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Epiphanie du Seigneur

6 Janvier 2019 , Rédigé par Ludovicus

Epiphanie du Seigneur

Introït

Voilà que vient le Seigneur Maître ; le pouvoir est dans sa main, la puissance et l’empire. O Dieu, donnez au roi votre jugement et au fils du roi votre justice

Collecte

O Dieu, qui avez révélé en ce jour votre Fils unique aux païens par l’apparition d’une étoile : faites dans votre miséricorde que, vous connaissant déjà par la foi, nous soyons amenés à vous contempler dans l’éclat de votre majesté.

Lecture Is. 60, 1-6.

Lève-toi, et resplendis, Jérusalem ! Car ta lumière paraît, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et une sombre obscurité les peuples ; mais sur toi le Seigneur se lève, et sa gloire se manifeste sur toi. Les nations marchent vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever. Lève tes regards autour de toi, et vois : Tous se rassemblent, ils viennent à toi ; tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Tu le verras alors, et tu seras radieuse ; ton cœur tressaillira et se dilatera ; car les richesses de la mer se dirigeront vers toi, les trésors des nations viendront à toi. Des multitudes de chameaux te couvriront, les dromadaires de Madian et d’Epha ; tous ceux de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et publieront les louanges du Seigneur.

Évangile Mt. 2, 1-12

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus l’adorer." Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et il s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : "A Bethléem de Judée, car ainsi a-t-il été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple." Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les mages, s’enquit avec soin auprès d’eux du temps où l’étoile était apparue. Et il les envoya à Bethléem en disant : "Allez, informez-vous exactement au sujet de l’enfant, et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j’aille l’adorer." Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils eurent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, (Ici on se met à genoux) et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Secrète

Jetez une regard bienveillant, nous vous en supplions, Seigneur, sur les dons de votre Église, laquelle ne vous offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais Celui que figuraient ces offrandes, qui a été immolé et qui s’est fait notre nourriture, Jésus-Christ votre Fils, Notre-Seigneur.

Postcommunion

Faites, nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, que célébrant ce mystère en un office solennel nous en obtenions l’intelligence et en recueillions les fruits dans une âme purifiée.

Office

Au premier nocturne.

Du Prophète Isaïe. Cap. 55, 1-4 ; 60, 1-6 ; 61, 10-11 & 62, 1.

Première leçon. Vous tous qui avez soif, venez vers les eaux : et (vous) qui n’avez pas d’argent, hâtez-vous, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans aucun échange, du vin et du lait. Pourquoi dépensez-vous de l’argent à ce qui n’est pas du pain et votre travail à ce qui ne peut vous rassasier ? Écoutez-moi avec une grande attention, et mangez une bonne nourriture, et votre âme se délectera en s’engraissant. Inclinez votre oreille, et venez à moi ; écoute ?, et votre âme vivra et je ferai avec vous un pacte éternel (qui montrera) véritables les miséricordes (promises) à David. Voilà que je l’ai donné pour témoin aux peuples, pour chef et pour maître aux Nations.
Deuxième leçon. Lève-toi, sois éclairée, Jérusalem, parce qu’est venue ta lumière, et que la gloire du Seigneur sur toi s’est levée. Parce que voilà que les ténèbres couvriront la terre, et une obscurité, les peuples ; mais sur toi se lèvera le Seigneur, et sa gloire en toi se verra. Et des Nations marcheront à ta lumière, et des rois à la splendeur de ton lever. Lève autour de toi, tes yeux, et vois ; tous ceux-ci se sont rassemblés, ils sont venus à toi ; tes fils de loin viendront, et tes filles à ton côté se lèveront. Alors tu verras, et tu seras dans l’abondance ; ton cœur admirera et se dilatera, quand se sera tournée vers toi la richesse de la mer, et que la force des Nations sera venue à toi. Une inondation de chameaux te couvrira, des dromadaires de Madian et d’Epha ; tous viendront de Saba, apportant de l’or et de l’encens, et publiant des louanges en l’honneur du Seigneur.
Troisième leçon. Me réjouissant, je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu ; parce qu’il m’a revêtu des vêtements du salut, et du manteau de la justice ; il m’a enveloppé, comme l’époux paré d’une couronne, et comme l’épouse ornée de ses colliers. Car comme la terre produit son germe, et comme un jardin fait germer sa semence, ainsi le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les Nations. A cause de Sion, je ne me tairai pas, et à cause de Jérusalem je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que paraisse son juste comme une éclatante lumière, et que son sauveur, comme un flambeau, répande sa clarté.
Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. « Réjouissez-vous dans le Seigneur, mes bien-aimés, je le dis encore, réjouissez-vous » ; puisque peu de temps après la solennité de la Nativité de Jésus-Christ, la fête de sa manifestation brille à son tour : et celui que la Vierge a enfanté le vingt-cinq décembre, le monde l’a reconnu aujourd’hui. Le Verbe fait chair a disposé son entrée dans le monde de telle manière que l’enfant Jésus fut manifesté aux fidèles et caché à ses persécuteurs. Alors déjà « les cieux racontèrent la gloire de Dieu, et le bruit de la vérité se répandit dans toute la terre, » quand une armée d’Anges apparut aux pasteurs pour leur annoncer la naissance du Sauveur, et qu’une étoile servit de guide aux Mages pour le venir adorer. L’avènement du véritable Roi fut ainsi manifesté avec éclat du levant au couchant, car les royaumes de l’Orient apprirent des Mages les éléments de la foi, et ils ne restèrent pas cachés à l’empire romain.
Cinquième leçon. La cruauté d’Hérode, voulant étouffer dans le berceau le Roi qui lui était suspect, servait, à son insu, à cette diffusion de la foi. Tandis qu’il s’appliquait à faire réussir un crime détestable, et qu’il cherchait à envelopper dans un massacre général l’enfant qui lui restait inconnu, le bruit de ce massacre divulguait en tous lieux la naissance du maître du ciel. La nouvelle s’en répandit d’autant plus promptement et d’autant mieux, que le prodige d’un signe dans le ciel était plus nouveau, et l’impiété du persécuteur plus cruelle. Alors aussi le Sauveur fut porté en Égypte, pour que ce peuple attaché à d’anciennes erreurs fût préparé, par une grâce secrète, à recevoir son prochain salut, et afin qu’avant même d’avoir banni ses vieilles superstitions, ce pays reçût pour hôte la vérité même.
Sixième leçon. Reconnaissons donc, mes bien-aimés, dans les Mages adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance. Car dès ce moment nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste ; depuis lors les passages mystérieux des saintes Écritures qui se rapportaient au Christ ont été découverts pour nous, et la vérité que l’aveuglement des Juifs n’accepte pas, a répandu sa lumière dans toutes les Nations. Honorons donc ce très saint jour en lequel l’Auteur de notre salut s’est fait connaître, et Celui que les Mages ont adoré petit enfant dans une crèche, adorons-le, tout-puissant dans les Cieux. Et, comme les Rois firent de leurs trésors des offrandes mystiques au Seigneur, cherchons de même à trouver dans nos cœurs des dons qui méritent d’être offerts à Dieu.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Comme vous l’avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture de l’Évangile, un roi de la terre se troubla à la naissance du Roi des Cieux : c’est parce que les grandeurs terrestres sont confondues, lorsque celles du Ciel viennent à paraître. Mais nous devons chercher pour quel motif, à la naissance du Rédempteur, un Ange apparut aux pasteurs dans la Judée, tandis que ce ne fut pas un Ange, mais une étoile, qui servit de guide aux Mages de l’Orient, pour venir l’adorer. Ce fut, sans doute, parce que les Juifs, usant de la raison pour connaître le vrai Dieu, il était juste qu’un Ange, c’est-à-dire une créature raisonnable, leur annonçât la nativité du Sauveur ; quant aux Gentils, qui ne savaient pas se servir de leur raison, ils sont amenés à connaître le Seigneur, non par une voix, mais par des signes matériels. C’est pourquoi saint Paul a dit : « .Les prophéties sont données aux fidèles, non aux infidèles ; mais les signes sont pour les infidèles, non pour les fidèles. » Aussi les prophéties ont-elles été annoncées aux pasteurs qui étaient Juifs, comme à des fidèles, et les signes ont-ils été donnés aux Mages, comme à des infidèles et non comme à des fidèles.
Huitième leçon. Il faut remarquer que lorsque notre Rédempteur aura atteint l’âge d’homme parfait, les Apôtres le prêcheront à ces mêmes Gentils, tandis que lorsqu’il est enfant, et ne se sert pas encore pour parler de ses organes corporels, c’est une étoile qui l’annonce à la Gentilité. L’ordre de la raison voulait sans doute que ce fussent des prédicateurs qui parlassent pour nous faire connaître le Seigneur quand lui-même eut parlé, et que des éléments muets l’annonçassent lorsqu’il ne parlait pas encore. Mais nous devons considérer, au souvenir de tous les prodiges qui ont paru, et à la naissance et à la mort du Seigneur, quelle fut la dureté de cœur de ceux des Juifs qui ne le reconnurent, ni au don de prophétie ni à ses miracles.
Neuvième leçon. Tous les éléments ont rendu témoignage à la venue de leur Auteur. Et, pour en parler selon le langage usité parmi les hommes, les cieux ont reconnu qu’il était Dieu, puisqu’aussitôt ils ont envoyé l’étoile. La mer l’a reconnu, car elle s’est affermie sous ses pas. La terre l’a reconnu, puisqu’elle a tremblé, quand il expirait. Le soleil l’a reconnu puisqu’alors il a caché les rayons de sa lumière. Les rochers et les murailles l’ont reconnu, puisqu’au moment de sa mort, ils se sont fendus. L’enfer l’a reconnu, car il a rendu à la liberté les morts qu’il renfermait. Et cependant, celui que tous les éléments insensibles ont reconnu pour leur Seigneur, les cœurs des Juifs infidèles ne l’ont pas reconnu comme Dieu, et plus durs que les rochers ils n’ont pas voulu s’ouvrir à la pénitence.

 

 

 

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Sainte Geneviève vierge

3 Janvier 2019 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Geneviève vierge

Sainte Geneviève, patronne de Paris, naquit au village de Nanterre, vers l'an 422. Elle est la fille d'un officier franc, Severus, converti au christianisme nicéen (catholicisme), qui a servi dans l'armée romaine en Gaule et d'une gauloise, Gerontia, fille de Gerontius, maître de cavalerie et ami personnel de Constantin III, qui tentait de préserver une partie de la Gaule de l'installation des Germains. Ils possédaient des terres cultivables du côté de Melun et de Meaux où poussait le blé.

Elle était âgée de sept ans quand saint Germain, évêque d'Auxerre, traversa le village de Nanterre, où elle habitait. Éclairé par une lumière divine, le Saint discerna cette modeste enfant parmi la foule accourue sur ses pas :

"Béni soit, dit-il à ses parents, le jour où cette enfant vous fut donnée. Sa naissance a été saluée par les anges, et Dieu la destine à de grandes choses." Puis, s'adressant à la jeune enfant, il la confirma dans son désir de se donner tout à Dieu : "Ayez confiance, ma fille, lui dit-il, demeurez inébranlable dans votre vocation ; le Seigneur vous donnera force et courage."

Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris

Geneviève reçut le voile à quatorze ans, des mains de l'archevêque de Paris, et, après la mort de ses parents, elle quitta Nanterre pour se retirer à Paris même, chez sa marraine, où elle vécut plus que jamais saintement. Malgré ses austérités, ses extases, ses miracles, elle devint bientôt l'objet de la haine populaire, et le démon jaloux suscita contre elle une guerre acharnée. Il fallut un nouveau passage de saint Germain de Nanterre pour rétablir sa réputation : "Cette vierge, dit-il, sera votre salut à tous."

Bientôt, en effet, le terrible Attila, surnommé le Fléau de Dieu, envahissait la Gaule ; mais Geneviève prêcha la pénitence, et, selon sa prédiction, Paris ne fut pas même assiégé.

"Ayez confiance, priez et Dieu vous écoutera". C'est ce que Sainte Geneviève dit aux Parisiens lors du Conseil municipal qui se réunit pour débattre de l'évacuation de la ville devant l'invasion d'Attila.

Mais on ne l'écouta pas. Les prêtres eux-mêmes se détournaient d'elle et commencèrent à entasser les trésors de l'église S. Étienne sur des barques que les nautes avaient amarrées au port et où magistrats, marchands, artisans, commerçants commençaient à s'installer avec leurs biens. Les hommes pressaient leurs épouses et leurs enfants de partir avec eux. Sur des chariots étaient amassés des meubles, de l'argent, des vivres, des troupeaux, des animaux domestiques. Tout le monde voulait s'échapper de Lutèce, fuir par le fleuve, par les routes et les sentiers. On partait, on quittait Lutèce, on abandonnait les toits. Geneviève courut alors d'un endroit à un autre de l'Île, et même traversa à plusieurs reprises le pont pour tenter d'arrêter le flot des exilés. Elle osa sur le port s'adresser aux hommes et elle les exhorta à ne pas abandonner leur ville. Comme ils proférèrent des injures et finirent par la bousculer, elle fit appel à leur patriotisme gaulois. Elle évoqua l'antique cité lorsqu'elle était habitée par des hommes farouches et libres avant l'occupation romaine... et la défaite de Camulogène devant Labienus, lieutenant de César. Elle parla de ces précédentes invasions auxquelles toute la population de la cité sut résister en s'enfermant dans l'Île, en fortifiant les plus vastes de ses monuments. Elle s'étonna que soudain ils abdiquaient, alors que leurs pères et leurs aïeux leur avaient donné tant d'exemples de courage et d'abnégation. Geneviève se réfugia dans le baptistère S. Jean-en-Rond et là, au cours de la journée, bon nombre d'épouses, de mères ou de jeunes filles vinrent la rejoindre pour soutenir son action. Elles finirent par se retrouver nombreuses dans le baptistère et par s'y enfermer à l'abri des imprécations de leurs époux qui n'osaient quitter la ville sans elles. Elles s'agenouillèrent avec Geneviève et commencèrent des prières, des suppliques, pour demander à Dieu d'écarter Attila du chemin de Lutèce. Après avoir pris Orléans, Attila décida de lever le siège d'Orléans et de rebrousser chemin en direction de Troyes. L'affrontement des armées eu lieu aux Champs Catalauniques (451). Attila défait, Geneviève était rassurée en apprenant qu'il franchit les Alpes et s'apprêtait à entreprendre la conquête de l'Italie: ne l'avait-t-elle pas prédit ? Elle ne douta pas que le Hun se perdrait dans cette nouvelle aventure après la défaite qu'il venait d'essuyer. (Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997)

La sainte mourut à quatre-vingt-neuf ans, le 3 janvier 512.
D'innombrables miracles ont été opérés par son intercession.

Son tombeau est toujours entouré de vénération dans l'église de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris.
Le reliquaire contenant les restes de la Sainte situé dans une crypte de l'église Sainte Geneviève comportait une grande quantité d'or et d'argent ainsi que des pierres précieuses qui avaient été données par des nobles. Il sera hélas fondu avec avidité en 1793 par la Commune de Paris, et une partie de ses reliques 
furent brûlées par les barbares avant d'être jetées dans la Seine en 1793. L'église Sainte Geneviève, confisquée en 1791 avec l'abbaye dont elle dépendait, fut abattue de 1801 à 1807... Ce ne sera hélas pas le seul exemple de profanations de symboles et de monuments chrétiens lors de la Révolution.
Mais la pierre tombale qui supportait le corps de la Sainte depuis 512 avait été épargnée en 1793 par manque d'intérêt et s'est mélangée au milieu des débris de l'église : elle sera retrouvée en 1802 avant d'être transférée de l'église Sainte Geneviève vers l'église Saint-Etienne-du-Mont. Une chapelle lui est dédiée en 1852 :

  • la pierre tombale sera recouverte d'une châsse, véritable manteau d'orfèvrerie,
  • une copie de la statue qui ornait l'ancienne église Sainte Geneviève a été intégrée dans l'autel,
  • trois reliquaires comportant les dernières reliques de la Sainte, qui avaient été distribuées à d'autres paroisses, sont déposés au pied de la statue.

Encore aujourd'hui, de très nombreux cierges sont allumés par des personnes souhaitant obtenir quelque grâce par l'intercession de la sainte et à la suite de la fête de Ste Geneviève début janvier, de très nombreux fidèles s'y retrouvent en pèlerinage pour prier.

Sources

Les saints du jour ; Sainte Geneviève et l'église de Saint-Etienne-du-Mont; wikipedia 1, 2; Sainte-Geneviève.net

Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997

Sainte Geneviève vierge
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Très saint Nom de Jésus

2 Janvier 2019 , Rédigé par Ludovicus

Très saint Nom de Jésus

Introït

Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. Seigneur, notre Maître, que votre nom est admirable dans toute la terre.

Collecte

O Dieu qui avez établi votre Fils unique Sauveur du genre humain, et avez ordonné qu’on l’appelât Jésus, faites, dans votre miséricorde, que nous jouissions dans les cieux de la vue de celui dont nous vénérons le saint nom sur la terre

Épitre Ac. 4, 8-12

En ce jours là : Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : "Chefs du peuple et Anciens, puisqu’on nous interroge aujourd’hui sur un bienfait (accordé) à un infirme, (pour savoir) comment cet homme a été guéri, sachez-le bien, vous tous, et tout le peuple, d’Israël : C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme est présent devant vous en pleine santé. C’est lui, la pierre rejetée par vous les constructeurs, qui est devenue tête d’angle. Et le salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés."

Communion

Toutes les Nations que vous avez créées viendront et se prosterneront devant vous Seigneur, et elles rendront gloire à votre nom ; car vous êtes grand et vous faites des prodiges ; vous seul êtes Dieu, alléluia

Office

Au premier nocturne.

Des Actes des Apôtres. Cap. 3, 1-16 ; 4, 5-12.

Première leçon. Or Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de la neuvième heure. Et voilà qu’un homme qui était boiteux dès le sein de sa mère, était porté chaque jour et posé à la porte du temple, appelée la Belle, afin qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple. Celui-ci, ayant vu Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, les priait pour avoir l’aumône. Fixant avec, Jean les yeux sur lui, Pierre lui dit : Regarde-nous. Et il les regardait, espérant recevoir quelque chose d’eux. Mais Pierre dit : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et lui ayant pris la main droite, il se leva ; et aussitôt ses jambes et les plantes de ses pieds s’affermirent. Et, s’élançant, il se dressa debout et il marchait ; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.
Deuxième leçon. Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu. Ainsi, reconnaissant que c’était celui-là même qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, ils turent étonnés et hors d’eux-mêmes de ce qui lui était arrivé. Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon. Ce que voyant, Pierre dit au peuple : Hommes d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de ceci, ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu ou par notre puissance que nous avons fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez, vous, livré et renié devant Pilate, quand il jugeait lui-même de le renvoyer. Car c’est vous qui avez renié le Saint et le Juste, et qui avez demandé qu’on remit un meurtrier ; vous avez même tué l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts, ce dont nous sommes témoins. Or c’est par la foi en son nom, que son nom a affermi cet homme que vous voyez et connaissez, et c’est la foi qui vient par lui qui a opéré, en votre présence, cette entière guérison.
Troisième leçon. Or il arriva, le lendemain, que leurs chefs, les anciens et les Scribes, s’assemblèrent à Jérusalem. Et aussi Anne, prince des prêtres, Caïphe, Jean, et tous ceux qui étaient de la race sacerdotale. Et les faisant placer au milieu, ils demandaient : Par quelle puissance et en quel nom avez-vous fait cela, vous ? Alors, rempli de l’Esprit-Saint, Pierre leur dit : Princes du peuple, et vous, anciens, écoutez : Puisqu’aujourd’hui nous sommes jugés à cause d’un bienfait en faveur d’un homme infirme, et à cause de celui en qui il a été guéri ; qu’il soit connu de vous tous et de tout le peuple d’Israël que c’est au nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c’est par lui que cet homme est ici devant vous, debout et sain. Ce Jésus est la pierre qui a été rejetée par vous qui bâtissiez, et qui est devenue un sommet d’angle. Et il n’y a de salut en aucun autre ; car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. Ce n’est pas sans raison que l’Esprit-Saint compare à l’huile le nom de l’époux, et qu’il inspire à l’épouse de crier à l’époux : « Votre nom est une huile répandue. » En effet, l’huile éclaire, nourrit, et sert à oindre. Elle entretient le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur : c’est une lumière, un aliment, un remède. Voyez maintenant s’il n’en est pas de même du nom de l’époux ? Prêché, il éclaire ; médité, il nourrit ; invoqué, il adoucit et fortifie. Examinons chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait jailli dans le monde cette si grande et si soudaine lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce nom béni que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? N’est-ce pas à ceux qui sont illuminés par l’éclat de ce nom, et qui voient en cette lumière une autre lumière, que saint Paul dit à bon droit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? »
Cinquième leçon. C’est ce nom que le même Apôtre a reçu ordre de porter devant les rois, les Gentils et les enfants d’Israël. Et il portait ce nom comme un flambeau, il en éclairait sa patrie, et il criait partout : « La nuit est déjà fort avancée, et le jour approche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière ; comme durant le jour, marchons honnêtement. » Et il montrait à tous la lumière sur le chandelier. annonçant en tous lieux Jésus, et Jésus crucifié. Combien cette lumière a resplendi et frappé de son éclat les yeux de tous les spectateurs, lorsque, sortant comme un éclair de la bouche de Pierre, elle affermit les jambes et les pieds d’un boiteux et rendit la vue à beaucoup d’aveugles spirituels ? N’a-t-elle pas jeté des flammes lorsque Pierre dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche. »
Sixième leçon. Or, le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, mais il est aussi nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous en souvenez ? Qu’y a-t-il qui nourrisse autant l’esprit de celui qui y pense ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, repose les cœurs agités, donne de l’énergie aux vertus, développe les habitudes bonnes et justes, entretient les chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est arrosée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel. Quand vous écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le nom de Jésus. Une conférence ou un entretien ne me plaît pas, si je n’y entends résonner le nom de Jésus. Jésus, c’est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation pour le cœur. Mais ce nom est encore un remède. L’un de nous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur, que de là il passe à sa bouche, et aussitôt que ce divin nom a paru comme un astre qui se lève et répand sa lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ? Court-il même, en se désespérant, dans les filets de la mort ? S’il invoque ce nom de vie, ne recommencera-t-il pas sur-le-champ à respirer et à vivre ?
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. Grand et admirable mystère ! L’enfant est circoncis, et on l’appelle Jésus. Que signifie ce rapprochement ? La circoncision semble faite, en effet, plutôt pour celui qui doit être sauvé que pour celui qui sauve ; n’est-ce pas le Sauveur qui devrait circoncire plutôt qu’être circoncis ? Mais reconnaissez ici le médiateur entre Dieu et les hommes, qui, dès les premiers jours de son enfance, rapproche les choses humaines des choses divines, ce qu’il y a de plus bas de ce qu’il y a de plus élevé. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité ne fait point tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de langes, mais ces langes mêmes sont honorés par les cantiques des Anges, il est caché dans une crèche, mais il est annoncé par une étoile qui brille dans les cieux. En même temps que la circoncision prouve la vérité de l’humanité qu’il a prise, son nom, qui est au-dessus de tout nom, indique la gloire de sa majesté, il est circoncis comme un véritable fils d’Abraham, il est appelé Jésus comme le vrai Fils de Dieu.
Huitième leçon. Mon Jésus ne reçoit pas un nom vide et sans effet, à l’instar de ceux qui l’ont reçu auparavant : porté par lui, ce grand nom n’est plus une ombre, il exprime la vérité, L’Évangéliste assure qu’il fut apporté du ciel, ce nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Faites attention à la profondeur de ces paroles : « Après que Jésus fut né. » Il est appelé Jésus par les hommes, lui à qui l’Ange a donné ce nom avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Il est en effet tout à la fois et le Sauveur de l’Ange, et le Sauveur de l’homme : Sauveur de l’homme, depuis l’incarnation ; Sauveur de l’Ange depuis l’instant de sa création. « II fut, dit l’Évangéliste, nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné. » « Toute parole est avérée sur la déposition de deux ou trois témoins. » Et cette parole même, abrégée dans les Prophètes, se lit ouvertement dans l’Évangile qui nous montre le Verbe fait chair.
Neuvième leçon. C’est avec raison que l’enfant qui nous est né est appelé Sauveur, à sa circoncision : c’est alors effectivement qu’il commence l’œuvre de notre salut en versant pour nous son sang immaculé. Les Chrétiens n’ont donc plus à chercher pourquoi le Seigneur Jésus-Christ a voulu être circoncis ; il l’a été pour la même raison qui l’a fait naître et souffrir. Rien de tout cela n’était pour lui, mais tout était pour les élus. Il n’est pas né dans le péché, il n’a pas été circoncis pour être guéri du péché, il n’est pas mort pour son péché, mais à cause de nos fautes. « C’est le nom, dit l’Évangile, dont l’Ange l’avait appelé avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. » Il est appelé de ce nom ; ce nom ne lui est pas imposé, il lui appartient de toute éternité. C’est de sa nature propre qu’il tient d’être Sauveur : ce nom est à lui dès avant sa naissance : il ne le reçoit d’aucune créature angélique ou humaine.

 

Le deuxième Dimanche après l’Épiphanie, qui rappelle le festin des noces de Cana, fut d’abord choisi pour célébrer cette fête. C’est au jour nuptial que le nom de l’Époux devient propre à l’Épouse : ce nom désormais témoignera qu’elle est à lui L’Église, voulant honorer d’un culte spécial un nom pour elle si précieux, en unissait donc le souvenir à celui des Noces divines. Aujourd’hui, elle rapproche de l’anniversaire même du jour où il fut donné, huit jours après sa naissance, la célébration de ce Nom auguste, et laisse à la commémoration des Noces sacrées le Dimanche dont de tout temps cette commémoration fut la gloire.

L’ancienne alliance avait environné le Nom de Dieu d’une terreur profonde : ce nom était pour elle aussi formidable que saint, et l’honneur de le proférer n’appartenait pas à tous les enfants d’Israël. Dieu n’avait pas encore été vu sur la terre, conversant avec les hommes ; il ne s’était pas encore fait homme lui-même pour s’unir à notre faible nature : nous ne pouvions donc lui donner ce Nom d’amour et de tendresse que l’Épouse donne à l’Époux.

Mais quand la plénitude des temps est arrivée, quand le mystère d’amour est sur le point d’apparaître, le Nom de Jésus descend d’abord du ciel, comme un avant-goût de la présence du Seigneur qui doit le porter. L’Archange dit à Marie : « Vous lui donnerez le Nom de Jésus » ; or, Jésus veut dire Sauveur. Que ce Nom sera doux à prononcer à l’homme qui était perdu ! Combien ce seul Nom rapproche déjà le ciel de la terre ! En est-il un plus aimable, un plus puissant ? Si, à ce Nom divin, tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers, est-il un cœur qui ne s’émeuve d’amour à l’entendre prononcer ? Mais laissons raconter à saint Bernard la puissance et la douceur de ce Nom béni. Voici comme il s’exprime, à ce sujet, dans son XVe Sermon sur les Cantiques [1] :

« Le Nom de l’Époux est une lumière, une nourriture, un remède. Il éclaire, quand on le publie ; il nourrit, quand on y pense à part soi ; et quand on l’invoque dedans la tribulation, il procure l’adoucissement et l’onction. Parcourons, s’il vous plaît, chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait pu se répandre, par tout l’univers, cette si grande et si soudaine lumière de la Foi, si ce n’est de la prédication du Nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce Nom béni, que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? De laquelle étant illuminés, et voyant en cette lumière une autre lumière, nous oyons saint Paul nous dire à bon droit : Vous avez été jadis ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.
« Or, le Nom de Jésus n’est pas seulement lumière ; ains encore, il est nourriture. N’êtes-vous donc pas confortés, toutes fois et quantes que vous rappelez à votre cœur ce doux Nom ? Qu’est-il au monde qui nourrisse autant l’esprit de celui qui pense à lui ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, répare les sens affaiblis, donne de l’énergie aux vertus, fait florir les bonnes mœurs, et entretient les honnêtes et chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est détrempée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel.
« Quand vous m’écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le Nom de Jésus. Lorsque vous disputez ou conférez avec moi, le conteste n’a pour moi aucun intérêt, si je n’y entends résonner le Nom de Jésus. Jésus est un miel à ma bouche, une mélodie à mon oreille, une jubilation à mon cœur ; oui même, outre ce, une médecine bienfaisante. L’un de vous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur ; que de là il passe en sa bouche, et incontinent, à la venue de ce divin Nom qui est une vraie lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ; voire même, court-il, en se désespérant, au lacs de la mort ? S’il invoque le Nom de Jésus, ne recommencera-t-il pas de suite à respirer et à vivre ? Qui jamais oncques demeura dedans l’endurcissement du cœur, comme font tant d’autres, ou bien dedans la torpeur de la fétardie, la rancune, ou la langueur de l’ennui ? Quel est celui qui, par aventure, ayant à sec la source des larmes, ne l’ait sentie soudainement couler plus abondante et plus suave, sitôt que Jésus a été invoqué ? Quel est l’homme qui, palpitant et s’alarmant, au fort des périls, puis venant à invoquer ce Nom de vaillance, n’a pas senti tout aussitôt naître en soi la confiance et fuir la crainte ? Quel est celui, je vous le demande, qui, ballotté et flottant à la merci des doutes, n’a pas, sur-le-champ, je le dis sans balancer, vu reluire la certitude, à l’invocation d’un Nom si éclatant ? Qui est-ce qui, durant l’adversité, écoutant la méfiance, n’a pas repris courage, au seul son de ce Nom de bon secours ? Par effet, ce sont là les maladies et langueurs de l’âme, et il en est le remède.
« Certes, et je puis vous le prouver par ces paroles : Invoque-moi, dit le Seigneur, au jour de la tribulation, et je t’en tirerai, et tu m’honoreras. Rien au monde n’arrête si bien l’impétuosité de la colère, et n’accoise pareillement l’enflure de la superbe. Rien aussi parfaitement ne guarit les plaies de la tristesse, comprime les débordements de la paillardise, éteint la flamme de la convoitise, étanche la soif de l’avarice, et bannit toutes les démangeaisons des passions déshonnêtes. De vrai, quand je nomme Jésus, je me propose un homme débonnaire et humble de cœur, bénin, sobre, chaste, miséricordieux, et, en un mot, brillant de toute pureté et sainteté. C’est Dieu lui-même tout-puissant qui me guérit par son exemple, et me renforce par son assistance. Toutes ces choses retentissent à mon cœur, lorsque j’entends sonner le Nom de Jésus. Ainsi, en tant qu’il est homme, j’en tire des exemples, pour les imiter ; et en tant qu’il est le Tout-Puissant, j’en tire un secours assuré. Je me sers desdits exemples comme d’herbes médicinales, et du secours comme d’un instrument pour les broyer, et j’en fais une mixtion telle que nul médecin n’en saurait faire de semblable.
« O mon âme ! tu as un antidote excellent, caché comme en un vase, dans ce Nom de Jésus ! Jésus, pour le certain, est un Nom salutaire et un remède qui jamais oncques ne se trouvera inefficace pour aucune maladie. Qu’il soit toujours en votre sein, toujours à votre main : si bien que tous vos sentiments et vos actes soient dirigés vers Jésus. »

Telle est donc la force et la suavité du très saint Nom de Jésus, qui fut imposé à l’Emmanuel le jour de sa Circoncision ; mais, comme le jour de l’Octave de Noël est déjà consacré à célébrer la divine Maternité, et que le mystère du Nom de l’Agneau demandait à lui seul une solennité propre, la fête d’aujourd’hui a été instituée. Son premier promoteur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne, qui établit et propagea l’usage de représenter, entouré de rayons, le saint Nom de Jésus, réduit à ses trois premières lettres IHS, réunies en monogramme. Cette dévotion se répandit rapidement en Italie, et fut encouragée par l’illustre saint Jean de Capistran, de l’Ordre des Frères Mineurs, comme saint Bernardin de Sienne. Le Siège Apostolique approuva solennellement cet hommage au Nom du Sauveur des hommes ; et, dans les premières années du XVIe siècle, Clément VII, après de longues instances, accorda à tout l’Ordre de saint François le privilège de célébrer une fête spéciale en l’honneur du très saint Nom de Jésus.

Rome étendit successivement cette faveur à diverses Églises ; mais le moment devait venir où le Cycle universel en serait enrichi lui-même. Ce fut en 1721, sur la demande de Charles VI, Empereur d’Allemagne, que le Pape Innocent XIII décréta que la Fête du très saint Nom de Jésus serait célébrée dans l’Église entière, et il la fixa tout d’abord, comme nous l’avons dit, au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

 

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Saint Silvestre Ier pape et confesseur mémoire de l’Octave de la Nativité,

31 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Silvestre Ier pape et confesseur mémoire de l’Octave de la Nativité,

Collecte

Faites, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, que la solennité vénérable du bienheureux Silvestre, votre Confesseur et Pontife, augmente en nous la dévotion, et nous aide pour notre salut.

Épitre 2. Tm. 4, 1-8

Mon bien-aimé, je t’adjure, devant Dieu et Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et par son règne, prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, supplie, menace, en toute patience et toujours en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils amasseront autour d’eux des docteurs selon leurs désirs ; et éprouvant aux oreilles une vive démangeaison, ils détourneront l’ouïe de la vérité, et ils la tourneront vers des fables. Mais toi, sois vigilant, travaille constamment, fais l’œuvre d’un évangéliste, acquitte-toi pleinement de ton ministère ; sois sobre. Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de ma dissolution approche, j’ai combattu le bon combat, j’ai achève ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui aiment son avènement

Office

Au premier nocturne.

De l’Épître aux Romains. Cap. 3, 19-31

Première leçon. Or nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, de sorte que toute bouche soit fermée, et que tout le monde devienne soumis à Dieu ; parce que nulle chair ne sera justifiée devant lui par les œuvres de la loi. Car, par la loi, on n’a que la connaissance du péché. Tandis que maintenant, sans la loi, la justice de Dieu a été manifestée, étant confirmée par te témoignage de la loi et des prophètes. Or la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ est pour tous ceux et sur tous ceux qui croient en lui, car il n’y a point de distinction.
Deuxième leçon. Parce que tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu. Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, que Dieu a établi propitiation par la foi en son sang, pour montrer sa justice par la rémission des péchés précédents, que Dieu a supportés pour montrer sa justice en ce temps, afin qu’il soit juste lui-même, et qu’il justifie celui qui a la foi en Jésus-Christ.
Troisième leçon. Où donc est le sujet de ta gloire ? Il est exclu. Par quelle loi ? Des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Car nous reconnaissons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement ? Ne l’est-il pas aussi des Gentils ? Oui, certes, des Gentils aussi, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu qui justifie les circoncis par la foi, et les incirconcis par la foi. Nous détruisons donc la loi par la foi ? Loin de là ; car nous établissons la loi.
 

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Silvestre était romain, et son père se nommait Rufin. Dès sa jeunesse, il eut pour maître le Prêtre Cyrinus, dont il imita parfaitement la science et les mœurs. Tant que sévit la persécution, il demeura caché sur le mont Soracte ; mais à l’âge de trente ans, il fut ordonné Prêtre de la sainte Église romaine, par le Pontife Marcellin. Comme il s’acquittait de cet office d’une manière digne de toute louange, surpassant tous les autres clercs, il fut, dans la suite, choisi pour succéder au Pape Melchiade, sous l’empereur Constantin, qui venait d’accorder, par une loi la paix à l’Église du Christ. Dès qu’il eut pris en main le gouvernement de l’Église, il encouragea fortement Constantin (illustre déjà par l’apparition d’une croix dans le ciel et par sa victoire sur le tyran Maxence), à protéger et à propager la religion chrétienne. Comme une vieille tradition de l’Église romaine le rapporte, il lui fit reconnaître les portraits des Apôtres, le lava dans les eaux du saint baptême et le purifia de la lèpre de l’infidélité.
Répons du Commun

Cinquième leçon. Aussi le pieux empereur, à l’instigation de Silvestre, auquel il avait accordé la faculté de construire des temples publics pour les fidèles du Christ, confirma cette faculté de son propre exemple. Il érigea, en effet, beaucoup de basiliques : celle de Latran, dédiée au Christ Sauveur, de saint Pierre au Vatican, de saint Paul sur la voie d’Ostie, de saint Laurent dans l’Agro Verano, de la sainte Croix dans le palais Sessorianus, des saints Pierre et Marcellin et de sainte Agnès sur les voies Lavicane et Nomentane, et d’autres encore. L’empereur les orna avec splendeur d’images saintes, et les enrichit avec magnificence par les dons et les domaines qu’il leur assigna. Sous le pontificat de Silvestre fut tenu le premier concile de Nicée, où ses légats présidèrent et où Constantin assista. La sainte foi catholique y fut expliquée par trois cent dix-huit Évêques ; Arius et ses sectateurs furent condamnés. A la demande des Pères, Silvestre confirma encore ce concile dans un synode tenu à Rome, où Arius fut de nouveau condamné. Silvestre rendit beaucoup de décrets utiles à l’Église de Dieu, et qui restent connus sous son nom : à savoir, que l’Évêque seul consacrerait le Chrême ; que, dans l’administration du baptême, le Prêtre oindrait avec du Chrême le sommet de la tête du baptisé ; que les Diacres porteraient la dalmatique à l’église, qu’ils auraient sur le bras gauche le manipule de lin ; enfin que le sacrifice de l’autel ne serait offert que sur un voile de lin.

Sixième leçon. On rapporte que saint Silvestre fixa aussi, pour tous ceux qui entreraient dans les ordres, un certain temps, durant lequel ils devraient exercer successivement leur ordre dans l’Église, avant d’être élevés au degré supérieur. Il statua encore qu’un laïque ne pourrait porter d’accusation contre un ecclésiastique, et qu’un clerc ne plaiderait pas sa cause devant un tribunal séculier. Il voulut qu’à l’exception du Samedi et du Dimanche, les jours de la semaine fussent désignés sous le nom de Féries, comme on avait déjà commencé à le faire auparavant dans l’Église, pour signifier que les clercs doivent ne s’occuper absolument que de Dieu seul, se dégageant de tout ce qui est étranger à son service. La grande sainteté de Silvestre, et sa bonté envers les pauvres, répondirent constamment à cette sagesse céleste avec laquelle il gouvernait l’Église. Il pourvut à ce que les ecclésiastiques dans le besoin vécussent en commun avec ceux qui étaient riches, et à ce que l’on procurât aux vierges consacrées les ressources nécessaires pour leur subsistance. Il vécut dans le pontificat vingt et un ans, dix mois et un jour. Il fut enterré dans le cimetière de Priscille, sur la voie Salaria. En sept ordinations du mois de décembre, il ordonna quarante-deux Prêtres et vingt-cinq Diacres et consacra soixante-cinq Évêques pour divers lieux.

 

Jusqu’ici, nous avons contemplé les Martyrs au berceau de l’Emmanuel. Étienne, qui a succombé sous les cailloux du torrent ; Jean, Martyr de désir, qui a passé par le feu ; les Innocents immolés par le glaive ; Thomas, égorgé sur le pavé de sa cathédrale : tels sont les champions qui font la garde auprès du nouveau Roi. Cependant, si nombreuse que soit la troupe des Martyrs, tous les fidèles du Christ ne sont pas appelés à faire partie de ce bataillon d’élite ; le corps de l’armée céleste se compose aussi des Confesseurs qui ont vaincu le monde, mais dans une victoire non sanglante. Si la place d’honneur n’est pas pour eux, ils ne doivent pas cependant être déshérités de l’avantage de servir leur Roi. La palme, il est vrai, n’est pas dans leurs mains ; mais la couronne de justice ceint leurs têtes. Celui qui les a couronnés se glorifie aussi de les voir à ses côtés.

Il était donc juste que la sainte Église, pour réunir, dans cette triomphante Octave, toutes les gloires du ciel et de la terre, inscrivît en ces jours, sur le Cycle, le nom d’un saint Confesseur qui dût représenter tous les autres. Ce Confesseur est Silvestre, Époux de la sainte Église Romaine, et par elle de l’Église universelle, un Pontife au règne long et pacifique, un serviteur du Christ orné de toutes les vertus, et donné au monde le lendemain de ces combats furieux qui avaient duré trois siècles, dans lesquels avaient triomphé, par le martyre, des millions de chrétiens, sous la conduite de nombreux Papes Martyrs, prédécesseurs de Silvestre.

Silvestre annonce aussi la Paix que le Christ est venu apporter au monde, et que les Anges ont chantée en Bethléhem. Il est l’ami de Constantin, il confirme le Concile de Nicée, il organise la discipline ecclésiastique pour l’ère de la Paix. Ses prédécesseurs ont représenté le Christ souffrant : il figure le Christ dans son triomphe. Il complète, dans cette Octave, le caractère du divin Enfant qui vient dans l’humilité des langes, exposé à la persécution d’Hérode, et cependant Prince de la Paix, et Père du siècle futur.

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Dimanche dans l’Octave de la Nativité

30 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Dimanche dans l’Octave de la Nativité

Introït

Tandis que tout reposait dans le silence, et que la nuit, dans sa course, était au milieu de son chemin, votre parole toute-puissante, Seigneur, vint des cieux du trône royal. Le Seigneur a régné et a été revêtu de gloire ; le Seigneur a été revêtu et s’est ceint de force.

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, imprimez à nos actes une direction conforme à votre bon plaisir, afin qu’au nom de votre Fils bien-aimé, nous méritions de produire en abondance les fruits des bonnes œuvres.

Épitre Ga. 4, 1-7

Mes frères : Aussi longtemps que l’héritier est enfant, il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout ; mais il est soumis à des tuteurs et à des curateurs jusqu’au temps marqué par le père. De même, nous aussi, quand nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde. Mais lorsque est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, né sous la Loi, pour affranchir ceux qui sont sous la Loi, afin de nous conférer l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, tu es fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier grâce à Dieu.

Évangile Lc. 2, 33-40

En ce temps là : Joseph et Marie, la mère de Jésus, étaient dans l’étonnement pour les choses que l’on disait de lui. Et Siméon les bénit, et il dit à Marie, sa mère : "Voici qu’il est placé pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction, — vous-même, un glaive transpercera votre âme, — afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre de cœurs." Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser ; elle était fort avancée en âge, ayant vécu, depuis sa virginité, sept ans avec son mari, et veuve jusqu’à quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait point le temple, servant Dieu nuit et jour par des jeûnes et des prières. Survenant à cette heure, elle se mit à louer Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qui était selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. L’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Secrète

Accordez-nous, Dieu tout-puissant, que ce don mis sous les yeux de votre majesté, nous obtienne la grâce d’une fervente piété et nous acquière la possession de la béatitude éternelle.

Postcommunion

Faites, ô Seigneur, que par la vertu de ce mystère sacré, nos fautes soient effacées et nos justes désirs accomplis

Office

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. La grandeur des œuvres divines est, mes très chers frères, bien au-dessus des ressources de l’éloquence humaine, et la difficulté de s’exprimer vient ici de la raison même qui nous défend de garder le silence ; car ces paroles du Prophète : « Qui racontera sa génération ? » se doivent entendre non seulement de la divine essence de Jésus-Christ, mais aussi de la nature humaine qui est en lui. Si la foi ne croit que ces deux natures sont unies dans une seule personne, la parole ne peut l’expliquer. Aussi ce sujet de louanges est-il intarissable, parce que le talent de celui qui loue reste toujours insuffisant.
Cinquième leçon. Réjouissons-nous de l’impuissance où nous sommes de parler dignement de ce grand mystère de miséricorde ; et, si nous ne pouvons bien pénétrer la profondeur des mystères de notre rédemption, estimons-nous heureux d’être vaincus par l’immensité d’un tel bienfait. Personne, en effet, n’approche plus de la connaissance de la vérité que celui qui comprend que, dans les choses divines, lors même qu’on avance beaucoup, il reste toujours beaucoup à chercher. Car celui qui a la présomption de croire être parvenu où il tendait, n’a pas trouvé ce qu’il cherchait : il n’a fait que s’arrêter dans ses recherches.
Sixième leçon. Cependant, ne nous laissons pas troubler à la pensée des limites étroites dans lesquelles nous resserre notre faiblesse. Les paroles de l’Évangile et des Prophètes viennent à notre secours : éclairés par leur lumière, nous apprenons à considérer la Nativité du Seigneur, ce mystère du Verbe fait chair, moins comme le souvenir d’un événement passé, que comme un fait qui se passe sous nos yeux. En effet, ce que l’Ange vint annoncer aux pasteurs qui veillaient à la garde de leurs troupeaux, nous l’avons entendu nous-mêmes. Nous sommes en ce moment à la tête des ouailles du Seigneur, parce que nous conservons au fond de notre cœur les paroles qui ont été dites de la part de Dieu ; c’est comme si l’on nous disait encore, en la solennité d’aujourd’hui : « Je vous apporte la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple : c’est qu’il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ et le Seigneur. »
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Septième leçon. Vous voyez que la grâce du Seigneur est abondamment communiquée à tous par la naissance du Sauveur, et que la prophétie est refusée aux incrédules, mais non pas aux justes. Car voilà Siméon qui prophétise que notre Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et la résurrection d’un grand nombre ; pour discerner les mérites des justes et des impies ; puis, en juge juste et véritable, nous décerner des récompenses ou nous infliger des supplices, selon nos œuvres.
Huitième leçon. « Et un glaive traversera votre âme. » Ni l’écriture, ni l’histoire ne nous enseignent que Marie soit morte de mort violente. De plus, ce n’est pas l’âme, mais le corps, que peut transpercer une épée matérielle. Aussi, cela prouve que la sagesse de Marie n’ignorait pas le mystère céleste. « Car la parole de Dieu est vivante, efficace et plus pénétrante que le glaive le plus tranchant ; elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles, et elle scrute les pensées du cœur, et les secrets des âmes ; car tout est à nu et à découvert devant le Fils de Dieu », à qui les secrets des consciences n’échappent pas.
Neuvième leçon. Ainsi donc Siméon prophétisa ; une vierge avait déjà prophétisé ; une femme unie à un époux avait aussi prophétisé ; il fallait encore qu’une veuve prophétisât, afin que toute profession, et tout sexe rendît témoignage à Jésus-Christ. Et c’est pourquoi Anne qui, par l’usage qu’elle fait de sa viduité et par la sainteté de ses mœurs, nous apparaît comme une personne tout à fait digne de foi, annonce que le Rédempteur de tous est venu. Mais comme nous avons parlé de ses vertus dans notre exhortation aux veuves, nous ne croyons pas devoir recommencer, car nous avons hâte d’arriver à un autre sujet.

Nous avons démontré plus haut que la Nativité du Sauveur s’est opérée le jour du Dimanche, qui est celui où Dieu créa la lumière. Ce sera aussi le Dimanche que nous verrons le Christ ressusciter. Ce premier jour de la création, qui est, en même temps, le premier jour de la semaine, était consacré au Soleil chez les peuples anciens ; il est devenu sacré à jamais par le double lever du Soleil de justice : Noël et Pâques le réclament tour à tour. Mais, pour des raisons particulières que nous avons exposées, si Pâques est toujours célébré le Dimanche, Noël doit sanctifier successivement tous les jours de la semaine. Toutefois, le mystère de la divine Naissance est mieux exprimé dans les années où son glorieux anniversaire tombe le Dimanche ; dans les autres où cette coïncidence n’a pas lieu, les fidèles doivent du moins un honneur particulier à celui des jours de l’Octave qui se trouve dévolu à la célébration expresse du Dimanche. La sainte Église a décoré celui-ci d’une Messe et d’un Office particuliers, que nous allons reproduire ici, pour l’usage des fidèles.

ÉPÎTRE.

L’enfant, né de Marie, couché dans la crèche de Bethléhem, élève sa faible voix vers le Père des siècles, et il l’appelle mon Père ! Il se tourne vers nous, et il nous appelle mes Frères ! Nous pouvons donc aussi, en nous adressant à son Père éternel, le nommer notre Père. Tel est le mystère de l’adoption divine, déclarée en ces jours. Toutes choses sont changées au ciel et sur la terre : Dieu n’a plus seulement un Fils, mais plusieurs fils ; nous ne sommes plus désormais, en sa présence, des créatures qu’il a tirées du néant, mais des enfants de sa tendresse. Le ciel n’est plus seulement le trône de sa gloire ; il est devenu notre héritage ; et une part nous y est assurée à côté de celle de notre frère Jésus, fils de Marie, fils d’Ève, fils d’Adam selon l’humanité, comme il est, dans l’unité de personne, Fils de Dieu selon la divinité. Considérons tour à tour l’Enfant béni qui nous a valu tous ces biens, et l’héritage auquel nous avons droit par lui. Que notre esprit s’étonne d’une si haute destinée pour des créatures ; que notre cœur rende grâces pour un bienfait si incompréhensible.

 

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Saint Thomas Becket mémoire de l’Octave de la Nativité,

29 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Thomas Becket mémoire de l’Octave de la Nativité,

Collecte

O Dieu, pour l’Église de qui le glorieux Pontife Thomas est tombé sous le glaive des impies ; accordez-nous, nous vous en supplions, que tous ceux qui implorent son assistance, éprouvent l’effet salutaire de leurs supplications.

Au premier nocturne.

Commencement de l’Épître de l’Apôtre S. Paul, aux Romains. Cap. 1, 1-19.

Première leçon. Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à l’apostolat, choisi pour l’Évangile de Dieu, qu’il avait promis auparavant par ses Prophètes dans les saintes Écritures, touchant son Fils, qui lui est né de la race de David selon la chair, qui a été prédestiné Fils de Dieu en puissance, selon l’esprit de sanctification, par la résurrection d’entre les morts de Jésus-Christ, notre Seigneur. Par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour faire obéir à la foi toutes les Nations, en son nom : parmi lesquelles vous êtes, vous aussi, ayant été appelés par Jésus-Christ : à tous ceux qui sont à Rome, aux chéris de Dieu, appelés saints. Grâce à vous, et paix par Dieu, notre Père, et par notre Seigneur Jésus-Christ.
Deuxième leçon. Premièrement, je rends grâces à mon Dieu, par Jésus-Christ, pour vous tous, de ce que votre foi est annoncée dans tout l’univers. Car le Dieu que je sers en mon esprit, dans l’Évangile de son Fils, m’est témoin que sans cesse je fais mémoire de vous dans toutes mes prières; demandant que, par la volonté de Dieu, quelque heureuse voie me soit ouverte pour aller vers vous. Car je désire vous voir pour vous communiquer quelque chose de la grâce spirituelle, afin de vous fortifier ; c’est-à-dire, pour me consoler avec vous, par cette foi, qui est tout ensemble et votre foi et la mienne.
Troisième leçon. Aussi je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que je me suis souvent proposé de venir vers vous (mais j’en ai été empêché jusqu’à présent), pour obtenir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres Nations. Je suis redevable aux Grecs et aux barbares, aux sages et aux simples. Ainsi (autant qu’il est en moi), je suis prêt à vous évangéliser, vous aussi qui êtes à Rome. Car je ne rougis point de l’Évangile, parce qu’il est la vertu de Dieu pour sauver tout croyant, le Juif d’abord, et puis le Grec. La justice de Dieu, en effet, y est révélée par la foi et pour la foi, ainsi qu’il est écrit : « Le juste vit de la foi » ; puisqu’on y découvre la justice de Dieu, éclatant du ciel contre toute l’impiété et l’injustice de ces hommes qui retiennent la vé rite de Dieu dans l’injustice  car ce qui est connu de Dieu est manifeste en eux ; Dieu le leur a manifesté.
 

Au deuxième nocturne

Quatrième leçon. Thomas, né à Londres, en Angleterre, succéda à Théobald, Évêque de Cantorbéry. Il avait exercé auparavant, et avec honneur, la charge de chancelier et il se montra fort et invincible dans les devoirs de l’épiscopat. Henri II, roi d’Angleterre, ayant voulu, dans une assemblée des prélats et des grands de son royaume, porter des lois contraires à l’intérêt et à la dignité de 1’ Église, Thomas s’opposa à.la cupidité du roi avec tant de constance, que, n’ayant voulu fléchir, ni devant les promesses ni devant les menaces, il se vit obligé de se retirer secrètement, parce qu’il allait être emprisonné. Bientôt tous ses parents, ses amis et ses partisans furent chassés du royaume, après qu’on eut fait jurer à tous ceux dont l’âge le permettait, d’aller trouver Thomas, afin d’ébranler, par la vue de l’état pitoyable des siens, cette sainte résolution, dont ne l’avaient nullement détourné ses propres souffrances. Il n’eut égard ni à la chair ni au sang, et aucun sentiment trop humain n’ébranla sa constance pastorale.
Répons du Commun d’un Martyr

Cinquième leçon. Il se rendit auprès du Pape Alexandre III, qui le reçut avec bonté et le recommanda aux moines du monastère de Pontigny, de l’Ordre de Cîteaux, vers lequel il se dirigea. Dès qu’Henri l’eut appris, il envoya des lettres menaçantes au Chapitre de Cîteaux, dans le but de faire chasser Thomas du monastère de Pontigny. Le saint homme, craignant que cet Ordre ne souffrît quelque persécution à cause de lui, se retira spontanément, et sur l’invitation de Louis, roi de France, il alla demeurer auprès de lui. Il y resta jusqu’à ce que, par l’intervention du Souverain Pontife et du roi, il fut rappelé de l’exil, et rentra en Angleterre à la grande satisfaction du royaume entier. Comme il s’appliquait, sans rien craindre, à remplir les devoirs d’un bon pasteur, des calomniateurs vinrent rapporter au roi qu’il entreprenait beaucoup de choses contre le royaume et la tranquillité publique : en sorte que ce prince se plaignait souvent de ce que, dans son royaume, il y avait un Évêque avec lequel il ne pouvait avoir la paix.

Sixième leçon. Ces paroles du roi ayant fait croire à quelques détestables satellites qu’ils lui causeraient un grand plaisir s’ils faisaient mourir Thomas, ils se rendirent secrètement à Cantorbéry, et allèrent attaquer l’Évêque, dans l’église même où il célébrait l’Office des Vêpres. Les clercs voulant leur fermer l’entrée du temple, Thomas accourut aussitôt, et ouvrit lui-même la porte, en disant aux siens : « L’église de Dieu ne doit pas être gardée comme un camp ; pour moi, je souffrirai volontiers la mort pour l’Église de Dieu. » Puis, s’adressant aux soldats : « De la part de Dieu, dit-il, je vous défends de toucher à aucun des miens. » Il se mit ensuite à genoux, et après avoir recommandé l’Église et son âme à Dieu, à la bienheureuse Marie, à saint Denys et aux autres patrons de sa cathédrale, il présenta sa tête au fer sacrilège, avec la même constance qu’il avait mise à résister aux lois très injustes du roi. Ceci arriva le quatre des Calendes de janvier, l’an du Seigneur onze cent soixante et onze ; et la cervelle du Martyr jaillit sur le pavé du temple. Dieu l’ayant bientôt illustré par un grand nombre de miracles, le même Pape Alexandre l’inscrivit au nombre des Saints.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jean Chrysostome.

Septième leçon. Elle est grande, mes très chers frères, elle est grande, dis-je, la dignité de prélat dans l’Église, et elle exige beaucoup de sagesse et de force en celui qui en est revêtu ! Notre courage doit selon l’exemple proposé par Jésus-Christ, être tel que nous donnions notre vie pour nos brebis, que jamais nous ne les abandonnions, et que nous résistions généreusement au loup. C’est en cela que le pasteur diffère du mercenaire. L’un s’inquiète peu de ses brebis, et n’a de vigilance .que pour ses propres intérêts ; mais l’autre s’oublie lui-même et veille constamment au salut de son troupeau. Jésus-Christ donc, après avoir caractérisé le pasteur, signale deux sortes de personnes qui nuisent au troupeau : le voleur, qui ravit et égorge les brebis, et le mercenaire, qui ne repousse pas le voleur et ne défend pas les brebis confiées à sa garde.

Huitième leçon. C’est là ce qui arrachait autrefois à Ézéchiel ces invectives : « Malheur aux pasteurs d’Israël ! Ne se paissaient-ils pas eux-mêmes ? N’est-ce pas les troupeaux que les pasteurs font paître ? » Mais eux, ils faisaient le contraire : conduite des plus criminelles, et source de calamités nombreuses. Ainsi, ajoute le Prophète : « Ils ne ramenaient pas (au bercail les brebis) égarées ; celles qui étaient perdues, ils ne les cherchaient pas ; ils ne bandaient point les plaies de celles qui étaient blessées ; ils ne fortifiaient pas celles qui étaient faibles ou malades, parce qu’ils le paissaient eux-mêmes et non leur troupeau. » Saint Paul exprime la même vérité en d’autres termes : « Tous cherchent leurs propres intérêts et non ceux de Jésus-Christ. »

Neuvième leçon. Le Christ il se fait voir bien différent du voleur et du mercenaire : différent d’abord de ceux qui viennent pour la perte des autres, quand il dit « être venu pour qu’ils aient la vie, et l’aient très abondamment » ; différent ensuite des pasteurs négligents qui ne se souciaient pas de voir des loups ravir les brebis, en disant qu’il « donne sa vie pour ses brebis, afin qu’elles ne périssent pas ». En effet, bien que les Juifs cherchassent à le faire mourir, il continuait à répandre sa doctrine ; il n’a point abandonné ni trahi ceux qui croyaient en lui, mais il est demeuré ferme et il a souffert la mort. C’est pourquoi souvent il dit : « Je suis le bon pasteur. » Comme on ne voyait pas de preuve de ce qu’il avançait (car cette parole : « Je donne ma vie », n’eut son accomplissement que peu de temps après, et celle-ci : « afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient très abondamment », ne devait se réaliser qu’au siècle futur), que fait-il ? Il confirme une des assertions par l’autre.

 Un nouveau Martyr vient réclamer sa place auprès du berceau de l’Enfant-Dieu. Il n’appartient point au premier âge de l’Église ; son nom n’est point écrit dans les livres du Nouveau Testament, comme ceux d’Étienne, de Jean, et des enfants de Bethléhem. Néanmoins, il occupe un des premiers rangs dans cette légion de Martyrs qui n’a cessé de se recruter à chaque siècle, et qui atteste la fécondité de l’Église et la force immortelle dont l’a douée son divin auteur. Ce glorieux Martyr n’a pas versé son sang pour la foi ; il n’a point été amené devant les païens, ou les hérétiques, pour confesser les dogmes révélés par Jésus-Christ et proclamés par l’Église. Des mains chrétiennes l’ont immolé ; un roi catholique a prononcé son arrêt de mort ; il a été abandonné et maudit par le grand nombre de ses frères, dans son propre pays : comment donc est-il Martyr ? Comment a-t-il mérité la palme d’Étienne ? C’est qu’il a été le Martyr de la Liberté de l’Église.

En effet, tous les fidèles de Jésus-Christ sont appelés à l’honneur du martyre, pour confesser les dogmes dont ils ont reçu l’initiation au Baptême. Les droits du Christ qui les a adoptés pour ses frères s’étendent jusque-là. Ce témoignage n’est pas exigé de tous ; mais tous doivent être prêts de rendre, sous peine de la mort éternelle dont la grâce du Sauveur les a rachetés. Un tel devoir est, à plus forte raison, imposé aux pasteurs de l’Église ; il est la garantie de l’enseignement qu’ils donnent à leur propre troupeau : aussi, les annales de l’Église sont-elles couvertes, à chaque page, des noms triomphants de tant de saints Évêques qui ont, pour dernier dévouement, arrosé de leur sang le champ que leurs mains avaient fécondé, et donné, en cette manière, le suprême degré d’autorité à leur parole.

Mais si les simples fidèles sont tenus d’acquitter la grande dette de la foi par l’effusion de leur sang ; s’ils doivent à l’Église de confesser, à travers toute sorte de périls, les liens sacrés qui les unissent à elle, et par elle, à Jésus-Christ, les pasteurs ont un devoir de plus à remplir, le devoir de confesser la Liberté de l’Église. Ce mot de Liberté de l’Église sonne mal aux oreilles des politiques. Ils y voient tout aussitôt l’annonce d’une conspiration ; le monde, de son côté, y trouve un sujet de scandale, et répète les grands mots d’ambition sacerdotale ; les gens timides commencent à trembler, et vous disent que tant que la foi n’est pas attaquée, rien n’est en péril. Malgré tout cela, l’Église place sur ses autels et associe à saint Étienne, à saint Jean, aux saints Innocents, cet Archevêque anglais du XIIe siècle, égorgé dans sa Cathédrale pour la défense des droits extérieurs du sacerdoce. Elle chérit la belle maxime de saint Anselme, l’un des prédécesseurs de saint Thomas, que Dieu n’aime rien tant en ce monde que la Liberté de son Église ; et au XIXe siècle, comme au XIIe, le Siège Apostolique s’écrie, par la bouche de Pie VIII, comme elle l’eût fait par celle de saint Grégoire VII : C’est par l’institution même de Dieu que l’Église, Épouse sans tache de l’Agneau immaculé Jésus-Christ, est LIBRE, et qu’elle n’est soumise à aucune puissance terrestre.

Or, cette Liberté sacrée consiste en la complète indépendance de l’Église à l’égard de toute puissance séculière, dans le ministère de la Parole, qu’elle doit pouvoir prêcher, comme parle l’Apôtre, à temps et à contre-temps, à toute espèce de personnes, sans distinction de nations, de races, d’âge, ni de sexe ; dans l’administration de ses Sacrements, auxquels elle doit appeler tous les hommes sans exception, pour les sauver tous ; dans la pratique, sans contrôle étranger, des conseils aussi bien que des préceptes évangéliques ; dans les relations, dégagées de toute entrave, entre les divers degrés de sa divine hiérarchie ; dans la publication et l’application des ordonnances de sa discipline ; dans le maintien et le développement des institutions qu’elle a créées ; dans la conservation et l’administration de son patrimoine temporel ; enfin dans la défense des privilèges que l’autorité séculière elle-même lui a reconnus, pour assurer l’aisance et la considération de son ministère de paix et de charité sur les peuples.

Telle est la Liberté de l’Église : et qui ne voit qu’elle est le boulevard du sanctuaire lui-même ; que toute atteinte qui lui serait portée peut mettre à découvert la hiérarchie, et jusqu’au dogme lui-même ? Le Pasteur doit donc la défendre d’office, cette sainte Liberté : il ne doit ni fuir, comme le mercenaire ; ni se taire, comme ces chiens muets qui ne savent pas aboyer, dont parle Isaïe. Il est la sentinelle d’Israël ; il ne doit pas attendre que l’ennemi soit entré dans la place pour jeter le cri d’alarme, et pour offrir ses mains aux chaînes, et sa tête au glaive. Le devoir de donner sa vie pour son troupeau commence pour lui du moment où l’ennemi assiège ces postes avancés, dont la franchise assure le repos de la cité tout entière. Que si cette résistance entraîne de graves conséquences, c’est alors qu’il faut se rappeler ces belles paroles de Bossuet, dans son sublime Panégyrique de saint Thomas de Cantorbéry, que nous voudrions pouvoir ici citer tout entier : « C’est une loi établie, dit-il, que l’Église ne peut jouir d’aucun avantage qui ne lui coûte la mort de ses enfants, et que, pour affermir ses droits, il faut qu’elle répande du sang. Son Époux l’a rachetée par le sang qu’il averse pour elle, et il veut qu’elle achète par un prix semblable les grâces qu’il lui accorde. C’est par le sang des Martyrs qu’elle a étendu ses conquêtes bien loin au. delà de l’empire romain ; son sang lui a procuré et la paix dont elle a joui sous les empereurs chrétiens, et la victoire qu’elle a remportée sur les empereurs infidèles. Il paraît donc qu’elle devait du sang à l’affermissement de son autorité, comme elle en avait donné à l’établissement de sa doctrine ; et ainsi la discipline, aussi bien que la foi de l’Église, a dû avoir ses Martyrs. »

Il ne s’est donc pas agi, pour saint Thomas et pourtant d’autres Martyrs de la Liberté ecclésiastique, de considérer la faiblesse des moyens qu’on pourrait opposer aux envahissements des droits de l’Église. L’élément du martyre est la simplicité unie à la force ; et n’est-ce pas pour cela que de si belles palmes ont été cueillies par de simples fidèles, par de jeunes vierges, par des enfants ? Dieu a mis au cœur du chrétien un élément de résistance humble et inflexible qui brise toujours toute autre force. Quelle inviolable fidélité l’Esprit-Saint n’inspire-t-il pas à l’âme de ses pasteurs qu’il établit comme les Époux de son Église, et comme autant de murs imprenables de sa chère Jérusalem ? « Thomas, dit encore l’Évêque de Meaux, ne cède pas à l’iniquité, sous prétexte qu’elle est armée et soutenue d’une main royale ; au contraire, lui voyant prendre son cours d’un lieu éminent, d’où elle peut se répandre avec plus de force, il se croit plus obligé de s’élever contre, comme une digue que l’on élève à mesure que l’on voit les ondes enflées. »

Mais, dans cette lutte, le Pasteur périra peut-être ? Et, sans doute, il pourra obtenir cet insigne honneur. Dans sa lutte contre le monde, dans cette victoire que le Christ a remportée pour nous, il a versé son sang, il est mort sur une croix ; et les Martyrs sont morts aussi ; mais l’Église, arrosée du sang de Jésus-Christ, cimentée parle sang des Martyrs, peut-elle se passer toujours de ce bain salutaire qui ranime sa vigueur, et forme sa pourpre royale ? Thomas l’a compris ; et cet homme, dont les sens sont mortifiés par une pénitence assidue, dont les affections en ce monde sont crucifiées par toutes les privations et toutes les adversités, a dans son cœur ce courage plein de calme, cette patience inouïe qui préparent au martyre. En un mot, il a reçu l’Esprit de force, et il lui a été fidèle.

« Selon le langage ecclésiastique, continue Bossuet, la force a une autre signification que dans le langage du monde. La force selon le monde s’étend jusqu’à entreprendre ; la force selon l’Église ne va pas plus loin que de tout souffrir : voilà les bornes qui lui sont prescrites. Écoutez l’Apôtre saint Paul : Nondum usque ad sanguinem restitistis ; comme s’il disait : Vous n’avez pas tenu jusqu’au bout, parce que vous ne vous êtes pas défendus jusqu’au sang. Il ne dit pas jusqu’à attaquer, jusqu’à verser le sang de vos ennemis, mais jusqu’à répandre le vôtre. _ « Au reste, saint Thomas n’abuse point de ces maximes vigoureuses. Il ne prend pas par fierté ces armes apostoliques, pour se faire valoir dans le monde : il s’en sert comme d’un bouclier nécessaire dans l’extrême besoin de l’Église. La force du saint Évêque ne dépend donc pas du concours de ses amis, ni d’une intrigue finement menée. Il ne sait point étaler au monde a sa patience, pour rendre son persécuteur plus odieux, ni faire jouer de secrets ressorts pour soulever les esprits. Il n’a pour lui que les prières des pauvres, les gémissements des veuves et des orphelins. Voilà, disait saint Ambroise, les défenseurs des Évêques ; voilà leurs gardes, voilà leur armée. Il est fort, parce qu il a un esprit également incapable et de crainte et de murmure. Il peut dire véritablement à Henri, roi d’Angleterre, ce que disait Tertullien, au nom de toute l’Église, à un magistrat de l’Empire, grand persécuteur de l’Église : Non te terremus, qui nec timemus. Apprends à connaître quels nous sommes, et vois quel homme c’est qu’un chrétien : Nous ne pensons pas à te faire peur, et nous sommes incapables de te craindre. Nous ne sommes ni redoutables ni lâches : nous ne sommes pas redoutables, parce que nous ne savons pas cabaler ; et nous ne sommes pas lâches, parce que nous savons mourir. »

Mais laissons encore la parole à l’éloquent prêtre de l’Église de France, qui fut lui-même appelé aux honneurs de l’épiscopat dans l’année qui suivit celle où il prononça ce discours ; écoutons-le nous raconter la victoire de l’Église par saint Thomas de Cantorbéry :
« Chrétiens, soyez attentifs : s’il y eut jamais un martyre qui ressemblât parfaitement à un sacrifice, c’est celui que je dois vous représenter. Voyez les préparatifs : l’Evêque est à l’église avec son clergé, et ils sont déjà revêtus. Il ne faut pas chercher bien loin la victime : le saint Pontife est préparé, et c’est la victime que Dieu a choisie. Ainsi tout est prêt pour le sacrifice, et je vois entrer dans l’église ceux qui doivent donner le coup. Le saint homme va au-devant d’eux, à l’imitation de Jésus-Christ ; et pour a imiter en tout ce divin modèle, il défend à son clergé toute résistance, et se contente de demander sûreté pour les siens. Si c’est moi que vous » cherchez, laissez, dit Jésus, retirer ceux-ci. Ces choses étant accomplies, et l’heure du sacrifice étant arrivée, voyez comme saint Thomas en commence la cérémonie. Victime et Pontife tout ensemble, il présente sa tête et fait sa prière. Voici les vœux solennels et les paroles mystiques de ce sacrifice : Et ego pro Deo mori paratus sum, et pro assertione justitiœ, et pro Ecclesiae libertate ; dummodo effusione sanguinis mei pacem et libertatem consequatur. Je suis prêt à mourir, dit-il, pour la cause de Dieu et de son Église ; et toute la grâce que je demande, c’est que mon sang lui rende la paix et la liberté qu’on veut lui ravir. Il se prosterne devant Dieu ; et comme dans le Sacrifice solennel nous appelons les Saints nos intercesseurs, il n’omet pas une partie si considérable de cette cérémonie sacrée : il appelle les saints Martyrs et la sainte Vierge au secours de l’Église opprimée ; il ne parle que de l’Église ; il n’a que l’Église dans le cœur et dans la bouche ; et, abattu par le coup, sa langue froide et inanimée semble encore nommer l’Église. »

 

 

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Saints Innocents mémoire de l’Octave de la Nativité

28 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saints Innocents mémoire de l’Octave de la Nativité

Collecte

Dieu, dont en ce jour les Innocents Martyrs ont confessé la gloire, non en parlant mais en mourant, faites mourir en nous tous les penchants au vice, afin que votre foi, que notre langue proclame, notre vie en témoigne aussi dans notre conduite.

Office

Du prophète Jérémie. Cap. 31, 15-23.

Première leçon. Voici ce que dit le Seigneur : Une voix a été entendue sur une hauteur, (voix) de lamentation, de deuil et de pleur, la voix de Rachel déplorant (la perte de) ses enfants, et ne voulant pas en être consolée, parce qu’ils ne sont plus. Voici ce que dit le Seigneur : Que ta voix cesse ses gémissements, et tes yeux leurs larmes ; parce qu’il est une récompense à tes œuvres, dit le Seigneur, et ils reviendront de la terre de l’ennemi. Et il est un espoir pour tes derniers moments, dit le Seigneur, et tes fils reviendront dans tes confins.
Deuxième leçon. Entendant, j’ai entendu Éphraïm dans sa transmigration : Vous m’avez châtié et j’ai été instruit, comme un jeune taureau indompté ; convertissez-moi et je serai converti, parce que vous êtes le Seigneur mon Dieu. Car, après que vous m’avez converti, j’ai fait pénitence, et après que vous m’avez montré (mon état), j’ai frappé ma cuisse. J’ai été confondu, et j’ai rougi, parce que j’ai supporté l’opprobre de ma jeunesse. Est-ce qu’il n’est pas un fils honorable pour moi, Éphraïm, n’est-il pas un enfant de délices ? parce que, depuis que j’ai parlé de lui, je me souviendrai encore de lui 

Troisième leçon. Établis-toi un lieu d’observation, abandonne-toi à l’amertume, dirige ton cœur vers la voie droite, dans laquelle tu as marché : retourne, vierge d’Israël, retourne vers ces cités tiennes. Jusques à quand seras-tu énervée par les délices, fille vagabonde ? parce que le Seigneur a créé un nouveau prodige sur la terre : Une femme environnera un homme. Voici ce que dit le Seigneur, Dieu d’Israël : Ils diront encore cette parole dans la terre de Juda et dans ses villes, lorsque j’aurai ramené leurs captifs : Que le Seigneur te bénisse, beauté de justice, montagne sainte.

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Augustin, Évêque.

Quatrième leçon. Nous célébrons aujourd’hui, mes très chers frères, la fête de ces enfants que l’Évangile nous dit avoir été tués par l’ordre du cruel roi Hérode. Que la terre se livre donc aux transports de la joie, elle qui est la mère féconde de ces célestes soldats et qui enfante de tels prodiges. Certes, ce tyran impie n’aurait jamais pu être aussi utile à ces bienheureux enfants par son affection, qu’il leur a été utile par sa haine. Car, comme le manifeste la sainte solennité de ce jour, autant l’iniquité a abondé contre ces bienheureux enfants, autant se sont répandues sur eux les grâces et les bénédictions célestes.
Cinquième leçon. Tu es heureuse, ô Bethléem, terre de Juda, toi qui as subi la cruauté du roi Hérode dans le meurtre de tes fils, car tu as en même temps mérité d’offrir à Dieu une blanche multitude de paisibles enfants. C’est avec raison que nous célébrons la fête de ces Martyrs. Le monde, en les faisant naître à la vie éternelle, les a rendus plus heureux que n’avaient fait leurs mères en les enfantant pour la terre ; puisqu’ils ont été trouvés dignes d’une vie sans fin, presque avant d’avoir pu faire usage de la vie présente.
Sixième leçon. Les autres Martyrs ont eu une mort précieuse : leur gloire est dans la confession du nom de Jésus-Christ ; mais la gloire de ceux-ci est dans la consommation même de leur vie. Car, dès les prémices de leur jeune existence, la mort qui a mis fin à leur vie présente, leur a valu d’entrer aussitôt en possession de la gloire. Ceux que l’impiété d’Hérode a arrachés du sein de leurs mères les allaitant encore, sont appelés à juste titre les fleurs des Martyrs : fleurs écloses au milieu du froid de l’infidélité, premiers tendres bourgeons de l’Église, que le frimas de la persécution est venu dessécher.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Septième leçon. Quand il prit l’enfant et sa mère pour passer en Égypte, c’était pendant la nuit et dans les ténèbres, car il laissa dans la nuit de l’ignorance les incrédules dont il s’éloigna ; mais quand il revient dans la Judée, il n’est question dans l’Évangile ni de nuit, ni de ténèbres : parce qu’à la fin du monde, les Juifs, recevant la foi figurée par le Christ revenant d’Égypte, seront dans la lumière.
Huitième leçon. Afin que fût accomplie cette parole, que le Seigneur a dite par un Prophète : « J’ai rappelé mon Fils de l’Égypte. » Que ceux qui nient la vérité des livres hébreux, disent en quel endroit de la version des Septante, on lit cela ; mais comme ils ne l’y trouveront pas, nous leur dirons que cela est écrit dans le Prophète Osée, comme nous l’attestent les exemplaires que nous avons tout récemment publiés.
Neuvième leçon. Ce.fut alors que s’accomplit la parole du Prophète Jérémie, disant : « Une voix a été entendue dans Rama, des pleurs et des cris déchirants répétés, c’était Rachel, pleurant ses fils. » De Rachel est né Benjamin, dans la tribu duquel ne se trouve pas Bethléem. On demande donc pourquoi Rachel pleure les enfants de Juda c’est à dire de Bethléem, comme si c’étaient ses propres enfants ? Nous répondrons brièvement que Rachel fut ensevelie près de Bethléem, en Ephrata ; et que sa sépulture en cet endroit lui a fait donner le nom de mère de Bethléem et de ses habitants. Ou bien encore, c’est parce que Juda et Benjamin étaient deux tribus limitrophes ; et qu’Hérode avait ordonné de tuer les enfants, non seulement dans Bethléem, mais encore dans tous les environs.

HYMNE.
Chantons l’hymne des Martyrs ; célébrons les Innocents, que la terre, avec tristesse, a vus périr, que le ciel joyeux a reçus.
Leurs Anges contemplent à jamais la face du Père céleste ; ils célèbrent le miracle de sa grâce, chantant l’hymne des Martyrs.
Un roi impie les a moissonnés ; leur Créateur les a recueillis dans sa bonté ; il les a placés avec lui dans la félicité, dans la lumière du royaume éternel.
Celui qui donne à ses élus chacun leur demeure dans la maison de son Père, leur a assigné un rang sublime : un roi impie les a moissonnés.
Enfants de deux ans et au-dessous, la fureur d’Hérode les a immolés ; d’un sang pur elle a inondé toute la contrée de Bethléhem.
La mort innocente de ces fidèles a resplendi autour du Christ ; les Anges les emportaient aux cieux, enfants de deux ans et au-dessous.
Une voix retentit dans Rama, des lamentations, un deuil immense : Rachel, baignée dans ses larmes, a pleuré ses fils.
Ils jouissent d’un triomphe éternel, eux qui ont vaincu les tourments, et sur leurs douleurs gémissante, une voix retentit dans Rama.
Ne crains rien, petit troupeau, des dents perfides du lion : le bon Pasteur te donnera les pâturages célestes.
Tu suivras, d’un pas pudique, le candide Agneau de Dieu ; des mains impies du larron, ne crains rien, petit troupeau.
Il essuiera toutes les larmes, le Père, de vos visages ; la mort ne vous nuira plus, vous êtes entrés dans les murs de la Cité de la vie.
Ceux qui sèment dans les larmes, moissonneront dans une joie immense ; le Créateur les consolera, et, sur les joues de ceux qui pleurent, il essuiera toutes les larmes.
O heureuse cité ! au sein de laquelle naît le Rédempteur : dans laquelle sont offertes au divin Enfant ces prémices des Martyrs !
Tu ne seras plus appelée petite parmi les mille cités de Juda, depuis que le Chef est né en toi, ô heureuse cité !
Sous des vêtements brillants de gloire, ils assistent maintenant autour du trône, les Innocents qui ont lavé leur tunique dans le sang vermeil de l’Agneau.
Ils gémirent, ils pleurèrent pour le royaume de l’éternelle patrie ; maintenant, pleins d’allégresse, ils louent Dieu, sous des vêtements brillants de gloire.

 

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St Jean mémoire de l’Octave de la Nativité

27 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

St Jean mémoire de l’Octave de la Nativité

Lecture Eccli. 15, 1-6

Voilà ce que fait celui qui craint le Seigneur, et celui qui s’attache à la loi obtiendra la sagesse. Elle viendra au-devant de lui comme une mère, Elle le nourrira du pain de l’intelligence, et lui donnera à boire l’eau de la sagesse. Il s’appuiera sur elle et ne fléchira pas, Il s’attachera à elle et ne sera pas confondu. Elle l’élèvera devant ses compagnons, et lui ouvrira la bouche au milieu de l’assemblée. Elle le remplira d’un esprit de sagesse et d’intelligence et le revêtira d’un vêtement de gloire. La joie, une couronne d’allégresse, et un nom éternel seront son partage.

Évangile Jn. 21, 19-24.

En ce temps là : Jésus dit à Pierre : "Suis-moi". Pierre, s’étant retourné, vit venir derrière lui, le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant la cène, s’était penché sur son sein, et lui avait dit : "Seigneur, qui est celui qui vous trahit ?" Pierre donc, l’ayant vu, dit à Jésus : "Seigneur, et celui-ci que deviendra-t-il ?" Jésus lui dit : " Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi !" Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Pourtant Jésus ne lui avait pas dit qu’il ne mourrait pas, mais "Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?" C’est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites ; et nous savons que son témoignage est vrai.

Office

Au premier nocturne.

Commencement de la première Épître de l’Apôtre S. Jean. Cap. 1, 1-10 ; 2, 1-5.

Première leçon. Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et touché par nos mains, du Verbe de la vie (car la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, nous l’attestons, et nous vous l’annonçons, cette vie éternelle qui était dans le Père et nous est apparue) ; ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous entriez vous-mêmes en société avec nous ; et que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous vous écrivons ceci, afin que vous vous réjouissiez, et que votre joie soit complète. Or ce que nous vous annonçons, après l’avoir entendu de lui, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres.
Deuxième leçon. Si nous disons que nous sommes en société avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne suivons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous sommes ensemble dans la même société, et le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous remettre nos péchés et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons point péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous.
Troisième leçon. Mes petits enfants, je vous écris ceci pour que vous ne péchiez point. Cependant, si quelqu’un pèche, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ le Juste2. Et il est lui-même propitiation pour nos péchés ; non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde. Or, ce qui nous assure que nous le connaissons, c’est si nous gardons ses commandements. Celui qui dit le connaître et ne garde pas ses commandements est un menteur, et la vérité n’est pas en lui. Mais celui qui garde sa parole a vraiment en lui l’amour parfait de Dieu.

Au deuxième nocturne.

Du livre de saint Jérôme, Prêtre : des Écrivains Ecclésiastiques.

Quatrième leçon. Jean, l’Apôtre bien-aimé de Jésus, fils de Zébédée et frère de l’Apôtre Jacques, qu’Hérode fit décapiter après la passion du Seigneur, entreprit le dernier d’écrire l’Évangile. Il le fit à la demande des évêques d’Asie, pour combattre Cérinthe et les autres hérétiques, et surtout la doctrine commençant alors à surgir des Ébionites, qui prétendent que le Christ n’a pas existé avant Marie. Cela le détermina à nous faire connaître sa génération divine.
Cinquième leçon. La quatorzième année de Domitien, dans la persécution excitée par ce prince, la seconde après celle de Néron, saint Jean fut relégué dans l’île de Pathmos, où il composa l’Apocalypse, qui fut interprétée par saint Justin, martyr, et saint Irénée. Après la mort de Domitien, le sénat s’empressa d’annuler les actes de ce prince, marqués au coin d’une trop grande cruauté. Aussi, sous Nerva, saint Jean put-il revenir à Éphèse, et y demeurer jusqu’au règne de Trajan. Il fonda et gouverna toutes les Églises de l’Asie ; enfin, accablé de vieillesse, il mourut soixante-huit ans après la passion du Sauveur et il fut enseveli dans la même ville d’Éphèse.
Des Commentaires du même Saint sur l’Épître aux Galates.

Sixième leçon. Saint Jean l’Évangéliste demeura à Éphèse jusqu’à sa dernière vieillesse. Comme il pouvait à peine être porté à l’église par les disciples, et qu’il lui était impossible de leur faire un discours suivi, il ne leur adressait à chaque réunion que ces mots : Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres. Enfin ses disciples et les fidèles présents, fatigués d’entendre toujours la même chose, lui dirent : Maître, pourquoi donc nous faire toujours cette recommandation ? Alors il leur fit cette réponse digne de Jean : Parce que c’est le précepte du Seigneur ; et si vous accomplissez ce seul commandement, cela suffit.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Augustin, évêque.

Septième leçon. L’Église sait qu’il existe deux vies, parce que Dieu lui en a parlé et les lui a fait connaître : l’une qui consiste dans la foi, l’autre dans la vue ; l’une qui s’écoule en ce pèlerinage temporaire, l’autre qui demeurera pendant l’éternité : l’une qui se passe dans la peine et l’effort, l’autre où l’on se reposera ; l’une qui est propre à notre voyage ici-bas, l’autre dont on jouira dans la patrie ; l’une occupée par le travail, l’autre récompensée parla contemplation de Dieu. Dan ? l’une on évite le mal et on fait le bien ; dans l’autre il n’y a aucun mal à éviter et l’on jouit d’un bonheur sans limites : l’une nous donne de lutter contre l’ennemi, l’autre de régner sans rencontrer d’adversaire.
Huitième leçon. Dans l’une, on vient au secours des indigents ; dans le séjour de l’autre, on ne trouve aucun infortuné ; ici, l’on pardonne au prochain ses péchés, afin d’obtenir de l’indulgence pour les siens ; là, on ne souffre de rien qui soit à pardonner, on ne fait rien qui exige l’indulgence d’autrui. Dans l’une, on est accablé de maux, pour que la prospérité n’engendre point l’orgueil ; dans l’autre, on est comblé d’une telle abondance de grâces qu’on est à l’abri de tout mal, et qu’on s’attache au souverain bien, sans éprouver la moindre tentation d’orgueil.
Neuvième leçon. L’une est donc bonne, mais encore pleine de misères : l’autre est meilleure et bienheureuse. La première a été signifiée par l’Apôtre Pierre, la seconde par Jean. L’une s’écoule tout entière ici-bas, elle s’étendra jusqu’à la fin des temps et y trouvera son terme ; l’autre ne recevra sa perfection qu’à la consommation des siècles, mais dans le siècle futur, elle n’aura pas de fin ; aussi dit-on à celui-ci :« Suis-moi » ; mais de l’autre : « Si je veux qu’il demeure ainsi jusqu’à ce que je vienne ; que t’importe ? suis-moi. » Que veulent dire ces paroles ? Autant que j’en puis juger, quel sens peuvent-elles avoir si ce n’est celui-ci : Suis-moi en m’imitant, en supportant comme moi les épreuves de la vie ; pour lui, qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne donner les biens éternels.

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Saint Etienne protomartyr mémoire de l'octave de la Nativité

26 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Etienne protomartyr mémoire de l'octave de la Nativité

Collecte

Nous vous en prions, Seigneur, aidez-nous à imiter celui que nous célébrons : nous apprendrons ainsi à aimer nos ennemis puisque nous fêtons la naissance au ciel de celui qui a su, même pour ses bourreaux prier notre Seigneur Jésus-Christ.

Lecture Ac. 6, 8-10 ; 7, 54-59.

En ces jours là : Étienne, plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Mais il se leva des gens de la synagogue dite des Affranchis, et des Cyrénéens, et des Alexandrins, et de ceux de Cilicie et d’Asie, qui disputèrent avec Étienne ; et ils ne pouvaient résister à sa sagesse ni à l’Esprit par lequel il parlait. En l’entendant paroles, ils avaient le cœur exaspéré, et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Étienne, qui était rempli de l’Esprit-Saint, ayant fixé les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et il dit : "Voici que je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu." Ils poussèrent de grands cris, se bouchèrent les oreilles et se jetèrent tous ensemble sur lui ; et après l’avoir entraîné hors de la ville, ils le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul. Pendant qu’ils lapidaient Étienne, il priait disant : "Seigneur Jésus, recevez mon esprit !" S’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : "Seigneur, ne leur imputez pas ce péché !" Et, cela dit, il mourut.

Office

Au premier nocturne.

Des Actes des Apôtres. Cap. 6, 1-10 ; 7, 54-60

Première leçon. En ces jours-là, le nombre des disciples croissant, il s’éleva un murmure des Grecs contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution de chaque jour. Les douze donc, convoquant la multitude des disciples, dirent : II n’est pas juste que nous abandonnions la parole de Dieu, et que nous vaquions au service des tables. Cherchez donc parmi vous, mes frères, sept hommes de bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous puissions préposer à cette œuvre. Pour nous, nous nous appliquerons à la prière, et au ministère de la parole. Ce discours plut à toute la multitude. Et ils élurent Étienne, homme plein de foi et de l’Esprit-Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. Ils les présentèrent aux Apôtres, et ceux-ci, priant, leur imposèrent les mains.
Deuxième leçon. Et la parole du Seigneur croissait, et le nombre des disciples se multipliait grandement à Jérusalem ; et même un grand nombre de prêtres obéissaient à la foi. Or Étienne, plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Mais quelques-uns de la synagogue, qui est appelée des Affranchis, de celle des Cyrénéens et des Alexandrins, et de ceux qui étaient de Cilicie et d’Asie, se levèrent, disputant contre Étienne ; et ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l’Esprit-Saint qui parlait. En entendant ces paroles, ils frémissaient de rage dans leurs cœurs, et ils grinçaient des dents contre lui.
Troisième leçon. Mais comme il était plein de l’Esprit-Saint, levant les yeux au Ciel, il vit la gloire de Dieu, et Jésus qui était debout à la droite de Dieu ; et il dit : Voici que je vois les Cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Alors, poussant de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles, et se précipitèrent tous ensemble sur lui. Et l’ayant entraîné hors de la ville, ils le lapidaient ; et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Et ils lapidaient Etienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, recevez mon esprit. Et s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : Seigneur, ne leur imputez pas ce péché. Et quand il eut dit cela, il s’endormit dans le Seigneur.
 

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Fulgence, Évêque.

Quatrième leçon. Hier nous avons célébré la naissance temporelle de notre Roi éternel, aujourd’hui nous célébrons la passion triomphante d’un soldat. Hier en effet, notre Roi, revêtu de notre chair, sortant du palais d’un sein virginal, a daigné visiter le monde : aujourd’hui le soldat, quittant la tente de son corps, monte en triomphateur dans le Ciel. Celui-là, conservant toute la majesté de la nature divine et éternelle et prenant l’humble vêtement de la chair, est entré dans le camp de ce siècle pour y combattre ; celui-ci, dépouillé du vêtement corruptible de son corps, est monté dans le palais du Ciel pour y régner éternellement. L’un est descendu couvert du voile de la chair ; l’autre est monté couronné de lauriers, conquis par l’effusion de son sang.
Cinquième leçon. Celui-ci est monté après avoir été lapidé par les Juifs, parce que celui-là est descendu à la joie des Anges. Hier, les saints Anges chantaient avec jubilation : Gloire à Dieu dans le ciel ; et aujourd’hui, ils ont reçu avec allégresse Étienne dans leur compagnie. Hier, le Seigneur est sorti du sein d’une vierge ; Aujourd’hui, le soldat est sorti de la prison de la chair. Hier, le Christ a été pour nous enveloppé de langes ; aujourd’hui, Étienne est revêtu par lui de la robe de l’immortalité. Hier, l’étroite crèche a porté le Christ enfant ; aujourd’hui, l’immensité du Ciel a reçu Étienne triomphant. Le Seigneur est descendu seul, pour en élever un grand nombre ; notre Roi s’est humilié, afin d’exalter ses soldats.
Sixième leçon. Mais il nous est nécessaire, mes frères, de savoir de quelles armes Étienne était muni, pour pouvoir surmonter ainsi la cruauté des Juifs, et pour mériter un si glorieux triomphe. Étienne donc, pour mériter de recevoir la couronne que signifie son nom ; avait pour armes la charité, et par elle, il était partout victorieux. Par charité envers Dieu, il ne céda point à la fureur des Juifs ; et par charité envers son prochain, il intercéda pour ceux qui le lapidaient. Par charité, il reprenait ceux qui erraient, pour les faire rentrer dans la bonne voie ; il priait, par charité, pour ceux qui le lapidaient, afin qu’ils ne fussent point punis. Armé de cette force de la charité il vainquit Saul, qui sévissait alors cruellement contre l’Église, et mérita d’avoir pour compagnon dans le Ciel, celui qu’il avait eu pour persécuteur sur la terre.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Septième leçon. Ces paroles : « comblez la nature de vos pères », que nous disons se rapporter à la personne du Seigneur, puisqu’il allait, par les Juifs, être mis à mort, se peuvent aussi rapporter à ses disciples, desquels il est dit maintenant : « Voici que moi-même je vous envoie des Prophètes, des sages et des Docteurs. » Observez en même temps que, selon la remarque de l’Apôtre dans son Épître aux Corinthiens, des dons différents sont attribués aux disciples du Christ : les uns sont Prophètes et annoncent l’avenir ; d’autres ont le don de sagesse et discernent le moment propice pour parler ; il y a enfin des Docteurs, très versés dans la science de la loi. De ce nombre Étienne a été lapidé, Paul tué (par le glaive), Pierre crucifié, les disciples, comme on le voit dans les Actes des Apôtres, furent flagellés.
Huitième leçon. Cherchons quel est ce Zacharie, fils de Barachie, car nous trouvons dans les Livres saints plusieurs Zacharie. Mais, comme si le Sauveur avait voulu nous empêcher de nous égarer dans nos recherches, il a ajouté : « Que vous avez tué entre le temple et l’autel. » J’ai lu dans les auteurs, divers sentiments par rapport à ce personnage, et je dois, ce me semble, les exposer tous. Les uns voient dans ce Zacharie, fils de Barachie, le onzième des douze Prophètes, et, en effet, le nom de son père est bien celui que l’Évangile cite ; mais on ne voit nulle part dans les Écritures qu’il ait été tué entre le temple et l’autel, ce qui eût été d’ailleurs difficile, puisqu’à ce moment, c’est à peine si du temple, il restait des ruines. D’autres, s’appuyant sur certaines rêveries des apocryphes, font de ce Zacharie le père de Jean-Baptiste, prétendant qu’il aurait été tué pour avoir prêché l’avènement du Sauveur.
Neuvième leçon. D’autres enfin prétendent que ce Zacharie est celui qui fut mis à mort par Joas, roi de Juda, entre le temple et l’autel, comme le racontent les livres des Rois. Mais il faut observer que le Zacharie en question n’est point fils de Barachie, mais du grand prêtre Joïada. Aussi l’Écriture dit-elle : « Joas ne se souvint pas que son père Joäda lui avait fait du bien. » Comme donc d’un côté, nous avons Zacharie, et comme d’autre part, l’endroit où il fut mis à mort est bien celui indiqué plus haut, cherchons pour quelle raison on le dit fils de Barachie et non de Joïada. « Barachie » se traduit, en notre langue, « le béni du Seigneur, » et ce serait donc la justice du grand prêtre Joïada qui indiquerait l’emploi de ce nom hébreu de Barachie, nom attestant les bénédictions divines. Nous trouvons dans i’ Évangile dont se servent les Nazaréens : « fils de Joïada », au lieu de « fils de Barachie ».

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Nativité du Seigneur

25 Décembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Nativité du Seigneur

Introït

Le Seigneur m’a dit : « tu es mon Fils. C’est moi qui t’engendre aujourd’hui » Pourquoi les nations ont-elles frémi ? Pourquoi les peuples ont-ils tramé de vains complots ?

Collecte

Seigneur Dieu, vous avez illuminé cette nuit sainte de l’éclat de la vraie lumière : nous vous en prions, faites que cette lumière dont le mystère nous est révélé sur la terre nous fasse goûter dans le ciel la plénitude de la joie.

Épitre Tt. 2, 11-15

Très cher ami : La grâce de Dieu notre sauveur s’est manifestée à tous les hommes ; nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, pour que nous vivions sobrement, et justement, et pieusement dans ce siècle, attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est livré lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire de nous un peuple purifié, agréable, et zélé pour les bonnes œuvres. Dis ces choses, et exhorte : dans le Christ Jésus, Notre-Seigneur.

Évangile Lc. 2, 15-20.

En ce temps-là : Un édit de César Auguste fut publié , pour le recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter s’accomplit, et elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et qui veillaient la nuit sur leur troupeau. Un ange du Seigneur parut auprès d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de clarté, et ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : « Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie : il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous en sera le signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche. » Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant : « Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur terre, paix chez les hommes de bonne volonté ! »

Offertoire

Dieu a établi un univers inébranlable : c’est un trône dressé pour vous depuis toujours, ô Dieu éternel.

Messe du jour

Épitre He. 1, 1-12

Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l’empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d’autant plus grand que les anges, que le nom qu’il possède est plus excellent que le leur. Auquel des anges en effet Dieu a-t-il jamais dit : "Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré" ? Et encore "Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un Fils" ? Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le Premier-né, il dit : "Que tous les anges de Dieu l’adorent !" De plus, tandis qu’il est dit des anges : "Celui qui fait de ses anges des vents, et de ses serviteurs une flamme de feu," il dit au Fils : "Ton trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile d’allégresse au-dessus de tous tes compagnons." Et encore : "C’est toi, Seigneur, qui as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; ils périront, mais tu demeures ; ils vieilliront tous comme un vêtement ; comme un manteau tu les rouleras, et ils seront changés ; mais toi, tu restes le même, et tes années ne s’épuiseront point."

Évangile Jn, 1, 1-14

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. (ici on fléchit le genou) Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité

Au premier nocturne.

Première leçon. Cap. 9, 1-6.

 

Dans le premier temps a été allégée la terre de Zabulon, ainsi que la terre de Nephthali ; et dans le dernier, a été aggravée la voie de la mer, au-delà du Jourdain, la voie de la Galilée des Nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; pour ceux qui habitaient dans la région de l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. Vous avez augmenté la nation, et vous n’avez pas agrandi sa joie. Ils se réjouiront devant vous comme ceux qui se réjouissent dans la moisson, et comme exultent les vainqueurs après le butin pris, quand ils partagent les dépouilles. Car le joug de son fardeau, la verge de son épaule, et le sceptre de son exacteur, vous en avez triomphé, comme à la journée de Madian ; parce que tout pillage fait dans le tumulte, et tout vêtement souillé de sang sera en combustion et la pâture du feu. Car un enfant nous est né, et un fils nous a été donné ; et sa principauté est sur son épaule, et son nom sera appelé Admirable, Conseiller, Dieu, Fort, Père du siècle à venir, Prince de la paix.
 

Deuxième leçon. Cap. 40, 1-8.
Consolez-vous, mon peuple, consolez-vous, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, et appelez-la à elle-même ; parce que sa malice est arrivée au terme, son iniquité a été pardonnée ; elle a reçu de la main du Seigneur le double pour tous ses péchés . Voici la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur ; rendez droits dans la solitude les sentiers de notre Dieu. Toute vallée sera comblée, et toute montagne et colline sera abaissée ; les chemins tortueux seront redressés, et les raboteux deviendront des voies aplanies. Et la gloire du Seigneur sera révélée, et toute chair verra en même temps que la bouche du Seigneur a parlé. Voici la voix de Celui qui dit : Crie. Et j’ai dit : Que crierai-je ? Toute chair est de l’herbe, et toute sa gloire est comme la fleur du champ. L’herbe s’est desséchée, et la fleur est tombée ; parce que le souffle du Seigneur a soufflé sur elle. Vraiment, l’herbe c’est le peuple. L’herbe s’est desséchée et la fleur est tombée ; mais le Verbe de notre Seigneur demeure éternellement.
Troisième leçon. Cap. 52, 1-6.
Lève-toi, lève-toi, revêts-toi de ta force, Sion ; revêts-toi des vêtements de ta gloire, Jérusalem, cité du Saint ; parce qu’il n’y aura plus à l’avenir d’incirconcis qui passera au travers de toi, ni d’impur. Sors de la poussière, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem ; romps les fers de ton cou, fille de Sion captive. Parce que voici ce que dit le Seigneur : Pour rien, vous avez été vendus, et sans argent, vous serez rachetés. Parce que voici ce que dit le Seigneur Dieu : Mon peuple descendit en Égypte, dans le principe, pour y être colon, et Assur , sans aucun sujet, l’a traité avec violence. Et maintenant, qu’ai-je ici pour moi, dit le Seigneur, puisque mon peuple a été enlevé sans motif  ? Ses dominateurs agissent iniquement, dit le Seigneur, et sans cesse, tout le jour, mon nom est blasphémé. A cause de cela, mon peuple connaîtra mon nom en ce jour-là : que moi-même qui parlais autrefois, me voici présent.

Au deuxième nocturne.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Notre Sauveur, mes bien-aimés, est né aujourd’hui : réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la vie, qui, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie, par la promesse de l’éternité. Il n’y a personne qui n’ait sa part de cette allégresse. Tous ont un même motif de se réjouir, car notre Seigneur, destructeur du péché et de la mort, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu pour nous affranchir tous. Qu’il tressaille, celui qui est saint : car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu’on l’invite au pardon. Que le Gentil prenne courage : car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu, dans la plénitude des temps fixée par les impénétrables profondeurs du conseil divin, a pris la nature humaine, pour la réconcilier avec son auteur, afin que l’inventeur de la mort, le diable, fût vaincu par où il avait triomphé.
Cinquième leçon. En ce combat livré pour nous, c’est avec une grande et admirable loyauté qu’on a combattu, puisque le Seigneur tout-puissant a lutté contre ce cruel ennemi, non dans sa majesté, mais dans l’infirmité de notre chair, et lui a opposé la même forme, la même nature, celle de notre mortalité, mais exempte de tout péché. Car ce qu’on lit de tous les hommes : « Nul n’est pur de souillure, pas même l’enfant dont la vie n’est encore que d’un jour sur la terre », ne peut être appliqué à cette nativité. Rien de la concupiscence de la chair ne s’est rencontré dans cette naissance merveilleuse ; rien n’y est provenu de la loi du péché. Une vierge est élue de la tige de David ; une vierge royale qui, devant porter dans son sein le rejeton sacré, conçut spirituellement l’Homme-Dieu par la foi, avant de le concevoir corporellement. Afin que Marie, dans son ignorance du dessein céleste, ne soit pas troublée à une si étonnante nouvelle, elle apprend de son entretien avec l’Ange ce que l’Esprit-Saint doit opérer en elle ; et celle qui va devenir la Mère d’un Dieu, n’a rien à craindre pour sa pudeur.
Sixième leçon. C’est pourquoi, mes bien-aimés, rendons grâces à Dieu le Père, par son Fils, dans le Saint-Esprit : de ce que, « nous ayant aimés dans son infinie charité, il a eu pitié de nous, et comme nous étions morts par les péchés, il nous a vivifiés tous en Jésus-Christ », afin que nous fussions en lui une nouvelle créature et un ouvrage nouveau. « Dépouillons donc le vieil homme avec ses œuvres » ; et, admis à participer à la naissance du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô Chrétien, ta dignité, et, « devenu participant de la nature divine », garde-toi de retomber, par une conduite indigne de cette grandeur, dans ta bassesse première. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. N’oublie jamais, « qu’arraché à la puissance des ténèbres », tu as été transporté à la lumière et au royaume de Dieu.
 

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Septième leçon. Comme nous avons aujourd’hui, grâce à la bonté du Seigneur, à célébrer trois fois les solennels mystères de la Messe, nous ne pouvons vous parler longtemps de la lecture de l’Évangile ; mais nous devons au moins en dire brièvement quelque chose : la nativité de notre Rédempteur nous y oblige. Pourquoi donc, au moment de la naissance du Seigneur, ce dénombrement du monde, si ce n’est pour nous faire comprendre que dans la chair, apparaissait celui qui devait enregistrer les élus dans l’éternité ? D’autre part le Prophète dit des réprouvés : « Qu’ils soient rayés du livre des vivants, et ne soient point inscrits avec les justes. » De plus, il con vient que le Seigneur naisse à Bethléem, d’autant que Bethléem est interprété, Maison du Pain. Et en effet, c’est lui qui a dit : « Je suis le Pain vivant, descendu du ciel. » Ainsi, le lieu où naît le Seigneur a été auparavant appelé Maison du Pain, parce que là devait apparaître dans la chair celui qui, un jour, rassasierait intérieurement les âmes de ses élus. Il naît hors de la maison de ses parents, en un voyage, pour montrer qu’en prenant l’humanité, il naissait comme en un lieu étranger.
 

 

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Huitième leçon. Considérez les commencements de l’Église naissante : le Christ naît, et déjà les pasteurs veillent, comme pour rassembler dans le bercail du Seigneur les nations qui, jusque-là, vivaient comme des brutes, afin de les garantir, au milieu des ombres de la nuit, de l’incursion de bêtes spirituelles. Il est juste que les pasteurs veillent, étant instruits par le bon Pasteur. Ainsi le troupeau, c’est le peuple ; la nuit, c’est le monde ; les bergers sont les prêtres. Sans doute, il faut bien qu’il soit pasteur, celui auquel on a dit : « Sois vigilant, et confirme les autres. » ] Mais le Seigneur n’a pas seulement établi les Évêques pour défendre le troupeau, il y a encore destiné ses Anges.
 

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Neuvième leçon. Afin que vous n’ayez pas du Verbe une idée basse, comme s’il s’agissait de paroles humaines, écoutez ce qu’il faut en penser : « Le Verbe était Dieu. » Vienne donc je ne sais quel infidèle Arien nous dire : « Le Verbe de Dieu a été fait. » Comment se peut-il que le Verbe de Dieu ait été fait, puisque Dieu a, par le Verbe, fait toutes choses ? Si le Verbe de Dieu, lui aussi, a été fait, par quel autre verbe a-t-il été fait ? Peut-être direz-vous qu’il a été fait par un verbe du Verbe : mais je réponds, moi, que le Verbe est l’unique Fils de Dieu. Si vous n’admettez point un verbe du Verbe, accordez donc qu’il n’a point été fait, celui par qui tout a été fait. Car il n’a pu se faire lui-même, celui par qui tout a été fait. Croyez-en donc l’Évangéliste.

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