Jeudi de la Passion
Le signe de la seule vraie religion, seule capable de remettre les péchés, encore faut-il pour cela se reconnaître pécheur, la belle figure de sainte Marie-Madeleine nous y aide
Introït
Tout ce que vous nous avez fait, Seigneur, c’est par une justice véritable que vous l’avez fait ; car nous avons péché contre vous et nous n’avons point obéi à vos commandements : mais donnez gloire à votre nom et agissez à notre égard selon la multitude de vos miséricordes.
Heureux ceux qui sont immaculés dans la voie, qui marchent dans la loi du Seigneur.
Lecture
La belle prière d'Azarias en exil à Babylone
En ces jours-là, Azarias pria le Seigneur et dit : Seigneur notre Dieu, ne nous abandonnez pas à jamais, nous vous en supplions, à cause de votre nom, et ne détruisez pas votre alliance. Et ne retirez pas de nous votre miséricorde, à cause d’Abraham votre bien-aimé, et d’Isaac votre serviteur, et d’Israël votre saint, auxquels vous avez parlé, promettant de multiplier leur race comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer, car, Seigneur, nous sommes réduits à un plus petit nombre que toutes les nations, et nous sommes aujourd’hui humiliés sur toute la terre à cause de nos péchés. Et il n’y a plus actuellement ni prince, ni chef, ni prophète, ni holocauste, ni sacrifice, ni oblation, ni encens, ni endroit pour vous offrir les prémices, afin que nous puissions trouver votre miséricorde. Mais recevez-nous dans un cœur contrit et dans un esprit humilié, comme un holocauste de béliers et de taureaux, comme des milliers d’agneaux gras, qu’ainsi notre sacrifice paraisse aujourd’hui devant vous et qu’il vous soit agréable, car ceux qui ont confiance en vous ne sont pas confondus. Et maintenant nous vous suivons de tout notre cœur ; nous vous craignons, et nous recherchons votre face. Ne nous confondez pas, mais agissez envers nous selon votre douceur et selon la multitude de vos miséricordes. Délivrez-nous par vos merveilles, et donnez gloire à votre nom. Seigneur. Que tous ceux qui font souffrir vos serviteurs soient confondus ; qu’ils soient confondus par votre toute-puissance, et que leur force soit brisée ; et qu’ils sachent que vous, Seigneur, êtes le Dieu unique et glorieux sur toute la terre, ô Seigneur notre Dieu.
Evangile
Jésus donne une magnifique leçon au pharisien, celui à qui on pardonne plus, aime plus, mais il faut pour cela aimer plus, aimer plus Jésus-Christ, qui affirme aussi ici sa divinité par la remise des péchés
En ce temps-là, un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Et étant entré dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici qu’une femme, qui était une pécheresse dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre, rempli de parfum ; et se tenant derrière lui, à ses pieds, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et elle baisait ses pieds et les oignait de parfum. Voyant cela, le pharisien qui l’avait invité dit en lui-même : Si cet homme était prophète, il saurait certainement qui et de quelle espèce est la femme qui le touche ; car c’est une pécheresse.
Et Jésus, prenant la parole, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire.
Il répondit : Maître, dites.
Un créancier avait deux débiteurs, l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi les rendre, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel donc l’aimera davantage ?
Simon répondit : Je pense que c’est celui auquel il a remis davantage.
Jésus lui dit : Tu as bien jugé. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Tu vois là cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds ; mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé de baiser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum. C’est pourquoi, je te le dis, beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on remet moins, aime moins. Alors il dit à cette femme : Tes péchés te sont remis.
Et ceux qui étaient à table avec lui commencèrent à dire en eux-mêmes : Quel est celui-ci, qui remet les péchés ?
Et il dit à la femme : Ta foi t’a sauvée ; va en paix.
Hymen bréviaire mozarabe
Verbe du Père, qui avez daigne paraître dans la chair,
Agneau de Dieu, oui ôtez les péchés du monde,
nous venons vers vous humblement, pour nous désaltérer
dans le sang de votre auguste Passion.
Montrez-nous les stigmates de vos blessures sacrées ;
faites briller le signe glorieux de votre Croix ;
que par la force inépuisable qui réside en lui,
le salut soit accordé aux croyants.
Le roseau, les clous, les crachats, le breuvage de myrrhe,
la couronne d’épine, les fouets, la lance, sont,
ô Christ, les instruments de votre supplice ;
à cause d’eux, daignez aujourd’hui pardonner nos crimes
Que le sang de vos blessures sacrées arrose et lave nos cœurs,
qu’il enlève le poison de notre malice ;
que notre vie présente soit exempte de péché :
que la vie future nous soit une bienheureuse récompense.
Quand le jour de la résurrection se lèvera,
quand les splendeurs de l’éternel royaume viendront illuminer ce monde,
faites-nous suivre, à travers les airs, cette route
qui nous conduira vers les heureux habitants du céleste séjour.
Honneur soit au Dieu éternel !
Gloire au seul Père, au Fils unique
et à l’Esprit-Saint ! Trinité qui vit
et règne dans les siècles des siècles.
Amen.
L'impossible oecuménisme
"Opposition entre les observances de la Synagogue et l'Église de Dieu. — « En effet vous avez ouï dire de quelle manière je vivais autrefois dans le Judaïsme, persécutant à outrance et ravageant l'Église de Dieu, progressant dans le judaïsme au dessus de plusieurs de mon époque et de ma nation, et zélateur fanatique des traditions de mes pères.» Si en persécutant et en ravageant l'Église de Dieu il faisait des progrès dans le judaïsme, c'est qu'évidemment il y a opposition entre le Judaïsme et l’Église; opposition provenant, non de cette loi spirituelle qui fut donnée aux Juifs, mais des pratiques charnelles dont ils s'étaient rendus esclaves. Et si le zèle ou l'ardeur de Paul à suivre les traditions de ses pères le portait à persécuter la sainte Eglise, c'est qu'à cette Église sont contraires ces traditions. La faute n'en est pas à la Loi, qui est spirituelle, et qui ne demande pas à être entendue charnellement; elle doit retomber sur les hommes qui donnent un sens charnel à ce qu'ils ont appris et qui y ajoutent beaucoup d'eux-mêmes, anéantissant ainsi, comme le leur reproche le Sauveur, les commandements de Dieu en faveur de leurs traditions." Saint Augustin Super Galatas
ANNONCIATION mémoire du Mercredi de la Passion
Une des plus anciennes fêtes de la Ste Vierge à Rome depuis le VIIe siècle. Même si aux débuts, l’appellation était celle d’Annonciation du Seigneur, très vite elle devint Annonciation de Sainte Marie. Double au Moyen Âge, elle devint double de IIème classe lors de la réforme tridentine et de Ière classe sous Léon XIII en 1893. En Orient, la fête est toujours célébrée le 25 mars, même si ce jour tombe durant le triduum pascal. A Rome, dès le XIIe siècle, l’usage de transférer l’Annonciation au lundi après le Dimanche de Quasimodo, s’établit quand cette occurrence se réalisait. De nos jours, la fête est transférée si elle tombe durant la Semaine Sainte ou l’Octave pascale.
Hymne Matines
Celui que la terre, la mer, et les cieux
vénèrent, adorent et annoncent ;
Celui qui régit ce triple monde,
Marie le porte caché dans son sein.
Celui à qui la lune, le soleil et toutes les choses
obéissent constamment,
est porté par les entrailles d’une jeune vierge,
toute pénétrée de la grâce céleste
Bienheureuse mère !
dont le sein virginal par un prodige de grâce,
renferme l’Artisan suprême
qui tient le monde dans sa main.
Bienheureuse ! À la parole d’un messager du ciel,
elle est rendue féconde par le Saint-Esprit,
et son sein donne au monde
le Désiré des nations.
O Jésus, gloire à vous
qui êtes né de la Vierge,
ainsi qu’au Père et à l’Esprit-Saint
dans les siècles éternels. Amen.
Collecte
O Dieu, qui avez voulu que votre Verbe prît un corps humain à la parole de l’Ange dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie ; accordez à ceux qui vous en supplient que, nous qui la croyons véritablement Mère de Dieu, nous soyons secourus auprès de vous grâce à son intercession.
Lecture
Le prophète Isaïe annonce la conception virginale du Messie
En ces jours-là : Le Seigneur parla à Achaz et lui dit : Demande pour toi un signe au Seigneur ton Dieu, soit au fond de la terre, soit au plus haut du ciel. Et Achaz lui répondit : Je ne demanderai rien, et je ne tenterai pas le Seigneur. Et Isaïe dit : Écoutez donc, maison de David. Ne vous suffit-il pas de lasser la patience des hommes, que vous lassiez encore celle de mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Une vierge concevra,et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
Evangile
En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. L’ange, étant entré auprès d’elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.
Elle, l’ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle se demandait quelle pouvait être cette salutation.
Et l’ange lui dit : Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu 1ui donnera le trône de David son père, et il régnera éternellement sur la maison de Jacob ; et son règne n’aura pas de fin.
Alors Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il ? Car je ne connais point d’homme.
L’ange lui répondit : L’Esprit-Saint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Et voici qu’Elisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixième de celle qui est appelée stérile ; car il n’y a rien d’impossible à Dieu.
Et Marie dit : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole.
Mercredi
Lecture Dieu donne sa loi à son peuple
En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse et lui dit : Parlez à toute l’assemblée des enfants d’Israël et dites-leur :
Je suis le Seigneur votre Dieu.
Vous ne déroberez point.
Vous ne mentirez point, et nul ne trompera son prochain.
Vous ne jurerez point faussement en mon nom, et vous ne profanerez pas le nom de votre Dieu.
Je suis le Seigneur.
Vous ne calomnierez pas votre prochain, et vous ne l’opprimerez point par violence.
Le salaire du mercenaire qui vous donne son travail ne demeurera point chez vous jusqu’au matin.
Vous ne maudirez point le sourd, et vous ne mettrez rien devant l’aveugle pour le faire tomber ; mais vous craindrez le Seigneur votre Dieu, parce que je suis le Seigneur.
Vous ne ferez rien contre l’équité, et vous ne jugerez point injustement. N’ayez point d’égard contre la justice à la personne du pauvre, et ne respectez point contre la justice la personne de l’homme puissant. Jugez votre prochain selon la justice.
Vous ne serez point parmi votre peuple ni un calomniateur public ni un médisant secret.
Vous ne ferez point d’entreprise contre le sang de votre prochain. Je suis le Seigneur.
Vous ne haïrez point votre frère dans votre cœur, mais vous le reprendrez publiquement, de peur que vous ne péchiez vous-même à son sujet.
Ne cherchez point à vous venger, et ne conservez point le souvenir de l’injure de vos concitoyens.
Vous aimerez votre prochain comme vous-même.
Je suis le Seigneur. Gardez mes lois, car je suis le Seigneur votre Dieu
Evangile
Jésus réaffirme sa divinité et dénonce l'incrédulité des juifs aveugles devant les miracles qui en sont les preuves
En ce temps-là, on célébrait à Jérusalem la fête de ; la Dédicace ; et c’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Les Juifs l’entourèrent donc, et lui dirent : Jusques à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous clairement.
Jésus leur répondit : Je vous parle, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent elles-mêmes témoignage de moi. Mais vous ne croyez point, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, et je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Ce que mon Père m’a donné est plus grand que toutes choses, et personne ne peut le ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous ne sommes qu’un.
Alors les Juifs prirent des pierres, pour le lapider.
Jésus leur dit : Je vous ai montré beaucoup de bonnes œuvres, venant de mon Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ?
Les Juifs lui répondirent : Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous vous lapidons, mais pour un blasphème et parce qu’étant homme vous vous faites Dieu. Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Si elle appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée (et l’Écriture ne peut être détruite), comment dites-vous à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes, parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, et si vous ne voulez pas me croire, croyez à mes œuvres, afin que vous connaissiez et que vous croyiez que le Père est en moi, et moi dans le Père.
UNE INSULTE AUX CATHOLIQUES FIDÈLES ET À L’INTELLIGENCE
Dans son dernier Commentaire Eleison Mgr Williamson nie que l’on reconnaisse l’arbre à ses fruits, que l’agere sequitur l’esse et veut faire croire que la position du siège occupé ne relève que d’un trouble émotionnel :
Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 21 mars 2015
Les sedevacs disent: «Vrais Papes, point n’en avons eu.»
Les sentiments sont bons. Le raisonnement est mauvais.[le vôtre encore pire vous nier l’adage agere sequitur esse]
Une comparaison d’hier a l’avantage d’être très claire : sur le dos d’une mule une lourde charge peut être difficile à équilibrer. Si elle se déplace sur la gauche, il faut la pousser vers la droite. Si elle s’incline à droite, elle doit être poussée à gauche. Mais cette double poussée n’est pas contradictoire – son unique but est de maintenir la charge en équilibre. D’une façon semblable, le fait que ces « Commentaires » présentent souvent des arguments contre le sédévacantisme ne signifie pas que l’on pousse vers le libéralisme, ni qu’on affirme que le sédévacantisme soit aussi mauvais que le libéralisme. Il s’agit simplement de reconnaître que les paroles et les actes outrageants de l’actuel occupant du Saint Siège tentent bon nombre de bons Catholiques à renoncer à l’usage de leur raison, et à juger de la réalité selon leurs émotions. C’est là un usage très répandu aujourd’hui, mais qui n’est pas catholique.
Par exemple, en examinant les arguments sédévacantistes, on constate qu’ils ne sont pas si forts qu’ils paraissent à première vue. Voyons les deux derniers à être passés sur mon bureau, provenant de deux Catholiques pieux et forts dans la Foi. Voici le premier : les Papes Conciliaires (en particulier, François) n’ont pas confirmé leur troupeau dans la Foi. Or, il appartient à l’essence d’un Pape de faire cela. Par conséquent les Papes Conciliaires n’ont pas été essentiellement Papes. Réponse : il faut distinguer entre le Pape dans son être et dans son agir. Un Pape devient essentiellement Pape dans son être par son élection dans un Conclave de Cardinaux, élection ou valide en elle-même, ou convalidée par l’acceptation ultérieure de l’élu comme Pape par l’Église Universelle (ce qui a pu être le cas pour plus d’un Pape Conciliaire, Dieu seul le sait). Par contre, pour un Pape de confirmer son troupeau dans la Foi relève de son action ou de son agir [de sa mission]. L’être de fond et l’agir sont différents, et peuvent être séparés [D’où le discernement on reconnait l’arbre à ses fruits ?]. Par conséquent un Pape peut faillir dans son action sans nécessairement cesser d’être selon son être un vrai Pape. C’est sûrement le cas de plusieurs, sinon de tous les Papes Conciliaires.
Et voici le second argument : Il est ridicule pour un simple catholique, individuel et faillible, de prétendre s’ériger en juge de l’erreur du Magistère infaillible de l’Église. Confronté alors à l’erreur nette (Conciliarisme, par exemple) de ce Magistère (des Papes Conciliaires, par exemple), on est acculé à conclure qu’ils n’ont pas été de vrais Papes. Réponse : le Pape n’est pas nécessairement le Magistère infaillible de l’Église. S’il n’engage pas toutes les quatre conditions strictes du Magistère Extraordinaire, ni n’enseigne en accord avec le Magistère Ordinaire de l’Église, alors il est faillible, et si de plus il contredit nettement ce Magistère, alors il est certainement dans l’erreur, et en tant que tel il peut être jugé par n’importe quel Catholique (ou non-catholique !) qui fasse droit usage de l’intelligence dont Dieu l’a doté. S’il n’en était pas ainsi, comment Notre Seigneur nous aurait-il prévenus tous de nous garder des faux prophètes et des loups déguisés en brebis (Mt. VII, 15–20) ?
En fait ces deux arguments peuvent provenir d’un rejet émotionnel des Papes Conciliaires. « Ils ont à ce point maltraité l’Église qu’il m’est simplement impossible d’accepter qu’ils aient été Papes ! » Mais qu’en eût-il été si j’avais assisté comme spectateur au premier Chemin de la Croix ?—« C’est un si mauvais traitement de Jésus que dorénavant il m’est simplement impossible d’accepter qu’Il soit le Fils de Dieu ! » N’est-il pas vrai que mon rejet émotionnel de ce mauvais traitement eût été correct tandis que ma conclusion eût été néanmoins erronée ? Il y a un mystère impliqué dans les Papes Conciliaires dont les sédévacantistes ne tiennent pas compte.
Ceci dit, il se peut que lorsque l’Église se sera rétablie, la seule autorité compétente en matière pourra déclarer que les Papes Conciliaires n’ont pas été de vrais Papes, mais pour l’instant les arguments jusqu’ici présentés pour prouver que le Siège de Rome est vacant ne sont pas si concluants que l’on peut les faire paraître.
Kyrie eleison.
Mardi de la Passion mémoire de saint Gabriel archange
Mardi
Introït
Attends le Seigneur, agis avec courage ; que ton cœur soit ferme, et espère au Seigneur.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui craindrai-je ?
Lecture
La providence envers ceux qui espèrent et aiment Dieu, Daniel la figure de NSJC
En ces jours-là, les Babyloniens se réunirent auprès du roi et lui dirent : Livre-nous Daniel, qui a brisé Bel et tué le dragon ; autrement nous te ferons périr avec toute ta maison. Le roi vit donc qu’ils le pressaient avec violence, et, contraint par la nécessité, il leur livra Daniel. Ils le jettent dans la fosse aux lions, et il demeura six jours. Or il y avait dans la fosse sept lions et on leur donnait chaque jour deux corps et deux brebis ; mais on ne leur en donna point alors, afin qu’ils dévorassent Daniel. Cependant le prophète Habacuc était en Judée ; il avait fait cuire des aliments, et il avait broyé du pain dans un vase, et il allait aux champs les porter aux moissonneurs. Et l’ange du Seigneur dit à Habacuc : Porte à Babylone le repas que tu as, pour Daniel, qui est dans la fosse aux lions. Habacuc dit : Seigneur, je n’ai pas vu Babylone, et je ne connais pas la fosse. Alors l’ange du Seigneur le prit par le haut de la tête et le porta par les cheveux et il le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec l’impétuosité de son esprit. Et Habacuc cria en disant : Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’a envoyé. Et Daniel dit : Vous vous êtes souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment. Et, se levant, Daniel mangea. Mais l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc au lieu où il l’avait pris. Le roi vint, le septième jour, pour pleurer Daniel ; il s’approcha de la fosse et regarda dedans, et voici que Daniel était assis au milieu des lions. Et le roi poussa un grand cri et dit : Vous êtes grand, Seigneur, Dieu de Daniel. Et il le fit tirer de la fosse aux lions. Puis il fit jeter dans la fosse ceux qui avaient voulu perdre Daniel, et ils furent dévorés devant lui en un moment. Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le Sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.
Evangile
Jésus révèle la cause de la haine des juifs
En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée ; car il ne voulait pas aller en Judée parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. Or la fête des Juifs, dite des Tabernacles, était proche.
Et ses frères lui dirent : Pars d’ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais. Car personne n’agit en secret, lorsqu’il cherche à paraître ; si tu fais ces choses, manifeste-toi au monde.
Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui.
Jésus leur dit donc : Mon temps n’est pas encore venu ; mais votre temps à vous est toujours prêt. Le monde ne peut vous haïr ; mais moi, il me hait parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. Vous montez à cette fête ; pour moi, je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n’est pas encore accompli. Après avoir dit cela, il demeura en Galilée. Mais, lorsque ses frères furent partis, il monta, lui aussi, à la fête, non pas publiquement, mais comme en secret.
Les Juifs le cherchaient donc pendant la fête, et disaient : Où est-il ? Et il y avait une grande rumeur dans la foule à son sujet. Car les uns disaient : C’est un homme de bien ; les autres disaient : Non, mais il séduit les foules.
Cependant, personne ne parlait de lui publiquement, par crainte des Juifs ?
Bréviaire 2 et 3ème leçons Saint Augustin
Lorsqu’il s’est caché comme homme il n’a point perdu sa puissance, gardons-nous de le croire ; mais il a voulu donner un exemple à notre faiblesse. On ne s’est emparé de lui que quand il l’a voulu, il a été mis à mort quand il l’a voulu. Mais comme plus tard ses membres, c’est-à-dire ses fidèles, ne devaient pas avoir la puissance qu’il possédait, lui, notre Dieu, en se cachant, en se dérobant à la fureur des hommes comme pour éviter la mort, il donnait à entendre que ses membres agiraient ainsi ; et, dans ses membres, il est lui-même.
Car il n’est point vrai que le Christ soit dans le chef sans être dans le corps ; il est tout entier dans le chef et dans le corps de son Église. Ce qui donc s’attribue à ses membres, il le faut attribuer à lui-même ; mais tout ce qui lui convient à lui, ne convient pas pour cela à ses membres. Si ses membres n’étaient pas lui-même, il n’aurait pas dit à Saul : « Pourquoi me persécutes-tu ? » Car ce n’était pas lui en personne que Saul persécutait sur la terre : c’étaient ses membres, c’est-à-dire ses fidèles. Il n’a point cependant voulu dire mes saints, mes serviteurs, ou ce qui est plus honorable encore, mes frères ; mais il dit : moi ; c’est-à-dire mes membres, dont je suis le chef.
Saint Gabriel
IL L’A DÉCOURONNÉ
Au début de l’année 1965, l’abbé de Nantes exposa dans une série de Lettres à mes Amis intitulées “ l’Église et le MASDU ”, la pensée personnelle de Paul VI, dont tout le dessein se trouve expliqué, analysé, dénoncé : c’est une utopie politico-religieuse, une nouvelle théorie de la religion comme “ « MOUVEMENT D’ANIMATION SPIRITUELLE DE LA DÉMOCRATIE UNIVERSELLE » …
Ce nom même, l’abbé de Nantes le trouva dans un discours du Saint-Père du 30 janvier 1965 : « L’Église… ne peut se désintéresser de l’animation idéologique, morale et spirituelle de la vie publique et, en ce domaine, elle invite à travailler avec confiance ; oui, avec confiance dans les institutions qui forment la norme et l’histoire de notre société, et qui sont aujourd’hui les institutions démocratiques ». Autrement dit, l’Église se fait la servante humble et discrète de la nouvelle société humaine, elle aspire généreusement à rivaliser d’ardeur sociale avec tous les autres générateurs d’héroïsme humain.
C’est le Messianisme révolutionnaire de Lamennais, c’est la Démocratie chrétienne de Sangnier, tout cela repris et mis en système par Jacques Maritain, ami personnel de Paul VI dans son HUMANISME INTÉGRAL.
On peut décomposer ce système en trois parties et un important corollaire :
1° – L’HUMANITÉ, au lieu de l’ÉGLISE et de sa Chrétienté, est la société de salut universelle.
2° – La Charte des DROITS DE L’HOMME en est l’ÉVANGILE nouveau, avec sa trilogie de Liberté, Égalité, Fraternité.
3° – La Construction de la DÉMOCRATIE MONDIALE est la forme terrestre du ROYAUME DE DIEU. Elle se fera par l’avènement de la Justice et de la Paix, dans la Vérité et dans l’Amour…
Corollaire : La RELIGION, toutes confessions réunies, sera l’inspiratrice et l’ANIMATRICE SPIRITUELLE de l’Humanité ainsi régénérée.
La vision du monde de Paul VI abolit la différence et l’oppostion irréconciliable qu’affirmaient avec autorité ses Prédécesseurs, tel Léon XIII dans Humanum Genus : « Le Genre humain est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent de combattre l’un pour la vérité et la vertu, l’autre pour tout ce qui leur est contraire. L’un est la véritable Église de Jésus-Christ… l’autre est le royaume de Satan ». (…)
Paul VI ne veut connaître qu’un Monde profane, défini comme un corps social universel, légitimement autonome, extérieur à l’Église, pleinement humain, ni chrétien ni satanique. Il ignore délibérément les forces adverses avec lesquelles il ne pourrait décemment prêcher la réconciliation. Il suppose donc le problème résolu, Satan définitivement réconcilié, exclu ou inexistant !
Tous les hommes sont bons, tous désirent la paix, la justice, le progrès. (…)
Toutes les vertus surnaturelles que la société chrétienne puise dans les mérites du Christ, la grâce des sacrements et l’obéissance aux Commandements de Dieu, le Pape les attribue comme naturellement aux hommes, globalement aux masses, d’où résulte cette DÉMOCRATIE UNIVERSELLE dont il attend un bond en avant de l’humanité. Comme si le démon n’y régnait pas ! Ni le péché originel ! ni tant de désordres et de crimes ! Comme si la bonté était dans la nature et dans le cœur de tous les hommes d’aujourd’hui !
Selon PaulVI, les peuples aspirent à une société internationale, sans classes, pluri-raciale et multireligieuse où pourraient enfin entrer en composition, en accord pai sible, tous ces totalitarismes sans exception. Les instances de l’ONU et de l’UNESCO en avancent la réalisation. L’Église, “ le MASDU ”, y peut jouer un rôle incomparable et ainsi être appelée, par Dieu, à en devenir l’âme. C’est l’objectif des efforts du Pape et le but du Concile Vatican II.
Dès lors, l’espoir de l’humanité n’est plus l’Église, mais l’ONU, sa réplique politique : « C’est ce qu’il y a de plus beau dans l’Organisation des Nations-Unies, c’est son visage humain le plus authentique. C’est l’idéal dont rêve l’humanité dans son pèlerinage à travers le temps ; c’est le plus grand espoir du monde. Nous osons dire : c’est le reflet du dessein de Dieu— dessein transcendant et plein d’amour — pour le progrès de la société humaine sur la terre, reflet où Nous voyons le Message évangélique, de céleste, se faire terrestre ». (Discours de Paul VI à l’ONU)
S’adressant encore à l’ONU, le Pape affirme : « Pour assurer le bien public qui intéresse tout le genre humain, il ne peut y avoir d’autre organisation que la vôtre qui est fondée sur le respect du droit, de la juste liberté, de la dignité de la personne, le rejet de la funeste folie de la guerre et de la fureur néfaste de la tyrannie ».
Ainsi, dans le rêve du Saint-Père, l’ONU, cette Tour de Babel jacassante, inefficace pour le bien, efficace pour le mal, se substitue à l’Église, la dépasse, la déborde de toutes parts.
Cette utopie de Paul VI est une hérésie, une impiété et un mensonge qui déshonore l’Église et le Christ. S’il y a une réalisation temporelle de l’Évangile, c’est la civilisation chrétienne des peuples catholiques, toute fondée sur Jésus-Christ, prolongement social de l’Église, œuvre de grâce et de foi. Ce ne sera jamais la maçonnique ONU.
« Nous n’avons pas à démontrer, écrivait saint Pie X, dans sa Lettre sur le Sillon, que l’avènement de la démocratie universelle n’importe pas à l’action de l’Église dans le monde… La réforme de la civilisation est une œuvre religieuse, au premier chef, car pas de vraie civilisation sans civilisation morale et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion : c’est une vérité démontrée, c’est un fait d’histoire ».
L’Église et la Chrétienté, depuis deux mille ans, vivent de la grâce de Dieu et des vertus théologales, dont les vertus morales ne sont que les effets dérivés. Selon notre Évangile, point de charité fraternelle sans amour de Dieu et point d’amour de Dieu sans la grâce du Christ que donne seule l’Église.
Mais Paul VI, en bon disciple de Maritain, fonde cette humanité régénérée, cette Démocratie Universelle sur la “ Conscience ” et régie par la Loi de la civilisation moderne, la “ Charte des Droits de l’Homme ”. Avec Maritain, le Pape pense que les Droits de l’Homme sont tout simplement la transposition en langage moderne et profane… du Message évangélique ! Il condond la conscience morale avec la force morale que donne seule la grâce divine, et la solidarité humaine avec la charité chrétienne…
Dans l’Allocution du mercredi 2 août 1972, le Pape exposait cette théorie de la conscience considérée comme une force morale souveraine sur laquelle se greffe le “ sentiment religieux ”, en des termes stupéfiants :
« C’est en exprimant sa conscience morale que l’homme s’affranchit des tentations qui l’assaillent, parce que son organisme complexe est déréglé par une tare héréditaire : le péché originel. Il retrouve alors, du moins, la notion et le désir de sa perfection. C’est cette conscience morale qui lui fait surmonter les tentations avilissantes pour sa dignité, écarter les craintes qui le rendent lâche et sot, entretenir les sentiments qui font de lui un homme honnête et fort. »
« Qu’exprime donc cette conscience avec une telle énergie ? Les Droits de l’Homme ! » (Message à l’ONU)
La religion n’a aucune part à cet élan. C’est le culte de l’homme qui doit engendrer l’amour de l’homme…
Paul VI dépouille le Royaume du Christ de tous ses attributs lumineux : la paix, le repos, la douceur, la joie, la Gloire, le Bonheur total pour tous les élus, pour en revêtir sa chimère du Monde Nouveau, comme d’un paradis terrestre reconstruit par la seule invention et la seule force des hommes ! (…)
Le Pape annonce une Bonne Nouvelle, pour tout de suite, ici-bas, et comme une œuvre purement humaine à laquelle préside seulement, de haut, impotent mais favorable, un Dieu Inconnu.
Pourtant il n’y a d’avancement pour l’ordre temporel que dans la mesure où les chrétiens « cherchent d’abord le Royaume de Dieu et sa Justice », c’est-à-dire la vie de la grâce et sa sainteté qui doivent les introduire à la Béatitude de Gloire du ciel !
Là encore, saint Pie X est clair dans sa Lettre sur le Sillon : « On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique Il ne s’agit que de l’instaurer et de la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo ».
Paul VI annonce la PAIX comme un fruit mûr de la civilisation et de l’ONU mais en subordonne l’avènement à l’instauration première de la JUSTICE. De conservatrice, la pensée du Pape se fait bientôt subversive. Elle excite les convoitises de tous les peuples du Tiers-Monde en leur proposant “ le développement ” comme le but essentiel et premier de tous leurs efforts. (…)
Son programme ? « Réduire les inégalités, combattre les discriminations, libérer l’homme de ses servitudes, le rendre capable d’être lui-même l’agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral et de son épanouissement spirituel ».
C’est l’effort le plus cohérent qui ait jamais été entrepris pour détourner les hommes du Ciel et pour les rendre esclaves du Maître de la Terre, celui qu’annonce l’Apocalypse. Et d’autant plus que, dans cette construction d’un monde pleinement humain, une place est faite aux religions, un rôle est reconnu aux Églises, toutes mortellement confondues.
LA RELIGION, ANIMATION SPIRITUELLE DE LA CITÉ IDÉALE
Quelle place a la religion dans cette construction ? L’humanisme partout le proclame : l’Homme se suffit à lui-même. La Tour de Babel n’a rien d’une Cathédrale ; elle est un prodige d’énergie, de solidarité, de fraternité humaines, tout humaines.
Un appel explicite à Dieu, à la transcendance, un recours à une Révélation céleste, à une Rédemption surnaturelle, la reconnaissance d’un culte, d’un dogme, d’une Église particulière, tout cela est exclu ou tout au plus toléré comme activité culturelle. Et c’est précisément à cause de cette exclusion de Dieu, du Christ, de l’Église, que les Prédécesseurs de Paul VI avaient jeté l’anathème sur cette folle entreprise de l’orgueil humain. Or Paul VI non seulement l’accepte mais s’en fait le propagandiste : « Il n’y a plus d’isolement permis : l’heure est venue de la grande solidarité des hommes entre eux pour l’établissement d’une communauté mondiale unie et fraternelle ». (…)
Étant entendu que cette société mondiale ne reconnaît aucune religion, elle n’est la servante d’aucun dieu. Mais Paul VI espère cependant que la religion pourra se faire accepter comme la servante de ce Monde qui prétend l’ignorer, car elle se sent apte à lui apporter un secours non-négligeable. (…)
Depuis toujours, l’Église se sert des biens divins qui lui sont donnés par son Seigneur et pour son Seigneur. Paul VI veut maintenant qu’elle s’en serve pour faire réussir le projet de l’Homme qui se fait Dieu ! « La religion du Dieu qui s’est fait homme » est engagée par le Pape au service de « la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait dieu ».
Il faudra évidemment une sérieuse “ remise à jour ”, une véritable “ reconversion ” pour rendre la religion catholique apte à ce nouveau “ service ”. (…)
« Nous devons assurer à la vie de l’Église une nouvelle façon de sentir, de vouloir et de se comporter », affirmait le Pape à Bethléem, dès le 6 janvier1964. Personne ne pouvait deviner où irait cette si totale mutation…
Toutes les religions sont appelées à fraterniser dans l’œuvre temporelle qui leur est une nouvelle et commune raison d’être. Les querelles dogmatiques sont désuètes, « les guerres de religion sont finies pour toujours », le fanatisme est mort, le prosélytisme éteint. Il ne s’agit plus de s’arracher les âmes et de les passionner pour « les choses suprêmes », mais de les mettre au service de l’humanité. Voici les dieux réconciliés de force par leurs prêtres, attelés ensemble à l’œuvre de la réussite du monde moderne. C’est l’Œcuménisme !
CONTRA saint Pie X : « Étranges, effrayantes et attristantes à la fois, sont l’audace et la légèreté d’esprit d’hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d’établir sur terre, par-dessus l’Église catholique, “ le règne de la justice et de l’amour ”, avec des ouvriers venus de toutes parts, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu’ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu’ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises “ où ils peuvent ”. On est effrayé… C’est l’apostasie organisée. »
L’exclusif et chimérique intérêt que PaulVI porta à la Construction du Monde, ce primat de la politique la plus indéfinie, la plus irresponsable, la plus déracinée qui soit, opéra dans l’Église entière une affreuse, une effroyable destruction. Les dogmes deviennent tous, dans leurs arêtes vives, des obstacles à la compréhension universelle, des gênes pour la fraternité. Les sacrements, d’abord considérés comme des prises de force, des sources d’énergie spirituelle pour l’engagement temporel, ont bientôt cessé d’avoir aucune utilité puisque les autres hommes nous valent sur le chantier du monde sans y recourir vraiment. Les Commandements de Dieu sont infléchis autant que faire se peut dans le sens souhaité par les architectes du Monde à construire et puis, finalement, rejetés comme des freins insupportables.
Enfin, toute l’Institution de l’Église s’effondre. (…) Extraits du Liber Accusationis in Paulum sextum, p. 23-37 Pour l’Église , Tome 2, p. 113-118
Bien que ne partageant pas toutes les analyses de l'abbé de Nantes, celle-ci reste tout àafait valable dans ses grandes lignes, ce qui a été mis en place par Paul VI n'a fait que continué avec ses successeurs, la meilleure preuve en est, sa prétendue béatification.
Lundi de la Passion
Introït
Ayez pitié de moi, Seigneur, car l’homme m’a foulé aux pieds ; m’attaquant tout le jour, il m’a tourmenté.
Mes ennemis m’ont foulé aux pieds tout le jour ; car il y en a beaucoup qui me font la guerre.
Lecture
Dieu envoie son prophète aux Ninivites pour leur annoncer leur châtiment, leur foi et leur pénitence éloigne sa colère. Jonas est la figure du Christ ressuscité.
En ces Jours-là, la parole du Seigneur fut adressée une seconde fois à Jonas, en ces termes : Lève-toi, et va à Ninive, la grande ville, et prêches-y la prédication que je t’ordonne. Jonas se leva et alla à Ninive, selon la parole du Seigneur ; or Ninive était une grande ville, de trois jours de marche. Et Jonas commença à entrer dans la ville pendant un jour de marche ; et il cria, en disant : Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. Les Ninivites crurent à Dieu ; ils publièrent un jeûne et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. La chose parvint au roi de Ninive ; et il se leva de son trône, ôta son vêtement, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre. Il fit crier et publier dans Ninive cet ordre, comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes et les bêtes, les bœufs et les brebis ne goûtent rien ; qu’ils ne paissent point, et ne boivent pas d’eau. Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu’ils crient au Seigneur avec force ; et que chacun revienne de sa voie mauvaise, et de l’iniquité qui est dans ses mains. Qui sait si Dieu ne se retournera pas pour pardonner, s’il n’apaisera pas la fureur de sa colère, de sorte que nous ne périssions pas ? Dieu vit leurs œuvres, II vit qu’ils étalent revenus de leur voie mauvaise ; et le Seigneur Dieu eut pitié de son peuple.
Evangile
Jèsus annonce sa résurrection, Il promet à ceux qui croiront en Lui la grâce du Saint-Esprit
En ce temps-là les Princes et les Pharisiens envoyèrent des agents pour arrêter Jésus. Jésus leur dit donc : Je suis encore avec vous pour un peu de temps, puis je m’en vais à celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où je serai, vous ne pouvez venir.
Les Juifs dirent donc entre eux : Où ira-t-il, que nous ne le trouverons pas ? Ira-t-il vers ceux qui sont dispersés parmi les Gentils, et instruira-t-il les Gentils ? Que signifie cette parole qu’il a dite : Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et là où je serai, vous ne pouvez venir ?
Le dernier Jour, qui est le plus grand de la fête, Jésus se tenait debout, et criait, en disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croît en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croyaient en lui.
Bréviaire 2 et 3ème leçon saint Augustin
« Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et là où je suis vous ne pouvez venir. » Ces paroles sont déjà une prédiction de sa résurrection ; les Juifs, en effet, n’ont pas voulu le reconnaître lorsqu’il était présent au milieu d’eux,et ils le cherchèrent ensuite lorsqu’ils virent la multitude qui croyait en lui. En effet, il s’opéra de grands prodiges au temps de la résurrection et de l’ascension du Seigneur. Les disciples firent alors des miracles éclatants, mais ce fut lui qui les accomplit par eux comme il en avait opéré par lui-même, car il leur avait dit : « Vous ne pouvez rien faire sans moi. » Lorsque le boiteux qui était assis à la porte du temple se leva à la voix de Pierre, se tint sur ses pieds et marcha, tous furent dans l’admiration : alors le Prince des Apôtres leur adressa la parole, et leur déclara que s’il avait guéri cet homme ce n’était point en vertu de son propre pouvoir, mais que c’était par la puissance de celui qu’ils avaient mis à mort. Beaucoup, touchés de componction, lui dirent : « Que ferons-nous ? »
Ils se voyaient sous le poids d’un crime énorme d’impiété, ayant mis à mort celui qu’ils auraient dû respecter et adorer ; et il leur semblait impossible d’expier leur crime : crime énorme, en effet, dont la vue les jetait dans le désespoir ; mais ils ne devaient pas désespérer, puisque le Seigneur suspendu à la croix avait daigné prier pour eux, en disant : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Parmi un grand nombre d’hommes qui lui étaient étrangers, Jésus mourant distinguait ceux qui lui appartenaient, et il demandait le pardon de ceux qui l’insultaient encore ; car il ne considérait pas que les hommes le faisaient mourir, mais bien qu’il mourait pour eux.
Une Française de bonne souche
Oubliée sous l'Ancien Régime, honorée de loin par le romantisme, Jeanne d'Arc réapparaît en symbole national-populiste à partir de 1841 : grâce au républicain Michelet. Puis en symbole ethniciste (« les vertus de la race gauloise »), via le républicain Henri Martin en 1856. Puis en symbole socialiste, via Lucien Herr et Charles Péguy en 1890. Puis en symbole de la nation armée, via le livre éponyme de Jaurès en 1910... Face à ce johannisme laïciste, l'Eglise a ramé pour prendre l'hégémonie sur la johannologie : panégyrique de Jeanne par l'évêque d'Orléans (Mgr Dupanloup) en 1869, ouverture - laborieuse - du procès de canonisation en 1897... En 1904, l'Action française naissante prenait à son tour Jeanne comme emblème, mais avec une logique royaliste étrangère aux autres mouvements nationalistes : selon le CQFD de Maurras, la seule mission de Jeanne (faire couronner Charles VII pour libérer le territoire) avait été politique, « donc royale », et cette leçon était valable pour aujourd'hui puisque « seul le roi est en position de faire prévaloir l'intérêt national », etc.
† JHESUS MARIA †
« Roy d'Angleterre, et vous, duc de Bedfort, qui vous dictes régent le royaume de France ; vous Guillaume de la Poule, conte de Sulfork ; Jehan, sire de Talebot; et vous, Thomas, sire d'Escales, qui vous dictes lieutenant dudit duc de Bedfort, faictes raison au roy du ciel ; rendez à la Pucelle qui est cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. Elle est ci venue de par Dieu pour réclamer le sanc royal. Elle est toute preste de faire paix, se vous lui voulez faire raison, par ainsi que France vous mectrés jus, et paierez ce que vous l'avez tenu. Et entre vous, archiers, compaignons de guerre, gentilz et autres qui estes devant la ville d'Orléans, alez vous ent en vostre païs, de par Dieu ; et ainsi ne le faictes, attendez les nouvelles de la Pucelle qui ira vous voir briefement à vos bien grand domaiges. Roy d'Angleterre, se ainsi ne le faictes, je suis chief de guerre, et en quelque lieu que je actaindray vos gens en France, je les en ferai aler, veuillent on non veuillent, et si ne vuellent obéir, je les ferai tous occire. Je suis cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de toute France. Et si vuellent obéir, je les prandray à mercy. Et n'aiez point en vostre oppinion, quar vous ne tendrez point le royaume de France, Dieu, le Roy du ciel, filz sainte Marie ; ainz le tendra le roy Charles, vrai héritier ; car Dieu le Roy du ciel, le veult, et lui est révélé par la Pucelle, lequel entrera à Paris à bonne compagnie. Se ne voulez croire les nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque lieu que vous trouverons, nous ferrons dedens et y ferons ung si granthahay, que encore a-il mil ans, que en France ne fu si grant, se vous ne faictes raison. Et croyez fermement que le Roy du ciel envoiera plus de force à la Pucelle, que vous ne lui sariez mener de tous assaulx, à elle et à ses bonnes gens d'armes; et aux horions verra-on qui ara meilleur droit de Dieu du ciel. Vous, duc de Bedfort, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne vous faictes mie détruire. Si vous lui faictes raison, encore pourrez venir en sa compaignie, l'où que les Franchois feront le plus bel fait que oncques fut fait pour la chrestienté. Et faictes response se vous voulez faire paix en la cité d'Orléans; et se ainsi ne le faictes, de vos bien grans dommages vous souviengne briefment.
Escript ce mardi sepmaine saincte."
Dimanche de la Passion
Hymne Vêpres
Les étendards du Roi s’avancent :
il resplendit le mystère de la Croix,
sur laquelle la Vie a souffert la mort,
et par la mort a produit la vie.
C’est là que, transpercé du fer
cruel d’une lance,
son côté épancha l’eau et le sang,
pour laver la souillure de nos crimes.
Il s’est accompli, l’oracle de David
qui, dans un chant inspiré,
avait dit aux nations :
« Dieu régnera par le bois. »
Tu es beau, tu es éclatant,
arbre paré de la pourpre du Roi ;
noble tronc appelé à l’honneur
de toucher des membres si sacrés.
Arbre bienheureux, dont les bras
ont porté la rançon du monde !
Tu es la balance où fut pesé ce corps,
et tu as enlevé à l’enfer sa proie
Salut, ô Croix, unique espérance !
En ces jours de la Passion,
accrois la grâce chez les justes,
efface le crime des coupables.
O Trinité, source de notre salut,
que tous les esprits vous louent ensemble :
vous nous donnez la victoire par la Croix :
daignez y ajouter la récompense.
Amen.
Introït
Ô Jugez-moi, ô Dieu, et séparez ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte : délivrez-moi de l’homme méchant et trompeur. Car vous êtes ma force, ô Dieu.
Envoyez votre Lumière et votre Vérité ; elles me conduiront et m’amèneront à votre montagne sainte et à vos tabernacles.
Epître
Saint Paul nous révèle le rôle du Christ-Prêtre, Médiateur de la nouvelle alliance éternelle
Mes frères : Le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.
Car si le sang des boucs et des taureaux, si la cendre d’une vache, dont on asperge ceux qui sont souillés, sanctifient de manière à procurer la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des oeuvres mortes, pour servir le Dieu vivant ?
Et c’est pour cela qu’il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour le pardon des transgressions commises sous la premiers alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Evangile
Jésus reproche aux juifs leur incrédulité et il leur en montre aussi la cause
En ce temps-là, Jésus disait à la foule des Juifs : Qui de vous me convaincra de péché ? Si je vous dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. C’est pour cela que vous n’écoutez point, parce que vous n’êtes pas de Dieu.
Les Juifs lui répondirent donc, et lui dirent : N’avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et un possédé du démon ?
Jésus répondit : Je ne suis pas possédé du démon, mais j’honore mon Père ; et vous, vous me déshonorez. Pour moi, je ne cherche pas ma propre gloire ; il est quelqu’un qui la cherche, et qui juge. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.
Les Juifs lui dirent : Maintenant nous connaissons que vous êtes possédé du démon. Abraham est mort, et les prophètes aussi ; et vous dites : Si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera jamais la mort. Êtes-vous plus grand que notre père Abraham, qui est mort, et que les prophètes, qui sont morts aussi ? Qui prétendez-vous être ? Jésus répondit : Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu’il est votre Dieu. Et vous ne le connaissez pas ; mais mol, je le connais ; et si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole. Abraham, votre père, a tressailli de joie, désirant voir mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui.
Les Juifs lui dirent : Vous n’avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham ?
Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis.
Ils prirent donc des pierres, pour les jeter sur lui ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.
Samedi quatrième semaine de Carême mémoire de saint Benoit
Quatrième leçon. Benoît né à Nursie, de famille noble, commença ses études à Rome, puis, afin de se donner tout entier à Jésus-Christ se retira dans une profonde caverne en un lieu appelé Subiaco. Il y demeura caché pendant trois ans, sans que personne d’autre le sût qu’un moine nommé Romain, qui lui fournissait les choses nécessaires à la vie. Le diable ayant un jour excité en lui une violente tentation d’impureté, il se roula sur des épines, jusqu’à ce que, son corps étant tout déchiré, le sentiment de la volupté fût étouffé par la douleur. Déjà la renommée de sa sainteté se répandant hors de sa retraite, quelques moines se mirent sous sa conduite ; mais parce qu’ils ne pouvaient supporter des réprimandes méritées par leur vie licencieuse, ils résolurent de lui donner du poison dans un breuvage. Quand ils le lui présentèrent, le Saint brisa le vase d’un signe de croix, puis, quittant le monastère, il retourna dans la solitude.
Cinquième leçon. Mais comme de nouveaux disciples venaient chaque jour en grand nombre trouver Benoît, il édifia douze monastères et les munit de lois très saintes. Il se rendit ensuite au mont Cassin, où, trouvant une idole d’Apollon qu’on y honorait encore, il la brisa, renversa son autel, mit le feu au bois sacré, et construisit en ce lieu un petit sanctuaire à saint Martin et une chapelle à saint Jean ; il enseigna aussi aux habitants de cette contrée les préceptes de la religion chrétienne. Benoît croissait de jour en jour dans la grâce de Dieu ; il annonçait l’avenir par un esprit prophétique. Totila, roi des Goths, l’ayant appris, voulut éprouver s’il en était ainsi il alla le trouver en se faisant précéder de son écuyer à qui il avait donné une suite et des ornements royaux, et qui feignait d’être le roi. Dès que Benoît l’eut aperçu, il lui dit : « Dépose, mon fils, dépose ce que tu portes, car cela n’est pas à toi ». Le Saint prédit à Totila lui-même qu’il entrerait dans Rome, qu’il passerait la mer, et qu’il mourrait au bout de neuf ans.
Sixième leçon. Quelques mois avant de sortir de cette vie, Benoît annonça à ses disciples le jour de sa mort. Il commanda d’ouvrir le tombeau dans lequel il voulait être inhumé ; c’était six jours avant que l’on y déposât son corps. Le sixième jour, il voulut être porté à l’église, et c’est là, qu’après avoir reçu l’Eucharistie, et priant, les yeux au ciel, il rendit l’âme, entre les mains de ses disciples. Deux moines le virent monter au ciel paré d’un manteau très précieux, et environné de flambeaux resplendissants ; et ils entendirent un homme à l’aspect vénérable et tout éclatant qui se tenait un peu plus haut que la tête du Saint, et qui disait : Ceci est le chemin par lequel Benoît, le bien-aimé du Seigneur, est monté au ciel.
Samedi
Introït
Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, dit le Seigneur, et vous qui n’avez point d’argent, venez et buvez avec joie.
Lecture
Le prophète Isaïe annonce l'Eglise, la béatitude et la grandeur de la charité divine
Ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable je t’ai exaucé, et au jour du salut je t’ai secouru ; je t’ai conservé, et je t’ai établi pour l’alliance du peuple, pour relever le pays, pour posséder les héritages dissipés ; pour dire à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez ; et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez. Ils paîtront sur les chemins, et toutes les plaines leur serviront de pâturages. Ils n’auront plus ni faim ni soif ; la chaleur et le soleil ne les frapperont plus, car celui qui a pitié d’eux les conduira et les mènera boire aux sources des eaux. Alors je changerai toutes mes montagnes en chemin, et mes sentiers seront exhaussés. Voici, ceux-là viennent de loin, et ceux-ci du septentrion et du couchant, et les autres de la terre du midi. Cieux, louez-le ; terre, sois dans l’allégresse ; montagnes, faites retentir sa louange, car le Seigneur consolera son peuple, et il aura pitié de ses pauvres. Cependant Sion a dit : Le Seigneur m’a abandonnée, et le Seigneur m’a oubliée. Une femme peut-elle oublier son enfant, et n’avoir pas pitié du fils de ses entrailles ? Mais quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai pas, dit le Seigneur tout-puissant.
Evangile
Jésus proclame sa divinité et montre aux juifs leur ignorance de Dieu puisqu'ils ne veulent pas croire en Lui
En ce temps-là, Jésus parla à la foule des Juifs disant : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais Il aura la lumière de la vie.
Les pharisiens lui dirent donc : Vous vous rendez témoignage à vous-même ; votre témoignage n’est pas vrai.
Jésus leur répondit : Quoique je me rende témoignage à moi-même, mon témoignage est vrai car je sais d’où je viens, et où je vais ; mais vous, vous ne savez pas d’où je viens, ni où je vais. Vous jugez selon la chair ; moi je ne juge personne ; et si je juge, mon jugement est vrai car je ne suis pas seul ; mais je suis avec le Père qui m’a envoyé. Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux hommes est vrai. Or je me rends témoignage à moi-même ; et le Père, qui m’a envoyé, me rend aussi témoignage.
Ils lui disaient donc : Où est votre Père ?
Jésus leur répondit : Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; et si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.
Jésus dit ces choses, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor ; et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.
Bréviaire Saint Augustin
Ces paroles du Seigneur : «Je suis la lumière du monde», me semblent claires pour ceux qui ont les yeux à l’aide desquels on devient participant de cette lumière ; mais ceux qui n’ont d’autres yeux que ceux du corps s’étonnent que notre Seigneur Jésus-Christ ait dit : « Je suis la lumière du monde. » Peut-être même en est-il qui se disent intérieurement : Le Seigneur Jésus serait-il peut-être ce soleil qui fixe la durée du jour par l’alternative de son lever et de son coucher ? Il n’a pas manqué d’hérétiques pour soulever cette opinion. Les Manichéens ont cru que ce soleil visible aux yeux corporels, exposé à nos regards, et dont la lumière non seulement brille indifféremment pour tous les hommes, mais éclaire même les animaux, était le Christ, le Seigneur.
Mais la foi droite de l’Église catholique condamne une telle fiction, et la reconnaît pour une doctrine diabolique : non seulement elle proclame avec assurance que c’est une erreur, mais elle cherche à en convaincre ceux qu’elle peut, par ses raisonnements. Condamnons donc nous-mêmes cette erreur que la Sainte Église a frappée, dès le commencement, de ses anathèmes. Gardons-nous de penser que le Seigneur Jésus-Christ soit ce soleil que nous voyons se lever à l’orient et se coucher à l’occident, à la course duquel succède la nuit, dont les rayons sont obscurcis par les nuages, et qui, par sa révolution déterminée, passe d’un lieu dans un autre. Non, ce n’est pas là le Christ, le Seigneur. Le Christ n’est point ce soleil qui a été fait, mais il est celui par qui le soleil a été fait ; car « par lui toutes choses ont été faites, et rien n’a été fait sans lui.»
Il est donc la lumière qui a fait la lumière que nous voyons. Aimons cette divine lumière, désirons-en l’intelligence, ayons soif de cette lumière, afin que nous puissions sous sa conduite arriver un jour jusqu’à elle, et que nous vivions en elle de manière à ne jamais mourir complètement. C’est en parlant de cette lumière, qu’autrefois et longtemps avant qu’elle paraisse, le Prophète a chanté dans un Psaume : «En vous est une source de vie, et dans votre lumière, nous verrons la lumière.» Remarquez ce que proclame à l’avance au sujet de cette lumière l’antique parole d’un des plus saints serviteurs de Dieu : «Vous sauverez, Seigneur, les hommes et les animaux, puisque vous avez, ô Dieu, multiplié votre miséricorde.»
/image%2F1311266%2F20141110%2Fob_034643_n-d-de-moulins.jpg)













