a même tiré profit, s’offrant elle-même dans l’angoisse et les douleurs comme une victime agréable à Dieu, supportant toute ces choses comme un moyen plus sûr de réaliser son but. Très estimée pour la perfection de sa vie religieuse et chaque jour plus unie au céleste Époux par la contemplation des réalités éternelles, elle s’envola vers lui, en la quarante-troisième année de son âge, l’an 1690 de la Rédemption. Elle fut glorifiée par des miracles ; Benoît XV l’inscrivit parmi les saints et Pie XI étendit son Office à l’Église universelle.

Sainte Marguerite-Marie Alacoque vierge
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Sainte Hedwige veuve

16 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Hedwige veuve

Collecte

O Dieu, de qui la bienheureuse Hedwige apprit à passer généreusement du sein des pompes du siècle en l’humble voie de votre croix ; faites que, par ses mérites et à son exemple, nous apprenions à fouler aux pieds les délices périssables du monde et à surmonter, en embrassant votre croix, tout ce qui nous est contraire.

Office

Quatrième leçon. Hedwige, née de famille royale et plus illustre encore par l’innocence de sa vie, était fille de Berthold, duc de Moravie et d’Agnès, son épouse, ainsi que tante maternelle de sainte Elisabeth de Hongrie. Dès ses plus tendres années, elle se fit remarquer par sa sagesse et son éloignement pour les amusements de son âge. Donnée en mariage par ses parents, à l’âge de douze ans, à Henri, duc de Pologne, elle remplit saintement tous ses devoirs de fidèle épouse, et éleva ses enfants dans la crainte du Seigneur. Pour mieux s’appliquer au service de Dieu, elle amena son époux à consentir et à s’engager par vœu, comme elle, à garder la continence. Le duc étant mort, Hedwige, après d’instantes prières et sur l’inspiration divine, prit généreusement l’habit de l’Ordre de Cîteaux, dans le monastère de Trebnitz ; et là, s’appliquant à la contemplation et assistant avec assiduité, du lever du soleil jusqu’à midi, aux divins Offices et à la célébration des Messes, elle se montra courageuse à mépriser l’antique ennemi du genre humain.
Cinquième leçon. Elle ne voulut plus soit parler soit entendre parler des choses du siècle, à moins qu’elles ne se rapportassent à la gloire de Dieu ou au salut des âmes. La prudence brillait dans ses actions, en sorte qu’il ne s’y produisait ni excès quant à la mesure à garder, ni erreur pour l’ordre à suivre ; Hedwige était en outre affable et douce envers le prochain. Macérant son corps par des jeûnes, des veilles, ainsi que par la sévère rudesse de ses vêtements, elle remporta une grande victoire sur elle-même, et dès lors on vit fleurir en elle les plus sublimes vertus du christianisme, et elle devint un rare modèle de piété religieuse, par la gravité de ses conseils, la candeur et la sérénité de son âme. Se mettre volontiers au dessous de toutes ses sœurs, et les devancer toutes pour remplir avec joie les emplois les plus vils, servir les pauvres, même à genoux, laver et baiser les pieds des lépreux, tout cela lui était familier, car elle était assez maîtresse d’elle-même pour ne pas être arrêtée par le dégoût à la vue de la sanie découlant de leurs ulcères.
Sixième leçon. La pieuse duchesse se montra admirable de patience et de force d’âme, principalement à la mort de son fils Henri, duc de Silésie, tué dans une guerre contre les Tartares ; car, au lieu d’accorder des larmes à ce fils qu’elle aimait tendrement, elle rendit grâces à Dieu. Le don des miracles accrut encore sa gloire. Un enfant étant tombé à l’eau, engagé dans les roues d’un moulin et tout broyé, on eut recours à Hedwige, et elle le rendit à la vie. Elle accomplit d’autres prodiges encore, qui, dûment constatés, portèrent Clément IV à l’inscrire au nombre des Saints, et à concéder que la Pologne, qui l’honore comme sa patronne d’une vénération particulière, célébrât sa Fête le quinzième jour d’octobre. Plus tard, Innocent XI a rehaussé la solennité de cette Fête, en décidant qu’on la ferait dans toute l’Église

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Sainte Thérèse vierge

15 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Thérèse vierge

Collecte

Exaucez-nous, ô Dieu, qui êtes notre salut, et faites que, célébrant avec joie la fête de la bienheureuse Thérèse, votre Vierge, nous soyons nourris du pain de sa céleste doctrine et formés aux sentiments d’une piété fervente.

Office

Quatrième leçon. La vierge Thérèse naquit à Avila, en Espagne, de parents illustres par leur naissance et leur piété. Nourrie par eux du lait de la crainte de Dieu, elle donna, dans un âge bien tendre, un merveilleux présage de sa sainteté future. Car en lisant les actes des saints Martyrs et en les méditant, elle fut tellement embrasée du feu de l’Esprit-Saint que, s’enfuyant de la maison paternelle, elle voulut passer en Afrique, afin d’y donner sa vie pour la gloire de Jésus-Christ et le salut des âmes. Son oncle paternel l’ayant ramenée, elle compensa par des aumônes et d’autres œuvres de piété le souhait ardent, [mais irréalisé,] du martyre, se plaignant avec des larmes continuelles d’avoir été privée d’un si heureux sort. Sa mère étant morte, elle pria la très sainte Vierge de lui montrer qu’elle était mère aussi, et son vœu fut exaucé, car la Mère de Dieu la protégea toujours comme sa fille. En sa vingtième année, elle entra chez les religieuses de Notre Dame du Mont-Carmel, où, pendant dix-huit ans, elle fut affligée de très grandes maladies et agitée de diverses tentations ; mais elle demeura ferme sous les armes de la pénitence chrétienne, sans être soutenue par l’aliment de ces consolations célestes dont la sainteté est ordinairement comblée même sur la terre.
Cinquième leçon. Enrichie de vertus angéliques, Thérèse ne se contenta pas de travailler à son propre salut, mais elle se dépensa pour celui de tous, avec une charité pleine de sollicitude. C’est dans le but de le procurer que, d’après l’inspiration de Dieu et avec l’approbation de Pie IV, elle proposa d’abord aux femmes et ensuite aux hommes, l’observation de la règle plus austère des anciens Carmes. Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux daigna bénir cette entreprise, car cette vierge, sans ressources, privée de toute assistance humaine, ayant même le plus souvent contre elle les princes du siècle, réussit à bâtir trente-deux monastères. Elle déplorait par des larmes continuelles l’aveuglement des infidèles et des hérétiques ; et afin d’apaiser la colère et de détourner la vengeance divine, elle offrait à Dieu, pour leur salut, les tourments volontaires qu’elle infligeait à son corps. Son âme était si embrasée du feu de l’amour divin, qu’elle mérita de voir un Ange lui percer le cœur avec un dard à la pointe enflammée, et d’entendre Jésus-Christ lui dire, en lui tendant sa main droite : Désormais, comme une véritable épouse, tu brûleras de zèle pour mon honneur. Ce fut par son inspiration qu’elle prononça le vœu si difficile de faire toujours ce qu’elle comprendrait être le plus parfait. Elle a écrit plusieurs ouvrages remplis d’une sagesse céleste, extrêmement propres à exciter les âmes des fidèles au désir de la patrie d’en haut.
Sixième leçon. Or, tandis qu’elle donnait de constants exemples de vertus, elle brûlait d’un si anxieux désir de châtier son corps, que, quoique les maladies dont elle était affligée lui persuadassent le contraire, elle tourmentait souvent ses membres par des cilices, des chaînes, des poignées d’orties et par d’autres pénitences très rigoureuses ; parfois même elle se roulait sur des épines, et elle avait coutume de dire à Dieu : « Seigneur, ou souffrir ou mourir ; » estimant toujours qu’elle périssait d’une très déplorable mort, aussi longtemps qu’elle vivait éloignée de la fontaine céleste de la vie éternelle. Elle eut à un très haut degré le don de prophétie, et le Seigneur l’enrichissait de faveurs spéciales avec tant de largesse, qu’elle le priait souvent avec d’ardentes exclamations de mettre des bornes à ses divins bienfaits, et de ne pas effacer par un si prompt oubli le souvenir de ses fautes. Réduite à s’aliter lors de son arrivée à Albe, moins par la violence de la maladie que par l’effet de l’amour divin dont elle ne pouvait plus supporter l’incendie, ayant prédit le jour de sa mort, reçu les sacrements de l’Église, et exhorté ses filles à la paix, à la charité ainsi qu’à l’observance régulière, Thérèse rendit à Dieu son âme très pure, [qu’on vit s’élever vers le ciel] sous l’aspect d’une colombe ; elle avait vécu soixante-sept ans, et c’était l’an mil cinq cent quatre-vingt-deux, le quinze octobre, selon la réformation du calendrier romain. A ses derniers moments, Jésus-Christ lui apparut au milieu des troupes d’anges, et un arbre desséché, proche de sa cellule, refleurit tout à coup. Le corps de Thérèse, demeuré jusqu’à ce jour exempt de corruption, répand une liqueur odoriférante et est l’objet d’une pieuse vénération. D’éclatants miracles l’ont glorifiée avant comme après sa mort, aussi Grégoire XV l’a-t-il mise au nombre des Saints.

LE CHÂTEAU INTÉRIEUR

ou LES DEMEURES

( écrit par Sainte Thérèse d'Avila en 1577 )

PREMIÈRES DEMEURES

 
CHAPITRE PREMIER 
De la beauté et de la dignité de nos âmes : une comparaison nous aide à le comprendre. Des avantage qu'il y a à reconnaître les faveurs que nous recevons de Dieu. De l'oraison, la porte de ce Château.

CHAPITRE II

De la laideur de l'âme en état de péché mortel, et comment Dieu voulut la faire voir à certaine personne. De la connaissance de soi. Toutes choses utiles, souvent dignes de remarque. De la manière de comprendre ces demeures.

DEUXIÈMES DEMEURES

CHAPITRE UNIQUE
De la valeur de la persévérance, pour atteindre aux dernières Demeures, du vif combat que livre le démon, et combien il est utile de ne pas se tromper de chemin au début. D'un moyen dont elle a fait l'expérience efficace.

TROISIÈMES DEMEURES

CHAPITRE PREMIER
Comme quoi nous ne sommes guère en sécurité tant que nous vivons dans cet exil, même si nous y avons atteint un degré élevé, et qu'il sied d'avoir crainte.

CHAPITRE II

Suite du même sujet. Des sécheresses dans l'oraison, de ce qui peut s'ensuivre, de la nécessité de nous mettre à l'épreuve. De la manière dont le Seigneur éprouve ceux qui ont atteint ces Demeures.

QUATRIÈMES DEMEURES

CHAPITRE PREMIER 
De la différence qu'il y a entre les contentements et tendresses dans l'oraison, et les plaisirs qu'on y trouve. En quoi la pensée diffère de l'entendement. Choses utiles à ceux qui sont distraits dans l'oraison.

CHAPITRE II

Suite du même sujet. Des plaisirs spirituels, et comment on doit les obtenir sans les rechercher : une comparaison aide à comprendre.

CHAPITRE III

De l'oraison de recueillement que le Seigneur accorde la plupart du temps avant celle dont il vient d'être parlé. De ses effets, et de ce qui reste à dire de l'oraison précédente.

CINQUIÈMES DEMEURES

CHAPITRE PREMIER 
De la manière dont l'âme s'unit à Dieux dans l'oraison. A quoi on reconnaîtra que ce n'est pas un leurre.

CHAPITRE II

Suite du même sujet. De l'oraison d'union : une délicate comparaison l'illustre. Des effets dans l'âme de cette forme d'oraison.

CHAPITRE III

Suite du même sujet. D'une autre forme d'union que l'âme peut atteindre avec la faveur de Dieu, et de l'importance, dans ce but, de l'amour du prochain. C'est fort substantiel.

CHAPITRE IV

De ce même sujet de l'oraison. Combien il importe d'être sur nos gardes le démon s'employant activement à faire reculer ceux qui se sont engagés dans cette voie.

SIXIÈMES DEMEURES

CHAPITRE PREMIER 
De l'accroissement des épreuves, lorsque le Seigneur commence à accroître ses faveurs. De ces épreuves, et comment ceux qui ont atteint cette Demeure les supportent. Bon chapitre pour ceux qui subissent des épreuves intérieures.

CHAPITRE II

De certains dont use le Seigneur pour éveiller les ânes ; il semble qu'on n'ait rien à redouter, bien que ce soit chose très élevée, et que ces faveurs soient grandes.

CHAPITRE III

Suite du même sujet. Comment Dieu parle a l'âme quand il le veut ; ce qu'il faut faire en cette circonstance, et ne pas suivre son propre sentiment. A quels signes l'âme peut constater que ce n'est pas un leurre, et quand c'en est un. Chapitre fort utile.

CHAPITRE IV

De l'état d'oraison où Dieu suspend l'âme dans le ravissement, ou l'extase, ou le rapt, qui sont, à son avis, une seule et même chose. Du grand courage qui lui est nécessaire pour recevoir de hautes faveurs de Sa Majesté.

CHAPITRE V

Suite du même sujet. Comment Dieu élève l'âme, par un rapt de l'esprit différent de ce qui a été décrit. Pourquoi le courage est nécessaire. De cette savoureuse faveur qu'accorde le Seigneur. Enseignement fort profitable.

CHAPITRE VI

D'un autre effet de l'oraison évoquée dans le chapitre précèdent qui prouve que cet état est véritable, et pas un leurre. D'une autre faveur que le Seigneur accorde à l'âme pour l'inciter à le louer.

CHAPITRE VII

De la peine que les âmes à qui Dieu accorde lesdites grâces ressentent le leurs péchés. De la grande erreur que ce serait de ne pas chercher à évoquer l'humanité de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, sa Sainte Passion, sa vie, sa glorieuse Mère et ses saints, si grande que soit notre spiritualité. Chapitre fort profitable.

CHAPITRE VIII

Comment Dieu se communique à l'âme par la vision intellectuelle, et donne quelques avis. Des effets de cette vision quand elle est vraie, et du secret qu'il faut garder sur ces faveurs.

CHAPITRE IX

De la façon dont le Seigneur se communique à l'âme dans la vision imaginaire. Mise en garde, appuyée de raisons, contre le désir d'emprunter cette voie. Chapitre fort profitable.

CHAPITRE X

De plusieurs autres faveurs que Dieu accorde à l'âme par des moyens différents des précédents, et des grands avantages qu'elle en retire.

CHAPITRE XI

Du désir que Dieu donne à l'âme de jouir de Lui, désir si puissant, si impétueux, qu'on est en danger de perdre la vie. Du profit que l'âme tire de cette faveur du Seigneur.

SEPTIÈMES DEMEURES

CHAPITRE PREMIER 
Des grandes faveurs que Dieu accorde aux âmes qui sont entrées dans les Septièmes Demeures. De certaines différences entre l'âme et l'esprit bien que ici deux ne fassent qu'un. Ce chapitre contient des choses dignes de remarque.

CHAPITRE II

Suite du même sujet. De subtiles comparaisons aident à comprendre la déférence qu'il y a entre l'union spirituelle et le mariage spirituel.

CHAPITRE III

Des grands effets de cette oraison. L'attention et la réflexion sont nécessaires, car elle diffère des états précédents d'une manière admirable.

CHAPITRE IV

Des buts que poursuit Notre-Seigneur quand il accorde à l'âme de si hautes faveurs, et de la nécessité pour Marthe et Marie de vivre unies. Chapitre fort profitable.

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Saint Calixte Ier pape et martyr

14 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Calixte Ier pape et martyr

Collecte

O Dieu, qui nous voyez défaillir à cause de notre faiblesse, raffermissez-nous miséricordieusement dans votre amour au moyen des exemples de vos Saints.

Office

Quatrième leçon. Calixte, Romain d’origine, gouverna l’Église, Antonin Héliogabale étant empereur. Ce fut ce Pape qui établit les Quatre-Temps et qui ordonna qu’en ces jours, le jeûne reçu dans l’Église de tradition apostolique, serait obligatoire pour tous. Il construisit la basilique de Sainte Marie du Transtévère et agrandit un ancien cimetière sur la voie Appienne, où beaucoup de saints Prêtres et Martyrs avaient été ensevelis, et qu’on appela depuis cimetière de Calixte.
Cinquième leçon. Ce fut aussi par une inspiration de sa piété, qu’il eut soin de faire rechercher le corps du Prêtre et Martyr Callépode, qui avait été jeté dans le Tibre, et, quand on l’eut trouvé, de le faire ensevelir avec honneur. Ayant baptisé Palmatius, personnage consulaire, et Simplicius, illustre sénateur, ainsi que Félix et Blanda, qui, plus tard, subirent tous le martyre, il fut incarcéré, et, dans sa prison, guérit d’une manière merveilleuse le soldat Privatus, qui était couvert d’ulcères, et le gagna au Christ. Bientôt après, ce soldat frappé jusqu’à la mort à coups de fouets plombés, succomba pour Celui dont il venait de recevoir la foi.
Sixième leçon. Calixte occupa le Saint-Siège cinq ans, un mois et douze jours. En cinq ordinations, au mois de décembre, il ordonna seize Prêtres, quatre Diacres et sacra huit Évêques. Après lui avoir fait endurer la faim et subir de nombreuses fustigations, on le précipita dans un puits. Ainsi couronné du martyre, sous l’empereur Alexandre, il fut déposé, le premier jour des ides d’octobre, dans le cimetière de Callépode, sur la voie Aurélia, au troisième mille au sortir de Rome. Plus tard, on transporta son corps dans la basilique de Sainte-Marie du Transtévère, bâtie par lui, et on le plaça sous le maître autel, où il est l’objet d’une très grande vénération.

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Saint Edouard roi et confesseur

13 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Edouard roi et confesseur

Collecte

O Dieu, qui avez couronné de la gloire éternelle le roi Édouard, votre bienheureux Confesseur ; faites, s’il vous plaît, que nous l’honorions sur la terre de manière à mériter de régner avec lui dans les cieux.

Office

Quatrième leçon. Édouard surnommé le Confesseur, était petit-fils de S. Édouard, roi et Martyr, et fut le dernier souverain des Anglo-Saxons. Le Seigneur fit voir dans une extase, à un homme de très grande sainteté nommé Brithuald, qu’Édouard serait roi. Il n’avait que dix ans lorsque les Danois, qui alors dévastaient l’Angleterre le cherchant pour le faire mourir, il fut contraint de s’exiler, et se réfugia chez son oncle, le duc de Normandie. Là, au milieu des séductions du vice, il fit paraître une telle intégrité de vie et une si grande innocence de mœurs, qu’il fut un sujet d’admiration pour tous. On vit même alors éclater en lui une piété admirable envers Dieu et pour les choses divines. Il était d’un caractère très doux et sans aucune ambition du pouvoir ; on rapporte de lui cette parole, qu’il aimait mieux se passer de la royauté, s’il ne pouvait l’obtenir sans carnage et effusion de sang.
cinquième leçon. Après la mort des tyrans qui avaient enlevé à ses frères la vie avec la couronne, il fut rappelé dans sa patrie et mis en possession du trône, d’après les vœux et aux applaudissements de tous. Il s’appliqua tout entier à faire disparaître les traces de ressentiments et d’inimitiés. Commençant par les choses saintes et par les églises, dont il réédifia ou restaura les unes, enrichit les autres de revenus et de faveurs, il mit ses plus grands soins à relever et faire refleurir la religion. Poussé par les grands du royaume à se marier, il conserva avec son épouse la virginité dans l’état du mariage : les écrivains sont d’accord pour l’affirmer. Il avait tant de foi et d’amour envers Jésus-Christ que plusieurs fois, pendant la célébration des saints Mystères, il mérita de le voir apparaître, le visage empreint de douceur divine. Partout on l’appelait le père des orphelins et des indigents, et jamais il n’était plus joyeux que lorsqu’il avait épuisé les trésors royaux à soulager les pauvres.
Sixième leçon. Doué du don de prophétie, il prévit surnaturellement plusieurs faits à venir concernant l’état de l’Angleterre, et, chose remarquable entre toutes, il connut par inspiration divine, au moment même où elle arrivait, la mort de Suénon, roi des Danois, qui fut submergé en s’embarquant pour aller faire invasion en Angleterre. Édouard eut pour saint Jean l’Évangéliste un culte particulier, et il avait coutume de ne rien refuser de ce qu’on sollicitait de lui en son nom. Saint Jean, sous les haillons d’un pauvre, lui ayant un jour demandé l’aumône, le roi, dépourvu d’argent, prit l’anneau qu’il portait au doigt et le lui donna ; mais peu de temps après, le saint Apôtre le lui rendit en l’avertissant de sa fin prochaine. Le roi demanda donc aussitôt des prières, et le jour des nones de janvier, jour qu’avait prédit l’Évangéliste, il mourut très saintement, l’an du Seigneur mil soixante-six. Des miracles ayant jeté sur lui de l’éclat, le Pape Alexandre III, au cours du siècle suivant, le mit au nombre des Saints. Innocent XI ordonna d’honorer sa mémoire dans toute l’Église par un Office public, et cela, au jour même où, trente-six ans après sa mort, son corps, dans la translation qu’on en fit, fut trouvé exempt de corruption et exhalant une suave odeur.

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XIXème Dimanche après la Pentecôte

11 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

XIXème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Moi je suis le salut du peuple, dit le Seigneur ; en quelque tribulation qu’ils crient vers moi, je les exaucerai, et je serai leur Seigneur pour toujours. Mon peuple, soyez attentif à ma loi, prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche.

Collecte

Dieu tout-puissant et miséricordieux, éloignez de nous, dans votre bonté, tout ce qui s’oppose à notre salut, afin que, libres d’esprit et de corps, nous accomplissions ce qui est de votre service avec des cœurs dégagés de toute entrave.

Epître Ep. 4, 23-28

Mes frères, renouvelez-vous de l’esprit de votre intelligence, et revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité. C’est pourquoi, renonçant au mensonge, dites chacun la vérité avec son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. Ne donnez pas prise au diable. Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il s’occupe en travaillant des mains à quelque chose de bon, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin.

 

Evangile Mt. 22, 1-14

En ce temps-là, Jésus, prenant la parole, parla de nouveau en paraboles, et il dit : Le royaume des deux est semblable à un roi qui fit faire les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces, mais ils ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant : Dites aux invités : J’ai préparé mon festin, mes bœufs, et mes animaux engraissés sont tués ; tout est prêt, venez aux noces. Mais ils ne s’en inquiétèrent point, et s’en allèrent, l’un à sa ferme et l’autre à son négoce ; les autres se saisirent de ses serviteurs, et les tuèrent, après les avoir accablés d’outrages. Lorsque le roi l’apprit, il fut irrité ; et ayant envoyé ses armées, il extermina ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes, mais ceux qui avaient été invités n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux qui seront là. Ses serviteurs, s’en allant par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’était pas revêtu de la robe nuptiale. Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir la robe nuptiale ? Et cet homme demeura muet. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Offertoire

Quand j’aurai marché au milieu des tribulations, vous me vivifierez, Seigneur ; vous étendrez votre main contre la fureur de mes ennemis et votre droite me sauvera.

Secrète

Nous vous en supplions, Seigneur, accordez-nous que ces dons que nous offrons aux regards de votre majesté, servent à notre salut.

Office

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, pape.

Septième leçon. Je me souviens de vous avoir déjà dit souvent que dans le saint Évangile l’Église présente est maintes fois nommée le Royaume des Cieux ; car on appelle Royaume des Cieux l’assemblée des justes. Le Seigneur en effet dit par le prophète : « Le ciel est mon trône ». Et Salomon assure que l’âme du juste est le trône de la sagesse. Paul aussi dit que le Christ est « puissance de Dieu et sagesse de Dieu ». C’est à nous de faire le lien : si Dieu est la sagesse, et l’âme du juste, le trône de la sagesse, vu que le ciel est appelé trône de Dieu, l’âme du juste est donc le ciel. Ceci est dit par le psalmiste à propos des saints prédicateurs : « Les cieux racontent la gloire de Dieu ».

Huitième leçon. Le Royaume des Cieux est donc l’Église des justes : car déjà le Seigneur règne en eux comme dans les cieux : du fait qu’ils soupirent après les choses d’en haut, leur cœur ne recherche rien sur la terre. On peut donc dire : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » Votre charité comprend déjà qui est ce Roi, père du Fils Roi. N’est-il pas celui à qui le psalmiste dit : « Dieu, donne au Roi ton jugement, et ta justice au fils du Roi ». « Il célébra les noces de son fils. » Dieu le Père célébra les noces de Dieu son Fils, quand il l’unit à la nature humaine dans le sein de la Vierge ; quand celui qui est Dieu dès avant les siècles, il a voulu le faire devenir homme à la fin des temps. Mais, bien que, normalement, cette union nuptiale se fasse entre deux personnes, qu’il soit banni de nos esprits de croire que la personne du Dieu-homme notre Rédempteur Jésus Christ, soit l’union de deux personnes.

Neuvième leçon. Nous disons que le Christ est constitué de deux natures et en deux natures ; mais gardons-nous bien, comme interdit, de croire qu’il est composé de deux personnes. On peut dire plus clairement et plus sûrement que le père célébra les noces du Roi son Fils quand il lui unit la sainte Église par le mystère de l’Incarnation. Or le sein de la Vierge Mère fut la chambre nuptiale de cet Époux. Aussi le psalmiste dit-il : « Dans le soleil il a dressé sa tente, il est comme l’époux qui sort de la chambre nuptiale ».

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

ÉPÎTRE.

La lecture de l’Épître aux Éphésiens, suspendue Dimanche en la manière que nous avons rapportée, est reprise aujourd’hui par la sainte Église. L’Apôtre a posé précédemment les principes dogmatiques de la vraie sainteté ; il déduit maintenant les conséquences morales de ces principes.

Rappelons-nous que la sainteté en Dieu est sa vérité même, la vérité vivante et harmonieuse, qui n’est autre que le concert admirable des trois divines personnes unies dans l’amour. Nous avons vu que la sainteté pour les hommes est aussi l’union à l’éternelle et vivante vérité par l’amour infini. Le Verbe a pris un corps pour manifester dans la chair cette vérité parfaite, dont il est l’expression substantielle ; son humanité, sanctifiée directement par la plénitude de la vie divine qui réside en lui, est devenue le modèle, et aussi le moyen, la voie unique de la sainteté pour toute créature.

Indépendamment du péché, les conditions de la nature finie retenaient l’homme bien loin de la vie divine ; mais il trouve en Jésus-Christ, tels qu’ils sont en Dieu, les deux éléments de cette vie : la vérité et l’amour. En Jésus, comme complément de son incarnation, la Sagesse aspire à s’unir aussi tous les membres de cette humanité dont il est le chef ; par lui l’Esprit-Saint, dont il est le réservoir sacré, se déverse sur l’homme pour l’adapter à sa vocation sublime, et consommer dans l’amour infini qui est lui-même cette union de toute créature avec le Verbe divin. Ainsi nous est communiquée la vie de Dieu, dont l’existence se résume dans la contemplation et l’amour de son Verbe ; ainsi sommes-nous sanctifiés dans la vérité, en participant à la sainteté même dont Dieu est saint par nature.

Mais si le Fils de l’homme, étant Dieu, participe pour sa race à la vie d’union dans la vérité, qui fait la sainteté de la Trinité souveraine, il ne communique cette vie, cette vérité, cette union déifiante, qu’à ceux des hommes qui sont devenus vraiment ses membres, qui reproduisent entre eux en lui, par l’opération de l’Esprit de vérité et d’amour, l’unité dont cet Esprit sanctificateur est en Dieu le lien tout-puissant. Que tous ils soient un, comme vous en moi et moi en vous, ô Père, disait l’Homme-Dieu ; qu’ils soient eux aussi UN en nous : je leur ai donné la gloire, c’est-à-dire la sainteté que vous m’avez donnée, pour qu’ils soient UN comme nous-mêmes nous sommes un, pour que, moi en eux et vous en moi, ils soient consommés et parfaits dans l’unité.Tel est, formulé par le Christ en personne, l’axiome simple et fécond, fondement du dogme et de la morale du christianisme. Jésus, dans cette prière sublime, expliquait ce qu’il venait de dire auparavant : Je me sanctifie pour eux, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la VÉRITÉ.

Comprenons maintenant la morale de saint Paul en notre Épître, et ce qu’il entend par cette justice et cette sainteté de la vérité qui est celle du Christ, de l’ homme nouveau que doit revêtir quiconque aspire à la possession des richesses énumérées dans les précédents passages de sa lettre immortelle. Qu’on relise l’Épître du XVIIe Dimanche, et l’on y verra que toutes les règles de l’ascétisme chrétien comme de la vie mystique se résument, pour l’Apôtre, dans ces mots : Soyons soucieux de l’UNITÉ. C’est le principe qu’il donne aux commençants comme aux parfaits ; c’est le couronnement des plus sublimes vocations dans l’ordre de la grâce, comme le fondement et la raison de tous les commandements de Dieu : tellement que, si nous devons nous abstenir du mensonge et dire la vérité à ceux qui nous écoutent, le motif en est, d’après l’Apôtre, que nous sommes membres les uns des autres !

Il est une sainte colère, dont parlait le psalmiste, et qu’inspire en certaines occasions le zèle de la loi divine et de la charité ; mais le mouvement d’irritation soulevé dans l’âme doit, alors même, s’apaiser au plus tôt : le prolonger serait donner place au diable, et lui laisser beau jeu pour ébranler ou renverser en nous, par la rancune et la haine, l’édifice de la sainte unité.

Avant notre conversion, le prochain n’avait pas moins que Dieu même à souffrir de nos fautes ; l’injustice nous coûtait peu, quand elle passait inaperçue ; l’égoïsme était notre loi, c’était la garantie du règne de Satan sur nos âmes. Maintenant que l’Esprit de sainteté a chassé l’indigne usurpateur, le meilleur signe de son empire reconquis est que non seulement les droits d’autrui sont désormais sacrés pour nous, mais que notre travail et toutes nos œuvres s’inspirent de la pensée des besoins du prochain à satisfaire. En un mot, poursuit et conclut l’Apôtre un peu plus loin, étant les imitateurs de Dieu comme ses fils très chers, nous marchons dans l’amour.

Ce n’est point autrement que l’Église, d’après saint Basile, anifeste au monde la grandeur des biens conférés à cette terre par l’Incarnation. L’assemblée des chrétiens parfaits montre la nature humaine, auparavant rompue et divisée en mille fragments, rejointe maintenant sur elle-même et pour Dieu ; c’est le résumé de ce que le Sauveur a fait dans la chair.

Le Christ a rendu la liberté de leurs mouvements à nos mains paralysées pour le bien surnaturel ; élevons-les spirituellement dans la prière, glorifiant Dieu par cet hommage qu’il agrée comme un sacrifice de suave odeur. C’est l’enseignement que la sainte Église nous donne par son exemple, au Graduel.

ÉVANGILE.

L’Évangile qu’on vient d’entendre a fait donner plus spécialement le nom de Dimanche des conviés aux noces au dix-neuvième Dimanche après la Pentecôte. Dès le commencement néanmoins de la série dominicale qui prend son point de départ à la descente de l’Esprit-Saint, l’Église proposait à ses fils l’enseignement évangélique qu’elle offre aujourd’hui derechef à leurs méditations ; au deuxième Dimanche après la Pentecôte, elle empruntait à saint Luc] l’exposé de la parabole du grand repas aux nombreux invités, que saint Matthieu, précisant davantage, appelle maintenant le festin des noces.

Placée ainsi au début et vers la fin de la saison liturgique à laquelle préside l’Esprit sanctificateur, cette parabole éclaire toute la partie de l’année qu’elle domine en cette manière, et révèle de nouveau le vrai but qu’y poursuit l’Église. Mais combien la lumière n’a-t-elle pas grandi, depuis le jour où nous furent présentées pour la première fois ces allégories mystérieuses ! Ce certain homme, homo quidam, qui fit un grand souper et y appela beaucoup de gens, est devenu le roi qui fait les noces de son fils et nous donne en ces noces l’image du royaume des cieux. L’histoire du monde, elle aussi, s’est depuis lors développée sous nos yeux, comme l’ont fait, en passant d’un évangéliste à l’autre, les termes eux-mêmes de l’allégorie. Les anciens et premiers conviés, qui d’abord se bornaient à décliner l’invitation du père de famille, ont crû en audace ; s’emparant des porteurs du message que leur adressait l’amour, ils les ont couverts d’insultes et mis à mort. Nous avons assisté à la vengeance de cet homme qui était Dieu même, du père d’Israël devenu le roi des nations ; nous avons vu ses armées perdre les homicides et briller leur ville. Et voilà qu’enfin, malgré le refus des invités de Juda et leur opposition perfide à la célébration des noces du Fils de Dieu, les noces sont prêtes et la salle est remplie.

Le roi céleste a laissé aux serviteurs de son amour le soin d’appeler de toute race les nouveaux conviés ; mais maintenant que les envoyés, selon ses ordres, ont parcouru la terre entière, rassemblé les nations pour ce jour de la joie de son cœur], il va descendre en personne, pour s’assurer lui-même que rien ne manque aux apprêts de la fête et donner le signal du festin éternel des noces sacrées. Or, pour une telle fête, en un tel lieu, rien ne saurait manquer que de la part des conviés ; que ceux-ci veillent donc à ne pas attirer sur eux, dans cet universel et suprême examen, la défaveur du très-haut prince qui les appelle à son alliance. S’il a daigné les convoquer, malgré leur pauvreté sordide, des places publiques et de tous les carrefours, il leur a laissé tout le temps de déposer les haillons du passé ; sachant bien qu’ils ne pouvaient se pourvoir eux-mêmes, il a mis à leur disposition, pour le banquet nuptial, les plus riches vêtements de sa grâce et des vertus. Malheur donc à quiconque serait trouvé, au dernier jour, sans la robe nuptiale de la charité ! sa faute n’aurait point d’excuse, et le roi la punirait justement par l’exclusion de la salle du festin, comme une insulte à son fils.

Tout ce qui précède, dans les Dimanches qui viennent de s’écouler, nous a montré l’Église soucieuse uniquement de préparer l’humanité à ces noces merveilleuses, dont la célébration est le seul but qu’ait poursuivi le Verbe divin en venant sur la terre. Dans son exil qui se prolonge, l’Épouse du Fils de Dieu nous est apparue comme le vivant modèle de ses fils ; mais elle n’a point cessé non plus de les disposer par ses instructions à l’intelligence du grand mystère de l’union divine. Il y a trois semaines], abordant plus directement qu’elle ne l’avait fait jusque-là le sujet de son unique préoccupation de Mère et d’Épouse, elle leur rappelait l’appel ineffable. Huit jours plus tard], par ses soins, l’Époux des noces auxquelles on les conviait se révélait à eux dans cet Homme-Dieu devenu l’objet du double précepte de l’amour qui résume toute la loi. Aujourd’hui, l’enseignement est complet. Elle le précise dans l’Office de la nuit, où saint Grégoire nous donne toute sa pensée ; avec la double autorité d’un grand Docteur et d’un grand Pape, au nom même de l’Église, il explique ainsi l’Évangile :

« Le royaume des cieux est l’assemblée des justes. Le Seigneur dit en effet par un prophète : Le ciel est mon trône] ; et Salomon dit d’autre part : L’âme du juste est le trône de la Sagesse], pendant que Paul appelle le Christ : Sagesse de Dieu. Si donc le ciel est le trône de Dieu, nous devons conclure évidemment que, la Sagesse étant Dieu et l’âme du juste le trône de la Sagesse, cette âme est un ciel... Le royaume des cieux est donc bien l’assemblée des justes... Si ce royaume est déclaré semblable à un roi qui fait les noces de son fils, votre charité comprend aussitôt quel est ce roi, père d’un fils roi comme lui-même, à savoir celui dont il est dit dans le psaume : O Dieu, confiez au Roi vos jugements, et votre justice au Fils du Roi] ! Dieu le Père a fait les noces de Dieu son Fils, quand il l’a uni à la nature humaine, quand il a voulu que celui qui était Dieu avant les siècles devînt homme sur la fin des siècles. Mais nous devons éviter le danger de laisser à entendre qu’il puisse exister dualité de personnes en notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ... A cause de cela, il peut être à la fois plus clair et plus sûr de dire que le Père a fait les noces du Roi son Fils, en lui unissant par le mystère de l’incarnation la sainte Église. Le sein de la Vierge mère a été la chambre nuptiale de cet Époux, dont le Psalmiste dit : Il a placé sa tente dans le soleil, il est l’Époux qui s’avance de sa chambre nuptiale. »

Malgré sa qualité d’Épouse chérie du Fils de Dieu, l’Église n’en est pas moins sujette ici-bas aux tribulations. Les ennemis de l’Époux, ne pouvant plus atteindre directement le Seigneur, portent sur elle leur rage. Le Seigneur voit dans ces épreuves, supportées par l’Église avec amour, un nouveau trait de cette conformité qu’elle doit avoir avec lui en toutes choses ; il la laisse donc souffrir en ce monde, se contentant de la soutenir toujours et de la sauver, comme ledit l’Offertoire, au milieu des maux qui vont croissant autour d’elle.

L’auguste Sacrifice qui se prépare obtient toujours son effet infini, en ce qui regarde la glorification de la Majesté souveraine ; mais sa vertu s’applique à l’homme dans une mesure plus ou moins grande, dépendant à la fois des dispositions de la créature et de la miséricorde suprême. Implorons donc, dans la Secrète, le Dieu tout-puissant, pour qu’il daigne nous faire éprouver abondamment l’effet des Mystères divins qui vont s’accomplir.

L’Homme-Dieu, par son contact divin au saint banquet, a rendu spirituellement la vigueur à nos membres ; souvenons-nous qu’il nous faut les consacrer désormais à son service, et que nos pieds raffermis doivent s’exercer à courir dans la voie des divins commandements.

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Saint François de Borgia confesseur

10 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint François de Borgia confesseur

Collecte

Seigneur Jésus-Christ, vous qui êtes le modèle et la récompense de la véritable humilité, et qui avez fait du bienheureux François votre glorieux imitateur dans le mépris des honneurs terrestres, accordez-nous la grâce de l’imiter et de partager sa gloire.

Office

Quatrième leçon. François, quatrième duc de Gandie, fils de Jean de Borgia et de Jeanne d’Aragon, petite-fille de Ferdinand le Catholique, après avoir passé au sein de sa famille une enfance admirable d’innocence et de piété, se montra plus admirable encore par la pratique exemplaire des vertus chrétiennes et l’austérité de sa vie, à la cour de l’empereur Charles-Quint, et ensuite dans le gouvernement de la Catalogne. A la mort de l’impératrice Isabelle, il fut chargé de conduire son corps à Grenade, pour y recevoir la sépulture. En voyant le changement opéré sur le visage de l’impératrice, il réfléchit à la vanité de tout ce qui est mortel, et s’engagea par vœu à se dépouiller de tous ses biens dès qu’il le pourrait, pour ne plus servir que le Roi des rois. Dès lors il avança tellement dans la vertu, qu’au milieu des affaires du siècle, il reproduisait tous les traits de la perfection religieuse, et qu’on l’appelait le prodige des princes.
Cinquième leçon. Éléonore de Castro, son épouse étant morte, il entra dans la Compagnie de Jésus, afin d’y mener plus sûrement une vie cachée, et de s’interdire l’accès aux dignités par l’engagement sacré d’un vœu. Il mérita que son exemple portât plusieurs princes à embrasser un genre de vie plus austère, et que Charles-Quint lui-même, en abdiquant l’empire, déclarât que François avait été son inspirateur et son guide. Dans cette profession de vie rigoureuse, François réduisit son corps à une maigreur extrême par le jeûne, les chaînes de fer, le cilice, des flagellations longues et sanglantes et la privation de sommeil. D’ailleurs, il ne s’épargnait aucune fatigue pour se vaincre et pour sauver les âmes. Orné de tant de vertus, il fut nommé, par saint Ignace, commissaire général de la Compagnie en Espagne, et quelques années après, on l’élut, malgré lui, troisième général de la Compagnie. Dans cette charge, il se rendit extrêmement cher aux princes temporels et aux souverains Pontifes, par sa prudence et sa sainteté. Il fonda ou développa en divers lieux nombre d’établissements, envoya des membres de sa Compagnie en Pologne, dans les îles de l’Océan, au Mexique et au Pérou, dirigea vers d’autres contrées des missionnaires qui, par leurs prédications, leurs sueurs et leur sang, propagèrent la foi catholique et romaine
Sixième leçon. Il avait de lui-même une si basse opinion qu’il s’appropriait le nom de pécheur, comme étant le sien. Il refusa avec une humilité qui ne se démentit jamais, la pourpre romaine que les souverains Pontifes lui offrirent à différentes reprises. Balayer la maison, mendier son pain aux portes, servir les malades dans les hôpitaux, par mépris de soi-même et du monde, il en faisait ses délices. Tous les jours il consacrait de longues heures, ordinairement huit et quelquefois dix, à la méditation des choses du ciel. Cent fois par jour, il faisait la génuflexion pour adorer Dieu. Jamais il n’omit de célébrer la sainte Messe. L’ardeur divine qui le consumait, se manifestait par l’éclat de son visage lorsqu’il offrait le saint Sacrifice, et quelquefois même pendant qu’il prêchait. Un instinct céleste lui marquait les lieux où le très saint corps de Jésus Christ, caché dans l’Eucharistie, se trouvait en réserve. Sur l’ordre de saint Pie V, il accompagna le Cardinal Alexandrin, légat du Siège apostolique, que le Pape envoyait auprès des princes chrétiens, pour former une ligue contre les Turcs. Ce fut donc par obéissance qu’il entreprit ce long voyage, malgré l’affaiblissement de ses forces. Il mourut à son retour à Rome, où il avait désiré achever sa vie, à l’âge de soixante-deux ans, en l’année mil cinq cent soixante-douze. Sainte Thérèse, qui recourait à ses conseils, l’appelait un saint, et Grégoire XIII, un fidèle administrateur. Enfin, de nombreux et grands miracles l’ayant glorifié, Clément X l’inscrivit au nombre des Saints.

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Saint Jean Léonardi confesseur mémoire des Saints Denis, Rustique et Eleuthère, Martyrs

9 Octobre 2020 , Rédigé par Ludovicus

Saint Jean Léonardi confesseur mémoire des Saints Denis, Rustique et Eleuthère, Martyrs

Collecte

O Dieu, afin de répandre la foi parmi les païens, vous avez suscité d’une merveilleuse façon le bienheureux Jean votre Confesseur, et vous lui avez fait fonder dans votre Église une nouvelle famille pour instruire les fidèles : donnez-nous, à nous vos serviteurs, de profiter si bien de ses enseignements que nous obtenions la vie éternelle.

Office

Jean Leonardi, né près de la ville de Lucques, montra dès son premier âge un air de gravité et de maturité. Appelé par Dieu à l’âge de vingt-six ans à s’enrôler dans la milice ecclésiastique, il apprit d’abord parmi les enfants les rudiments du latin, puis il fit de tels progrès dans les lettres et dans les disciplines philosophiques et théologiques qu’au bout de quatre ans à peine il fut élevé au sacerdoce, en vertu de l’obéissance. Il institua la Congrégation des clercs réguliers de la Mère de Dieu ; leurs efforts et leur zèle amenèrent une grande transformation spirituelle dans la république de Lucques. Il connut alors les poursuites acharnées des méchants, mais acceptant toutes les épreuves d’une âme sereine, il obtint de Grégoire XIII l’approbation de sa congrégation. Profondément affligé de savoir beaucoup de peuples privés dans les contrées lointaines de la lumière de l’Évangile, il fonda, après des entretiens avec le pieux prélat Vives, un groupement de prêtres qui aurait pour charge la formation de jeunes gens destinés à aller ensuite dans des pays éloignés pour y propager la foi. Il n’abandonna jamais le saint ministère et, dans la cendre et le cilice, il s’en alla vers le Seigneur, à Rome, le 9 octobre 1609. Pie XI l’inscrivit au nombre des saints.

Saint Jean Léonardi confesseur mémoire des Saints Denis, Rustique et Eleuthère, Martyrs
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