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Saints Soter et Caïus Papes et Martyrs

22 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

Saints Soter et Caïus Papes et MartyrsSaints Soter et Caïus Papes et Martyrs

Pasteur éternel de l’Église, regardez avec bienveillance votre troupeau, protégez-le et gardez-le toujours. Nous vous le demandons par les bienheureux Papes Soter et Caïus, vos Martyrs, que vous avez placé comme berger à la tête de l’Église.

Epître

En ces jours-là : Après cela, moi Jean, j’entendis comme la voix d’une foule nombreuse, dans le ciel, qui disait : Alléluia ; le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu, parce que ses jugements sont véritables et justes, qu’il a jugé la grande prostituée qui a corrompu la terre par sa prostitution, et qu’il a vengé le sang de Ses serviteurs répandu par ses mains. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ; et sa fumée monte dans les siècles des siècles. Alors les vingt-quatre vieillards et les quatre animaux se prosternèrent et adorèrent Dieu, assis sur le trône, en disant : Amen, Alléluia. Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, et vous qui le craignez, petits et grands. Et j’entendis comme le bruit d’une grande foule, et comme le bruit de grandes eaux et de violents coups de tonnerre, qui disaient : Alléluia, parce que le Seigneur notre Dieu, le Tout-puissant, est entré dans son règne. Réjouissons-nous, et soyons dans l’allégresse, et rendons-Lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée. Et il lui a été donné de se revêtir d’un lin éclatant et pur ; car le lin, ce sont les actions justes des saints. Alors il me dit : Écris : Bienheureux ceux qui sont appelés au repas des noces de l’Agneau.

Evangile

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car, sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il sera jeté dehors comme le sarment, et il séchera ; puis on le ramassera, et on le jettera au feu, et il brûlera. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. En ceci mon Père sera glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit, et que vous deveniez mes disciples. Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j’ai moi-même gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Bréviaire

Quatrième leçon. Soter, né à Fondi en Campanie, décréta que les vierges consacrées ne toucheraient pas les vases sacrés ni les pales, et qu’elles n’encenseraient pas dans l’Église. Il statua aussi qu’en la Cène du Seigneur, tous les fidèles recevraient le corps du Christ, excepté ceux qui en seraient empêchés pour une faute grave. Soter siégea sur la chaire "pontificale trois ans onze mois et dix-huit jours. Il reçut la couronne du martyre sous l’empereur Marc-Aurèle, et fut enseveli dans le cimetière appelé cimetière de Calixte, après avoir, selon la coutume de ses prédécesseurs, ordonné au mois de décembre dix-huit prêtres et neuf Diacres, et sacré onze Évêques pour divers lieux.

Cinquième leçon. Caïus était dalmate, et de la famille de l’empereur Dioclétien. Il ordonna que, dans l’Église, avant d’être élevé à l’épiscopat, on passerait par divers degrés d’ordre et d’honneur : ceux de Portier, de Lecteur, d’Exorciste, d’Acolyte, de Sous-Diacre, de Diacre et de Prêtre. Fuyant la cruauté dont Dioclétien usait envers les chrétiens, il se tint caché quelque temps dans une caverne ; mais huit ans plus tard, il parvint à la couronne du martyre avec son frère Gabinus, après avoir siégé douze ans quatre mois et cinq jours, et après avoir ordonné au mois de décembre, vingt-cinq Prêtres, huit Diacres et sacré cinq Évêques. Caïus fut enseveli dans le cimetière de Calixte, le dix des calendes de mai. Urbain Villa fait revivre sa mémoire dans Rome, et réparer son église qui tombait en ruines, honorant cette église d’un Titre et d’une Station, et l’enrichissant des reliques du saint Pape.

Deux Papes martyrs croisent aujourd’hui leurs palmes sur le Cycle. Soter souffrit pour le Christ au deuxième siècle, et Caïus au troisième ; cent années les séparent, et l’énergie de la foi, la fidélité au divin dépôt ; se retrouvent les mêmes. Quelle société humaine a jamais produit des siècles entiers de héros ? La nôtre est fondée sur ce dévouement traditionnel qui se prouve par le sang. Nos chefs n’ont pas voulu laisser aux soldats le monopole du sacrifice ; les trente premiers successeurs de Pierre ont payé de leur vie l’honneur du pontificat. Quel trône que celui de notre divin Ressuscité entouré de tous ces rois revêtus de la pourpre triomphale ! Soter fut le successeur immédiat d’Anicet, dont nous avons honoré la mémoire il y a peu de jours. Le temps nous a dérobé la connaissance de ses actions. Un trait seulement est arrivé jusqu’à nous. Eusèbe nous a conservé un fragment d’une lettre de saint Denys, évêque de Corinthe, dans laquelle il remercie notre saint pontife des largesses qu’il a envoyées aux fidèles de cette Église qui souffraient d’une famine. Une lettre apostolique accompagnait ces aumônes, et saint Denys atteste qu’on la lisait dans l’assemblée des fidèles, avec celle que saint Clément avait adressée à la même Église au siècle précédent. La charité des pontifes romains s’est toujours unie à leur fidélité à conserver le dépôt de la foi. Quant à Caius. il fut enlevé dans la terrible tempête suscitée par Dioclétien contre l’Église, et ses gestes occupent à peine quelques lignes dans les annales de Rome chrétienne. Nous ne serons donc pas étonnés de trouver tant de concision dans le récit liturgique que l’Église consacre à ces deux Papes martyrs.

Saints Pontifes, vous êtes du nombre de ceux qui ont traversé la grande tribulation, et qui ont passé par l’eau et par le feu pour aborder au rivage de l’éternité. La pensée de Jésus vainqueur de la mort soutenait votre courage ; vous saviez que les gloires de là Résurrection ont succédé aux angoisses de la Passion. Immolés comme Jésus pour votre troupeau, vous nous avez appris par votre exemple que la vie et les intérêts de ce monde ne doivent compter pour rien, quand il s’agit de confesser la foi. Armez-nous de ce courage. Le Baptême nous a enrôlés dans la milice du Christ ; la Confirmation nous a donné l’Esprit de force : nous devons donc être prêts pour les combats. Saints Pontifes, nous ignorons si nos temps sont appelés à voir l’Église exposée à la persécution sanglante ; quoi qu’il advienne, nous avons à lutter avec nous-mêmes, avec l’esprit du monde, avec les démons ; soutenez-nous par vos prières. Vous avez été les pères de la chrétienté ; la charité pastorale qui vous anima ici-bas vit toujours dans vos cœurs. Protégez-nous, et rendez-nous fidèles à tous les devoirs qui nous lient au souverain Maître dont vous avez soutenu la cause.

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Vatican II est la réforme luthérienne de l'Eglise

21 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

MELTING POT ŒCUMÉNIQUE POUR LA NOUVELLE ÉGLISE MONDIALISTE

Le cardinal suisse Kurt Koch estime que le jubilé de la Réforme en 2017 est l’occasion de réaliser de nouvelles avancées dans l’œcuménisme. Les communautés chrétiennes ne doivent pas se résigner « avec la situation anormale de la séparation en différentes Églises », a dit le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens jeudi 16 avril à Munich.

« NOUVEAUX PAS VERS L’UNITÉ »

Les catholiques et les luthériens ont « des raisons de faire pénitence » pour « la mauvaise foi et les blessures qu’ils se sont infligées durant les 500 dernières années », souligne le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Dans un 2e temps, les deux parties pourraient se réjouir des progrès réalisés ces dernières décennies dans le dialogue œcuménique.

Dans ce domaine, le cardinal Koch cite la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification, que l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale ont signée en 1999 à Augsbourg.

À partir de là, il faut oser accomplir « de nouveaux pas vers l’unité », estime-t-il. Une « nouvelle Déclaration commune sur l’Église, l’Eucharistie et le Ministère » constituerait « un pas décisif sur le chemin vers une communion totale des Églises », ajoute-t-il.


ÉCLAIRCIR LA POSITION DE LA [prétendue] RÉFORME SUR LA TRADITION

Kurt Koch ne cache pas qu’un long chemin est encore à accomplir jusqu’alors. Le cheminement œcuménique devrait « revenir vers une recherche frénétique en vue de l’unité ». L’œcuménisme ne devrait pas se contenter d’une reconnaissance mutuelle dans la diversité, ce qui équivaudrait à un éloignement de la profession de foi des Églises telle qu’elle était proclamée durant les deux premiers siècles de l’ère chrétienne.

La question de l’essence même de l’Église ne doit être prioritaire que dans la poursuite du dialogue œcuménique. Le cardinal suisse espère ainsi que l’année 2017 apportera de nouvelles clarifications.

Il conviendra notamment d’éclaircir quelle est la position de la Réforme sur la tradition commune de l’Église. Kurt Koch rappelle à ce propos que les catholiques et les luthériens ont partagé une histoire commune de 1 500 ans avant le XVIe siècle.

DES RÉFORMES DANS L’ÉGLISE

On ne peut donc pas considérer et fêter la Réforme comme « la naissance de l’Église de la liberté ». D’ailleurs le but de réformer l’Église dans son ensemble n’a pas été atteint. Le développement des Églises issues de la Réforme doit donc être considéré historiquement comme « une solution de secours ».

Le cardinal de curie relève également que la Réforme ne détient pas l’exclusivité des mouvements de réforme dans l’Église. Il en existait déjà avant le XVIe siècle et également après. Selon lui, le « réformateur le plus radical » a même été François d’Assise, et il a agi « en unité avec le pape ».

Puis, l’Église catholique elle-même a accompli sa propre réforme avec le Concile Vatican II et la redécouverte de l’importance primordiale de la Parole de Dieu et le sacerdoce commun de tous les baptisés, qui ont été des thèmes marquants de l’enseignement de Martin Luther.

Début janvier, le cardinal Reinhard Marx, s’exprimant dans le magazine Politik & Kultur, avait affirmé : « Les catholiques peuvent aussi beaucoup apprendre de Luther. »

En 2017, les protestants fêteront les 500 ans de la Réforme : c’est le 31 octobre 1517 que Martin Luther, alors religieux augustin, afficha à Wittenberg les « 95 thèses » dénonçant la vente des indulgences par l’Église catholique romaine, acte fondateur du protestantisme.C.C. avec Apicla croix

 

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Saint Anselme

21 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

Saint Anselme

Quatrième leçon. Anselme naquit dans la ville d’Aoste, aux confins de l’Italie, de parents nobles et catholiques : son père s’appelait Gondulphe et sa mère Ermemberge. Dès ses tendres années, son application assidue à l’étude et son désir d’une vie plus parfaite firent clairement pressentir qu’il brillerait dans la suite par sa sainteté et sa science. S’il se laissa entraîner pendant quelque temps par la fougue de la jeunesse vers les séductions du monde, bientôt cependant, rappelé dans la bonne voie, il abandonna sa patrie et tous ses biens, et se rendit au monastère du Bec, de l’Ordre de saint Benoît. C’est là, qu’ayant fait sa profession religieuse sous Herluin, Abbé très zélé pour l’observance, et Lanfranc, maître très docte, il fit de tels progrès par la ferveur de son âme et par son ardeur constante pour l’étude et l’acquisition des vertus, que tous le regardèrent comme un modèle admirable de sainteté et de doctrine.

Cinquième leçon. Son abstinence et sa sobriété étaient si grandes que l’assiduité au jeûne semblait avoir détruit en lui presque tout sentiment du besoin de nourriture. Après avoir employé le jour aux exercices monastiques, à l’enseignement, et à répondre aux diverses questions qu’on lui adressait sur la religion, il dérobait la plus grande partie de la nuit au sommeil, pour donner une nouvelle vigueur à son âme par les méditations divines, auxquelles il ne se livrait jamais sans une grande abondance de larmes. Élu prieur du monastère, il sut si bien se concilier par sa charité, son humilité et sa prudence, les frères qui lui étaient contraires, que de ces hommes, d’abord envieux, il fit ses amis et les amis de Dieu, au grand avantage de l’observance régulière. A la mort de l’Abbé, Anselme fut établi malgré lui à sa place. La réputation de sa science et de sa sainteté devint si éclatante en tous lieux, que non seulement il reçut des témoignages de vénération de la part des rois et des Évêques, mais qu’il fut honoré de l’amitié de saint Grégoire VII. Ce Pontife, éprouvé alors par de grandes persécutions, lui adressa des lettres pleines d’affection, dans lesquelles il recommandait à ses prières, et sa personne, et l’Église catholique.

Sixième leçon. Anselme, après la mort de Lanfranc, Archevêque de Cantorbéry, son ancien maître, se vit contraint par les pressantes sollicitations de Guillaume, roi d’Angleterre, et sur les instances du clergé et du peuple, à prendre en main le gouvernement de cette Église. Il s’appliqua aussitôt à réformer les mœurs relâchées de son peuple, employant d’abord à cet effet ses discours et ses exemples, et ensuite ses écrits ; il fit encore célébrer plusieurs conciles, et rétablit dans son diocèse la piété et la discipline ecclésiastique. Mais bientôt le même roi Guillaume, ayant tenté par la violence et les menaces d’usurper les droits de l’Église, Anselme lui résista avec une constance vraiment sacerdotale, et eut à souffrir la perte de ses biens et même l’exil, et se rendit à Rome auprès d’Urbain II. Ce Pape le reçut avec honneur, et le combla de louanges lorsque, au concile de Bari, Anselme soutint contre l’erreur des Grecs, par d’innombrables témoignages des Écritures et des saints Pères, que le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Le roi Guillaume ayant quitté cette vie, le roi Henri, son frère, rappela Anselme en Angleterre, où le Saint s’endormit dans le Seigneur. Célèbre par ses miracles et sa sainteté, (dont le trait distinctif était une insigne dévotion pour la passion de notre Seigneur et envers la bienheureuse Vierge, sa Mère), célèbre aussi par sa doctrine très utile à la défense de la religion chrétienne, à ’avancement des âmes et à tous les théologiens qui ont traité de la science sacrée selon la méthode scolastique, Anselme paraît avoir puisé au ciel l’inspiration de tous ses ouvrages.

Moine, Évêque et Docteur, Anselme réunit en sa personne ces trois grands apanages du chrétien privilégie ; et si l’auréole du martyre n’est pas venue apporter le dernier lustre à ce noble faisceau de tant de gloires, on peut dire que la palme a manqué à Anselme, mais qu’il n’a pas manqué à la palme. Son nom rappelle la mansuétude de l’homme du cloître unie à la fermeté épiscopale, la science jointe à la piété ; nulle mémoire n’a été à la fois plus douce et plus éclatante.

Le Piémont le donna à la France et à l’Ordre de saint Benoît. Anselme, dans l’abbaye du Bec, réalisa pleinement le type de l’Abbé tel que l’a tracé le Patriarche des moines d’Occident : « Plus servir que commander. » Il fut de la part de ses frères l’objet d’une affection sans égale, et dont l’expression est arrivée jusqu’à nous. Sa vie leur appartenait tout entière, soit qu’il s’appliquât à les conduire à Dieu, soit qu’il prît plaisir à les initier aux sublimes spéculations de son intelligence. Un jour il leur fut enlevé malgré tous ses efforts, et contraint de s’asseoir sur la chaire archiépiscopale de Cantorbéry. Successeur en ce siège des Augustin, des Dunstan, des Elphège, des Lanfranc, il fut digne de porter le pallium après eux, et par ses nobles exemples, il ouvrit la voie à l’illustre martyr Thomas qui lui succéda de si près.

Sa vie pastorale fut tout entière aux luttes pour la liberté de l’Église. En lui l’agneau revêtit la vigueur du lion. « Le Christ, disait-il, ne veut pas d’une esclave pour épouse ; il n’aime rien tant en ce monde que la liberté de son Église. » Le temps n’est plus où ce Fils de Dieu consentait à être enchaîné par d’indignes liens, afin de nous affranchir de nos péchés ; il est ressuscite glorieux, et il veut que son épouse soit libre comme lui. Dans tous les siècles, elle a à combattre pour cette liberté sacrée, sans laquelle elle ne pourrait remplir ici-bas le ministère de salut que son Époux divin lui a confié. Jaloux de son influence, les princes de la terre, qui n’ignorent pas qu’elle est reine, se sont ingéniés à lui créer mille entraves. De nos jours, un grand nombre de ses enfants ont perdu jusqu’à la notion des franchises auxquelles elles a droit : sans aucun souci de sa royauté, ils ne lui désirent d’autre liberté que celle qu’elle partagera avec les sectes qu’elle condamne ; ils ne peuvent comprendre que, dans de telles conditions, l’Église que le Christ a faite pour régner, est en esclavage. Ce n’est pas ainsi qu’Anselme l’entendait ; et tout enfant de l’Église doit avoir de telles utopies en horreur. Les grands mots de progrès et de société moderne ne sauraient le séduire ; il sait que l’Église n’a pas d’égale ici-bas ; et s’il voit le monde en proie aux plus terribles convulsions, incapable de s’asseoir désormais sur un fondement stable, tout s’explique pour lui par cette raison que l’Église n’est plus reine. Le droit de notre Mère n’est pas seulement d’être reconnue pour ce qu’elle est dans le secret de la pensée de chacun de ses fidèles ; il lui faut l’appui extérieur. Jésus lui a promis les nations en héritage ; elle les a possédées selon cette divine promesse ; mais aujourd’hui, s’il advient qu’un peuple la mette hors la loi, en lui offrant une égale protection avec toutes les sectes qu’elle a expulsées de son sein, mille acclamations se font entendre à la louange de ce prétendu progrès, et des voix connues et aimées, se mêlent à ces clameurs.

De telles épreuves furent épargnées à Anselme. La brutalité des rois normands était moins à redouter que ces systèmes perfides qui sapent par la base jusqu’à l’idée même de l’Église, et font regretter la persécution ouverte. Le torrent renverse tout sur son passage ; mais tout renaît aussi lorsque sa source est tarie. Il en est autrement quand les eaux débordées envahissent la terre en l’entraînant après elles. Tenons-le pour sûr : le jour où l’Église, la céleste colombe, n’aura plus ici-bas où poser son pied avec honneur, le ciel s’ouvrira, et elle prendra son vol pour sa patrie céleste, laissant le monde à la veille de voir descendre le juge du dernier jour.

Anselme docteur n’est pas moins admirable qu’Anselme pontife. Sa haute et tranquille intelligence se plut dans la contemplation des vérités divines ; elle en chercha les rapports et l’harmonie, et le produit de ces nobles labeurs occupe un rang supérieur dans le dépôt où se conservent les richesses de la théologie catholique. Dieu avait départi à Anselme le génie. Ses combats, sa vie agitée, ne purent le distraire de ses saintes et dures études, et, sur le chemin de ses exils, il allait méditant sur Dieu et ses mystères, étendant pour lui-même et pour la postérité le champ déjà si vaste des investigations respectueuses de la raison dans les domaines de la foi.

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La religion de France la plus persécutée n'est pas celle que l'on pourrait croire

20 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

PRÈS DE DEUX LIEUX DE CULTE OU DE SÉPULTURE CHRÉTIENS PROFANÉS CHAQUE JOUR EN FRANCE

Le ministère de l'Intérieur a dénombré, en 2014, 807 atteintes aux lieux de culte et aux sépultures dont 673 à l'encontre de sites chrétiens.

Plus de 200 tombes saccagées, des dizaines de crucifix arrachés, des stèles brisées, des objets funéraires jetés au sol. Une «offense insoutenable», a condamné jeudi le premier ministre Manuel Valls, après la découverte, la veille, de la profanation du cimetière de Castres. Même précaution, chez François Hollande, pour souligner qu'il s'agissait de «tombes chrétiennes». Une façon de se rattraper, après les nombreuses critiques contre un gouvernement prompt à s'émouvoir des attaques concernant les juifs ou les musulmans, mais plutôt silencieux lorsque la foi chrétienne est insultée?

Des atteintes à des sépultures ou à des lieux de culte chrétiens, il y en a pourtant de plus en plus: près de deux par jour en 2014! La tendance est la même pour toutes les religions: les atteintes aux lieux de culte et aux sépultures, selon le ministère de l'Intérieur, augmentent régulièrement. «En 2014, on comptait 807 atteintes aux lieux de culte et aux sépultures dont 673 à l'encontre de sites chrétiens, détaille la place Beauvau. Sur les 216 atteintes à des cimetières, 206 concernaient des sites chrétiens. Sur les 591 atteintes à des lieux de culte, 467 concernaient des sites chrétiens.» Pour les sites israélites, le ministère a recensé des atteintes à 61 synagogues, un centre communautaire, 6 cimetières et 2 monuments aux morts en 2014 (contre 26 faits en 2013). Pour les sites musulmans, il note une légère diminution des profanations en 2014: 60 mosquées et salles de prières, ainsi que 4 carrés musulmans dans un cimetière ont été touchés (contre 75 faits en 2013).

Mais pour de nombreux chrétiens, les profanations d'églises ou de cimetière sont souvent occultées, en tout cas rapidement oubliées… «La profanation d'une église crée une forte émotion spontanée, mais qui ne dure pas forcément, constate Mgr Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF). Il est extrêmement important qu'à chaque fois, une plainte soit déposée. Nous demandons aussi aux pouvoirs publics de manifester leur désapprobation. Il me semble essentiel que l'on protège ces lieux: ce ne sont pas de simples salles de réunion! Les dégradations sont une atteinte aux chrétiens, mais plus généralement à tous les Français.»

 

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Racisme ?

20 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

"En Afrique du Sud, les dernières violences "xénophobes" ont pris une telle ampleur que le Malawi a décidé d'évacuer ses ressortissants et que le Mozambique a demandé fermement aux autorités sud-africaines d'assurer la protection de ses nationaux. Quant au président Zuma, il vient d'annuler une visite officielle à l'étranger afin de suivre l'évolution de la situation.

Un peu partout dans le pays, notamment au Natal et dans la région de Johannesburg, les immigrés africains qu'ils soient  Malawites, Mozambicains, Somaliens, Zimbabwéens, Soudanais ou encore Nigérians sont en effet pris pour cible, lynchés ou forcés à se réfugier dans les camps militaires cependant que leurs biens sont systématiquement pillés. Au Natal, les pogroms ont été encouragés par le roi des Zulu et ailleurs dans le pays par le propre fils du président Zuma... Dans la "nation arc-en-ciel-", au pays de Nelson Mandela, des Noirs massacrent donc d'autres Noirs, et qui plus est, des Noirs immigrés... Voilà de quoi déstabiliser les bonnes âmes qui pensaient, la main sur le coeur et abreuvées de certitudes morales, qu'une fois le régime blanc d'apartheid balayé, les fontaines sud africaines allaient laisser couler le lait et le miel de la société post-raciale...
 
Un peu plus d'un an après la mort de Nelson Mandela, le culte planétaire quasi religieux rendu à sa personne apparaît donc en total décalage avec les évènements. Le réel est en effet de retour -une fois de plus et comme toujours-, balayant au passage le mythe-guimauve de la « nation arc-en-ciel » fraternelle et ouverte au monde. Dans un pays où le chômage touche environ 40% des actifs et où le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994, dans un pays où 18 millions de Noirs sur une population de 53 millions d’habitants, ne survivent que grâce aux aides sociales, le Social Grant, quoi d'étonnant à ce qu'éclatent des violences xénophobes, les étrangers étant accusés de prendre le travail des plus pauvres?
 
L’échec économique sud-africain est en effet total -je développe ce point dans le chapitre IV de mon dernier livre Osons dire la vérité à l'Afrique-. Selon le Rapport Economique sur l’Afrique pour l’année 2013, rédigé par la Commission économique de l’Afrique (ONU) et l’Union africaine l’Afrique du Sud s’est en effet classée parmi les 5 pays « les moins performants » du continent sur la base de la croissance moyenne annuelle, devançant à peine les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland.
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Nostra Aetate ou le changement de paradigme

20 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

François cache sa Croix pour ne pas importuner ses "frères aînés". Son Maître lui a pourtant dit : Celui donc qui me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux; mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. Mt10, 32-33

François cache sa Croix pour ne pas importuner ses "frères aînés". Son Maître lui a pourtant dit : Celui donc qui me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux; mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. Mt10, 32-33

«LA SAGESSE ET L'AMITIÉ DU PAPE FRANÇOIS FERONT PROGRESSER LE DIALOGUE AVEC LE JUDAÏSME»

INTERVIEW - Le pape François reçoit ce lundi matin la Conférence des rabbins européens qui représentent 600 rabbins issus de tout le continent. C'est une première pour cette organisation. Le rabbin français Moché Lewin, directeur exécutif de cette conférence, en situe l'enjeu.

Quel est l'enjeu de la rencontre, ce lundi, des rabbins européens avec le pape François?

La rencontre historique que nous avons souhaitée avec Sa Sainteté le pape François, se déroulera presque 50 ans après la déclaration de Nostra Aetate liée au Concile Vatican II. Celle-ci mettait fin à un conflit théologique et à des siècles de haine et d'animosité envers le judaïsme dans le monde. Cette déclaration, les rencontres d'Assises et la visite de Jean Paul II à la grande synagogue de Rome, ont permis de passer, comme l'a écrit Jules Isaac, de «l'enseignement du mépris à l'enseignement de l'estime». Le symbole d'une rencontre avec la Conférence des rabbins européens (CER), représentant 600 rabbins européens, témoignera du chemin parcouru en 50 ans et devrait permettre d'ouvrir de nouvelles perspectives de dialogue entre nos deux religions monothéistes.

Pourquoi a-t-il fallu attendre 2015, et donc autant de temps, pour que cette rencontre se produise?

Si certains grands rabbins membres de la CER avaient rencontré les papes de leur propre initiative, la Conférence n'avait encore jamais effectué de démarche pour rencontrer les souverains pontifes. Cinquante ans de consolidation des liens depuis Nostra Aetate auront permis de développer une connaissance mutuelle et réussi à dissiper la méfiance que certains pouvaient éprouver. Dans la tradition juive 50 ans, c'est le Yovel: le jubilée, qui est, dans la bible, synonyme d'éternité. Par ailleurs, les nombreux drames et conflits inter-religieux à travers le monde ont renforcé la nécessité, pour les dirigeants religieux, de s'engager davantage et ensemble pour préserver la liberté de conscience et la liberté de religion [Mais il n’y a qu’une seule vraie religion à laquelle il faut se convertir si l’on veut être sauvé]. Le grand rabbin Pinchas Goldschmidt, président de la CER, a le mérite d'avoir pris cette initiative en vue d'approfondir et de développer cette estime mutuelle [L'erreur ne peut être en aucun cas estimée]mais aussi d'œuvrer pour une coexistence pacifique dans le monde.

Comment percevez-vous le pape François?

Proche des fidèles, profondément humaniste et tellement humain. Il semble capable de bousculer les consciences et les structures, pétri d'un souci permanent de recherche de vérité. Il l'a démontré récemment avec courage en reconnaissant le génocide arménien. Cela n'était pas politiquement correct, mais il était important aujourd'hui, alors que les massacres, notamment ceux des chrétiens d'Orient, bouleversent les consciences mais ne mobilisent malheureusement pas, de reconnaître comme tel le premier génocide du 20e siècle. N'oublions pas cette phrase d'Hitler le 22 août 1939, aux commandants en chef de son armée: «Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens?»

Ce pape est-il à même de faire progresser de manière significative le dialogue avec le judaïsme?

L'étroite amitié qu'il entretient avec le rabbin argentin Abraham Skorka lui a permis d'approfondir durant deux ans et demi le judaïsme théologique à travers leur dialogue sur la sagesse judéo-chrétienne. Leurs conversations ont même fait l'objet d'un programme télé de trente épisodes. Ils ont également publié un livre sur les questions de société. La sagesse, l'amitié et l'humilité qui caractérise le pape François vont certainement contribuer à faire progresser le dialogue avec le judaïsme.

Qu'attendez-vous sur le dossier Pie XII?

Dans le livre publié avec le rabbin Skorka Sur la terre comme au ciel, Jorge Bergoglio, alors archevêque de Buenos Aires, écrivait au sujet de Pie XII: «Qu'on ouvre les archives et que tout soit tiré au clair.» Permettre à la vérité de voire le jour concernant le rôle de Pie XII durant la Shoah serait une décision à l'honneur du pape François.

Il y a presque trente ans, Jean-Paul II entrait pour la première fois, comme pape, dans une synagogue, est-ce que les relations se sont vraiment améliorées depuis?

Évidemment, même s'il reste encore beaucoup à faire. J'ai le souvenir de la venue en France du pape Benoit XVI à Paris le 12 septembre 2008. J'avais l'honneur de faire partie des personnes qui l'ont accueilli à son arrivée, un vendredi, un peu avant l'entrée du Chabbat. Il s'était adressé aux représentants de la communauté juive française qu'il avait reçus à la nonciature, en citant un texte du Talmud sur le Chabbat. Il avait conclu son allocution par: «J'appelle avec ferveur sur toutes vos familles et sur toutes vos communautés une Bénédiction particulière du Maître des temps et de l'Histoire. Chabbat Chalom!» UNE TELLE BÉNÉDICTION DANS LA BOUCHE DU SOUVERAIN PONTIFE, ANCIEN PRÉFET DE LA CONGRÉGATION DU VATICAN POUR LA DOCTRINE, ÉTAIT IMPENSABLE AVANT NOSTRA AETATE.

Comment les assassinats de janvier en France ont-ils aussi affecté la communauté juive européenne?

La communauté juive française est la plus importante communauté juive d'Europe. Lorsque des événements dramatiques se produisent, comme ceux de janvier en France, ils ont une portée européenne voire mondiale. Ils font suite à ceux de Toulouse, Montauban et Bruxelles où la communauté juive a été la cible de tueries, comme à Copenhague en février dernier. Ces attaques font douter certains quant à leur avenir en Europe. La Conférence des rabbins européens organisera sa convention biennale en mai prochain à Toulouse - en dehors des dates de commémorations des tueries de Montauban et Toulouse - pour réaffirmer que nous poursuivons, avec détermination, nos activités avec plus de vigilance et de sécurité. Les pouvoirs publics français ont pris la mesure et la gravité de la situation en instaurant le plan Vigipirate qui mobilise 10 500 militaires, en plus des forces de police et de gendarmerie, pour assurer la sécurité des lieux sensibles.

En quoi l'Eglise catholique peut-elle aider la communauté juive dans cette période de tensions?

Le combat contre l'antisémitisme doit être poursuivi sans relâche, alors que l'Europe fait face à une montée des nationalismes, des extrémismes et à une flambée de l'antisémitisme. Lorsqu'un citoyen est touché en raison de sa religion, il appartient aux autres religions de se sentir concernées et d'œuvrer par tous les moyens, notamment éducatifs, pour faire disparaître ce fléau. La communauté juive se doit de condamner sans réserve et de manière réitérée, le massacre insupportable des chrétiens d'Orient. Le grand rabbin de France Haïm Korsia, l'a très souvent rappelé, notamment lors d'une cérémonie du souvenir de la Shoah en la grande synagogue de la Victoire à Paris en septembre dernier. Jean-Marie Guénois Figaro 20/04/2015

 

Nostra Aetate ou le changement de paradigme
Nostra Aetate ou le changement de paradigme
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ENCOURAGEMENTS À LA FIDÉLITÉ

19 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

ENCOURAGEMENTS À LA FIDÉLITÉ

- La primauté de la doctrine, par les capucins de Morgon - Mars-avril 2015


Bien chers tertiaires,


Au début de ce saint temps de carême, l'Église, dans l'office divin, nous rappelait ces paroles de saint Paul : "Nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Il dit en effet : «Au temps favorable je t'ai exaucé, et au jour du salut je t'ai secouruLe voici à présent ce temps bien propice ; le voici à présent le jour du salut !" Oui, le temps du carême, qui s'achève par celui de la Passion, est un temps de grâce, car la grâce nous vient par la croix. Or, notre grande croix, à notre époque, c'est bien la crise que nous vivons, où toutes les institutions sont liguées contre la foi. D'où pour nous le choix dramatique : faut-il suivre la hiérarchie actuelle de l'Église au péril de notre foi, ou nous en protéger pour garder cette même foi ? Aucune hésitation n'est possible : il faut avant tout garder la foi. "Aucune autorité, disait Mgr Lefebvre, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi."La foi, la doctrine, garde une priorité inviolable. Nous le savons, mais il est important d'affermir nos convictions sur ce point. Déjà l'apôtre saint Paul exhortait son disciple saint Timothée à cette sainte insistance : "Prêche la parole, interviens à temps et à contre-temps ; reprends, corrige, exhorte en toute longanimité et doctrine."


1 - La doctrine et notre salut

"Doctrine" signifie enseignement. Dans la Révélation, Dieu nous enseigne, nous découvre son plan. Son dessein de miséricorde est de nous sauver par Jésus-Christ. Le Verbe divin est venu établir le royaume de Dieu parmi nous. C'est un royaume surnaturel, qui s'oppose au messianisme terrestre que Satan lui a proposé dans le désert : jouissance, orgueil, volonté de puissance, convoitise. Aux Pharisiens, Jésus affirme :"Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde." Face à Pilate, il confessera hautement : "Mon royaume n'est pas de ce monde (...) Je suis né et je suis venu en ce monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité."  "Dieu a tellement aimé le monde, dit-il à Nicodème, qu'il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle." Mais il avait donné cette précision : "De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle." Précision capitale : si nous voulons être sauvés, nous devons croire à cet amour divin, amour surnaturel, qui passe par la croix. "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ; qui veut conserver la vie sauve, la perdra; et qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera."

Ce plan doit être accepté par chacun de nous, mais aussi par les princes, et donc les sociétés : c'est la royauté sociale de Notre Seigneur, qui n'est pas de ce monde, mais qui s'exerce bien en ce monde.

Mais qu'est-ce donc que le monde condamné par Jésus? C'est la recherche d'un bonheur exclusivement terrestre qui se résume en les trois concupiscences désignées par saint Jean. Ce monde-là ne peut que rejeter le messianisme surnaturel de Notre Seigneur. Il ne supporte pas un amour de Dieu qui nous offre un royaume de Dieu surnaturel et crucifié. Or, nous ne pouvons pas pactiser avec le monde. "Celui qui veut être l'ami du monde, dit saint Jacques, se constitue l'ennemi de Dieu." Notre foi en Jésus crucifié, notre adhésion ferme et aimante à sa croix nous fait triompher de ses séductions: "La victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi." Ainsi donc, la foi et la doctrine gardent la primauté face aux machinations séductrices du monde.

Et nous, fils de saint François, il nous suffit d'imiter notre père, dont la voie n'est rien d'autre, dit saint Bonaventure, qu'un "amour très ardent de Jésus crucifié". Il nous apprendra à "mépriser les choses de la terre et à aimer celles du ciel". Voilà quelle est la doctrine qui éclaire notre marche ici-bas.


2 - Le refus du surnaturel

Tout péché est un refus de l'amour surnaturel que Dieu nous présente ; nous lui préférons un idéal terrestre. Mais ce refus érigé en système a un nom: le naturalisme, erreur fondamentale de notre époque. Selon lui, la nature se suffit à elle-même, pas besoin d'un Dieu qui nous dépasserait; l'homme est maître de sa destinée.

L'organisation sociale du naturalisme, c'est la Révolution. Celle-ci est d'abord le rejet de la royauté sociale de Notre Seigneur. Mais plus profondément, comme le dit Mgr Gaume, elle est "la haine de tout ordre religieux et social que l'homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble". Le moteur de la Révolution est la franc-maçonnerie, "Synagogue de Satan", selon le mot de Pie IX. Elle obtient "droit" de cité par la révolution de 1789, basée sur ce triple principe : liberté-égalité (pour dissoudre les liens naturels et surnaturels), et fraternité (ou collaboration forcée de tous pour l'établissement d'un monde affranchi de toute loi divine ou naturelle).

La Révolution s'appuie sur la doctrine du naturalisme, cependant elle n'est pas seulement une doctrine, mais aussi et surtout une praxis, un rejet, un mouvement. Ainsi, son langage est fluctuant, car il n'est pas l'expression de ce qui est, mais l'instrument d'une praxis(18) ; la fin du langage n'est plus d'exprimer le plus clairement sa pensée, mais d'entraîner le plus de monde dans son rejet et dans la poursuite de sa chimère. Le mensonge lui est donc connaturel ; pour la Révolution, le mensonge n'est pas un mal, mais une nécessité, car la fin ''justifie" ce moyen.


3 - La "main-tendue" : le catholicisme libéral

Une fois passés l'ouragan de la Terreur et la tyrannie napoléonienne, l'Église en France semble revivre. Hélas, la nouvelle génération de prêtres et l'élite du pays, à cause du malheur des temps, n'ont pas eu la formation doctrinale qui les eût préservés des pièges. Lamennais et ses disciples ont baigné dans les erreurs de la Révolution; généreux sans doute, mais manquant de principes, ils vont rêver une soi-disant "réconciliation" de l'Église avec le monde moderne.

Pie IX condamnera cette tentative dans le Syllabus, en 1864. "Le Souverain Pontife pourrait-il donc tendre une main amie à une pareille civilisation, dit-il, et faire sincèrement pacte et alliance avec elle ?'' Il ne pourrait, "sans un très grand scandale pour tous, s'associer avec la civilisation contemporaine par le moyen de laquelle se produisent tant de maux(...) et se proclament de funestes principes extrêmement opposés à la religion catholique et à sa doctrine. (...) Nous n'avons aucun motif de nous réconcilier avec qui que ce soit, mais (...) Nous devons pardonner à ceux qui nous haïssent, Nous devons prier pour eux afin qu'ils se repentent par la grâce de Dieu".


4 - Vatican II

Ce concile verra le triomphe des catholiques libéraux. "Pendant deux siècles, dit Marcel Prélat, nous avons été combattus par l'Église, et désormais nous avons triomphé." Le Cardinal Ratzinger d'affirmer que le texte "Gaudium et Spes" (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) "joue le rôle d'un contre-syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Église avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789 (...) Par "monde", on entend, au fond, l'esprit des temps modemes." On ne peut être plus clair. Les textes du Concile furent des textes de compromis, comme en font foi les chroniqueurs et historiens du concile. Le Père Schillebeeckx, partisan des positions ultra-libérales, critiquait un texte qu'il jugeait trop conservateur. Il se vit répondre par un expert : "Nous nous exprimons de façon diplomatique, mais après le Concile nous tirerons du texte les conclusions qui y sont implicites." Ce qui est dit de ce texte, on peut l'appliquer à tous les documents conciliaires. On y trouve des affirmations vraies, mais contredites ensuite par la suite du texte. Par exemple, on affirme le sacerdoce ministériel du prêtre, mais ensuite on insiste tellement sur le sacerdoce des fidèles qu'on finit par se demander quelle est la différence entre les deux ; l'orientation de ces textes est hétérodoxe, bien qu'on ait ajouté des phrases traditionnelles, pour satisfaire aux réclamations des Pères conservateurs.

Avec tout cela, on voit que ce qui prime, c'est la praxis, le mouvement d'ouverture au monde. Peu importe que les textes du Concile n'expriment pas le fond de la pensée des meneurs progressistes, ce qui compte, c'est qu'ils rallient les conservateurs tout en donnant une "orientation" franchement révolutionnaire. Car ce procédé nous montre que nous avons bien affaire à une Révolution.

Les succès de la Révolution conciliaire s'expliquent en grande partie par ses méthodes, que le Père Calmel a admirablement mis en lumière :

- D'abord, la Révolution n'est pas une réforme, elle ne cherche pas à restaurer une nature, elle s'attaque à la nature même des choses, qu'elle vise à changer.

- Mais, pour y parvenir, elle va capter les tendances nobles des âmes généreuses et droites pour les dévier vers son but. Par exemple, exalter la simplicité (que saint François aimait tellement), mais pour l'opposer aux marques extérieures de respect dues aux autorités, et qui nous sont oh combien nécessaires.


C'est à ce niveau que les novateurs font passer les idées subversives, sous apparence de vérité et de bien. Que de fois, durant le Concile, ont été prononcés les mots de "pastorale", de "charité", de "retour aux sources et à l'évangile", de "réforme et rénovation". Quel bon catholique serait d'emblée opposé à ces idées ? Mais ces mots ont été détournés de leur sens au profit de la Révolution. La "pastorale" fut opposée au dogme (surtout, pas de définitions ni d'anathèmes !), le "retour aux sources" et la "réforme" à tous les trésors de la Tradition, et la "charité" devint l'anesthésiant face aux assauts de l'hérésie.


-Toutefois, comme il risque d'y avoir trop d'opposition, au moins au bout d'un certain temps, elle impose ses vues par une autorité occulte et des hiérarchies parallèles, et c'est ainsi que le poison se répand dans tout le corps. Par exemple, les conférences épiscopales, perturbant l'autorité normale des évêques, et faisant pression pour imposer les orientations novatrices sécrétées par le noyau dirigeant. C'est aussi de cette façon, en société de pensée, que fonctionna le Concile. C'est ici qu'intervient cette distinction entre la Rome éternelle et la Rome néomoderniste, énoncée dans la déclaration du 21 novembre 1974. "Au-dessus des décisions apparemment légales de Rome, dit le Père Calmel, au-dessus de ses manigances, combinaisons et moyens, bref, au-­dessus d'une Rome aveuglée, manœuvrée, dominée, il y a la Rome véritable, la Rome de la Tradition chrétienne (...), la Rome de la messe de saint Pie V, de saint Grégoire VII et de saint Léon. (...) C'est à la Rome véritable que vous devez obéir. (...) Vous êtes sûres d'obéir à cette Rome en acceptant et en faisant uniquement ce qui favorise vos choix sur la messe [de toujours] et l'école [catholique], l'état religieux dominicain, sous la direction de la Générale que vous avez.". [Mais pour cela il faut désobéir au pape « apparent » ; la distinction de raison, empêche la lutte et la dénonciation des intrus, des hérétiques occupants "matériellement", mais réellement, les postes de Rome]


Mgr Lefebvre, au sujet de la Rome moderniste, ou Église conciliaire, dira en 1988 : le maintien de la Tradition "nous a valu la persécution de la Rome antichrist (...) poursuivant son œuvre destructrice du règne de Notre Seigneur." Cinq jours après le décret "d'excommunication" fulminé contre Mgr Lefebvre, l'ensemble des supérieurs de la Fraternité exprima à son fondateur son soutien absolu dans une lettre ouverte au cardinal Gantin, auteur dudit décret: "Nous n'avons jamais voulu, disaient-ils, appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d'Église conciliaire [Et cependant combien l’on ralliée ???], et se définit par le Novus Ordo Missae, l'œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de la société. (...) Nous ne demandons pas mieux que d'être déclarés ex communione [hors de la communion] de l'esprit adultère qui souffle dans l'Église depuis 25 ans, exclus de la communion impie avec les infidèles."[Mgr Fellay signerait-il ce genre de déclaration ?]


5 - Rome et Mgr Lefebvre

Face à cette situation, l'attitude de Mgr Lefebvre, comme il l'a énoncé dans la déclaration de 1974, est tout simplement de s'en tenir à ce que l'Église a toujours cru et fait, sans tenir compte des nouveautés destructrices de la foi, et cela sans amertume ni rébellion. Il n'a jamais cherché une rupture avec Rome [moderniste, conciliaire, antichrist ?], mais lorsque les autorités ecclésiastiques lui enjoignirent de se soumettre "au concile, aux réformes post-conciliaires et aux orientations qui engagent le Pape lui-même", là il ne peut obtempérer, la foi étant en jeu. D'où les sanctions canoniques portées contre lui. Les autorités romaines cherchèrent ensuite un rapprochement, Mgr Lefebvre lui-même s'efforça d'arranger les choses. Pendant toute cette période, il n'a cependant pas reculé devant les affinnations fortes, surtout face aux scandales toujours plus graves (par exemple Assise) ; c'est-à-dire qu'il n'a pas tu la vérité pour essayer d"'arranger les choses".


C'est pour montrer clairement qu'il ne voulait pas faire schisme [Il a même déclaré que le concile étant schismatique et hérétique, car rompant avec la Tradition, tous ceux qui y adhèrent, le sont, dans la mesure même de leur adhésion] qu'il a entrepris ces démarches ; il a cherché à savoir s'il était possible à la fois d'être reconnu par les autorités romaines et de garder la foi. Après en avoir fait l'essai loyal, il était obligé de constater en 1988 : "En réalité, Rome ne veut ni soutenir ni poursuivre [c'est-à-dire être fidèle à] la Tradition. (...) Au cours des derniers contacts que j'ai eus à Rome, j'ai plusieurs fois voulu sonder leurs intentions, mesurer s'il y avait un véritable changement.(...) La volonté de Rome de ne pas aider la Tradition, de ne pas vouloir lui faire vraiment confiance était évidente". Déjà en 1987 il avait affirmé au cardinal Ratzinger qu'il était impossible de collaborer, puisque nous, nous cherchons la christianisation, et eux la déchristianisation.


Autrement dit, Mgr Lefebvre constata par expérience ce que saint Thomas disait déjà ; se demandant si des fidèles pouvaient demeurer sans risque sous le pouvoir politique d'un infidèle, il répond que non, "car ce serait au péril de la foi. Facilement, en effet, ceux qui sont soumis à la juridiction des autres peuvent être changés par ceux qui sont au-dessus d'eux et dont ils ont à suivre les ordres, à moins que ces subordonnés n'aient été d'une grande vertu".[Ce sont  les supérieurs qui font les inférieurs et non le contraire]


De même qu'après la Terreur l'on vit le monde moderne proposer à l'Église la "réconciliation", de même après l'opposition frontale entre le Vatican et la FSSPX, surtout après l'annonce des sacres en 1987, Rome [moderniste, conciliaire, antichrist ] proposa la politique de la "main tendue". Ici, il y a une distinction à faire : en soi on peut toujours se réconcilier avec celui qui veut se corriger ; mais il est illusoire de se réconcilier avec celui qui ne reconnaît pas ses torts. Nous ne refusons pas Rome [moderniste, conciliaire, antichrist] en tant que telle, mais bien la Rome qui ne veut pas reconnaître son modernisme [son faux œcuménisme maçonnique, son libéralisme]. Or, en juin 1988, Mgr Lefebvre constatait : ils n'ont pas changé d'intention [nous ramener au Concile] parce qu'ils n'ont pas changé de principes.


Alors pourquoi Rome [moderniste, conciliaire, antichrist] tend-elle la main? Souvenons-nous que la Révolution est surtout une praxis ; à défaut de faire accepter d'emblée ses idées, elle cherche du moins à entraîner ses victimes à collaborer avec elle. Elle tolère volontiers qu'on puisse discuter de façon accadémique sur des "divergences" théologiques, mais ne supporte pas la dénonciation de ses scandales (comme Assise, la canonisation de Jean-Paul II, la béatification de Paul VI, ou le récent Synode sur la famille). Par la main tendue, elle cherche à créer un climat de bienveillance réciproque. Ainsi, dans sa lettre aux évêques du 10 mars 2009, Benoît XVI constatait qu'après les gestes de bienveillance envers les communautés ralliées, le climat interne de ces dernières avait changé, s'était radouci. Dès lors, disait-il, devenait possible la grande collaboration qu'il espérait entre tous les croyants afin d'œuvrer pour la paix dans le monde. Notons que ce climat de bienveillance réciproque est obtenu par le désarmement des communautés qui n'osent plus critiquer leurs "bienfaiteurs"; psychologiquement, c'est facile à comprendre.[Pacem in terris, Pax…ou la paix instrumentalisée comme moyen de perdition, la paix avec l’Ennemi du genre humain]


Mgr Lefebvre voyait dans la "réconciliation" avec une Rome demeurée moderniste le danger de mélanges entre les fidèles de la Tradition et les autres fidèles. "Malgré l'exemption très étendue, dit-il, les barrières canoniques disparaissant, il y aura nécessairement des contacts de courtoisie, et peut-être des offres de coopération. (...) Tout ce monde est d'esprit concilaire, œcuméniste, charismatique (...). Nous étions jusque-là protégés naturellement, la sélection s'assurant d'elle-même par la nécessité d'une rupture avec le monde conciliaire. Désormais, il va falloir faire des dépistages continuels, se prémunir des milieux romains, des milieux diocésains."


Outre ce mélange naturel, il faut compter avec le mécanisme de la Révolution :

- Elle s'attaque à la nature des choses, à leur définition. Par exemple, le Motu Proprio "Ecclesia Dei", en même temps qu'il accorde des "privilèges" aux communautés ralliées, expose une définition fausse et évolutive de la Tradition.[C’est la « merveille » de l’ambivalence]


- Elle capte les tendances nobles et généreuses. Par exemple, Dom Gérard avouait en 1988 que le motif principal qui l'avait poussé à accepter les avances romaines était d'attirer plus de fidèles, qui étaient gênés par la "suspense". A quoi l'abbé Schmidberger répondait: "S'ils pensent que leur soi-disant "suspense" nuit à leur rayonnement, ils se trompent : la Croix est plus féconde que la facilité". Ou encore, Rome joue sur l'accusation de schisme : quel catholique fervent supporterait de rester dans le schisme ? A quoi Mgr Lefebvre répondait: "Nous sommes contre l'Église conciliaire, qui est pratiquement schismatique, même s'ils [Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger] ne l'acceptent pas. Dans la pratique, c'est une Église virtuellement excommuniée, parce que c'est une Église modemiste". Ou enfin la Révolution va jouer sur notre amour de l'Église. A quoi l'archevêque rétorquait: "Nous représentons vraiment l'Église catholique [Et les modernistes, les autorités apparentes, représentent, vraiment, l’église pratiquement schismatique, virtuellement excommuniée] telle qu'elle était autrefois, puisque nous continuons ce qu'elle a toujours fait. C'est nous qui avons les notes de l'Église visible".[Mais sans le pape]


- Enfin, la Révolution agit par des autorités occultes. Elle a un langage officiel équivoque qui parfois nous semble favorable ; puis elle agit en sens inverse, déstabilisant ses interlocuteurs. Par exemple, les visites romaines de 1974 et 1987, où les visiteurs ont dit du bien d'Écône, puis, de retour à Rome, en ont dit du mal. - Autre tactique: "Jamais de préceptes formels, dit le Père Calme!. Laisser imposer les choses par pression sociale, de sorte que les braves gens naïfs se croient liés en conscience". Ainsi, par exemple, Dom Gérard avait obtenu que nulle contrepartie doctrinale ne soit exigée de lui ; mais en même temps, la crainte de perdre la reconnaissance canonique par un langage trop libre l'a tout de suite conduit au silence, puis plus tard à l'acceptation des erreurs conciliaires ; le glissement s'est fait tout seul : la machine est bien rôdée !


Conclusion : la primauté de la doctrine

Prêcher Jésus-Christ crucifié n'est pas chose facile ; c'est souvent demander l'héroïsme ; mais il est impossible, sous prétexte de facilité, d'efficacité apparente, de plus grand "rayonnement", de s'exposer à sacrifier la foi, sans laquelle on ne peut être sauvé.


"Si je vis encore un peu, disait Mgr Lefebvre, en supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là, c'est moi qui poserais les conditions.(...) Je poserais la question au plan doctrinal: "Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés ? Est-ce que vous êtes d'accord avec "Quanta Cura" de Pie IX, "Immortale Dei, Libertas", de Léon XIII, "Pascendi" de Pie X, "Quas Primas" de Pie Xl, "Humani Generis" de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ?[Mais évidemment que non, puisqu’ils sont évolutionnistes teintés de nominalisme] Est-ce que vous acceptez encore le serment anti­ moderniste ? Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler".[Vous n’êtes plus catholiques]


Vingt-sept ans plus tard, non seulement la doctrine de toujours n'est pas redevenue la norme pour les autorités romaines, mais c'est même l'enseignement de la morale qui est attaquée ; car on ne peut indéfiniment attaquer le dogme sans finir par ébranler la morale. Ainsi, la révolution conciliaire aboutit logiquement aux conclusions qu'en tire le pape François. Il est donc évident que nous ne pouvons nullement envisager de collaborer avec des papes qui, dans la pratique, œuvrent à la destruction de l'Église.[Comme il est évident que de vrais papes ne peuvent démolir l’Église]


Mais alors, quand la collaboration sera-t-elle possible ? "Quand on nous pose la question, disait Mgr Lefebvre, de savoir quand il y aura un accord avec Rome, ma réponse est simple : quand Rome recouronnera Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous ne pouvons pas être d'accord avec ceux qui découronnent Notre Seigneur. Le jour où ils reconnaîtront de nouveau Notre Seigneur roi des peuples et des nations, ce n'est pas nous qu'ils auront rejoints, mais l'Église catholique dans laquelle nous demeurons".


Comme le rappelait Mgr Tissier de Mallerais le 27 octobre dernier au pèlerinage de Lourdes, "le lien formel, ce lien artificiel, ce lien qui serait un simulacre avec la Rome nouvelle [moderniste, conciliaire, antichrist], n'est rien devant la préservation et la profession de la foi catholique".


Que Notre Dame de Fatima nous donne d'aimer Jésus crucifié, afin que nous gardions le dogme de la foi.

Source : Supplément à la Lettre Tertiaire Franciscaine n° 266 de mars-avril

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2ème Dimanche après Pâques Dimanche du Bon Pasteur

19 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

2ème Dimanche après Pâques Dimanche du Bon Pasteur

Introït

La terre est remplie de la miséricorde du Seigneur, alléluia ; les cieux ont été affermis par la parole du Seigneur, alléluia, alléluia.

Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ; c’est aux hommes droits que sied la louange.

Collecte

Dieu, qui, par l’humilité de votre Fils, avez relevé le monde abattu : accordez à vos fidèles une allégresse constante, et faites jouir des joies éternelles ceux que vous avez arrachés aux dangers d’une mort sans fin.

Epître

Mes bien-aimés, le Christ a souffert pour nous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces : lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel ne s’est pas trouvé de fraude ; lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, et, maltraité, ne faisait point de menaces, mais se livrait à celui qui le jugeait injustement ; lui qui a porté lui-même nos péchés dans son corps sur le bois, afin qu’étant morts au péché, nous vivions à la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes ; mais vous êtes retournés maintenant au pasteur et au gardien de vos âmes.

Evangile

En ce temps-là, Jésus dit aux pharisiens : Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n’est point pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, et abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les amène, et elles écouteront ma voix, et il n’y aura qu’une seule bergerie et qu’un seul pasteur.

Secrète

Que cette oblation sacrée attire toujours sur nous, Seigneur, votre bénédiction salutaire ; en sorte que ce qu’elle opère en ce mystère, elle l’achève par sa vertu

 

Hymne

Au royal banquet de l’Agneau,
revêtus de nos robes blanches,
après le passage de la mer Rouge,
chantons au Christ notre Chef :

C’est lui dont la charité divine
nous verse à boire le sang sacré,
son amour est le sacrificateur qui immole
les membres du corps nourricier.

Le sang dont nos portes sont marquées
remplit de crainte l’Ange exterminateur :
la mer, divisée en deux, fuit devant nous ;
les ennemis sont submergés dans les flots.

Notre Pâque, maintenant, c’est le Christ :
il est notre victime pascale ;
il est pour les cœurs purs,
le pur azyme de la sincérité.

O victime véritable, venue du ciel,
par qui les enfers sont domptés,
les liens de la mort brisés,
les dons de la vie recouvrés !

Vainqueur de la mort terrassée,
le Christ déploie son étendard ;
il rouvre le ciel, et traîne
en captif le roi des ténèbres.

Pour être toujours, de nos âmes,
ô Jésus, la joie pascale
libérez de la cruelle mort du péché,
ceux que vous avez fait renaître à la vie.

Gloire soit rendue à Dieu le Père,
et au Fils ressuscité d’entre les morts,
ainsi qu’au Paraclet,
dans les siècles éternels. Ainsi soit-il

Bréviaire

Paul, et ceux qui étaient avec lui, s’étant embarqués à Paphos, vinrent à Perge de Pamphylie. Mais Jean, se séparant d’eux, s’en retourna à Jérusalem. Mais eux, passant au-delà de Perge, vinrent à Antioche de Pisidie, et, étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s’assirent. Après la lecture de la loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue envoyèrent vers eux, disant : Hommes, nos frères, si vous avez quelque exhortation à faire au peuple, parlez. Alors Paul se levant, et de la main commandant le silence, dit : Hommes d’Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez : Le Dieu du peuple d’Israël a choisi nos pères, et a exalté ce peuple lorsqu’il habitait dans la terre d’Égypte, et, le bras levé, il l’en a retiré. Et pendant une durée de quarante ans, il supporta sa conduite dans le désert. Puis, ayant détruit sept nations dans le pays de Chanaan, il lui en partagea la terre par le sort, après environ quatre cent cinquante ans ; et ensuite, il leur donna des juges jusqu’au Prophète Samuel.

Alors, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin, pendant quarante ans ; puis, l’ayant ôté, il leur suscita pour roi David, à qui il rendit témoignage, disant : J’ai trouvé David, fils de Jessé, homme selon mon cœur, qui fera toutes mes volontés. C’est de sa postérité que Dieu, selon sa promesse, a suscité à Israël le Sauveur Jésus, Jean, avant sa venue, ayant prêché le baptême de pénitence à tout le peuple d’Israël. Et lorsque Jean achevait sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voilà que vient après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la chaussure.

Hommes, mes frères, fils de la race d’Abraham, c’est à vous, et à ceux qui parmi vous craignent Dieu, que la parole de ce salut a été envoyée. Car ceux qui habitaient Jérusalem, et leurs chefs le méconnaissant et ne comprenant pas les paroles des Prophètes, qui sont lues à chaque sabbat, ils les ont accomplies en le condamnant ; et, ne trouvant en lui aucune cause de mort, ils demandèrent à Pilate de le faire mourir. Et après qu’ils eurent consommé tout ce qui était écrit de lui, le descendant du bois, ils le mirent dans un sépulcre. Mais Dieu l’a ressuscité des morts le troisième jour, et pendant un grand nombre de jours il a été vu de ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple. Et nous, nous vous annonçons que la promesse qui a été faite à nos pères, Dieu l’a tenue à nos fils, ressuscitant Jésus comme il est écrit dans le deuxième Psaume : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd’hui.

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UN SIGNE DES TEMPS QUI NE TROMPE PAS

18 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

UN SIGNE DES TEMPS QUI NE TROMPE PAS

La reconnaissance de la FSSPX comme association de droit diocèsain, en Argentine, par le cardinal Poli, successeur du cardinal Bergoglio, selon le code de droit canon de 1983, et entériné par le gouvernement :

EL SECRETARIO DE CULTO RESUELVE:

ARTÍCULO 1° — Reconócese como persona jurídica a la “FRATERNIDAD DE LOS APÓSTOLES DE JESÚS Y MARÍA” (FRATERNIDAD SACERDOTAL SAN PÍO X), Asociación de Derecho Diocesano, con sede legal y domicilio especial en la calle Venezuela N° 1318, CIUDAD AUTÓNOMA DE BUENOS AIRES, la que queda inscripta bajo el número TRESCIENTOS OCHENTA Y UNO (381) del Registro de Institutos de Vida Consagrada.

Nous montre que la FSSPX en Argentine est passée sous le contrôle du cardinal Poli, et certainement pas contre l’avis de François. Nous sommes donc, face à un ralliement en bonne et due forme, à l’église conciliaire libérale et œcuménique, prémices logiques du ralliement complet à la Rome occupée dans quelques temps.

Pour mémoire :

« Pas de ralliement, pas de ralliement aux libéraux; pas de ralliement aux ecclésiastiques qui commandent dans l’Église maintenant et qui sont libéraux, il ne peut y avoir de ralliement. QU’ILS NOUS RENDENT TOUT. Qu’ils quittent leur libéralisme [leur œcuménisme, leur philotalmudisme…], qu’ils reviennent à la vraie vérité de l’Église, à la foi de l’Église, aux principes fondamentaux de l’Église, de cette dépendance totale des sociétés, des familles et des individus de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tant qu’on a affaire à des gens qui ont fait ce pacte avec le diable, avec les idées libérales, nous ne pouvons avoir aucune confiance. » Mgr Lefebvre Cor unum février 1984

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Génocide arménien

18 Avril 2015 , Rédigé par Ludovicus

Quand Benoit XVI rendait ses hommages au franc-maçon Mustapha Kemal Ata Turk responsable du génocide des arméniens

Quand Benoit XVI rendait ses hommages au franc-maçon Mustapha Kemal Ata Turk responsable du génocide des arméniens

ARCHIVES SECRÈTES : QUAND LE VATICAN TENTAIT D’ARRÊTER LE GÉNOCIDE ARMÉNIEN

Les archives du Vatican révèlent des aspects méconnus du génocide de 1915 : les tentatives du pape Benoît XV et la responsabilité des Jeunes-Turcs. [Donc, de Mustapha Kemal auquel Benoit XVI et François ont rendu un hommage appuyé]

L’historien allemand Michael Hesemann s'est penché sur la tragédie du génocide arménien durant laquelle entre un million et un million et demi de chrétiens ont été massacrés. Interrogé par Aleteia, il explique avoir découvert une lettre intitulée « Persécution des Arméniens » alors qu’ils faisaient des recherches sur la vie d'Eugenio Pacelli, le futur pape Pie XII.

L’archevêque de Cologne, le cardinal von Hartmann, écrivait alors au chancelier du Reich, Graf Härtling, que la persécution des Arméniens « n’était pas moins brutale que celle des chrétiens dans les premiers siècles de la chrétienté ». L’archevêque requérait de la part de l’Allemagne qu’elle intervienne auprès de son allié turc pour arrêter ces exactions. Malheureusement en vain.


Les interventions diplomatiques de Benoît XV

Suivant cette piste, l’historien retrace les tentatives désespérées du pape Benoît XV. Le Souverain Pontife écrivit au sultan Mehmet V pour plaider la cause des Arméniens. Mais celui-ci ne semble même pas avoir lu la lettre. Le délégué apostolique à Constantinople, Mgr Dolci, fit tout son possible pour interférer diplomatiquement, mais il se heurta à un mur. Il finit par obtenir une audience, avec l’aide des ambassadeurs autrichiens et allemands, mais seulement quatre semaines plus tard, alors que la majorité du massacre était déjà réalisée. On lui promit alors que la tuerie cesserait, que les déportés pourraient rentrer chez eux ou que tel ou tel groupe de chrétiens serait épargné : autant de mensonges.


Des étudiants aux idéaux maçonniques

Influencé par l’actualité récente, et en particulier les horreurs perpétrées par le pseudo État islamique sur les minorités chrétiennes et yézidies, l’observateur contemporain pourrait être tenté de rapprocher ce massacre vieux d’un siècle de ce qui se passe actuellement. Le Dr Hesemann combat cette erreur à l’aide des archives, rappelant le rôle central du parti des Jeunes-Turcs. Leur devise donnée à l’Empire Ottoman ne fut pas « Allah est grand » mais « Liberté, égalité, fraternité »... « Il n’y avait aucun fanatique musulman parmi les responsables politiques. Les Jeunes-Turcs étaient tout sauf des fondamentalistes. Ils étaient jeunes, c’étaient des étudiants révolutionnaires qui, pour la plupart, avaient fait leurs études à Paris où ils avaient découvert les idéaux de la franc-maçonnerie et du nationalisme européen. Beaucoup d’entre eux étaient admis dans les loges maçonniques et, de fait, la loge de Thessalonique est devenu leur quartier général. » Pour appuyer cette affirmation, l’historien rappelle que Talaat Bey, le ministre de l’Intérieur turc en 1915, l’homme responsable du génocide arménien, était le grand maître du Grand Orient turc.


 

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