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Saint Grégoire le Thaumaturge évêque et confesseur

17 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Grégoire le Thaumaturge évêque et confesseur

Collecte

Faites, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, que la solennité vénérable du bienheureux Grégoire, votre Confesseur et Pontife, augmente en nous la dévotion, et nous aide pour notre salut.

Office

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Grégoire, Évêque de Néocésarée, dans le Pont, est célèbre par sa sainteté et sa doctrine, et plus encore par les prodiges et les miracles qu’il a opérés ; miracles si nombreux et si éclatants, qu’ils lui ont valu d’être surnommé le Thaumaturge, et d’être comparé, d’après le témoignage de saint Basile, à Moïse, aux Prophètes et aux Apôtres. C’est ainsi que, par sa prière, il déplaça une montagne qui empêchait la construction d’une église et dessécha un marais, qui causait de la division entre deux frères. Le Lycus inondant la campagne avec de grands dégâts, Grégoire planta au bord du fleuve le bâton sur lequel il s’appuyait, qui, reverdissant aussitôt, grandit et devint un arbre ; le saint arrêta ainsi le débordement, et, dans la suite, les eaux ne dépassèrent plus jamais cette limite.

Cinquième leçon. Très souvent, il chassa les démons des images des idoles ou du corps des hommes ; et, par beaucoup d’autres faits merveilleux, il attira un nombre incalculable de personnes, à la foi de Jésus-Christ. Il prédisait aussi l’avenir, inspiré par un esprit prophétique. Sur le point de mourir, demandant combien il restait d’infidèles dans la ville de Néocésarée, on lui répondit qu’il y en avait seulement dix-sept ; alors, rendant grâces à Dieu : « Il y avait, dit-il, ce nombre de fidèles, lorsque je commençai mon épiscopat. » Il écrivit plusieurs ouvrages, qui, avec ses miracles, illustrèrent l’église de Dieu.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Bédé, le Vénérable, Prêtre.

Septième leçon. Les païens qui ont écrit des calomnies contre l’Église, ont coutume d’accuser les nôtres de n’avoir pas en Dieu une foi entière, parce qu’ils n’ont pu transporter les montagnes. Il faut leur répondre que l’on n’a pas écrit tout ce qui s’est fait dans l’Église, ainsi que l’Écriture l’atteste en particulier des actions de notre Seigneur Jésus-Christ. Il aurait pu se faire qu’une montagne détachée du sol se précipitât dans la mer, si la nécessité l’eût réclamé ; comme nous lisons qu’aux prières du bienheureux père Grégoire, Évêque de Néocésarée, dans le Pont, homme éminent par ses mérites et ses vertus, il advint qu’une montagne se retira de l’endroit qu’elle occupait, autant que les habitants de la ville avaient besoin d’espace.

Huitième leçon. Voulant, en effet, bâtir une église, en un lieu d’ailleurs convenable, mais trop étroit, resserré qu’il était d’un côté par les rochers de la mer et de l’autre par la proximité d’une montagne, il y alla pendant la nuit, et, s’étant mis à genoux, il conjura le Seigneur, au nom de sa promesse, de reculer cette montagne, en ayant égard à la foi de celui qui l’invoquait. Y étant retourné le matin, il trouva que la montagne s’était retirée de tout l’espace dont les constructeurs de l’église avaient besoin. Le saint homme pouvait donc, et tout autre d’un mérite égal aurait pu, la circonstance l’exigeant, obtenir du Seigneur, en vertu de sa foi, qu’une montagne se détachât du sol et se jetât dans la mer.

Neuvième leçon. D’ailleurs, le diable étant quelquefois désigné sous le nom de montagne, à cause de son orgueil à vouloir s’élever contre Dieu et à vouloir être semblable au Très-Haut, on peut dire qu’à la parole de ceux qui ont la puissance de la foi, une montagne est détachée du sol et jetée dans la mer lorsque, à la prédication des saints docteurs, l’esprit immonde est expulsé du cœur des hommes prédestinés à la vie, et qu’il n’a plus dès lors à exercer la fureur de sa tyrannie que dans les esprits agités et amers des infidèles.

Voici l’un des astres les plus illustres qui brillèrent jamais sur l’Église du Pont, apôtre en même temps que docteur, thaumaturge et confesseur de la foi.

Grégoire naquit à Néocésarée dans le Pont vers 213, et, dans sa prime jeunesse, il fut disciple du grand Origène dont il fit plus tard un panégyrique enthousiaste. Devenu évêque de sa ville natale, il la transforma de païenne en chrétienne, y opérant un grand nombre de miracles qui lui valurent le titre de « Thaumaturge ». Il mourut sous Aurélien entre 270 et 275, et tout le Pont, au dire de saint Basile, vénéra sa mémoire avec une immense dévotion, comme celle d’un maître dans la foi.

 

« Ô très Sainte Vierge, votre louange surpasse toute louange, car en vous Dieu a pris chair et Il est né homme. Toute la nature, dans les cieux, sur la terre ou au fond des enfers, vous rend son légitime hommage. Du faîte de votre royaume spirituel, vous resplendissez des pleins feux de votre lumière. Là, le Père incréé est glorifié, dont la puissance vous a couverte de son ombre : le Fils est adoré, que vous avez engendré dans la chair ; le Saint-Esprit est célébré, qui, en votre sein, a préparé la naissance du grand Roi. Par vous, ô comblée de grâce, la Trinité sainte et consubstantielle se manifeste dans le monde. Daignez avec vous nous faire participer à votre grâce parfaite, en Jésus-Christ notre Seigneur, avec qui gloire soit au Père et au Saint-Esprit, aujourd'hui et toujours, dans les siècles des siècles. Amen. »

 

 

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Sainte Gertrude vierge

16 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Sainte Gertrude vierge

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O Dieu, qui vous êtes préparé une demeure agréable dans le cœur de la bienheureuse Vierge Gertrude, daignez, dans votre clémence, en égard à ses mérites et à son intercession, laver les taches qui souillent notre cœur et nous faire jouir de sa compagnie.

Office

Quatrième leçon. Née de parents nobles à Eisleben en Saxe, Gertrude, dès l’âge de cinq ans, consacra à Jésus-Christ sa personne et sa virginité, dans le monastère bénédictin de Rodesdorf. A partir de ce moment, tout à fait étrangère aux choses du monde et s’appliquant avec zèle à pratiquer la vertu, elle mena une vie toute céleste. A la connaissance des lettres humaines, elle joignait la science des choses divines, dont la méditation l’excitait à la vertu et lui fit, en peu de temps, acquérir la perfection chrétienne. Elle parlait souvent, et avec de pieux sentiments, du Christ et des mystères de sa vie, et ne pensant qu’à la gloire de Dieu, elle y rapportait tous ses désirs et toutes ses actions. Bien que Dieu l’eût abondamment comblée de dons excellents, dans l’ordre de la nature et de la grâce, elle se méprisait cependant elle-même au point de compter, parmi les principaux miracles de la divine bonté, le fait d’en être miséricordieusement supportée, quoiqu’indigne pécheresse.

Cinquième leçon. A l’âge de trente ans, elle fut choisie pour gouverner d’abord le monastère de Rodesdorf, où elle avait embrassé la vie religieuse, puis le monastère d’Heldelfs. Pendant quarante ans, elle remplit sa charge avec tant de charité, de prudence et de zèle pour l’observance de la discipline régulière, que son monastère semblait être l’asile de la perfection religieuse. Dans ces deux communautés, bien qu’elle fût la mère et la supérieure de toutes les religieuses, elle voulait néanmoins être considérée comme la dernière ; et, s’abaissant de fait, elle se faisait la servante des autres. Pour s’occuper de Dieu avec une plus grande liberté d’esprit, elle mortifiait son corps par les veilles, les jeûnes et toutes sortes d’austérités. Toujours égale à elle-même, elle ne cessa de montrer une innocence de vie, une douceur, une patience extraordinaires. Elle s’appliqua par tous les moyens à procurer le salut du prochain, et, de sa pieuse sollicitude, elle recueillit des fruits abondants. La force de son amour pour Dieu lui faisait éprouver de fréquentes extases, et lui obtint d’être élevée à un très haut degré de contemplation et aux jouissances de l’union divine.

Sixième leçon. Jésus-Christ, voulant montrer le mérite de son épouse bien-aimée, déclara que le cœur de Gertrude était pour lui une demeure pleine de délices. Elle honorait d’une dévotion toute spéciale la glorieuse Vierge Marie, que Jésus lui-même lui avait donnée pour mère et protectrice, et reçut d’elle un grand nombre de faveurs. Le très adorable sacrement de l’Eucharistie et la passion du Seigneur la pénétraient d’un tel amour et d’une si vive reconnaissance, qu’en les méditant, elle répandait des larmes abondantes. Elle soulageait chaque jour par ses suffrages et ses prières les âmes des justes condamnées aux flammes expiatoires. Gertrude composa de nombreux écrits, propres à ranimer la piété. Des révélations divines et le don de prophétie l’ont aussi rendue célèbre. Enfin, réduite à un état de langueur, plutôt par son ardent amour de Dieu que par la maladie, elle mourut l’an du Seigneur mil deux cent quatre-vingt douze. Après sa mort comme pendant sa vie, Dieu l’a glorifiée par des miracles.

 

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Saint Albert le Grand évêque confesseur et docteur

15 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Albert le Grand évêque confesseur et docteur

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O Dieu, vous avez donné au bienheureux Albert, votre Pontife et Docteur, la grandeur de soumettre la sagesse humaine à la foi divine : donnez-nous, nous vous en prions, de suivre si bien les traces de ce maître que nous puissions jouir au ciel de la lumière parfaite.

Lectio 4
Albertus, ob singularem doctrinam cognomento Magnus, Lauíngiæ ad Danubium, in Suevia, natus, a púero diligenter institútus est. Studiórum causa e pátria discédens, dum Patavii morarétur, hortante beato Jordano, generali Magistro Ordinis Prædicatórum, Dominicianæ famíliæ, frustra obsisténte avunculo, adscribi postulávit. Inter fratres adlectus, in ómnibus Deo deditus, religiosa observántia et pietáte enituit, filiali ac tenerrima in beátam Mariam Vírginem devotióne flagrans. Totam vitæ formam, oratióne studium præveniendo, ita dispósuit, ut apostolicam religiónem proféssus, ad prædicatiónem verbi Dei et animárum salútem procurandam idoneus evaderet administer. Mox ad stúdia explenda Colóniam Agrippinam missus, ita profecit, ut omnes fere sæculares sciéntias diligentíssime præ ómnibus suis coævis investigaverit atque auxerit ; et de divinæ legis fonte, testante Alexandro quarto, adeo salutifera fluéntia doctrinæ potávit, ut ejusdem in suo péctore vigéret plenitudo.

Lectio 5
Ut scientiárum thesáuris alios ditaret, lector Hildeshémii, deinceps Friburgi, Ratisbonæ et Argentinæ constitútus est. Omnium in se admiratiónem convértens, cum in Parisiénsi inclyta universitáte sacræ facultáti docéndo decus adderet, magister theologíæ renunciátus est. Doctrinis gentílium philosophórum ad rectæ ratiónis dictámina revocatis, eárum cum fide cohæréntiam clarius commonstrávit. De divinórum intelléctu mira expósuit. Quantum vero univérsas disciplínas, præsertim sacras, férvido ingenio atque indefesso studio provexerit, plurima ejus scripta in omni fere scientiárum genere aperte declarant. Ut studio generali sui Ordinis præesset, Colóniam reversus est, eo successu ut ejus in scholis auctoritas et doctrinæ fama magis magisque vigúerit. Thomam de Aquino discipulum diléctum hábuit, cujus altitúdinem mentis ipse primus perspéxit ac prædicávit. Erga Sacrosanctum altaris Sacraméntum piíssimo ferebátur afféctu, deque eo præclára conscripsit ; rei quoque mysticæ ánimis instituéndis vias ampliores parávit, adeo ut frúgifer tanti magistri zelus quam late in Ecclésia patúerit.

Lectio 6
Tot inter gravíssima munia, religiosæ vitæ exemplis præfulgens, a frátribus Prior Teutoníæ provinciæ eléctus est. Anágniam vocatus, Gulielmum, Ordines mendicántes ímpio ausu impetentem, coram summo Pontifice Alexandro quarto retudit, qui Episcopum Ratisbonensem eum póstea constítuit. Curæ sui gregis Albertus se totum impendit, morum humilitate ac paupertátis amore studiosíssime reténtis. Dimisso officio, ad episcopalis tamen ordinis labóres promptus atque álacer per Germaniam et finítimas regiónes spiritualia ministrávit. Consília requiréntibus quam recta ac salutifera sollicite præbebat, et in sedandis discordiis tam prudentem se osténdit, ut eum non solum Colónia pacis conciliatórem noverit, verum étiam ad díssitas regiónes Præláti ac viri príncipes árbitrum componéndis dissidiis eum sæpe advocáverint. A sancto Ludovíco, Francórum rege, relíquiis Christi Passiónis, quam devotíssime Albertus colebat, donatus est. In altero Concílio Lugdunénsi negotia gravióra peregit. Tandem, senio consumptus, docére déstitit. Contemplatióni exínde intentus, in gáudium Dómini sui intrávit anno millesimo ducentésimo octogesimo. Sacros honores in diœcesibus plúribus atque in Ordine Prædicatórum ei, Romanórum Pontificum auctoritate, jam antea tributos, Pius Papa undecimus cumulans, sancti Alberti Magni festum, addito Doctoris titulo, Sacrórum Rituum Congregatiónis votum libentíssime excípiens, ad Ecclésiam universam exténdit ; et eum Pius duodecimus cultórum scientiárum naturalium cælestem apud Deum Patronum constítuit.

Lectio 7
Homilía sancti Augustíni Epíscopi
Lib. 1 de Sermone Domini in monte, cap. 6
Ostendit Dominus fatuos esse judicandos, qui temporalium bonorum vel copiam sectantes vel inopiam metuentes, amittunt æterna, quæ nec dari possunt ab hominibus nec auferri. Itaque, si sal infatuatum fuerit, in quo salietur? Id est, si vos, per quos condiendi sunt quodammodo populi, metu persecutionum temporalium amiseritis regna cælorum; qui erunt homines, per quos a vobis error auferatur, cum vos elegerit Deus, per quos errorem auferat ceterorum?

Lectio 8
Ergo ad nihilum valet sal infatuatum, nisi ut mittatur foras et calcetur ab hominibus. Non itaque calcatur ab hominibus qui patitur persecutionem; sed qui, persecutionem timendo, infatuatur. Calcari enim non potest nisi inferior; sed inferior non est, qui, quamvis corpore multa in terra sustineat, corde tamen fixus in cælo est.

Lectio 9
Vos estis lumen mundi. Quomodo dixit superius sal terræ, sic nunc dicit lumen mundi. Nam, neque superius ista terra accipienda est, quam pedibus corporeis calcamus; sed homines qui in terra habitant, vel étiam peccatores, quorum condiendis et exstinguendis putoribus apostolicum salem Dominus misit. Et hic mundum non cælum et terram, sed homines qui sunt in mundo vel diligunt mundum, oportet intelligi; quibus illuminandis Apostoli missi sunt. Non potest civitas abscondi super montem posita; id est, fundata super insignem magnamque justitiam, quam significat étiam ipse mons, in quo disputat Dominus.

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Saint Josaphat évêque et martyr

14 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Josaphat évêque et martyr

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Nous vous en prions, Seigneur, suscitez dans votre Église l’Esprit qui remplissait votre bienheureux Martyr et Pontife Josaphat, et qui le porta à donner sa vie pour ses brebis ; afin qu’étant, par son intercession, animés et fortifiés, nous aussi, de ce même Esprit, nous ne craignions point de sacrifier notre vie pour nos frères.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Josaphat Kuncewicz naquit de parents nobles et catholiques, à Vladimir en Volhynie. Étant tout petit enfant, tandis qu’il écoutait sa mère lui parler de la passion du Christ devant une image de Jésus crucifié, un trait, parti du côté du Sauveur, vint le blesser au cœur. Embrasé de l’amour de Dieu, il s’adonna dès lors avec une telle ferveur à l’oraison et à d’autres exercices de piété, qu’il était un modèle et un sujet d’admiration pour les jeunes gens plus âgés que lui. A vingt ans, entrant dans le cloître, il embrassa la vie monastique parmi les religieux de l’Ordre de saint Basile, et fit de merveilleux progrès dans la perfection évangélique. Il marchait nu-pieds, malgré l’excessive rigueur de l’hiver dans ces contrées, ne mangeait jamais de viande, et ne prenait de vin que par obéissance ; jusqu’à la fin de sa vie, un cilice très rude affligea son corps. Josaphat conserva la fleur de sa chasteté, inviolée, qu’il avait, dès l’adolescence, consacrée à la Vierge Mère de Dieu. La renommée de sa science et de ses vertus n’ayant pas tardé à se répandre, on le chargea, quoique très jeune encore, de gouverner le monastère de Bytène ; peu de temps après, il devint Archimandrite de Vilna, et enfin, bien malgré lui, mais sur les instances des Catholiques, fut nommé Archevêque de Polotsk.

Cinquième leçon. Revêtu de cette dignité, Josaphat ne se relâcha en rien du genre de vie qu’il menait auparavant, et eut uniquement à cœur de favoriser le culte divin et d’assurer le salut du troupeau confié à sa vigilance. Énergique défenseur de l’unité et de la vérité catholiques, il travailla de tout son pouvoir à faire rentrer les schismatiques et les hérétiques dans la communion avec la chaire de saint Pierre. Pour ce qui est du souverain Pontife et de la plénitude de son autorité, il ne cessa d’en prendre la défense, contre les calomnies impudentes et les erreurs des impies, soit par des discours, soit par des écrits pleins de piété et de doctrine. Il revendiqua la juridiction épiscopale et les biens de l’église, que des laïques avaient usurpés. On aurait peine à croire combien d’hérétiques ont été ramenés par lui dans le sein maternel de l’Église. Quant à l’union de l’Église grecque avec l’Église latine, les déclarations des souverains Pontifes attestent expressément que Josaphat en a été le plus illustre promoteur. A cette fin, et aussi pour rendre aux édifices sacrés leur magnificence, construire des demeures destinées aux vierges consacrées au Seigneur et soutenir d’autres œuvres pies, il donna spontanément les revenus de sa mense épiscopale. Sa libéralité envers les indigents alia si loin, qu’un jour, ne trouvant plus rien pour soulager la misère d’une pauvre veuve, il fit mettre en gage son homophorion ou manteau épiscopal.

Sixième leçon. Un si grand développement de la foi catholique excita la haine de certains hommes corrompus, au point qu’il se forma un complot, pour attenter à la vie de ce champion du Christ. Dans un sermon à son peuple, le saint annonça lui-même la mort dont il était menacé. Comme il s’était rendu à Vitebsk, dans le but d’y faire la visite pastorale, les conspirateurs envahissent le palais archiépiscopal, frappent et massacrent tous ceux qu’ils y rencontrent. Aussitôt Josaphat, admirable de douceur, s’élance au-devant de ceux qui le cherchent, et leur adressant avec charité la parole : « Mes chers enfants, leur dit-il, pourquoi maltraiter mes serviteurs ? Si c’est à moi que vous en voulez, me voici. » Aussitôt les meurtriers se précipitent sur lui, l’accablent de coups, le percent de leurs armes, jusqu’à ce qu’enfin, l’ayant tué d’un violent coup de hache, ils jettent son cadavre dans le fleuve. C’était le douzième jour de novembre, de l’an mil six cent vingt-trois, Josaphat étant alors dans la quarante-troisième année de son âge. Son corps, entouré d’une merveilleuse lumière, fut retiré du fond du fleuve. Les meurtriers du Martyr furent les premiers à ressentir les effets salutaires de son sang : condamnés presque tous à la peine capitale, ils abjurèrent le schisme et reconnurent l’horreur de leur crime. Le saint Évêque après sa mort, s’étant illustré par de nombreux miracles, le souverain Pontife Urbain VIII lui décerna les honneurs de la béatification. Pie IX, le troisième jour des calendes de juillet, de l’an mil huit cent soixante-sept, à l’occasion des fêtes solennelles célébrées pour honorer le centenaire des princes des Apôtres, devant l’assemblée des Cardinaux, en présence des Patriarches, Métropolitains et Évêques de tous les rites, venus de toutes les parties du monde et réunis au nombre de cinq cents environ dans la basilique Vaticane, le mit solennellement au nombre des Saints, comme étant, parmi les Orientaux, le premier défenseur de l’unité de l’Église. Le souverain Pontife Léon XIII a étendu à l’Église universelle l’Office et la Messe de saint Josaphat.

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jean Chrysostome.

Septième leçon. Elle est grande, mes très chers frères, elle est grande, dis-je, la dignité de prélat dans l’Église, et elle exige beaucoup de sagesse et de force en celui qui en est revêtu ! Notre courage doit, selon l’exemple proposé par Jésus-Christ, être tel que nous donnions notre vie pour nos brebis, que jamais nous ne les abandonnions, et que nous résistions généreusement au loup. Car voici la différence entre le pasteur et le mercenaire : l’un veille à sa propre conservation, sans guère s’inquiéter des brebis ; l’autre veille toujours au salut des brebis, en négligeant même ses propres intérêts. Après avoir donc caractérisé le pasteur, Jésus-Christ signale deux sortes de personnes qui nuisent au troupeau : le voleur, qui tue et ravit les brebis, et le mercenaire, qui laisse faire le voleur, ne défendant pas les brebis confiées à sa garde.

Huitième leçon. C’est là ce qui arrachait autrefois à Ézéchiel ces invectives : « Malheur aux pasteurs d’Israël ! ne se paissaient-ils pas eux-mêmes ? N’est-ce point les troupeaux que les pasteurs font paître ? » Mais eux, ils faisaient le contraire, conduite des plus criminelles, et source de calamités nombreuses. Ainsi, ajoute le Prophète : « Ils ne ramenaient pas (au bercail) la brebis égarée, ne recherchaient pas la brebis perdue, ne bandaient pas la brebis blessée, ne fortifiaient pas la brebis faible ou malade ; soucieux qu’ils étaient, non de paître le troupeau, mais de se paître eux-mêmes. » Saint Paul exprime cette vérité en d’autres termes : « Tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ. »

Neuvième leçon. Le Christ se fait voir bien différent, et du voleur, et du mercenaire ; différent d’abord de ceux qui viennent pour la perte des autres, quand il dit « être venu pour qu’ils aient la vie, et l’aient avec plus d’abondance » ; différent ensuite de ceux dont la négligence permettait aux loups de ravir les brebis ; et il le montre en disant qu’il « donne sa vie pour ses brebis, afin qu’elles ne périssent pas. » En effet, bien que les Juifs cherchassent à le faire mourir, il n’a point, pour cela, cessé de répandre sa doctrine, ni abandonné ses disciples ; mais il est demeuré ferme et il a souffert la mort. Aussi a-t-il répété souvent : « Je suis le bon pasteur. » Comme on ne voyait pas de preuve de ce qu’il avançait, (car cette parole : « Je donne ma vie, » n’eut son accomplissement que peu de temps après, et celle-ci : « Afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient très abondamment, » ne devait se réaliser qu’au siècle futur,) que fait-il ? Il confirme l’une assertion par l’autre.

Presque toutes les vérités de la théologie catholique ont leurs martyrs particuliers : saint Jean Népomucène est le martyr du sceau sacramentel, saint Tarcisius est le martyr de l’Eucharistie, saint Pierre d’Arbuès est le martyr du ministère sacré de l’Inquisition. Il fallait aussi qu’un ruthène, c’est-à-dire un représentant des vénérables églises orientales, scellât de son sang l’antique foi de Byzance catholique relativement à la primauté de Pierre sur toute l’Église. Ce martyr est Josaphat Kuncewicz, archevêque de Polotsk, né en 1580 et massacré par les schismatiques le matin du 12 novembre 1623.

Les mérites de ce Hiéromartyr pour la cause de l’union de l’Église ruthène avec l’Église romaine, sont incroyables. Se souvenant d’abord de l’action puissante de l’ancien monachisme pour tenir allumé parmi le peuple le flambeau de l’orthodoxie, Josaphat, après une enfance très chaste torturée par des pénitences volontaires, prit l’habit monastique et, avec l’aide de Benjamin Rutski, se consacra à la restauration de l’Ordre de Saint-Basile, qui était tombé en décadence.

En 1619, alors que déjà autour de lui s’était constitué un groupe de moines zélés, Josaphat échangea le siège d’archimandrite de Vilna pour le trône archiépiscopal de Polotsk.

Si, comme supérieur régulier, le Saint avait purifié ses moines du moindre ferment de schisme, devenu archevêque il poursuivit l’erreur avec tout le zèle d’une charité ardente et éclairée. A l’exemple d’une vie sainte il ajouta le ministère continuel de la parole divine, des catéchismes, des écrits apologétiques ; aussi ramena-t-il un grand nombre de ces schismatiques au sein de l’unité catholique. Cela suffit pour lui mériter de la part de ses ennemis la couronne du martyre, qu’il subit intrépide et serein à l’âge de quarante-trois ans seulement.

En 1642, Urbain VIII l’inscrivit déjà au catalogue des bienheureux ; et Pie IX, le 29 juin 1867, à l’occasion du centenaire des deux Princes des Apôtres, orna du diadème des Saints cet énergique champion de l’unité catholique dans la primauté de l’Église romaine.

 

 

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Saint Didace confesseur

13 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Didace confesseur

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Dieu tout-puissant et éternel, qui, par une providence admirable, choisissez ce qu’il y a de plus faible dans le monde pour confondre ce qu’il y a de plus fort ; soyez propice à notre humilité, et accordez-nous grâce aux pieuses prières de votre bienheureux Confesseur Didace, d’être élevés dans les cieux à la gloire éternelle.

Quatrième leçon. Didace naquit en Espagne, au bourg de Saint-Nicolas-de-Port, au diocèse de Séville. Dès son jeune âge, et sous la direction d’un prêtre pieux, il s’exerça, dans une église solitaire, aux premières pratiques d’une vie plus sainte que celle des chrétiens ordinaires. Ensuite, pour s’attacher plus fermement à Dieu, il se rendit à Arrizafa, chez les Frères Mineurs, que l’on appelle Observantins, et fit profession de la règle de saint François, comme frère lai. Là, se soumettant avec un joyeux empressement au joug de l’humble obéissance et de l’observance régulière, adonné surtout à la contemplation, il reçut de Dieu des lumières si vives et si pénétrantes, qu’il parlait des choses du ciel d’une manière merveilleuse et toute divine, quoique n’ayant fait aucune étude littéraire.

Cinquième leçon. Dans les îles Canaries, où il fut chargé de la conduite des frères de son Ordre, et où son désir ardent du martyre fut en partie satisfait par toutes sortes de tribulations, ses paroles et ses exemples convertirent à la foi de Jésus-Christ un grand nombre d’infidèles. Étant revenu à Rome l’année du jubilé, sous le pontificat de Nicolas V, et destiné au soin des malades dans le couvent de l’Ara Cœli, il remplit cette charge avec une charité si ardente que, malgré la disette qui désolait la ville, les malades confiés à ses soins, et dont parfois il guérissait les ulcères en les baisant, ne manquèrent jamais de ce qui leur était nécessaire. On vit briller encore en lui une foi très vive et le don de guérir les malades, en leur faisant des onctions en forme de croix, avec l’huile d’une lampe qui brûlait devant l’image de la bienheureuse Mère de Dieu, qu’il honorait avec la plus grande dévotion.

Sixième leçon. Enfin, étant à Alcala de Hénarès, et sentant que la fin de sa vie était proche, n’ayant sur lui qu’une vieille robe toute déchirée, les yeux fixés sur la croix, il prononça très dévotement ces paroles de l’hymne sacrée : « Doux bois, doux clous, portant un doux ; fardeau, qui avez été dignes de porter le Roi des cieux, le Seigneur. » Ayant achevé ces paroles, il rendit son âme à Dieu, la veille des ides de novembre, en l’an du Seigneur mil quatre cent soixante-trois. Son corps demeura plusieurs mois sans sépulture, afin de satisfaire le pieux désir de ceux qui accouraient pour le voir ; et, comme s’il ; eût été déjà revêtu de l’incorruptibilité, il s’en exhalait une odeur très suave. De nombreux et éclatants miracles ayant rendu Didace célèbre, le Pape Sixte-Quint le mit au nombre des Saints.

Cet humble frère franciscain, célèbre par ses nombreux miracles, mérite une place d’honneur dans le calendrier de l’Église Mère, parce que Rome chrétienne, durant l’année jubilaire de 1425, fut témoin de sa sainteté. Le frère Didace résidait alors au couvent d’’Ara Cœli, et était attaché au service de l’infirmerie. Il mourut à Alcala de Hénarès le 12 novembre 1463 et fut canonisé par un pape franciscain, Sixte-Quint, lequel, en 1585 inscrivit son nom dans le calendrier romain.

 

 

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Saint Martin Ier pape et martyr

12 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint Martin Ier pape et martyr

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O Dieu, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux Martin, accordez-nous, dans votre miséricorde, de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance.

Office

Quatrième leçon. Martin, natif de Todi en Ombrie, s’efforça, dès le commencement de son pontificat, et par les lettres qu’il écrivit, et par les légats qu’il envoya, de rappeler des funestes erreurs de l’hérésie à la vérité de la foi catholique, Paul, Patriarche de Constantinople. Celui-ci, soutenu par l’empereur Constant, qui était hérétique, en était venu jusqu’à cet excès de folie, de reléguer en différentes Iles les légats du Saint-Siège. Le Pape, justement indigné de ce crime, le condamna dans un concile qu’il tint à Rome, concile où se trouvèrent cent cinq Évêques.

Cinquième leçon. A cause de cet acte, Constant envoya en Italie l’exarque Olympius, avec ordre de faire tuer le Pape Martin, ou de le lui amener. Olympius étant donc venu à Rome, commanda à un licteur de tuer le Pape, lorsqu’il célébrerait solennellement la Messe en la basilique de Sainte-Marie de la Crèche : mais ce satellite, ayant tenté la chose, devint tout à coup aveugle.

Sixième leçon. Depuis ce temps-là, plusieurs malheurs arrivèrent à l’empereur Constant ; loin d’en être devenu meilleur, il envoya Théodore Calliope à Rome, avec ordre de se saisir du Pape. Celui-ci fut pris par artifice, mené à Constantinople, et, de là, relégué dans la Chersonèse, où, épuisé par les maux qu’il avait soufferts pour la foi catholique, il mourut le douze novembre, après s’être signalé par plusieurs miracles. Quelque temps après, son corps fut transporté à Rome, et déposé dans l’église consacrée à Dieu sous le nom de saint Sylvestre et de saint Martin. Il gouverna l’Église six ans, un mois et vingt-six jours. En deux ordinations, faites au mois de décembre, il ordonna onze Prêtres et cinq Diacres et sacra trente-trois Évêques pour divers lieux.

Voici une des louanges adressées au pape Martin par la liturgie grecque :

Comment t’appeler, ô Martin ? Te saluerai-je comme le guide le plus illustre de la doctrine orthodoxe ? T’appellerai-je l’infaillible et saint coryphée des dogmes divins ? Te proclamerai-je le vengeur de la vérité contre l’erreur ?

Nous te reconnaissons pour la base de l’épiscopat sacré, la colonne de la foi orthodoxe et le maître de la religion.

Tu as orné le trône sacré de Pierre, et après avoir conservé immobile l’Église sur cette Pierre divine, avec lui tu as obtenu la gloire.

Des odes des matines dans la liturgie byzantine le 13 avril.

Toi qui pour le Christ notre Dieu souffris tant de peines, Martin, puis vers la vie sans peine est parti après avoir si bien combattu, allège les pénibles douleurs de mon âme, afin qu'illuminé par tes prières je te puisse chanter.

L'Un de la sainte Trinité, tu as enseigné qu'il avait deux natures, deux volontés et doubles énergies: tel est le Christ, suprême Dieu, et tous ceux qui ne l'ont pas ainsi vénéré, tu les as rejetés, saint pontife Martin.

Ces infirmes d’esprit qui, sans raison, attribuaient au Christ une seule volonté, clairement tu les réfutas, pape Martin, dans la vérité de ta doctrine et l'éminence de ta foi; aussi dans l'allégresse tu t'écrias: Chantons pour le Seigneur, car il s'est couvert de gloire.

Étant plein de zèle pour Dieu, tu réunis un synode sacré et tu fis prévaloir la doctrine de l’Église, bienheureux pape Martin.

Vénérable Père, tu réfutas au milieu du synode Serge et Pyrrhus ainsi que Théodore et Cyr et ceux qui avec eux imitèrent leur folie.

Emmené de force, Père saint, exilé de Rome, tu as dû circuler, éclairer le monde, tel un soleil émettant les rayons de la vraie foi.

Injustement chassé de ton trône, tu préféras, en juste, souffrir l'injustice des humains, afin de garder sain et sauf le juste enseignement de l’Église, Père saint.

Au milieu des iniques tenant bon en loyal athlète, Pontife divin, accablé par eux et ridiculisé, traîné de force, mais en vain, tu demeuras immuable en ton esprit.

Tu considéras comme flèches d'enfants les outrages de ceux qui vainement t'accablèrent, pape Martin: fermement tu supportas, Bienheureux, d'être déplacé, chargé de chaînes et mis en prison.

Par tes paroles sacrées, tu as clairement affermi la doctrine sainte et renversé la foule des hérétiques, en supportant les outrages, la prison et l'exil.

Vénérable Père, à tes yeux tu n'as pas donné de repos que tu ne sois devenu l'habitation de Dieu et n'aies renversé l'erreur de l'hérésie grâce aux leviers de tes combats de témoin.

Furieusement, comme fauves, les ennemis, te liant avec des chaînes, t'ont traîné au milieu de la ville en se moquant de toi, t'accablant d'insultes, de calomnies et te rudoyant sans pudeur.

A tes pieds de pontife gît le Malin et les bouches indiscrètes des méchants par ta parole furent fermées, alors que le divin enseignement, Père Théophore, s'est montré plus resplendissant que le soleil.

Ils ont tendu tes bras sans pitié et de cordes t'ont lié les égarés, pontife sacré, pape Martin, toi qui enchaînais toute erreur et déchirais les liens des hérésies grâce aux arrêts de tes divins enseignements.

Devant le tribunal qui te jugeait tu comparus, condamnant l'erreur de ceux qui professaient une seule volonté en Christ; et la couronne des Témoins fut ta parure, pour avoir mérité la gloire qui leur revient.

Ceux qui voulaient priver le Christ de la double énergie et volonté, Père, t'ont privé de ton trône en reléguant dans un lointain exil celui qui chantait: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Passant des années sous bonne garde comme gardien d'une foi sans faille, tu as dissipé les ténèbres des hérésies et tu as éclairé les fidèles pour qu'ils chantent: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Alors que tu luttais contre le froid et le gel, en tes longues infirmités, la grâce de Dieu vint te réchauffer en fortifiant celui qui chantait dans l'Esprit: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Comme un lion tu t'élanças avec assurance et fermeté sur les iniques Théodore, Serge, Cyr et Pyrrhus; et ceux qui partageaient leur doctrine, tu les as chassés de l’Église du Christ.

Unie par nature, en personnes est distinguée la très-sainte Trinité: le Père tout-puissant, le Fils consubstantiel et l'Esprit saint; chantons-lui: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Affligé que tu étais par la dureté de l'exil, les maladies et toutes sortes de vexations, en témoin tu as reçu la couronne des martyrs.

Persécuté pour la justice, tu méritas la béatitude que Dieu même a formulée, pape Martin qui as chassé du milieu de l’Église l'injuste hérésie.

De Pierre ayant orné le trône divin et sur sa pierre sainte ayant gardé l’Église inébranlable, Martin, avec lui tu as été glorifié.

Reprenant 1'hymne du Trois fois saint à la langue enflammée des Anges divins, chantons, fidèles: «Saint, saint, saint» d'un même chœur à la divine Trinité.

Devenu confesseur et martyr, pontife sacré, sublime Martin, tu as mérité de te réjouir avec les chœurs des patriarches: c'est pourquoi nous, les fidèles, te disons bienheureux.

Comme soleil resplendissant ayant surgi, bienheureux, du couchant, c'est toute la terre que tu éclairas des rayons de la foi, et tu chassas les profondes ténèbres de l'hérésie.

Debout dans sa maison de notre Dieu, célébrons à nouveau les combats, les exploits de confesseur de notre Père Martin aux célestes pensées, et de tout cœur disons-le bienheureux.

Ta mémoire bienheureuse a resplendi comme l'astre du Jour illuminant jusqu'au bout du monde tous ceux qui t'acclament par des hymnes méritées, Père Martin que Dieu même a glorifié.

 

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XXV ème Dimanche après la Pentecôte

11 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

XXV ème Dimanche après la Pentecôte

Collecte

Nous vous en supplions, Seigneur, gardez votre famille avec une constante bonté afin que celle qui s’appuie sur l’unique espérance de votre grâce céleste, soit toujours munie de votre protection.

Épitre Col. 3, 12-17

Mes frères : comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, et patience, vous supportant les uns les autres et vous pardonnant réciproquement, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre. Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés de manière à former un seul corps, règne dans vos cœurs ; soyez reconnaissants. Que la parole du Christ demeure en vous avec abondance, de telle sorte que vous vous instruisiez et vous avertissiez les uns les autres en toute sagesse : sous l’inspiration de la grâce que vos cœurs s’épanchent vers Dieu en chants, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. Et quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.

Évangile Mt. 13, 24-30

En ce temps là : Jésus proposa aux foules cette parabole : "Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bonne semence dans son champ. Or, pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie au milieu du froment par dessus, et il s’en alla. Quand l’herbe eut poussé et donné son fruit, alors apparut aussi l’ivraie. Et les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : "Maître, n’avez-vous pas semé de bonne semence dans votre champ ? D’où (vient) donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?" Il leur dit : "C’est un ennemi qui a fait cela." Les serviteurs lui disent : "Voulez-vous que nous allions la ramasser ?" Et il leur dit : "Non, de peur qu’en ramassant l’ivraie vous n’arrachiez aussi le froment. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au froment, amassez-le dans mon grenier.

Secrète

Nous vous offrons, Seigneur, ces hosties de propitiation, afin que, dans votre miséricorde, vous nous pardonniez nos fautes et que vous dirigiez nos cœurs chancelants.

Postcommunion

Nous vous en supplions, Dieu tout-puissant, accordez-nous les faveurs dont, par ces mystères, nous avons reçu le gage.

Office

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Augustin, évêque.

Septième leçon. Tandis que les chefs de l’Église se montraient négligents ou bien, si l’on préfère, lorsque les Apôtres se furent endormis du sommeil de la mort, le diable vint et il sema ceux que le Seigneur appelle les mauvais fils. Mais qui sont-ils ? Il y a lieu de le rechercher. Des hérétiques ou bien des mauvais catholiques ? Les hérétiques peuvent bien être dits aussi de mauvais fils, car nés de la même semence de l’Évangile, et procréés au nom du Christ, ils se sont laissé détourner par des opinions erronées vers de fausses doctrines.

Huitième leçon. Mais comme le Seigneur nous dit qu’ils ont été semés au milieu du blé, il semblerait bien qu’ils signifient ceux qui appartiennent à une même communion. D’autre part, le Seigneur interprète le champ comme étant non pas l’Église mais ce monde ; on peut aussi comprendre qu’il s’agit d’hérétiques car en ce monde, ils sont mêlés aux bons non pas dans la société d’une même Église ou dans celle d’une même foi, mais dans la société du seul nom chrétien. Quant à ceux qui, au sein d’une même foi, sont mauvais, il faut les regarder comme de la paille, plutôt que comme de l’ivraie, car la paille a la même souche que le blé et une racine commune.

Neuvième leçon. Dans ce filet également, où se trouvent capturés ensemble mauvais et bons poissons, il n’est pas absurde de reconnaître les mauvais catholiques. Autre chose est la mer qui signifie plutôt ce monde, autre chose le filet qui semble symboliser la communion d’une même foi, d’une même Église. Entre les hérétiques et les mauvais catholiques, il y a cette différence : les hérétiques croient des erreurs tandis que les autres, tout en croyant la vérité, ne vivent pas selon leur foi.

ÉPÎTRE.

Instruit à l’école de l’Homme-Dieu, qui a daigné habiter cette terre, le chrétien doit s’exercer à la miséricorde envers ses frères. Ce monde, purifié par la présence du Verbe incarné, deviendra pour nous l’asile de la paix, si nous savons mériter les titres que nous donne l’Apôtre, d’élus de Dieu, saints et bien-aimés. Cette paix doit remplir d’abord le cœur de chaque chrétien, et l’établir dans une joie continuelle qui aime à s’épancher dans le chant des louanges de Dieu. Mais c’est principalement le Dimanche, que les fidèles, en s’unissant à la sainte Église, « dans ses psaumes et ses cantiques », accomplissent ce devoir si cher à leur cœur. Dans l’usage ordinaire de la vie, souvenons-nous aussi du conseil que nous donne l’Apôtre, à la fin de cette Épître, et songeons à faire toutes nos actions au nom de Jésus-Christ, afin d’être agréables en tout à notre Père céleste.

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Saint André Avellin confesseur mémoire des Saints Tryphon, Respice et Nymphe, Vierge, Martyrs

10 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Saint André Avellin confesseur mémoire des Saints Tryphon, Respice et Nymphe, Vierge, Martyrs

Collecte

O Dieu, qui, par le vœu héroïque de faire chaque jour des progrès dans la vertu, avez disposé dans le cœur de votre Confesseur, le bienheureux André, des degrés admirables pour s’élever à vous ; accordez-nous, par ses mérites et son intercession, de participer à cette même grâce, de sorte que, tendant toujours au plus parfait, nous parvenions heureusement au faîte de votre gloire.

Office

Quatrième leçon. André Avellin, auparavant nommé Lancelot, naquit dans un bourg de Lucanie appelé Castronuovo, et donna dès son enfance des marques non équivoques de sa future sainteté. Arrivé à l’adolescence, il-dut s’éloigner de la maison paternelle pour étudier les lettres ; mais il traversa cette phase dangereuse de la vie en s’appliquant, au milieu de ses études, à ne perdre jamais de vue « la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse. » Joignant à une rare beauté un amour de la chasteté qui lui fit éviter les embûches de femmes impudiques, il les repoussa même quelquefois par la force ouverte. Enrôlé dans la milice cléricale, il se rendit à Naples pour étudier le droit, et y obtint le titre de docteur ; mais ayant été élevé à la dignité sacerdotale, il plaida seulement au for ecclésiastique et pour quelques particuliers, suivant les règles des saints canons. Mais un léger mensonge lui ayant un jour échappé dans sa plaidoirie, ouvrant ensuite comme par hasard la sainte Écriture, il y tomba sur ce passage : « La bouche menteuse tue l’âme, » et fut saisi d’une telle douleur de sa faute, d’un tel repentir, qu’il résolut aussitôt de quitter son genre de vie. Abandonnant donc le barreau, il se consacra entièrement au culte divin et au saint ministère. Ses éminents exemples de toutes les vertus ecclésiastiques portèrent l’Archevêque de Naples à lui confier la direction d’une maison de religieuses. Ayant éprouvé dans cet emploi la haine d’hommes pervers, il put échapper à un premier attentat contre sa vie ; mais, peu après, un assassin lui fit trois blessures au visage, sans que cette cruelle injure troublât son égalité d’âme. Le vif désir de mener une vie plus parfaite lui fit solliciter avec instance d’être admis parmi les Clercs réguliers, et, son vœu ayant été exaucé, il obtint, à cause du grand amour de la croix qui l’embrasait, qu’on lui imposât le nom d’André.

Cinquième leçon. Entré avec une joyeuse ardeur dans la carrière d’une vie plus austère, il s’appliqua surtout à des exercices de vertu, auxquels il s’astreignit même par des vœux très difficiles à garder, à savoir : l’un, de combattre constamment sa propre volonté, l’autre, d’avancer toujours plus avant dans le chemin de la perfection chrétienne. Fidèle observateur de la discipline religieuse, André eut très grand soin de la faire observer par les autres, quand il fut à leur tête. Tout le temps que lui laissaient la charge de son institut et l’accomplissement de sa règle, il le donnait à l’oraison et au salut des âmes. Dans l’audition des confessions, son admirable piété et sa prudence parurent avec éclat. Il parcourait fréquemment les villes et les villages des environs de Naples en ministre de l’Évangile, au grand profit des âmes. Le Seigneur se plut à illustrer, même par des prodiges, cette ardente charité du saint homme envers le prochain. Comme il revenait chez lui pendant une nuit d’orage, après avoir entendu la confession d’un malade, la pluie et la violence du vent éteignirent le flambeau qui éclairait sa marche ; or, non seulement ses compagnons et lui ne furent aucunement mouillés, malgré cette pluie torrentielle, mais son corps projeta miraculeusement une clarté extraordinaire, qui servit à guider ses compagnons au milieu des ténèbres les plus épaisses. André pratiqua l’abstinence, la patience, le mépris et la haine de soi avec le plus grand soin et excella dans l’exercice de ces vertus. Il supporta, sans qu’aucun trouble agitât son âme, le meurtre dont le fils de son frère fut victime, réprimant chez les siens tout désir de vengeance, allant même jusqu’à implorer pour les meurtriers la clémence et l’assistance des juges.

Sixième leçon. Il propagea dans beaucoup d’endroits l’Ordre des Clercs réguliers et leur fonda des maisons à Plaisance et à Milan. Deux Cardinaux, saint Charles Borromée et Paul d’Arezzo, Clerc régulier, qui l’avaient en très grande affection, recoururent à ses services dans les soins de la charge pastorale. André aimait et honorait singulièrement la Vierge, Mère de Dieu ; il mérita de jouir de la conversation des Anges, et attesta les avoir entendus chanter au ciel, pendant que lui-même célébrait les louanges divines. Enfin, après avoir donné d’héroïques exemples de vertus ; après s’être rendu célèbre par le don de prophétie, qui lui faisait voir clairement des faits éloignés ou futurs, comme par celui de pénétration des cœurs, déjà chargé d’années et épuisé par les fatigues, il fut frappé d’apoplexie, au moment où, après avoir répété pour la troisième fois le verset : « Je m’approcherai de l’autel de Dieu, » il allait monter à l’autel pour célébrer. Ayant été aussitôt muni des sacrements, André expira de la manière la plus douce, au milieu des siens. Son corps est vénéré jusqu’en ces temps-ci, dans l’église de Saint-Paul, à Naples, par un aussi grand concours de peuple qu’au moment où on l’inhuma. En raison des miracles éclatants opérés par lui durant sa vie et après sa mort, le souverain Pontife Clément XI l’inscrivit au catalogue des Saints avec les solennités accoutumées.

Ce célèbre missionnaire napolitain, gloire de la Congrégation des Clercs réguliers institués par saint Gaétan de Thienne, fait partie de ce groupe admirable de saints qui, comme [saint Charles Borromée-543], le bienheureux Paul d’Arezzo, saint Gaétan lui-même, provoquèrent le salutaire mouvement de réforme catholique dont le résultat est représenté par le Concile de Trente.

Saint André Avellin fut le directeur spirituel du séminaire épiscopal de Plaisance où on conserve toujours son souvenir. Il est invoqué par les fidèles comme céleste protecteur contre les attaques d’apoplexie et la mort subite ; car lui-même mourut d’une attaque d’apoplexie qui le surprit au pied de l’autel tandis qu’il répétait la parole du Psalmiste : Introibo ad altare Dei (+ 1608).

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Dédicace de l’Archibasilique du Très Saint Sauveur mémoire de Saint Théodore, Martyr

9 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

Dédicace de l’Archibasilique du Très Saint Sauveur mémoire de Saint Théodore, Martyr

Préambule

La constitution divine de l’Église est hiérarchique, hiérarchie des ministères du Pape aux évêques par la succession apostolique, de l’évêque au curé par la mission donnée par le Pasteur du Diocèse, du curé aux fidèles par l’éminente responsabilité du curé sur chacune des âmes du peuple de Dieu qui lui sont ainsi confiées par l’Église.

Cette hiérarchie se retrouve exprimée de manière liturgique par la hiérarchie des Autels. Les cérémonies d’installation de chaque nouveau successeur de Pierre se terminent par son installation sur la cathèdre de sa cathédrale et la célébration de sa première messe sur l’autel majeure de cette cathédrale, la basilique du Latran. Chaque année, l’Église convoque les fidèles pour l’anniversaire de la dédicace de cette « cathédrale des cathédrales » le 9 novembre.

Devant son autel cathédral, l’évêque de chaque diocèse paraît dans tout l’éclat de sa plénitude sacerdotale. Sanctificateur premier de son troupeau, il exerce sa primauté par excellence chaque fois qu’il célèbre dans l’Église Mère du diocèse, qu’il y confère les saints ordres ou consacre les saintes huiles qui serviront aux sacrements dispensés dans son diocèse. Comme pour la cathédrale du Pape, l’Église convoque les fidèles à l’anniversaire de la dédicace de l’Église Mère du diocèse.

Pour soumettre à l’action vivifiante de son sacerdoce jusqu’aux extrémités les plus reculées de son diocèse, l’évêque détache des prêtres et les envoie avec mission « d’offrir, de bénir de présider, d’instruire et de baptiser » en dépendance de lui, chacun devant l’autel paroissial que lui ou ses prédécesseurs ont dressé et consacré. Comme les prêtres dépendent de leur évêque, ainsi les églises paroissiales dépendent de l’Église Mère du diocèse.

L’extension du royaume surnaturel du Christ dans les âmes par le rayonnement de sa lumière et la diffusion de sa vie constitue une œuvre de conquête conduite par la hiérarchie sacerdotale de l’Église militante, qui, au fur et à mesure qu’elle enseigne les nations et les baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, les groupe autour de ses autels comme autour d’autant de foyers où elle leur départit sans mesure la vie surnaturelle, la vie divine, la grâce qui émane de la plénitude du Christ. Dans un diocèse, les autels paroissiaux constituent les bornes miliaires de la prise de possession du royaume des âmes par l’Église.

Non seulement les fidèles sont convoqués chaque année pour l’anniversaire de la dédicace de leur église paroissiale, mais la liturgie en fait la solennité le dimanche suivant.

Introït

Ce lieu est terrible : c’est la maison de Dieu et la porte du ciel, et on l’appellera le palais de Dieu. Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées ! Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur.

Collecte

O Dieu, qui renouvelez chaque année en notre faveur le jour où ce saint temple vous a été consacré, et qui nous conservez en état d’assister à vos saints mystères, exaucez les prières de votre peuple et accordez à quiconque entrera dans ce temple pour demander vos grâces, la joie de les avoir obtenues.

Lecture Ap. 21, 2-5

En ces jours-là, je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s’est parée pour son époux. Et j’entendis une voix forte venant du trône, qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, comme leur Dieu ; et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n’existera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui était autrefois a disparu. Alors celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je vais faire toutes choses nouvelles.

Évangile Lc. 19, 1-10.

En ce temps-là, Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Et voici qu’un homme, nommé Zachée, chef des publicains, et fort riche, cherchait à voir qui était Jésus ; et il ne le pouvait à cause de la foule, parce qu’il était petit de taille. Courant donc en avant, il monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux ; et l’ayant vu, il lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre ; car, aujourd’hui, il faut que je demeure dans ta maison. Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie. Voyant cela, tous murmuraient, disant qu’il était allé loger chez un homme pécheur. Cependant Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit : Seigneur, voici que je donne la moitié de mes biens aux pauvres ; et si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. Jésus lui dit : Aujourd’hui le salut a été accordé à cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Au premier nocturne.

Du livre de l’Apocalypse de saint Jean, Apôtre. Apoc. 21, 9-18.

Première leçon. Alors vint un des sept Anges qui avaient les sept coupes des dernières plaies, et il me parla, disant : Viens, et je te montrerai la nouvelle mariée, l’Épouse de l’Agneau. Et il me transporta en esprit sur une montagne grande et haute, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, ayant la clarté de Dieu ; sa lumière était semblable à une pierre précieuse, telle qu’une pierre de jaspe, semblable au cristal.

Deuxième leçon. Elle avait une grande et haute muraille, ayant elle-même douze portes, et aux portes douze Anges, et des noms écrits, qui sont les noms des douze tribus des enfants d’Israël. A l’Orient étaient trois portes, au septentrion trois portes, au midi trois portes, et à l’occident trois portes. La muraille de la ville avait douze fondements, et sur ces fondements étaient les douze noms des Apôtres de l’Agneau. Celui qui me parlait avait une verge d’or pour mesurer la ville, ses portes et la muraille.

Troisième leçon. La ville est bâtie en carré ; sa longueur est aussi grande que sa largeur elle-même. Il mesura donc la ville avec sa verge d’or, dans l’étendue de douze milles stades ; or, sa longueur, sa largeur et sa hauteur sont égales. Il en mesura aussi la muraille, qui était de cent quarante-quatre coudées de mesure d’homme, qui est celle de l’Ange. La muraille était bâtie de pierres de jaspe ; mais la ville elle-même était d’un or pur, semblable à du verre très clair.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Les rites que l’Église observe dans la consécration des temples et des autels, ont été institués par le Pape saint Sylvestre 1er. Bien que, depuis te temps des Apôtres, il existât des lieux dédiés à Dieu et appelés tantôt oratoires, tantôt églises, où, le Dimanche, se tenaient les assemblées et où le peuple chrétien avait coutume de prier, d’entendre la parole de Dieu et de recevoir l’Eucharistie, toutefois ces lieux n’étaient pas consacrés avec tant de solennité, et il ne s’y trouvait pas encore d’autel érigé en titre et oint du saint chrême, pour représenter Jésus-Christ, qui est notre autel, notre hostie et notre Pontife.

Cinquième leçon. Ce fut quand l’empereur Constantin eut obtenu la santé et le salut par le sacrement du baptême, qu’il fut permis pour la première fois aux Chrétiens, par une loi de ce prince, de bâtir partout des églises ; et il les excita à la construction de ces édifices sacrés, non seulement par son édit, mais encore par son exemple. Il dédia, en effet, dans son palais de Latran, une église au Sauveur, tout près de laquelle il édifia aussi une basilique sous le nom de saint Jean-Baptiste, au lieu même où, baptisé par saint Sylvestre, il avait été guéri de la lèpre de l’infidélité. Ce Pape consacra l’église du Sauveur le cinquième jour des ides de novembre ; et c’est de cette consécration qu’on célèbre aujourd’hui la mémoire, parce que c’est en ce jour que la première dédicace publique d’une église a été faite à Rome et que l’image du Sauveur apparut au peuple romain, peinte sur la muraille.

Sixième leçon. Si le bienheureux Sylvestre décréta dans la suite, en consacrant l’autel du prince des Apôtres, que l’on n’édifierait plus désormais d’autels qu’en pierre, et si cependant, celui de la basilique de Latran est en bois, il n’y a pas lieu de s’en étonner ; depuis saint Pierre jusqu’à Sylvestre, les Papes ne pouvaient, à cause des persécutions, résider en un lieu fixe : partout où la nécessité les poussait, soit dans les cryptes, soit dans les cimetières, soit dans les maisons de pieux fidèles, ils offraient le sacrifice sur cet autel de bois, qui était creux et en forme de coffre. Or, la paix ayant été rendue à l’Église, saint Sylvestre le plaça dans la première église, qui fut celle de Latran, et, en l’honneur du prince des Apôtres, que l’on dit avoir offert le Saint Sacrifice sur cet autel, ainsi que des autres Pontifes qui, jusque-là, s’en étaient servis pour la célébration des Mystères, il ordonna qu’aucun autre que le Pape n’y célébrerait jamais la messe. La basilique du Saint-Sauveur, successivement endommagée par des incendies, dévastée, renversée par des tremblements de terre, fut restaurée avec grand soin puis reconstruite par les Papes. Le vingt-huit avril mil sept cent vingt-six, le souverain Pontife Benoît XIII, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, l’a consacrée solennellement et a décidé qu’on célébrerait en ce jour la mémoire de cette solennelle Dédicace. Selon ce que Pie IX avait projeté d’entreprendre, Léon XIII fit exécuter de grands travaux pour allonger et élargir le chœur du maître-autel, qui allait s’affaissant de vétusté ; il donna l’ordre de restaurer, selon les dessins antiques, les vieilles mosaïques, déjà réparées en beaucoup d’endroits, et de les transporter dans la nouvelle abside, magnifiquement construite et ornée ; il pourvut aussi à l’achèvement de l’ornementation du transept et à la réparation des caissons du plafond ; l’an mil huit cent quatre-vingt-quatre, il ajouta la sacristie, la demeure des chanoines et une galerie contiguë, menant au Baptistère de Constantin.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 19, 1-10.
En ce temps-là : Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Et voici qu’un homme, nommé Zachée, chef des publicains, et fort riche. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Septième leçon. Zachée, homme de fort petite taille, c’est-à-dire de basse extraction, et de peu de mérite, comme l’était le peuple Gentil, ayant entendu parler de la venue de notre Seigneur et Sauveur, désirait voir Celui que les siens n’avaient pas reçu. Mais personne ne voit facilement Jésus, aucun homme ne peut le voir s’il demeure à terre. Et parce que Zachée n’avait ni les Prophètes ni la loi, c’est-à-dire aucune grâce naturelle, il monta sur un sycomore, comme foulant aux pieds la vanité des Juifs et corrigeant aussi les égarements de sa vie passée ; c’est pourquoi il reçut Jésus, à table d’hôte, dans sa maison.

Huitième leçon. C’est avec raison que Zachée monta sur un arbre, parce qu’il devait lui-même devenir un bon arbre portant de bons fruits, et, qu’étant détaché de l’olivier sauvage pour être greffé, contre sa nature, sur un bon olivier, il allait pouvoir porter le fruit de la loi. Car la loi était parmi les Juifs une racine sainte ; mais elle avait des rameaux inutiles : c’était une gloire vaine, et le peuple Gentil s’éleva plus haut qu’eux par la foi en la résurrection, comme par une certaine élévation corporelle. Zachée était donc sur le sycomore et l’aveugle au bord du chemin ; le Seigneur attend l’un pour lui faire miséricorde ; il ennoblit et honore l’autre en séjournant dans sa maison ; il interroge le premier pour le guérir et il s’invite lui-même chez le second qui ne l’invitait pas. Il savait combien la récompense de l’hospitalité qu’on lui accorderait serait abondante ; et il n’avait pas entendu la voix de Zachée l’inviter, il avait vu déjà les sentiments de son cœur.

Neuvième leçon. Mais de peur qu’il ne semble que ce soit par mépris des pauvres, que nous ayons si tôt quitté cet aveugle pour parler du riche Zachée, arrêtons-nous à considérer ce qui se passe à l’égard du premier, puisque le Seigneur aussi s’arrêta pour l’attendre ; interrogeons-le, puisque Jésus-Christ l’interrogea. Nous l’interrogerons parce que nous ne le connaissons pas ; Lui l’interrogea parce qu’il le connaissait. Nous l’interrogerons pour savoir comment il a été guéri ; Jésus l’interrogea, afin que nous apprissions par l’exemple d’un seul, ce que tous nous devons faire pour mériter de voir le Seigneur. Il l’a interrogé pour nous apprendre que personne ne peut être sauvé s’il ne confesse la vérité.

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XXIV ème Dimanche après la Pentecôte

4 Novembre 2018 , Rédigé par Ludovicus

XXIV ème Dimanche après la Pentecôte

Introït

Moi, j’ai des pensées de paix et non d’affliction, dit le Seigneur ; vous m’invoquerez et je vous exaucerai, et je ramènerai vos captifs de tous les lieux. Vous avez béni, Seigneur, votre terre, vous ayez délivré Jacob de la captivité.

Collecte

O Dieu, qui savez qu’en raison de la fragilité humaine, nous ne pourrions subsister au milieu de tant de périls, donnez-nous la santé de l’âme et du corps, afin que grâce à votre secours, nous puissions surmonter ce que nous souffrons pour nos péché

Épitre Rm. 13, 8-10

Mes frères : Ne soyez en dette avec personne, si ce n’est de l’amour mutuel ; car celui qui aime son prochain a accompli la loi. En effet, ces commandements : "Tu ne commettras point d’adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne convoiteras point," et s’il y a quelque autre commandement, se résument dans cette parole : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." L’amour ne fait point de mal au prochain ; l’amour est donc la plénitude de la loi.

Évangile Mt. 8, 23-27

En ce temps là : Jésus monta dans une barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint très agitée, au point que la barque était couverte par les vagues : lui cependant dormait. Ses disciples s’approchèrent, le réveillèrent et lui dirent : "Seigneur, sauvez-nous, nous périssons !" Il leur dit : "Pourquoi êtes-vous peureux, hommes de peu de foi ?" Alors il se dressa et commanda avec force aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. Et les hommes, saisis d’admiration, disaient : "Qui est-il donc, que même les vents et la mer lui obéissent ?"

Secrète

Faites, nous vous en supplions, Dieu tout-puissant, que l’offrande de ce sacrifice nous purifie toujours et garde de tout mal notre.

Postcommunion

O Dieu, que vos dons nous détachent des jouissances terrestres et que votre grâce nous fortifie toujours au moyen de cet aliment tout céleste

Office

Au troisième nocturne.

Homélie de saint Jérôme, prêtre.

Septième leçon. Ce cinquième miracle, Jésus l’accomplit lorsqu’il monte dans la barque à Capharnaüm et commande aux vents et à la mer. Le sixième, au pays des Géraséniens lorsqu’il donne pouvoir aux démons de s’en aller dans le troupeau de porcs. Le septième, lorsqu’il entre dans sa ville et guérit un second paralytique qui est étendu sur un lit. Le premier paralytique est, en effet, le serviteur du centurion. 

Huitième leçon. « Lui, cependant, dormait. Mais ils vinrent l’éveiller en disant : ‘Seigneur, sauve nous.’ » Nous lisons dans Jonas une figure de ce miracle : alors que tous les autres sont en danger, lui-même dort, tranquille ; on le réveille ; par son ordre et par le signe symbolique de sa passion, il délivre ceux qui l’ont réveillé. « Alors, se levant, il menaça les vents et la mer. » Ce passage nous donne à comprendre que toutes les créatures reconnaissent le Créateur. On les gronde, on leur commande ; elles reconnaissent le maître non parce que toutes choses sont animées, comme le pensent à tort certains hérétiques, mais parce que la majesté du Créateur lui rend sensibles les choses qui pour nous sont insensibles.

Neuvième leçon. « Or, pris de stupeur, les hommes disaient : ‘Quel est donc celui-ci ? car même les vents et la mer lui obéissent !’ » Ce ne sont pas les disciples que l’étonnement saisit, mais les bateliers et les autres qui se trouvent dans la barque. Pourtant si quelqu’un veut prétendre que ce sont les disciples qui furent saisis d’étonnement, nous lui répondrons qu’ils méritent bien le nom d’hommes ceux qui ne connaissent pas encore la puissance du Sauveur.

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