3ème Dimanche après Pâques
Collecte
O Dieu, qui montrez à ceux qui errent la lumière de votre vérité, afin qu’ils puissent rentrer dans la voie de la justice : donnez à tous ceux qui sont placés dans les rangs de la profession chrétienne, la grâce de rejeter tout ce qui est contraire à ce nom, et d’embrasser tout ce qui lui convient.
Epître
Mes bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs, à vous abstenir des désirs charnels qui combattent contre l’âme. Ayez une bonne conduite au milieu des païens, afin que, là même où ils vous calomnient comme des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres et glorifient Dieu au jour de sa visite.
Soyez donc soumis à toute institution humaine, à cause de Dieu : soit au roi, comme au souverain, soit aux gouverneurs, comme étant envoyés par lui pour châtier les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien.
Car c’est la volonté de Dieu, qu’en faisant le bien vous réduisiez au silence l’ignorance des hommes insensés ; comme étant libres, non pour faire de la liberté une sorte de voile dont se couvre la méchanceté, mais comme des serviteurs de Dieu. Honorez tous les hommes ; aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi.
Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres ; non seulement à ceux qui sont bons et humains, mais aussi à ceux qui sont difficiles. Car cela est agréable à Dieu ; en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Evnagile
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je m’en vais auprès du Père. Alors, quelques-uns de ses disciples se dirent les uns aux autres : Que signifie ce qu’il nous dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me verrez, et : Parce que je m’en vais auprès du Père ? Ils disaient donc : Que signifie ce qu’il dit : Encore un peu de temps ? Nous ne savons de quoi il parle. Jésus connut qu’ils voulaient l’interroger, et il leur dit : Vous vous demandez entre vous pourquoi j’ai dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, vous, et le monde se réjouira. Vous, vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en joie. Lorsqu’une femme enfante, elle a de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu’elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de la souffrance, dans la joie qu’elle a d’avoir mis un homme au monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie.
Bréviaire
Révélation de Jésus-Christ que Dieu lui a donnée pour découvrir à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt, et il l’a fait connaître, en l’envoyant par son Ange à Jean, son serviteur, qui a rendu témoignage à la parole de Dieu, et le témoignage de Jésus-Christ en tout ce qu’il a vu. Bienheureux celui qui lit et écoute les paroles de cette prophétie, et garde les choses qui y sont écrites ; car le temps est proche. Jean, aux sept Églises qui sont en Asie : Grâce à vous et paix par celui qui est, qui était, et qui doit venir, et par les sept esprits qui sont devant son trône ; et par Jésus-Christ qui est le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre, qui nous a aimés et nous a lavés de nos péchés dans son sang, et nous a fait le royaume et les prêtres de Dieu son Père ; à lui la gloire et l’empire dans les siècles des siècles. Amen.
Le voici qui vient sur les nuées, et tout œil le verra ; et même ceux qui l’ont percé. Et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine à cause de lui. Oui. Amen. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, et qui doit venir, le Tout-puissant. Moi, Jean, votre frère, qui ai part à la tribulation, au règne et à la patience en Jésus-Christ, j’ai été dans l’île de Patmos, pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus. Je fus ravi en esprit le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix éclatante, comme d’une trompette, disant : Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises qui sont en Asie, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.
Et je me tournai pour voir la voix qui me parlait ; et m’étant tourné, je vis sept chandeliers d’or ; et au milieu des sept chandeliers d’or, quelqu’un qui ressemblait au Fils de l’homme, vêtu d’une longue robe, et ceint au-dessous des mamelles d’une ceinture d’or. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche et comme de la neige, et ses yeux comme une flamme de feu. Ses pieds étaient semblables à de l’airain fin, quand il est dans une fournaise ardente, et sa voix comme la voix des grandes eaux. Il avait sept étoiles dans sa main droite ; de sa bouche sortait une épée à deux tranchants, et son visage était lumineux comme le soleil dans sa force. Et lorsque je l’eus vu, je tombai à ses pieds comme mort. Mais il mit sa main droite sur moi, disant : Ne crains point, je suis le premier et le dernier, et celui qui vit ; j’ai été mort, mais voici que je suis vivant dans les siècles des siècles, et j’ai les clefs de la mort et de l’enfer. Écris donc les choses que tu as vues, celles qui sont, et celles qui doivent arriver ensuite.
LA SCIENCE ET LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DE L’HOMME DÉCHU
DES SCIENTIFIQUES CHINOIS MODIFIENT GÉNÉTIQUEMENT DES EMBRYONS HUMAINS
Les altérations de l'ADN pourraient se transmettre à la descendance, ce qui pose de graves problèmes éthiques.
Depuis quelques mois, des rumeurs commençaient à circuler dans le milieu de la génétique sur des manipulations qui auraient été menées en secret en Chine et aux États-Unis sur des embryons humains. Cette fois, la rumeur a laissé la place à une information confirmée. Une équipe de chercheurs chinois menés par Junjiu Huang de l'université Sun Yat-Sen à Guangzhou a expliqué avoir modifié des gènes sur des embryons humains.
Leur intention paraît louable, puisqu'ils veulent inactiver des gènes qui provoquent une grave maladie du sang, la bêta-thalassémie, mais leurs travaux provoquent tout de même de graves inquiétudes pour de nombreux spécialistes, avec de potentielles applications eugénistes. «Cet article soulève des grandes interrogations scientifiques et éthiques puisqu'il traite de la possibilité de manipuler le génome humain à partir de l'embryon et ceci d'une manière qui permettrait la transmission de cette modification à la descendance», résume Anne Galy, directrice de l'unité Inserm 951 au Généthon d'Évry.
La publication chinoise a d'ailleurs été refusée par les titres de premier plan Nature et Science, apparemment pour des raisons éthiques, avant d'être finalement acceptée le 1er avril par une petite revue en ligne Protein & Cell.
Une méthode révolutionnaire
Un embryon humain avait déjà été génétiquement modifié en 2007 par une équipe américaine, mais ils n'avaient alors altéré aucun gène existant, juste rajouté un gène marqueur servant à faciliter l'étude de l'embryon (voir ci-dessous). Cette fois, l'expérience chinoise est allée bien plus loin, en cherchant à corriger le gène de la bêta-globine responsable de la bêta-thalassémie. Ils se sont servis pour cela d'une technique d'ingénierie génétique révolutionnaire, inventée en 2012 par l'Américaine Jennifer Doudna (Berkeley) et la Française Emmanuelle Charpentier (Centre Helmholtz en Allemagne). Cette nouvelle méthode, appelée CRISPR/Cas9, est une révolution par rapport aux techniques existantes puisqu'elle permet de découper avec précision une séquence d'ADN et d'y insérer une modification afin de modifier ou «museler» l'activité d'un gène. Cette technique connaît un essor extrêmement rapide, et son utilisation pour la modification d'un embryon humain fait craindre que d'autres équipes ne tentent aussi «d'améliorer» le matériel génétique d'embryons destinés à être implantés pour donner naissance à des enfants.
Malgré la puissance de l'outil CRISPR/Cas9, les chercheurs chinois reconnaissent eux-mêmes que leur essai est loin d'être un succès. Et ils mettent fin à leurs essais sur des embryons humains tant que la technique n'est pas au point. Ils ont réalisé leur essai sur 86 embryons, issus de FIV, abandonnés et non viables, car fécondés par deux spermatozoïdes. Ils n'étaient pas destinés à être implantés. 15 des 86 embryons n'ont pas survécu au traitement. Et sur les 71 restants, seuls 4 ont eu leurs gènes déficients «corrigés».
Des effets imprévisibles
Plus inquiétant, «l'équipe chinoise observe que des coupures d'ADN et des mutations sont induites dans d'autres gènes non ciblés», remarque Anne Galy. Leurs manipulations ont non seulement entraîné des modifications génétiques à des endroits non contrôlés, et donc avec des effets imprévisibles et potentiellement graves, pour l'enfant qui serait issu de cette technique ainsi que pour son éventuelle descendance.
Ce type de manipulation sur des lignées humaines germinales est interdit en France, comme dans le reste de l'Europe, mais d'autres pays, comme la Chine et les États-Unis, n'ont pas de loi dans ce sens. «Peut-être que ce premier essai publié va faire bouger les choses et faire prendre conscience de la nécessité de légiférer», espère le Pr Marcy Darnovsky, directrice du Centre de génétique et société à Berkeley en Californie.
Manipulation très controversée en 2007
En 2008, le Sunday Timesa révélé qu'une équipe américaine avait modifié pour la première fois les gènes d'un embryon humain. L'affaire fit grand bruit. La communauté scientifique n'ignore pourtant rien de ces travaux, menés en pleine lumière et présentés début 2007 à un colloque de spécialistes de la reproduction avant d'être publiés en septembre dans la revue Fertility and Sterility.
Si les journalistes et le grand public s'émeuvent, c'est qu'ils ont la sensation qu'un tabou vient d'être brisé. Ils ont en partie raison. Mais les biologistes en ont une perception très différente: la modification génétique concerne l'ajout d'un bout de code permettant de synthétiser une protéine fluorescente (ou de rendre une protéine donnée fluorescente). L'objectif n'est alors pas plus thérapeutique qu'eugéniste: l'équipe du Dr Nikica Zaninovic, de l'université de Cornell, souhaite savoir si cette technique éprouvée chez les animaux pourrait permettre d'étudier certaines étapes de l'embryogenèse humaine. Après quelques jours, les cellules embryonnaires se sont effectivement mises à briller. Selon les spécialistes, la méthode utilisée, fondée sur un virus modifié, est très commune. L'expérience est de plus menée sur des embryons non viables, pas destinés à être implantés et n'ont même pas vocation à étudier la faisabilité ou la pertinence de «véritables» manipulations. Pour tout dire, les biologistes trouvent même la chose assez banale. À tort ou à raison. Source Figaro 26/04/15
Saint Marc l'évangéliste. Litanies majeures Rogations
Lecture
Voici l’apparence des visages des quatre animaux : ils avaient tous les quatre une face d’homme, une face de lion à leur droite, et une face de boeuf à leur gauche, et une face d’aigle au-dessus d’eux quatre. Leurs faces et leurs ailes s’étendaient en haut ; deux de leurs ailes se joignaient, et deux couvraient leurs corps. Chacun d’eux marchait devant soi ; ils allaient où l’Esprit les poussait, et ils ne se retournaient point en marchant. Et l’aspect des animaux ressemblait à celui de charbons de feu ardents et à celui de lampes allumées. On voyait courir au milieu des animaux des flammes de feu, et de ce feu sortaient des éclairs. Et les animaux allaient et revenaient comme des éclairs flamboyants.
Evangile
En ce temps-là : le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya devant lui, deux à deux, en toute ville et endroit où lui-même devait aller. Il leur disait : La moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Allez : voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni besace, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : "Paix à cette maison !" Et s’il y a là un fils de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Demeurez dans cette maison, mangeant et buvant de ce qu’il y aura chez eux, car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Et en quelque ville que vous entriez et qu’on vous reçoive, mangez ce qui vous sera servi ; guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : "Le royaume de Dieu est proche de vous."
Bréviaire
Deuxième nocturne.
Du livre de saint Jérôme, Prêtre, des Écrivains ecclésiastiques.
Quatrième leçon. Marc, disciple et interprète de Pierre, appelé à Rome par ses frères, écrivit un court Évangile, d’après ce qu’il avait entendu rapporter par Pierre. Celui-ci en ayant écouté [la lecture], l’approuva, et le donna, par son autorité, pour être lu dans l’Église. Prenant l’Évangile qu’il avait composé, Marc partit pour l’Égypte, et, le premier, annonça le Christ à Alexandrie, où il établit une Église. Telle était sa doctrine et la pureté de sa vie, qu’il amenait tous les Chrétiens à suivre son exemple.
Cinquième leçon. Philon, l’un des Juifs les plus éloquents de son temps, voyant l’Église naissante d’Alexandrie encore judaïsante, écrivit, comme à l’éloge de sa nation, un livre sur la vie de ces premiers Chrétiens. Et, à l’imitation de saint Luc, qui rapporte que les fidèles de Jérusalem mettaient tout en commun, Philon, qui voyait cette coutume observée à Alexandrie, sous la conduite et selon les instructions de Marc, en a transmis le récit à la postérité. Le saint Évangéliste mourut la huitième année du règne de Néron, et fut enseveli à Alexandrie. Anianus lui succéda.
De l’Exposition de saint Grégoire, Pape, sur le Prophète Ézéchiel.
Sixième leçon. Les quatre animaux sacrés qu’Ézéchiel voit dans l’avenir par un esprit prophétique, voici comment il les dépeint dans son mystérieux langage : « Chacun d’eux avait quatre faces, et chacun d’eux quatre ailes ». Que signifie la face sinon la connaissance, et que veulent dire les ailes sinon le vol ? C’est à la face que l’on reconnaît chacun de nous ; c’est au moyen des ailes que l’oiseau s’élève dans les airs. La face se rapporte donc à la foi et les ailes à la contemplation. C’est à notre foi que le Dieu tout-puissant nous reconnaît pour siens, ainsi qu’il le dit lui-même de ses brebis : « Je suis le bon Pasteur, je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. » II dit encore : « Je connais ceux que j’ai choisis. » Par la contemplation qui nous élève au-dessus de nous-mêmes, nous sommes comme portés dans les airs.
Au troisième nocturne.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Septième leçon. Notre Seigneur et Sauveur nous instruit, mes bien-aimés frères, tantôt par ses paroles, et tantôt par ses œuvres. Ses œuvres elles-mêmes sont des préceptes, et quand il agit, même sans rien dire, il nous apprend ce que nous avons à faire. Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples prêcher ; il les envoie deux à deux, parce qu’il y a deux préceptes de la charité : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et qu’il faut être au moins deux pour qu’il y ait lieu de pratiquer la charité. Car, à proprement parler, on n’exerce pas la chanté envers soi-même ; mais l’amour, pour devenir charité, doit avoir pour objet une autre personne.
Huitième leçon. Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples deux à deux pour prêcher ; il nous fait ainsi tacitement comprendre que celui qui n’a point de charité envers le prochain ne doit en aucune manière se charger du ministère de la prédication. C’est avec raison que le Seigneur dit qu’il a envoyé ses disciples devant lui, dans toutes les villes et tous les lieux où il devait venir lui-même. Le Seigneur suit ceux qui l’annoncent. La prédication a lieu d’abord ; et le Seigneur vient établir sa demeure dans nos âmes, quand les paroles de ceux qui nous exhortent l’ont devancé, et qu’ainsi la vérité a été reçue par notre esprit.
Neuvième leçon. Voilà pourquoi Isaïe a dit aux mêmes prédicateurs : « Préparez la voie du Seigneur ; rendez droits les sentiers de notre Dieu ». A son tour le Psalmiste dit aux enfants de Dieu : « Faites un chemin à celui qui monte au-dessus du couchant ». Le Seigneur est en effet monté au-dessus du couchant ; car plus il s’est abaissé dans sa passion, plus il a manifesté sa gloire en sa résurrection. Il est vraiment monté au-dessus du couchant : car, en ressuscitant, il a foulé aux pieds la mort qu’il avait endurée. Nous préparons donc le chemin à Celui qui est monté au-dessus du couchant quand nous vous prêchons sa gloire, afin que lui-même, venant ensuite, éclaire vos âmes par sa présence et son amour.
Le Lion évangélique qui assiste devant le trône de Dieu, avec l’Homme, le Taureau et l’Aigle, se montre aujourd’hui sur le Cycle. Ce jour a vu Marc s’élancer de la terre au ciel, le front ceint de la triple auréole de l’Évangéliste, de l’Apôtre et du Martyr.
De même que les quatre grands Prophètes, Isaïe. Jérémie, Ézéchiel et Daniel, résument en eux la prédiction en Israël ; ainsi Dieu voulait que la nouvelle Alliance reposât sur quatre textes augustes, destinés à révéler au monde la vie et la doctrine de son Fils incarné. Les quatre Évangiles, nous disent les anciens Pères, sont les quatre fleuves qui arrosaient le jardin des délices, et ce jardin était la figure de l’Église à venir. Le premier des quatre oracles de la nouvelle Alliance est Matthieu, qui avant tout autre initia les hommes a la vie et à la doctrine de Jésus : nous verrons poindre son astre en septembre ; le second est Marc, qui nous illumine aujourd’hui ; le troisième est Luc, dont nous attendrons le lever jusqu’en octobre ; le quatrième est Jean, que nous avons connu près de la crèche de l’Emmanuel en Bethléem. Arrêtons-nous à contempler les grandeurs du second.
Marc est le disciple chéri de Pierre, le brillant satellite du Soleil de l’Église. Son Évangile a été écrit à Rome, sous les yeux du Prince des Apôtres. Le récit de Matthieu avait déjà cours dans l’Église ; mais les fidèles de Rome désiraient y joindre la narration personnelle de leur Apôtre. Pierre ne consent pas à écrire lui-même ; il engage son disciple à prendre la plume, et l’Esprit-Saint conduit la main du nouvel Évangéliste. Marc s’attache à la narration de Matthieu ; il l’abrège, mais en même temps il la complète. Un mot, un trait de développement, viennent attester à chaque page que Pierre, témoin et auditeur de tout, a suivi de près le travail de son disciple. Mais le nouvel Évangéliste passera-t-il sous silence ou cherchera-t-il à atténuer la faute de son maître ? Loin de là ; l’Évangile de Marc sera plus dur que celui de Matthieu dans le récit du reniement de Pierre. On sent que les larmes amères provoquées par le regard de Jésus dans la maison de Caïphe, n’ont pas encore cessé de couler. Le travail de Marc étant terminé, Pierre le reconnut et l’approuva, les Églises accueillirent avec transportée second récit des mystères du salut du monde, et le nom de Marc devint célèbre par toute la terre.
Matthieu, qui ouvre son Évangile par la généalogie humaine du Fils de Dieu, avait réalisé le type céleste de l’Homme ; Marc remplit celui du Lion ; car il débute par le récit de la prédication de Jean-Baptiste, rappelant que le rôle de ce Précurseur du Messie avait été annoncé par Isaïe, quand il avait parlé de la Voix de celui qui crie dans le désert ; voix du lion qui ébranle les solitudes par ses rugissements.
La carrière d’Apôtre s’ouvrit devant Marc lorsqu’il eut écrit son Évangile. Pierre le dirigea d’abord sur Aquilée, où il fonda une insigne Église ; mais c’était trop peu pour un Évangéliste. Le moment était venu où l’Égypte, la mère de toutes les erreurs, devait recevoir la vérité, où la superbe et tumultueuse Alexandrie allait voir s’élever dans ses murs la seconde Église de la chrétienté, le second siège de Pierre. Marc fut destiné par son maître à ce grand œuvre. Par sa prédication, la doctrine du salut germa, fleurit et produisit le bon grain sur cette terre la plus infidèle de toutes ; et l’autorité de Pierre se dessina dès lors, quoique à des degrés différents, dans les trois grandes cités de l’Empire : Rome, Alexandrie et Antioche.
Sous l’inspiration de Marc, la vie monastique préluda à ses saintes destinées, dans Alexandrie même, par l’institution chrétienne des Thérapeutes. L’intelligence de la vérité révélée prépara de bonne heure, dans ce grand centre des études humaines, les éléments de la brillante école chrétienne qui commença d’y fleurir dès le second siècle. Tels furent les effets de l’influence du disciple de Pierre dans la seconde Église du monde.
Mais la gloire de Marc fût restée incomplète, si l’auréole du martyre ne fût pas venue la couronner. Les succès de la prédication du saint Évangéliste ameutèrent contre lui les fureurs de l’antique superstition égyptienne. Dans une fête de Sérapis, Marc fut maltraité par les idolâtres, et on le jeta dans un cachot. Ce fut là que le Seigneur ressuscité, dont il avait raconté la vie et les œuvres divines, lui apparut la nuit, et lui dit ces paroles célèbres qui sont la devise de l’antique république de Venise : « Paix soit avec toi, Marc, mon Évangéliste ! » A quoi le disciple ému répondit : « Seigneur ! » Sa joie et son amour ne trouvèrent pas d’autres paroles. Ainsi Madeleine, au matin de Pâques, avait gardé le silence après ce cri du cœur : « Cher Maître ! » Le lendemain, Marc fut immolé par les païens ; mais il avait rempli sa mission sur la terre, et le ciel s’ouvrait au Lion, qui allait occuper au pied du trône de l’Ancien des jours la place d’honneur où le Prophète de Pathmos le contempla dans sublime vision.
Au IXe siècle, l’Église d’Occident s’enrichit de la dépouille mortelle de Marc. Ses restes sacrés fuient transportés à Venise, et sous les auspices du Lion évangélique commencèrent pour cette ville les glorieuses destinées qui ont duré mille ans. La foi en un si grand patron opéra des merveilles dans ces îlots et ces lagunes d’où s’éleva bientôt une cite aussi puissante que magnifique. L’art byzantin construisit l’imposante et somptueuse Église qui fut le palladium de la reine des mers, et la nouvelle république frappa ses monnaies à l’effigie du Lion de saint Marc : heureuse si, plus filiale envers Rome et plus sévère dans ses mœurs, elle n’eût jamais déchue de sa gravité antique, ni de la foi de ses plus beaux siècles !
Réunissons à la gloire de Saint Marc les éloges de l’Orient et de l’Occident. Nous commencerons par cette Hymne que lui consacra au IXe siècle saint Paulin, l’un de ses successeurs sur le siège d’Aquilée.
UN PRÊTRE PRÉTENDUMENT CATHOLIQUE
L'abbé Amar revient sur les propos de Manuel Valls, déclarant que s'en prendre à une église s'est s'en prendre à l'essence de la France :
"[...] L’Eglise catholique n’a aucun problème avec la laïcité. La distinction entre Dieu et César fait partie de notre culture biblique et traditionnelle. Au-delà des querelles et des drames causés par les lois de 1901 et 1905, au-delà du laïcisme qui peut très vite devenir une idéologie, on voit qu’aujourd’hui, nous autres catholiques vivons très sereinement la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ainsi que la coexistence de diverses croyances religieuses sur le sol national [C’est peut-être alors pour cela que vous n’êtes plus catholique]. Mais c’est rendre hommage à la vérité que de reconnaître au Christianisme une place singulière, toute spéciale, dans le « roman National ». L’ADN de notre pays, son héritage, que cela plaise ou non, c’est la culture judéo-chrétienne. François Mitterrand l’avait compris, à une époque où les catholiques étaient déjà minoritaires. Et cela n’a rien à voir avec le fait qu’on soit croyant ou pas : il suffit juste d’être un (humble et honnête) historien. Dans un discours à Rome, un texte à relire et méditer, le président de la République de l’époque l’avait souligné.
La République laïque ne reconnaît aucun culte ? Dont acte. Elle les traite avec une stricte égalité ? Pourquoi pas. Mais cette égalité doit aussi considérer que la religion catholique a une place différente [Il n’y qu’une seule vraie religion monsieur l’abbé, il ne saurait donc y avoir égalité, sans injustice, et sans mépris de la Vérité].
Cette place différente, particulière, ne nous crée pas beaucoup de droits mais plutôt pas mal de devoirs. Nous sommes plus regardés, attendus, écoutés, pas toujours entendus. Parfois, c’est même le schéma ecclésial qui s’impose à l’État : on voit comment il peine à organiser administrativement un Islam à la Française, croyant qu’il a devant lui un réseau de mosquées, un clergé avec des « Imams en chef », sortes de prêtres et d’évêques. L’État a une vision catholique [maçonnique] des religions. Il est vrai que le Nonce Apostolique est statutairement le doyen du corps diplomatique. Mais quand même !
Vers une nouvelle manière d’être catholique Français
« Le cléricalisme voilà l’ennemi ! » s’écriait en 1877 Léon Gambetta à la tribune de l’Assemblée Nationale. Cet anticléricalisme a été désamorcé dans les tranchées de 14-18 par la sueur, le sang et les larmes d’aumôniers militaires au dévouement héroïque. Puis est apparu un antichristianisme (mais avait-il vraiment disparu ?), ce qui est plus fâcheux. Ces derniers temps, l’antichristianisme a mué : aujourd’hui, se dessine une tentative pour faire taire toute parole religieuse, quelle qu’elle soit. Un refrain anti-religion qui fait écho à cette prophétie de Georges Bernanos : « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ».
C’est cette conspiration-là que nous combattons et c’est certainement une nouvelle manière d’être catholique en France. Car elle ne fait pas honneur à l’homme et à la dimension verticale qui fait partie de sa vie. « Chassez le surnaturel, il revient au galop ! » et pas forcément comme vous le pensez. L’homme a soif d’authenticité, d’absolu, de lieux et d’espaces où se donner, dans toutes les dimensions de sa vie. C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre cette invitation qui aurait pu être lancée par un évêque ou un cardinal mais qui a été prononcée par un Président de la République Française, en visite à Rome : « la France a besoin de catholiques heureux, qui témoignent de leur espérance ! ». [Nego, la France se doit de reconnaître la seule vraie religion et se doit de rendre ses hommages au seul vrai Dieu, pour le bien de tous, même si elle est obligée de tolérer les fausses religions, facteur d’anarchie sociale, elle ne doit en aucun cas les aider, c'est cela la doctrine catholique]"
Saint Fidèle de Sigmaringen
Collecte
O Dieu, qui, après avoir embrasé le bienheureux Fidèle d’une ardeur séraphique pour la propagation de la vraie foi, avez daigné le décorer de la palme du martyre et de la gloire des miracles, nous vous supplions par ses mérites et son intercession, de nous affermir tellement, par votre grâce, dans la foi et la charité, que nous méritions d’être trouvés fidèles dans votre service jusqu’à la mort.
Bréviaire
Quatrième leçon. Fidèle, né à Sigmaringen, ville de Souabe, de l’honnête famille des Rey, se distingua dès l’enfance par les dons singuliers de la nature et de la grâce dont il était orné. Doué du meilleur naturel et formé au bien, grâce à une excellente éducation, il remporta les palmes au collège de Fribourg pendant ses cours de philosophie et de droit, en même temps qu’à l’école de Jésus-Christ il s’efforçait d’atteindre au sommet de la perfection par la pratique assidue des vertus. Ayant été donné pour compagnon à plusieurs gentilshommes, qui visitaient différentes contrées de l’Europe, il ne cessa de les exciter à la piété chrétienne par ses paroles et ses actions. Il fit plus : durant ce voyage il s’efforça de mortifier par de fréquentes austérités les désirs de la chair, et de se rendre tellement maître de lui-même, que dans les circonstances si diverses où il se trouva, on ne vit jamais en lui aucun mouvement d’impatience. Vaillant défenseur du droit et de la justice, il s’acquit, après son retour en Allemagne, un nom célèbre dans la profession d’avocat. Mais lorsqu’il eut expérimenté les dangers de cette profession, il résolut d’entrer dans une voie conduisant plus sûrement au salut, et éclairé par l’appel d’en haut, il sollicita bientôt son admission dans l’Ordre séraphique, parmi les Frères Mineurs Capucins.
Cinquième leçon. Sa pieuse demande ayant été exaucée, il fit paraître dès le début de son noviciat un grand mépris du monde et de lui-même, et quand il eut prononcé les vœux de sa profession solennelle dans la joie de l’Esprit du Seigneur, il devint davantage encore le modèle et l’admiration de tous, par sa fidélité à l’observance régulière. Adonné principalement à l’oraison et à l’étude des saintes lettres, il excellait aussi dans le ministère de la parole, par l’effet d’une grâce particulière, et il amenait non seulement les catholiques à une vie meilleure, mais encore les hérétiques à la connaissance de la vérité. Mis à la tête de plusieurs couvents de son Ordre, il s’acquitta avec prudence, justice, mansuétude, discrétion et grande humilité, de la charge qui lui était confiée. Ardent zélateur de la plus stricte pauvreté, il retranchait totalement de chaque monastère tout ce qui lui semblait être peu nécessaire. Rempli envers lui-même d’une haine salutaire, il châtiait son corps par des jeûnes austères, des veilles et des disciplines, tandis qu’il montrait à tous un amour semblable à celui d’une mère pour ses enfants. Une fièvre pestilentielle étant venue décimer cruellement les troupes autrichiennes, Fidèle s’appliqua généreusement et assidûment aux devoirs de la charité envers les malades dont les besoins étaient extrêmes. Il réussit si bien à apaiser les dissensions et à subvenir aux nécessités du prochain par ses conseils et ses actions, qu’il mérita d’être appelé le père de la patrie.
Sixième leçon. Extrêmement dévot à la Vierge Mère de Dieu, il se plaisait à réciter le rosaire, et demanda à Dieu, par l’intercession de Marie et celle des autres Saints, la grâce de donner sa vie et de verser son sang pour le service de la foi catholique. Comme cet ardent désir s’enflammait chaque jour davantage durant la célébration du saint Sacrifice, l’admirable providence de Dieu permit que ce courageux athlète du Christ fût choisi pour diriger les missions que la Congrégation de la Propagande venait alors d’établir chez les Grisons. Il reçût d’un cœur joyeux et empressé cette charge difficile, et l’exerça avec tant d’ardeur, qu’ayant réussi à convertir un grand nombre d’hérétiques à la foi orthodoxe, il fit luire l’espérance de voir cette nation entière se réconcilier avec l’Église et avec le Christ. Doué du don de prophétie, il prédit plusieurs fois les malheurs qui menaçaient le pays des Grisons, et la mort que lui feraient subir les hérétiques. Instruit des embûches qu’on lui tendait, après s’être préparé au combat qui lui était réservé, il se rendit, le vingt-quatre avril de l’an mil six cent vingt-deux, à l’église du lieu nommé Sévis : c’est là que des hérétiques qui, la veille, feignaient de se convertir, l’avaient invité insidieusement à prêcher. Son discours ayant été interrompu par un tumulte, Fidèle se vit accabler cruellement de coups et de blessures, et souffrit une mort glorieuse avec un cœur joyeux et magnanime, consacrant ainsi, par son propre sang, les prémices des Martyrs de la Congrégation de la Propagande. De nombreux prodiges et miracles l’ont rendu célèbre, principalement à Coire et à Veldkirch, où ses reliques se conservent et sont l’objet d’une très grande vénération de la part du peuple.
Notre divin Ressuscité tient à avoir autour de sa personne une garde d’honneur de Martyrs. Pour la former, il met à contribution tous les siècles. Ce jour a vu s’ouvrir les rangs de la céleste phalange à un généreux combattant qui avait cueilli sa palme, non en luttant contre le paganisme, comme ceux que nous avons salués déjà à leur passage, mais en défendant sa mère la sainte Église contre des fils révoltés. La main des hérétiques a immolé cette victime triomphale, et le XVIIe siècle a été le théâtre du combat.
Fidèle a rempli toute l’étendue de son nom prédestiné. Jamais un péril ne le vit reculer ; durant toute sa carrière, il n’eut en vue que la gloire et le service de son divin Chef, et quand le moment fut arrivé de marcher au-devant du danger suprême, il avança sans fierté comme sans faiblesse, ainsi qu’il convenait à l’imitateur de Jésus allant à la rencontre de ses ennemis. Honneur au courageux enfant de saint François, digne en tout de son séraphique Patriarche, qui affronta le Sarrasin et fut martyr de désir !
Le protestantisme s’établit et se maintint par le sang, et il a osé se plaindre d’avoir été en butte aux résistances armées des enfants de l’Église. Durant des siècles, il s’est baigné dans le sang de nos frères, dont le seul crime était de vouloir rester fidèles à l’antique foi, à cette foi qui avait civilisé les ancêtres de ses persécuteurs. Il proclamait la liberté en matière de religion, et il immolait des chrétiens qui pensaient dans leur simplicité qu’il devait leur être permis d’user de cette liberté tant vantée, pour croire et pour prier comme on croyait et on priait avant Luther et Calvin. Mais le catholique a tort de compter sur la tolérance des hérétiques. Un instinct fatal entraînera toujours ceux-ci à la violence contre une Église dont la permanence est pour eux un reproche continuel de l’avoir quittée. Ils chercheront d’abord à l’anéantir dans ses membres, et si la lassitude des combats à outrance amène à la fin un certain calme, la même haine s’exercera en essayant d’asservir ceux qu’elle n’ose plus immoler, en insultant et calomniant ceux qu’elle n’a pu exterminer. L’histoire de l’Europe protestante, depuis trois siècles, justifie ce que nous avançons ici ; mais nous devons appeler heureux ceux de nos frères qui, en si grand nombre, ont rendu à la foi romaine le témoignage de leur sang.
Vous avez accompli votre course avec gloire, ô Fidèle ! et la fin de votre carrière a été plus belle encore que n’avait été son cours. Avec quelle sérénité vous êtes allé au trépas ! Avec quelle joie vous avez succombe sous les coups de vos ennemis qui étaient ceux de la sainte Église ! Semblable à Etienne, vous vous êtes affaisse en priant pour eux ; car le catholique qui doit détester l’hérésie, doit aussi pardonner à l’hérétique qui l’immole. Priez, ô saint Martyr, pour les enfants de l’Église ; obtenez qu’ils connaissent mieux encore le prix de la foi, et la grâce insigne que Dieu leur a faite de naître au sein de la seule vraie Église ; qu’ils soient en garde contre les doctrines perverses qui retentissent de toutes parts à leurs oreilles ; qu’ils ne se scandalisent pas des tristes défections qui se produisent si souvent dans ce siècle de mollesse et d’orgueil. C’est la foi qui doit nous conduire à Jésus ressuscité ; il nous la recommande, quand il dit à Thomas : « Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui cependant ont cru ! » Nous voulons croire ainsi, et c’est pour cela que nous nous attachons à la sainte Église qui est la souveraine maîtresse de la foi. C’est à elle que nous voulons croire, et non à la raison humaine qui ne saurait atteindre jusqu’à la parole de Dieu, et moins encore la juger. Cette sainte foi, Jésus a voulu qu’elle nous arrivât appuyée sur le témoignage des martyrs, et chaque siècle a produit ses martyrs. Gloire à vous, ô Fidèle, qui avez conquis la palme en combattant les erreurs de la prétendue réforme ! Vengez-vous en martyr, et demandez sans cesse à Jésus que les sectateurs de l’erreur reviennent à la foi et à l’unité de l’Église. Ils sont nos frères dans le baptême ; priez afin qu’ils rentrent au bercail, et que nous puissions célébrer un jour tous ensemble la véritable Cène de la Pâque, dans laquelle l’Agneau divin se donne en nourriture, non d’une manière figurée, comme dans la loi ancienne, mais en réalité, comme il convient à la loi nouvelle.
La guerre antichrétienne
La guerre contre les Chrétiens est bien réelle. Qui va réagir?
"Les miliciens du groupe djihadiste Daech ont dévasté le plus ancien cimetière chrétien de Mossoul, au nord de l’Irak, a annoncé l’agence Fides vendredi 17 avril.
Le cimetière se trouve près de la cathédrale syro-orthodoxe dédiée à saint Thomas apôtre. Il abrite notamment de nombreuses tombes de militaires chrétiens morts durant la guerre Iran-Irak.
Les djihadistes, qui contrôlent depuis juin dernier la grande ville de la plaine de Ninive, ont appliqué leur habituelle stratégie de communication, publiant sur Internet les photos des destructions des pierres tombales et des croix, preuve de la mise en œuvre de leur campagne visant à « éradiquer les symboles païens ».
Auparavant, Daech avait profané la cathédrale catholique de Mossoul. Revenant de deux jours de visite aux réfugiés chrétiens à Erbil, dans le Kurdistan irakien les 12 et 13 avril, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a rapporté à la presse le témoignage de l’archevêque de Mossoul des chaldéens catholiques, Amel Shimoun Nona, à qui des djihadistes de Daech envoient « régulièrement des photos de ce qu’ils font à la cathédrale » « désacralisée, vandalisée, et transformée en mosquée ».
En France le "ministre de l'éducation nationale" supprime l'enseignement du Latin et du Grec, afin que les élèves ne puissent pas avoir accès aux trésors millénaires de la culture antique, et plus particulièrement chrétienne. L'histoire de la Chrétienté médiévale devient optionnelle..... Nous avons à faire, objectivement, au même travail que celui de DAESH, à la même haine sectaire, à la même persécution sous une forme d'autant plus dangereuse que plus discrète.
De la férie Mémoire de Saint Georges martyr
Quatrième leçon. Comment célébrer, dignement vos louanges, ô très courageux Martyrs ? Quels accents d’éloquence donner à ma voix, pour relever la force de votre cœur et la persévérance de votre foi ? Vous avez supporté les plus cruelles tortures, jusqu’à la consommation de votre gloire. Vous n’avez pas cédé aux supplices ; mais les supplices plutôt vous ont cédé. La fin de vos douleurs, ce ne sont pas les tortures qui vous l’ont donnée : ce sont vos couronnes. Si le carnage des persécuteurs a duré longtemps, il n’a pu néanmoins renverser une foi toujours debout ; il n’a fait qu’envoyer plus rapidement à Dieu les hommes de Dieu.
Cinquième leçon. La multitude des spectateurs a contemplé avec admiration ce combat céleste, combat divin, combat spirituel, lutte pour le Christ ! On a vu les serviteurs de Jésus-Christ demeurer fermes, la parole libre, l’esprit pur, forts d’une vertu divine, livrés sans défense aux traits de ce monde ; mais revêtus des armes d’une foi ardente. Les victimes torturées se sont montrées plus fortes que les bourreaux qui les torturaient, leurs membres frappés et déchirés triomphaient des ongles de fer qui les frappaient et les déchiraient. Les coups redoublés n’ont pu surmonter la constance invincible de leur foi ; cependant, leur chair était tellement en lambeaux que, dans ces serviteurs de Dieu, il ne restait plus de membres à tourmenter, le bourreau n’atteignait que des plaies. Un sang glorieux ruisselait pour éteindre l’incendie de la persécution, en même temps qu’il calmait les ardeurs de la flamme consumant les Martyrs.
Sixième leçon. Oh ! Quel spectacle aux yeux du Seigneur ! Qu’il fut sublime, qu’il fut grand, qu’il fut agréable à Dieu, par la constance des soldats enrôlés dans sa milice et dévoués à le servir. Comme le Saint-Esprit nous le dit et nous l’enseigne lui-même dans les psaumes : « Précieuse en la présence du Seigneur est la mort des justes ». Vraiment précieuse cette mort, qui achète l’immortalité au prix du sang répandu, qui acquiert la couronne par la perfection de la vertu. Oh ! que Jésus-Christ en a reçu de joie, combien volontiers dans de tels hommes, ses serviteurs, il a Lui-même combattu et triomphé ; Lui, le Protecteur de la foi, Lui qui donne à ceux qui croient en Lui en proportion de leur confiance. Il a assisté à leur combat. Il a soutenu, fortifié, encouragé ses guerriers et ceux qui revendiquaient ainsi l’honneur de confesser son Nom. Celui qui pour nous a une fois vaincu la mort, c’est Celui qui en est toujours victorieux en nous.
Couvert de sa brillante armure, monté sur son coursier rapide, et perçant de sa lance le dragon, George se montre aujourd’hui sur le Cycle, comme le valeureux champion du Christ ressuscité. L’Église d’Orient, qui ne l’appelle que le grand Martyr, a transmis de bonne heure son culte à l’Église d’Occident, et la chevalerie chrétienne l’a aimé et honoré comme l’un de ses plus chers patrons. Son martyre eut lieu en ces jours de la Pâque, afin qu’il apparût aux fidèles comme le gardien du glorieux sépulcre, de même qu’Etienne, le Protomartyr, veille auprès du berceau de l’Enfant-Dieu.
L’Église Romaine n’a pas de Légende sur saint George dans son Office. La raison de cette dérogation à l’usage ordinaire est fondée sur une particularité qui remonte jusqu’au Ve siècle. En 496, dans un célèbre concile tenu à Rome, le pape saint Gélase donnant le catalogue des livres que les fidèles pouvaient lire sans danger et avec profit, et de ceux qu’ils devaient éviter, signale parmi ces derniers certains Actes de saint George, comme rédigés par un écrivain hérétique et inepte, et défend d’en faire usage. Il existait cependant d’autres Actes du saint Martyr en Orient, totalement différents de ceux qui avaient eu cours à Rome, mais on ne les connaissait pas dans cette ville. Le culte de saint George ne souffrit en rien dans la ville sainte de ce manque d’une Légende véridique. Une Église stationnale, Titre cardinalice, s’y éleva dès les premiers siècles, et subsiste encore sous le vocable de Saint-George-au-Voile-d’or ; mais la Liturgie a continué de porter la trace de la sainte sévérité du canon de Gélase, par l’omission du récit de la vie du Martyr dans son Office.
Les Bollandistes ont eu entre les mains plusieurs copies des Actes proscrits, qu’ils ont trouvés en effet remplis de détails absurdes ; mais ils se sont gardés de les reproduire. Le P. Papebrock a donné en place les véritables Actes, écrits en grec, cités par saint André de Crète, et dans lesquels se développe l’admirable caractère de saint George, qui exerça un haut emploi militaire dans les armées romaines, sous l’empire de Dioclétien. Il fut une des premières victimes de la grande persécution, et souffrit à Nicomédie. Son courage fit une telle impression sur Alexandra, femme de Dioclétien, que cette princesse se déclara chrétienne, et mérita départager la couronne du saint guerrier.
Le culte de saint George s’introduisit de bonne heure dans les Gaules. On en trouve les traces dans Grégoire de Tours, en divers endroits de ses écrits. Sainte Clotilde avait une dévotion spéciale au saint Martyr, et lui dédia l’église de sa chère abbaye de Chelles. Mais ce culte prit son plus grand essor à l’époque des Croisades, lorsque nos chevaliers furent témoins de la vénération des peuples de l’Orient envers saint George, et qu’ils entendirent raconter les merveilles de sa protection dans les combats. Les historiens byzantins en rapportent plus d’un trait remarquable, et les croisés à leur tour ne tardèrent pas à éprouver les effets de la confiance qu’ils avaient placée dans le secours de ce puissant conducteur des armées chrétiennes. La république de Gênes se mit sous son patronage, et celle de Venise l’honora, après saint Marc, comme son protecteur spécial. Mais aucune province du monde catholique ne surpassa l’Angleterre dans les hommages rendus à saint George. Non seulement un concile national, tenu à Oxford, en 1222, ordonna que la fête du grand Martyr serait célébrée comme de précepte dans toute l’Angleterre ; non seulement le culte du vaillant soldat du Christ fut professé dans la grande île britannique par les premiers rois normands ; mais on est en mesure de soutenir, d’après les monuments antérieurs à l’invasion de Guillaume le Conquérant, que la vénération particulière delà nation anglaise envers saint George lui était déférée, dès les IXe et Xe siècles, comme à un protecteur particulier. Édouard III ne fit qu’exprimer le sentiment pieux de sa nation envers le céleste guerrier, lorsqu’il plaça sous son patronage révéré l’Ordre insigne de la Jarretière qu’il institua en 1330. Nous devons aussi mentionner l’Ordre militaire de Saint-George que Frédéric III établit pour l’Allemagne en 1468.
Saint George est représenté terrassant un dragon, et délivrant par cet acte de bravoure une princesse que le monstre allait dévorer. Cette scène, dont l’art catholique a su tirer un grand parti, est purement symbolique, et dérive des monuments de l’iconographie byzantine. Elle signifie la victoire que saint George a remportée sur le démon par sa généreuse confession ; la princesse figure Alexandre, que la constance du Martyr conquit à la loi. Ni les Actes de saint George, ni les Hymnes de la liturgie grecque, ne disent un mot du dragon qu’aurait eu à combattre le saint Martyr, ni de la princesse qu’il aurait eu à délivrer d’un péril temporel. Cette fable n’a eu cours que dans l’Occident, à partir du XIVe siècle, et sa source est dans l’interprétation trop matérielle des types consacrés à saint George par les Grecs, et qui s’introduisirent dans nos églises à l’issue des Croisades.
Honorons le sublime athlète du Christ, en répétant à sa gloire quelques-unes des strophes que l’Église grecque lui consacre dans ses Menées.
On ne négocie pas la Foi
SOUS LES TÉNÈBRES DE LA FOI L’ENTENDEMENT S’UNIT À DIEU
Voilà pourquoi on ne négocie pas la foi, car c’est un don de Dieu infus, on l’a, ou on ne l’a pas, mais elle doit se purifier de toutes errreurs, de tout ce qui est sensible, conceptuel, pour nous unir à Dieu Lui-Même, ce qui est l’œuvre du Saint-Esprit.
Super Io., cap. 4 l. 5 Supra dominus praenuntiavit apostolis fructum qui Samaritanis provenerat ex praedicatione mulieris; hic autem Evangelista agit de isto fructu, et primo ponitur fructus proveniens ex praedicatione mulieris; secundo insinuatur augmentatio ipsius fructus facta per Christum, ibi et multo plures crediderunt in eum propter sermonem eius. Fructus autem ex praedicatione mulieris proveniens ostenditur quantum ad tria. Primo quantum ad fidem, quia, in Christum crediderunt; unde dicit ex civitate autem illa, ad quam scilicet abierat mulier, multi homines crediderunt in eum Samaritanorum, et hoc propter verbum mulieris, a qua Christus aquam petierat, testimonium perhibentis, hoc scilicet quia dixit mihi omnia quaecumque feci: quod quidem testimonium satis inducens erat ad credendum Christo. Cum enim quae Christus dixerat pertinerent ad defectuum suorum manifestationem, nisi ipsa commota fuisset ad credendum, talia non referret: et ideo statim ad auditum verborum suorum crediderunt. In quo significatur quod fides est ex auditu. Secundo ostenditur fructus quantum ad eorum accessum ad Christum: nam ex fide sequitur desiderium rei creditae. Et ideo postquam crediderunt, accedunt ad Christum, ut perficiantur per eum; unde dicit cum venissent ad illum Samaritani. Ps. XXXIII, 6: accedite ad eum, et illuminamini. Mt. XI, 28: venite ad Me, omnes qui laboratis et onerati estis, et Ego reficiam vos. Tertio quantum ad desiderium: nam credenti non solum est necessarium venire ad Christum, sed quod habeat eum secum; unde dicit quod rogaverunt eum ut ibi maneret. Et mansit ibi duos dies. Manet autem dominus nobiscum per caritatem. Infra XIV, 23: si quis diligit me, sermonem meum servabit; et paulo post: et mansionem apud eum faciemus. Sed manet duos dies, quia duo sunt praecepta caritatis, scilicet dilectionis Dei et proximi, in quibus lex pendet et prophetae, ut dicitur Mt. XXII, 40. Tertia autem dies est dies gloriae: Os, VI, 3: vivificabit nos post duos dies, in die tertia suscitabit nos. Et in hac die non mansit ibi, quia Samaritani non erant adhuc capaces gloriae. Consequenter cum dicit et multo plures crediderunt in eum propter sermonem eius, ponit Evangelista quod fructus proveniens ex praedicatione mulieris, augmentatus est ex praesentia Christi; et hoc tripliciter. Primo ex multitudine credentium; secundo ex modo credendi; tertio ex veritate fidei. Ex multitudine credentium augmentatus est, quia propter mulierem multi crediderunt in eum; sed multo plures crediderunt propter sermonem eius, scilicet Christi. In quo signatur, quod licet multi crediderint per prophetas, tamen multo plures conversi sunt ad fidem veniente Christo, secundum illud Ps. VII, 8: exurge, domine, in praecepto quod mandasti, et synagoga populorum circumdabit te. Secundo augmentatus est fructus ex modo credendi; unde dicunt mulieri quia iam non propter tuam loquelam credimus. Sed notandum, quod tria sunt necessaria ad perfectionem fidei, quae hic per ordinem ponuntur. Primo ut sit recta; secundo ut sit prompta; tertio ut sit certa. Recta quidem est fides, cum veritati non propter aliquod aliud, sed ei propter seipsam obeditur; et quantum ad hoc dicit, quod mulieri dicebant, quod iam credimus veritati, non propter tuam loquelam, sed propter ipsam veritatem. Inducunt autem nos ad fidem Christi tria. Primo quidem ratio naturalis. Ad Rm. I, 20: invisibilia Dei a creatura mundi per ea quae facta sunt, intellecta conspiciuntur. Secundo testimonia legis et prophetarum. Rm. III, 21: nunc autem iustitia Dei sine lege manifestata est, testificata a lege et prophetis. Tertio praedicatio apostolorum et aliorum. Rm. X, 14: quomodo credent sine praedicante? Sed quando per hoc homo manuductus credit, tunc potest dicere, quod propter nullum istorum credit: nec propter rationem naturalem, nec propter testimonia legis, nec propter praedicationem aliorum, sed propter ipsam veritatem tantum; Gn. XV, 6: credidit Abraham Deo, et reputatum est ei ad iustitiam. Prompta quidem est fides, si cito credit: et hoc erat in istis, quia ad solum auditum conversi erant ad Deum; unde dicunt ipsi enim audivimus, et tamen credimus ei, et scimus quia hic est vere salvator mundi, absque hoc quod miracula videremus, sicut Iudaei viderunt. Et licet credere cito hominibus pertineat ad levitatem, secundum illud Ec. XIX, 4: qui facile credit, levis est corde, tamen credere cito Deo, magis laus est, secundum illud Ps. XVII, 45: in auditu auris obedivit mihi. Debet fides esse certa, quia qui dubitat in fide, infidelis est [Contra Francisco]; Jc. I, 6: postulet autem in fide nihil haesitans. Et ideo istorum fides certa erat, unde dicunt et scimus. Aliquando enim ipsum credere dicitur scire, sicut hic patet: quia scientia et fides conveniunt in certitudine. Nam sicut scientia est certa, ita et fides: immo multo magis, quia certitudo scientiae innititur rationi humanae, quae falli potest, certitudo vero fidei innititur rationi divinae, cui contrariari non potest. Differunt tamen in modo: quia fides habet certitudinem ex lumine infuso divinitus, scientia vero ex lumine naturali. Nam sicut certitudo scientiae habetur per prima principia naturaliter cognita, ita et principia fidei cognoscuntur ex lumine infuso divinitus; Ep. II, 8: gratia salvati estis per fidem; et hoc non ex vobis, Dei enim donum est. Tertio augmentatus est fructus ex veritate credendi; et ideo dicit quia hic est vere salvator mundi: ubi confitentur Christum salvatorem singularem, verum et universalem. Singularem quidem, cum discretum eum ab aliis dicunt hic est, qui scilicet singulariter salvare venit. Is. XLV, 15: vere tu es Deus absconditus, Deus Israel salvator. Ac. IV, 12: non est aliud nomen sub caelo datum hominibus, in quo oporteat salvos fieri. Verum autem, cum dicit vere: nam cum, secundum Dionysium, salus sit liberatio a malis et conservatio in bonis, est duplex salus: quaedam vera, quaedam non vera. Vera quidem salus, cum liberamur a veris malis, et conservamur in veris bonis. In veteri autem testamento licet missi fuerint aliqui salvatores, non tamen vere salvabant: quia liberabant a malis temporalibus, quae non sunt vera mala, nec vera bona, quia sunt transitoria. Sed Christus est vere salvator, qui liberat a veris malis, scilicet peccatis; Mt. I, 21: ipse enim salvum faciet populum suum a peccatis eorum. Et praeservat in veris bonis, idest spiritualibus. Universalem vero, quia non particularem, scilicet Iudaeorum tantum, sed mundi. Supra III, 17: non enim misit Deus filium suum ut iudicet mundum, sed ut salvetur mundus per ipsum.
Pour qui sonne le glas ou l'impuissance catholique face à la barbarie maçonnique et islamique
Crucifixions lors du génocide arménien, la barbarie du XX siècle n'a rien à envier avec celle des premiers siècles, mais les vainqueurs ne sont pas ceux que l'ont croit
Les deux cents millions de chrétiens d'Orient et d'Afrique menacés de mort
Franck Ferrand, historien, écrivain et journaliste, écrit dans Le Figarovox :
"Nous commémorons avec une émotion légitime le centenaire du génocide des Arméniens... Pendant ce temps, une trentaine de chrétiens d'Ethiopie est exécutée sauvagement, en Libye, par le groupe État islamique. Autant dire qu'après un siècle, ce martyre fait écho à l'une des pires vilenies de l'histoire.
Nous nous soucions -à juste titre- du sort de centaines de migrants abandonnés sur des bateaux ivres au milieu de la Méditerranée... Pendant ce temps, les cas de massacres de chrétiens s'accumulent; et je ne parle même pas de ceux qu'on aurait jetés par-dessus bord…
Nous débattons fiévreusement de sujets politiques divers… Pendant ce temps, des milliers de chrétiens d'Egypte, de Syrie, de Centrafrique, de Tunisie, du Nigeria, de Côte d'Ivoire, du Pakistan, d'ailleurs encore se demandent combien de temps ils vont pouvoir survivre, guettés par une fin atroce.
Certes, le pape, le président des États-Unis, les responsables de l'Union européenne auront dénoncé tour à tour les crimes et les horreurs dont sont victimes ces personnes; ils condamnent, et regrettent, et s'indignent…verbalement! Pendant ce temps, rien ne se passe; pendant ce temps, la liste s'allonge.
En octobre 2010, c'était la branche irakienne d'Al-Qaïda qui revendiquait la cinquantaine de morts de l'attentat contre la cathédrale syriaque de Bagdad. Quatre ans plus tard, les dernières familles chrétiennes de Mossoul -la deuxième ville d'Irak- étaient expulsées par Daesh et refoulées vers le nord et vers l'est du pays. Leur communauté, victime de persécutions terribles, aurait été réduite de plus des deux tiers en un quart de siècle!
En avril 2014, des djihadistes de Syrie crucifiaient des chrétiens qui refusaient de prononcer la profession de foi musulmane. En février 2015, dans le nord-est de la Syrie, plus de deux cents chrétiens étaient enlevés -peu après l'égorgement d'une vingtaine de coptes, en Libye… Et ce ne sont toujours que des cas parmi d'autres de chrétiens mis en croix, brûlés vifs, décapités, emmurés vivants… Pas au XIIIe siècle: aujourd'hui!
Le monde entier le sait: les quelque deux cents millions de chrétiens d'Orient et d'Afrique sont, à plus ou moins long terme, menacés de mort. Et pendant ce temps? Pendant ce temps, à la demande de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies a bien voulu évoquer l'hypothèse d'une «charte d'action» visant à les protéger, parmi d'autres minorités d'ailleurs… Certains diront que c'est mieux que rien; les autres ont compris que c'était pire que tout."
UN NATURALISME SUBTIL
Il est un naturalisme subtil qui s’immisce dans le combat surnaturel de la foi, par le biais du point de vue, de l’objet quo, de la lumière à laquelle l’on considère les choses, qui pour certains est, surtout et avant tout, politique. Or, le bien commun de la Cité, s’il tient une place éminente au-dessus des biens particuliers, est cependant subordonné, ordonné, à un bien supérieur qui est la béatitude éternelle, pour chaque âme, bien qui consiste à connaître et à aimer Dieu, comme Il se connait et comme Il s’aime, par une participation à sa propre béatitude pour sa gloire et notre salut.
Toute créature est naturellement inclinée à aimer plus qu’elle-même le bien de l’univers et Dieu qui en est la fin ; toute créature aspire en effet naturellement à une similitude plus ou moins lointaine de la perfection divine, similitude qui est une manifestation de la bonté de l’Auteur de la création.
Iª q. 6 a. 1 co. Respondeo dicendum quod bonum esse praecipue Deo convenit. Bonum enim aliquid est, secundum quod est appetibile. Unumquodque autem appetit suam perfectionem. Perfectio autem et forma effectus est quaedam similitudo agentis, cum omne agens agat sibi simile. Unde ipsum agens est appetibile, et habet rationem boni, hoc enim est quod de ipso appetitur, ut eius similitudo participetur. Cum ergo Deus sit prima causa effectiva omnium, manifestum est quod sibi competit ratio boni et appetibilis. Unde Dionysius, in libro de Div. Nom., attribuit bonum Deo sicut primae causae efficienti, dicens quod bonus dicitur Deus, sicut ex quo omnia subsistunt.
Iª q. 60 a. 5 co. Respondeo dicendum quod quidam dixerunt quod Angelus naturali dilectione diligit Deum plus quam se, amore concupiscentiae, quia scilicet plus appetit sibi bonum divinum quam bonum suum. Et quodammodo amore amicitiae, inquantum scilicet Deo vult naturaliter Angelus maius bonum quam sibi, vult enim naturaliter Deum esse Deum, se autem vult habere naturam propriam. Sed simpliciter loquendo, naturali dilectione plus diligit se quam Deum, quia intensius et principalius naturaliter diligit se quam Deum. Sed falsitas huius opinionis manifeste apparet, si quis in rebus naturalibus consideret ad quid res naturaliter moveatur, inclinatio enim naturalis in his quae sunt sine ratione, demonstrat inclinationem naturalem in voluntate intellectualis naturae. Unumquodque autem in rebus naturalibus, quod secundum naturam hoc ipsum quod est, alterius est, principalius et magis inclinatur in id cuius est, quam in seipsum. Et haec inclinatio naturalis demonstratur ex his quae naturaliter aguntur, quia unumquodque, sicut agitur naturaliter, sic aptum natum est agi, ut dicitur in II Physic. Videmus enim quod naturaliter pars se exponit, ad conservationem totius, sicut manus exponitur ictui, absque deliberatione, ad conservationem totius corporis. Et quia ratio imitatur naturam, huiusmodi inclinationem invenimus in virtutibus politicis, est enim virtuosi civis, ut se exponat mortis periculo pro totius reipublicae conservatione; et si homo esset naturalis pars huius civitatis, haec inclinatio esset ei naturalis. Quia igitur bonum universale est ipse Deus, et sub hoc bono continetur etiam Angelus et homo et omnis creatura, quia omnis creatura naturaliter, secundum id quod est, Dei est; sequitur quod naturali dilectione etiam Angelus et homo plus et principalius diligat Deum quam seipsum. Alioquin, si naturaliter plus seipsum diligeret quam Deum, sequeretur quod naturalis dilectio esset perversa; et quod non perficeretur per caritatem, sed destrueretur.
La charité infuse surnaturelle ne détruit pas cet amour naturel, mais le guérit de ses imperfections et le surélève, pour le proportionner à son objet, qui n’est plus le Dieu créateur, mais Dieu comme principe de béatitude, par une participation de sa vie intime, ce qui est infiniment plus élevé et totalement en dehors de nos capacités naturelles, c’est pour cela que cette charité a pour origine Dieu Lui-même.
Dieu comme auteur de l’existence et de la vie est aimé, même par le pécheur et le démon, mais Dieu, comme auteur de la loi morale et juste juge, ne peut l’être que par le juste ; c’est pour cela que le monde, hait, Jésus-Christ : Le monde ne saurait vous haïr; Moi, il me hait, parce que je rends de lui ce témoignage, que ses oeuvres sont mauvaises. Jn7, 7
Une société, comme l’homme, n’existe, n’est une et n’est bonne, qu’en dépendance de Dieu son créateur et conservateur, refuser cette dépendance, comme le font toutes les sociétés modernes, au nom du « progrès », est le pire des maux, la pire des folies. Ses sociétés dénaturées deviennent alors un obstacle au bien des hommes qui les composent, tant dans le domaine naturel que dans le domaine surnaturel.
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