La révolution conciliaire a canonisé ses auteurs, ces papes qui ont ouvert l'Eglise au monde moderne, ces libéraux qui se sont réconcilés avec les idéaux de la Révolution de 1789, ces destructeurs faussement bons, ces acteurs roués de l'apostasie, ces mauvais pasteurs qui ont pactisé avec le loup, ces maçons sans tablier qui ont fait la réforme de Luther dans l'Eglise, mais qui par cela même, ce sont exclus de la véritable et seule Eglise catholique Apostolique et Romaine.
Ces mauvais pasteurs qui ont ouvert toutes grandes les portes de l'Enfer, qui n'ont pas voulu que leur Maître règne sur les nations et qui par cela se sont fait les complices de l'Ennemi du genre humain, de l'Homicide dès le commencement.
Et celui qui les a faussement canonisé n'en n'est pas moins coupable :
« Le Concile Vatican II, inspiré par le Pape Jean et par Paul VI, a décidé de regarder l’avenir dans un esprit moderne et de s’ouvrir à la culture moderne. Les pères conciliaires savaient que cette ouverture à la culture moderne était synonyme d’œcuménisme religieux et de dialogue avec les non-croyants. Après eux, on fit bien peu dans cette direction. J’ai l’humilité et l’ambition de vouloir le faire. »
(Entretien avec Eugenio Scalfari le 24 septembre 2013 publié le 1er octobre dans La Repubblica)
« Dieu continue à œuvrer dans le peuple de la première Alliance et fait naître des trésors de sagesse qui jaillissent de sa rencontre avec la Parole divine. Pour cela, l’Église aussi s’enrichit lorsqu’elle recueille les valeurs du Judaïsme. »
(Exhortation apostolique Evangelii Gaudium du 24 novembre 2013, § 249:)
Du pape hérétique se déposant lui-même
La quatrième opinion est celle de Cajetan, selon laquelle le Pape manifestement hérétique n’est pas déposé ipso facto, mais peut et doit être déposé par l’Eglise [Thèse reprise par Avrillé et Mgr Williamson]. À mon avis, cette opinion ne peut se défendre. Puisqu’à prime abord, il est prouvé, avec arguments d’autorité et de raison, que l’hérétique manifeste est déposé ipso facto. L’argument d’autorité est tiré de Saint Paul (Tt. 3), lequel ordonne que soit évité l’hérétique après deux avertissements, c’est-à-dire après qu’il se soit manifesté obstiné, et donc avant toute excommunication ou sentence juridique. Et c’est ce que Saint Jérôme écrit, en ajoutant que tous les autres pécheurs sont exclus de l’Église par sentence d’excommunication, tandis que l’hérétique, de par son son propre mouvement, s’exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ. Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d’éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d’un membre qui nous est uni ? Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30
Ce principe est des plus certains. Le non-chrétien ne peut, en aucune manière, être Pape, tel que Cajetan l’admet lui-même (lib. c. 26). La raison en est qu’un individu ne peut être la tête de ce qu’il n’est pas membre; alors celui qui n’est pas chrétien n’est pas membre de l’Église, et un hérétique manifeste n’est pas un chrétien, tel que clairement enseigné par Saint Cyprien (lib. 4, epist. 2), Saint Athanase (Scr. 2 cont. Arian.) Saint Augustin (lib. de great. Christ. cap. 20), Saint Jérôme (contra Lucifer) et autres; conséquemment, l’hérétique manifeste ne peut être Pape. Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30
À cela, Cajetan répond (in Apol. pro tract. praedicto cap. 25 et in ipso tract. cap. 22) que l’hérétique n’est pas chrétien simpliciter mais chrétien secundum quid. Puisque, étant admis que deux choses constituent le chrétien – la foi et le caractère [batpême] – l’hérétique, ayant perdu la foi, demeure d’une certaine manière uni à l’Église et est sujet capable de juridiction; conséquemment, il est Pape, mais on doit le lui retiré [le Souverain pontificat], puisqu’il est disposé, avec disposition ultime, à cesser d’être Pape : tout comme l’homme qui n’est pas encore mort bien qu’étant „in extremis” [sur le point de mourrir]. Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30
Encore une fois : d’abord, si l’hérétique demeure in actu uni à l’Église en vertu du caractère [baptême], il ne pourrait se voir capable d’être coupé ou séparé de l’Église in actu, puisque le caractère [baptême] est indélébile. Mais il n’y a personne qui puisse nier qu’un quelconque individu puisse être séparé in actu de l’Église. Conséquemment, le caractère [le baptême] ne fait pas de l’hérétique un être in actu dans l’Église, mais est seulement un signe qu’il fut dans l’Église et qu’il doit y retourner. Analogiquement, quand une brebie perdue se promène dans les montagnes, la marque qui lui est imprégnée ne la fait pas être dans l’étable, mais elle indique seulement de quelle étable elle s’est égaré, et à quelle étable elle doit y être ramené. Cette vérité se confirme avec Saint Thomas, lequel affirme (III, Q. 8, 3) que ceux qui n’ont pas la foi ne sont pas unis in actu au Christ, mais seulement potentiellement – et Saint Thomas se réfère ici à l’union intérieure, et non à l’union extérieure laquelle est produite par la confession de la foi et les signes visibles. Conséquemment, tout comme le caractère est quelque chose d’intérieur, et non extérieur, selon Saint Thomas le caractère [baptême] seul n’unit pas un homme in actu au Christ.
De plus, contre l’argument de Cajetan, soit la foi est une disposition nécessaire simpliciter à l’individu pour être Pape, ou elle est seulement nécessaire pour être un bon Pape. Dans la première hypothèse, dans le cas où cette disposition serait éliminée par la disposition contraire, laquelle est l’hérésie, le Pape cesse immédiatement d’être pape : puisque la forme ne peut se maintenir sans les dispositions nécessaires. Dans la seconde hypothèse, le Pape ne pourrait être déposé pour hérésie, puisqu’autrement il devrait être déposé pour ignorance, immoralité et autres causes similaires qui empêchent la connaissance, la moralité, et toutes autres dispositions nécessaires pour qu’il soit un bon Pape (ad bene esse papae). De plus, à cela, Cajetan reconnaît (tract. praed., ca. 26) que le Pape ne peut être déposé pour le manque de dispositions nécessaires, non simpliciter, mais seulement ad bene esse (1). Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30
Résumons en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretalium, l. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, il ne serait pas privé de sa charge par un jugement des hommes, mais par son propre fait, puisque l’adhésion formelle à une hérésie l’excluerait du sein de l’Église. R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159
Tandis que ceux qui ne croient pas sont déjà jugés, parce qu’ils ne croient pas au nom du Fils unique de Dieu. Il faut observer ces mots : Jam judicatus est. Ils sont chargés de péchés, qui renferment la matière de leur jugement et d’une ample condamnation. […] Et par là même leur condamnation est toute prononcée … R.P. Libermann, Commentaire sur l’Évangile selon Saint Jean, p.101
« … l’hérétique ou le schismatique, fût-il de la meilleure foi du monde, n’appartient pas à l’Église; donc, extérieurement et publiquement, l’Église ne saurait le traiter comme un de ses enfants, ne saurait rien lui octroyer du patrimoine familial; donc elle ne saurait lui accorder la participation aux choses saintes confiés à sa gestion par le Christ. Chanoine Cyrille Labrecque, Consultations Théologiques, p.492